‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 184 sur 403 · BUG · texte numérisé non relu

BUG

BÉG

BÉH

font bruire leurs guidons, id. v, 425. Ainsi nos vieux Krançois usoient de leur rebec De la flûte de .bonis et de bedon avec, vauquelin de la fresnaye, Art politique.

— ETYM. Origine inconnue. Diez en rapproche le patois italien bidon, épais et paresseux, le Hainaut bidon, grand homme nonchalant, et aussi bidet.

4 BEDONIIAINE (be-don-dè-n'), s. f. |l 1" Bedaine. Vieux. H 2* Espèce de cornemuse à large ventre. Il 3° Ancien art militaire. Machine à jeter des pierres.

— ÊTYM. Ce mot parait être un allongement de bedon.

t BÉDOUILLE (bé-dou-1!', Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la farlouse.

BÉDOUIN (bé-douin), s. m. || i* Arabe qui vit dans le désert. || 8° Par extension, homme sauvage et brutal.

— HIST. xii* s. E li bedowin li sont venu aidier et ont mises lor herberges outre le flom, Machab. 1, ch. 6. || xiii" s. Ainçoisleront [ils laisseront] aux Beduins Maintenirla terre absoluefsainte] ,Qui par défaut vous est tolue, ruteb. 98.UnBeduyn estait venu, qui li avoit dit que il enseigneroit un bon gué, joinv. 223. Et quant les chevaus aus Sarrazins et aux Beduins avoient poour dun bysson [buisson], il disoient à leur chevaus.... id. 203.

— ÊTYM. Mot arabe.

4. BÉE (bée), adj. f. Tonneaux, futaille1! à gueule bée, tonneaux, futailles défoncées d'un côté.

— Etym. Participe passé du verbe béer ou bayer (voy. bayer).

f 2. BÉE (bée), ». f. Il 1* Ouverture par laquelle coule l'eau qui donne le mouvement à un moulin à eau. Il 2° Synonyme de baie, ouverture dans un mur.

— ÉTYM. Béer ou bayer, être béant.

BEEFSTEAK (bi-ftèk). Voy. bifteck.

BÉER (bé-é), v. n. Voy. bayeb.

BEFFROI (bè-froi), s. m. || 1* Tour dans laquelle est une cloche prête à sonner l'alarme. || 2° La cloche même. Il entend déjà sonner le beffroi des villes, labbuy. 40. Ainsi toujours il prend l'heure qui sonne Pour un signal de son beffroi, bérang. Louis XI. Il 3° Charpente dans les clocherset les moulins. Il 4" Terme de blason. Beffroi de vair, trois rangées de vair dans l'écu d'armes. || 6" Dans l'art militaire du moyen âge, tour de bois mobile qui servait de machine de guerre dans les sièges.

— HIST. xii* s. Dont firent arbalestriers trere, Berfroiz lever, perriere fere, Borna» de Brut, t. 1, p. 262. Il xiii* s. Enging, perriere ne befroi , Ne douteras prince ne roi, Ben. 7726. Pour garder ceulz qui ouvroient à la chaucie, fist faire le roi deus beffrois que l'eu appelle chas chastiaus, joinv. 220. Il xv* s. Et avoient fait en nefs sur l'Escaut beffrois et atournemens d'assauts, froiss. 1, 1, 428. LesAnglois avoient fait ouvrer et charpenter deux beffrois de gros merrains à trois estages, et séant chacun beffroi sur quatre roes, et avoit en chacun estage cent archers, id. i, i, 237. Il n'attendit nullui, ainçois s'envint au marché de Valenciennes, et fit sonner les cloches du beffroy à volée, id. i, i, 4 00. Il xvi* s. De ce bruyant et merveilleux beffroy [l'artillerie] Murs et rampars de Trevy vont parterre, I. marot, v, 85. Les durs assaulx et merveilleux beffroy D'artillerie.... id. v, 99. Plus fort a fait mettre en ordre et arroy Processions, sonner cloches, beffroy Par toute France , et porter sans desroy Sainctes reliques, id. v, 440.

— ETYM. Picard, benoufe; ital. battifredo; baslatin, belfredus, berfredus, verfredus, berefridus, bilfredus, balfredus, berfreit, belfragium; angl. bclfrey ; du moyen haut-allemand, berevrit, bervrit, tour servant de défense, de berc , tour, hauteur, et un radical mit, fred, conserver, d'où l'allemand moderne Friede, paix.

t BEG (bègh') , s. m. Mot turc souvent employé pour bey (voy. bey).

f KÉGAUD, E(bé-ghô, ghô-d'), adj. Nigaud, sot, ignorant. Populaire.

— étym. Le radical de bègue est probablement dans ce mot.

t BÉGAYANT, ANTE (bé-ghe-ian, ian-t'), adj. Oui bégaye. [Mouches] Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert, D'un ton demi-formé, bégayante couvée, Demandaient par des cris encor mal entendus, la font. Fabl. x, 7.

BÉGAYÉ, ÉE (bé-ghè-ié, iée), part, passé. Leçon bégayée. Après quelques excuses à peine bé-

BÉGAYEMENT (bé-ghè-ie-man, en quatre syllabes) ou BÉGAIEMENT (bé-ghê-man, en trois syllabes^, s. m. Embarras plus ou moins grand dans la parole, caractérisé par l'hésiuitiou, la répétition

saccadée, la suspension pénible, et même l'empêchement complet de la faculté d'articuler.

— ÉTYM. Bégayer.

BÉGAYER (bé-ghè-ié), je bégaye, tu bégayes, il bégaye ou il bégaie, nous bégayons, vous bégayez, ils bégayent ou ils bégaient; je bégayais, nous bégayions, vous bégayiez, ils bégayaient; je bégayai ; je bégayerai ou bégaierai, ou bégaîrai; je bégayerais ou bégaierais, ou bégalrais; bégaie, bégayez; que je bégaye, que nous bégayions, que vous bégayiez, qu'ils bégayent; que je bégayasse ;bégayant; bégayé, v.n. || l°Étre affecté du vicedeparoleditbégayement. Il bégaye si fort qu'on ne peut l'entendre. Il 2° Commencer à parler. Les enfants commencent à bégayer à douze ou quinze mois. || 3* Fig. Parler de quelque chose avec hésitation, embarras. Voilà mes faibles pensées; je ne fais que bégayer; mais qu'importe? je veux bien paraître parler mal à propos par un excès de zèle, fénel. xxii, 664. On le vit bégayer avec les enfants , " raisonner avec les doctes, flëciiier, Panèg. I, p. 309. || Terme de manège. Un cheval bégaye ou bat à la main, lorsqu'il secoue la bride en branlant la tète. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 4° V. a. Il s'est mis à vous bégayer un compliment, sév. 492. Sait d'un air innocent bégayer sa pensée, boil. Épît. îx. Non pas en bégayant quelques paroles à l'oreille d'une gouvernante, J. J. rouss. Ém. I. Apollon présidait au jour qui m'a vu naître; Au sortir du berceau j'ai bégayé des vers, volt, dans girault-duvivier. Ici ma voix, mêlée aux chants de fêtes, De la patrie a bégayé le nom, bérang. Souv. d'enfance.

— HIST. xv* s. Pour ce que icelui prestre estoit moult chargié de vin ou de cidre en besgoiant.... ducange, balbusare. Soif que confort ne rassasie, Dueil baigné en froides sueurs, Bégayant, et changeant couleurs, Par le vent de merencolie, ch. d'orl. Bal. 88. Il xvi* s. Voyez les uns un peu bégayer sur le poinct de l'enfanter, mont, i, 4 88. Il n'eust su dire trois mots sans bégayer, des per. Contes, xlvii. Ainsi qu'un père bégaye et faict le petit avec ses petits, charron, Sagesse, 1,39.

— ÉTYM. Picard, béguer; wallon, bèketer; namurois, bègui; rouchi et génev. béguer. Bégayer dérive, par un substantif inusité bégai, du primitif béguer (voy. bègue).

f BÉGLER-BEG (bé-glèr-bègh') ou BÉGLIER-BEG (bé-gliêr-bègh'), s. m. Titre réservé aux gouverneurs généraux dans l'empire turc. Le béglier-beg de la Roumélie.

— ETYM. Mot turc, beïler bey, seigneur des seigneurs.

BÉGU, CE (bé-ghu, ghue), adj. Se dit du cheval chez lequel, à l'époque où la mâchoire devrait avoir rasé (ne plus marquer), la cavité persiste dans les dents incisives, et indique un âge inférieur à celui qu'a réellement l'animal, et faux-bégu, du cheval chez lequel la cheville d'émail, qui fait suite au cornet dentaire, persiste au delà du terme ordinaire, Dictionnaire de méd. et chir. téter.

— HIST. xvi* s. Il y eut bien là du bigu [dans un raccommodement], brant. Capit. français, t. m, p. 4 27. Il leur donna ainsi le tigu [il leur fit prendre le change], id. Dames galantes, t. 11, p. 48 1.

— ETYM. Dans ce mot est probablement le radical beg , qui est dans bégaud et bègue. Donner le bigu dans Brantôme c'est donner un cheval pour moins âgé qu'il n'est, et, par suite, tromper.

fBÉGUARD (bé-ghar) ou BÉGUIN (bé-ghin) , s. m. Nom donné à des hérétiques du treizième siècle, qui, se prétendant arrivés à la perfection, partage des saints dans le ciel, en prenaient droit de refuser l'obéissance aux princes, et de se dispenser de toutes les pratiques de religion. || Nom qu'ont eu quelquefois les frire* convois dans l'ordre des frères prêcheurs et mineurs.

— hist. xiii* s. Ja certes tiex gens n'amerons, Mes Béguins à grans chaperons, As chieres pasles et alises, la Rose, 42(42. Ha! com savez bien barguigner Voiz du papelart, du béguin, ruteb. 312. Il xv* s. Doulx et béguin, de semblant rigoureux, ch. d'orl. Bal. 403.

— ÉTYM. Bas-lat. beggardus; du flamand beggen; angl. to beg, demander, à cause de la pauvreté à laquelle ces gens se vouaient.

BÈGUE (bè-gh'), adj. Qui bégaye. Il est bègue; elle est bègue. || Substantivement. Un bègue, une bègue.

— ÉTYM. Berry, bégat; rouchi, beique, bièque; ancien espagn. vegue. On ne peut pas remonter au delà d'un radical beg qui exprime quelque infirmité de l'esprit ou du corps, et qu'on ne reconnaît point dans lus langues cuUalcralca.

t BÉGUETTES (be-ghèt'), ». f. plur. Petites

pinces de serrurier.

BÉGUEULE (bé-gheu-F), t. f. Femme prude et dédaigneuse d'une façon mal plaisante. Qu'est-ce que c'est donc que cette chanson-là? — Mais, ma mère, c'est de la Belle-Arsène. — Votre belle Arsène était une bégueule, picard, ta Petite ville, m, *. Fi des coquettes maniérées ! Fi des bégueules du grand ton I bérang. Jeannette. La liberté.... c'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : à bas la livrée I id. Refus, y Faire la bégueule, affecter ridiculement la vertu et la modestie. || Adjectivement. Que cette femme est bégueule! || Il se dit d'un homme en plaisantant. Non, mon cher, je ne suis pas si bégueule; je vous aime de tout mon coeur; je travaille pour vous, volt. Correspond, dans lava qx.

— HIST. xv* s. Le suppliant, soy voyant injurié sans cause, respondit à icelluy compagnon : que vaulx tu, bée gueulle? du cange, beare.

— ÊTYM. Bée, béante, part, passé du verbe béer ou bayer (voy. ce mot), et gueule (voy. ce mot): mot à mot, qui tient la bouche ouverte, attitude qui exprime, il est vrai, l'étonnement, mais aussi la sottise, et, par suite, la bégueulerie.

BÉGUEULERIE (bé-gheu-le-rie) , ». f. Les airs, le ton d'une bégueule. Elle est d'une bégueulerie insupportable.

— ÉTYM. Bégueule.

BÉGUIN (bé-ghin), s. m. || 1° Sorte de coiffe, qui s'attache sous le menton. Sans collet, sans béguin etsans autre alfiquet. Régnier, Sat. xi. || Coiffe de béguine. L'un [desfrères de Chamillart] était évêque de Dôle, qu'il fit évêque de Senbs et à qui il ne manquait qu'un béguin et des manches pendantes, st-simon. 70, 4 60. || Fig. et populairement. Je lui ai bien lavé sun béguin, je l'ai bien grondé. Il 2° Petit bonnet à trois pièces en toile ou en laine qu'on met aux enfants sous leur bonnet. Préparait tout, lui faisait des béguins, la font. Herm. Tout l'été nous avons fait des béguins, siîv. 6. || 3* Nom d'hérétiques (voy. béguard).

— ÉTYM'. Béguine, dont la coiffure fut nommée béguin.

BÉGUINAGE (bé-ghi-na-j' ) , *. m. || 1° Maison, couvent de béguines. || 2° Dévotion puérile et affectée.

— HIST. xiii* 's. Nostre créance tourne à guille; Mensonge devient évangile; Nuns n'est mais saux [sauvé] sans béguinage, ruteb. 468. Béguin excusent li uns l'autre; Béguin font volentiers damage; Que c'est li drois de béguinage, Mais que [pourvu que] los en puissent avoir, id. 318. || xv* s. La plus grand partie d'icelles nobles femmes se disposèrent à mettre jus [mettre à bas] leurs atours et prirent autretels ou semblables que portoient femmes de béguinage, monstrel. n, 63.

— ÉTYM. Béguin (voy. béguard).

BÉGUINE {bé-fthi-n'),î. f. || 1* Nom des femmes qui suivaient l'hérésie des béguins ou béguards. Il 2° Nom qui a passé à des religieuses des Pays- Bas, qui, sans être engagées par des vœux, mènent une vie fort régulière dans des lieux enclos par des murs, où chacune a sa petite maison, avec une église commune ; elles portent un voile blanc avec un habit gris blanc. Philippe III envoie consulter une béguine pour savoir si sa femme est innocente, volt. Mœurs, 82. || 3° Dévote minutieuse.

— HIST. xiii* s. La gent béguine, ruteb. 4 08. Et fist en pluseurs liex de son royaume mesons de béguines, et leur donna rentes pour elles vivre, joinv. ■20s. Une des béguines de la royne, quant elle ot la royne chaucée, id. 286. Mètre boines femes begines en celui hospital, tailuar, Recueil, p. 456. En riens que béguine die, N'entendiez tuitse bien non, Fabl. et Contes anc. t. n, p. 67. || xv*s. Ils en font un petit tourtel, en manière d'une oublie de béguine, froiss. i, i, 34.

— étym. Béguin (voy. béguard); provenç. bechina, beguina.

t BÉGÙM (bé-ghom'), s. f. Titre d'honneur dis princesses et des femmes de qualité de rindoustan.

— ÉTYM. Féminin de beg (voy. ce mot) : la dame, la maltresse. Nous devrions écrire bégam, qui est la véritable orthographe ; bégum étant la transcription anglaise du mot indigène, où le son muet de l'a est rendu par l'u anglais.

BÉUEN (bé-èn'), s. m. Terme de pharmacie. Nom donné à deux racines du Levant : le béhen blanc, vermifuge, et le béhen rouge, tonique ; elles ne se trouvent p'us dans 1° commerce.

— ÉIY.M. Ai abc, behmen.

BEL

f DEHORS (bé-hor), s. m. Un des noms vulgaires cl 11 butor.

t BEHOURDIS(bé-hour-dî), s. m. Tournois, combat à la lance. On nommait ces jeux béliourdis du nom d'une armure qui couvrait le poitrail des chevaux, VOLT. Mtcurx, >S,

— Etym. La définition donnée par Voltaire est fautive ; le béhourdis était ainsi nommé du behourt, lance. Se vus alez einsi l'espée traite à curt, Vostre hauberc vestu, en main vostre behurt.... Th. Ù mari. 36. Voy. bourde 2.

BEIGE (bft-j'i, adj. f. Usité dans cette locution : beige, laine qui a sa couleur naturelle.

— IIIST. xni' s. Lors serai moines blans ou noirs, Grivelés, bruns ou bis ou beges, du canoë, bigera.

— ÊTYM. Ce mot parait avoir le même radical que bis, brun (voy. bis, adj.), et l'italien bigio, gris, brun. On dit, dans certaines provinces, du linge beige pour du linge tirant sur le jaune.

BEIGNET (bè-gnô; le t ne se lie pas dans la conversalion; au pluriel, l's se lie: des beignets aui mos, dites : des bè-gnè-z aux pommes; beignets rime avec traits, succès, jamais), *. m. Pâte frite enveloppant une tranche de quelque fruit Beile pommes.

— HIST. xin' s. Les viandes que il nous donneront, ce furent beignes de fourmages qui estaient

s au solleil, joinv. 249. ||xv s. Que tout boulenguiers cuissent leurs bingnes avoue la fournée de l'autre pain tout ensemble, du cange, binota. Il xvi's. La pomme s'accommode très bien en tartel-

. beignets et semblables gentillesses de cuisine, O. Dl SERBES, «88.

— ÊTYM. Berry , beunnet, bettgnon; génev. bugnet; diminutif de l'ancien français bingne, Oegne, qui est sans doute le même que bigne. beugne, tumeur, grosseur (mot encore usité en diverses provinces), à cause que le beignet est une pâte qui se gonfle tn cuisant. Ileugnel ou bignet, prononciation fautive, est, comme on voit, un provincialisme.

BRIRAM b'-ram'), s. m. Voy. bairam.

BEJAUNE (bé-jô-n'); s. m. || i° Terme de fauconnerie, liée jaune || 2'Oiseau jeune et niais, qui a encore le bec jaune. || Fig. et familier. Montrer àquelqu'uii son béjaune, lui prouver sa souise, son ignorance. Souffrez que je lui montre son béjaune, et le tire d'erreur, moi,. ttal. imag. m, (6. C'est fort bien fait d'apprendre à vivre aux gens et de leur montrer leur béjaune, id. Am. méd. 11, 3, || Kig. et familièrement. Un béjaune, un jeune homme sot et inexpérimenté. H 3" Fig. Se disait de l'ouvrier qui passait compagnon ou maître , et du régal payé en ces circonstances. || Payer son béjaune, payersabienvenue; locution tirée de ce qu'à Paris une des fonctions les plus importantes des trésoriers de la Basoche était de recevoir les béjaunes et de leur faire payer la bienvenue. || Lettres de béjaune, lettres données autrefois aux clercs par la basoche, et qui marquaient le commencement de la cléricature.

— hist. xni* s. Sans faille, ce n'est pas mervpille, S'ous [si vous] n'en savés quartier ne aune; Car vous avés trop le bec jaune, la Rose, (30(8. || xv s. Payer leur fauldra les usaiges De leurs becz jaunes, sansfaillir, en. d'obl. Rondeau. Qu'esse cy? estes vous bejaulne? VuiJez moy mon broc vistement. Je demande du vin de Beaûlne, Qui soit bon et non aultrement, villon , Repues franches. Ce sontsix aulnes ; ne sont mie? Kt non sont; que je suis bec jaulne! Patelin. || xvi' s. Cagnars, bejaulnes, descongneuz, j. marot, v, 304. Ce dyable de Pantagruel, qui ha convaincu tous les resveurs et béjaunes sophistes, à ceste heure aura son vin, rab. Tant, n, (8.

— ETYM. lire, jaune; le bec jaune étant l'attribut du jeune oiseau de proie, encore sans éducation ni expérience.

(. BEL (bel), adj. m. Voy. beau.

t 2. BEL (bel), s. m. Terme de pêche. Nom donné par les pêcheurs de la morue verte à l'établissement qu'ils font depuis les haubans de misaine jusqu'au commencement du gaillard d'arrière.

BÊLANDBE (bé-lan-dr1), *. f. Terme de marine. Petit bâtiment de transport à fond plat, employé sur les rivières, sur les canaux et dans les rades. Permangle prit trente-six bélandres portant 4 00 milliers chacune, et en brûla vingt-cinq, st-sim. 303, (88.

— ÊTYM. Angl. bilunder, belander; holland. bylander; de by, auprès, et land, terre : bateau qui va près de la terre.

BÊLANT, ANTE(be-lan,lan-t'), ad/. Qui bêle. Les bœufs mugissants et les brebis bêlantes venaient en foule, quittant les gras pâturages, et ne pouvant t; iver assez d'étables pour être mis 0 couvert, peu. Tci. 1. Je vous ai vu, le soir, pour i.os brebis be-

BEL

lantes Soulever de nos puits les pierres trop pesantes , un:; s, Al>ufar,i, 2. Quand au mouton bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort, A. ciikm. /amoe 2. H Proverbe. Boeuf saignant, mouton bêlant, c'est-à-dire il faut que le bieuf et le mouton rôtis ne soient guère cuits.

' f BÊLE (bè-f), ». m. Jeu d'enfant Nom du bâtonnet qu'on fait sauter avec un autre plus grand, dans le jeu dit du bâtonnet.

fBELËE (bè-lée), s. f. Terme de pêche. Corde disposée de manière à porter cuire deux eaux les hameçons dont elle est garnie.

BÊLEMENT (bê-le-mau), ». m. Cri naturel des bêtes ovines.

— êtym. Bfler.

BÊLEMN1TE (bé-lè-mni-f), s. f. Terme d'histoire naturelle. Coquille fossile, de forme allongée, qui n'a pas d'analogue vivante.

— ETYM. Bî).eu.vîtt,;, pierre de foudre, de péXeu.vov, trait, carreau, de puo;, trait, javelot, de piX- Xeiv, lancer (voy. balistique).

BÊLER (bè-lé), v. n. Faire un bêlement, pousser des bêlements. L'oiseau chante, l'agneau bêle, L'enfant gazouille au berceau; La voix de l'homme se mêle Au bruit des vents et de l'eau, lamart. Uarm. I, 3. || Proverbes. Brebis qui bêle perd sa goulée, c'est-à-dire à trop parler on perd le temps de manger, et aussi d'agir. || La brebis bêle toujours de même, c'est-à-dire on ne change guère les manières qui proviennent de la nature. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— hist. xiii* s.Qant il ala esbanoier, Les brebiz oit [il entend] es chans bélier, Ren. «365. Lyons y bêlent et grans ours; Grant joie i a de jongleours,

FI. et Bl. 3U». H xvi' s et quand une desdites

testes [d'un agneau monstrueux] belloit, les autres faisoient le semblable, paré, xix, 20. Ils bellent comme les chèvres, id. Anim. 25.

— ETYM. Provenç. belar; espagn. balar; ital. balare ; du latin balare.

BEL-ESPRIT (bè-lè-spri) , s. m. Voy. beau.

BELETTE (be-lè-f), s. f. || 1* Nom vulgaire de la martre mineure, petit carnassier, qui a le corps allongé et le museau pointu. La nation des belettes, Non plus que celle des chats, Ne veut aucun bien aux rats, la font. Fabl. iv, 6. || 2° Nom vulgaire d'un poisson des cotes de France.

— hist. xii' s. Cbevals e dras et bêles [peaux de belette], flou, 1. 1, p. 332.

— ÊTYM. Diminutif de l'ancien français bêle, qui se rapporte aussi bien au kymri bêle, martre, qu'au haut allemand bille. Les patois italiens offrent : milanais, béllora; Corne, bérola; parmesan, benla; génois, bellua; sicilien, badotlula ponrballoUula, bellottula. Diez, qui fait ces rapprochements, se demande si, malgré le kymri et le haut-allemand, bêle n'est pas simplement le latin bella, belle, la jolie bête, terme de flatterie qui se trouve en allemand pour cet animal, doté, par la crédulité, de forces mystérieuses. Les patois français ont : normand, rosHet; picard, bacoulette ; lorrain, moteile, qui est le latin mustela.

fBÉLIAL (bé-li-al), s. m. En style biblique, le malin esprit, le démon. Les adorateurs de Bélial, les méchants.

— ÉTYM. Mot hébreu signifiant qui ne vaut rien : beli a'al, sans profit, sans valeur.

•fBELIC (be-lik) ou BEL1F (be-lif) ou BELLIF (bêl-lif ), s. m. Terme de blason. Couleur rouge, dite aussi gueule.

BELIER (be-lié) ou BÉLIF.R (bé-lié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les béliers et les brebis, dites : les bélié-z et....), s. m. || 1" Le mâle de la brebis. || Terme de blason. Bélier sautant, bélier dressé sur ses pieds de derrière. Bélier ongle, bélier dont les pieds sont d'un autre émail que le corps. Il 2° Machine de guerre dont les anciens se servaient pour battre et renverser les murailles. Le bélier impuissant les menaçait en vain, rac. Bercn. i,3. || Bélier hydraulique, machine hydraulique très-puissante, imaginée par Montgolfier et qui sert à élever l'eau. Il 3° Terme d'astronomie. Constellation zodiacale qui, du temps d'Hipparque, coïncidait avec l'équinoxe du printemps ; aujourd'hui nom conventionnel du signe dont le commencement répond à ce même équinoxe dans le zodiaque mobile en vertu de la précession. || Le retour du bélier, le printemps. Ou demeurer oisive au retour du bélier, boil. Sal. vm.

— HIST. xv" s. Parties de la despense faite le lundi quatriesme jour de juillet (412 en l'ostel de Bélier [nom d'un chanoine de la Sainte Chapelle], Bibl. des

, !>" série, t. 1, 22',. Il xvi" s. Ad.mc l'engin s'appeloit aiùs, pour ce que voulentiera on lo fai-

BEL

soit à la semblance de la teste d'ung bellier, Suppl. franc. 1328, p. lxxxiv, Us. de l'an 4 5(9, dit Commentaires de Jules César. Les Ammonians le faisoyent pourtraire [Jupiter ] en figure de bélier beli nant, bélier cornut, rab. Parti. 111, (2. Je te donnerais, respondit le marchant, ung coup d'espéesu? ceste aureille lunetiere, et te tuerois comme ung bélier, id. ib. iv, fi. Béliers, balistes, catapultes, id. 10. iv, 6(. Mieux vaut perdre la toison Que brebis, bélier ou mouton, gabr. meunier, Trésor des sentences, dans lk roux de lincy, t. 1, p. (63.

—ÊTYM. Belin est , dans le roman de Renart , le nom du bélier; mais le mot belin lui-même ne s'est présenté dansaucun texte au delàdu xv' s. ; car bélier, employé dans ce siècle comme nom propre.montre sans doute qu'il l'était comme nom commun. Au delà, en remontant, on ne trouve que mouton : dans le liber Psalmorumàu xn'siècle, on lit: Li mont s'esledecerent sicume m'ultun, etli tertre sicume li aigneldes oeilles, p. (75; passage où multun traduit arietes. On l'a fait venir de balarius, de balare, bêler; mais une telle dérivation d'un verbe n'est pas justifiée par les habitudes des langues romanes. Ménage le tire de vellarius, le velu, de vellus, toison; mais vellarius n'est donné par aucun texte. Diez paraît avoir mis le doigt sur la vraie étymologie en indiquant le bas-latin bella, clochette, qu'on pend au cou des moutons ou des vaches, du flamand bel, clochette, anglais beli. Ainsi le bélier est celui qui porte la clochette , autrement en français mouton à la sonnette, clocheman de quelques localités; bas-latin, aries squilatus ; en flamand, bcl-hamel, anglais, bell-wether, qui ont le même sens. Cette étymologie est fortifiée par l'existence du mot biliire.

BÉLIÈRE (bé-liê-r'), s. f. || 1° Anneau auquel est suspendu le battant d'une cloche. || 2° Anneau qui porte un pendant d'oreille. j| 3° Bracelet ou chape do fourreau de sabre.

— hist. xv* s. S la charge du dit chapitre de fournir en l'acquit de l'evesque les chordes, bellieres, batailz, du cange, belleria.

— ETYM. Bas-lat. belleria, beleria; du flamand bel, cloche (voy. bélier).

f BEL1F (be-lif). Voy. belic.

t BELIN (be-lin) , s. m. Terme de marine. Voy. bun.

BÉLÎTRE (bé-ll-tr') ,s.m. Homme de rien , homme sans valeur. C'est un franc bélître. [Sezanne] C'était un grand bélître, fort prévenu de son mérite et de sa capacité, st-sim. 368, ((7.

— HIST. xv* s. Ces belleudres veulent ils faire les maistres? du cange, balens. || xvi' s. Maint sorti d'un tige hautain De quelque maison non commune , Belistre mendie son pain, Dial. deTAHUREAU, p. (92. Pompeius suppliant des belitres officiers d'un roy d'jEgypte, mont. I, 65. Un belitre de soldat son hoste, id. 11, 6. ô le lasche belitre! id. ii, 22. Les belistres [les gueux] sont de besoing au monde; car si tous estoient riches, l'on ne trouverait point à qui donner, des pér. Cymbal. ((0. Ou plusieurs belittres et cocquins s'employèrent avec le bourreau et son valet, pour en avoir la despouille, carloix , vu, 3. Par l'artifice des meschans belistres de l'ostiere [mendiants], paré, xix, (. L'imposture d'une belistresse, id. xix, 22. Je ne sçay quelles sottes ou folles opinions enracinées dès longtemps au cerveau, mesmes de plusieurs qui cuident bien en cela n'estre belistres d'esprit, froumenteau, Finances, m' livre, p. 393.

— ÉTYM. Espagn. belitre ; portug. 6i7(re;ital. belilrone. Origine incertaine. On a indiqué le latin balatro, vaurien, ballistarius, soldat qui servait les balistes; blitum, bette, plante qui, à cause de son peu de saveur, était employée métaphoriquement pour désigner un homme de peu; l'allemand Bellier,' mendiant (par métathèse Bleler) ; car bélître a aussi signifié mendiant (voy. l'historique). Diez penche pour cette dernière opinion. Il y avait au xvi' siècle un verbe belistrer, mendier : Il vaut trop mieu> donner à maint pauvre indigent... Tu en auras au monde ou au ciel recompense, Non de vouloir chez toi les flateurs rencontrer, Qui te feront un joui ainsi qu'eux belistrer, rons. 909.

BELLADONE (bèl-la-do-n') , s. f. Plante vénéneuse de la famille des solanées, dont le nom spécifique est la belladone commune.

— ÉTYM. Belladonna, de bella, belle, et donna, dame, les Italiens s'en servant pour faire du fard.

BELLÂTRE (bè-là-tr'), s. m. et f. Celui, celle qui, se croyant beau, belle, affecte les airs des jeunes gens avantageux, des femmes coquettes. J'avais toute la raison, le droit et l'intérêt de ne pas subir le joug nudaciCTix et nouveau do ce vieux bellâtre, st-sim. 0 n , i 1 ', . Je n'ai pas rççn de nouvelles de M. de lU-

BEL

chelieu touchant son bellâtre de Bellecour [un acteur], volt. Lett. d'Argental, <o avril t76i.

— iiist. xvi» s. Sa femme laquelle estoit assez bellastre, rab. Pant. m, 25.

— étym. Bel (voy. beau), avec la terminaison aère, qui est péjorative.

t BELLE (bè-1'), s. f. || 1° Jeu de la belle, jeu de hnsard que l'on joue en tirant des numéros qui correspondent avec ceux d'un tableau. || 2° Belle et flux, espèce de jeu qui se joue entre un grand nombre de personnes et avec 52 cartes.

t BELLE-À-VOIR (bè-la-voir), *. f. Terme de botanique. Voy. belvédère. || Auplur. Des belles-à-voir.

BELLE-DAME (bê-le-da-m', et, dans la prononciation ordinaire, bèl-da-m'), s. f. Terme de botanique. || 1" Nom vulgaire de l'arroche , dite aussi bonne-dame. || 2" Dit quelquefois pour belladone. || 3° Nom que les entomologistes donnent au papillon du chardon. || Auplur. Des belles-dames.

BELLE-DE- JOUR (bè-Ie-de-jour, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-de-jour), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire du liseron tricolore, appelé aussi liset bleu. \\Au plur. Des belles -de-jour.

BELLE-DE-NUIT (bè-le-de-nui, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-de-nui) , s. f. || 1* Terme de botanique. Nom vulgaire de la nyctage faux-jalap , dite aussi faux-jalap. || 8" Terme de zoologie. Nom vulgaire de la rousserolle, oiseau insectivore. || Au plur. Des belles-de-nuit.

t BELLE-D'ONZE- HEURES (bè-le-don-zeu-r*, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-don-zeu-r'),s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire de l'ornithogale ombelle, dit aussi dame-d'onze-heures et jacinthe du Pérou. ||Xu plur. Des belles-d'onze-heures.

BELLE-D'UN-JOUR (bè-le-dun-jour, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-dun-jour), *. /'.Terme de botanique. Nom vulgaire donné à différentes espèces du genre hémérocalle, principalement à l'hémérocalle jaune. || Au plur. Des beltes-d'un-jour.

BELLE-FILLE (bè-le-fi-lT) , s. f.\\ 1* Bru, femme du fils. || 2° Celle dont on a épousé 1* père ou la mère. \\Au plur. Des belles-filles.

— ÉTYM. Beau, fille (voy. beau-fils).

+ BELLE-FLEUR (bè-le-fleur, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-fleur), s. f. Pomme de bellefleur, sorte de pomme. || Au plur. Des belles- fleurs.

f BELLEGARDE (bè-le-gar-d') , s. f. Terme d'horticulture. Espèce de pêche.

BELLEMENT (bè-le-man) , adt>. || 1° Doucement, avec modération. Oh! morgue, bellement; comme vous êtes rudel regnard, Démocr.i, 3. || 2° Terme de chasse. Se dit aux chiens pour les faire chasser plus sagement.

— hist. xi' s. Dist à son oncle bêlement en riant, Ch.deRol. lxvii. À deus franceis bêlement en avint, ib. cclv. Lonc un autel bêlement [ils] l'enterrèrent, ib. cclxxi. || xii* s. Moût bêlement [il] les a araisonez, Bonc. p. 202. || xm's. Son chamberlanc nous vint à rencontre, pource que nous alissiens bêlement, etpource que nous ne esveillissiens son mestre, joinv. 2<8. || xv* s. Et chevauchèrent assez bellement, car leurs chevaux estoient foulés et mal livrés, mal ferrés, fboiss. i, i, 40. On commanda que les batailles allassent avant par devers les ennemis tout bellement le pas, m. i, i, 4t. Quand vint au matin, les Anglois, qui estoient tous reconfortés d'entrer en la ville de Bergerac , fust bellement ou autrement [de gré ou de force], m. i, i,

— étym. Belle, et le suffixe ment.

BELLE-MÈRE (bè-le-mê-r'), f. f. || 1" Celle qui a

épousé notre père. Il n'a fait qu'obéir à la haine ordinaire Qu'imprime à ses pareils le nom de bellemère, corn. Nicom. iv, 2. 112° Celle dont ona épousé le fils ou la fille. La reine sa belle-mère, malgré ce nom odieux, trouva en elle non-seulement un respect, mais encore une tendresse que ni le temps ni l'éloignement n'ont pu altérer, boss. Marie-Thérèse. || Au plur. Des belles-mères.

— hist. xm's. Bella mater, dans un texte de HOO, du cange, bella mater. ||xv* s. Tantost après vint la belle ou marrastre de la femme du suppliant, m. bela-cara.

— ÊTYM. Beau, mère (voy. beau-fils). L'ancienne langue disait marastre.

t BELLE - PETITE - FILLE (bè-le-pe-ti-te-fi-11', 12 mouillées) , s. f. Fille d'un gendre ou d'une bru. La conduite des belles-petites-filles du roi et de ses bâtardes, lesordres à y mettre et à y donner, toutes ces choses entraient dans les occupations de Mme de Maintenon, st-sim. 4)4, 213.

— ÊTYM. Beau, petit, fille (voy. beau-fils).

t BELLE-PUCELLE (bè-le-pu-sè-1'J, s. f. Terme

BEL

de botanique. Nom vulgaire d'une renoncule des champs. || Au plur. Des belles-pucelles.

BELLE-SOEUR (bè-le-seur), s. f. Celle dont on a épousé le frère ou la soeur, ou celle qui est la femme de notre frère. || Au plur. Des belles-sœurs.

— ÉTYM. Beau, sœur (voy. beau-fils). Rien de plus commun que de trouver dans les anciens textes bêle suer (belle sœur) ; c'est un terme d'amitié par lequel on s'adresse à sa femme, à son amie, à toute femme avec qui on a quelque lien d'affection ou de politesse.

t BELLICANT (bèl-li-kan) , *. m. Nom d'un poisson des côtes de France.

T BELLIF (bél-lif) , adj. Voy. BELIC.

BELLIGÉRANT, ANTE (bèl-li-jé-ran, ran-t'), adj. Qui est en guerre, en parlant des nations, des grandes puissances. Puissances, parties belligérantes.

— ÊTYM. Belligerare, de bellum, guerre (voy. belliqueux), et gerare, fréquentatif de gerere, faire (voy. gérer).

BELLIQUEUX, EUSE (bèl-li-keû, keû-z') , adj. || 1" Qui se platt a la guerre. Peuple sauvage et belliqueux. Cité belliqueuse. Ardeur belliqueuse. || 2" Qui excite à la guerre. Des accents, des sons belliqueux. Ce nom sacré pour eux se mêle dans les airs X ce bruit belliqueux des barbares concerts, volt. AU. m, 6.

— HIST. xvi* s par belliqueuses gestes J'ay

surmonté tous humains aux liarnois, marot, iv, t24. Ces deux belliqueux chevaliers, id. iv, 431 . X ton bras droit, Dieu ton seigneur et père T'assistera aux belliqueux arrois, id. rv, 32<. Ces nations, estant très belliqueuses, ont donné le prix à la vaillance, mont, h, 67. Il estime sa bonté au delà de sa vaillance et belliqueuses conquestes, id. iv, 89.

— ÊTYM. Provenç. bellicos; espagn. et ital. bellicoso;àebellicosus, de bellicus, guerrier, de bellum, guerre, forme contracte pour duellum (voy. duel), comme bit pour duis, et Be llona pour Duellona.

f BELL1S (bèl-lis'), *. m. Terme de botanique. Nom moderne du genre pâquerette. Les sauvages emploient le bellis du Canada contre la gangrène, chateaub. Amer. 9».

— ÊTYM. Latin, bellis, pâquerette.

BELL1SSIME (bè-lis-si-m') , adj. Très-beau. Il a

ajouté qu'elle était bellissime, sev. 494. Peu usité et familier.

— étym. Bellissimus, superlatif de bellus, beau (voy. beau).

f BELLONE (bèl-lo-n'), s. f. Nom, chez les Latins, de la divinité qui présidait à la guerre. || Fig. La guerre elle-même.

— ÊTYM. Bellona pour Duellona (voy. belliqueux).

BELLOT, OTTE (bè-lo, lo-f), adj. Un peu beau, qui a quelque beauté, quelque gentillesse, qui fait le beau. Enfant bellot. Petite fille bellotte. C'était un petit homme, bellot, d'une figure assez ridicule, st-sim. 42, 237. || Substantivement. Mon petit bellot. Ma petite bellotte.

— ÊTYM. Diminutif de bel (voy. beau).

f BELOCE (be-lo-s'), t. f. Nom, en Normandie, de la prunelle ou fruit du prunellier.

— hist. xiii* s. Nèfles entées, ou framboises, Beloces d'Avesnes, jarroises, Raisins noviaux lor envoies, la Bose, 8256. Quant dame Katherine voit l'espreuve dant Joce, Qui por l'amour sa famé ne donne une beloce.... i. de meung, Test. 462. || xv« s. Li as- tu donné une boule? Tu li as fait venir la boce. Tien, vilain, tien ceste beloce, Afin que le cuer ne te faille, Martyre de saint Etienne.

— ÊTYM. Origine inconnue. Ce mot, confiné aujourd'hui dans la Normandie, était autrefois du langage commun.

f BELOUSE (be-lou-z1), s. f. Pièce de métal montée sur le tour d'un potier d'étain.

— ÊTYM. Le même que blouse, trou pratiqué dans un billard.

t BEL-OUTIL (bèl-ou-ti), s. m. Petite enclume d'orfèvre. || Au plur. Des bels-outils, prononcé comme au singulier.

BELVSDEB (bèl-ve-dèr) ou BELVEDERE (bèl-védê-r"), s. m. || 1° Construction au haut d'une maison, ou dans un lieu élevé, d'où la vue s'étend au loin. || 2° Terme de botanique. Plante qu'on cultive dans les jardins, à cause de la beauté de son port; dite aussi belle-à-voir.

— HIST. xvi» s. Belvédère, ceste plante se façonne en arbrisseau, montant à la hauteur d'un homme; elle est venue de l'Inde, o. de serres, 564.

— étym. Ital. belvédère, de bello, beau (voy. beau), et vedere, wir (voy. voir).

BÉN

t BELZÉBL'TII (bèl-zé-bu), t. m. Nom d'une divinité des Philistins. || Nom d'un démon.

— ÉTYM. Mot phénicien et hébreu, Beel-Zebub, dieu des mouches.

BÉMOL (bé-mol), t. m. Caractère de musique en forme de petit b(\>), placé au devant d'une note pour indiquer qu'on doit la baisser d'un demi-ton. Mettre un bémol devant une note. Ce bémol est-il fin, et va-t-il bien au cœur? regnard, Distrait, h, 7. || Par extension, note douce à entendre. Vit-on jamais un âne essayer des bémols, Et se mêler au chant des tendres rossignols?REGN*RD, Fol.amour. H, 4 7. On me soutient que leur musique [des rossignols] Cède aux bémols des Monsignis, volt. Ep. 97. ô muse.... Laisse-moi là Phébus chercher son aventure. Laisse-moi son bémol, prends la clef de nature, Régnier, Sol. x. \\ Adj. Si bémol. Le ton de mi bémol.

— hist. xvi* s. Si elle ne se peut avoir par nature, ce sera par B carré ou B mol, yver, p. 659.

— ÊTYM. B, et mol (voy. mou). Bemollis est dans des textes fort anciens (voy. du cange) , et opposé à bedurum ou bequadratum. Le bémol est considéré comme atténuant, amollissant; de là le nom. B, dans la série des lettres prises comme indiquant les sept notes de la gamme, indique le si; c'est la première note qu'on ait eu l'occasion de baisser d'un demi-ton, et, à cause de la douceur de ce si abaissé, on l'a nommé 6 mol, nom qui s'est ensuite étendu à toutes les notes, dans un sens pareil (voy. bécarre).

f BÉM0L1SER (bé-mo-li-zé), v. a. Terme de musique. Marquer une note d'un bémol, ou armer la clef d'un ou plusieurs bémols.

— ÊTYM. Bémol.

BEN (bèn*) , s. m. Nom donné au moringa oléifère de Lamarck , arbre dont le fruit , appelé noii de ben . fournit une huile employée principalement dans la parfumerie.

— étym. Arabe, bdn.

f BENACE (be-na-s'), s. f. Étendue de terrain qu'on peut labourer dans un jour avec une espèce de charrue; se dit en quelques provinces et particulièrement en Touraine. Chaque paysan possède ce que nous appelons sa goulée de benace, un ou deux arpents de terre en huit ou dix morceaux, p. L. Courier, i, 187. Qu'il se vende un quartier de pré, c'est un paysan<-qui l'achète; chacun a maintenant sa goulée de benace, m. Lett. n, 4 4 9.

— étym. Bas-lat. bena, sorte de charrue.

f BÉNAR (bé-nar), s. m. Gros chariot à quatre roues.

— ÊTYM. Ce mot se rattache au radical de banne. BÊNARDE (bé-nar -d'), s. f. Serrure dont la clef

n'est pas forée et qui peut s'ouvrir des deux côtés. Une bénarde. || Adj. Une serrure bénarde.

— HIST. xv* s. Icelle Marion s'en coury à l'uis, qui fermoit à serrure bernarde, et l'ouvry , du cange bernarius.

— ÊTYM. Bernard, dans l'ancien français, a signifié sot, niais; et on a nommé bernarde ou bénarde une serrrure moins bonne , moins sûre que les autres.

tBENASTRE (be-na-str') , s. m. Terme de pêche. Petit parc de clayonnages ouverts.

— ÊTYM. Ce mot se rattache au radical de banne. f BÉNATE (bé-na-t'),s. f. Caisse d'osier dont on

se sert dans les salines. || Quantité de sel qui y entre (t2 pains).

— êtym. Ce mot se rattache au radical de banne. | BÉNATON (bé-na-ton), s. m. Terme de métier.

Panier d'osier.

— ÊTYM. Diminutif de bénate.

t BENAUT (be-nô), s. m. Terme de métier. Baquet cerclé avec deux mains de bois.

— ÊTYM. Ce mot se rattache au radical qui est dans banne.

BÉNÉDICITÉ (bé-né-di-si-té) , s. m. Prière que les catholiques font avant le repas, et qui commence par ce mot. Quand l'abbé de Tonnerre eut dit le bénédicité, il [l'évêque de Noyon] lui dit de se mettre à table, st-sim. 32, 4 20. \\Au plur. Des bénédicités.

— étym. Benedicite, bénissez, de benedieere, bénir (voy. bénir).

BÉNÉDICTIN, IXE(bé-né-di-ktin, kti-n'), s. tu. et f. Il Religieux, religieuse d'un ordre fondé yar saint Benoît au Mont-Cassin, vers l'an 529. || Adj. Qui concerne l'ordre des bénédictins. Les couvents bénédictins. Les congrégations bénédictines. || Fig. C'est un bénédictin, se dit, à cause des grands travaux qu'ont exécutés les Bénédictins, d'un érudit livré sans distraction au travail.

BÉN

— ÉTYM. Benedictus, Benoît, mot à mot bénit (voy. bénir).

BENEDICTION (bé-né-di-ksion ; en poésie, de cinq syllabes) ,s.f.\\l° Action de consacrer, de béniravec les cérémonies de l'église. La bénédiction d'une église. || 2° Action d'un prêtre qui bénit les assistants en faisant le signe de la croix. Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres, et le comble des grandeurs avec leurs ruines?Boss.lfarie-ï7»eV. Lui donne toutefois la idiot ion, boil. Lutr. i. Nous entrâmes dans l'église au moment où le prêtre donnait la bénédiction, chateaub. Génie, m, v, 3. || 8° Action par laquelle les pères et les mères bénissent leurs enfants. Elle me donna sa bénédiction, sév. 151. || 4° Grâce et faveur particulière du Ciel. Les bénédictions qu'il versa sur les Français, boss. Unité, 2 Et ces b-nheureuses prémices ont attiré une telle

lici ii sur la maison Palatine, que nous la voyons enfin catholique dans son chef, m. Anne de Gonï. Les bénédictions qu'il verse sur ceui qui le craignent, flêch. tl. de Vont. Courez et servez bien leDieu des nations; Je répands sur vous tousses

lictions, M. J. chén. Charles II, îv, 6. || Fig. Maison, pays de bénédiction, maison, pays où tout afflue, abonde. Ce précieux levain que Dieu conserve dans ce vaste diocèse non-seulement pour empêcher toute la masse d'aigrir et de se corrompre, mais pour la sanctifier peu à peu, pour l'étendre, l'augmenter, et en multiplier la bénédiction, iiass. Confér. Retraite. || C'est une bénédiction, se dit quand tout abonde, réussit, comme par une faveur particulière du Ciel. Les vignes, cette année, sont chargées de grappes, c'est une bénédiction. || Par extension et dans le langage familier, c'est une bénédiction, ou, que c'est une bénédiction, se dit de tout ce qui surpasse l'attente. Elle engraissait, que c'était une bénédiction, hamilt. Gramm. 10. Il se laissait enfiler [aujeudetrictrac],quec'étaitunebénédiction,iD.tb.3. || Enfin, cette locution se dit aussi par antiphrase. Le temps était affreux, il pleuvait, que c'était une bénédiction. || Dans ces exemples, le que ne fait pas partie de la looution ; c'est une ellipse pour à tel point que. || 5* Sentiments et expressions de gratitude. Sa charité lui attirait les bénédictions des pauvres. || Etre en bénédiction, être béni, aimé, respecté. Dont la mémoire sera en bénédiction dans l'F.','lise, boss. Exp. Avert. Ce monde où sa mémoire est en bénédiction, flêch. ilont. La mémoire de M. de Thou est en bénédiction chez les Français, volt. Hétaph. 9.

— HIST. xi* s. [Il] Levé sa main, fait sa beneïçun, Ch. de Roi. clx. || xn" s. En paradis aurez benecion, Ronc. p. 7t.Toutenplorant [il] leur fit beneïçon, ib. p. 08. || mi' s. Sire rois, grant beneïçon Vos doint li fils sainte Marie, Ren. 20096. Biau chier fil/., je te donne toutes les beneïssons que bon père peut donner à fil, ramv. 30t. || xv s. Et volt le roy qu'en chants mélodieux et orgues fussent à Dieu chantées laudes et beneyssons, christ, db pisan, Charles Y, m, ch. 7t. || xvr> s. Parquoi Dieu fait que toute nation, Sans fin te loue en bénédiction, marot, iv, 286. Et n'est demouré des hommes que le renom de leurs faitz de bien en bénédiction et de mal en malédiction, Rozier histor. i, 2.

— ÉTYM. Provenç. benedictio, benediecio; espagn. bendicion ; portug. benç âo ; ital. benedizione, de benedictionem, de benedicere (voy. bénir).

f BÉNÉDICITON'NAIRE, (bé-né-di-ksio-nê-r1), t. m. Terme de liturgie. Livre qui contient les formules des bénédictions.

— ÉTYM. Bénédiction.

BENEFICE (bé-né-fi-s'), *. m. || 1* Service, bienfait. Nous recevons double grâce et bénéfice de notre Dieu au baptême, fén. ii, (7. || Bénéfice de temps, l'avantage qu'apporte d'ordinaire le temps à qui sait ou peut attendre. Cellamare attendait du secours du bénéfice du temps ou des inégalités de la Hollande, st-sim. 500, 62. Jugurtha, qui attendait tout du bénéfice du temps, ne songeait qu'à amuser le consul et à tirer les choses en longueur, vertot, BJvol. rom. ix, p. 385. || Terme de médecine. Bénéfice de nature, évacuation spontanée quelconque qui soulage. Bénéfice de ventre, ou simplement bénéfice, diarrhée spontanée qui soulage. Il [Claude] fut délivré du premier danger [le poison] par un bénéfice de ventre, rERROT d'abl. Tacite, 396. || Bénéfice de la loi, avantage que la loi présente et dont on peut user. Profiter du bénéfice de la loi. Ne leur ôtons point la liberté de conscience dont ils jouissent par le bénéfice des édits, balz. Liv. vi, lell. 7. Ce consul soutenait qu'il était impossible de maintenir la

BÉN

paix et l'union entre les citoyens d'un Etat libre, si, par le bénéfice de la loi, on ne rapprochait la condition des pauvres de celle des riches, vertot, Révol. rom. m, p. 283. || Terme de droit. Bénéfice d'inventaire, faveur accordée à l'héritier, parles lois, de n'être chargé des dettes du mort, qu'à proportion de ce qu'il hérite; ce qui se vérifie par l'inventaire. Accepter une succession sous bénéfice d'inventaire. || Fig. Un païen, qui sentait quelque peu le fagot, Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, la font. Fabl. iv, 49. || Bénéfice de cession, grâce qu'on accorde aux débiteurs insolvables, par laquelle ils demeurent libres en cédant tout ce qui leur reste de biens Meurs créanciers. || Bénéfice d'âge, dispense qui s'obtient pour posséder un office, ou pour régir son bien, avant l'âge marqué par les lois. || 8" Dans l'histoire du moyen âge, partie des terres conquises dans les Gaules qui fut distribuée par les princes barbares entre les principaux de leurs hommes. Le bénéfice était donné à vie, et ainsi nommé parce que le donataire le possédait par la libéralité et le bienfait du donateur. Le bénéfice, étant devenu héréditaire, se transforma en fief. || 3° Charge spirituelle, accompagnée d'un certain revenu, que l'Église donne à un homme qui est tonsuré ou dans les ordres, afin de servir Dieu et l'Église. Les évêchés, abbayes, cures, chanoinies, chapelles, prieurés, sont les divers genres de bénéfices. J'obtins un petit bénéfice de campagne pour mon aumônier, hamilt. Gramm. 8. Se faisait abbé qui pouvait; j'entends abbé à bénéfice, id. te. 2. || Bénéfice à charge d'âmes, celui qui oblige à être prêtre, et où l'on est chargé de la direction des âmes. Les évêchés, les cures, les abbayes régulières, les premières dignités des chapitres sont des bénéfices à charge d'âmes. || Fig. Il faut prendre le bénéfice avec les charges, c'est-à-dire, quand une chose est avantageuse, il ne faut pas, on ne peut en laisser les charges ou les inconvénients, et n'en prendre que les avantages. || Bénéfice consistorial, celui qui, étant à la nomination du roi, devait être proposé dans le consistoire de Borne. || Bénéfice simple ou à simple tonsure, bénéfice n'ayant pas charge d'âme et pouvant être possédé par un clerc tonsuré, qui n'a d'autre obligation que de dire son bréviaire. || Bénéfice en titre ou en règle, celui qui est possédé par un religieux. || Bénéfice manuel, bénéfice dépendant d'une abbaye et qu'on envoie desservir par un religieux amovible au gré du supérieur. || Bénéfice sécularisé, bénéfice qui, par dispense du pape, peut être possédé en commende par des séculiers. || Fig. Il n'a ni office ni bénéfice, se dit d'un homme qui est obligé de vivre du travail de ses mains. || Lieu de résidence du titulaire. Que fais-tu cependant seul en ton bénéfice? boil. Épit. 2. || 4" Gain, profit. Bénéfices trèsconsidérables. 11 a réalisé son bien avec bénéfice. Il ne faut pas faire du bien pour en tirer bénéfice. Rechercher un bénéfice licite. Les bénéfices de l'entrepreneur, du banquier, jj Bepréseutatiou à bénéfice, représentation dont le produit est abandonné par le théâtre à un comédien , à un auteur, etc. || 6° Nom que les Juifs d'Amsterdam donnent aux diamants de rebut. || Proverbe. Les chevaux courent les bénéfices, et les ânes les attrapent, c'est-à-dire il arrive souvent que des gens obtiennent ce qu'ils ne méritent pas.

— HIST. xiii' s. Cil qui de soi estoit mauves out tost obliez les bénéfices que li empereres li out faiz, Rec. desllist. de France, t. vi, p. 448. Les bénéfices de sainte Esglise donne à bones persones et de nete vie, joinv. 30t. || xiv" s. Quel profit seroit-ce d'avoir tele bonne fortune qui ne feroit de bénéfice à autre? oresme, Elh. 228. Celui qui reçoit aucun bien ou bénéfice, il est mendre [moindre, inférieur] quant à celui qui le fait, id. ib. t23. ||xvi" s. Si les opinions estrangieres m'estoient présentes par le bénéfice de la mémoire, «ont. I, 34. Celle que je doibs au bénéfice de ma cholique, ce n'est ny chasteté ny tempérance, id. m, 273. Ceulx qui courent un bénéfice ou un lièvre ne courent pas , m. iv, 1 60. Le sénat ne voulut point que ce personnage retournast par la grâce et le bénéfice du peuple, amyot, Cor. 46. Il suffit que nous monstrions avoir souvenance de son bénéfice [bienfait], id. Cimon, 6.

— ÉTYM. Provenç. benefici; espagn. beneficio; ital. benefizio; de beneficium, de bene, bien (voy. bien, adv.)e\.facere, faire.

t BÉNÉFICENCE (bé-né-fi-san-s') , s.f. Synonyme peu usité de bienfaisance. L'autre, un peu plus fort, est un prix de bénéficencei J. J. bouss, Hél. vi, 10.

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