‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 164 sur 403 · ID. XV · texte numérisé non relu

ID. XV

— ÉTYM. Latin, bacca-.

f BAÏFIN (ba-i-fin) , adj. mast. On appelle Vers baïfins et plus souvent vers métriques, des vers français qu'on essaya de faire, au xvr* siècle, sur la mesure des vers grecs ou latins.

— Etym. Leur nom vient d'Antoine de Baïf, qui en fit plusieurs de ce genre et qui pensait les avoir inventés. C'était une erreur; ils existaient avant lui.

BAIGNÉ, ÉE (bè-gné, gnée), part, passé. ||i°Qui a pris un bain. Rasé et baigné. || 8° Mouillé. Tout baigné de sueur. Ses beaux yeux étaient baignés de larmes, fén. Tél. vi. Chimène est au palais, de pleurs toute baignée, corn. Cid, m, 4. Ses yeui baignés de pleurs demandaient à vous voir, rac. Bér. v, 7. Ces bras que dans le sang vous avez vus baignés, id. Iphig. Il, 6. Une femme éperdue et de larmes baignée, volt. Orph. n, 7. Tous les yeux étaient baignés de larmes, sév. 206. Elle parait baignée dans l'excès de la joie, id. 437. || 3° Arrosé par une rivière. Les plaines baignées par l'Euphrate.

BAIGNER (bè-gné), v. a. || i° Faire mettre dans l'eau, mettre dans le bain. Baigner des troupeaux dans le ruisseau. Baigner quelqu'un dans de l'eau tiède. || 2° Mouiller, inonder. Baigner son visage de larmes. Vous baignant de ses larmes paternelles, mass. Exempl. Elle prend ses enfants et les baigne de pleurs, bac. Phèd. v, 5. || Fig. Un si touchant regard baigne votre prunelle, v. hugo, F. d'automne, 24. || 3° Couler dans, auprès ou autour, en parlant d'une rivière. Le Nil baigne l'Élliiopie. Le lleuve qui baigne ces parages. La mer qui baigne la Bretagne. J'ai, malgré leurs efforts, soumis à votre règne Ce que le Tibre lave et que le Gange baigne, rotr. Bélis. i, 6. Un captif qui voit chaque jour Voguer la plus belle des filles Sur les flots qui baignent la tour, bérang. Prisonn. || 4° V. n. Être plongé dans. Cet arbre baigne dans l'étang. Des olives baignent dans la saumure. || 5" Se baigner, v. réfl. Se mettre au bain. Se baigner dans la rivière. || Fig. 11 se baigne dans la confiance, sév. 463. Le crédit de Chamillard s'augmentait tous les jours par l'orgueilleui plaisir dans lequel le roi se baignait de former son ministre, st-sim. 96, 4 2. || Se baigner dans le sang, se plaire à en répandre. Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, corn. Cinna, iv, 2. Qu'un jeune audacieux se baigne dans leur sang, id. Cid, n, 9. Que.... malgré la pitié dont je me sens saisir, Dans le sang d'un enfant je me Daigne à loisir, rac. Androm. i, 2. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur, id. Ath. il, 2. Une impie étrangère Se baigne impunément dans le sang de nos rois, id. Ath. i, 4. Vengez-vous, baignez-vous au sang du criminel, volt. lier, iv, 2.

BAÏ

Dans le sang innocent ta main va se baigner, id. Ali. v, 5.

— REM. 1. Lorsqu'il s'agit de l'action d'une personne qui prend un bain, le verbe baigner doit toujours être réfléchi; ainsi on dira : ils sont allés se baigner ensemble ; et non : ils sont allés baigner ensemble. Il ne devient neutre que lorsqu'il exprime qu'un objet trempe dans un liquide. || 2. On dit : ils le trouvèrent baigné dans son sang. Mais peut-on dire : ils le trouvèrent baignant dans son sang? Des grammairiens ont condamné cette locution, mais évidemment elle est légitime; et baignant dans son sang est acceptable au même titre que nageant dans son sang.

— hist. xir* s. Je vous plevis qu'en lor sanc ierl [mon épée sera] bagnie, iîonc. p. 43. Dedens le cors son espié [il] abaingnié, ib. p. 89.Etlesmalades reposer et beignier, ib. p. 469. Et lagrant courtde France au dous renom Où toute valeur se baigne, hues de LA ferté, Romancero, p. 482. Ilueccurreit une ewe.... Là se baignout les seirs pour sa char refreidier, Th. lemart. 94. || xm' s. Et li homme estoient si baignié [mouillé], que tout estaient tout ensi comme mort que de le [la] gielée quedufroit, S. de valenc. xxvm. Seiner [saigner] se fet cuntre sun mal; Al terz jur dist k'il baignereit [se baignerait], marie, Equitan. Que baignier se doivent ensemble, la Rose, 4 4680. L'on ne puet trere en plet cels qui ovrent en vigne, ne qui sebeignent, ne qui sont en moutiers, lie. de just. 84. Baron, dist-il à eus, ne soies esmaiê; Moult furent, en vos terres, li plusor aaisié, Vestu et conreé, remué et baignié, Ch. d'Ant. vni, 415. Et quant Tangrés le voit, à poi qu'il ne forsaigne, L'espéea traite nue, o grantire se baigne, Ch. d'Ant. m, <35. S'on les trueve noies où il fust accoustumé d'aler, si comme por baignier, oupor avoir de l'yaue, ou por pesquier [pêcher], beaum. lxix, <3. Chanoine, clerc, et roi, et conte Sont trop aver [avares] ; N'ont cure des âmes sauver, Mes les cors baignier et laver Et bien norrir, ruteb. n, 4. Mal furent tiex avoirs acquis et gaaigné, Dont li filz etli père sunt en enfer baigné, j. de medno, Test. 342. ||xiV s. A la première rivière qu'il verrait d'en haut, [l'esprevier] s'en yroit baignier, Ménagier, m, 2. || xv's. Elle fut percée et baignée [par la pluie] jusques àla peau, louis xi, Nouv. xl. || xvi* s. Nous contentans de nostre justice, sagesse et vertu, nous sommes bien aises et nous bagnons à nous flatter, jusques à nous priser comme demi-dieux, calv. Inst. 3. Que ces contreroleurs se monstrent un peu, et puis qu'ils se bagnent à rejecter des cœurs humains toute révérence de l'Escriture, id. ib. 44. Que nous n'affections point une grâce de brocarder et mordre en riant les uns et les autres, comme font aucuns, qui se bagnent [délectent] quand ils peuvent faire vergongne à quelcun, id. ib. 309. J'en laisserai du tout faire à l'Espaigne, De qui la main en nostre sang se baigne, marot, I, 328. Tout estoit mer; et la mer qui tout baigne, N'a aucuns borts.... id. iv, 27. Il se baigne et délecte à tourmenter toutes sortes de gens, carloix, iv, 40. Le sang de ceulx qui furent occis sur la grande place seulement, baigna tout le quartier, amyot, Sylla, 34. Le malade sera purgé, baigné, saigné, paré xi, 4 4. L'on doit appliquer estoupades baignées en oxyerat, id. xiv, ••

— ÉTYM. Wallon, banii ; picard, bagner; Berry, beugner; provenç. et portug. banhar; espagn. banar; ital. bagnare; de bàlneare, de balneum, bain, grec , paAoveîov , bain ; allem. baden ; angl. ta bath ; celt. bathain; sanscrit, bâd ouvâd, plonger. Bèze dit que plusieurs prononçaient, au xvr* siècle, bagner.

BAIGNEUR, EUSE (bè-gneur, gneû-z'), s. m. et f. || 1" Celui , celle qui tient des bains publics. || Valet, servante de bains. || Sur les côtes, celui, celle qui fait prendre des bains de mer. || 2° Au xvn* s. Celui qui tenait une maison de bain et de plaisir pour les hommes de bon ton. La Vienne, baigneur à Paris, fort à la mode, était devenu le sien [du roi] du temps de ses amours, st-sim. 30, 96. || 3" Celui, celle qui se baigne. On rencontre partout des baigneurs sur cette rive. |[ 4° Baigneuse, s. f. Ancienne coitfure de femme, j j Vêtement pour le bain.

— ÊTYM. Baigner.

BAIGNOIRE (bè-gnoi-r1), s. f. || !• Vaisseau pour prendre des bains. || 2* Dans un théâtre , loge au niveau du parterre. |] 3° Poêle dans laquelle les hongroyeurs font chauffer l'eau d'alun et le suif.

— HIST. xiv s. Qui veult saler la venoison en esté, la convient saler en cuvier ou baignoire, Ménagier, n, 5. || xv* s. Chaudière, baingnoire et cuviaux* e. desciiamps, Ménage des nouveaux mariés.

BAT

|| xvi* s. Et quand il veit, entrant dedans l'estuve, les bassins, bagnoueres, les buyes, les phioles et bouettes [bottes] aux parfums.... amïot, Alex. 37.

—ÉTYM. Baigner.

BAIL (bail, Il mouillées), *. m. Terme de jurisprudence. Contrat par lequel on cède la jouissance d'une chose'pour un prix et pour un temps. 11 vint lui signifier de rompre le bail, sév. 209. De jour en jour leur ligue avare Augmenterait le prii des baux, bérang. Math. Brun. || L'acte même. Nous n'avons pas encore signé le bail. || Fig. C'est comme si je renouvelais un bail de vie, sév. 280. J'assurai Chamillart qu'il serait bien reçu [durai], quand bien même il embarrasserait le roi ; et que, de cette époque, ce serait un nouveau bail passé avec lui, st-sim. 4 99, 4 60. || Auplur. Des baux.

— hist. xm' s. Mariage tost il [file-t-il] bail? Nenu en home, et en feme oïl, Liv. de 'justice , p. 224. Aussi est-il , s'auscuns a enfans en bail [tutèle] et il aqueroient aucune choze el tans qu'il sont en bail, beaum. xiv, 30. Bail si est quant aucuns muert et il a enfans qui sont sous-aagié et qui ne poent ne no doivent venir à l'ommage du segneur, ib. xv, 2. || xv's. Â treize ans en royauté, En bail [tutelle] de ton parenté, E. descii. Lay du roy. Ceux du conseil veoient et entendoient que le duc Aubert n'estoit que bail [tuteur] de Hainaut, car encore vivoit le duc Guillaume de Hainaut, son frère.... et si il le survivoit, et estoit tout clair que ses autres frères auraient par droit le bail et le gouvernement de Hainaut, froiss. n, il, 222. || xvi* s. Bail, garde, mainbourg, gouverneur, légitime administrateur et régentant, sont quasi tout un : combien que jadis, et encore en aucun lieux, garde se dit en ligne directe, et bail en collatérale, loysbl, 476. Le mari est bail de sa femme, id. 4 78. Il n'accepte garde ni bail qui ne veut, id. 4 79. En baux à rente rachetable, sont dus lods et ventes le jour du contrat, id. 636. Après les bails [tutelles] finis, les majeurs et les femmes veuves y entrent comme de fief servi et sans payer aucun relief, id. 683.

— êtym. Bas-lat. balium (voy. bailler).

BAILE (bê-1*), s. m. Titre qu on donnait autrefois

à l'ambassadeur de Venise auprès de la Porta. Le baile de Venise s'est longtemps défendu dans sa maison , volt. Lett. à Cath. bï.

— hist. xm* s. Henri le bak de l'empire, villehabd. p. 464 , dans raynouard.

— ÊTYM. Provenç. baile; espagn. bayle; portug. bailio; ital. bailo ;&nc. franc, bail; du bas-lat. bailus, du latin bajulus, porteur, qui, ayant l'accent sur ba, a donné régulièrement baile (voy. bailler pour saisir la série des sens).

t BÂILLANT, ANTE (bl-llan , llan-t' , Il mouillées , et non ba-yan), adj. Qui bâille, qui s'entr'ouvre. || Terme de botanique. Péricarpe bâillant, péricarpe qui , au moment de la maturité, se rompt et s'entr'ouvre. || S. m. plur. Terme de zoologie. Passereaux dont le bec est largement fendu.

f t . GAILLARD (ba-llar),«. m. et BA1LLARGE (ba- Uar-j', Il mouillées), s. /'.Terme d'agriculture. Variété très-productive de l'orge vulgaire, et dont on fait, principalement dans le midi de la France, un pain fort grossier.

— ÊTYM. Bailler, c'est-à-dire orge qui baille , qui donne beaucoup.

t*.BAILLARD(ba-llar, Il meuillées),s.m. Terme de teinturier. Chevalet sur lequel on fait égoutter les soies et les laines.

BAILLE (ba-11', Il mouillées), ». f. Terme de marine. Baquet qui sert à divers usages sur les vaisseaux.

— ÉTYM. Ital. baglia; du bas-bret. bal (l mouillée) , balek (l mouillée ), baquet ; et aussi danois, baje; suéd. bœlja, baquet; anglais, pail.

t BAILLE-BLÉ (ba-lle-blé, Il mouillées), s. m. Petit cylindre en fonte, placé au collet de la trémie dans un moulin, dit aussi babillard.

— ÊTYM. Bailler, blé.

BÂILLEMENT (bâ-Ue-man, Il mouillées, et non ba-ye-man ; il faut avoir bien soin de donner à l'a le son marqué par l'accent circonflexe), s. m || 1" Inspiration grande, forte et longue, indépen dante de la volonté, avec écartement plus ou moin; considérable des mâchoires, et suivie d'une expiration prolongée. || 2* En grammaire, rencontre de deux voyelles, l'une à la fin d'un mot, l'autre au commencement du mot suivant. Nous disons plus souvent hiatus. || 3° Maladie particulière des faucons.

— hist. xvi* s. Un ris, un bâillement, comme quand on a envie de dormir, est reprehensible, amyot, Comm. il faut ouïr, etc. 24.

— êtym. Bailler.

BAT

BÂILLER (bâ-llô, II mouillées, et non bâ-yé; il faut avoir bien soin de donner à l'a le son marqué par l'accent circonflexe), «. n. || 1" Faire un bâillement. Nous baillons en voyant bâiller les autres. Quelque léger dégoût vient-il le travailler, Une faible vapeur le fait-elle bailler.... boil. Sat.x. || 2°S'ennuyer. On bâillait à cette comédie. Quand vous liai liez à quelque trait D'un certain livre fort abstrait, Votre mie aussitôt vous gronde, st-lambert, à Mlle.... Fi des salons où l'ennui qui se berce Bâille entouré d'un luxe éblouissant, bérang. Fille du peuple. || 3» S'entr'ouvrir, être mal joint. Une [huître] s'était ouverte, et, bâillant au soleil, Par un do'.ix zéphyr réjouie.... la font. Fab. ix, 8. || Cette étoffe, cette dentelle bâille, elle n'est pas assez tendue.

— REM. Bâiller a été dit pour soupirer après, désirer ardemment ; mais c'est une faute et une confusion avec bayer (voy. ce mot).

— hist. xu* s. Puis s'en levad, et par celé chambre sus et jus alad, et sur l'enfant tant se culchat, que les oilz uverid et seit feiz baeilad, Rois, 3&9. || xiii* s. Mais Renart, qui de fain baaille, N'a cure de fere bataille, Ren. 2 1 47. Acroupiz s'est sor une couche; De baaillier li delt [fait mal] la bouche, t'b. 956. Nuns ne me tent, nuns ne me baille; Je touz de froid, de fain baaille; Dont je suis morz et mauliailliz, ruteb. in.

— ÉTYM. Provenç. badaillar ; catal. badallar; ital. sbadigliare. Ces forme» expliquent pourquoi l'ancien français a baailler en trois syllabes, et l'accent circonflexe du français moderne bâiller. Badaillar, baailler sont une forme allongée de badare, baver (voy.ee mot).

BAILLE, ÉE (ba-llé, liée, Il mouillées), part, passif. Donné. On parle de l'enfer et des maux éternels Baillés pour châtiment à ces grands criminels, malh.v,i.|| Vieux.

BAILLER (ba-llé, II mouillées, et non ba-yé; il faut bien prendre garde a ne pas assimiler ce mot à bâiller qui aun a long), v. a. || i* Donner. Bailler des coups. Un échange Ou se prend et se baille un ange pour un ange, malii. vi, 6. Telle je me résous de vous bailler en garde Aux fastes éternels de la postérité, in. iv, 4. Qui baillent pour raisons des chansons et des bourdes, bêgnier, Sat. %.... Et baillant à chaque être et eorps et mouvements, id. Poem. sacré. Que l'autre.... Même, s'il est besoin, bailla son héritage, id. Sat. xiv. Ils ne les pourraient quitter sans bailler au monde sujet de parler, pasc. Pror. 40. Comme vous baillez des soufflets, mol. Amph. I, 2. Je m'en vais te bailler une comparaison, m. te. des f. H,3. Je te baillerai sur le nez si tu ris, id. Bourg. gent.m,v. Je veux vous bailler ici quelque petite signifiance de ce que j'ai remarqué delà littérature actuelle, P. L. cooa. Utt. 39. || Il vieillit en ce sens. || Dans le langage de l'ancienne chevalerie, bailler sa foi était synonyme de tous les prodiges de l'honneur, chateaub. Génie, i, n, a. || 2* En termes de pratique, donner, mettre en main. Bailler à ferme, bailler par contrat. Un sergent baillera de faux exploits, sur quoi vous serez condamné sans que vous le sachiez, mol. Scapin, n, 8. || 3° Familièrement. En bailler d'unebelle; la bailler bonne , belle ; c'est-à-dire chercher à en faire accroire. Vous me la baillez bonne, mol. l'Étour. m, 4. || Bailler le lièvre par l'oreille, faire de belles promesses. Napoléon ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté delà presse, P. l. cour. n, 224. H4» Terme de marine. Jeter de la roguo des maquereaux sur les filets traînés par des bateaux, pour prendre des sardines.

hist. xi* s. Il nenest dreiz que Paien te [Duran-

dal l'épée] baillisent [portent], Ch. de Roi. clxx. Charles lui dist : Cuivert, mar le baillastes [vous l'avez maltraité], t'b. ccli. Baliganz sire, mal estes hui baillit, ib. cclv. || xii* s. [Ils] Ne sorent la corone cui [à qui] donner ne baillier, Sax. iv. Puis li bailliez la chartre où li seax d'or pend, ib. xxi. L'arcevesque Thomas tut avant s'en ala; La cruiz arceveskal il meïsmes porta; Xnul nel'adbaillie, Th. le mort. 39. Li autre l'ont laissié tut sul enmi l'estur, Et le corn ont baillié en main à pécheur, Ne l'espée Deu traire n'en osent par pour f peur] , ib. 28. Trestote Espaigne vous tenrezà bailler [gouverner], Ronc. p. 3. Or me bailliez le gant, t'b. p. 4 2. Mais ne plut [à] Deu, qui tout a à baillir, t'b. p. 66. Qui tant fut preuz pour ses armes baillier, t'b. p. 99. Escu [ils] lui baillent où ot peint un lion, t'b. p. 482. || xin' s. Et li dus li bailla de vaisseaus et de gai ies tant comme il li en convint, villeh. lvi. Et de ce leur baillèrent il bonnes chartes pendaus, por confermier tout

BAI

X sa mère [elle] le [l'anneauj baille, moût pleure et moût s'esmaie, Berte, vm. Mantiau de fin drap d'or [il] fait à chascun bailler, t'b. cxxix. N'il n'i a point d'amor sans faille En famé qui por don se baille, la Rose, 83 1 8. Li bers a trait l'espée dont li pons [poignée] fud'or mier, Vers Sansadoine point, mais ne le pot baillier [tenir, atteindre]; Car plus va ses chevaus que ne vole espervier, Ch. d'Ant.v, 602. Voirs est que li demanderas qui se veut aidier des letres, ne les baurra [baillera] pas, s'il ne li plest, au deffendeur, beaum. vu, 24. Et aussi se partie me requiert que je li baille conseil, ib. v, 4 9. S'aucuns me prie que je rechoive vingt livres por li d'aucun qui li doit, ou il me baut vingt livres à garder, t'b. xxix, 4 7. Et s'il est si povres, qu'il ne puist baillier nans [nantissements], ». U, 7. Le roy commanda à monseigneur Jehan de Biaumont, que il feist bailler une galie [galère] à, monseigneur Erart de Brienne et à moy, joinv. 214. Se li rois vous avoit baillé la Rochelle à garder qui est en la marche.... t'b. 4 97. || xiv s. Et les sciences [étaient] communément baillées en grec, et en ce pays le langaige commun et naturel c'estoit latin, oresme, Prolog. Une science qui est forte quant est de soy, ne peult pas estre baillée en termes legiers à entendre, id. ib. || xv s. Avisez-vous, seigneurs cardinaux, et nous baiDez un pape romain , qui nous demeure, proiss. ii, n, 24. Et autres villes baillées par le roy Charles septiesme au duc. . . . comm. i , 4 . Les villes leur bailloient ce qu'ils vouloient pour leur argent, id. I, 2. || xvi* s. Je luy baillyz si vert dronos [un coup si sec] sus les doigts, à tout mon javelot, que il n'y retourna pas deux foiz, rab. Pant. n, 4*. Bailler une grande somme d'argent au change, mont. I, 44. Plus les tyrans pillent, plus ils exigent; plus on leur bailla, plus on les sert, id. iv, 354. Tu en bailles bien à nos resveurs de philosophes, despbr. Cymbal. «2. Il lui bailla sa coquille : Aristide escrivit luy-mesme son nom dessus la coquille, et la luy rebailla, amyot, Arist. 20.

— ÉTYM. Normand, je baurai, je baillerai; provenç. bailar, baillir; ane. catal. baillir; bas-lat. bajulare, diriger, geuverner, de bajulus, tuteur, baile, pédagogue, bas-grec, paiovXo?, du latin bajulare, porter; de sorte qu'un mot qui ne signifiait dans le latin que porter un fardeau, a pris, dans les langues romanes, les sens dérivés les plus étendus: tenir, donner, garder, gouverner, traiter. La conjugaison était double : bailler et baillir, d'où, dans l'ancien français, baillie, autorité, puissance, et bailli. On remarquera aussi le futur, je baurai, conservé dans les patois, mode ancien de conjuguer dont des traces se retrouvent dans je lairrai, forme populaire de je laisserai, et dans j'enverrai.

BAILLERESSE (ba-lle-rè-s', U mouillées, et non ba-ye-rè-s') , s. f. Voy. bailleur.

BAILLET (ba-Uè) , adj. m. Se dit d'un cheval qui a le poil roux tirant sur le blanc. || Inusité aujourd'hui.

— HIST. xnr» s. Et destriers de pris hennissans, Blans, noirs, bruns, bais, baucens et bailles, g. suiaht, t. il, p. 406, dans du cange, Gl. français.

— ETYM. Diminutif de l'ancien français baille. Diez tire baillet de bai; mais outre la difficulté de changement de l't en II, baille, comme on voit, se trouve à côté de bot dans les vers de l'historique, et dès lors ne peut avoir le même sens. Il faut chercher ailleurs. Il y a dans l'italien bagliore, éblouissement, s-baglio, bévue, bar-baglio bévue. On voit qu'il y a là un radical bailt, bagl, qui, sans qu'on puisse dire ce qu'il est, se rapporte dans le français à une certaine couleur, dans l'italien à un certain état de la vue.

tBAILLETTE (ba-llè-t'. U mouillées), s. f. Terre donnée par un noble à un serf, à un vilain. Ces baillettes, qui furent d'abord données aux meilleurs habitants des villes, s'étendirent aui meilleurs de la campagne, st-sim. 374 ,465.

— HIST. xiv* s. Si mandasme faire assavoir la dite baillette ou accense, si comme il appert par teneur de mandement, du cangk, bailleta.

— ÊTYM. Bailler.

BAILLECL (ba-lleul, II mouillées, et non rja-

yeul), s. m. Celui qui remet les os luxés ou fracturés. || Vieux. On dit rebouteur.

— HIST. xm* s. Porce qu'il [le chevalier] ne se reconnu X son homme n'a son bailliu, Si [l'amour] li fi st en tans et en lieu Sentir sonpooiret sa force, Lai de l'ombre. || xv* s. Baillieu, j'obéirai volontiers; car c'est raison , froiss. u, m, 36.

— ÊTYM. Diminutif de l'ancien français bal, bail (voy. baile), qui vient de bajulus: celui qui porte, qui prend soin, d'où le sens très-particulier de celui qui

pleinement tex souvenances comme il feroient,iD. x. | soigne des luxations, des fractures,

BAI

BAILLEUR, EUSE (bà-lleur, lleû-z", Il mouillées, et non bâ-yeur), *. m. et f. Celui, celle qui bâille, qui est sujet à bâiller souvent.

— ÊTYM. Bâiller.

BAILLEUR, ERESSE (ba-lleur, Ue-rè-s', Il mouillées, et non ba-yeur; il ne faut pas confondre Va de bailleur avec l'A de bâilleur, qui est long), s. m. et f. || 1° Terme de pratique. Celui, celle qui donne à bail. || 2° Bailleur de fonds, celui qui fournit de l'argent. || 3° Bailleur de bourdes, celui qui a l'habitude de dire, de conter des choses fausses. || Cette locution vieillit. || 4* Au jeu de paume, celui qui livre l'éteuf, c'est-à-dire qui sert la balle.

— ÊTYM. Bailler.

BAILLI (ba-lli, Il mouillées, et non ba-yi; l'a est bref), *. m. || 1* Officier royal d'épée qui rendait la justice dans un certain ressort, et avait droit de commander la noblesse quand elle était convoquée pour l'arrière-ban. || 2* Officier royal de robe longue qui rendait la justice dans l'étendue d'un certain ressort, et dont les appellations ressortissaient immédiatement au parlement. || 3° Officier de robe qui rendait la justice au nom d'un seigneur. M. de Rohan fut prié d'ordonner à ses baillis de former un procès bon ou mauvais à l'avocat général, st-sim. 24 , 245. || 4* Dans l'ordre de Malte, chevalier dont la dignité était au-dessus de celle de commandeur. || 6° En Allemagne et en Suisse, magistrat.

— HIST. xii* s. Li rois qui d'Espaigne ert [était] baillis, Ronc. p. 24. Vous retiendrez la chartre et cist vostre baillif, Sax. xxiv. || xin* s. Et là où ils trovoient les Frans qui bailli estoient des terres, si les ocioient, villeh. cxxxvii. Si vos dirons de Henri, le bailli de Costentinoble, id. cli. Biaus dons soustiennent maint bailli Qui fussent ore mal bailli, la Rose, 8274. || x\T s. Gardiens et baillistres sont tenus faire visiter les lieux dont ils jouissent, afin de les rendre en bon estât, loysel,

— ÊTYM. Provenç. bailieus. Baillif, qui est l'ancienne forme, est un adjectif pris substantivement, et formé du verbe baillir (le même que bailler), tenir, gouverner.

BAILLIAGE (ba-lla-j', Il mouillées, et non baya-j'; l'a est bref), t. "»■ Il i* Tribunal qui rendait la justice au nom ou sous la présidence du bailli. ||- 2° Pays sous la juridiction d'un bailli. || 3- La maison dans laquelle le bailli rendait la justice. || 4* Dignité de bailli dans l'ordre de Malte. ||5°En Suisse et en Allemagne, territoire dont l'administration est confiée à un bailli.

— HIST. xm* s. Se fié escheit à enfant merme [très-petit] d'aage, et le seignor ou autre teigne son baillage, Ass.de Jér.i, 254.Ce est assavoir des choses qui sont soues [siennes] ou deivent estre de par sa feme por la raison dou mariage , ou de ses enfans par baillage, t'b. 47. || xyi* s. Entre enfans, il n'y a qu'un droit d'aisnesse.... toutefois, s'il y a diverses successions, coutumes ou bailliages, il prendra droit d'aisnesse en chacune d'icelles, loysel, 634. Ceux qui sont demeurans en divers bailliages royaulx sont tenus pour absens, id. 747.

— ÊTYM. Bailli; bourguig. baliaige; provenç. bailiatge; espagn. bailiage.

BAILLIAGER, ÈRE (ba-lla-jé, jê-r', 22 mouillées), adj. Qui appartient à un bailliage. Assemblées bailliagères, assemblées par bailliages.

— ÊTYM. Bailliage

t BAILLIE (ba-llie, Il mouillées), s. m. Terme de droit féodal. Seigneurie, autorité. Lorsque le tuteur ou celui qui avait la baillie voulait courir les risques de cette procédure, monteso. Jîipr.xxvui, 25.

— HIST. xi* s. [Ils] Vinrent à Charle, qui France ad en baillie, Ch. de Roi. vu. j] xn* s. La neire gent [il] avoit en sa baillie, Roncisv. p. 89. Tuit mi penser sont à ma douce amie, Puisque je sai mon cuer en sa baillie, Couet, u. || xm' s. Bien est France abâtardie, Seigneur baron, entendez, Quant femme [la reine Blanche] l'a en baillie, Et tele comme savez, hoes de la ferté, Romane, p. 488. Que il eust sa femme o lui en sa baillie, Berte, lx.

Li tens qui toute a la baillie Des gens vieilir la

Rose, 387. Donques disons noz que cil qui s'entremet de baillie garder et de justice faire, doit estre sages, beaum. 4 7. || xv" s. Quant jeunesse tient gens en seigneurie, Les jeux d'amours sont grandement prisez; Mais fortune, qui m'a en sa baillie, Les a du tout de mon cueur déboutez, ch. d'orl. 4 4 7. || xvi's. Les baillies en gardes sont coutumiere» [c'est-à-dire déférées par la coutume], loysel, (83.

— ÊTYM. Provenç. bailia; espagn. baylia. Baillit est formé, comme bailli, de l'ancien verbe baillir.

BAILLIVE (ba-lli-v', Il mouillées), t. /. La fem-

BAI

ne du bailli. Madame la baillive et madame l'élue, bol. Tart. il, ».

— ÊTYM. Féminin de baillif, une des anciennes formes de bailli.

BÂILLON (bâ-llon, «mouillées, et non bâ-yon), s. m. || 1° Petite barre de bois ou de fer qu'on met entre les dents pour empêcher de parler ou d'appeler. Lorsqu'on mit un bâillon à Lalli et qu'on lui eut coupé la tête pour avoir été malheureux et brutal, volt. Lettr. d'Argental, 23 mai (769. || Fig. Qu'en dirent [de la campagne de Vendôme, en Italie] le prince Eugène et Staremberg? Qu'en dirent les officiers principaux, quand, par son retour, leur bâillon leur tomba delà bouche? st-sim. 204, 241. || 2° Petit panier qu'on adapte au nez d'un animal pour l'empêcher de mordre. || Lien avec lequel on réunit les mâchoires d'un chien, pour le même but. || 3° Terme de médecine. Instrument qui sert à tenir la bouche ouverte lorsqu'on veut l'explorer.

— itlST. xvi* s. L'Aubespin, inventeur des baillons, à qui on en appliqua un afin que les vers qui mnltiplioient en sa bouche ne l'estouffassent, ce qui advint, d'aub. llist.i, 82.

— F.tym. llâiller; ce qui tient la bouche ouverte, ce qui fait bâiller.

BÂILLONNÉ, ÉE (bft-llo-né, née, II mouillées, et non bâ-yo-né), part, passé. || 1° Bâillonné par les voleurs, pour qu'il ne donnât pas l'alarme. Les décollés, les bâillonnés, les brûlés, les incarcérés, volt. Leur. d'Argental, 6 août 1768. || Fig. La presse bâillonnée par des lois rigoureuses. || 2" Terme de blason. Il se dit de tout animal qui est représenté avec un bâton entre les dents.

BÂILLONNER (bâ-llo-né, II mouillées, et non bâ-yo-né), v. a. || 1° Mettre un bâillon. || 2° Fig. ôter par des mesures restrictives ou par l'intimidation la liberté d'exprimer sa pensée. Bâillonner la presse.

— hist. xvi* s. Il mourut, et fut laissé longtemps bâillonné, d'aub. Bitt. i, 82. Pour couper l'uvule, on fera seoir le malade à la clairté, luy commandant ouvrir fort la bouche, et sera bâillonné, paré, vi, 7.

— ÊTYM. Bâillon.

t BAILLOOUE (ba-llo-k', II mouillées), $. f. Terme de commerce. Plume d'autruche dont la teinte est mêlée de blanc et de brun.

— êtym. Probablement, l'ancien français baille

(Vûy. BAII.LET).

i BAILLOTTE (ba-llo-f , Il mouillées), s. f. Technologie. Vase de bois, plus souvent appelé baquet.

— BTYH. Diminutif de baille.

BAIN (bin), s. m. || 1° Action de plonger le corps dans l'eau ou dans quelque autre liquide; le liquide même dans lequel on se plonge. Prendre un bain ; un bain froid ; un bain de mer. [Elle] Le plonge en un bain d'eaux et d'herbes inconnues, corn. Médée, i, 1. 1| Ba;n russe, espèce de bain de vapeur. || Familièrement et fig. C'est un bain qui chauffe, se dit d'un nuage qui menace de la pluie, lorsque d'ailleurs la température est élevée et que le soleil brille. || 2" Baignoire. Remplir, vider un bain. || Fond de bain, le linge dont on garnit la baignoire. || 3* Au plur. Établissements de bains. Ces bains sont bien situés. || Eaux minérales. Les nains de Cauterets, d'Aix en Savoie. )| 4° Fig. Une conscience que le bain de la pénitence aura achevé de purifier, mass. Comm. Le baptême est un bain qui rend à l'âme sa vigueur première, chateaub. Cénie, i, i, 6. || 6° En chimie, vase que l'on place sur un fourneau évaporatoire, et qui contient une substance quelconque, dans lequel on plonge le vaisseau où est la matière à évaporer ou à distiller. || Bain-marie, se dit quand ce vase contient de l'eau. Chauffer un bouillon au bain-marie. || Auplur. Desbains-marie. || Entermesd'alchimie, bain-marie, le mercure dans lequel étaient plongés les métaux appelés le roi et la reine. || 6° En médecine, bain électrique, état d'un individu placé sur un isoloir, et communiquant, au moyen d'une tige métallique, avec le conducteur principal de la machine électrique, pendant que celle-ci est en action. || 7" Terme de teinturier. Cuve préparée pour la teinture. || Bain se dit, en général, des liqueurs et des vases dans lesquels on prépare les différents ouvrages. || 8° Etat de fusion parfaite d'un métal. || 9° Bain de mortier, couche épaisse de mortier sous le pavé d'une cour, etc. || 10° En Angleterre, l'ordre du Bain (bath, en anglais), ordre institué par Richard II, et renouvelé après quelque décadence; l'insigne est un cordon bleu porté de gauche à droite. Le nom de l'ordre vient de l'usage qui était établi de se baigner avant de recevoir les éperons d'or.

BAI

— HIST. xi* s vos bains que pour vous Deus

i fist [à Aix la Chapelle], Ch. de Roi. x. ||xm' s. Et lors semont li empereres Alexis Morchufle qu'il venist avec lui mengier, et puis si iraient ensemble as bains, vtlleh. cxv. Donc soit, dist-il, uns bains chaufés, Puis que d'eschaper est neans, Si me faites seignier leans.... la Rose, 6î38. Quant ce vint le soir que je fus ou baing, le cuer me failli et me pasmai, joinv. 253. ||xîv' s. Je cuis lors, dissoubs et sublime, Sans marteau, tenailles ni lime, Sans charbon, fumier, baing-marie Et sans fourneau de soufflerie, Nat. à Valchim. 339. Puis dist : Fils à putain, vous l'achaterez chier; Le bain vous chaulerai, ce sera pour baignier; Mais ce sera de sanc que vous ferai saignier, Guescl. 946. || xv* s. On ferait des larmes ung baing Qu'ay pleurées de desplaisance, CH. d'orl. Rondel 69. Il fit tantost tirer les bains, chauffer les estuves, louis xi, Nouv. i. || xvr s. S'il y a grande ardeur, cuisson et douleur, on fera asseoir le malade en un demy bain, paré, xi, 25. Toutes choses qui se doivent cuire au bain marie, n>. xxiv, 22. Il entra dedans le baing, en disant : allons nous en laver et nettoyer la sueur de la bataille dedans le baing de Darius mesme, amyot, Alex. 37. Adipsum, où il a des baings naturelz d'eaux chaudes, dedans lesquelz il se baigna, m. Sylla, 64. Faites longuement bouillir dans l'eau ou bain de marie, o. de serres, 829.

— ÊTYM. Wallon, banië ; provenç. banh; espagn. bano; ital. bagno ; de balneum (voy. baigner). On a dit que bain-marie était une corruption pour balneum maris, bain de mer; mais c'est une erreur ; bain-marie se trouve dans un texte duxiv* siècle, et balneum mariœ dans Arnaud de Villeneuve qui est du même temps; il ne peut donc y avoir de corruption. Bain-marie aura été ainsi dit, par allusion, à cause de la douceur de cette manière de chauffer.

BAÏONNETTE (ba-io-nè-f) , s. f. || 1° Arme pointue qui s'ajoute au bout du fusil et qu'on peut en retirer à volonté. L'usage de la baïonnette au bout du fusil est de son institution [Louis XIV]; avant lui on s'en servait quelquefois; mais il n'y avait que quelques compagnies qui combattissent avec cette arme ; le premier régiment qui eut des baïonnettes et qu'on forma à cet exercice, fut celui des fusiliers, établi en 4 671, volt. L/tuisXl V, 29. Louis XV nous délivrant du scandale des sacrements conférés la baïonnette au bout du fusil, volt. Phil. n, 234. || 2" On soldat d'infanterie. Il y a tant de baïonnettes dans ce régiment. || 3° Les baïonnettes, la force militaire. Contre eux [tiers-état], prête à des attentats, Luit labaïonnette insolente, a. ciiénier, 247. Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la puissance du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes, Mirabeau, Collection, t. i, p. 268.

— HIST. xvt* s. Ainsi que l'on dit bayonnettes de Bayonne, des accords, Bigar. Rébus de Picardie.

— ÊTYM. Bayonne, où cette arme fut d'abord fabriquée.

BAÏOQUE (ba-io-k") , s. f. Petite monnaie des Etats romains, qui vaut un peu plus de cinq centimes. Sa Sainteté, disait Alberoni, refusait quatre baïoques et voyait tranquillement la confiscation de tous les revenus des églises vacantes en Espagne, st-

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