‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 143 sur 403 · AUL · texte numérisé non relu

AUL

avec les armées , boss. Marie-Thérèse. Mais tant de beaux objets tous les jours s'augmentans (le participe accordé selon l'usage du temps), malh. iv, 4.

— HIST. xiv* s. Plourez, dames, plourez vostre servant, Qui toudis ay mis mon cuer et m'attente, Corps et penser et désir en servant L'onneur de vous, que Die* gart et augmente, machault, p. 57. || xv s. Le saint siège que saint Pierre et saint Paul avoient édifié et augmenté, froiss. il, il, 20. || xvi* s. La société et amitié s'en augmente [des réunions], mont, i, 4 99. Le soing de s'augmenter en sagesse et en science, id. ii, 223.

— ETYM. Provenç. augmentar; espagn. aumentar; ital. aumentare; de augmenta™ (voy. aughent).

AUGURAL., ALE (ô-gu-ral, ra-1'), adj. Terme d'antiquité romaine. || 1° Qui appartient à l'augure, à celui qui observe les présages. Bâton augurai. || 2° Qui a rapport aux augures, aux présages. La science augurale. Livres auguraux. || Il suit toujours le substantif.

— ETYM. Auguralis, d'augur (voy. augure 4).

i. AUGURE (ô-gu-r1), s. m. Terme d'antiquité. Celui dont la charge était, chez les Romains, de tirer des présages du vol et du chant des oiseaux. César est désigné souverain des augures, volt. Catil.

— HIST. xiv* s. Augur, auguremens sont moz apartenans à divinations faites en chans ou enmouvemens des oiseaus, bercheure, f*4.

—ETYM. Latin, augur; ombrien, uhtur; mots dont Pétymologie ultérieure est très-douteuse. Quelquesuns le tirent d'augere, accroître, de sorte que l'augure serait celui qui augmente, qui consacre, qui rend auguste. D'autres supposent un neutre augus, égal au grec eîxoç , pcïere, de sorte que l'augure serait le priant, celui qui prononce des serments.

2. AUGURE (ô-gu-r") , s. m. || 1* Terme d'antiquité romaine. Présage tiré du vol des oiseaux. Allez, Catilina ne craint pas les augures, volt. Catil. i, >. || 2° Fig. Tout ce qui présage quelque chose. Mon cœur même en conçut un malheureux augure, rac. Brit. I. 1. J'en accepte l'augure, et j'ose l'espérer, corn. Cinna, v, 3. Je tire bon augure de cette réponse, boss. Lett. quiét. 440. Nous entendîmes un cri de mauvais augure, hamilt. Gramm. ». La joie des courtisans est un bon augure, sév. 4 46. Je tiens pourtant à bon augure de ce que.... voit. Lellr. «3. Je prends à bon augure de ce que la fortune nous rapproche du lieu où vous êtes, id. ib. 66. || Familièrement, c'est un oiseau de bon augure, de mauvais augure, se dit d'un homme dont la présence fait pressentir quelque chose d'heureux, quelque chose de malheureux.

— SYN. augure, présage. Le présage est également le signe qui est dans la chose considérée , et le pronostic que nous en tirons. L'augure n'est que lepronostic. Nous présageons, et les choses présagent ; nous augurons, mais les choses n'augurent pas. Ainsi, en parlant du temps , on dira : les présages visibles au ciel , et les présages qui nous viennent à l'esprit en le considérant ; mais, en parlant d'un événement, on dira bien : l'augure que j'en tire ; mais on ne dira pas : l'augure qui y est manifeste. C'est en cet emploi qu'est la différence entre augure et présage. || Etymologiquement, présager, prxsagire, c'est connaître d'avance par quelque signe; augurer, augurari, c'est deviner l'avenir par le chant et les mouvements des oiseaux.

— HIST. xii* s. Se mis augures ne ment.... Rom.

de flou, 152(9.

— Etym. Provenç. auguri, augur, agur; espagn. aguero; portug. ogouro; ital. augurio; d'augurium , d'augur (voy. augure i). Augure, dans l'ancien français, est un mot refait; la forme antique est aûr ou fur, qui est devenu heur (voy. ce mot).

AUGURÉ, ÉE (ô-gu-ré, rée), part, passé. Les événements augurés par une sorte de divination.

AUGURER (ô-gu-ré) ,v. a. || 1* Conjecturer par une sorte de divination. Augurer mieux de l'avenir. Mais quoi qu'on nous augure et qu'on nous fasse craindre, malh. vi, 8. De ce soupir que faut-il que j'augure? rac. Jphig. i , 3. || 2° Absolument. Là-dessus, on augure favorablement de son salut, mass. Impén. Quand les hommes augurent d'un jeuneprince qu'il sera grand, id. Grand. Augure-t-on jamais en faveur de ceux qui ont plus d'obstat les à surmonter? id. Car. Fausse confiance. C'est par là que j'ai toujours bien auguré de sa judiciaire, qualité requise pour l'exercice de notre art, mol. Mal. imag. h, 6.

— hist. xiv* s. Nulle chose n'estoit faite [à Rome] ne à l'nstol ne à la bataille, se premièrement elle ne fust augurée, bercheure, f° 61), tmo.

— ÉTYM. Provenç. augurar, agurar; ital. a<ugurare;d' augurari, d'augur (voy. augure i).

4. AUGUSTE (ô-gu-sf), adj. || l'Digne de respect; qui impose. Air, visage auguste. Un auguste personnage, un homme de famille souveraine. Il suffit qu'un homme ait été assez heureux pour voir l'auguste visage de son prince, pour qu'il cesse d'être indigne de vivre, montesq. Lett. pers. 402. Non, je ne trouble point ses augustes secrets, rac. Brit. i, 2. Sa confidence auguste a mis entre mes mains Des secrets d'où dépend le destin des humains, id. ib. v, 3. Vous que tant de constance, et quinze ans de misère Font encor plus auguste et nous rendent plus chère, volt. Mérope, i, 4. Et ceux qui ont vu de quel front il a paru dans la salle de Westminster et dans la place de Whitehall, peuvent juger aisément combien il était intrépide à la tête de ses armées, combien auguste et majestueux au milieu de son palais et de sa cour, boss. Reine d'Angl. Il ne faut jamais s'appesantir surles petits détails quiôtentaux grands événements tout ce qu'ils ont d'important et d'auguste, volt. Lcltr. Schouvaloff, 44 nov. 4 764. || 2* Terme d'antiquité romaine. Papier auguste, papier de première qualité, composé des enveloppes les plus fines du papyrus qui servait à fabriquer le papier des anciens. || Histoire auguste, recueil qui contient la vie des empereurs et de leurs compétiteurs depuis Adrien jusqu'à Carin.

— ÉTYM. Provenç. august; espagn. et ital. augusto; de auflustus,qui paraît formé de augere, augmenter, comme angustus, étroit, de angere, serrer.

2. f AUGUSTE (ô-gu-sf), t. m. || 1* Titre déféré par le sénat à Octave et porté depuis lui par les empereurs romains ses successeurs. || Par extension, roi ou prince magnifique et ami des lettres. Un Auguste aisément peut faire des Virgile, boil. Sat. 1. 1| 2" Nom que les Romains donnèrent au mois dit sextilù jusqu'alors , lorsque Auguste fut nommé grand pontife , et qui est notre mois d'août. || 3° Nom du mois d'août dans Voltaire, qui, par un malheureux retour vers l'origine latine, voulut changer août en auguste, et dont la tentative n'eut aucun succès. Ces paquets étaient du commencement du mois d'auguste, volt. Lett. l'russ. 3). Le roi ordonna au cardinal de Bouillon, par ses lettres du mois d'auguste, que nous nommons si mal à propos août.... id. Louis XIV, Quiétisme.

— êtym. Voy. auguste 4 et août.

f AUGUSTIN (SAINT-) (sin-t6-gu-stin) , ». m. Ancien terme d'imprimerie. Sorte de caractère de la force de 4 3 points, qui est entre le gros romain (18 points) et le cicéro (4 4 points), ainsi nommé parce qu'on s'en servit en 4 467 pour imprimer la Cité de Dieu de saint Augustin. || 2* Terme de cartounier. Saint-Augustin , carton d'un format de 4 8 à 4 9 pouces de largeur sur 2* de longueur.

AUGUSTLNS (ô-gu-stin) , s. m. plur. Religieux qui suivent la règle de saint Augustin ; ils ont une chape noire à larges manches, sous laquelle ils portent une robe blanche; leur chape est arrêtée par une ceinture de cuir. Les augustins sont serviteurs du roi, la font. Bail. || L'ordre des augustins s'est divisé en ermites de Saint-Paul, de Saint-Jérôme, les religieux de Sainte-Brigitte, ceux de Saint- Ambroise et les frères de la Charité. || Augustins déchaussés, augustins de la réforme établie vers la fin du xvi* siècle par le P. Thomas Jésus, dits aussi Grands Augustins, Petits Pères, Capucins noirs. || Petits Augustins, augustins de la réforme de Bourges (4 563), dits aussi augustins de la Reine Marguerite.

— ÉTY'M. Augustin, qui est un diminutif du nom propre Auguste (voy. auguste).

t AUGUSTINE (ôgu-sti-n'), s. f. Sorte de chaufferette où une lampe à esprit-de-vin donne la chaleur.

t AUGUSTINE? (ô-gu-sti-n'), s. f. plur. Religieuses qui suivent la règle de saint Augustin, dites aussi filles ermites de Saint-Augustin.

t AUGUST1NIEN (ô-gu-sti-niin), s. m. || 1° Celui qui suit l'opinion de saint Augustin sur la grâce et la prédestination. || 2° Augustinien, enne, adj. Qui se rapporte aux religieux de l'ordre des augustins. ||Alphabet augustinien, histoire, par ordre alphabétique, de l'ordre des augustins.

AUJOURD'HUI (ô-jour-dui), adv. || i* Le jour où l'on est. Aujourd'hui nous irons à Paris. Pour aujourd'hui. Cela est heureux, lui répondis-je; car de la manière que vous avez parlé tout aujourd'hui, je reconnais que vous avez grand besoin d'être éclairé, montesq. Lett. pers. 401. || Le jour d'aujourd'hui, pléonasme populaire et fort peu recommandable, maisqui pourtant n'apasété mal employé dans ce vers-ci : L'univers est à lui [Dieu] , Et nous n'avons

à nous Que le jour d'aujourd'hui, lamart. Médit. 1,2. || D'aujourd'hui en huit , en quinze, expression elliptique signifiant dans huit jours, dans quinze jours à compter d'aujourd'hui. || 2* X présent, au temps où nous sommes. Les hommes d'aujourd'hui. Vous êtes aujourd'hui ce qu'autrefois je fus, corn. Cid, i, 7. Fait-on autre chose aujourd'hui, où l'on peut dire que le démon n'est occupé qu'à.... fléch. Serm. n, 69. Jusques aujourd'hui les créatures seules ont décidé de ma joie comme de mes chagrins, mass. Afjlict. Depuis ce moment fatal, qui vit souiller votre âme, jusques aujourd'hui , rien ne lui échappe, id. Car. Passions. Tout cet intervalle qui s'est écoulé depuis votre naissance jusques aujourd'hui, ce n'est qu'un trait rapide.... id. ib. Mort. Au siècle d'aujourd'hui Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui? boil. Sat. v. || Aujourd'hui, opposé à demain ou hier, exprime un temps indéterminé. On approuve aujourd'hui ce que l'on condamnait hier. Aujourd'hui dans l'opulence, demain dans la misère. || 3* Aujourd'hui que , au temps actuel où. Aujourd'hui que la vapeur abrège les distances. On dit dans le même sens aujourd'hui où. Aujourd'hui où ce vice a infecté tous les âges.... mass. Prod. || <• D'aujourd'hui, à partir du moment où nous sommes. Ce n'est pas d'aujourd'hui que tu sais allier La vertu, les forfaits, l'amant, le meurtrier, volt. Catil. n, 2. D'aujourd'hui je commence X sentir tout le poids de ma triste puissance, id. Orphel. rv, 4. D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire, rac. Andr. n, 5. Où mon Abel est-il? parle, est-ce d'aujourd'hui Que nous craignons Caïn ? que tu connais sa haine? gilb. lfor( a" Abel, ch. vin. Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'opinion gouverne le monde, balz. liv. vi, lett. 4. || D'aujourd'hui , depuis le commencement de la journée. Je ne l'ai point encore embrassé d'aujourd'hui, rac. Andr n, 6. || 5* S. m. Les hommes n'ont qu'un aujourd'hui. Il semble que nous nous croyions immortels et que nous devions au moins passer de plusieurs siècles cet aujourd'hui que le Fils de Dieu nous a toutefois marqué comme l'unique objet de nos soins et où il veut que nous les renfermions, bourd. Pensées, t. il, p. 59.

— REM. 1. Les grammairiens condamnent la locution jusqu'à aujourd'hui sur ce motif que la préposition à est déjà dans aujourd'hui (à le jour de hui). Massillon, dans les exemples cités ci-dessus, dit jusques aujourd'hui sans la préposition à, ce qui est la forme ancienne et régulière (voy. l'historique); cependant l'Académie admet jusqu'à aujourd'hui. Il est mieux de dire et d'écrire jusqu'aujourd'hui, comme nos anciens. |) 2. À aujourd'hui se dit dans ces locutions-ci '.Sans adieu, à aujourd'hui même, après midi; On a remis l'affaire à aujourd'hui. Cette locution est dans le Dictionnaire de l'Académie; elle paraît entrée dans l'usage. Ce même usage, ayant introduit d'aujourd'hui, introduit maintenant à aujourd'hui. Mais il faut restreindre autant que possible ces infractions à l'analogie que comporte aujourd'hui qui est : à le jour de hui.

— HIST. xiu* s. Noz fumes ajornés parcourt au jour de hui , Ass. de J. 86. || xiv* s. Telz desconfit au soir son adverse partie, Qu'au jour d'hui perdera les membres et la vie, Guescl. 4457. X estre au jour de huy mis au pilori, Bibl. des Chartes, 2* série, t. m, p. 424. || xv* s. En ce joyeulx temps du jour dhuy, Que le mois de may se commance, Et que l'on doit laissier ennuy, Pour prendre joyeuse plaisance, ch. d'orl. Bal. 47. Lassel or [je] me voy aujourdui si peu», Que nul ne fait envers moy son devoir, p.. desch. Compl. delà France. || xvi's. Tout ce qui peult estre faict un aultrejour, le peult estre aujourd'huy, mont.i, 78. Que l'amitié commence de ce jourd'huy entre nous, id. 1,4 30. Au royaume de Narsirii,'U<; encores aujourd'huy, les femmes.... id. i, 297. On veoid jusques aujourd'hui les dieux de la médecine se débattre de nostre anatomie, id. n, 34 7. Le jour d'hier meurt en celuy du jour d'huy, et le jour d'huy mourra en celuy de demain, id. ii, 378. Les

hommes d'aujourd'huy.... id. m, 284 Qui est cil

aujourd'hui , Qui ne voudra ensuivre ce bon maistre? marot, i, 297. Car, ce jour d'hui, il me convient aller Coucher là- haut vers cette haulte roche. ID. i, 34 9.

— ÉTYM. Composé de quatre mots : au jour d' hui (voy. hui, qui signifie, à lui seul, le jour présent : notre locution actuelle est donc un pléonasme). Bourguig. aujod'hui.

t. AULIQUE (ô-li-k*), s. f. Acte que soutenait un jeune théologien; il commençait par une harangue du chancelier de Notre-Dame, qui, à la fin de la harangue, donnait le bonuet au nouveau docteur.

Page 1