BED
aplati ot tranchant, emmanché. [Ils] Des plus superbes rois faisaient ployer les têtes Et la bêche à lamainméditiientdesconquêtes.LEGOUVÊ, Épichar. et Néron, 1,3. || 2° Insecte qui ronge les bourgeons de la vigne, dit aussi coupe-bourgeons, lisette,grihouri. Ces noms, dit Legoarant, sont donnés à plusieurs insectes appartenant aux genres eumolpe, a'.telabe, rhynchile (coléoptères), et pyrale (lépidoptères). C'est surtout à l'état de larve qu'ils font le plus de tort aux arbres fruitiers et à la vigne.
— hist. xi* s. E une maille pur la besche, Lois de Gutll. 4. || xhi* s. Li rois une bêche tenoit, Qui d'autre mestier ne servoit, Tien. 20(03. Venderesde esqueles, auges, fourches, pelés, beesches, pesteuz [pilons] et tout autre fustaille , Liv. des met. m. Et se c'est feme, la besque à li enfouir li doit estre b.iillie présente, beaum.lxiv,<0. || xiv's. [Femmes qui] furent banies de la terre sus la besche, pour ce qu'elles estoient foies de leur cors [c'est-àdire que, si elles revenaient, elles seraient enterrées vives], du cange, becca. || xv* s. Guillaume, poure homme serrurier, ala à Crespy enLannois pour vendre besses et autres denrées de son mestier, id. bessa. || xvi's. Avec besches et hoiaux, o. de serres, <74. En lieu pierreux cela ne se peut faire avec la pelle ferrée qu'on appelle en France besse, et en Languedoc luchet, id. 86.
— ÊTYM. Berry, bisse, besse; bas-lat. becca,besca, bessa, bessus; du celtique : bas-bret. bac'h; irland. bac; gallois, baç; d'un même radical que bec.
BÊCHÉ, ÉE (bê-ché, chée) , part. passé. Uneplatebande bien bêchée.
t BËCHELON (bê-che-lon), ». m. Très-petite binette.
— ÉTYM. Diminutif de bêche.
fBKCIlEMENT (bè-che-man) , ». m. Action de
bêcher.
— hist. xvi* s. Et tant fouilla sa vigne par profonds et réitérés beschemens ethouemens, que dans quelques années elle se rendit très-fertile, o. de serres, '46.
— êtym. Bêcher.
BÊCHER (bê-ché) , v. a. Remuer la terre avec une bêche. Bêcher son jardin. || Absolument. Bêcher autour d'un arbre. || Fig. J'aimerais mieux bêcher la terre, se dit en parlant d'un travail pour lequel on a de la répugnance.
— hist. xv* s. Or prens a deux mains une besche , Et la terre fouiz et besche, Nativ. de N. S. J. C. Mystère. Et les mauvais, qui souloient vestir riches robes de leurs larcins, sont contraincts, s'ils veulent vivre, de bescheren la vigne ou de mener un asne, Bouciq. iv, ch. 8. || xvi* s. Ce soldat bechoit en la terre avec plusieurs autres, pour la porter sur les remparts, paré, vm, 4 5.
— ÊTYM. Bêche; Berry, bêcer, besser, bisser; bourguig. bêchai.
f BECHER (bé-ché), v.n. Voy. becquer.
j BÊCHETON (bê-che-ton), s. m. Sorte de petite bêche dont on se sert pour la culture' des haricots.
— ÊTYM. Diminutif de bêche.
t BÊCIIETON'NER (bê-che-to-né), v.a. Déchausser et rechausser les haricots.
— ÉTYM. Bécheton.
t BÊCHETTE (bê-chè-f), s. f. Petite bêche.
— ÊTYM. Diminutif de bêche.
t BÊCHEUR (bê-cheur) , s. m. Homme qui bêche.
— HIST. xvi* s. Un noble tel n'est des prudens prisé, Mais cent fois plus de chacun desprisé, que s'il estoit venu de basse ligne, D'un laboureur ou d'unbescheur de vigne, bouchet, dans fabre, Études sur la basoche, p. )05. Il ne fut pas en la puissance de ces bescheurs de la pouvoir ouvrir si tost, desper. Contes, xv.
— ÊTYM. Bêcher.
BECHIQUE (bé-chi-k'), adj. Terme de médecine. En parlant des remèdes, bon contre la toux. || S. m. Un béchique. Les béchiques adoucissants.
— HIST. xvr s. Ayant esgard à la partie enflammée pour luy appliquer les remèdes propres comme les béchiques au poulmon, paré, xx, 36.
— ÊTYM. Brunit, de (Sr,£, toux.
f BÊCHOIR (bê-choir), s. m. Houe carrée à large fer.
— ÊTYM. Bêcher.
t BËCHON (bê-chon), s. m. Houe qui sert à biner à la main.
— ÊTYM. Bêcher.
t BËCI10T (bô-cho), s. m. Sorte de petite bêche.
— ÊTYM. Diminutif de bêche.
\ BÉCUOT (bé-cho), s. m. Nom vulgaire du bécasseau et de la bécassine.
— ÊTYM. Diminutif de bec.
t BÉCOT (bé-ko), s. m. L'un des noms de la bécasse. || Petite bécassine.
— ÊTYM. Diminutif de bec.
t BEC-OUVERT (bè-kou-ver) , s. m. Sorte de héron. || .du plur. Des becs-ouverts.
t BEC- PLAT (bèk-pla), s. m. L'un des noms vulgaires du canard-souchet. || Au plur. Des becsplats.
t BEC-POINTU (bèk-poin-tu), s. m. Raie blanche. \\Au plur. Des becs-pointus.
t BECQUABO (bè-ka-bo) ou BECQUEBOIS (bè-keboî), s. m. L'un des noms vulgaires du pivert.
— ÊTYM. Becquer et bois.
t BECQUE-CORNU ou BEC-CORNU (bèk-kor-nu) , ».~ m. Sot, imbécile. Et sans doute il faut bien qu'à ce becque-cornu Du trait qu'elle a joué quelque jour soit venu, mol. Éc. des femmes, iv, 6. Que maudit soit le bec-cornu de notaire qui m'a fait signer ma ruine! id. Méd. malgré lui, i, 2. || Au plur. Des becques-cornus ou becs-cornus.
— ÊTYM. Becque ou bec, de l'ital. becco, bouc (voy. bouc), et, figurément, homme que sa femme trompe, et cornu. L'orthographe becque-cornu est la meilleure, attendu que becque n'a rien de commun avec bec.
t BECQUE, ÊE (bè-ké, kée), adj. Terme de blason. Oiseau becque, oiseau qui a le bec d'un autre émail que le reste du corps.
— ÊTYM. Bec.
BECQUÉE ou BÉQUÉE (bè-kée), ». f. Ce que contient de nourriture, pour les petits, le bec d'un oiseau. Donner la becquée.
— hist. xiv* s. Prend le faulcon, et luy donne une beschie de char, et luy metz le chaperon, Modus, f" lxxxv, verso || xvi* s. Tout ainsi que les oyseaux vont quelquesfois à laqueste du grain, et le portent au bec sans le taster pour en faire bêchée a leurs petits, mont, i, <42. Pensant que la mère lesdust toujours nourrir à la bêchée, des per. Contes, lxxxix. Ressemblans aux petits oysellets qui De peuvent encore voler, et qui baillent tousjours attendans la becquée d'autruy, amyot, Comment ouïr, 28.
— ÊTYM. Bec; génev. bêchée; bourguig. baiquée; Berry, p'chée.
t BECQUER ou BÊCHER, (bè-kè) v. n. Terme de fauconnerie. Prendre la becquée à plein bec.
— hist. xvi* s. Ami des petits oiseaux, Qui vont becquer le raisin, tvkh, p. 600.
— ÊTYM. Bec.
fBECQUEROLLE (bè-ke-ro-P) , ». f. L'un des noms de la bécassine.
— ÊTYM. Bec.
t BECQUET (bè-kè) , s. m. || i' Un des noms vulgaires du saumon. || 2° Nom que les savetiers donnent à un bec de cuir dont ils renforcent une semelle qui s'est usée et se sépare de l'autre.
— êtym. Diminutif de bec.
BECQUETÉ, ÉE (bè-ke-té, tée), port, passé. Les raisins becquetés par les oiseaux.
BECQUETER ou BÉQUETER (bè-ke-té. La syllabe que prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: becqueté, becquèterai). || 1* V.a. Frapper avec le bec. Figurez-vous un passereau qui becquèterait le bout des plumes d'un vautour, volt. Amabed, 6. Des bonnes sœurs égayant les travaux, Il béquetait et guimpes et bandeaux, oresset, Vertvert, ch. 1. 1| 2* Se becqueter, v. réfl. Se battre, se caresser avec le bec.
— hist. xih* s. Il me venoient pooillier Et entre les jambes bechier, Ren. (3024. || xiv* s. Je vi que de ses ailes [d'un aigle] tous acouvers j'estoie, Et me voloit beschier es yeux dont je veoie, Guescl. 177* I. 1| xv* s. Cil bel oiseau, quand il se vit si au dessus de plumage, et que tous oiseaux l'honoroient, il se commença à enorgueillir, et ne fit compte de ceux qui fait l'avoient, mais les bequoit et poignoit et contrarioit, froiss. h, 111,27. ||xvi*s. Tous les autres oiseaux le viennent becqueter et courir sus à toute reste, paré, Mumieet licorne. Dédie.
— ÉTYM. Wallon, bèchi; provenç. bechar ; ital. beccare. Becqueter est un diminutif de l'ancien français bequer ou bechier, conservé dans la fauconnerie.
t BECQUILLON (bè-ki-llon, Il mouillées, et non bè-ki-yon), s. m. Terme de fauconnerie. Bec des oiseaux de proie qui sont encore jeunes.
— ÊTYM. Diminutif de bec.
t BEC-ROND (bèk-ron), s. m. Nom donné à plusieurs Louvreuils et gros-becs. || Auplur. Des becsronds.
t BEC-TRANCHANT (bèk-tran-chan) , s. m. Nom vulgaire du pingouin. || Au plur. Des becs-tranchants.
fBÉCU, TJE (bê-ku, kue), adj. Terme de fauconnerie. Qui a le bec long ou fort.
— HIST. xiii* s. D'entre les sorcix, à compas Muet [se meut, s'élève] ses nés [son nez] trop haut ne trop bas; N'est pas camuse ne bekue, lil. et Jeh. 265. Il xv* s. Sy [je] prie diez [le dé, les dés] en bonne espérance Qu'en la taverne doint chevanche; Sy chantons, becus et camus, Chascun, Te Deumlaudamus, La nativ. de N. S. J. C. Mystère.
— ÊTYM. Bec; provenç. becut ; portug. bt'eudo.
t BÊCUL (bé-kul), t. m. Pièce de Péchafaud, dans une ardoisière.
BÊCUNE (bé-ku-n'), s.f. Poisson de mer, nommé aussi bécasse, ressemblant au brochet, très-vorace, et quelquefois long de huit ou neuf pieds.
BEDAINE (be-dè-n'), ». f. Gros ventre, dans le parler familier. Quand j'aurai fait le brave et qu'un fer pour ma peine M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine, mol. Sganar. «7. Veux-tu peindre le bon Silène Kiant de voir sa tasse pleine D'un vin délicieux et frais? Je t'offre en ces lieux ma bedaine Et d'un front serein tous les traits, lapare, Ode 7.
— HIST. xiv s. Deux besdaines d'airain pour servir à porter l'eaue des bains de madame la duchesse de Tourraine, de labordb, Émaux, p. t62. || xv* s. Une bedanne d'or, couvert, et à une demie poingnie et au dessus ung bouton garni ront , de laborde , 16. Quant il [son pourpoint] lui couvroit la boudaine, Quelque philosophe ou artiste L'eust plainement pris pour la guaino Ou le fourreau d'un organiste, coquill. Droits nouveaux.
— êtym. Wallon bodène. Origine incertaine. La forme boudat'ne paraît le rapprocher de l'ancien français boudin, boudiné, qui veut dire nombril. D'autre part, bedaine signifiant un vase à grande panse, et bedaine à anse désignant certains projectiles qu'on lançait, au xv* siècle, avec des canons, (voy. Laborde) font songer à bedon, tambour. C'est à bedon (voy. ce mot) que Diez rattache bedaine.
t BÉDANE (bé-da-n'). Voy. bec-d'àne.
BEDEAU (be-dô), ». m. || !• Bas officier d'une église, portant verge ou masse, et qui sert les prêtres, leur fait faire place et leur rend d'autres petits services ainsi qu'aux marguilliers. || 2* Autrefois, employé d'Académie, appelé aujourd'hui appariteur. Suivi par un recteur de bedeaui entouré, boil. Sat. vm. H 3* Scarabée bedeau, l'aphodie du fumier.
— HIST. xii* s. Tant i a prevoz et bedels, Et tant bailliz viez et nouvels, [que les paysans] Ne puent aveir paiz nule heure , wacb , jRou , 6975-6074. Il xiii* s. Si herberge ele mainte gent, El leu qu'el n'a ne bel negent, Bediaus et bailliz et borgois, Qui trois semaines por un mois Lessent aler à pou de conte, buteb. 11, 3». Nous commandons que baillifz, ne prevos ne autres ne tieignent trop grant plenté de serjans ne de bediaus , pource que le peuple ne soit grevé, joinv. 295. Li bedel sont li mineur serjant qui doivent prendre les nans [gages] , et les offices faire, qui ne sont pas si honestes et les meneures semonces, du cange, bedelli. || xv* s. Variez , bedeaus , sergentereaus , Exécuteurs des sentences De Dieu sur ceulx qui font offences, ilir. de Ste Genev.
— êtym. Bas-lat. bedellut; provenç. bedel; ital. bidello; de Pane, haut-allem. putil, crieur public; allem. mod. Bilttel, sergent de ville. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li bedels ou libedaus; au régime, le bedel; au nominatif pluriel, li bedel; au régime, les bedels ou les bedaus.
f BÊDEAUDEou BEDAUDE (bé-dô-d'), ». f. L'un des noms de la corneille emmantelée.
BÊDEGAR (bé-de-gar) ou BÉDEGUAR (bé-degouar), ». m. Excroissance qui se développe sur diverses espèces de rosiers, notamment sur l'églantier, et qui est produite par la piqûre d'un insecte.
t BEDLAM (bè-dlam'l, ». m. Nom d'un fameux hôpital de Londres, où l'on renferme les fou3. C'est une corruption de Bethléem, qui est le véritable nom de cet hôpital.
BEDON (be-don), ». m. || 1* Anciennement tambour. H Bedon de Biscaye, espèce de petit tambour de basque, garni de castagnettes. || 2° Familièrement, gros bedon, un homme au ventre rebondi. Ma foi je n'en puis plus.— A toi, mon gros bedon, Viens. — Je ne danse point. — Un petit rigodon; Je t'en aimerai mieux, regnard. Folies amour. Divert.
— HIST. xv* Leur librairie [est] chansons notées, Leurs cloches, bedons menestriers , Leurs froez, robes bien parées, coquill. Droits nouv. || xvr* s. Marchez aux champs, suscitez vos g lydons, Faictes sonner trompes, fiffres, bedons, ;. marot, v, 65. Estradiotz au son de leurs bedons Courent chevaulx.