BESCHERELLE
BLASPHÉMATEUR, TRICE (bla-sfé-ma-teur, tri-s'), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui blasphème. Le dieu, poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ces obscurs blasphémateurs, le franc de pomp. Odes, m, t. Mais du Dieu trois fois saint notre injure est l'injure ; Faut-il l'abandonner au mépris du parjure, Aux langi.as du sceptique ou du blasphémateur? lamart. Harm. l, e.\\i"Adj. Des cris blasphémateurs.
— hist. xu* s. Li homicides et li blastemeres de très cruele mort mori , tlacltab. n, ch. 9. || xv* s. Par l'opinion et délibération desquels trouvèrent les dits juges icelle Jeanne superstitieuse, devineresse de diables, blasphemeresseen Dieu et en ses saints et saintes, monstrel. h, ch. t05. ||xvi*s. Quelque disciple de Porphyre, ou autre blasphémateur, calv. Instit. 783.
— ÉTYM. Blasphémer; provenç. blasmaire, blasmador; ital. biasimatore. L'ancien français blaslemere est au nominatif; le régime est blaslemeor. En provençal aussi, blusmaire est au nominatif, et blasmador au régime.
BLASPHÉMATOIRE (bla-sfé-ma-toi-r") , adj. Qui contient des blasphèmes. Écrit, proposition blasphématoire. Ne crains point les paroles blasphématoires des officiers du roi d'Assyrie, volt. PIM. iv, 419.
— HIST. xvi* s. Nostre arrogance nous remet tousjours en avant cette blasphemeuse appariation ,mont. ii, 268. Quelcun possible dira que je n'ay pas encore amené raison, pour refréner ceste excuse blasphématoire que je condamne, calv. Instit. 766.
— ÉTYM. Blasphémer.
t. BLASPHÈME (bla-sfê-m') , s. m. || 1° Paroles qui outragent la Divinité , la religion. Dire, proférer des blasphèmes. Il vomit des blasphèmes contre le Très-Haut, boss. Hist. u, 6. Si par son repentir, favorable à soi-même, De sa voix sacrilège il purge le blasphème, rotr. St-Gen. v, 6. Une femme.... peut-on la nommer sans blasphème? rac. Alliai, u, 2. || 2° Par exagération, propos qui outrage. C'est un blasphème de parler de lui comme vous faites. U disait qu'on n'avait jamais proféré un si grand blasphème contre l'amitié.
— HIST. xu* s. Il ne dit mie blafeme el saint Espirit, et por ceu a-il conceut miséricorde, st bern. 558. || xivs. Pour diffamer Testât d'icellui suppliant et donner blasphème deshonnorable, du cange, blasphemare. || xvi" s. De peur qu'ils ne tresbuchent en blasphème irrémissible , calv. Instit. 782. Blasphèmes énormes, id. ib. 783. Ohl l'ay je dit?helasl l'ay je songé, Ou si pour vray j'ay dit blasphème telle, laboêtie, 44g.
— étym. Voy. blasphémer; provenç. blasphème.
BLA
+ ». BLASPHEME (bla-sfê-m*) , s. m. S'est dit quelquefois pour blasphémateur. De Volgesie enfin, cette aimable héritière.... Qui m'a vu renverser, sacrilège et blasphème. L'image du soleil qu'elle adore ellem'me, peyraud de beaussol, Arsacides, m, 3. || Inusité.
BLASPHEME. BB (bla-sfé-mé, mée), part, passé. Outragé par le blasphème. Dieu veut être aimé; Il venge tôt ou tard son saint nom blasphémé, rac. Alh. ii, 7. Nos frères gémissants, notre Dieu blasphémé, volt. Fanât. I, 4.
BLASPHEMER (bla-sfé-mé. L'accent aigu se change en accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il blasphème ; excepté au futur et au conditionnel : il blasphémera, il blasphémerait; ce qui fait une anomalie regrettable), v. n. || 1" Proférer un blasphème, des blasphèmes. La reine alors sur lui jetant un œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche, rac. Athal. n, 2. C'est blasphémer contre la Providence, massillon, Af/lict. C'est cette vertu même à nos désirs cruelle Que vous louiez alors en blasphémant contre elle, corn. Poly. n, 2. || 2* Par exagération, tenir des propos injurieux ou malveillants. || 3° Prononcer des jurements. || Il se conjugue avec l'auxiliaire arot'r. || 4° V. a. Outrager par le blasphème. Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer, rac. Athal. m, 4. Ils blasphèment le nom qu'ont invoqué leurs pères, id. ib. i, t. Et si l'impie Aman X blasphémer le nom du Tout- Puissant Voulait forcer votre bouche timide, id. Usiner, it, ». Ces hommes, qui, selon le langage de l'apôtre, blasphèment tout ce qu'ils ignorent, flêcii. n, 1 14. Ils ne parlent de Dieu que lorsqu'ils le blasphèment, ro. Serm. i, 72. Il [St-Paul] blasphémait Jésus-Christ, et il va le prêcher dans les synagogues, id. i, p. )62. Oser blasphémer tout haut qu'il n'y a point de Dieu, mass. llcsp. Des hommes impies qui méprisent toute domination, blasphèment la majesté.... id. Carême, Vérité de la relig. Des enfants d'incrédulité que Dieu a livrés à la vanité de leurs pensées, qui blasphèment ce qu'ils ignorent, mass. ib. Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu que tu blasphèmes, volt. Zaïre, H, 3. J'ai quelquefois, aux jours de l'infortune, Blasphémé du soleil la lumière importune, lamabt. tiédit, i, 24. || En un autre sens et figurément, blasphémer ce qu'on ignore . parler avec mépris d'une science ou d'un art qu'on ne connaît pas.
— HIST. xvi' s. Qui m'eust, helasl qui m'eust sceu recognoistre, Lorsqu'enragé, vaincu de mes ennuis, En blasphémant ma dame je poursuis? la boetie, 447.
— ÊTYM. Provenç. blasfemar, blastemar, blastomar, btastimar; anc. catal. blastemar; espagn. blasfemar ,-ital. beslemmiare ; du latin blasphemare, du grec fJXa<7fr,|ieiv, de pXâTtteiv, léser, nuire, et de çiiuri, réputation, en latin, fama(voy. fameux). Blasphémer a été fait tardivement sur blasphemare qui, à l'origine, avait donné blasmer, aujourd'hui blâmer.
t BLASTE (bla-sf), s. m. Terme de botanique. Partie de l'embryon à grosse radicule qui se développe par l'effet de la germination.
— ETYM. B/otorè;, germe.
t BLASTÈME (bla-stê-m'), s. m. Terme d'anatomie générale. Espèces de substances amorphes liquides ou demi-liquides, épanchées entre les éléments ou à la surface d'un tissu.
— ÊTYM. BXi5Tnu.a, germination, à cause du rôle de production que les blastèmes jouent ou peuvent jouer à l'égard des tissus.
t BLASTODERME (bla-sto-dèr-m'), s. m. Terme d'embryologie. Pellicule se développant sur le germe , et formée de deux lames, dont l'externe constituera la peau , et dont l'interne est le principe de l'intestin.
— ÊTYM. BXokttoç, germe, et 5tpu.a, peau.
t BLASTODERMIQUE (bla-sto-dèr-mi-k'), adj. Qui a rapport au blastoderme.
— ÊTYM. Blastoderme.
t BLASTOPHORE (bra-sto-fo-r") , ». m. Terme de botanique. Partie de l'embryon macrorrhize qui soutient le blaste.
— ÊTYM. Blaste, et copie, qui porte.
fBLATER (bla-té) ou BLATRER (bla-tré), v. a.
Terme de commerce. Sophistiquer le grain.
— ÊTYM. Même radical que blatier.
t BLATÉRER (bla-té-ré), v. n. Se dit du cri du Délier, du chameau.
— ÊTYM. Latin, blaterare.
BLATIER (bla-tié; l'r ne se lie pas; au pluriel l's se lie: les blatiers au marché, dites : les bla-tié-zau marché), s. m. Celui qui vend du blé sur les marchés. || Adjectivement. Marchand blatier.
BU
— HIST. xui* s. Se estagier de Paris achetait blé por revendre, et blatier ou talemelier viegnent seur le marchié, Liv. des met. 18. Quieonques veut estre blaetiers, c'est à savoir venderes de blé, et de toutes autres manières de grain bon et beau, t'6. 20. || xv* s. Et [les Anglois] estoient sur penneaux assez de pareille façon que portoient les blatiers du pays de France,' monstrel. liv. I, chap. 203. || xvi* s. Desjà l'Esté et Cere3 la bletiere.... rons.
— ÊTYM. Bas-lat. bladarius, du bas-lat. bladum, blé (voy. blé). . .
BLATTE (bla-f), s. f. Insecte nocturne qui vit dans les maisons et ronge les aliments et les étoffes, etc. (orthoptères).
— HIST. xvi* s. Les ratz et blattes ou, affin que je ne mente, aultres malignes bestes, avoyent brousté le commencement [du livre], rabel. Garg. chap. i, à la fin.
ÊTYM. Blatta, nom en latin de cet insecte.
BLAUDE (blô-d'), s. f. Nom donné dans plusieurs provinces à la blouse.
— HIST. xi* s. Et est remés en son blialt de paile, Ch. de Roi. xx. |] xu* s. Guenes remest [reste] en un bliaut de pris, Bonc. p. 24. Vestu [il] ot un bliaut à enseignes d'orfrois, Sax. xxxm. Del dos li traient le bon hauherc doublier; Camoisé ot le bliaut de quartier, Raoul de C. 62.
— ÊTYM. Bourguig. et Berry, biaude; picard, bleude; provenç. blial, bliau, blizaut; espagn. brial. L'ancien bliaut, qui était un vêtement même pour les seigneurs, paraît répondre, en tant que mot, à la biaude, vêtement des paysans et des ouvriers. Bliaut se trouve dans l'ancien allemand sous la forme blialt, bliât, étoffe, sens qui est aussi dans l'ancien français : Cote ot d'un blanc bliaut, Berte, p. 3*. Mais blialt ne paraît pas avoir de racine en allemand ; de sorte que l'origine de notre mot demeure inconnue.
fBLAVELLE, (bla-vè-1') ou BLAVÉOLE (blavé-o-1'), s. f. Un des noms vulgaires du bluet.
— ÊTYM. Bleu, qui dérive de l'allemand blau, d'où blav dans certains dérivés.
f BLA VET (bla-vè), s. m. Espèce de champignon comestible.
BLË (blé), s. m. || 1* Nom vulgaire du froment ordinaire (graminées) avec le grain duquel on fait
le pain Qui voulait bien abattre ses murailles,
Qui fit avec le feu la moisson de ses blés, rotr. Anlig. iv, i. || Les grands blés, le froment et le seigle. Les petits blés, l'orge et l'avoine. || Blé noir, blé rouge, le sarrasin. || Blé de Turquie, blé d'Espagne, blé de l'Inde, le maïs. || Blé d'abondance, blé de miracle ou blé de Smyrne, variété de froment à épis rameux. || Blé blanc, variété de froment. || Blé de la Saint-Jean, seigle qu'on sème en juin. || Blé ergoté, dit aussi blé cornu, blé devenu malsain et malfaisant par l'effet d'un cryptogame parasite, dit ergot, qu'on emploie en médecine. Le blé ergoté, moulu et employé en pain, cause une maladie des plus graves caractérisée par des convulsions et des gangrènes. || Terme de jurisprudence. Blé en vert, blé dont la récolte n'est pas faite. || 1' Une pièce de blé. Se cacher dans un blé. Je n'ai rien caché à l'homme que vous m'avez envoyé ; je l'ai mené dans un blé ; j'ai abattu en sa présence les épis qui s'élevaient au-dessus des autres, fén. Périandre. || Fig. Etre pris comme dans un blé, être attrapé de manière à ne pas pouvoir s'échapper. || 3" Le grain. Un tas de blé. Un sac de blé. La halle au blé. || 4° Blé de Guinée, nom donné, dans quelques cantons de la France, à la houque sorgho, dite ailleurs sorgho. || Blé de vache, nom donné à la saponaire pentagone, qui croît parmi les blés dans la France méridionale et en Italie, et aussi au mélampyre des champs. || Blé d'oiseau, alpiste. || Blé de Tartarie, espèce de renouéJ. || Proverbes. Manger son blé en herbe , dépenser son revenu d'avance. || Crier famine sur un tas de blé. se plaindre au sein de l'abondance. || C'est du blé en grenier, c'est-à-dire c'est chose bonne à garder, c'est une réserve sûre.
— HIST. xi" s. Soleil n'i luist, ne blet n'i puet pas creistre, Ch. deRol. lxxvi. || xiii* s. Surespices, surcire, etsurblés, etsurvins, Berte, lxiv. Asseiz et robes et deniers, Et de bleif toz plainsces greniers. Que li prestres savoit bien vendre, ruteb. 274. Qui garison [provisions] amènent et pain et vin et blés, Chans. d'Ant. n, 393. || xiv* s. Et quant nulle des parties n'en reporte plus ne moins, mais tant vaillant pour tant vaillant, ou pour ce meisme si comme blé pour blé, tant pour tant, tel pour tel, oresme, Eth. 160. Grant force de peuple hasoubdainement cuillie la dite blée et portée etgetée dedans
BLE
leTybre, bebcheubk, i* »«, recto. || xv* s. Cils de Reims doutèrent cette menace d'ardoir leurs bleds aux champs, froiss. ii, ii, go. || xvi* s. Un pourceau en un blé; une taupe en un pré; et un sergent en un bourg ; c'est pour achever de gaster tout, des per. Contes, xxtx. Ce mot de b!ed, plustost barbare, corrompu de l'italien, que tiré d'autre langue, est prins généralement pour tous grains jusques aux légumes, bons à manger, o. de serres, ioe. En plusieurs endroits de ce roiaume, par le bled, est entendu le pur froment, id. ib. Le pur blé froment, id. 230. Et tout ainsi que les nouvelles blées, Gresles et tendres, de petit vent troublées, st-gelais, dans palsgr. p. t70.
— ÊTYM. Bourguig. bliai; provenç. et catal. blat, ital biada; piémontais, biava; bas-lat. bladum, blavum, blava, blavium. On tire ordinairement ce mot de l'anglo-saxon blxd (féminin), fruit ; mais le caractère germanique de ce mot anglo-saxon n'est pas assuré, et il se pourrait qu'il vînt du roman: aussi C-rimm a-t-il songé au celtique : kymri, blawd; bas-breton, bleûd, farine. Mais, la forme n'en concordant pas très-bien avec le roman, Diez a proposé une autre étymologie : le latin neutre pluriel ablata, c'est-à-dire les choses enlevées (des champs, la dépouille, la récolte), d'où, avec l'article, l'ablata, l'abiada et la biada; à quoi il y a une objection considérable, c'est que le français et le provençal perdent difficilement la voyelle initiale du mot; quant au bas-latin ablalum, abladus, abladium qui est dans Du Cange avec le sens de moisson, et que Diez cite à l'appui de son opinion, ces mots paraissent être bien plutôt formés du français {ablais, ablaier ou ablaver, de à et blé) qu'être vraiment les représentants du latin ablata, au sens de récolte. Il est donc difficile de prononcer entre ces deux étymologies, qui ont chacune leur objection. On remarquera l'orthographe bief ou bleif; le ( ou d se change sans peine en f, par exemple, soif de sitis, mœuf de modus; c'est cette /"qui a permis de former le dérivé emblaver, Vf et le v permutant, comme on sait, ensemble. On remarquera aussi qu'on a dit blée au féminin, comme en italien.
BLÊCHE (blê-ch'), adj. Faible de caractère. || Substantivement. C'est un blêche. || X peu près inusité.
— ÊTYM. Norm. blèque, blet, qui se pourrit. On le tire du grec p)à?, (HXaxô;, mou, faible, sot; ce qui est possible, car on trouve dans les dictionnaires de la basse-latinité, blax, stultus. Pourtant cette étymologie n'est pas acceptée par Grandgagnage qui le tire de l'allemand bleich, pale.
BLÊCIÎIR (blé-chir), v. n. Devenir blêche. || Trèspeu usité.
— ÊTYM. Blfche.
f BLEIME (blê-m'), s. f. Terme de vétérinaire. Irritation de la chair du pied du cheval et, en général, des quadrupèdes monodactyles, due à une contusion de la sole des talons, et quelquefois de celle des quartiers.
— ÊTYM. On a indiqué le grec 13'/%*, coup; mais on manque d'intermédiaires pour assurer que ce mot du langage vulgaire soit d'origine grecque. D'ailleurs il y a, dans l'ancienne langue, un mot qui s'y rapporte, c'est blesmer, qui signifie léser, blesser : xu* siècle : E li adnes [Ane] al prudumme estut deled le cors, e li leuns après, e nient nel tuchad, ne del cors puis tant ne quant ne blesmad, Rois, 289. Kar del pied jusque en amunt ne fud en sun cors nule blesmure ne nule mesfaçun, ib. 4 71. Le même sens est donné à blêmir dans ce vers de la Chanson de Roland : La gent de France iert [était] blessée et blesmie. Ce mot est dans le provençal, blesmar, blasmar, avec le même sens. Enfin c'est le même que l'anglais blemish, tache, défaut. L'orthographe bleime, l'anglais blemish montrent que l's peut ne pas être organique; dès lors le mot se rattache à blême (voy. ce mot), venant d'un mot allemand qui signifie tache bleue et de là contusion, lésion.
BLÊME (blê-m'), adj. Très-pâle, plus que pale. Adieu , vous voyez trop en mon visage blême Que m'arracher à vous c'est m'ôter à moi-même, mairet, Sophon. ni, 4. à cet objet d'horreur, l'oeil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même, rotr. Antig. i, 2. La main des Parques blêmes De vos jours et des miens se joue également, la font. Fab. xi, 8. La disette au teint blême et la triste famine.... boil. Lutr. v. Mais doit-il vouloir que pour lui Nous ayons toujours le teint blême? malh. m, t. || Par extension. Un jour blême. Le destin ... Est jaloux qu'on passe deux
BLE
fois Au delà du rivage blême, malii. ti, <7. Il dit : Un souffle impur, exhalé sur l'autel, Des cierges allumés chasse la flamme blême, masson, Uelvétiens, v. Il avait tout terni sous ses mains effrontées ; Les blêmes voluptés, sur sa trace ameutées, Sortaient, pour l'appeler, de leur repaire impur, v. hugo, Crépuscule, IZ.
— HIST. xvi' s. La couleur du portraict est blesme, Et la mienne est tousjours de mesme, du bellay, vu, 40, recto. Et lui devint la couleur blesme, et les'levres bleues, et les extrémités froides, marg.
Nouv. lxx.
— ÊTY1Ï. D'après Diez, de l'ancien Scandinave bldmi, couleur bleue, debM, bleu (voy. bleu), d'où livide, blême, étymologie qui paraît tout à fait justifiée par le mot bleime, et par une acception de blesmir dans la Chanson de Roland.
BLEMI, 1E (blé-mi, mie), part, passé. Devenu blême. Oui porte un cœur de sang dessous un front blêmi, Régnier, Sat. vu.
BLÊMIR (blé-mir),«. n. Devenir blême. Son visage blêmit. La lumière du jour blêmissait peu à peu. Il entend sans blêmir murmurer le Cocyte, segh. 3*. || H se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xi* s. La gent de France iert blecée et blesmie, Ch. de Roi. xi.ni. || xii* s. Qui forment ot la chair et la couleur blesmie , Ronc. p. <97. || xm's. Sachiés qu'ele [la rose] en porra tost estre Blesmie ou pale ou mole ou flestre, la Rose, «6626. || xv' s. J'ay grant paour d'une maladie; Déjà ma face en est blesmie, basselin, xxi. ||xvi« s. Je voy dedans ces œillets Rougir les deux lèvres closes Dont les boutons vermeillets Blesmissent le teint des roses, dubell. vu, 16, recto.
— ÉTYM. Blême; provenç. blesmar, blasmar.
t BLÊMISSANT, ANTE(blê-mi-san, san-f), adj. Qui blêmit. Un visage blêmissant.
t BLÊMISSEMENT (blê-mi-se-man) , s. m. Action de devenir blême. Le blêmissement de la face.
— êtym. Blêmir.
fBLÉMOMÈTRE (blé-mo-mè-tr'), s. m. Terme d'art militaire. Instrument qui mesure la force du ressort dans les petites armes à feu.
— êtym. BAT,iia, coup, et pitpov, mesure.
f BLENDE (blin-d'), s. f. Terme de minéralogie. Sulfure de zinc naturel.
— ÊTYM. Allem. Blende, de blenden, aveugler, à cause quecette mine est privée de l'éclat métallique.
f BLENNOPHTHALMIE (blé-no -flal-mie), s. f. Terme de médecine. Dénomination générique des inflammations de l'œil caractérisées par l'exhalation de mucosités abondantes.
— êtym. BXÉwa, mucosité, et ophthalmie.
f BLENNORRHAGIE (blè-no-rra-jie), s. f. Terme de médecine. Inflammation de l'urèthre, avec flux catarrhal.
— ÊTYM. BXÉwa, mucosité, et fart, éruption.
f BLENNORRHAGIQUE ( blè-no-rra-ji-k'), adj. Terme de médecine. Qui concerne la blennorrhagie.
— ÊTYM. Blennorrhagie.
fBLENNORRHÉE (blè-no-rrée), s. f. Terme de
médecine. Flux non inflammatoire de mucosités, par l'urèthre.
— ÊTYM. BXswa, mucosité, et^EÎv, couler.
t BLÉPUARITE (blé-fa- ri-t'), s. f. Terme de médecine. Inflammation des paupières.
— ÊTYM. BXéçapov, paupière.
t BLÉPUAROPLAST1E (blé-fa-ro-pla-stie), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui consiste à reformer, avec la peau voisine de l'oeil, une paupière qui a été détruite.
— ÉTYM. B)i<papov, paupière, et «Xàaaeiv, former.
t BLÊPHAROPTOSE (blé-fa-ro-plô-z*) , s. f. Terme de médecine. Relâchement ou chute de la paupière supérieure, qui reste abaissée au-devant du globe de l'œil.
— ÊTYM. B).£<papov, paupière, etirtùau;, chute. fBLÉRLE (blé-rie), s. [. Voy. blairie.
t BLÉSEMENT (blè-ze-man), s. m. Action de bléser; effet de la blésité.
— ÊTYM. Bléser.
f BLÉSER (blé-zé. L'accent aigu se change en accent grave quand la syllabe qui suit est muette, je blèse, sauf aufutur et au conditionnel, je bléserai, je bléserais) , v. n. Parler avec une espèce de grasseyement, avec le défaut qu'on appelle blésité. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xui" s Se leur langue ne bloise, J.
DE MEUNG, Test. 761.
— ÊTYM. lll.vsus, bègue; provenc. blés, bègue.
}• BLÉSITÉ (blé-zi-té) , *. f. Vice de prononciation qui consiste à substituer une consonne faible à une
BLE
plus forte, comme le s k Vi, le d au t, 1'* au g : lorsque, par exemple, on prononce zerbe, zeval, au lieu de gerbe , cheval.
— êtym. Bléser.
f BLESSANT. ANTE (blè-san, san-t'), odj. Qui blesse, qui mortifie. Un propos blessant. Paroles blessantes. || Être blessant, en parlant des personnes. Cet homme n'a pas paru blessant. Il a été blessant dans son langage.
BLESSÉ, ÉE (blè-sé, sée), part, passé. \\i° Qui a reçu une blessure. Blessé gravement par une tuile. Blessé en duel par son adversaire. Le foie blessé par la pointe de l'épée. || 2" Fig. En parlant de l'amour. Ces hommes saints qui ont été autrefois blessés des femmes, labruy. 3. Les plus dignes amours Dont jamais âme soit blessée, malh. v, 8. [Qu'ils] puissent ne laisser dedans votre pensée Que l'image des traits dont mon âme est blessée, corn. Pomp. v, 6. Et que du même amour dont nous sommes blessés, in. Rodog. îv, fl. Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée! rac. Phèd. I, 3. Ce malheureux amour dont votre âme est blessée, volt. Zaïre, v, 3. || 3° Avoir le cerveau blessé, n'avoir pas l'usage complet de sa raison. Jadis certain bigot, d'ailleurs homme sensé, D'un mal assez bizarre eut le cerveau blessé, boil. Sat. iv. Monsieur, ce galant homme a le cerveau blessé, mol. VÉlour. i, 4. ||4°Oflensé, atteint, lésé. Cœur blessé profondément. Blessé d'un langage si dur. Blessé dans son honneur. Sa réputation blessée par la calomnie. Je ne lui cachais point combien j'étais blessée, corn. Poly. 1, 3. ...Toujours son auteur [d'une offense] impute à l'offensé Un vif ressentiment dont il le croit blessé, id. Rodog. i, 7. Parlez; notre amitié par ce doute est blessée, id. ib. i, 5. D'une vive douleur elle paraît blessée, m. Othon, v, 2. Lorsque l'honneur est blessé mortellement, on ne doit point songer à garder aucunes mesures, mol. le Fest. de P. m, «. Son orteil est blessé d'une préférence, mass. Bonh. Je ne vois rien ici dont je ne sois blessée, rac. Bér. v, 6. Seul d'un honteux affront votre frère blessé At-il droit de venger son amour offensé? id. Iphig. iv, 6. || S' S. m. Un blessé. Les morts et les blessés. Le blessé, couvert de sang, fut conduit à l'hôpital. BLESSER (blè-sé), v. a. \\ 1° Faire une plaie, une contusion, une fracture, une écorchure. Blesser légèrement. Il fut blessé au bras. Sans qu'aucun des leurs fût blessé. Connaître quel organe intérieur a été blessé. Les liens blessent les bras. De peur que le bœuf ne se blesse la cuisse. Blesser, en bêchant, les racines d'un arbre. La selle blessait le cheval. Des souliers qui me blessent furieusement, mol. le Bourg.
gent. n, 8 plus d'un héros Dans le soulier qui
le blesse Peut regretter ses sabots, bêrang. Gueux. || Absolument. Car enfin l'intention de celui qui blesse ne soulage point celui qui est blessé, pasc. Prov. 7. || 2* Toucher, en parlant des passions, et surtout de l'amour. La pitié qui me blesse Sied bien aux plus grands cœurs et n'a point de faiblesse, corn. Poly. i, *■ Fuyez un ennemi qui sait votre défaut, Qui le trouve aisément, qui blesse par la vue, Et dont le coup mortel vous plaît quand il vous tue, id. Poly. i, *. Vous voulez rendre compte à l'objet qui vous blesse De la bonté d'Octave et de votre faiblesse, id. Cinna, ni, 2. La main qui me blessait a daigné me guérir, id. Rodog. iv, 3. || 3° Causer une impression désagréable. Blesser la vue ou les yeux. Une amertume persistante qui blesse le goût. Phèdre ici vous chagrine et blesse votre vue , rac. Phèd. i , \ . Êtes-vous trop pour moi t suis-je trop peu pour vous? C'est m'offrir, et ce mot peut blesser les oreilles, corn. Sertor. n, 2. Ce grand prince vous sert et vous servira mieux Quand il n'aura plus rien qui lui blesse les yeux, id. Nicom. îv, 2. Il n'a devant les yeux que sa chère Troyenne; Tout autre objet le blesse, id. Andr. II, 3. || 4" Offenser, choquer. Haïr ceux qu'on a blessés. Blesser quelqu'un par d'amères railleries. Blesser les oreilles par des paroles désagréables. S'il y a dans ma lettre quelque chose qui vous blesse. J'espère le dire sans blesser ce personnage . Œnone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse, rac. Phèd. m, i. Ici tous les objets vous blessent, vous irritent, id. Alhal. n, 3. || Blesser quelqu'un au cœur, l'offenser dans ses sentiments les plus chers. Apprends donc que Lélie A pu blesser mon cœur par une perfidie, mol. Sgan. 19. ||5° Causer un tort, un préjudice, un dommage. Les clauses de ce contrat blessent mes intérêts. Sans blesser l'intérêt général. Contre un si grand rival j'agis à force ouverte, Sans blesser son houneur, sans pratiquer sa perte, corn. JVtcom. m, 8. Ceux mêmes dont ma gloire aigrit l'ambi-
BLE
tion, M'arracheront peut-être un pouvoir qui les blesse, rac Iphig. î, t. Parle, et, sans espérer que je blesse ma gloire, Voyons comme tu sais user de la victoire, id. Alex, v, 3. Ah! sans doute, l'horreur d'une action si noire Vous guérit d'un amour qui blessait votre gloire, volt. Zaïre, iv, 6. || S'Enfreindre, pécher contre. Son langage blessait les convenances. Blesser la pureté de la langue. Il ne put agir ainsi sans blesser sa conscience. Sans blesser la charité et votre conscience mortellement, pasc Lettr. 7. Sans toutefois blesser la vérité, id. Prov. 8. Celui qui blesse la vérité offense les dieux, fên. Tél. m. Je sais que , sans blesser l'honneur le plus sévère , Je ne puis m'affranchir des mains de votre père, rac. Phèd. v, «.Malheur à qui, du ciel blessant les privilèges, Foule aui pieds ses décrets arbitres des humains! volt. Œdipe, ni, 1. 1| 7° Se blesser, t;. re'/I. Se faire une blessure. II s'est gravement blessé avec son fusil. || Se blesser l'un l'autre. Dans ce duel, les deux adversaires se sont blessés. || 8" Fig. S'offenser. C'est un homme susceptible qui se blesse facilement. || 9" En parlant d'une femme, faire uns. fausse couche. Si l'on parle de se blesser à cinq mois, sév. 62. Lorsqu'elle [l'électrice de Brandebourg] apprit que l'électeur [de Saxe] s'était fait catholique, elle en fut outrée au point qu'elle s'en blessa, st-simon, 47, 60. || Proverbes. Vous ne savez pas où le bât le blesse, vous ne savez pas quelle pensée, quel ennui le tourmente. Jusqu'au revoir, adieu, beau courrier offensé. — Ce n'est pas là, coquine, où le bât m'a blessé ; Mon cœur est pliis navré de ton humeur sévère, begnard, le Distr. H, <.
— HIST. xi* s. La gent de France iert blecée et blesmie, Ch. de Roi. xliii. || xii* s. S'il chiet [tombe], jà ne se blecera; que [car] Deux sor lui sa main tendra, Liber psalm. p. 285. || xnr s. Amis, vo grant beautés, vos sens, vostre prouesse M'ont si féru d'un dart d'amour qu'au cuer me blece.... audefroy le bast. Romancero, p. <3. Nostres sires Diex redrece les bleciez que deables avoit navrez, Psautier, f° <78. Ensi remest li assaus devers nostre gent, et moût en i ot de bleciés et de navrés, vn> leh. lxxvii. Estes-vous moût blecie* nel me devez celer, Bette, xvii. Sachiez qu'ele n'en bleça mie, Quant ele dist : biaus douz amis, Tout ont mon cuer el vostre mis Cist douz mot.... Lai de l'ombre. Et quant aucuns à honor monte Par son sens ou parsaproece, C'est la chose qui plus la [l'envie] blece, la Rose, 250. On doit moult penre garde se li oirs est moult bleciés du testament, beaum. xii, 37. Et estoit [la reine] en trop grant péril de mort, pource qu'elle estoit bleciée d'un enfant qu'elle avoit eu, joinv. 281. || xiv* s. Mais Bertran en jura, oiant tous les plus haus : Qui sans estre blecié retourra [retournera] es praiauls, Encroer le fera plus haut que une saux [saulej, Guescl. 2ui9u.j|xv s. Si ne blesserez mie , la gentillesse ni la noblesse de vous, froiss. i, i, 242. Le dieu d'amours me courut seure, Et metrest de la droitte flèche, Dont les plus amoureux il bleche, id. Espin. amour. Quant j'ay par vous aucun mal qui me blesse, Je l'endure par le conseil d'Espoir, ch. d'orl. Bail. I». S'il est aucun qui soit prins de tristesse, Voiseveoir [qu'il aille voir] son douz maintenement; Je me fais fort que le mal qui le blesse Le laissera pour lors soudainement, id. Bail. 9. || xvi* s. Cela ne blesse en rien nostre foy, calv. ïnstit. <o;i. Se sentant blecé à mort d'une arquebusade, mont, i, 6. Je les veoy d'une veue moins blessée de passion qu'un aultre, m. I, <03. J'ay veutel grand blecer la réputation de sa religion pour.... id. i, 224. Il vouloit bien assommer, mais non pas blecer, et pourtant ne combattoit que de masse, id. i, 323. Le son de nos mots blece la pureté de leurs aureilles, id. lu, 5.
— ÊTYM. Wallon, blèsi; namurois, blèser; provenç. blessament , blessedura , blessure ; d'aprrs Diez, du moyen-allemand bletzen, rapiécer, bleli, lambeau de cuir, d'où le sens de mettre en pièces (escuz bleciez, boucliers rompus, dans le Chevalier au lion), puis celui de blesser.
t BLESSIR (blè-sir) , v. n. Voy. blettir.
t BLESS1SSEMENT (blè-si-se-man) , s. m. Voy.
BLETTISSEMENT.
BLESSURE (blè-su-r'), s. f. || 1° Plaiefaite par un instrument tranchant ou contondant 11 mourut de ses blessures. 11 lui fait dans le flanc une large blessure, rac Phèd. v, 6. || 2" Fig. Atteinte morale. ....Il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir ; La cicatrice en .-este.... volt. Tanc. v, S. || 3° Rouvrir une blessure, en séparer les lèvres déjà agglutinées. || Au figuré , rouvrir la blessure, renouveler les douleurs morales. Vos regards vont rouvrir mes blessures, rac Andr. u, a.
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Il va percer mon cœur et rouvrir ma blessure, volt. Ah. iu,3.
— SYN. blessure, plaie. La blessure est une lésion qui vient par une cause extérieure, par un coup, par une contusion ; la plaie est plus générale et peut venir même par des causes intérieures. Un ulcère est une plaie et n'est pas une blessure. Un chirurgien, qui ouvre un abcès, qui enlève une tumeur, fait une plaie et non pas une blessure.
— hist. xin' s. En tel cas ma bleceure me doit escuser, beaum. lxix , (9. Qui sane [guérit] les atriblez et lie les bleceures, Psautier, f* 170. || xiv* s. Et comment que li fers tranchans En soit, devers les fins amans Si n'est mie li cops mortels; Ainsois le tesmoigne pour tel Que nulz n'en voit la blesseûre, machault, p. 23.
— ÊTYM. Blesser. Au xin* et au xiv s., blesseure était de quatre syllabes; et au xvi', où l'on écrivait encore blesseure, lièze remarque que ceux qui parlent bien disent blessure.
BLET, BLETTE (blè , blè-f) , adj. Dont la chair, en parlant des fruits , sans s'être gâtée , s'est tout à fait ramollie. Poires blettes. Les nèfles ne sont bonnes que quand elles sont blettes. On mange à l'état blet les fruits de quelques espèces de.... adrien de jussieu, dans jaubert, Glossaire.
— REM.L'Académien'indique que le féminin ; mais le masculin est dans l'usage tant de la parole que de l'écriture; et il n'y a aucune raison d'infliger à la langue une exception qui, au fond, n'existe pas.
— ÊTYM. Berry, un fruit blet, et aussi blosse; bourguig. bld, une poire bliôse ; norm. blèque; piém. biet. Diezen rapproche l'ancien haut-allemand bleizta, tache bleue par contusion ; d'autres ont cité le bavarois blàtellen, commencer à se corrompre, et surtout l'ancien Scandinave bleyta, amollir; suédois, blôt, mou, ramolli; danois, blôd; anc. Scandinave, blaud. Knfin il y a aussi le celtique : kymri ,
tblydd; bas-breton, blôd, mou, délicat. Scheler cite l'ail, blutl, poire blette. Le nom blèque conduirait à blèche. L'historique manquant, on est sans guide. Diez rapporte blosse à l'ail, biotien, écraser.
BLETTE (blè-f), .'. f. Terme de botanique. Plante cultivée dans les jardins potagers dite épinard-fraise (blitumvirgatum, L.). || Nom donné dans quelques pays à une variété de carde ou poirée (bella cycla, L.) qu'on nomme plus souvent carde poirée et dont on mange les pétioles.
— HIST. xvi* s. Dans 0. de Serres , synonyme de bette, poirée, ou reparée.
ÊTYM. BMtov; provenç. bleda; catal. blet; espagn. bledo.
t BLETTIR (blè-tir), v. n. Devenir blet. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
—ÊTYM. Blet; wallon, bleli, devenir blet; génev. se blossir; Berry, blesser, mûrir : ces raisins commencent à blesser. Ne serait-ce pas du français blettir ou blessir qu'il faudrait rapprocher le provençal blesir auquel Raynouard donne le sens de se faner?
t BLETTISSEMENT (blè-ti-se-man) , s. m. Modification que subissent certains fruits charnus, et qui paraît consister tantôt en une maturation (les nèfles) , tantêt en un véritable commencement de décomposition (les poires).
— ÊTYM. Blettir.
t BLETTISSURE (blè-ti-ïU-r*) , s. f. Comme blettissement.
BLEU, BLEUE (bleu , bleue) ,adj. || 1" Oui est de la couleur du ciel sans nuage. Des rubans bleus. Une robe bleue. Des yeux bleus. Une personne à la mode ressemble à une fleur bleue [bluet], la broy. 13. Trois fioles d'eau bleue, autrement d'eau seconde, Régnier, Sat. xi. De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés! bérang. Le vieux sergent. La nature , la mer, le ciel bleu, les étoiles , Tous ces vents pour qui l'âme a toujours quelques voiles.... v. hugo, Crépuscule, 13. || Cordon bleu, large ruban que portaient les chevaliers du St- Esprit, ordre fondé par Henri III. Un cordon bleu, un chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. || Familièrement, et par une plaisanterie qui porte sur l'éminence du grade de cordon bleu et sur l'ancien tablier bleu des servantes, une très-bonne cuisinière. Nous avons pris un cordon bleu. || Bas bleu, femme de lettres, avec une nuance de ridicule (voy. bas). || Bibliothèque bleue, ensemble de petits livres, qui ont une couverture bleue et qui contiennent des romans de chevalerie, par exemple les Quatre Fils Aymon, avec une version ancienne et naïve, et aussi des contes de fées, comme le Petit Poucet, Cendrillon. || Conte bleu, récit fabuleux, incroyable, discours en l'air. De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes, boil. Sat. xu. Voilà les contes
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bleus qu'il vous faut pour vous plaire, mol. Tart. i, '. || Parti bleu, parti de gens de guerre, sans commission et sans aveu, qui font des courses pour piller amis et ennemis. Locution vieillie. || Filles bleues, filles de l'Annonciade. || Terme d'ancienne marine. Officier bleu, celui qu'un capitaine de vaisseau créait sur son bord. || Terme de médecine. Maladie bleue (voy. cyanose). || 2° Livide, en parlant de la teinte que prend la peau à la suite d'une forte contusion. Il a l'œil tout bleu. || 3° Bleu, t. m. La couleur bleue. Bleu de roi. Bleu turquin. Bleu de. Prusse. Elle a les yeux d'un beau bleu. La pluie a versé ses ondées ; Le ciel reprend son bleu changeant^, hugo, Odes, v, 24. || Bleu clair, bleu foncé, locution invariable. Une robe bleu clair. Des draps bleu foncé. || Un bleu, une marque livide à la peau, suite de contusion. Il lui fit des bleus en le pinçant fortement. || Terme de blanchisseur. Passer du linge au bleu, tremper du linge blanchi dans une eau imprégnée de bleu. || Terme de cuisine. Mettre une carpe, un brochet au bleu, les faire cuire au courtbouillon, où il entre du vin, ce qui leur donne une couleur bleuâtre. || 4° Un bleu, les bleus, nom donné, dans les guerres de la Vendée, aux soldats républicains à cause de leur uniforme bleu; et, par extension, partisan de la Révolution. Messire Jean Chouart n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus, au premier signe de son évêque, p. L. cour. i, 4 82. || Dans l'histoire ancienne, faction des bleus ou des Vénètes, l'une des principales factions du cirque à Rome ou à Constantinople. || Les bleus et les rouges, nom qu'on donnait aux différents corps de la maison du roi. || 5* Différentes sortes de substances qui donnent une coloration bleue. Bleu anglais, nom donné à la matière obtenue en précipitant par la potasse, l'indigo du bleu en liqueur. || Bleu d'azur, verre coloré en bleu par l'oxyde de cobalt; réduit en poudre très-fine, il s'emploie, dans les manufactures de porcelaine ou de faïence, sous les noms d'azur d'émail ou bleu d'émail. || Bleu d'azur, un des noms sous lesquels on désigne l'outre-mer (lapis laxuli ou laiulite) en poudre fine. || Bleu de cobalt, résultat de la calcination d'un mélange de phosphate de cobalt et d'alumine, ditaussi bleu de Thenard. || Bleu en liqueur , solution d'une partie d'indigo dans huit parties d'acide sulfurique ; les repasseuses s'en servaient pour passer le linge au bleu. || Bleu de nerprun, matière colorante d'un bleu violet qui se trouve dans les baies du nerprun. || Bleu de Prusse ou de Berlin, nom donné au cyanure de fer avant qu'on en connût la composition, tant à cause de sa couleur que parce qu'il fut découvert à Berlin. || Bleu de montagne, carbonate de cuivre naturel. || 6' Nom d'un poisson du genre des chiens de mer.
— HIST. n* s. Sur un perron de marbre bloi se couche, Ch. de Roi. n. Et Gonfanons blancs et blois et vermeilz, ib. lxxvii. Au cors [il] lui met toute l'enseigne bloie, th. cxxi. || xii' s. D'or et d'azur, d'inde et de bief I out mainte bêle ovre painte, benoU, Chron. de Norm. 26077. || xni" s. Si angoisseusement que la char en fut bloe, Berte, xxxm. Li très [la tente] au duc estoit d'un paile grant et haus; Là ot maint paveillons inde, vermeil et blaus, Ch. d'Ami, iv, 90. || xv" s. Le temps n'estoit mie nueux ; De bleu estoient vestuz les cieux. Et le beau soleil cler luisoit, a. ciiartier, Le livre des quatre dames. Pour la suspecion qu'il avoit de la déloyauté d'elle, il craignoit très-fort estre du rang des bleus-vestus qu'on appelle communément noz amis [maris trompés], louis xi, Nouv. lxxiii. || xvi' s. Et lui devint la couleur blême, et les lèvres bleues, et les extrémités froides, marg. Nouv. lxx. Un bleu turquoise , bleud mourant , bleud de la febve , d'aub. Fœn. i, 2.
— ÊTYM. Wallon, bleûf, bleus; au féminin, bleuse, blevsse; bourguig. bleuve, au féminin; Berry, blu; picard, bleusse, au féminin; provenç. blau; ancien espagn. blavo; patois ital. biavo; de l'ancien hautallem. blâo, blato ; angl. blue.
BLEUÂTRE (bleu-â-tr'), adj. Dont la couleur tire sur le bleu. Et tout à coup le nocturne séjour Sembla rempli d'une clarté bleuâtre Et d'un parfum d'innocence et d'amour, millev. Charlcm. à Pavie, ch. vi. Soudain à leurs regards [des archers] une lueur rampante En bleuâtres sillons sur la hauteur serpente, v. nuoo, Bail. 8.
— hist. xvi' s. Nue bluastre, o. de serres, 60.
— ÊTYM. Bleu, avec la désinence dire.
BLEUET (bleu-è), s. m. || 1° Voy. bluet. Et le
bleuet flottant qui sème ses saphirs, st-lambert, Saisons, Printemps. || 2° Un des noms vulgaires du martin-pêcheur d'Europe.
BLO
f BLEUEUR (bleu-eur), s. m. Ouvrier qui trempe et affine les pointes des aiguilles, ce qui leur fait prendre une teinte bleue.
— ÊTYM. Bleu. Si ce mot venait de bleuir, il serait bleuisseur.
BLEUI, IE (bleu-i, ie) , part, passé. Un métal bleui. Des mains bleuies par le froid.
BLEUIR (bleu-ir). || 1" V. a. Rendre de couleur bleue. Bleuir un métal. || Oxyder le fer au bleu. || 2° T. n. Devenir bleu. L'œil regarde à travers les branches de noyer Les lacs lointains bleuir et la plaine ondoyer, lamart. Joc. ix, 307. || 3° Se bleuir, v. réfl. Se rendre bleu. Il s'est tout bleui en touchant cette encre.
— ÊTYM. Bleu; Berry, bleudsir, blutir ; picard, bleusir; provenç. blahir. Bleusir, que disent quelques personnes, est mauvais et, comme on voit, un provincial ism«.
t BLEUISSAGE (bleu-i-sa-j'), *. m. L'action de bleuir, et son résultat.
— ÊTYM. Bleuir.
f BLEUISSEMENT (bleu-i-se-man), s. m. Passage d'une couleur au bleu. Le bleuissement de certains champignons s'opère à l'air libre quand on les brise.
— ÊTYM. Bleuir.
fBLEUISSOIR (bleu-i-soir),ï. m. Ustensile d'horloger pour faire prendre la couleur bleue à l'acier.
— ÊTYM. Bleuir.
f BLEU-MANTEAU (bleu-man-tfl) , s. m. Nom vulgaire du goéland à manteau gris des côtes d'Océan. \\Au plur. Des bleus-manteaux.
t BLINou BELIN (blin), s. m. Terme de marine. Pièce de bois servant à frapper des coins, quand il s'agit d'ébranler un bâtiment et de lui faire quitter son chantier pour le lancer à la mer.
— ÊTYM. Il est possible que ce soit l'ancien français belin, mouton, employé, comme mouton lui-même, à signifier une machine à battre.
BLINDAGE (blin-da-j'), s. m. || i' Terme d'art militaire. Action de blinder. || Assemblage de blindes. || 2° Terme de génie civil. Bordage construit pour garantir quelque chose.
— ÊTYM. Blinder.
BLINDÉ, ÉE (blin-dé, dée), part, passé. Batterie blindée.
BLINDER (blin-dé), v. a. || 1« Terme de guerre. Garantir .o toit d'un ouvrage contre la chute des bombes, des obus. Blinder un magasin à poudre. En général, préserver du choc des autres projectiles, au moyen de pièces de bois, de fascines. Blinder un passage, une poterne. || 2* Terme de marine. Couvrir le pont d'un vaisseau de matières qui puissent amortir la chute et l'effet des bombes et des boulets.
— ÉTYM. Blindes.
BLINDES (blin-d'), *. f. plur. Terme de guerre. Pièces de bois qui soutiennent les fascines d'une tranchée, àl'effet de mettre les travailleurs à couvert. || Blindes et chandeliers, châssis grossièrement assemblés qui forment les galeries de sapes pour les descentes et passages de fossés.
— ÊTYM. Allem. Blende, blindage, de blenden, blinder ; de blind, aveugle : proprement rendre aveugle, et par extension, boucher.
f BLINER (bli-né) , v. a. Terme de marine. Frapper avec le blin.
BLOC (blok ; le c ne se prononce que quand le mot est isolé : voyez ce bloc, dites blok, mais : un bloc de marbre, dites : un blo de marbre; on prononce encore le c quand bloc est suivi d'une voyelle ou d'une h non aspirée : un bloc énorme, dites : un b!o-k énorme; cependant plusieurs prononcent en toute occasion le c et disent : un blok de marbre. Au pluriel, les règles sont variables : des blo de marbre ou des blok de marbre, suivant la prononciation que l'on suit au singulier; quant à Vs, on dira, encore selon la prononciation que l'on suit : des blo-z énormes , ou des blo-k énormes, ou même, suivant quelques-uns, des blo-kz énormes), s. m. || 1* Morceau considérable d'une substance pesante, de pierre, de fer, etc. Un bloc de granit. Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit l'emplette : Qu'en fera, dit-il, mon ciseau? Sera-t-il dieu, table ou cuvette? la font. Fabl. ix, «, Pour un roi tout-puissant,que sont, Héliodore ,Ces blocs déifiés, ces métaux qu'on adore? guiraud, ifachao. i, t. Semblable au bloc divin d'où sortit Galalée , lamart. Socr. 374. || Tout fragment de roche dont la grosseur est supérieure à celle de la tête. || Fig. Et dans l'informe bloc des sombres multitudes La pensée en rêvant sculpte des nations, v. hugo, Voix, *• || 2" Bloc de plomb, billot dont les graveurs se servent pour fixer leur travail. || Bas d'une enclume de grosse
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forge. || Mandrin en bois du ciseleur. || Billot de bois sur lequel le rafflneur de sucre frappe les formes pour détacher le pain. || Presse à l'usage dutablettier. || Terme de pêche. Billot de bois portant un ciseau acéré sur lequel on coupe le fil de fer des hameçons. || Terme de fauconnerie. Perche recouverte de drap, sur laquelle on met l'oiseau de proie. || Assemblage de bois à charnières employé dans les colonies pour infliger une punition aux esclaves. || 8° Amas de diverses choses, et surtout, tas de certaines sortes de marchandises. Faites un bloc de tous ces livres. || 4" En bloc, en gros, ensemble. Le prix a été fixé en bloc. Acheter en bloc. || En bloc et en tache, se dit de plusieurs travaux qu'on donne ensemble à exécuter. Passer un marché avec un entrepreneur en bloc et en tache. || 5" X b'.oc, en termes de marine, seditd'une moufle, quand les poulies dont elle est composée sont rapprochées au point de rendre tout mouvement impossible.
— hist. xin* s. Et fu apareilliés uns variés, une grans hache en sa main et un blokiel [petit bloc, petite pièce de bols] en l'autre, Chr. de Rains, 409. || xiv* s. L'en lui doit mettre [à l'épervier] en la ferme ou cuvier un petit bloc de trois dois de hault, llénngier, m, 2. Quant l'esprevier commence à soy perchier sur icelluy bloc, ib. || xvi* s. Si nous voulons conférer toute la vie de l'un en bloc à toute la vie de l'autre, amyot, Cat. et Arist. comp. i. L'un faisant valoir l'autre, estant nécessaire au blot du jardinage, d'estre accommodés des deux ensemble, o. de serres, 607. Je voyois nonchalamment la mort, quant je la voyois universellement comme fin de la vie ; je la gourmande en bloc ; par le menu elle me pille; l'attouchement d'une main cogneue, une consolation commune me desconsole et m'attendrit, mont, m, 301.
— ÊTYM. Bourguig. blô; de l'anc. haut-allem. bloc, bloch; allemand moderne, Slock. Comparez aussi le gaélique bloc ou bluic, un bloc.
BLOCAGE (blo-ka-j'), s. m. || 1° Terme de maçonnerie. Menus moellons, petites pierres servant à remplir des espaces vides et à paver des routes. Remplir de blocage l'entre-deux des parements d'un mur. Il 2° Terme d'imprimerie. Lettres retournées, et qui sont provisoirement employées pour tenir la place des lettres qui manquent. || 3° Terme de jeu de billard. Action de pousser une bille avec force et en droite ligne dans la blouse.
— étym. Bloquer.
BLOCAILLE (blo-kâ-lP, Il mouillées, et non blo-kâ-ye), s. f. Terme de maçonnerie. Pierres trop minces , trop peu agrégées, pour servir de pierres d'appareil.
t BLOCHET (blo-chè) , s. m. Terme de charpenlerie. Pièce de bois, dite aussi entretoise, de peu de longueur , posée horizontalement , à l'effet de réunir l'arbalétrieràla sablière dans un comble, ou decouronner deux pieux rapprochés.
— ETYM. Diminutif de bloc.
BLOCKHAUS (blo-kôs) , s. m. Fortin élevé, construit en bois sur un bout de colonne ou sur un gros mât scellé en terre. || En Algérie, le blockhaus est un bâtiment, dont les ouvertures et les parois sont défendues contre l'escalade et contre l'incendiepar des parties faisant saillie sur le rez-de-chaussée , de manière à permettre aux gens de l'intérieur défaire des feux plongeants sur les agresseurs; il y en a qui sont construits en maçonnerie et couverts d'une terrasse, LEGOARANT.
— hist. xvi* s. Afin d'aller donner l'assaut au gros taissons [blaireaux) en leur fort, et rompre leurs casemates, plocus, paraspets, fouilloux, ch. 62.
— ÊTYM. Allem. Blockhaus, de Block, bloc, et Haus, maison, bâtiment. Plocus, blocus, blockhaus sont un seul et même mot.
BLOCUS (blo-kus'), s. m. |l 1* Terme de guerre. Investissement par lequel tout accès à une ville, à un port, à un camp assiégé est ôté. Tandis que le blocus laissé devant Utique Répond de cette place à notre république, CORN. Sophon. iv, 4. Louis XIV fit lever le blocus de Luxembourg, en 4C82, volt. Lohis XIV, 44. || Etat de blocus, défense d'entrer sur un territoire. Napoléon déclara les lies Britanniques en état de blocus.
— hist. xvi* s. Eux donc sachant queLieden n'avoit point esté rafraîchie, la retournèrent assiéger de vingt-deux blocus, nonobstant lesquels l'amiral de Hollande vint au secours , d'aub. Hist. n, 2(2. Ce vaisseau, s'estant accommodé de palissades, fut un ferme blocu pour oster aux assiégez les commodités, m. ib. n, 30). Ce siège de blocus continua si longuement que.... îD.ib. n, 3H. Cette ville fut assiégée par le duc de Parme de blocus, desquels les
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premiers se firent à Crevecœur....iD.t6. n,470. Il leva ses blocus pour s'aller camper à la faveur de Valanciennes, id. ib. Il, 474. A chaque entrée qu'on arrive audit val le long de ladite tranchée , y a des blocus de terre, que nous appelons boullevers, dedans lesquels se retirèrent en seurelé les soldats, M. nu bell. 4(0. Au bout d'iceluy pont les ennemis avoient fait un blocu (car ainsi nomment-ils ce que nous appelons un fort) dedans lequel avoit trois cens hommes pour la garde, id. 532.
— ÉTYM. Blocus signifie proprement fort et est la forme allemande block-hûs, aujourd'hui Block-haus (voy. blockhaus). Ces forts, ces blocus servant à couper les communications d'une place assiégée, blocus a pris le sens de siège dans lequel on se contente d'empêcher de rien entrer dans une place.
BLOND, BLONDE (blon, blon-d'; le d ne se lie que dans la prononciation soutenue : le blond Apollon, dites : le blon-t Apollon; au pluriel l's se lie : les blonds et les bruns, dites : les blon-z et les bruns), adj.\\ l°Qui est d'une couleur moyenne entre le doré et le châtain clair. Poil blond. Cheveux blonds. Je sais que les ans lui mettront, Comme à toi, les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux, malh. iv, 46. Soyez beau, bien disant, ayez perruque blonde, la font. Coupe. Vous êtes-vous rendue, avecque tout le monde, Au mérite éclatant de sa perruque blonde ? mol. Misanth. h, (. || Poétiquement. L'ombre de Dargo n'est point errante sur les blondes collines, dans les détours des vallées, chateaub. Dargo, 24 4. Le blé , riche présent de la blonde Cérès , la font. Fab. îx, 4 1. L'Egypte! elle étalait, toute blonde d'épis, Ses champs.... v. hugo, Orient. 4 . Je lui donnai non le bon soir, Mais le bon jour; La blonde aurore, En quittant le rivage maure, Nous avait à table trouvés, la font. Lettres, xxxm, au duc de Vendôme. || Terme de cuisine. Sauce blonde, sauce faite avec de la farine et du beurre et amenée à la couleur blonde. Friture blonde. || En parlant des personnes. Oui a les cheveux blonds. Il est blond. Cette dame est blonde. || Fig. Il est délicat et blond, se dit de quelqu'un qui est difficile à contenter à cause de délicatesses peu dignes d'un homme. || 2° S. m. La couleur blonde. Ses cheveux étaient d'un blond parfait, hamilt. Gramm. 9. D'Antin était d'un fort beau blond, st-sim. 294, 2. Il Blond ardent, sorte de couleur blonde qui tire sur le roux. Blond hasardé se dit, par plaisanterie, pour roux. || Invariablement. Une barbe blond ardent. Des cheveux blond cendré. !| Un blond, une blonde, une personne blonde. Un beau blond. Une grande belle blonde aux yeux languissants,;. J. Rouss.^m. v. Je ne vous réponds pas qu'encor Je n'emploie un peu de votre orX payer la brune et la blonde ; Car tout peut aimer en ce monde , la font. Lettres, xxxii, au duc de Vendôme. J'ai longtemps parcouru le monde, Et l'on m'a vu de toute part Courtisant la brune et la blonde, Aimer, soupirer au hasard, Etienne, Joconde, i, a. || Terme de cuisine. Blond de veau, jus employé pour certains plats.
— hist. xi* s. Puis [il] prent [coupe] la teste de Jurfaleule blùnd, Ch. de Roi. cxl. || xii* s. Et la roïne qui ot les cheveulxblons, Ronc. p. 4 4 6. Et son col blanc, son chef blonc et luisant, Couci, v. [Dame] Bêle et gente et avenant, Cheveus blonz, sourcis plaisans, ib. p. 4 23. Les crins [elle] ot Ions et blons plus que li ors luisans, Sax. v. || xin* s. Et les cheveus plus blons que onques n'ot Helaine, Berte, l. Frans rois, où est ma fille, la blonde, Peschevie? ib. xc Quar qui delez li s'acoutast, Il deïst qu'ors en degoutast [des cheveux d'une dame] ; Tant par estoient crespe et blonde, Tant de si biaus n'avoit el monde, ruteb. ii, 202. || xvi* s. Dont je soulois (car je l'aimois adonc) Faire présent à He-
leine la blonde, marot, i, 220 Et Lycormas qui
est aussi blond qu'or, id. iv, 69. Vierge plus blonde qu'un bassin, id. iv, 180.
— ÉTYM. Bourguig. bionde, au féminin; provenç. blon et bloi; espagn. blondo ; ital. binndo; bas-lat. blundus. Il y a dans l'anglo-saxon b!onden-feax, qui a les cheveux mélangés, grisonnants; Chevallet tire blonden de l'anglais to blend, mélanger; cette dérivation est loin d'être assurée, mais c'est la seule concordance qu'on trouve dans les langues antérieures. Diez propose une conjecture : anc. nord, btaud;danois, blôd; suédois, blôt, mou, délicat, en parlant d'une couleur. Il y a aussi l'anglais blunt, émoussé, qui pourrait avoir servi à désigner une coloration peu tranchée, comme est le blond; mais, pour insister, il faudrait des intermédiaires. L'ancien français et le provençal avaient bloi dans le sens de blond; mais bloi, qui tient de très-près &
BLO
bleu, ne peut donner blond par dérivation. Comme on voit, l'origine reste incertaine.
t BLONDASSE (l)lon-da-s'), ad). D'un blond fade. C'était un petit homme goussaut et blondasse qui paraissait hébété, st-sim. 4(4, 266.
— ÉTYM. Blond, avec le suffixe péjoratif (use. BLONDE (blon-d'), ». f. Dentelle de soie. Une
blonde d'Angleterre. Votre Majesté fournira les coiffures de blondes aux dames du palais, volt. Letlr.à Cath. ( ( 9.
— ÉTYM. Est-ce blond, à cause de la couleur? mais aujourd'hui la blonde est une dentelle blanche ou noire; de sorte que l'étymologie reste incertaine.
t BLONDELET, ETTE (blon-de-lè, lè-f), ad). Légèrement blond. || Ce diminutif serait bon à reprendre.
— hist. xvr* s. Sur les tresses blondelettes De madame et de son sein Toujours plein De mille et mille fleurettes, remi belleau dans H. est. Précetlence, p. 69. Est-ce encor de Barthelemie La blondelelte...? marot, 1, 4 99. Je voy les ondes encore De ses tresses blondelettes, du bellay, vu, 46, recto. X peine un poil blondelet, Nouvelet, Autour de sa bouche tendre Xse frizer commençoit, ronsard, 440.
— ÊTYM. Diminutif de blond.
f BLONDERIE (blon-de-rie), s.f. Couleur blonde , par plaisanterie ou par ironie. Il ne lui parlait que de sa blonderie et de ses yeux marcassins, hamilt. Gramm. 9.
— ÉTYM. Blond. .
f BLONDIER (blon-dié), s. m. Ouvrier qui fabrique des blondes.
— ÊTYM. Blonde.
BLONDIN, INE (blon-din, di-n'), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui a les cheveux blonds. C'est un blondin. Une petite blondine. ||2° Fig. et familièrement, un jeune homme qui fait le beau, qui courtise le beau sexe. Dès que vous sentirez approcher les blondins.... la font. Petit chien. Et de ces beaux blondins écouter les sornettes, mol. Éc. des f. n, c. .... Eh bien ! donc, tu sauras Que le jeune blondin pour qui je m'intéresse Brûle pour les appas de ma jeune maîtresse, hauteroche, Nobles de province, iv, 4.
— ÊTYM. Diminutif de blond.
BLONDIR (blon-dir), v. n. Devenir blond. Les épis commencent à blondir. || Il se conjugue avec l'auxiliaire atot'r.
— HIST. xm* s. Doubles est qui son fait ne concorde à son dit, Et qui se met à euvre que sa langue escondit; Tiex gens semblent la famé qui son noir chief blondit, Qui le noir souz le jaune repont et abscondit, J. de mf.uno, Test. 754. Tu le pignesetle blondis, Et aplanies et polis, du cange, aplanare. || xvi* s. Cest or blondissant, dubell. ii, 25, verte.
— ÉTYM. Blond; provenç. blondir.
BLONDISSANT, ANTE (blon-di-san , san-t'), adj.
Qui blondit. Les épis blondissants. Les campagnes sont blondissantes d'épis.
f BLONDOÎMKNT (blon-dot-man), s. m. Action de blondoyer ; effet de ce qui blondoie.
— ÉTYM. Blondoyer.
t BLONDOYER (blon-do-ié) , v. n. Avoir un reflet blond.
— REM. Ce mot, qu'on donne pour un néologisme, est très-ancien. Il est bon à employer. 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xm* s. Et voit ses biaus crins blondoians Comme undes ensemble ondoians, la Rose, 2(399.
|| xvi' s. Ces belles tresses undoiantes, Et d'un beau . fin or blondoiantes, du bellay, iv, 75, recto. Sur l'un quelque fois ondoient Mille sillons qui blondoient, id. vu, 20, verso. Prez, boutons, fleurs et et herbes roussoyantes, Vallons bossus et plages blondoyantes, rons. 37.
— ÊTYM. Blond.
BLOQUÉ, ÉE(blo-ké , kée) ,part. passé. || 1" Fermé par un blocus. Une ville bloquée par terre et par mer. || Fig. Empêché, gêné. Bloqué dans toutes ses démarches par un adversaire habile. || 2" Au billard , bille bloquée, bille poussée droit dans la blouse; et, substantivement, un bloqué, un coup par lequel on a bloqué une bille.
BLOQUER (blo-ké), v. a. || 1° Fermer par un blocus les avenues d'une place, les approches d'un port, etc. Bloquer une place, un port. Mais ils n'im eurent pas sitôt fermé les portes Qu'on vit pour le bloquer avancer tes cohortes, mair. il. d'Asdrubal, I, ». j| 2° Au jeu de billard, pousser droit et a->ec force une bille dans une des blouses. Il 3" Terme d'imprimerie. Mettre à la place d'une lettre qui manque pour la composition, une autre lettre renversée en attendant celle dont os a besoin.
BLO
Il 4° Terme de maçonnerie. Remplir de moi lier etde moellon sans ordre les vides d'un ouvrage. || Lever des murs de moellon d'une grande épaisseur le long des tranchées , sans les aligner au cordeau. || 5* Terme de marine. Mettre de la bourre sur du goudron entre deux bordages quand on double un vaisseau. || 6" Se bloquer, v. réfl. En termes de fauconnerie, l'oiseau se bloque, lorsqu'il demeure comme suspendu en l'air, sans battre de l'aile.
HlST. xv* s. M. Quelz gens sont-ce? B. Gros
marchesens, Qui se font bien servir des gens; Mais de payer querez qui bloque, villon, Baillev. et tlalep. || xvi" s. Bouille et l'uy-Gaillard, qui avoient blocqué TifTauges, et assiégé Montaigu.... d'aub. Ilist. i, 282. Chastillon blocqué dans Montpellier, m. à. il, 300. Et encores le pont pour en sortir estoit affronté et bloqué [pour sa défense] de bons retranchemens garnis de mousqueterie,iD. t'b. il, 430.
— ÊTYM. Bloc; comparez blocus.
t BLOSSIR (blo-sir), v. n. Devenir blet (voy. blettir).
t BLOSSIS3EMENT (blo-si-se-man) , s. m. Action de devenir blet (voy. blettissement).
t BLOT (blo), s. m, || i° Instrument qui sert à mesurer le chemin que fait un vaisseau. || 2° Terme de fauconnerie. Chevalet où se repose l'oiseau.
— ÊTYM. Le même que bloc, prononcé blo, et écrit à tort Mot.
BLOTTI, IE (blo-ti, tie), part, passé. Un renard blotti dans son terrier. Nos petits-fils sont si petits, Qu'avec peine dans cette glace Sous leurs toits je les vois blottis, bêrang. lnfinitn. petits.
BLOTTIR (SE) (bio-tir), v. réfl. S'accroupir, ramener son corps en un tas. Jean lapin s'y blottit, la font. Fab. il, 7. Toutes, pleines d'effroi, se
blottissant, id. Herm Noire maître Mitis, Pour
la seconde fois, les trompe et les affine, Blanchit sa robe et s'enfarine; Et, de la sorte déguisé, Se niche et se blottit dans une huche ouverte, id. Fab. ni, 18.
— rem. Blottir ne s'emploie qu'avec le pronom réfléchi ; et c'est un barbarisme que de l'employer ictivement, comme dans ce vers : Blottit son corps en boule ramassé, imbert, Fable du fusil et du lièvre. \\Se bloutir mauvaise prononciation.
— HlST. xvi" s. Une infinité de voleurs n'eussent eu moyen de se blottir en lieux forts, pasquier, Rech. vin, 17.
— ÉTYM. Ménage fait remarquer qu'on dit qu'une perdrix s'est blottie, et, dans quelques provinces, s'est mottée; de là il admet que blottir vient d'un mot français anciennement usité, blolie ou bloutre qui est dans le Dictionnaire da Nicot et qui signifie la motte de terre renversée par la charrue. Il y a dans l'ancien français blostre, motte de terre (méon, Nouv. Fab. t. u,p. 81). Diez conjecture ballolir, se mettre en paquet, en ballot, par contraction blolir, commeoiine de geline;i\ conjecture aussi l'ail, blotsen, s'écrascr,se blottir étants'écraser.Tout est hypoth' se.
t. BLOUSE (blou-z'), s. f. \\ 1° Chacun des trous en forme de poches qui sont dans un billard. || Terme de jeu de paume. Creux qui est au bout de la galerie de chaque jeu pour recevoir les balles, et qui est couvert de gros barreaux de bois. || 2° Terme de potier d'étain. Pièce qui sert de moule.
— REM. On écrivait autrefois belouse : Les belouses, ce sent maint périlleux détours, Force pas dangereux où souvent de soi-même On va se précipiter, la font, à Mme de Lafayelte, en lui envoyant un petit billard.
— ÊTYM. L'ancienne forme est belouse. On ne trouve que belosius (voy. ducange), sorte de drap; peut-on y rapporter belouse? Scheler cite le ilam. bluts , trou; bon pour le sens; mais belouse?
2. BLOUSE (blou-z*), s. f. || 1" Sarrau de grosse toile. || 2° Tout vêtement taillé comme une blouse.
— ÉTYM. Ce mot paraît tenir à bleussc, blaude (voy. blaude).
BLOUSÉ, ÉE (blou-zé, zée), port, passé. Bille blousée.
BLOUSER (blou-zé), v. a. || 1° Terme de billard. Faire entrer dans la blouse. || Fig. et familièrement. Blouser quelqu'un, l'induire en erreur. || 2" Terme de musique. Battre la timbale. Je me charge de blouser les timhales. || Absolument. Cet artiste blouse très-bien. Est-ce que vous n'avez pas de timbales ? Me voilà, moi. — Vous savez blouser? — Je blouse comme un ange, thêaulon et bayard, le Père de la débutante, II, 4. ||3°Se blouser, v. réfl. Mettre sa bille dans la blouse. || Fig. Se tromper, s'abuser. Qui rétrograde seblouse, bérano. Gr. nation.
— REM. Voltaire a écrit, ce qui est aujourd'hui une faute, belouser : L'ami des hommes, ce M. de
DLU
Mirabeau, qui fait tant d'écarts, qui se belouse si souvent, Lett. à Cideville, 25nov. 1768.
— ÊTYM. Blouse t.
f BLCE-LIAS (blou-li-à), s. m. Terme de géologie. Couche de l'étage inférieur des terrains jurassiques, formée, en Angleterre, d'alternances d'argile et de calcaire marneux, et renfermant beaucoup de débris fossiles.
— ÊTYM. Angl. blue, bleu, et lias.
BLUET (blu-è) ou BLEUET (bleu-è ; le t se lie dansle parler soutenu; au pluriel Pi se lie: les bluets et les blés, dites : les blu-è-zetlesblés; bluets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Centaurée à fleur bleue , qui croît dans les blés (centaurea cyanus). Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluets? rérang. Bluets. Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bluets dans les blés, v. hugo, Orient. 31. || 2° Bluet du Canada, nom vulgaire d'une espèce du genre airelle. || Bluet du Levant, nom vulgaire de la centaurée mouchetée. || 3° Terme de pêche. L'un des noms du cagnot bleu ou squale glauque.
— ÊTYM. Diminutif de bleu. Bluet signifiait aussi , dans le commencement du xvii' siècle, un petit livre couvert de papier bleu, qui contenait le plus souvent des contes de fée et qui appartenait à la bibliothèque bleue (voy. bleu); do là la locution contes bleus.
BLUETTE (blu-è-f), s. f. || 1° Petite étincelle. Comme on voit un grand feu naître d'une bluette, Régnier, Épilr. n. || 2° Fig. Il y a quelques Muettes d'esprit dans cet ouvrage. || Petit ouvrage d'esprit, agréable sans prétention. Bluettes amusantes.
— SYN. bluette, étincelle. La bluette est moins brillante que l'étincelle; elle fait moins d'éclat; elle s'éparpille moins.
— HlST. xvi* s. Son char s'enflambe ; intolérable peine Luy ont en l'air les bluettes donné, marot, iv, 68. Après, je prenois une phiole pleine d'eau claire et voyois aussi des bluettes ou estincelles semblables à celles du cristal, palissy, 48.
— ÊTYM. Norm. befueffe, berluette , étincelle; wall. blawète; provenç. béluga. Le normand et le provençal indiquent que le mot est, au fond, le même que berlue, c'est-à-dire est composé de la particule ber (voy. ber.... préfixe), qui a un sens diminutif, et d'un thème luca, de lucere, luire : ce qui veut dire petite lumière, fausse lumière, d'où le sens d'étincelle. Le wallon b'aitète, qui ne vient pas de bleu, vu que bleu est, en wallon, bleûf ou bleus, doit être pour be-laicèle.
t BLUETTER (blu-è -té) , ». n. Produire desbluettes de feu.
— hist. xvi' s. Non ce flambeau qui tout le monde allume D'un bluetter qui lentement se fond....
— ÊTYM. Bluette.
t BLUTAGE (blu-ta-j'), *. m. Action de bluter la farine; effet de cette action.
— ÊTYM. Bluter.
BLUTÉ, ÉE (bluté, tée), port. passe". Farine blulée.
BLUTEAU (blu-tô), t. m. Sorte de tamis, qui sépare la farine du son. || Au plur. Des bluteaux.
— HlST. xiu* s. Il resemblent le buretel Qui giete la blanche ferine Fors de lui et retient le bren, Fables et contes anciens, t. n, p. 382. || xv s. Se estamine n'avez, sacs ou bluteaux, vtllon, Bail. Tenez aussi ce bluteau sur votre teste : vous samblerez tout à bon escient estre une femme, louis xi, Nouv. xvii. || xvi* s. Elle le pria de mettre son surcot en sa teste, et de bluter en son absence, afin que sa maistresse ouït toujours le bruit du bluteau,
MARG. f/OUV. LXIX.
— ÊTYM. Voy. bluter.
BLUTER (blu-té), v. a. Passer la farine par le bluteau.
— HlST. xii* S. Offrirent à David riches dras de lit, e tapiz, e vaissele, e furment, eorge, e farine, e dur deliéement buletée, Rois, 4 86. || xm* s. [Le pain] Noirs ert [était] et pleins de pailles, [il] ne l'ot pas beluté, Ber te, xlv. Estatins lor envoie et char et vins et blés, Et le fuere et l'avoine et les pains buletés, Ch. d'Ant. n, 79. || xiv* s. On ne trouvoit adont farine buletée, Ne de vin. ne de pain, char fresche ne salée, Guescl. tt047. || xvi* s. Je luy dis aussi que beluter parfois, pestrir et secouer les habillemens de lits, et les ranger, c'estoit un exercice bon et sain, la boëtie, 4 93. La belle meschine [jeune fille] , pour faire des pastés, blutoit de la farine, marg. Nouv. XVII.
— êtym. Wallon, boft; rouchi, bulter. Les étymologistes tirent ce mot de l'allemand beulel , bourse , tamis. Mais Diez indique une étymologie qui, bien que