XI
— êtym. Appris, participe passé d'apprendre.
t APPR1V0ISABLE (a-pri-voi-za-bl') , adj. Que l'on peut apprivoiser.
— ÊTYM. Apprivoiser.
APPRIVOISÉ, ÉE(a-pri-voi-zé, zée), part, passé. Rendu privé. Un animal apprivoisé. Ce tigre que jamais je n'abordai sans crainte, Soumis, apprivoisé, reconnaît un vainqueur, rac. Phèd. îv, 6.
t APPRIVOISEMENT (a-pri-voi-ze-man), s. m. Action par laquelle on apprivoise. L'apprivoisement des bêtes les plus féroces s'est fait par l'industrie des hommes.
— ÊTYM. Apprivoiser.
APPRIVOISEE (a-pri-voi-zé), v. a. || 1* Rendre privé. Apprivoiser un lion. Apprivoiser des oiseaux. Avec une lyre il apprivoisait les bêtes farouches, fén. Tél. vin. || 2* Fig. Si les tigres les plus sauvages Enfin apprivoisent leurs rages, malh. v, 23. C'est un mérite que j'ai apprivoisé, sév. 308. Le temps sait apprivoiser la bienséance, hamilt. Gramm. II. Que faire pour apprivoiser une impertinente vertu? id. ib. 9. Et pour apprivoiser ce respect ennemi, Il faut qu'en dépit d'elle elle s'offre à demi, corn. OJhon, m, 4. Il s'éloigne et reprend sa morne rêverie ; Mais la chanson du pâtre assis dans la prairie Apprivoisa du moins sa farouche douleur, laharpe, Épit. à M. le comte de Schowaloff. Il parle, il adoucit la superbe Carthage, De sa puissante reine apprivoise l'orgueil, delille, En. i. Au lieu d'apprivoiser ses mœurs, L'âge n'a fait qu'aigrir ses farouches humeurs, id. Conversation, 2. || Familièrement, apprivoiser une femme, l'accoutumer
& entendre qu'on lui parle d'amour. Tout doucement il vous l'apprivoisa, la font. Ilerm. || 3- S'apprivoiser, v. rèjl. Devenir apprivoisé. L'ours s'apprivoise aisément. || 4* S'accoutumer, se familiariser avec. S'apprivoiser avec le danger. La raillerie a été le premier métier des sages, qui par là se sont apprivoisés avec le peuple, balz. liv. vi, lelt. 5. Ce qui nous paraissait terrible et singulier S'apprivoise avec notre vue, Quand ce vient à la continue, la font. Fab. iv, io. Les grandes choses étonnent, et les petites rebutent; mais nous nous apprivoisons avec les unes et les autres par l'habitude, labrly. 12.
— HIST. xiu* s. Les [bêles d'] lCvain assauvagissoient.Et les [celles d'] Adam aprivoisoient, lien. 09. C'est cil qui por aprivoisier Bat son chat et pui3 le rapele Por le lier à sa cordele, la Rose, 9770. Li leus garous le fil le roi Acolede ses quatre pies; Si estdeluiaprivoisés.GuiLL.DEPALERME. || xiv's.Icelles bestes aprivoise l'en et attrait l'en par faire leurs plaisirs, Ménagier, i, 6. || xv s. Ne le laissiez reposer ne dormir Ne nuit, ne jour, s'il ne me fait homtnaige, Aprivoisiez ce compaignon sauvaige, en. d'orl. 10. De ce fanlx vilain aveugler, Dieu scet si j'en suis désireux; Nul ne le peut aprivoiser, id. Bal. 69. || xvi' s. J'envie ceulx qui sçavent s'apprivoiserau moindre de leur suitte, mont. Ul, 278. Ils s'apprivoisent de luy obéir, la eoetie, 13. Nous appastons le cheval, dès lors qu'il est nay , pour l'apprivoiser à servir, id. 29. Qui ne s'apprivoisent jamais de la subjection, id. 43.
— ÊTYM. A et un adjectif fictif prhois, qui suppose un bas-latin prirensis, dérivé de privus (voy. privé) ; provenç. aprivadar ; Berry. opprixer.
APPROBATEUR, TBICB (a-pro-ba-teur, Iri-s'). || 1« S. m. et f. Celui, celle qui approuve une chose. L'approbateur du médisant devient son complice, flécii. Serm. i. 333. Quelle surprise agréable pour les pécheurs de le trouver [le mauvais prêtre] nonseulement spectateur tranquille, mais approbateur public et complice par ses mœurs de leurs désordres, mass. Confêr. Bonexemple. Ceux qui sont bien décidément réputés fauteurs ou approbateurs des menées de l'aristocratie.... Mirabeau, Collection, t. iv, p. 350. ||20yldj.Geste, regard approbateur. ||3°5. m. S'est dit autrefois d'un censeur qui avait donné son approbation publique à un livre. Les approbateurs de son livre furent tels et tels docteurs.
— HIST. xvi' s. L'acte de nostre chrestien moderne, que j'ay recité, n'eut par aventure pas moins d'aprobateurs, lanoue, 345. En le faisant [Dieu] tesmoin et approbateur [certificateur] de fausseté,
CALV. Inst. 290.
— ÉTYM. Approbator (voy. approuver).
APPROBATIF, 1VE (a-pro-ba-tif, ti-v'), adj. Qui
exprime l'approbation. Signe approbatif. Sentence approbative.
— HIST.xv" s. Donnerons et ferons donner et faire à nôtre dit fils, le roi Henri, lettres-patentes approbatoires et confirmatoires, monstrel. i, ch. 234.
— ÊTYM. Provenç. aprobatiu; espagn. aprvbativo; de approbativus, de approbare (voy. approuver).
APPROBATION (a-pro-ba-sion; en poésie, c'a cinq syllabes), s. f. || i* Agrément, consentement. Donner son approbation à un projet. Avec votre approbation. La loi fut revêtue de l'approbation du sénat. || 2* Jugement ou témoignage favorable. Ce discours eut l'approbation générale. Signes nombreux d'approbation. Approbation bruyante. Ils recherchèrent l'approbation des Egyptiens, boss. Hist. m, 3. L'approbation des hommes est quelque chose de forcé, et qui ne demande qu'à finir, fonten. Tournefort. L'injustice des hommes, toujours portés à ne donner leur approbation qu'aux succès, id. Chaielies. 11 est vrai que j'ai l'avantage de ne me point faire d'ennemis, et que tous mes ouvrages ont l'approbation des savants, mol. lmpr. 3. || 3' Autorisation donnée par un censeur pour l'impression et la publication d'un livre. Avec approbation et privilège du roi. Imprimée sans approbation ni privilège, pasc. Prov. 2. La Sorbonne n'a pas voulu donner son approbation à mon livre, boss. Rép. Exp. 11 était naturel de penser qu'Albani, devenu pape, ferait au moins contre les approbations données à Quesnel ce qu'on avait fait contre les approbations données à Sfondrate, volt. Loui* XIV, Jansénisme. ||4* En termes de théologie, pouvoir qu'un évêque donne à un prêtre de prêcher et de confesser dans son diocèse.
— SYN. approbation, suffrage. Celui qui donne son approbation à un homme, à une action, à un livre, fait quelque chose d'aussi favorable au fond, mais de moins éclatant dans la forme que celui qui donne son suffrage. L'approbation peut être tacite, le suffrage est manifeste.
APP
— HIST. xvi* s. Pour donner quelque approbation Ipreuve] de leur chrestienté.cALV. 227. Après soup-
\ per pour récréation , Le roy voulut veoir l'approba- I tion [la preuve] De la beauté de sa cité de Bresse, 1. marot, v, 4 5) . C'est une tacite approbation [aveu] I du perissement de l'ame avecques le corps, lorsqu'ils se veulent à plein rassasier de biens terrestres , pour ce qu'ils ignorent les célestes, lanooe, 50).
— ÊTYM. Approbatio (voy. approuver). Anciennement on a dit approuvement, et, si on avait formé un mot d'approbationem , il eût été aprovaison.
f APPROBATIVEMENT (a-pro-ba-ti-ve-man), adv. Néologisme. D'une manière approbative.
— êtym. Approbative, et le suffixe ment.
t APPROCUABLE (a-pro-cha-bl'), adj. Dont on peut approcher. Cet homme n'est pas approchable.
APPROCHANT, ANTE (a-pro-chan,chan-t'), adj. [| 1" Oui approche de. Un sage assez semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les rois, homme approchant des dieux, la font. Fabl. xii, 20. Au nom de Tamerlan, on s'imagine un barbare approchant de la brute, volt. Mœurs, 87. Indignation approchante du mépris, graffignt, Lett. d'une Péruv. 178. Il y a peu de pensées synonymes, mais beaucoup d'approchantes, vauven. Max. 373. Suivant une ligne qui est moins approchante de la droite, desc. Monde, 8. Les sciences ne sont point si approchantes de la vérité que les simples raisonnements, m. Méth. Aucun homme qui ait enseigné rien de divin approchant de cela, pasc. Proph. 15. Nous n'avons rien d'approchant de tout cela dans nos articles, boss. Relat. Plus ces choses sont approchantes, et plus on est sujet à les confondre, plus il faut prendre soin de les distinguer, id. Connais*. 1, 2. Jamais rien d'approchant ne se fit en ces lieux, corn. Médée, n, 6. Vous vous rappelez le mot des Espagnols : Non comme Français, mais comme hérétiques ; ces messieurs [ Furia , etc. ] disent bien ici quelque chose d'approchant, p. L. cour. I, 85. Suis-je un sot?... Non.... mais... .quelque chose approchant, mol. l'Êtour. iv, 4. Maximes plus approchantes de la république de Platon que de la manière dont il faut gouverner les hommes, volt. Louis XIV, 38. Il 2" Approximatif. Les calculs astronomiques , qui ne roulent que sur des à peu près, quoique extrêmement approchants, il les voulait ameneràêtre des calculs algébriques, exemptsdetout tâtonnement , fonten. Louville. \ \ 8* Proche. La nuit de plus était fort approchante , la font. Orais. || 4* Adv. X peu près. Il a vingt ans approchant. || 5" Prépos. Aux environs de , en parlant d'époques. Jean Choinart, approchant l'août, va voir ses blés, trouve sa moisson trop belle, p.l. cour. n,286. Il parait donc indubitable qu'il faut en placer le commencement vers la fin de la 76* olympiade, et approchant l'année 280 de Rome, boss. Ilist. 1, 8.
— REM. Approchant préposition ne se construit pas avec de : nous partîmes approchant six heures, et non , approchant de six heures. C'est comme si l'on disait : six heures approchant.
— HIST. xvi" s. Menander, comme on le tansoit, approchant le jour auquel il avoit promis une comédie, mont. 1, 4 90. Accident approchant à celui de la ville des Xantiens, id. i, 297.
— ÉTYM. Approcher.
ArPROCHE (a-pro-ch'), *. f. || 1* Action de s'approcher ou d'être approché. L'approche des ennemis. L'approche du doigt fait cligner l'œil. Le mouvement de la terre, l'approche ou l'éloignement des étoiles, regnard, Voy. en Pologne. Ma foi, pour te servir j'ai diablement couru ; Ces notaires sont gens d'approche difficile, id. Légat. 11, 7. Je ne m'étonne plus de cet ordre cruel Oui m'aurait interdit l'approche de l'autel, rac. Iphig. 11, 1. De son coeur le trop juste reproche Lui fait peut-être, héias I éviter cette approche, id. Baj. m, 3. || i« Rencontre, combat. À voir de tels amis, des personnes si proches, Venir pour leur patrie aux mortelles approches, corn. Hor. m, 2. || 3° En parlant des animaux, rapprochement sexuel. La femelle refuse constamment l'approche du mâle, j. j. rouss. Orig 4. Chez les poissons, la femelle est féconde sans les approches du mâle, volt. Newt. 1, 8. || 4° Proximité. Aux approches de l'hiver. Parmi les souffrances et dans les approches de la mort s'épure , comme dans un feu , l'âme chrétienne, boss. le Tellier. Et quelle force il faut aux objets mis en place, Que l'approche distingue, et le lointain efface, mol. la Gloire du Val de Grâce. L'approche de l'air de la cour a donné à son ridicule de nouveaux agréments, id. Comt. d'Escarb. 4. On pensait à changer de vie aux approches de la Pâque, mass. Comm. L'approche d'un
APP
combat qui le glaçait d'effroi , rac. Thib. m , 3. Quand de ce triste adieu je prévis les approches, id. Bérén. v, e. De ce triste entretien détournons les approches, id. Iphig. m, 7. Réduit X sentir de la faim les premières approches, la font. Fianc. Et tous, tant que nous sommes, Nous nous laissons tenter à l'approche des biens, id. Fab. vin, 7. Pourvu que, de ma mort respectant les approches.... rac. Phèd. 1, 3. 11 s'affaiblissait, ce grand prince, mais la mort cachait ses approches, boss. Louis de Bourbon. || 8° Terme de guerre. Accès d'une place forte. L'approche, les approches de la ville. Il Travaux pour approcher, à couvert, d'une place assiégée. Les approches furent meurtrières. Déjà, de tous côtés, s'avançaient les approches, malh. n, 4 2. Faire le» approches d'une ville, vaug. Q. C. 546. Il nous laissa faire les approches de sa place, hamilt. Gramm. 8. || 6° Lunette d'approche , lunette qui agrandit l'angle visuel et fait paraître plus proches les objets. Les avantages que nous donne la lunette d'approche, pasc. Préf. Vide. || 7* Terme d'agriculture. Greffe en approche, greffe par le contact de deux branches voisines. || 8" Terme d'imprimerie. Espace, distance entre les lettres. || Réunion fautive de deux mots.
— HIST. xvi" s. Ces approches de si près mirent la ville de Rome en grand trouble et en grand effroy, amyot, Cor. 46. Le flatteur vient de loing tournant tout à l'entour, et puis fait ses approches petit à petit, sans faire bruit, m. Comm. dise, le flatteur, 25. D'Aubigné entra dans cette place, comme ledit admirai en faisoit les approches, avec 60 soldats et près de 200 arquebusiers à cheval, d'aub. Vie, l. X l'approche, nous le recongnusmes pour le maire de Villesaleron, carl. v, 18.
— ÊTYM. Voy. approcher. Provenç. aproche; espagn. aproches; portug. aproxes; ital. approccio.
APPROCHÉ, ÉE (a-pro-ché, chée), part, passé. Mis, amené auprès. Echelles approchées des murs. Le poignard approché de son sein. Cet homme approché du prince par les circonstances.
t APPROCHEMENT (a-pro-che-man) , t. m. Action d'approcher. Ce petit approchement du soleil rétablit le dérangement que les planètes opèrent, volt, tiewt. m, 8.
— HIST. xii* s. Respundi David : si de aprecement à femme demandés.... Rois, 83. ||xm* s. Fuir doivent la compagnie Des femmes ententivement Et lor charnel aprochement, Bestiaire dans du cange, appropinquare. ||xv* s. Ils trouvèrent le roy Edouard à Mon treuil sur la mer; et là eut grandes cognoissances et approchemens d'amour [entre les chevaliers des deux nations], froiss. 1, 1, 62.
APPROCHER (a-pro-ché), v. a. || 1* Mettre auprès, faire avancer vers. Approcher les échelles des murailles. Quand on approche son corps du feu. Le vent nous approchait de 1» terre, fén. Tél. vi. Il Cette lunette approche les objets; elle les fait palattre plus proches. On dit plus souvent rapprocher. H 2° Fig. Elle est belle cette religion I elle approche le cœur de la justice, chateaub. Mart. 259. Le frère rarement laisse jouir ses frères De l'honneur dangereux d'être sorti d'un sang Qui les a de trop près approchés de son rang, rac. Baj. 1, 4. Par elle, Bajazet, en m'approchant de lui, Me va contre luimême assurer un appui, id. Baj. 1, t. La grandeur de Dieu demande.... que toute la gloire qui vient des hommes ne soit qu'un songe et qu'une erreur lorsque vous l'approchez de la sienne, mass. Car. Respect humain. Il Le prince, le ministre, cet homme éminent l'a approché de lui, il l'aadmis dans sa familiarité, lui adonné un emploi auprès de sa personne. |l 3° En termes de sculpture, amener successivement un ouvrage à fin, par le travail qu'on fait avec divers outils sur le bloc dégrossi. || 4« En termes de manège, approcher les talons ou les éperons, serrer les lombes pour avertir le cheval. || 5° Se placer auprès de. La pauvreté ne peut-elle approcher les autels ? Le gardien n'approchait ce lion qu'en tremblant. Ne nous approchez pas. Arrête, a-t-elle dit, et ne m'approche pas, rac. Iph. v, 1. 1| Aborder, avoir accès. C'est un homme qu'on ne peut approcher. Ce seigneur approchait le roi. Aucun d'eux du tyran n'approche la personne, corn. Béracl. n, 7. Indigne de vous plaire et de vous approcher, Je ne dois désormais songer qu'à me cacher, rac. Phèd. m, 4. Son caractère [de la vraie grandeur] est noble etfacile.... on l'approche tout ensemble avec liberté et avec retenue, labruy. 2. Il 6° V. n. Venir près, s'avancer, arriver. Approcher de la porte. Approche. Celui qui approchait le plusde lui. Les endroits dont il désespère d'approcher. Le bruit approche. De ce temple profane osez-vous approcher? rac. Ath.u, 5. Grip-
peminaud leur dit : Mes enfants, approchez, la font. Fabl. vu, 10. || Approcher du but, mettre près du but ; et au figuré, deviner à peu près, n'être pas loin d'atteindre le résultat qu'on poursuit. || Fig. Nous approchons de juillet. J'approchais de quinze ans, corn. Héracl. m, 1. || Devenir proche, être près de se faire. Le printemps approchait. Le moment approche où.... La vieillesse qui approche. La mort approche. On ne les sent aussi [les remords] que quand le coup approche, corn. Cinna, m, 2. H 7* Avoir du rapport, de la ressemblance avec, rivaliser. Approcher des dieux, de la vérité. Votre gloire approche de celle de ce grand homme. L'éléphant est l'animal qui approche le plus de l'homme par l'intelligence. Parfois le faux approche tant du vrai. Nulle de ses sœurs n'approche de sa beauté, sév. *37. Un air de magnificence dont M. de Chaulnes n'approchait pas, id. 697. Ce qu'on appelle une oraison funèbre n'est aujourd'hui bien reçu qu'à mesure qu'il approche de plus près d'un éloge profane, la brut. 15.||8* S'approcher, v. réfl. S'avancer, venir près de quelqu'un ou de quelque chose. Approchez-vous de moi. Approchezvous du feu. L'ennemi s'approchait de la ville. Approchez-vous, Néron, et prenez votre place, rac. Brit. iv, 2. Il Fig. Pourvu que ce qu'on dit ici soit vrai, qu'il n'y a plus rien entre le roi et la reine sa mère, qui les empêche de s'approcher, balz. Liv.i, lett. 44. H 9* Être proche, être sur le point d'arriver. L'éternité s'approche. Et je meurs! de sa froide haleine Le vent funeste m'a touché ; Mon printemps commençait à peine, Et mon hiver s'est approché, millev. Chut* de* feuille*.
— SYN. s'approcher db quelqu'un , approche» quelqu'un. S'approcher de quelqu'un exprime un acte, un mouvement corporel par lequel on vient près de la personne. Le second signifie l'habitude de venir auprès de quelqu'un , l'accès qu'on a auprès de lui, la privauté qu'on a avec lui.
— HIST. xi* s. En cest païs [ils] nous sont tant aproeciez, Ch. de Roi. cxcvi. || xii* s. Quantil aprochent ver» la terre major, Roncisv. p. 37. De maintenant nés [ne les] osent approchier, t'6. p. 94. La morz m'aproce, n'i a nul recouvrer, t'6. p. 98. Pour la chalor qui s'aloit aprochant, ib. p. 4 52. Or leur défaut tristors et aproche liesse, audefr. le bast. Romancero, p. 26. X tant vit devers lui deuxSaisnes [Saxons] approchier, Sax. xi. || xih* s. La ville, qui tant estoit aprochie de prendre [d'être prise] , viller. clxxii. Johannis qui tant avoit aprochie de prendre le Dimot, id. clii. D'aprochier [avancer] la besoigne plus ne destrierai, Berte, va. [Il] Ne laissoit aprochier nului fors lui tout seul, ib. xix. Li jours va à déclin, si aproche la nuit, t'6. xxxvi. Atant i'aproient les os [armées] etjousterent ensamble , et moult en i ot d'abatus et de navrés , Chr. de Raint, p. 76. Ensi corne les amis dou requérant veulent le plait apreuchier, que ciaus [ceux] dou defendant le aloignent, Ass. de Jér. 73. || xrv* s. Comme Johan soit approuchiez [accusé] en nostre cour d'avoir fait raire et fausser par un clerc et alongner un date de nos lettres, du canoë, appropinquare. La chose qui est la partie d'un tout approce plus de son tout que le tout ne approce de la partie, orksme, Eth. 250. Il xv* s. Or eurent conseil ceux de l'ost, pour leur besogne approcher.... froiss. ii, ii, 5. Si fut cette chose [ce projet] si approchée que, droitement la nuit de l'an; 'a chose fut arrestée d'estre faite, id. 1, 1, 32«. T ementes que ces choses s'approchoient et ordonnoient, id. n, 11, 65. Armezvous tost et appareillez, car vezci gens d'armes qui approchent cette forteresse, id. i, i, 4 3i.Dèsceste première journée furent les choses bien approchées [de l'arrangement] ; car les deux parties en avaient grant envye, comm. iv, 8. Or s'approcha le temps qu'icelle parcelle dut estre donnée a ce seigneur ancien, louis xi, Nouv. xcviiL. [] xvi* s. Si le croyez, voue n'approchez ne de piedz ne de mains à mon opinion, rab. Garg. i,Prol. Toutes les hieroglyphicques d'Egypte n'appreucharent jamais de ce gergon , id. Pant. v, 18. Indigne est bien, quand il veult approucher L'honneur de cil qu'homme ne deusl toucher, marot, ii, 221. Prince, le temps et le terme s'approche, id. h, 233. Quand elle approche aux
fleuves ou estangs Et «'elle approche une ville
ou bourgade, Le plus hardi se muce ou chet malade, id. ni, 290. La peur des voiles aegyptiennes qui commenceoient à les approcher.... mont, i 63. Ces escripts nous approcheraient bien prez de l'honneur de l'antiquité, id. i, 206, La froideur commencea à s'approcher des parties vitales, id. h. 94. H m'a semble que je pouvois monter jusques à Romulus, puisque j'estoye approché si près de son temps,
APP
amyot, Thésée, 1. Tarchetius communiqua cest oracle à l'une de ses filles, et luy commanda qu'elle s'approchast du monstre, id. Rom. 3. Hz allèrent avec une puissante armée devant la ville de Rome , laquelle estoit alors difficile à approcher, id. ib. 2'i. L'authorité de ce magistrat est si grande qu'elle approche de la tyrannique, id. Fab. 8.
— ÊTYM. Bourguig. éprôchai; wallon, aprèpi; provenç. apropchar, apropjar ; ital. approcciarc ; de à et proche. On a dit dans l'ancien français aproisrn.tr, d'approximare , etapresser, de près.
+ APPROCIIEUR (a-pro-cheur) , s. m. Ouvrier qui amène le bois à l'endroit où l'on construit un train.
— ÊTYM. Approcher.
f APPROFITF.R (a-pro-fi-té), v. a. Tirer profit de. Vieux.
— HIST. xvi* s. C'est l'entendement qui veoid et qui oyt, c'est l'entendement qui approfite tout, mont, i, «63. Par ce moyen le jeune fils approufita le latin que lui avoit apprins M. le curé desperiers, Contes, 23.
— ÊTYM. A et profiter ; provenç. aprofechar. APPROFONDI, IE (a-pro-fon-di , die) , part, passé.
|i 1* Rendu plus profond. Une fosse approfondie. || 2* Examiné à fond. L'étude approfondie des anciens.
APPROFONDIR (a-pro-fon-dir) , v. a. || 1° Rendre plus profond, creuser plus avant. Approfondir un puits, un fossé. || Fig. Et la gloire qui suit vos plus nobles travaux, Ne fait qu'approfondir l'abîme de leurs maux, corn. Sertor. m, 2. Ce malheureux combat ne fit qu'approfondir L'abyme dont Valois voulait en vain sortir, volt. Ilenr. m. || 2" Fig. Pénétrer dans la connaissance de quelque chose. Nous approfondirons ce point dans la dernière partie de cet essai, dider. Ess. s. le mérite. Peu approfondissent les choses, pasc. Prov. 2. Enfin de Mahomet les sublimes desseins Que n'ose approfondir l'humble esprit des humains, volt. Fanât, u, «. X force de vouloir approfondir un cœur, id. Catil. I, I. || 3* S'approfondir, v. réfl. Devenir plus profond. L'abîme s'approfondit tous les jours. || 4* S'examiner. Vous devez avoir sans cesse sous les yeux d'un côté l'état de votre âme, de l'autre les vérités que nous annonçons, vous mesurer sur cette règle, vous approfondir dans cette lumière, mass. Parole. Que l'homme s'examine, s'analyse et s'approfondisse, il reconnaîtra bientôt la noblesse de son être, bufp. Nature des animaux.
— HIST. xiii* s. Li flun estoient si creil et si aparfongié que li pré et la tierre en estoit tout couvert, h. de valenc. xxviii. || xiv" s. Nécessités est de plusieurs rivières apporfondir, du cange, approfundare. Car avis li estoit, si corn l'estoire crie, C'une fosse veoit grande et aprofondie, Obscure, ténébreuse, mâchonnée, effortie, Baud. deSeb.vi, 27.
— ÊTYM. À et profond. Aparfongier était de la 1 ™ conjugaison.
+ APPROFONDISSEMENT (a-pro-fon-di-se-man) , s. m. || 1° Action d'approfondir; résultat de cette action. L'approfondissement des fossés. || 2° Fig. 11 [St Bernard] ne chercha pas à éblouir les esprits par de nouvelles découvertes ni à se faire honneur de certains approfondissements qui flattent par leur singularité, mass. SI Bernard.
— ÊTYM. Approfondir.
APPROPRIATION (a-pro-pri-a-sion), s. f. || l'Action d'approprier , de rendre propre à. L'appropriation d'un local au service des malades. || 2° Action do s'approprier une chose. Cet homme déloyal n'a pas craint de se faire l'appropriation d'un dépôt. || Par extension. On n'est jamais surpris de voir qu'on s'est trompé; on quitte sans peine une pensée qu'on avait sans appropriation, fén. ii, 210. || 3* Terme de chimie ancienne. Disposition de deux corps à se combiner par l'addition d'un troisième.
— ÊTYM. Approprier; provenç. apropi ialio ; espagn. apropriacion ; ital. appropriazione.
APPROPRIÉ, ÉE (a-pro-pri-é, ée), part, passé. || 1" Rendu propre à. Un marais approprié à la culture par des travaux bien entendus. || 2" Convenable à, adapté à. Ayant fait un discours approprié aux circonstances. Mesure appropriée à leur caractère. Des remèdes appropriés. Traitement approprié à chaque maladie. ||3° Mis dans un état de propreté, dans un nouvel état d'agencement. Une maison appropriée. || 4" En droit canon, bénéfice approprié, bénéfice dont le revenu est annexé à quelque dignité ou communauté, et qui est desservi par un vicaire.
APPROPRIER (a-pro-pri-é), v. a. || 1° Rendre propre a, convenable à. 11 sera difficile d'approprier ce que j'ai à dire au tribunal où je comparais, ». i. rouss. Sciences. || 2° Mettre en état de pro-
prêté , disposer convenablement. Approprier une maison , une chambre , un cabinet. Mettez ordre à tout [Nausicaa], dépêchez-vous de les laver [vos vêtements], de les approprier, fén. xxi, 348. L'instinct d'approprier son domicile et d'y faire un plancher, pour n'être pas incommodée de l'humidité, buff. Loutre. || 3° Fig. Faire qu'une chose devienne comme la propriété d'un autre. Et son intérêt lui doit conseiller de faire cesser les misères que sa compassion lui appropria, balz. Disc, à la Régente. || 4° S'approprier, approprier à soi, usurper la propriété. Ils se sont approprié un dépôt.... Vous êtes fort plaisante De vouloir m'enlever un cœur comme le sien, Et vous approprier si hardiment mon bien, regnard, Uénech. v, 2. || Fig. 11 y a apparence que Dieu s'est approprié cette affaire, pasc. dans cou». 11 s'approprie une nature étrangère, boss. Hist. u, H. S'appropriant toujours le sort des malheureux, De ses concitoyens mon époux fut le père, royou, Phocion, u, 2. Je m'approprie de telle sorte vos joies et vos déplaisirs, que ce sont les bonnes et les mauvaises nouvelles que je reçois de vous, qui font mes bons et mes mauvais jours, balz. Lett. à Conrard, i, *, dans richelet. ||5* S'approprier, v.réfl. Se conformera, se mettre à la portée de. Cet auteur songe peu à s'approprier à ses lecteurs. Les maîtres se sont appropriés à leurs élèves.
— SYN. s'approprier, s'arroger, s'attribuer. Se donner une chose de son chef. S'approprier indique la prise de propriété; la chose ne nous appartient pas; nous la prenons, et nous la faisons nôtre. S'arroger n'implique aucune idée de propriété; aussi s'applique-t-il à toutes choses : privilèges, autorité, droits , etc. seulement il emporte arrogance, hauteur, prétention à la supériorité. S'attribuer exprime que celui qui s'attribue s'adjuge une chose qui est contestée et à laquelle d'autres prétendent : Les deux partis s'attribuèrent la victoire.
— HIST. xiii* s. Quant Renart ot en sa reson Bien definée s'oroison Et aproprié son chapitre, Ben. 296)7. Que ce qui commun ert devant, Comme le soleil et le vent, Par convoitise approprièrent, Quant as richeces se lièrent, la Rose, 9693. Ainsinc Barat atout honni, Par qui li biens jadis puni [unis, communs] Furent as gens approprié, «6. 6(73. Coses sacrées, si sont celés qui sont benoites et apropriées à fere le service nostre Segneur, beaum. xj, 45. Et tel damace doit il bien recevoir, parce qu'il voloit le gaige malvesement aproprier à soi , id. lxvui, iO. Et c'est grant faute de language, quant l'en approprie au dyable l'omme ou la femme qui est donné à Dieu dès que il fu baptiziés, joinv. 293. || xiv* s. Nom approprié, oresme, Elh. 48. Chescune delettacion est appropriée à l'operacion que elle parfait, et a à elle une affinité, id. ib. 30fi. || xvi* s. Les apostres approprient à Jésus Christ ce qui est dit au psaume huitième, calv. Inslit. 363. il n'est point licite de transférer à l'homme mortel ce que Dieu s'approprie à soy, id. ib. 949. Il ne faut point attendre aage d'homme pour sanctifier les enfans a Dieu; mais ils lui doivent estre reservez et appropriez des leur naissance, id. ib. 108t. Qu'il oublie, s'il veult, d'où il ftent ces préceptes; mais qu'il se les sache approprier, mont, i, 462. Comme un soulier ne convient pas à tous pieds, aussi un fait ne se peut aproprier à tous païs, lanoue , 90. Plusieurs d'eux s'aproprieront des choses dont ils n'estoient auparavant qu'usufructiers,iD. <02. Si on regarde l'infinité de belles maisons qu'elle possède, si bien apropriées et pourveuës de tout ce qui fait besoing, id. 148. Beaucoup de gentilshommes furent contraints de vendre leurs fiefs aux ignobles, qui eurent permission du Roy de les pouvoir acheter; car auparavant ils ne pouvoyent s'en approprier, id. 229. Comme celuy qui se vouloit approprier la gloire d'Achilles, plus par imitation de sa vertu que pour estre issu de son sang.... amyot, Pyrrh. 14. Affin d'en approprier [rendre propriétaire] un de ses' neveux, carl. ii, )0. Il me rendra bon compte de toutes les richesses qui sont là dedans, et ne se appropriera de pas une, id. iv, 29. Des remèdes appropriés aux qualités des corps, paré, Au lect. Tenir les lins arrousés, aiant la commodité de l'eau, à ce appropriant le plan pour la donner à propos à la ligneraie, o. de serres,
— ÊTYM. Berry, appropzir; provenç. apropriar; espagn. apropiar; ital. appropriare ; du latin appropriare, de ad, à, et proprius (voy. propre). Approprier veut dire faire sien, de la ensuite, rendre propre à soi, puis rendre propre, convenable en général, disposer, arranger, de là enfin, dans un sens plus étroit, nettoyer.
APP
APPROUVE, ÉE (a-prou-vé, vée), part, passé. Son avis fut fort approuvé. Opinion qui n'est pas approuvée des Stoïciens. Et, pour être approuvés, De semblables projets veulent être achevés, rac. Ililhr. m, <. C'est la situation de presque tous les hommes, et même des plus sages et des plus approuvés dans le monde, mass. Car. Élus. || Approuve, forme elliptique, invariable, s'emploie au bas d'un acte, d'un compte, etc. qu'on approuve après lecture et examen. Approuvé l'écriture ci-dessus.
APPROUVER (a-prou-vé), v. a. || 1* Agréer, consentir à. Approuver un avis. Je dirai pourquoi jo n'approuve pas cette division. Le gouvernement approuve l'envoi d'une flotte. Approuver les conditions. Le roi n'approuve pas que l'ambassadeur revienne. || 2° Juger louable, trouver digne d'estime, louer. Je suis enchanté que vous approuviez ma conduite. Je l'approuve d'être si vivement touché. J'aurais approuvé tout ce qui a été fait. Approuver quelqu'un par un geste. J'écoute vos conseils , j'ose les approuver, rac. Brit. u, 2. || 3° Autoriser par un acte authentique. Le conseil de l'Université a approuvé cet ouvrage. || 4° S'approuver, v. réfl. Se donner à soimême un témoignage d'approbation. Ne pense pas Qu'innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même, rac. Phid. u, 5.
— hist. xiii* s. La damoisele approba et accepta celé exception, Hist. occid. des Croisades, t. u, p. 475. Et ce ai je veu aprover par un jugement, beaum. xxvii, 43. Et que ce soit voirs, il est aprovés p;irun jugement, id. xiv, 12. Et par ce est il aprovés bastart, par Paparance de lonc tans, id. xvm, 5. Procuration scelée d'arcevesque ou d'evesque ou de roi ou de prince ou d'aucun autre juge qui ait seel bien conneu et bien aprové, id. 78. || xv* s. Et ce plusieurs approuveraient [prouveraient] , s'il estoit besoin, monstrel. i, ch. 47. Li grant Alexandre jadis Et plusieurs rois en firent gloire [de boire] ; L'excez [je] n'en approuve pourtant, basselin, i. j| xvr s. A grand peine pourra-il rien avoir en quoy il s'approuve disciple de Christ, calv. Inslit. 666. Voisent maintenant les hypocrites, et s'efforcent de s'approuver à Dieu par leurs bonnes œuvres, id. ib. 609. Non qu'il eust ainsi soigneusement fait ce procès verbal de toute son administration pour approuver sa foy et faire cognoistre sa loyauté, amyot, C. d'Ut. 62. Quoy que ce soit, lesevenemen approuvoient ce que disoit cet ^Egyptien [devin] , id. Anton. 40. Non qu'il approuvast là démocratie.. id. Dion, ib.
— ÊTYM. Approbare, de ad, à, et probare (voy. prouver); provenç. aproar, aprobar; espngn. aprobar; ital. approvare.
APPROVISIONNÉ, ÉE (a-pro-vi-zi-o-né, née), part, passé. Garni de provisions. Ville bien approvisionnée.
APPROVISIONNEMENT (a-pro-vi-zi-o-ne-man) , s. m. || 1* Action d'approvisionner. L'approvisionnement de Paris. || 2° Provisions rassemblées. Cette place a des approvisionnements suffisants. Nos approvisionnements sont épuisés.
— ÊTYM. Approvisionner.
APPROVISIONNER (a-pro-vi-zi-o-né) , V. a.
|[ 1° Garnir de provisions. Approvisionner une ville, un camp. || 2° S'approvisionner, v. réfl. Se munir de provisions. L'armée s'était approvisionnée de tout ce qui était nécessaire à une longue marche.
— ÊTYM. À et proeist'on.
t APPROVISIONNEUR (a-pro-vi-si-o neur), s.m. Celui qui approvisionne.
APPROXIMATIF, IVE (a-pro-ksi-ma-tif, ti-v'), adj. Qui est fait par approximation. Estimation approximative. Calcul approximatif.
— ÊTYM. Voy. APPROXIMATION.
APPROXIMATION (a-pro-ksi-ma-sion), s. f.
|| 1° Terme de mathématiques. Opération par laquelle on s'approche de plus en plus de la valeur d'une quantité. || 2° En général, estimation faite à peu près. Voyez par approximation ce que cela peut coûter. [En agriculture] Les usages sont fondés sur des expériences continuellement répétées, dont les résultats sont des espèces d'approximations du vrai , buff. Exp. sur les végét. 2* mém.
— Êtym. Approximare, de ad, à, et proximare, de proximus, très-proche, superlatif de prope (voy, proche).
APPROXIMATIVEMENT ( a-pro-ksi-ma-ti-veman), adv. D'une manière approximative. Évaluer approximativement.
— ÊTYM. Approximative, et le suffixe ment. APPUI (a-pui),s. m. || 1" Cequi supporte soutient
Cette muraille a besoin d'appui. Mur d'appui, m, a qui soutient des terres. 11 veut faire un mur d'appui
APP
dans son parterre, sêv. 888. ||2*Fig. Aide, secours. La vérité est sans force et sans appui. L'argent est un puissant appui. Sur ces deux grands appuis ma couronne affermie.... corn. Sertor.n, l. En lui Votre trône tombant trouverait un appui, id. Rodog. Il, 3. S'il est assez fort pour me servir d'appui , id. ib. m , 3. Qui se fit votre appui, in. D.San. i, t. Un roi sage, ainsi Dieu l'a prononcé lui-même, Sur la richesse et l'or ne met point son appui, rac. Alhal. iv, 2. Pour se donner de l'appui dans sa frayeur, boss. Hist. i, 10. Seigneur, je viens pour elle implorer votre appui, rac. Iphig. m, 5. Ah! je le prends déjà, seigneur, sous mon appui, id. Ath. v, 2. Sous quel appui tantôt mon cœur s'est-il jeté? id. Milhr. ;i, 6. C'est son appui qu'on cherche en cherchant votre appui, id. Brit. rv, (.Je sais qu'en maprière il aurait peu d'appui, corn. Héracl. iv, 4. La vertu trouve appui contre la tyrannie, id. Nicom. m, 2. Bien loin de vous prêter l'appui dont vous parlez, m. Nie. i, 2. Etsous l'appui des lois mit la faible innocence, boil. A. poét. iv. || 3" La partie d'une fenêtre, d'une balustrade, etc. sur laquelle on peut s'appuyer. Mettre sur l'appui des pots de fleurs. || X hauteur d'appui, à lahauteur ordinaire du coude d'un homme qui se penche. Les palissades sont à hauteur d'appui, sêv. 70. || Fig. Si vous saviez qu'ils sont petits de près et combien ils sont quelquefois empêchés de leurs personnes, vous les remettriez bientôt à hauteurd'appui,sÉv.444. Hi'Termede mécanicien. Point d'appui ou simplement appui, le point sur lequel le levier s'appuie. || 5" En termes de grammaire, appui de la voix sur une syllabe, élévation ou plutôt intensité de la voix sur cette syllabe. || 6° Entermesde manège, sensation qu'éprouve la main du cavalier par la pression du mors sur les barres du cheval. Ce cheval a l'appui lourd. Ce cheval n'a point d'appui, il n'a point de bouche. || Appui de main, sorte d'aide qu'on donne au cheval par la bride. || Appui du collier, le point d'union de l'encolure avec les épaules , ou l'espèce de talus que ces parties présentent en avant. || Appui posé ou foulée, le temps pendant lequel un memhre est employé à soutenir le corps sur le sol || 7° Technologie. Pièce du banc des tourneurs. || 8° X l'appui de, loc. prépos. X l'appui de mon dire. Pièces à l'appui d'un compte, ou, simplement, pièces à l'appui. L'événement vint à l'appui. || 9" Au jeu de boule, aller à l'appui de la boule, jeter sa boule de manière à avancer celle du joueur avec qui l'on est de moitié; et figurément, appuyer, favoriser : faites la proposition, j'irai à l'appui de la boule.
— REM. D'excellents écrivains, Racine, Boileau, ont dit : sous l'appui. Pourtant on est sur un appui contre un appui, et non sous un appui. Pour justifier cette locution, il ne faut plus voir en appui que
•le sens figuré. Mais cet emploi n'est pas à recommander, et il faut louer les écrivains qui l'ont évité.
— ÊTYM. Voy. appuyer. Bourguig. aipui; namurois, aspoid.
APPUI-MAIN (a-pui-min), s. m. Baguette sur laquelle les peintres appuient la main qui tient le pinceau. || Au plur. Des appuis-main.
— ETYM. Appui, main.
APPUYÉ, ÉE (a-pui-ié, iée), part, passé. || l*Qui pèse sur. Appuyé sur le coude. Appuyé sur sa lance. (I 2° Qui porte contre. Appuyé contre un mur. Il 3" Fig. Qui se repose sur, secondé. Appuyé sur la faveur populaire. Appuyé par le ministre dans son élection. Sur son jugement seul ce grand homme appuyé, volt. Tancr. iv, 6. Après mille serments appuyés de mes larmes, rac. Rérén. n, 2. Appuyé de Sénèque et du tribun Burrhus, ID. Brit. m, 3. Elle n'est en ces lieux que trop bien appuyée, id. Andr. iv, 6. || 4° Marqué, significatif. Ces derniers mots furent prononcés avec une gravité appuyée qui surprit fort l'assistance, st-sim. 68, 122. D'un ton grave et d'un accent appuyé, J. J. rouss. Ém. v. Il 5° Absolument. Appuyé, formule d'assentiment à une proposition, etc. Le projet doit passer par aci kunation. — Appuyé!
APPUYER (a-pui-ié), v. a. J'appuie, j'appuierai, j'appuierais. On écrivait autrefois, j'appuye, j'appuyerai, j'appuyerais. On écrit aussi j'apputrai, j'appulrais; ce qui indique la prononciation. L'y n'est plus conservé qu'à l'infinitif, et dans tous les temps où il est suivi d'une voyelle autre que l'e muet : appuyant, appuyé, appuyons; je veux que nous appuyions; il appuya, etc. || 1» Donner un appui à. Appuyer une muraille par des piliers. Appuyer un édifice par des arcs-boutants. || Appuyer contre, faire porter une chose contre une autre, de manière qu'elle soit soutenue ou abritée. Appuyer l'échelle contre le mur. || Appuyer sur, poser sur ce
qui peut soutenir. Appuyer ses mains, ses coudes surune table. || 2° Fig. Vous n'appuyez votre bonheur que sur le mensonge, pasc. Prov. 17 En
vain sur leur faiblesse appuyaient leur défense, rac. Andr. i, I. Un père est toujours père, etsur cette assurance J'ose appuyer encore un reste d'espérance, corn. Poly. v, 3. C'est bâtir sur la boue que d'appuyer les fondements de sa fortune sur l'affection passagère d'une vile populace, vertot, Révol. rom. xiv, 303. || 3" Faire peser. Il appuie trop le pied en marchant. Il lui appuya le genou sur la poitrine. || 4" Tenir tout contre. Il m'appuya son pistolet contre la poitrine. || 5° En termes de manège, appuyer l'éperon à son cheval, et elliptiquement, appuyer des deux, appliquer l'éperon, les deux éperons à son cheval. || 6* En termes d'escrimo, appuyer la botte, appuyer le fleuret sur le corps de son adversaire après l'avoir touché; et, figurément, presser, embarrasser quelqu'un. || 7* En termes d'art militaire, appuyer la droite d'un corps de troupes à un bois, à un mamelon, la disposer de manière qu'un bois, qu'un mamelon la protège. ||8* En termes de marine, v. a. Soutenir les vergues du bord du vent contre un vent qui souffle grand frais. || 9° Soutenir, aider. Fallait-il appuyer une prétention raisonnable? fléch. Mont. On ne le voit pas se mettre en peine d'appuyer une douteuse réputation par l'intrigue et parla cabale, m. Panég. il, 68.... Vous appuyez vousmême son courroux, rac. Brit. m, 1. II venait par la force appuyer son partage, id. Uilhr. il, 3. Vousmême en expirant appuyiez ses discours, id. I'hcd. m, 3. Un bruit que j'ai pourtant soupçonné de mensonge, Appuyant les avis qu'elle a reçus en songe, id. Ath. ni. 4. La sultane, à ce bruit, feignant de s'effrayer, Par des cris douloureux eut soin de l'appuyer, va.Baj. ï, t. Et son trouble appuyant la foi de vos discours, id. Esth. m, 6. Vous daignerez appuyer sa demande, mol. F.sav. i.a. Le pape dont Constant appuya le décret, boss. IIi.it. 1, 41. César que Cicéron appuyait au sénat, volt. Catil. ï, 2. Tu n'as de fils qu'Octave, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta maison, id. M. de Ces. ï, l. Un homme savant appuya ce que disait la marquise, in. Cand. 22. || Absolument. Personne à la cour ne veut entamer;on s'offre d'appuyer, parce quejugeant des autres parsoi-même, on espèreque nul n'entamera, et qu'on sera ainsi dispensé d'appuyer, la bruy. 8. |! 10" En termes de chasse, appuyer les chiens, les exciter du cor et de la voix. || 11* V. n. Peser fortement sur une chose. Appuyer sur un cachet, sur un burin. N'appuyez pas, l'endroit est sensible. || Fig. Insister avec force. Cet argument sur lequel on appuie avec tant de force, boss. Préf. 11 avait un peu trop appuyé sur ce dernier article, hamilt. Gramm. 10. Je n'ai point appuyé là-dessus et j'ai bien fait, sév. 403. || En termes de musique, appuyer sur une note, y donner plus de force. Appuyer sur un mot, le prononcer avec plus d'intensité. || 12" En termes d'art militaire, appuyer sur la droite ou à droite, se porter du côté droit. || 13" En termes de manège, ce cheval appuie sur le mors, il porte la tête basse et fatigue la main du cavalier. || 14" S'appuyer, v. réfl. S'aider, se servir comme d'un appui, d'un soutien. S'appuyer contre la muraille. Il s'appuyait sur sa canne. || Fig. S'appuyant sur la faveur du ministre. Sur qui dans son malheur voulez-vous qu'il s'appuie? bac. Phèd. ï, 6. Cependant, cher Osmin, pour s'appuyer de moi, L'un et l'autre ont promis Atalide à ma foi , id. Baj. ï. 4 . M. de Cambrai prétend s'appuyer de Blosius, boss. Lelt. quiét. 389. Il se veut appuyer du décret de saint Etienne, id. Bibl.
— HIST. xi* s. [Il] Vait s'appuier souz le pin à la tige, Ch. de Roi. xxxvi. || xn* s. Dueil ot li rois qui s'apuie à Naymon [dont l'appui est en], Ronc. p. 154. L'espée [il] i apoia, par vertu l'a boutée, ib. p. (96. Dux Miles se redresse, si se cuide efforcier, Apuiant à s'espée se tint vers un moustier, Sax. xi. Lidus Bueves sans barbe s'apoa à un dois [ductus], ib. xvin. La cruiz arceveskal il meïsmes porta, X nul ne l'ad baillie; car forment se duta; De sur un banc s'assit et à Deu s'apuia, Th. le mart. 39. Bien se puet apuier li reis à ma reisun, ib. 32. || xiii* s. Là s'apoia la bêle, qui de plorer fut roe [rouge], Berte, xxxm. Mal se volt [il se voulut] ou songe appuier, la Rose, 6534. 11 lui apoia le coustel à costés, Bibl. des Chart. 2" série, t. m, p. 425. Mes voisins pot apoier son merien contre mon mur qui joint à. li , beaum.xxiv, 2. Et puiss'apoierentà droit sor ce que cascune partie avoitproposé, id. lxi, 63. Il m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre lesdeusespaules, joinv. 225. En ce point que je estoie illec, le roy se vint apuier à mes espaules, et
me tint ses deus mains sur la teste, id. »6«. || xrv*s. Je croirai vo conseil, bien m'i veil apoier, Guescl. 9832. Limaistresde St Jacques a brochié le destrier, Tint sa lance en sa main, l'escu va embracier; Encontre les deux cents est venus apoier, ib. 46032. || xv* s. Adonc furent ordonnées eschelles et mises etappoiées contre le mur, froiss. h, m, 23. H chevaucha jusques aux murs de la cité, et trouva Jean de Norvich qui s'appuyoit aux créneaux, id. i, i, 255. || xvi' s. On cherche à fermir et appuyer nostre religion par la prospérité de nos entreprinses, mont, i, 248. On eschafauld appuyé sur des colonnes, m. il, 35. Les unsestoient appuyez du Pape, les autres de l'Empereur, et exerçoyent toutes sortes de cruautés, lanoue, 2». Lesquels, venans après à conoistre qu'ils ne sont nullement appuyez, après avoir rompu leurs lances, retournent, id. 29 i. Serrez et portans leurs piques droites apuyées contre l'espaule,iD. 320. Huict jours après le massacre, il vint une grande multitude de corbeaux s'appuier sur le pavillon du Louvre, d'aub. Hist. n, 29.
— ÊTYM. Picard, apoier; wall. aspoi; namurois, aspouï; bas-lat. appodiare ; de ad, à, et podt'um, hauteur, élévation (voy. pui ou puy).
t APPUYÉE (a-pui-iée), s. f. Terme de marine. Etat d'un bâtiment qui, incliné par la force du vent, ne se relève pas et n'éprouve pas de mouvement de roulis.
— ÊTYM. Appuyer.
f APPUYOIR (a-pui-ioir) , * . m. Technologie. Instrument pour appuyer.
— ETYM. Appuyer.)
APRE fâ-pr'), adj. || 1* Qui cause une impression désagréable, soit sur le goût, soit sur l'ouïe, soit sur le toucher, par la rudesse de son action ou par les inégalités de surface. Un fruit âpre. Un corps Apre au toucher. Un chemin âpre et difficile. Une voix rude et âpre. || Poétiquement. Ses yeux creux pleins d'un feu âpre et farouche, fen. Tél. m. || 2* Fig. Sévère, dur, violent. Âpre vertu, corn. Hor. il, 3. Âpre jalousie, id. Sertor. i, 4. Et je garde, au milieu de tant d'âpres rigueurs, Mes larmes aux vaincus et ma haine aux vainqueurs, id. Hor. 1,4. L'âpre déplaisir, id. Pomp. iv, 4 . Aux plus âpres tourments un chrétien est en butte, id. Poly. ï, 4. Qu'un si charmant abus serait à préférer X l'âpre vérité qui vient de m'éclairer,iD. Héracl. m, 4. Et cet âpre courroux, quoi qu'elle en puisse dire, Ne s'obstinera point au refus d'un empire, rac. Alex, m, 3. [L'hymen] y joint [à l'amour], dit Climène, une âpre jalousie, la font. Filles de Min. La haine devenait plus âpre, boss. Hist. i, 4 0. Leur âpre austérité que rien ne peut gagner, N'est dans ces cœurs hautains que la soif de régner, volt. Brut.i, *. || 3° Difficile. Quelques grandes difficultés qu'il y ait à se placer à la cour, il est encore plus difficile et plus âpre de se rendre digne d'y être placé, la bruy. 8. || 4* Cupide, avide. Homme âpre. Apre au gain. Les curés les plus durs, les plus âpres a exiger leurs droits, sont ceux qui vivent d'une manière plus sordide et plus indécente, mass. Disc. Syn. Avarice. || On dit d'un chien : 11 est âpre à la curée, c'est-à-dire, il est avide, vorace. Fig. Il se dit aussi d'un homme avide d'argent et de places. || On dit qu'un faucon est âpre à la proie, quand il se sert vigoureusement du bec et des ongles.
— HIST. m* s. Ne feras mes pechié qui te soit aspre, Li coronements Looys, v. 395. Or ne leroie, por nul home que saiche, Neporpaien, tant soit ne fier ne aspre.... ib. v. 402. [Espines] poignans et aspres qui ne peuvent florir, Ronc. p. 4 65. Un plus aspre juïse [jugement] par temps vous eslirons, ib. p. 199. Jà de plus aspre mort nel pouvez justicier, ib. p. 200. Car veez cum li pères chastie sun enfant Par mult dulce parole e par aspre e mordant, E mainte feiz le bat delà verge trenchant.TVi. le mart. 78. || nu" s. Se il dient que en cesti cloistre l'en peut mener aspre vie pour I'ame sauver, joinv. 288. || xiv* s. Car il sont d'assalir si aspre et si engrant, Qu'il ne doublent la mort un denier valissant, Baud. de Seb. iv, 234. || iv' s. Et que en leur partie ils fissent bonne guerre et aspre aux Anglois, froiss. n,ii, 4 3. [Les] autres jours se faisoit la guerre tant aspre qu'il estoit possible, comm. i, 4 4. Celluy qui leur est voisin, s'il est fort et aspre, ilz le laissent ' vivre; mais s'il est foible, il ne sçait où se mettre, id. v, 4 8. || xvi* s. L'aspre condemnation du peuple romain contre les soldats.... mont, i, 55. Quelle affection peult estre plus aspre et plus juste, que celle des amis de Pompeius [assistant à sa mort| ? id. i, 83. Le soleil estait extrêmement aspre, id. u, 493, Voilà, ce me semble, qu'on devroit respondra
APR
à ces gens qui «ont si aspres au sang, lanoue, 84. Oui estoient plus aspres à ceste curée qu'un chiquanaux à gripper, id. 4 44. Des rochers forts aspres à monter, amyot, Cam. 44. Etestimoit on qu'il deviendroit si aspre en son courroux qu'il seroit bien malaisé de l'appaiser, id. Fab. 24. X la fin il devint un peu trop aspre et trop ardent à acquérir, id. Caton, 45. La guerre sourdit forte et aspre de tous costez à Demetrius, id. Dimétr. 64. Un feu aspre, PARÉ, xxvi, 4.
— étym. Asper ; -provenç. aspre; espagn. aspero; ital. aspro.
APREMENT (â-pre-man) , adv. Avec apreté, d'une manière dure. Réprimander aprement. Je voyais de la tour le choc des deux armées, L'uneet l'autre au combat aprement animées, hotr. Antig. I, 2. Courir aprement après les honneurs , fléch. Serm. i, (64. Le temps viendra qu'âprement à ton tour Tu languiras, comme moi, de l'amour, baïf, Amour teng. stance 87.
— HIST. xii* s. Se jo [j'] achat abeïes u haltes eveschiez, Dunt jo seie en cest siècle levez e eshalciez, Devant Deu en serai asprement chalengiez, Tft. le mart. 421. ||xm* s. Asprement vivoie, et mon boivre melloie à plour, Psautier, 1* 1 20. Onques gens ne se aidierent plus asprement sor mer, villeh. xcvi. Regardai le tournoiement Qui commença trop asprement, la Rose, (6314. j| xiv s. Les uns et les autres se combatent asprement et avecques fureur, oresme, Eth. 87. Concupiscence nous assault et nous tempte plus souvent; mes ire nous tempte plus asprement et moins souvent, id. tb. 40. Et par elles mesmes seriez vous asprement corrigée, Mènagier, Prologue. || xv* s. On ne vit oncques de si peu de gens si bien tenir ni défendre quelesEscotsfaisoient, ni aussi chastel assaillirsi asprement, froiss.ii, h, 4 6. Sy les tourmenterons apprement, Jeu des 3 rois. Un autre homme volt essayer par redarguer et ledengier asprement ycellui, se il aurait pacience de philosophe, chr. db pisan, Charles V, p. 3, ch. 27. 11 eust beaucoup plus asprement parlé, comm. I, 4. ||xvi*s. Asprement indigné contre luy, amyot, Cam. 20. Tant ilz le haïssoient asprement, id. Timol. 20.
— étym. Âpre et le suffixe ment.-provenç. asprament; catal. asprement; espagn. asperamente ; ital. aspramente.
APRES (a-prê. L'* se lie : après un an, dites : aprê-z un an), prépos. eladv. || 1* Prêposit. Marquant la postériorité, c'est-à-dire qu'une chose en a suivi ou en suivra une autre dans l'espace ou dans le temps. Marcher après quelqu'un. Après le départ. Six mois après la prise de Moscou. Le repos après le travail. Après le coucher du soleil. Ils furent massacrés les uns après les autres. Ceux qui viendront après nous. Tout auteur qui voudra vivre encore après lui [lui-même], Doit s'acquérir votre suffrage, la font. Fab. vu, Dédie. || Après cela, les choses étant ainsi, c'est-à-dire, puisqu'il en est ainsi. Doiton, après cela, s'étonner que, véritablement, il y avait bien quelque peine à les développer; où l'un trouvait un sens moral , l'autre en trouvait un physique; mais, après cela, ils convenaient que vous aviez tout su , fonten. Homère , Ésope. || Après quoi , loc. adv. Après cela, ensuite. Réfléchissez, après quoi vous agirez. || Après tout, loc. adv. Tout bien considéré, quoi qu'il en soit. Après tout, la nature a des beautés nocturnes, bern. de s. p. Ch. ind. La reine, après tout.... Sachant ce que je puis , me pousse trop à bout, corn. Nicom. n , 3. Pensez-vous qu'après tout ses mânes en rougissent? rac. Andr. m, 8. Que m'importe, après tout, que Néron, plus fidèle, D'une longue vertu laisse un jour le modèle? id. Brit. i, 4. || Après coup, loc. adv. Après qu'une chose est faite, trop tard. || 2" Marquant l'ordre, le rang, c'est-à-dire qu'une personne ou une chose n'a que le second rang. Le premier après le roi. Le plus savant après Varron. Immédiatement après ceux-là. || Après Dieu, locution par laquelle on réserve l'intervention divine. Après Dieu, c'est à vous que je dois la vie. Il 3" Marquant le lieu, c'est-à-dire signifiant plus loin, ilcn 1ère. Le lleuve qui était après notre camp. Les esclaves qui marchaient après lui. Fuirsans regarder après soi. Les maux que la guerre traîne après soi. Il tient après son char un vain peuple occupé.... rac. Àlilhr. m, 4. Et les portes d'airain, se fermant après mai, M'ont vomi loin du temple et m'ont poussé vsrs toi, corn. CEd. v, 2. Ils attirent tout après eux, mass. Cire. C'est alors qu'il eût tout attiré après lui, ID. lncarn. || Familièrement. Après lui, il faut tirer l'échelle, c'est-à-dire il est l'homme par excellence, on ne peut faire mieux que lui.
APR
Il 4* Marquant la tendance, vers, contre. Soupirer après quelque chose. Mes chiens aboient après moi. S'emporter après quelqu'un. Être après une affaire, après ta toilette. Être toujours après quelqu'un, le fatiguer. Faire attendre après soi. J'attends après vos ordres. Je suis dans l'angoisse : j'attends après le médecin, après des nouvelles. Ce n'était qu'un cri après lui. J'allais comme un limier après la venaison, Régnier, Épli.n. Qu'on se mette après lui, rac. Plaid. n,4 4. Le bon berger va après sa brebis perdue, B09S. Conv. 4. De crainte qu'après moi vous n'eussiez envoyé, corn. Cinna, v, 3. Ils étaient une douzaine de possédés après mes chausses, mol. Pourc. u, 4. Attaché dessus vous comme un joueur de boule Après le mouvement de la sienne qui roule, mol. l'Étour. iv, 6. Plusieurs médecins ont déjà épuisé leur science après elle, id. lied, m. lui, i, 6. Que Marinette est sotte après son gros René, id. IcDépit, IV, 4. Chacun setrompeici-bas: On voit courir après l'ombre , la font. Fab. vi, 47. Qui ne court après la fortune? id. ib. vu, 4 2. Or, sans plusm'amuser après le contenu, Régnier, Sat. xi. Courir après les fumées, pasc. dans cous. || Elliptiquement, dans le même sens. Il a couru après d'une course précipitée, boss. Bonté, 1. 1| Après à, suivi d'un infinitif, être occupé à. Je suis après à conclure avec Mme Guyon, boss. Lelt. qutét. 34. Jesuisaprèsàm'équiper,MOL. Fourb. n,8. || Après, expression interrogative dont on se sert pour engager à continuer. Ce n'est pas là tout ce que vous avez à dire.... après?... eh bien! après? || 5* D'après, en conséquence de , conformément à. D'après le testament. D'après l'avis du conseil. D'après son eitrême bonté, je suis convaincu.... D'après votre ordre. Peindre d'après nature. Tableau d'après Raphaël. Je ne peins le monde que d'après votre coeur, mass. Bon/». || D'après, loc. odr.qui se met après un nom de temps, et signifie d'ensuite. Ils s'enfuirentl'instant d'après. Dix magistrats absolus, qu'on créal'annéed'après souslenomdedécemvirs, rédigèrent les lois des xii Tables , boss. Hist. i , 8. L'année d'après , toutel'Idumée reçut la loi de Moïse avec la circoncision, id. tb. i, ». || Corneille l'a employé, à tort, avec le sens d'ordre, de succession. Et si Léon devait l'empire à votre appui, Lui qui vous y ferait le premierd'aprèslui, Pulch. iv, 4. || 6° Après, adv. Cinquante ans après. Peu de temps après. Peu après. Bientôt après. Longtemps après. Et après, je ne l'ai plus revu. Il le plaça le premier, et me mit immédiatement après. Les raisons me viennent après ; mais d'abord la chose m'agrée, pasc. Pens. div. 4. M'informant après de la doctrine, id. Prov. 4. Après, je contemple les divers emplois.... boss. Serm. Quinq.2. Je t'enrichis après des dépouilles d'Antoine, corn. Cinna, v, 4. Et nous verrons après par nouveaux sacrifices, Si les dieux voudront être à nos vœux plus propices, corn, Rodog. v, 6. Quatre mots seulement, Après ne me réponds qu'avecque cette épée, id. d'à, m, 4. Et n'employons après que nous à notre mort, id. Rot. iv, 7. Tel on déteste avant, que l'on adore après, volt. Calil. i , 4 . Pour me traiter après de faible , de jaloux , mol .19. Gare, i, 6. Votre rival après sera bien étonné, iD.J'ittour. n,7. Etd'abordaprès, les Allemandsàqui on avait offert des présents s'en indignèrent, montesq. Rom. 28. || T Ci-après, loc. adv. Un peu plus loin, dans la suite du discours. Vous verrez ci-après. ||8*Aprèsque, loc. conj. qui veut l'indicatif; après, avec le parfait de l'infinitif. Après que je fus venu. Onze jours après vous avoir quitté. Alexandre, après avoir Ôté son anneau, le remit à Perdiccas. Après qu'entre les morts on ne le put trouver, corn. Poly. I, 4. Après avoir deux fois essayé la menace.... n>. ib. v, 3. || Après se met aussi devant le présent de l'infinitif. Après boire, il n'est plus capable de rien. Après lire, ce que j'aime le mieux, c'est.... Après souper, sév. 682. || 9° Proverbes. Après la pluie, le beau temps, c'est-à-dire souvent la joie succède à la tristesse. || Après la panse vient la danse, c'està-dire après la bonne chère les divertissements. || 10" Locutions vieillies. Par après. Les en ôter, afin d'y en remettre par après d'autres meilleurs, desc. Arith. J'ai peur.... Que j'aie peine aussi d'en sortir par après, mol. l'Étour. m, 6. || Puis après. Les soldats, puis après, en amis de la paix, Régnier, Sat. vi. || En après. L'ange en après lui fait un long sermon, la font. Fér.
— REM. 1. Des grammairiens ont contesté qu'on pût dire : il m'a couru après; voulant qu'on dit : il a couru après moi. Mais d'une part on emploie après adverbialement ou absolument; et de l'autre on dit: Il lui a couru sus. Rien donc n'empêche de dire : 1.1 m'a couru après ; mais cela est du style familier. || 2. Peut-on dire : Demander après quelqu'un, pour:
APR
S'informer où il est, désirer qu'il vienne? Des grammairiens condamnent cette locution : mais elle est certainement usitée; et d'ailleurs elle est ancienne et se trouve dans Froissard. || 8. On admet : Il est après sa toilette; et l'on condamne : La clef est après la porte. Ces deux locutions pourtant sont, à part le sens figuré, identiques grammaticalement, et toutes deux fondées sur ce que après, étymologiquement, est à près, touchant d , tenant à. || 4. Quelquefois on entend dire : 11 est après s'habiller. C'est une faute. Il faut : Il est après à s'habiller. Voy. n* 4 les exemples de Bossuet et de Molière. Cette locution, qui a vieilli et pour laquelle on dit maintenant de préférence il est à s'habiller, s'explique ainsi : il est après y est pris absolument, comme il est à mime, e\, quand nos pères voulurent le joindre à un infinitif, ils le joignirent par la préposition à. || 6. Après qu'il eut fini, se disait autrefois, après ce qu'il eut fini. Grammaticalement , la langue ne pouvait donner tout d'abord à après un régime aussi compliqué qu'est celui-ci; et q«e,étantune conjonction, ne se prêtait pas à servir de complément à une préposition. Aussi la vieille langue a-t-elle surmonté la difficulté en disant après ce que, qui s'explique par après ce, à savoir que; et la nouvelle langue dès lors a pu faire l'ellipse de ce et dire après que.
— HIST. xi" s. E [que] cil vienge pois après, Loti de Guill. 6. Del dei après le polcier, ib. 4 3. Après ice i est Naymes venus, Ch. de Roi. xvi. Veiz [voici] Baligant qui après tei [à ta poursuite] chevauche, ib. eexi. || xii* s. Si compeignon après lui vont siguant, Ronciv. p. 38. Après ma mort en ert France doutée, ib. p. 49. Et en après (il occit] Gerart de Roussillon, ib. p. 88. Et la guerre dur* tante mainte saison , Li uns rois après l'autre la reprist en son nom , Sax. m. Après parla dus Bueves li proz et li cortois, tb. xxxui. || xin* s. En l'an après que cis preudoms ot commencié à parler de Dieu, villeh. n. Après vinrent li Wandre, une gent maleïe , Berle, u. Après la mi aoust, tb. x. Droit après ce que Berte fu de Paris partie, tb. lx. Après le roy mon père si fort li cuers me tire, tb. lxxxviii. Faites aler après [à sa poursuite] , jà s'en sera fuîe, tb. xc. Après Dieu [je] sui par eus de la mort garantie, tb. cxxvni. Après demain , se il s'en tient, Fêtes le à force amener, Ren. 994 7. Après se sont mis en chemin Nobles avant et Ysengrin, Et puis en après dant Renart, Qui moult par est plains de mal art, ib. 6707. Après ce que le roy fut couronné, joinv. 204. || xiv* s. Après ce qu'il out oré [prié] par grant devocion, Girart. de Ross. v. 4389. Le roy descendi après mangier ou prael [au pré] desouz la chapelle, joinv. 4 96. || xv* s. Je, Jean Froissard, commence à parler, après la relation de monseigneur Jean le Bel, froiss. i, i, 4. Si pria tantost le duc de Normandie son cousin, et en après tous les comtes et les princes et les barons qui là estoient, id. i, i, 4 64. Lors demanda-t-il après le roi d'Allemagne son fils et dit : Où est messire Charles mon fils? id. i, i, 288. Quand ce vint après diner, id. ii, u, 245. Tous jours fuyez, et après vous je cours, en. d'orl. Chans. 67. Après cette doulereuse journée et que toutes les parties furent retraites, fenin, 44(6.Chascun de nous la congnoist tard [l'espérance en Dieu] , et après ce que nous en avons eu besoiDg, comm. i, 46. Que plusieurs fois je avoye veu armé de toutes pièces après son maistre, car telle est l'usance des prelaz d'Allemagne, id. ii, 7. Après, tous les hommes d'armes montèrent à cheval, id. i, 3. jj xvi* s. Quelque jour Pantagruel se pourmenoyt aprez soupper avecques ses compaignons, rab. Pant. u.c. Et, aprez que ilz se feurent saluez , lui demanda, iD.t'b. Les ennemys, aprez soyestre reveillez, id. tb. u, 28. Aussi bien n'eust il par aprez rien preste, id. tb. m , 3. Le patient demande tout exprès L'eau défendue, et est tousjours après, st-gel. 200. Ils produisent en après le tesmoignage de l'Ecclésiastique, calvin, Instit. 452. Le monde est après pour me troubler, id. tb. 694. Aprez beaucoup de difficulté! , mont, i, 4. L'ame se relaschant aprez aux larme*, id. i, 8. Aprez qu'on l'eut désarmé, id. i, 8. Ajuez l'avoir ouï, id. i, 4 9. S'opiniastrer aprez quelque science, id. i, 454. Courir aprez un beau mot, id. i, 494. Ils les perçoient de traits et les pendoient aprez, id. i, 240. Un homme qui se laisse aler aprez son appétit naturel, id. h, 212. Toutes les cognoissances qu'il a , et qu'il peult acquérir par aprez, id. u, 243. Quand les peintres nous tirent, aprez le naturel, un subject.... id. h, 282. Il possedoil toute l'Egypte et estoit aprez à conquérir Cypre, id. m, 4 03. Il leur commanda de luy ordir une pièce de toile; ces filles estoient tout le jour après, amyot, Rom. s. X l'après, les monstres générales furent
APR
talctes, carloix, v, 32. Pensez à cette ingratitude que, Dieu vous ayant toujours couru api es pour vous sauver, vous avez toujours fuy devant luy pour vous perdre, s.FR.DESALLEs,F«ed<Jv. t. i,p. 405, Desrez,
— ÊTYM. A et près; bourguig. aipré; Berry, auprès; provenç. après; ital. appresso. L'ancien français a dit aussi emprès.
APRÈS-DEMAIN (a-prê-de-min). || 1* Adv. Le second jour après celui où l'on est. Nous serons à Paris après-demain. |[ 2" Subst. m. Quand cet aprèsdemain sera passé.
— ETYM. Après, demain.
APRÈS-DÎNÉ, s. m. Voy. apres-dInée.
APRÈS-DÎNÉE (a-prê-di-née), s. f. ou APRÈS- DÎNER, APRÈS-DÎNÉ (a-prê-di-né), s. m. Tempsdepuis le dîner jusqu'au soir. Nous passâmes une aprèsdtnée à l'arsenal, sév. 44. L'après-dînée m'a semblé fort longue.— Et moi je l'ai trouvée fort courte, mol. Critique, 4. 1| Auplur. Des après-dtnées, des aprèsdlners, des après-dînés. On peut écrire aussi des après-dînée, des après-dîner, des après-dîné.
— REM. Des grammairiens ont accusé l'Académie d'avoir gardé après-dînée, parce que la dlnée étant un repas fait en voyage ne peut exprimer le dtner ordinaire. Mais l'Académie n'a fait ici qu'enregistrer un usage qu'il n'est plus loisible de changer.
— ETYM. Après, dinée; bourguig. aipré-daignée. APRÈS-DÎNER, s. m. Voy. après-dînée. »
APRÈS-MIDI (a-prê-mi-di), s. f. Partie du jour,
de midi jusqu'au soir. Vous savez que le sommeil surprend aux sermons de l'après-midi, fén. xxi, R5.
— REM. Plusieurs le font masculin, dit l'Académie. Il est en effet des deux genres, puisqu'on peut sous-entendre ou partie ou temps.
— ETYM. Après, midi.
APRÈS-SOOPÉE (a-prê-sou-pée).s.f.ou APRÈS- SOUPER, APRÈS-SOUPÉ (a-prê-sou-pé), s. m. Temps depuis le souper jusqu'au coucher. Si je ne vous croyais l'âme trop occupée , J'irais parfois chez vous passer l'après-soupée, mol. Éc. des mar. i, 5. L'après-soupée se passa enjeu, en conversation, séy. 447. Pour mieux comprendre ce qui s'y passa, il faut expliquer en deux mots la mécanique de l'après- souper du roi de tous les jours, st-simon, 264, 268. \\ Auplur. Des après-soupées, des aprèssoupers, des après-soupés. On peut aussi conserver le substantif au singulier.
— REM. On a reproché à l'Académie d'avoir mis après-soupée, attendu que soupée n'est pas usité. Mais l'Académie a enregistré, et elle a bien fait, l'usage tel qu'il est. Quand nous prenons nos participes substantivement, nousprenons tantôt le masculin, le dîné, le soupe, tantôt le féminin, l'allée, la venue; tantôt les deux genres, le levé ou la levée d'un plan. Quant ksoxipée, bien que n'existant pas, il a pu exister aussi bien que tombée, qui est en usage : la tombée de la nuit.
— ÊTYM. Après, souper.
ÂPRETÈ (â-pre-té) , s. f. Qualité de ce qui est âpre, au propre et au figuré. L'âpreté des chemins. L'âpreté au goût. L'âpreté du style. L'âprelé de la saison, volt. Hist. de Russie, I, 47. Oui, jusque dans tes fers ton amant a porté Des monts qui l'ont nourri la sauvage âpreté, delav. Paria, i, 2. Une âpreté de naturel, st-évrem. ii , 4 3 L'âpreté et la dureté qui exigent les revenus, mass. Disc. Syn. Avar. L'âpreté pour vos intérêts, id. Disc. Syn. Divisions. Saint Bernard aplanissant non pas l'âpreté du sentier évangélique , mais celle des cœurs rebelles, id. St Bernard. La voie du ciel conserverait toute son âpreté pour les justes, id. Immut. Auteur de tous mes maux, dont l'âpreté rigide, Dont le cœur inflexible à ce coup m'a porté, volt. Scythes, iv, 5. [Ils] Préféraient de nos mœurs la grossière âpreté Aux attentats commis avec urbanité, id, ib. i, 5.
— HIST. xii» s. Si tu redotes l'aspreteit de la médecine, s.-bernard dans raynouard, aspre. || xiu's. .... Il ot soif por l'aspreté Du chault et por la lasseté Qui li ot tolue l'alaine, la Rose, 1484. || xiv» s. Pour cause de ost, de chevauchée et de toute autre aspreté ou manière de servitude, du cange, asperitas. || xvi» s. Il le fault rompre à la peine et aspreté des exercices, pour le dresser à la peine et aspreté de la eholique, du cautère, de la torture, mont, i, 165. L'aspreté et malaisance du chemin, amyot, P. Jim. 24. Si on trouve aspreté, c'est signe que l'os est rompu, paré, vin, 3.
— ÊTYM. Provenç. asperitat, aspredad, aspretat; aric. espagn. asperidad; ital. asprità, de asperitatem, de asper (voy. Apre). On a dit, dans l'ancien français, aspreur et aspresse.
APY
X PRIORI (a-pri-o-ri). Voy. priori.
A-PROPOS (a-pro-pô) , s. m. Voy. propos.