AUM
Puis celui-ci disputait le premier sur le sujet que le soutenant possédait le mieui, et, après lui le chancelier, le grand maître de l'acte et les autres docteurs qui voulaient argumenter.
— ÊTYM. Aula, salle, parce que cet acte se fallait dans la grande salle de l'archevêché de Paris.
2. AULIQUE (ô-li-k'J, adj. Conseil aulique, tribunal particulier de certains princes d'Allemagne. || Qui appartient à ce conseil. Conseiller aulique.
— ÊTYM. Aultcus, de aula, cour; du grec aOÀTj, qui signifie un espace en plein air, situé devant la maison et destiné particulièrement au bétail, puis un vestibule, puis un palais.
+ AU-L1T (ô-li). Terme de chasse. Au-lit, chiens, expression pour faire quêter les chiens et les lancer sur un lièvre.
— étym. Au, lit.
AULNAIE (6-nê), s. f. Voy. aunaie.
AULNE (ô-n'), ». m. Voy. aune.
AULNÉE (6-née), ». f. Voy. aunée.
f ACLOFFÉE (ô-lo-fée), s. f. Terme de marine. Mouvement par lequel le navire revient de l'abatée à la ligne du vent.
— ÊTYM. Au, loff.
AULX (ô) , pluriel de ail.
AUMAILLES (ô-mâ-lT, «mouillées, et non ô-mâye), adj. f. plur. Bêtes aumailles, bêtes à cornes, comme bœufs, vaches, taureaux. Ce mot est encore usité dans plusieurs contrées parmi les agriculteurs.
— HIST. fi" s. Mais qu'il i out cent almoille, Lois de Guill. 6. || xn" s. E par tut le pople alez, si lur dites : chascuns meint [que chacun mène] chà l'almaille e le multun qu'il volt tuer, Rois, 50. || xiii" s. En la forest un leu [loup] avoit Ki le pais tôt escilloit, Molt a occis de lor almaille, Lai de Melion. Entre deus mons et une prée Où l'on amaine sovent pestre L'aumaille de celle champestre Vile.... Ken. 6730. Mes ne me chaut comment qu'il aille ; J'ai des deniers, j'ai de l'aumaille, la Rose, 41280.
|| xvi" s. Chassans devant eux un gros butin de bestes blanches et d'aumailles, M. du bellay, 408. Parlabouvine sont entendues les bestes à corne, comme bœufs et vaches, autrement dits omail, o.
— ÊTYM. Wallon, amd, bouvillon, drnaie, génisse; normand, aumeau, jeune bœuf; du latin animulia, neutre pluriel de animal (voy. animal). Les neutre» pluriels sont devenus, en diverses circonstances, dans les langues romanes, des noms féminins singuliers : mirabilia, merveille. Aumaille signifie donc proprement les animaux, et, pour un cultivateur, les animaux par excellence, les bêtes à cornes.
t AUMÊES (ô-mée), t. f. plur. Terme de chasse. Les mailles des filets quand elles sont triples.
— ÉTYM. Origine inconnue.
AUMONE (ô-mô-ne), s. f. \\ 1" Ce qu'on donne aux pauvres pour les soulager. L'aumône qu'on est obligé de faire, pasc. Prov. 12. L'obligation de donner l'aumône, id. Réfut. de la rép. à la 4 2" lettre. Quand ils ne donnent point l'aumône de leur superflu, id. Prov. 9. Les loups n'étaient pas gens qui donnassent l'aumône, la font. Oies. On se souvient toujours qu'on distribue des aumônes, et que les aumônes ne rendent pas aux malheureux ce que la fortune leur a ôté, mais ce que la nature seule leur refuse, mass. Usage des revenus eccUs. Ne croyez pas qu'il n'employât au soulagement des malheureux que les restes inutiles de son luxe, et que ses aumônes ne fussent que les débris de ses passions, id. Yillars. Une femme forte , pleine d'aumônes et de bonnes œuvres, boss. le Tellier. C'est en effet la vraie grâce de l'aumône, en soulageant des pauvres, de diminuer en nous d'autres besoins, id. Anne de Gonx. || Mettre à l'aumône , réduire à la mendicité. Le contrôleur du domaine se justifiait d'avoir réduit vingt familles à l'aumône, yolt. L'h. auxtoécus, aud. du contr. gén. Son mariage [de Bellisle] avec une sœur du duc de Levi acheva de le mettre à l'aumône, st-sim. 830, 84. Il Fig. On lui a fait l'aumône de quelques éloges. Quoi I d'une charte on nous a fait l'aumône, Et sousle joug vous voulez nous courber! bérang. Tomb. de juillet. || 11 dérobe l'aumône aux pauvres, se dit d'un homme qui demande l'aumône par fainéantise. || 2" Terme de pratique. Autrefois, amende a laquelle on condamnait, en certains cas, ceui qui perdaient leur procès. || 3" En jurisprudence féodale, aumônes fieffées, terres tenues en franche aumône, terres qui relèvent en franche aumône, terres et rentes données à l'Eglise par le roi ou par quelque seigneur, sans autre obligation que de reconnaître qu'on les tenait de celui qui les avait données.