‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 92 sur 754 · CORRECT · texte numérisé non relu

CORRECT

t S.4NGUIS0RBE (san-gu!-sor-b', ut comme dans huile), s. f. Plante dite sanguisorba officinalis, L. vulnéraire, qui arrête le sang (pimprenelle des prés).

t SANGUISORUGICS (san-gui-sor-béc), s. /. Tribu des dryadées, dans le groupe des rosacées, qui s pour type le genre sanguisorba.

SANHÉDRIN (sa-né-drin), s. m. || 1* Nom donné aux tribunaux des Juifs. Ce que les nouveaux rabbins ont imaginé de la puissance du grand sanhédrin, ou du conseil perpétuel de la nation, où ils prétendent qu'on jugeait les crimes des rois, BOSS. 6* aiierJ.48. Dans la Judée, les Juifsétaientgouvernés, comme auparavant, par le conseil des soixante et onze vieillards qu'ils nommaient sanhédrin, d'un mot grec corrompu, fleury, Mœurs des Israël, tit. ' .ixii, 3* part. p. 395, dans POUGENS. || 2° Fig. et par dénigrement, toute assemblée qui a juridiction. Le syndic Sarasin et le syndic Godefroy... trouvèrent le raisonnement du sanhédrin genevois [le conseil des pasteurs] admirable; et ils condamnèrent [en 1032] NicolasAntoine [un juif] à mourir de la mort de Cal 3 nus et du conseiller Dubourg, volt. Dict. phil. Miracles, tv. Mais l'équité dans leurs sanhédrins même Trouve des amis, a. cuén. Je Jeu de paume, ix. Cependant les trois avis [de l'Homicide, la Fausse sagesse, la Volupté] partageaient l'horrible sanhédrin [des démons], chateaubr. ifart. vm.

— Etysi. SvivÉSpiov, conseil, de aw, avec, et Kp«, siège, de même radical que lat. sedere (voy. seoir).

SANICLE (sa-ni-kl'), s. f. Plante médicinale de la famille des oinboUifères, saniculo europœa, L. Il La sanicle d'» montagne, la saxifrage granulée.

— HIST. XVI* s. Sanicle, l'on s'engeance de cette herbe par graine, la semant au printemps: demande bonne terre et bonne culture, restreint la dissenterie et le crachement de sang, consolide les plaies, 0. de serres, 609. Celui qui sanicle a, de mire [médecin] affaire il n'a, cotgrave.

— ETYM. Diminutif (santcu(a) de sana (planta), la plante saine; nom qui se comprend avec le rôle assez important que la sanicle jouait et joue encore dans la médecine populaire.

SANIE (sa-nie), s. f. Terme de médecine. Matière purulente, liquide, ténue, séreuse, sanguinolente et d'une odeur fétide, produite parles ulcères et les plaies d'un aspect grisâtre. Il se fit une nouvelle tumeur au-dessous de la plaie ; il en coula une grande quantité de sanie purulente, volt. Lett. Bagieux, chirurgien du rot, 11 janv. 1761.

— HIST. XVI* S. Jettans une sanie ichoreuse, séreuse, et très puante et cadavéreuse, tantost rousse ou sanguinolente, paré, v, 27.

ETYM. Provenç. saniai espagn. et ital. tant»;

du lat. sanies.

SANIEUX, EUSE (sa-ni-eû, eû-z"), adj. Qui tient à la nature de la sanie. Une humeur sanieuse.

— HIST. XIV* s. Si la plaie est laite sanieuse ou orde par aucune cause, a. de mondeville, f° 41 I) XVI' s. Matière sanieuse, paré, vi, 22.

— ÉTVM. Provenç. sanios ; espagn. et liai. »onioso; du lat. saniosus, de sontes, sanie.

SANITAIRE (sa-ni-tê-r'), adj. Qui a rapport à la conservation de la santé publique. Lois, mesures, précautions sanitaires. || Cordon sanitaire, ligne de

SAN

troupes placées de manière & empêcher toute communication avec un pays infecté d'une maladie contagieuse. || Déchargement sanitaire, déchargement des marchandises d'un navire infecté avec toutes les précautions nécessaires pour prévenir, chez les hommes employés, la transmission de la maladie. Le déchargement sanitaire remplace ou abrège les quarantaines.

— ÉTVM. Lat. sanitas (voy. santé).

t SANKIIYA (san-ki-a), i. f. Un des systèmes semi-orthodoxes de la philosophie des Hindous (mot sanscrit qui signifie proprement énumération, pensée discursive).

t SANNKS (sa-n'), s. m. pi. Terme de trictrac. Ancien nom du double-six, aujourd'hui inusité. De ces gueux fainéants ....Dont le sort est écrit sur les 03 d'un cornet [les dés], Dont les commandeurs sont les carmes et les sannes, Et qui font chez Fridor [maître d'une maison de jeu en tC7l] toutes leurs caravanes, montfleury, la Fille capitaine, I, 9.

— ÊTVM. Lat. sent, x, a, six à six, qui sont six. \ SANOTTE (sa-no-t'), s. (. Champignon qu'on

nomme aussi chanterelle.

SANS (san; Vs .se lie : san-z un sou), prép. \\ 1° Il marque le manque l'exclusion. Cet homme est mort sans enfant, sans héritier, ou sans enfants, sans héritiers. Cet enfant a fait un exercice sans faute ou sans fautes. C'est un acteur sans défaut ou sans défauts. Ce que vous dites là est sans exemple. Bérénice la belle, Qui semble contre amour si fière et si cruelle, Me dit tout franchement en pleurant, l'autre jour. Qu'elle était sans amant, mais non pas sans amour, hégnier, Dial. Chloris et Philis. Sépare tes présents, et ne m'offre aujourd'hui Que ton fils sans le sceptre ou le sceptre sans lui, corn. Héracl. i, 2. Seigneur, lui dis-je, jusqu'à quand durera votre colère ? Jusqu'à ce, dit-il, que les villes soient désolées et sans citoyens, les maisons sans habitants, et que la terre demeure déserte, SAca, Bible, haie, n, ) ) . Eh bien ! gageons tous deux. Dit Phébus, sans tant de paroles, la font. Fabl. vij 3. M. du Maine assure que cet Anglais [Lawj est un homme sans honneur, sans religion et sans foi, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 18 octobre «7*7. Benjamin est sans force, et Juda sans vertu, RAC. Àthal. i, i. L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse, la bruy. viii. Il [Boerhaave] n'avait que quinze ans quand la mort de son père le laissa sans secours, sans conseil, sans bien, fonten. Boerhaave. Dne vie molle, délicieuse, sans vices ni vertus, MASS. Carême, Mauv. riche. Don Vincent était un vieux seigneur fort riche, qui vivait depuis plusieurs années sans procès et sans femme, lesage, Gil Blas, IV, ). On vit des troubles sans cause et des révolutions sans motifs, montesq. Bom. 22. Son chiteau [du président de Brosses] était une

masure faite pour des hiboux des vignes sans

raisin, des campagnes sans blé, et des étables sans vache, volt. Lett. d'Argental, (» déc. 1758. Par lui [Jésus] les yeux verront les dangers sans horreur, La douleur sans faiblesse, et la mort sans terreur, delille, Parad. perdu, xii. {{ Je le sais bien sans vous, sans qu'il soit besoin que vous me le disiez. Ne me contez point tant que mon visage est beau... Je le sais bien sans vous, corn. Galer. du Palais, n, I. Il 2° Il se met, avec le même sens, devant «n infinitif. Ce triste et fier honneur m'émeut sans œ'ébranler, corn. Hor. n, 3. Il y a des gens si remplis d'eux-mêmes que, lorsqu'ils sont amoureux, ils trouvent moyen d'être occupés de leur passion, sans l'être de la personne qu'ils aiment, la rochefouc. Réfl. mor. n» 600. H ne sert de rien d'être jeune sans être belle, ni d'être belle sans être jeune, m. 16. n° 497. Dumarsais, sans être aussi modeste que l'abbé Girard, ignorait encore plus que lui les moyensde se procurer les honneurs littéraires, d'alemb. Éloges, Girard. || Sans mentir, en vérité. Sans mentir. Dieu est bien abandonné, PASC. dans cousin. || 8° Il se met assez souvent au commencement des phrases. Sans argent, sans protecteurs, quepouvais-je faire? Sans vous, je n'aurais ^!^n^"'"l^"* effort etsans bruit, il savait faire les uT.l!-M^^*^nl."°''T"''«- ^rsaceetlsménie. Sans U bataille de Chéronée, Démosthène eut sauvé la Grèce, mabmontel, Œuvr. t. ix, p. 203 || 4« Sans quoi, sans cela, autrement, sinon. Vous ferez cela sans quoi vous serez puni. Partez à l'instant même' sans cela vous serez en reUrd. || B* Sans entre dans la composition de plusieurs locutions adverbiales- Mns doute, sans fin, sans façon, sans faute, sans

SAN

crainte, etc. Peut-on haïr sans cesse î et punit-on toujours? RAC. Àndr. 1, *. \\6' Sans plus, sans qu'il y en ait davantage. La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte : Un rat, sans plus, s'abstient d'aller flairer autour, la font. Fabl. m, 18. Je me suis présenté [à l'Académie], mais une fois sans plus, messieurs, p. l. cour. Lett. à l'Acad. des inscript. || V Sans plus avec un infinitif, non davantage. Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières [des dieux], Sans plus les fatiguer d'inutiles prières, rac. Phèdre, v, B. Et sans plus me charger du soin de votre gloire, ro. Mithr. m, 5. Il 8° Sans que, locut. conjonct. avec le subjonctif. Des dignités, des biens que jusqu'au bout du monde On suit, sans que l'effet aux promesses réponde, la FONT. Fabl. m, 12. Jerendrais mon ouvrage Capable de sentir, juger, rien davantage, El juger imparfaitement. Sans qu'un singe jamais fît le moindre argument; id. Fabl. x, l. Le compère aussitôt va remettre en sa place L'argent volé; prétendant bien Tout reprendre à la fois sans qu'il y manquât rien, ro. ib. X, 16. Je prends pour principe que jamais un corps ne se meut par son poids sans que son centre de gravité descende, pasc. Équil. des liqueurs, 11. Hélas I nous ne pouvons arrêter un moment les yeux sur la gloire de la princesse, sans que la mort s'y mêle aussitôt pour tout offusquer de son ombre, Boss. Puch. d'Orléans. Il se laissa gronder sans qu'il en fût autre chose, hamilt. Gramm. 4. Les puissances établies par le commerce.... s'élèvent peu à peu, et sans que personne s'en aperçoive, montesq. Rom. 4. Il 9" Sans peut se construire avec que, qui prend le sens de sinon. Je pensai qu'il valait mieux que j'examinasse seulement ces proportions en général, et sans les supposer que dans les sujets qui serviraient à m'en rendre la connaissance plus aisée, desc. iléth. n, il . Sachant combien de divers automates ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces, id. 16. v, 9. Sans songer qu'à me plaire, exécutez mes lois, corn. Perth. 11, 1. Il recevra des vœux, de l'encens, des victimes. Sans recevoir par là d'honneurs que légitimes, m. Pomp. v, 4. Mille petits amours sont venus voltiger à l'entour d'elle à fleur d'eau, sans mouiller que la pointe de leurs pieds, d'ablancourt, Lucien, Dial. Notus et Zéphyre. Sans avoir, en aimant, d'objet que son amour, rac. Bérén. 11, 2. Et sans parler que des gains licites, on paye au tuilier sa tuile, la bruy. XII. Harlay était sans mœurs dans le secret, sans probité qu'extérieure, st-sim. 17, 108. Il 10° Sans que, avec l'indicatif ou le conditionnel, signifie : n'eiit été que, n'était que, sans cette raison, sans ce fait, sans cette considération (cette locution, très-usitée au xvii* siècle, ne l'est plus maintenant, mais rien n'empêcherait de la reprendre). Sans que je crains de commettre Géronte, Je poserais tantôt un si bon guet. Qu'il serait pris ainsi qu'au trébuchet, la font. Confid. Sans que mon bon génie au devant m'a poussé. Déjà tout mon bonheur eut été renversé, mol. l'Él. 1, il. Je suis si lasse de cette chienne d'écriture, que, sans que vous croiriez mes mains plus malades, je ne vous écrirais plus que je ne fusse guérie, sÉv. 260. J'en prendrais présentement [d'une essence], sans que je me ferais scrupule de me servir d'un remède si admirable, quand je n'en ai nul besoin, id. 20 oct. 1676. Vous m'avez écrit la plus aimable lettre du monde; j'y aurais fait plus tôt réponse, sans que j'ai su que vous couriez par votre province, m. 25 juin 1070, Marlborough mande à Villars qu'il l'eijt attaqué le 10 juin, sans que le prince Louis de Bade, au lieu d'arriver le 9, n'était arrivé que le 16,

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