BAM
balsamique ombrage, id. Élég. 40. || Fig. Certaine quiétude et douce et balsamique, regnard, Légat.
— étym. Balsamum, baume (voy. baume 4). BALSAMITE (bal-za-mi-f ), t. f. Un des noms
du pyrethrum tanaeetum. L. . dit aussi tanaisiebalsamite, tanaisie baumière, menthe-coq.
— ÉTYM. Balsamum, baume (voy. baume 4).
t BALUETTE (ba-lu-è-f), s. f. Terme de pêche. Nom de petites baguettes ajustées le long d'une espèce de ligne.
BALUSTRADE (ba-lu-stra-d'), ». f. || 1* Rangée de balustres. La plate-forme était entourée d'une balustrade de marbre blanc de cinquante pieds de hauteur qui portait les statues colossales de tous les rois et de tous les grands, volt. Babyl. 4 . || 2° Par extension, toute clôture à hauteur d'appui et à jour.
— ÉTYM. Balustre; ital. balaustrala; espagn. balanstrada.
BALUSTRE (ba-lu-str*) , s. m. \\ 1" Nom donné à depetits piliers à hauteur d'appui joints par leur sommet, pour enfermer quelque espace. Un balustre de pierre. Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or, boil. Art p. i. H2" Balustrade, assemblage de plusieurs balustres servant de clôture dans une église.
|| Petits piliers qui se mettent autour du lit des princes. Quand est-ce qu'on a étalé plus de titres, plus de couronnes, plus de balustres? boss. Honn. < . Le roi fit entrer Portland dans le balustre de son lit, où jamais étranger n'était entré, st-sim. f»4, 4 50. || 3° Balustre de chapiteau de la colonne ioniquo, partie latérale du rouleau qui fait la volute. || 4° Ornement au-dessous de l'anneau d'une clef.
j Partie de la monture d'un chandelier. || Petite colonne ornant le dos d'une chaise.
— HIST. xvi* s. Elle est environnée de parabandes et accoudoirs sur des balustres, o. de serres, 602.
— ÊTYM. Espagn. balaustre et barahuste; ital. balaustro; de poi).aO<mov, fleur du grenadier, parce que chaque pilier ressemble, par le renflement de son milieu, à cette fleur.
BALUSTRER (ba-lu-stré) , v. a. Entourer d'une balustrade.
BALZAN (bal-zan), adj. m. Terme de manège. Cheval balzan, cheval noir ou bai, qui a des marques blanches aux pieds.
— RIST. xii* s. [Cheval] bausant ou brun, Bonc. p. 433. || xiii* s. Et tant chevaus covers, sors et bruns et bauçans, Ch. d'Ant. v, 894. || xvi* s. Le balzan de la main, de la bride et du pied de l'estrier, est dict travat; pareillement, celui qui l'est de la main de la lance et du pied droit ; et trastavat, comme dit entravé, le balzan de la main de la lance et du pied de l'estrier; aussi de la main de la bride et du pied droit, o. de serres, 302v
— ÉTYM. Bas-Iat. bausendus, bausennus, bauchantus; provenç. bausan; ital. balzano. Ménage le tire du bas-latin bagius, bai ; cela est sans fondement. On a indiqué le bas-breton bal (l mouillée), tache blanche au front des animaux ;irland. et gaél. bail, tache, balladh, tacheté. Mais ces étymologies ne rendent pas compte de l'« ou ï qui est dans le mot. Diez, avec beaucoup de bonheur, a signalé l'italien balïa, bordure; le wallon balti, lacet; qui viennent du latin balteus, et aussi baltius, bordure. Dans balxan, le sens, de général, est devenu particulier : une bordure blanche, au lieu d'une bordure indéterminée. La définition précisa de la balsane confirme pleinement cette étymologie.
BALZANE (bal-za-n'), s. f. Tache blanche circulaire, entourant, en forme de ceinture, une partie plus ou moins large de l'extrémité des membres chez le cheval.
— HIST. xvi' s. Les balzanes, c'est à dire les marques blanches des pied3, avec lesquelles les chevaux naissent.... Les balzanes des deux mains, c'est à dire, le blanc es deux pieds de devant, n'est guiere bonne marque.... La balzane seule des deux pieds est bonne marque, mais avec l'estoile au front se rend meilleure, o. de serres, 304.
— ÉTYM. Balxan.
t BAMBELLE (ban-bè-1') , i. f. Terme de mécanique. Svnonvme de bielle.
BAMBIN. ÏNE (ban-bin, bi-n"), s. m. et f. Petit garçon, paiiie fille. Quand madame sa femme Vint baiser le bambin, volt. Lett. vers, 484. En voyant tous nos petits bambins jouer ensemble, j. j. rouss. Ilél. iv, 4. Quand nous mourons vieux ou bambin, On vend \e corps au carabin, béhang. Bohém.
— ÉTYM. Ital. bambino, de bambo. Le radical de ces mots se trouve dans le latin bambaiio, grec patifia).è:, PauSsAÎÇuv , bégayer.
BAMHOCHADE (ban-bo-cha-d'), i. /". Peinture
BAN
«présentant des scènes grotesques et champêtres.
— ÊTYM. Ital. bamboccxata, de bamboccio (voy. bamboche), surnom, en raison de la singularité de sa taille, du peintre flamand Pierre de Laer, auteur de semblables tableaux.
BAMROCIIE (ban-bo-ch'), s. f. || 1» Grande marionnette. Faire jouer des bamboches. || 2* Fig. Une personne mal faite et de petite taille. || 3" Populaire, l'aire des bamboches, se livrer à toutes sortes d'amusements et de plaisirs.
— ÊTYM. Ital. bamboccio, poupée, proprement enfant; dérivé de bambo, enfant.
t BAMBOCHER (ban-bo-ché) , v. n. Faire des bamboches, se déranger. Populaire. || H se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÊTYM. Bamboche.
BAMBOCUEUR, ELSE, (ban-bo-cheur, eùz'), s.m. et (. Homme, femme de vie déréglée. || Populaire.
— ÊTYM. Bamboche.
BAMBOU (ban-bou) , s. m. Graminée gigantesque de l'Inde et d'autres pays chauds (bambula, arundinacea). Les arcs, en Australie, sont faits de bambou; les flèches, de bois ou de roseaux. L'éléphant aux larges oreilles Casse les bambous en marchant, v. nuGO, Orient. 27.
BAN (ban), s. m. || i° Proclamation, publication. Battre un ban, battre la caisse pour annoncer qu'il vaêtre fait une publication. Avant le combat, la justice faisait publier trois bans, montesq. Espr. xxvm, 24. L'aumônier d'un roi de France [saint Louis] prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : « Je vous dis le ban de N. S. J. C. et de Louis, roi de France, son sergent,» chateaub. Itin. m, 97. Il Ban de vendange, proclamation que les vendanges sont ouvertes. || 2° Ban de mariage, ou simplement ban, publication de mariage qui se fait solennellement à l'église paroissiale par trois dimanches consécutifs. M. de Rennes donna deux bans, sêv. 657. || 3-Terme de féodalité. Convocation des vassaux directs du roi pour le service militaire. || Le corps même de la noblesse ainsi convoqué. 11 ne levait de ban Que pour tirer quatre fois l'an Au blanc, bérang. Yretot. || Le ban et l'arrière-ban, service militaire des fiefs et des arrière-fiefs. || Dans le langage actuel , et en parlant de milice ou de garde nationale, ban est la partie la plus valide de la population, et arrière-ban la réserve composée des citoyens plus âgés , et qui ne doivent prendre les armes que dans les moments de péril. || Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, s'adresser à tous ceux dont on peut espérer du secours. || 4" Four à ban, moulin à ban, ou four banal, moulin banal, four, moulin, etc. dont les gens qui étaient dans une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur. || 5° Sentence qui exclut, et, en particulier, bannissement. Le ban qui a mis l'exilé hors de son pays, semble l'avoir mis hors du monde, chateaubr. Génie, i, v, 7. || Garder son ban, ne pas revenir aux lieux d'où l'on a été exilé. || Rompre son ban, revenir au lieu où l'on n'a pas la permission de résider. La loi le condamne à mort [l'exilé] , pour avoir rompu son ban, chateaubr. Nalch. vu, 289. Damon [maître de musique de Périclès] fut mis au ban de l'ostracisme, p. i.. cour. Lettr. 325. || Mettre un prince, une ville au ban de l'empire, se disait , dans la Constitution de l'empire germanique , pour les déclarer déchus de leurs privilèges. Charles V l'avait mis au ban de l'empire, boss. Var. 2. || 6* Amende. Le comte et les envoyés du roi pouvaient faire payer aux vassaux le ban, c'est-à-dire une amende, montesq. Espr. xxx, t". || 7° Chef d'un banat, titre de certaines provinces, telles que la Croatie. Ragotzi épousa Hélène, fille de Pierre, vice-roi ou ban de Croatie, st-simon, 338, 183.
— HlST. xu* s. Parmi celé ost faites un ban crier, Bonc. p. 66. Charles li rois fit faire et son ban et son cri, Bonc. p. <9). X dan Randulf del Broc l'aveit ainzeomandé, E encontre cels furent par ban tut assemblé, Th. le mari. 437. Dune comanda li reis, e fist par ban crier Qu'um laissast quitement lui e le» »aens aler, ib. 46. Tut lur aveir aureit tresqu'à un sul denier Li reis; car pur ço out cest ban fait nuncRT, Que li clerc saint Thomas u'osouent repairier, tfe. 67. j xm" s. Et me sires Loeys feist crier son ban que nus n'i fourfesit riens, sous la liart, Chr. de Bains. 466. Et lamesenge li escrie: Renart. cist bans est tost brisiez De la pais que me disiez, Ren. 1838. Vos feïstes le ban roial, Que jà mariage par mal N'osast nus fralndre ne brisier, ib. 8277. Se li hons ne la feme ne savoit riens du mariage, ne par les bans qui furent fet en sainte Eglise, ne en
BAN
autre manière.... beaum. xviii, 7. Adont li sires doit fere crier trois bans, m. lxiv, H. || xv» s. Messire Godefroyde Harecourt commanda que.... quand ceux de Caen ouïrent ce ban.... froiss. i, i, 272. Ils firent commander que on sonnast la ban-cloche, et que chacun s'allast armer, u>. I, i, <73. Avec le roy estoient les nobles du royaulme assemblez par manière de arriere-ban, comm.iii, 3. Roye [ville] où il y avoit quinze cens francs archiers dedans et ung nombre d'hommes d'armes d'arriere-ban, id. în.to. || xvi" s. Ces assemblées s'appelloyent ban ou heriban : qui selon aucuns signifie cri et arriere-cri, lanoue, 227. Anciennement les baillifs et seneschaux avoyent la charge d'assembler et conduire les arrière bans, m. 230. Il fit faire un band avec des cloches au lieu de tambours, que tous les prisonniers eussent à se rendre auprès du prince , d'aub. Fœn. iv, 9. X la charge que tous ceux qui ont suivi son parti seront r'appellez de ban [de l'exil], m. llist. i, 46. Quelquescapitainesprindrent leurs quaisses et leurs tambours, et firent un ban en ces termes, m. ib. n, 377.
— ÉTYM. Provenç. ban; espagn. et ital. bando; bas-lat. bannum, de l'allemand. Le haut allemand bannan se présente aussitôt; mais Diez remarque que bannan aurait donné, dans les langues romanes, bantier, bannare, et non bannir, bandire, qu'il rattache au gothique bandvjan, banrjan, désigner, signifier; mais il est obligé de supposer que le v du gothique manquait dans le dialecte allemand qui a fourni bannir. Notons que le gaélique a aussi bann,de sorte que le radical pourrait avoir subi une influence autre que celle de la forme germanique. Notons aussi que, à côté de bannire, à beaucoup près le plus fréquent, on trouve dans le bas-latin bannare, dans imbannare, dans bannalis, dans bannaria, bannarius. Il y a donc lieu de donner la préférence au haut allemand, admettant seulement un changement de conjugaison, comme dans bajulare qui a donné bailler et baillir.
BANAL, ALE (ba-nal, na-1'), adj. ||i° Terme de féodalité. Se dit des choses desquelleslesgens d'une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur du fief. Four banal. Moulins banaux. De plus certain procès qu'on m'a sottement fait Pour certain four banal sis en mon territoire, regnard, U'gat. m, 6. || 2° Fig. Qui se met à la disposition de tout le monde. Cœur banal. Témoin banal. Générosité banale. Des sophistes du temps l'adulateur banal, Gilbert, Mon apol. || 3° Commun et trivial. Des consolations banales. Tous les hommes se flattent, nous avons tous à la bouche cette phrase banale : Il y a bien loin d'aujourd'hui à telle époque, chateaubr. Pensées, 297. Si l'on vous dit que l'art et que la poésie, C'est un flux éternel de banale ambroisie, v. hugo, F. d'au». 3.
— ÊTYM. Ban.
t BANALEMENT (ba-nale-man) , adv. D'une manière banale.
— ÉTYM. Banale, et ment.
BANALITÉ (ba-na-li-té), s. f. || 1° Terme de droit féodal. Usage obligé d'une chose dans une seigneurie, moyennant redevance au seigneur. La banalité d'un four. || 2° Chose triviale, vulgaire, sans originalité. Cette proposition est une banalité. Les compliments ne sont que des banalités.
— ÉTYM. Banal.
BANANE (ba-na-n'), s. f. Fruit du bananier consistant en une sorte de baie triangulaire et allongée. Leur soleil ne sait pas.... Mûrir le doux coco, les mielleuses bananes, A. chên. 228.
t BANANERIE (ba-na-ne-rie), s. f. Lieu planté de bananiers.
BANANIER (ba-na-nié) , s. m. Genre de plantes herbacées, vivaces seulement par les drageons et dont la tige périt aussitôt qu'elles ont donné leur fruit. On y remarque: <• le bananier commun (musa paradiiiaca, L.) à tige surmontée d'un long et large feuillage, et de trois ou quatre régimes renfermant chacun une cinquantaine de baies succulentes ; 2» le figuier-bananier (musa sapienlium , t.) dit aussi figuier d'Adam, à fruits plus petits, mais plus nombreux, plus sucrés, et dont la saveur se rapproche de celle des figues.
— ÉTYM. Banane.
fBANAT (ba-na), s.m. || i°Dignitéde ban. |] 2° Province gouvernée par un ban. <
— ÊTYM. Ban.
tBANATTE (ba-na-t'), s. f. Panier dans lequel les bouchers font passer le suif pour l'épurer.
— ÊTYM. Banne.
BANC (ban; le c ne se lie pas : un banc élevé, dites : un ban élevé ; prononciation qui est notée par
BAN
Chifllet pour le xvn* siècle; \'s se lie dans la prononciation soutenue : des bancs élevés, dites : des ban-z-élevés) , s. m. || 1" Long siège pour s'asseoir. Banc de gazon. Des bancs de rameurs. Les bancs du théâtre. Les bancs d'une classe. || Être sur les bancs, faire ses études dans une école, dans un collège. Si j'eusse étudié, Jeune, laborieux, sur un banc à l'école, Régnier, Sat. IV. Il était sur les bancs de l'école de théologie, boss. Bourg. t. || Se mettre sur les bancs, commencer ses études, et aussi soutenir un acte en Sorbonne. Réponds-moi donc, docteur, et mets-toi sur les bancs, boil. Sat. vm. || Banc d'église, siège, ordinairement entouré de menuiserie, où une famille a le droit de se placer pour assister au service divin. Banc de l'œuvre, siège affecté dans une église aux officiers de la fabrique , etc. Il occupe de plus un banc dans la paroisse Dont jadis mes aïeux ont été possesseurs, iiauteroche, Nobles de province, I, 8. || Banc des accusés, le banc où , dans une cour d'assises , sont placés les accusés. || Banc des avocats, banquettes sur lesquelles s'asseyent les avocats dans les tribunaux. |[ Anciennement, banc de procureur, banc d'avocat, espèce de bureau où un avocat donnait rendezvous à ses clients. j| Banc du roi en Angleterre, cour souveraine où le roi siégeait en personne. Le parlement sédentaire à Paris était ce que la cour du banc du roi était à Londres, volt. Mœurs, 76. || Banc des évoques, le banc où siègent les évoques dans la chambre des Lords. || Banc de rameur ou banc de nage, siège sur lequel s'assoient un, deux ou plusieurs rameurs, maniant chacun sa rame ou tous un seul aviron. || Banc de quart, banc de bois à dossier qui se plaçait, pour l'officier de quart, sur le gaillard d'arrière , en avant du mât d'artimon. || 2° En chirurgie, banc d'Hippocrate, espèce de bois de lit, garni de treuils à la tête et aux pieds, et pourvu de rainures, qu'on employait autrefois à réduire les fractures et les luxations. || 3° En termes de marine, banc de sable, et, absolument, banc,écueil, grand amas de sable et de vase. Les sables et les bancs cachés dessous les eaux, corn. Pomp. n, 2. || Banc de glace, masse de glace flottante ou immobile. 1 1 4° Banc de poissons, grande troupe de poissons d'unemême espèce. Un banc deharengs. || 5° Banc de pierre, chaque litde pierre dans une carrière. Le banc du ciel, le premier lit. || En géologie, couche formée de matériaux consistants. Banc blanc, calcaire grossier du terrain tertiaire. Banc de roche, couche de calcaire grossier contenant les traces en creux de certaines coquilles. Banc vert, chaux carbonatée de l'étage supérieur du terrain tertiaire. || 6" Terme de métiers. L'établi dans plusieurs arts et métiers. || Banc de cuve, plancher qui entoure une cuve de brasseur. || Banc a ourdir, siège où est posée la manivelle de l'ourdisseur. || Banc à river, instrument d'horloger. || Banc à tirer, machinequitirelemétalàlafilière. || Grande table qui supporte la pierre sur laquelle on pose les glaces pour les adoucir. || Paroi latérale des galeries d'un four à brique. || 7° Place que la charrue n'a pas retournée.
— HIST. xi" s. Il fait porter quatre bancs en la place, Ch. de Bol. cclxxxi. || xii" s. Chien mu n'abaient pas, suz [sous] le banc lié sunt, As larruns conjoissent, al mesfait od els sunt, Th. le mart. 69. De sur un banc s'assit, ib. 39. || xm" s. Le roy s'assit sur le ban de la nef et me fist asseoir à ses piez, joinv. 285. || xv* s. Le pont n'eut point d'arrest ni de soutenue; car le banc sur quoi il devoit cheoir estoit osté, froiss. n, II, 44. Vingt mille ducats contans qu'il [Pierre de Medicis] avoit à son banc en la ville, comm. vu, 9. || xvi" s. Celle de la montaigne ou trop droite pente sera adoucie par murailles traversantes, appelées bancs, qu'à pierre seche^pour l'espargne, on y bastira.... o. de serres, t48.
— ÉTYM. Provenç. banc; espagn, et ital. banco; de l'anc. haut allem. banc et pane. Il y a dans le celtique : kymri, banc; gaél. et irland. beinc; cornwall. benk; angl. 6enc/i;mais l'italien panca, banc, témoigne de l'origine allemande.
BANCAL, ALE (ban-kal, ka-1') ,od;. || l°Qui auna jambe ou les jambes tortues. || Substantivement. Un bancal; des bancals. || 2° Populairement. Un fcancal, un sabre de forme recourbée.
— rem. Ce mot n'est ni dans les anciennes éditions de l'Académie, ni dans les dictionnaires de Furetière et de Richelet. Celui de l'Académie, édit. de (762, ne donnequele féminin bancale, aveccette explication : « Use dit populairement d'une femme dans le mémo sens qu'on dit bancroche en parlant d'un homme. » Depuis, cet adjectif est devenu des deux genres; mais, comme bancal n'avait été usité qu'au féminin, le masculin pluriel bancaux ne s'était pas
BAN
BAN
BAN
présenté : aujourd'hui l'usage a admis de dire des bancals.
— étym. H y a dans le provençal et le bas-latin bancal, qui signifie un banc et qui vient de banc. Se serait-on servi de ce mot, par une vague assimilation, pour désigner ce que nous nommons un bancal? ou bien serait-ce un mot venu du nord de la France, et où entrerait l'allemand Bein, jambe? L'absence d'historique laisse tout dans le doute.
t BANCASSE (ban-ka-s'), s. f. Terme de marine. Coffre servant de banquette et de lit.
— ÉTYM. Banc.
+ BANCELLE (ban-sè-1'), s. f. Petit banc long et peu larce. Bancelle de cabaret. || Vieux.
— ÉTYM. Banc.
t BANCHE (ban-ch'), s. f. || 1° Terme de géologie. Au bord de la mer et particulièrement sur les côtes occidentales de la France, banc de marne argileuse qui, alternativement humecté par les vagues et séché par le contact de l'air, blanchit et prend à la surface la consistance de la pierre. || 2° [.'une des deux planches du moule dans lequel on fait le pisé.
— ÉTYM. Banc.
+ BANCHÉE (ban-chée), *. f. Ce que tient le moule employé à faire le pisé.
— ÉTYM. Banche.
BANCO (ban -ko), adj. invariable. || 1° Mot qui s'emploie quelquefois en termes de change, pour désigner une valeur en banque, par opposition à valeur courante. || 2° Terme de jeu. Faire banco, tenir seul l'enjeu.
— ÉTYM. Ital. banco, banque, le même que banca, banc (voy. banc).
+ BANCOULIER (ban-kou-lié) , s. m. Arbre des Indes orientales (aleurites ambinux, £.).
— ÉTYM. Bencoulen, ville de Sumatra.
BANCROCHE (ban-kro-ch') , adj. Qui a les jambes
très-tortues. Homme, femme bancroche. || Substantivement, un bancroche.
ÉTYM. Il y a dans le provençal ban et bann,
catal. banya, qui veulent dire corne; angl. bandy , tortu, qui viennent du kymri bdn, corne. Est-ce ce radical qui, combiné avec crache, a donné bancroche? ou bien est-ce le mot allemand Bein, jambe? Quand il n'y a pas d'historique, l'étymologie perd d'ordinaire sa base.
BANDAGE (ban-da-j'), s. m. Terme de chirurgie. || i" Tout appareil dont les bandes et les compresses forment la partie essentielle. Il [l'enfant] est entouré de linges et de bandages de toute espèce, J. J. houss. Em. i. || 2° Appareil plus oumoins compliqué qu'on emploie pour le traitement des fractures, et dans lequel entrent des lacs, des attelles, etc. || Par extension, nom de diverses machines, telles que les brayers ou bandages herniaires, le garrot, le tourniquet, etc. j| 3" Bandes de fer ou d'autre métal qui entourent et serrent les roues d'une voiture, d'une machine. || 4° En termes d'armurier, pièces qui servent à bander une arbalète, un pistolet, et toutes choses qui font ressort. || En termes de fonderie, assemblage de bandes de fer plat servant à maintenir les moules.
— hist. xvi* s. Et soit fait bandage et ligature propre pour tel cas, paré, vhi, 24.
— ÉTYM. Bander.
BANDAGISTE (ban-da-ji-sf). || 1" S. m. Celui qui fait des bandages. || 2" Adj. Chirurgien bandagiste.
— ÉTYM. Bandage.
t. BANDE (ban-d'), *. f. || 1" Sorte de lien plat et large. || En chirurgie, longue lanière de toile ou de coton qui est employée dans divers pansements. Les chefs, le plein d'une bande. || Bande se dit du fer battu en long qui sert à lier ou à renforcer quelque chose. Mettre des bandes à une roue. || Bande d'une selle, se dit de deux pièces de fer plates, clouées aux arçons pour la tenir en état. || 2» Morceau d'étoffe, de cuir, de papier, etc. long et étroit. Une bande de taffetas, de drap, de papier. Mettre un journal, un livre sous bande. || Fig. Une bande de terre. Une bande de gazon. Des trois bandes ou régions qui divisaientdevant nous la plaine d'Athènes, nou^ traversâmes les deux premières, chateaub. Itin. <09. L'azur du ciel, traversé par des bandes verdâtres, sembla se décomposer dans une lumière louche, m. Mart. u, 239. || Terme d'astronomie. Bandes de Jupiter, de Saturne, bandes obscures qui traversent le disque de ces planètes. || 3" Chaque côté intérieur du billard. Les bandes de ce billard sont trop dures. || Au jeu de trictrac, chacun des bords de la table. || 4° Terme de marine. Bande du nord, bande du sud, le côté du nord, le côté du sud, par rapport à la ligne. Bande de l'est, bande de l'ouest, le côté de l'est, de l'ouest. Les vents
étaientalabandedel'est, ve.lf.tte , Belat. ducombat de la Bougue, dans jal. || Donner la bande, être à la bande, se dit d'un bâtiment qui penche d'un côté. || Bande de ris, bande de toile appliquée sur une des faces d'une voile pour la fortifier aux points où doivent être percés les trous dans lesquels passent lesgarcettes des ris. || 5° En architecture, bande se dit de plusieurs membres unis qui représentent en effet des bandes ou lisières. || 6" Terme dépêche. Espèce d'ailes que l'on ajoute à certains filets. || 7° Terme de métier. Dalles de liais ou de marbre débitées en tranches étroites pour servir d'encadrement aux carrelages. || Bandes de trémie , barres de fer placées en avant du foyer des cheminées. || Les longs côtés d'une glace qui, pendant qu'on la coulait, touchaient aux tringles. || Dans l'imprimerie, pièces de fer attachées aux deux langues du milieu du berceau de la presse, sur lesquelles roule le train. || Morceau de pâte long et mince qui sert à bander certaines pâtisseries. || Bande de cervelas, six cervelas attachés l'un au bout de l'autre. || 8° Terme de blason. Pièce honorable d'écu qui représente le baudrier du cavalier et prend d'ordinaire depuis le haut de l'angle droit de l'écu jusqu'à l'angle gauche du bas de l'écu. Porter d'argent à la bande de sable. |l Les chevaliers de la bande ou de Pécharpe, ordre de chevalerie institué vers l'an t330 par Alphonse XI, roi de Castille, et destiné aux gentilshommes cadets de famille. Ces chevaliers portaient un ruban de soie rouge de l'épaule gauche jusqu'au-dessous du bras droit.
— hist. xii" s. Au front dessus [l'escu] ot [eut] trois bandes d'or mer [pur], Bonc. p. 60. || xur» s. Quant. li rois Englois entendi que il venroient l'ourmiel [ormeau] copper, si fist fierer le tronc desous de bendes de fier tout entour, Chr. de Bains, p. 63. Que nus ne puisse couvrir de bandes, es fouriaux d'espées, chose que par les quatre mestres puisse estre dite fausse par leur seremens.... Liv. des met. 367. Que me revolent [veulent de nouveau] cesgallendes, Ces coiffes à dorées bendes? la Rose, 93(2. Sa baniere estait bandée, et une des bandes estait les armes l'empereur qui l'avoit fait chevalier, ioinv. 22t. || xv* s. Le roi d'Angleterre mettait sus une grande armée de gens d'armes, et l'avoiton vu sur la mer , des bandes de Normandie et Bretagne, fkoiss. i, i, 265. || xvi"s. Elles nourrissoient leurs enfans, sansles emmailloter, ny lier de bandes, ny de langes, amyot, Iajc. 33. L'armée chrestienne [flotte] se met en ordre de bataille : Ulusa- Hsl'aiant contemplée fait à l'autre bande, et tourne versla Barbarie, d'aub. Hist. n,83. Le peuple eschauffé prend les armes et s'encourt à qui le premier rempliroit six navires moiens qui estaient à la rade, et se mettent à la bouline, et courans bande sur bande viennent aux canonades, m. ib. n, 393. Telle ligature ou bande se fait quelquefois avec un chef, ou avec plusieurs, paré, vu, 5. Les parties sont le corps de la bande et les chefs, u>. xii, 4.
— ÉTYM. Wallon, baine; namurois, bainde; rouchi, bine; picard, benne; provenç. et ital. benda; espagn. venda; de l'anc. haut allem. binda; allem. mod. binden, lier; sanscr. bonaTi, lier. Comparezle gaélique bann, une bande, un lien.
2. BANDE (ban-d'), s. f. Troupe, compagnie. Des bandes armées couraient la campagne. La bande des conjurés. Toute cette bande de débauchés qu'il traîne à sa suite. Bande de voleurs. Des bandes de chiens. Bandes de loups, d'oiseaux, de poissons.Us vinrent par bandes. C'est toi que veutpourchefleur généreuse bande, corn. Cid, m, 6. Il fautdonner un chef àvotre illustre bande, la.lléracl. n, 6. Des trois anciens cantons les bandes héroïques Forment ce triple corps tout hérissé de piques, masson, Helvét. m. Minutolo s'y rend seul de sa bande, la font. Bich. || Fig. Faire bande à part, se séparer de ceux avec lesquels on était en société. || Les marquis de la plus haute bande [de la plus haute volée], mol. Rem. ou roi. Vieux en ce sens. || La grande bande des vingt-quatre violons du roi, se disait des violons de la chambre du roi. || Les bandes françaises, les bandes espagnoles, l'ancienne infanterie française, espagnole. Les vieilles bandes espagnoles vaincues à Rocroy par Condé. || Bandes noires, compagnies d'infanterie avec des enseignes noires, au xvi" siècle. || La bande noire, association de spéculateurs qui achète'nt les grandes propriétés pour les morceler, les vieux monuments pour les démolir et en revendre les matériaux. || Dans quelques colonies, sur une exploitation, la bande, le groupe des travailleurs.
— HEM.l. Voltaire, àpropos des vers de Corneille cités plus haut, prétend que bande ne se dit que de
voleurs. Cette remarque n'est pas juste; bande se dit de toute espèce de troupe ; et il n'y a rien qui empêche de dire, sans aucune espèce de signification dénigrante : les bandes insurgées qui coupaient les communications de l'ennemi, rendirent les plus grands services à la cause nationale. || 2. Autrefois, comme on voit ci-dessus, bande s'appliquait à une troupe de musiciens; il est resté avec ce sens en anglais, où band signifie la musique d'un régiment.
— HIST. xv" s. Escharceté est à noble interdite; Tout gentil cueur tient au large sa bende, a. chart. Brev. des nobles. Le roy d'Angleterre et toute sa bande [armée], comm.iv,*). ||xvi's.Hannibal avoit faict espandre du feu par tout son ost, et distribuer de l'huyle par les bandes, mont, i, 26(. Que dans ces assemblées il y aye un chef de bande à les régler, id. n, <9. Le gouverneur des enfans les départait par bandes, et puis donnoit la superintendance à celuy des garsons qui luy sembloit le plus sage, amyot, Lyc. 36. Il meit une bande d'artillerie pour battre l'encoigneure du costé de Mondevis,
— ÉTYM. Provenç. banda; bas-lat. bandum, drapeau et aussi bande; de l'allemand Band, bande à lier, de là drapeau, et finalement, la troupe qui suit le drapeau.
t ». BANDE (ban-d'), s. f. Quantité dont un ressort est bandé.
— ÉTYM. Bander.
BANDÉ, ÉE (ban-dé, dée), part, passé. || 1" Serré avec une bande. La plaie étant bandée. Je dois, les yeux bandés, peser d'un poids égal Comme le prix du bien l'importance du mal, rotr. Bélis. m, 6. || Terme de blason. Couvert de bandes. Ecu bandé d'or et de sable. || 2° Fortement tendu. Un arc bandé ; et figurément, il a l'esprit toujours bandé, toujours occupé.
BANDEAU (ban-dô), ». m. || 1" Bande qui sert à ceindre le front et la tête. Le bandeau d'une prêtresse. || Bandeau royal, diadème dont les anciens rois ceignaient leur front. Et je serais moins roi qu'un objet de pitié Si ce bandeau royal m'ôtait votre amitié, corn. Nicom. iv, 5. Et toi, fatal tissu, malheureux diadème, Bandeau que mille fois j'ai trempédemes pleurs, rac. Milhr. v,4.Et ce bandeau royal fut mis sur votre front Comme un gage assuré de l'empire du Pont, id. ib. i, 3. Le bandeau qu'elle avait reçu de votre main, id. ib. n, 3. Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête, id. Andr. m, 7. .... De ce front guerrier les nobles cicatrices Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois, volt. jtfïr.i,3.Etdesespieds on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois, bêrano. Dieu desb.gens. || Anciennement, coiffure des veuves. S'il revenait, on ôterait le bandeau, sév. 2)4. Madame de Navailles est la dernière femme à qui j'ai vu conserver le bandeau qu'autrefois les veuves portaient toute leur vie, st.-sim. 74, 217. || 2° Morceau d'étoffe en plusieurs doubles qu'on met sur les yeux de quelqu'un pour l'empêcher de voir. La justice est représentée avec un bandeau sur les yeux. || Fig. II a un bandeau sur les yeux, se dit d'un homme qui s'aveugle sur quelque chose. La discorde.... Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, rac. [phig. v, 6. Ll faut lui ôter son bandeau [à l'amour], pasc. Amour. Il leva le bandeau qui fermait ses yeux, fléch. Lam. Combien de fois essaya-t-il d'arracher le bandeau fatal qui fermait ses yeux à la vérité! id. Tur. ôlez le bandeau qui me cache moimême à moi-même, mass. Laz. La main des Dieux sur moi si longtemps suspendue Semble ôter le bandeau qu'ils mettaient sur ma vue, volt. Œdipe, iv, t. Ils sont tous dans cet âge où la maturité Fait tomber le bandeau de la crédulité, id. l'anat. H, 6. Aux superstitions j'arrache le bandeau, id. Pour et contre. \\ 3" Terme d'architecture. Plate-bande unie, autour d'une baie de porte ou de fenêtre. || Planche menue et étroite du pourtour des lambris. || Dans la marbrerie, petit renfoncement quo l'on taille entre deux moulures. || Bandes circulaires et saillantes qui sont sur le corps d'une colonne de poêle. || 4° Bande d'étoffe couronnant les draperies au-dessus d'une croisée. || 5° Terme de pèche. Portion de la manche de certains filets. ||6° Bandeau ou molle bande, pièce de ferrure dans des voitures d'artillerie.
— HIST. xn" s. [Il] A laschement son chief bandé, Li bendiax est cheûs aval, gaut. d'arfas, Me et Gakron. Quant son bandel [il] a ratomé.... ib. || xiv" s. Il ammenoit Wistace, à cui pas ne fu bel, Qui bien eûst besoing ou corps de maint bendel; Car de son sanc avoit sané [saigné] plus d'un platel, Baud. de Seb. ix, 460. || xv* s. Etouppes, bandeaux, contrepointes pour dormir sus, froiss. u,
BAN
BAN
BAN
m, 35. || xvi' s. On bandeau de parchemin, amyot, Lysand. 30. Un chapeau à larges rebras, bandé d'un bandeau royal, id. Anton. 71.
— ÊTYM. Bande i. Dans l'ancien français le nominatif singulier est li bandels ou bandaus , le régime singulier le bandel; nominatif pluriel li bande!, régime les bandels ou bandaus.
BANDELETTE (ban-de-lè-f), s. f. || 1* Petite bande. Bandelette de toile. Il En chirurgie, bandelettes agglutinatives, bandelettes ainsi appelées parce que le diachylon dont leur surface est enduite les fait adhérer fortement à la peau de la partie sur laquelle elles sont appliquées. || 2" Bande dont les prêtres païens se ceignaient le front; que portaient les suppliants ; dont on parait les victimes. || 3° Terme d'architecture. Petite moulure plate et plus étroite que la plate-bande. || 4° Dans la serrurerie, fer de bandelette, petit fer plat qui se vend en bottes.
— ÊTYM. Diminutif de bandel, ancien français pour bandeau (voy. ce mot).
BANDER (ban-dé), v. a. || 1* Serrer avec une
bande Octave passant s'est donné le souci De
bander ma blessure.... rotr. Vencesl. iv, 2. |[ Garnir de bandes de pâte une tourte ou un godiveau. || En termes de marine, bander une voile, y coudre des morceaux de toile. || Dans la bijouterie, redresser une moulure. || Au jeu de trictrac, bander les dames, mettre trop de dames sur une flèche. || Au jeu de paume, bander une balle, pousser dans les filets avec la raquette une balle qui roule sur le pavé. || Terme d'architecture. Poser les pierres d'une voûte. || 2° Mettre un bandeau sur les yeux. Il faut bien bander le colin-maillard de peur qu'il ne voie. Nous allons entrer dans l'enceinte, Çà, ne me bandez pas les yeux, bêrang. V. cap. Ordonnericz-vous qu'on vous bandit les yeux pour ne pas voirie danger?MASS. Car. Mort. || 3°Tendre quelque chose avec effort. Bander un câble. 11 banda cet arc en présence des ambassadeurs, boss. Hist. m, 3. De son arc toutefois il bande les ressorts, la font. Fab. vni,27. || On a dit jadis bander un pistolet, un fusil, parce que l'étincelle était produite par un rouet qu'on était obligé de monter comme on monte une pendule. On dit aujourd'hui armer. || Fig. Je veux bander contre sa vie L'ire de la terre et des cieux, malh. m, 3. M. de Rheims se permit tant de brutalités et d'incartades, qu'il banda entièrement l'assemblée contre lui, st-sim. 78, 14. Vieux en ce sens. || Bander son esprit, l'appliquer fortement à une chose. Bandant bien tous les ressorts de son esprit pour voir clair en cette aventure, scarr. Rom. corn. il" part. ch. 15. || 4° V. n. Être tendu. Cette corde bande trop. ||Terme de chasse. Un limier bande sur le trait, quand il tire sur la corde qui le retient. Bander au vent, se dit du faucon qui se tient sur les chiens en faisant la cresserelle. || 5" Se bander, v. réfl. Se tendre. Les muscles s'affermissent, les nerfs se bandent. îioss. Conn. de Dieu , n, 1 2. Le diaphragme dont l'usage est d'allonger la concavité de la poitrine en se bandant.... id. tb. n, 2. || Fig. Se roidir contre quelqu'un, quelque chose, lui être contraire. Qui voudrait se bander contre une loi si forte? Régnier, Sat. m. Ces zélés Taquins qui excitent le peuple à se bander contre nous, volt. Mœurs, 134. Garde que les Perses un jour ne se bandent contre toi, p. h. courier, n, 458. Vieux en ce sens.
— HIST. xii' s. [Â] Gautier [il] en bande [avec un pan de son habit] les flans et les costez, Ronc. p. 94. À or bendé sont si chevol [cheveux] tressé, tb. p. 186. L'escu [il] saisi, qui fu à or bendez, liaoul de C. 23. L'enfes Bernier.... D'un siglaton [sorte d'étoffe] a la teste bandée, ib. 71. Estroitement avoit les poinz noez, Et si avoit andeus les euz bandez, Bat. d'Altschans, 5033. || xm* s. De sa camise estreitement [il] Bende sa plaie fermement, marie, Gugemer. Li concile fu asamblez, Et Renart ot les iaux [yeux] bandez, Ren. l 1066. Por ce li oil bendé li furent Des anciensqui la congnurent [la fortune], la Rose, 6197. || xiv s. Li chevaliers anglois qui fu en pâmoison, Quant il revint à lui, il n'ot se dolour non; On lui banda le bras et loia environ, Cuescl. ■10200. || xv' s. Et estoit grand pitié, car le père contre le fils, le frère contre le frère estoient bandez, juvén. Ch. vi, 1417. || xvi' s. Cette contention de l'ame trop bandée et trop tendue à son entreprinse, mont, i, 4t. En ces faultes nous sommes bandez à nostre escient contre les reigles de la raison, id. i, 54. Bandant son ame à comprendre l'essence de.... ID. i, 91. Lucrèce a beau philosopher et se bander, le voylà rendu insensé par un bruvage amoureux, id. u, 19. Je m'estonne, dict-il, comment les italiens se bandent contre moy, id. m, 90. Il avoit déjà bandé sa part de deux douzaines d'cs-
teufs, et jouoit à l'acquit, des per. Contes, xn. Il portoit une cape à l'espagnole , bandée de velours, id. ib. lxvui. Une auge, bandée de lames de cuivre, amyot, Rom. 9. Estant la Grèce fort affoiblie en ce temps là, et les citez bendées en partial itez les unes contre les autres, id. Philop. 42. Il avoit un de ses bas de chausses bandé [jarreté] au haut de la cuisse, d'aub. Fœn. n, 3. Un caparasson bleu bandé [rayé] de blanc et de jaune, id. tb. n, 18. Son pistolet tout bandé, id. tb. m, 6. Ayant fait jusques là porter les tambours sur l'espaule, se voiant descouvert, les fait bander et battre aux champs, id. Hist. i, 289. Il pria le bourreau de ne le bander point, id. tb. n, 131. Vous et moi bandons sur le trait [passons, hâtons-nous] pour venir à cette grande bataille des trois Rois, id. tb. n, 390. Si on prenoit le péritoine tant d'un costé que d'autre, il banderoit et se deschireroit, paré, viu, 35.
— ÊTYM. Bande l.
BANDEREAU (ban-de-rô), s. m. Cordon à l'aide duquel on porte une trompette en bandoulière.
— ÊTYM. Bande t.
BANDEROLE (ban-de-ro-1'), *. f*. || 1° Espèce de flamme large , longue et fendue dont on parait les navires aux jours de combats et de fêtes. j| Par extension, petit étendard qu'on déploie en forme d'ornement et en signe de réjouissance. C'est un ballon, voici la banderole, Et la nacelle, et le navigateur, bérano. Feu du pris. || 2° Pièce de bufflelerie à laquelle est attachée la giberne. || 3° Il s'est dit de la bretelle d'un fusil, qui sert à le suspendre à l'épaule ou à le porter à la grenadière. || 4° Ancienne locution proverbiale. Banderole de Montfaucon, un scélérat qui tôt ou tard sera pendu (Montfaucon était un gibet voisin de Paris).
— HIST. xv" s. Tenir le compta et faire les payemens de certains estendars, banerolles et autres paremens d'une nef ordonnée pour le port de monseigneur d'Orléans, Comptes dans jal. Et lui coupèrent la teste qu'ils pendirent à la bannerole d'une lance, comm.viii, 6. ||xvi" s. Nos gens d'armes et chevaux légers du temps du Roi Henry second , estoyent bien plus beaux à voir, portans la salade, brassais, tassettes, la casaque, la lance et la banderolle, lanoue, 286. Pareillement la lance effraye de loin quand on la void bransler avec sa longue banderolle, id. 309. La troupe du roi de Navarre estoit vestue de casaques de velours cramoisi, et banderolles rouges, id. 568. Banderoles, festons, amyot, Marius, 29.
— ÊTYM. Diminutif de bandière (voy. ce mot).
f BANDEROLE, ÉE (ban-de-ro-lé , lée), adj. Terme de zoologie. Oui est marqué de bandes comparées à des banderoles.
— ÊTYM. Banderole.
t BANDEUR (ban-deur), s. m. Celui qui tend. Le bandeur de l'arc, le vainqueur du lion devait terrasser tous ses rivaux, volt. Babyl. 1.
— HIST. xvi* s. Quatre bandeurs de plaies, d'aub. Hist. m, 87. Ce notable bandeur [coureurde bandes, aventurier] avait une invention que j'estime devoir estredescrite, id. Hist. m, 385.
— - ÊTYM. Bander.
BANDIÈRE (ban-diê-r"), s. f. || 1» Bannière, pavois. Vieux en ce sens. || 2° En termes militaires, front de bandière, rangée et alignement des drapeaux et des étendards en tête d'une armée, d'un camp. Les Samoïèdes n'ont jamais tué personne en front de bandière, volt. Dial. xxiv, 3.
— HIST. xvi* s. Bien tost après haussèrent les bandieres de France, et envoyèrent offrir la place au
roy, M. DU BELL. 495.
— ÊTYM. Autre forme de bannière; provenç. bandiera; espagn. landera; portug. bandeira; ital. bandiera.
t BANDINE (ban-di-n'), s. f. Un des noms du blé sarrasin.
tBANDINGUE(ban-din-gh'), s.f. Termede pêche. Ligne qui , attachée à la tête d'un filet, l'empêche de se renverser.
t BANDINS (ban-din), s. m. plur. Terme de marine. Balustrade en saillie à l'arrière des bâtiments, sur laquelle on peut s'appuyer.
BANDIT (ban-di ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des bandits odieux, dites : des ban-di-z odieux), s. m. || 1° Malfaiteur. Un bandit déterminé. Il fut attaqué par quatre bandits. || 2° Par extension, homme sans aveu. Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu, boil. Sat. vin. || Familièrement. Être fait comme un bandit, avoir ies vêtements en désordre. || C'est un vrai bandit, c'est un homme qui brave les bienséances et les lois.
— ÊTYM. Ital. bandïfo,de bandire, bannir (voy. ce mot) : proprement un banni.
t BANDOIR (ban-doir), s. m. Ressort en métal servant à bander quelque mécanisme. || Espèce de roue qui sert à bander le battant du métier des rubaniers.
— ÊTYM. Bander.
BANDOLIER (ban-do-lié) ou BANDOULIER (bandou-lié), s. m. Brigand qui vole sur les grands chemins. Vieux. On a vu des césars, et même des plus braves, Qui sortaient d'artisans, de bandoliers, d'esclaves, corn. AU. iv, 3. Je me joignis à des bandoulière prisonniers comme moi, scabr. Boni, coin, n, 4.
— HIST. xvi* s. Ils y retournèrent avec dix compagnies et sept à huict cents bandoliers, partie espagnols, d'aub. Hist. i, 138. Si la justice n'est rétablie et l'autborilé royale respectée, nous deviendrons bandoliers, lanoue, 249 Par despitetpar
nécessité, il s'estoit rendu bandoulier des montagnes etdes environs, des per. Contes, lxxxiv.
— ÉTYM. Espagn. bandolero, factieux, séditieux, de banda, faction (voy. bande 2).
BANDOULIÈRE (ban-dou-liê-r') , s.f. || 1» Pièce de l'ancien équipement militaire servant à suspendre le mousqueton, le fourniment de poudre et de balles des fantassins. De simples milices qui n'avaient que des cordes pour bandoulières, volt. Russie, il, 4. || 2" Large baudrier de cuir ou d'étoffe. Bandoulière d'un garde-chasse, d'un suisse. Porter en bandoulière, porter sur une épaule un objet qui retombe surle flanc de l'autre côté du corps. || Terme de marine. Prendre une ancre en bandoulière, la poser dans une chaloupe pour la porter où on veut la mouiller.
— ÉTYM. Espagn. bandolera (voy. bandoulier). BANDURE (ban-du-r'),«. f. Plante des Indes dont
les feuilles sont terminées par une vrille qui porte une urne sécrétant un liquide limpide (nepeMkes distillatoria, L.).
jBANG (bangh') , BANQUE 0 u BANGCE (ban-gh') , s. m. Noms donnés dans l'Inde à notre chanvre cultivé, dont on tire le haschschich.
t BANGON (ban-gon),s. m. Terme de vétérinaire. Tumeur qui vient sous la ganache des moutons.
BANIANS (ba-ni-an), s. m. plur. Habitants de l'Inde appartenant à la religion brahmanique, et aussi, ce qui est le sens véritable, marchands. || En termes de mer, capitaine ou officier de l'État qui, contrairement à ses devoirs, se livre au commerce.
— ÉTYM. Sanscrit, banigyana, marchand.
t BANK-NOTE (ban-knô-f) , s. f. Billet de banque ayant cours en Angleterre.
— ÉTYM. Angl. bank-note, de banfc, banque, et note, billet (voy. note).
BANLIEUE (ban-lieue), s. f. Territoire dans le voisinage et sous la dépendance d'une ville. Les trois derniers rois d'Espagne n'étaient jamais sortis de la banlieue de Madrid, st-sim. loi , 76. Il y avait dans Autun et dans sa banlieue 25000 chefs de famille, volt. Mœurs, 17.
— HIST. xm* s. X. Beauvais en Beauvoisis et en la banlieue d'icelui.... beaum. xiv, 27. Bani hors de la vile et de la banlliue, Bibl. des Chartes, 2* série, t. m, p. 425. || xvi" s. La banlieue [circonscription banale] est estimée à deux mille pas, chacun valant cinq pieds, loysel, 261.
— ÊTYM. Ban et lieue, lieue du ban, c'est-à-dire distance à laquelle s'étendait le ban seigneurial.
f BANNASSE (ba-na-s') , s. f. Civière pour porter la cendre dans une saline. || Grand panier dans lequel le savonnier passe les graisses.
— ÉTYM. Banne.
BANNE (ba-n'), s. f. || 1° Grande manne faite de branches d'osier. || 2' Voitureàcharbon. || 3°Grosse toile servant à couvrir les marchandises chargées sur des bateaux, des voitures de roulage, etc. || 4° Grosse toile qu'on tend sur un bateau et qui sert d'abri contre la chaleur ou la pluie. || 5° Toile qu'on place au-devant d'une boutique pour garantir les marchandises contre l'action du soleil.
— HIST. xm* s. Avant que le sac ou la banne soit close, Liv. des met. 17. Et de paniers et de banastres Et de corbeilles et de vans, Ren. 28619. Et li charretiers l'a changié; Si l'a covert d'une banastre, ib.
— ÉTYM. Berry, benne ; picard , begneu etbereteu, tombereau, voiture à bascule; wallon, brne;Bayeux, banne, grande voiture: namurois, bèniau, tombereau ; ital. benna. Festus nous apprend que benna était un mot gaulois signifiant une espèce de voiture. On voit que ce sens est resté dans plusieurs patois. Le vieux français banastre est un augmentatif. Ca
BAN
BAN
BAN
mot se retrouve dans le celtique : kymri, bèn;ga.èl. fenn, fcn, voiture. Le sens de voiture a passé à celui de panier, puis à celui de toile qui couvre les objets chargés sur des voitures ou des bateaux.
BANNEAU (ba-nô), s. m. || 1° Petite banne en osier. || 2° Vaisseau de bois pour mesurer et transporter le blé, la vendange, etc. || 3° Tombereau en usage dans les salines. || 4° Tonneau du vinaigrier ambulant.
— HIST. xv" s. Hz furent amenés moult honteusement et deshonnestement sur un bannel, duLourre en la cour du palais, monsth. Liv. i, 48.
— ÉTYM. Diminutif de banne; Bayeux, banneau, petite voiture ; rouchi, béniau, bdnel, tombereau.
fBANNELLE (ba-nè-1'), s. f. Panier pour les bouchons de liège.
— ÉTYM. Diminutif de banne.
BANNE, ÉE (ba-né, née), part, passé. La voiture ayant été bannée.
"BANNER (ba-né), ». a. Couvrir avec une banne.
— ÉTYM. banne.
BANNERET (ba-ne-rè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : les bannerets et leurs vassaux , dites : les ba-ne-rè-z et.... bannerets rime avec traits, succès, jamais, etc.), s. m. || 1" Ancien titre des seigneurs qui avaient droit de lever bannière, pour composer une compagnie militaire de leurs vassaux. || 2° Adjectivement, un seigneur banneret.
— HIST. xv' s. Et avoit en sa compaignie un chevalier banneret et sept autres chevaliers des plus preux, froiss. I, I, 48.
— ÉTYM. Bannière.
BANNETON (ba-ne-ton), s. m. || 1° Coffre percé d'un grand nombre de trous , qui sert à conserver le poisson dans l'eau. || 2" Panier d'osier sans anses pour faire lever le pain rond.
— hist. xv* s. Et me ve ci vo valeton , Pour entrer en un baneston, Se le me commandiés en l'eure, froiss. Épi», amour.
— ÉTYM. Banne; Berry, benaton; wallon banète, coffre à conserver le poisson ; genév. benaiton, cortillon.
BANNETTE (ba-nè-f), s. f. Petite banne, corbeille en osier.
— ÉTYM. Diminutif de banne.
BANNI, IE(ba-ni, nie), part, passé. ||1° Chassé d'un pays. Ayant été banni par un acte arbitraire. Banni de mon pays par le meurtre d'un père, Banni du monde entier par celui de ma mère, volt. Oreste, v, 9. 112° Éloigné, exclu. Banni de la cour. || Fig. La pudeur bannie des cœurs. Le monde, une fois banni, n'eut plus de retour dans son coeur, boss. Reine d'Ànglet. Il rappelle un amour à grand' peine banni, corn. Poit/. m, 6. Rappelez la vertu par leurs conseils bannie, m. Pomp. i, 3. D'ici l'intrigue est à jamais bannie, bérang. Acad. et cav. || Substantivement, un banni. Les bannis furent rappelés. J'aime en Sertorius ce grand art de la guerre Qui soutient un banni contre toute la terre, corn. Sertor. u, I. La vertu des bannis n'est souvent qu'artifice, id. Olhon, m, 3. Celui que tu chassais comme indigne de toi.... Qui fut ton roi sans sceptre et ton banni sans crime, rotr. Antig. m, e.
f BANNIE (ba-nie) , s. f. Publication en forme de ban. Bannie de travaux à faire. Mot normand.
BANNIÈRE (ba-niê-r'), s. f. || 1- Enseigne, étendard. Contre le croissant déployant leur bannière, volt. Tancr. ni, 4. J| La bannière de France, drapeau de nos anciens rois lorsqu'ils allaient à la guerre, et qui était parsemé de fleurs de lis. || 2° Fig. La Discorde.... En tout lieu.... déploya ses bannières, boil. Sat. xn. || À bannière levée, avec une hostilité ouverte. Mme de Soubise fortifiait ainsi son crédit auprès de Mme de Maintenon, qu'autrement elle'eût eue contre elle à bannière levée, st-sim. 197, 108. || Se ranger sous la bannière de quelqu'un, se ranger de son parti, agir dans le même esprit. || 3° Terme de marine. Pavillon qui indique la nation à laquelle appartient un bâtiment. On dit aujourd'hui pavillon. L'article 4* du traité de 1006 portant que les Français qui seront pris sous quelque bannière que ce soit, seront mis en liberté, je veux que vous insistiez contre la prétention que les corsaires [d'Alger] ont de faire esclaves ceux de mes sujets qu'ils trouveront sur les vaisseaux étrangers, Lettre de lodis xiv à Duquesne dans jal. || Bannière de partance, pavillon que l'on met à la poupe du vaisseau, pour faire signal à l'équipage qui est à terre de venir s'embarquer. || Bannière de conseil, bannière blanche que l'amiral fait arborer en poupe, quand il veut prendre avis de sescapilaines.il 4° Etendard que l'on porte auxproces-
sions,et qui sert à distinguer une paroisse ouuneconfrérie. Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais en marchant fait un pas en arrière, boil. Lutr. v.'Les processions se battaient les unes contre les autres pour l'honneur de leurs bannières, volt. Louis XIV, 2. || Fig. Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, avec un grand appareil. Il faut la croix et la bannière pour etc. il faut faire les plus grandes cérémonies pour.... || 5* Dans les temps féodaux, compagnie de vassaux que le seigneur faisait assembler pour servir le roi à la guerre. || Chef de bannière, capitaine de quartier dans une ville. || 6" Terme de marine. Voile en bannière, voile dont les écoutes larguées ou cassées permettent que le vent l'enlève. || 7° Terme de blason. Armes en bannière, armes carrées, plus honorables qu'armes en écussun ou pointe. || Proverbe. Cent ans bannière, cent ans civière; c'est-à-dire la même famille qui portait il y a cent ans la bannière porte maintenant la civière, et réciproquement.
— HIST. xn* s. Ot Baligans sa banere fermée, Ronc. p. 144. Jusqu'à Paris irons baniere desploïe, Sax. xxxn. || xin' s. Et quant ilseroient tout apresté de combattre, si lairoient lor bannières cheoir et se tenroient coi, Chron. de Rains, 23. Si trovonsen nostre acordance, Que Faus-semblant et Astenance Avec tous ceus de lor baniere Assaudront la porte derrière, la Rose, 10757. Nous avions bien perdu trente cinq chevaliers touz baniere portans, de la cour de Champaingne, joinv. 201. En ses banieres portoit les armes l'empereur qui l'avoit fait chevalier, m. 221. Hugue de Trichastel, seigneur de Conflans, qui estoit avec moi à baniere, id. 225. Un mien escuier qui s'en estoit fui à tout [avec] ma baniere et estoit revenu à moy, me bailla un mien roncin [cheval], sur quoy je monté, id. 226.||xiVs. Li pietori vont devant, les banieres au vent, Baud. de Seb. vi, 168. || xv s. Adonc le sire de Beaumont monta sur un coursier et fit chevaucher sa bannière, froiss. I , i , 1 03. Il envoya par le grand escuyer quérir une banyere de trompette pour lui faire une cotte d'ormes, comm. iv, 7. Il vouloit que le roy fit hausser par tout la bannière du petit duc que le seigneur Ludovic tenoit entre ses mains, id. TOI, 4. || xvi* s. Ce tailleur avoit si bien accoutumé à faire la bannière [voler de l'étoffe], qu'il ne se pouvoit garder d'en faire de toutes sortes de drap, et de toutes couleurs, despêr. Contes, xlviii. Item de ceux qui pouvoient porter bannière (qui estoyent enseignes quarrées) et de ceux qui ne pouvoient porter que pennon, lanoue, 227. Si le ditseigncur [amiral] veut que les oefs mectent les bateaulx en mer, mectra deuxbandieresàpouppe, ant. de conflans dans jal.
— ÉTYM. Bourguig. fcamiet're/wallon&anîre.-provenç. bandiera, baneira; espagn. bandera; portug. ban'deira; ital. bandiera; du bas-lat. bandum, drapeau (voy. bande 1 et 2). L'allemand moderne Panier, bannière, a été pris du français, plusieurs mots français s'étant introduits en allemand dans le moyen âge par les versions de poèmes de chevalerie.
BANNIR (ba-nir), v. a. || 1° Chasser d'un pays, exiler. Les Tarquins furent bannis. Un décret le bannissait de l'Italie. || 2° Éloigner d'un lieu, éloigner de quelqu'un, exclure. Vous le bannissez de votre présence. Je le bannirai de ma maison. La fuite d'une cour que sa chute a bannie, rac. Brit. n, 2. Seigneur, bannissez-le loin d'elle, id. t'6. Je brûle, je l'adore, et loin de la bannir.... id. ilithr. iv, 5. Mais, seigneur, étant seuls, je parle avec franchise; Bannissant les témoins, vous me l'avez permise, corn. Sertor. M, 2. ||3° Fig. Eloigner, supprimer, ôter. Bannir de son âme tout souci. Il a banni le souvenir de vos bienfaits. L'inquiétude bannissait le sommeil. La crainte bannit la pitié. Que par des lois si équitables le peuple bannirait pour toujours la pauvreté, la jalousie et la discorde, vertot, Révol. rom. liv. m, p. 229. Mais bannissez, madame, une inutile crainte, rac. Brit. n, 6. Mais il ne put sitôt en bannir la pensée, id. Eslh. i, 1. ||4° Se bannir, v. réfl. S'exiler. Il s'était banni de son pays. De l'univers entier je voudrais me bannir, rac. Phcd. v, 7. || S'éloigner de, ne pas fréquenter. Se bannir de la société, du monde.
— HIST. xn* s. En sa grant ost fait banir [publier un ban] et crier, Ronc. p. 177. Et Sabine, à tousjours, de la terre est banie, audefr. le bast. Romane, p. 27. Encore aveit li reis comandé e bani Que, se en tute sa terre eûst clerc si hardi Qui à Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient erranment tuit si chazel saisi, Th. le mart. 06. ||xm* s. Cil qui sont bani sor la hart du roiaume, beaum.
xn, 46. S'il est puis repris, il doit estre justiciés selonc le meffet par quoi il est banis, id. xxx 1 3. Por ce qu'il est banis ou por guerre ou por poverte, m. xviii, 14. Se li rois rapele aucun bani.... id. L, 4. L.es noms de ceus que nous aviemes novielement banis de no vile, Bibl. drs Chartes, 2« série, t. ni, p. 423. || xiv* s. Assez [il] nous bannissoit de France le roion, Puisqu'il nous envoioit hors de la région, Guescl. 17172. Laiens y ot pillars qui firent à blasmer; Et maint bani aussi pooit-on là trouver, id. 20383. Il xv s. Et avoient esté tous deux bannis et enchâssés hors d'Angleterre avec la roine, froiss. i, i, 28. |[ xvi* s. Celui qui se veut exempter de recevoir la cène comme indigne, se bannit de prier Dieu, Calvin, Instit. 195. Luy reprochant que pour argent il rappelloit beaucoup de bannis, amyot, ï'/ie'm. 41. Craignant qu'il ne fustbanny dubande l'ostiacisme, id. Périe. il. Lycurgus bannit l'or et l'argent de Lacedaemone, id. Caton et Arisl. comp. 6. Comme si c'est un confinement où les âmes fussent reléguées et bannies, id. Ve la tranq. d'dme. 39.
— ÉTYM. Ban; picard, bennir; provenç. et espagn. bandir; ital. bandire.
BANNISSABLE (ba-ni-sa-bl'), adj. Qui doit être banni. Un homme ignare de toute bonnediscipline, bannissable de la république des lettres, mol. Uar. forcé, 6.
— ÉTYM. Bannir.
BANNISSEMENT (ba-ni-se-man) , s. m. Action de bannir; résultat de cette action. Six ans après son bannissement. Le bannissement des Stuarts ne devait jamais finir. De son bannissement prenez sur vous l'offense, rac. Brit.u, 3. Mon règne ne sera qu'un long bannissement, id. Bérén. m, 4 . Ah ! mon frère, l'amour n'est guère véhément Pour des fils élevés dans un bannissement, corn. ilod. n, 4. || En termes de droit, peine infamante qui consiste à être banni.
— HIST. xiii* s. Il querroit [tomberait] en grant amende vers le signeur, de ce qu'il aroit fet ayde au bani el tans de son bannissement, beaum. xxxiv,32. Si que par le bannissement il se chasiient de lor meffet, id. xxiv, 16. Li banissemens ne dure que tant comme le [la] terre du segneur tient, en quel cort il est banis, id. lxi, 22. ||xvs. Parmi [au moyen de] ces bannissements s'appaisoient l'une partie et l'autre, froiss. ii, ii, «2. || xvi« s. Rappeler du bannissement, d'aub. Hist. 1, 233.
— ÉTYM. Bannir.
f BANQUAIS (ban-kè), s. m. Terme de marine. Navire ou homme faisant la pêche sur le banc de Terre-Neuve.
— ÉTYM. Banc.
BANQUE (ban-k'), s. f. || 1° Originairement, commerce d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une ville à une autre, par le moyen des lettres de change; établissement qui se chargeait de l'argent des particuliers pour le faire valoir à gros intérêts ou le mettre en sûreté. Faire la banque, faire ce genre de commerce. Celui-ci faisait la banque; celuilà se donnait au commerce de la mer, montesq. Lctt. pers. 445. y 2" Aujourd'hui, entreprise commerciale dont les opérations consistent à recevoir, conserver, payer, emprunter et prêter les capitaux sous forme de'monnaie métallique ou autre. || Commerce consistant à effectuer pour le compte d'autrui des payements et recettes, à faire l'escompte, à acheter et revendre soit des valeurs commerciales, lettres de change, billets de commerce, effets publics, actions d'entreprises industrielles et tous titres créés pour l'usage du crédit, soit des monnaies ou matières d'or et d'argent. |[ Plus spécialement, les établissements par actions qui se livrent à ces diverses opérations. ]| Maison de banque, maison qui s'occupa principalement des opérations de banque. || Banque, lieu où se font les opérations. || Banque de circulation, celle qui émet des billets dits de banque. Il Banque de dépôt et de virement, celle qui reçoit des valeurs et les transfère par ses écritures. || Banque d'escompte, celle qui fait des avances sous forme d'escompte et de prêt direct. || Banque publique : 1° celle qui fait ses opérations non avec des clients particuliers, mais avec le public en général, à des conditions réglées par des dispositions générales; 2° institution de banque fondée, dirigée ou dotée par les États ou villes qui en sont le siège. || Banque agricole, celle qui fait des avances à l'agriculture. || Banque foncière, immobilière, terriloriale,celle qui fait des prêts garantis par des immeubles. || Banque mobilière, celle qui fait des avances sur valeurs mobilières. || Banque hypothécaire, celle qui fait des prêts sur hypothèque. || 3° Terme d'imprimerie. Payement fait aux ouvriers chaque
BAN
BÀN
BAN
semaine ou tous les quinze jours. ||4* Terme de jeu. Somme qu'a devant lui le joueur qui tient contre tous les autres. || Faire sauter la banque, gagner tout l'argent de celui qui tient le jeu. || Fig. Ces gens jouent contre le peuple, mais ils tiennent la banque contre lui, montesq. Fsp.xxv,6. [| 5° Au jeu du commerce, les cartes qui composent le talon. || 6* Terme de métiers. Instrument qui porte les bobines du passementier. || Banc sur lequel travaille l'ouvrier en peignes. || Billot où est la meule d'acier sur laquelle se font les pointes d'épingles. || 7° Terme de marine. Navire qui fait la pèche de la morue sur le banc de Terre-Neuve. |j 8° Populairement, les artifices des bateleurs, le charlatanisme.
— HIST. xvi* s. Le charlatan estoit monté sur un petit eschaffaut jouant des regales [sorte d'épinette] et tenant banque comme on en voit assez à Venise en la place St-Marc, Sal. Mén. p. 3.
— ÉTYM. Ital. banca ou banco, banque, proprement banc (voy. banc), à cause du banc qu'avaient à l'origine, comme beaucoup d'autres marchands, ceux qui faisaient le commerce d'argent.
fBANQUER (ban-ké), v.n. Terme de marine. Aller à la pèche de la morue sur le banc de Terre-Neuve.
— ÉTYM. Banc.
fBANQUEREAU (ban-ke-rô), s. m. Terme de marine. Petit banc de sable.
— ÊTYM. Diminutif de banc.
BANQUEROUTE (ban-ke-rou-t') , s. f. Cessation
de payement de la part d'un négociant devenu insolvable. Nous avons considéré que l'une des choses à laquelle nous avons promptement à remédier, est l'abus et tromperie évidente qui se commet sous le nom et prétexte de banqueroute , Édit de mai, 4609. Que les marchands, banqueroutiers, pour être favorisés et éviter la peine de mort prononcée par les ordonnances pour le crime de banqueroute, s'adressent à leurs confrères, qui homologuent trèsfacilement les conirats faits avec des créanciers supposés, Arrêt de règlement du parlement de Paris du 7 août 1698, dans renouard, des Faillites, t. I, p. 401. Et aussi la misère et le discrédit devinrent tels que nous n'avons point d'exemples de plus de banqueroutes que dans les années 4 744, 4745 et 4716, melon, Essai politique sur le commerce, édit. de 4 843, p. 77) ; la 4" éd. est de 4 734. Les banqueroutes servent la fortune sans faire perdre l'honneur; et voilà ce qu'il importe de détruire, napoléon, au Conseil d'État , séance du 28 juillet 1807. En faisant banqueroute à leurs créanciers, pasc. Prov. 8. En sorte qu'il fût aisé de ne jamais faire banqueroute, fên. Tél. xn. Charles II, roi d'Angleterre, non content de l'argent de la France, venait de faire banqueroute à ses sujets, volt. S. de L.XIV, 10. || Fig. et familièrement. Faire banqueroute à, manquer à. Gardez de faire aux égards banqueroute, la F0NT.4fCUi.Et je fais banqueroute à ce fatras de lois, corn, le lient, i, 4. Je fais par cet hymen banqueroute à tous autres, id. tb. m, 6. Autrement quant à moi je lui fais banqueroute, Régnier, Sal. vi. Je ne fais de léger banqueroute à l'école Du bonhomme Empédocle, id. Hat. xv. Je bannis ces plaisirs et leur fais banqueroute, id. Éptt. il. || En termes de jurisprudence, c'est la faillite coupable et punie par la loi ; banqueroute simple, lorsqu'il y a faute seulement; banqueroute frauduleuse, lorsqu'il y a fraude : distinction introduite par le Code de commerce de 1808. || Banqueroute se dit spécialement de l'État, lorsque la loi abolit tout ou partie de la dette publique, volontairement ou forcément. Le premier avis allait à une banqueroute universelle, law, Mercure, mars 1720 (éd. 1851, p. 012). La banqueroute, la hideuse banqueroute, est là, et vous délibérez! Mirabeau, discours, 26 sept. 1789.
— REM. Voltaire a blâmé dans Corneille l'emp'ri de faire banqueroute à.... pour abandonner. Mais on voit que cette locution était fort employée du temps de Corneille, et elle est restée en usage.
— SYN. BANQUEROUTE, DÉCONFITURE, FAILLITE. La
tanqueroute est l'état d'un commerçant failli qui se trouve dans un cas de dol ou de faute grave prévu 1*.T la loi ; on le dit dans le langage ordinaire au lieu de déconfiture et faillite. La déconfiture est l'état d'insolvabilité d'un débiteur, non commerçant ; on le dit dans le langage ordinaire pour banqueroute et faillite. La faillite est l'état de cessation des payements d'un commerçant ; on le dit abusivement pour déconfiture et banqueroute, legoarant.
— HIST. xvi' s. Voulons et ordonnons que les dits debteurs qui auront défailli et fait banqueroute tiennent prison fermée jusqu'à plein et entier payement des amendes, Ordonnance de Lyon, 40 oct.
1 536. Nous avons cidevant reçu plusieurs plaintes des faillites et banqueroutes, les unes dignes de commisération quand elles sont advenues par les dommages et pertes que la calamité des troubles passés a apportés à cettui nostre royaume , les autres dignes de punition exemplaire, qui se font par dol et fraude, Mandement de Henri Ul, du 25 juin 1582. Traité sur les cessions et banqueroutes, par e. bonnyn, Paris 1686.
— Êtym. Ital. bancarotta, de banca, banque (voy. ce mot), et rolto, rompu, deruplus, rompu.de rumpere, rompre : mot à mot, banc rompu ; à cause qu'on rompait le banc qu'avait le commerçant sur les marchés.
BANQUEROUTIER, 1ÈRE (ban-ke-rou-tié, tié-r' ; IV ne se lie jamais; au pluriel l'sse lie : les banqueroutiers et.. ..dites : les ban-ke-rou-tié-z et....), s.m.etf. Celui, celle qui a fait banqueroute. Banqueroutier simple. Banqueroutier frauduleux. Les banqueroutiers qui feront faillite en fraude seront punis extraordinairement, Ordonnance du 15 janvier 1629 dite Code Michau. Les banqueroutiers frauduleux seront poursuivis extraordinairement et punis de mort, Ordonn. 1673, titre XI, art. 12. C'était une chose inouïe autrefois qu'un notaire pût être banqueroutier, volt. Leltr. Damilaville, 27 janvier 1764. || Adjectivement. Un gouvernement banqueroutier.
— REM. Tandis que le langage ordinaire confond les mots banqueroute et faillite que l'ancien usage a longtemps confondus mais que la loi a distingués, le langage ordinaire attache toujours un sens défavorable à banqueroutier.
— HIST. xvi* s. Il sera procédé contre les banqueroutiers extraordinairement, Ordonnance de Lyon, 10 octobre 1536. Tous banqueroutiers et qui feront faillite en fraude seront punis extraordinairement et capitalement, Ordonnance d'Orléans de I560,art. 143. Voulons que les ordonnances faites contre les banqueroutiers, et ceux qui doleuzement et frauduleusement font faillite ou cession de biens, soient gardées, Ordonnance de lilois, 1579, art. 201. Selon nostre langage et notre usage pouvons proprement définir nostre banqueroutier, celui qui, prudent et avisé en ses affaires, sciemment a pris et reçu argent, sous prétexte de commerce ou autrement, sous prétexte d'en rendre profit ou purement, et, ayant diverti ses effets, se dérobe à ses créanciers, s'absente, et latite ou rend fugitif.... notre banqueroutier n'a dépensé ni le sien ni l'autrui par lui reçu, mais il le cache, celé, vole et emporte, mares'chal, Traité des changes et rechanges, ch. 2, Paris, 1625.
— ÉTYM. Banqueroute.
BANQUET (ban-kè; le tne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : les banquets et les danses, dites : les ban-kè-z et.... banquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || i* Repas d'apparat. SiLusignan ne rappelait à sa fille que les banquets et les joies de l'Olympe, cela serait d'un faible intérêt pour elle, chateaubr. Génie, u, il, 6. Oubliait-on qu'ici les déesses des morts Sont du dieu des banquets les compagnes cruelles? lemerc. Agam. iv, 5. || Banquet nuptial, repas de noces. || 2° Terme de dévotion. Le banquet des élus, la béatitude céleste. || Le banquet sacré, la communion. Enfin je suisparvenue au banquet divin, boss. Anne de Gong. || 3° Poétiquement. Au banquet de la vie infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs, Gilbert, Imit. des psaumes. Au banquet de la vie à peine commencé, Un instant seulement mes lèvres ont pressé La coupe en mes mains encor pleine, a. ciién. Jeune capt. La vie est chère à l'homme, entre les dons du ciel; Nous bénissons toujours le Dieu qui nous convie Au banquet d'absinthe et de miel ,v. hugo, Odes, iv, 4. || 4° Terme de manège. Petite branche d'une bride, au-dessous de l'œil.
— rem. Dans le xvn* siècle , les puristes réservaient banquet à l'usage des seules choses sacrées.
— HIST. xv* s. Et [Philippe d'Artevelle] donnoit aux dames et aux damoiselles de grands disuers. soupers et banquets , ainsi comme avoit fait du temps passé le comte, froiss. h, ii, 160. Les convis et les banequetz plus grans et plus prodigues que en nul autre lieu dont j'aye eu congnoissance, comm. i, 2. lors, l'un d'eux couvrit la table et mit le banquet dessus, louis xi , Nouv. xxix. || xvi* s. Nous pensions que là fust quelque notable festin et banquet, rab. Pant. v, 17.
— ÉTYM. Diminutif de banc : proprement petit banc; ital. banchelto.
BANQUETER (ban-ke-té; l'e prend un accent grave, ou le t se double, quand la syllabe qui suit est muette : je banqueté ou banquette ; je banquèterai ou banquetterai), «, n. Faire bonne chère.
prendre part fréquemment à de grands repas. Jamais personne ne s'est pu vanter d'avoir banqueté chez lui, Francion, liv. vm. || Il est familier, et se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xv* s. Il fit apporter du meilleur vin de leans, et alla quérir de belles cerises toutes fraisches, et vint banqueter avec elle en attendant le souper, louis xi, A'out). lxv. ||xvi* s. Et cependant ilz ne vouloient bouger de leurs maisons à se baigner, estuver, banquettsr et faire grand chsre, amyot, Pyrrh. 33.
— ÉTYM. Banquet.
fBANQUETEUR (ban-ke-teur), *. m. Celui qui banquette, qui fait bonne chère.
— ÉTYM. Banqueter.
BANQUETTE (ban-kè-f), s. f. || 1» Banc long et rembourré, sans dossier. || En termes de théâtre, jouer devant les banquettes, jouer une pièce dans une salle presque vide de spectateurs. || 2° Terme de fortifications. Partie du rempart située immédiatement derrière le parapet, et d'où les soldats font feu sur l'ennemi. || 3* En termes de voirie, petit chemin peu élevé au-dessus de la voie sur un pont ou une rue pour les piétons. On dit habituellement trottoir. || Chemin pratiqué le long d'un canal ou d'un aqueduc. || 4* En architecture, appui en pierre d'une fenêtre. || 5° En termes de jardinage, palissade taillée à hauteur d'appui entre les arbres d'une contre-allée. || 6° L'impériale d'une diligence et des omnibus. || 7° Terme de menuiserie. Boiserie qui garnit le dessus et le devant des croisées. || Bande de fer placée dans les fourneaux des forges, pour soutenir une portion de la charge du minerai et du charbon.
— HIST. xv* s. Une celle [sellej que l'on apelle au pays banquette, du cange, banquetus.
— ÉTYM. Diminutif de banc.
4. BANQUIER (ban-kié; Yr ne se fie jamais; au pluriel 1'* se lie : des banquiers opulents, dites : des ban-kié-z opulents), s. m. || 1° Vers la fin du moyen âge, celui qui se livrait au change des monnaies, puis celui qui faisait des traites et des remises, donnait des lettres de change, plus tard celui qui recevait les espèces en dépôt et servait d'intermédiaire entre prêteurs et emprunteurs. || 2* Aujourd'hui, propriétaire ou directeur d'une maison de banque particulière. || Négociant qui se livre principalement à une ou plusieurs des opérations de banque. || Celui qui fait la banque. || Celui qui fait le change, se charge des dépôts, payements, actes et écritures relatifs à ces opérations. || 3" Terme de jeu. Celui qui tient le jeu contre tous les autres joueurs. ' || 4" Banquier en cour de Rome, officier qui, par le moyen de l'argent qu'il faisait passer en cette cour, employait ses correspondants à solliciter les bulles, les dispenses et les autres expéditions de la daterie romaine.
— hist. xvi* s. Soubs prétexte de ce mariage, elle s'entrescrivoient de belles lettres; et estaient comme banquieres des menées de ces deux princes, CARL. n, 44. Leur grand père mourut banquier, bulliste et usuraire à Lyon , carl. ix, 3. La preuve d'un tel et si admirable revenu ne sauroit mieux paroistre que par les livres et registres des banquiers, fromenteau, Finances, ix" livre, p.40i. Il y a en Franco environ sept ou huit cens notaires apostoliques; vous y avez soixante et quatorze banquiers, id. ib. Autant de deux escus que les banquiers ont envoyés à Rome, autant de cureznous ont-ils envoyés, condé, Mémoires, p. 559.
f 2. BANQUIER (ban-kié), s. m. Terme de mer. Navire qui va à la pêche de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve.
— ÉTYM. Banquer.
BANQUISE (ban-ki-z'), *. /'.Terme de marine. Bordure d'eau de mer gelée qui ne permet pas aux navigateurs d'atteindre une côte où elle est adhérente.
— ÉTYM. Banc, et l'anglais ice, glace, d'après Jal. fBANQUISTE (ban-ki-sf) , s. m. Charlatan, bateleur. Mot populaire.
— ÊTYM. Banque.
BANS (ban), s. m. plur. Lits de chiens de chasse.
— ÊTYM. Sans doute pour bancs.
f BANSE (ban-s'), s. f. Grande manne carrée qui sert à transporter des marchandises.
— ÊTYM. Wallon, banse; de l'allem. Banse, corbeille: goth. bansts, grange.
BAN VIN (ban-vin), s. m. Droit qu'avait le seigneur de vendre, à l'exclusion de toute autre personne, le vin de son cru, dans sa paroisse, durant le temps marqué par la coutume. || Proclamation qui indiquait le jour où les particuliers pourraient vendre leur viD nouveau.
— ÊTYM. Ban, et tin.
BAP
BAOBAB (ba-o-bab') , s. m. Arbre d'Afrique, qui est le plus grand des végétaux connus (adansonia digitaia, L.).
BAPTÊME (ba-tê-m'), s. m. Celui des sept sacrements de l'Eglise qui efface le péché originel, et qui consiste en de l'eau versée sur la tête, et en paroles sacramentelles. Après avoir reçu le baptême par les mains du pape, boss. Hist. I, 44. Celle qui vous pressait de courir au baptême, corn. Poly. l,t. Répandre sur son front l'eau sainte du baptême, volt. Zaïre, n, 3. C'est à Breslau, à Londres et à Dordreclit qu'on commença, il y a environ trente ans, à supputer le nombre des habitants par celui des baptêmes; on multiplia dans Londres le nombre des baptêmes par 36; à Breslau, par 33, volt. Lettr. La Michodière, novemb. <757. || Fig. Baptême de sang, martyre des catéchumènes. || Nom de baptême, le nom donné par le parrain ou la marraine à l'enfant présenté aux fonts baptismaux. [| Baptême d'une cloche, d'un navire, cérémonie religieuse par laquelle on bénit une cloche, un navire. || Baptême de mer, du tropique, de la ligne; usage des matelots à l'égard de ceux qui passent, pour la première fois, le tropique ou la ligne; il consiste à les arroser d'eau avec des circonstances burlesques, s'ils n'achètent point leur repos par quelques libéralités pécuniaires.
— HIST. xn* s. Mais pren batisme, je'l te dis sans contraire, Ronc. p. 145. || xm« s. Mais Aliste [elle] Fut nommée en baptesme, et fu née à Valgiste, Berle, xcu. Si avint un poi apriès que li rois Jehans prist à feme la fille le roi d'Iermenie et en ot un filg qui fuapelés Jehans en baptesme, Chr. deRains, p. 88. Il leur fist entailler en la chapele toute nostre créance, l'annonciation de l'angre [ange], la nativité, le baptesme dont Dieu fu baptizié, et toute la passion, jowv. 262. || xv's. Les mesmes paroles qui ont esté aujourd'hui dites et célébrées au baptesme de votre filleul, furent dites et célébrées à votre baptisement, louis xi, fiouv. lxx.
— ÊTYM. BânTi<ru.a, de paimÇeiv, baptiser; provenç. baplisme; espagn. bautismo ; portug. babtismo; ital. battesimo.
BAPTISÉ, ÉE (ba-ti-zé, zée), part, passé. Clovis et ses Francs baptisés par saint Remy.
BAPTISER (ba-ti-zé), v. a. || 1° Conférer le baptême. || Baptiser une cloche, un navire, employer certaines cérémonies ecclésiastiques pour les bénir, les mettre sous la protection du ciel et leur donner un nom. || Baptiser sous condition, administrer le baptême à quelqu'un dans le doute qu'il l'ait déjà reçu. || Fig. et familièrement. Voilà un enfant bien difficile à baptiser ; voilà une affaire qui rencontre sans cesse de nouveaux obstacles. || 2° Fig. Donner un sobriquet. Baptisant son chagrin du nom de piété, boil. Sat. x. || Absolument. De peur qu'une qualité ne l'emporte, et ne fasse baptiser, pasc. dans cousin. || 3° Familièrement. Baptiser son viD , y mettre de l'eau. Les goguenards dirent qu'il ne fallait pas baptiser son vin, volt. Ingénu, 4.
— HIST. xi' s. Baptizét sont assez plus de cent mille, Ch. de Bol. cclxviii. Baptisez la, pour quei Deus en aitl'ame, ib. ccxcu. || xu' s. Tu me doveroies, ce di saint Johans, baptiier, et tu viens à mi, st Bernard, p. 652. Que ne soiez baticez, Ronc. p. 22. || xin" s. Bien sanla [sembla], à ce que je vi, que il se baptisa, Chron. deRains, 443. Et as gens irez demander S'il i a cors à enterrer Ne nul enfant à bautizier, lien. 24454. Ançois doit estre fête enqueste de son aage par cex qui furent au baptizier, beaum. xvi, 6. Tu as le filz Dieubaptoié, Par qui nous sommes nectoyé D'ordure, d'escume et de beue [bave], J. de meung, Tris. 237. ||xv's. On pourrait baptizer vostre ordonnance de tel tiltre qu'il vous plairait lui bailler, th. basin, t. iv, p. 87. j| xvi' s. Le mot mesme de baptizer signifie plonger, calv. Instit. 4UG2. Ils baptiseront ce prodigieux et horrible forfait, du nom de coup du ciel, Sat. Sien. p. 6.
— ËTYM. Wallon, bateht; namurois, batiji; provenç. batejar, balhegar; espagn. bautizar; portug. babtizar; ital. batlezzare; du latin baptizare, de panxiÇeiv, plonger, à cause de l'immersion complète qui était en usage dans la primitive Église.
t BAPTISEUR (ba-ti-zeur), s. m. Celui qui baptise. Jean le baptiseur avait déjà été condamné au supplice, volt. Phil. u, 282.
— hist. xvi' s. St Jean le baptisateur, yver, p. 650.
— ÉTYM. Baptiser.
BAPTISMAL, ALE (ba-ti-smal , sma-1') , adj. Qui appartient au baptême. Eau baptismale. Les fonts baptismaux, les fonts où l'on baptise. La grâce baptismale, bourd. Dominic. n, Rechute dans le péché, 213. || L'innocence baptismale, l'innocence que con-
BAR
fère le baptême; et, figurément dans le langage ordinaire, une conduite simple et pure de tout blâme. M. de Noailles [l'évêque] porta au siège de Chàlons-sur Marne son innocence baptismale, et y garda une résidence exacte, st-sim. 32, Ht.
— Êtym. Bas-lat. baptismalis, de baptisma, baptême (voy. baptême).
BAPTISTAIRE (ba-ti-stê-r'). || i» Adj. Qui constate le baptême. Registre baptistaire, registre où l'on inscrit les noms de ceux qu'on baptise. Extrait baptistaire, extrait de ce registre. || 2° S. m. L baptistaire, l'extrait du registre, la date d'un baptême.
— ÉTYM. Bas-lat. baptistarius, de laptizare, baptiser (voy. ce mot).
BAPTISTÈRE (ba-ti-stê-r'), *. m. Petit édifice bâti près des cathédrales pour administrer le baptême. || Chapelle où sont les fonts baptismaux, dans une église.
— HIST. xi" s. [Ils] Mènent paiens entresqu'au baptisterie, Ch. de Roi. ccxvin. || xn* s. Del ciel enveiad, si rechust e prist à sun oes sainte Eglise; si la levad de funz e de baptisterie , Tîot's, 207. ||xvr s. Le duc de Sommercet estant venu pour le baptistère [baptême] à Paris, fut détroussé, d'aub. Hist.
— ÉTYM. Baptisterium, de pa7tT«n^p'.ov, de poetctîÇsiv, baptiser (voy. ce mot). Baptisterie, dans l'ancien français, malgré l'orthographe, n'est que de trois syllabes, comme le vers le montre; cet i qui se trouve dans plusieurs autres circonstances, ou était un signe étymologique, ou indiquait une certaine prononciation de la voyelle qui précédait.
BAQUET (ba-kè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel Ys se lie : des baquets emplis d'eau, dites : des ba-ke-z emplis; baquets rime avec attraits, jamais, succès), s. m. || 1° Sorte de petit cuvier. || Baquet magnétique, baquet rempli d'eau que Mesmer employait pour les pratiques du magnétisme. || 2° Vaisseau de bois qu'on remplit de terre pour y semer quelques graines. || 3° Terme de métiers. Caisse à l'usage du graveur pour faire mordre l'eau forte. || Pierre creuse pour nettoyer les caractères d'imprimerie.
— HIST. xv s. Et avoit tant fait le sire de Saint- Py, que sur un char il fit acharier un bacquet [petite barque], froiss. ii, n, 480. Si passèrent trois varlets outre, et mirent le bacquet et la corde outre à l'autre rive; et y attachèrent l'autre coron de la corde , id. ib.
— ÉTYM. Diminutif do bac (voy. ce mot), qui veut dire bateau ou auge.
f BAQUETER (ba-ke-té), v. a. Ôter l'eau d'un baquet ou de tout autre vase, avec une écope ou une pelle.
— ÉTYM. Baquet.
t BAQUETTES (ba-kè-V) ,s.f. plur. Tenailles pour tirer le fil à la filière.
t BAQTJETURES (ba-ke-tu-r') , s. f. plur. Vin qui tombe dans le baquet quand on le verse, ou qu'on le met en bouteilles.
— ÉTYM. Baquet.
f t. BAR.... Préfixe qui a une signification péjorative, par exemple dans barlong, et qui est le même que bé ou bes ou bis (voy. bes....).
f 2. BAR (bar), s. m. Grand poisson, dit aussi maigre (scixna aquila).
— HIST. xiii' s. En sa baniere ot un grant bar, Fabliaux, édit. barbaz. t. iv, p. 90.
t 3. BAR, s. m. Terme de blason. Barbeau, poisson fréquent en armoiries, en pal et un peu courbé.
— ÊTYM. Barbe, nom du barbeau (voy. ce mot), t 4. BAR (bar) , s. m. Voy. bard.
BARAGOUIN (ba-ra-gouiu), s. m. Langage où les
sons des mots sont tellement altérés, qu'il devient inintelligible. Je ne puis rien comprendre à ce baragouin, mol. lesPréc. 5. Autrement c'est pour moi du baragouin étrange , Régnier , Sat. xv. Pourvu .... Qu'on parle baragouin, et qu'on suive le vent, En ce temps du jourd'hui on est assez savant, id. Sat. m. Voici ce notable discours brièvement, compondieusement traduit de baragouin en français, p. l. cour, ii, 49.
— HIST. XIV s. Les quelx appelèrent l'exposant sanglant barragouyn ; icelluy leur dist : beaux seigneurs, je ne suis point barragouyn, mais aussi bon chrestien, d'aussi bonnes gens et aussi bon françois que vous estes, ducange, barginna. \\ xvi' s. Vos parolles, translatées de barraguoin en françois, veulent dire que je me marie hardiment, rab. l'ant. III, 34.
— ÉTYM. Bas-breton, bara, pain, et gwîn, vin; mots que les Français entendaient souvent dans la bouche des Bretons, et qui leur servirent à désigner
BAR
un langage inintelligible. La tradition qui rattachait baragouin à la Basse-Bretagne est conservée dans ces vers d'une chanson citée dans le Dict. bas-breton de villemarque, p. xl : Baragouinez, guas De basse Bretagne, Baragouinez, guas, Tant qu'il vous plaira. Guas est le bas-breton guas, vassal.
BARAGOUINAGE (ba-ra-goui-na-j'), s. m. Manière de parler embrouillée et inintelligible.
— ÉTYM. Baragouiner.
BARAGOUINÉ, ÉE (ba-ra-goui-né, née), part, passé. Un discours baragouiné.
BARAGOUINER (ba-ra-goui-né). || i." V. n. Estropier les mots d'une langue en parlant, c'est-à-dire en altérer le son au point de les rendre difficiles à comprendre. Il baragouine d'une manière affreuse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aroir. || 2' V. a. Mal parler une langue. Cet Allemand baragouine le français. || Baragouiner un discours, le prononcer d'une façon ininteii.jible. Je ne me souviens jamais comment diantre ils baragouinent ce nom-là, mol. G. Dand. i, 2.
— HIST. xvi' s. Ce livre est basti d'un espaignol barragouiné en terminaisons latines, mont, n, 137.
— ÊTYM. Baragouin.
BARAGOUINEUR ,EUSE (ba-ra-goui-neur.neù-z") , s. m. et f. Celui, celle qui baragouine. Ils sont une douzaine de baragouineurs à jouer cartes et dés, hamilt. Gramm. 3.
— ÉTYM. Baragouiner.
t BARALIPTON (ba-ra-li-pton). Mot forgé par les Scolastiques pour rappeler mnémoniquement une forme de syllogisme, et où barali est seul significatif, pton n'étant qu'une finale pour faire le vers.
t BARANDAGE (ba-ran-da-j'), s. m. Terme de pêche. Action de barrer la rivière avec un filet.
— ÊTYM. Barrer.
t BARANGE (ba-ran-j') , s. f. Mur placé dans la fourneau d'une saline.
— ÊTYM. Barrer.
BARAQUE (ba-ra-k'), t. f. || 1" Hutte construite par les soldats à défaut de tentes , et, par extension, constructions légères remplaçant les casernes, quand on veut établir pour quelque temps les soldats sur un point. || 2° Réduit couvert pour les pêcheurs. || 3° Boutique faite de planches. Les baraques de la foire. || 4° Fig. et familièrement, maison mal bâtie et de chétive apparence. || Maison où les domestiques sont traités mal, les ouvriers mal payés. || 6" Petite armoire dans laquelle les écoliers serrent leurs livres et leurs cahiers.
— ÊTYM. Bas-lat. baraca, baracha; espagn. barraca; ital. baracca; angl. barraks, caserne; du baslatin, barra, perche, barre (voy. barre) ; comparez le gaél. barrachad, une hutte, de barrach, branches d'arbres.
BARAQUÉ, ÉE (ba-ra-ké, kèe), part, passé. Logé en des baraques. Les troupes baraquées en un lieu salubre.
f BARAQUEMENT (ba-ra-ke-man) , s. m. || 1° Action de baraquer, de se baraquer. Le baraquement des troupes. || 2° Ensemble de baraques.
— ÊTYM. Baraquer.
BARAQUER (ba-ra-ké). || 1° F. a. Faire des baraques. || 2° Se baraquer, v. réfl. Se construire des baraques. Les soldats se baraquèrent comme ils purent.
— ÉTYM. Baraque.
fBARATE (ba-ra-f), i. f. Terme de marine. Grosse sangle pour aider les basses voiles à résister.
BARATERIE (ba-ra-te-rie), s. f. Terme de marine. Fraude commise par le capitaine, le maître ou patron d'un navire, au préjudice des armateurs, des assureurs.
— HIST. xv* s. Ha, dirent les Anglois, ce François prend avantage ; pourquoi n'est son heaume aussi bien bouclé et lacé comme celui de messire Jean de Hollande est? nous disons que c'est baraterie que il y fait ; on lui dise que il se mette en Testât de son compagnon, froiss. h, m, 59.-
— ÉTYM. Provenç. barataria; ital. barrateria ; de barat, tromperie, mot qui est un des plus usités de la langue d'oïl et qui se trouve dans toutes les langues romanes. On tire barat de l'arabe baril ta a, corruption d'un juge. Mais Diez élève des objections tirées de l'étendue du sens et des formes ; ital. barattare; provenç. baratar; anc. franc, baréter, faire un mauvais commerce, houspiller; anc. portug. baratar, détruire; anc. franc, desbarcter ; provenç. desbaratar; ital. sbarattare, défaire, abattre; anc. franc, barate ; anc. espagn. barata , confusion, trouble dans la bataille. Diez écarte l'ancien nord bardtla, combat, à cause que le sens ne concorde pas; Tanc. haut allem. bala-râti, méchanceté, aurait donné en français baurai. Enfin il indique le grec
BAR
BAR
BAR
«parriiv, agir, faire des affaires, user de pratiques , mot qui a pu avoir été emprunté aux marchands grecs; et à l'appui il cite le serve bardtati, faire des affaires. Mais, faute d'intermédiaires, cela reste douteux, d'autant plus qu'il yaaussi à tenir compte du celtique : bas-bret. barad; gaél. et irland. brath; kymri, brad, tromperie.
t BARATHRE (ba-ra-tr'), s. m. Terme d'antiquité. Précipice où l'on jetait les criminels à Athènes.
— ÊTYM. Bipo8pov.
t BARATTAGE (ba-ra-ta-j') , s. m. L'ensemble des opérations qui se font dans la baratte.
— ETYM. Baratte.
BARATTE (ba-ra-t"), s. f. Vaisseau dont on se sert pour battre le beurre.
— HIST. xii* s. Or set bien que il est dedanz l'ost perceûz; Ja i aura barate etgranzcrisetgranz hus, Sax. t. il, p. 30. N'a cure plus de lor barate; La rien dont il plus or se haste, c'est d'eus esloignier et fuir, benoît, Cliron. de Korm. t. 11, p. 65. || xni* s. Al lier fu la grans barate, Partonop. de Blois, 40665.
— ETYM. Diez est disposé à y voir le même radical que dans baraterie (voy.ee mot), à cause du sens de houspiller, mettre en confusion, qu'ont les verbes baréter, baratar, barattare ; cette opinion parait très-probable; il y avait dans l'ancien français un mot barate signifiant agitation, confusion. On propose aussi le bas-breton baras, baquet.
BARATTÉ, ÊE (ba-ra-té, tée), part, passé. Le lait ayant été baratté.
BARATTER (ba-ra-té), v. a. Agiter du lait dans une baratte pour faire du beurre.
— ETYM. Baratte.
BARBA CANE (bar-ba-ka-n'), s. f. || 1" Meurtrière pratiquée dans le mur des forteresses pour pouvoir tirer à couvert. || Dans les fortifications du moyen âge, ouvrage extérieur percé de meurtrières. || 2° Ouverture longue et étroite pour l'écoulement des eaux. || Ouverture dans une porte de cave.
— HIST. xii* s. Les barbaquennes [ils] unt saisies, E par force lor genz parties, benoît, n, 4 1858. || xin* s. Et drecierent les eschieles à une barbacane emprès la mer, villeh. lxxvi. Hordeïz [fortification] ot et bon et bel, Par defors les murs dou chastel Ses barbacanes fist drecier Por son chastel miauz enforcier, lien. 18498. Quant il sont devant Nique, s'ont levé le [la] tenclion [combat]; Les barbacanes [ils] copent entour et environ, Dusqu'al maistre fossé n'i ot arrestison, Ch. d'Ant. Il, 348. Pour requerre sa gent plus sauvement [avec plus de sûreté] , fist faire le roy une barbaquane devant le pont qui estoit entre nos deux os [armées], joinv.
— ETYM. Wallon, bâbècine, lucarne; namurois, barbakène; provenç. etespagn. barbacana; portug. barbacâo; ital. barbacane. On donne pour étymologie l'arabe bdrbâk-klianeh, galerie servant de rempart devant une porte.
f BARBACOLE (bar-ba-ko-1') , s. m. Mattre d'école; magister de village. Humains, il vous faudrait encore à soixante ans Renvoyer chez les barbacoles, la font. fabl. XII, 8.
— ETYM. Il semble que Pétymologie soit barbam colère, porter longue barbe; mais le fait est qm'on ne sait d'où La Fontaine a tiré ce mot.
f BARBACOLLE (bar-ba-ko-1') , s. f. Le jeu de pharaon.
f BARBACOH (bar-ba-kou), s. m. Oiseau grimpeur d'Amérique.
— ETYM. Barbe à cou.
f BARBAJAN (bar-ba-jan) , *. m. Un des noms du chat-huant.
— ETYM. Barbe à Jean.
t BARBARA (bar-ba-ra). Mot forgé par les scolastiques pour désigner mnémoniquement une forme de syllogisme.
f BARBARASSE(bar-ba-ra-s'),s. f. Terme de marine. Gros cordage pour bosser les grosses amarres.
BARBARE (bar-ba-r'), adj. || l'Etranger, par rapport aux Grecs et aux Romains. || Substantivement. Les barbares de la Germanie. Il se réfugia dans le pays des barbares. Songez qu'une barbare en son sein l'a formé [Hippolyte], hac. Phèd. m, t. || Par extension, non civilisé, mal civilisé. Fléaux du nouveau momie, injustes, vains, avares, Nous seuls de ces climats nous sommes les barbares, volt. Als. i, 4. Quelque respect que j'aie pour ce barbare de grand homme [Pierre I*r], volt. Lett. d'Argental, 45 juin 4759. || Familièrement. C'est un barbare, pour désigner un homme sans goût et incapable d'apprécier les beautés de l'art. || 2° Sauvage, grossier. Peuples sauvageset barbares. Siècle barbare.
Des oreilles barbares. Tertullien est le Bossuet africain et barbare, ciiateaub. Génie, i, 4. D'un seul nom quelquefois le son dur et bizarre Rend un poème entier ou burlesque ou barbare, boil. A. poét. m. || Barbare s'est dit du genre gothique, de l'art du moyen âge. || 3° Contraire aux règles de la langue. Parler d'une manière barbare. ||4- Qui est sans humanité, cruel. Un homme barbare. Au combat qui pour toi se prépare, C'est peu d'être constant, il faut êtri barbare, bac. Bérén. iv, 4. Barbare destinée, iD.Bstft. i, 3. || Substantivement, homme cruel, inhumain. C'est un barbare qui se plaît à faire souffrir les animaux. Je veux qu'avec tout l'art et toutes les caresses Qui pourraient d'un barbare arracher des tendresses.... rotrou, Bèlis. iv, 4.
— HIST. xiv* s. Barbares, tous ceulz qui sont de estrange langue, oresme, Thèse de meunier. || xvi' s. Ceste ordonnance [assiette d'un camp], dit-il, encore qu'elle soit d'hommes barbares, n'est point barbare pourtant, amïot, Pyrrhus, 3t. Antigonus chassa son filz à coups de baston, en l'appelant cruel meurtrier et barbare inhumain, id. ib. 77. Ou qu'il usera d'un mot barbare en sa narration, id. de la Mauv. honte, 4 9.
— ETYM. Barbarus; en grec, pipëapo;, proprement étranger. Dans l'ancien français, on employait barbari comme en provençal : la gent barbarie, Bonc. p. 444; et, au xvi" siècle, barbaresque, au lieu de barbare : l'horreur barbaresque qu'il y a à une telle action, mont, i, 240.
t BARBARÉE (bar-ba-ré) , s. f. Plante analogue au cresson.
BARBAREMENT (bar-ba-re-man) , adv. D'une façon barbare. Les Turcs ne traitent pas toujours les Chrétiens aussi barbarement que nous nous le figurons, volt. Mœurs, 91.
— ETYM. Barbare, et le suffixe ment. Barbaresquement, dansAMYOT, Timol. 4 5.
BARBARESQUE (bar-ba-rè-sk') , adj. || 1' Qui appartient aux peuples de Barbarie. Navire, corsaire barbaresque.Les Etats barbaresques.|| 2° &m. Peuple de Barbarie. Ils sont en guerre avec les barbaresques.
— ÉTYM. Barbarie, pays africain correspondant à Tunis, Alger et Maroc, et faisant jadis la course; de Berbères, peuples qui habitent cette contrée conjointement avec les Maures.
BABBARIE (bar-ba-rie) , s. f. || i" Manque de civilisation, grossièreté. Lessièclesde barbarie. Charlemagne lutta contre la barbarie. Le théâtre était dans la barbarie. Barbarie de langage. Cette critique nous ferait retomber dans la barbarie, boss. Disc. acad. 11 reste à examiner ce qu'on appelle la barbarie des cantiques saints, ciiateaub. Génie, iv, i, 3. Le czar Pierre né dans une barbarie si épaisse, et, avec tant de génie, créateur d'un peuple nouveau, fonten. Sébastieji. Que diraient les Despréaux, les Racine, s'ils voyaient lesbarbariesde nos jours? volt. Lcttr. Damilaville, 4 sept. 4767. || 2° Inhumanité. Faire un acte de barbarie. Tour à tour la victoire auprès d'eux en furie A poussé le courroux jusqu'à la barbarie, corn. Sertor. i, 4. || 3° Action barbare, cruelle. Les barbaries commises par les Espagnols dans le nouveau monde. Tes remords te suivront comme autant de furies, Tu croiras les calmer par d'autres barbaries, rac. Brit. v, 6. Ne m'imputez point la barbarie que nous allons faire, sêv. 347. Qui ne pensait que les furies Viendraient des abîmes d'enfer En de nouvelles barbaries Employer la flamme et le fer, malh. in, 2. || 4° Le pays des barbares.
— SYN. barbarie, cruauté, férocité- La locution bêtes féroces indique une des principales nuances entre ces trois mots. En effet, la férocité ajoute à l'idée de cruauté, celle de quelque chose de sauvage; et l'on ne pourrait se servir que de férocité dans une phrase comme celle-ci : la férocité qui faisait contempler aux Romains les combats des gladiateurs. La barbarie tient à l'état des mœurs et implique la grossièreté et l'ignorance qui rendent les esprits sourds et immiséricordieux. Cruauté ne renferme aucune de ces idées accessoires; c'est là ce qui le distingue des deux autres.
— HIST. xvi' s. Chascun appelle barbarie ce qui n'est de son goust ni usage, charron, Sagesse, h, 2.
— ÉTYM. Le latin barbaries, de barbarus , barbare. fBARBARINE (bar-ba-ri-n'), s. f. Variété de la
courge.
+ BARBARISER (bar-ba-ri-zé) , v. n. Néologisme. Parler d'une façon barbare.
— ÉTYM. Barbare.
BARBARISME (bar-ba-ri-sm') , s. m. Faute contre la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots, et, par extension, toute expression, toute locution qui viole la règle. Barbarisme de mots, celui
qui tombe sur le mot lui-même en le dénaturant, comme : vous disez, au lieu de : vous dites. Barbarisme de phrase, celui qui consiste dans l'emploi d'une construction vicieuse, comme : nous repentons notre conduite, au lieu de : nous nous repentons de notre conduite. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, boil. Art poét. i. De fréquents barbarismes déshonorent les ouvrages de ce grand orateur, chateaub. Génie, m, IV, 2. || Fig. Des incongruités de bonne chère et des barbarismes de bon goût, mol. B. gent. iv, 4.
— HIST. xiir» s Dan Barbarime,S'ert il homme
lige Grammaire, Bataille des sept arts, p. 36.
— ÊTYM. Provenç. barbarisme ; de barbarismus, de barbarus, barbare.
t BARBAROI.EXIE(bar-ba-ro-le-ksie), s. f. Nom du barbarisme de mots.
— ÉTYM. Bàpêapo;, barbare, et Mfif, mot (voy.