‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 168 sur 403 · BALANCIER (ba-lan-sié), t, m. Artisan qui fait · texte numérisé non relu

BALANCIER (ba-lan-sié), t, m. Artisan qui fait

et vend des poids et des balances.

— ÊTYM. Balance.

BALANCINE (ba-lan-si-n') , *. f. Terme de marine.

Cordage qui, descendant de la tète du màt, va au bout d'une vergue pour la soutenir a cette extrémité.

— êtym. Balancer, tenir en balance.

BALANÇOIRE (ba-lan-soi-r') , *. f. || 1* Pièce de

bois mise en équilibre, et sur laquelle se balancent deux personnes placées chacune a un bout. || 2° Escarpolette.

— SYN. Balançoire se dit fréquemment pour escarpolette, mais par abus; car la balançoire est précisément ce qui, configuré comme une balance, s'élève par un côté et s'abaisse par l'autre.

— Etym. Balancer; Berry, berlançoire; wallon, birlance.

f BALANÇON (ba-lan-son) , *. m. Bois de sapin débité en petites pièces.

BALANDRAN (ba-lan-dran) ou BALANDRAS (balan-drà), s. m. Ancien manteau. Qu'il ait.... X son long balandran changé son manteau court, Régnier, Sat. xiv. Le soleil dissipe la nue.... Sous son balandras fait qu'il sue, LA fout. Fab. vt, 3.

— ÊTYM. Bas-lat. balandrana, dans des textes du nu' siècle et du midi ; espagii. balandran; ital. palamlrana.

BALANDRAS (ba-lan-drâ) , *. m. Voy. balandran.

BALANDRE (ba-lan-dr') , s. f. Sorte de bâtiment de mer. 11 y avait [à Vive-Saint-Êloi] quarante-cinq balandres chargées de munitions de guerre et de bouche, ST-SIM. 278, 4 3.

— ÊTYM. lias-lat. palandaria; ital. palandra. t BALANIl'ÈRE (ba-la-ni-fê-r1), adj. Terme de

botanique. Qui porte des glands, qui a pour fruit des glands.

— ÊTYM. Balanus, de piXavoç, gland, et ferre, porter.

t BALAN1TE (ba-la-ni-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la membrane muqueuse du gland.

— ÉTYM. BiAavo;, gland.

fBALANOÏDE (ba-la-no-i-d') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence d'un gland.

— ÊTYM. BiXavoî, gland, et eiSoç, forme. t BALANOPHAGE (ba-la-no-fa-j'), adj. Terme de

zoologie. Qui vit de glands.

— ÊTYM. Bi),avo;, gland, et tfuiùv, manger.

BAL

t BALANOPHORE (ba-la-no-fo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des glands.

— ÊTYM. BdXavo;, gland, et çopà;, qui porte.

t BALANT (ba-lan), s. m. Terme de marine. Partie de la manœuvre qui n'est pas halée , c'est-à-dire qui n'est ni roidie ni bandée.

— ÊTYM. Mauvaise orthographe au lieu déballant. BALAUSTE (ba-lô-sf) , s. f. En pharmacie, fleur

desséchée de grenadier. I| En botanique, tout fruit charnu pluriloculaire, polysperme, qui provient d'un ovaire infère, et est couronné par les dents du calice, comme celui du grenadier.

— HIST. xvi* s. Balustre , qui est la fleur de la grenade, paré, h, 4. Prenez balaustes, escorces de grenades.... ID. XVIII, 93.

— ÊTYM. BaXaOuriov.

BALAUSTIER (ba-lfl-stié), t. m. Grenadier sauvage.

— ÊTYM. Balauste.

BALAYAGE (ba-lè-ia-j"), *. m. \\ 1* Action d'oter

les ordures avec un balai. || 2° Frais du balayage. Le balayage du devant de la maison est à la charge du rez-de-chaussée.

— ÊTYM.Ba'at/er.

BALAYÉ, ÉE (ba-lé-ié, iée), part, passé. Appartement balayé et frotté tous les jours. || Fig. Les nuages balayés par les vents.

t BALAYEMENT (ba-lè-man), s. m. Action de balayer.

— êtym. Balayer.

BALAYER (ba-lè-ié), je balayo, tu balayes, il

balaye ou il balaie, nous balayons, vous balayez, ils balayent ou ils balaient; je balayais, nous balayions, vous balayiez; je balayerai, ou balaierai, ou baïatrai; je balayerais, ou balaierais, ou balalrais; balaye, balayez; que je balaye, que nous balayions, que vous balayiez, qu'ils balayent; que je balayasse; balayant; balayé, v. a. || 1" Nettoyer un lieu avec un balai. Balayer une allée. Il Enlever avec le balai. Balayer la poussière, les araignées. || Fig. Balayer les nuages. Balayer les corsaires. Les rues furent balayées par la fusillade. Oddo, vous pouviez seul, réparant nos revers, Des flottes d'un tyran balayer nos deux mers, delav. Vêpres sic. iv, 4. Delphes n'a plus d'oracles; Le temps a balayé le temple et les miracles, lamart. Harold, i. Ces enfants à qui je souris, Mon pied balaiera leur poussière, bérang. Juif errant. || 2° Par extension, se dit de quelque chose qui traîne à terre. Sa robe, son manteau balaye la terre. Quand ses lauriers [du Pinde] .... Vont balayer la fange des cachots, bérang. Damoclès.

— REM. La prononciation balier est un archaïsme et un provincialisme, contre lequel Ménage mettait déjà en garde et dont il faut en effet se préserver.

— iiist. n* s. Jusqu'à la terre li chevoel lui balient, Ch. de Bol. lxxvi. [Il] Brandist la lance, où l'enseigne balie, Roncisv. p. 58. Tantes enseignes contra venz baloians, ib. p. 4 35. Et prent l'espieu à or resplendissant, X cinq clox d'or l'enseigne bauliant, Raoul de Camb. ao. || xin's. Les maisons [elles] firent baloier, Deseure et dessous nettoier, Bl. et Jeh. 4580. Il sunt tuit entré en la sale, Qui ne fu mie orde ne sale, Mais grans et bêle et baloîe, «6. 3052. || xiv* s. Il fait un gros balai, si va tout balayer, Girart de Ross. 4361. || xv* s. Si très tost que ces bourgeois aperçurent ces bannières et ces pennons à grand foison ventiler et baloier.... froiss. I, i, 272. || xvi* s. Allumer les cierges, ballier les temples, tendre aux soris, calv. Inslit. -H 86. L'autre le va par les flancs costoyant, Et l'autre encor va devant balloyant Les bancsde sable.... dubell. vin, 4 8, recto. Qu'il faille emploier plus de temps à balier la maison, qu'à en labourer les terres, o. deserres, 48. Les caves seront souvent baloiées, id. 201. Il vouloit que l'on acquist des héritages et maisonsoù il y eust plus à semer et à pasturer, que non pas à balier et à arrouser, amyot, Caton, 4 0. Deux mil estaient, plombées deschargerent, Sonnent tabours, enseignes balloyerent; C'estoit plaisir, J. marot, v, (05. Au lieu du fier Marcou, qui souloit baloyer Sur le haut du donjon, ils ont faict desployer Et mettre

un linge blanc sur le bout d'une lance, id.v,457

Ou d'autant que l'haleine Deseures[ventsd'est], baloyant la poudroyante plaine, Amoncelle dans l'air quelque poussier fécond , du bartas , 4 " semaine.

— ÉTYM. Balai; Berry, balier; provenç. balayar. Baloier ou balier, dans l'ancien français, a deux sens : nettoyer avec un balai et flotter au vent. Dans ce dernier sens, est-ce le même mot? Diez ne le croit pas et le rapproche de l'italien-lombard balicà, se balancer, flotter ; il se demande si ce ne serait pas un dérivé de batlate, danser. 11 est certain qu'un

BAL

bas-latin ballicare aurait donné baloyer , balier ; maij le son ai se transforme très-facilement, dans la langued'oil, enoi: témoin esmaier et esmoier; c'est ainsi que balaier a pu donner baloier. Toutes los formes dans l'un et l'autre sens sont tellement semblables qu'elles portent à n'y établir aucune différence d'origine; puis la signification ne s'y oppose pas, puisque balayer a encore un emploi très-analogue dans.: une robe qui balaye la terre, t BALAYETTE (ba-lè-iè-f) , *. /. Petit balai.

— ÉTYM. Diminutif de balai.

BALAYEUR, EUSE (ba-lè-ieur, ieû-z'), j.m.etf.

Celui , cellequi balaye. Dansla mansarde me voilà, Me voilà pauvre balayeuse , bérang. Cinq étages. Comme balayeuse on me loge, Depuis quarante ans, Dans le château, près de l'horloge, id. H. rouge. || Fig. Parmi eux [les valets], s'en remarquaient d'autres de gens principaux de la cour qui étaient accourus aux nouvelles, et qui montraient bien à leur air de quelle boutique ils étaient balayeurs, st-sim. 203, 24«.

— ÊTYM. Balayer; Berry, balieur.

BALAYURE (ba-lè-iu-r'), t. f. || 1* Les ordures

amassées avec le balai. || Balayures de mer, plantes, débris que la mer jette sur ses bords. || 2° Fig. Cet homme [saint Paul] méprisé de la foule, rejeté comme les balayures du monde, chateaub. Itin. i, U3. 0 âme pécheresse, qu'as-tu mérité sinon d'être la balayure du monde?FÉN. xviii, 4(4. || Proverbe. Il y a des balayures à chaque porte, c'est-à-dire chaque famille a ses misères.

— REM. L'Académie ne donne balayures qu'au pluriel ; mais l'exemple de Fénelon prouve qu'on peut très-bien l'employer au singulier.

— HIST. xvi* s. Les balieures de la maison , cossats, troncs da choux, et autres reliefs du jardin, o. de serres, 3t.

— ÉTYM. Balayer; Berry, baliure.

t BALBUTIE (bal-bu-sie) , s. f. Etat habituel de

celui qui balbutie. La balbutie de l'enfance. Le temps me poursuit et voilà que je m'en retourne à la balbutie, dider. dans lf.goarant. Notre langue est celle qui a retenu le moins de ces négligences que j'appellerais volontiers des restes de la balbutie des premiers âges, id. ib.

— HIST. xvi* s. Il luy demeura une balbutie, c'est à dire fut bègue, ne sachant expliquer ce qu'il desiroit dire, paré, vin, 23. Voylà un exemple de la balbucie de cette enfance, mont, iv, 21.

— ÊTYM. Balbutier; ital. balbusie.

BALBUTIÉ, ÉE (bal-bu-si-é, ée), part, passé. Des

excuses balbutiées.

BALBUTIEMENT (bal-bu-sî-man) , t. m. Vice da prononciation de celui qui balbutie. Tout en me promenant je faisais ma prière qui ne consistait pas en un vain balbutiement de lèvres, i. J. rouss. Conf. VI. Il n'est point un ivrogne à balbutiement et à hoquets,volt, iettr. d'Argental, 4 juin 4770.

BALBUTIER (bal-bu-si-é). || 1* V. n. Articuler les mots d'une manière hésitante et imparfaite. Cet enfant balbutie. Quand la mémoire vacille, la langue balbutie, j.j. rouss. Ém. I. Si on le voit balbutiant dans l'enfance, raisonnant dans l'âge mûr et balbutiant de rechef dans la vieillesse, dider. S. le liv. de l'esprit. || 2° Fig. Parler sur quelque sujet confusément et sans une connaissance suffisante. Il a voulu parler sur cette affaire, mais il n'a fait que balbutier. || Balbutier, «.n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3* V. a. Balbutier un compliment. L'enfant en essayant sa première parole Balbutie au berceau son sublime symbole [de Dieu], lamart. Médit, I, 48. Dieu! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté; Un enfant même est écouté Dans le chœur qui te glorifie, in.//ara.l, 7.

— SYN. balbutier, bégayer, bredouiller. Ce sont trois vices de prononciation. Le balbutiement est un parler mal articulé soit à cause de l'âge (enfance ou vieillesse), soit à cause d'une émotion. Le bégayement est une maladie convulsive des organes vocaux, qui consiste en un empêchement de prononcer certaines syllabes et une répétition saccadée de certaines autres. Le bredouillemeit consiste à rouler les paroles les unes sur les autres et à les confondre.

— HIST. xv* s. Le comte entendit bien la parole; mais parler ne put; carilavoitjà sa langue si mort* et le palais si clos qu'il ne faisoit mais que balbu* tier, fiioiss. m, iv, 20.

— ÉTYM. Balbutire, de balbus. L'ancien franc, avait bauboicr, avec le même sens, et qui venait d'un verbe bas-latin, balbicare, de balbus, bègue

t BALBUTIEUR (bal-bu-si-eur), s. m. Celui qui balbutie. Ce mot, dit un peu fermement, frappa tout

BAL

le monde ; les balbutieurs ne surent qu'y opposer ,

— étym. Balbutier, tBALBUZARD(bal,bu-zar), j.m.Nom d'un genre

(parution) de l'ordre des oiseaux de proie. Le balbuzard (pandion fluvialis) est le plus intrépide pêcheur de tous les oiseaux carnassiers.

— ÉTYM. Angl. bald-buaard, le buzard chauve (busard, de buse, est, dans l'ancien français, le nom d'une mauvaise espèce de faucon). Il y a aussi dans le bas-latin balbusare, balbutier; il se pourrait qu'à cause de quelque particularité de son cri, on l'eût appelé le balbutieur; et alors l'anglais viendrait du français et aurait été, par le vice de l'assimilation, interprété comme si c'était bald-buaard , le buzard chauve.

BALCON (bal-kon) , *. m. || 1* Construction en saillie sur la façade d'un bâtiment à l'un des étages, et communiquant avec les appartements. Et du haut d'un balcon , pour calmer la tempête , Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, corn. Nicom. v, 6. D'un balcon chez mon frère J'ai vu.... que ne peut-on, madame, vous le taire? id. Cthon, v, 8. || 2° Ouvrage de serrurerie servant d'appui aux personnes qui regardent par une fenêtre. || 3" Dans un théâtre, petite galerie placée à droite et à gauche de la scène. || 4* Terme de marine. Galerie ouverte ou découverte qu'on faisait à l'arrière de certains vaisseaux pour l'ornement ou la commodité; dit aussi jardin. Sa Majesté n'estime pas qu'il fût bien nécessaire de faire abattre les balcons et la sculpture des vaisseaux de ladite escadre, Dépêche de seignelay, <68i, dans jAt. || 5° Terme de fondeur. Métal qui se trouva à l'extrémité des pièces coulées, au point de réunion des moules.

— étym. Provenç. et espagn. balcon; portug. balcâo ; ital. balcone. Ces mots provi-sunent d'un radicalqui se trouve dansl'italien bateo, palco, échafaud; bas-lat. balcus; picard, tauque, poutre, de l'ancien haut-allem. balcho, palcho, poutre. Mot récent en français; Mercure françois, t. ix, année 4023, en marge et pour expliquer balcon : C'est une sorte de fenestre qui s'advance au dehors en forme de saillie.

BALDAQUIN (bal-da-kin) , *. m. || 1* Espèce de dais d'un Ut d'où tombent les rideaux. Un lit à baldaquin. || 2* Ouvrage d architecture serrant de couronnement à un trône, à un autel.

— ÉTYM. Bas-lat. baldakinus, baldekinus, baudeiinus, baudaquinus, baldekinius ; ital. baldacchino; proprement nom d'une étoffe très-riche , qui, ayant servi à faire des tentures, a fini par donner son nom à l'ensemble de l'appareil qu'elle couvre, et même à un ornement architectural; de Baldaco, nom altéré de Bagdad, ville où se fabriquait ce genre d'étoffe.

BALE, voy. BALLE 4.

BÂLE(bâ-l'), s. f.Termede botanique. Voy. balle 4.

BALKINE (ba-lè-n'), f. f. || 1° Mammifère de l'ordre des cétacés, et le plus grand de tous les animaux. Dame baleine était trop grosse, la font. F ab. I, 7. || 2° Fanons ou barbes de la baleine. Les baleines d'un parapluie. Quand ton sein, ô Madeleine, Sort du corset de baleine, Libre enfin du velours noir.... v. hugo. Bail. 9. Les femmes ignoraient l'usage de ces corps de baleine, i. J. bouss. Ém. v. || 3" Blanc de baleine, matière grasse, concrète, que l'on retire du tissu cellulaire interposé entre les membranes du cerveau de certaines espèces de cachalots, et non de la baleine, qui ne fournit pas cette substance. ||4°En astronomie, la Baleine, constellation de l'hémisphère austral. || S" Fig. En termes de mer, lame qui passe accidentellement pardessus le bord. Aspersion d'un seau d'eau jeté sur un matelot qui s'endort.

— HisT. xi* s. De la baleine qui en son corps l'aveit, Ch. de Bol. ccxxiv. || xu* s. Aussi corn en la mer est puissanz la baulaine, Sur touz autres poissons est dame et chastelaine.... Sax. xxx. || xiu* s. La balaine dit qu' ele ira Et durement li aidera, Li et sa gent, envers charnage, Fabli. édit. barbazan, iv, 86. Que l'en ne puisse brochier gantelés de baleine, fors sur teiles sueues [cousues] , et qu'il seront de bone balene, Liv. des met. 374. De tous autres poissons est gas [plaisanterie] vers la grandour de la baleine, que Dieux mist en mer, Psautier, f» -125. || xiv* s. A ce grant mur miner tellement [il] se formene, Un tel trou i a fait par puissance haultaine, Qu'on y eust bouté le chief d'une balaine, Guescl. 20340. || xvi" s. Une drachme de nature de baleine (sperma ceti), paré, x, 2. Amonition comme molue, merlus, saulmons, balaines, anchois, ID. m, 704. Quand la baleine est saoule, elle brame et crie si fort qu'on la peut ouyr d'une lieuêfrançoise, id. Bonstr. app. i.

BAL

— ÉTYM. Balsena; grec, çâXouva, ç£aï); allem. Wall; isl. suéd. et dan. hval; angl. whait.

BALEINÉ, ÉE (ba-lè-nô, née), adj. Garni de baleines. Col baleiné.

BALEINEAU [ba-le-nO] , s. m. Le petit de la baleine. Les baleineaux et leurs mères.

— ÉTYM. Baleine.

BALEINIER (ba-lè-nié), *. m. || 1- Navire équipé pour la pêche de la baleine. Un baleinier. || Adjectivement. Un navire baleinier. || 2" Celui qui fait la pêche de la baleine. || Celui qui vend des fanons de baleine.

— HIST. xv* s. Ferait le duc de Bretagne venir et amener par la rivière de Loire barges et balenniers à planté, froiss. h, ii, 73. Et leuravoit-on dit [aux Anglois] par une nef balengniere qui s'estoit emblée en Normandie que le siège des François estait devant Evreux, id. h, ii, 28.

— ÉTYM. Baleine.

t BALEINIÈRE (ba-lè-niê-r*J , *. f. Terme de marine. Embarcation longue, étroite et légère pour la pêche de la baleine. || Canot de la même forme.

— étym. Baleinier.

BALENAS (ba-le-na), s. m. Le membre génital de la baleine maie.

— ÉTYM. Baleine.

BALËVRE (ba-fè-vr'), ». f. || 1* L'ensemble des lèvres, avec un sens de dénigrement et de mépris. || 2" Terme d'architecture. L'excédant d'une pierre sur une autre, près d'un joint. || Eclat produit dans la pierre, près du joint, par une trop grande pression. || 3" Dans la fonderie, inégalités à la surface d'une pièce fondue. || Dans la serrurerie, le fer qui à l'extrémité d'un barreau, excède la traverse dans laquelle ce barreau est assemblé.

— REM. L'Académie définit ce mot lèvre inférieure. C'est une erreur de sens, produite par une fausse étymologie.

— HIST. xiii" s. Si a son balevre retret, Les eulz clôt et la langue tret, Ben. 3956. Je oy dire que il en fist cuire [brûler] le nez et la balevre à un bourgeois de Paris, joinv. 293. Les cheveus ot tout hericiés, Les yex crues [creux] en parfond gliciés, Vis pale etbalievres sechies, la Rose, 40202. || xiv* s. Nous voulons qu'on lui fende [au blasphémateur] la levro de dessus d'un fer chaud et que les dens lui apparoissent ; à la tierce fois, la lèvre de dessous; ot à la quarte toute la baslevre , du cange , banlauca. Les fist mener jusque vers le gibet, et coper les nés et bauleffres, id. ib. Le baulievre dessus, c'est assavoir ce qui est entre le nez et le baulievre desous, id. ib. Aiez la teste droite et les bolievres tousjours mouvans en disant oroisons ou prières, Uénagier, I, 2. || xv s. Quand ils sentirent ces sagettes qui leur perçoient bras, testes et baulevres, froiss. i, i, 287. || xvi* s. Aussi se cognoit aucunement l'aage des chevaux aux balievres crespues de dessus, contant pour autant d'années qu'on y treuve de plissures, 0. DE SERBES, 304.

— ÉTYM. Le sens des exemples prouve que balevre signifie l'ensemble des lèvres, et aussi la lèvre de dessus ou la lèvre de dessous. Aussi dans du Cange, donne-t-on pour étymologie bon , comme dans banlieue, signifiant pourtour. Mais en comparant les mots qui ont le même préfixe, on voit qu'ici il y a la particule ba, au sens dépréciatif (voy. ba....), et lèvre.

BÂLI (bà-li) , s. m. Voy. pâli.

T BALICORNE (ba-li-tor-n') ou BALISCORNE (ba-li-skor-n'), *. /. Pièce de fer d'un soufflet de forge.

t BALINE (ba-li-n'), s. f. Grosse étoffe de laine pour l'emballage.

BALISAGE (ba-li-za-j'), s. m. L'ensemble des balises placées,

— ÉTYM. Bas-lat balisagium (voy. Baliseb).

1. BALISE (ba-li-z'),s. f.\\f Terme de marine. Perche surmontée de quelque objet, ordinairement d'un petit baril, et servant d'indice à la navigation. || 2° Espace laissé libre le long des rivières pour le halage des bateaux. On dit plus souvent chemin de halage. || 3" Marque que les calfats laissent dans leur travail pour indiquer ce qu'ils ont fait. || 4" Terme de pêche. Bouée servant à indiquer l'endroit où est établi un filet au fond de l'eau.

— hist. xu* s. E entre ces murs furent larges places cume de balie, et li pavimeuz fud richement de marbre aturnez, Bois, 251. || xv* s. Le maistre est tenu à pourvoir sa forme, lui et ses compagnons, et lui meure balis, qu'ils apiergent [apparaissent] i plein, du cange, balisagium.

— ÉTYM. Espagn. vaïita; portug. balisa. Chevallet le tire de l'anglo-saxon balye, baquet, à

BAL

cause du petit baril que l'on met d'ordinaire à la balise. Il n'est pas tout à fait sûr que, dans le premier exemple de l'historique, balie se rapporte à notre mot; pourtant balise signifie aussi l'espace laissé pour le chemin de halage, et, dans l'exemple, il s'agit en effet d'un espace laissé vacant. Il paraît, par l'autre exemple, qu'on a dit aussi balis. Ces textes sont des renseignements, mais ils ne décident pas l'étymologie.

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