AUBINER (6-bi-né), t). «. Terme de manège. Aller l'aubin
— ÊTYM. ^u6t'n.
2. f AUBINER (fl-bi-né), v.n. Terme d'horticulture. Faire aubiner des bouture» de vigne, les mettre dans des rigoles qu'on recouvre de terre, afin qu'elles prennent racine; après quoi, on les transplante où l'on veut.
t AUBITON, *. m. Nom vulgaire de l'aubifoin.
j AUBOUR (6-bour), t. m. || 1" Aubier. Peu usité en ce sens. || En termes de marine, portion du bois qui n'est pas parvenue à sa maturité , et que les charpentiers retranchent des pièces comme susceptible d'une prompte corruption. || 2° Aubour, et, à tort, aubours, sorte d'arbre. Cytise aubour (cytisus laburnum, L.).
— HIST. xn4 s. Ne lui vaut pas une feuille d'aubor, Roncisv. p. 4 40. Arc d'aubour [il] porte et sajetes d'acier.— Ilprend son ared'aubour, si le tendi, Roman de Garin, dans du cange, areuî. || xvt4 s. Le bois est choisi sain et entier du cœur de l'arbre, sans aucun aubour, o. deserres, 764.
— ÊTYM. Wallon, d6on, aubier; provenç. alborn; espagn. alborno;d'alburnum, bois blanc, de albus, blanc (voy. album).
t AUBRIER (6-brié), s. m. L'un des noms du hobereau, oiseau de proie.
— ÊTYM. Bas-latin, hoberarius (voy. hobereau). t AUCUE (ô-ch'), s. f. Cavité percée dans la tête
du mouton destiné à façonner les têtes des épingles. On dit aussi tétine.
AUCUN, UNE (6-kun, ku-n'; l'n se lie, aucun ami, dites : fl-ku-n ami; plusieurs prononcent 6-kun-n ami , liant , mais conservant la nasalité. Aucun conserve sa nasalité même devant une voyelle , s'il n'est pas suivi immédiatement d'un mot auquel il se rapporte; je n'en veux aucun à ma suite, dites : ô-kuu, et non o-ku-n à ma suite; au pluriel, 1'* se lie ; aucuns amis, dites 6-kun-z amis), adj. || 1" Quelque. Avez-vous entendu aucun discours qui vous fit croire... V Ont-ils dans notre armée aucun commandement? corn. Sert, i, 2. Non que pour moi, sans vous, ce trône ait aucun charme, id. Othon, îv, 4. || Aucun, au sens de quelque, s'emploie très-bien dans les phrases dubitatives ou in-
AUC
terrogatives, mais autrement c'est un archaïsme; ici par exemple : Aucuns des vins sont approuves, la font. Cas. || 2° Il s'emploie comme pronom indéfini, dans le sens de quelqu'un. Je ne crois pas qu'aucun puisse y parvenir. Ce que pour lui mon bras chaque jour exécute, Me défend de penser qu'aucun me le dispute, cobn. Ciiï, i, i. || Au plur. quelques-uns, en style de palais et en style marotique ou familier. Ce fait est raconté par aucuns. Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont blâmé, la font. Fab. vi, i.X pas un d'eux elle [couronne] ne convenait, Plusieursavaient la tête trop menue, Aucuns trop grosse, aucuns même cornue, m. t'b. vi, 6. Aucuns ont assuré comme chose constante, la font. Fiancée. Aucuns disent, et je n'ai pas de peine à le croire, que.... P. L. cour, i, <02. PourGabrielle.en son apoplexie, Aucuns diront qu'elle parle longtemps, volt. Stances, 47. || 3* Aucun, aucune, adj. avec une négationou la préposition saris, pas un. Aucun physicien n'ignore que.... Aucun d'eux n'assouvit la soif qui me dévore, l. rac. Relig. ch. H. Aucun de nos grands écrivains n'a travaillé dans le genre de l'épopée, volt. Essai s. la poésie ép. ch.ix. Elle eût beaucoup mieux fait De passer son chemin sans dire aucune chose, la font. Fab. x, 3. Aucun de nous ne serait téméraire Jusqu'à s'imaginer qu'il eût l'heur de vous plaire, corn. Hod. iv, i. Sans violence aucune J'aurais vu Nicanor épouser Rodogune, id. t'b. n, 2. Sans réserve aucune, mol. Sgan. se. 7. Sans me nommer pourtant en aucune manière, Ni faire aucun semblant que je serai derrière, mol. Éc. des f. iv, 9. Et vous n'avez pas lieu d'en prendre aucun soupçon, m. l'Étour.i,*. || Ne.... aucun.... que, signifiant pas un, si ce n'est. N'ayant aucun emploi qu'à passer une vie douce et innocente, desc. Méth. Cette tournure est élégante. || Au plur. C'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis, la bruy. 6. N'ayant aucuns soins ni passions qui me troublassent, desc. Méth. u, t . J'aivu beaucoup d'hymens, aucuns d'eux ne me tentent, la font. Fab. vu, 2. Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires, montesq. Lett. p. 8. Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Protée à qui le ciel pire de la fortune Ne cache aucuns secrets, J. B. rouss. Od. i, liv. m. Le parlement défendit en même temps qu'on prît aucuns deniers dans les recettes publiques pour les soudoyer, volt. S. de louis XIV, 6. La république n'avait ni aucunes troupes régulières aguerries, ni aucun officier expérimenté, id. S. de Louis XV,2i. Aucuns tourmentsn'ontpuempêcher les martyrs de la confesser [la religion], pasc. Fens. part, n, art. 4. Ne se permettre aucunes démarches que celles qui peuvent compatir avec l'usage de ce sacrement adorable, mass. Confér. Commun. Jeneme satisfais d'aucun»! conjectures, corn. Mor. i, t. Et quand nous n'en craindrons aucuns ordres sinistres, id. Sertor. iv, 3. Aucuns ordres ni soins n'ont pu le secourir, id. Pomp. v, 3. Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont acquis le droit de faillir comme lui, rac. Phèd. i, t. Ils sont à leur tour usés sur tous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines, bern. de st-p. Paul et Virg. 11 défendit qu'ils fussent jamais recherchés pour aucunes intelligences.... anqdet. Ligue, m, 330. Je n'ose faire aucuns projets, volt. Microm. chap. 2. Rome n'imposant aucunes lois générales, montesq. Rom. 74. Des gens qui n'ont aucuns besoins, puisque le prince y pourvoit, montesq. Esp. xxvi, 26. Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux |[mes frères les hommes] le ciel, lamart. Harm. i, 9. Il ne garda aucunes mesures, boss. Var. 7. Cet homme [Améric Yespuce] ne méritait certainement aucuns honneurs, volt. Mœurs, 445. || Aucun pris absolument et elliptiquement, avec le sens négatif. Y avait-il là quelqu'un de vos amis? Aucun; c'est-à-dire il n'y en avait aucun. || 4° Aucun, aveune, pris comme •pronom indéfini, avec une négation, dans le sens de pas un. Que chacun se retire et qu'aucun n'entre ici, corn. Cinna, n, ). On entreprend assez, mais aucun n'exécute, id. ib. Par les peines d'un autra aucun ne s'intimide, id. ib. iv, 4. Jusques ici, madame, aucun ne met en doute Les longs et grands travaux que notre amour vous coûte, id. Rodog. u, 3. Aucun n'osa pousser l'histoire plus avant, id. Héracl. u, t. Martian.... à ce nom aucun ne veut répondre, id. ib. n, t. Faites observer qu'aucun ne nous écoute, rotr. Bélis. iv, 2. Qu'aucun par un zèle imprudent, Ne sorte avant le temps et ne se précipite, rac. Athal. iv, 1. Aucun ne me soutient au bord de cet abîme, Aucun ne m'encourage ou ne m'arrache au crime, volt. M. de Ces. m, 2. Aucun n'est prophète chez soi, la font. Fab. vm, 26.
AUC
Deux jours s'étaient passés sans qu'aucun vint au puits, id. t'b. xi, 6.
REM. i. Quelques personnes doutent si aucun,
aucune, avec la négation, peuvent être employés au pluriel. Il est plus ordinaire de mettre le singulier; mais comme rien n'empêche de nier la pluralité aussi bien qu'on nie l'unité, rien non plus ne peut faire condamner les phrases où aucun est au pluriel. On voit par les exemples que les meilleurs auteurs, en prose comme en vers, se sont servis d'aucun au pluriel. Cet emploi est donc pleinement légitime. || 2. Il n'a eu dans toute sa vie aucun moment d'assuré. Dans cette phrase de Fénelon , de est un gallicisme. Ce de se met très-bien quand en est joint à aucun; on dira en parlant de' livres, de tableaux: il n'y en a aucun de relié; il n'y en a aucun d'encadré. Mais, hors de là, il ne faut pas, généralement parlant, mettre ce de devant l'adjectif : il n'a aucun livre relié ; aucun tableau encadré. || 3. Il ne faut pas mettre pas ou point avec aucun et dire : je n'ai pas aucun livre. Cependant, quand pas ou point est éloigné d'aucun, cette construction est admissible. C'est de ne pas laisser naître aucun vide dans l'esprit, pasc. Amour. ||4. Aucun se construit très-bien avec plus, jamais. Je n'ai jamais fait aucun mal, fén. Tél. xvm. Mais je n'ai plus, madame, aucun combat à faire, corn. D. San. iv,B. || 5. D'aucuns, d'aucunes, quelques-uns, quelquesunes. Archaïsme qui n'est plus guère en usage. 11 y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, mol. Malade imag.n, t . || 6. Les aucuns , quelques-uns Ils tombèrent enfin Sur ce qu'on dit de la vertu secrète De certains mots, caractères, brevets, Dont les aucuns ont de très-bons effets, lafont. St- Julien. Cette locution a tout à fait vieilli. || 7. On verra, par l'étymologie et par l'historique, que aucun a essentiellement un sens affirmatif; que le sens négatif ne lui vient que par son adjonction avec la négation ne ; et que. si la fréquence de cette adjonction a altéré la netteté de la signification primitive, elle ne l'a pas détruite en fait, et surtout ne doit pas la faire perdre de vue.
— BIST, xi* s. E se aiquens meist main.... Lois de Guill. i.\\ xu* s. Aucuns messages [messagers] n'a li quens [comte] aaarlés, Ronc. p. <». Faites venir alcun [quelque] demonstrement, t'b. p. 173. Je servirai à [selon] mon pouvoir tous dis, Tant que j'aurai vers ma dame trouvé Aucun confort des maus où cil [mon cœur] m'a mis, le comte d'anjou, Romancero, p. 423. Ains se porpensera li rois aucune fie, Qu'il de tous ait la force, le pooir et l'aie, Sax. xxxu. || xin* s. Car gent i ot à grant plenté, Ki portent haces et maçues, Efrli alqunt espées nues, Lai de Melion. Et s'a eus ne poés aler , Faites i par aucun parler, Qui soit messagiers convenables, la Rose, 7528. Li aucun des homes si voelent dire, que que se uns de lor homes.... beaum. x, 9. || xiv* s. Il traitte oppinions aucunes sensibles de félicité, oresme, Eth.v, 9. || xv" s. Si elle pouvoit trouver voie ou sens parquoi elle pust avoir aucune compagnie de gens d'armes, froiss. i, i, 9. Les bourgeois da la ville s'en vinrent à l'une des portes et demandèrent le seigneur de Mauny, ou aucun grand seigneur de l'ost à qui ils pussent parler, id. i, i, 237. Et s'en allèrent les aucuns par les grands rues, id. n, n, 66. Les aucuns [Isabelle] prioit; aux autres promettoit ou donnoit or, id. i, i, 8. Si en devenoient les aucuns, qui se feroient maistres par dessus les autres, si riches que c'estoit merveille, id. i, i, 326. D'aucuns qui avoient premier loué le voyage, le blasmoient, comm. vu, 7. Aucuns ont voulu dire que.... id. i, 3. Et ouyrent les aucuns messe en attendant le jour, id. i, 9. Etportoit ledit conte honneur à tous, aussi devoit bien faire à d'aucuns et à tous, id. i, 9. Ils osterent le corpus Domini, et aucun [quelque] autre reliquaire qui là estoit, louis xi, Nouv. xxxu. Il estait bien venu des femmes de bas estât, et aussi des aucunes des plus grandes de Rome, t'b. xlv. || xvi* s. Les aulcuns dysoient que.... les aultres.... rab. Pant. u, 2. Les aulcunes d'entre elles disoyent.... id. t'b. Partant de Poictiers avecques aulcuns de ses compaignons, passarent par Legugé, id. t'b. n . 6. Elle estoyt tant grosse que, par engin aulcun, ne la povoyt on mettre seulement hors terre, id. t'b. u, 7. Voz roys guarissent d'aulcunes maladies par seule appousition des mains, id. ib. v, 20. Je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée, mont. Au lecteur, p. xi. Aulcuns en prinrent argument que.... id. i, 7. Nous dirons d'aulcuns ouvrages qu'ils puent l'huyle, id. I, 4). 11 ne se faict aucun proufit qu'au dommage d'aultruy, id. i, <04. U y
AUD
en a aulcuns qui, à faulses enseignes, usurpent la nom d'historiens, amyot, Préf. xu, 39.
— ÉTYM. Provenç. alcun; espagn. alguno; portug. algum; ital. alcuno; de aliquis (voy. aliquote), etunus, un (voy. un). Diez observe qu'il serait possible que les anciennes formes alcon, alquen, fussent composées non pas à'aliquisunus, mais de aliquis Unmn. Palsgrave, p. 67, remarque que, bien qu'on écrivît aulcun , on prononçait aucun.
t AUCUNEFOIS (6-ku-ne-foi) ou AUCUNESFOIS, adv. Quelquefois. Aucunesfois des chiens il suit la voix confuse, racan, Pastorale. || Vieux.
— iiist. xv* s. Aucuneffois à l'ung, et aucuneffois à l'autre, comm. i, 3. || xvi* s. Voyant que les escholiers estoyent aulcunes foys de loysir et ne sçavoient à quoy passer temps.... rab. Pant. n, 6.
— ÉTYM. Aucun et fois.
AUCUNEMENT (ô-ku-ne-man), adv. [) 1° En quelque façon. Je ne crois pas qu'on puisse aucunement soutenir.... Est-il aucunement question de...? || Cet emploi est encore très-usité avec une phrase dubitative ou interrogative. || 2° Jusqu'à un certain point, avec une phrase affirmative. Cet emploi a vieilli, ou bien il est terme de palais : la cour ayant aucunement égard à la demande du requérant, c'est-àdire la cour ne rejetant ni n'admettant en totalité la demande. Ainsi il satisfait aucunement à cette règle, corn. Ex. de D. San. Votre destinée Semble être aucunement à la nôtre enchaînée, id. Rod. m, 4. On pourrait aucunement Souffrir ce défaut aux hommes, la font. Fabl. ix, ( . Pour en connaître l'importance, Pour faire aucunement cadrer la pénitence, id. Cas. Que dans un mot d'écrit nos pensers amoureux Nous portent chaque jour et rapportent nos vœux, Charment aucunement l'ennui de notre absence, rotr. Bélis. m, *. Par maints propos, il [Courier] aurait essayé de troubler aucunement les gens de cour dans l'antique possession où ils sont de tout temps de partager entre eux les revenus publics, p. l. cour, i, 330. Ils avaient aucunement décliné de la piété, boss. Var. \*. \\ 8* Avec une négation, en aucune façon. Cela ne modifie aucunement mon opinion. Qu'un vain scrupule à ma flamme s'oppose, Je ne le puis souffrir aucunement, lafont. Rondeau redoublé.
— HIST. xiv* s. Puisque ceste puissance ou partie d'ame participe avecques raison, il convient dire qu'elle est racionele aucunement, oresme, Eth. 32.
|| xv* s. Les autres voulurent aucunement demeurer, dont il fut moult courroucé, froiss. i, I, 25. Adonc s'avisa le roi de France qu'il s'en iroit atout son ost devant Calais pour lever [faire lever] le siège, s'il pouvoit aucunement, id. i, i, 34 6. Et puis s'il peut aucunement Oïr nouvelles seulement De sa doulce beauté sans per, ch. d'orl. Bal. 2). || xvi" s. Ja me console aulcunement: prernierement, sur ce que.... mont, i, 34. Qui ne se peult aulcunement soulager, id. i, 7). L'opulence n'y estoit aucunement utile ne prisée, amyot, Lyc. 52. Hz estoient encore aucunement forts pour résister à leurs ennemis, à tout le moins pour la mer, id. Aie. 49. Sylla non seulement preveit sa mort, mais aussi en escrivit aucunement, id. Sylla, 75. Il n'estait avaricieux aucunement, id. Sylla et Lysand. 6.
— ÉTYM. Aucune, et le suffixe ment.
AUDACE (6-da-s'),s.f". || 1" Mouvement de l'âme
qui porte à des actions extraordinaires.au mépris des obstacles et des dangers. Être plein d'audace. Ueut l'audace de prendre.... Ils en sont venus à ce degré d'audace que.... Éteignit tout le feu de leur antique audace, rac. Athal. i, t. Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace, id. Andr. Il, 5. A la haine bientôt ils ne joignent l'audace, id. Baj. i, i. Une autre cependant a fléchi son audace [insensibilité], id. Phèd. iv, 6. Le succès fut toujours un enfant de l'audace, volt. Catil. m, 5. Et l'audace impunie enfle trop un courage, corn. Héracl. i, 2, Après cela, madame, excusez mon audace , id. JVteom. ni, 2. De vous menacer on a même l'audace, id. t'b. u, 3. Et dans l'un ni dans l'autre [parti], aucun n'a pris l'audace D'assassiner son chef pour monter en sa place, id. Sertor. t , * . M'aimez-vous? — Oserais- je en prendre encor l'audace? id. t'b. iv, 2. Il est de ces instants où l'audace est prudence, dblav. Vêp. sicil. iv, 2. X ceux qui l'oppressaient [l'innocence] il ôtera l'audace, Et, sans distinction de richesse ou de race, Tous, de peur de la peine, auront peur de faillir, malh. ii, <. \\Fig. Aristote et Théoph raste, pour excuser l'audace de ces figures [de rhétorique], boil. Longin, Subi. 26. || 2° Nom que l'on donnait, du temps de Ménage , à une ganse qui servait à soutenir et à relever les bords du chapeau.
AUD
— niST. xv s. Sa douceur et clémence donnoit hardement et audace de hardiement deviser à lui, christ, dr pisan, Hist. de Charles V, I, 18.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. audacia; du latin audacia, de audax, qui vient de audeo, oser (voy. oser).
AUDACIEUSEMENT (ô-da-si-eû-ze-man), adv.
D'une manière audacieuse. 11 se jeta audacieusement au milieu des ennemis. Il a audacieusement répondu. Jamais homme ne tira tant parti d'une blessure; je disais de lui qu'il boitait audacieusement, et il était vrai, st-sim. 71, 171.
— HIST. xiv* s. Corrompre nos dictes ordonnances si audessement, au dommage de nous et de nostre peuple, Ordonnances des rois de France, t. il, p. 67. ij xv* s. Monseigneur de Contay qui lui dist semblables parolles et si audacieusement qu'il [le comte de Charolois] estima sa parole, comm. i, 4.
— ÉTYM. Audacieuse, et le suffixe ment. Auuacement, de l'historique, est formé non d'audacieux, mais d'un adjectif audace, répondant à l'adjectif latin audax.
AUDACIEUX, EUSE (ô-da-si-eû, eû-z'), adj.
|| 1° Qui a de l'audace, qui annonce de l'audace.
Homme audacieux. Un de ces esprits remuants et audacieux, qui semblent être nés pour changer le monde, boss. Reine d'Angl. Loin d'ici les mortels assez audacieux Pour juger par eux-même et pour voir par leurs yeux, volt. Fanât, m, 6. Robert et Guillaume ont la force des armes, et je ne sais quoi d'audacieux qui avait amené la race normande des bords de la Scandinavie jusqu'à Rouen, Londres et Salerne, villemain, Cours delittér. moyendge, t.i, p. 20. Lirez-vous, sans rougir de honte, Que notre impiété surmonte Les faits les plus audacieux Et les plus dignes du tonnerre.... malh. ii, 4. || 2° Substantivement. Un jeune audacieux que les arrêts du sort Et ses propres fureurs ont conduit à la mort, volt. Mérope, u, 2. J'ai vu maintes beautés à la cour adorées, Qui, des vœux des amants à l'envi désirées, Aux plus audacieux étaient la liberté, malh.
— ÊTYM. Audace, et la terminaison ieux. t AU DEÇÀ(ô-de-sa). || 1* Loc. adv.De ce côté-ci,
par opposition à au delà, qui signifie de ce côté-là. Un Français dira, en parlant du Rhin, que la France est au deçà, et l'Allemagne au delà. || 2° Loc. prépos. La Savoie est pour nous au-deçà des Alpes. Au deçà de l'Euphrate.vAUGEL. Q. C. x,5. || Fig. Rester au deçà de ses prétentions, ne pas demander tout ce qu'on pourrait prétendre. Les novatiens sont demeurés beaucoup au deçà de ce qu'ils étaient en droit de faire, fênel. ii, 88.
— ÊTYM. Au et deçà.
AU DEDANS (ô-dé-dan). || 1" Loc. adv. X l'intérieur. || Fig. Le glaive au dehors le poursuit, Le remords au dedans le glace, rac. Esth. n, 9. La haine que les cœurs conservent au dedans, corn. Cid, n, ». || 2° Loc. prép. Il est au dedans de la maison.
— KEM. On ne voit pas pourquoi l'Académie , mettant un traitd'union kau-dessous , au-dessus , au-devant, n'en met pas à au dedans, au dehors, au delà.
— ÊTYM. Au et dedans.
AU DEHORS (ô-de-hor; Vs ne se lie pas). || 1» Loc.
adv. X l'extérieur. Formidable au dehors, méprisable au dedans, Le sénat n'est enfin qu'un amas de brigands, volt. Calil, m, i . || Fig. C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit, C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit, corn. Rodog. iv, 6. || 2° Loc. prépos. Au dehors de la maison.
— ÊTYM. Au et dehors.
AU DELA (ô-de-la). || 1° Loc. adv. De ce côté-là,
par opposition à au deçà, qui signifie de côté-ci. Un Français dira en parlant du Rhin, l'Allemagne est au delà. || Fig. Encore plus. J'ai regagné mon argent ?t au delà. Mais on passe encore au delà , pasc. Prov. 10. || 2° Loc. prépos. Ma maison qui a le lac en miroir au bout du jardin, et la Savoie par delà ce lac, et les Alpes au delà de cette Savoie, volt. Lettr. d'Argental, 8 janvier, 1768. || plus loin. Il manquait à vos aventures d'avoir un amant au delà de l'Océan, voit. Lett. 40. Le gouvernement chinois montrait aux hommes, il y a fort au delà de 4000 ans, qu'on peut les régir sans les tromper volt. Ph. Lgnor. 41. Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des âges, Au delà de l'éternité rac. Esth. m, 9. Je te chérirai même au delà dû trépas, corn. Rodog. v, 3. || Fig. Des choses qui sont au delà de leurs forces, fén. Tél. xu. Il a prêché au delà de tous les plus beaux sermons qu'il ait jamais faits, sêv. 28. Qu'appelle-t-on franchir les bornes de toute pudeur, et passer au delà de toute impudence, sinon d'imposer au père Bauny, comme une
AUD
chose avérée , une si damnable doctrine? pasc. Prov. 16.
— ÊTYM. Au et Selà.
AU-DESSOUS (ô-de-sou ; l's se lie : au-dessous et
en avant ; dites : ô-de-sou-z et). || 1° Loc. adv. Plus bas, inférieurement. La citadelle est sur la montagne, et la ville au-dessous. 11 est bien au-dessous, en aval. || Fig. Et que tout mon courage, après de si grands coups, Parvienne à des succès qui n'aillent au-dessous [ne soient inférieurs], corn. Hor. v, 2. || 2° Loc. prépos. Le thermomètre est à trois degrés au-dessous de zéro. Des enfants au-dessous de dix ans. || Fig. On sait le nom de tant de gens audessous de lui [moindres que lui], sév. 204. U tient la trahison trop au-dessous de lui, corn. Pomp. m , 2. Il n'est au-dessous d'aucun chrétien de mortifier sa chair, boss. Nouv. mysl. 7. Cet homme si fort au-dessous de Moïse, id. Hist. il, 3. Mon âme est au-dessous d'un si cruel effort, volt. Orph. m, 3. || Être au-dessous de ses affaires, se dit d'un négociant, d'un banquier, etc. qui est gêné et menacé de faillite.
— ÊTYM. Au et dessous.
AU-DESSUS (ô-de-su ; l's se lie : au-dessus et en
avant, dites : ô-de-su-z et). || 1° Loc. adv. Plus haut, supérieurement. Par rapport au cours de la Seine, Rouen est au-dessous, et Paris est au-dessus.|| 2" Loc. prépos. Dix degrés au-dessus de zéro. Au-dessus de Paris, en amont. Les enfants au-dessus de sept ans. || Fig. J'ai le cœur au-dessus des plus fieres disgrâces, corn. Ct'd,ii, l. Votre vertu, madame, est au-dessus du crime, id. Nicom. m, 8. Je suis trop au-dessus de cette indignité, id. Héracl. m, 2. Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime, m. Hor. v, 3. De pareils serviteurs sont les forces des rois, Et de pareils aussi sont au-dessus des lois, id. ib. v, 3. Dont le bonheur semblait au-dessus du revers, m.Pomp. ii,2. Mais tant degrandeur d'âme est au-dessus de moi, volt. Alt. v, 7. Pour vous mettre au-dessus de tous les bernements, mol. Éc. des mar. m, 6. Vous êtes au-dessus d'une telle faiblesse, id. F. sav. 1,2. Pour se mettre au-dessus de la critique des hommes, fén. Tél. xn. Elle vous élevait audessus de votre père, id. Tél. rv. Ne cherchez point les choses qui sont au-dessus de vous [hors de votre portée], id. m, Ul. Elle se mit au-dessus de tous ces petits bruits , hamilt. Gramm. 6. Pour qu'il les mette au-dessus de leurs ennemis, boss. Hist. n, il. Fabius se mettant au-dessus des bruits populaires, id. Hist. i, 8. M. Jurieu s'est mis au-dessus de tout cela, id. Avert. 6. Elles sont au-dessus de tous les reproches, sév. 452. Ce que je sens est au-dessus des paroles, id. 621. || Venir au-dessus de.... venir à bout de.... La seconde commère Vint au-dessus de ce qu'elle entreprit, la font. Gag. || Familièrement. On en a au-dessus des yeux , on n'y tient pas , la brut. 8 .
— HIST. xu' s. De moi estes au dessus , [dame] Bêle et gente et avenant, Couci, p. 123.
— ÊTYM. Au et dessus.
AU-DEVANT (ô-de-van). || 1* Loc. adv. Dans une
situation antérieure. Les voyageurs voulaient atteindre la colline ; mais un marais était au-devant. || A la rencontre. Le cortège venait ; la foule se porta au-devant. Les Juifs lui coururent au-devant, volt. Pfct7.v,234. || Fig. Vous courez au-devant avec tantde franchise , id. D.San. v, 6. || 2' Loc. prépos. Le fleuve est au-devant de la ville. || A la rencontre. Ahl cher Narcisse, cours au-devant de ton maître, rac. J9rtt.ii, 6. || En avant de.... Jusqu'au-devant des murs je cours le recevoir, corn. Poly. i, 4. || Fig. Je me jette audevant du coup qui t'assassine, corn. Pomp. iv, 4. Tous coururent au-devantde leurs fers, j. t. rouss. Orig. 2. On va pour vous au-devant de la sollicitation, labruy. 9.
— HIST. xv* s. Bien vous pourra d'aucun endroit Venir à vous à l'audevant; Alez-vous en toujours avant , Résurr. de N. S. J. C.
— êtym. Au et devant.
tAUDIEN, IENNE (ô-dien, die-n'), s. m. et f.
Hérétiques qui prétendaient que Dieu avait des formes humaines; et que les ténèbres, le feu et l'eau n'avaient point de commencement.
— ÊTYM. Audeus, auteur de cette secte, en 338 de l'ère chrétienne.
AUDIENCE (ô-di-an-s'), s. f. || 1* Attention que l'on donne à celui qui parle. J'ai toujours donné audience à tous les avis. Je n'ai pu gagner un moment d'audience, corn. Cid, v, 7. Le monarque qui nous honore de son audience, boss. Prov. 2. Cette matière est digne ds l'audience que nous donne Votre Majesté, id. Par. de Dieu, t. X la facile audience de ce sage magistrat et par la tranquillité de son favorable visage, une âme agitée se calmait, io. le
AUD
Tellier. Je vous donne audience, mol. leDép. n,7. J» vous demande un moment d'audience, id. G. Dand. in, s. Et quand je puis venir, enflé d'une nouvelle, Donner à son repos une atteinte mortelle, C'est lors que plus il m'aime, et je vois sa raison D'une audience avide avaler ce poison, id. D. Gare, n, l. U faut employer quelque moyen tel qu'en fournit l'art oratoire pour avoir audience de l'assistance, p. l. cour, i, 222. Soudain Potier se lève et demande audienee [ à être écouté ] , volt. Henr. vi. César, les sénateurs attendent audience, in. If. de César, i, 2. || 2° Réception où l'on écoute ceux qui ont à nous parler. Ils obtinrent audience du prince. Solliciter une audience particulière. Demander audience. Refuser audience. Une audience de congé. Dans les audiences vulgaires, l'un, toujours précipité vous trouble l'esprit; l'autre, avec un visage inquiet et des regards incertains, vous ferme le cœur, boss. le Tellier. Le roi donne audience à l'ambassadeur de Hollande, sév. 109. L'ambassadeur romain me demande audience, corn. A'teom. n, 2. En public, à mon heure, on me donne audience, rac. Brt'f. 1,1. Il avait obtenu de Mlle Stwart une audience, hamilt. Gramm. 7. || Fig. Elle donnait audience aux regards du duc d'York, hamilt. Gramm. s. || 3" Séance d'un tribunal. Jour d'audience. X la troisième audience. Tenir audience. Lever l'audience. Salle d'audience. Pour vous seuls l'audience se donne, rac. Plaid, m, 4. || Audience solennelie, se dit des tribunaux supérieurs, séant en grand costume, soit pour le jugement de certaines causes , soit pour la réception des magistrats, soit pour la rentrée des tribunaux. || Par extension ,1e tribunal même. Desaudiences qui sont à peu près ce que sont nos parlements, étaient établies, volt. Mœurs, 148. || Le lieu où se tient l'audience. La police de l'audience appartient au juge. || 4* Par extension et collectivement, ceux à qui on donne audience ou qui assistent à une audience. Un prince aussi grand d'ailleurs que celui qui honore cette audience , boss. Anne de Gonz. Il est trèsvraisemblable que Cléopatre parlait souvent dans ce goût, mais ce n'est point cette indécence qu'il faut représenter devant une audience respectable, volt. Ép. dédie, de Zadig. ]| 5* Nom que les Espagnols donnaient à leurs cours souveraines de justice, dans les Indes occidentales. La division géographique d'une partie de ce pays se faisait par audiences.
— HIST. xn* s. Car al rei d'Engleterre truis jo [je trouvej si grant bobance , Qu'il ne m'en volt oïr n'en conseil, n'en oiance, Th. le mart. 104. || xin* s. Et dist en audience à Romme, Quant il, por condampner ung homme, Fu requis de la mort escrire.... la Rose, 6697. Il fleutera nos paroles Par quarrefours et par escoles, Selonc le langage de France, Par tout le règne en audience, t'6. 10680. Forment neïs [même] maugré m'en sai De tant qu'onques le me pensai, Et qu'audience li donné, t'6. 10399. X la cort Noble le Lion Tient on les plés et les oiances De mortiex [mortelles] guerres et de tences; Là nos irons de lui clamer, Ren. 737. || xiv* s. Seigneur, dit un Juif, à qui on ot donné Audience de dire ce qu'il orent visé, Guescl. 8661. Quant li consulz furent devant le peuple, l'en leur a demandé en audience queLVa serait leur voulenté, bercheure, f* 72, recto. Il xvi* s. Nous ne voulons point pour cela que leur raison n'ait point d'audience, jusques à ce que nous l'aurons refutée, calv. Inst. 229. Il demanda audience, en laquelle il suada au peuple.... amyot, Flamin. 10.
— ÉTYM. Provenç. audiencia, audienza; espagn. audiencia; ital. audienzia ; du latin, audientia, de audire, ouïr (voy. ce mot). La forme primitive que donna audùntia, est oiance, qui est fait comme ouïr ; audience est un mot refait dès le xiii' siècle sur le latin.
AUD1ENCIER (ô-di-an-sié) , adj. m. Huissier audiencier, huissier chargé d'appeler les causes. || Substantivement. L'audiencier. || Grand audiencier, officier de la chancellerie chargé des rapports.
— ÉTYM. Bas-latin, audientiarius , de audientia (voy. audience).
AUDITEUR (ô-di-teur), s. m. || 1* Celui qui écoute. Ses auditeurs l'ont applaudi. C'est un vieux guerrier, me dit-il, qui se rend mémorable à tous ses auditeurs par la longueur de ses exploits, montesq. Lettres pers. 48. Et content de remarquer des actions de vertu dont les sages auditeurs puissent profiter, ma voix n'est pas destinée à satisfaire les politiques ni les curieux, boss. le Tellier. Voilà, mon cher auditeur, ce que je viens vous répéter, mass. Conv. Tremblez, mon cher auditeur, que votre cœur ne se rassure, id. iforf. || Disciple. H voyait accourir à lui des milliers d'auditeurs. || Auditeur bô-
AUD
Dévoie, auditeur favorablement disposé. Il se dit aussi de celui qui écoute un maître sans s'astreindre à l'assiduité. || 2° Dans l'église primitive, celui qui voulait entendre la parole de Dieu, et qui, bien que désirant devenir chrétien, n'était pas encore jugé digne du baptême, ou qui, pénitent, n'était pas jugé digne de communier. Ce pénitent veut être réconcilié; il a été postulant, auditeur, prosterné; faites-le remonter au rang des élus,c,HATEAUB. Mart. H, 286. || 8° Officier de judicature qui assiste aux audiences, mais qui n'a pas voix délibérative. Un auditeur. || Adj. Un juge, un conseiller auditeur. || 4" Titre de certaines charges, de certains emplois. Auditeur des comptes. Auditeur de la nonciature. L'abbé d'Hervault avait été longtemps auditeur de Bote avec réputation, st-simon, xrv,456. || Auditeur au conseil d'Etat, fonctionnaire qui est au-dessous du maître des requêtes.
hist. xii* s. Ausi cum cil, ceo m'est avis,
Qui vont coillaut les bons espis , E ce laissent qui n'a valor, Doivent faire li oeor, benoît, n, 42667. || xin* s. Ou quant auditeursunt baillié à oïr tesmoins,et il a [il ya]diversentendemensel dit des tesmoins, beaum. xxxix, 7. Si comme nous dirons u capitre des auditeurs, id. IX, 43. Cascuns des auditeurs pot avoir son clerc por escrire ce qui est dit en l'enqueste, jd. m, 26. || xiv* s. Convient que l'ame de l'auditeur soit avant préparée par bonnes acoustumances , oresme, Eth. 325. Et pour ce ung jeune homme n'est pas convenable auditeur de politiques, id. ib. 44) 4. Li certain auditeur des tesmoins que nous avions mis ou dit Chastelet seront du tout ostez; et li prevos, selon la qualité des querelles, donra auditeurs bons et loyauls, en la présence des parties, Ordonn. desrois, t. i, p. 352. || xv* s. En ce temps avoit un grand clerc descienceet de prudence en Avignon, docteur de lois et auditeur du palais, fboiss. m, iv, 37. ||xvi* s. C'estoient deux philosophes qui avoient esté familiers et auditeurs d'Arcesiiaus, amyot, Philop. 2.
— ÉTYM. Provenç. auditor, auxidor ; de auditor, Ae audire (voy. ouïr). L'ancienne forme donnée par auditor, auditôrem, est pour le nominatif oere, pour le régime oeor, lesquels sont faits comme ouir; auditeur a été refait sur auditor par les légistes du xiu* siècle.
AUDITIF, IVE (ô-di-tif, ti-v"), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'ouïe. Nerf auditif. Conduit auditif.
— HIST. xvi* s. La faculté sensitive est divisée en visive, auditive.... paré, i, 4. Les nerfs de la cinquième conjugaison appelles auditifs, m. iy, •10.... Qui estoupent le conduit auditif, id. xvi, 40.
— ÊTYM. Provenç. audiliu; de audire, ouïr (voy.
AUDITION (ô-di-sion), s. f.\\ 1* Action d'écouter. Il est difficile de juger d'une pièce de théâtre à la première audition. Ce compositeur nous a fait assister aux deux premières auditions de son oeuvre. || 2° Terme de procédure. L'audition des témoins , l'action d'entendre les témoins à charge et à décharge. Je fus condamné sans preuves, sans audition des témoins, p. l. Courier, i, 449. || Audition de compte, examen d'un compte.
— HIST. xiv* s. Nous disons aucuns resguars ou visions corporeles estre delettables ; aussi sont aucunes audicions ou oïr aucunes choses, oresme, Eth. 304. || xvi* s. Pour bien comprendre comme se fait l'ouye, il faut considérer la fabrication de la susdite anfractuosité dont se fait l'audition, paré, IV, 10.
— ÉTYM. Auditio, de audire (voy. ouïr). AUDITOIRK (6-di-toi-r'), s. m. ||1« Enceinte où
une assemblée se réunit pour entendre des orateurs. || 2° Lieu où l'on plaide dans les tribunaux. || 3° Collectivement, tous ceux qui écoutent. L'auditoire éclata en sanglots. Si aujourd'hui je me vois contraint de retracer l'image de nos malheurs, je n'en ferai point d'excuses à mon auditoire, où , de quelque côté que je me tourne, tout ce qui frappe mes yeux me montre une fidélité irréprochable, boss. le Tellier. || 4* Dans les anciennes églises, la nef.
— HIST. xrv" s. Trois auditoires [tribunaux] desquels on apeloit des uns aux autres, l'auditoire des eschevins, des esgardeurs, des prevoz et jurés, du cange, auditorium. || xvi* s. Quant au théâtre ou auditoire de musique destiné à ouir les jeux des musiciens, amyot, férié, t». Ceulx aussi qui maintenant introduisent es auditoires des mots estranges, •n roulant louer ceulx qui haranguent, id. Comment il faut ouïr, 12.
— ÊTYM. Provenç. auditori ; espagn. et ital. auditorio; d'auditorium, de audire (voy. oui»).
AUG
f AUDITORAT (ô-di-to-ra), s. m. Fonction d'auditeur. L'abbé de la Trémoille attrapa l'auditorat pour la France , que le cardinal de Bouillon et d'Kstrées lui ménag^ent, st-sim. 148, 165.
— ETYM. Auditeur.
AUGE (ô-j'), s. f. || 1° Pierre creuse ou pièce de bois creuse où mangent et boivent les chevaux et les bestiaux. || 2° Vaisseau de bois dans lequel les maçons délayent leur plâtre. || 3° En parlant du cheval, cavité extérieure de la tête, circonscrite par les ganaches, et ayant pour fond la base de la langue. ||4*En hydraulique, roue à auges (voy. xuget). Il 6* Terme de physique. Pile à auges, pile où les couples d'éléments, zinc et cuivre, sont placés et mastiqués dans une boîte longue, de manière à laisser entre eux des vides où l'on verse le liquide acidulé, et qu'on a comparés à des auges. || 6° Vase placéau boutdu moule où le plombier coule les tables de plombavant de les laminer. || Auge de coffret, sorte de petite cuvette carrée , creusée dans un coffret de giberne pour contenir des cartouches. || Auge de la meule à aiguiser, botte qui la contient. || Dans le jeu de paume, espèce de saillie qui est auprès des filets pour recevoir les balles. || Dans la marine, caisse en forme de petit coffre qui sert dans les corderies à contenir le goudron chaud, pour y tremper les fils de caret. || Dans la gravure, ustensile qui sert à recevoir l'eau-forte qu'on jette sur la planche. On dit aussi auget.
— HIST. xin* s. Quiconques veut estre esquelier à Paris, c'est à savoir venderes d'esqueles, de auges, fourches, pelés.... Liv. des met. 412. Et pour la franchise de ce qu'ils sont quite du gueit, doivent chascun, chascun an, au roy six auges pour son celier, c'est asavoir auges de deux piez de lonc, ib. 4(3. || xvr s. Quant au vivre, quelle sobriété y ail? on n'engresse point autrement les porceaux en l'auge, calv. Inslit. 4 020. Prenez fange trouvée au fond de l'auge des cousteliers ou esmouleurs,