‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 112 sur 403 · APSIDE (a-psi-d'), s. f. Voy. abside · texte numérisé non relu

APSIDE (a-psi-d'), s. f. Voy. abside

2. APSIDE (a-psi-d'), s. f. Terme d'astronomie. Point de l'orbite d'une planète ou d'un satellite où cette planète se trouve le plus près ou le plus loin du soleil, où ce satellite se trouve le plus près ou le plus loin de sa planète. Apside supérieure, l'aphélie, l'apogée, l'apojove; apside inférieure, le périhélie, le périgée, le périjove. Cette gravitation est la cause de la révolution des apsides de la lune en neuf ans, volt. Newton, m, 40.

— REM. L'Académie fait apside du masculin, sans doute par une faute de typographie.

— ÊTYM. Voy. ABSIDE.

t APSYCHIE (a-psi-chie), s. f. Terme de médecine. Syncope.

— ÊTYM. 'A4™x'a> de 4 privatif, et <J«>x^> "me- APTE (a-pf) , adj. || 1* Terme de jurisprudence.

Qui a les qualités requises. Apte et idoine. Apte à succéder, à posséder. || 2» Qui a de l'aptitude, de la disposition à. Il est apte à tout.

— HIST. xiu» s. La main ke l'en use plus ate l'avum veue , Distiques de Caton, dans les Proverbes français, édit. le roux delincy, t. n, p. 372.

— ÊTYM. Provenç. apte; espagn. apto; ital. alto; de aptus, veuant du latin apo (inusité), attacher, ajuster, grec fera, attacher; sanscrit, âptas, obtenu, gagné, de a"pa, pénétrer, obtenir, gagner.

APTÈRE (a-ptê-r'), adj. et s. m. Terme d'histoire naturelle. Qui est sans ailes. Il se dit des insectes qui n'ont point d'ailes, et, en botanique, de certaines graines.

— ÊTYM. "A7rrepo{, de à privatif , et de irrepov, aile.

APTITUDE (a-pti-tu-d'), s. f. || 1° Terme de droit. Capacité, habileté à posséder un emploi, à recevoir un don, un legs. || 2° Disposition naturelle à. Il n'a guère d'aptitude aux mathématiques. Le goût est une aptitude à bien juger des objets de sentiment, vauven. du Goût. || 3° En agronomie, disposition naturelle d'un animal ou d'une race pour un usage déterminé : telle est la disposition â prendre facilement la graisse, adonner beaucoup de lait, à courir très-vite.

— SYN. APTITUDE, DISPOSITION, TALENT. Aptitude

et talent se distinguent de disposition; ils sont plus spéciaux ; la disposition est plus générale. On a de l'aptitude ou du talent pour une chose ; on a de la capacité ou des dispositions pour l'ensemble des choses qui forment l'intelligence et le moral. A leur tour, aptitude et talent se distinguent en ce que aptitude est du langage technique, philosophique ou physiologique, tandis que talent est du langage général. D'ailleurs l'aptitude est le moyen d'arriver au talent, et le talent est le résultat de l'aptitude et de l'exercice.

— REM. « Ce mot, qui est tout latin, n'est guère connu à la cour. On' peut absolument s'en passer comme d'un mot un peu barbare et peu nécessaire. On juge des personnes par l'aptitude qu'elles pourroient avoir aux sciences, » bouhours, Nouv. Rern. Ce mot aujourd'hui est pleinement passé dans l'usage.

— HIST. xvi" s. S'estant toujours montré, de son aptitude naturelle, plus curieux d'amis que d'escus, carl. v, 13. Il s'exercita principalement à l'éloquence, surmontant par soing, labeur et diligence, ceulx qui de nature y avoient plus d'aptitude que luy, amyot, Crassut, 5.

— ÊTYM. Apte.

APURÉ, ÊE (a-pu-ré, rée), part, passé. Vérifié définitivement. Comptes apurés.

APUREMENT (a-pu-re-man) , s. m. Terme de finances. Vérification définitive d'un compte, d'après laquelle le comptable est reconnu quitte. L'apurement d'un compte.

APURER (a-pu-ré) , v. a. || 1° Terme de finances. Opérer l'apurement d'un compte. D'Auneuil avait longtemps avant sa mort apuré ses comptes à la Chambre des Comptes, st-sim. 435, 50. || 2" Technologie. Laver l'or moulu dans plusieurs eaux, après avoir amalgamé au feu.

— ÊTYM. A et pur.

APYRE (a-pi-r'), adj. Terme de minéralogie et de chimie. Qui résiste à l'action du feu; infusible.

— ÊTYM. "ATiupo;, de à privatif, et itùp, feu (voy. pyrite).

t APVRÈNE (a-pi-rê-n') , adj. Terme de botanique. Dont les fruits ne contiennent pas de graines.

— ÊTYM. 'A privatif et nuprjv, noyau.

t APYRETIQUE (a-pi-ré-ti-k') , adj. Terme de médecine. Qui n'est point accompagné de fièvre.

AQU

— ÊTYM. Voy. APYREXIE.

fAPYUEXIE (a-pi-rù-ksio), s. f. Terme de médecine. Absence de fièvre, l'état dans lequel se trouve le malade dans l'intervalle des accès de fièvres in. termittentes. La durée de l'apyrexie dépend du type de ces fièvres.

— HIST. xvi» s. Elle fait la fièvre intermittente, c'est-à-dire qui a remission franche et absolue, que les Grecs appellent apyrexie, paré, xx, (2.

— ÊTYM. Anupefta, de à privatif, Tiûp, fièvre (voy. pyrite), et lyeiv, avoir (voy. hectique).

AQUARELLE (a-KOua-rè-F) , s. f. Dessin au lavis et de plusieurs couleurs, espèce d'enluminure , à laquelle on emploie des couleurs transparentes et ayant le moins possible d'épaisseur. Une belle aquarelle. L'aquarelle est assez en usage pourpeindre des fleurs, des oiseaux, de petits paysages.

— ÊTYM. Ital. acqucrello, détrempe, diminutif de acqua, eau (voy. eau).

t AQUARELLISTE (a-koua-rè-Ii-sf), s. m. Peintre à l'aquarelle.

t AQUARIEN(a-koua-riin), s. m. Terme d'antiquité romaine. Employé chargé de veiller aux aqueducs.

— ÊTYM. Aqua, eau (voy. eau).

t AQUARIUM (a-koua-ri-om'), s. m. Petit réservoir ou même vase dans lequel on entretient des plantes ou des animaux d'eau douce ou d'eau de mer.

— ÊTYM. Aquarium, réservoir, de aqua (voy. eau).

fAQUATILE (a-koua-ti-1'), ad/. Qui vit dans l'eau. Plante aquatile.

— ÊTYM. Aquatilis, de aqua (voy. eau).

AQUA-TINTA (a-koua-tin'-ta) et quelquefois

AQUA-TINTE (a-koua-tin-t'), s. f. Gravure à l'eau forte imitant le dessin au lavis. || Au plur. Des aquatinta ou des aqua-tintes.

— ÊTYM. Ital. acqua tinta, de acqua, eau (voy. eau), et tinta, teinte (voy. teindre).

AQUATIQUE (a-koua-ti-k' ; Ménage voulait que l'on prononçât akatique), adj. || 1" Plein d'eau. Terrain aquatique. || 2» Qui croit ou qui vit dans l'eau. Plantes, animaux aquatiques. || Il suit toujours le substantif dans le style commun : Des animaux aquatiques.

— HIST. xvi» s. Il usera de tous oiseaux, excepté aquatiques, paré, v, 28.

— ÊTYM. Aquaticus, de aqua, eau (voy. eau); provenç. aquatic; espagn. et ital. aquatico.

t AQUA-TOFFANA (a-koua-to-fa-na), s. f. Poison subtil et célèbre, qui était une solution concentrée d'arsenic.

— ÊTYM. Ital. Acqua toffana, acqua délia Toffana , eau de la Toffana, nom d'une femme qui passait pour en être l'inventrice.

AQUEDUC (a-ke-duk) ou AQUEDUC (a-ké-duk), s. m. || 1° Canal en maçonnerie pourconduire les eaux d'un lieu à un autre. Les regards d'un aqueduc. || 2° Terme d'anatomie. Conduit qui fait communiquer entre eux différents organes. Aqueduc du limaçon.

— ÊTYM. Aquscductus, de aqua, eau (voy. eau), et ductus, conduite, de ducere, conduire (voy. duc); Berry, arcaduc ; ital. aquidoccio.

t AQUETTE (a-kouè-f), s. f. || 1° Nom d'une liqueur d'Italie, composée de vin, d'un tiers d'eau et de diverses sortes d'aromates. || 2° Nom de l'aquatoffana.

— ÊTYM. Ital. acquetta, petite eau, de acqua, eau (voy. eau).

AQUEUX, EUSE(a-keû, keû-z'), adj. |j 1° Qui est de la nature de l'eau. La partie aqueuse du sang se dissipe beaucoup par la transpiration, montesq. Esp. xiv, 10. || En termes de physique, météore aqueux, météore qui consiste dans les diverses formes et les mouvements de leau. Les brouillards, les pluies, les neiges, le givre sont des météores aqueux. || 2° Qui contient de l'eau. Légumes aqueux. Fruits aqueux, fruits qui ont le goût de l'eau.

— HIST. xiv* s. Transporter es contrées nubleuses ou à air bruineux et couvert, pour la moisteur des palus esveus, en. de pisan, Hist. de Ch. V, il, I. || xvi» s. Ceux qui ont le cœur chaud et le sang aqueux, paré, II, 10. Le premier humeur de l'œil est appelle aqueux, pour la similitude qu'il a avec l'eau, id. iv, 6.

— ÊTYM. Provenç. aigos; espagn. et ital. aquoso; de aquosus, de aqua, eau (voy. eau).

fAQUIFÈRE (a-kui-fê-r'), adj. Qui porte, qui contient de l'eau. Le sondage atteignit la couche aquifère.

— ÊTYM. Aqua, eau, et férus, qui porte.

t AQUIFOLIACÉES(a-kui-fo-li-a-sée), s. f. plur

ARA

ARA

ARA

Famille de plantes à laquelle le houx a donné son nom.

— ÊTYM. Aquifolium, houx, de aqui, de acus, aiguille (voy. aiguille) , et folium, feuille (voy. feuille).

f AQUILANT (a-ki-lan) ou AQUILAIN (a-kilin), adj. m. et subst. De couleur fauve ou brune, à peu près semblable à celle de l'aigle, en parlant du cheval. Le chevalier jurait par sa durandal et son aquitain, sa fidèle épée et son coursier rapide, ciiateaub. Génie, iv, v, 4.

— HIST. xiii* s. Forqueres joint le destrier aquilant, du cange, aquilinus.

— ÊTYM. Aquilus, brun.

AQU1LIN (a-ki-lin), adj. m. Usité seulement dans nez aquilin, nez recourbé en bec d'aigle. Mon nez n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, labochef. Portrait. Onésiphore reconnut Paul à sa taille courte, ses sourcils joints et son nez aquilin, volt. Phil. v, 75.

— HIST. xvi" s. Gryphos, c'est-à-dire ayant nez aquilin, amyot, Pyrrh. t. Le front large, le nez aquilin, id. Anton. 5.

— ÉTYM. Aquilinus, d'aquila, aigle (voy. aigle). AQUILON (a-ki-lon), ». m. || 1° Le vent du nord.

|| 2" Poétiquement. Tout vent violent et froid. Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr, la font. Fabl. i, 22. Un rocher.... Défend aux aquilons d'en troubler le repos [de cet asile) , volt. Henr. i. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages, Et chasse au loin la foudre et iesorages, rac. Esth. m, 3. [Hiver 1] Ton aquilon qui murmure Ne peut troubler nos chansons, béhang. Hiver. || 3° Le nord. Portant ma vue , Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, lamart. Méd. l, I. || 4° Fig. Rappelez-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons, bérang. B. vieille. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête; Tout ne fut pas aquilons et frimas, id. Bonsoir. || 5° En termes de blason, tètes d'enfants joufflues, qui paraissent souffler avec violence.

— HIST. xiii* s. Tu formas aquilon, et tu créas la mer, Psautier, f° 107.

— ÉTYM. Aquilo, vent du nord; provenç. aquilo, aguilo; ital. aquilone.

fAQUOSlTÉ (a-kô-zi-té) , ». f. Terme didactique. Qualité de ce qui est aqueux.

— ÉTYM. Aquosus (voy. aqueux).

ARA (ara), ». m. Terme d'histoire naturelle. Gros perroquet à longue queue, d'un fort beau plumage.

— ÉTYM. Abréviation d'araraca, qui est, au Guarani, le nom de ce perroquet.

ARABE (a-ra-b'), s. m. || 1* Qui est originaire d'Arabie. || 2° Fig. Usurier, homme avide. C'est le plus arabe de tous les hommes. Endurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire, boil. Sat. vm. || 3" Adjectivement. Les chiffres arabes , les dix signes de la numération, i, 2,3, 4,6, 6, 7, 8, 9,0, dont on attribue l'invention aux Arabes : à tort, car eux-mêmes les nomment chiffres indiens. || Cheval arabe, le plus beau, le plus généreux de tous les chevaux de l'Orient, et le seul qui, avec le cheval anglais, soit de pur sang. On dit aussi un arabe , pour un cheval arabe.

ARABESQUE (a-ra-bè-sk'). || 1° Adj. Se dit d'un genre d'architecture qui n'admet dans les ornements que des imitations de plantes et de feuillages. || 2° S. m. L'arabesque. 11 excelle à composer l'arabesque, et le dessine parfaitement.

— ÊTYM. Arabe. Dans le xvi" et le xvn" siècle on disait arabesque ce que nous disons arabe : langue arabesque ; écriture arabesque. On a ainsi nommé ce genre d'architecture, parce qu'on l'a attribué aux Arabes, les disciples de Mahomet repoussant la représentation de la figure humaine.

ARABESQUES (a-ra-bê-sk') , s. f. plur. Terme de peinture et de sculpture. Ornements qui consistent en des entrelacements de feuillages, de fleurs, d'animaux, etc.

— ÊTYM. Malgré la dénomination, les Arabes ne sont pas les inventeurs des arabesques , qu'on trouve dans les monuments de l'antiquité gcéco-romaine.

t ARABINE (a-ra-bi-n'), s. f. TerniL ,le chimie. Portion, soluble dans l'eau, de la gomme arabique et de la gomme du Sénégal.

ARABIQUE (a-ra-bi-k'), adj. Qui est d'Arabie.

— hist. xm" s. Et le chevetaine de celle court est apelé rays en lor language arabic, Ass. de Jérut. i, 26.

— ÊTYM. Arabe.

f ARABISANT (a-ra-bi-zan) , ». m. Terme de philologie. Celui qui fait une étude particulière de l'arabe.

t ARABISME (a-ra-bi-sm') , ». m. Terme de phi-

lologie. Locution, construction particulière à la langue arabe.

t ARARISTB (a-ra-ki-sf), ». m. On donne le nom d'arabistes aux médecins occidentaux qui se firent les disciples de la médecine arabe, vers le xi" siècle de l'ère chrétienne.

ARABLE (a-ra-bl'), adj. Labourable. Les engrais incorporés dans la couche arable.

— HIST. xiv* s. En cens, en rentes, en terres araules, du cange, aralia. || xv" s. Vignes aussi et les terres arables, Moulins tournans, beaus plains à regarder, E. desch. le Bois de Yincennes.

— ÊTYM. Arabilis, de arare, labourer.

f ARACHIDE (a-ra-chi-d') ou ARACIIIS (a-rachis'), s. f. Plante légumineuse dont les fruits contiennent ) , 2 ou 3 graines rougeâtres, vulgairement nommées pistaches de terre. Ces graines fournissent par la pression une huile blanche, limpide, de saveur agréable, et qui peut remplacer l'huile d'olive.

— ÉTYM. 'Apaxiêvai plante.

t ARACIIIS (a-ra-chis'), ». f. Voy. arachide.

t ARACHNÉOLITHE (a-ra-kné-o-li-f), ». /".Terme de paléontologie. Crabe ou araignée de mer fossile.

— ÊTYM. 'Apcr^vaïo;, en forme d'araignée, et )t9oç, pierre.

t ARACHNIDE (a-ra-kni-d'), ». m. Terme d'histoire naturelle. Deuxième classe des annelés articulés, comprenant tous les animaux qui ont huit pattes à l'état adulte, dépourvus d'ailes et d'antennes, et renfermant les araignées, les faucheurs, les scorpions, les acares, etc.

— ÉTYM. 'Apâyvïi, araignée (voy. araignée).

t ARACHNITIS (a-ra-kni-tis') ou ARACHNOÏDI- TIS (a-ra-kno-i-di-tis'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'arachnoïde.

— ÉTYM. Voy. arachnoïde.

ARACHNOÏDE (a-ra-kno-ï-d') , s.f. Terme d'ana-

tomie. Membrane mince et transparente, qui est entre la dure-mère et la pie-mère, et enveloppe le cerveau et la moelle épinière.

— HIST. xvi* s. La cinquième et dernière tunique de l'oeil est nommée arachnoïde, pour la consistence qu'elle a semblable à toile d'araignée, pare, IV, 6.

— ÉTYM. 'Apa/voeiSr);, de àpoexvè;, araignée (voy. araignée), et de e!8o;, forme (voy. idée).

t ARACHNOÏDIEN, H5NNE (a-ra-kno-i-diin, diè-n'), adj. Qui a rapport il l'arachnoïde. Liquide arachnoïdien, liquide placé entre la pie-mère et le feuillet viscéral de l'arachnoïde, mais non dans la cavité de celle-ci.

ARACK. (a-rak; l'on dit souvent rak), ». m. Liqueur alcoolique tirée , par la distillation, du riz fermenté. On la fait aussi avec du sucre et du jus de noix de coco qui fermentent ensemble, souvent aussi avec le jus qui exsude d'incisions pratiquées au cocotier, et qui est appelé toddy. || Par extension, à Bourbon et dans les autres colonies à sucre au delà du cap de Bonne-Espérance, nom de l'alcool retiré, par la distillation, du vesou fermenté.

— ÉTYM. Portug. araque, araqua; de l'arabe araea, du verbe areca, suer, distiller.

\ ARAGNE (a-ra-gn'), ». f. Forme archaïque pour araignée. Il n'est rien, dit l'aragne, aux cas~s qui me plaise, la font. Fab. m, 8. La pauvre i.ragne n'ayant plus Que la tête et les pieds, artisans superflus, Se vit elle-même enlevée, id. ib. x, 7. Ils descendent assurément de ces aragnes carnassières, volt. Lett. vers, 82.

— ÊTYM. Aranea (voy. araignée).

t ARAGONITE (a-ra-go-ni-t') , ». /. Terme de minéralogie. Chaux carbonatée.

— ÊTYM. Aragon, contrée de l'Espagne où se trouve cette substance.

t ARAIGNE (a-rè-gn'). Technologie. Voy. araignée.

ARAIGNÉE (a-rè-gnée), s. f. || 1" Articulé aptère à huit pattes, qui, à l'aide d'une substance tirée de son corps, forme des fils et une toile fort minces. Le fait dos araignées qui descendent de leur toile et se tiennent suspendues tant que le son des instruments continue, et qui remontent ensuite à leur place, ne peut guère être révoqué en douU , buff. De l'ouïe. j| Fig. Combien encore il [le duc d'Orléans] avait résolu de nous laisser dégoûter et salir par cette araignée venimeuse [Pontchartrain] que chacun souhaitait dehors, st-sim. 42», 200. || Toile d'araignée, ôter les araignées. I| Pattes d'araignée, doigts longs et maigres. || 2° Terme de génie militaire. Travail par branches ou par rameaux qu'on fait sous terre, lorsqu'on rencontre quelque chose qui empêche de faire la chambre de la mine au lieu

destiné, et qu'on est contraint de s'écarter par plusieurs branches, qui sont terminées chacune par de petits fourneaux. || 3° En termes d'astronomie, cercle de l'astrolabe, percé à jour et portant différents bras dont les extrémités marquent la position des étoiles. ||4* En termes de géologie, intersection plus ou moins obtuse ou aiguë des deux versants d'une chatne de montagnes. || B* En termes de marine, réseau en petit cordage. || Poulies particulières destinées à recevoir les martinets ou cordages k plusieurs branches qui partent de plusieurs points différents pour se réunir à ces poulies. || 6° En termes de chasse, sorte de filet dont on se sert principalement pour prendre les merles. || 7° Technologie. Crochet de fer à plusieurs branches pour retirer les seaux d'un puits. On dit aussi araigne. || 8° Première soie que filent les vers à soie pour soutenir les cocons. || 9° Araignée de mer, petit poisson des ports de la Manche, sorte de jeune vive.

— HIST. xii* s. Dous iraignes [il] vit surdre del funz, d'une tenur [ensemble], Th. le mari. 105. Il xm* s. S'ele est preus et bien enseignie, Ne lest entor nule iraignie Qu'el n'arde, ou rée, errache ou housse, la Rose, 13542. || xv" s. Item je laisse aux hôpitaux Mes châssis tissus d'iraignée, villon, dans ménage. ||xvi" s. Gardez-vous de faire comme l'araigne, qui convertit toutes les bonnes viandes en venin, marg. Nouv. xxxvi. Mes armes au crochet se couvrirent d'araignes, Mes soldats parles champs voguèrent sans enseignes, garnier, Marc-Ant. m. Puisque la seule araigne instruit chacun d« nous Et du soin de l'espouse et du soin de l'espoux, dubartas, dans ménage. Il xvii" s. Vinrent à pas comptés comme des airignées, Régnier, Sat. xi.

— ÊTYM. Génev. iragne, iraigne; Berry, aragne, iragne, araigne, iraigne; picard, araigne; Boulogne, iraigne; provenç. aranha, aranh, eranha; catal. arany; espagn. arana-, ital. aragna; de aranea, grec àpâyyri. L'ancien français a aragne et les formes qui en dépendent, et araignée. Aragne signifie l'animal même et vient de ardnea , avec l'accent surra; araignée, qui ne peut venir de ardnea et qui yient de araneâta, chose faite par l'aragne, signifie toile d'araignée. La vieille langue distinguait donc l'aragne et l'araignée; la nouvelle langue s'est appauvrie et défigurée en confondant l'ouvrière et l'oeuvre; cette confusion paraît être venue dans le

XYl* s.

t ARAIRE (a-rê-r'), ». m. Charrue simple, dans laquelle la puissance motrice est immédiatement appliquée à l'âge ou au régulateur, sans l'intermédiaire d'un avant-train.

— REM. Certains comices agricoles font araire du féminin; c'est à tort.

— HIST. xv" s. Icelui tenant en sa main une coignée dont il appareilloit son araire, du cange, arar. Car qui sa main met àVarere, S'arriére lui regarde un pas,DuregneDieu digne n'estpas,iD. t'6. Quant les suppliants laissoicnt leur areau , id. ib. Il xvi" s. Une seule beste y suffit, tirant gaiement le soc ou la herce, avec une sorte d'araire que les Provenceaux, Dauphinois et ceux de Languedoc appellent fourquat, 0. deserres, h 7.

— ÊTYM. Aratrum, charrue (voy. arable), Berry, ariau, areau; wallon, èrère; provenç. araire; anc. catal. aradre; espagn. arado; ital. aratro.

tARAMÉEN.ENNE (a-ramé-in,è-n'),ad).etî. Les Araméens, peuple qui habitait la Syrie. || L'araméen ou langue araméenne, le syriaque.

f ARAMER (a-ra-mé) , v. a. Technologie. Mettre le drap sur un rouleau pour l'allonger en l'étirant.

t ARANÊEUX, EUSE (a-ra-né-eû, eû-z'), adj. Terme didactique. Qui imite une araignée ou une toile d'araignée.

— ÊTYM. Aranea, araignée.

t ARANÊ1F0RME (a-ra-né-i-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a forme d'araignée.

t ARANÉOLE (a-ra-né-o-1'), ». f. Ichthyologie. Nom donné sur les côtes de France à la petite vive ou à la vive commune, quand elle est jeune.

— ÊTYM. Diminutif de aranea, petite araignée.

f ARANTÈLES (a-ran-tè-1'), ». f. plur. Terme de vénerie. Filandres en forme de toile d'araignée, qui se trouvent ordinairement au pied du cerf.

— ÊTYM. Aranea, araignée, et tela, toile; Berry, arantèle, toile d'araignée.

ARASÉ, ÉE (a-râ-zé, zée), -part, passé. Mis de niveau, en parlant d'un mur.

ARASEMENT (a-râ-ze-man) , «. m. || 1* Terme d'architecture. Action d'araser ; résultat de cette action. Il 2* Terme de menuiserie. Extrémité d'une traverse à la naissance du tenon, laquelle vient joindre le battant à l'endroit de l'assemblage.

ARB

ARASER (a-râ-zé) , •>. o. Terme d'architecture. Mettre de niveau les parties d'un mur ou d'un bâtiment.

— HIST. xm« s. Et puis ne targa «aires que li soudans le fist tout araser et abatre, Chr. de Reins, 2)0. [Je] vous ferai tous escillier , et Melans tout araser, en tel manière qu'il n'i demorra pierre, ib. m. Tout le porpris [je] voil embraser, Tors et torneles arraser, la Rose, 20932. S'en ont esté mort et desconfit maint prodomme, et mainte terre perdue, et mainte vile abatue et arrasée, beaum. 66. || xv* s. Lors fut il commandé [le chastel] à abattre et arraser, et le fut tellement que encore sont là les pierres, en un mont, froiss. i, m, 24.

— ÉTYM. jà et raser. Dans l'ancien français, arraser veut dire raser jusqu'à terre, détruire.

ARASES (a-râ-z'), s. f. plur. Pierres plus hautes ou plus basses que celles dont le mur est formé, pour mettre l'arasement de niveau.

— ÉTYM. Araser.

ARATOIRE (a-ra-toi-r"), adj. Qui sert ou qui se rapporte au labourage. Instruments aratoires. Travaux aratoires.

— ÎHYtil. Aralorius , d'arare, labourer(voy. arable).

f ARBALESTRES (ar-ba-lè-str") , s. f. plur. Technologie. Ficelles qui servent à monter le métier des ferrandiniers, faiseurs de gaze, de soie, etc.

— ÉTYM. Voy. ARBALÈTE.

t ARBALESTRILLE ou ARBALÈTRILLE (ar-balê-tri-U'), s. f. Nom d'un instrument aujourd'hui abandonné qu'on employait sur mer pour les observations de la latitude.

— ÉTYM. Arbalète.

ARBALÈTE (ar-ba-lê-f) , s. f. || 1« Arme de trait, composée d'un arc d'acier bandé avec un ressort et monté sur un fût qui reçoit le trait ou la balle. || Par analogie. Un cheval en arbalète, attelé seul en avant des deux du timon de la voiture. C'est à deux chevaux qui sont déjà fort vifs en attacher un troisième en arbalète qui tire d'un côté, tandis que les autres tirent de l'autre, dider. Lelt. sur les aveugles. 1 1 2* En blason , l'arbalète se représente en pal , la corde détendue. || 3° Terme d'astronomie. Instrument dont on se servait autrefois en mer pour prendre la hauteur du soleil. || 4° Terme de chasse. Sorte de piège dont on se sert principalement pour prendre les loirs. || 5" Terme de marine. Sorte de grappin ou de porte-amarre. || 6° Technologie. Double lame élastique d'acier, à l'aide de laquelle l'ouvrier n'a pas la fatigue de presser la lime sur la pièce qu'il travaille. || Terme de manufacture de soieries. Corde avec laquelle on attache les poignées du battant. || Au plur. Ëtrivières qui font baisser les lisses.

— REM. On a dit longtemps arbalestre : il portait l'arbalestre au bon roi Charlemagne , Régnier, Sot. x.

— HIST. xi" s. D'une arbaleste [il] ne puet traire un quarrel, Ch. de Roi. clxv. || xm* s. Quiconques veut estre archiers à Paris, c'est à savoir feseres de ars, de fleiches et de arbalestes , Liv. des met. 260. Et as archieres tout entour Sunt les arbalestes à tour, Qu'armeilre n'i puet tenir, la Rose, 3868. Le clerc s'en ala en pure sa chemise en son hostel, et prist s'arbalestre, joinv. 209. |l xv* s. Commencèrent Gennevois à traire de leurs arbalestres à grand randon, et les archers d'Angleterre aussi sur eux, froiss. i, i, <95. ||xvi*s. Il se souvint pourtant d'une arbaleste dont son valet, lors en Limouzin, alloit quelquesfois tirer aux garennes du fié.... c'estoit une arbaleste à rats [piège] que cette vieille apporta au penart, d'aub. Eœn. n, 14. Les lances et arbalestes à feu, pare, ix, Préf.

— ÉTYM. Arcubalista, de arcus, arc (voy. arc), et ballista (voy. baliste) ; bourguig. arbelaite.

t ARBALËTÉE (ar-ba-lé-tée) , s. f. Voy. arbalétrée.

t ARBALÉTIÈRE (ar-ba-lé-tiê-r'), s. /'.Voy. arba- LÉTRIÊRE.

t ARBALÉTRÉE (ar-ba-lé-trée) et ARBALÉTÉE (ar-ba-lé-tée) , s. f. Portée d'une arbalète.

— HIST. xii" s. Arrier [il] se trait demie arbarestrée, Ronc. p. 66. ||xiir* s. Et dura bien cis frons [de bataille] trois arbalestrées, villeh. lxxvii. Par un sentier s'en est torné, Au devant le parc est aie Largement une arbalestée, Ren. 22605. || xiv* s. Et furent reculé bien uue arbalestrée, Guescl. v. 13988.

— ÉTYM. Arbalète.

ARBALÉTRIER (ar-ba-lé-tri-é) , s. m. || 1» Soldat armé d'une arbalète. || Grand maître des arbalétriers, le premier officier de l'armée après le connétable. || 2* Terme de zoologie. Nom vulgaire du martinet noir. || 3" Les charpentiers appellent ainsi les pièces

AllB

de bois qui servent à soutenir le toit d'un bâtiment.

— HIST. xm" s. Il avoit moult grant plenté de bonne gent et d'archiers et d'arbalestriers, villeh. lxix. Ainz que se fussent regardé, Sept gaingnon [chiens] vienent descopié; En après vienent veneor, Arbalestier et chaceor, Ren. 8066. || xv*s. Dont se mirent gens d'armes en ordonnance d'assauts, et tous leurs arbalestriers pavoises devant, froiss. u, n, I 1. 1| xvi* s. Le traict des haquebutiers, archers et arbalestriers , m. du bell. Prol. Les arbalestiers à cheval, id. t».

— ÉTYM. Ârcubalislarius (voy. arbalète).

t ARBALÉTRIÈRE (ar-ba-lé-tri-è-r") , s.f.\\ 1° Ouverture pour tirer avec l'arbalète. || 2" Terme de marine ancienne. Lieu d'une galère, d'où les soldats combattaient.

— HIST. xiv* s. Une fenestre ou arbalestriere par où la clarté leur venait d'une tour, du cange, arbalista.

t ARBELAGE (ar-be-la-j') ou ARBELAY (arbe-lè) , s. m. Lame de fer aplatie pour la fabrication de la tôle.

ARBITRAGE (ar-bi-tra-j'), s. m. || 1" Jugement par arbitre. Leurs voisins qui s'étaient soumis à leur arbitrage, boss. Ilist. m, 6. La détermination doit être soumise à l'arbitrage des gens doctes, id. Projet. Le sénat mettrait ces princes en arbitrage, montesq. Jlom. 6. || 2° Terme de banque. Opération par laquelle on choisit la voie la plus avantageuse pour tirer ou remettre des lettres de change sur une place étrangère ; et aussi trafic qui consiste à acheter des effets sur une place où ils sont dépréciés, pour les revendre sur d'autres places où ils sont recherchés. On dit faire les arbitrages, comme on dit faire l'escompte, les recouvrements. || En termes de bourse, opération par laquelle on échange une valeur de bourse contre une autre, en vendant l'une et achetant l'autre. Par exemple, si les actions du chemin de fer d'Orléans sont présumées devoir hausser de dix pour cent au plus, et les actions du chemin de fer de Lyon de vingt pour cent, le spéculateur trouve avantage à vendre les actions d'Orléans qu'il détient, pour acheter des actions de Lyon; il juge, il arbitre en faveur du chemin de fer de Lyon. On a fait des arbitrages en faveur de l'Orléans contre le Lyon.

— HIST. xm* s. Si dirons liquel arbitrage valent et liquel non, beaum. xli, t. Qui termine arbitraige et mise, Qui paie la painne commise Du trespassé commandement? l. de meung, Tr. 3to. || xiv* s. Nulle chose ne doit estre lessie en l'ordenance et arbitrage ou volent* du juge, oresme, Eth. 162. 11 est dure chose et périlleuse que un homme se commette du tout en l'arbitrage et en la puissance de ses ennemis, Hénagier, i, 9. Après la confession vient satisfacion que on doit faire selon l'arbitrage et le conseil du sage confesseur, ib. i, 3. || xv* s. Il tinst [tiendrait] aujourd'hui toute ceste seigneurie soubz son arbitrage, comm. v, *i. || xvi* s. En matière criminelle, les reproches demeurent à l'arbitrage des juges [ils peuvent nonobstant récusation admettre la déposition des témoins], loysel, 786. Pacifier par arbitrage les querelles et différents,

AMYOT, Potnp. 66.

— ÉTYM. Arbitrer.

ARBITRAIRE (ar-bi-trê-r') , adj. || 1" Qui est produit par la seule volonté. La plupart des noms donnés aux choses ne sont pas des signes purement arbitraires. Le choix de tous les individus possibles a été purement arbitraire à Dieu, fén. m, 81. Qu'on soit juste, il suffit : le reste est arbitraire, volt. Loi nat. 2. Il semble que le salut soit une chose arbitraire, mass. Délai. L'ardeur de leurs disputes insensées et leur religion arbitraire est devenue la plus dangereuse de leurs maladies, boss. Reine d'Angl. || 2* Qui est laissé à l'appréciation, à la décision du juge. Amende arbitraire. Peine arbitraire. || 3° Despotique , qui n'a de règle que la volonté du prince et de ses ministres. Le pontificat qu'il rend arbitraire, boss. Ilist. H, 5. Ne parlons pas des corruptions qu'on a honte d'avouer; parlons de la lâcheté ou de la licence d'une justice arbitraire, id. Le Tellier. Tant que la levée des revenus s'exigera par des voies arbitraires, il est impossible que les peuples ne soient exposés à un pillage universel répandu par le royaume, vaub. Dime, p. 165. Ce rigide ennemi du pouvoir arbitraire, volt. Mort de Ces. l , i. || 4* S. m. Substituer l'arbitraire aux lois. Ce point de doctrine est au-dessus de l'arbitraire des conjectures. Dons Quichottes de l'arbitraire, Allons, morbleu I de la valeur, bérang. Christophe. Les auteurs ont donné dans l'arbitraire, uontesq. Esp. i, 3.

ARB

— HIST. xv* f . Mais quant ceste peine arbitraire On m'adjugea par tricherie, villon, Ballade de son appel. || xvi* s. Lesquelles peines, par l'avis de tous les assistans, doivent estre arbitraires, Coustumier gêner, t. i,p. 473.

— ÉTYM. Arbilrarius, de arbiter (voy. arbitre); provenç. arbitrari ; espagn. et ital. arbitrario.

ARBITRAIREMENT (ar-bi-trê-re-man), ode.

D'une façon arbitraire. Gouverner arbitrairement.

— ÉTYM. Arbitraire, et le suffixe ment; provenç. arbitrariament.

ARBITRAL, ALE (ar-bi-tral, tra-1') ; adj. Prononré par arbitres. Jugements arbitraux. Ces plaintes n'étaient rien au prix de l'embarras Où se trouva réduit l'appointeur des débats ; Aucun n'était content ; la sentence arbitrale X nul des deux ne convenait, la font. Fabl. xn, 28. Le pape embrassa ce dernier avis, que confirma sa sentence arbitrale, st-simon,

— ÉTYM. Arbitralis, de arbiter (voy. arbitre). ARBITRALEMENT (ar-bi-tra-le-man), adv. Par

arbitres. Cette affaire fut jugée arbitralement.

— ÉTYM. Arbitrale, et le suffixe ment.

ARB1TRAT10N (ar-bi-tra-sion), s. f. Terme de

jurisprudence. Estimation faite en gros.

— ÉTYM. Arbitralio (voy. arbitrer); provenç. arbitracio.

t. ARBITRE (ar-bi-tr'), s. m. || 1* Celui qui, agréé ou désigné par les parties, juge un différend. Sa probité le rend l'arbitre de tous les Etats, fénel. Tél. v.Il faut prendre pour arbitre un peuple voisin, id. ib. xxm. Je vous fais notre arbitre, et vous nous jugerez, rac. Brit. iv, 2.Dois-jesur sa foi Laprendre pour arbitre entre son fils et moi? id iV 1,4. Vousmême, amour à part, je vous en fais arbitre, corn. Nicom. i, 2. || Tiers arbitre, l'arbitre chargé de décider entre deux autres. || 2° S. m. et f. Maître absolu, maîtresse absolue. Arbitre de la vie et de la mort. La fortune est l'arbitre de toutes choses. Mais parle.... de son sort qui t'a rendu l'arbitre? rac. Andr. v, 3. Et des jours de son frère arbitre souveraine, id. Baj. i, <. Il vous fait de son sort arbitre souveraine, n. Brit. v, i. De la Grèce déjà vous vous rendez l'arbitre, id. Iph.rr, 6. Mais si de leur puissance ils vous laissent l'arbitre, corn. Sertor. u, 2. Quand de toute l'Asie il se fut vu l'arbitre, id. Cinna, m, 4. Lorsqu'il se vit établi arbitre souverain des lois, fléch. le Tel. Ils se rendirent les arbitres de la doctrine, boss. Hist. n, 6. On ne laisse pas les convalescents arbitres de leur nourriture, id. Lelt. Corn. «2. Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance, id. Reine d'Angl.

— HIST. xm* s. Et tel digneté li jugiés Qu'il poîst estre arbitre et juge, la Rose, i 5229. Et s'il i a contenz [dispute], il doit estre ostez par arbitre esleuz d'une partie et d'autre, Liv. de Just. 46. Il est bon que noz parlons en cest capitre qui ensuit, d'une manière de juges c'on apele arbitres, beaum. xli, (. Tex manières de descors doivent estre apaisé par le [la] déclaration que li arbitre font en lor recort, id. xxxix, 7. || xiv* s. Estre arbitres et modereurs du publique conseil, bercheure, f* 35, verso. || xvi* s. Lavinus feit response que les Romains ne le vouloient point pour arbitre, ny De le craignoient point pour ennemy, amyot, Pyrr. 34.

— ÉTYM. Bourguig. airbitre; provenç. arbitre; espagn. et ital. arbitra; d'arbiter.

2. ARBITRE (ar-bi-tr'), s. m. Terme de métaphysique. Volonté. Libre arbitre, puissance qu'a la volonté de choisir entre plusieurs partis sans motif extérieur; pouvoir de se déterminer sans aucune cause que la volonté elle-même. La grâce efficace meut le libre arbitre, pasc. l'rov. 18. Je dis que la liberté ou le libre arbitre est certainement en nous, et que cette liberté nous est évidente, boss. Libre arb.2. || On dit, dans le môme sens, mais plus rarement, franc arbitre. || Danslelangageordinaire, libre arbitre signifie seulement une volonté qui n'est pas contrainte.

— HIST. xv* s. Cestui-là i alla de son franc arbitre et de noblesse de cueur pour l'honneur du père et de la maison, g. chastel. Chron. des D. de Bourg. n, ch. 56. || xvi* s. C'est l'usance des tyrans, qui veulent leur arbitre tenir lieu de raison, hab. Garg. i, 9. Nous parlerons du franc et serf arbitre de l'homme, calv. Instit. 162. Ceux qui maintiennent le libéral arbitre, le jettent bas en ruine, plustost qu'ils ne l'establissent, id. ib. 180. Dieu nous a donné franc-arbitre en nostre nature, et ne nous impose point nécessité, id. tu. <«2. Ils accordent que le nom d'arbitre se doit rapporter à la raison , .... que le titre de libre ou franc, lequel on adjousle

ARB

avec, appartient proprement à la volonté, id. t'6.

— ÊTYM. Arbitrium , de arbiter (voy. arbitre). Provenç. arbitre , franc albiri , albir , arbir; espagn. et ital. arbitrio.

ARBITRÉ, ÊE (ar-bi-tré, trée), part, passé. Décidé par arbitre. Des dommages arbitrés.

ARBITRER (ar-bi-tré), v. a. Estimer, régler, juger comme arbitre. Arbitrer une dépense, des frais, des dommages. Les constitutions ayant arbitré le temps qu'on peut communier en religion, boss. Lctt. rel. 63. Il fallait arbitrer les pensions des religieux qui ne peuvent prendre la réforme, pathu, Plaid. 6. C'est au clergé qu'il faut nous adresser, non pour arbitrer ce différend; une nation, juge d'elle et de tous ses membres, ne peut avoir ni procès ni arbitres avec eux.,.. Mirabeau, Collection, 1. 1, p. tse.

— hist. xvi* s. X l'adventure ne sera ce point trop mal arbitré ny jugé, si nous donnons au Grec la couronne de l'art militaire et au Romain celle de clémence? amyot, Flamin. et Philop. 8. S'en remettant à ce qu'il en arbitrerait, id. Pyrrh. 34.

— êtym. Arbitre ; provenç. et espagn. arbitrai-; ital. arbitrare.

ARBORÉ, ÉE (ar-bc-ré, rée), part, passé. Une flamme arborée au haut du mât.

ARBORER (ar-bo-ré), v. a. || l'Elever droit comme un arbre. Arborer la croix. N'arboreront-ils point l'étendard de Pompée? corn. Sert, i, I. ||2" Terme de marine. Arborer un pavillon, une flamme, les hisser , les déployer. On a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux, corn. Cid, n , 7. || 3* Fig. Arborer l'étendard de la révolte, se révolter contre l'autorité établie. Arborer le pyrrhonisme, se déclarer partisan du scepticisme.

— HIST. xvj* s. Toutes les dames de Burgosavoient arboré leurs plus beaux ornements.... Jfe'm. sur Du Guescl. Quand il met chemise à part pour s'arborer devant les dames tout nud en la place, d'aub. Conf. i, 2. Enseignes arborées «t le tambour battant, carl. i, te. Je n'avoisleu [lu] arborer une enseigne, sinon aux ordonnances que et l'amiral de Chastillon , exerçant lors la charge de colonel de l'infanterie, pasquier, Recherches, vin, ».

— êtym. Arbre.

t ARBORESCENCE (ar-bo-rè-ssan-s') , s. f. Qualité, état de ce qui est arborescent.

t ARBORESCENT , ENTE (ar-bo-rè-ssan , ssant'), ai]. Terme de botanique. Se dit des plantes herbacées dont les tiges ou rameaux prennent la consistance de ceux des arbres. || Se dit d'une plante à tige ligneuse dont la hauteur approche de celle d'un arbre.

— êtym. Arborescere, de arbor (voy. arbre).

t ARBORICOLE (ar-bo-ri-ko-P) , ad]. Terme de zoologie. Qui habite les arbres. Ce n'est qu'avec la période tertiaire qu'apparaissent les types des oiseaux arboricoles.

— êtym. Arbor, arbre, et cola, qui habite, de colère (voy. culture).

t ARBORICULTURE (ar-bo-ri-kul-tu-r') , t. f. Culture des arbres.

— êtym. Arbor, arbre, et culture.

t ARRORIFORME (ar-bo-ri-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un arbre.

— ÊTYM. Arbor, arbre, et forma, forme.

t ARBORISATION (ar-bo-ri-za-sion), s. f. Dessin naturel imitant des arbres ou des bruyères très-ramifiées sur certains minéraux, sur les vitres en hiver.

— êtym. Arbnrisé.

ARBORISÊ, ÉE (ar-bo-ri-zé , zée), adj. Il se dit des minéraux qui présentent des arborisations. On les appelle [ces pierres] herborisées ou arborisées, lorsqu'elles ne figurent que de petites plantes, volt. Singul. I,

— ÊTYM. Arbor (voy. arbre).

t ARBORISTE (ar-bo-ri-sf) , s. m. || i« Herboriste. Vespasien Robin, arboriste du roi Louis XIII, planta, an (835, le premier acacia ou robinier introduit de l'Amérique septentrionale en France. C'est bien fait, dit le loup en soi-même fort triste; Chacun à son métier doit toujours s'attacher; Tu veux faire ici l'arboriste, Et ne fus jamais que boucher, la font. Fabl. v, 8. || 2" Néologisme. Celui qui élève ou qui cultive des arbres. On dit habituellement pépiniériste.

— REM. Arboriste (dans toutes les éditions données par La Fontaine lui-même, et en «635 dans le titre de Vespasien Robin) est une forme ancienne rejetée par l'usage et conservée encore parmi le peuple. On dit aujourd'hui herboriste (voy. ce mot).

ARB

— ÊTYM. Arbor, arbre; espagn. arboiista, Jardinier pour les arbres.

ARBOUSE (ar-bou-e'), s. f. Fruit de l'arbousier.

— êtym. Arbutum.

ARBOUSIER (ar-bou-zié), s. m. || i« Arbrisseau qui est du midi de l'Europe, et qui produitdes fruits doux assez semblables à la fraise pour l'apparence. || 2* Arbrisseau traînant et toujours vert, qui porte des baies aigrelettes ressemblant à des cerises; autrement, raisin d'ours. Le roitelet seplalt dans ces haies de ronces et d'arbousiers, qui sont pour lui de grandes solitudes, chateaub. Génie, i, v, 3.

— HIST. xvi* s. Les fleurs de l'orme, du genest, de l'arbausier, du bouîs changent la bonté du miel, o. de serres, *34. Genests, biais, arboisiers, lentisques, id. 785.

— ÊTYM. Arbouse.

ARBRE (ar-br"), s. m. || 1» Grand végétal ligneux, et, dans le langage spécial de la botanique, végétal dont le tronc ligneux s'élève à plus de six mètres. Le troisième tomba d'un arbre Que lui-même il voulut enter, la font. Fabl.xi, 8. On peut comparer les empires à un arbre dont les branches trop étendues ôtent tout le suc du tronc et ne servent qu'à faire de l'ombrage, montesq. Lettres pers. I2t. || Arbresverts, se dit particulièrement de ceux qui conservent leurs feuilles en hiver, tels que le sapin , l'yeuse, le houx. || Fig. La source est à chercher plutôt que les ruisseaux ; 11 faut s'en prendre à l'arbre et non pas aux rameaui, tristan, M. de Chrispe,vr, II. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines? rac. Alh. i, i. Voyons s'il s'en est fallu beaucoup, qu'il n'ait renversé ce grand arbre de la maison d'Autriche, voit. Lelt. 74. || Fig. et familièrement. Se tenir au gros de l'arbre, s'attacher au parti le plus fort, s'appuyer sur ce qui semble le plus solide et le plus sûr. || 2° L'arbre de la croix, la croix où fut attaché Jésus. || Arbre de la science du bien et du mal, arbre qui était au milieu du paradis terrestre, et auquel Dieu avait défendu de toucher sous peine de mort. || Arbre de vie, arbre qui était au milieu du paradis terrestre, et dont le fruit avait la vertu de conserver la vie à l'homme, si l'homme eût conservé son innocence. || 3" Axe ou principale pièce d'une roue ou d'une machine. On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre, volt. Mœurs, t62. || Axe de bois ou de métal. Arbre d'un volant de pendule. || Arbre d'une balance, la verge de fer à laquelle est suspendu le fléau. || Terme d'horloger. Petit morceau d'acier qui passe au travers du barillet de la montre, et qui sert à bander le ressort. Dans les horloges, il y a l'arbre de la grande roue, qui porte les poids, l'arbre du grand ressort, l'arbre de la fusée. || 4° En termes de marine, mât. L'arbre de meistre, le grand mât d'un bâtiment à voiles latines. L'arbre de trinquet, le mât de misaine. || 6° Arbre de généalogie, grande ligne, au milieu de la table généalogique, qui se divise en d'autres petites lignes qu'on nomme branches, et qui marquent tous les descendants de quelque famille. || 6" Arbre fourchu, position dans laquelle on se tient sur ses mains, la tête en bas et les pieds en haut. Faire l'arbre fourchu. || Arbre fourchu, terme de poésie française ancienne, sorte de poème français où de très-petits vers s'entremêlaient régulièrement à de plus grands, de manière à former un tronc et des branches horizontales. || 7" Arbre encyclopédique, tableau de l'enchaînement systématique des sciences. 1 1 8° Dans le blason , arbre fusté , arbre dont le tronc et les branches ne sont pas du même émail ; arbre englanté, celui dont l'émail du fruit est différent aussi. || Meuble d'armoiries dont l'émail le plus fréquent est le sinople. L'arbre parait sur l'écu en pal, les racines resserrées. || 9° En termes d'eaux et forêts, arbres de lisière, ceux qu'on laisse dans une coupe pour en borner l'étendue. Arbres de laye , ceux que l'on laisse pour repeupler la forêt. || 10° En termes de chimie, arbre de Diane, amalgame d'argent (Diane étant, dans le langage des alchimistes, le surnom de l'argent) qui se dispose en petites aiguilles prismatiques groupées de manière à représenter un arbrisseau. || Arbre de fer ou de Mars, végétation métallique qui se forme lorsqu'on met un fragment d'un sel dans la liqueur des cailloux. || Arbre de Jupiter, nom donné à la végétation métallique qu'on obtient en précipitaut I'étain par le zinc. || Arbre de Saturne, cristallisation que l'on produit avec une lame de zinc plongée dans l'acétate de plomb. || Dans l'alchimie, arbre des philosophes se dit du mercure, et quelquefois de la picire philosophale. || 11» En anatomie, arbre

ARB

de vie, disposition que présentent les prolonge, menu de la substance médullaire dans les lobes du cervelet. || 12" Dans le jardinage , arbre en colonne (voy. colonne) , arbre en buisson ou cépée (voy. buisson) , arbre en cordon (voy. cordon) , arbre en oblique (voy. oblique), arbre en palmelte (voy. palmette), arbre à palmettes doublés ou à deux tiges ou en u (voy. palmette double), arbre à quenouille (voy. quenouille), arbre en vase ou gobelet (voy. vase), arbre en plein-vent ou haute tige ou de plein vent ou de haut vent (voy. vent). || 13° Nom de différents végétaui. Arbre aveuglant, arbre de la famille des euphorbiacées, dont le suc âpre et laiteux cause des ophthalmies dangereuses, s'il tombe sur la conjonctive. || Arbre au corail, nom donné à deui plantes de la famille des légumineuses, dont l'une a des graines du poids de 212 milligrammes assez constant pour qu'elles servent d'unité de poids dans l'Inde à l'effet de peser l'or et les pierres précieuses. || Arbre à la glu, un des noms vulgaires du houx, dont Pécorce moyenne sert à faire la meilleure glu. || Arbre aux grives, nom vulgaire du poirier des oiseleurs ou sorbier des oiseaux. 1 1 Arbre à l'huile du Japon , arhre de la famille des euphorbiacées, dont le fruit, ordinairement à 4 loges, renferme autant de graines dont l'huile est employée pour l'éclairage. || Arbre de Judée, nom vulgaire du gaînier commun; c'est à tort que certains auteurs lui donnent le nom de bois de Judée; il porte des fleurs rouges très-jolies. || Arbre à pain ou jaquier, dont le fruit pulpeux amylacé se cuit et se mange comme du pain dans les îles de l'Océanie et aux Antilles. || Arbre saint, un des noms vulgaires de la Mélie Azédarach , probablement parce que les noyaux de ses fruits sont employés à faire des chapelets, d'où elle est aussi appelée arbre à chapelet, j Arbre de Sainte-Lucie, nom donné au cerisier Manaleb (rosacées) , parce qu'il est commun aux environs du village de Sainte-Lucie, département de la Meuse; il est aussi appelé bois de Sainte-Lucie. || Arbre à suif de la Chine, naturalisé dans la Caroline du Sud. Les semences, indépendamment de l'huile qu'elles contiennent à l'intérieur, sont couvertes d'une substance sébacée blanche qu'on exploite pour la fabrication des chandelles. || Arbre à lu vache, nom du Galactodendron utile de la Colombie, fournissant un liquide blanc qui se boit comme du lait. || Arbre au vermillon. Dans quelques localités de la France et de l'Italie, on donne ce nom vulgaire au chêne coccifère ou chêne Kermès. || Proverbe. Entre l'arbre et Pécorce, il ne faut pas mettre le doigt; c'està-dire qu'il ne faut pas se mêler des débats de famille.

— REM. La prononciation populaire abre est condamnée par Vaugelas, qui remarque qu'elle était commune. Arbre , venant ae arbor, s. f. a été quelquefois fait du féminin dans les anciens textes.

— HIST. xr* s. Haut sont li pui et moût haut sont les arbres, Ch. de Roi. clxvi. Va, les pend tous à l'arbre de mal fust, ib. ccxc. || xii* s. Lors s'est assis sous l'aubre qui verdie, Ronc. p. t54. X la fenestre est venue au jor cler ; Voit sor ces haubres ces oisellons chanter, Raoul de C. 242. || xni' s. Et se l'arbre i [au moulin] faut mètre.... tailliar, Recueil, p. 462. Lors [elle] s'assiet sous un arbre, car U cuers li douloit, Berte, xxvm. Li aubre despoillent lor branches, ruteb. 2(1. ||xvi*s. De sa lance rumpoyt ung huys, aculoyt une arbre, rab. Gar. l, 23. L'énorme meurtre que y avoit faict Gargantua avecques son grand arbre, id. t'6. i, 44. Tous les arbres, arbustes et frutices des foretz, id Pant. n, 8. Comme arbre novellement plantée lesfault appuyer, id. ib. m, t. Pantagruel, par l'adviz du pilot, tenoyt l'arbre [le mit] fort et ferme, id. t'6. iv, 49. X ceste heure fays bien à poinct l'arbre fourchu, les piedz à mont, la teste en bas, m. t'6. Toute arbre que son Père n'a plantée sera arrachée, calv. Inst. 2)7. Ils apperçurent un homme au faite del'arbre, [mât] sur l'antenne, carl. I, II. L'arbre mis au dedans du gran-i ressort pour le tendre, paré, xvii, (2.

— ÊTYM. Bourguig. génev. et picard, abre; Berry, dbre, dbe; provenç. ar6re, albre, aybre; espag. atbol; portug. arvore; ital albero; du latin arbor; zend, urvoro, arbre; sanscrit, urvard, terre fertile; allem. urbar, fertile; celtique, ar&ara, plante à grain. Dans tous ces mots se trouve un radical arb ou ur6, exprimant ce qui pousse, ce qui est fécond.

t ARBRET (ar-brè) ou ARBROT (ar-bro), s. m. Terme de chasse. Petit arbre dont on a remplaci les branches par des gluaux.

ARB

t ARBRETER (arbre-té), v. n. Préparer un arbret. J'arbrette, j'arbretterai.

ARBRISSEAU (ar-bri-sô) , ». m. Petit arbre; dans le langage spécial de la botanique, végétal ligneux ne s'élevant que de t à « mètres; dans le langage général, petit arbre. Lieu planté d'arbrisseaux. Comme uu arbrisseau que les passants font bientôt périr, en le heurtant et le pliant dans tous les sens, }. J. rouss. Ém. n. Yous voulez passer pour un arbrisseau, tous qui êtes un cèdre du Liban, voit. Leltr. t87.

— HIST. xii* s. Puis vint avant dessous deux arbresiaus, Ronc. p. 150. || xm* s. Et arbrissel désirent qu'il fussent parfieuri, Berte, i. Arbrisiaus [il] i avoit, ne sai, ou sept ou huit, ib. xxxvi. Desouz un arbrisel, delez un petit mur, ib. xli. Si coroit entor un missel; Là dedenz avoit arbroissel De maintes guises.... Ren. 4S58. Et j'atacherai nos chevaus Ci ilec à ces arbrissaus, if». 23694. || xvs. S'en ce printemps que les feuilles et flours Et abrynceaux percent nouvellement, Amours vouloit moy fere ce secours, villon, Bail.

— ÊTYM. Arbrisseau suppose un mot tel que arboriciîlus, diminutif de arbnr (voy. arbre). En ancien français, au singulier, arbrissaus, nominatif, arbrissel, régime; au pluriel, arbrissel, nominatif, arbrissels ou arbrissaus, régime.

t ARBROT (ar-bro), s. m. Terme de chasse. Voy.

ARBRET.

t ARBUE (ar-bue), s. f. Argile employée comme fondant des minerais calcaires.

ARBUSTE (ar-bu-sf), s. m. Petit arbrisseau , et, dans le langage spécial de la botanique, végétal ligneui ne s'élevant que de 35 centimètres à t mètre. L'herbe des champs renaît, l'arbuste reverdit, raynouard, États de Blois, iv, 8.

— HIST. xvi* s. Herbes et arbustes odorans, comme thim, serpoulet, lavande, aspic et semblables, o. de

SEERES, 202.

— ÊTYM. Arbustum, de arbor (voy. arbre). ARC (ark. Au pluriel 1'» ne se prononce pas : des arcs

attachés ensemble ; dites des ark attachés ensemble) , s. m. || 1* Arme formée d'une pièce en boisouen acier, et d'une corde qui, attachée aux deux extrémités, sert à la tendre et àlancerdes flèches. Tirer de l'arc, tendre un arc. De son arc toutefois il bande les ressorts, la font. Fab. vm, 27. Il banda son arc, fén. Tél. iv. Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune, rac. Phèd. n, 2. || Fig. Détendre l'arc, donner du relâche à l'esprit. || Fig. Avoir plusieurs cordes à son arc, avoir plusieurs moyens de réussir, d'arriver à ses fins. || 2" Terme d'architecture. Courbure de voûte. Arc de plein cintre. Arc surhaussé. Arc surbaissé. || Arc de triomphe, monument en furme de porte voûtée, et orné de bas-reliefs et d'inscriptions. Six arcs triomphaux, voit. Lettr. 68. Le peuple rassemblé sous ces arcs triomphaux.... volt. Brut, n, 3. Tous les arcs triomphants que Home m'a dressés, rotrou, St Gen. i, 4. Pour vous éterniser sous ces arcs glorieux Qu'une savante main taille aux victorieux, tristan, if. de Chrispe, i, 3. Il travaille aux inscriptions des arcs qui doivent orner la ville, la brut. (0. || 3" Terme de géométrie. Toute portion d'une ligne courbe. Arc de cercle , d'ellipse, de parabole. Pour passer l'Escaut, Vendôme suivait la corde, qui était très-courte; pour l'empêcher, M-ilborough avait à marcher sur l'arc, fort étendu et courbé, st-sim. 203, 207. Le port du Pirée déciit un arc dont les deux pointes ne laissent qu'un étroit passage, chateaub. [tin. 2)9. || 4* Terme d'astronomie. Arc diurne, portion de cercle qu'un astre parcourt au-dessusde l'horizon. Arc nocturne, portion de cercle qu'un astre parcourt au-dessous de l'horizon. || 5* Arc de carrosse, arc formé de deux pièces de fer qui joignent le bout de la flèche à l'essieu des petites roues. || 6° En anatomie, arc, partie décrivant un certain contour. L'arc du colon. ||7°En termes de marine, arc de l'éperon, longueur qu'il y a du bout de l'éperon à l'avant de l'éperon. || 8» Le grand râteau d'un charbonnier.

— REM. On dit arc de triomphe et non arche de triomphe; mais arche de pont, et non arc de pont.

— HIST. xi* s. Donnez mei l'arc que vous tenez au poing, Ch. de Roi. lx. || xu* s. Cil court plus tost qu'ars ne jeté bouzon, Ronc. p. 74. Ferez i bien, traiez des ars turcois, ib. p. (37. X conseil [il] les enmene dessouz un arc volu, Sax. xxvm. Li arcs des fors est surmontez, e li fieble sunt esforciez, Rois, 6. || xm* s. Et li Commain et li Blac et l'i Grieu chacierent et hordoierent à celé bataille à ars et à saiettes, villeh. cxlv. Car il est de l'arc d'amours trait [frappé], Bl. etJeh. 452. Li uns des ars si fu d'un bois Dont li fruit iert mal savorés, la

ARC

Rose, »I4. Entre les autres [présents] li apportèrent ars de cor, joinv. 27». || xv* s. Et le fit pourvoir [le châtel] moult bien d'espingoles, de bombardes et d'arcs à tour et d'autres instrumens, FROiss. i, i, 316. || xvi* s. Aussi s'y servira-on de l'arbaleste et du fort arc-agelet, mais non de l'arquebuse, pour n'effraier les connins, o. de serres, 4)7 Brisé lances, rompu les arcs, marot, iv,

— ÉTYM. Arcus; bourguig. ar; wall. air, cintre; provenç. are; espagn. et ital. arco. Dans l'ancien français , au singulier, nominatif li ars, régime It arc; au pluriel , nominatif li arc, régime les ars. Arc décor, arc de corne.

ARCADE (ar-ka-d'), s. f. || 1" Terme d'architecture. Ouverture en forme d'arc. || Par analogie, arcades de verdure. || En anatomie, courbes que décrivent certaines parties osseuses, aponévrotiques et artérielles. Arcade dentaire. Arcade crurale. Arcade palmaire. || En arcade, loc. adv. Cou de travers, omoplate en arcade, Un dos cintré propre à la bastonnade.... volt. Crépinade. || 2° Technologie. Partie de la châsse d'une lunette qui embrasse le nez. || Partie d'un balcon ou d'une rampe d'escalier qui forme un fer à cheval.

— ÊTYM. Bas-lat. arcata; de arcus, arc. ARCANE (ar-ka-n'), ». m. || 1* Terme d'alchimie.

Opération mystérieuse. || Par extension, remède dont on tient la composition secrète. || Adjectivement. La parole est un miroir qui nous présente naïvement les secrets les plus arcanes de nos individus, mol. le Mar. forci, «. || 2° Composition métallique qu'on emploie dans rétamage des métaux.

— ÊTYM. Arcanut, secret, de ara», coffre (voy. arche) ; mot à mot, qui est serré dans le coffre, et par conséquent caché à tous les yeux.

fARCANNE (ar-ka-n'), s. f. Craie rouge dont se serrent les charpentiers pour tracer leur ou- Trage.

t ARCANSON (ar-kan-son) , s. m. Galipot liquéfié dans des chaudières, filtré et coulé dans des moules creusés au milieu du sable, pour lui donner la forme de pains; dit aussi brai sec et colophane, et employé seulement dans la préparation des onguents et des emplâtres. || Dit aussi arcachon.

ARCASSE (ar-ka-s'), ». f. || 1* Nom des deux pièces de bois qui enferment la roue d'une poulie. || 2° Terme ds marine. Charpente horizontale qui lie les estains à l'étambot.

— ÊTYM. Ital. arcaccia; espagn. arcaia, coffre; de arca, coffre (voy. arche, 2).

t ARCATURE (ar-ka-tu-r") , s. f. Terme d'architecture. Série de petites arcades décoratives sous les appuis des fenêtres ou sous les corniches. Tous les chapiteaux des colonnes de l'arcature intérieure de cette église sont couverts d'hommes, d'animaux et de feuillages.

— ÊTYM. Arc.

ARC-BOUTANT (ar-bou-tan;.se prononce au pluriel comme au singulier), s. m. || 1* Terme d'architecture. Construction extérieure qui se termine en forme de demi-arc, et qui sert à soutenir un mur. || 2° Terme de charpentier. Pièces de bois qui servent de soutien. || 3* Les arcs-boutants d'un train de carrosse, les verges qui servent à tenir en état les montants du carrosse. || 4° Fig. Principal soutien. Ce ministre a été longtemps l'arc-boutant de l'Etat. || 5° En gymnastique, lutte debout à l'arc-boutant; chacun des deux adversaires appuie sur l'épaule droite le petit arc qui termine les deux bouts d'un bâton , puis saisit le bâton d'abord avec la main droite , ensuite avec la gauche, et, se penchant, essaye de faire reculer son adversaire, [j 6° En termes de serrurerie, barreau droit servant à bouter une grille, un balcon, etc. || Barre d'une porte cochère ou piedde-biche. Il Branches de cuivre qui séparent les baleines d'un parapluie, lorsqu'il estouvert. || En termes de marine , pièce de bois placée horizontalement dans des hunes pour maintenir l'écartement des galhaubans. || Petit mât ferré qui sert à repousser l'abordage. || Au plur. Des arcs-boutants.

— HIST. xvi* s. Et toy généreux arc-boutant de l'Union, Louis d'Orléans, Satir. men. p. toi.

— ÉTYM. Arc-bouter.

ARC-BOUTÉ, ÉE (ar-bou-té, tée), part, passé.

Il se tourna ensuite vers un prêtre qu'on avait fait venir, se confessa, et fut pendu à une échelle arcboutée contre une poutre, anquet. Ligue, m,

ARC-BOUTER (ar-bou-té), v. a. Fortifier par un arc-boutant. Un pilier arc-boute cette construction.

— ÊTYM. Arc et bouter.

ARC

ARC-DOUBLEAU (ar dou blô), s. m. Terme d'architecture. Sorte d'arcade formant saillie sous la courbure d'une voûte, qu'elle soutient et fortifie. || Au plur. Des arcs-doubleaui.

— ÊTYM. Arc et double.

ARCEAU (ar-sô), s. m. || 1* Terme d'architecture.

Courbure d'une voûte ; toute ouverture en arc ou cintre. || 2* Fig. La vigne.... couvre de ses verts arceaux La maison par l'été jaunie, lamart. Eptt. à V. Hugo. || 3* Terme de sculpture. Ornement en forme de trèfle. || 4* Terme de chirurgie. Châssis en arc fait pour garantir un membre fracturé. || 5* Terme de pêche. Anse de cordage qui est destinée à faire aller au fond les cordages et les filets. || 6* En métallurgie, petits arcs sur lesquels reposent les caisses de cémentation. || 7* Terme de zoologie. Partie constituante des anneaux du corps des animaux articulés.

— HIST. xvi* s. Les arceaux des fours esloyent liquidez, palissï, 300. Puis rompit les voultes et arceaux qui soutiennent... amïot, Agis et Cléom.

— ÊTYM. Diminutif d'arc; Berry, arcelet.

ARC-EN-CIEL (ar-kan-sièl; se prononce au pluriel comme au singulier.), s. m. || i* Météore en forme d'arc, offrantles couleurs du prisme, et toujours placé à ["opposite du soleil. 11 me semble qu'elle est votre Iris, et que c'est comme un arc-en-ciel qui parait aprèt l'orage, voit. Lettr. 63. Je vois.... D'un arcen-ciel resplendir les couleurs, bérang. Treise à table. || 2* Fig. La princesse d'Harcourt était basse comme l'herbe ou sur l'arc-en-ciel, selon ceux à qui elle avait affaire, st-sim. H», 230. Un esprit qui.... S'idolâtre, s'admire, et, d'un parler de miel, Se va préconisant cousin de l'arc-en-ciel, Régnier, Sat. x. Il Au plur. Des arcs-en-ciel.

— HIST. xii* s. Lors descendra del ciel la cengle Que nos apelum arc del ciel, Adam, Mystère, p. 80. || xm* s. Et , pour eus chastoier, fais tu aparoir l'arc ou ciel. Psautier, f*7I. || xvi* s. Il proposa l'arc du ciel à Noé pour signe et enseigne à lui et à sa postérité, qu'il ne perdroit jamais plus la terre par déluge, calvin, Instit. (04.

— ÊTYM. Arc, en et ciel; bourguig. arcancii. Vaugelas voulait qu'on écriTlt des arc-en-ciels; et d'autres, en particulier M. Vanier, ont proposé d'écrire en un seul mot arquenciel, arquenciels.

t ARC-EN-TERRE (ar-kan-te-r'), s. m. Terme de physique. Phénomène qui est analogue à l'arc-enciel, et qui est produit par un effet de la pluie ou de la rosée.

t ARCHAÏQUE (ar-ka-i-k'), adj. || 1* En termes de grammaire , qui tient de l'archaïsme.

2" En termes d'arts, qui appartient à la haute antiquité. Le style archaïque de ce monument montre qu'il appartient aux temps qui ont précédé Phidias.

ARCHAÏSME (ar-ka-i-sm') , ». m. || i* Façon de parler ancienne inusitée aujourd'hui. Pieça, pour dire depuis longtemps; d'ores-en-avant, pour dorénavant, sont des archaïsmes. Scarron, dans son Roman comique, dit de deux amants, qu'aucun des deux curés ne voulut les épouser, c'est-à-dire les rendre époux, les marier : épouser, dans ce sens, est un archaïsme. || 2" Affectation d'un écrivain à faire usage d'expressions et de tours vieillis.

— ÊTYM. 'Apyaïou.à; , de àpxato; , ancien , de àpxn, commencement (voy. archonte).

ARCUAL (ar-chal), ». m. Laiton. Usité seulement dans cette locution , fil d'archal. Les Russes se servaient, pour leurs calculs, de petites boules enfilées dans des fils d'archal, volt. Charl. III, t.

— REM. Fil d'archal est une locution souvent estropiée en fil d'aréchal ou fild'arichal, ou même, du temps de Vaugelas, en fil de richar.

— hist. xii* s. Hyram refist vaissele de meinte baillie, poz e chanes e pichers; et furent tuit de archal, Bot», 268. || xm" s. Quiconques veut estre bateres d'archal à Paris, estre le puet, mes qu'il sache fere le mestier, Liv. des met. 55. || xvi" s. Fil d'archal, palissy, 77. Et percer les costes, les liant avec fil de leton ou d'archau, paré, iv, chap. compl. Passer la terre par un crible de fer d'archant, pour la rendre déliée, o. de serres, tn. Un treillis de fil d'archail , m. 348. Et ses pieds sembloient à archal, Bible française, Paris, t544, Apoc. i, <5.

— ÉTYM. Norm. arkal; espagn. arambre; itaL oricalco; de auric/ia/cum ou orichalcum, du grec ôpeîxaAX°î> deêpo;, montagne (voy. oréograpuie) , et de xotÀxoç, aiiain; mot à mot, airain de montagne, ainsi nommé à cause de l'origine attribuée à cette substance métallique.

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