PARÉ, IX
— ÉTYM. Ane. franc, barbel, barbillon (voy. barbeau 4).
t BARBELET (bar-be-lè) , s. m. Terme de pêche. Outil pour l'aire des hameçons.
— ÉTYM. Barbe.
fBARBELLE (bar-bè-1'), s. f. Terme de botanique. Petite barbe ou aigrette.
— ÊTYM. Diminutif de barbe.
BARBERIE (bar-be-rie), s. f. || 1° Art de raser et décoiffer. || 2* Dans quelques communautés d'hommes, lieu où l'on faisait la barbe. || Vieux.
— ÊTYM. Barbe.
f BARBERON(bar-be-ron), s. m. Salsifis.
— ÊTYM. Barbe.
BARBET, ETTE (bar-bè, be-f), s. m. et f. || 1° Chien à long poil et frisé. || Adj. Circé.... changeait en chiens barbets les compagnons d'Ulysse, volt. Ép. 87. Les chiens barbets ont beau avoir la réputation d'être les meilleurs amis du monde, ils ne nous valent pas, volt. Leur. Schomberg, 31 août 4 769. || Familièrement. Être crotté comme un barbet, être excessivement crotté. || Fig. Un chercheur de barbets, un escroc, qui s'introduit dans les maisons, sous prétexte do chercher un chien égaré. Ah ! ce sont des chercheurs de barbets ; ce sont des filous qui veulent dérober mes meubles, Francj'on, liv.x. || 2" Mouchard. || 3° Rouget, poisson.
— HIST. xvi* s. La fidélité du chien, la puanteur du bouc, la docilité du barbet, paré, Anim. ).
— ÊTYM. Buffon pense que le barbet a été ainsi nommé parce qu'il vient de Barbai ie ; mais il est plus probable que ce chien a été dit barbel à cause d'une comparaison de ses poils avec la barbe. L'italien dit barbino.
t BARBETS (bar-bè) , s. nu plur. Nom que l'on donne aux habitants des vallées des Alpes livrés souvent à la contrebande. Le nouveau général d'armée [Lafeuillade] se trouva à de nouveaux exploits, mais ce ne fut que contre les Barbets des vallées, st-sim.
— ètym. Sans doute barbe.
BARBETTE (bar-bè- 1') , s.f.\\i' Sorte de guimpe dont les religieuses se couvrent le sein. || 2° Terme de fortification. Espèce de plate-forme ou de petite
élévation de terre, qui se fait ordinairement dans les angles d'un bastion pour y placer du canon , qui lire par-dessus le parapet. Tirer le canon à barbette, c'est le tirer à découvert sans épaulement de terre pour se cacher. Six pièces de douze tirées à barbette, y feraient [au mur de Soliman] dans une nuit une brèche praticable, chateaub. Itinér. H, 292. || 3* Populairement. Coucher à la barbette, à terre sur un matelas sans bois de lit.
— HIST. xiv*. s. Et quand il [le faucon] est sus, que il face ung peu de barbette soubz le bec, de sa plume, Modus, f lxxvii, verso.
— ÉTYM. Diminutif de barbe; dansle premier sens, parce que cette guimpe est une sorte de barbe ; dans le deuxième, parce que le canon fait la barbe, rase Pépaulement ; dans le troisième , parce que la barbe de celuiqui est ainsi couché touche pour ainsi dire le sol.
BARBEYER (bar-bè-ié) , v. n. Terme de marine. Le vent barbeye, lorsqu'il ne fait que raser la voile, sans la remplir.
— ÉTYM. Ilarbe.
t BARBICHE (bar-bi-ch'), s. f. || 1* Petite barbe que l'on laisse pousser au menton ou aux joues. [| 2° Terme de botanique. Un des noms vulgaires de la nigelle de Damas, dite aussi araignée, barbede-capucin et cheveux-de-Vénus.
— ÉTYM. Barbe. Ce mot familier, mais encore usité, est dans le Dictionnaire de l'Académie, i" édition; il est inconcevable que l'Académie l'ait supprimé dans la dernière édition.
BARBICHE (bar-bi-ch') , BARB1CHET (bar-bi-chè), BARBICHON (bar-bi-chon), s. m. || 1° Petit chien barbet. || 2° Fig. Terme de dénigrement pour désigner un ecclésiastique plongé dans une dévotion ignorante. Bailly n'était pas net du soupçon de jansénisme, quoique fort rare parmi ces harbichets, st-sim. 321 , 4 92. Le duc Grammont employa de ces cagots de barbichets des missions qui ont la cure de Versailles, id. 4 32, 24 4.
— ÉTYM. Barbet.
BARBIER (bar-bié; IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des barbiers adroits, dites : des barbié-z adroits), s. m. Celui dont le métier est de faire la barbe. || Il y avait autrefois des chirurgiens barbiers (voy. I'hist.). || Proverbe. Un barbier rase .l'autre, les gens de même état se rendent de mutuel* services.
— HIST. xm* s. La maisun père Amie lo barbeor, Bibl. des chartes, 3* série, t. v, p. 89. Onques vilains cui barbiers sache Les denz, ne fu si angoisseus, Lai de l'ombre. Si se font fere corones les uns as autres, ou à un barbier auquel il font entendant qu'il sont clerc, beaum. xi, 45. 11 venoittant de char morte es gencives à nostre gent, que il convenoit que barbiers ostassent la char morte, pource que il peussent la viande mascher et avaler aval, joinv. 237. || xiv* s. Une espée Tranchant com rasoer que porte barbieur, Guesc. 4 62)3.
— ÉTYM. Barbe; provenç. barbier; espagn. barbero; portug. barbiero; ital. barbiere. Dans l'ancien français, à côté de barbier, on disait barbere au nominatif, barbeor au régime, d'où barbieur dans le xiv siècle.
fBARBIFËRE(bar-bi-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une barbe.
— ÉTYM. Barba, barbe, et ferre, porter. BARB1F1Ë, ÉE (bar-bi-fi-é, ée), part, passé. B.ï-
bifié et en toilette.
BARBIFIEU (bar-bi-fi-é), Je barbifiais, barbifiions; que je barbifie, que nous barbiliions, v. a. || 1° Raser, faire la barbe. || 2° Se barbifier, v. réfl. Se faire la barbe.
— ÊTYM. Barba, barbe, et ficare, suffixe qui a le sens de faire. On disait barber au xv* siècle : il se fit barber, louis xi, Nouv. xciv.
t BARBILLE (bar-bi-U', Il mouillées), s. /. Filament aux flans des monnaies.
— étym. Diminutif de barbe.
BARBILLON (bar-bi-llon, Il mouillées, et ir.-n bar-bi-yon), s. m. || 1° Filaments qui sont aux deux côtés de la gueule de certains poissons. Beaucoup do poissons écailleux ont des barbillons, bern. de st-p. Harm. liv. v, Harm. anim. || Par analogie. Chez les coqs un ou deux barbillons garnissent les côtés et la partie inférieure du bec, buffon, Coq. || 2* Petite languette de l'hameçon qui sert à empêcher le poisson de se décrocher. || Les barbillons d'une flèche, petites dents qui garnissent une flèche et qui la rendent plus difficile à retirer de la plaie. || 3° Replis de la membrane muqueuse de la bouche situés sous la langue du cheval, et qui servent à protéger l'orifice du canal de la glande maxillaire. || 4' Terme de fauconnerie. Maladie de la langue des oiseaux
BAR
de proie. ||5" Petit barbeau, poisson ainsi nommé des petites barbes qu'il porte.
— HIST. xiv* s. L'en [l'onj oste aux navets la teste, la queue et autres barbillons ou racines, Slénagier, H, 5. Entre les barbillons [de la flèche] et la douille du fer, m. n, 5. || xvi* s. En le tirant [le fer barbelé], les barbillons pourroient rompre tant les nerfs que les veines, arleres et autres parties, paré, ix, 11. Ce poisson a de petits barbillons sous la gorge, et les ailes comme d'une chauve-souris, id. ilonstr. App. 4.
— ÉTYM. Diminutif de barbille.
] BARBILLONNER (bar-bi-llo-né , II mouillées), v. a. Terme de pêche. Relever le barbillon d'un hameçon.
— ÉTYM. Barbillon.
t BARBION (bar-bion), *. m. Un des noms du barbeau, poisson.
— ÉTYM. Mauvaise prononciation de barbillon.
f BARIUROSTRE (bar-bi-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Qui a des poils sur le bec.
— ÉTYM. Barba, barbe, eiroslrum, bec.
■f BARBITON(bar-bi-ton),s. m. Sorte d'instrument de musique à plusieurs cordes, chez les anciens.
— ÉTYM. Provenç. barbot ; de barbilum, grec pdbëiTOv.
t BARBLAU (bar-blé) , s. m. Un des noms du barbeau, poisson.
— ÉTYM. Barbe. Sans doute mauvaise orthographe pour barbelau ou barbelean.
BARBON (bar-bon), s. m. || 1» Vieillard, avec uns idée de dénigrement. Lui déjà vieux barbon, elle jeune et jolie, la font. Petit chien. Sa Majesté persuadée par plusieurs barbons que.... sév. to. Moquezvous des sermons d'un vieux barbon de père, mol. l'Étour. i, 2. Enfant au premier acte et barbon au dernier, mil. Art p. m. La colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon, Buvait d'un vin père de la chanson, béhang. Troubad. || Faire le barbon, être trop grave, trop sérieux pour son âge. || 2' En botanique, nom vulgaire de l'andropogon digité. Barbon écailleux, un des noms de l'andropogon muriqué, dont la racine est appelée vétyver.
— ÉTYM. Espagn. barbon; ital. barbone, qui a la barbe longue; de barba (voy. barbe).
jBARBOTAGE (bar-bo-ta-j'), s. m.\\ 1° Gâchis. Faire du barbotage. || 2° Terme d'économie rurale. Boisson composée d'eau dans laquelle on a délayé un peu de farine ou de son, et qui se donne aux bestiaux.
— ÉTYM. Barboter.
t. BARBOTE (bar-bo-f), s. f. Poisson de rivière qui n'a que deux nageoires sur le dos.
— ÉTYM. Voy. barboter. Il y avait, dans l'ancien français, barbelote, qui semble signifier quelque reptile.
f 2. BARBOTE (bar-bo-f), s. f. Un des noms de la vesce.
BARBOTÉ, ÉE (bar-bo-té, tée), part, passé. Des paroles barbotées d'une façon inintelligible.
f BARBOTEAU (bar-bo-tô), s. m. Un des noms vulgaires de la loche franche, poisson.
— ÉTYM. Barboter.
fBARBOTEMENT (bar-bo-te-man), s. m. Action de barboter.
— étym. Barboter.
BARBOTER (bar-bo-té). || V. n. i' Fouiller bruyammentavecle bec dans l'eau ou dans la bourbe. Les canards aiment à barboter. || Par extension, marcher dans une boue épaisse. || Fig. Avant qu'un Allemand trouvât l'imprimerie, Dans quel cloaque affreux barbotait ma patrie I volt, liptt. c, -H7. Les descendants des Camille, des Bru tus, barbotaient dans la fange, id. l'hil. n, 409. || En termes de marine,un bâtiment barbote, quand, étant au plus près du vent, il fait peu de chemin. || 2° V. a. Marmotter, prononcer d'une façon mal articulée. Grondant entre mes dents, je barbote une excuse, Régnier, Sat. x. Il [l'abbé de Pompadour] avait un laquais à qui il donnait tant par jour pour dire son bréviaire en sa place ut qui le barbotait dans un coin des antichambres où son maître allait, st-sim. 284, toi.
— niST. xii' s. Mais pareeke nos par parfete parole ne l'poons expresseir, si lo sonons, cornent ke soit, solunc la manière de rlostre humaniteit, barbotant et encumbreit d'enfantine floibeteit, Job, 487. || xv* s. Petite bouche à barbeter Ba, ba, ba font ces godinettes, Quant elles veulent cacqueter, coouill. Monol. de la boite de foin. Par le corps, il barbelote Ses mots, tant qu'on n'y entend rien , Comédie de Patelin. || xvi* s. Plusieurs barbottent leurs prières par acquit, ou leslisentdeleurs livres comme s'ils faisoyentcorvéeàDieu, calv. Inst.oio Mar-
BAR
metant et barbotant certaines paroles sur les playes, paré, t. m, p. 715.
— ÉTYM. Norm. varvoter ; vanot, boue claire, varibot, bourbier; espagn. barbotar, marmotter. Génin le tire du préfixe bar péjoratif, et boue; mais boue ne peutdonnerun dérivé en et. Y aurait-il lieu, prenant en considération que le sens primitif est celui de prononcer d'une façon peu claire (voy. l'historique),à le tirer de barbot, qui est, en provençal, le nom d'un instrument et qui vient de barbilus, sorte de lyre ; jouer du barbot aurait pris un sens péjoratif, puis signifié le bruit du barbolemenl dans l'eau, et finalement l'action d'y barboter.
BARBOTEUR (bar-bo-teur), s. m. Le canard domestique.
— ÉTYM. Barboter.
BARBOTEUSE (bar-bo-teû-z'), s. f. Femme de mauvaise vie. Terme bas.
— ÉTYM. Barboter.
t BARBOTIÈRE (bar-bo-tiè-r'), s. f. Mare à canards. || Baquet pour les chevaux.
— ÉTYM. Barboter.
fBARBOTIN (bar-bo-tin), s. m. Terme de marine. Couronne en fer servant à faciliter le virage des câbles-chaînes.
— ÉTYM. Le capitaine Barbotin, inventeur. BARBOTINE (bar-bo-ti-n'), s. f. || 1° Nom donné,
dans le commerce de la droguerie, aux fleurs non épanouies de plusieurs espèces d'armoises. || 2° Bouillie pour coller les garnitures des poteries de terre.
— étym. Barboter.
BARBOUILLAGE (bar-bou-lla-j' , Il mouillées, et non bar-bou-ya-j'), s. m. || 1° Enduit de couleur fait grossièrement à la brosse. || 2° Mauvaise peinture. Vous me demandez le portrait d'un homme qui vous aime autant qu'il vous estime; je n'ai plus qu'une mauvaise copie.... je vous enverrai ce barbouillage, volt. Lettre VamilavilLe, 5 avril 1765. || 3° Ecriture illisible. Il est impossible de déchiffrer ce barbouillage. || 4° Discours confus et mal ordonné. Dans tous nos barbouillages, nous ne cesserons d'épier la nature, J. J. rouss. Ém. il.
— étym. Barbouiller.
BARBOUILLÉ, ÉE (bar-bou-llé, liée, Il mouillées, et non pas bar-bou-yé), part, passé. Tout barbouillé de boue. Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé, pasc. dans cousin. Thespis fut le premier qui, barbouillé délie.... boil. Art p.m. || Semoquerde la barbouillée, se dit d'une personne qui débite des choses absurdes et ridicules, et aussi d'une personne qui, ayant bien fait ses affaires, se moque de tout ce qui peut arriver.
BARBOUILLER (bar-bou-llé , Il mouillées, et non pas bar-bou-yé), v. a. || i" Salir, souiller. Barbouiller d'encre une page. Il se barbouilla le front avec des mûres. Tous les vers dont il aura barbouillé le papier. || 2° Étendre grossièrement une couleur avec une brosse. Barbouiller de noir le devant d'une boutique. || Absolument, peindre grossièrement. Il barbouillera longtemps sans rien faire de reconnaissable, J. J. rouss. Ém. il. En étudiant ils s'habituent à barbouiller, id. ib. I. Je ne veux plus peindre; mais je veux encore moins barbouiller, balz. Avis écrit. || Fig. Barbouiller le cerveau, troubler la tête. [Gens qui] ....de lièvres cornus le cerveau nous barbouillent, Régnier, Sat. ix. Où diable a-t-il donc pris ce vilain mal [l'hypochondrie]?— On dit Que tous les voyageurs se barbouillent l'esprit, hauteroche, Nobles de prov. n, 3. || 3" Faire beaucoup d'écritures inutiles. Je ne barbouille que de misérables narrations, sév. 447. Je me reproche fort d'avoir barbouillé deux tomes pour un seul homme, quand cet hommen'est pas vous, volt. Lett. Prusse, 2t. || Absolument. Cet auteur ne fait que barbon lier. || Ecrire mal. Je ne puis lire son écriture, il barbouille. || 4° Compromettre. Le roi le voulut voir; le père deChavigny en fut surpris, car le jansénisme l'avait fort barbouillé avec lui, st-sim. 53, (34. Je la connais; elle se croit offensée, et elle est femme à vous barbouiller terriblement dans le monde, dancourt, le Chevalier à la mode, m, 2. || 5" Parler, exprimer d'une manière confuse. Il nous barbouilla je ne sais quelle excuse. 1| 6° V. n. Prononcer d'une manière vicieuse ou peu distincte. Il ne peut pas dire quatre mots sans barbouiller. || 7° Se barbouiller, v. réfl. Se barbouiller de confiture, de crème. || Fig. Se barbouiller de grec et de latin, en surcharger confusément sa mémoire. Pour avoir employé neuf à dix mille veilles X se bien barbouiller de grec et de latin, mol. F. sav. iv, 3. || Fig. Cet homme s'est bien barbouillé, il a gravement compromis sa considération. Dans le monde, à vrai dire, il se barbouille fort, mol. Mis. u, 6,
BAR
— I1IST. xvi* s. Cet argument seroit desja assez amplement déduit, n'estoit que les papistes nous barbouillent mettans en avant le concile de Nicene, calv. Instit. 63. Mais comme en l'eau elle [la grenouille] barbouille, Si fais-tu en l'art poétique, marot, ni, 62. Si furent seize conjurez en tout, qui une nuict se barbouillèrent le visage de suye.AMYOT, Cimon, 2. Comme qui dirait les barbouillez de suye, id. ib. 3.
— étym. Espagn. barbullar; ital. barbugliare. De bar péjoratif (voy. bar....), et l'ancien mot bouille, bourbier. Icelles femmes prindrent le cors du dit Vale et le portèrent en ung boullon ou bourbier qui est en un boys près la dite maison, du cange, bulio. Bouille est le latin bulla, bulle de l'eau bouillante, et de là, l'eau d'un bourbier. Le portugais bolha prouve que les deux II du latin ont pu se mouiller.
BARBOUILLEUR (bar-bou-lleur, Il mouillées, et non bar-bou-yeur) , s. m. || 1" Artisan qui peint avec la brosse les murailles, les plafonds, les portes, etc. Le barbouilleur des murs d'un cabaret critiquait les tableaux des grands peintres, volt. Babyl. 10. || Fig. et familièrement, mauvais peintre. Je serais un Apelles que je ne me trouverais qu'un barbouilleur, J. j. rouss. Ém. n. || 2° Mauvais écrivain, etc. Un bavard en robe.... de papiers timbrés barbouilleurmercenaire, volt. Ép. 60. Unvieuxbarbouilleur de papier, id. Lettr.Cideville, <o mai t764. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois, a. chénier, 270. j| 3° Fig. et familièrement, bavard dont les paroles sont confuses, inintelligibles. C'est un barbouilleur insupportable.
— étym. Barbouiller.
t BARBOUILLON (barbou-llon , Il mouillées) , s. m. Qui barbouille. Il était vraiment musicien, et je n'étais qu'un barbouillon, J. t. rouss. Conf. v.
— ÉTYM. Barbouiller.
t BARBOUQUET (bar-bou-kè), s. m. Terme de vétérinaire. Voy. bouquet.
— ÉTYM. Voy. barbuquet.
t BARBOUQUINE (bar-bou-ki-n'), s. {. Variété de salsifis.
t BARBOUTE (bar-bou-f), s. f. Cassonade trop chargée de sirop. || Gros grain de sucre à refondre.
BARBU, UE (bar-bu, bue), adj. || i° Qui a de la barbe. Homme barbu. Femme barbue. j| Comète barbue, comète précédée d'une sorte de barbe lumineuse. || 2° Terme de botanique. Hérissé de barbes, de poils, de filets. Blé barbu. || 3" S. m. Terme d'histoire naturelle. Genre d'oiseaux grimpeurs qui habitent la zone torride et qui vivent en société.
— HIST. xi" s. Il est derrière od celle gent barbée, Ch. de Bol. ccxl. |] xm" s. As tu tes péchiez regehiz [avoué]?— Oïl, fet-il; à un viez lièvre Et à une barbue chievre, lien. 0818. Bien en i avoit mil que jeunes que barbés, Ch. d'Ant. v, 47. [| xvr* s. Ne voistu pas qu'un œuf engendre un coq Cresté, grisé et barbu, qui le choq D'un autre coq ne craint à la bataille? RONS. 903.
— ÉTYM. Barbe; provenç. barbât etbarbut, comme dans le vieux français barbé et barbu ; espagn. barbudo; ital. barbuto.
BARBUE (bar-bue), s. f. Poisson de mer plat qui a de la ressemblance avec le turbot (pleuroneclcs rhombus, £.).
— hist. xm" s. Barbues grasses, plais lées, Fabli. édit. barb. t. iv, 94.
— ÉTYM. Barbu. On dit aussi, barbu, s. m.
t BARUULE (bar-bu-1'), s. /'.Terme d'histoire naturelle. Filament porté par les côtés des barbes d'une plume.
— ÉTYM. Diminutif de barle.
t BARBUQUET (bar-bu-kè) , s. m. Écorchure ou petit bouton au bord des lèvres.
— hist. xiv" s. Icellui Louvigny haussa le menton au dit Regnaud, et lui fist le barbouchet, en lui disant qu'ilz estoient mauvais garçons, du cange, barbu. Icellui Pierre feri le dit Robert un petit cop de la main souz le menton, le quel cop est appelle au pais parbouquet, id. ib. || xv" s. Lui donna un parbouquet, id. ib. D'un barbuquet est deu cinq solz trois deniers, id. ib. Comme icelle femme eust donné par manière d'esbatiement sur le visaige du dit Rotro une bufle, ditte selon le langaige du pais un parbouquet, id. ib.
— éty.m. Bar, altéré en par, particule péjorative (voy. bar.... préfixe), et bouthet ou bouquet, diminutif de bouche.
fBARBURE (bar-bu- r'), s. m. Ensemble des inégalités d'une pièce fondue qui sort du moule.
— étym. Barbe,
BAR
BAR
BAR
BARCALON (bar-ka-lun) , t. m. Titre du premier ministre de Siara. Il fit connaissance a Siam avec un premier commis du baicalon, volt. Vial. 24.
BARCAROLLE (bar-ka-ro-1'), s. f. || 1" Sorte de chanson particulière aux gens du peuple et surtout aux gondoliers de Venise. La plupart des arieties de Lulli sont des airs du Pont-neuf et des barcarolles de Venise, volt. Leur. Chabanon, 4 8 déc. 4 767. || 2" Petite pièce de musique faite sur une chanson relative aux promenades sur l'eau, et où l'on imite la coupe et le rhythme des barcarolles de Venise. La barcarolle d'Auber, dans la Hue lie.
— rem. V. Hugo s'est servi à tort de barcarolle pour petite barque ; c'est barquerolle qu'il fallait dire : Adieu la barcarolle, Dont l'humble banderole Autour des vaisseaux vole, Orient. 5.
— niST. xvi« s. Ils entrent en une gondole.... il se fait mettre à bord par le barquerole [batelier] au quel il avoit donné le mot du guet, des pékiers, Contes, 104.
— ÉTYM. Ital. barcairunlo, marinier, de barca (voy. barque). La barcarolle est le chant du barcairuolo, du gondolier.
t CARCASSE (bar-ka-s'), s. f. Terme de marine. Grande chaloupe.
— Êi'VM. Italien barcaccia, qui dérive de barca, barque. .
BARCF.LONNETTE (bar-se-lo-nè-f) , s.f. Petit ht suspendu et mobile, dans lequel on peut bercer un enfant.
— étym. Ce mot, qui n'est ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furctière, ni dans Richelet, vient peut-être de Barcelone, en raison de quelque importation aujourd'hui oubliée, ou peut-être est-il pour bercelunnette (prononciation de plusieurs personnes) et rattaché on ne sait comment à bercer.
BARD (bar), s. m. Sorte de grande civière à plusieurs bras. || Bard à pots, civière sur laquelle on porte les creusets pour la fonte du verre.
— SYN. BARD, BRANCARD, CIVIÈRE, BAYART.Lesbran-
cards sont les deux bras d'une voiture, entre lesquels on place un cheval ; et, par extension, un brancard est soit une sorte de lit de repos à pieds ayant brancard devant et derrière, pour transporter un malade ou un blessé, soit une civière à pieds servant au transport des meubles, etc. La civière est une machine à deux brancards, au moyen de laquelle des hommes transportent des pierres et autres objets solides. Le bayart est une sorte de petit tombereau ayant deux brancards comme une civière, et servant à transporter du mortier et autres objets. Le bard est une sorte de grande civière à six bras, pour porter des fardeaux qui demandent le concours de 4, 8 ou 4 2 hommes, lecoarant.
— ETYM. On trouve dans des dictionnaires bar sans d; c'est la vraie orthographe, comme le montre l'italien barella, civière, de l'allemand Bahre, civière.
f BARDA CIIE (bar-da-ch'), s. m. Terme obscène signifiant mignon, giton.
— hist. xvi« s. On l'eust habillé comme l'estoient les bardacbes [les mignons de Henri III], d'aub. Conf. i, 8.
— étym. Espagn. bardaxa; ital. bardascia, prostitué ; lombard etpiémontais, bardassa, jeune garçon. On le tire de l'arabe bardaj, esclave.
\ BARDAGE (bar-da-j') , s. m. Action de transporter des matériaux sur des bards.
— étym. Bard.
BARDANE (bar-da-n'), s. f. Terme de botanique. Plante à fleurs composées, dite aussi glouteron (flrcthtm lappa, £.).
— hist. xvi* s. Décoction d'esquine ou de bardane, paré, xvi, 38. Gleteron ou glouteron, dict aussi bardane, en Languedoc lampourde, vient facilement de racine et de semence en terre sèche et maigre, o. de serres, 6)4.
— étym. Bas-lat. espagn. et ital. bardana.
4. BARDE fbar-d'), s. f. || 1° Ancienne armure faite de lames de fer, qu'on plaçait sur le poitrail d'un cheval. || 2° Tranche de lard fort mince dont on entoure les chapons, les bécasses, les perdrix, etc. qu'on fait rôtir. J'y vois de gros gardes, Cuirassés de bardes, Portant hallebardes De sucre candi, bénAN'i. Cocagne. |j 3° Longue selle faite uniquement de grosses toiles piquées et bourrées.
— hist. xvi' s. Leurs chevaux semblablement bardez de bardes de fer et de cuivre, amyot, Crastus, M.
— ÉTYM. Bas-lat. barda, bât; provenç. bardel, bit; espagn. et portug. albarda , bât et barde de lard; ital. barda, caparaçon; de l'arabe bardahet,
couverture que l'on met sur le dos d'une bête de somme avant d'y placer le bât, du persan barzahet. Certaines provinces emploient pour selle le mot aubarde, qui correspond à l'espagnol et portugais albarda. On trouve, dans l'ancien français, barde avec le sens de arme offensive : Plantant une grosse javeline de barde qu'il portait en la main, amyot, Marc. 8. En ce sens, barde vient de l'allemand Bart, hache. Du sens de selle, caparaçon, on a passé a celui d'armure défensive du cheval, et enfin à celui de pièces de lard avec lesquelles on couvre une volaille.
2. BARDE (bar-d1), s. m. Poète chez les anciens Celtes. ||Fig. Poète héroïque et lyrique.
— ÉTYM. Bardus, barde, mot celtique : bas-bret. bars, bars; kymri, bari; gaél. et island. bard, poète, chanteur.
*. BARDÉ, ÉE (bar-dé, dée), part, passé de barder 4. Porté sur un bard. Les pierres ayant été bardées.
2. BARDÉ, ÊÊ (bar-dé, dée), part, passé de barder 2. Chevalier bardé de fer. Poularde bardée de lard. || Fig. et familièrement. Être bardé de cordons, porter des décorations de divers ordres. |) En termes de blason, se dit d'un cheval caparaçonné.
BARDEAC (bar-dô), s. m. || 1° Ais mince et court dont on se sert pour couvrir les maisons. || 2° Petit train de bois.
— hist. xvi* s. Il pousse son cheval à grand force sur un bardeau ou bastardeau fait a travers la rivière pour retenir l'eau, d'aub. Ilist. m, 260.
— ÉTYM. Barde 4 ; le bardeau étant assimilé à une barde qui couvre. Ce qui prouve la justesse de cette étymologie, c'est que barder a signifié couvrir, et même paver : Les œuvres et reparacions de bardement ou pavement.... premièrement de barder et paver de bonnes pierres, du cange, bardatus.
f 4 . BARDÉE (bar-dée) , s. f. Ce que peut porter un bard.
— ÉTYM. Bardé i,
f 2. BARDÉE (bar-dée) , s. f. Ensemble des bardes de lard dont on garnit une volaille.
— ÊTYM. Bardé 2.
4. BARDELLE (bar-dè-1"), s. f. Selle faite de grosse toile et de bourre.
—ÉTYM. Provenç. bardel , bât ; du bas-latin barda, bât (voy. BARDE 4).
t 2. BARDELLE (bar-dè-1'), *. f. Bras du bard du verrier.
— étym. Bard.
4. BARDER (bar-dê), v. a. Charger sur un bard. Barder des pierres, en charger un petit chariot dans les chantiers.
— ÉTYM. Bard.
2. BARDER (bar-dé), v. a. || 1° Couvrir un cheval de l'armure appelée barde. || 2° Envelopper de bardes de lard. Barder une poularde.
— HIST. xv' s. X tous alarmes c'estoit le premier homme armé et de toutes pièces, et son cheval toujours bardé, comm. i, 4 4. Et y avoit quinze cens hommes d'armes bien montez et la pluspart bardez et richement acoustrez, id. iv, 5. Barder et paver de bonnes pierres, du cange, bardatus. ||xvr> s. Il en promettoit autres dix mille tous armez à blanc et bardez, amyot, Crassus, 37. Le roi estant couché en une grande chambre roiale, et sonlict, outre les rideaux ordinaires, bardé d'un tour de lict de grosse bure, d'aub. Hist. m, 285.
— étym. Barde i .
BAB.DEUR (bar-deur), s. tn. Celui qui, dans un chantier, porte le bard; celui qui traîne les pierres sur un petit chariot.
— ÊTYM. Bard.
BARDIS (bar-di), s. m. Terme de marine. Séparation de planches qu'on fait à fond de cale , dans un navire de commerce, pour charger des blés et autres grains.
— étym. Môme radical que bardeau.
BARDIT (bar-dit'),s. m. Chant de guerre des anciens Germains. Les Francs entonnent le bardit à la louange de leurs héros, ciiateaub. ilart. 4 97.
— étym. Barditus ou baritus, cri, clameur.
f BARDOIRE (bar-doi-r'), s. f. Un des noms provinciaux du hanneton.
BARDOT (bar-do;le« ne se lie pas), s. m. || 1° Petit mulet produit de l'accouplement (lu cheval et de l'ânesse. Tous les adieux faits, mon bardot chargé, sèv. 459. Quinze chevaux normands, sous poil gris, et trois bardots d'Auvergne, lesage, Turc. iv, 8. || Petit mulet qui marche ordinairement en tête et porte le muletier. || 2° Fig. et familièrement, homme sur qui les autres se déchargent d'une partie de leur tâche; celui qui sert de sujet habituel aux
plaisanteries. C'est le bardot de la compagnie. L'âne est le jouet, le plastron, le bardot des rustres qui le conduisent le bâton à la main, bufp. Ane.\\ 3" Terme de typographie. Papier de rebut.
— KEM. On trouve souvent l'orthographe bardeau; mais elle est fautive, comme le prouve l'italien bardolto.
— HIST. xvi' s. Il a fallu que j'aye faict ceste digression ; il fault qu'elle passe par bardot [bête de somme en surnombre] sans payer péage, brant. Charles-Quint.
— ÊTYM. Berry, bardaui, âne; ital. bardotto; de barde dans le sens de selle (voy. barde 4).
BARÉGE(ba-rè-j';malgrél'accent aigu que l'Académie met sur ce mot), s. m. Étoffe de laine légère et non croisée.
— étym. Baréges, village des Pyrénées, où on fabrique de ces étoffes.
t RARÉGIXE (ha-ré-ji-n'), s. f. Terme de chimie. Matière trouvée dans les eaux sulfureuses de Baréges.
f BARÈME (ba-rê-m''), s. m. Recueil de comptes tout faits.
— étym. Ainsi nommé de François Barréme,nè à Lyon, mort à Paris en (703, qui publia un recueil de ce genre, sous le titre de Comptes faits.
t BARFOUL (bar-foul), s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe dont s'habillent les nègres.
— ÊTYM. Espagn. barfol, pagne des nègres.
t 1 . BARGE (bar-j') , s. f. Nom d'un oiseau de marais. Le pic n'abandonne jamais la tige des arbres, à l'entour de laquelle il lui est ordonné de ramper ; la barge doit rester dans ses marais, l'alouette dans ses sillons, la fauvette dans ses bocages, buff. le Bec-enciscaux.
— étym. Probablement le môme mot que le suivant, un oiseau aquatique ayant pu être dit barge ou barque.
f 2. BARGE (bar-j'), s. f. Terme de marine. Embarcation plate avec une voile carrée.
— hist. xi" s. Il n'i a barge ne dromond ne chalant, Ch. de Roi. clxxvi. || xnr s. Et li quens de Flandres se fist envoier la barge de la nef pour savoir quel gent c'estoient. villeh. lx. Et lors un poure chevalier arriva en une barge, et sa femme et quatre filz que il avoient, joinv. 2»o. || xv« s. Messire Henry de Beaumont entra dans une barge, et se fit nager devers eux, froiss. i, i, 22.
— ÉTYM. Bas-lat. barga, bargia; provenç. barja; ital. bargia. Diez ne pense pas que ce mot doive être rapproché de barque, attendu qu'il suppose un baslatin barica, et il propose un diminutif du grec pipi;, canot, des termes grecs de marine ayant passé dans le Ponant.
t BARGUF:TTE (bar-ghè-f), s. /. Sorte de bac pour passer les rivières.
— étym. Probablement diminutif de barge 2. BARGUIGNAGE(bar-ghi-gna-j'), s. m. Hésitation
à prendre un parti. || Familier.
— êtym. Barguigner.
BARGUIGNER (bar-ghi-gnê), v. n. Hésiter, avoir de la peine à se déterminer. X. quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot? mol. Pourc. i, 7. C'est MmeShœnée qui achète notre filonnière; mon homme barguignait un peu ; je craignais des difficultés, p. L. cour. Lclt. n, 497. |] Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
HIST. xnr s. Uuec trouvèrent le mercier, Et
lor dame qui remuoit Lesjoiaus et les bargignoit, Aulcuns aussy de la mesnie Ont mainte chose hargignie.... Et quant plus rien ne bargigna, Sa marchandise appareilla, Et prist son farde! à trousser, Roman du châtelain de Couci. Estagiers do Paris puent barguiner etachater le blé au marchié de Paris por leur mengier en la présence des talemeliers [boulangers], Liv. desmét. 4 7. Or me dites, list-il, avez-vous barguigné nulz chevaliers? joinv. *67. Quant le soudanc oy ce, il dit : Par ma ioy, larges est le Frans, quant il n'a pas bargigné sur si grant somme de deniers, id. 243. Quar il a mestier par couvent D'achateors, et cil s'engingnent, Qui orendroit ne le barguignent, Quar tels foiz le voudront avoir Qu'on ne l'aura pas por avoir, ruteb. 90, [I xiv" s. Lesquelz atargerent pour le dit poutrain barguignier [marchander] et aviser, du can^k, alhargrati. Puis, dirent-ils tous en riant et en leur gascon, nous la barguignons [la ville de Clermont], et une autre fois nous l'acaterons, froiss. n, ni, 99. Et tantost qu'il les aperçurent, sans barguigner frappèrent en eux, monstrel. liv. i, ch. 22".
— ÊTYM. Génev. bargagner ; bas-lat. barcaniare (dans les Capitulaires de Charles le Chauve), barganniare, marchander; provenç. borganhar; ital.
BAR
bargagnare; angl. to bargain. On trouve dans le gaêl. baragan, un marché; mais, comme le remarque Piez, le c dans un texte aussi reculé qu'un capitulaire de Charles le Chauve prouve que le g est dérive; en conséquence il propose pour étymologie barca, barque, qui, d'après Isidore, sert à porter les marchandises deçà et delà, de sorte que barcanton, serait : porter en barque, et en général, porter ses marchandises çà et là (barguigner dans l'ancien français veut dire marchander). Cela demeure jusqu'à présent une hypothèse; mais on voit, par les anciens textes, que le mot gain (ce qu'avait cru Génin) n'entre pas dans la composition du mot. De marchander, barguignera passé, par une dérivation que l'on conçoit, an sens de hésiter, tergiverser. BARGUIGNKUR, FUSE (har-ghi-gneur, gneû-z'), i. m. et f. Celui, celle qui barguigne. || Familier.
— ÊTYM. Barguigner.
f BARGUILLE ( bar-ghi-U', II mouillées), s. f. Un dos noms locaux de la chènevotte.
t BABIE (ba-rie), s. f. Terme de grammaire grecque. L'accent grave.
— ÊTYM. Bipsîa, grave, féminin de (Sotpûç (sousentendu ■KOOiuirÀct.).
BARIGEL (ba-ri-jêl) ou BARISEL (ba-ri-zèl), s. m. Nom du chef des sbires dans plusieurs villes d'Italie. Je ne peux vous mener qu'en Basse-Normandie, dit le barigel, volt. Cand. 22. On n'avait point de peur.... Qu'un barisel vous mit dedans la tour de Nonne [nom d'une prison de Rome], Régnier, Sat. vi.
— hist. xvi* s. Je ne craignois d'aller sans ma patente; Car j'estois franche et de tribut exempte; Je n'avois peur d'un gouverneur fascheux, D'un barisel ny d'un sbire outrageux, du bellaï, vu, «2, verso.
— ÊTYM. Espagn. et portug. barrachel ; ital. bargello ; bas-lat. barigildus ; mot que sa finale indique être d'origine germanique, mais qu'on ne sait à quoi rattacher dans les idiomes allemands.
| BARIGOULE (ba-ri-ghou-1'), s. f. Il 1° Sorte d'agaric bon à manger. || 2" Sorte de préparation del'artichaut, qu'on a d'abord fait frire dans l'huile d'olive.
BARIL (ba-ri; VI ne se prononce pas : un baril empli d'eau; dites : un ba-ri empli; au pluriel Vs se lie : des ba-ri-z emplis; dans le xvn" siècle aussi, Chifflet recommande de ne pas prononcer VI), s. m. Il 1» Petite barrique. Un baril d'huile , d'anchois. Il 2" Dans la serrurerie, petit appareil dit aussi tambour, qui fait qu'une porte se ferme. || 3° Baril à feu, machine de guerre, qu'on remplit de grenades et de toutes sortes de matières combustibles, pour la faire rouler dans un siège sur les travaux des assiégeants. Il 4° Réunion de 450 feuilles de fer-blanc.
— rem. L'Académie devrait écrire barril par deux r, comme elle écrit barrique, ou n'en mettre qu'une à ce dernier mot, afin de conserver les analogies, qui facilitent toujours l'orthographe.
— HIST. xii" s. Dous [deux] barilz de vin, Rois, 137. Il xiii" s. Avoec lui un baril de vin (il) Aporta, qui crut sur le Rin, Bl. et Jeh. 3838. Nus barillier ne puet ovrer de nul fust se il n'est ses [sec] ; c'est à savoir après ce que li baris ait esté parés un mois avant que on meste la ferreure de sus, Liv. des met. •103. Vins en.pot ou en barix,*BEAUM. 33. || xv s. Vins en tonneaux et en barils.... froiss. 1, i, 278. Il xvi" s. Pour ceste cause les magistrats leur enjoignirent [aux ladres] ne boire qu'en leur baril [écuelle], paré, xxii, 8. Il fist renouveler l'assault de huict enseignes d'Allemans, avec force petits barils de poudre, lances, et autre artifice de feu, m. du bell. 684. Des barrilsbien cerclés, 0. de serres, 237. Lors le chou est mis dans une grande barille ou tonneau défoncé d'un bout, id. 846.
— ÉTYM. Provenç. barril; espagn. et portug. barril; ital. barile; bas-lat. barillus; du celtique : kymri, baril; gaél. baraille ; irland. bairile, baril; bas-breton, barax, baquet; duceltique : kymri, bar, branche d'arbre (voy. barre). On a dit aussi barrot : ayant beu le vin qu'ilz avoient porté dedans des barrots, amyot, les Gracques, 25; et barrau : six barraux de vin, rons. t. 1, p. 6(6.
t BAR1LLAGE (ba-rl-Ua-j', Il mouillées), s. m. Il ^Tout ce qui concerne la construction des barils. Il 2° Réunion des barils d'un vaisseau.
t BARILLARD (ba-ri-llar, Il mouillées), s. m. Ancien terme de marine. Celui qui avait soin du vin et de l'eau à bord des galères.
— ETYM. Bart7.
t BARILLE (ba-ri-U'), s. f. Un des noms delà plante dont les cendres fournissent la soude Isalsola soda, /..).
— ETYM. Espagn. barrilla, soude.
BAR
t BARILLERIE (ba-ri-lle-rie, H mouillées), ». f. Art de faire des barils. Rue de la Barillerie, rue, à Paris, où l'on faisait des tonneaux.
BARILLET (ba-ri-llô, Il mouillées, et non ba-riyé), s. m. Il 1" Petit baril. || 2° Petit bijou en forme de baril. || 3° Terme d'horlogerie. Boite qui renferme le grand ressort d'une montre ou d'une pendule. Il 4° Etui de bois renfermant la jauge du cordier. Il 6° Partie de tuyau en cuivre dans laquelle monte et descend le piston d'une pompe.
— HIST. xm" s. Ileucques les a fet moult netes, Si les bat entre deus tuiletes, Puis en empli un barillet, Ben. 49279. Il xv" s. Item à Thibault de la garde, .... Que luy donray-je que ne perde? .... Le barillet? par m'ame, voyre; Genevoys est plus ancien Et a plus grand nez pour y hoir», villon, G. testam.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
t BARILLON (ba-ri-llon, Il mouillées), s. m. Il i" Petit baril. || 2° Réservoir placé derrière la chaussée d'un étang et destiné à recevoir le poisson.
— ÉTYM. Diminutif de baril.
BARIOLAGE (ba-ri-o-la-j'), s. m. Assemblage de diverses couleurs. Le bariolage des plumes de cet oiseau.
— HIST. xiv" s. Mais faictes comme font gens saiges, Pour veoir aultres bariolaiges, Au fray des dragons et serpens , En hayneuses amours grouppans, Traité d'alchim. 4 4 4.
— êtym. Barioler; génev. baricolage.
BARIOLÉ, ÉE (ba-ri-o-lé, lée), part, ■passé. Un
vêtement bariolé. L'Egypte! elle étalait.... Ses champs bariolés comme un riche tapis, v. hugo, Orient. 4. 1| Fig. Un style bariolé.
BARIOLER (ba-ri-o-lé) , r. a. || i" Teindre ou peindre de diverses couleurs bizarrement assorties. Que le comité consente à ne plus barioler nos assignats à la façon de cette caisse d'escompte, qui n'a mis de bon sens à rien, pas même à sa cupidité, mira beau, Collection, t. iv, p. 233. || 2° Fig. Barioler son style, y mettre des couleurs différentes qui ne s'accordent pas.
— étym. Génev. baricolé; wallon , cabrioler; bourguig. barôllai. On trouve, dans l'ancienne langue, riolê : Ayant des taches séparées les unes des autres, riolées, piolées, c'est à dire de diverses couleurs, comme un tapis velu, paré, xxiii, 25. Riolé vient de l'ancien français riole ou riule, raie (voy. règle) ; bariolé est composé de riolé et de la particule péjorative 60 (voy. ba....). La difficulté, dans la langue française, du changement du v latin en 6, et la forme des patois ne permettent guère d'y voir un diminutif de varius.
BARISEL (ba-ri-zèl), s. m. Voy. barigel.
t BARIUM (ba-ri-om'), s. m. Voy. baryum.
{ BARLE (bar-P), *. f. Dans les exploitations de mine, synonyme de faille.
f BARLIN (bar-lin) , s. m. Nœud au bout d'une pièce de soie, destine à la tordre.
BARLONG, ONGUE ( bar -Ion, lon-gh'), adj. Il 1° Qui a la figure d'un carré long, mais irrégulier. Le géomètre n'y avait vu qu'un bosquet barlong de dix arpents, montesq. Lett.pers. 428. || 2° Plus long d'un côté que de l'autre, en parlant de vêtements. Châle barlong.
— hist. xm" s. Autre [miroirs] font diverses ymages Aparoir en divers estages, Droites, belongueset enverses, la llose, 18375. || xvi" s. Pareille facilité treuvera-on au mesurer de la pièce barlongue, c'est à dire plus longue que large, ou en quarré-long, 0. de serres, (2. Suffit de rendre en quarré parfaict ou barlong toutes aires et places, id. 4 4.
— ÉTYM. Bar (voy. bar....), préfixe indiquant obliquité, et long. Berry, bilong ; picard , berlong. L'ancien français belong est pour beslong (voy. bes.... qui a le même sens que bar).
t BARL0T1ÈRE (bar-lo-tiê-r') , s . f. Terme de métier. Traverse de fer dans un châssis de vitraux.
BARNAB1TE (bar-na-bi-f) , î. m. Religieux d'un ordre institué à Milan dans le xvi" siècle, sous le titre de clercs réguliers de la congrégation de Saint- Paul, et dont les fondateurs s'assemblèrent dans l'église de St-Barnabé. Cet ordre avait pour but de confesser, prêcher et faire des missions.
— ÉTYM. Barnabe.
BARNACHE (bar-na-ch') ou BARNACLE (bar-nacl') , *. f. Oiseau de passage qui est une espèce d'oie sauvage. Les sifflements du courlis et le cri de la barnacle perchée sur les framboisiers de la grotte m'annoncèrent le retour du matin , chateaub. Natch.