‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 140 sur 403 · JU · texte numérisé non relu

JU

— ÊTYM. Attenter.

ATT

ATTENTATOIRE (a-tan-ta-toi-r'), adj. || 1* Qui attente a. Mesure attentatoire à la propriété. |j 2° Qui va contre l'autorité d'une juridiction. Celte sentence est attentatoire à l'autorité du parlement.

— ÊTYM. Attentat.

ATTENTE (a-tan-t'), s. [. || 1* Action d'attendre ou temps pendant lequel on est à attendre. Quelque soit le transport d'une âme impatiente, Ma parole m'engage à rester en attente, mol. l'Étour. v, 5. Il n'y a plus qu'un peu de temps a attendre, et les temps destinés à cette attente sont dans leur dernier période, boss. Hist. 11, 4. La cour est en grande attente de ce qui arrivera, id. Letl. quiet. 126. Et Dieu, en les conservant [les Juifs], nous tient en attente de ce qu'il veut fane encore des malheureux restes d'un peuple autrefois si favorisé, boss. Hist. 11, 2. Le peuple était dans l'attente de la volonté du roi, id. Avert. 6. Il Salle d'attente, salle où l'on attend. Il Fig. Il y a une place d'attente dans leur cœurs, pasc. dans cous. || Pierres d'attente, en maçonnerie, pierres qui avancent d'espace en espace, à l'extrémité d'un mur, pour en faire la liaison avec celui qu'on a dessein de bâtir auprès. || Fig. Chose qui sert de commencement. Certaines répétitions , certains vers lâche» et décousus qui sont des pierres d'attente, volt. Lett. au roi de Prusse. (04. Les ducs de la Trémoille exigèrent deux bagatelles qu'ils donnèrent à leur sœur pour pierre d'attente , st-sim. (88, 15. Il Table d'attente, plaque, pierre, etc., où il n'y a encore rien de gravé, de sculpté, de peint. || 2° L'objet de l'attente. Les Juifs s'en remettent àdes inconnus sur un sujet qui avait fait de tout temps l'attente et la passion de leurs pères, fléch. Serm. 1, 2(5. Cet enfant de David, votre espoir, votre attente, rac. Atltal. 11,7. Le Messie devient l'attente des nations, et il règne sur un nouveau peuple, boss. Mit. 11. Les deux testaments regardent Jésus-Christ : l'ancien comme son attente, le nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre, pasc Pensées, part. 11, art. to. H 3* Prévision, opinion, espérance. Répondre à l'attente. L'attente générale. Surpasser l'attente. L'événement trompa son attente. Contre l'attente générale, contre toute attente. On conçoit une si haute attente de ces maximes, pasc. Prov. U. Je romps tes attentes, mol. l'Étour. m, 6. Mon bonheur surpassait mon attente, rac.Bo;'. vi, t. L'événement n'a point démenti mon attente, m. Mithr. v, (. Qui te donne, tyran, une attente si vaineîcoRN. Héracl. v, 3. Tout mon dessein n'était qu'une attente frivole, id. Sertor. v, 4. C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir, id. Poly. 11, 6. Tout ce qui brille moins remplit mal son attente, id. Hor. v, 2. Ainsi, trompé de mon attenta , Je me consume vainement,

MALH. V, 6.

— HIST. xii*s. De ce [je] sui en bone atente, Que je son homage [amoureux] pris, Dame de Faiele dans Couci. La dame, ki fu en atente, Avoit lepostic entrouvert, Lai d'Ignaurès. || xin* s. Quant la messe fut dite, [ils] n'i firent longue atente, Berte, x. [Je] Ne ferai pas trop loue séjour; Dedens huit jours revenrai ci ; Tenez dix livre que j'ai ci , Pour le domage de l'atente, Bl. et Jeh. 2443. Se aucuns plede, sans atente de loier, por aucun de son lignage.... beaum. v, 6. Excepté un seul cas, c'est li cas de très grant famine sans attente de secours, id. 67. || xv* s. Le duc de Glocestre retourna en son hostel et chastel de Plaissy, et vit bien que, pour celle fois, il ne viendroit point à ses actentes, froiss. m, îv, 66. Et lui avons assigné sur nos rentes Sa pension en joyeuses actentes, ch. d'orl. Lectre de retenue. Tant avoit vaqué et donné son attente [attention] à l'estude, que.... louis xi, Nouv. c. || xvi* s. Toute son attente [étude] n'estoit qu'à complaire à sa chère captive, yver, p. 644. L'attente de ceste bataille les tenoit en grand soucy, amyot. Démétr. tfl. Tout ainsi qu'entente, Espoir et attente Nous avons en

toy, MAROT, IV, 274.

— ÊTYM. Même radical que attendre; provenç. atenda. atenta.

ATTENTÉ, ÊE (a-tan-té, tée), part, passé. Les crimes attentés. Tout fut attenté par ce tyran.

ATTENTER (a-tan-té). || 1* V. n. Commettre un attentat. Us avaient déjà attenté sur sa vie, boss. Déf. Il avait osé attenter sur le trône de son créateur, id. 11, Démons. 2. Ces pauvres qui attenteront contre les riches, fléch. Serm. 1, 66. De quel droit sur vous-même osez-vous attenter? rac. Phèd. 1, 3. Et l'on craint.,7. Que sa douleur bientôt n'attente sur ses jours, id. Brit. v, 8. Vous croyez que.... Je prétends attenter à votre liberté, id. Mithr. I, a. Vous attentez enfin jusqu'à ma liberté, id. Brit. iv, 2. Qui conserva le fils attente sur le père, corn. Héracl. m, 2. On a dix lois sur vous attenté sans

ATT

effet, id. Cinna, u, t. -Je recevrais de lui la plaça de Livie Comme un moyen plus sur d'attenter à sa vie, id. Cinna, 1, 2. C'est attenter sur nous qu'ordonner de sa vie, ro. Nie. v. Sous promesse de ne plus attenter à sa vie, pasc. Prov. 7. || Absolument. Guiso attenta, quel que fût son projet, Trop peu pour un tyran, mais trop pour un sujet, volt. Henr. ui. Il Commencer l'exécution. Un Marsyas songea qu'il coupait la gorge à Denys; celui-ci le fit mourir.... c'était une grande tyrannie, car quand même il y aurait pensé, il n'avait pas attenté, montesq. Espr. xii, 11. H Faire une tentative sur. Chassez dus corps les maladies les plus obscures; n'attentez pas sur celles de l'esprit ; laissez à Corine, à Tninalcion, la passion ou la fureur des charlatans , la bruy. i*. H 2* V. a. 11» ne voulaient rien attenter contre le roi ni contre la reine, boss. Var. <o. Pour qu'on n'attente rien les uns sur les autres, id. PoJt'I. Ayant attenté le plus grand de tous les crimes, vaugel. Q. C. 341. Jusqu'à [dus attenter que je n'aurais osé, corn. Pomp. m, 2. Il n'attentera rien tant qu'il craindra pour lui, id. Nicom. v, 6. Et lima main poux vous n'avait tout attenté, ID. Bod. u, 3.

— HIST. xvi* s. Si nous attentons de pénétrer au décret éternel de Dieu, ce nous sera un abysme pour nous engloutir, calv. Inst. 774. Oser attenter un tel acte, id. ib. 795. Quantes victoires ont esté tollues des mains des vainequeurs, quand ilz ont attenté destruire totallemant leurs ennemyz, rab. Garg. 1, 43. Haïssant ceulx qui attenteraient de changer l'estat présent de la chose publique, amyot, Solon, 6). Et luy commandèrent de les conduire tout chaudement à l'encontre de ces tyrans, qui avoient attenté et entrepris sur la liberté du peuple, ld. Aie. 63. Plustost mourir que d'attenter à sa vie .... Qu'il veuille attenter jusques-là de rompra la paix et remettra le royaume en trouble, carl. ix, 36. Combien ce Dieu qui noz esprits resveille, Faisant plus haut mes désirs attenter, du bellat, v, 36, recto.

— ÊTYM. Provenç. attenlar; ital. attentare; du latin atlentnre, de ad, à, et de tentare, tenter.

ATTENTIF, IVE (a-tan-tif, ti-v'), adj. || 1* Qui a, qui porte de l'attention, de l'application. Rendre son auditoire attentif. Les esprits, comme les yeux, étaient attentifs. Porter un œil attentif sur toutes les parties de l'Etat. II fut fort attentif à ce que rien ne nous manquât. Roxane, attentive, écoutait son amante, rac Baj. m, 2. Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé, id. Phèd. v, «. Prêtez-moi l'un et l'autre une oreille attentive, ld. Athal. 11, 5. Attentive au soin de son trépas, id. Baj. iv, 6. X ses seules fureurs Thèbes fut attentive, volt. Œdipe, 1, 3. Le fidèle, attentif aux règles de sa loi, boil. I.utr. ch. vi. Attentif à Dieu, fléch. i, t07. François, cet homme caché dans les bois et dans les forêts, sans expérience dans les affaires, attentif à lui-même, id. 11, t27. Plus Dieu vous afflige, plus il vous aime, plus il est attentif sur vous, Hkss.Af- /h'c.Ces hommes toujours attentifssur eux-mêmes.... id. Car. Fautes légères. Suffit-il à un évêque d'avoir été attentif à soi-même Tid. Villeroy. Attentive à faire de nouveaux progrès dans les voies de la grâce, in Conc. Attentive à peser toutes ses paroles, boss. Reine d'Anglet. || Être attentif auprès d'une femme, la courtiser. || 2* Qui a le caractère de l'attention. Soins attentifs.

— hist. xvi* s. Chacune soit d'en porter attentive, marot, m, 302. Ils travaillent de leurs mains au labeur qui peut entretenir leurs corps, sans empescher leur esprit qu'il ne soit attentif à Dieu, lanoue, 534. Des sergens crioient au peuple que l'on se teust, laissant toute autre euvre pour estre attentif au service divin, amyot. Numa, 24.

— ÊTYM. Voy. attention. Dans l'ancien français, on disait ententif.

ATTENTION (a-tan-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || i* Action de fixer l'esprit sur, de prendre garde à. Tout ce qu'il a été donné d'attention à un homme, nous l'avons mis en œuvre. Ce ne sont pas seulement les grands objets qui ont plusieurs faces, ce sont aussi les plus petits, et une grande attention est une espèce de microscope qui les grossit, fonten. Dodart. Ces trois efforts n'avaient pas été troublés par le cours rapide du jeu ni par les différentes attentions promptes et vives qu'il demande à chaque instant, id. Dangeau. Les grandes vues d'un génie ardent qui embrasse tout d'un coup d'oeil, et les petites attentions d'un instinct laborieux qui ne s'attache qu'à un seul point. buff: Théorie de la terre, t" dtscour*. Elle tourna son attention sur la manière de faire exécuter l'édit de Poitiers, anqukt. LigUe, 11. 218. Ayez attention

AIT

sur -votre langue, boss. SU. a. L'attention qu'on doit avoir aux jugements de Dieu, n>. Letl. abb. 100. Donnez-moi de nouveau vos attentions, id. Nécess. 1. Dont toute l'attention est réunie & scier du marbre, la bruy. 12. Sans avoir la moindre attention pour ceux qui entrent ou qui sortent, id. 6. Les «avants, faisant attention [ayant égard] à la diversité des mœurs qui y sont traitées, ne peuvent s'empêcher.... in. Dût, sur Théophr. Combien de temps, de règles, d'attention et de travail.... m. 12. Sans une grande roideur et une continuelle attention à toutes ses paroles, m. t'6. Ils ne firent pas assez d'attention à un avis si salutaire, fên. Tél. xvi. Vous aurez de l'attention à votre santé, sév. 392. Sans faire nulle attention sur lui, m. 203. Je n'ai eu d attention qu'à vous écrire, m. 221. Il lui fit faire une attention particulière sur.... pasc. Belig. On n'avait attention qu'à la diminution de leur prix, montesq. Fsp. xv, 17. L'on disait que j'avais beaucoup plus d'esprit et de vues que l'ordinaire des gens, que chacun me craignait et avait attention à moi , stsim. 242 , 226. Pour ne pas pousser trop loin votre attention, fléch. Serm. i, 324. Que sont devant Dieu tous les hommes ensemble, qui puisse mériter que l'ame fidèle fasse des attentions sur eux? mass. IHyst. Uiséric. 37B. Si vous faisiez attention que dans le temps même que des ténèbres profondes sont répandues sur tout ce qui vous environne.... m. Car. Samarit. La première attention que nous devons faire lorsqu'il nous arrive de nous produire parmi les hommes, id. Conférences, Conduite des clercs. Il semble que le temps soit un ennemi commun contre lequel tous les hommes sont convenus à conjurer; toute leur vie n'est qu'une attention déplorable à s'en défaire, id. Car. Emploi du temps. Les jours où vous avez vécu avec plus d'attention sur vous-mêmes, id. Prière. || Absolument et par forme de commandement, attentionl c'est-à-dire prenez garde à vous! Attention au commandement. || 2° Égards, soins, action de courtiser. C'est une attention dont je lui sais beaucoup de gré. Les attentions qu'ils ont pour moi , sêv. 570. Un joli monsieur à marier m'honore de ses attentions, j. j. rouss. Hél. vi, 6. Il voulait bien qu'on eût de l'attention pour sa femme, hamilt. Gramm. 4. Dès qu'il la crut honorée de l'attention de son maître, id. Gramm. 6. Il a une attention fort obligeante pour vous, sév. 394. Je vous suis obligé de l'attention que vous avez eue à m'en donner avis, boss. Lett. 23< . Un homme en place a de l'Mtention pour vous, la brut. o. L'air de brusquerie de Madame ne rebuta point l'air d'attention et de politesse du roi pour elle, st-sim. 2, 48. Cet heureux ascendant que les soins, la souplesse, L'attention, le temps savent si bien donner, volt. Sémir. n, 4.

— ÉTiM.Attentio,d'attendere, faire attention (voy. attendre).

j ATTENTIONNÉ, ÉE (a-tan-sio-né , née), adj. Qui a des attentions, des égards, des prévenances; et aussi, qui a de l'application.

— KEM. Ce mot, du langage familier, est correctement fait d'attention, comme affectionné l'est d'affection.

ATTENTIVEMENT (a-tan-ti-ve-man), adv. Avec attention. J'ai suivi attentivement les leçons du professeur. Il avajl attentivement écouté ce discours. Quand je considère attentivement dans l'Évangile la parabole ou plutôt l'histoire du mauvais riche, eoss. le Tellier.

— HIST. xvi» s. Sa Majesté catholique devrait regarder attentivement à ceci , lanoue, 397. Il escoutoit attentivement.... yver, p. 642. Prester l'oreille attentif vement, amyot, Cam. 7.

— ÊTYM. Attentive, et le suffixe ment.

ATTÉNUANT, ANTE (a- té-nu-an, an-t"), adj.

|| 1° En termes de médecine, qui atténue. On appelait autrefois atténuants, des médicaments auxquels on supposait la propriété de rendre les humeurs plus ténues, moins épaisses. || Substantivement, les atténuants. || 2° En termes de droit, ce qui diminue la gravité d'une accusation. Circonstances atténuantes. Si je voulais, j'opposerais déclarations à déclarations, j'opposerais des faits atténuants à des exagérations.... Mirabeau, Collection, t. v, p. 236.

— hist. xvi* s. Medicamens attenuans , incisifs et apéritifs, paré, v, 14.

ATTÉNUATION (a-té-nu-a-sion), s. f. || 1° Action d'atténuer, de diminuer; résultat de cette action. L'atténuation du corps par le jeûne. L'atténuation d'une faute. || 2° Terme de médecine. Action des remèdes atténuants; emploi de la diététique de manièreàproduirel'amaigrissementrégulier. ||8* Terme de droit. Diminution des charges qui pèsent sit un

AIT

accusé. || 4* Terme de physique. Action de rendre ténu, c'est-à-dire de diviser un corps en ses plus petites parties.

— ÉTYM. Attenuatio, de altenuare, atténuer. ATTÉNUE, ÉE (a-té-nu-é, ée), part, passé.

|| 1* Un corps atténué parles jeûnes, fléch. i, 254. Un pauvre bûcheron de peine atténue, Chargé d'ans et d'ennuis, de force dénué, i. B. rouss. Fable.

|| Un malheur atténué par quelques circonstances favorables. || 2° Terme de botanique. Pédoncule, pétiole atténué', pédoncule, pétiole aminci proportionnellement à d'autres parties.

ATTÉNUER (a-té-nu-é), v. a. || 1° Rendre mince, ténu; diminuer l'embonpoint. Les jeûnes, les veilles, les fatigues l'ont extrêmement atténué.

|| 2°Terme de médecine. Atténuer les humeurs, les rendre plus fluides. || 8° Fig. Diminuer, rendre moins grave. Son repentir a atténué sa faute.

|| Terme de droit. Les circonstances ont atténué le délit. || 4" S'atténuer, v. réfl. Devenir moindre. Le corps s'atténue par le jeûne. Le délit s'atténue ou s'aggrave par les circonstances.

— HIST. xii* s. Li bien ki poissent estre attenueit, se il fuissent acomplit, Job, 466. || xm* s. Attenuoié sunt mi oiU [yeux] esgardant en haut, Psautier, f» <80. || xv* s. Chascun estimoit le royaulme bien atténué tant des grans que des moyens et que des petis, pource qu'ils avoient portez et souffertz vingtz ans ou plus de grandes et horribles tailles, comm. v, 18. || xvr s. Quand le dolent sa voix d'homme a senti Atténuer, et son chenu pelage Se transmuer en semblable pennage, marot, iv, 75. L'Estat de France est maintenant si atténué et affoibli, lanoue, 379. La troisième saignée, espuisant les forces de ce pauvre corps atténué, yver, p. 62t. Ils estaient malades, fort maigres et atténuez, carloix, v, 22. L'anse est faite d'un hous qu'à force j'ay courbé : En voulant l'atenuir, le doigt je me coupé, rons. 736. Telle suffumigation incise, atténue, resoult l'humeur, paré, v, 23.

— ÊTYM. Wallon, atèni ; provenç. atenuar; ital. altenuare ; du latin attenuare, de ad, à, et de tenuis, ténu, rendre ténu (voy. ténu). On a dit au xm* siècle, attenuoier (sans doute atenvoier) et, au xvi*. attenuir.

ATTERRAGE (a-tè-rï-j'),«. m. Terme de marine. L'approche de la terre. Les marins ne se servent plus d'atterrage et disent atterrissage.

— ÉTYM. Atterrer. L'Académie, à côté d'atterrage, donne l'orthographe attérage, qui rompt inutilement l'analogie.

ATTERRÉ , ÊE (a-tê-ré , rée) , part, passé. || 1° Jeté à terre. Le géant atterré par Hercule. Craindre un ennemi seul atterré par tes mains, tristan, 11. de Ckrispe, n, 6. || 8° Accablé. 11 est injuste d'exiger d'une àme atterrée.... qu'elle conserve la même vigueur, vauyen. Bax. cxli. || 3° Terme de marine. Qui a abordé. Une chaloupe atterrée. Les marins disent aujourd'hui atterri.

+ATTERREMENT (a-tê-re-man), s. m. || l'Action de terrasser. || 2° Épouvante, effroi.

— ÉTYM. Atterrer.

ATTERRER (a-tê-ré), v. a. || 1* Renverser par terre. Après un moment de lutte, il l'atterra sous lui. || Fig. Se ralentir après l'avoir atterré, c'est lui faire reprendre ses forces, boss. iv, Pdq. 1. Après l'avoir ainsi rabattu [l'orgueil] dans tous les endroits où il semblait vouloir s'élever, David l'atterre par ces paroles.... id. Marie-Thér. Il n'est orgueil endurci Qu'à tespieds elle [la fortune] n'atterre, malh. h, 2. Tu me subjugues, tu m'atterres, ton génie écrase le mien, J. J. rouss. Hél. iv, 2. Atterre son orgueil et montre ta puissance À perdre également l'un et l'autre rival, corn. Médée, iv, 5. C'eût été pour le parti de M. du Maine le dernier désespoir de se voir privés de la massue qui avait si bien joué sur le jeune prince, et de laquelle ils se proposaient bien de l'atterrer sans ressource avant la fin de la campagne, st-sim. 207, 33. || 2" Jeter dans l'abattement, l'affliction, l'épouvante. Ce désastre lésa tous atterrés. Le coup , le rude coup dont je suis atterré, C'est de me voir par vous ce rival préféré, mol. D. Garde, in, 2. Ce dernier coup du sort Atterre mon esprit luttant contre la mort, volt. Triumv. m, t. Çà, mesdames, qu'en pensez-vous? C'est à vous de juger les coups. Quoi ! ce spectacle vous atterre I bérang. Box. Il semble que la consternation qui avait si longtemps atterré l'esprit des Génois eût passé dans les Allemands, volt. Louis XV, 21. Il 8° V. n. Terme de marine. Approcherde la terre, reconnaître un parage. Nous atterrâmes à la pointe de l'Ile. Les marins disent aujourd'hui atterrir.

— HIST. xh* s. Cist Crestien m'ont trop mal atie-

ATT

né; Lf dex qu'il servent doit bien estre proisié, li coronemens Looxjs, v. 184 1. Le piler [pilier] e le chiefqui'l [qui le] sustint atterrer, Th. le mort. 14». || xni* s. Moult [j'1 ai veû et moult ai esprouvé, Mainte merveille eue et endurée; Mais ceste m'a le corps si ateré, Que je ne puis avoir longue durée, anonyme, dans Couct. François lor courent sus, lances baissies, et fiert cascuns le sien, pour lui atierer, se il peOst, h. de valenc. xxvi. Quant Renart se vit délivré, Et il vit celui aterré, lien. 25054. Dans Hues de Saint-Pol estoit jà aterrés, Et se» chevaus ocis.... Ch. dAnt. iv, 6»l. Por povreté, qui moi aterre, ruteb. 24. Ains y est le monde et le dyable, Et char ensemble guerroiable, Que ta grâce vainc et aterre, J. de meuno, Tr. 35. || xv* s. Ceux de dedans se défendirent moult longuement et en atterrerentet blessèrent plusieurs, raoïss. 1, 1, 248. Il xvi* s. Un père atteré d'années et de maulx, mont, n, 76. Il y a des maladies qui atterrent jusques à nos désirs et nostre cognoissance, id. m, 91. Le corps demeure cependant sans action, s'atterre et s'attriste, id. m, 290. Il sembloit que le bonheur voulut relever ceux qui avoyent esté atterrez, yver, 704.

— ÉTYM. Provenç. alerrar; ital. alterrare ; de à et de terre. L'Académie, à côté de atterrer, écrit aussi altérer; orthographe à rejeter, car terre étant le radical, c'est introduire une anomalie qui déroute.

ATTERRI, IE (a-tè-ri, rie), part, passé. Le navire une fois atterri.

ATTERRIR (a-tè-rir), v. n. Terme de marine. Prendre terre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il s'agit d'une action : la chaloupe a atterri à marée montante; avec l'auxiliaire être, quand il s'agit d'un état : la chaloupe est atterrie dans une crique.

— hist. xiv* s. Se inondation d'eaues et de ravoirs survenoient, les diz terrains pourraient descendre au dit vivier et lui remplir et aterir [remplir de terre], du canoë, aterrare. || xv" s. La dite fiefferme est toute en un lieu où il souloit avoir un vivier, qui pieça aterrit et vint en prez, id. t'6.

— ÉTYM. À et terre. L'Académie indique aussi l'orthographe altérir, qu'il faut rejeter (voy. atterrer).

ATTERRISSAGE (a-tè-ri-sa-j'), ». m. Terme de marine. Action d'atterrir, de prendre terre.

— ÉTYM. Atterrir. L'Académie indique aussi l'orthographe attérissage, qui est mauvaise (voy. atterrer).

ATTERRISSEMENT (a-tè-ri-se-man), s. m. Amas terreux qui se forme sur les côtes par l'action des fleuves ou de la mer. Les atterrissements augmentent vite; ils devaient augmenter bien plus vite encore dans les commencements, lorsque les montagnes fournissaient davantage de matériaux aux fleuves, cuv. Révol. p. 147.

— HIST. xiv* s. Gautier de Bonelle recevant une mote, appelée atterissement en l'yaue de Seine, du cange. atferwsamenfum.

— ÉTYM. atterrir, dans le sens ancien, qui est remplir de terre.

ATTESTATION (a-tè-sta-sion ; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. Action d'attester ; témoignage qu'on donne à quelqu'un. Muni des attestations les plus honorables.

— HIST xv* s. Meslon futt rès fort blasmé de grandes attestations et injures qu'il avoit fait, du canoë, attestatio. ||xvr*s. Jurement est une attestation [action de prendre à témoin] de Dieu, pour confermer la vérité de nostre parole, calv. Inst. 289. Les légionnaires apportent certifficat de leur service, que l'on appelle attestation de Serviny, carl. vu, 3.

— ÉTYM. Provenç. attestation ;espagn. atestacion; ital. attestasione ; de atlestationem , de attestari (voy. attester).

ATTESTÉ, ÉE (a-tè-sté, stée), part, passé. Le fait attesté par les témoins. Son éloquence attestée par ses ouvrages.

ATTESTER (a-tè-sté), v. a. || 1* Certifier. 11 atteste que la chose s'est ainsi passée. Il nous attesta )e fait. H 2° Servir de témoignage. Tous les monuments historiques attestent que. Ses larmes attestèrent son repentir. || 8° Prendre à témoin. Ne vous a-t-il pas racheté? n'a-t-il pas satisfait pour vos péchés? j'atteste ici votre conscience, flêcb. i, 7. Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de te haïr je t'en aimerai mieux, corn. Jïor. n, 5. Il n'atteste jamais que leurs noms odieux [des idoles], rac. Esth. 11, 9. N'en doutez pas, madame, et j'atteste les dieux Que toujours Bérénice est présente à mes yeux, id. Bérén. u, 4. Pourquoi même

ATT

du ciel attester la puissance? n>. ib. Voici ce Capitule et ces mêmes autels Où jadis attestant tous les dieux immortels.... volt. Brutus, I, 2.

— HIST. xin* s. Pour ca que il voult [voulut] mieus sa raison [discours] atester, Ch. d'Ant. vu, 493. || xvi* s. Il y a bien outre plus quelques autres eiercices externes, desquels nous usons en public pour attester de nostre repentance, calv. lnst. 473. Pour les attester, et asseurer qu'ils n'auroient aulcun mal ny dommaige, carl. iv, 2t. Appellant sur eulx et attestant la vengeance divine, mont. Il, 33. Car lorsque femme à un amant conteste. Son contester si^ne d'amour atteste, mahot, iv, ho.

— ÉTYM. Atteslari, de ad, à, et de testis, témoin (voy. ce mot).

ATTICISME (a-tti-si-sm'), s. m. Délicatesse de goût et de langage. Princes qui ont su joindre aui plus belles et aux plus hautes connaissances, et l'atticisme des Grecs et l'urbanité des Humains , la bruy. 12. Plaisanteries qui n'avaient rien de l'atticismegrec, volt. Jenni, 7. || 2*Terme de grammaire grecque. Forme particulière au dialecte at-

— ÉTYM. Atticitmus, de àTTixi<j|tèî, d'àrrrxoc, attique ; ainsi dit parce que le parler et les écrits des Athéniens étaient renommés pour une fleur particulière d'élégance.

ATTICISTE (a-tti-si-sf), t. m. Nom donné aux écrivains grecs qui s'étudiaient à reproduire dans leurs écrits les formes des auteurs athéniens.

— ÊTYM. 'Ax-rixia-riiî, d'àmxo;, attique. ATTIÉDI, IE (a-tié-di, die), part, passé. Rendu,

de chaud, tiède. Uns si juste ardeur devrait être attiédie, corn. Cinna, i, 2. Je ne trouve partout que des cœurs attiédis, créb. Élect. m, 5. Ainsi qu'un astre éteint sur un horizon vide, La foi, de nos aïeux la lumière et le guide, De ce monde attiédi retire ses rayons, lamart. Harm. 1, 8. || Rendu, de froid, tiède. Quand.... les heures de midi, En vous enveloppant comme un manteau de soie, Feront épanouir votre sang attiédi, lamart. Harm.

Il, 8.

ATTIÉDIH (a-tié-dir), v. a.\\i' Rendre tiède ce qui est chaud. Ce bain est trop chaud, attiédisstzle. || 2" Rendre tiède ce qui est froid. Lorsque la mer (lue de ta zone torride vers notre pôle pendant notre hiver, non-seulement elle en adoucit la rigueur sur nos côtes, en attiédissant leur atmosphère par sa chaleur.... bern. de s. p. Harm. 1. v, Harm. anim. || 3" Fig. Rendre moins ardent, moinsvif. Elles ne ralentissent passa foi, elles n'attiédissent pas son espérance, mass. Car. Fautes lég. Vos froids raisonnemèntsne feront qu'attiédir Un spectateur.... boil. AU p. m. L'amitié que la présence attiédit, quel'abseiice efface, chatkaub. René, 183. La démarche violente de la noblesse attiédit les préjugés des hommes de bonne foi qu'elle renferme, et augmente les forces des amis de la liberté et de la paix, Mirabeau, Collection, t. i, p. <99. De peur que le goût de la contemplation ne m'attiédit sur l'exercice de mes devoirs, J. J. rouss. Ém. iv. Cesgens l'embarrassaient, L'attiédissaient.. .. la font. Pet. chien. |[ 4" S'attiédir, v. réfl. Devenir plus chaud. Cette eau s'est attiédie au soleil. || 5" Devenir moins chaud. Éloignez cette eau du feu pour qu'elle s'attiédisse. || Fig. Son zèle s'est fort attiédi. Leur amitié s'attiédissait. Tout est léger; mais je crains que votre âme Ne s'attiédisse et s'endorme en sa flamme, la font. Élégie, vi.

— HIST. xvi* s. L'ardeur première commença à s'atiedir, lanoue, 675. À l'occasion de quoy ses ennemis «'attiédirent un peu, amyot, Aie. 33. Qui par douce parole lui [un plus fort] cède et condescend à son vouloir, il attiédit cette première fureur bouillante, m. Hist. Mthiop.

— ÈTYM. A et tt'ède.

ATTIÉDISSEMENT (a-tié-di-se-man) , s. m.

|| 1" État de ce qui s'attiédit. || 2* Fig. Quel attiédissement as-tu remarqué dans sa tendresse? s. ). rouss. Ém. v.

— REM. Bouhours dit : « L'auteur qui a taché d'introduire insidiateur, fait ce qu'il peut pour établir atliédissement. Je ne sais pourquoi cet écrivain ne se sert jamais de tiédeur, qui est le mot propre, Remarques sur la langue. » Altiédissement s'est établi dans l'usage malgré les difficultés qu'il a rencontrées, avec d'autant plus de raison que la remarque de Bouhours n'est pas juste : la tiédeur est l'état de ce qui est tiède, et l'attiédissement l'état de ce qui le devient.

— hist. xvi' s. Et d'ailleurs c'est autant de division, et d'atediement, et d'attiedissement à nos ennemis, Sat. lien. p. 4»

" — ÊTYM. A ttiédir

ATT

ATTIFÉ, ÉE (a-ti-fé, fée), part, passé. Etant bien attifée.

t ATTIFEMENT (a-ti-fe-man) , i. m. Action d'attifer; résultat de cette action.

— ÉTYM. Attifer.

ATTIFEK (a-ti-fé), v. a. || 1° Parer Elle aime à attifer sa petite fille. || 2" Fig. Ils attifent leurs mots, enjolivent leurs phrases, Régnier, Sat. ix, || 3° S'attifer, v. réfl. Cette femme aime à s'attifer.

— REM. Ce verbe est familier, et a quelquefois une teinte d'ironie. Il s'est dit principalement autrefois de la parure de la tête.

— HIST. xv s. Nonobstant que les dames y soyent bien parées et bien attiffées, et que moult de belles en y ait, Bouciq. iv, ch. 7. ||xvr» s. Qu'elle se pare et attiffe de mes despouilles, yver, p. 639. Tune viendras es mains d'une mignonne oisive , Qui ne fait qu'atifer sa perruque lascive, rons. 186.

— ÊTYM. A et l'ancien français tiffer; piémontais, tiflè; anc. angl. tife, parer là tête; du flamand tippen, couper le bout des cheveux.

ATTIFET (a-ti-fè), s. m. Ornement de tête pour les femmes. Mais bran, bran, j'ai laissé là-bas mon attifet, Régnier, Sat. xi.

— ÊTYM. Attifer.

f ATTIFEUR (a-ti-feur), s. m. Celui qui attife.

— HIST. xvi' s. Ces hercules desguisez es tragédies, lesquels achètent la peau d'un lion chez un peletier, une grosse massue chez un charpentier, et une fausse perruque chez un attifeur, rons. 685.

— ETYM. Attifer.

f ATTINTER (a- tin-té), v. a. Terme de marine. Établir un objet quelconque sur des tins, qui sont des pièces de bois horizontales un peu inclinées dans le sens de la longueur. On dit de préférence tinter.

— ÊTYM. A , et lin, pièce de bois.

ATTIQUE (a-tti-k'), adj. Conforme à Patticisma. Goût, finesse attique. Ses railleries ne sont point froides ni recherchées, comme celles de ces faux imitateurs du style attique, mais vives et pressantes, boil. Longin, Sublime, 28. Au sel attique, au riant badinage , Il faut mêler la force et le courage, volt. Ép. 3. || Dialecte attique, le dialecte particulier aux Athéniens. || Les auteurs attiques, ou simplement les attiques, lesauteursqui ont employé ce dialecte. || Ordre attique, petit ordre de pilastres avec la plus courte proportion. || Année attique, année luni-solaire de 12 ou de t» mois, en usage à Athènes.

— ÊTYM. 'Arnxè;, qui appartient à l'Attique. ATTIQUE (a-tti-k'), s. m. Terme d'architecture.

|| 1* Le dernier étage qui termine le haut d'une façade, et qui n'a ordinairement que la moitié ou les deux tiers de l'étage inférieur. || 2° Un petit étage exhaussé , décoré de pilastres ou sans pilastres , qu'on élève au-dessus des pavillons angulaires, ou au milieu d'un grand bâtiment. || Attique continu, c'est celui qui règne au pourtour d'un bâtiment sans interruption. || Attique interposé, c'est celui qui est posé entre deux grands étages. || Faux attique, sorte de piédestal continu placé au-dessus de l'entablement d'un ordre d'architecture, et moins haut que l'attique. || Attique de cheminée, la partie revêtue de plâtre, depuis le chambranle jusqu'à la première corniche.

ATTIQUEMENT (a-tti-ke-man) , adv. Terme de grammaire grecque. Dans le dialecte attique.

— ÉTYM. Attique, et le suffixe ment.

f ATT1RABLE (a-ti-ra-bV), adj. Terme didactique. Qui est susceptible d'être attiré. Il y a des métaux qui ne sont pas attirables à l'aimant, à la température ordinaire, et qui le deviennent par la chaleur ou par le froid.

— ÊTYM. Attirer.

f ATT1RAGE (a-ti-ra-j'), s. m. Poids d'attirage, les poids du rouet d'un fileur d'or. Cordes d'attirage, les cordes qui soutiennent un poids.

— ÉTYM. Attirer.

ATTIRAIL (a-ti-rall, Il mouillées), s. m. || l'Assortiment de choses diverses nécessaires pour certains usages. Attirail de chasse, de guerre, de toilette. La vaisselle d'argent, les cuvettes, les brocs, Les esclaves de bouche, et, pour dire en deux mots, L'attirail de la goinfrerie, la font. Fab. H, 20. || 2° Familièrement, grande quantité de choses inutiles, bagage superflu. Elle Ôta tout l'attirail dont on se défait, hamilt. Gramm. 4. A quoi servent les cérémonies et tout l'attirail lugubre qu'on fait paraître à un mourant dans ses derniers moments, qu'à lui exagérer la perte qu'il va faire? montesq. Lettr.pers. 40. || 3" Fig. L'attirail de vos vanités et de vos pompes mondaines, fléch. i, 328. L'on écarte tout cet attirail qui t'est étranger, pour pénétrer jusqu'à

ATT

toi, qui n'es qu'un fat, la bruy. 2. Vous ne pouvez aimer que d'une amour grossière, Qu'avec tout l'attirail des nœuds de la matière, mol. P. sav. tv, 2. Les reproches, l'aigreur, la tendresse, les menaces, et tout l'attirail d'un amant qui croit gronder avec raison, composaient cette épître , ham. Gramm. 8.

— ÊTYM. Attirer, dans le sens de parer, arranger. L'ancien français avait atirance et atirement.

ATTIRANT, ANTE (a-ti-ran, ran-t'), ad). || 1" Qui attire, qui plaît. Par ces mots attirants sent redoubler son zèle, boil. Lut. iv. Parlez, bontés attirantes d'un Dieu , boss. Jug. 2. Ce qui est excessif, loin d'être le plus attirant, n'est pas même le plus solide ni le plus durable, n>. Marie-Thér. La commisération, la bienfaisance, toutes les passions attirantes et douces, J. J. rouss. Ém. iv. Si l'on a soin de rendre ces jeux attirants pour le public, id. Pol. t. || 2* Attirante, s. f. Nœud de ruban que les dames s'attachaient jadis au-dessus du corps de la jupe.

ATTIRÉ, ÉE (a-ti-ré, rée), part, passé. || l" Le fer attiré par l'aimant. || 2* Fig. Attiré par la beauté du site. Où courez-vous, mortels abusés, et pourquoi allez-vous errants de vanités en vanités, toujours attirés et toujours trompés par des espérances nouvelles 1 boss. Panég. Ste Thérèse.

ATTIRER (a-ti-ré), v. a. || 1- Tirer vers soi, faire venir à soi. L'aimant attire le fer. Le guerrier et la poUtique, non plus que le joueur, ne font pas le hasard, mais ils le préparent, ils l'attirent et semblent presque le déterminer, la bruy. ta. || 2* Fig.Ceuxque la nouvelle avait attirés. Attirer par des récompenses, par l'espoir du gain. Il attirait la jeunesse par ses opinionshardies.il attira tous les regards. Sur ce site enchanté, mon âme qu'il attire S'abat comme le cygne, et s'apaise et soupire A cette image du repos, lamart. Harm. i, 10. C'est ainsi que Marie- Thérèse attira par la prière toutes les vertus dans sou âme, boss. Marie-Thér. Vos prières me pourront attirer après vous, balz. Liv. vt, lett. 2. 11 sut attiier ma confiance, fén. Tél. xv. Qui en choque un, se les attire tous sur les bras, mol. Festin, v, 2. || 3° Apporter , procurer , causer. Attirer sur quelqu'un l'envie. Il s'attirait sans cesse de mauvaises affaires. Une tromperie en attire une autre. Hélas! combien un crime en attire d'autres I fén. Tél. xix. Quand l'éloignement de ce grand ministre eut attiré celui de ses confidents.... boss. le Tellier. Dieu ma garde de m'attirer jamais l'inimitié des censeurs de ce poète, que le séjour de deux mille ans dans le tombeau n'a pu garantir d'une haine si implacable, montesq. Lett. pers. 3«. || 4' S'attirer, v. réfl. les corps célestes s'attirentles uns les autres.

— hist. xii* s. Il broche le cheval, de lui ferir s'atire, Sax. x. || xiii" s. Lui [elle], sa fille et Tybert, tous maus [tout mal] en eus s'atire, Berte, xiv. Que droit au point du jour convient qu'ele s'atire [se pare], ib. xiv. Il convient que nous atirons avant, liquel de nos barons remanront ichi pour la terre garder, h. de valenc. iiii. Le soudanc avoit ainsi atiré [convenu], que le samedi devant l'Ascension en li rendrait Damiete, et il rendrait le roy, jomv. 244. Le jour de la saint Nicholas commencla le roy que il s'atirassent pour chevaucher, id. 21». Et il et ses chevaliers saillirent de la galie moult bien armez et bien aurez, id. 2)6. La roy qui sot ces choses, atira [disposa] son host [armée] en tel manière que le conte d'Artois son frère garderait les chaz et les engins, id. 222. ||xv s. Le deable subtils et attire nuit et jour à bouter guerre et haine, froiss. il, n, 62. || xvi* s. La crainte et la desfiance attirent l'offense, mont. I, 134. Atfrrez par la bonté et fertilité du terroir, id. i, 233. Comme l'aimant attire une aiguille, id. i, 266. Le grand roy le voulut attirer prez de lui à force d'offres, id. iv, 367. D'advantage, cela estoit une emorche, qui attirait les jeunes hommes à se marier, amyot, Lyc. 26. Et ainsi ayant attiré l'ennemy en plaine campagne, id. Pyrrh. 45.

— ÉTYM. A et tirer; provenç. atirar; ital. allirare. L'ancien français a essentiellement le sens de préparer, arranger, orner, sens qui s'est conservé dans l'anglais, to attire.

f ATTISE (a-tiz') , s. f. Bois que le brasseur met dans le fourneau sous la chaudière.

— ÉTYM. Voy. ATTISER.

ATTISÉ, ÉE (a-ti-zé, zée), part, passé. || 1* Le feu ayant été attisé. || 2° Fig. Les haines attisées par des rapports mensongers.

t ATTISEMENT (a-ti-ze-man) , s. m. Action d'attiser

— HIST. xiii' s. Par l'atizement de sa feme qui li disoit.... Hist. occid. des croisades, t. n, p. 23.

ATT

Il xvi* s. Ainsi, par l'atisement de leurs ardents regards, se consumoient mutuellement, yver, p. 688.

— ÉTYM. Attiser.

ATTISER (a-ti-zé), v. a. || i° Approcher les tisons les uns des autres pour les faire brûler. Attiser le feu. || 2* Fig. Loin d'oser.... Approuver la fureur de votre emportement, Loin que par mes discours je l'attise moi-même, bac. Iphig. m, e. Nous attisons le feu dévorant de la convoitise, boss. Nécess. 2. Quand on se brûle au feu que soi-même on attise, Ce n'est pas accident, mais c'est une sottise, Régnier, Sat. xrv.

— hist. xii* s. Adès amours me semont et atise De lui [la] aimer, Coud, xi. Aiez de moi merci, par vo franchise ; La vostre amour me destraint et atise , audefr. le bast. Romancero, p. 8. D'ire et de mautalent [il] esprent tous [tout entier] et atise, Sax. xxni. || xiii* s. L'uns atise le feu et li autres le vente, Berte, xcvi. Qui une aiguille de fer boute Si que ele pert [parait] presque toute En un poi de liège, et l'atise A la pierre d'aimant bise.... Lais inédits, p.444. Demore [retard] les amans atise, ta Rose, (3866. C'est amor qui soufle et atise La brese qu'el t'a ou cuer mise, ib. «423. || xiv* s. Pour ce, beau filz, veulx raesonner, Pour enseignement te donner, Affin que mielx soyes avisé, Se en tel fait es atisé, Liv. du bon Jeh. 2634. || xv* s. Prince, se maulx fortune atise, Sagement s'y fault gouverner, ch. d'orl. Bal. 85. || xvi* s. Le prince de G-alles, fils d'Edouard, roy d'Angleterre , attisa le feu de son mieux pour fortifier son party, Mém. s. du G.ch.4 3.

— ÊTYM. Picard, alisier; provenç. alizar , atugar, atusar; espagn. atuar; portug. aliçar; ital. attixare; bas-lat. atticinari, de ad, à, et titio, tison (voy. tison).

ATTISEUR (a-ti-zeur), s. m. Celui qui attise.

— ÊTYM. Attiser.

t ATTISOIR (a-ti-zoir) ou ATTISON'NOIR (a-tizo-noir), i. m. Ustensile qui, dans certains métiers, sert à attiser le feu.

— hist. xv* s. Jehannet frappa Raveilly d'un .fourgon ou atiseurde four, qu'il tenoit, dh gange,

atticinari.

— ÊTYM. Attiser.

ATTITRÉ, KE (a-ti-tré, trée), part, passé. || i* Qui est en titre. Les fournisseurs attitrés de la maison du prince. L'Exode représente les sorciers attitrés de Pharaon, volt. Phil. n, 46. || 2" En mauvaise part. Témoins attitrés, témoins soudoyés pour porter de faux témoignages. Assassins attitrés, assassins a gages.

ATTITRER (a-ti-tré), v. a. || 1* Donner le titre, la préférence pour un objet. || 2° En termes de chasse, attitrer les chiens, les poser dans des relais pour attendre le gibier.

— HIST. xii* s. À cest lieu servir furent dui pruveire [prêtres] atitelé, Rois, 2. || xiv* s. C'est chose adtiltrée, Traité d'alch. 859. || xvi* s. Solon s'esmerveilloit de ce que Thaïes n'avoit jamais voulu prendre femme pour avoir des enfans : Thaïes ne luy respondit rien sur l'heure, mais quelques jours après, ilattitra un estranger, qui disoit venir tout freschement d'Athènes, amïot, Solon, 9. Publicola meitoit peine d'augmenter ceste sédition, ayant des hommes attiltrez pour ce faire, m. l'ubl. 38. Pompeius lui attiltra une amorche de dix cohortes, qu'il envoya piller la campagne, leur ayant commandé de t'escarter les uns des autres, m. Pomp. 29.

— ÉTYM. À et titre.

ATTITUDE (a-ti-tu-d') , t. f. || 1* Manière de tenir le corps. Cet acteur a de belles attitudes. L'attitude du respect, de la soumission. Voici un essai des plus beaux mouvements et des plus belles attitudes dont une danse puisse être variée, mol. Bourg, gent. i, ». Ils font entre eux une danse ornée de toutes les attitudes que peuvent exprimer das gens qui étudient leurs forces, id. Am. magn. v, intermède 6. Un comique outre sur la scène ses personnages; un poëte charge ses descriptions; un peintre qui fait d'après nature force et exagère une passion, un contraste, des attitudes, la bruy. 3. Il garde en expirant une noble attitude, saurin, Spartac. i, i. 11 ne faut jamais sacrifier l'élocution et le style à l'appareil et aux attitudes, volt. Leur, le Kain, 4« déc. 47«o. || 2" Eig. Disposition. Le gouvernement par son attitude a rassuré les amis de la paix.

ÉTYM. Ital. attitudine/deaptitudinem, de aptus (vov. apte).

f ATÏOMBISSEUR (a-ton-bi-seur) , s. m. Terme de fauconnerie. Oiseau qui attaque le héron dans sou vol. Ce faucon est bon altombisseur.

— ÊTYM. À et tomber.

ATT

f ATTORNEY (a-tor-nè), s. m. Nom des procureurs ou avoués en Angleterre.

— ÉTYM. Angl. atlorney, de l'ancien français atome, disposé à, préposé à, participe du verbe atorner (voy. atournep).

ATTOUCHEMENT (a-tou-che-man) , s. m. || 1° Action de toucher à. Distinguer par l'attouchement certaines qualités des corps. Un attouchement léger. Des attouchements déshonnêtes. || 2° En géométrie, point d'attouchement, le point où des lignes se touchent sans se couper. On dit aujourd'hui point de tangence quand il s'agit d'une droite et d'une courbe, et point de contact quand il s'agit de deux courbes.

— HIST. xvi* t. Après avoir prié, ils mirent les mains sur eux, par lequel attouchement les Samaritains receurent le Saint-Esprit, calv. Instit (167. L'ouye, la veuë, le flairer, l'attouchement et le goust, m. 16. 4 4 76. Le toucher ou attouchement est faist en toutes parties ayans nerfs, paré, Introd. ».

— ÊTYM. Atloucher.

T ATTOUCUER (a-tou-ché) , v. a. Toucher a. Il faut que je vous dise que je suis si délicat, qu'où me blesse pour peu qu'on m'attouche, balz. liv. m, lett. 49. || Vieilli.

— HIST. xiii* s. Je ne lairoie à moi atouchier n'avenir Nul homme fors Ugon.... audef. le bast. Romancero, p. 32. CarTybers n'i laissoit fors que lui attouchier, Berte, 4 9. Souvent me semont [Bel-Accueil] d'aprochier Vers le bouton et d'atouchier Au rosier qui l'avoit chargié, la Rose, 2884. Prevoz ne puet tenir plet qui atoche à la borse le roi , Liv. de just. 68. || xvi* s. Camillus feit ceste prière en attouchant l'image, amyot, Cam. 43. Je n'attouche point ici les vices des personnes, mais seulement le mal qui est enraciné en leur institution, calv. lnsl. 875. Les evesques d'Orient, ausquels l'affaire attouchoit beaucoup plus, id. ib. «08. Ne mange point de cela, n'en gouste point, n'y attouche point, m. ib. «54. Voir, ouyr, odorer, gouster et attoucher, pake, Jntrod. s.

— ÊTYM. A et toucher.

t ATTRACTEUR, TRICE (a-tra-kteur, tri-s'), adj. Qui agit par attraction, qui exerce une attraction.

— ÉTYM. Supin attractum, de altrahere (voy. attraire).

ATTRACTIF, IVE (a-tra-ktif, ti-v'), adj. || i* Qui a la propriété d'attirer. Vertu apéritive d'une clef; attractive, d'un croc, pasc. P. Éloq. 37. Il est presque impossible de déterminer par l'expérience l'intensité de la force attractive des molécules des corps; nous savons seulement qu'elle est incomparablement supérieure à l'action capillaire, qui n'est qu'une modification de cette force, laplace, Exp. iv, 47. Quand les corps tournent autour d'un centre commun, dont par conséquent ils sont attirés et qu'ils attirent, leurs forces attractives varient dans la raison renversée des carrés de leurs distances à ce centre, fonten. Newton. || 2° Fig. Mais le sexe, à Paris, a la mine jolie, L'air attractif.... regnard, le Bal, se. 7. ||3* En médecine, qui attire, en parlant des vésicants et des suppuratifs, parce que l'irritation qu'ils déterminent attire les fluides vers le lieu où ils sont appliqués.

— HIST. xiv* s. Chose qui a en soy vertu attractive, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. L'oiseau attiré par quelque force attractive du chat, mont, i, 402. La valeur demonstrée a une force atractive qui arrache des bouches et des mains mesmes de l'ignorant, de l'avare et de l'ingrat, des louanges et des couronnes, lanoue, 302. Nostre boire et manger estant attiré par la vertu actractive du ventricule.... paré, Introd. «. La chaleur naturelle et vertu attractive attire quelque suc mauvais, id. ib. 4 6.

— ÊTYM. Provenç. atracliu; espagn. atractivo; ital. attrattivo ; de attractivus , du supin attractum, de atlrahere (voy. attraire).

ATTRACTION (a-tra-ksion), s. f. || 1* Action d'attirer, force qui attire. L'attraction parait adhérente à la matière, bern. de s. p. Harm. liv. v, Ilarm. anim. Son immense ennui, son agitation [de la foule] M'entraînent faible et seul dans son attraction, lamart. Joe. viii, 256. || Dans le langage de Fourier, auteur d'un système socialiste, les attractions, les penchants qui entraînent chacun vers un emploi particulier. Fourier nous dit : .... Peuple.... Travaille, groupé par phalange. Uans Uli cercle d'attractions, bérang. Fous. || 2* En astronomie, tendance que les corps célestes paiaissent avoir a s'attirer les uns les autres en raison directe des masses et inverse du carré des distances, sans qu'il "(ïiste en eux ou autour d'eux rien de sensible & quoi

ATT

on puisse rapporter cette tendance. X quelque point que cet honneur [être élu par laSociété royale de Londres] le flattflt, il ne le séduisit pourtant pas en faveur des attractions, abolies, à ce qu'on croyait, par le cartésianisme, et rtssuscitées par les Anglais, qui cependant se cachent quelquefois de l'amour qu'ils leur portent, fonten. Uontmnrt. || En physique, attraction moléculaire, celle qui ne se manifeste que de molécule à molécule. || Attraction locale, déviation que peuvent causer aux aiguilles aimantées les objets enfer que contient un bâtiment. || 3° Terme de grammaire. Changement d'une lettre par l'effet de sa voisine ; par ex. ce mot attractionesl pris du latin attractio, formé de ad et traclio; le d de ad a été changé en t à cause du f suivant. || Dans la grammaire grecque, figure de syntaxe, par laquelle le relatif est mis au même cas que son antécédent ou micuxestattiré au cas de son antécédent, bien <]ue le rôle qu'il a dans la phrase lui impose un cas différent.

— HIST. xiii* s. Ces choses estoupent les voies pat le [la] grant atrationque li foies en fait, alebrant, f" 40. || xvi* s. Partie des finances refluent après a Rome, par une certaine cabale occulte, et en la Germanie par des attractions violentes, lanoue, 369. Agitation et motion continuelle est cause d'attraction, rab. Pant.u, 46.

— ÊTYM. Provenç. atraccio, atractio; espagn. atraccion; ital. allraiione; de attraclionem, de attrahere (voy. attraire).

ATTRACTIONNAIRE(a-tra-ksio-nê-r'),s.m.Nom que l'on donnait aux partisans du système de l'attraction, quand les découvertes de Newton étaient encore contestées.

— ÊTYM. Attraction.

ATTRAIRE (a-trê-r') , j'attrais, nous attrayons, vous attrayez , ils auraient; j'attrayais; point de parfait défini ; j'attrairai ; j'attrairais ; aurais, qu'il attraie, attrayons, attrayez, qu'ils auraient; que j'attraie, que nous attrayiens, que vous attrayiez, qu'ils auraient; point d'imparfait du subjonctif ; attrayant; attrait, v. a. || 1* Attirer par le moyen d'un appât. Le sel est bon pour attraire les pigeons. || 2° Fig. Parfois on peut donner pour les galants attraire, Régnier, Sat. xm. La fille de Périandre disait à Lycophron ce qu'elle croyait plus capable de l'attraire et fléchir son cœur, p. L. cour, n,

— HIST. xi* s. Pour lei [loi] tenir et pour homes atraire, Ch. de Roi. clxiv. || xii* s. Mar [j'] acointai sa très bêle figure, Pour ces douleurs et pour ces maux atraire, Coud, p. 4 26. Car nule riens fors s'amour ne m'agrée ; Si m'a atrait à son très dous plaisir, vidame de Chartres, Romancero, p. 4 14. || xiii* s. Cum la pierre de l'aiment Trait à soi le fer soutilment [subtilement] , Ainsinc atrait les cuers des gens Li ors qu'en donne et li argens, la Rose, 4 467. Quant aucun sunt atrait en tesmongnage, et il ont fet lor serement de direlor vérité, beaum. xxxix, 29. Sa mère l'enseigna à Dieu croire et à amei , et li atrait entour li toutes gens de religion, joinv. 201. Pour veoir se il les pourroit atraire à nostre créance, id. 24 4. Nulz ne soit si hardi devant toy, que il die parole qui atraie et esmeuve péché, id. 301. || xv s. Ce chevalier a tellement attrait monseigneur à soi et à sa volonté, que tout ce qu'il veut dire et faire, il est, froiss. i, i, 6. Pai dons il attrairoit si le roi de France et son conseil.... in. i, i, 40. || xvi* s. C'est chose utile, à aion advis, d'attraire par tous moyens les hommes à bien faire, amyot, Préf. vi, 32. Il estoit né pour commander, ayant de nature une grâce et une efficace d'attraire les hommes à vouluntairement luy obeïr, id. Lyc. 7. 11 sçavoit bien gaigner et attraire les cue»rsdes hommes, id. Alctb. et Cor. comp. 5.

— ÊTYM. Provenç. atraire, atrayre; espagn. atraer; ital. attrarre; du latin altrahere, de ad, à, et de trahere, tirer, traire (voy. traire).

4. ATTRAIT, AITE (a-trè, trè-t), port, passé. Attiré. Attrait par les promesses qu'on lui faisait.

2. ATTRAIT (a-trè; le t se lie; au pluriel P* se lie; des attraits infinis; dites : des a-trè-z infinis; attraits rime avec faits, sujets, paix, jamais, succès,etc.) s. m. || 1* Penchant, inclination. Quand vous vous sentirez attiré à quelque chose de plus intime, suivez votre attrait, boss. Lett. Corn. 87. Laissezvous aller à l'attrait qui vous presse, id. Lett. 88. Telle |femmej, sans aucun attrait pour la retraite, se consacre au Seigneur par pure fierté, mass. Voc. 4. Ce n'est pas qu'il faille s'interdire toutes les fonctions pour lesquelles nous sentons plus d'attrait, id. Confér. Vices. Il sent un attrait secret pour ce nouvel établissement, id. Thom. 11 fut un tempsoù je me seu-

ATT

tais un attrait violent vers la même carrure, mimn. Essai sur Claude, liv. il. || 1° Qualité attrayante ; ce qui attire. L'attrait des plaisirs. Combien d'ftmesappelées sont infidèles à l'attrait de leur vocation ! mass. Prof, 4 . Il [lefauxdévot] cultive les femmes, et, entre celles-ci , les plus belles et les mieux faites : c'est son attrait, labruy. 43. De l'aimable vertu doux et puissants attraits! rac. Esth. n, 7. Les objets les plus indifférents ont des attraits dans un nouvel entêtement, hamilt. Gramm. 6. Quels attraits pensestu qu'ait pour nous la couronne? corn. Rodog. Il, 4. £t vos discours pour elle ont de si grands attraits, m. Sicom. m, 3. Si la prière vous offrait des attraits sensibles, mass. Prière. Qu'il donne à sa parole ces attraits si heureux pour la conversion des pécheurs, m. Parole. Ses cheveux avaient servi d'attraits à la volupté, m. Magd. Le secret et l'impunité ne sont pas pour lui des attraits pour le vice, id. Petit car. Dimanche de la Passion. || 3° En termes de spiritualité, les attraits de la grâce, les douceurs intérieures qu'elle fait éprouver. || 4° En parlant des femmes, les beautés qui charment. Le destin d'Oreste Est de venir sans cesse adorer vos attraits, rac. Andr.n, 'J. Viens voir tous ses attraits , Phénix , humiliés, id. ib. n, 6. Lassé dp ses trompeurs attraits, Au lieu de l'enlevé'-, fuyez-la pour jamais, id. ib.ui, 4. Ma rivale, accablant taon amant de bienfaits, Opposait un empire à me-- faibles attraits, id. Baj. i, 4. Elle brillait de mille attraits, et ce n'était qu'agrément et que char-nes que toute sa personne, mol. Fourb. I, 2. || 5" Terme de pêche. Appât, amorce.

— SYN. attraits, appas, charmes (dans une femme). Ces trois mots expriment les beautés qui dans une femme saisissent les yeux et les captivent. Le>- attraits, c'est ce qui attire; les appas, c'est ce qui amorce; les charmes, c'est ce quiexerce une sorte d'enchantement. Dans la Toison d'or de Corneille, m, 4, Hypsipyle dit à Médée : Je n'ai que des attraits, et vous avez des charmes; ce vers, justement blâmé par Voltaire à cause du jeu de mots, montre pourtant que charmes est plus fort que attraits.

— HIST. xm" s. Hersent l'acole, et cil se tret En «us, n'a soing de son atret, Ren. 4 2404. Hom qui est marcheans d'iaue puet faire son atret par desus le pont et par desouz, Liv. des met. 287. || xv' s. Jean de la Faucille s'en vint demeurer à Nazaret, une très belle maison, et là fit son attrait [établissement] tout bellement, froiss. ii, il, «*. || xvi* s. Donnant toujours quelques nouveaux attrait» [amorces] à ceux qui la regardoient, dbsper. Contes, lxvi. Il luy estoit défendu de parler à moy, ny de me faire aucun attrait quand je venois à Chasteaubriand, carl. i, 2t. Et toutefois, oultre ces attraicts là, encore establit il note d'infamie à l'encontre de ceulx qui ne se voudraient marier, amyot, lyc. 27. Les donations procedées ny de sens aliéné, ny par attraicts et allechements de femme, id. Solon, 40.

— ÉTYM. Attraire ; provenç. atrag ; ital. attratto.

ATTRAPE (<vtra-p') , ». f. || i" Piège pour les pigeons et le gibier. || 2°Tromperie, chose qui attrape. N'y touchez pas, c'estune attrape. Au milieu de huit ou dix bottes d'attrapes une autre boîte garnie de bonbons, J. I. rouss. tm.n. || 3° Technologie. Sort» de pince coudée qui sert à retirer les creusets du feu. || Terme de marine. Cordage qui retient, arrête, assujettit.

— HIST. xvi« s. Ce sont comme attrapes pour attirer l'argent du peuple , calv. lnstit. 956. Sommerive, ayant eu nouvelles que Mouvans et Soreze venoient au secours, voulut leur dresser une attrappe, d'aub. Hist. ï, 4 48.

— ÊTYM. VOY. ATTRAPER.

ATTRAPÉ, ÉE (a-tra-pé, pée), part, passé. Vous voilà attrapé, dit le père, pasc. Prov. 7. J'y ai déjà été attrapé, id. ib. *.

I ATTRAPE-LOURDAUD (a-tra-pe-lour-dô) , s. m. Voy. ATTRAPE-NIGAUD.

— ÉTYM. Attraper, lourdaud.

f ATTRAPE-MINON (a-tra-pe-mi-non) , s. m. Hypocrite qui attrape les simples. || Au plur. Des attrape-minons ou des attrape-minon.

— ÊTYM. Attraper, etminon, nom familier du chat.

ATTRAPE-MOUCHE ( a-tra-pe-mou-ch' ) , s. m. Terme de botanique. Nom de diverses plantes qui ferment leurs feuilles ou leurs fleurs dès qu'une mouche, un insecte s'y pose. || Au sing. on peut dire aussi un attrape-mouches, suivant que l'on considère mouche collectivement ou individuellement; au pluriel , des attrape-mouches ou des attrape- ' mouche.

— ÉTYM. Attraper, mouche.

ATT

t ATTRAPE-NIAIS (a-tra-pe-ni-ê), s. m. Même sens que attrape-nigaud.

— ÊTYM. Attraper, niais. ATTRAPE-NIGAUD (a-tni-pe-ni-gô), ». m. Ruse

grossière, qui ne peut tromper que des nigauds. || Auplur.Des attrape-nigauds ou des attrape-nigaud.

— ÉTYM. Attraper, nigaud.

t ATTRAPE-PARTERRE (a-tra-pe-par-tê-r') , s. m. Ce qui peut attraper, séduire un parterre. N'allez pas vous attendre à de belles tirades, à de ces grands vers ronflants, à des sentences, à des attrape-parterre; style médiocre, marche simple, voilà ce que vous y trouverez; mais s'il y a de l'intérêt, tout est sauvé, volt. Lettr. d'Argental, 28 mai, 4759. \\Au plur. Des attrape-parterre ou des attrape-parterres.

— ÊTYM. Attraper, parterre.

ATTRAPER (a-tra-pé), v. a. |l 1° Prendre à un piège. Attraper un renard dans un piège. || Familièrement. Que je vous y attrape, c'est-à-dire, ayez soin que je ne vous prenne pas sur le fait, gardezvous de recommencer. || 2° Fig. Tromper. Ce charlatan a attrapé bien du monde. Cette femme attrape son mari. Bien fin qui pourrait l'attraper! Il ne faut pas se laisser attraper comme cela à ce que les amants disent dans leur colère, voit. Lettr. 4 35. || 3° Saisir avec la main, saisir au passage. Les gendarmes ont attrapé les voleurs. Attraper un papillon. || Familièrement. Attrape qui peut, que celui qui peut s'en saisir, s'en saisisse. || Attrape! Sorte d'interjection par laquelle on exprime qu'une personne vient d'être l'objet d'une malice. || Familièrement. Attrape-toi cela, se dit à une personne qu'on vient de châtier ou à qui vient d'arriver quelque mécompte. ||Terme de marine. Saisir un objet, atteindre un point, un bâtiment. || 4" Fig. et familièrement. Il suffit qu'à la fin J'attrape le bout de l'année, la font. Fabl. vin, 2. De quelque façon qu'on prenne la chose, il est certain qu'il aura toujours bien de la peine à attraper le bout de son année, vaob. Dime, p. 400. || 5° Se procurer par quelque ruse, par quelque adresse. Le pendard de Scapin, par «ne fourberie , m'a attrapé cinq cents écus, mol. Fourb. m, 7. ||6* Avoir une chance bonne ou mauvaise. J'ai attrapé le bon numéro. Attraper un rhume , une maladie. || 7° Frapper, heurter. Une pierre l'a attrapé à la tête. || 8° Exprimer, rendre avec exactitude. Ce peintre a bien attrapé votre ressemblance. Cet écrivain croit avoir attrapé la manière de Tacite. Voyez si j'ai attrapé la ressemblance de César, volt. flot de Pr. 402. Son talent était d'attraper le ridicule des gens, hamilt. Gramm. 7. Il avait attrapé le sérieux des Espagnols, id. ib. Le duc de Bourgogne attrapait tous les ridicules avec justesse , st-sim. 206, 29. Je n'ai attrapé de leur manière de réciter que ce qui m'a d'abord sauté aux yeux, mol. Impr. 4 . [| Attraper le sens d'un passage , le saisir. X cause de la quantité d'endroits où. vous n'avez pas attrapé le sens, rac. Lett. vi, à son fils. || Proverbes. Attrapez-moi toujours de même; c'est-à-dire, vous avez cru me jouer un mauvais tour; loin de là, ce que vous avez fait m'a été utile. || Il courra bien, si on ne l'attrape ; c'est-à-dire on le poursuivra si vivement qu'on le prendra.

— REM. L'Académie, qui écrit trappe avec deux p, n'en met qu'un à attraper; désaccord auquel il faudrait remédier.

— HIST. xii* s. Si m'ait Diex, s'ore estoie escapés, Jo ne seroie mais des mois atrapés, Guill. d'Orange, Variantes, t.H, p. 342. || xm" s. Ne sai comment fui atrapés; Je me sui dusk'à l'os colpés, Bl. et Jeh. 589. Mais se jel pooie atraper, Si faitement m'en vengeroie, Que jamès crieme [crainte] n'en aroie, Ren. 6694. || xiv" s. Il a dit à sa gent : Je sui bien attrapez; Que malditte soit l'eure que me sui acordez! Guescl. 2006. [Il] Fist bien quatre mil pors venir et assambler, Es prés près des fossés les fist trestouz aler, Pour itant qu'il cuida ceulx dedens atraper Et pour faire issir hors et à la mort livrer, ib. 4208. Helas! dist Polibaus, quetis [chétif], maleûrés! Or sui issi endroit malement atrapés, Baud. de Seb. xi, 44 2. Ainsy ces quatre m'atraperent, Et me bâtirent et fraperent.J. bruyant , Ménagier, t. n, p. 5. || xv*s. Par ceste manière en attrapa il et noya ce jour plus d'une douzaine, froiss. i, i, 4 35. Et en furent moult de fois chasses et presque pris et atrapés entre Boulogne et Calais, mais toujours eschappoient eux, id. i, i, 309. Quand Girauldon se vit ainsi attrapé [trompé] , si fut tout esbahi , id. ii, n, 244. Quand le maistre d'hostel vit son maistie s'attraper [s'attaquer] à ces perdrix, il fut bien esbahi, louis xi, Nouv. xcix. || xvi* s. La mort vous attrape fuyant et poltron aussi bien que....

ATT

— ÊTYM. A, et trappe; bourguig. (traipai. ATTRAPEUR, EUSE (a-tra-peur, peû-z'), t. m.

et f. Celui, celle qui attrape. Un attrapeur de successions.

— HIST. xvi* s. Car la plus seure a bien crainte et grand peur De se trouver devant tel attrapeur, marot, Citation du Dict. de Trévoux.

— ÉTYM. Attraper.

t ATTRAPE-TILAIN (a-tra-pe-vi-lin), s. m. Ce qui sert à attraper un avare. )| Au plur. Des attrapevilains ou des atlrape-vilain.

— ÊTYM. Attraper, vilain.

ATTRAPOIRE (a-tra-poi-r'), s. f. || 1" Piège pour attraper des animaux. || 2° Fig. et familièrement, fourberie. Les attrapoires que les filous dressent a de pauvres dupes.

— êtym. A ttraper.

ATTRAYANT, ANTE (a-trè-ian, ian-t'), adj. Qui a de l'attrait. Les attrayantes amorces de la volupté. Ce qu'ont enfin d'attrayant et de rare Les bois, les eaux, les vergers et les champs, malf. Narcisse, cb. i. D'esprit si doux et d'air tant attrayant, la font. Berc.

— hist. xm* s. Il [ses yeux] sont vair et cler et luisant, Et plain d'unregartatraiant, Bl. et Jeh. 276. Car vos douz regars atraians, Qui estrians Et deduisans, Lay d'amours, édil. jubinal, ii, 4 95. ||xiv*s. Delectacion nous est si douce et si aimable, si atrayant, blandissant et décevant, oresve, Eth. 56. Chief [elle] otblont et petite oreille, Yeus atraians, bouche vermeille, Lande dorée. |j xvi* s. Une certaine grâce naïfve et attrayante, amyot, Aie. 2.

— ÊTYM. Attraire.

+ ATTREMPAGE (a-tran-pa-j'), s. m. Chauffe graduelle du four des verriers.

— ÊTYM. Voy. attremper.

t ATTREMPÉ, ÉE (a-tran-pé, pée), ad). Terme de fauconnerie. Il se dit d'un oiseau qui n'est ni gras, ni maigre.

— ÊTYM. Voy. ATTREMPER à l'ÉTYMOLOGIE.

f ATTREMPER (a-tran-pé), t'. a. || 1° Chauffer graduellement le four d'une verrerie. || 2* Donner la trempe à l'acier.

— HIST. xm* s. [Elle] Bien ot la traïson et fait et attrempée, Berte, xvi. En ses paroles fu il attrempez, joinv. 4 93. ij xiv* s. Et sommes faiz justes en faisant operacions justes et attrempées, oresme, Eth. 34. || xv* s. Et le temps bel et seri et assez moiste et attrempez, froiss. i, i, 4 8. || xvi* s. Cestoit en temps serain et bien attrempé, rab. Garg. i, 46. L'ame est un air receu par la bouche, eschauffé au poulmon, attrempé au cœur, et espandu par tout le corps, mont, ii, 289. Il dressa la forme de son gouvernement à ceste fin que ses citoyens devinssent francs de cueur, contens du leur, attrempez en tous leurs faicts, amyot, Lyc. 66. La rosée attrempé tellement la terre qu'elle en est grasse et fertile, id. Sert. 4 4.

— ÉTYM. À, et tremper, dont le sens propre est tempérer. Attrempé signifie donc qui est bien réglé. Ce mot, très-usité dans l'ancienne langue et jusque dans le xvi* siècle, n'avait survécu que dans le langage de la fauconnerie.

f ATTRIRUABLE (a-tri-hu-a-bf), adj. Oui peut, qui doit être attribué.

— HIST. xvi* s. Ils sçavoient tous auquel .des deux ceste séduction estoit la plus attribuable, carl.

— ÊTYM. Attribuer.

ATTRIBUÉ, ÉE (a-tri-bu-é, ée), part, passé. Les livres faussement attribués à Pythagore. Calamité attribuée à l'incurie des habitants.

ATTRIBUER (a-tri-bu-é), v. a. || 1° Attacher, annexer, conférer. Attribuer au Conseil d'Etat la connaissance de telles et telles affaires. Les anciens attribuaient une nature divine à la terre. C'est contre cette puissance absolue qu'on veut attribuer auxdécemvirs, que je m'élève aujourd'hui, vertot, Révol. rom. xn, p. 4 84. Le roi défendit aux princes et aux pairs d'aller opiner dans le parlement de Paris sur des affaires dont il attribuait la connaissance à son Conseil privé, volt. Louis XV, chap. 36. || 2* Rapporter à, imputer. Attribuer à quelqu'un le salut de l'empire. 11 attribuait tous nos succès au hasard. On vous attribue beaucoup de propos que vous n'avez jamais tenus. On lui attribue le pamphlet qui vient de paraître. On ne se trompe pas, chrétiens, quand on attribue tout à la prière; Dieu, qui l'inspire, ne lui peut rien refuser, boss. Mar.-Thér. Dans ma confusion que Roxane, madame, Attribuait encore à l'excès de ma flamme, rac. Baj. m, 4. || 3° S'attribuer, attribuer à soi, revendiquer. Il s'attribue plus d'habileté qu'aux autres. Chacun s'attribue

ATT

AIT

AUB

l'honneur du bien qui se fait. De sorte que des deux côtés on s'attribua l'avantage de la journée. Il n'a pas cru s'attribuer trop, quand il s'est dit l'égal de Dieu, boss. llist. u, 44.||4° S'attribuer, v. réfl. Être attribué. Le nom de père du peuple s'attribue justement à Louis XII.

— SVN. attribuer, imputer. Imputer veut dire que l'on met sur le compte de; attribuer, que l'on attache à, que l'on rapporte à. Par conséquent, attribuera une signification plus générale. Ce qu'on attribue n'implique rien de favorable ni de défavorable. Ce qu'on impute n'est pas indifférent, c'est un blâme, ou quelquefois une louange; car on impute aussi à bien, à mérite. Attribuer des vers à quelqu'un, c'est dire seulement, à tort ou à droit, qu'il en est l'auteur; imputer des vers à quelqu'un, ce serait faire entendre que les vers dont on parle méritent l'animadversion.

— HIST. xiv* s. Que ce qui estoit le fourfait de Appius Claudius, il ne vousissent atribuer à lui, bercheure, f°67, recio. Félicité qui est si très grant bien et qui ne doit pas estre attribuée à fortune, oresme, Eth. 2t. Et entre les premières et les plus nobles conditions que il lui attribuet, id. ib. 28. || xv" s. Le roi Philippe a acquis le chastel de Arleux en Pailluel, qui est terre de l'empire, et l'a attribué au royaume de France, froiss. i, i, 73. Ainsi s'en vouloit chacune partie attribuer l'honneur, id. i, i, 445. Attribuer à Dieu [les grâces et honneurs qu'il avait reçus], comh. v, 9. || xvi* s. Etdefait, le nom de seigneur ne s'attribue particulièrement à Jésus Christ pour autre raison, sinon.... calv. Inst. 370. Les privilèges qu'ils s'attribuent, id. tb. 94 4. Attribuer au rang le loz qui appartient au mérite, mont. I, 4. Aulcuns attribuoient la cause de la mort du jeune Caton à la crainte, id. i, 285. Ils attribuoient la divinité, non seulement aux vertus, mais aussi aux vices, id. ii, 25). Le juge ne peult attribuer à punition ce qui vient à gré à celuy qui le souffre, id. il, 258. Nous en attribuerons justement la coulpe à nous-mesmes, amyot, Démosth. 4.

— ÉTYM. Provenç. alfributr; espagn. atribuir; ital. attribuire;de attribuere, de ad, à, et tribuere, accorder (voy. tribut).

ATTRIBUT (a-tri-bu; let neselieque dans le parler soutenu ; au pluriel 1'* se lie : les attributs et les sujets, dites : les a-tri-bu-z et les sujets) , s. m. || 1° Ce qui est propre ou particulier à quelqu'un ou a quelque chose. La recherche de la vérité est un attribut distinctif de l'homme. C'est un attribut du sage de.... La fluidité, la dureté, la mollesse, le mouvement et le repos se pouvant séparer de la matière, il s'ensuit que tous ces attributs ne lui sont point essentiels, malebrancïib , Rech. de la vér. m, 3. || a° Terme de théologie, qui se dit de toutes les qualités et perfections que l'on connaît être en Dieu et qui sont de sa propre essence, comme la justice, la sagesse. Les attributs divins. || 3° En termes de logique et de grammaire, ce qui se nie ou s'affirme du sujet de la proposition. Dans cette proposition : tout homme est mortel , mortel est l'attribut. || 4" En termes d'histoire naturelle, ce qui est permanent et essentiel dans une espèce, dans un individu ou dans une de ses parties. || 6* Décoration distinctive. Les attributs delà puissance, du souverain pouvoir. Il le revêtit des attributs du rang suprême.

— HIST. xiv* s. Homs ont l'estre comme netaulx, Vie et augment des vegetaulx, Instinct et sens comme les brutes, Esprit comme ange en attributs, Nat. à l'alch. err. 82.

— ÉTYM. Attributum, chose attribuée, de attribuere.

ATTRIBUTIF, IVE (a-tri-bu-tif, ti-v'), adj. || 1* Terme de jurisprudence. Qui attribue. Ariêt attributif de juridiction. || 2° Terme de logique. Oui indique ou énonce un attribut. Proposition attributive.

— étym. Attribuer.

ATTRIBUTION (a-tri-bu-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f \\ i* Action d'attribuer. || Dans la jurisprudence, attribution de juridiction, l'action d'étendre la compétence d'un juge. Nous verrons s'il y a lieu de demander l'attribution d'un nouveau tribunal, volt. Lettr. Damilaville, 27 miars, 4 785. |l Lettres d'attribution, pouvoir que le roi donnait à des commissaires ou aune juridiction subalterne pour juger une affaireen dernier ressort. || En grammaire, rapport d'attribution , celui qui est ordinairement exprimé par la préposition à. || 2* Prérogative, privilège. Ces charges ont de grandes attributions. || 3* Tout droit de gérer, d'administrer, de connaître, etc. Ceci est dans les attributions de tel magistrat, de tel tribunal. || Par extension. Empiéter sur

les attributions de quelqu'un, s'attribuer le droit d'un autre.

— HIST. xiv" s. Ils ont aucune dépendance d'une chose ou attribucion à aucune chose, oresme, Eth. vu, 42.

— ÉTYM. Âttribxtlio, de altribuere , attribuer. ATTRISTANT, ANTE (a-tri-stan, stan-f), adj.

Qui attriste. Des nouvelles attristantes. Ce sont d'attristants souvenirs.

ATTRISTÉ, ÉE (a-tri-sté, stée), part, passé. Attristé par la perte d'une personne aimée. Il rend tous ses voisins attristés de sa joie, boil. Lulr. m. Que peut cacher la tombe & ton œil attristé? v. hugo, Odes, iv, 4 4.

ATTRISTER (a-tri-sté), ». o. || 1* Rendre triste. Cette nouvelle attrista les coeurs. Mais ce jeune inconnu me tourmente et m'attriste, volt. Mérope, u, t. || Absolument. Cela attriste. Ces divisions de Charron [dans son livre de la Sagesse] qui attristent, pasc. dans cousin. || 2" S'attrister, v. réfl. Devenir triste. Vous vous attristez sans motif.

— HIST. xvi* s. Qu'il ne falloit plus qu'il s'attristast pour l'emprisonnement de M. le connestable,

CARLOIX, VIII, 4t.

— ÉTYM. A et triste.

fATTRIT, ITE (a-tn, tri-t'), adj. Terme de théologie. Pénétré d'attrition. Une âme attrite.

— ÉTYM. Voy. attrition.

ATTRITION (a-tri-sion; en poésie, de quatre syllabes),'./1. || 1* Terme de physique. L'action de deux corps durs qui se frottent et s'usent. Les métaux, quelque attrition qu'ils puissent éprouver, n'attirent point les corps minces à eux, volt. Feu, i, ni, 5. || En chirurgie, écorchure superficielle résultant d'un frottement. On a appelé aussi attrition le plus haut degré de la contusion , l'écrasement d'une partie quelconque. || 2° Terme de théologie. Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines. Dire que la contrition soit nécessaire, et que l'attrition toute seule ne suffit pas avec le sacrement, pasc. Prov. 40.

— SYN. attrition, contrition. L'attrition est un sentiment intéressé et exprime,' en vue des peines qui peuvent être infligées, le regret d'avoir offensé Dieu. La contrition est un sentiment désintéressé, et exprime le même regret, sans aucun regard pour les peines et avec la seule attention au mécontentement de Dieu.

— HIST. xvi* s. Ils gergonuent assez de contrition et attrition, calv. Inst. 485. Pour l'attrition des deui corps solides et durs conjoints ensemble, pake,!, 34. En maniant la partie fracturée, on sent une crépitation et attrition ou craquement, id. xiii, 2.

— ÉTYM. Attritio, de atterere, broyer, de ad, à, et terere, broyer (voy. triturer).

t ATTRITlONNAIRE(a-tri-sio-nê-r'), *. m. Terme de théologie. Théologien qui soutient que l'attrition est suffisante pour justifier le pécheur, opinion qui a été condamnée.

ATTROUPÉ, ÉE (a-troupé, pée), port, passé. Réuni en troupe. Les gens du village attroupés autour du charlatan vendeur de drogues.

ATTROUPEMENT (a-trou-pe-man) , s. m. Rassemblement tumultueux. Un attroupement séditieux. Lorsqu'on voit plusieurs loups ensemble, ce n'est point une société de paix, c'est un attroupement de guerre, qui se fait à grand bruit, avec des hurlements affreux , bufp. Loup.

— ÉTYM. Attrouper.

ATTROUPER (a-trou-pé), v. a. || 1° Assembler en troupe et en tumulte. Il attroupait autour de lui les passants. Le bruit du toosin attroupa aussitôt les habitants. || 2* S'attrouper, v. réfl. Le3 Juifs commençaient à s'attrouper autour de lui, boss. Ilist. il, ». Nos Bretons s'attroupent par les champs, sêv. 220. Tous ces hommes s'attroupent au pied des mêmes autels, dider. Relig. nat. 28. Ainsi qu'on les voit tous s'attrouper sans effroi Contre les fiers assauts des tigres d'Hyrcanie, volt. Scythes, i, t.

— HIST. xiii* s. Chascuns entor lui s'atropele, Fabl. et Contes ont. t. in, p. 407.

— ÉTYM. À et troupe; provenç. atropelar.

f ATYPIQUE (a-ti-pi-k'), adj. Terme de médecine. On donne ce nom aux maladies périodiques, et surtout aux fièvres intermittentes, dont les accès reviennent sans aucune régularité.

— ÉTYM. 'A privatif, et type.

AU, AUX (6; dans aux, l'a se lie, comme si c'était une s, aux mots commençant par une voyelle ou une h muette : aux hommes, dites : ô-z hommes). || 1* Au, contraction pour à le, s'emploie avec les noms masculins qui commencent par une consonne ou une h

aspirée. Au temple, au seigneur, au héros. Je lui dis au hasard. Je l'entends au sens des molinistes, pasc. Prov. 4. L'endurcissement au péché traîne une mort funeste, mol. D. Juan, v, 8. Et qu'au dû de ma charge, on ne me trouble en rien, id. Tart. v, 4. || 2° Aux, contraction pour à les, s'emploie avec les substantifs des deux genres. Vivre aux champs. Donner aux pauvres. Convenir aux femmes. Qu'on se laisse aisément persuader aux personnes qu'on aimel mol. le Bourg, gent. m, 40. On souffre aux entretiens ces sortes de combats, id. Femm. sav. îv, 3. Nous saurons toutes deux imiter notre mère.... Vous, aux productions d'esprit et de lumière, Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière, id. ib. i, 4. Je ne me trompe guère aux choses que je pense, id. Dép. am. i, 2. J'approuve la pensée, et nous avons matière D'en faire l'épreuve première Aux deux princes qui sont les derniers arrivés, id. l'syché, t, 4.

— HIST. xi* s. E se [il] mesfeist as homes de sa baillie.... L. de Guitl. 2. [Il] Forfait [mis à l'amende] fust u duble de ce que altre fust forfait, ib. 2. Si perde [qu'il perde] sa franchise, si al rei nel pot reachater, tb. 41. Et dist al rei : Or ne vous esmaiez, Ch. de Roi. m. Quant vous serez el palais seigneuril, ib. x. || xif s. Si m'avez point [piqué] el cors profondement, Ronc.p. 154. Au chief [ils] lui ploient un mantel aufricant, ib. p. 4 62. Si estes suer [sœur] al marquis Olivier, ib. p. 461. Il fu nourriz enz ou règne de France, ib. p. 465. Quant au tierz jour [il] se prist à pourpenser, ib. p. 4 77. Dès-ci as ongles sont armé sans faillance, ib. p. 434. [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist el mont [monde] ne vouer ne trouver, Coud, u. Et que mes cuers au vostre s'humelie, ib. Que naist la rose et le lis Et la rosée ou vert pré, tb. xn. Ou palais de Tremoigne [il] a sa femme laissie; Au départir de li l'a doucement baisie,Sox. vu. || xiii" s. El jardin le [du] roi [il y] ot mainte table dressée, Berte, u. Au manger sist li rois o sa gente mesiie, ib. Moût a eu grant guerre on pays longuement, tb. xlvii. Que le livre as histoires [il] me montra, où je vi.... ib. i. Se li uns des arbitres ne pot entendre à autres besongnes qu'aus [à celles de] son segneur, bealm. xli, 8.

|| xvr s. Aux longues guerres d'entre luy et Robert, mont, i, 45. Razias, surnommé le père aux Juifs, ■J. n, 33. Punissant aux enfants lafaulte des pères, id. n, 4 97. De toutes les absurdités, la plus absurde aux Epicuriens est desadvouer la force et l'effect de» sens, id. u, 4 2.

— ÉTYM. Au, ou, u, on sont des formes diverses de el ou al ; al est pour à le; mais el est sans doute pour en le; aux, aus , as sont pour à les.

AUBADE (6-ba-d'), s. f.\\ 1" Concert donné en plein air, le plus souvent vers l'aube du jour, à la porte ou sous les fenêtres de la personne à qui on veut faire honneur. Le régiment a donné une aubade à son colonel. Les gentilshommes de la garnison attaquent les donneurs d'aubade, p. l. cour. i. 207. || 2° Ironiquement. Lefranc fait bien tout ce qu'il peut pour m'attirer cette aubade [les sifflets], volt. Lett. vers.... 45. Hubert me faisait rire avec ses pasquinades, Et j'entrais dans la tombe au son de ses aubade3, id. Ép. 402. Pour vous venir donner une fâcheuse aubade, mol. l'Élour. m, io. Qu'il aille au diable avec sa sérénade; Je vais songer à lui donner l'aubade, moi, regnard, Sérénade, se. i.

— HIST. xv* s. Mais les seigneurs dont nous parlons Eurent tous pour ce coup l'aubade ; Chascun d'eulx fut, que ne faillons, De la grant peur troys jours malade, villon, i" rep. franche. Et durant ces devises, elle n'oublia pas de le servir d'aubades [agaceries] assez largement, louis xi, fiouv. xxm. || xvi* s. Et une aubade que lui donnerez tous les ans, le premier jour du mois de mai, dksper. Contes, li. Quand oirrons nous au matin les aubades De divers luths mariez à la vois? rons. 697.

— êtym. Espagn. albada, de alba (voy. aube); wallon, ombdde.

fAUBAGE (ô-ba-j'), i. m. Terme de charron Planches refendues, dont on fait les panneaux.

— ÉTYM. Aube 3.

AUBAIN (ô-bin), s. m. Etranger qui n est pas naturalisé et qui est sujet au droit d'aubaine. Les Genevois ne sont point aubaius en France ; ils jouissent de tous les privilèges des Suisses, volt. Lettr. d'Argental. t mars, 1766.

— HIST xru* s Aubain» ne puct faire autre seigneur que le roy en s'obeissance, do cange, albani. Se aucuns aubains muert sans hoir ou sans lignage, li rois est hoirs, id. ib. Il xiv* s. Albains sont hommes et femmes qui sont nez en villes dehors le

royaume si prouchaines, quel'enpeutcongnoistre les nomsetnativités, ducanoe, Albani. Il xvi's. Aubains sont estrangers qui sont venus s'habituer en ce royaume, ou qui, en estant natifs, s'en sont volontairement estraugés : et non ceux qui, estant nés et demeurans hors le royaume, y auraient acquis des biens par succession ou autrement, loysel, 87. Le haut-justicier succède a son sujet par faute de parens, comme le roy aux aubains, H>. 348.

— ÊTYM. Bas-lat. albanus, albanius, aubena. Mot qui a beaucoup exercé les étymologistes. Cujas le tire du latin advcna, étranger; Nicot, de l'ancien français hober, qui signifie remuer, déplacer; Loisel, d'alibi natus, né ailleurs; Caseneuve et du Cange, de Albanus, nom des habitants de l'Albanie (Ecosse); attendu, disent-ils, que ce peuple est très-voyageur; Grimm le fait venir de l'ancien allemand panxo, auquel il attribue la signification d'habitant et de eli, ailleurs, alienigena. Diez conjecture un adjectif formé de alibi, comme prochain de proche. Cette dernière étymologie est vraisemblable; cependant il y a, dans le bas-latin, atbaranus et albarraneus, formes qui se trouvent dans des documents espagnols; et en effet l'espagnol a conservé albarran, nom que l'on donne aux garçons qui n'ont point de domicile, sans feu, ni lieu; albarraneo, forain, étranger; albarrania, état de garçon, célibat; de la sorte, si l'on pouvait rendre compte de la disparition de IV, le bas-latin albanus et le français aubain viendraient de albarran, qui conduit à l'arabe ai, le, et barreyyoun, étranger, forain; mais cette disparition n'est justifiée par rien. Il y a aussi, dans l'ancien français, aubain, sorte d'oiseau : Et tout aussi comme l'aloe Fuit le mousket et l'esprevier Plus que l'aubain.... ph. mousk.es, ms. p. 1 86 , dansLACUBNE ste-palaye ; mais cet aubain, qui vient sans doute de albus, blanc, ne parait avoir rien de commun avec l'autre aubain.

fAUBAlNAGE (ô-bè-na-j'), s. m. Droit d'aubaine.

— ÊTYM. Aubain.

AUBAINE (Ô-bè-n'), s. f. || 1' Succession aux biens d'un aubain, d'un étranger non naturalisé. Droit d'aubaine, droit en vertu duquel le souverain recueille la succession de l'étranger qui meurt dans ses Etats. Un aigle sur un champ prétendant droit d'aubaine, boil. Sat. vm. Dans ce temps-là s'établirent les droits insensés d'aubaine et de naufrage, montesq. Esp. xxi, 47. || 2° Fig. et familièrement, tout avantage inattendu. C'est là pour vous une bonne aubaine. Mais ici point d'aubaine, ou si j'en ai quelqu'une, C'est de coups, la pont. Fab. vi, u.

— ÉTYM. Aubain.

4. AUBE (Ô-b'), s. f. ||1* Premier blanchissement de l'horizon, au point du jour. L'aube du jour, l'aube natinale ou simplement l'aube. Et du temple déjà l'aube blanchit le faite, rac. Athal. i, 4 . || Terme de pêche. Sardines d'aube, sardines que l'on prend à la pêche du matin. || L'aube des mouches, l'heure de midi. || 2* Terme de marine. Le temps qui s'écoule entre le souper de l'équipage et le moment où se prend le premier quart.

— HIST. xi* s. Par main [matin] en l'albe, si com li jurz esclaire, Ch. de Roi. lu. || xii* s. En mer se mettent quand l'aube est esclarée, Jlonc. p. 418. Peu ai-je eO, En la chambre [de ma dame], de joie; Trop m'a neû [nui] L'aube qui me guerroie, Romancero, p. 68. Si cume la clarted de l'albe est bêle et clere, quant li soleilz lieved par matin, Rois, 21 i. || xiii" s. Devant l'aube aparant , ainsqu'ilfutajourné, Berte, xv. Renart conmence à apeler [le loup], Qu'ileuques ne volt plus ester, Que jà estoit l'aube crevée, Ren. 4 4 76. Tu ies.... Aube qui le jor nos amainne, ruteb. n, 43. Aussi comme l'aube du jour aparoit, nous nous atirames [préparâmes] de touz poins, joinv. 22t. || xv" s. X l'aube du jour, fhoiss. I, i, 4 60. |) xvi* s. Dès l'aube du jour, amyot, Comment refrén. la colère, 44. Au tiers jour, à l'aube des mouches, nous apparut une isle triangulaire,

BABEL, l'unt. IV, 9.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. alba; portug. alva; ital. alba; de albus, blanc (voy. album).

a. AUBE (ô-b'), s. f. Long vêtement de toile blanche que portent les prêtres dans les cérémonies. L'aube offre de douces consonnances avec les idées religieuses, chateadb. Génie, iv, i, 2.

— hist. xii' s. Dune s'esteit desparé de l'aube senz délai; En chape e en surpliz remist [resta].... Th. le mart. 37. ||xin4 s. Et puis après, l'aube qui est purement blanche , qui senefie virginité, Chr. de Uains, p. 104. De la cité s'en ist l'eschiele de

AUB

clergie [la troupe des clercs], Revestu de lor aube, bien çaint et haubergie, Ch. d'Ant. vm, 409.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. alba; de albus, blanc (voy. album).

a. f AUBE (Ô-b'), s. {. Planche fixée à la circonférence d'une roue de moulin à eau, et sur laquelle s'exerce l'action du liquide. || Les roues des bateaux à vapeur ont aussi des aubes appelées à tort ailes, pales et vannes.

— HIST. xiii* s. Cil qui le tient à louage [le moulin], doit livrer quevilles, fusiax, aubes et teles cozes menues, beaum. xxxvui, 46. Se li mestre qui gardent le mestier trouvent arçon mauves, c'est à savoir aube, il doivent le aube faire taillier hors nettement, Liv. des met. 24 6. Fuz qui soient bon et loial à faire leur mestier, c'est à savoir de fin cuer de chaisne sans aube, de perier, d'alieret d'erble, t'6.

— ÉTYM. Aube, en ancien français, veut dire bois blanc; de là le nom des aubes de moulin, qui sont en bois blanc; de albus, blanc (voy. album).

AUBÉPINE (ô-bè-pi-n'), s, f. Arbrisseau épineux qui produit de petites fleurs blanches et dont les baies sont astringentes (mespilus oxyacantha, L.). Et tout renaît, et déjà l'aubépine A vu l'abeille accourir à ses fleurs, bêrang. Malade.

— HIST. xii" s. Car sor chascuu [il] fist croistre un aubespin, Ronc. p. 4 65. De vers ulbes espines à faire un feu ardant, t'6. p. 4 99. j| xiu" s. Cest cortil fut moult très bien olos De piez de chesne aguz et gros; Hordez estoit d'aubes espines, Ren. 4294.

|| xv s. Et estoie sous un buisson Que nous appel- Ions aube-espine, froiss. Espinette am. ||xvi* s. D'autant que plus plaisent les blanches roses, Que Paubespin.... marot, i , 220. Aubepins, et autres arbrisseaux, portans bons fruits pour la nourriture des oiseaux, palissy, 74. Cannes ou roseaux, aubespine, joncs.... paré, xxjv, 24. Contraindre par l'enter un aubespin de produire des poires, o. de serres, 656. Entant le greffe de l'aubespin blanc sur le tronc du coigner, de ce mariage sort un fruit nommé arzeirole, id. «94. Les plus utiles plantes pour les haies sont les aubespins blancs ou espine blanche, id. 742.

— ÊTYM. Bourguig. aibôpin; picard , nobépine; Berry , ébeaupin , ébiaupin,aubépin , abeaupin , abiaupin; wallon, aubispène, épine-vinette ; provenç. albespin; de aube pour albe, de albus, blanc (voy. album), et épine. Aubépin, qui se trouve dans les patois, a été employé par Régnier, Stances : Naguère vert, sain et puissant, Comme un aubespin florissant. Dans le picard, nobépine est pour noble-épine, nom qu'a porté aussi l'aubépine.

AUBÈRE (Ô-bè-r'). || l'Adj. Cheval, jument aubère, cheval, jument dont le corps est recouvert d'un mélange de poils rouges et de poils blancs, la crinière et la queue étant de même couleur ou de nuance plus claire. || 1' S. m. Robe d'un cheval aubère. L'aubère clair ; l'aubère rougeatre.

— ÊTYM. Ce mot est sans doute formé de albus, blanc, et signifie, à l'aide de sa terminaison, blanchâtre, grisâtre.

t. AUBERGE (6-bèr-j'), ». f. Maison où on loge et nourrit les voyageurs pour de l'argent. Descendre, coucher à l'auberge. || Fig. L'auberge enfin de l'hyménée Lui [à la discorde] fut pour maison assignée, la font. Fab. vi, 20. || Familièrement. Tenir auberge, recevoir tout le monde à sa table. || Prendre la maison de quelqu'un pour une auberge, aller y dîner souvent et sans invitation. || X Malte, l'hôtel de chaque langue portait le nom d'auberge , parce que les chevaliers s'y assemblaient et y mangeaient ordinairement.

— hist. xt* s. Guenes li quens est venus as herberges [logis] , Ch. de Roi. un. Li emperere a prise sa herberge, t'6. clxxviii. || xv s. Item, que l'ost puisse surprendre ses ennemis en prenant leur repast, ou de nuit en leur hebarges, christ, de pisan, Charles V, u, ch. 33.

— ÉTYM. Provenç. alberc, demeure, logement, alberga , alberja , baraque; espagn. albergue; ital. albergo. Ce mot, écrit aussi herberge, à même origine que héberger (voy. ce mot).

f2. AUBERGE (ô-bèr-j'). s. f. Voy. alberge.

AUBERGINE (6-bèr-j i-n'), s. f. Espèce de morelle, dont le fruit ovoïde ou allong1. en forme do concombre, est blanc-violet, jaune ou rougeatre. || Le fruit même qui se mange cuit de diverses façons.

— ÊTYM. Diminutif do auberge 2.

AUBERGISTE (6-bèr-j ist'), s. m. et f. Celui, celle

qui tient auberge.

— ÊTYM. Auberge.

tAUHERON(ô-be-ron), s. m. Terme de serrurier.

AUG

Petit morceau de fer au travers duquel passe le pêne d'une serrure.

t AUBERONNIÈRE (ô-be-ro-niê-r'), s. f. Pièce de fer sur laquelle sont rivés des auberons.

f AUBERT (6-bèr) , adj. Mauvaise orthographe quelquefois employée pour aubère.

f AUBETTE ou AUBÈTE (ô-bè-f), s. f. Terme d'administration militaire. Bureau où les sous-officiers d'une garnison vont à l'ordre.

— ÊTYM. Diminutif de ou6e 4 , à cause que l'on va d'ordinaire à l'ordre de bon matin.

t AUBE-VIGNE (ô-be-vi-gn'), s. f. Sorte de clématite (clematis vitalba, L.).

— ÉTYM. Aube, de albus, blanc, et vigne.

AUBIER (6-bié), s. m. Terme de jardinage. Couches les plus superficielles du bois dans les arbres dicotylédones, celles qui sont entre l'écorce et le liber. L'aubier est plus pesant et plus solide dans les vieux que dans les jeunes arbres, Buff. Exp. sur les tégét. f'mém. Il faut à peu près douze ou quinze ans, dans les meilleurs terrains, pour transformer l'aubier en bois parfait, id. 2' mém. Un rameau d'un arbie tsi moins âgé que sa tige, et son aubier que son tronc, bern. de st-p. Harm. liv. v, Harm. anim. || Aubier faux ou double aubier, défaut du bois, consistant en ce que deux couches d'aubier sont séparées par une couche de bois parfait. || Aubier se dit quelquefois, mais à tort, pour obier (voy. ce mot).

— ÉTYM. Berry, aubier, saule; provenç. albar ; de albarius, à cause de la blancheur de cette couche de bois, de albus, blanc (voy. album).

AUBIFOIN (6-bi-foin), s. m. Nom vulgaire de la centaurée bleue.

— HIST. xvi4 s. [Les guerets] Qui n'ont rendu sinon, en lieu de bons espics, Qu'yvraie, qu'aubifoin, queponceaux inutils! rons. Berg.Églogue 4.

— ÊTYM. Norm. aubouffin. Origine inconnue. On le nomme aussi au6t'(on.

AUBIN (ô-bin), s. m. Terme de manège. Allure défectueuse du cheval, qui résulte de l'âge ou de la fatigue, et dans laquelle, galopant encore du devant , il ne peut que trotter du train de derrière. 1 1 Anciennement, le cheval lui-même.

— hist. xv4 s. La duchesse d'Autriche chevauchoit un hobin ardant; il la fit cheoir, comm. vi, 7.

— ÉTYM. Ital. ubino, espèce de cheval; de l'anglais hobby. Ce mot, mieux écrit jadis hobin, signifiait un cheval ayant une allure particulière.

Page 1