VIII
— ÉTYM. Bas-lat. bernaca, barnaces, bernicla; angl. barnacle; d'un mot irlandais. Oie barnacle
BAR
ainsi dite parce qu'une opinion populaire la faisait naître des barnacles ou birnicles, coquillages attachés aux végétaux du bord de la mer, où cet oiseau place son nid. Voy. bernaCUS.
t BARNE (har-n'), s. f. I.o lieu d'une saline où se fait le sel.
t BARNICLE (bar-ni-kF), s.f. Le même que harnache.
f BAROCO (ba-ro-co). Terme mnémonique indiquant, dans la scolastique, une forme du syllogisme.
— ÉTYM, Mot dont les lettres ont chacune un sens convenu.
t BAROLOGIE (ba-ro-lo-jie), *. f. Terme de physique. Théorie de la pesanteur.
— ÉTYM. Bâoo;, pesanteur, et AÔyo;, doctrine.
BAROMÈTRE (ba-ro-mè-tr'), s. m. || i° Instrument qui mesure la pression de l'atmosphère, lorriceili inventeur du baromètre. Laplace a donné une tormule pour calculer les hauteurs au moyen du baromètre. || 2° Le même instrument, indiquant les variations atmosphériques que l'observation a montré dépendre presque toujours de la pression da l'air. Le baromètre est à la pluie, au beau fixe. || Fig. Ensemble de signes indiquant une situation politique ou l'état de l'esprit de quelqu'un. U parait que le baromètre a changé, se dit d'un homme qui était fort gai et qui est devenu sombre, et réciproquement.
— êtym. Bâpoç, pesanteur, et uiTpov, mesure (voy. mètre).
BAROMÉTRIQUE (ba-ro-mé-tri-k'), adj. Quia rapport au baromètre. Observations barométriques, celles qui sont faites avec le baromètre. Vide barométrique, celui qui se trouve dans les baromètre* au-dessus de la colonne de meicure. Tables barométriques, tables calculées d'avance pour trouver les hauteurs par le baromètre, sans avoir besoin de recourir à la formule de Laplace.
— ÉTYM. Baromètre.
t BAROMÉTROGRAPHE (ba-ro-mé-tro-gra-f ') , s. m. Instrument inscrivant de lui-môme sur un papier les variations du baromètre.
— ÊTYM. Baromètre, et-(ç6.<?ziv, écrire.
BARON (ba-ron), s. m. ||i° Originairement, tout
grand seigneur du royaume. Les hauts barons, les principaux d'entre les seigneurs. || Fig. Les hauts barons de la finance, de l'industrie, les financiers, les industriels les plus riches et les plus puissants. || 2° Tout gentilhomme possédant une terre avec titre de baronnie. || 3° Aujourd'hui simple titre de noblesse conféré par le souverain. || 4° Anciennement, mari. Il fallait qu'une femme fût autorisée par son baron , c'est-à-dire son mari , mon iesq.Esp .xxvm ,259.
— HIST. xi' s. Seigneur baron , à Charlemagne irez, Ch. de Roi. v. Il nen i a chevalier ne baruu.... ib. ci.xxiv. Deus! quel baron, s'eUst [s'il avait] chrestienté ! ib. cxxiv. || xu" s. Uns bers fu ja en l'antif pople Deu, e out num Helcana, Bois, p. 4. De Roland le baron [brave], En Roncivaus, quant nos le troveron.... Zîonc. p. 29. [Il] N'i a baron qui tant soit redoutanz [redoutable], ib. p. 34. Seignor baron, de vous ait Dex mercis, ib. p. 86. Nostie sires est ja vengés Des haus barons qui or lui ont failli, quesnes, Romancero, p. 98. Se [je] ne Foi à baron [mari], de deuil serai estainte , audefr. le bast. ib. p. 4 7. Cil dedans se défendent com nobile baron, Sax. vin. X la riche abaïe du baron Saint Maart [Médard], Sax. vin. || xm' s. Li rois tous ses barons y eut fait assembler, Berte, m. Maint haut baron l'adestrent moût debonnairement, ib. ix. X Dieu [elle] s'est commandée et au baron saint Pierre, to. xl. Et puis que elle aura douze ans passés, le seignor la peut semondre de prendre baron [mari] , Ass. de Jér. i, 264. Feme sans le congé de son baron ne se pot mètre en tel cas en cort por apeler, beaum. lxiu, 4. Uns chevaliers espousa une dame la quele avoitenfans d'autre baron, id. xu, to. [Eue] Cest an pleure et cestan prie, Etcestan [elle] panra [prendra] baron, ruteb. 4 87. || xv s. Cette nuit avoient fait le guet deux grands barons de France, le sire de Montmorency et le sire de Saint Sauflieu.... FROISS. I, I, 4 39.
— ÊTYM. Wallon, baron, mari; anc. français, ber ou Sers, au nominatif, et baron, au régime ; provenç. bar, au nominatif, et baron, au régime; espagn. varon ; ital. barone. Le sens de ce mot dans les langues romanes est homme fort, mari, guerrier vaillant, noble, seigneur. Baro se trouve dans la latinité , avec le sens : 4 ° de homme stupide ; 2° de goujat d'armée (et on lui attribue une origine gauloise); Isidore lui attribue le sens de mercenaire, dur au travail. Il y a dans le celtique : ancien kymri,
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bar, héros. On objecte que les noms latins ou allemands seuls donnent un sujet différent du régime : ber, baron; mais connaît-on assez liien l'ancien celtique pour affirmer qu'il ne permettait pas une semblable flexion; et n'a-t-on pas, dans le bas-latin, barus : barum vel feminam, de la Loi des Allemands? Le celtique a aussi fear, homme; et le fait est qu'on trouve varones dans des textes qui viennent des environs des Pyrénées, et farones dans un très-vieil auteur (voy. du canoë). Diez est disposé à rapprocher baro de l'anc. haut allem. beran, goth. bairan, porter; d'où le sens d'homme robuste, et toute la suite des significations. Burguy le tire aussi de bairan, porter, mais par une autre dérivation : anglo-sax. bearn ; frison, bern, un enfant, un être humain; angl. sax. 6<>orn,unhomme,un grand. Ces étymologies allemandes, sans être complètement sures, sont probables ; mais il est probable aussi que le celtique bar et peut-être fear ont concouru à confirmer et à préciser le sens du mot germanique dans les langues romanes et ont laissé des traces dans barus et dans faro. Dans l'ancien français, li ber, au nominatif singulier, de bâro, avec l'accent sur l'a; le baron, au régime singulier, de barônem, avec l'accent sur l'o; li baron, au nominatif pluriel ; Jes barons, au régime pluriel. La nécessité de satisfaire par un accent qui se déplace à ber et. baron, ne permet plus d'accorder aucune attention à vir, qui avait été proposé pour étymologie.
BARONNAGE (ba-ro-na-j'), s. m. État de baron; le corps des barons. Je remarque cette humiliante façon du tiers état de parler devant le roi, à la différence du baronnage, st-sim. 374, 10. Le haut baronnage en France était jaloux de la puissance de son roi, volt, llœurs, 46. 11 est prouvé que la pairie est la vraie noblesse et la vraie juridiction suprême du royaume; c'est l'ancien baronnage, c'est le vrai parlement, aussi ancien que la monarchie, id. Lettr. Richelieu, U marsl77t.
— HIST. xi" s. De tel barnage [sagesse] l'a Deus enluminet.... Ch. de Roi. xxxix. || xu°s. Un homme de bernage [de vaillance], Ronc. p. <3. Monte li rois et ses barnages [ses barons] grans, ib. p. 34. Guenelons a haï le bernage de France, 'ib. p. t 07. Ilparla hautement, oiant tout le barnage, Saxons, 26.
— ÉTYM. Baron.. Barnage, bernage signifiait le corps des barons, la vaillance, la sagesse.
BARONNE (ba-ro-n'), s. f. || 1° Anciennement, femme noble, possédant une baronnie. || 2° Aujourd'hui la femme d'un baron.
— HIST. xin' s. Haï! fist-il, gentil barnesse ; Car fust or si loiax m'asnesse, Et chien et leu et autres bestes Et totes famés com vos estes , Ren. 0837. Il xv* s. La dame de Corasse, une haute baronnesse en ce pays, froiss. ii, m, <4.
— ÉTYM. Baron.
BARONNET (ba-ro-nè),s. m. En Angleterre, titre affecté à un ordre de chevalerie conféré par le roi.
— ÉTYM. Angl. baronet, de baron.
fBARONNETTE (ba-ro-nè-t'),'. f. Petite baronne,
fille d'un baron. Le plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes, volt. Cand. 2.
— ÉTYM. Diminutif de baronne.
+ BARONNIAL, ALE (ba-ro-ni-al , a-1'), ad). Qui a rapport, qui appartient à un baron; qui dépend d'une baronnie. Les droits baronniaux.
— ÉTYM. Baron.
BARONNIE (ba-ro-nie) , s. f. Seigneurie qui donne au possesseur le titre de baron. La terre de Montmorency, mouvante de l'abbaye de St-Denis, est peut-être première baronnie de ce district, st-sim. 20, 46. Il X l'époque féodale, tout grand fief relevant de la couronne.
— HIST. xii* s. Chascuns mande en sa terre sa riche [brave] baronie, Sax. vu. Ne tieng, fait sainz Thomas, de lui fius n'eritez, Ne rien en barunie : mais tut est chantez, E parmenable aumosne tut ço dont sui fieffez, Th. le mart. 45. || xin" s. Des puis celle heure que Godefrois de Buillon et la baronie de France orent conquis Antyoche et Jherusalem, n'orent chrestiens victoire en la terre de Surie contre Sarrazins, Chron. de Rains, I. Quant il ot sa raison fenie, Conseilla soi la baronnie, la Rose, 407)8. Les homes qui tiennent fié douchief seignor, seit baronie ou seignorie, et qui ont court et coins et justise, Ass. de J. i, 216. Cil qui tient en baronnie, quant il voit qu'aucuns de ses homes veut uzer trop cruelment de la coustume contre ses povres sougés, beauh. 62. || xv« s. Et trouvèrent là le roi Anglois et grand foison de baronnie de-lez lui, fboiss.
— ETYM. Baron.
BAR
BAROQUE (ba-ro-k'), adj. D'une bizarrerie choquante. Un goût baroque. Un accoutrement baroque. Un style baroque. Ces places [conseillers d'État, d'Eglise] étaient destinées aux évoques les plus distingués, et il était bien baroque de faire succéder l'abbé liignon à M. de Tonnerre, st-sim. 87, t27. || Ancien terme de, joaillier. Perle baroque, perle qui n'est pas ronde comme il faut. C'est un collier de perles baroques.
— ÉTYM. Espagn. barrueco, berrueco, perle qui n'est pas parfaitement ronde; portug. bairoco, même sens. Ces mots viennent sans doute de baroco (voy. ce mot), ancien terme de la scolastique qui a souvent frappé par sa bizarrerie.
t BAROSCOPE (ba-ro-sko-p') ,s.m. Terme de physique. Instrument servant à démontrer la poussée verticale de l'air et le principe d'Archimède appliqué aux fluides élastiques.
— ÉTYM. Bipoç, pesanteur, etuxo7t£ïv, examiner, f BAROTTE (ba-ro-f) , s. f. Mot employé dans
certaines campagnes pour désigner un vaisseau cerclé en fer, et servant à la vendange.
— ÉTYM. Féminin de barrot 2, et qui devrait être écrit barrotte.
BARQUE (bar-k'), s.f. H 1° Petit bateau. Une barque de pêcheur. Passez, seigneur, dit-il, passez dans cette barque, corn, l'omp. 11, 2. Sa tête sur les bords de la barque penchée, id. t'6. u, 2. Un jour le voyageur par le Rhône emporté, En silence et debout sursa barque rapide, a. ciién. 206. || Fig. De tous trois la vertu pareille et sans seconde Mérite le timon de la barque du monde , rotr. Bélis. 11, 7. Il Bien conduire sa barque, bien administrer ses affaires, mener une entreprise à bonne fin. Je conduis très-sagement ma barque, sév. 285. On tiendra le parlement, Dieu conduise cette barque, id. BI2. Mandez-moi comme vous conduirez votre barque, id. J8. Je te conjure de prendre la conduite de notre barque, mol. Fourb. 1, 3. Et n'ai le jugement De conduire ma barque en ce ravissement, Régnier, Sat.vn. H Poétiquement. La barque de Caron, la barque infernale, la nacelle dans laquelle la mythologie disait que les âmes traversaient le Styx pour entrer dans les enfers. Empêcher que Caron , dans la fatale barque, Ainsi que le berger, ne passe le monarque, boil. A%p. Ut Elle pourrait bien passer un jour dans la barque comme les autres, sév. 265. Il 2° Sorte de vase à l'usage du teinturier sur soie. Il Espèce de bassin de brasseur.
— ÉTYM. Bourguig. baque; provenç. barca; espagn. et ital. barca; angl. bark; du celtique : gaél. barc; bas-bret. bark, barque. Barca est dans Isidore, signifiant le canot qui porte à terre les marchandises d'un navire. Il est singulier que barca, si ancien, puisqu'il est dans Isidore, et commun à toutes les autres langues romanes, ne se trouve pas dans le vieux français, qui n'a que barge; cela ne peut guère s'expliquer qu'en admettant une confusion entre barge et barque.
+ BARQUÉE (bar-kée), s. f. Charge d'une barque.
— ÉTYM. Espagn. barcada; ital. barcata; bas-lat. barcata, de barca, barque.
BARQUEROLLE (bar-ke-ro-V) , s. f. Petit bâtiment sans mât qui ne va jamais en haute mer.
— ÉTYM. Le même, étymologiquement, que barcarole.
f BARQUETTE (bar-kè-t') , s. f. Petite barque.
— hist. xvi# s. Une armée de vingt-cinq vaisseaux ronds, les plus grands de 200 tonneaux en descendant jusqu'à 50, quatre galiottes et quelques barquettes, d'aub. Hist. ni, 18. Ô qui a jamais veu une barquette telle Que celle où ma maistresse est conduite sur l'eau? la boétie, 607.
— ÉTYM. Diminutif de barque.
t BARQUIEU (bar-ki-eu), s. m. Réservoir dans lequel le fabricant de savon fait et recueille les lessives.
— ÉTYM. Bas-lat. barquelius, barquile (dans des textes marseillais), réservoir d'eau, de barca, barque.
BARRAGE (bâ-ra-j'), s. m. || 1" Barrière qui ferme un chemin. || 2° Massif qui barre une rivière; rochersquibarrent naturellement une rivière. || 3° Barrière qu'on ne peut passer qu'en payant un droit de péage. H Droit que l'on paye au barrage.
— ÉTYM. Barrer.
f BARRAS (ba-râ) , s. m. || 1" Résine qui se dessèche pendant l'été à la surface des incisions que l'on pratique aux pins pour en obtenir la térébenthine. Il 2° Nom d'une espèce de pin qu'on nomme pin de Genève.
— ÉTYM. Barre, à cause des barre; que forme la résine desséchée ; puis le nom a passé à l'arbre.
BAR
BARRE(bâ-r'),s. f. 1 1 i« Pièce de bois, de fer, etc. étroite et longue. Une barre de fer, de boi3. Une barre d'appui. Une barre de cheminée. |] Fig. Cet homme est une barre de fer, il est inflexible, on ne peut le faire céder. Berwick était fort peu au gré de Mme des Ursins, qui le trouvait droit, ferme, libre, barre de fer, st-sim. 354, 108. || On disait autrefois donner des coups de barre à quelqu'un pour le : battre. Ses violences qui lui font mener les gens à la messe à coups de barre, boss. Avert. a. || Jeter la barre, sorte de jeu auquel on s'exerçait autn et qui est encore usité en quelques provinces. || Dans la gymnastique, exercice de la barre à sphères, bâton de t»,<6 de longueur, ayant à chaque bout une boule de 12 cent, de diamètre, avec lequel on fait des évolutions au-dessus de la têle et derrière le dos, pour fortifier les épaules et faire tenir droit. || 2" Lingot ou pièce de métal précieux étendue en longueur. Le régent trouva le prêt d'un million en barres d'argent, st-sim. 420, et. || Fig. C'est de l'or en barre, se dit de toute valeur, de toute chose sur laquelle on peut compter. Voilà certainement un effet fort bizarre.— Oh! s'il n'était pas mort, c'était de l'or en barre, regnard, Joueur, m, 3. || 3° Pièce de bois transversale qui soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Le vin diminue beaucoup de bonté, quand il est au-dessous de la barre du tonneau. D'un tel vin la couleur est malade et bizarre ; Cet autre, dans le chaud peut tourner à la barre, regnard,JeBaJ, se. 8. || Fig. Être au-dessous de la barre, au-dessous du niveau. Ce pape est le plus honnête homme et le plus habile du sacré collège; mais, ma fille, il a soixante-dix-neuf ans: un esprit n'estil point au-dessous de la barre à cet âge? sév. 501. || 4° Terme de marine. La barre du gouvernail, ou, absolument, la barre, longue pièce de bois qui sert à faire mouvoir le gouvernail. Je restai seul auprès du matelot qui tenait la barre du gouvernail , ciiateaub. Itin. 8. || 6° Dans le monnayage, pièce de fer longue et grosse, qui passe au travers du balancier et qui sert à le faire tourner. || En termes d'imprimerie, les barres sont deux tringles de bois qui traversent tout le berceau dans sa longueur, et où sont attachées deux bandes de fer sur lesquelles coule le train de la presse. || Terme de marine. Barre d'arcasse, pièce qui fan ia largeur de la poupe à la hauteur du premier pont. Barres de hune, de perroquet et de cacatois, espèces de charpentes à la tête de chaque mât pour porter le mât supérieur. || Barre de panier, bâton ou cerceau sous le fond du panier. || Longues pièces de bois rondes qu'on suspend à deux cordes, pour séparer les chevaux dans les écuries. || Planchette qui empêche les sautereaux du clavecin de quitter les mortaises. || Fleuret qui a été rompu par le bout, et auquel on a fait remettre un bouton. || 6" Barrière de séparation qui est entre Penceinteoûsiégentlesmembresd'un tribunal, d'une assemblée politique, et la partie occupée parlepublic. Comparaître à la barre. || 7° Dans l'ancienne jurisprudence, fin de non-recevoir, exception, opposition. || 8" Les barres, jeu de course qui est divisé en deux camps, dans lequel les joueurs de chaque camp s'engagent successivement à la poursuite les uns des autres, et qui est ainsi nyommé parce que les deux camps sont marqués par une barre fictive ou tracée sur la terre. Je n'ai jamais été connu du roi d'Espagne que pour avoir joué aux barres avec lui, st-sim.52i , <75 || Toucher barre, toucher cette barre, c'est-à-dire rentreraucampet en repartir aussitôt. || Avoir barres, se dit de celui des joueurs qui part après un autre du camp opposé, et qui peut le prendre sans pouvoir en être pris. || Fig. Jouer aux barres, se chercher sans pouvoir se rencontrer, locution tirée du jeu où chacun fuit devant celui qui le poursuit. || Fig. Partir des barres, sortir au moment précis où l'on doit se mettre en route. || Fig. Avoir barres sur quelqu'un, avoir sur lui quelque avantage. || Ne faire que toucher barre, s'arrêter à peine dans un lieu. || Tenir barre à quelqu'un, lui résister. || 9° En termes de marine, amas de sable, chaîne de rochers qui obstrue l'entrée d'un port. || La barre d'un fleuve est cette espèce de barrière de sable obstruant l'embouchure et se formant par le dépôt de ses troubles à la limite où ses eaux sont arrêtées par celles de l'Océan. Attendant un vent favorable pour franchir la barre [du Nil] et remonter à Rosette, cilateaub. Itin. m, 61. || 10° Fig. Barrière. Qui voulait mettre barre entre cette canaille, Régnier, Sat. x. Bien semble être la mer une barre assez forte.... malh. 11, <2. Le Bourguignon d'ailleurs sépare nos provinces, Et servirait pour nous de barre à ces deux princes, corn. Attila, iv, 4. y 11° En termes de blason, trait qui sépare obliquement l'écu de gauche à droite. Montbron por-
BAR
tait de Montberon brise d'un filet en barre, st-sim. 4»l, 69. Ces bâtards de Bourbon [comtes de Roussillon] ont changé leur barre de bâtards en bande comme les princes de cette maison, id. 44, o. || Barre simple, celle qui est large et qui forme une pièce honorable. || Barre de bâtardise, celle qui est étroite et sert à barrer les arme-; des bâtards. || En barre, dans le sens de la barre. |j 12° Traitde plume. Tirer une barre soit pour souligner un mot, soit pour séparer des articles. || Exercices d'écriture, traits droits et parallèles. Il fait des barres, des bâtons. 11 y avait un homme qui à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques, chateaub. Génie, m, ir, 6. || Terme de musique. Barre de mesure, trait tiré perpendiculairement à la fin de chaque mesure sur les cinq lignes de la portée. || Ligne fortement marquée et inclinée pour indiquer qu'une note doit être divisée en croches ou qu'un groupe de notes doit être répété. || On appelle encore en musique barres deux traits plus fortement marqués que les barres de la mesure, et servant à indiquer la fin d'une partie, d'une reprise dans un morceau. || 13° Barres, deux raies de laine bleue qui sont aux deux bouts de la couverture et quin'y servent que d'ornement. || En fauconnerie, barres de la queue de Pépervier, certaines bandes noires qui traversent sa queue. || 14" La barre , les premières lames que la marée montante pousse dans un fleuve. |] Poétiquement. L'aube enfin colora sa barre au bord des cieux, lamart. Jac. i, 51. Cependant une barre d'or se forma dans l'Orient, chateaub. Alala, 807. || Barre est aussi synonyme de mascaret en Normandie. || 15° S. f. plur. É"n parlant du cheval, intervalle qui existe de chaque côté de la mâchoire inférieure, entre les dents molaires ou mâchelières et les incisives, et dans lequel on place le mors. Blessures des barres, lésions produites, dans cette région, par un mors mal fait, par la pression de la main trop dure des cavaliers.|| En termes de chasse, armes de la barre, les défenses du sanglier. || 16° Tulipe de trois couleurs.
— iiist. xiii* s. Et devisèrent une partie de leur gens pour ce qu'il gardassent les lices et les barres, et H autres assaillissent par devers la ville, villeh. cliii. Tantost, sanz autre chose fere, Commanda la barre ensustrere, Por son cousin fere venir, lien. <9I62. Autretel barre [opposition] à cil qui fut retenuz de justice, et la retenue fu fête sanz sa coupe [coulpe], Liv. de just. 94. Se vice est provez une fois en meniere de barre, ce n'empesche pas autre foiz eslection, ib. 3). Se gages sunt por aucunes bares de querele, non pas du principal du plet, li vainquieres ne gaaigne fors que la bare por quoi li gage furentdoné, beaum. lxi, )7. Et ai renoncié en ce fet.... à toutes exceptions, raisons, bares, deffenses qui poent estre proposées en jugement ou hors de jugement, id. xxxv, 20. Aucunne fois avient il que jus [jeu] est commenciés si comme por behourder ou por choler, ou por juer as bares, id. lxix, )7. || xv* s. Tousjours courez et racourez; Il semble qu'aux barres jouez, en. d'orl. Rondel. 42. Par Dieu, ne sont pas encore à fin de leur barre, ils correront encore ung temps, o. chastel. Chron. des Ducs de Bourg. 3« p. ch. 68. X tous tels jeux voulontiers jouoit, ou aux barres, Bouciq. i, ch. )3. 11 leur conta comment il avoit prins le galant à ses barres [il l'avait enfermé dans un bahut], louis xi, Xouv. lxi. || xvi* s. Dont raison veut, qu'ainsi on les embarre, Et qu'entre deux soit mis distance et barre, Comme aux chevaux en l'estable hargneux, marot, i, 248. Après la course il faut tirer la barre; Après bémol, faut chanter en bécarre, id. h, ))9. Demeurons donc entre ces barres [limites], ausquelle.1 Dieu nous a voulu enclorre, calv. lnstit. 4 02. Qui. de barres [exceptions] se veut aider, doit commencer aux declinatoires, pour venir aux dilatoires, et finalement aux peremptoires ; et si la dernière met devant, ne s'aidera des premières, loysel, 702. Il s'en fut visiter les susdites grilles qu'ils trouvèrent toutes limées à l'exception de deux barres, d'aub. Vie, lxiv. Au commencement les bandes de part et d'autre jouèrent aux barres, id. Jlist. il, 402. LesRochelois contribuèrent à cette entreprise comme partisans, mais .principalement comme marchands, pour renvoier à leur havre qui n'est que de barre [c'est à dire auquel on ne peut entrer qu'à mer haute] les navires qui cerchoient Brouage, pour estre lors estimé le second havre de France, id. iii, 48, )9.
— ÉTYM. Bas-lat. barra; provenç. ital. et espagn. harra; angl. bar; du celtique : kymri , bar, branche. Comparez l'allemand Barre, Barren.
BARRÉ, ÉE (bâ-ré, rée), paît, passé. || 1° Le
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chemin barré par une traverse en bois. Portes barrées de fer. || 2° Terme de marine. Vergue barrée, vergue sur laquelle se borde la voile de perroquet de fougue; cette vergue n'étant bordée que très-rarement, et étant pour cela comparée à une barre. || 3° Intercepté. L'évêque de Chartres qui faisait assidûment tous ses devoirs d'évêque se trouvait barré en mille sortes, st-sim. 78, 12.11 semitdonc en campagne et continua ses expéditions dans le Poitou et la Saintonge, toujours barré par le ducdeNevers, anquet. Ligue, t. m, p. 7). || 4° En termes de blason, barré d'argent, barré de gueules, à la barre d'argent, à la barre de gueules. || Barré, se dit d'un cheval paré. || 5° Biffé. Trois mots barrés. || 6° En chirurgie, dents barrées, dents molaires dont les racines sont recourbées de manière qu'elles comprennent entre elles une portion d'os maxillaire, et qu'on ne peut les extraire sans briser l'alvéole et arracher des fragments osseux. || Le bassin barré, bassin où les pubis se rapprochent de l'angle fait par le sacrum et les vertèbres. ||7° En termes d'ancienne législation, avis barrés, avis partagés en nombre égal. || 8° S. m. Terme de musique. Action d'appuyer à la fois l'index de la main gauche sur plusieurs cordes de la guitare prises à la même touche. BARREAU (bâ-rô), s. m. || 1° Petite barre de bois ou de métal. |[ Les barreaux d'une chaise, les petits bâtons qui maintiennent les montants. || En termes de physique, barreau aimanté, barre d'acier qu'on a aimantée. || Terme d'imprimerie. Barre qui sert à faire mouvoir la presse. || Outil du fabricant de pipes. || 2° Barre de bois ou de métal qui sert de clôture. Fenêtre garnie de barreaux. Un noir cachot peut illustrer mes vers; S ses barreaux je suspendrai ma lyre, bérang. Adieux à la camp. || Absolument, les grilles d'une prison. Regarder à travers les barreaux. || 3° L'enceinte réservée où se mettent les avocats pour plaider. Fréquenter le barreau. Si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barrertC, boil. Lutr. m. || L'ordre des avocats, la profession d'avocat. Il faut consulter le barreau. Qu'on destine mon élève au barreau, J. J. rouss. Ém. i. Bartole et Jason ignorent le barreau, Régnier, Sat. x. || L'éloquence du barreau, le genre d'éloquence propre aux plaidoyers ; ce que les anciens appelaient le genre judiciaire.
— HIST. xv° s. Et les aucuns estoient sus amont en la porte aux défenses, qui jetoient gros barreaux de fer, froiss. n, m, 38. Et jetoient les Espaignols et les Gennevois, qui estoient en ces gros vaisseaux d'amont, grands barreaux de fer et archegaies, dont ils travailloient fort les Anglois, id. i, i, )95. || xvi* s. S'estantmisau barreau des avocats, premier qu'arrester son estât, yver, p. "39.
— ÉTYM. Diminutif du barre; bas-lat. 'iarrellus.
f BARREFORT (bâ-re-for), s. m. La plus grosse pièce de bois qu'on tire du sapin.
— ÉTYM. Barre et fort.
f BARREMENT (bâ-re-man) , s. m. Terme de vétérinaire. Action de barrer les veines d'un cheval.
— étym. Barrer.
fBARRÉOLES (bâ-ré-o-1') , s. f. plur. Terme de gymnastique. Machine pour exercices, consistant en quatre poteaux de bois reliés ensemble par un chapiteau. Ces poteaux sont disposés de manière à recevoir deux barres de fer mobiles qui peuvent se rapprocher ou s'éloigner, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical. Cette machine sert à un grand nombre d'exercices.
— ÉTYM. Diminutif de barre.
BARRER (bâ-ré), v. a. |j 1° Fermer avec une barre. Barrer une porte. || Séparer les chevaux par des barres de bois. || 2° Terme de marine. Barrer un bâtiment, donner au gouvernad un mouvement trop fort sur un bord ou sur un autre. || 3° Remuer avec une barre les poches contenant la soie dans un bain de teinture. || 4° Intercepter. Barrer le passage à ceux qui viennent. Une rivière barrait le chemin à l'armée. Un conquérant trouve des forteresses et des armées qui lui barrent le passage, volt. Newt.i, 6. Une montagne barra la caravane saisie de crainte, volt. Blanc et noir. \\ Absolument. Comme son projet [du maréchal de Cboiseul] avait été de rompre leurs desseins en barrant de la montagne au Rhin, nos inondations étaient faites, st-sim. 40, 2)9. || Fig. Faire obstacle à. Barrer quelqu'un, barrer le chemin à quelqu'un, le traverser dans ses projets. On est honteux d'aller barrer leur chemin, sev. 209. Je suis persuadée que c'est lui qui barre notre chemin, id. 68). Le roi dit qu'il n'accorderait jamais ur rang au chevalier de Soissons , et barra ainsi ceti« belle chimère, st-s:m. 25, 4). Aux échanges l'homme s'exerce, Mais l'impôt barre les chemins, bérang. Con-
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Ireb. || 5° En termes de vétérinaire, barrer la veine, extirper une veine superficielle, et lier les deux bouts du vaisseau; opération que les maréchaux pratiquaient autrefois pour des engorgements d(S extrémités , et qui est justement abandonnée. || 6° Faire des lignes ou ratures sur des passages d'écriture pour les annuler. On barra deux clauses dans l'acte. Barrez ces trois mots. || 1° En termes de chasse, barrer une enceinte, la traverser avec un limier pour tâcher de mettre le cerf debout. || V. n. Se dit d'un chien qui balance sur la voie. || 8° Au jeu de kreps, annoncer, quand les dés sortent du cornet, qu'on annule le coup. || 9° Se barrer, v. réfl. Se fermer le chemin. L'abbé de Mailly avait des vues et une vaste ambition, et fort attentif à ne se barrer sur rien et à s'aplanir les chemins à tout, st-sim.
— HIST. xn° s. Quand se furent armé li quatre bacheler, Vunt as uis de la sale, mais n'i porent entrer, Car um les out ainz fait après els bien barrer, Th. le mart. )44. I|xiii* s. Renart qui savoit tous les estres, Regarde par unes fenestres, Si eles estoient fermées; Mais il les voit toutes barrées, Uen. 4344. || xiv* s. Gentement fu vestis d'une robe barrée, Baud. de Seb. i, 972. || xvi* s. Passe ces huys barrés de puissant fer, marot, i. 262. À ce seul mot un gros marteau carré Frappe un tel coup contre un portai barré Qu'il fait crousler les tours du lieu infâme, id. i, 253. Bastard avoué retenoit les armes de son père barrées à gauche, loysel, 02. Proculeius s'approcha près des portes, qui estoient grosses et fortes et seurement barrées, amyot, Anton. )0t. Vous vous barrez pour jamais le chemin qui peut vous conduire au trône, d'aub. Vie, xciv.
— ÉTYM. Barre; Berry, baré, bigarré; provenç. et espagn. barrar; ital. barrare.
t BARRÉS (bâ-ré), s. m. plur. Nom qu'on donnait autrefois aux Carmes parce qu'ils portaient des manteaux divisés par quartiers blancs et noirs.
— HIST. xin* s. Li barré sont près des béguines, Ne lor faut que passer la porte, ruteb. )69.
tBARRETON (hâ-re-ton), s. m. Terme de métier. Petite barre.
— ÉTYM. Diminutif de barre.
f BARRETTADE (ba-rè-ta-d) , s. f. Coup de bonnet, salutation. || Vieux.
— HIST. xvi° s. On lui attitroit des salueurs qui lui faisoient de grandes révérences et barrettades, desper., Contes, XXIX.
— ÉTYM. Barrette ) .
). BARRETTE (ba-rè-f), s. f. Petit bonnet plat. Vous [Comniines] avez fait mentiou de ma barrette chargée de petits saints, et de ma petite Notre- Dame de plomb, fén. xix, 308. || Fig. J'ai bien parlé à sa barrette, je lui ai parlé sans le ménager. || La barrette de-cardinal, le bonnet rouge des cardinaux. Recevoir la barrette, être nommé cardinal. Tandis que le légat était confiné à Macao, le pape lui envoyait la barrette, volt. Louis XIV, 39.
— HIST. xiv s. Descort [discorde] fut meu pour cause d'une aumussette ou barrette, du cange, aumucella. || xv's. Ledit roy [d'Angleterre] avoit une barrette de velours noir sur la teste, comm. iv, )0.
— ÉTYM. Provenç. berreta, barrela; espagn. arrêta; ital. berretta; bas-lat. birretum, dans un texte du vi' siècle; de birrum, birrus, sorte d'étoffe, debirrus, ou byrrhus, ou burrhus, roux.
f 2. BARRETTE (bâ-rè-f) ,s. f. Petite barre dans le barillet d'une montre. || Petite barre en travers d'une tabatière double. || Rayons des roues d'une montre.
— ÉTYM. Diminutif de barre.
T BARREUR (bâ-reur), s. m. Terme de chasse. Chien dressé pour la chasse au chevreuil, à la perdrix.
— ÉTYM. Barrer.
BARRICADE (ba-ri-ka-d'), s. f. Retranchement qu'on fait avec des barriques remplies de terre ou avec des pieux, des pavés, etc. Faire une barricade. Au milieu de la paix font voir les barricades, boil. Sat. vi. || La journée des Barricades, l'insurrection dans Paris de ) 588 et aussi celle de )G48. || Les barricades de juillet, la révolution de )830. Ce peuple humain.... Qui t'emportait, vainqueur aux barricades, Comme un trophée, entre ses bras meurtris, bérang. Chateaub.
— HIST. xvr» s. Il franchit la barricade de la ruette entre les espées qui la deffendoient, d'aub. llisl. i, 30) . Ils firent 40 barricades fossoiées devant et derrière, id. ib. m, )2. La quatriesme troupe trouva une fausse barricade sur le fossé de la principale , id. ib. m, )3.
— ÉTYM. Barrique. Chifflet, au xvir> siècle, dit que l'a se prononçait long : barricade.
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BAS
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BARRICADÉ, ÉE (ba-ri-ka-dé, dée), part, passé. Los nies barricadées. Ce forcené, barricadé dans sa chambre.
BARRICADER (ba-ri-ka-dé), v. a. || 1° Fermer avec des barricades. || 2° Par extension, fermer solidement. Barricader une porte, une fenêtre. Couchez-le dans son lit; fermez porte, fenêtre; Qu'on barricade tout, afin qu'il ait plus chaud, nkC.Plaid. I, 4. 1| 3" Se barricader, v. réfl. Opposer tout ce qui peut faire obstacle à l'ennemi. ||4° Fig. et familièrement, s'enfermer pour ne voir personne. Ferma sa porte et se barricada, la font. Viable. C'était un homme sauvage qui se barricadait dans sa chambre, ST-SIM. 85, 78.
— HIST. xvi* s. Aiant ruiné les trois maisons qui estoient en front, percé et barrique celle des deux costez,il attendit l'assaut, d'aub. Hist. I, 304 . Surun avis que les katholiques se barriquoient à la Flotte, il double le pas, m. ib. Il, 4 74. Les Gascons barricadèrent au commencement du faux-bourg, id. ib. il, 205. Us n'eurent pas loisir de barricader le bourg, id. ib. n, 266. 11 fait passer la Flèche pour se barricader dans les Roziers, ib. H, 443. Absalonqui barricada son père et le chassa de la ville de Jérusalem, Sat. Mën. p. 4 9.
— ÊTYM. Barricade.
t BARRIER (bâ-rié), s. m. Celui qui, dans la fabrication des monnaies, tourne la barre du balancier.
— ÊTYM. Barre.
BARRIÈRE (bâ-riê-r*), s.f.\\ 1" Fermeture à l'aide de plusieurs pièces de bois. Franchir une barrière. Il força les barrières. || 2" Enceinte fermée où l'on fait des combats, des jeux de toute espèce. Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, boil. Art poét. n. Et regarde le champ, assis sur la barrière, m. Ép. I. H avait forcé la barrière, où il s'était présenté le premier, sév. 447. || Combat à la barrière, combat qui se livrait à la barrière du champ des tournois. Soit qu'il se présente un rival Pour la lice ou pour la barrière, malh. iv, 6. Les tournois, les combats à la barrière sont peut-être de l'invention de ces Arabes, volt. Mœurs, 43. Aux noces d'Henriette et de Charles I", il y eut des combats à la barrière, des jeux et des courses de bagues, chateaub. Stuarts, 476. || Fig. Le sort qui de l'honneur nous ouvre la barrière, corn. Bot. h, 3. || 3° Tout obstacle matériel. Les Alpes présentaient leur barrière. Ils trouvèrent l'Océan pour barrière. Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière, rac. Baj. I, 2. Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Des débris de leurs forts il couvre ses frontières, id. Esth. prol. Il s'était fait de morts une noble barrière, id. ililhr. v, 4. || En général, empêchement, obstacle. Les barrières du devoir. Mettre des barrières à la licence. Si vous aviez rompu une fois la barrière de l'honneur, fén. Tél. xx. Pour mettre une-barrière entre mon fils et moi, rac. Brit. I, 2. Donner déplus fortes barrières à l'idolâtrie, boss. llist. Il, 3. Elles servaient de barrière à l'idolâtrie, id. ib. Elle oppose une barrière invincible aux violences, id. Instr. I. S'il ne mettait entre votre faiblesse et vous une barrière qui vous arrête, mass. Avcnt, Afftict. Elle opposa la barrière de la pudeur aux premiers orages, id. Panég. llagd. Quelle barrière l'opprobre de ce vice ne met-il pas au retour de Dieu en nous? id. Car. Prod. L'indolence est la seule barrière qui vous arrête, id. Car. Tiéd. ï. De ce trône sanglant je m'ouvris les barrières, volt. ilér. ï, 4. || 4° Porte d'entrée d'une ville. On ferma les barrières. 11 fut arrêté à la barrière. || Bureaux établis aux portes et aussi à certaines limites de territoire pour la perception des droits d'entrée. Les barrières furent incendiées lors de l'émeute. Il est bien à désirer qu'on transporte ailleurs les barrières et les commis qui rendent ce petit pays de Genève ennemi du nôtre, volt. Leur, d'Argental, 20 janv. 4766. J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait, bêrang. Portrait. || Anciennement. Barrière des sergents [officiers de justice] , réduit couvert d'un toit où ils se tenaient pour attendre pratique. || 5° Bande en forme d'ausette, dans laquelle le metteur en œuvre arrête le ruban d'un bracelet. |l 6° Barrière, nom qu'on donnait autrefois à un district qui couvrait la Hollande. L'empereur a raison de vouloir se rendre maître de lalîarrière et le protecteur de la Hollande,