‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 105 sur 403 · APA · texte numérisé non relu

APA

APE

on jeune valeton soiassent ]sciassent] et aoustassent en une pièce de blé, du cange, augustare.

— ËTYM. Août.

AOÛTERON (a-ou-te-ron), ». m. Ouvrier loué pour les travaux de la campagne dans le mois d'août.

— HIST. xv* s. Les autres aousteurs alerent au cri, du canoë, augustare.

— ÊTYM. Aoûter; picard, éouteux, moissonneur. t AP.... ou APO.... Préfixe qui indique écarte-

ment, séparation, distinction, intervalle, et qui est le grec ànô. 'Arco est la préposition latine a ou ab. f APAGOGIE (a-pa-go-jie), ». f. Terme de rhétorique. Sorte de démonstration par laquelle on fait voir la vérité d'une chose en prouvant l'impossibilité ou l'absurdité du contraire.

— ÊTYM. 'ATtotf ovrt , action d'emmener, de ànb, indiquant séparation, etâytiv, conduire (voy. agir).

APAISÉ, ÉE (a-pè-zé, zée), pari, passe. Où la paix a été mise. La sédition apaisée. Les flots apaisés peu à peu. Coriolan ne put être apaisé que par sa mère, boss. Ilisl. i, 8. Arrêtez-vous, Seigneur, et d'une âme apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée, corn. Poly. v, 6. Je veux croire après vous que tout est apaisé, id. Rodog. m, 4.

f APAISEMENT (a-pê-ze-man), s. m. Action d'apaiser, état de ce qui est apaisé. L'apaisement des Ilots, des esprits. J'ai mille fois éprouvé, en entrant dans une église, un certain apaisement des troubles du coeur (pour parler comme nos vieilles Bibles) , chateaubr. Italie, 90.

— HEM. Ce mot, qui n'estpas dans le Dictionnaire de l'Académie , est ancien et d'un très-bon usage.

— HIST. xv' s. Si envoyèrent à Ortais quatre hommes, lesquels estoient chargés du demourant du pays pour faire le apaisement, froiss. ii, m, 68. De toutes ces choses, ces traités et ces apaisemens on ne parloit en rien au comte de Flandre, id. ii, h, 4 88. Quant ils virent ladite noise, chacun s'employa à l'apaisement d'icelle, louis xj, Nouv. lxii. Tant pour son bien comme pour son appaisement, g. chastkl. Chr. des ducs de Bourg. Et, 3.

— ETYM. Apaiser.

APAISER (a-pê-zé),u.a. || 1* Mettre la paix, faire cesser l'émotion, la colère, en parlant des personnes ou des choses personnifiées. Apaiser un père irrité contre son fils. Apaiserle peuple. Apaiser un chien en lui jetant à manger. Apaiser les mânes, la terre, par des sacrifices. Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive, rac. Phèd. v, 6. Je m'apaiserais Rome avec votre supplice, corn. Pomp. ta, 2. || 2° Faire cesser; rendre moins violent, moins agité, en parlant des choses. Comment on pourrait apaiser la colère des Dieux. Apaiser une sédition. Apaiser des querelles. Apaiser les souffrances, la douleur, les chagrins, les regrets. Apaiser la faim, la soif. Apaiser les flots, la mer, la tempête, le vent. Apaisez donc sa crainte, corn. Polyeucte,i, 4. Apaise, maChimène, apaise ta douleur, id. Cid, n, 3. Apaisez son courroux, id. ib. 2. Daignez d'un roi terrible apaiser le courroux, rac. Esth. m, 5.

s'apaiser, v. réfl. || 1° Être en paix, n'être plus en colère; en parlant des personnes ou des choses personnifiées. Il s'apaisera bientôt. Cette grande colère s'apaisera bientôt. Apaise-toi. Il ne s'apaise que pour.... la bruy. r>. Je ne m'apaise point, mol. l'Étour. m, 5. Les dieux vont s'apaiser... bac. Iph. m, 3. Mon coeur court après elle et cherche à s'apaiser, id. Andr. n, 6. || 2° Devenir moins violent. La douleur physique s'apaise. La douleur morale s'apaise avec le temps. La sédition venant à s'apaiser. Le vent , la tempête s'apaise. L'incendie s'apaisa peu à peu. Cela s'apaise en vingt-quatre heures, sêv. 8t.

— REM. L'Académie écrit apaiser par un seulp et appauvrir par deux. Il faudrait établir la conséquence, et mettre partout ou un seulp pour simplifier l'orthographe, ou deux p pour témoignage de l'étymologie.

— SYN. apaiser, calmer. Apaiser, c'est rendre la paix; calmer, c'est rendre le calme. Comme calme est d'une signification plus étendue que paix, calmer est plus coropréhensif que apaiser. On apaise un homme, quand on fait disparaître sa colère; on le calme non-seulement dans ce cas, mais aussi quand il est livré à la peur, à l'inquiétude, à l'impatience, à la curiosité. Cette distinction indique la signification de ces deux verbes dans les emplois divers qu'ils reçoivent.

— HIST. xii* s. Pour ce voulons qu'elle soit apasée, Itonc. p. 23. Il et Rolant me firent apaier [faire paix], ib. p. 165. Por la destroite guerre finer et apaier, Sait. iv. || xnr" s. Quand Constance le voit, tousli cuers 1' [lui] en apaie [en devient apaisé, satisfait], Berte. Lvm. Ne vous chaut, dit li

rois, bien m'en tien apaiés, ib. cxx. Il en eust esté mal baillis, se la roine Blance ne fust, qui fisttant qu'il fu apaisiés à son filz, Chr. de Rains, 191. Avoi, dist il, por le cors dé; Dangier aviésapaisié, S'aviés le bouton baisié, la Rose, 7285. La mer n'iert ja si apaisie, Qu'el ne soit troble à poi de vent, «6. 3504. Ton cuer ne porras apaier, Ains iras encor essaier Se tu verras par aventure Ce dont tu ies en si grant cure,t'6. 1345. Mais certes qui le voir [vrai] en conte, Moult font famés à Dieu grant honte, Comme foies et desvoiées, Quant ne se tiennent apoiées De l;i hiauté que Diex lor donne, ib. 9080. Se li premiers procureres rent conte au deerrain, tel qu'il se tiengne apaiés, li sires.... ne l'en pot riens demander, bealm. «5. Et ne soies mie apeisiez, sire Dieux, à ceux qui ne se repentent de leur malice, Psautier, n" 2r>.s, f» loi. De ces gens estranges que le roy avoit apaisié [reconcilié], li disoient aucuns de son conseil que il ne fesoit pas bien, quant il ne leslaissoit guerroier, joinv. 292. Dont mainte gent se tindrent mal apayé [mal satisfaits] de ce que le roy deffit les bones coustumes anciennes, id. 217. Alez, dit le roy, si vous apaisiés au conte de Bretaingne, et puis si ferons nostre mariage, id. 289. Sitost comme le soudanc de Damas fu apaisiés à ceulz d'Egypte, il manda sa gent qui estoient à Cadres, id. 272. Je ne sais pas comment le serement fuatiré [fait], mez li amiral se tindrent bien apaié du serement le roy et des autres riches homes qui là estoient, id. 247. Que cil, en tour que li vallés se soit aloués, se tiegne apaié du vallet et de son service, Liv. des met. I72.||xv s. Et ledit messire Hervey devoit pourchasser d'autre part que ceux de dedans seroient apaisés envers messire Charles, quittes et délivres, et ne perdraient rien de leur avoir, froiss. i, i, 176. Force et povoir puist [qu'il puisse] avoir à son chois, Tant qu'apaisier puist son pais et terre, E. desch. Du nom du roi Charles. || xvi" s. Par oraisons et sacrifices apaiser l'ire des dieux, mont, i, 64. Et combien que la commune mutinée menast un fort grand bruit, toutefois quand elle le veit, elle s'appaisa, et luy donna paisible audience, amyot, Cqf. 61. La tourmente, comme parmiracle, s'estoit tout expressément appaisée, et estoit demourée la mer fort calme et tranquille, amyot, Timol. 28.

— ÉTYM. Bourguig. époisai; provenç. apagar, apaguar, apaiar, apaiiar; espagn. apagar; ital. appagare; de ad (voy. À), et pacare, faire paix (voy. payer).

f APAISEUR (a-pè-zeur), s. m. Celui qui apaise.

— HIST. xiii* s. Benoit soient tuit li apaiseur,

JOINV. 292.

— ÊTYM. Apaiser.

APALACHINE (a-pa-la-chi-n'), s. f. Terme de botanique. Arbrisseau qui croît particulièrement sur les monts Apalaches, en Amérique, et dont les feuilles se prennent en infusion théiforme.

APANAGE (a-pa-na-j'), s. m.\\ 1° Terme de téodalité. Terres ou certaines portions du domaine royal qu'on donne aux princes pour leur subsistance, mais qui reviennent à la couronne après l'exti nction de leu rs descendants mâles. || i' Par analogie. L'Ile fut lors donnée en apanage X Lucifer , la font. Papef. 1 1 3- Le droit ou le pouvoir exercé. Dans ce sens on disait avoir apanage sur une contrée. || 4° Fig. Ce qui est le propre de quelqu'un, de quelque chose. Les infirmités sont l'apanage de la vieillesse. Le fanatisme et les contradictions sont l'apanage de la nature humaine, volt. Moeurs, Inde. Le présent seul est de notre apanage, Et l'avenir peut consoler le sage, Mais ne saurait altérer son repos, id. Épit. xli, 22. La liberté, la paix, qui font notre apanage, id. Scythes, iv, 2. C'est l'apanage de la créature d'être sujette au changement, boss. Lettres abb. 72. Le duc d'York s'étant persuadé qu'elle [la dame] était de son apanage, hamilt. Gramm. 9.

— HIST. xiv s. Le dit Jehan son frère ne devoit, ne ne povoit demander en la dite comté de Blois que apanage tant seulement, du cange, apanare. || XV s. Et depuis le roi leur offrit bailler le pais de Champaigne et Brie, pour le dit ampanaige, ). de troyes, Chron. 1465.

— ÊTYM. Forme non latine apanalicum, de ad (voy. a) et pani's, pain; action de donner du pain; provenç. apanar, nourrir. On trouve apanager dans le sens de mettre les pourceaux au gland, mais alors il vient de pastinagium, pâturage.

APANAGE, ÉE (a-pa-na-jé, jée), part, passé. Saint-CIoud avait été une source de besoins à Monsieur si prodigieusement apanage , st-simon , 307 , J>3.

APANAGER (a-pa-na-jé; la syllabe ge garde son e devant o eto: j'apanageais), v. a. || 1" Donner un

apanage. Le prince Antonio de Parme, que le duc son frère disait n'avoir pas moyen d'apanager, stsim. 450, 27. || 2" En ancienne jurisprudence, donner à un de ses enfants quelques biens à titre d'établissement, en le faisant renoncer à la succession paternelle.

— HIST. xiv* s. Jehan demandoit à avoir sa portion de la succession des biens de leur dame et mère ; et Loys disoit que il le devoit apanner tout seulement, quar il estoit ainsnez. du cange, apanare.

— ÊTYM. Apanage.

APANAGISTE (a-pa-na-ji-st'). || l'Adj. Qui possède un apanage. Un prince, une princesse apanagiste || 2° S. m. et f. Un, une apanagiste.

— £TYM. Apanage.

t APANTIHSMÉ (a-pan-ti-sm') , ». m. Terme didactique. Chute des fleurs.

— ÊTYM. 'Atto, exprimant chute, et âv8o;, fleur, t APANTHROPIE (a-pan-tro-pie), s. f. Terme de

médecine. Fuite loin des hommes et des lieux habités.

— ÊTYM. 'A-no, exprimant éloignement, et âvOpuito;, homme.

t APAPELARDIR (S') (a-pa-pe-lar-d!r) , v. réfl. Devenir papelard.

— ÊTYM. A et papelard.

t APARITHMÈSE (a-pa-ri-tmê-z'), './'.Synonyme d'énumération. Figure de pensée la plus commune qui consiste à séparer un tout en ses diverses parties, que l'on émimère successivement.

— ÊTYM. 'Anap£bu.r,cji;, de àno, indiquant séparation, et àpt8u.Êtv, compter (voy. arithmétique).

APARTE ou mieux A -PARTE (a-par-té). Ce sont deux mots latins qui signifient à part, de côté, séparément. || 1" Adv. Ce vers doit être dit aparté par l'acteur, c'est-à-dire à part, ou de manière que les autres personnages ne l'entendent pas. || 2° S. m. Un aparté, des aparté, ce qu'un acteur sur le théâtre dit aparté. || 3° Terme de philosophie scolastique. S'employait pour restreindre à un seul côté, à une seule partie ce qui pouvait être considéré en deuxou plusieurs sens. On distinguait par exemple l'éternité aparté anle, savoir dans le passé, et o parte post, savoir dans l'avenir; et de même l'universel a parte rei, du côté de la chose, et a parte personne, du côté de la personne.

— ÊTYM. À, ab, et pars, partie (voy. part s. f.).

APATHIE (a-pa-tie), s. f. || 1* Terme de philosophie. État d'une âme qui ne se laisse émouvoir à aucune passion. L'apathie du sage des Stoïciens. || 2" Indolence à agir, à sentir. Il est d'une apathie dont rien ne peut le faire sortir.

— HIST. xvi* s. Une apathie bestiale des âmes basses et plattes du tout, charron, Sagesse, n, 1.

— ÊTYM. 'Anàeeto, de à privatif, et de na6o; affection, passion (voy. pathos).

APATHIQUE (a-pa-ti-k'), adj. || 1" Qui est insensible atout. Un homme apathique, une femme apathique. Apathique humeur. C'était un gros homme, d'une figure calme et apathique, chateaubr. Itin 147. || 2° Nom donnéparles grammairiens grecs aux vers où il n'y avait pas de faute de quantité ni d'altération matérielle des mots.

— ÊTYM. Apathie.

f APATHISTE (a-pa-ti-sf) , s. m. Sectaire qui regardait l'apathie comme un moyen de salut.

— ÉTYM. Apathie.

t APELLITE (a-pèl-li-f), s. m. Sectaire qui attribuait à Jésus-Christ un corps aérien, méprisait la loi et les prophètes, et niait la résurrection.

— ÊTYM. A pelles , qui , d'abord sectateur de l'hérésie de Marcion, fut rejeté par lui et fut auteur d'une nouvelle secte.

jAPENS (a-pan), s. m. Vieux mot usité seulement dans cette locution guet-apens (voy. guet-apens).

APEPSIE (a-pè-psie) , s. f. Terme de médecine Mauvaise digestion; défaut de digestion.

— ÊTYM. 'Aire^ia, de à privatif, et de tiéooto, cuire; comme tojtsw et coquere ont le même radical , voy. cuire.

t APERCEPTTRILITÉ (a-pèr- se -pti-bi-Ii-té), s.f. || 1° Qualité de ce qui est aperceptible. ||2° Terme didactique. Faculté de percevoir les impressions.

t APERCEPTIRLE (a-pèr-sè-pti-bl') , adj. Terme didactique. Susceptible d'être aperçu, perçu.

— étym. Appercipere (voy. apercevoir).

f APERCEPTIF, IVE (a-pèr-sè-ptif, ti-v'), ad). Terme didactique. Qui a la faculté d'apercevoir, de percevoir.

t APERCEPTION (a-pèr-sè-psion) , s. f. Terme de philosophie. Opération de l'esprit quand il se consi-

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dère comme le sujet qui perçoit ou sent une impression quelconque. Le sceau de la divinité est dans les aperceptions d'un ciron, volt. Colim. 3. Les éléments du plus vil excrément n'ont pas l'aperception, m. Neiet. i, 9 || Aperception pure, dans le système de Kant, conscience primitive de nousmêmes, qui précède toute pensée et se mêle à toute pensée.

— ÊTYM. Voy. APERCEVOIR.

APERCEVABLE (a-pèr-se-va-bl') , adj. Qui peut être aperçu.

— iiist". xiv* s. Choses plus sensibles et plus apporcevables, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Apercevoir.

APERCEVANCE (a-pèr-se-van-s'), *. f. Faculté d'apercevoir.

HIST. xiii* s. Li cordelier dedens Pontoise

Vousissent estre; mult lor poise Que la dame de ce parole; Ouar poor ont d'apercevance, ruteb. 207. Par quoi Renart dou tôt faudra A ce que promis li avez, Se vos fere ce li savez Coiement sanz aparcevance, Ren. 46489. || xiv* s. Et tele apercevance est selon soy delettahle, oresme, Eth. 286. || xv"s. De Pontoise estoit capitaine un gentilhomme nommé Maurigon, qui ne s'en doubtoit point, ny n'en voioit aucune appercevance, juv. oes ursins, Charles VI, 4 44 7. || xvi" s. Et m'avoit la coustume osté l'appercevance de cette estrangeté, mont, i, 4 40, C'est le privilège des sens d'estre l'extrême borne do nostre appercevance, id. H, 357.

— etym. Voy. apercevoir.

fAPERCEVANT (a-pèr-se-van), adj. m. Terme

d'hippiatrique. Cheval apercevant, cheval dont les yeux sont trop saillants.

APERCEVOIR (a-pèr-se-voir), j'aperçois, tu aperçois, il aperçoit, nous apercevons, vous apercevez, ils aperçoivent; j'apercevais, nous apercevions ; j'aperçus, nous aperçûmes ;j 'apercevrai ,nousapercevrons ; j'apercevrais, nous apercevrions; aperçois, apercevons, apercevez; que j'aperçoive, que tu aperçoives, qu'il aperçoive, que nous apercevions, que vous aperceviez, qu'ils aperçoivent; que j'aperçusse, que nous aperçussions; apercevant; aperçu, ue, v.a. || ^Commencer à voir; découvrir. Les objets qu'on peut apercevoir. Vapeur si subtile qu'on ne peut l'apercevoir. Se laisser, se faire apercevoir. Apercevoirde loin. Il n'a pas aperçu Jeannette, mol. VÉtour. iv,7. || 2° Fig. Apercevoir ce qu'il y a de vrai dans chaque chose. Il aperçut qu'on le trompait. Si vous apercevez que j'y manque d'un mot, mol. VÉtour. u. t. |!3° Suivi d'un infinitif, voir. Mais j'aperçois venir •a mortelle ennemie, rac. Phèd. v, 6. Je sais.... mais Vinius, que j'aperçois venir.... corn. Othon, 1,1. || 4° Absolument, en termes de métaphysique, recevoir des perceptions. Apercevoir est un des degrés de la connaissance.

s'apercevoir, v. rèfl. || 1" Se voir imparfaitement. Je me suis aperçu dans la glace. Ils se sont aperçus de loin, ils se sont aperçus l'un l'autre. || 2° Remarquer, connaître. L'ennemi s'aperçut du départ. De sorte qu'on s'aperçut de son arrivée avant que.... Je m'aperçois que tu as fait beaucoup de progrès. Sans qu'on s'en aperçoive. On vieillit sans s'en apercevoir. [Les saintes femmes au tombeau] Croyant parler à l'homme, chose étrange, Leurs regards dessillés s'aperçurent de l'ange, lamart. Joe. m, 408. La Perse s'aperçut bientôt que.... boss. Hist. i, 8. Il Avec suppression, comme en quelques autres verbes, du pronom se. Maulevrier eut soinde la laisser apercevoir [la princesse des Ursins] des privances....sT-siM.467, 67. || 3° Être aperçu. Il ne se passe nuit que les morts ne s'aperçoivent avec des formes étranges et un attirail épouvantable, balz. le Prince, ch. vu.

— REM. 1. L'Académie écrit apercevoir par un seul p. Voyez la remarque là-dessus , à apaiser.

|| 2. D'après Laveaux et quelques grammairiens, on devrait écrire : Elle s'est aperçu de son erreur. Aujourd'hui l'usage est établi , et l'on écrit sans conteste : Elle s'est aperçue de son erreur; ils, elles se

ont aperçus, aperçues de leur erreur; comme on écrit : Elle s'est tue ; elle s'est écriée. Mais le fait est que s'apercevoir de reste une locution difficile à expliquer. S'apercevoir veut dire voir soi. Comment voir soi peut-il signifier remarquer? Voici l'explication de cette difficulté : on comprend que, si apercevoir » été pris au sens neutre , il aura pu se con-

uguer u\ec le pronom réfléchi, comme tant de verbes neutres, se taire, s'écrier, se pâmer, etc. Or, si oa ne trouve pas d'exemple d'apercevoir au sens neutre, on en trouve, ce qui est équivalent, de percevoir : Qu'on ne perciustde soniestre [qu'on ne s'aperçût de son 6trel,Ph. Mouskes, v. 28448.

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Apercevoir de, puis s'apercevoir de , afin de lui donner le sens réfléchi, si naturel avec ces verbes, se taire, s'écrier, se pâmer, etc. En un mot, s'apercevoir de est fait comme se connaître en, s'entendre à; et ceux-ci à leur tour sont faits comme les verbes neutres réfléchis, se taire, et, dans l'ancienne langue, se dormir, se gésir. On remarquera que s'apercevoir de est une locution très-ancienne ; il est certain, à cause de cet emploi du pronom réfléchi, qu'on n'aurait pas pu laformerdans les temps modernes, pas plus qu'on ne peut former se gémir sur le modèle de se taire. || 3. Les poètes peuvent supprimer \'s à la 4™ personne du présent. Ce discours te surprend, docteur, je l'aperçoi, boil. Sat. vm. Cette orthographe, qu'ils prennent pour la rime, est non une licence, mais un archaïsme.

— SYN. apercevoir , s'apercevoir. Apercevoir marque le fait en lui-même et l'action de voir ; s'apercevoir y ajoute l'idée de remarque, d'observation. Il aperçut qu'on le suivait, il vit qu'on le suivait. Il s'aperçut qu'on le suivait, il remarqua qu'on le suivait.

— HIST. xi' s. Ainz que Rolanz se seit aperceût, Ch. de Roi. cl. Li amiralz auques s'en aperceit, ib. cclix. 1| xii* s. Trois manières de sainteit poons apparzoivre en cez trois festes, st bern. p. 542. Et si nos eswardons la cause de nostre exil, tost par aventure porons aperzoyvrecum covenaule chose soit ke nos fussiens délivrait maiment [mêmement] par lo fil, id. p. 522. Ne voioit pas qu'il fust aperceù, llonc. p. (03. Au matin par som l'aube, quand aperçut le jour, ft.p. 198. If xiii* s. Si tost com ilporent apercevoir lejor, cueillirent leur voiles , villeii. cxLvm. La serve l'aperçoit, plusn'i a séjourné, Berte, xv. Quant Berte l'aperçut, moût fut espoentée, t'6. xlvi. Bien [il] s'aperçoit comment Bertelui futchangie, ib. xc Mes qu'il ne puissent aparçoivre Que vous li beés à deçoivre, la Rose, 7455. S'il avient quetuaperçoivesT'amie.... t'6. 2403. Dès lecommencement que il vint à son royaume tenir et il se sot aparcevoir [se reconnaître], il commença à edefier moustiers et pluseurs mesons de religion, joinv. 298. Gel connois bien à cel senblant, Que vos en alez repentant; Orainz m'apercui au plorer, Parlh. de Blois, 6437. || xiv* s. 11 prendront et apercevront [percevront] chascun an sur les lieus qui s'ensuivent, du cange, accipere. \\ xv* s. Et quand elles [les rentes du roi de Hongrie] seront retournées et recouvrées.... il plaise vous savoirqu'ily pourvoira si grandement que vous vous en apercevrez, froiss.iii, iv, 59. Se logèrent tout environ [Auberoche] , tellement que nul ne pouvoit entrer en la garnison qu'il ne fust aperçu, id. i, i,227. Car bien pevent apparcevoir, Ce n'est que miracles d'Amours, ch. d'orl. Bal. 18. L'abbesse , qui veoitclairet estoit bien apercevante, connut tantost à ses réponses.... louis xi, JVouo. xlvi. || xvi* s. Il fut apperçeu par.... mont, i, 49. Lors il s'appercevoit de ses eschauldures et meurtrisseures, mont.i, 93. Les ouïes des créatures de ça bas ne le peuvent appercevoir [percevoir] , id. i, 407. Ayants apperçeu que les Portugais usoient d'une aultre.... id. i, 239. S'appercevants combien son usage estoit pernicieux , id. i, 380.

— ÉTYM. À et percevoir; bourguig. éporsu, apperçu; Berry, aparcevoir; picard, aperchevouer; provenç. apercebre, apercepre; espagn. apercebir; portug. aperceber.

t APERCHER (a-pèr-ché), v. a. Terme d'oiseleur. Apercher un oiseau, c'est remarquer l'endroit où il se retire, où il se perche pour y passer la nuit.

— êtym. À et percher.

t APERÇOIR (a-pèr-soir), s. m. Technologie. Plaque de tôle qui se met à chaque côté du billot de la meule de l'épinglier.

— êtym. A et percer.

APERÇU, ÇCE(a-pèr-su, sue), part, passé d'apercevoir. || 1° Aperçu de loin. Cette vérité aperçue par les anciens philosophes. Aperçu de tous, il cheminait en butte aux coups de feu. || 2" S. m. Aperçu, une première vue , une vue rapide sur un objet. Je n'ai sur cet objet qu'un aperçu. || 3° Estimation au premier coup d'oeil. Un aperçu de la dépense. || 4° Exposé sommaire. Donner un aperçu de la cause. || S* En termes de marine, pavillon d'aperçu, celui qui indique qu'on a vu et compris un signal.

APÉRITIF, IVE (a-pé-ri-tif, ti-v'), adj.\\i° Qui ouvre. Vertu apéritive d'une clef, pasc. P. Eloq. 37. Inusité en ce sens. || 2* En termes de médecine, qui ouvre les pores, qui rend les humeurs plus fluides et facilite le mouvement des liquides. Le lait doit être presque apéritif, J. J. rouss. Ém. i. || S, m. Les apéritifs, un apéritif.

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— HIST. xvi* 8. Attenuans, incisifs et apéritifs, paré, v, 44.

— ETYM. Provenç. apertiu, aperiliu; espagn. aperitivo; ital. apertivo, aperitivo; de aperitivus, de aperire, ouvrir.

fAPERTEMENT (a-pèr- te-man) , adv. D'une façon ouverte. Ce qui répugne apertement aux lois de la nature, desc. Lettres à Mersenne, (6 septembre 1632. Là, dans la chambre, et par tout l'appartement, on lisait apertement sur les visages.... st-sim.

— HIST. xiii* s. Et li empereres conut apertement que il le devoit faire, villeii. cxii. Apertement lui va Pépins tel cop doner, Berte, m. Assez [vous] dites apertement De cest conseil vostre talent, Lai du Conseil. Quant li rois Felippe le vist, si traïst l'espée et li courut sus apiertement, et le quida ferir parmi la teste, Chr. de Rains, p. 4 5. Car li plusor songent de nuitz Maintes choses couvertement Que l'en voit puis apertement, la Itose, 2». Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont, qui grant destourbier nous eust fait, joinv. 245. || xv s. Furent le duc d'Anjou et les capitaines en conseil comment on pourrait le plus tost et le plus apertement grever ceux de Bergerac, froiss. h, ii, 3. ||xvi*s. 11 délibérait de toutes choses à part soi , et puis commandoit apertement ce qu'il avoit arresté luy tout seul, amyot, Démétr. 37. Eschappé suis d'elle secrètement, Et suis venu vers toi apertement, marot, i, 340. || Adverbe tombé en désuétude, mais bon à reprendre.

— ÉTYM. Aperle, et le suffixe ment (voy ment); provenç. apertamen; espagn. abiertamenle; ital. apertamente. Apert est, dans l'ancien français, un adjectif qui vient de apertus, ouvert, de aperire. Apertement avait, dans l'ancien français, deux significations : ouvertement et adroitement.

f APERTISE a-pèr-ti-z'), s. f. Preuve d'adresse, de force, de courage. Montant chevaux à poil et faisant autres apertises que jeunes filles n'ont point accoutumé à faire, volt. Moeurs, 8n.

— HIST. xiv* s. Enchâsses de bois se deportoit [Dagobert] assiduelment, en apertisses et en legiereté de cors estoit moult aûsés, Chr. de Si-Denis, dans du cange, apparentia. || xv* s. Ces quatre se tinrent vaillamment plus de demie heure et y firent de grandes apperties d'armes, froiss. h, ii, 229. Et là y eut plusieurs belles bacheleries et apperlises d'armes faites, id. i, i, 69. Un homme estoit à Paris qui faisoit plusieurs apertises sur cordes tendues hault en l'air, christ, de pisan, Charles V, m, 40. Voyant les pères et les mères prendre grand plaisir à voir leurs enfans jouer et faire souplesses et appertises, louis xi , Nouv. c. || xvi* s. Par vous seront faictes apertises d'armes non encore veues de nostre mémoire, hab. Pant. iv, 39.

— ÊTYM. Ane. franc, apert, ouvert, manifeste, d'où apertise, signifiant chose manifeste, et, de là, exploit, prouesse.

APÉTALE (a-pé-ta-1') ou APÉTALE, ÉE (a-peta-lé, lée), adj. || 1° Terme de botanique. Qui n'a point de pétales, et, par conséquent, point de corolle. || 2° S. f. plur. Apétales, nom donné à un groupe de plantes dicotylédones composé de celles qui manquent de pétales.

— ÉTYM. 'A privatif, et pétale.

fAPÉTALIE (a-pé-ta-lie) , s. f. Absence de pétales. APET1SSÉ, ÉE (a-pe-ti-sé, sée), part, passé.

Rendu plus petit. Sa fortune apetissée peu à peu par des pertes successives.

APETISSEMENT (a-pe-ti-se-man), s. m. Diminution.

— HIST. xni* s. L'on est [est pour ist, sort] de sa compaignie par mort ou par apeticement de chief [perte de rang], et par reniement et par besong, MIT. dejust. 4 68.

— ÉTYM. Apetisser.

APETISSER (a-pe-ti-sé). || 1° T. a. Rendre plus petit. Apetisser un manteau. On dit plus ordinairement rapetisser Cadeaux, festins, bienfaits

Apetissaient les fonds de l'ambassade, la font. Belph. || 2° F. n. Devenir plus petit. Ce tas apetisse tous les jours. || 3° S'apetisser, v. réfl. Devenir plus petit, se raccourcir. Cette étoffe s'apetisse à l'eau. Dans la systole le cœur s'apetisse et s'allonge, boss. Conn. de Dieu , n , 3.

— HIST. xii* s. Quant voit Gerars, cui fine amour» justise, Que sa dolors de néant n'apetise, aldefr. le bast. Romane. || xiii* s. Ele [la guerre] n'apetisa mie, ains crut plus et plus, villeh. xcix. Et li dist que la garnisons [les vivres] estoit jàsi apeticie qu'il ne i avoit ou poi ou nient laiens. Chr. de Rains.

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