RAULT-DUVIVIER
— SYN. aspirer X, prétendre A. La différena entre ces deux mots, c'est que aspirer n'implique que l'idée des désirs qui nous poussent à une chose; et que prétendre implique que nous y avons des droits réels ou imaginaires.
—hist. xii* s. Teu (telle) parole unt le duc nonciée, Sicum Deus lesoutaspirez [inspirés], benoît, Chr. de Norm. t. n, p. I86,v. 20744. || xiv* s. Aspirer la fumée de l'eaue, Ménag. n, 5. || xv* s. L'œil regarde où le cueur aspire, basselin, iii. ||xvi*s. Ils veulent, ils aspirent, ils s'efforcent : mais rien en telle perfection qu'il appartient, calv. Inst. 600. Chascun aspire si naturellement à la liberté et auctorité, que.... mont. i, 59. L'éloquence et la louange de bien dire estoit le but ordinaire, auquel aspiraient et laschoient de parvenir tous les jeunes hommes romains, amyot, Colon, ». Tel lieu est continuellement aspire et eventilé de la frigidité de l'air qui nous environne, paré, vi, 23. 11 a aspiré cest office ung long temps, palsgr. p. 42i. Nul aultre n'y pouvoit aspirer ny parvenir s'il n'estoit des sus dictes sept races, carl. vi, 6.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. aspirar; ital. ospirare; du latin aspirare, de a pour ad (voy. À), et spirare, souffler (voy. esprit). Comme la prononciation d'une lettre aspirée et, au reste, de toute autre lettie, se fait non dans l'aspiration mais dans l'expiration, on a ditque aspirer était ici dit pour aspirer, rendre âpre, les Latins appelant en effet aspi.r l'esprit rude des Grecs. Mais cela ne s'appuie sur aucun exemple. Il est bien plus probable que, les Grecs appelant rcvsùu,», et les Latins spiritus, c'està-dire souffle, ce que nous appelons aspiration, aspiration a été dite chez nous pour souffle, par une méprise sur le mécanisme vocal.
t ASPLE(a-spl'), s. m. Technologie. Voy. aspe.
ASPRE (a-spr'), s. m. Petite monnaie d'argeut chez les Turcs. Je vous estime trente aspres, dit un poète au grand kan, volt. Mœurs, 58.
— HIST. xvi* s. Pour dix aspres un turc se donnera une entaille, mont. I, 30».
— ÊTYM. Bas-latin, asperi, aspri, aspratura; grec moderne, àmcpo;. En grec moderne, iar.-^nsignifie blanc; et en effet Vaspre est une monnaie d'argent, et c'est ainsi que chez nous une pièce blanche s'est nommée un blanc. Cette monnaie est en usage chez les Turcs; mais le mot n'est pas turc; car on la trouve dans Alexis Comnène bien longtemps avant l'établissement des Ottomans, &-.k xpayitov âmtpuv vou.iiTu,àTa)v, exiger le payement en monnaie non usée. Cette phrase explique en même temps l'origine du mot aspre. En effet les Latins nommaient nummus asper, une monnaie âpre, c'est-à-dire non usée par le frottement, en d'autres termes, fraîchement frappée. On a là une des plus curieuses mutation» de sens qu'une langue puisse offrir. Asper nummus signifie en latin une monnaie qui sort de la fabrique; le mot asper passe dans le grec avec le sens de monnaie, puis il prend le sens spécial de monnaie d'argent ; et comme l'argent est blanc, il arrive à exprimer la blancheur, de sorte que, par une déduction qu'on suit nettement, asper devient synonyme de blanc.
ASSA (a-ssa), s. f. Suc végétal concret : l° Assa dulcis , ancien nom du benjoin ; 2* Assa fœtida, gomme résine fétide fournie par la férule persique (ombellifères).
— hist. xvi* s. Asse-fetide, o. de serres, si 4.
— ÊTYM. Origine inconnue. Allemand, Asand. La plupart des auteurs de matière médicale font assa fœtida du masculin : le meilleur assa fœtida.
t ASSAGIR (a-ssa-jir'). || 1* V. a. Rendre sage. LMge assagit les jeunes gens. Les afflictions assagissent ordinairement les hommes. || 2° V. n. Devenir sage. || Ce verbe a vieilli ; c'est dommage ; et bien employé il pourrait renaître.
— HIST. xv* s. Quant un peu fui plus assagis, Estre meconvint plus sougis, froiss. Êspin. amoureuse. Robes de vair ne de gris n'ont puissance D'assagir nul.. ,.e. desch. l'Habit ne fait pas l'homme. || xvi* s. Il nous fault abestir, pour nous assagir, mont, n, 214. J'estudiai jeune pour l'ostentation; depuis, un peu pour m'assagir, id. m, 290. Vieillir n'est pas assagir uy quitter les vices, maisseulemeut les changer eu pires, charron, Sagesse, chap. ïu.
— ÊTYM. À et sage.
t aSSAGISSEMENT (a-ssa-ji-se-man), s. m. Action ie rendre sage ou de devenir sage.
— ÊTYM. Assagir.
fASSAI (a-ssa-ieï, ad». Terme de musique. S»
ASS
ASS
ASS
joint comme augmentatif au mot qui indique le mouvement d'un air. I'restoassai, fort vite.
— ÊTYM. Ital. Assai, beaucoup, très (voy. AS- SEZ).
ASSAILLANT (a-sallan, (( mouillées, et non a-sa-yan), ». m || 1" Celui qui assaille. 11 repoussa tous les assaillants. Les assaillants furent repousses jusqucs dans leurs tranchées. || 2* Anciennement, celui qui, dans un tournoi, comliattait contre le tenant. Faites ouvrir le champ; vous voyez, l'assaillant Un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé saus un tel assaillant, cobn. Cid, v, 0.
— IIIST. xiv s. Les assaillans ou emprenans se reputent plus fors, oresme, Eth. 79. j| xvi* s. I.'assailleur bien souvent vaut moins que l'assailli, bons. 730. Il fault veoir en quel estât est l'assaillant,
ASSAILLI, IE (a-sa-lli, llie, 12 mouillées), part, passé. Assailli d'une grêle de balles. Dans la sombre épaisseur de ces profonds taillis, Où bientôt, sans retour, ils seront assaillis, volt. Scythes, jv, 8. D'un trouble si confus mon esprit assailli Se confesse coupable; et qui craint a failli, rot». Venceslas, IV, 4.
ASSA1LLTR (a-sa-llir, 22 mouillées, et non a-sayir), j'assaille, nous assaillons; j'assaillis, nous assaillîmes; j'assaillirai; j'assaillirais; assaille, assaillons; que j'assaille, que nous assaillions ;que j'assaillisse, que nous assaillissions; assaillant; assailli, v. a. || 1" Se jeter sur pour attaquer. Assaillir les ennemis dans leurs retranchements. Si on avait assailli un Romain, on ne payait que la moitié de la composition, montesq. Êsp. xxvm, 3. Un moine noir a par dévotion Saisi le tout quand j'assaillis Marthon, volt. Ce qui pi. aux dames. || 2' Fondre sur. L'orage nous assaillit au sortir de la ville. Pendant cela le mauvais temps l'assaille De toutes parts, la font. Orais. || 3° Fig. S'il ne se fût mis en tête d'assaillir son cœur, nAMiLT. Gramm. 9. Toujours nous assaillons sa tête De quelque nouvelle tempête, malii. il, 3. C'est le doute que j'ai qu'un malheur ne m'assaille, id. v, t.
— SYN. assaillir, attaquer. Assaillir, venant de laUre, sauter, indique quelque chose de brusque et d'imprévu qui n'est pas dans attaquer.
HIST. xi' s. Oui en alcun des chemins occit
home qui seit errant per le paîs, ou assalt.... L. de Guill. 30. Son corps [il] demene, moût fièrement asalt, Ch. de Hol. lvi. Nous asaldrum Olivier etRolant, t'b. lxxiv. || xu* s. Par tanies fois [j'J ai esté assailliz, Que je n'ai niais pouvoir de moi défendre, Couci, vi. Saisne assaillent la vile, li encrismé félon, Sax. vm. || xin* s. Et l'empereres Alexis avoit apareillês grans gent pour assaillir aus trois portes; comme il se ferroit en l'ost d'autre part, villeh. lxxxi. Li pèlerin ne vous assainiront mie, id. xlvii. Et chascuns vessiaus assailloit endroit lui, id. civ. Adonc pristrent cil de l'ost conseil qu'U porroient faire, s'il assaudroient la vile ou par mer ou par terre, id. lxxim. Et li Venicien s'acorderent à ce qu'il asausissent par mer.... id. lxxih. De l'homme qui hui main ens au bois m'assailli, lierte, cxvm. De mainte chose i fut Berte' moût araisnie, Et souvent oposée [contredite) et souvent assaillie, id. cxix. Li Dieu cuideroient, espoir, Que j'assaillisse paradis Cum firent les geans jadis, la Hose, 6447. Cix qui, à tort et par malvese cause, les assaudront de plet Iprocës], beaum. tl. Noz volons retenir les biens, si que noz aions pooir de noz deffemlre, s'on noz assaut, m. xu, 33. Et ses hons n'est pas tenus àli aidier à autrui assalir hors de ses fiés [fiefs], id. 60. Se aucuns assaut le [la] maison d'aucun, et se chius [celui] à cui l'assaus est fais, ocliist l'asalant, en lui défendant, il n'est à nule amende, tailliar, Recueil, p. 48. || xv s. Venez avant, dist-il, plaisant Beaulté, Je vous requier que sur la loyauté Oue me devez, le venez assaillir, en. d'orl. t. Quant en mon lit doy reposer de nuit, Penser m'assaull, et désir me guerrye, id. Bal. 12. Qui eussent peu passer la rivière et assaillir les gens du roy, comm. i, 9. Que ils assaillissent hardyement, car ledit ducassauldroil de son costé, id. b, II. À l'aube du jour fut l'assault très bien assailly et très hartUement et encores mieulx defiendu, id. m, <o. les Anglois demandèrent, comme ilz ont acouslumé, la couronne, pour le moins Normandie et Cuyenne, bien assailly, bien défendu, id. i, 8. || xvi« s. L'advanlage que la nuict lui donnoit pour assaillir Darius, mont, i, 29. Quand cette maladie m'assault mollement, elle me faict peur, id. iv, 273. Qu'un seul eschelle une forteresse, qu'il assaille une armée, qu'il conquière un royaume.... id. iv, 34». Si on ne les gourmande, si on n'assaut
leurs vies, lanoue, 247. Et s il y eut bien assailli, il y eut aussi bien défendu, in. 566.
— ÊTYM. Nurm. assumer ; picard, assalir; bas- 1,-it. asintire, dans la loi salique; provenç. attalhir, attallir, assaillir; espagn. tttalir ; ital. attalirt ; du latin assi.'ire, de ad, à (voy. À), et salire, sauter (voy. sajllie). On conjuguait jadis ce verbe autrement : au présent, j'assaus, tu assaus, il assaut. Un jour, qui n'est pas loin, elle [l'Eglise] verra tombée La troupe qui l'assaut et la veut mettre à bas,MALit. Les larmes de S. P. Amour dedans le cœur m'assaut si vivement, Régnier, Élég. il. On disait au futur j'assaudrai ; et Ménage avertit de dire j'assaillirai, et non j'assaudray. Ce n'est pas une faute, mais un archaïsme. La conjugaison f assaus, etc. est la conjugaison régulière, le latin sàlio, salis, salit donnant régulièrement je sal, tu sais. Usait; d'où assaillir et sa conjugaison. C'est par une confusion de la conjugaison en ire et de la conjugaison en iteere que nous disons j'assaillis, conjuguant ce verbe comme fleurir. I'alsgrave, p. 23, au xvi' siècle, dit qu'on prononce les deux s.
ASSAINI, IE (a-sè-ni, nie), part, passé. Rendu sain. La contrée assainie par des travaux bien conduits.
ASSAINIR (a-sè-ni r) , v. a. Rendre sain, plus sain. Assainir une ville, un hôpital.
ASSAINISSEMENT (a-sê-ni-se-man), s. m. Action d'assainir; le résultat de cette action. L'assainissement d'une localité.
— ÊTYM. Assainir.
f ASSAISONNANT, ANTE (a-sê-zo-nan, nan-t'), adj. En économie rurale, plantes assaisonnantes, celles qui se distinguent par leur saveur acidulé , amère ou piquante, leur odeur prononcée, généralement agréable; elles sont pour les bestiaux une sorte de condiment.
ASSAISONNÉ, ÉE (a-sè-zo-né, née), part, passé. || 1° Pourvu d'assaisonnement. Légumes assaisonnés à l'huile. || 2* Fig. Discours assaisonné de plaisanteries.
ASSAISONNEMENT ( a-sè-zo-ne-man ) , «. m. || i* Action, manière d'assaisonner. Il a manqué l'assaisonnement. || 2* Substances qu'on emploie à assaisonner. Le poivre est un assaisonnement. || 3" Fig. Tout ce qui ajoute de Pà-propos, du piquant à une chose. La sagesse toute crue fait mal au cœur : il y faut un peu d'assaisonnement , balz. liv. vi,lelt.b. Qu'il y ait dans nos paroles un assaisonnement de grâce et de sel, fléch. Serm. i, 293. Qui font du mépris des choses saintes l'assaisonnement d'une débauche, mass. Prière, 2. Que des discours dissolus fissent l'assaisonnement de ses repas, id. Iliche. Vous devez avertir, reprendre.... vous me direz qu'il faut à tout cela de l'assaisonnement et de l'onction : j'en conviens, mais je vous dis aussi qu'il faut de la force et de la résolution, bourd. Pensées, t. il, p. 473.
— ÊTYM. Assaisonner.
ASSAISONNER (a-sè-zo-né), v. a. || 1° Mettre dans un mets certaines substances qui le relèvent. Assaisonner un ragoût. || 2" Kig. Assaisonner d'un peu de joie les amertumes de la vie. Quand on fait du bien, on l'assaisonne d'agrément, sév. 342. La sagesse sait assaisonner les plaisirs pour les rendre durables, fên. Tél. TOI. Habile pour assaisonner une louange délicate qui fût bien reçue des hommes les plus modestes, id. t'b. xvi. Ils doivent assaisonner leurs discours du sel de la sagesse, boss. Calh. 3. Un art d'assaisonner les grâces qui touchait plus que les grâces mêmes, mass. Louis XIV. [Il a vu] le péril de la débauche en assaisonner les excès, id. Cont. Le roi me demanda comment ce malheur [la mort de mon père] était arrivé, avec beaucoup de bonté pour mon père et pour moi ; il savait assaisonner ses grâces, st-sim. 6, "8. I.a satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, boil. Sat. ix.
— HIST. xiii* s. Assez vault miex viande assesonnée Que le mangié poi cuit et trop hastez, RM. des Chart. 4* série, t. v, p. 38. || iv s. Combien que icelluy blé ne feust mie pour lors attempresé ne assaisonné, do cange , assaxonare. || xvi* s. L'espic jaunit en grain, que le chaud assaisonne, dubell. vi, 19, terso. Mais ne peult-on l'amour assaisonner, Comme les fruicts. et par art luy donner Maturité.... id. vu, 32,fcr.vo. La uouceur et gentillesse de son naturel, qui assaisonnoit tout ce qu'elle disoit ou faisoit, estoit un aguillonqui poignoilau vif, amvot, Anton. 32. Et treuverés tout ce bois prest pour vostre service, à mesure du besoin, séché et assaisonné à propos, o. de serres, 808. A la délicatesse du pain sert aussi tel séjour du bled en la gerbe, d'au-
tant que là il s'assaisonne et prépare très-bien . m. 82u.
— ETYM. Rerry, assaisonner, cultiver en saison propre; nurm. assaisonné, qui vient à une époque convenable; wall. asaguener; provenc. (Utasonar, asaionar, mûrir à temps; portug. asasonar ; de ad, à, et saison, mettre a la saison, mettre à point sens qu'on trouve en effet dans les anciens auteurs.
f ASSAISONNKI'R (a-sè-zo-neur) , t. m. Celui qui assaisonne. Familier.
— ETYM. Assaisonner.
ASSAK.I (a-ssa-ki), j. f. Titre de la sultane favorite du Grand-Seigneur.
— ETYM. Arabe, assâki, de l'article al, et sdkt, échanson; cette terminaison, masculine en arabe, s'omployant en turc pour le féminin aussi. Apparemment on donne ce nom, dans le harem, à la sultane favorite, parce qu'elle sert à boire au sultan dans certains moments.
I. ASSASSIN (a-sa-sin), s. m. Celui qui assassine. Un lâche assassin. L'assassin fut saisi , tenant encore son arme. Soyons des ennemis et non des assassins, rac. Andr. iv, 3. Pour moi, mon ennemi, l'objet de ma colère, L'auteur de mes malheurs, l'assassin de mon père, corn. Cid, iv, 5. || Par extension. Ce médecin est un assassin. Que dit-il quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse? boil. Sat. vui.Tou oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie; La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie, id. Épigr. Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin, id. A. poét. iv. Vous êtes dans votre art [la cuisine] tous de francs assassins Produits par les enfers, payés des médecins, reonard, Démoc. ui, 7. || Crier à l'assassin, appeler du secours; crier pour qu'on coure sus à l'assassin. || Au [èm. Et vous en avez moins [de peine] àmecroireassassine.... corn. Nicom. m, 8. Que dit-elle de moi, cette gente assassine? itoL.rklour. i, 6 || Autrefois et figurément, assassin , petite mouche noire que les femmes se mettaient au-dessous de l'œil.
— REM. Le langage vulgaire se sert de assassineur et d' assassinat eur ; ce sont des archaïsmes, il est vrai, mais que l'usage a tout à fait bannis; et c'est une faute que de s'en servir.
— SYN. ASSASSIN, MEURTRIER, HOMICIDE. L'homi-
cide est le terme le plus général; il se dit de celui qui tue un homme, soitavec intention, soit par imprudence.L'assassin et le meurtrier ont Tintent ion de tuer, mais le premier dresse un guet-apens et attaque en trahison; dans meurtrier l'idée de guet-apens, de trahison n'est pas impliquée.
— HIST. xm* s. Le Vieil de la montaigne savoit bien que, si il en feist un tuer [grand-maître des Templiers] , l'en y remeist tantost un autre aussi bon; et pour ce ne vouloit il pas perdre les assacis en lieu là où il ne peut riens gaainger, joinv. p. 137, édition de miciikl, i 858. Et pour ce ne font force li assacis d'eulx faire tuer, quand leur seigneur leur commande, pour ce que il croient que il seront assez plus aise quant il seront morsque il n'estoient devant, in. t'b. p. 139. || xvi' s. Ruynantles obscures forests, réceptacles de briguans et meurtriers , laulpinieres d'assassinateurs,RAB. Pant.m, 2. Les hommes seront loupz es hommes, briguans, assassineurs , empoisonneurs, id. ni, 3. Rompre sur la roue, comme trahistre et assassinateur, carl. vi, 17. Les faits d'armes des anciens et modernes assassins, autrement appeliez Bédouins et Arsacides , qui ne craignoient d'aller tuer.... ceux que leur prince im naire Aluadin, surnommé le vieil des six ou sept montagnes, leur commandoit , Sat. mén. p. i:>. Meurtriers et assassinateurs, ib. p. t07.
— ÊTYM. Provenç. assassin, ansessi; anc. catal. assessi; espagn. asesino; ital. assassino; bas-lat. assasini, assessini, assisiui, assassi , hassatuti, lieissesin; /âsiot,en grec moderne ; de l'arabe iiaschisch , nom de la poudre de feuilles de chanvre, avec laquelle on prépare le haschisché. Le Prince des assassins ou Scheik ou Vieux de la montagne faisait prendre du haschisch à certains hommes qu'on nommait feidawi; ces hommes avaient des visions qui les transportaient et qu'on leur représentait comme un avant-goût du Paradis. A ce point, ils se trouvaient déterminés à tout faire, et le prince les employait a tuer des personnages ennemis. C'est ainsi qu'une plante enivrante a fini par donner son nom à l'assassinat.
2.ASSASSIN, INE(a-sa-sin, si-n'), adj. || l°Terme poétique. Qui tue. [Il] ne saurait se garder d'un poignard assassin, c. delav. Vèpressicil. i, 1. 1| 2° Fig. Et tandis qu'il m'assied au trône de Racine, [il] Ai-
ASC
<uise contre moi l'épigramme assassine, millev. Jaîous. Unir. || Des yeux assassins, des regards assassins, des regards si beaux, qu'ds font languir, soupirer et mourir amoureusement. Soyez un peu plus doux, 0 beaux yeux assassins, ou bien nargue de vous.scabr. Pops, dans R1CHELKT.
f ASSASSINANT, ANTE (a-sa-si-nan, nan-t'),odj. Ennuyeux. fatigant. Un compliment assassinant. Une douceur, une honnêteté, une civilité assassinante. Ce sont des redites assassinantes. Et clans le procédé des dieux, Dont tu veux que je me contente, Une rigueur assassinante Ne parait-elle pas aux yeux? uol. Psyc. n, 4.
ASSASSINAT (a-sa-si-na ; le t se lie; au pluriel l's se lie; des assassinats odieux; dites des a-sa-si-na-z odieux), s. m. || 1° Meurtre commis par un assassin. Pour cet assassinat, «'est de moi qu'on dispose, corn. Sertor. v, 3. || 2° Eig. Acte de violence odieuse. Attendre un homme au coin d'une rue et le charger de coups, c'est un assassinat. || 3" Fig. Discours qui porte un grave préjudice. Cette calomnie est un assassinat. Ne voulant avoir qu'une médiocre part à l'assassinat que nous lui faisons tous. sêv. 225.
— HIST. xvi* s. four violements et voleries nocturnes, avecques assassinats, carl. x, 4. Pour l'advertir dudit assassinement, m. du bell. 483. Cessoudards, envoyez pour faire cet assassinement, furent d'aventure advertis que.... amyot, Timol. 24. Tant d'hommes occis et morts, tant de sang espandu pour ces massacres, maisons destruites et autres assassinats, brigandages et volleries, froi'menteau, Finances, il* livre, p. 240.
— ÊTYM. Assassiner. On a dit aussi, au xvi* siècle, assassinement.
ASSASSINÉ, ÉK (a-sa-si-né, née), part, passé. || 1° Tué en guet-apens. Assassiné par son gardechasse. Les uns assassinés dans les places publiques, CORN. Cinna, I, 3. || 2° Fig. Assassiné par un si cruel contre-temps. Assassiné de visites importunes. Nous étions, l'année passée, assassinés de chenilles, sêv.
ASSASSINER (a-sa-si-né), v. a. || 1° Tuer avec préméditation, par surprise. On l'assassina dans son lit. Henri III fit assassiner les Guise. Et pour m'assassiner je lui prête mon bras, corn. Cinna, m, I, Nous ayant embrassés, elle nous assassine, m. Rod. il, 4. Sans cet avis fidèle, Deux traîtres, dans son lit, assassinaient leur roi, rac. Esth. n , 2. || Par extension. Mes ordres n'ont encore assassiné personne, corn. Sertor. m, 2. || Absolument. Serait-on reçu à dire qu'on ne peut se passer de voler, d'assassiner? la bruy. 6. H 2" Excéder de coups, de blessures par trahison. Ils se mirent quatre contre lui, et l'assassinèrent de coups. Ah! infâme I ah! traître ! al) ! scélérat ! c'est ainsi que tu m'assassines! mol. Fourber. m, 2. || 3' Causer un grand préjudice, une vive douleur. Un fils audacieux insulte à ma ruine, Traverse mes desseins, m'outrage, m'assassine, bac. Mithr. n, 5. Le coup mortel dont vous m'assassinez, cobn. Iléracl. v, 2. Et cet affreux devoir dont l'ordre m'assassine, id. Cid, m, 4. D'un coup étonnant ce discours m'assassine, mol. l'Étour. ni, 2. || 4° Fatiguer, importuner à l'excès. Leur vicieuse coutume d'assassiner les gens de leurs ouvrages, mol. Critique, 8. Tout le monde m'assassine de votre retour, sév. 186.
— HIST. xvi* s. De faire assassiner les amnassadeurs, m. du bell. 482. Ainsi qu'on voit une fiere lionne, Que la fureur et la faim espoinçonne, Assassiner le débile troupeau, rons. 695.
— ÊTYM. .Assassin.
t ASSATION (a-ssa-sion) , s. f. Terme didactique. Coctiondes aliments ou des médicaments dans leurs propres sucs, sans addition d'aucune liqueur:
— HIST. xvi* s. Laquelle [concoction] naturellement en nous se fait par elixation, et non par assation, comme dit Aristote, paré, xi, 4.
— ÉTYM. Assare, faire rôtir.
ASSAUT (a-sô; le ( se lie; un assaut impétueux, dites : un a-sô-t impétueux; au plur. l's se lie : des a-sô-z impétueux), s. m. || 1° Attaque de vive force ■iur une ville, un poste, etc. Monter à l'assaut. Donner l'assaut a une ville. Livrer à une place un assaut furieux. Un assaut général. Emporter d'assaut. Repousser les assauts. Condé fut pris d'assaut la nuit de samedi à dimanche, sév. 269. Les glorieux assautsdeplusde cent murailles, corn. Nicom. ni, 6. || 2° Fig. Les assauts de la tempête. Être en butte aux assauts de l'adversité. Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, corn. Poly. I, 3. Tous les assauts que sa rigueur melivre, m. Pomp. m, 5. SaintJéiôme soutient des assauts terribles, il combat corps à corps avec ses passions, chateaub. Génie, n, 111, 8.
wss
Leurs complots.... Ont, d'un commun assaut, mon repos offensé, malii. i, 2. || Emporter la place d'assaut, réussir promptement ou brusquement, grâce A l'adresse ou à l'insistance qu'on mRt.||3" Sollicitation vive et pressante. Il sera difficile que le ministre résiste à tant d'assauts. Quel courage endurci Soutiendrait les assauts qu'on lui prépare ici? rac fpliig. iv. t. Mille assauts qu'on livre à son innocence, mass. 77iom.ll 4* Terme d'escrime. Exeicice au fleuret. Après trois mois de leçons, je tirais encore à la muraille, hors d'état de faire assaut, J.J. boiiss. Cnnf. v. || Fig. Faire assaut, lutter à qui fera le plus ou le mieux une chose. Ils semblaient faire assaut de lamentations. Faire assaut de bassesses. Les citoyens faisaient assaut de zèle. Dans cet assaut de passions avides Les beautés faisaient assaut de grâces et d'attraits, hamilt. Gramm. 7. S'il vous plaît derechef que je rentre en l'assaut, Régnier, Éle'g. iv. On connatt les assauts du rossignol contre la voix humaine, bufp. de l'Ouïe.
—HIST. xi* s. Ancui [nous] rendrons à paienscest asalt.Ch.de Ro?. clvii. || xn's. Qu'il ait al lierz asalt le triumphe plenier, Th. le Mart. 86. || xui* s. Einsi dura li assaus par cinc jors, villeh. xlix. Cil nous assaut et nuit et jor; Li siens assaus est sanz sejor,
ruteb. n, 26. Il xiv* s S'elle [la ville] est de
bonne gent garnie, D'engiens et d'autre artillerie; Car se de ce avoit défiant. On la porroit penre d'assaut, machault, p. H4-. || xv s. Et envoya grans garnisons en Cambresis; car il pensoit bien que de ce costé il auroit premièrement assaut, froiss. i, I, 80. || xvi* s. Anciennement on disoit qu'il falloit fuir un assaut de cent lieues et cercher une bataille de cent, lanoue, 253. Il lui envoia Frontenac sçavoir s'il estoit assez bien guéri pour faire un assaut, veu qu'il aimoit tant les duels, d'aub. Kt'e, lvi. L'assaut gênerai fut donné par quatre endroits et emporté, m. Hist. i, 27.
— ÊTYM. Bourguig. aissau ; provenç. assalh, assaut; catal. assall; espagn. asalto; ital. assaltn; du bas-lat. assalire, assaillir (voy. ce mot). Dans l'ancien français, au nominatif singulier, osais, asaus; au régime, asalt, asaut.
f ASSAUVAGIR (a-sô-va-jir). || 1* T. a. Rendre sauvage. || 2" V. n. Devenir sauvage.
— HIST. xni* s. Les [animaux] Evain [d'Eve] asauvagisoient, Et les Adam [ceux d'Adam] aprivoisoient; Entre les autres en issi Li gorpil siasauvagi, Ken. t. i, p. 4, vers 97. || xv* s. Laquelle ferme est assise en bois et bruyères, qui ont gagné et assauvagi grant partie des terres labourables, du cange, tylvaticus. Icelluy dist au suppliant qu'il donneroit au dit homme deux soufflet/ bien assis pour le assauvalgir [éloigner] de plus n'aler à sa maison, id. ib.
— ÊTYM. A et sauvage.
f ASSAVOIR (a-savoir). Faire assavoir, que l'on écrit maintenant, faire à savoir (voy. faire).
— REM. Les anciens textes montrent qu'il y avait un verbe assavoir qui se construisait comme les autres avec faire, et qu'on a mal à propos décomposé en à savoir. Faire est toujours suivi de l'infinitif sans aucun intermédiaire, excepté dans la locution faire à savoir; mais on voit qu'elle est l'altération d'une locution correcte qui rentre dans la règle.
— HIST. xiii* s. Et li dus dit qu'il en parlerait à sa gent, et ce que il trovereit, il le ferait assavoir ,villf.h.xv. Etquant la chose a entendue Li bons prodons devant nommés, Bons chevaliers, bien renommés, C'est assavoir Virginius, la Itose, 6651. Et quant la court aura coneu quel respit le seignor deit aveir, le seignor deit fair assaverleplus tost queilporra.... Ass. de Jér.i, 240. ||xv* s. On leur fit asavoir de par le roi.... froiss. i, i, 33. Oultre plus, faisons assavoir, Et certifions.... ch. d'obl. Quittance d'amour. || xvr s. Et celluy temps passa comme les petitz enfanz du pays, c'est assavoir, à boyre, manger et dormir, rab. Garg. i, 44, Le doubte qui troubloyt son entendement estoyt assavoir s'il debvoit plourer pour le dueil de sa femme ou rire pour la joye de son filz, m. Pant. n, 3.
— ÉTYM. A et savoir; norra. assaveir; picard, assavoir , faire savoir.
t ASSEAU (a-sô), i. m. Marteau à l'usage du couvreur, dont la tête est courbée en portiou de cercle.
— HIST. xv* s. Le suppliant d'un asseau à charpentier leva la serreure d'une huche fermée à clef, du cange, ascilus.
— ÊTYM. Bas-latin, asciculus, du latin asciola, asciolus, diminutif de ascia, instrument de charpentier.
ASS
+ ASSEC fa-sèk), s. m. Période pendant laquelle un étang desséché est livré à la culture.
— ÊTYM. A et sec.
f ASSÉCIIAGE (a-sé-cha-j"), i. m. Technologie. Absorption, à l'aide du tripoli, de l'huile qui a pénétré dans le bois; opération préparatoire de l'appiication du vernis.
— ÊTYM. Assécher.
f ASSÈCHEMENT (a-sè-che-man), t. m. Action d'assécher; état de ce qui est asséché.
f ASSÉCHER (a-sé-ché. J'assèche, avec l'accent grave devant la syllabe muette, excepté au futur et au conditionnel; j'assécherai, j'assécherais, où pourtant la prononciation reste comme dans j'assèche), v. a. || l'Terme de mines. Priver d'eaii, d'humidité. || Assécher un bassin, en extraire l'eau avec des pompes. || 2* V. n. En termes de marine, devenir à sec. Une baie, une roche qui assèche en basse mer.
— HIST. xvi* s. D'humeur je suis, comme tuile, asséché. m*bot, iv, 262.... Et les sources des ondes assèche et divertit, id.iv, 319. Les vers qui font nostre soye, on les veoid comme mourir et asseicher, mont, il, 254. La viande crue n'est pas tousjours propre à nostre estomac ; il la fault asseicher, altérer et corrompre, id. Il, 293.
— ÉTYM. A et sécher.
f ASSÉIEUR (a-sé-ieur), s. m. Ancien terme d'administration. Officier d'un village qui s'employait avec le collecteur à faire le rôle des tailles et à lever les deniers.
— HIST. xvi* s. Quel moyen a de s'avancer un pauvre huguenot en temps de paix? S'il est roturier, nous avons commandé qu'on fisl les assoyeurs et receveurs catholiques, et les collecteurs huguenots, d'aub. Confess.n, v.
— ÉTYM. Asseoir.
ASSEMBLAGE (a-san-bla-j') , s. m. || 1° Réunion de choses ou de personnes. Tout assemblage de parties peut se désunir. L'asemblage des atomes. Formé par assemblage. La mort rompt l'assemblage du corps. Armée qui est un assemblage de toutes les nations. De tant d'objets divers le bizarre assemblage Peut-être du hasard vous paraît un ouvrage, rac. Athal. n, 5. C'était un grand guerrier, mais dont le sang ni l'âge Ne pouvaient avec vous faire un digne assemblage, cobn. Sertor. v, 4. Son ouvrage n'est qu'un assemblage confus de parties magnifiques, fén. Tél. xxn. 11 faudrait dire qu'à la vérité les corps viennent de Dieu, mais non leurs mouvements ni leurs assemblages.... boss. Lib. arb. 3. La confession de Bâle dit que l'Eglise catholique est le saint assemblage de tous les saints, id. Var. 15. || 2° Fig. L'assemblage des plus nobles connaissances. Cet homme est un assemblage de tous les vices. || 3° Terme de menuiserie. Manière de joindre des pièces de bois. Assemblage à rainures, à tenons, à mortaise. || 4° Terme de reliure et de brochage. Réunion de feuilles d'un volume dans l'ordre de leurs signatures.
— ÊTYM. Assembler.
ASSEMBLÉ, ÉE (a-san-blé, ée), part, passé. || 1" Mis ensemble. Des molécules assemblées par la force de cohésion. Devant le sénat assemblé. Une tenue d'états ou les chambres assemblées pour une affaire très-capitale, labruy. 6. Quand la rébellion, plus qu'une hydre féconde, Aurait pour le combattre assemblé tout le monde, Tout le monde assemblé s'enfuirait devant lui, malh. Il, 4. Tandis qu'autour de moi votie cour assemblée.... bac. ttérén. n, 4. J'ai vu devant mes yeux Rome entière assemblée, ID. ib. v, 6. Et la loi de l'hymen qui vous tient assemblés, corn. Poly.i,3.(Vo) taire critique ce vers, disant qu'assembler ne s'emploie que pour plusieurs personnes). || 2° En termes de charpentier, bois assemblé, celui qui, joint à un autre, occupe la place où il doit rester. || 3° S. m. L'assemblé est un des pas de la danse, consistant à assembler les deux pieds à la troisième position, laquelle est la plus naturelle pour finir une danse.
ASSEMBLÉE (a-san-blée) , s. f. |f 1* Réunion de personnes. Belle , grande , nombreuse assemblée. Les prêtres arrosaient l'autel et l'assemblée, rac. Athal. n, 3. Des chrétiens une impie assemblée, corn. Poli/. 1,3. || 2" Réunion de personnes formant corps. Une assemblée délibérante. L'asseœ.blée nationale. Les assemblées savantes, telles que les académies. Le parti a tenu une assemblée générale, uoss. Var. Préf. Où elle tenait ses assemblées, id. Hist. Il, 12. || Par analogie. Assemblée de famille, d'actionnaires, de créanciers. || L'assemblée des fidèles, l'Église. || 3° Société, cercle. Mme une telle tient son assemblée les mardis. Peu usité maintenant en ce sens. || 4* Terme militaire. Appel au
ASS
ASS
ASS
son du tambour ou de la tromppue, pour rassembler les soldats. || Quartier Rassemblée, le lieu que l'on indique aux troupes pour s'assembler. j| lin termes de ebasse, lieu où se rendent les chasseurs et où ils déjeunent avant d'aller au laisser couire. 115° En certaines localités de la campagne, réunion de fCte ou de marebé. Les filles n'étaient pas chères à l'assemblée de Veretz, les garçons hors de prix,