SYN. BIZARRE , FANTASQUE , EXTRAVAGANT
L'homme bizarre n'est ni l'homme fantasque, ni l'homme extravagant. S'écarter du goût ordinaire par une singularité non convenable, c'est être bizarre; s'en écarter par une fantaisie qui tout à coup change d'idée, c'est être fantasque; s'en écarter d'une manière contraire au bon sens, c'est être extravagant, LAVEAUX.
— iiist. xvi* s. Quand cette bonne dame eut connu l'humeur de l'homme, elle le laissa avec ses opinions bigearres et lui dit seulement, desper. Contes, xxxv. Le soldat françois est beaucoup plus bisarre : et ne peut quasi vivre sans se battre, ne monstrant que trop sa valeur contre ses compagnons, lanoue, 209. C'est un petit homme bisarre et qui jure en diable, ne parle que d'estrangler mille homes à la fois, d'aub. Fœn. m, 47. C'est une bizarre pièce, ib. Maladie d'une nature estrange et bigerre, paré, Intr. 23. L'assiette de Luxembourg est fort bisarre, M. du bell. 643. Quelque bigearre et rebours que soit le lieu [emplacement] , il se peut neantmoins ageancer, o. de serres, 48. Ce mesme meslinge fait le mulet capricieux, bigearre, de difficile conduite, id. 34 2. Pour rendre la racine de bouïs solide et lui confirmer la beauté de sa blonde couleur et bigearre madreure, id. 666.
— ÉTYM. Berry, bigearre; bigearrer, disputer; espagn. et portug. bizarro, magnanime, vaillant; ital. bizarro, emporté, colère. Notre mot français vient de l'espagnol et il a eu d'abord le sens de vaillant, brave (voy. à l'historique l'exemple de Lanoue). L'italien a, il est vrai, un substantif bizza, colère; mais bizarro n'en peut dériver, puisque le suffixe arr n'est pas italien. Tout porte à croire que le mot est d'origine espagnole ; dès lors deux étymologies s'offrent : le basque 6 izarra, barbe, décomposé par Larramendi en biz arra (qu'il soit un homme) ; et l'arabe bâshdret, beauté, élégance, d'où vaillant, chevaleresque, puis les sens de colère, emporté, extravagant.
BIZARREMENT (bi-za-re-man), adv. D'une façon bizarre. Voilà comment Je m'entretiens bizarrement, Régnier, ÉpU.m. De notre amour bizarrement jaloux, Il veut, peut-être, en se jouant de nous, Nous effrayer.... malfil. Narcisse, ch. iv.
— HIST. xvi* s. Les dits curez, un petit plus bizarrement armez, faisoient le premier rang, Sat. lien. p. 42. || xvn* s. Ecoute ce discours tissu bijarrement, Régnier, Sat. vi.
— ÊTYM. Bizarre, et le suffixe ment.
BIZARRERIE (bi-za-re-rie), s. f. Caractère de ce
qui est bizarre. La bizarrerie des modes. La bizarrerie de l'humeur. Comprenez-vous de sa part une telle bizarrerie? Que sait-on si l'amour, dont la bizarrerie Se joue assez souvent du fond de notre cœur.... corn. Agisilas, n, 3. 11 fallait essuyer les bizarreries d'un peuple flatté, Boss. Ilisl. m, 6. Nous cherchons notre bonheur hors de nous-mêmes et dans l'opinion des hommes que nous connaissons flatteurs, peu sincères.. ..quelle bizarrerie! labruy. 4 1. Il y a assez d'injustice dans le procédé des hommes, assez d'inégalités et de bizarreries dans leurs humeurs incommodes et contrariantes, boss. La Vallière.
— hist. xvi* s. Les jeunes mulets et mules ne tettent tant longuement que les chevaux et asnes, pour leur propre naturel capricieux, lequel les mères ne peuvent souffrir plus que de six ou sept mois, sroissans en bigearrure avec l'aage , o. de serres,
— ÉTYM. Bizarre.
t BLADAGE (bla-da-j'), s. m. Terme d'ancienne coutume. Quantité de grain payée par un emphytéote pour chaque bête employée au labour.
— ËTYM. Bas-latin, bladum, blé (voy. blé). BLAFARD, ARDE (bla-far; le d ne se lie pas:
blafard et défait, dites : bla-far et défait; au pluriel, 1'* ne se lie pas : blafards et défaits, dites : bla-far et défaits; cependant plusieurs prononcent 1'* ; bla-far-z et défaits), adj. D'un blanc terne. Que les teintes des nuages soient blafardes et bvides.... chateaub. Génie, u, v, 6. Quand il arrive à un nègre de faire l'amour à une personne de cette espèce blafarde [Albinos), il est tourné en ridicule, volt. Ilelat. 478. Car la nature bonne et sage.... A fait sans le secours du tard D'un Vendôme un peu trop blafard Un Vendôme plus boau qu'un
ange, CHAOL. Au duc de Nevers. || Fig. Pour voir ce que produirait une union si blafarde [un mariage entre blonde et blond j , hamilt. Gramm. 8.
— IIIST. xiv* s. Ains suis si blaffard et si fade, Qu'il semhle qu'aie esté malade, J. bruyant dans Ménagier, t. n, p. 6. Et celui qui en ce excède et veult plaire à chescun, se il le fait de son inclinacion et volonté, sans que il tende à autre fin, il n'a pas nom approprié et par aventure peut estre appelle blafart, oresme, £1/1. 50. || xv* s. Mais s'il y a qui imputer Li vueille aucun crime ou blafarde, Lieve soy sus et plus ne tarde, Mart. de S. Etienne. || xvi* s. Leur urine est quelquefois blaflarde, et de couleur cendrée et fétide, paré, xxii, 40. L'ombre.... Luy rend un jour blafard tel qu'aux noires forêts, AM. jamyn, liv. iv, Élég. Celui qui....
— ÉTYM. Bas-lat. Uaffardus, dans un texte du xiii* siècle, nom d'une monnaie qui paraît répondre à un blanc. Ménage tire ce mot de l'allemand bleifarben, couleur de plomb; mais Diez proposa l'ancien haut-allemand blei-faro, de bleiltoableicli, pâle, et/aro, couleur (d ajouté comme dans homard). Oresme au xiv* siècle a pris blafard dans le sens figuré, de bénin , sans volonté ; etdans le xv* siècle on a donné à blafarde la signification de mauvaise action.
BLAGUE (bla-gh'), s. f. || 1° Petit sac dans lequel les fumeurs mettent leur tabac. || 2" Populairement, mensonge, vanterie.
— étym. Gaélique, blagh, souffler.
t BLAGUER (bla-ghé). ||i* V. n. Dire des mensonges, faire des contes. ||2° V. a. Blaguer quelqu'un, se moquer de lui. Ce verbe est du plus bas langage.
— étym. Gaélique, blagh, souffler, se vanter.
t BLAGUEUR, EUSE (bla-gheur, gheû-z), s. m. et/'. Celui . celle qui blague. Mot du plus bas langage.
— ETYM. Angl. blackguard mauvais drôle ; du gaélique, blaghair, vantard, de blagh, souffler.
BLAIREAU (blè-rô), s. m. || 1" Mammifère d'Europe, qui est rangé parmi les bêtes puantes (ursus mêles). L'homme n'a pu vivre comme les blaireaux et les lièvres, volt. Mœurs, Sauv. Le blaireau est un animal paresseux, défiant, solitaire, qui se retire dans les lieux les plus écartés, dans les bois les plus sombres, et qui s'y creuse une demeure souterraine, buff. Blaireau. || 2° Blaireau, pinceau fait de poil de blaireau, servant pour l'aquarelle; blaireau pied de biche, pinceau servant à vernir ou à lisser le fond sur la porcelaine. || Blaireau, savonnette à barbe faite en poil de blaireau.
— HIST. xv* s. En fiel de loups, de regnards et blereaux Soient frittes ces langues venimeuses, Villon, Bail. Il xvi* s. Quinze sanglerons, deux blereauz, troys grandz regnardz, rab. Pant. 11, 26.
— ÉTYM. L'adjectif kymri blawr, gris de fer, a été proposé; mais comment la diphtliongue aw serait-elle devenue ai? 11 y a en celtique : cornwall. bleit, loup ; gallois, blaidd ; et bas-breton, bleiz, lynx, mélange de loup et de chien; mais cela aurait donné blaideau ou blaiseau. Considérant la forme du mot qui, reproduit en latin, donnerait bladarellus, diminutif de bladarius, marchand de blé (dabladum, voy. blé), Diez y voit une dénomination figurée : le petit marchand de blé ou plutôt, comme remarque M. Malin, le petit voleur de blé, à cause des habitudes de cet animal qui, dit-on, emporte beaucoup de blé sarrasin. Dans celte étymologie, il est satisfait à la forme du mot; mais, quant au sens figuré qui aurait conduit à blaireau, il faudrait quelques intermédiaires qui manquent pour l'assurer davan-
t BLAIRIE (blè-rie), s. f. Terme de droit féodal. Redevance seigneuriale à raison de la vaine pâture.
— HIST. xin* s. Et de la blarie [produit en blé| de montarrage....DUCANGE, blaeria. No [notre] blaverie, id. ib.
— ËTYM. Bas-latin, blaeria, bladaria, de bladum, blé (voy. blé).
fBLAISEMENT (blè-ze-man), s. m. Voy. blê-
SITÉ.
BLÂMABLE (blâ-ma-bV), adj. Digne de blâme. Homme, action blâmable. De blâmables erreurs. C'est en quoi mon offense est plus blâmable encore, De tromper lâchement un mari qui m'adore, mairxt, Sophon. 1, 4.
— êtym. Blâmer.
BLÂME (felâ-m'), *. m. || 1* Expression de l'opinion, du jugement par lequel on trouve quelque chose de mauvais dans les personnes ou dans les choses. Le blâme et l'éloge. Encourir un blâme sévère. 11 ne mérite pas le blâme. Les louanges étaient pré-
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eleuses, parce qu'elles se donnaient avec connaissance; le blâme piquait au vif les cœurs généreux et retenait les plus faibles dans le devoir, doss. Hùt. m, 6. Epargnez-vous le blâme D'un coup peu convenable à la main d'une femme, rotr. Relis. m, &. || Imputer à blâme, reprocher à quelqu'un une action comme une faute. Une action ne peut être imputée à blâme lorsqu'elle est involontaire, pasc. Prov. 4. || 2° Reproche, tache. Après m'avoir chéri quand je vivais sans blâme. Qui m'aima généreux me haïrait infâme, corn. Cid, in, 4. || 3" Terme de jurisprudence. Réprimande faite par le juge.
— H1ST. xi' s. Dist Oliviers :d'ice ne sai-ja blasme, Ch. de Roi. lxxxiv. Cil qui là sont n'en, deivent aveir blasme, ib. cxxvin. || xn' s. Par ma foi, Guenes, vous avez blasme grant, Jtonc. p. 48t. || xiii* s. 11 s'en alla en une nef de marcheans et guerpi l'ost, dont il reçut grant blasme, villeh. liv. Chose que on ne puist [puisse] à mal blasme atourner, Berte, m. Et non pourquant jà pour moi ne demourra, ne je ne voel que on m'en mette blasme sus, Citron, de Rains, 402. || xv* s. Or fut moult grant blasme [action blâmable] pour les premiers, et mieux leur valsist estre ordonnés à l'ordonnance du vaillant chevalier que ce qu'ils firent, froiss. i, i, 286. Je veux bien que vous sachiez que je ne suis pas celle qui fera tel blâme [honte] à l'hostel où je demeure, louis xi, Nouv. xviii.
— ÊTYM. Voy. blâmer; provenç. 6Ja«iie;anc. espagn. blastno; ital. biasimo.
BLÂME, ÉE (blà-mé, mée), part, passé. Jeune homme blâmé par son père. Action blâmée de tous, de chacun. L'inaction de ce général, blâmée de toute l'armée. Blâmé de qui de droit. || Terme de jurisprudence. A qui le juge a fait une réprimande.
BLÂMER (blâmé), v. a. || 1" Juger et prononcer que quelqu'un est digne de blâme. La première chose dont il fut blâmé. On le blâma d'avoir ainsi parlé. Blâmer la légèreté de quelqu'un, ou quelqu'un de sa légèreté. On me blâme de ce que.... Je ne vois pas pourquoi l'on me blâme d'obscurité, desc. Rép. 3. Ne blâmez pas Perrault de condamner Homère, boil. Èpigr. 21. Ne savez- vous pas bien que je brûle pour elle, Et que me la blâmer, c'est me faire mourir? malh. v, 23. Je les blâme tous deux d'avoir tiré l'épée, Bien que le ciel ait pris le parti de César, Et que Caton soit mort dans celui de Pompée, maynard, Sonnet sur Pompée et César. Ne blâmez donc pas de fausseté ceux.... pasc. Moyens, r Je ne puis teblâmer d'avoir fui l'infamie, corn. Cil, m, 4. S'il les [ses vœux] pousse trop loin, moi-même je l'en blâme, id. Sertor. m, 2. J'ai beau vous blâmer, Lui-même il vous défend, vous excuse sans cesse, id. Suréna, i, 2. Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle, Blâmera vos frayeurs et nos légèretés D'avoir osé douter de la foi des traités, id. Rod. ni, 2. Je ne puis exciter ni blâmer son courage, volt. Ali. v, 2. || Absolument. Le sénat, dont l'approbation tenait lieu de récompense, savait louer et blâmer quand il fallait, boss. 7/t'st. m, o. || 2° Terme de jurisprudence. Réprimander quelqu'un par autorité judiciaire. || 3" Se blâmer, v. réfl. Je me blâme d'avoir été si peu prévoyant
— SYN. BLÂMER, CENSURER, RÉPRIMANDER. Il faut
d'abord même à part réprimander, qui indique le blâme infligé par le supérieur à l'inférieur, par le maître à son élève : un précepteur réprimande son élève inattentif; un ministre réprimande un employé. Entre blâmer et censurer, la nuance est que blâmer est plus éiemlu et signifie aussi bien le blâme secret que le blâme public; tandis que censurer implique toujours une certaine solennité dans la forme, comme était l'acte du censeur à Rome : vous le blâmez, j'en suis sûr; mais irez-vous jusqu'à le censurer?
— HIST. xi' s. Etaltre qui blasmed ait esté, lois de Guill. 46. Que mi parent pur mei seient blasmet, Ch. de Roi. lxxxii. || xu« s. Par eux es blasmez, Ronc. p. 14. Se il s'enfuit, n'en doit estre blâmez, ib. p. 89. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Couci, n. La peine de mon service Me veuillez guerredonner, Ou trop feriez à blasmer, ib p. 4 49. Que [car] mon langage ont blasme li François Et mes chançons, oiant les Champenois, Clesnes, Romancero, p. 83. Car tost [nous] en seriens blasme et vil tenu, Sax. xxvm. Li evesque se iunt cncuntre lui drecié; De la cruiz l'unt blasme qu'il porte, e chastié, Th. le mari. 38. En grant humilité devez à curt aler, Que nuls ne vus en puisse reprendre ne blasmer; De pes [paixj en purra l'un vers le rei niielz parler, ib. 36 || xin' s. Einsi leur failli li vesques d'Ostun et li quens Guis de Forais,
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et Pierres Bromons et maint autres assés, qui moult en furent blasme, villeh. xxxi. Moût [elle] se blasme en son cuer et forment se démente, Berte, cxi. Morans, ce dist li rois, n'en faites à blasmer [vous n'êtes pas à blâmer], ib. cxxxix. Et un pou après monsieur Jehan de Waleri revint, qui blasma le roy et son conseil de ce que il estoient en demeure, joinv. 227. || xiv" s. Ou se il se cource [courrouce] sans raison ou autrement que par raison, il est à blasmer, oresme, Eth. 43. || xv« s. Quoi qu'on lui blamast ni desconseillast, le gentil chevalier ne s'en voulut oncques delaier, fboiss. i, i, 46.
— ÊTYM. Provenç. et anc. espagn. blasmar; ital. biasimare; de blasphemare, qui prit le sens particulier de blâmer (voy. blasphémer). Blasphemare, terme ecclésiastique, ayant passé dans le langage vulgaire, y prit un sens général.
4. BLANC, BLANCHE (blan, blan-ch*; la e ne se lie pas : blanc et noir, dites : blan et noir ; excepté dans cette locution où d'ordinaire on le fait entendre : du blanc au noir, dites : du blan-k au noir; 1** au pluriel se lie: blancs et noirs, dites : blan-z et noirs. Palsgrave au xvi* siècle dit qu'on prononce blan; et au xvir\ Chiffiet recommande de ne pas prononcer le c final, même devant une voyelle), adj. || 1" Qui est de la couleur du lait, de la neige, des pétales de la marguerite. Blanc comme la neige. Cheveux blancs. Dents blanches. Bnrbe blanche. Vêtement blanc. Robe blanche. Gelée blanche. Suivre de loin de blanches voiles, Voir au ciel briller les étoiles Et sous l'herbe les
vers luisants, v. hugo, F. d'aut. 25 Quand,
selon ta prière, Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, malh. vi, 18. || Eau blanche, eau dans laquelle on a mis du son pour faire boire les chevaux. || Terme de pharmacie. Eau blanche, eau dans laquelle on a mis de l'acétate de plomb ou extrait de Saturne. || 2° Par analogie, il se dit de toutes choses dont la couleur se rapproche du blanc. Du vin blanc. Pain blanc. Delà bière blanche. Un teint blanc. || Viande blanche, le veau, la volaille, le lapin, par opposition à la viande noire ou gibier. || Sauce blanche, sauce faite avec de la farine et du beurre qu'on n'a pas fait roussir. || 3° Propre, net Mains blanches. Chemise blanche. || Fig. Mettre quelqu'un en beaux draps blancs, le mettre dans l'embarras : dit par ironie; car mettre dans des draps blancs, c'est bien mettre. || En termes de marine, cordage blanc, cordage qui n'a pas été goudronné. || Fer-blanc, tôle recouvorted'é ain. || Argent blanc, monnaieblanche, toute sorte de monnaie d'argent || Arme blanche, toute arme offensive autre que les armes à feu. || 4" Qui n'est pas assez noir, assez foncé. L'encre devient blanche. || 5° Sur quoi l'on n'a pas écrit. Papier blanc. Aussi blanche est la page où je notai mes jours; Qu'aurais-je-écrit?... lamart. Joc. h, 66. || Fig. Ah! grâce aux passions que mon coeur se retranche, Puisse toute ma vie être une page blanche! id. ib. || Fig. Donner carte blanche à quelqu'un, lui laisser toute liberté. Carte blanche, papier non écrit où l'on met ce que l'on veut. || Terme de jeu. Cartes blanches, cartes parmi lesquelles il n'y a pas de figures. J'avais cartes blanches. || Armes blanches. C'étaient jadis les armes d'un jeune chevalier dont l'écu n'était chargé d'aucune armoirie. || Blanc seing, voy. blanc-seing. || Blanc signé, voy. blancsigné. || 6" Vers blancs, vers qui ne riment pas. Poème en vers blancs. Les vers blancs sont inusités dans la poésie française. || 7* Au jeu de quilles, faire chou blanc, ne rien abattre; et, au figuré, ne pas réussir. || 8° Nuit blanche, nuit passée sans sommeil. J'ai passé trois nuits blanches. Dans ce beau bois.... nous avons des nuits blanches comme à Sceaux, volt. Lelt. vers, 6. Peut-être cette locution provient-elle du jeu où l'on fait chou blanc, où l'on amène blanc : nuit blanche, nuit où l'on n'a pas réussi à gagner du sommeil. || 9° Fig. Innocent. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, la font. Fab. vu, 1. 1| Sortir d'une affaire blanc comme neige, s'en tirer d'une manière tout à fait honorable. Mais n'est hérétique qui ne veut; il n'y a qu'à partager le différend et donner une distinction ; quelle qu'elle soit, intelligible ou non, elle rendra un homme blanc comme de la neige, montesq. Lelt. pers. 29. || Très-familièrement 11 n'est pas blanc, il sera puni, blâmé. || Fig. Se faire blanc de son épée, proprement, se justifier par sonépée, comme on faisait dans les combats judiciaires, et, par suite, se prévaloir d'un crédit, d'un pouvoir qu'on n'a pas. Et se faisant tout blanc de son épée, la font, Diable. || 10' Term« d'aaux «t foret*. Coupe
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à blanc être, coupe de bois où l'on ne réserve ni taillis ni baliveaux. On dit dans le même sens : coupe à blanc estoc, et coupe blanche. || il* Substantivement, un blanc, une blanche, homme, femme appartenant à la race blanche. Un blanc et un nègre ; une blanche et une négresse. Il y a sept lunes que les blancs de la Virginie se sont emparés de nos terres, chateaub. Atata, 319. || 12' Terme des troubles révolutionnaires de France. Un blanc, un homme du parti du drapeau blanc, de l'ancienne monarchie, de la dynastie des Bourbons. || Dans l'antiquité, faction des blancs, une des deux factions secondaires du cirque à Rome et à Constantinople. || Dans le moyen âge, les Gibelins de Florence. || Proverbes. C'est bonnet blanc et blanc bonnet; c'est-à-dire il n'y a pas de différence. || Il a mangé son pain blanc le premier; c'est-à-dire il a été heureux d'abord, il ne l'est plus. || Rouge soir et blanc matin, c'est la journée du pèlerin; c'est-à-dire, quand le ciol est rouge le soir et blanc le matin, la journée ordinairement sera belle.
— hist. et étym. Voy. le suivant.
2. BLANC (blan ; le c ne se lie pas) , s. m. || 1° La couleur blanche. Distinguer le blanc du noir. Tirer sur le blanc, être blanchâtre. Ce papier est d'un beau blanc Blanc sale, blanc dont l'éclat est terne. || Saigner quelqu'un jusqu'au blanc, le saigner jusqu'à ce que le sang devienne moins rouge; et, figurément, lui enlever ses dernières ressources. On dit quelquefois, dans le parler négligé, saigner à blanc. || Mettre à blanc, dévaliser, ruiner. Sache que dernièrement allant à la picorée, je me ruai dans la case d'un pauvre manant et non content de l'avoir mis à blanc... La seconde partie du Courrier polonais, 4649, p. 6. || Kig. et familièrement. Aller, passer du blanc au noir, passer d'une opinion à l'opinion contraire, d'une extrémité, à l'autre. Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir, boil. Sal. vin. || Si vous lui dites blanc, il répond noir; il se plaît à contredire. || Voir tout en blanc, voir les choses sous un aspect favorable. Le duc de Chevreuse toujours équanime , toujours espérant , toujours voyant tout en blanc, st-sim. 322, 209. il Mettre du noir sur du blanc, écrire, faire des livres, avec un sens de raillerie. Le voilà fier depuis q u'il met du noir sur du blanc. ||2" Substance qui sert à peindre Blanc de céruse, blanc de plomb, nom vulgaire du carbonate de plomb. || Blanc de fard ou, simplement, blanc, sorte de fard qui teint la peau en blanc. Mais elle met du blanc, et veut paraître belle, mol. ifis. in, 6. Point d'autre rouge sur son visage que celui que causait la pudeur, ni de blanc que celui que donne l'abstinence, boss. Pensées r.hrét. 43. Loin ces études d'oeillades. Ces eaux, ces Mancs, ces pommades, Et mille ingrédients qui font des teint» fleuris, mol. Éc. des F. ni, 2. || Blanc de fard est l'ancien nom du sous-azotate de bismuth. || Blanc de chaux, eau dans laquelle on a délayé de la chaux, et avec laquelle on blanchit les murailles. || Craie. Faire une croix à une porte avec du blanc. || Fig. Marquer de blanc une journée, la compter parmi les jours heureux; locution tirée de l'habitude des Romains de marquer les jours heureux avec de la craie. || Au billard, morceau de craie avec lequel on frotte le bout de la queue pour rendre les coups plus sûrs. Mettez du blanc à votre queue. Passezmoi le blanc. || X blanc, (ocut adv. De manière à devenir blanc. Chauffer à blanc, chauffer jusqu'à ce que la chaleur soit assez forte pour faire passer le métal du rouge au blanc. || Il a gelé à blanc, il y a eu une gelée blanche. || Poudré à blanc, poudré de façon que la couleur des cheveux ne se voie plus. On voit Caton poudré à blanc et Brutus en panier, j. j. rolss. llél. n, t7. || Mets au blanc, mets accommodé à la sauce blanche. 1 1 3° Vêtements blancs. Ils étaient tous vêtus de blanc, fén. Tél. ix. || Vouer un enfant au blanc, faire vœu, en l'honneur de la Vierge, de le vêtir de blanc jusqu'à un certain âge. || 4' Le blanc de l'œil, le blanc des yeux, la partie blanche de l'œil qui est formée par la portion de la sclérotique revêtue de la conjonctive. Le duc de Chevreuse rougit jusqu'au blanc des yeux, il s'embarrassa, il balbutia, st-sim. 4 92, 64. || Regarder quelqu'un dans le blanc des yeux, le regarder fixement. || Fig. lisse sont mangé le blanc des yeux, ils se sont violemment querellés. Si Sa Majesté avait la bonté de nous laisser manger le blanc des yeux, sév. 4 76. On se mange dans Paris le blanc des yeux fort mal à propos, volt. Lelt. Mme du De/fant, 24 oct. 1772. || Celui qui n'a pas de blanc dans l'œil, le diable, qui, suivant la croyance populaire, avait l'œil tout noir.|| 5° Un blanc d'œuf, la partie glaireuse, albumineuse de l'œuf. || 6° Un blanc de pou-
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let, la chair qui tient à l'estomac, dit ici pour poitrine. || 7° Terme d'imprimerie. Toute distance plus grande que l'interlignage ordinaire. || Espace libre laissé dans une pièce d'écriture. Ecrire dans les blancs. La patente de premier ministre que le roi [Louis XIII] écrivit de sa main, laissant en blanc les appointements de la place, yolt. tiœurs, M6. ie laissais aux endroits qu'ils [les bibliothécaires] n'araient pu lire des espaces en blanc, P. L. codr. i, 76. Il [M. de Bouillon] leur dit [aux envoyés d'Espagne] que son sentiment était qu'ils remplissent un blanc de l'archiduc, retz, ii, 37». || En blanc, état d'un papier où les choses essentielles ne sont pas encore écrites. Peu de gens sont disposés à signer une confession de loi en blanc, pasc. Prov. Al. || Procuration, billot en blanc, procuration, billet où on laisse du blanc pour écrire le nom du mandataire, du créancier. Endossement en blanc, endossement où l'on met une simple signature avec l'espace nécessaire pour écrire l'ordre ou le reçu. Il 8" Termede jeu. Coup nul. Amener blanc. || 9° Esoace blanc dans une cible, but. Ceux qui tirent au nlanc. M. le Dauphin tirait au blanc, sév. 202. Comme s'il eût tiré au blanc, m. 476. Tantôt on dispute un prix en tirant au blanc, j. i. rouss. Hél.
Ivi 10 Il ne levait de ban Que pour tirer quatre
fois l'an Au blanc, bérang. Yvet. || Fig. Tous ces beaux talents l'avaient rendu sans contredit le blanc (si je l'ose ainsi dire) de tous les désirs amoureux desservantes, scarr. Bom. corn, n, »9. || Terme d'artillerie. Tirer de but en blanc, tirer à la distance où, la pièce étant horizontale, le boulet, qui s'élève d'abord, vient couper la ligne horizontale qui va de la pièce au blanc. || Fig. De but en blanc, inconsidérément, brusquement. S'aller marier de but en blanc avec une inconnue, mol. Fourb. i, «. Pensez-vous aller début en blanc exposer votre ouvrage au salon? j.j. rooss. Ém. m. || 10° Anciennement, petite monnaie de cinq deniers. Six blancs valaient deux sous six deniers. Faire des tours de toute sorte, Passer en des cerceaux : et le tout pour six blancs, la font. Fabl.rx,3. || Les grands blancs sous LouisXI et Charles VIII valaient treize deniers. || Mettre quelqu'un au blanc, le ruiner, lui gagner tout son argent. || 11* Diverses acceptions d'arts et de métiers. Blanc de baleine, substance solide, blanche, onctueuse, qui ne provient pas de la baleine, ce que le nom semble indiquer, mais qu'on trouve dans diverses espèces de cachalots, notamment le physeter macrocephalus, d'où on la retire par expression. || Blanc, l'argent que le batteur d'or mêle comme alliage à l'or; le plâtre que l'on applique sur les pièces à dorer; la terre dont le salpêtre a été extrait ; le dépôt au fond des tonneaux chez les amidonniers. || Blanc d'albâtre, chaux réduite en poudre qu'on emploie dans la peinture en détrempe. || Blanc d'argent, nom, dans le commerce, du plus beau blanc de plomb (sous-carbonate de plomb). || Blancdecraie, craie délayée dans de l'eau gommeuse. || Blanc en bourre, enduit composé d'argile, de chaux.de bourre. Il Blanc d'Espagne, blanc de Meudon, sous-carbonate de chaux pulvérisé, réduit en pâte au moyen de l'eau, et moulé sous forme de pains ovoïdes ou cylindriques. || Blanc de zinc, oxyde de zinc. || 12° Blanc de champignon, nom que les jardiniers donnent à une matière blanche, d'aspect de moisissure délicate, qui se développe lorsqu'on abandonne plusieurs mois à l'air des tas de feuilles mortes, du fumier à demi putréfié et peu humide. Ces débris, ainsi préparés et mis en couches, procurent le développement de diverses espèces de champignons, de l'agaric comestible entre autres. || Blanc, nom donné par les cultivateurs à deux sortes de maladies des végétaux : le blanc sec et le blanc mielleux, l'un et l'autre formés par la réunion de plantes parasites de la famille des champignons. Melons qui ont ie Manc, la QUiNTiNTE, Jardins, t. i, p. <oo, dans richelet. H 13* Terme de botanique. Blanc d'eau, nénuphar blanc. || Blancde Hollande, variété de peuplier blanc. || 14* Terme de pêche. Le blanc, hareng salé et prêtàêtremis en caque. || Blanc, non donné à de petits poissons que les pêcheurs emploient comme appâts. || 15* Terme de manège. Ce cheval boit dans le blanc, boit dans son blanc, ou, adverbialement, boit blanc; il a le tour de la bouche blanc et le reste d'une autre couleur. I| 16* Voir en blanc, se dit, en langage vulgaire, des femmes qui sont affectées de leucorrhée.
— HIST. xi* s. Diz blanches mules fist amener Marsile, Ch. de Roi. vu. De Charlemagne qui ert chenuz et blancs, ib. xl. Que tout [il] lui tranche le vermeil et le blanc [de son écu], ib. xcix.
— xh* s. Ses confenons fu blans à or listez, Ronc.
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p. 3«. Les chefs floris, mainte barbe i out blance, ib. p. <34. Ses blanches mains, ses doigts Ions et tretis, Couci,v. Le nez moult très bien fait, lesdenz menuz et blanz, Sax. v. Dous frères blancs [deux moines blancs] mena avec sei li buens ber, Th. le mari. 48. Custume est anciene, si l'ai oï cunter, Que tuit li blanc abé de çà et de li mer, Chascun tierz an se soient à Cistaus asembler, ib. 95.
— XIIIe s. Tant ert [elle était] blanche et vermeille qu'on s'ipeùst mirer, Berte, m. La chair [elle] avoit plus blanche que ne soit blanche laine, ib. l. I! m'avoit pris à menacier, Et je le soi si enlacier De blanches paroles et pestre, Que j'en ai esté à bon mestre, Ben. »628(. Et il ara [aura] le visage et le blanc des iex rouge, alebrant, f* <o.
— xiv* s. Ce que est blanc, il est blanc as tous et par tout, oresme, Eth.WS. Froument mondé le quel on treuve sur les espiciers tout mondé pour un blanc la livre, Mènagier, n, 6.
— xv* s. Et amenèrent ce jour là en la cité de Tournay plus de dix mille blanches bestes et bien autant, que porcs, que bœufs, que vaches, froiss. i , i , 407. L'enfant qui fut tout surpris et esbahi ne sonna mot, mais devint tout blanc de paour et tout esperdu, id. n, m, 43. Il estoit si aveugle de ce duc d'Irlande que, si il dit : sire, ceci est blanc, et il fait noir, le roi ne dit point du contraire, id. n, in, 72. Je ne les prise pas deux blancs Tous les biens qui sont en amer [aimer], ch. d'orl. Bal. 88. Etoy crier plusieurs cris, La cote, la chape, vieulz draps, L'engin à prendre les souris, Pastez chaus, le sel blanc, le riz, E. deschamps, Bal. Il y en eut qui vendirent grant quantité de platz et d'escuelles d'argent pour deux grans blancs la pièce, cuydans que ce fust estaing, comm. v, 2.
— xvi* s. Si la foy décline tant peu que ce soit de ce blanc auquel elle doit prendre sa visée, elle ne retient plus sa nature, cal vin, Instit. 42 1. Nostre prieur ayme fort le blanc de chappon, rab. Garg. I, 39. Heureux celluy qui tousjours tendra on but et on blanc que Dieu nous ha prefix, id. ib. I, 68. Le sergent ne meit si hault le blanc à la butte que.... m. Pant. n, »). Les Souisses, tous armez àblanc, la juque ou poing, pourguarder la place, m. Sciom. L'archer qui oultrepasse le blanc fault, mont, i, 224. Mille routes desvoyent du blanc; une y va, m. i, 37. Peindre de mesme creon le blanc et le noir, id. i, 248. Je ne m'habille gueres que de noir ou de blanc, id. i, 261. Proculus afferma qu'il avoit rencontré Romulus armé à blanc d'armeures claires et luisantes comme feu, amyot, Bom. 45. Il n'est point raisonnable que celuy qui ne tire point attaigne au blanc, id. P. Mm. 32. Craignant leur bel equippage et la lueur de leur harnois fourbis à blanc, id. Pomp. 99. Quant aux capitulations de la paix, il voulut que les Athéniens leur envoyassent carte blanche, m. Phoc. 36. Blanc chapeau et chapeau blanc, est-ce pas tout un? marg. Nouv. xi. Par cette manœuvre la cour de Navarre changea du blanc au noir, d'aub. Vie, lxxih. Une estrange multitude de blancs-vestus [pénitents], avec le fouet à la ceinture, in. Hist. n, 330. Un vieillard tout blanc, id. ib. m, 216. Des mentelets couversde fer blanc, id. ib. m, 276. Nous ne devons les faire marcher sous les drappeaux de la croix blanche, qui leur ont servi et doivent servir encores de quintaines et de blanc, id. ib. n, 429. Vous le prenez un peu trop haut pour frapper au blanc, yver, p. 550. Le blanc des yeux, paré, Introd. 23. Et voila les pauvres médecins, chirurgiens, apoticaires et barbiers à blanc, lesquels ayans ceste marque d'avoir esté constitués à penser les pestiférés, tout le monde après les fuit comme la peste mesme, id. xxiv, <2. Blanc d'amidon, id.
— étym. Provenç. blanc; espagn. blanco; portug. branco; ital. bianco; de l'anc. haut-allem. blanch, blanc. Pour l'explication de but en blanc voy. BUT.
t BLANCARD (blan-kar) ou BLANCHARD (blanchar) , s. m. Terme de commerce. Toile blanche et légère fabriquée en Normandie et en Silésie.
— ÉTYM. Blanc.
t BLANC-AUNE (blan-kô-n") , s. m. Un des noms de l'alisier commun. || Au plur. Des blancs-aunes.
— étym. Blanc, et aune, s. m.
BLANC-BEC (blan-bèk), s. m. Terme très-familier qui désigne un jeune homme sans expérience. Il est bien honteux qu'une trentaine de blanc-becs aient l'impertinence de vous aller faire la guerre, volt. Lelt. à Cath. 96.
— rem. Voltaire a écrit des blanc-becs; Laveaux veut qu'on écrive des blanc-bec, la pluralité ne tombant ni sur blanc ni sur bec, attendu que la locu-
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tion veut dire des gens à blanc-bec; d'autres grammairiens écrivent blancs-becs. C'est cette dernière orthographe qu'il est préférable de suivre comme la plus simple; car on peut prendre figurément blancbec pour celui qui porte le blanc bec.
— ÊTYM. Blanc, bec; locution tirée de l'oiseau qui a encore le bec blanc et qui est inexpérimenté.
t BLANC-BOIS (blan-bol) , s. m. Terme d'ancienne législation. Mort-bois, bois qui ne donne aucun revenu.
t BLANC-BOURGEOIS (blan-bour-jot) , s. m. Terme de boulangerie. Farine de première qualité.
— ÊTYM. Blanc et bourgeois; c'est-à-dire blanc pour le bourgeois.
t BLANC-CUL (blan-ku) , ». m. L'un des noms du bouvreuil. || Au plur. Des blancs-culs.
— ÊTYM. Blanc, cul.
t BLANC-ÉTOC, s. m. Voy. estoc.
— ÊTYM. Étoc est une autre prononciation de estoc.
BLANCHAILLE (blan-chà-U' , II mouillées, et non blan-châ-ye) , s. f. Menu poisson blanc.
— ÊTYM. Blanc.
t BLANCHARD (blan-char) , s. m. || 1* Terme de commerce (voy. blancard). || 2° Nom vulgaire d'une espèce d'aigle.
— êtym. Blanc.
BLANCHÂTRE (blan-châ-tr'), adj. Dont la couleur tire sur le blanc.
— étym. Blanc, et dire, terminaison péjorative, ou, ici, dégradative.
BLANCHE (blan-ch'), s. f. || 1* Termede musique. Signe ou figure dont la valeur est de deux noires ou de la moitié de la ronde. || 2° Terme du jeu de billard. La bille blanche. La blanche compte moins que la rouge.
— ÊTYM. Blanc.
t BLANCHE-COIFFE (blan-che-koi-f) , s. m. Espèce de corbeau. || Au plur. Des blanches-coiffes.
— ÊTYM. Blanc et coiffe.
BLANCUEMENT (blan-che-maD), adv. D'une manière propre. On doit tenir les enfants blanchement.
— ÉTYM. Blanche, et le suffixe ment.
t BLANCHE-QUEUE (blan-che-keu) , *. f. Un des noms du jean-le-blanc, oiseau. || Au plur. Des blanches-queues.
— ÉTYM. Blanc et queue.
+ BLANCUER (blan-ché) , s. m. Tanneur de petits cuirs.
— ÊTYM. Blanc.
t BLANCHE-RAIE (blan-che-rê) , s. f. Un des noms vulgaires de l'étourneau. || Au plur. Des blanches-raies.
— étym. Blanc, et raie, ligne.
BLANCHERIE (blan-che-rie) , s. f. || 1* Voy. blanchisserie. || 2* Atelier où l'on nettoie les feuilles destinées à faire du fer-blanc.
<. BLANCHET (blan-chè), s. m. || 1° Sorte d'étoffe d'étamine. || Dans les pharmacies, petit carré de molleton de laine fixé sur un carrelet en bois, et à travers lequel on filtre les liquides épais. || Terme d'imprimerie. Morceau d'étoffe dont on garnit le tympan d'une presse, pour rendre le foulage plus égal, et pour garantir le caractère. || 2* Blanchet ou muguet, maladie de la bouche chez les enfants. || 3* Nom vulgaire de la mâche.
— HIST. xiv* s. Quatre aulnes de drap turquois retrait et retondu, un nuef blanchet doublé de toille, ducange, blanchetum.
— ÉTYM. Diminutif de blanc.
| 2. BLANCHET, ETTE (blan-chè, chè-t'), adj. Légèrement blanc.
— êtym. Diminutif de blane.
t BLANCHETON (blan -che-ton) , *. m. Variété de raisin.
— ÊTYM. Blanc.
t BLANCHETTE (blan-chè-t'), *. f. Un des noms de la mâche.
— ÊTYM. Blanchet i.
BLANCHEUR (blan-cheur) , s. f. || 1* La couleur blanche. La blancheur de la neige. La mort ne l'a point changée; cette éclatante blancheur [de son teint], symbole de son innocence et de la candeur de son âme.... boss. Harie-Thcr. 0 vous [femmes] dont la blancheur est souvent empruntée, la font. Captivité de S. Malc. || 2" Une blancheur, une marque blanche. On observe, dans diverses parties du ciel, de petites blancheurs qui semblent être de la même nature que la voie lactée, laplace, Swp.i, (3.
— HIST. xii* s. Quar tant ert granz la blancheor, Et tant ert granz la resplendor, Que le cors veei [voir] ne poeient, wace, Vierge Marie, p. 79. Et cil
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fci ne conoist la blanchor de lumière loet les obscures choses en liu de cleres, Job, 489. || xiv* s. Leur première blancheur est bien muée en fer [couleur de fer], Girart de Ross. 2)22. Aussi comme la blancheur de la nege et la blancheur de la farine sont d'une espèce, oresme, Eth. vu, )2. || xv* s. Pour la blancheur de leur glorieux estre, appert petite tache, se en eulx est, plus que très grant autre part ne feroit, christ, de pisan, Charles Y, 1, ch. 8. ||xvi"s. La blancheur decette poictrine, mont. I, 22.
— ÉTYM. Blanc; provenc. etespagn. blancor; ital. biancore. Blancheor est de blanchoyer.
BLANCHI, IE (blan-chi, chie), part, passé. || 1° Rendu blanc. Linge bien blanchi. Chemise mal blanchie. Des flots blanchis d'écume. Tête blanchie par les années. 11 est merveilleux combien vous êtes blanchi [vos cheveux sont devenus blancs] depuis deux jours, la bruy. Théophr. 2. Un jour sur ces coteaux le vigneron paisible , Mariant les ormeaux et la vigne flexible, Roulera sous ses pas des ossements blanchis, masson, Helvétiens, m. || 2* Vieilli, et, par suite, expérimenté. Et comme un vieux guerrier blanchi dessous les armes, Régnier, Épitr. il. Attale, ce grand roi dans la pourpre blanchi.... corn. Cinna, m, 4 Ne suis-je
blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? id. Cid, I, 8. Ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois, id. Cid, n, ». Ce père des chrétiens Resserré loin de nous, blanchi dans les bens, volt. Zaïre, H, 6. Je méconnais; je sais que, blanchi sous les armes.... id. Uérope, i, 3. Les papes sont presque toujours des Italiens blanchis dans les affaires, id. Louis II V, 2. Des magistrats, blanchis dans la pourpre et sur les tribunaux , i. J. bouss. Ém. n. || 3° Oui a reçu un blanc de chaux. Une muraille blanchie. || 4° En termes de l'Écriture, sépulcres blanchis, gens hypocrites. || 5° Passé à la lime ou à la meule, en parlant de pièces de fer et autres.
t BLANCII1E (blan-chie), s. f. Terme de menuisier. Planche qu'on a corroyée à la varlope.
BLANCHIMENT ( blan-chi-man) , s. m. Action ayant pour but d'enlever la math're colorante naturelle qui pénètre soit les fibres écrues du lin, du coton, du chanvre, etc. soit la cire brute, le suif, etc. || Impression des plafc.-..- et des murs en blanc de détrempe.
— hist. xvi' s. Le colombier sera blanchi en son extérieur à blanc-fin et glissant. ...j'ai estimé à propos vous donner un couple de receptes, pour la façon du blanchiment du colombier, o. de serres, 390. Cela avance leur blanchiment .... ainsi blanchit-on les cardes, et le ramage des artichaux, en....
— étym. Par syncope, pour blanchissement, de blanchir; provenç. blanquiment.
BLANCHIR (blan-chir), v. a.\) !• Rendre blanc. Blanchir les dents. Le soufre blanchit la laine. Les frimas ne blanchissent plus les prairies. L'âge a blanchi ses cheveux. Les étoiles qui composent la voie lactée et qui, parleur extraordinaire élévation, ne peuvent percer jusqu'à nos yeux pour être vues chacune en particulier, ne font au plus que blanchir cette route des cieux où elles sont placées, la bruy. <6. Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte, bac. Athal, i, I. Ce globe qui des nuits blanchit le sombre voile, volt. «• Discours. Quand les neiges viennent blanchir les Alpes et le mont Jura, id. Leur. Mme du Devant, 25 janv. )775. À peine la lumière blanchissait le fond du vallon, bern. de 8. p. VArcadie, livre n. || 2° Couvrir d'une poudre blanche, d'un enduit blanc. Elle s'est blanchi le visage. Les femmes emploient la céruse pour se blanchir le teint. || Fig. On a beau blanchir le sépulcre plein de pourriture et d'infection, mass. Lazare. || 3° Nettoyer, laver. Blanchir quelqu'un, c'est-àdire blanchir son linge. || Absolument. Cette femme blanchit bien, elle fait bien les blanchissages. || 4° Fig. Disculper. Il est selon mon cœur de hasarder une opinion qui tende à blanchir un personnage illustre, dider. Essai sur Claude. || 5° Terme de menuisier. Blanchir une planche, enlever la superficie qui est ordinairement sale et plus foncée. Il En termes de cuisine, donner une première cuisson dans l'eau bouillante. Blanchir de la viande, des fruits. || Terme de jardinage. Blanchir du céleri' de la chicorée, en faire blanchir les feuilles vertes en les liant les unes contre les autres. || 6° Administrer une cure palliative qui ne fait que masquer les symptômes, par exemple, de la syphilis chez l'homme, de la morve chronique chez le cheval. Il n'a pas suivi le traitement assez longtemps, il n'a été que blanchi. || 7° Donner de l'éclat. Les
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orfèvres blanchissent leurs ouvrages. || Nettoyer, fourbir. Il avait donné son argenterie à blanchir. Sitôt que nous nous mîmes à table, il alla emprunter trois cuillers de bois, et nous dit qu'il avait donné les siennes d'argent à blanchir, regnard, Voy. de Pologne, t. iv, p. 4)8, Paris, Marne, )8)0. || Étamer le plomb au feu ou le couvrir de feuilles d'étain. || Limer avec une grosse lime le fer sorti de la forge. || Blanchir la fonte, la décarburer dans l'affinage. || 8° Terme d'administration forestière. Blanchir un arbre, en enlever une portion d'écorce pour y mettre l'empreinte du marteau. || 9" Terme de typographie. Augmenter le nombre des interlignes. || 10° Y. n. Devenir blanc. Cette toile blanchira. Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames, rac. Iphig.l, &. [La montagne] Montrait son front pointu de neiges blanchissant, Régnier, Ép. i. L'eau blanchit sous la rame et le
vaisseau fend l'onde, delille, En. v, )052 X
peine au loin la voile.... Blanchit en ramenant le paisible pêcheur, lamart. Mèd. il, 2. || 11" Devenir blanc, en parlant des cheveux, de la barbe. Vos cheveux ont un peu blanchi, fên. Tél. ix. Bonne maman, consolez-vous; Vous ne blanchissez pas encore, bêrang. B. maman. Chaque âge a ses humeurs, son goût et ses plaisirs, Et comme notre poil, blanchissent nos désirs, Régnier, Sat. v. || Fig. Passer un long temps dans un emploi , dans une occupation. Blanchir dans le service, sur les livres, sous le harnais. Malgré tout cela je ne décide pas; je le laisse à ceux qui ont blanchi sur ces importantes questions, vauven. Espr.hum. 37, Amour. Ces pères des Romains, vengeurs de l'équité, Ont blanchi dans la pourpre et dans la pauvreté, volt. Brut, i, 2. || 12° Ne pas réussir. Les douceurs ne feront que blanchir contre moi, mol. Dép. am. v, 9. Voilà des raisons qui ne valent rien; tout cela ne fait que blanchir, id. Crit. de l'Éc. des f. 7. La rhétorique de l'un ne fit que blanchir auprès du beau sexe, hamilt. Gramm. 9. Mais tout cela [ces avances] ne faisait que blanchir, la font. Faucon. Jamais rien n'a pu le fléchir: Vers, prose, soins et complaisance, Discrétion, persévérance, Tout cela n'a fait que blanchir, pavillon, p. )3. || 13° Se blanchir, r. réft. Se salir avec quelque chose de blanc. Il s'est blanchi contre la muraille. || 14° Fig. Se disculper. Il n'a pas eu de peine à se blanchir. || Proverbe. Tête de fou ne blanchit jamais, c'est-à-dire ceux qui sont par caractère exempts de préoccupations, ont rarement les cheveux blancs.
— hist. xv* s. Qu'on ne dise mie que je le blanchisse trop, pour faveur ou pour amour que aie à lui, proiss. n, m, 6). || xvi* s. Tu verras tost par force de ramer Autour de toi blanchir toute la mer, dubell. îv, 22, verso. EU' prit son tein de beaux liz blancbissans , id. m , 8 , recto. Les lièvres que la neige blanchit aux montagnes, mont, i, )02. J'ay honte que desjà les douleurs inhumaines Me blanchissent le poil sans le congé du temps, la boétie, 620. Le lendemain sera lavée la face avec eau rose, blanchie avec du son, paré, xxv, 45. Ce poulcier, en blanchissant l'air, troubloit la veuê , amyot, Eum. 34. Toute la bravoure de Bertrand ne fesoit que blanchir contre eux, if. s. du G. ch. )2. Blanchir paroy noire, Proverbe dans gênin, Récréations, t. n, p. 235.
— ÉTYM. Blanc; picard, blankir; provenç. blanchir ; anc. cat. blanquir.
f BLANCHIS (blan-chi), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce de coche pratiquée avec la serpe aux arbres qui doivent être coupés.
— ETYM. Blanchir.
BLANCHISSAGE (blan-chi-sa-j'),». m. || l'Action de nettoyer le linge. Tout mon linge est au blanchissage. || 2° Action de raffiner le sucre.
— ÉTYM. Blanchir.
BLANCHISSANT, ANTE (blan-chi-san, san-f), adj. Qui devient blanc, qui paraît blanc. Les flots blanchissants. Des collines blanchissantes. La rive au loin gémit blanchissante d'écume, rac. Iphig. v, 6.
BLANCHISSERIE (hlan-chi-se-rie), s. f. Lieu où l'on blanchit des toiles, de la cire, le linge, etc.
— HIST. xv's. Devant les boutiques de la leuderie et blanquerie de Beseirs, du cange, blanqueria.
— ÉTYM. Blanchir.
BLANCHISSEUR, EUSE (blan-chi-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui blanchit du linge. Blanchisseuse de gros, blanchisseuse de fin, celle qui blanchit le gros linge, le linge fin. [Elle] envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, boil. Sat. x. || Il porte le deuil de sa blanchisseuse, se dit d'un homme qui a une chemise, une cravate sales.
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|| Blanchisseuse de tuyaux de pipe, se dit, en langage trivial, d'une femme de mauvaise vie.
— ÊTYM. Blanchir; picard, blankisseux.
i BLANCHOEUVRIER (blan-cheu-vri-é), *. m. Terme de commerce. Fabricant et marchand de gros outils tranchants.
— ÊTYM. Blanc (dans le sens des armes blanches), et ouvrier. Blanche-oeuvre dans l'ancien français signifiait des outils tranchants. Plusieurs ferremens que Tendit blanche euvre, oustils et habillemens servans, nécessaires et convenables au mestier de tonnelier, du cange, foretum.
f BLANCUOT (blan-cho), *. m. Espèce de piegrièche.
— ÊTYM. Diminutif de blanc.
t BLANCHOYER (blan-cho -ié), v. n. Avoir un reflet blanc. L'on voit avec horreur d'antique3 ossements Blanchoyer à travers de pompeux ornements, masson, Les Utivétiens, v.
— rem. Ce verbe, fait d'ailleurs comme verdoyer, est très-bon, et, bien qu'il ne soit pas dans le Dictionnaire de l'Académie, il n'est jamais tombé en désuétude.
— hist. xm* s. Ils regardent, si voient le bliaut blanchoier, Berte, SB. Quant il vit l'eve blanchoier, Ren. 28099. Et sa gorge si descoverte Que parmi outre la chemise Li blanchooit sa chair alise, la Rose, ))80. || xtv* s. De toile sont vestu que je voi blanchoier, Guesclin, 222)9.
— ÊTYM. Blanc ; provenç. blanquejar; espagn, blanquear; portug. branquejar ; ital. biancheggiare.
t BLANC-MADAME (blan-ma-da-m') , *. m. Variété de raisin.
BLANC-MANGER (blan-man-jé), t. m. Terme de cuisine. Espèce de gelée qui se fait communément avec du lait, des amandes, du sucre et de la colle de poisson. || Au plur. Des blancs-mangers.
— HIST. xm° s. La sele qui au cheval fu Estoit faite d'un blanc-mangier, FabJt'aux,BARBAZAN, Liv, p. 7). || xiv° s. Blanc mengier de chapons pour malades, Uénagier, n, 5. ||xvrs. Poules bouillies et graz chappons on blanc manger, rab. Pant. iv,59.
— ÊTYM. Blanc, manger.
t BLANC-PENDARD (blan-pan-dar) , s. m. Nom vulgaire de la pie-grièche. || .du plur. Des blancspendards.
— Etym. Blanc, et pendard, à cause des déprédations de cet oiseau.
t BLANC-PLOYANT (blan-plo-ian), s. m. Défaut du fer qui le rend peu propre à passer à la fibère.
tBLANC-POUDRÉ, ÉE(blan-pou-dré, drée), adj. Poudré à bla»c. || Substantivement. Nos blanc-poudréssont convaincus De tout ce que vous savez faire, volt. Roi de Prusse, 4)4. Mon Dieul que je fus aise, quand j'appris que le théâtre était purgé de blanc-poudrés coiffés àl'oiseau royall in.LeUr. d'Argental, )8juin )759. || Au plur. Des blanc-poudrés, sans s à blanc, parce que ce sont non des blancs qu'on a poudres, mais des gens poudrés à blanc.
— ÊTYM. Blanc, poudré.
f BLANC-RHASIS (blan-ra-zis') ou, par corruption, BLANC-RAISIN (blan-rè-zin), s. m. Terme de pharmacie. Onguent pour la brûlure.
— HIST. xvi* s. Il se réduit en blanc de plomb, de quoy la ceruse est faite, et blanc rasis.qui est la plus blanche de toutes les drogues, palissy, 4).
— ÉTYM. Raisin est une altération de Rhasis ou Rhasès, médecin arabe qui vivait dans le xn* siècle.
BLANC-SEING (blan-sin), s. m. Mandat en blanc au bas duquel est apposée une signature, et que l'on confie à quelqu'un pour qu'il le remplisse. || Au plur. Des blancs-seings. »
— REM. L'Académie écrit blanc seing, sans trait d'union. Au mot blanc où elle donne blanc seing, il n'y a point d'exemple du pluriel; mais, iseing, elle écrit des blancs seings. Comment y considère-t-elle blanc? Seing veut dire signature; les blancs seings, avec cette orthographe, seraient donc des signatures blanches, ce qui n'est pas le sens; car le blanc seing est un papier blanc signé. Blanc seing doit s'expliquer par signature sur blanc, et l'orthographe devrait être des blanc-seings ; à moins qu'on ne suppose que, par catachrèse, seing signifie ici papier signé, et le tout papier blanc signé; ce qui permettrait d'écrire, au pluriel, blancs-seings.
— ÉTYM. Blanc, seing.
BLANC-SIGNË (blan-si-gné) , *. m. Le même que blanc-seing, qui est actuellement plus usité. Je reviens à Paris avec trente-deux blancs-signés de
M. le comte, retz, i, 37 C'est un blanc-signé
Qu'autrefois par larcin je pris au roi mon père, MAiR. Solim. i, 5. Le roi, ayant pris parti, envoya
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son blanc-signé à M. de Bouillon pour terminer le procès comme il lui plaisait, st-sim. (67, 63. Auguste donna à son ambassadeur ses pleins pouvoirs et son blanc-signé, volt. Charles II I, 3.
— REM. L'Académie, qui donne cette locution à blnnc, écrit, sans trait d'union, blanc signe; elle n'indique pas le pluriel; il doit être des blancs signés, c'est-à-dire des papiers blancs signés.
— HIST. xv" s. Qui avoit des blancz signez pour son maistre, comm. i, 2. || xvi* s. Blancs-signez , carl. v, 3.
— ÉTYM. Blanc, signé.
t BLANCS-MANTEAUX (blan-man-tô) , s. m. plur. Moines appelés autrefois Guillemites, établis à l'aris.
— ETYM. Ainsi dits à cause de leur habit blanc, t BLANC- SOUDANT (blan-sou-dan), s. m. La
dernière teinte que prend une barre de fer avant sa fusion ; elle passe d'abord au rouge , puis au rouge cerise, au rouge blanc, et enfin au blanc-soudant. || Adjectivement et invariable, la couleur blanc-soudant. Donner une chaude blanc-soudant, legoarant.
— ÊTYM. B'anc, et sans doute souder.
t BLANC-TAPIS (blan-ta-pi), s. m. Anciennom d'une maison de jeu. || Au plur. Des blancs-tapis.
— ÊTYM. Voy. TAPIS.
t BLANDICES (blan-di-s'), t. f. plur. Flatteries pour gagner le cœur; charmes, jouissances. Je trouvais à la fois dans ma création merveilleuse toutes les blandicesdessenset toutes les jouissances de l'âme, chateaubr. dans le Dict. de poitevin. || Vieux.
— hist. xv s. Adulacion n'est autre chose, fors, fainctement par mençonge, loer au try par con trouvée blandice , christ, de pisan , Hist. de Ch. V, part, ii, ch. «8. || xvi* s sans avoir pu estre esmue par la mémoire des blandices, compagnes d'un nouveau mariage, yver, p. 666. Toutes ces blandices ne sont qu'autant de pièges à leur liberté , mont, dans le Dict. d« poitevin.
— ETYM. Blanditias, deblandiri, flatter, faire des caresses. Au reste, blandir était un ancien verbe : xni" s. Tant [il] les blandi et losenga Que avoec lui les a menés, Lai de Uelion. Dame Hersent lor vint devant, Si les a blandiz et proiez, iien.457. ||xv" s. Es grans cours fault souvent faire le sourt, Qu'on ne voit rien, et qu'on ne scet parler, Autrui blandir.... E. deschamps, De la manière d'entre à la cour. Le substantif blandices et le verbe blandir sont à regreiier.
i. BLANQUE (blan-k'), s.f. || 1* Jeu en forme de loterie, et dont les billets gagnants correspondent à des chiffres déterminés. Ainsi qu'en une blanque où par hasard on tire, Régnier, Sat. m. || Fig. Hasard. Xla blanque , à tout hasard. Cette locution a vieilli. || 2° Dans les jeux où l'on tire au sort, coup où l'on n'amené rien.
— ÉTYM. Bianca, ainsi dite de bianco , blanc (voy. ce mot), parce que les billets blancs y sont plus nombreux que les billets noirs.
t 2. BLANQl E (blaD-k'), t. f. Variété de raisin.
•f BLANQUET (blan-ké), s. m. || 1° Terme de pêche. Blanchaille. || 2'Terme d'agriculture. Maladie des jeunes oliviers. || 3° Poire d'une médiocre qualité.
— ÉTYM. Autre forme de blanchet.
BLANQUETTE (blan-kè-f), s. f. || i" Petite poire
qui a la peau blanche. || 2° Sorte de raisin qu'on nomme autrement chasselas doré. || 3" Petit vin blanc et pétillant du Languedoc. Blanquette de Limoux. || 4° Ragoût de veau ou d'agneau à la sauce blanche. Se nourrir d'une blanquette de veau, volt. Dial. te. || 5" Sorte de soude qui se prépare en France. || 6" Produit de la première distillation de l'eau-de-vie.
— hist. m* s. Sur tous lesquels vins paroissent les musquats et blanquetes de Frontignan et Miravaux en Languedoc, o. de serres, <45.
— ÊTYM. Blanc.
fBLANQUIER (blan-kié), s. m. Ouvrier qui fait des mouvements d'horlogerie en blanc
| BLANZÉ (blan-zé), s. m. Variété de blé du nord de la France.
— ÊTYM. Brace, blé, mot qui, dans les auteurs latins, est donné comme gaulois (voy. brasser t).
BLAQUE (bla-k'), s. f. Voy. blague.
t BLAQUET (bla-kè), i. m. Terme de pêche. Fretin qui sert à amorcer les lignes; et aussi petits poissons bons à manger. A Dieppe on vend du blaquet.
— ÉTYM. Autre prononciation de blanquet. BLASÉ, ÉE (bla-zé, zée), part, passé. Un homme
blasé. Un estomac blasé. Vous ne ramènerez pas au vin de Bourgogne des gens blasés qui s'enivrent de mauvaise eau-de-vie, volt, ietir. Toui aille,
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6 juill. < 77*. || Blasé par les voluptés. Je frémis lorsque j'entends un de ces citoyens, blasé sur les plaisirs, se dire : je m'ennuie.... dider. Ess. sur Claude, liv. H. Ainsi la pointe de la douleur est émoussée, non que le cœur soit blasé, non que l'âme soit aride.... stael, Corinne, liv. il, ch. 4. Enfin, ivre, énervé, ne sachant plus que faire, Sans haine, sans amour, et toujours, 6 misère I Avant la fin du jour blasé du lendemain, v. hugo, Crépuscule, t3.
BLASER (blâ-zé) , v. a. || 1" Ëmousser les sens par des excès de jouissances. Sans risquer de leur blaser le palais, 1. 1. rouss. Ém. n. || 2° Fig. Au moral, rendre à la longue le cœur insensible à ce qui devrait le toucher. Celui-ci est blasé par l'excès des plaisirs, celui-là par l'habitude de la honte. || 3° Se blaser, v. réfl. Mme de Vendôme mourut le 1 1 avril, sans testament ni sacrements, de s'être blasée surtout de liqueurs fortes, st-sim. 484, 4. || Fig. Se blaser sur les vrais plaisirs. || On dit se blaser de, et se blaser sur.
— ÊTYM. Origine douteuse. On trouve, dans Du Cange, blas, sot, dépourvu de sagesse; mais le sens ne se prête pas à la dérivation; il n'en est pas de même de l'anglo-saxon blase ou blxse, brandon, anglais, toblaze, brûler, bas-latin blaserius, incendiaire. Le sens propre de blaser paraît être brûler; c'est celui que lui donne St-Simon dans l'exemple ci-dessus rapporté; et dans plusieurs provinces blaser est un terme pour signifier brûler, dessécher, lorsque cet effet est produit par l'usage excessif des liqueurs fortes. Faudrait-il rapporter à blaser cet exemple du xiv" siècle : Prince, après ce qu'on eust mangié Et bu tant qu'on estoit blecié, Vont estuver li pèlerin , viriville, Isabelle de Bavière, p. ».
BLASON (bla-zon), t. m. || 1° L'ensemble de ce qui compose l'écu armoriai. Un antique blason. On prendrait la poule d'eau pour un oiseau en blason, tombé de l'écu d'un ancien chevalier, chateaub. Génie, i, v, 7. L'étranger briserait le blason de la France! v. hugo, Odes, m, 7. D'après mon blason Je crois ma maison Plus noble ma foi Que celle du roi, bërang. Carab. || 2° La connaissance de tout ce qui se rapporte aux armoiries. La langue du blason, qui se lie à l'histoire et à l'archéologie, se lie aussi à l'étude du français à cause du nombre de mots anciens et de vieilles formes qu'elle a conservés. || 3" Blason des couleurs, explication de ce que les couleurs signifient, comme l'argent qui est le blanc signifie espérance, pureté, innocence, humilité.
— HIST. xii" s. Teinz ne blasons ne le puet contrester, lionc. p. 61 . De sous la boucle [îlj li perce le blazon; El cors li met le pan del confanon , Baoul de C. 98. || xiii* s. Et se ferirent sous les blasons si roidement que il rompirent poitraus et chaingles [sangles] et se portèrent à terre par dessus les crupes des chevaus, Chron. de Rains, p. 65. Quiconques veut estre blasonier à Paris, c'est assaveir ouvreras et cuireres de selles et de blasons , estre le puet, Liv. des met. 2(9. || xiv" s. Les lances en leur poins.au col le blazon, raynouard, irrigue. || xvr s. Aussi n'est-il blason, tant soit infâme. Qui sceust changer le bruit d'honneste femme, Et n'est blason, tant soit plein de louange, Qui le renom de folle femme change , marot, ii, 66. Il feit honorablement inhumer les os de ceulx qui estoient morts en ceste guerre, et luy mesme feit le blason funèbre à leur louange selon la coustume, amyot, Péric. 64. On treuve encore aujourd'huy un blason ou harengue funèbre qu'il feit devant le peuple à la louange de son filz, id. Fab. 3. Phebus lui donna l'esprit poétique pour repondre promptement en se défendant contre le blason que sa dame avoit si finement et deliberéement songé contre lui, desper. Contes, lxvi.
— ÉTYM. Provenç. blexo, bliso; espagn. blason, armes et gloire; portug. brasâo; ital. blasone. Blason signifie bouclier, écu, et armes peintes sur l'écu; puis, sens perdu aujourd'hui, louange ou blâme. D'après Diez, del'angl. s&x.blasse, flambeau, d'où éclat, écu orné; d'après d'autres, de l'ail, blasen, sonner du cor. Le sens premier est écu orné.
BLASONNÊ, ÉE (bla-zo-né, née), part, passé. || 1° Expliqué conformément au blason. || 2" Moqué, blâmé.
t BLASONNEMENT (bla-zo-ne-man) , s. m. Action de déchiffrer les armes d'un écu.
— ÊTYM. Blasonner.
BLASONNER (bla-zo-né), v.a. || 1° Expliquer le blason ou les parties des armes d'une maison ou d'une province en termes propres et suivant l'art. || Expliquer le sens des symboles, de l'émail, des figures du blason. || 2° Fig. et familièrement, médire, blâmer, critiquer. On l'a blasonné à la cour
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et à la ville. Ainsi l'ont dit les malins huguenots, Oui du papisme ont blasonné l'histoire, volt. Mule du pape, jl 3° Se blasonner, v. réfl. Être expliqué suivant le blason. Les armes de France se biasonnaient ainsi : trois fleurs de lis d'or en champ d'azur, deux en chef et une en pointe.
— HIST. xv" s. Luy remontrant le droit qu'il avoit en ce beau royaume de Naples, qu'il luy sçavoit bien blasonner et louer, comm. vu, 2. Par sainte Marie la belle, Je l'ay armé et blasonné, Si qu'il le m'a presque donné, Patelin. Mademoiselle, dit-il, vous blasonnez très-bien mes armes; je ne sais qui vous meut, car je ne vous ai pas fait déloyauté que je sache, louis xi, fiouv. xxxi. Les vertus ne doivent estre celées ne esteintes, mais en commune audience publiquement blasonnées , id. t'6. xxxiv. || xvi" s. De moy mesdit par tout injustement, Et me blasonné, marot, i, 379. Onr, ne voulut Charicles luy donner Dix escus seuls, pour.ne le blasonner D'estre l'aisné des enfans de sa mère, amyot, Nicias, 7. Je vous recommande par testament que vous ne laissiez point perdre les vieux mots et que vous les défendiez contre ces marauds qui ne tiennent pas élégant ce qui n'est point ecorchédu latin et de l'italien, et qui aiment mieux dire collauder, contemner, blasonner, que louer, mépriser, blasmer, d'aubigné, Préface des Tragiques.
— ÊTYM. Blason; ital. blasonare. Onvoitqued'Aubigné biâme blasonner , au sens de dire du mal (ou du bien), comme un mot nouveau tiré de langues étrangères. Il se trompait en cela, et le mot est beaucoup plus ancien qu'il ne croyait.
t BLASONNEUR (hla-zo-neur), s. m. \\ 1" Celui qui blasonné. Les anciens blasonneurs, les vieux auteurs qui ont écrit du blason. || 2° Celui qui critique, qui censure.
— HIST. xvi* s. Aux grands assauts acquiert on le» honneurs, Et tant plus sont aigres les blasonneurs, Plus le constant a de los méritoire, marot dans