‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 195 sur 403 · BIB · texte numérisé non relu

BIB

de (iîgXoc, écorce do papyrus, et, par extension, papier, livre. Bible est du féminin parce que c'est, dans l'ancien français, le genre des noms collectifs qui dérivent d'un pluriel neutre latin : gesta, gestorum, une geste; mirabilia, une merveille; animalia, aumaille, etc.

t BIBLIATRIQUE [(bi-bli-a-tri-k'), s. f. Art de restaurer les livres.

— ETYM. Mot formé 'par Boissonade, de (iiCXiov, livre (voy. bible), et lavpixii, médecine.

BIBLIOGRAPHE (bi-bli-o-gra-f) , s. m. Celui qui est versé dans la connaissance des livres, par rapport a l'édition, au papier, au caractère, et qui peut aussi en faire la description.

— ÊTYM. BieXioYpâeo;, de piëXiov, livre (voy. bible), et Ypiçeiv , décrire (voy. graphique).

BIBLIOGRAPHIE (bi-bli-o-gra-fie), i. f. || 1° Connaissances qui font le bibliographe. || 2* Notice des écrits relatifs à un sujet donné. À son traité sur l'hypocondrie il a joint une bibliographie fort exacte.

— ÊTYM. BiSXioYpaçta, de piêXiOYpâço;, bibliographe.

BIBLIOGRAPHIQUE (bi-bli-o-gra-fi-k') , adj. Qui appartient à la bibliographie.

t BIBLIOMANCIE (bi-bli-o-man-sie) , s. f. Divination qui se pratiquait en ouvrant un livre au hasard.

— ÊTYM. BiêXEov, livre (voy. bible), et u.avreia, divination.

BIBLIOMANE'(bi-bli-o-ma-n'), s. m. Celui qui a la passion des livres et surtout des livres rares, des belles éditions, etc.

— ÊTYM. BiSXCov , livre (voy. bible), et u,a£vea8at, être fou (voy. manie).

fBIBLIOMANIAQUE (bi-bli-o-ma-ni-a-k'),odj. Qui tient de la bibliomanie. Auriez-vous cru que la fureur bibliomaniaque pût aller jusque-là? p. l. cour. Lett. I, 324.

BIBLIOMANIE (bi-bli-o-ma-nie) , *. f. Passion excessive des livres.

BIBLIOPHILE (bi-bli-o-fi-1') , s.m. Celui qui aime et recherche les livres.

— étym. Bi6Xiov, livre (voy. bible), et çïXo;, ami (voy. filtre).

f BIBLIOPHILIE (hi-bli-o-fi-lie), s. f. Amour des livres.

BIBLIOTHÉCAIRE (bi-bli-o-tè-kê-r'), s. m. Celui qui est préposé aune bibliothèque.

— HIST. xvi* s. Et d'autant plus grande a esté la vilainie du bibliothécaire du pape, Auguste Steuche, lequel a esté si effronté de se faire advocat d'une cause si désespérée, calv. Inst. 982.

— ÊTYM. Bibliothecarius , de bibliotheca, bibliothèque.

BIBLIOTHÈQUE (bi-bli-o-tè-k'), s. f. || i* Collection de livres. Il a une très-belle bibliothèque. La bibliothèque royale, déjà nombreuse, s'enrichit, sous Louis XIV, de plus de trente mille volumes, volt. Louis XIV, 3t. || 2* Tablettes où les livres sont placés et rangés. Une bibliothèque en chêne. || 3° Lieu qui sert de dépôt aux livres. Il passe tous les jours plusieurs heures à la bibliothèque.

— ÉTYM. Bibliotheca, de fïi6Xio6r)xy| , de BiSXîov, livre (voy. bible), et 8r,xri, lieu de dépôt, de xiOévai, placer (voy. thèse). Autrefois, au lieu de bibliothèque, on disait librairie : la librairie du roi Charles V.

BIBLIQUE (bi-bli-k'), adj. Qui appartient, qui est propre à la Bible. || Style biblique, style imitant la simplicité et les figures hardies de la Bible, ou, en mauvaise part , imitation défectueuse de ce même style. || Société biblique, société qui a pour but de répandre des exemplaires et des traductions de la Bible.

— ETYM. Bible.

tBIBLISTIQUE(bi-bli-sti-k'), s. f. Connaissance

des diverses éditions de la Bible.

— ÉTYM. Bible.

t BIBREUIL (bi-breull, Il mouillées), t. m. L'un des noms vulgaires de la berce, plante.

BIBUS (bi-bus'), t. m. Terme de mépris, employé uniquement dans la locution de bibus, qui signifie sans valeur, sans importance. C'est une affaire de bibus. Ce sont des raisons de bibus. Princesse, quittez donc logogriphe et rébus; Ce sont les vains efforts des esprits de bibus, chaulieu, à Mme de Conti. Ils se seraient coupé la gorge pour quelques querelles de bibus, volt. Lett. d'Argental, 47 janv. 1765.

— ÉTYM. Origine ignorée. Cependant comparez l'ancien français bibete : xv* siècle : Par une bibete de feu qui monta au plus haut de la grange, le feu

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se y print, du cange, bibeta. Voyez aussi la locution populaire, un vieux bibon, pour un barbon. Y aurait-il dans ces mots un radical bib à sens péjoratif?

t BICAPSULAIRE (bi-ka-psu-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui est formé par la réunion de deux capsules ou carpelles.

— ÉTYM. Bi pour bis (voy. bis) , et capsule.

t BICARBONATE (bi-kar-bo-na-f), s. m. Terme de chimie. Sel daas lequel l'acide carbonique est double de celui qui est dans le carbonate neutre. Du bicarbonate de soude.

— ÊTYM. Bi pour bis (voy. Bis), et carbonate. fBICARBONÉ, ËE (bi-kar-bo-né, née), adj.

Terme de chimie. Qui contient deux proportions de carbone. Le gaz d'éclairage est de l'hydrogène bicarboné.

— ÊTYM. Voy. BICARBONATE.

t BICARBURE (bi-kar-bu-r'), ». m. Terme de chimie. Combinaison où la quantité de carbone est le double de celle qui entre dans le carbure. Le gaz d'éclairage est un bicarbure d'hydrogène.

fBICARÉNÉ, ÉE (bi-ka-ré-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre deux carènes ou saillies longitudinales.

— ëtym. Bipour bis (voy. bis), et carène. fBICAUDÉ, ÉE (bi-kô-dé, dée), adj. Termo

d'histoire naturelle. Qui a deux queues ou deux appendices en forme de queue.

— étym. Bi pour bts (voy. bis), et cauda, queue (voy. queue).

BICEPS (bi-sèps') , adj. Terme d'anatomie. Qui a deux têtes; nom de deux muscles qui ont chacun deux attaches à leur partie supérieure. || Substantivement, le biceps.

— hist. xvi* s. Le muscle biceps ou à deux testes de la cuisse, paré, iv, 37.

— étym. Biceps, de bi pour bis (voy. bis), et caput, tète (voy. chef).

t BICÊTRE (bi-sê-tr'), s. m. Lieu, près Paris, où était un château. Ses yeux bordés de rouge, égarés, semblaient être L'un à Montmartre et l'autre au château deBicêtre, Régnier, Sat. x. || Établissement d'aliénés qui est à Bicètre. Envoyer un fou à Bicêtre. Il est bon à mettre à Bicêtre.Un échappé de Bicêtre, un homme déraisonnable.

— ÉTYM. Winchester, nom d'un personnage anglais qui, dans le xiv* siècle, posséda ce château.

4. BICHE (bi-ch'), s. f. La femelle du cerf. || Familièrement. Terme d'amitié qui se dit entre jeunes filles. Ma biche. Ma petite biche. || Pied-de-biche, instrument de dentiste; et aussi nom de divers instruments ou objets dont l'extrémité est recourbée comme le pied d'une biche. || Pied-de-biche, eu termes de peinture, pinceau de poils courts qui sert à lisser la couleur et particulièrement les fonds de couleur sur porcelaine. || Au plur. Des pieds-debiche. || Dans le blason, la biche se distingue en ce qu'elle n'a point de ramure.

— HIST. xii* s. Assez out Rous bel sojorner, Kar mainte bisse et maint sengler Prist, quant lui plout aler chacier, benoît, Chron. 4987. || xm* s. Chievrels ne dains, bisce ne cers, Parlonop. 622. Et Angleterre et toz les pors, Où il a tant bisches et pors, Lai du conseil. Les euz [yeuxjot gros comme une lische, Des oreilles resembloit bische, Ben. 22764. || xiv* s. Et quant vint al cief de sept ans, Si fu le bos creuset grans, Ciers y mit et bisses, et dains, Philippe mousses, dans du cange, bisse. || xv' s. Foy ne luy doy ne hommage avecque; Je ne suis son serf, ne sa biche, Villon, Gd. Testant. Les quelz chiens estoient après un grant cerf, une bische et un petit bichat, du cange, bicha. || xvi's. Une biche qui avoit freschement fait son fan, amyot, Sertor. 4 5.

— ÉTYM. Wallon bih; provenç. mod. bicho; piémont. becia. Il y a bique, femelle du bouc, dont biche ne serait qu'une autre prononciation, si une des anciennes formes (bisse) ne s'y opposait. On a aussi proposé l'ancien français ibiche, chamois (du latin ibex) ; mais la suppression de l'i initial est difficile à admettre. Cette difficulté ne se présente pas pour l'allemand Bette, anglais bitch, chienne (on sait que les noms d'animaux permutent facilement). X la vérité, l'anglo-saxon dit bicce, et l'ancien Scandinave bïfckia, formes mal conciliables avec la forme bisse et qui supposent plutôt biche. Enfin il faut faire entrer en ligne de compte l'ancien français biche ou bisse, conservé dans le blason, et qui signifie serpent. On peut croire que là est la solution de la difficulté, et que biche femelle du cerf se rapporte sans doute à bique, peut-être à l'anglais bitch, mais que l'assimilation, si fréquente dans les langues, a produit

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u ne confusion entre biche, femelle du cerf, etbi'wa, serpent; si bien que les deux formes se sont mélangées dans le parler et dans l'écriture.

t 2. BICHE (bi-ch'), s. f. Terme de blason, serpent (voy. bisse).

| 3. BICHE s. m. Sorte do chien, de petit barbet.

— ÉTYM. Contraction de babiche ou barbiche. f.BICHET (biche), s. m. Ancienne mesure de

capacité pour le blé et pour d'autres grains, variable suivant les provinces.

— ÉTYM. Bas-lat. bichetus, bichotus, bicheta, qui se rattache au bas-lat. bicarium, vase, coupe, calice; à Vital, bicchiere, gobelet; de l'allem. Bêcher, vase; ancien nord, bikar, ancien haut-allemand, prhhar (d'où l'ancien français pichcr, pichier, l'espagnol pichel, et l'italien pechero). Le mot germanique lui-même ne paraît pas indigène, et il est sans doute emprunté au grec pixo;, sorte de vase.

f 2. BICHET (biche) , s. m. L'un des noms du rocou, substance qui sert à la teinture.

f4.BICHETTE (bi-chè-f), s. f. Petite btche, mot qui ne se dit que comme terme d'amitié, et entre jeunes filles. Ma bichette, allons nous promener. || On l'attribue souvent aussi, dans les comédies, aux vieillards ou aux sots amoureux. Qu'est-ce que tu dis, bichette ? cogniard frères , Gustnan ne connaît plus, n, 40.

f 2. BICHETTE (bi-chè-f), s. f. Terme de pêche. Espèce de filet monté sur deux perches courbes.

BICHON, ONNE (bi-chon, cho-n'), s. m. et f. Dit aussi chien de Malte. C'est un double métis qui vient du petit épagneuletdu petitbarbet, buff. Chien. || Familièrement. Terme d'amitié qui se dit à un enfant ou d'un enfant. Viens ici, mon bichon. Le petit bichon.

— Étym. Contraction de barbichon.

BICHONNÉ, ÉE (bi-cho-né, née), part, passe.

Tête bichonnée.

BICHONNER (bi-cho-né), v. a. || 1* Friser comme un bichon. ||2° Fig. Attifer, pomponner. Elle aime à bichonner sa petite fille. || 3° Se bichonner, v. rêfl. Il est ridicule qu'un jeune homme passe une heure à se bichonner.

— rem. Bichonner n'est ni dans Furetière, ni dans Richelet ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie.

— ÉTYM. Bichon.

fBICIPITAL, ALE (bi-si-pi-tal, ta-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au muscle biceps. Les tendons bicipitaux.

— ÉTYM. Biceps.

|B1CIP1TÉ, ÉE (bi-si-pi-té, tée), adj. Terme didactique. Qui offre deux têtes ou sommets.

— ÉTYM. Biceps.

fBICLAVÉ, ÉE (bi-kla-vé, vée), adj. Qui offre deux saillies en forme de clous.

— ÉTYM. Bi pour bis (voy. bis), et clavus, clou (voy. clou).

\ BICOLORE (bi-ko-lo-r") , adj. Terme didactique. Qui offre deux couleurs.

— ÉTYM. Bi pour bis, et color (voy. couleur).

f BICONCAVE (bi-kon-ka-v'), adj. Terme didactique. Qui offre deux faces concaves opposées.

— ÉTYM. Bi pour bis, et concave.

f BICONVEXE (bi-kon-vè-ks'), adj. Terme didactique. Qui offre deux faces convexes opposées. Verre, lentille biconvexe.

— ÉTYM. Bi pour bis , et convexe.

f BICOQ (bi-kok') s. m. Pièce de bois qui sert à soutenir la machine dite chèvre employée pour élever les fardeaux.

— ÉTYM. Comme cette pièce de bois se dit aussi pied de chèvre, on peut croire que bicoq est une fausse orthographe pour bicot ou biquet, petit chevreau.

BICOQUE (bi-ko-k'), s. f. || 1° Place mal fortifiée. Vendôme amusait le roi de bicoques emportées, de succès de 300 ou 400 hommes, st-sim. 4 20, 63. On peut être longtemps devant une bicoque, sév. 168. || 2° Petite ville. L'empereur ne se fia pas assez à la raison du divin Platon, pour lui donner le gouvernement d'une bicoque, fontenelle, Sen. et Scarr. || 3° Fig. Maison chétive. Il n'a acheté qu'une bicoque.

— ÉTYM. Bas-lat. bichocha, bicoca, bicocha; de Vital, bicocca, petit château situé sur une hauteur; espap:n. bicoca, guérite.

t BICORDË, ÉE (bi-kor-dé, dée), adj. Terme didactique. Qui offre deux échancrures en forme de cœur de cartes à jouer.

— étym. Bi pour bis, et cor, cordis, cœur (voy. cœur).

t BICORNE (bi-kor-n'), adj. || i° Terme didactique. \jui adeux cornes. || a* Terme d'anatomie. Utérus bi-

corne, celui de la plupart des mammifères, excepté l'homme, la plupart des singes, les tardi grades et les édentés.

— hist. xv s. Quiconques fait bicornes [sorte de cuve] àBourges.... ducange, bicorna.

— étym. Bicornis, de bi pour bis, et cornu (voy. corne).

fBICOUDÉ, ÉE (bi-kou-dé), adj. Terme didactique. Qui est coudé deux fois.

— Étym. Btpour bis, et coude.

fBICUSPIDË, ÉE (bi-ku-spi-dé, dée), adj. Terme

didactique. Qui offre deux pointes.

— ÉTYM. Bi pour bis, etcuspis, pointe.

t BIDAUCT (bi-dôkf) , s. m. Suie de cheminée que les teinturiers emploient. ]| On trouve aussi dans les dictionnaires, bidaneî, qui paraît être une faute typographique.

t BIDENT (bi-dan), s. m. Fourche à deux dents.

— ÉTYM. Bidens, de 6» pour bis, et dens (voy. dent).

t BIDENTÉ, ÉE (bi-dan-té, tée), adj. Terme didactique. Qui a deux dents.

— ÉTYM. Bident.

BIDET (bi-dè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel V* se lie : les bidets et les cavaliers, dites: les bi-dè-z et.... Bidets rime avec traits, succès, jamais), *. m. || 1" Cheval ordinairement de petite taille , spécialement destiné à porter un cavaber dans les voyages. Bidet de poste, bidet pour les courriers. Bidet d'allure, bidet souvent dressé à l'amble. Bidet trotteur. Double bidet, bidet plus grand et plus renforcé que les bidets ordinaires. Convaincu qu'un bidet fait vingt milles en moins d'une heure, hamilt. Gramm. 44. II [Louis XV] commençait à monter un petit bidet, et il demanda au roi la permission d'y aller [ à la revue des gendarmes ] , stsihon, 403,202. || Familièrement et fig. Pousser son bidet, faire ses affaires, ne pas se déconcerter. Poussez votre bidet, vousdis-je, et laissezfaire, mol. l'Étourd. i, 2. Monseigneur mort, le duc du Maine n'eut plus affaire qu'à monseigneur le duc de Bourgogne ; c'était beaucoup trop ; mais pourquoi ne pas espérer d'en voir la fin comme il voyait celle du père, et en attendant pousser son bidet? st-simon , 296 , bo. || a* Meuble de garde-robe dans lequel est enfermée une cuvette longue sur laquelle on peut s'asseoir à califourchon.il 3°Sorted'étau, établi de menuisier. || Instrument de bois sur lequel le cirier travaille la cire. || 4" Charger le bidet, se dit au trictrac pour mettre un grand nombre de dames sur une flèche.

— HIST. xvi" s. Il accommode 30 hommes en pèlerins, qui, aiant esté à leur dévotion, tirent de petites dagues; car ils avoient laissé les grandes à la porte, et avec quelques biddets [sorte d'arme] saisissent le gouverneur, d'aub. Uist. n, 4 70. Comme sont les pistoles, pistolets, petits bidets, et autres semblables, petits lézards et scorpions, que l'on peut aisément cacher dedans ses chausses, paré, ix, Préf.

— ÉTYM. L'italien bidetto, l'anglais biddy viennent du français, qui a pour origine, d'après Diez, le celtique : gaél. bideach, très-petit, bidet», petite créature; kymri, bidan, homme faible. On voit qu'au xvi* siècle bidet signifiait une sorte d'arme.

tBIDIGITÉ,ÉE (bi-di-ji-té,tée) , adj. Termedidactique. Qui a deux doigts ou qui se partage en deux digitations.'

— ÉTYM. Bt pour bis, et digitus (voy. doigt). BIDON (bi-don), *. m. Broc de bois qui contient

environ cinq litres. || Vase portatif, en fer-blanc, propre à contenir de l'eau ou tout autre bquide à l'usage des soldats. || Vaisseau de bois, où l'on met, sur mer, la boisson des matelots. || Vaisseau en ferblanc qui sert à mettre l'huile à brûler. || Nom donné, dans les usines à fer du nord de la France, à des plaques qui sont le résultat du dégrossissage des barres destinées à faire de la tôle.

— ÉTYM. Diez est porté à croire que dans bidon le radical est le même que dans bedon, un vase étant comparé à une panse.

BIEF (bié ; quelques-uns prononcent bief), *. m. Voy. biez.

t BIELLE (biè-1'), s.f. Terme de mécanique. Tige rigide qui sert à communiquer le mouvement entre deux pièces écartées ; par exemple, la perche qui est attachée au bras de deux manivelles force l'une à tourner quand l'autre est mise en mouvement; cette perche est une bielle.

4. BIEN (biin; l'n ne se lie jamais: ce bien est à moi, dites : ce biin est à moi, en donnant à biin la nasalité qui est dans in-digne, et non ce biin-n est à moi), s. m. \\ 1° Ce qui est juste, honnête. Le bien et le beau. Le bien et la justice régnaient alors. Faire le bien. Se porter au bien. Il pratiqua le bien toute

sa vie. Puissance pour le bien comme pour le mal. Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons pas, Arnauld, c'est la honte du bien , boil. Éptlre, m. Cette sagesse timide qui ne veut pas assurer que le bien soit bien, balz. Livr.vi, lett. 3. J'imagine à peine quelle sorte de bonté peut avoir un livre qui ne porte point ses lecteurs au bien , j. i. rouss. Bel. n, 48 || Homme de bien, gens de bien, homme, gens d'une probité éprouvée, d'une véritable vertu. || Femme de bien, femme dont la fidélité conjugale est irréprochable. || Terme de métaphysique. Le souverain bien, le bien absolu, celui qui est infini en prix et en durée, et Dieu. î moins que de traiter de l'immortalité de l'âme ou du souverain bien, voit. Lettr. 64 . || 2° Ce qui est dans la règle ou dans la convenance. Il y a du bien, il y a du mal dans cet ouvrage. L'ignorant ne trouve rien de bien que ce qu'il fait lui-même. || 3" Ce qui est utile, avantageux, agréable. Pays fertile et abondant en toutes sortes de biens, vaugel. Q. C. 287. Un homme auquel vous avez fait tant de biens et à qui vous en avez enseigné encore davantage, voit. Lettr. 43. La vie est courte et ennuyeuse ; elle se passe toute à désirer ; l'on remet à l'avenir son repos et ses joies, à cet âge souvent où les meilleurs biens ont déjà disparu, la santé et la jeunesse, labruy. 4 4. Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui devient facile se rend suspecte, id. ib. Cet hyménée Était un bien suprême à mon âme étonnée, volt. Zaïre, ni, «. C'est le premier des biens pour mon âme attendrie, id. Fanât. n,5. Le trépas est un bien qui finit nos misères, id. Dis. de Lisbonne. Nous rendredans le bien, de plaisirs incapables, la font. Fabl. H, 43. Et le bien d'être libre aisément vous console De ce qu'a d'injustice un manque de parole, corn. Nicom. i, 2. Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir, id. Cid, in, 4. Si le bien do vous voir m'était moins précieux, id. Ateom. n, 2. Pour rendre à l' Aragon le bien de sa présence, id. D. San.\, 3. Je ferais exprès ce voyage pour avoir le bien de vous embrasser, balz. liv. vi, lett. 2. Le dessein qu'a pris notre société pour le bien de la religion est de ne rebuter personne, pasc. Prov. 8. Il serait utile au bien de la paix de représenter ces actes, boss. Aut. eccl. En leur donnant [aux rois] sa ] puissance, il [Dieu] leur commande d'en user comme il fait lui-même, pour le bien du monde, id. Reine cVAnglet. J'ai le bien d'être de vos voisins, mol. Éc. des mar. i, 6. M. de Noyon n'en eut que le bien devant Dieu [de s'être réconcilié avec M. de Caumartin] et l'honneur devant le monde, st-sim. 24, 27. || Avoir le bien, locution de politesse, en place de laquelle on dit plutôt aujourd'hui avoir l'avantage. Il s'est dit grand chasseur et nous a priés tous Qu'il pût avoir le bien de courir avec nous, mol. Fdch. n, 7. || Le bien public, l'utilité générale. Point de bien public auquel il ne se sacrifie, mass. Con- (êr. Sacerdoce. L'amour du bien public empêchait le repos; Les chefs encourageaient chacun par leur exemple, la font. Captivité de St. Malc. || Les biens du corps, la santé, la force. Les biens de l'âme, les vertus. Les biens de l'esprit, les talents. || Les biens temporels, les biens de ce monde, se dit par opposition aux biens éternels, c'est-à-dire ceux dont on jouit pour toujours dans une autre vie. || Les biens de la terre, les productions du sol. Ce temps est contraire aux biens de la terre. || Sentir son bien, avoir des sentiments dignes de sa naissance. Et Rominagrobis même ne saurait avoir meilleure mine et ne sentirait pas mieux son bien, voit. Lettr. 4 53. Locution qui a vieilli. || Faire du bien à quelqu'un, le secourir, lui rendre service. 11 est en votre pouvoir de faire du bien à une personne qui vous en demande, voit. Lettr. 60. Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien.... la bruy. 4. Il ne cesse de faire du bien à ses citoyens, boss. Bist. n, 6. Et qui fait bien à tous peut dormir sûrement, rotr. Bélis. u,7. C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font, corn. Cinna, II, 4. Votre Majesté ne se ferait pas grand tort, si elle me faisait un peu de bien, scarron, DonJaphet, Éptlre au roi. || Faire du bien à quelque chose, en procurer le développe* ment, la prospérité. La paix fera du bien au commerce. Ce manquement de liberté ne ferait pas du bien à leur censure, pasc. Prov. 3. || Faire du bien, ayant pour sujet un nom de chose, être utile. Ce voyage lui a fait beaucoup de bien, a été utile à sa santé. Cette action lui a fait du bien, lui a donné

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de la considération, du crédit. || Dire du bien do quelqu'un, d'un ouvrage, en parler avec é Cela est assez ridicule que je dise tant de bien de ma fille, sév. 2. Son frère lui a dit du bien de votre slyle, m. 4 44. J'avais dit beaucoup de bien de son cœur, m. 364. On m'a dit cent mille biens de vous, id. 27. Des gens qui lui en ont dit des biens , id. 450. On disait à Diogène du jeune homme tous les biens imaginables, fén. Diog. || Vouloir du bien à quelqu'un, vouloir le bien de quelqu'un, être bien disposé en sa faveur. Vous voulez du bien à ceux qui prennent ce soin, mol. Sicilien, 7. 11 faut briguer la faveur de ceux à qui l'on veut du bien, plutôt que de ceux de qui l'on espère du bien, la bruy. 4. || On dit qu'une dame veut du bien à quelqu'un, quand elle a pour lui un sentiment tendre. || 4° A bien, loc. adv. D'une façon qui réussit. Mener une entreprise à bien, faire qu'elle réussisse. Aller à bien, venir à bien, se terminer à bien, réussir. Puisse cette action se terminer à bien, mol. le Dép. m, 4. La chose allait à bien par son soin diligent, la font. Fabl. vu, 4 0. Moyennant Dieu, l'enfant viendrait à bien, id. Herm. || Mettre à bien, s'est dit quelquefois ironiquement pour séduire, eu parlant d'une femme. Encor faut-il du temps pour mettre un cœur à bien, la font. Joc. || 5° En bien, locut. adverb. Avec honnêteté. On ne trompe point en bien, et la fourberie ajoute la malice au mensonge, la brdy. 44. || En bien, d'une façon favorable. Prendre en bien, interpréter favorablement. Changement en bien. Ne citer ni en bien ni en mal. Ce mot peut être pris en bien comme en mal. || En tout bien, tout honneur, c'est-à-dire à bonne fin, à bimne intention. || Pour le bien, locution familière signifiant à bonnes intentions. Il a fait cela pour le bien. Toute feinte est sujet de scrupule à des saints; Ce qu'ils font pour un bien leur semble être une oflense, la font. Captivité de St-Malc. || 6° Bienfait. Pour tant de biens il commande qu'on l'aime, bac. Âthal. i, 4. Le bien qu'on croit caché sort de la nuit obscure, Et le ciel tôt ou tard le paye avec usure, ducis, Abufar, m, 6. || 7° Ce qui appartient en propre à quelqu'un, tout ce qu'on possède. Bien patrimonial. Les biens meubles et immeubles. On convie, on invite, on offre sa maison, sa table, son bien et ses services : rien ne coûte qu'à tenir parole, la bruy. 4. Le prodigue de l'Evangile, qui veut avoir son partage, qui veut jouir de soi-même et des biens que son père lui a donnés, boss. Annede Crins. Lorsque l'on a du bien, mol. Éc. des mar.i, 2. Clitie avait aussi beaucoup de bien, la font. Fauc. Telles je les croirai quand ils auront du bien, Régnier, Sat. ix. L'embarras était le bien ; j'en avais grand besoin pour nettoyer le mien, st-sim. 46, 4 68. Un rival odieux, Seigneur, vousenlevait le bien de vos aïeux, volt. Tancr.m, 3. Les saints recommandent aux riches de partager avec les pauvres les biens de la terre, s'ils veulent posséder avec, eux les biens du ciel, pasc. l'rov. 4 6. || Par extension. L'Attique est votre bien.... rac. Phèd. n, 2. Ma vie est votre bien , id. Baj. n , 4 . Rome est à vous , seigneur , l'empire est votre bien, corn. Cinna, n, 4. Nos libertés, nos jours ne sont pas votre bien, m. j. chén. Œdipe roi, m, 2. || Bien de campagne, ou, absolument, bien, propriété rurale. Clitie À cinq cents pas de cette métairie Avait du bien, la font. Fane. || Familièrement. Avoir du bien au soleil, avoir des terres, des biens-fonds, des maisons. || En termes de mer, le navire a péri corps et biens, c'est-à-dire la cargaison et les hommes ont péri. || Proverbes. Nul bien sans peine. || Le mieux est l'ennemi du bien, c'est-à-dire on risque de gâter un ouvrage, une situation, en essayant trop de l'améliorer.

— hist. xie s. Serez ses hom [son homme] par honur et par ben, Ch. de Roi. m. Ne ben ne mal [il] ne respont [à] son neveu, t'6. xv. Deus, se lui plaist, à bien nous le mercie, ib. xxxvm. Ensemble [nous] aurons et le ben et le mal, ib. clvii. || xii' s. Paramistié et par bien, [je] vous commande, Ronc. p. 4 30. Puisqu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé, Couci, m. Les biens d'amour que j'ai atendus tant, t'6. xni. Douce dame, d'orgueil vous défendez, Ne trahissez vos biens [qualités] ne vos beautez, t'6. xiv. Quant plus me truis [je me trouve] pensis et esgaré, Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine, t'6. Un petiz biens vaut mieux, si Diex me voie, Qu'on fait courtoisement Que cent greignor fait envieusement ib. xvi. S'avec ces biens [beauté et courtoisie] [vous] acueilliez félonie, t'6. xxi. [Je]N'enoi[ouis]nului parler qui moult de bien n'en die , Sax. vu. El tuen bien plaisir sera exalced li notre corz [corne] , Liber psalm. p. 4 27. || xw? s. Et de faire tout bien [elle] fu en grant

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convoitise, Berte, vi. Qui de bien est venus, drois est qu'à bien retraie, ib. vin. Dame, ce distTybers, grans biens vousest venus, t'6. xxiv. Et qu'à force [elle] leur tout [enlève] leur biens et leur richoise, t'6. lxii. Quant [elle] parti de ma terre, de tous biens [qualités] estoit pleine, t'6. i.xxiv. [Dieu] Qui vous rende les biens que vous fais nous avez, t'6. cxxxil. Car, amis, [je] ne prise une prune Contre ami les biens de fortune, la Rose, 8141. En tele manière se pot on entremetre d'autrui service, tout n'i pensast on fors qu'à bien, beaum. xxix, 4 2. Pour ce que il cuidoient avoir bien [récompense], il descendirent à pié, et l'alerent saluer là où il chaçoit aus bestes sauvages, ioinv. 235. || xiv" s. Instruments desquex l'on se peut aidier et en user en bien, oresme, Eth. 21. Jà soit ce que les biens de fortune ont aucune foiz mestier; et s'en aide l'en en aucunes nobles operacions, id. t'6. 2i. Bien est ce que toutes choses désirent, id. t'6. 2. Ainsi doit dire cuer qui à bien veult penser, Et c'est toute la fin où li bons doit penser, Guescl. 45478. || xv" s. L'endemain il fit faire et appareiller instruments et engins, pour plus fort assaillir le chastel, et bien dit qu'il ne s'en partirait pour bien ni pour mal, si l'auroit à sa volonté, froiss. i, i, 449. Sainte Marie, dis-je au chevalier, que vos paroles me sont agréables et que elles me font grand bien, id. ii, m, 42. De celle chose s'enfelonna le duc de Berry sur le comte de Foix, etjn'en pouvoit le dit duc ouïr parler en bien devant lui, m. t'6. Grantbienme fait à m'y mirer, En actendant bonne espérance, ch. d'orl. Bal. 35. Qui bien fera, bien trouvera, id. Rondeau. Il voloit [voulait] du bien beaucoup au dict leur roy, nonobstant qu'ennemy feust à son cousin germain le roy Henry, chastel, Chron. des ducs de Bourg, n, ch. 46. Lequel, comme je croy, le fait pour vostre bien, et pour maintenir sa maison vive, id. t'6. h, ch. 27. Et certes, on ne peut trop honorer ne faire de bien à un vaillant homme d'armes ; car moult en est le mestier périlleux, Bouciq. n, ch. 4 9. Il fault dire du bien le bien, coquill. Plaid, de la simple. X tout quarante ou cinquante gentilz hommes de Savoye, gens de bien, comm. i, 3. Les hommes de bien et vertueux de cette avantgarde se tindrent ensemble, id. ii, 40. Tous deux avoient autreffois receu bien du roy, id. i, 4 2. || xvi* s. J'ay ung merveilleux regret d'avoir perdu le bien de les voir si tost que je le desirois, marg. Lelt. 84. La plupart des hommes attendent à faire des biens [aumônes, bonnes œuvres], lorsqu'ils se sentent assaillis de la mort, id. Nouv. lv. Se servir d'une chose au bien de sa cause, mont, i, 4 9. Ses biens furent confisqués, id. i, 39. Perdre son bien, id. I, 64. [Par sa mort] donner réputation en bien ou en mal à toute sa vie, id. i, 67. Des gents de bien, id. i, 4 28.

— ÊTYM. Provenç. ben, be; espagn. 6t'en;portug. bem; ital. bene. Bien ne peut pas venir de 6onum; à la vérité, dans le dialecte normand, 6onus avait donné buen, comme homo, huem, et cornes, cuens; mais il n'y a aucun exemple que cet « y ait été changé en t. Il vient donc de bene, adverbe, mais adverbe transformé par les langues romanes en un substantif et même, comme dans un exemple du xii' siècle Ipien plaisir), en un adjectif.

2. BIEN (biin; devant une voyelle ou une h muette, l'n se lie : bien honorable, bien écrire, dites : biè-n honorable, biè-n écrire; quelques-uns disent : biin-n honorable, biin-n écrire, en donnant à biin le son nasal de in dans indigne ; cela n'est pas bon ; la règle générale de ces prononciations, sauf exception, est donnée par vinaigre, vinai-gre , qui n'a pas souffert du mauvais usage) , adv. || 1° De la bonne manière.Très-bien, bien, àmerveille ! Très-bien, pour encourager. Voyageur bien vêtu. 11 a bien employé son temps. Vous ferez bien devenir. En cela, je crois avoir bien vu. Vivre bien. Cet habit lui va bien. Champ bien cultivé. Bien écrire. Statue fort bien faite. Homme bien né. Cet acteur dit fort bien. Une discerne pas bien la vérité. Bien agir avec quelqu'un. Se bien conduire. Une chose bien ou mal faite. Surtout il est instruit en l'art de bien régner, corn. Nicom. ii, 3. S'il est si bien instruit en l'art de commander, id. t'6. Bien camper, bien choisira chacun son emploi, id. Sertor. m, 2. Le monarque des dieux s'avisa pour bien faire.... la font. Fab. n , 8. Nous faisons donc bien de nous écrire, sêv. 210. Est-ce à moi que l'on parle? ai-je bien entendu? volt. Zaïre, m, 7. L'affaire est d'importance, et, bien considérée, Mérite en plein conseil d'être délibérée, corn. Cid, a, 9. Cet ordre, à bien parler, n'est que ce qu'il lui plaît, id. Nie. iv, 6, Ceux qui font bien mériteraient seuls d'être

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enviés, s'il n'y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux, la bruy. 4. Les hommes sont comme les plantes, qui ne croissent jamais heureusement, si elles ne sont bien cultivées, montesq. Lelt. pers. 422. || C'est bien fait, c'est-à-dire il a eu ce qu'il méritait. On l'a puni, c'est bien fait. || Aller bien, se bien porter. Le malade ne va pas bien. || Aller bien, prospérer, réussir. Le commencement va bien pour vous. Les affaires vont fort bien. Toutva-t-il bien? || Tourner bien, réussir. Suivant que cela tourne bien ou mal. || Venir bien, en parlant des plantes, croître et se développer. La vigne viendra bien à cette exposition. || 2° Beaucoup, fort, très, entièrement, tout à fait. Une lettre bien longue. Encore bien jeune. Cela est bien désirable pour nous. Chemin bien meilleur. Je suis bien malheureux. Il a parlé bien sévèrement. Ceux qui m'aiment bien. Connaître bien quelqu'un. Ce qu'il veut, il le veut bien. J'ai bien peur que.... Ils payeraient bien pour obtenir cela. Parmi les choses que j'ai à vous dire, vous saurez bien démêler ce qui vous est propre, boss. La Yallière. Rappelez bien plutôt ce cœur qui tant de fois M'a fait de mon devoir reconnaître la voix, rac. Bêrén. iv, 6. Je songe bien plutôt à me percer moi-même, id. Mitbr. v, 4. Quand ils vous accusaient, je les croyais bien moins, corn. Nicom. m, 8. Y va-t-il de l'honneur? y va-t-il de la vie? — Il y va de bien plus, id. Poly. i, 2. Êtes-vous pleinement content de votre gloire? Avezvous bien promis d'oublier ma mémoire? Mais ce n'est pas assez expier vos amours : Avez-vous bien promis de me haïr toujours? rac. Bérénice, v, 6. || Bien vendre, vendre à prix élevé. || C'est bien lui, c'est lui en effet, véritablement. || Vous voilà bien, le voilà bien, on vous reconnaît, on le reconnaît à cela. Il a donné son argent à ce pauvre; le voilà bien; c'est un si bon cœur. Il a cru ce que lui disait un charlatan; le voilà bien; il est si crédule. || 3° Environ, à peu près. On marcha bien quinze jours. Ces places étaient bien au nombre de trente. Étant bien âgé de vingt ans. || 4° X la vérité, en effet, formule de concession ; quelquefois dans un sens ironique, et quelquefois redondant. Ce sont bien là de bons philosophes, mais.... J'avais bien entendu dire.... J'ai bien dit que.... Je voudrais bien être clément, mais.... Je voudrais bien que.... Je sais fort bien que.... Je ne sais pas bien si.... Je vois bien que.... Je comprends bien cela. Le ciel a bien ce souci I Le peuple s'inquiète bien de cela I C'était bien à moi de venir les trouver ! C'était bien la peine de.. .. Je le veux bien. Dites bien à votre roi.... As-tu bien pu craindre que...? Quafid bien même il l'avouerait. Le dieu qu'il [Moïse] vous a montré a bien une autre puissance, boss. Hist. n, p. 463. Ne voyais-tu pas bien, quand je l'allais trouver Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver ? rac. Baj. IV, 7. De ce trait généreux serait-il bien capable? volt. Zaïre, v, 40. Le fameux Scipion le fut bien [lieutenant] de son frère, corn. Nicom. n, 3. Elle [Rome] peut bien souffrir en son libérateur Ce qu'elle a bien souffert en son premier auteur, id.

Hor. v, 3 La première, Qui, de le voir s'aven-

turant, Osa bien quitter sa tanière, la font. Fabl. n, 4. || 6* Cas où bien peut précéder son verbe. Comme bien vous savez. || Bien lui a pris de s'être retiré en toute hâte, heureusement pour lui il a eu l'idée de se retirer. Bien lui prit de son indifférence, hamilt. Gramm. 8. Cette tournure a cela de particulier qu'elle est obligatoire et qu'on ne peut dire : il lui prit bien de son .indifférence. || 6" Bien, dans le style élevé, semetparfoisen tête de la phrase, et alors le sujet se place après le verbe. Cette tournure a un peu vieilli; cependant elle est encore usitée, et, quand on l'emploie bien , elle fait bon effet. Bien sais-je que.... Bien semble être la mer une barre assez forte.... malh. ii, 42. Bien est-elle un soleil, et ses yeux adorables.... id. ii, 8. || 7° Dans le bien, conformément au bien. Ici 6ien a un emploi mixte, moitié substantif, moitié adverbe, emploi résultant de son origine commune avec 6t'cn substantif. Cela est bien. Croyez-vous que cela soit bien , ou croyez-vous cela bien? Ah! cela n'est pas Lien ! On trouve ceci bien et cela mal. || C'est bien, c'est fort bien, exprime l'adhésion, le consentement. C'est bien, je n'en veux pas savoir davantage. C'est bien, on fera ce que vous désirez. On s'en sert aussi ironiquement et par reproche : c'est bien, ne vous gênez pas. || C'est bien à vous de parler ainsi, à parler ainsi, il vous convient bien de.... Se dit par ironie et par reproche. || Impersonnellement, il est bien de ou que, il est juste, il est bienséant. Il est bien de garder le silence. 11 n'est pas bien que cette jeune fille sorte seule. || Tout est bien , les choses du monde

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lont ordonnées parraitoment. Ô malheureux mortels ! 3 terre déplorable ! Philosophes trompés qui criez : tout est bienl volt. Dés. de Lisbonne. Le vautour acharné sur sa timide proie De ses membres sanglants se repaît avec joie; Tout semble bien pour lui.... id. ib. || Cette personne est bien, elle est distinguée, d'une figure agréable. || Il est bien, il est en bonne santé. Depuis son séjour à la campagne, il est bien, il est très-bien. || Il est bien dans ses affaires, ou, simplement, il est bien, il a de la fortune. || Ironiquement. Nous voilà bien, le voilà bien, c'est-à-dire nous sommes, il est dans une situation embarrassante, fâcheuse. || Se trouver bien, être dans un bon état. Il s'est trouvé très-bien chez moi. || Se trouver bien, être dans un bon état de santé. |[ Se trouver bien de.... avoir à se louer, gagnera.... S'il se trouve bien d'un homme opulent.... la bruy. 43. || Être bien, vivre bien avec quelqu'un, en bonne intelligence, en faveur. Il aura su qu'Alcippe était bien avec vous, corn. le Ment, m, 3. [Il] L'avait vu plein de gloire et fortbien à la cour, id. D. San. v. J'apprends un bruit.... que nous ne sommes pas bien ensemble, boss. Letl. abb. 64. Timocrate commence à n'être plus si bien avecProtésilas, fén. Tél. xni. Il fit tout ce qu'il fallait pour me persuader qu'il était trop bien avec lui, id. ib. Vous êtes bien avec les puissances, la bruy. 9. C'est là le secret d'être bien auprès d'eux, mol. D. Gare, n, 4. Vous êtes bien auprès des deux princesses, id. les Am. i, 4. 11 (Léopold de Lorraine] a eu la prudence d'être toujours bien avec la France, volt. Louis XIV, 47. || Être bien avec soi-même, avoir la conscience tranquille. L'essentiel est d'être bien avec soi-même, volt. Lett. Richelieu, 25 mars 4 775. || Être bien ensemble, se dit, en un sens particulier, de deux personnes de sexe différent qui ont un commerce de galanterie. || Substantivement. On dit qu'avec Bélise il est du dernier bien, mol. Misanth. H, 5. ||8°Bien de avec l'article le, la, les, beaucoup de. Bien des gens. Avec bien du travail. Avec bien de l'esprit. Achever quelque chose avec bien de la peine. On mande à votre mari qu'il ait bien du soin de moi et qu'il m'enveloppe dans de la soie et du coton, voit. Lett. 24. On hasarde de perdre en voulant trop gagner, Bien des gens y sont pris.... la font. Fab. vu, 4. On fait sur ce sujet bien des récits bizarres; Il s'en faut défier; les esprits sont fort rares, andrieux, les Étourdis, ni, 4. Nous pouvons nous flatter avec bien de l'apparence, fléch. i, 6*. Il y a des causes générales qui ont mis bien des fois le genre humain à deux doigts de sa perte, montesq. Lett.pers.4 43. De tant de mariages, il naissait bien des enfants que l'on cherche encore en France, et que la misère, la famine et les maladies en ont fait disparaître, id. ib. 422. || Bien, en ce sens, suivi de la préposition de et d'un adjectif, avec un substantif exprimé ou sous-entendu, rejette l'article défini. Bien d'autres périls l'ont assailli. Vous verrez dans ce voyage bien de riches campagnes. Bien d'autres vous diront.... || 9° Bien et beau, loc. adv. Proprement, dans l'état où la chose se trouve, et, par une extension facile à comprendre, aussitôt, sur-lechamp. Un dogue de qui l'ordinaire Était un pain entier ; il fallait bien et beau Donner cet animal au seigneur du village, la font. Fab. vm, 48. Le lacs était tout prêt; il n'y manquait qu'un homme; Celui-ci se l'attache et se pend bien et beau, id. ib. ïx, 46. Le fermier vient, le prend, l'encage bien et beau , Le donne à ses enfants pour servir d'amusette, id. ib. n, <6. Cependant arrivé, vous sortez bien et beau, Sans prendre de repos ni manger un morceau, mol. Sgan. 7. Je démêlai d'abord la tromperie, Et me tins coi; je jurai bien et beau De m'en venger avant Pâques fleurie , chaulieu , Madrigal sur L. || 10" Hé bien, loc. interjective , qui exprime l'exhortation ou l'interrogation. Hé bien , que vous en semble? Hé bien, qu'y a-t-il? que dites-vous? Hé bien, travaillez donc! || Eh bien, s'emploie dans les mêmes circonstances. Eh bien, qu'en ditesvous? Eh bien, que faites-vous? || 11° Bien que, loc. tonj. gouvernant toujours le subjonctif. Quoique. Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, corn. Cid, n, 8. Bien que l'occasion moins haute ou moins brillante.... id. Hor. v, 3. Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme, id. Cinna, iv, 7. Bien que je te préfère aux grandeurs d'un empire, id. Poly. I, 4. Bien qu'aucun Romain Du sang que vous pleurez n'ait vu rougir sa main , id. Pomp. v, 3. Bien qu'avec plaisir et l'un et l'autre espère.... id. Rod. m, 3. Bien que leur naissance au trône les destine, lu. Nitom. ii, 4. Mais bien qu'il l'abandonne, il l'a-

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dore dans l'âme, in. Sertor. iv, 2. Et bien qu'on soit, à ce qu'il semble, Beaucoup mieux seul qu'avec des sots, la font. Fabl. \m, 40. || On peut sousentendre le verbe. Bien que renversé à terre, il se défendait encore. || 12° Bien plus, loc. adv. En outre. Bien plus ce même jour je te donne Emilie, corn. Cinna, v, 4. Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour, id. Nicom. m, 4. || 13° Si bien que, loc. conjonct. gouvernant l'indicatif lorsque l'action est présente ou passée. De sorte que, au point que. Si bien qu'enfin , outré de tant d'indignités Je m'allais emporter dans les extrémités, corn. Pomp. n, 4. Si bien qu'Antiochus, percé de mille coups, Lui voulut dérober les restes de sa vie.... id. Rod. i, 4. Si bien que le sénat prenant un juste ombrage, id. Nicom. i, 6. [La grenouille] s'enfla si bien qu'elle creva, la font. Fabl. i, 3. Le laesétaitusé; si bien que de son aile , De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin, id. ib. ïx, 2. Et ce qui plus le gêne et le rend misérable, Il vient de découvrir un rival redoutable : Si bien que, pour savoir si ses soins amoureux Ont sujet d'espérer quelque succès heureux, Jeviens vous consulter.... mol. l'Etour. i,4. || Si bien que gouverne le subjonctif lorsque l'action est future. Faites si bien que vous réussissiez. || Si bien que, avec quelque force que ; on met le subjonctif. Je ne puis m'empêcher,si bien que je résisle, De croire à ces derniers qui n'ont rien que de triste , mair. Soph. n, 3. || 14° Aussi bien, en toutétatde cause.... Et finir lui-même sa misère, Puisqu'aussi bien sans lui la faim le viendrait faire, la font. Fabl. ix,t6. Aussi bien, que ferais-je en ce commun naufrage? rac. Théb. n, 2. || 16° Aussi bien que, autant que, comme. L'or aussi bien que le cuivre. Faire périr les bons aussi bien que les méchants. Le vin aussi bien que le blé est cher cette année. || Avec aussi bien que, le verbe, « quoique se rapportant à un seul nom singulier, peut s'accorder avec les deux et se mettre au pluriel : le vin aussi bien que le blé sont chers cette année. || 16° Un peu bien, ironiquement, beaucoup trop. Cette locution a vieilli. Vous montrez cependant un peu bien du mépris, corn. Pomp. n, 3. J'y trouverai comme elle un joug un peu bien rude, id. Othon, m, 3.

— REM. 1. Si l'on compare tien adverbe avec mal adverbe, on verra que ces deux mots se comportent souvent de la même façon, et que par conséquent ils doivent avoir même origine, c'est-à-dire provenir, l'un et l'autre, d'un nom substantif ou adjectif; et une étymologie exacte fait reconnaître que, de bene, les langues romanes ont tiré à la fois un substantif et un adverbe ; d'où l'usage fréquent de cet adverbe comme substantif. || 2. Bien, dans le sens de beaucoup, veut après lui l'article défini du, de l', de la, des, tandis que beaucoup veut simplement le partitif de : il m'a fait bien de l'honneur, il m'a fait beaucoup d'honneur ; bien des gens pensent, beaucoup de gens pensent ; voilà bien de la viande. La raison de cette construction est facile à donner. Beaucoup, malgré son emploi adverbial, est un substantif ; et l'on dit beaucoup d'hommes, beaucoup de vin, comme on dit un grand nombre d'hommes , une grande quantité de vin. Au contraire bien est un adverbe, et ne peut avoir une pareille construction ; aussi ne l'a-t-il pas et il laisse au verbe toute son action. J'ai bien de l'argent, est : j'ai de l'argent bien ; j'ai connu bien des gens qui.... est : j'ai connu des gens bien.... Puis, par assimilation : bien des gens peuvent; tournure qui n'est plus susceptible de l'explication par le verbe, mais qui résulte d'une assimilation irrégulière. X cette assimilation survient une exception : si le substantif est précédé d'un adjectif, ou si bien de est suivi d'autres pris substantivement, on se sert de la préposition de sans article : cette contrée renferme bien de fertiles prairies ; bien d'autres vous en feront le récit. Il faut admettre ici , par une irrégularité qui n'a rien d'étrange, que l'assimilation avec beaucoup (car bien d'autres est l'équivalent exact de beaucoup d'autres) l'a emporté et a influé sur la construction. || 3. Bien avec un participe présent. Le participe s'accorde lorsque bien est devant, et reste invariable lorsque bien est après : des personnes bien pensantes, des personnes pensant bien. Soyons bien buvants, bien mangeants : Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans, la font. Fabl. vi, 49. La raison de cette différence, c'est que bien, se mettant comme très et fort devant des adjectifs, semble transformer en adjectif le participe, et dès lors l'oreille exige l'accord. || 4. Des grammairiens ont prétendu qu'il ne fallait pas dire : il m'a bien ennuyé, mais m'a fort ennuyé; il est bien malade, mais il est très-malade; à cause que

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l'idée de tien faisait contradiction avec lesidêes d'ennui et de maladie. Cette observation ne vaut rien, et l'usage proteste contre elle, bien, en plusieurs cas, s'étant confondu avec beaucoup. || 5. Nous ne sommes pas encore arrivés; bien s'en faut. Cette phrase est condamnée par des grammairiens qui veulent : il s'en faut bien. Cette locution est familière, mais n'est point incorrecte; bien peut se mettre, comme on a vu, en tête de la phrase; et la suppression de il se fait ici comme quand on dit elliptiquement: suffit. || 6. Avec le que exclamatif, l'adverbe bien ne se joint pas à l'adjectif, et l'on ne dit pas : ô qu'il est bien sage I ô que notre destinée est bien étrange! mais on dit : ô qu'il est sage ! Ô que notre destinée est étrange ! Il en est autrement avec un verbe ; et l'on dit : ô qu'il a bien travaillé I ô qu'il a bien réussi I

— SYN. bien, beaucoup. II a bien de l'argent; il a beaucoup d'argent. En quoi ces deux phrases diff'rent-elles? La nuance est très-faible ; cependant elle existe. Il a beaucoup d'argent signifie simplement une grande quantité sans aucune idée accessoire. 11 a bien de l'argent, signifie non-seulement une grande quantité, mais exprime de plus une sorte de surprise ou de satisfaction. Ainsi l'on emploiera beaucoup dans le cas où l'on ne veut qu'exprimer la quantité; et bien, quand on y joindra quelque sentiment relatif à soi ou à autrui.

— HlST. xi* s. Bien [il] en pourrat louer ses soudoiers, Ch.de Roi. m. Là où cist furent, des autres i ot bien, ib. vm. Li archevesque est bien bon chevalier, ib. clii.

— xil" s. Ben a set ans, Ronc. p. 2. Poezbien retorner, ib. p. 7. Bien le savez, ib. Bien est de France [il est réellement de France], ib. p. 22. Bien l'avez fait, moût [je] vous en doi amer, ib. p. 33. Bien [il] semble prince de bataille aduré, ib. p. 36. Mais d'une chose soiez vous ben certis [certains], ib. p. 72. Et sont o lui bien cent mil conquirunt ib. p. 4 22. Baron, dist Charles, ben devons Deu servir, ib. p. 465. Par foi, bêle Aude , bien est que je'l vous die , ib. p. 467. Dex, je croi bien que fustes fils Marie, ib. p. 4 73. Vous poezbien savoir par ma chanson, Couci, n. Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès ore en pais tout mon aé [âge], ib. [Trois messagers] qui fassent vo [votre] besogne bien ethardiement, Soi. xxi.

— xiii* s. Et li bien entendant en seront esjoui, Berte, I. Bien savez qu'on ne peut pas trestous jours durer, ib. m. Il fait moût bon bien faire, plus n'en peut-on porter [emporter], ib. [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris Que ceus de St Denis.... ib. v. Bien parut puis à Charle qui fu rois poestis.... ib. Aliste, se je puis, très bien [je] marierai, ib. vu. Avoec Constance [elle] fu bien neuf ans et demi, ib. lix. Bien treise compaignons avec lui [il] amena, ib. cvm. Et se il le peut prover par deus leaus garens de la lei de Rome , homes ou femes, bienbaste, Ass. de J. 4 4 2.

— xiv* s. Et celui est bien né qui a telle disposition en soy bien née et bien entée de sa nativité et dénature, oresme, Eth. 76.

— xv s. Puis s'en partit atant ; bien peut estre qu'il perdit aucuns de ses gens à se retraire, mais ce ne fut mie grandement, froiss. i, i, 43. Or dit le comte vous parlez bien ; mais je vous dirai qu'il vous aviendra de ce voyage, id, ii, ni, 48. Messire Roger de Mortimer qui tenoit grand terre en Angleterre, bien sept mille livres de revenu, id. i, i, 28. [Une porte de la ville fut livrée aux assiégeants] Et voulurent bien dire aucunes gens que ce fut fait assez de l'accord et pourchas ou consentement de messire Hervey de Léon; or ne sais-je pas si ce fut voir ou non, id. i, I, 457. Si#en devenoient les aucunz [brigands] qui se faisoient maistrespar dessus les autres, si riches que c'estoit merveille. Et en y eut bien un entre les autres, que on appeloit Croquart, qui.... id. i, i, 325. Par quoi les preux aient exemple d'eux encourager en bien faisant, id. Prol. Pourtant n'y entendez que bien; Autrement je ne le désire, ch. d'orl. Chanson, 22. Et pour ce le feirent prendre et mectre en prison, et faisoit trop bien la manière d'estre innocent, juven. Charles VI, 4 385. Tout estoit si bien pillé qu'il n'y avoit plus de fourraige pourleschevaux.iD. ib. 444 4. Bien peu de jours après, comm. 1,2. Il [Edouard] estimoit ne estre pas bien de ses subjects et par especial des grans, id. iv, 4. Chascun des leurs loue leur langage, au moins ceulx qui veulent estre bien d'eulx, id. v, 48. Aussi, à bien faire, ung prince doit estre bien sage quant il va en paysestrange,iD. vi, 3. Et luy dit : mon cas va très-bien ; Mon procès est ce jourd'hui jugé, villon, 2* repue franche. En bataille, le moins de nombre assez tost descon-

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fît le plus grand, quant ils sont bien avecques Dieu, Jehan de Saintré, ch. 48.

— xvi" s. Et pour l'escouter mieux, Servir voudrais d'oreilles tous mes sens, Bien qu'a tant d'heur trop (bible je les sens, si GELAIS, 484. liien qu'en pourtraict ne vous deust faire envie, Quand vous avez le personnage envie.... id. 490. Bien que de tant les restes soyent petites, id. 496. Où Dieu veult bien, le diable ne peut nuire, J. marot, v, 23. Et bien qu'encor cest espoir la déçoit, Un autre après «t un autre en reçoit, la boét. 480. 11 ne mespritera pas celui auquel il fait bien pour son indigence, CALV, Instit. 646. Bien que je sçay que ce qu'on estime bonnes nouvelles ne vous ont esté celées, si faut il que je vous die que.... marg. Lett. 24. Les affaires de bien en mieulx vont en amendant par la bonne et briefve délivrance de Messieurs, id. ib. 8t. Quant bien elle le voudrait, elle ne saurait endurer la litière, id. ib. 4 42. Scipion, en bien mourant, mont, i, 07. Ou bien c'est que.... id. i, 69. Les femmes produisent bien toutes seules des.... ID. i, 34. J'ay veu des récits bien plaisants devenir tris ennuyeux, id. i, 35. Une troupe de bien dix mille hommes, id. i, 02. Les plus parfaietz se sont bien contentez de.... id. i, 70. Eh bien! quand ce serait la mort! id. i, 70. Bien qu'à la vérité lapluspart de nos actions ne soient que masque et fard, id. 1,269. Et quand bien le corps s'en esmouveroit....lD.l,303. Ceux qui enseignent à estre bien à cheval, à jouer des armes et a voltiger, lanoue, 4 29. Il nous faut confesser que bien nous prend , "de quoy Dieu veille pour nous, et nous sert de rempar, id. 389. Il estoit bien mal aisé de trouver la sépulture ; et quand bien on l'eust trouvée, encore estoit il plus difficile d'en emporter les os, amyot, Thés. 44. Profiter de bien en mieulx, id. Lxjc. et Num. 4 0. Il fut taillé en pièces bien quinze mille hommes, id. Fab. 6. La paix fut bien faitte pour lors, mais incontinent après.... id. Marcel. 6. Hz n'estoient pas bien l'un de l'autre, à cause de quelque différent, que le père de Eumenes avoit à rencontre de cestuy Hecatœus, m. Eumenes, 46. Dont ne sont par après les chandelles trop faciles à fondre, bien qu'elles sont vieilles, gardées de long temps, o. de serres, 879.

— ÊTYM. Bressan, vin; Berry, bin; picard, ben, prononcé bin ; bourguig. bé, ben; normand, bé; provenç. et catal. ben, be; anc. espagn. ben; espagn. mod. bien; portug. bem ; ital. benc, be ; dulat. bene. Marg. Buffet (Observ. p. 64, 4668) dit que bien que jiour quoique est une vieille façon de parler qu'on doit éviter, spécialement en écrivant. Cependant bien que était dès lors employé parles meilleurs auteurs, et il est resté en bon Usage. D'après l'historique ci-dessus, cette locution ne parait s'être établie qu'à partir du xvie siècle.

BIEN-AIMÉ, ÉE (biè-nè-mé, mée; d'autres disent, ce qui est moins bon, biin-nè-mé, mée, en donnant à biin le son nasal de in dans in-digne), adj. Qui est l'objet d'une affection particulière. Fils bien-aimé. Jean, le disciple bien-aimé de Jésus-Christ. Entrez, dira le chœur des anges, 0 vous d'un Dieu de paix les enfants bien-aimés! delav. Paria, îv, 7. |j Substantivement. Benjamin était le bien-aimé de son père. C'est ma bien-aimée.

— hist. xvi* s. Ce frère bienaymé, mont, i,

— ËTYM. Bien, aimé; wallon, binamé.

BIEN-DIRE (biin-di-r'), s. m. Habileté à parler; parler agréable, gracieux, fleuri. Qu'eux tous seuls du bien-dire ont trouvé la méthode, Et que rien n'est parfait s'il n'est fait à leur mode, Régnier, Sal. ix. Pour disputer le prix du bien-dire, doss. Par. de Dieu, 2. L'abbé de Choisy y perdit [auprès du roi] toute son insinuation, son esprit et son bien-dire, st-sim. 200, 474. 11 [le duc de Berry] était amoureux fou de Mme la duchesse de Berry, et en admiration perpétuelle de son esprit et de son bien dire, id. 294, 23. Las! si j'avais pouvoir d'oublier Sa beauté, son bien-dire, Et son tant doux, tant doux regarder, Finirait mon martyre, vers anciens cités par laiiarpe. || Familièrement. Être sur son bien dire, affecter de bien parler.

— HEM. L'Académie, qui ne donne que être, se mettre sur son bien-dire, observe que hors de là le trait d'union doit être omis et qu'il faut écrire : le bien dire, prenant dire comme un infinitif auquel bien est joint. Mais elle n'a pas tenu compte de l'emploi que Régnier, Bossuet et St-Simon en ont fait, et qui est excellent. Cet emploi réclame le trait d'union que l'on mettra toutes les fois que, d'après leur exemple, on se servira de bien-dire comme d'un substantif.

— UIST. xvi* s. La grâce de bien dire, qui est

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née en nostro France depuis cinquante ans, duhaillan, Hist. Préf.

— ÊTYM. Bien, et dire.

BIEN-DISANT, ANTE (biin-di-zan, zan-t'), adj. Il 1° Qui parle élégamment , facilement. C'est un homme bien-disant. Votre subtile et bien-disante tristesse, balz. I, 237. Ainsi raisonnait Paul-Louis, et cependant écoutait le jeune homme bien-disant, auquel, à la fin, il s'en remet, lui confiant sa cause imperdable, P. l. Courier, Procès. || Substantivement. Après ceux qui font des présents, L'amour est pour les bien-disants, Régnier, Am. || 2° Qui dit du bien d'autrui, par opposition à médisant. Cet homme est bien-disant. || Peu usité en ce sens.

— ÊTYM. Bien, dire.

BIEN-ÊTRE (biè-nê-tr'; quelques-uns disent biinnê-lY, en donnant, à tort, à biin le son nasal de in dans in-digne), s. m. || 1-Étatdu corps ou de l'esprit dans lequel on sent qu'on est bien. Le gouvernement veille au bien-être public. La fièvre ayant cessé, il éprouva du bien-être. Les chats sont possesseurs d'un bien-être qui n'attend rien de nous; avec quelle économie ne jouissent-ils pas du bien-être! montcrif dans desfontaines. || 2° Etat de fortune convenable, douce aisance. Il regrette le bien-être qu'il a perdu. J'attends de votre volonté seule un sacrifice de quelques années, d'où dépend l'établissement de votre fille et le bien-être de toute votre vie, bern. de s.-p. Paul et Yirg. La misère avait affaibli les ressorts de l'âme de M. André ; le bien-être leur a rendu leur élasticité, volt. l'Homme aux quarante écus, le bon sens de M. André.

— hist. xvi« s. Nostre bien estre, ce n'est que la privation d'estre mal, mont.ii, ïi5.

— ÊTYM. Bien, être.

t BIEN-FAIRE (biin-fê-r'), v.n. Faire plaisir, faire du bien à quelqu'un. Il se platt à bien-faire à tout le monde. Sa première inclination est de nous bienfaire, boss. Bonté, 1. Il reçoit comme un bienfait, quand nous lui donnons le moyen de nous bienfaire, id. 1, Visit. 2. L'homme en bien-faisant ne dépend que de lui-même, 1. 1. rouss. Ém. v.

— REM. Ce mot a vieilli; mais il pourrait encore être employé, surtout aux modes et temps où Bossuet et J. J. Rousseau s'en sont servis.

— HIST. xiii" s. Et bien li portèrent tesmoignage cil qui là furent, qui par son bienfere furent rescous, et bien furent tout près d'estre perdus, villeh. cxxxv. Ses bienfaire ne H pot riens valoir, Chron. de Reims, 4 44. ||xiv* s. Ceulz qui ont bienfait veulent que ceulz vivent à qui il ont bienfait, pour gaigner et recevoir d'eulz grâces et rétributions , 011ESME, Eth. 273. || xv" s. Quant Dieu fut las de leur bienfaire, comm. i, 3. || xvi*s. Cette sienne libéralité consiste à leur mettre en main les moyens de luy bienfaire, mont, i, 247. Qu'il ayt besoin de moi, je lui bienferay volontiers, id. i, 270. Chacun est obligé de bien faire aux plus inconnus, lanoue, 73.

— ÊTYM. Bien, faire.

BIENFAISANCE (biin-fe-zan-s', ou biin-fè-zan. s'; la seconde prononciation est surtout employée dans la récitation et la lecture) , s. f. Pratique des bienfaits, habitude de faire du bien. Une bienfaisance éclairée, active. Les lois doivent tendre à inspirer l'application, le travail, l'économie, la tempérance, l'équité, la bienfaisance, l'abbé de stpierre, Mêm. pour diminuer les procès. Bienfaiteur est un de ces mots composés qui portent avec eux leur définition; le bienfaiteur est celui qui fait du bien.... mais tous les bienfaits ne partent pas de la bienfaisance, duclos, Considérations sur les mœurs , ch.xvi. Certain législateur [l'abbé de St-Pierre].... Vient de créer un mot qui manque à Vaugelas, Ce mot est bienfaisance, il me plaît.... volt. Vise. 7. La grandeur véritable est dans la bienfaisance, Arnaud, Régulus, 1, 4. Aux êtres animés tu donnas l'existence, Pour épancher sur eux ta vaste bienfaisance, st-lambert, Saisons, Hiver. || Terme de droit. Contrat de bienfaisance, contrat dans lequel l'une des parties procure à l'autre un avantage purement gratuit. H Terme d'administration. Bureau de bienfaisance, bureau où l'on distribue des secours aux nécessiteux.

— REM. Bienfaisance ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de

— hist. xvi* s. Par miséricorde et beneficence les péchez noussont remis. — L'autheur de l'epistre aux Hébreux, recommandant humanité et beneficence, dit que Dieu se délecte de tels sacrifices, calv. Inst. 619. Pour rendre grâces et honorer sa libéralité et beneficence par ceste souvenance éternelle, amyot, Publ ic. 30.

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— ÉTYM. Bien, faire. Ce mot est dû à l'abbé de St-Pierre. L'idée qu'il exprime était autrefois rendue par beneficence.

BIENFAISANT, ANTE (biin-fe-zan, zan-t' ou biinfè-zan, zan-t'; cette dernière prononciation est usitée de préférence dans la récitation), adj. || i" Qui aime à faire du bien. Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, pasc. dans cousin. Elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune ; dans l'une elle a été bienfaisante; dans l'autre elle s'est montrée toujours invincible, boss. Beine a"Anglet. Dans toute l'administration de la justice, il nous paraissait un homme que sa nature avait fait bienfaisant, et que la raison rendait inflexible, id. le Tellier. Et vous, divinités aux hommes bienfaisantes, Qui tempérez les airs, qui régnez sur les plantes, la font. Quinquina, 11. César bienfaisant est mort assassiné, voltaire, Triumv. v, 5. || 2° Dont l'influence est utile, en parlant des choses. La bienfaisante nature. Des soins bienfaisants. Une liqueur bienfaisante.

— HIST. xiii* s. Ja ne sera si bien fesans, Que chascunsses ovres ne blasme, la Rose, 8000. ||xv*s. Là eut un fort assaut et périlleux, et moult de bienfaisans d'un costé et d'autre, froiss. i, i, 463.

— ÊTYM. Bien, faire; bourguig. bèfeusant. Dans l'ancienne langue, bienfaisant voulait dire non pas seulement celui qui a de la bienfaisance, mais, en général, celui qui fait bien en quoi que ce soit. Ainsi l'on était bienfaisant dans une bataille, quand on s'y comportait bravement.

BIENFAIT (biin-fè ; le t se lie : un bienfait espéré, dites : un bi in-fè-t espéré ; au pluriel, Ys se lie : les bienfaits espérés, dites : les biin-fè-z espérés; bienlaits rime avec bleuets Jamais , succès , faix) ,s. m. || 1° Bien qu'on fait à quelqu'un. On sent qu'à leur place [des grands] on serait trop heureux de répandre la joie et l'allégresse dans les cœurs en y répandant des bienfaits, mass. Humanité des Grands. Car enfin, quoique j'estime vos bienfaits, j'aime encore mieux vos caresses; et si l'on ne pouvait être de vos commis et de vos amis à la fois, je pense que vous me faites l'honneur de croire que je ne délibérerais guère sur ce choix, voit. Lett. 4 76. On ôte du mérite au bienfait qu'on retarde, rotr. Bélis. 11, 40. Les bienfaits ne font pas toujours ce que tu penses, D'une main criminelle ils tiennent lieu d'offenses, corn. Cinna, I, 2. Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense, rac. Iphig. iv, 6. Les bienfaits dans un cœur balancent-ils l'amour? id. Baj. m, 7. Et ne suffit-il pas, seigneur, à vos souhaits Que. le bonheur public soit un de vos bienfaits? id. Brit. iv, 3. Les bienfaits peuvent tout sur une âme bien née, volt. Tancr. 11, 6. || 2° Par extension, bien, utilité. Les bienfaits de la science. Considérez que Rome en reçoit du bienfait [de la trahison qui livre Carthage] ; Approuvez une cause en louant son effet, mairet. M. d'Asdrubal, m, 2. Un mari, une femme, un père, un fils ne sont liés entre eux que par l'amour qu'ils se portent ou par les bienfaits qu'ils se procurent, montesq. Lett. pers. 404. || Proverbes. Un bienfait n'est jamais perdu, c'est-à-dire une bonne action a toujours sa récompense. || Les injures s'écrivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable, c'est-àdire on garde un long souvenir des injures, tandis qu'on oublie facilement les bienfaits.

— SYN. bienfait, service, bon office. Le bienfait est un acte par lequel on fait du bien à quelqu'un; le service, un acte par lequel on le sert; le bon office, un acte par lequel on lui vient en aide en quelque chose. Bienfait , étymologiquement , pourrait être le terme général ; mais il a pris par l'usage un sens particulier qui exprime que le bienfaiteur a une supériorité de fortune, un surplus dont il fait volontairement emploi en faveur d'une autre personne. Celui qui sauve un homme qui se noie, est non pas son bienfaiteur, mais son sauveur; et celui qui distribue une part de sa fortune est un bienfaiteur. C'est pour cette raison de supériorité de richesse qu'on dit les bienfaits du prince. Le service est imposé par le zèle, par l'amitié; et il ne suppose que le désir d'obliger; du reste tout peut être égal entre celui qui sert et celui que l'on sert. Le bon office est l'emploi de notre crédit, de notre médiation, de notre entremise; le service, comme on voit, est plus général que le bon office. Donner de l'argent est un bienfait; prêter de l'argent est un service ; faire des démarches, parler pour une affaire, est un bon office.

■ — hist. xii* s. Tous li clergés et li home d'aage, Qui en aumosne et en bienfais [bonnes actions] mainront [demeureront], quesnes, Romancero, p. 94. Il xiii" s. Pechié porte sa paine, et bienfait sa me-

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rite; De ces deux choses surit homme et rame àeslite, j. de meung, Tesf.209. || xiv* s. Albert respont et dit bien que adultère ne peut estre bienfait; mais pour le bien que la femme fist en ce qu'elle délivra le pays d'un tyrant, pour ce le mal adultère lui doit estre pardoné, oresme, Eth. 47. Bienfais n'est point perdus à chelui qui s'entent, Baud. de Seb. xn, 770. || xv s. Et plusieurs autres barons et chevaliers pleins d'honneur et de prouesse, desquels je ne puis mie de tous parler, ni leurs bienfaits [hauts faits] ramentevoir, proiss. I, I, 4 22. || xV s. Mais d'une chose me resconforte : oncques bienfait ne fut perdu, Jeh. de Saintré, ch. 68. Bien faict ne se doibt oublier, villon, Gd. Test. || xvt* s. Et en remémorant ainsi ses bien-faits, son ame en devenoit plus tranquille, lanoue, 4 60. Qui en voudra sçavoir le bon usage, lise Seneque au traité des bien-faits, id. 477. Et affirmoit qu'il aimoit mieulx estre privé de la recompense d'un bienfaict, que non puny id'un mesfaict, amyot, Caton, 17. Il n'avoitbien qu'il ne leur donnast, pour avoir part en leurs bienfaits [bonnes œuvres], jeunes et disciplines, marguer. Nouv. xxxi.

— ÉTYM. Bienfaire; provenç. benfac, benifag, befat; anc. catal. benfet; anc. espagn. bienfecho; portug. bemfeito; ital. benefatlo. Dans l'ancienne langue, bienfait avait le sens général de bonne action.

BIENFAITEUR, TRICE (biin-fè-teur, tri-s'), s. m. et/". || 1° Celui, celle qui a fait du bien. Les nations no doivent porter le deuil que de leurs bienfaiteurs, mirab. Collect. t. m, p. 394. Ciel! pourquoi Mahomet fut-il son bienfaiteur? volt. Fanât. m, 8. Je chante en secret ma bienfaitrice, dans le fond de nos déserts, volt. Lett. Mme de ChoUeul, 9 avril 4 770. Bienfaitrice à la fois et maltresse du monde, saurin, Spartac. v, 6. || 2" Adj. Va, je ne blâme pas ce luxe bienfaiteur Et ce faste public qui prouve la grandeur, M. J. chên. Cracq. n, 3.

— hist. xiii" s. Li tierz soit por mes bienfetors, Ben. t. m, p. 299. || xiV s. X savoir mon se l'en doit plus rendre grâce et retribucion à son bienfaiteur ou donner à son ami, oresme, Eth. 261. Les bienfaiteurs aiment plus leur bénéficiés que les bénéficiés ne ament ceulx qui leur ont bien fait, id. ib. 273. Telz benefatteurs pevent legierement recevoir d'autres aussi grans biens ou plus grans, id. ib. 255. || xv" s. Le roy Loys unziesme, nostre maistre et bienfaicteur, comm. Prol. \) xvi* s. Comment luy rendroyent-ils grâces comme à leur bien-facteur ? CALV. Inst. 663. Parens et amis, ou bien-faiteurs, lanoue, 73. Ceulx qui reçoivent des bienfaicts sont tenus d'en rendre la pareille à leurs bienfaicteurs, amyot, Philnp. 37. Bienfaitteur, id. Flamin. 20.

— ÉTYM. Bienfaire ; provenç. befachor, befaytor; anc. catal. benfaclor; anc. espagn. bienfechor; espagn. mod. bienhechor; portug. bemfeitor; ital. benefallore. Du temps de Vaugelas et de Chiffiet, l'usage hésitait entre bienfaiteur, bienfaicteur et bienf acteur. Bouhours déclare qu'il a entendu, toute sa vie, dire bienfacteur à des gens qui parlaient bien; Chiffiet dit que bienfaclrice est meilleur que bienfaitrice; et on lit dans Voiture, Lettre 4 25 : « Bienfaiteur n'est pas bon; bienfacteur ne se dit guère; dites, s'il vous plaît, bienfaicteur. » Aujourd'hui l'usage est fixe; et on ne dit que bienfaiteur, bienfaitrice. Bienfaiteur est dans Malherbe. .

BIEN -FONDS (biin-fon), s. m. Immeubles, terres, maisons. Il n'est guère usité qu'au pluriel. Placer son argent en biens-fonds.

— ÉTYM. Bien, fonds.

BIENHEUREUX ,EUSE (biè-neu-reû , reû-z' ; quelques-uns disent, à tort, biin-neu-reû, endonnantà Liin le son nasal de t'n dans in-digne), adj. ||l°Quia la félicité, le bonheur. Je le trouve bienheureux de vous avoir vue, sév. 4 5. ô bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime, rac. Cant. Allez, et soyez ce bienheureux époux , id. Mithr. m , 4 . ô ciel! je serais ce bienheureux coupable! id. ib. n,6. || Il se dit des choses. Ce bienheureux moment n'est pas encor venu, corn. Poly. iv, 3. Et ce soin bienheureux n'a rien qui vous déplaise, id. Age'sil. i, 4. Du don qu'il me fait Voudrez-vous retarder le bienheureux effet? id. Cinna, m, 4. Et je croyais toucheraubienheureuxmoment, rac. Baj. 1, 4. Dans la solitude de Ste-Fare, autant éloignée des voies du siècleque sa bienheureuse situation lasépare de tout commerce du monde, boss. Anne de Goni. || 2° Dans le style religieux, qui jouit de la béatitude éternelle. On les eût pris pour ces enfants du ciel , pour ces esprits bienheureux, dont la nature est de s'aimer, bern. de st-p. Paul et Yirg. \\ Par extension. Du séjour bienheureux de la divinité Je descends dans ce lieu par la grâce habité, rac. Esth. Prol. || Sub-

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stantiveraent, ceux qui sont admis a jouir de la béatitude éternelle , et , en particulier, ceux que l'Eglise , par un acte solennel qui précède la canonisation, reconnaît et déclare avoir été admis à jouir de la béatitude éternelle. Celui qui obtient les honneurs de la béatification porte le titre de Bienheureux. ||Familièrement. Avoir l'air d'un bienheureux, avoir l'air vénérable, recueilli; et aussi avoir une figure joyeuse, épanouie. Se réjouir comme un bienheureux , se livrer à la joie, aux divertissements.

— REM. L'Académie dit que bienheureux a vieilli (excepté dans le style religieux), et qu'on l'écrit aujourd'hui en deux mots. Cela n'est pas tout à fait exact. Bien heureux doit s'écrire en deux mots quand il signifie : qui a le bonheur de : je le tiens bien heureux, il est bien heureux d'avoir échappé à ce péril. Mais bienheureux, en un seul mot, a une autre nuance, et désigne celui qui a la félicité, le bonheur.

— HIST. xm" s. Dont nous poons bien dire que il fu plus bienoeureus que Titus l'empereur de Rome, joinv. 298. || xvi* s. Bienheureuse est la main qui la ploya, Et qui vers moy de grâce l'envoya ; Bienheureux est, qui apporter la sceut, marot, i, 372. Confesse donc que je [la mort] suis bienheureuse, Puis que sans moy tu ne peus estre heureux, id. m,

— étym. Bien, heureux. L'ancienne langue avait plus richement développé ce thème ayant : bieneùrer, bieneûré, bieneùrant, bicneûreté.

t BIEN-INTENTIONNÉ, ÉE (biè-nin-tan-sio-né, née; quelques-uns, à tort, prononcent biin-in-tansio-nê, biin comme in dans in-digne), adj. Qui a de bonnes intentions. || Substantivement. L'aveuglement des bien-intentionnés est suivi bientôt après de la pénétration de ceux qui mêlent la passion dans les intérêts publics , retz , il, 446.

— ÉTYM. Bien, intentionné'.

fBIEN-MOURlR (biin-mou-rir), *. m. Clercs réguliers, ministres des infirmes ou du bien-mourir, ordre institué pour rendre aux malades toutes sortes de services tant spirituels que corporels.

BIENNAL, ALE (bi-è-nnal, nna-1'), adj. Qui dure deux ans. Office biennal. Magistrature biennale. Emplois biennaux.

— étym. Biennàlis, de bi pour bis, deux (voy. bis), et annus, an (voy. an).

BIENSÉANCE (biin-sé-an-s'), *. f. \\ i°Ce qui sied bien. On peut rire des erreurs sans blesser la bienséance, pasc. Prov. 44. Nous sommes prêts d'offenser la bienséance, sév. 444. Il n'y a rien qui choque tant la bienséance que ces sortes de conduites, id. 8. Il était de la bienséance qu'il liât société avec ses semblables, boss. Serm. Sept. Les belles choses le sont moins hors de leur place ; les bienséances mettent la perfection, et la raison met les bienséances, la bruy. 44. Ulysse préférait l'intérêt commun de la Grèce et la victoire à toutes les raisons d'amitié et de bienséance particulière, fen. Tél. xv. Un homme qui remplisse toutes les bienséances, id. Tél. xxn. Il y a des règles de bienséance et d'honneur qui doiventêtre gardéesinviolablement, même à l'égard des ennemis, rollin, Hist. anc. xvi, 8. Vous regarderez son ministère comme une bienséance de maladie, mass. lmpén. Vous êtes d'un sexe et d'un rang qui vous met dans les bienséances du monde, id. Élus. Joug qu'on ne porte plus que par bienséance, id. Tiéd. 2. Pour remplir les bienséances de leur rang , id. Pass. La char ité n'est pas une simple bienséance, id. Pardon. Un prince qui a conservé la bienséance des mœurs publiques ,id. Pet. Car. Incarn. Ses amis, ses proches, ses esclaves même le fuient [un mourant], s'écartent, se retirent, n'osent l'approcher qu'avec précaution, et ne lui rendent plus que des offices de bienséance et de contrainte, id. Mort du pécheur. Et même à notre sexe il est de bienséance De ne pas trop vous en presser, corn. Agésilas,!, 2. Que, sensible aux goûts des plaisirs, Éloigné de l'intempérance, je forme encor quelques désirs, Sans offenser la bienséance, chaulieu, Ode àM. le duc. || 2° Terme de littérature.

Ce qui convient. Les bienséances oratoires La

scène demande une exacte raison ; L'étroite bienséance y veut être gardée, boil. Art p. n. Il semble que la bienséance y soit un peu forcée, corn. Ex. de Poly. Le Tasse ne garde pas aussi exactement que Virgile les bienséances des mœurs, mais il ne s'égare pas comme l'Arioste, bouhours, Nouv. rem. || 3° Être à la bienséance de quelqu'un, en parlant de choses, lui convenir. Prends donc en récompense Tout ce qui peut chez nous être à ta bienséance, la font. Fabl. ix, 4 6. Ce beau

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morceau qui était si fort à votre bienséance, sév, 592. Les nobles et les patriciens s'approprièrent souj différents prétextes la meilleure partie de ces terres conquises qui étaient dans leur voisinage et à leur bienséance, vertot, Rév. rom. liv. i, p. 66. La Marche Trevisane, le Frioul étaient à la bienséance de l'empereur, volt. Mœurs, 4 4 3. || Par droit de bienséance, sans avoir d'autre droit que celui de sa propre convenance.

— REM. Molière a dit en au lieu de à : Cette maison meublée est en ma bienséance, l'Ëtourd. v, 2. Cette tournure est hors d'usage.

— HIST. xvi* s. La grâce et bienséance des vestements, mont, i, 4 4 9. Je veulx que la bienséance extérieure, et l'entregent, et la disposition de la personne, se façonne quand et quand l'ame, id. i, 482. Henri VIII sur cette bien-seance [conjoncture favorable] traita amitié avec lui [Charles Quint], d'aub. Bitt. I, 4 6. Le conseil débattit longtemps si le roi devoit garder la bienséance à Meaux ou se sauver dans Paris, id. ib. i, 210.

— ÉTYM. Bienséant.

BIENSÉANT, ANTE (biin-sé-an, an-t'),odj. Conforme à la bienséance. Il n'est pas bienséant de dire.... Il n'est pas bienséant à un orateur de s'emporter. Dire des choses bienséantes. Par un trait d'humilité bienséant à ce grand homme, pasc. Prov. 7. Cette confusion Me sera bienséante en cette occasion, rotr. Antig. I, 4. Mme de Roucy avait beaucoup de crainte de se méprendre, ce qui lui donnait une timidité bienséante à son âge, st-sim. ei , 47. Venez me voir; l'amitié vous engage X hasarder cette bonne action ; Chose ferez et bienséante et sage ; De son succès amour est caution, chaulieu, A Mme D.pour la prier....

— HIST. xm* s. X Paris [il] s'en revindrent, la cité bien séant, Berte, cvn. [Manteau] bien séant à leur gré si comme à souhaiter, ib. cxxix. Et cinq cens [livrées de terre] bien séant [bien assises] chascuns de ses fils a, ib. cxxxi. C'est à entendre quant il sont bon et bien séant et en bon lieu, beaum. xxvii, 4 6. L'ordre de Citiax tieng-je àbone et bienséant, Et si croi que il soientpreudomme bien créant, ruteb. 240. || xiv s. Il est bien soiant et appartient teles choses à faire à ceulx qui ont grans possessions, oresme, Eth. 4 45. || xv* s. La gluire luy monta au cueur et l'esmeutde conquérir tout ce qui luy estoit bien-seant, comm. vi, 43. || xvi' s. J'estime bienséant à un homme, mont, i, 46.

— ÉTYM. Bien, et séant, participe du verbe seoir: mot à mot, bien assis, en bon siège.

BIEN-TENANT, ANTE (biin-te-nan, nan-t') , s. m. et f. Terme de jurisprudence ancienne, inusité aujourd'hui. Celui, celle qui possède les biens d'une succession ou des biens grevés d'hypothèques. || Au plur. Des bien-tenants, bien-tenantes.

— ÉTYM. Bien, tenir.

f BIEN-TENUE (biin-te-nue), *. f. Possession du bien-tenant.

BIENTÔT (biin-tô ; le t, dans la prononciation soutenue, se lie : bientôt il viendra, dites : biin-tô-t il viendra), adv. de temps. Tôt avec l'adverbe bien, qui le renforce; en peu de temps, promptement. Une rose qui passera bientôt. Quoi! vous changez bientôt d'humeur et de langage, corn. Poly. v, 2. Mais cet illustre amant vous a bientôt quittée, id. Pomp. iv, 2. Sans moi vous passeriez bientôt sous d'autres lois, Et vous auriez bientôt vos ennemis pour rois, id. Cid, i, 7. Elle a feintde passer chez la triste Octavie, Mais bientôt elle a pris des chemins écartés, rac. Brit. v, 8. Que nous nous pardonnons aisément nos fautes, quand la fortune nous les pardonne, et que nous nous croyons bientôt les plus éclairés et les plus habiles, quand nous sommes les plus élevés et les plus heureux, boss. Berne d'Anglel. || Familièrement et elliptiquement. X bientôt, locution adverb. exprimai!' qu'on désire ou qu'on espère revoir bientôt la per sonne dont on s'éloigne. Cette locution est un néo logisme. || Familièrement. Cela est bientôt dit, cet est facile à dire, mais non à faire.

—KEM. Bientôt se place après les tempssimples dt( verbes : il viendra bientôt ; entre l'auxiliaire et le participe, quand les temps sont composés: il sera bientôt revenu. Quelquefois on le met au commencement de la phrase : bientôt vous le verrez revenir.

— hist. xi V s. Car par eux les fossez furent bien tost emplis, Guescl. 242)5.

— ÉTYM. Bien, tôt; bourguig. betô; Berry, ben. tout.

BIENVEILLANCE (biin-vè-llan-s'; Il mouillées, et non biin-vè-yan-s'), s. f. Disposition favorable'de la volonté. La ljiuiireiljance avec laquelle vous m'u'

BIE

coûtez. Avoir do la bienveillance pour quelqu'un. Gagner, se concilier ou s'attirer la bienveillance de quelqu'un. Reçu avec bienveillance par le ministre. Homme sans bienveillance. DeVinius par là gagnant la bienveillance, corn. Olhon, m, 4. Ma franchise surtout gagna sa bienveillance, boil. Boés. diverses, xxm. 11 n'en est pas de même des grands d'Europe, à qui la disgrâce n'ôte rien que la bienveillance et la faveur, montesq. Lett. pers. 402.

— REM. Malherbe disait bienveuiUance (n, *) : Qui ne sait point qu'à sa vaillance II ne se peut rien ajouter? Qu'on reçoit de sa bienveuiUance Tout ce qu'on en doit souhaiter?

— hist. xm* s. Amitié est nommée l'une : C'est bonne volenté commune De gens entr'eus sans descordance Selon la Dieu benivoillance, la ilose, 4704. Por ce amoit moult l'acointance De Richece et la bien-voillance, ib. 4)20. ||xiv« s. Benivolence a similitude à chose amable et semble estre amisté,mes ce n'est pas amisté , oresme , Elh. 269. Amisté est begnivolence entre ceulz qui veulent l'un à l'autre bien contre bien, id. ib. 232. || xV s. Or ne souffrez que je mendie; Mais de vostre begnivolence, Me laissiez mes gaigas à vie, E. deschamps, Supplication. || xvi' s. Il ne sçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, mont, i, 488. La jalousie de nos femmes pour nous empescher de l'amitié et bienveuiUance d'autres femmes, id.i, 245. Ceste victoire ne luy apporta pas moins de bienvueillance, d'honneur et de gloire, qu'avoient fait les deux autres premières, amyot, Cam. Toutefois ilz ne continuèrent pas ceste benevolence quand ilz furent instalez en leur estât, ains eurent tousjours desbat ensemble, id. Crassus, 23.

— étym. Bienveillant; provenç. benvolensa, bevolensa; catal. benevolema ; espagn. benevolencia ; ital. benevolcnsa. La langue a longtemps hésité entre benivoillance, bienvoillance , benivolence etoienveuillance.

BIENVEILLANT, ANTE (biin-vè-llan , llan-t', il mouillées, et non biin-vè-yan), adj. Qui a, qui marque de la bienveillance. Il s'est montré fort bienveillant à mon égard. Un accueil bienveillant.

— hist. xm* s. T'amie et tous ses bien-veillans Dois honorer et chiers tenir, la Rose, 2578. || xv*s. Mon cœur a envoyé quérir Tous ses bienvueillans et amis, Il veult son grand conseil tenir, ch. d'orl. Bail. 25. Tant allèrent ces paroles que par aucuns des amis et bienvueillans du mareschal luy furent rapportées là où il estoit, Bouciq. H, 25. Et eust esté bon que les amys et bienvueillans du royaulme l'eussent veue [la puissance du royaulme de France],affin qu'ils en eussent eu estimation telle qu'il appartient, comm. i, 6.

— etym. Bienveillant pour bienveuillant, de tien eiveuillant, participe aujourd'hui inusité de vouloir (voy. vouloir); provenç. benvolent, bevolent, lenvolen; ital. benivolente. Il est fâcheux que l'assimilation ait confondu veuillant avec veillant (qui est de «ciller), et n'ait pas gardé cet ancien participe présent; d'autant plus que cette forme du verbe vouloir se trouve dans : que je veuille, etc.

t BIENVENIR ( bien-ve-nir ) , v. a. Usité seulement dans cette locution : se faire bienvenir dans la société , de la société, faire qu'on soit bien accueilli.

— HIST. xii" s. Bienveigniez vous, dit-il, mi dru et mi demaine,Soa!.30. ||xv*s. Le roi dit à sa soeur: bien venez, mabellesœur et mon beau neveu, froiss. i, i, 7. || xvi* s. X bienveigner, à prendre congé, à remercier, à saluer, mont, i, 292. De la teste, nous convions, renvoyons, desadvouons, bienveignons, id. il, 4 59. Sa femme le bienveignantdeses criailleries accoustumées, id. m, 4 27.

— ÉTYM. Bien, venir.

BIENVENU, UE (biin-ve-nu, nue), adj. Qui arrive à point; que l'on accueille avec satisfaction. C'est un homme qui est bienvenu partout. || Familièrement. Vous ne seriez pas bienvenu à lui dire cela, vous seriez mal accueilli si vous lui disiez cela. || Substantivement. Soyez le bienvenu. C'est une fille qui vient de naître; elle est la bienvenue. Toutes vos lettres seront les bienvenues, sév. 27».

— HIST. xii* s. L'apostobes l'asiet juste lui erramment, E bien seit il venuz, ço li ad dit suvent, Th. le mart. 58. || xm* s. Et Alexis respondi que bien fust il venus corne ses fils qui auroit sa fille à feme, villeh. cxv. Comment avez à nom? que bien soiez venue, Berte , m. Sire , fait-il au roy, très bien venus soies, ib. cxx. Tex chevaliers preus et raillans, Larges, cortois et bataillans, Doit partout îstrebien venus, Loés, amés etchiertenus, laltose, •1X909. || xv" s. Et partout sont-ils bien-venus [Uenjuvois et Véuitiens] pour l'or et l'argent qu'ils por-

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tent ou pour les marchandises que ils eschangent, froiss. ii, m, 25. Tous deus estes céans les bien venuz, ch. d'orl. 40. ||xvi*s. Cette lettre fut la bienvenue pour servir d'excuse au levement du siège, d'aub. Hist. II, 267.

— ÊTYM. Bien-venir.

BIENVENUE (biin-ve-nue), s. f. || 1* L'heureuse arrivée de quelqu'un. || 2° Bon accueil. Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux , a. chén. Jeune captive. || 3* Réception dans un corps, et frais du régal qu'on paye à ses nouveaux compagnons. Mazet à qui pour bienvenue L'on fait bêcher.... la font. Uaxet. | 11 fut hué et paya de cette façon sa bienvenue, j.j. rouss. Ém. v.

— hist. xv* s. Si fut, après ses bienviengnues, une bonne pièce à séjour, Bouciq. i, ch. 35. Se retyra ledit duc à Gand, où il luy fut fait une bien venue de grant despense, comm. h, 5. || xvr s. Ce prince s'enquist si on avoit pris ce psaume exprès pour sa bien-venue, d'aub. Hist. n, 488. A la bienvenue et réception de.... carloix, vi, II.

— ÊTYM. Bienvenu.

BIENVOULU, UE (biin-vou-lu, lue), adj. X qui l'on veut du bien. Je vécus tranquille et toujours bienvoulu dans Chambéry, j. j. rouss. Conf. v. Ces Banians et les Guèbres sont bienvoulus partout, volt. Mœurs, 402.

— HIST. xv* s. Et s'il pensoit de n'esire point bien voullu, COMM. VI, 7.

I ; — étym. Bien , vouloir.

4.BIËRE (biê-r'. Quelques-uns écrivent bierre, dit l'Académie) , s. f. Boisson fermentée faite avec le houblon et les graines céréales, particulièrement avec l'orge. Bière de mars, bière brassée en mars. Double bière, bière forte, petite bièrs, ce sont diverses sortes de bières, selon la quantité d'alcool qui s'est développée par la fermentation; la petite bière est celle qui en contient le moins. || Fig. Ce n'est pas delà petite bière, ce n'est pas peu de chose. || C'est une enseigne à bière , se dit d'un tableau, d'un portrait très-mal peint.

— HIST. xvi* s. La bière est une boisson faite avec des grains; diversement nommée, selon les pais et les langues, chacun aiant sa particulière appellation, comme Medon, Guttale, Cervoise, Queute, Aile, et semblables , usitées en Lorraine, Angleterre, Escosse, Flandres, Allemaigne, Pologne, Bohême, Dannemarch, Moscovie et autres nations septentrionales.... O. DESERRES, 251.

— ÉTYM. Ital. birra; d'un mot aussi bien germanique que celtique : angl. saxon, beor; anc. scandin. bior; anc. haut-allem. pior; allem. mod. Bier;gaél. beôir; bas-bret. biorc'h.

2. BIÈRE (biê-r'), s. f. Coffre où l'on enferme un mort. Et l'art imitant la nature Bâtit d'une même figure Notre bière et notre berceau, rotr. S* Gen. v, 4 . Au pied de cet autel de structure grossière Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit, boil. Épitaphe dMrnauld.X sa mort on le cloue dans une bière, j.j. rouss. Ém. i. Notre défunt était en carrosse porté, Bien et dûment empaqueté, Et vêtu d'une robe, hélas! qu'on nomme bière, Robe d'hiver, robed'été Que les morts ne dépouillent guère, la font. Fab.

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