‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 209 sur 403 · BOH · texte numérisé non relu

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qui devrait être derrière. Il Je ne lui ai dit œuf ni bœuf, c'est-à-dire je ne lui ai pas dit de grosses paroles. || Donner un œuf pour avoir un bœuf, faire un petit cadeau, une petite avance pour en retirer un gros profit. || Dieu donne le bœuf, et non pas la corde, signifie que Dieu donne des grâces, mais qu'il faut que nous nous aidions.

— HIST. xi' s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivals u buefs, LoisdeGuill. 6. ||xn* s. Oildeboef l'ai ol nomer, Bou, 10837. Ne la meussent li buef d'une charrue, Bonc. p. 106. Sur un char fist um mètre l'arche Deu e covrir; Li buef en chancelèrent, l'arche voleit chair, Th. le mart. 75. || xni's. Et fist corre ses homes par le païs entor, si gaaingnicrent assés bues et vaches et bugles, et moût grant plenté d'autres bestes, villeh. clxiv. Là prenés garde à vousparer; S'en saurésplus que buef d'arer, laliose, 1 3294. Et por ce dist ci Kustebues : Qui à bues bée [qui s'efforce d'avoir des bœufs], si a bues, huteb. h, 188. Bien pert s'alleluie [il perd son alléluia] qui à dos de buef la chante, Proverbe dans leroux de lincy. Ce seroit certes grans eschars [faute]; Devant le buef iroit li chars, ib. || xiv* s. Donques disons nous bien que ne beuf ne cheval ne autre beste n'est beneuré,ORESME,Efh. 21. Et aussi lelyon ne se esjoït pas en oïr la voiz du beuf, mais pour le beuf mangier, id. ib. 93. || xv' s. Moult avoit face bouffie, yeulx comme bœuf boutans dehors, col court, parolle legiere, G. chastel. Chron. des D. de Bourg, u, ch. vu. On a beau mener le bœuf à l'eau s'il n'a soif, Proverbe dans leroux de lincy. j| xvi# s. On lie les bœufs pur les cornes et les hommes par les paroles, loysel, 3B7. Les grands bœufs ne font pas les grandes aiées [labourages], Proverbe dans leroux de lincy. La belle qui estoit de l'âge d'un vieil beuf [le ou 17 ans], c'est à dire désirable et fraische, Moyen de parvenir dans leroux de lincy.

— ÉTYM. Berry, bœu; picard, bu, bceu; maçonnais, beu; wallon, boûf; provenç. bov, buou; catal. bov; anc. espagn. boy; espagn. mod. buey ; portug. boi; ital. bove; du latin bos, bouts, grec Povj;; basbreton, bil, vache.

|BOG (bogh), s. m. Jeu de cartes qui se joue avec un carton circulaire divisé en 6 compartiments.

BOGIIEI (bo-ghè), s. m. Voiture légère; petit cabriolet découvert. || Au plur. Des bogheis.

f BOGUE (bo-gh'), s. f. || 1° Terme de botanique Enveloppe piquante de la châtaigne. || 2° Terme de métallurgie. Gros anneau de fer qui ceint le manche du gros marteau, et est muni de deux pivots.

— ÊTYM. Anc. franc, bou, bracelet (armilles qu'om bousapele, benoît, i, 341); ital. bovd, anneau pour attacher le pied; lombard, boga; bas-lat. bauca, bracelet; de l'anc. haut- allem. bouga, bracelet; anc. scand. baugr, anneau, de biugan, courber. La bogue de châtaigne a été dite ainsi par assimilation avec une bague, avec un anneau.

t BOGUETTE (bo-ghè-f) , s. f. L'un des noms vulgaires du blé sarrasin.

t BOUE (bo-hé), adj. m. Thé bohé, sorte de thé noir.

— ÉTYM. Bobs", nom d'une montagne de Chine où l'on récolte du thé.

BOHÈME (bo-ê-m') ou BOHÉMIEN, IENNE (boé-miin, miè-n'), s. m. et f. || 1° Nom de bandes vagabondes, sans domicile fixe, sans métier régulier, et se mêlant souvent de dire la bonne aventure : on leur donne aussi le nom d'Égyptiens et de Zingaris (voy. zingari). On pensait que ce fût des bohèmes, sév. 69. Sorciers , bateleurs ou filous , Reste immonde D'un ancien monde , Sorciers , bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous? bêrang. Bob. || 2° Par extension, vagabond, qui estde mœurs déréglées. Mener une vie de bohème. || Foi de bohème, foi que les escrocs et les filous se gardent entre eux. || Maison de bohème , maison où règne le désordre. Albéroni se mit si bien avec lui [Vendôme] qu'espérant plus de fortune dans une maison de bohèmes et de fantaisies qu'à la cour de son maître, il fit en sorte de se faire débaucher d'avec lui, st-sim. 166, 41. || C'est une bohémienne, se dit d'une femme adroite et intrigante, et surtout d'une femme dévergondée. || 3° S. f. La bohème , l'ensemble des gens qui mènent une vie de bohème.

— HIST. xv* s. Pis suis que boesme n'yndien, ch. d'orl. Bondeau, p. 337. Pour ce qu'il y avoit des sarrazins ou boesmiens ou [au] pays, du cange, jEgyptiaci.

— ÊTYM. Bohèmes, ainsi dits parce qu'on croyait qu'ils venaient de la Bohème. Bohème a aussi signifié marchand de vieux habits : Soit qu'au boesme il te revende, Soitque, pour servir d'une offrande, Tu sois en Italie porté , Satyre sur le pourpoint d'un

tourtisan par sigogne, le Cabinet satyrique , (634,

( . BOÏARI) (bo-iar) , s. m. Voy. boyard.

t 2. BOÏARD (bo-iar), s. m. Terme de poche. Civière a liras sur laquelle les pêcheurs de morue chargent le poisson.

— ÊTYM. Le même que bayard.

(. BOIRE (boi-r'), je bois, tu bois, il boit, nous buvons, vous buvez, ils boivent; je buvais; je bus, tu bus, il but, nous bûmes, vous bûtes, ils burent; {• boirai; je boirais; bois, buvons, buvez; que je BOlTS, que tu boives, qu'il boive, que nous buvions, que vous buviez, qu'ils boivent; que je busse, que tu busses, qu'il bût, que nous bussions, que vous bussiez, qu'ils bussent; buvant; bu, v. a. || 1° Avaler un liquide. 11 boit du vin. Vous boirez de la tisane. Il but du poison. Buvez un verre d'eau. || 2* Dépenser à boire. Il [mon aïeul] but ainsi son héritage; Que son âme soit en repos! bêrang. Enfant de b. maison. Buvons gatment l'argent de mon tombeau , m. Mon tomb. || X boire ! locution pour demander qu'on verse à boire. || 3° Fig. Que tout seul, s'il se peut, je boive tout le fiel Que répandrait sur vous la colère du ciel, mair. Sophon. iv, (.Et d'enfants a sa table une riante troupe Semblait boire avec lui lajoie à pleine coupe, bac. Esth. n, 9. La céleste troupe, Dans ce jus vanté, Boit à pleine coupe L'immortalité, J. B. rol'ss. Bacclius, cantate. Le germe des douleurs infecte leur repas; Et dans des coupes d'or ils boivent le trépas, thomas, Ép. au peuple. Quand pourrai-je.... Boire l'heureux oubli des soins tumultueux, delille. L'hom. des ch. iv. Adieux, regrets, baisers.... Mon âme s'en troublait, mon oreille ravie Buvait languissamment ces prémices de vie, lamart. Joc. i, 36. || Boire, dans le sens d'être obligé d'endurer. Honorable défaite.... Encores derechef me la fallut-il boire, Régnier, Sat. vm. Oui gai fait une erreur, la boita repentance, id. Sat. xi. Ayant bu la première honte, hamilt. Gramm. ( ( . Malheureux que je suis! il faut que je boive l'affront, mol. Prie. 1 8. Mon frère , doucement il faut boire la chose , id. Èc. desmar. m, 20. Ils boivent les affronts comme l'eau, j.j.rodss. Ém. n. Il boit, en expirant, le plus horrible affront : Les pieds d'un malheureux suspendu sur sa tête Renversaient sa couronne et lui battaient le front, masson , les lielvéliens, m. ||4° Absolument, boire du vin. On buvait pendant des jours entiers. Boire beaucoup, boire avec excès, bien boire. 11 avait bu copieusement. Aimer à boire. Vous buviez sur son reste, et montriez d'affecter Le côté qu'à sa bouche elle avait su porter, mol. l'Étour. iv, 6. Soyons bien buvants, bien mangeants, Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans , la font. Fab. vi, (9. J'ai soupe hier avec trois des plus jolies femmes de Paris; nous avons bu jusqu'au jour.... lesage, Turc, m, !>. || Boire son soûl, boire autant qu'on veut. || Boire à la santé de quelqu'un, faire des vœux pour quelqu'un en buvant. Nous buvons à votre heureux retour. Qu'on boive aux maîtres de la terre, Qui n'en boivent pas plus gatment, bérang. Trinquons. || On dit aussi, boire la santé de quelqu'un, au lieu de boire à sa santé. Je voudrais bien les remercier d'avoir bu ma sanlé ; la vôtre fut bue avant-hier chez la princesse de Tarente, sEv. 44( . || Boire sec. Cet homme boit sec, c'est-à-dire il boit beaucoup. || Le roi boit! la reine boit! Acclamation usitée dans les repas du jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boivent. || Boire, être ivrogne. Cet homme a le défaut de boire. || Donner à boire, tenir un cabaret. || Chanson à boire, chanson de table. Elle chanta vingt chansons à boire, sév. 407. Chanter un air à boire, mol. Bourg. iv, 1. 1| Donner pour boire, donner une gratification en outre du salaire. Je lui donnerai de quoi boire, sév. (B. || Après boire, après avoir bu, à son aise. Un poète n'est bizarre et fâcheux qu'après boire, Régnier, Sat. vin. Un beau jour, après boire, la font. Mazet. Eh bien! nouslirezvous quelque chose aujourd'hui ? Me dit un curieux qui s'est toujours fait gloire D'honorer les neuf sœurs et toujours, après boire, Aime à dormir au bruit des vers psalmodiés, a. ciién. Ép. 2. || Fig. Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras au jour de ta fureur, X toute la race coupable, bac. Ath. ii, 9. Il En langage poétique, boire à la source d'Hippocrène, faire des vers. || Boire, courir risque de se noyer. On est allé à son secours; il commençait àboire. Il faillit se noyer et but beaucoup. On dit dans le même sens, boire un coup. || Terme de manège. Un cheval qui boit dans son blanc, est un cheval qui a le nez blanc; un cheval qui boit la bride, a le mors trop enfoncé dans la bouche. || 5" S'imbiber, s'imprégner de. L'éponge boit l'eau. La terre, brûlée longtemps par le soleil, but la

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pluie. || Absolument. Ce papier boit, il se laisse pénétrer par l'encre. || Fig. La terre humectée But à regret le sang des neveux d'Erecthée, rac. Phèdre, n, 4. Telle est Iris, quand un nuage obscur, Chargé de pluie, altéré de lumière, Boit le soleil, et vers notre paupière Réfléchit l'or et la pourpre et l'azur, malf. Narcisse, m. || 6° V. n. Terme de tannerie. Faire boire les peaux, les mettre à la rivière. || 7° Terme de couturière. Faire boire du taffetas, du linge, une étoffe, tenir en cousant une pièce lâche contre l'autre tendue, de manière qu'avec des longueurs inégales elles arrivent au même point. || Terme de marine. Faire boire la voile, tenir la voile lâche en la cousant à sa ralingue. || En ces deux derniers emplois, boire se dit pour être béant, à demi ouvert, et cela se comprend, puisque boire exige que la bouche soit ouverte. || 8° Se boire, v. réft. Être bu. Ce vin se boit au dessert. || Proverbes. Boire comme un templier, comme une éponge; boire excessivement. Les chevaliers de l'ordre du Temple étaient accusés d'être ivrognes. || Boire le vin du marché, boire ensemble après la conclusion d'un marché. || Boire le vin ou le coup de l'étrier, boire un verre de vin quand on est près de partir. || X petit manger bien boire, c'est-à-dire lorsqu'on a peu à manger, il est bon de boire un bon coup. || Il y a à boire et à manger, c'est-à-dire l'affaire présente de bons et de mauvais côtés; se dit aussi, au propre, d'un liquide trouble, par exemple du café mal filtré. || Qui bon l'achète, bon le boit, c'està-dire il ne faut point plaindre l'argent à bonne marchandise. || On ne saurait faire boire un âne s'il n'a soif, c'est-à-dire on ne saurait déterminer une personne entêtée à faire ce qu'elle n'a pas envie de faire. || Qui fait la faute la boit, on porte la peine des fautes qu'on fait. || On ne saurait si peu boire qu'on ne s'en sente, c'est-à-dire boire un peu trop expose toujours à quelque sottise. || Croyez cela et buvez de l'eau, se dit d'une chose qui ne mérite pas de croyance. On dit dans un sens à peu près analogue : buvez frais; buvez du meilleur. Prononcez seulement ces motst'n, cum, sub, et buvez du meilleur, volt. Dial. (0. || C'est la mer à boire, se dit d'une chose trop difficile, qui ne se peut faire. Ce n'est pas la mer à boire, se dit d'une chose qui ne présente pas de grandes difficultés. Si je pouvais remplir mes coffres de ducats! Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire! Tout cela c'est la mer à boire, la font. Fab. vin, 26. || Il n'y a pas de l'eau à boire, c'est-à-dire à ce travail, à ce métier, à ce marché, il n'y a rien à gagner. || Le vin est tiré, il faut le boire, c'est-à-dire il n'y a plus à hésiter, à reculer, et aussi, vous avez commencé, il faut achever. || Qui a bu boira, c'est-à-dire on ne se corrige pas de ses vieux défauts.

— HIST. xi* s. Li mieux gariz [protégés] en ont boûd [se sont noyés] itant, Ch. de Roi. cxxxvi. || xii* s. S'il en bevoit, ne fust mort erramment, Ronc. p. (06. Onques Tristans, cil qui but le brevage, Plus loiaument n'ama sans repentir, Coud, xix. || xiii* s. Et quant il lui donnoit à boire et à manger, Berte, xix. Volentiers [elle] en beUst, mais trouble ert [était l'eau] com godale [sorte de bierre] , ib. xxvti. X son plaisir elle a et mangié et beù, ib. li. Illuec [il] eûst esté noiiés; Mais li peschieres à esploit S'en vint au comte qui buvoit, Bl. et Jeh. 27((. Siot non li legas de France maistre Robiers de Crescon et estoit englois, preudomme, mais volentiers buvoit; par Dieul ainsi sont maint preudome, Chron. de Rains, p. 87. Il convient que il [le fripier] doint au roy pour le mestier xxv deniers de la haubanerie, et xn deniers à boivre aus compaignons, Liv. des met. 202. Il est bien raison que î'anui Que je ai porchacié reçoive; Droiz est que ma folie boive, Ren. 15748. Je ne sui mie encore morz ; Moult avez tost le duel beû Que vos avez de moi eu, m. (2776. X ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant. Qui dientpor eus [els, elles] losengier Qu'il ont perdu boivre et mengier, la Rose, 2566. Et quant il vint à la fontaine Que li pins de ses rains [branches] covroit, Il se pensa que il bevroit, ib. (488. Il n'est nus qui de celi boive, Boive en neïs plus qu'il ne doive [même s'il en boit plus qu'il ne doit], Qui sa soif en puisse estanchier, Tant a le boivre dous et chier, ib. 6012. S'il fist folie, si la boive, ruteb. 79. Et li dit que il looit [conseillait] qu'il se traîsist [retirât] à main destre sur le flum, poureeque ses serjans eussent à boire, joinv. 226. Ses chevaliers sarrazins se mistrent en la ville et comencerent à boivre des vins, et furent maintenant touz ivres, id. 248. ||xiv*s. Et semblablement ne désirent pas touz unes meismes viandes ou boire», orp.smr, E<h. 96. || XV B. Et usent grand

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foison d'espices, par especial de sucre et aussi de lait de chèvres; ce sont les communs boires desTurs et des Sarrazins, froiss. m, rv, 58. Pensez à vos besognes, car jamais je ne buverai ni ne mangerai tant que vous soyez en vie, id. n, m, 7e. [Les Anglais naufragés sur la côte d'Irlande] burent assez, id. H, n, 59. L'endemain, après messe et après boire, les traiteurs [ les négociateurs] vinrent ensemble en la dite chapelle.... id. i, i, (43. Puisqu'il est trait [tiré], il le faut boire, ch. d'orl. Re'p. à Fred. Il lui falloit adviser nécessairement comment il pourroit mieulx boire ce qu'il avoit brassé, car boire le luy falloit, G. chastel. Chron. du duc Philippe, Introd. En l'an de mon trentième eage, Que toutes mes hontes j'eu beues, Ne de tout fol encor ne sage, villon, Gr. Test. ||xvi« s. Plus tost beuront [boiront] les Partes Araris, mabot, rv, 8. [Les rivières] Qui d'une part en la terre se boivent : Autres plusieurs en la mer se reçoivent, id. iv, (3. Je boiray par Dieu et à toy, et à ton cheval, bab. Garg. i, 39. Ils en perdent le boire, le manger et le repos, mont, i, 64. Boire chaud, boire froid, id. i, (64. Qui fait la faute, il la boit, loysel, 825. Les premiers harquebusiers qu'on avoit poussez beurent seuls quelque fumée, et firent la pluspart du meurtre en attendant les autres, d'adb. Hist. i, (63. Premier que de joindre, il lui fallut boire la volée de (4 canons, id. ib. i, (67. Parmi les pleurs et la tristesse, ce prince beut les remonstrances des pasteurs et des amis [les accueillit] , et rompit les mauvaises espérances de la cour, en espousant la sœur du duc de Longueville, id. ib. l, (98. Si peu de pièces qu'ils menoient n'eussent peu passer du costé du Vivarets, d'où les montagnes vont boire dans la rivière, id. ib. l, 320. Ceux qui firent cette sortie, et qui en beurent le premier péril sont en cette compagnie, id. ib. n, 305. En mesme temps commença la tranchée, qui vint percer la contr"escarpe et boire dans le fossé, id. ib. m, S9. Un Allemand de la garde s'estoit fort beu, paré, ix, (" dise. La terre les eaux va boivant, L'arbre la boit par sa racine, La mer salée boit le vent, Et le soleil boit la marine; Le soleil est beu de la lune, Tout boit soit en haut ou en bas : Suivant ceste reigle commune, Pourquoy donc ne boirons-nous pas? rons. 607. Point ne parle, à celui qui boit, gênin, Récréât, t. u, p. 247.

— ÉTYM. Bourguig. 6orre; Berry, bere, beuvre; provenç. beure; catal. beurer; espagn. beber; ital. bevere; du latin bibere; rattaché au grec mvsiv, boire, par le sanscrit pd, boire, dans les védaspt'o, d'où , par assimilation de la consonne , la réduplication 6t'6. Jïotre est régulièrement formé , ayant l'accent tonique sur la même syllabe que bibere.

2. BOIRE (boi-r"), s. m. Ce qu'on boit à ses repas N'eussent pas au marche fait vendre le dormir Comme le manger et le boire, la font. Fabl. vm, 2. || Fig. et familièrement. Il en oublie, il en perd le boire et le manger, c'est-à-dire il est tout à une occupation ; sa passion l'absorbe. Il en perdit le boire et le manger, hamilt. Gramm. 9.

— ÊTYM. Boire; norm. bére, cidre.

t 3. BOIRE (boi-r'), s. f. \\ V Nom donné, dans les départements de Maine-et-Loire et de la Loire- Inférieure, aux anses ou petits golfes de la Loire. Il y a près de notre village une belle boire, legoarant. || 2° Terme de pêche. Communications que les mares, fossés ou chantepleures ont avec les rivières, ou bien fosses pratiquées sur les bords des rivières. La pêche ne peut être affermée au profit de l'Etat dans les boires creusées de main d'homme.

— étym. Bas-lat. borra, creux plein d'eau; ital. borro, fosse creusée par les torrents de montagnes. Sauf ces rapprochements, on ne sait rien sur l'origine de ce mot.

BOIS (bol; 1'* se lie : les bois et les campagnes, dites : les boi-z et les campagnes), s. m. || 1° La substance dure, compacte, solide, qui constitue la racine, la tige et les branches des arbres et des arbrisseaux. Ustensiles en bois. ||Fricasser les écuelles de bois, subsister des débris de sa fortune. || Faire flèche de tout bois, mettre tout en œuvre pour réussir. De tout bois, comme on dit, Mercure on ne façonne, bégnier, Sat.i. || Ne savoir de quel bois faire flèche, être à bout de moyens, ne savoir comment sortir d'embarras. 1 1 Être du bois dont on fait les généraux, les ministres, etc. Avoir le mérite, les qualités qu'exigent ces différentes fonctions. || Etre du bois dont on fait les flûtes, avoir un caractère fort doux, s'accorder avec tout le monde. || 2° Les botanistes appellent particulièrement bois, la partie du tronc des végétaux dicotylédones qui est ligneuse et placée sous l'aubier; au centre du bois se trouve la

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moelle. || 3° Bois, bois à brûler ou bois ne cnauffage. Menu bois. Bois sec. Bois vert. Mettre du bois au feu. Aller au bois, aller à laprovision de bois. Bois neuf,celui qui a son écorce. Bois pelard ,bois dont on a enlevé l'écorce pour faire du tan. Bois flotté, celui qui est venu par eau en train. Marchand de bois. Venait l'hiver, le bois manquait à l'âtre, bf.rang. Érn. Debr. || Visage de bois flotté, visage pâle , défait. || Fig. On verra de quel bois je me chauffe, on verra de quel caractère je suis. Voyantdequel bois ce brave se chauffait [homme oui avait fui], je m'en défis dès que je fus de retourde l'armée, st-sim. xii, UO. || En termes de marine, faire du bois, couper la provision de bois pour un vaisseau. || 4° Bois de charpente ou de construction ou de menuiserie. Art de travailler le bois. Le principal usage du bois dans les bâtiments et dans les constructions de toute espèce est de supporter des fardeaux , buffon , Expér. sur les vég. <•' mém. Le bois qu'on fait servir trop tôt aux constructions navales fermente, se corrompt et se détériore promptement, Revue des deux mondes, t.xxv, p. 344, tsoo. || Bois cru, boiseries qui ne sont pas peintes. || Bois affaibli, bois qu'on a taillé en cintre, qu'on a rendu courbe. || Bois déchiré, bois qui provient de quelque ouvrage mis en pièces, surtout de bateaux. || Bois d'ouvrage, bois qu'on travaille dans les forêts et dont on fait des sabots, des ustensiles, etc. || 5° Terme de marine. La coque d'un navire ou partie de cette coque. Tirer en plein bois, diriger le feu des canons sur la coque. || Bois d'arrimage , rondins droits, sans écorce, servant à accorer les pièces à eau et à vin dans la cale. || Nœud de bois, noeud servantàembrasserdu bois qu'il faut traîner. || 6° Réunion d'arbres. Bois sacré. Bois taillis. Petit bois. Chemin à travers les bois. Un bois d'oliviers, de chênes. Elle s'est quelque temps égarée Dans ces bois qui du camp semblent cacher l'entréo, bac. lphig. I, 4. Nos seuls gémissements font retentir les bois, m. Phèd. H, 2. Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois, il faut donner la bourse, J. J. bouss. Contr. i, 3. Elevé loin des cours et nourri dans les bois, Il ne sait pas encor ce qu'on doit à des rois, volt, il ér. lv, 2. || Bouquet de bois, petite touffe de bois de haute futaie. || Homme des bois, nom vulgaire de l'orang-outang. || Leshôtes, les habitants des bois, les animaux qui vivent dans les bois, et,. particulièrement, les oiseaux. Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois, la font. Fabl. i , 2. || Fig. Être volé comme dans un bois, être volé d'une façon audacieuse ou sans pouvoir se défendre. J'ai bien affaire de son argent; eh! qu'il ne vienne pas ici piller le nôtre; c'est voler au coin d'un bois, lesage, Turc. i, 8. || Terme de vénerie. Faire le bois, aller en quête avec le limier pour détourner un animal. Toucher au bois, se dit en parlant du cerf qui, ayant refait sa tête, la frotte contre les arbres pour détacher la peau velue qui la couvre. || 7° Terme d'eaux et forêts. Les arbres en général, réunis ou isolés. Semer un bois. Couper un bois. L'âge du bois. Un terrain couvert ou plutôt à demi couvert de genièvres, de bruyère», est un bois à moitié fait et qui a peut-être dix ans d'avance sur un terrain net et cultivé, buff. Exp. sur les végèt. 2- mém. || Bois de haut revenu, demi-futaie de quarante à soixante ans. || Bois en état ou en étant, arbres debout. || Bois gisant, bois abattu. || Bois encroué, arbre sur lequel un autre est tombé. || Bois vif, arbre qui pousse des branches et des feuilles. || Bois mort, arbre séché sur pied. || 8° Rejetons des arbres. Pousser beaucoup de bois. De peur que la vigne ne jette trop de bois. Le vieux bois de la vigne. || 9° Objet fait de bois. Bois de Ht. Dirions-nous que les cordes d'un violon seraient venues d'elles-mêmes s'étendre sur un bois dont les pièces se seraient collées ensemble? fén. Exist. 6. Ce foudre ridicule Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule, corn. Poly il, 6. Sur un bois glorieux Qui fut moins une croix qu'une échelle des cieux, rotr. St Gen. n, 8. Un fragile bois que malgré mon secours Les vers sur son autel consument tous les jours, rac. Alhal. m, 3. || 10" Le bâton d'une lance, et par extension , la lance même. Rompre un bois. || Haut le bois, ancien commandement pour s'arrêter, parce qu'alors on tenait les piques hautes. Porter bien son bois, cheminer d'un pas régulier, comme faisait une troupe, la pique haute. || Charger un homme de bois, lui donner des coups de bâton. || 11* Cornes rameuses du cerf et autres animaux. Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois, la font. Fabl. vi, 9. || Fig. et populairement. Cette femme fait porter du bois à son mari, elle lui est infidèle. || 12° Au jeu de quilles, abattre du bois, abattre bien des quilles; et au jeu de trictrac , jouer beaucoup de dames de la pile,

afin de caser aisément plus tard. || Fig. Abattre bien du bois, faire beaucoup de besogne en peu de temps. || 13° Termede pharmacie. Boissudorifiques, le gayac, la salsepareille, lasquine, le sassafras, etc. || 14°Terme d'alchimie. Bois de vie, le mercure. |] 15° Bois, nom donné à différents végétaux. || Bois d'aigle ou bois de garo, nom donné à différents arbres des Indes et des Moluques, appartenant aux genres agallochum , aquilaria. || Bois à balais, bouleau et plusieurs autres arbres ou arbustes. || Bois bénit, buis. || Boisde baume et bois de petit baume, noms vulgaires, à la Martinique, du croton balsamifère. || Bois de benjoin, nom vulgaire, à Maurice et à Bourbon, du terminalier mauritien de Lamarck, qui fournit un baume analogue au benjoin. || Bois de buis, un des noms que porte, à l'île Maurice, la fernélie à feuilles de buis qui y est appelée aussi faux buis. || Bois de Brésil ou de Fernambouc (brésillet), provenant du cscsalpinia echinata (Lamarck). Ce bois, qui a été regardé comme astringent, n'est plus employé que pour teindre en rouge pourpre. || Bois de Chypre ou bois de Cypre, nom donné : H* dans les Antilles, à la cordie gérascanthe; 2" à la Virginie, au cyprès distique; s° au bois du brya ébène, dont on se sert en marqueterie, legoarant. || Bois coton, nom vulgaire du peuplier de Virginie et de végétaux dont les semences sont entourées d'une matière cotonneuse. On dit aussi bois à coton. || Bois de fer, nom donné à différents bois qui sont très-durs. || Bois gentil, arbrisseau d'un aspect agréable ; un des noms vulgaires du daphnê mezereum, dit aussi bois joli, garou. || Bois immortel , arbre de Madagascar , nom vulgaire donné , à cause delà dureté de son bois, à l'endrach madagascarien. || Bois de jolicceur, nom vulgaire, aux îles Maurice et Bourbon , du pittospore ondulé. || Bois de Lousteau, nom vulgaire donné quelquefois en France à l'évonyme européen ou fusain. || Bois madame, à la Martinique, nom vulgaire de la guettarde ride. [| Bois madré, aux Antilles, nom vulgiire de l'excécarie lucide. || Bois néphrétique, arbrisseau de la nouvelle Espagne, que l'on croyait donner à l'eau, dans laquelle il a trempé, la vertu de nettoyer les reins et la vessie. || Bois palmiste, nom que porte à Haïti la geoffroye épineuse, bien différente des palmiers dits palmistes. || Bois perdrix, nom donné à l'heistérie écarlate, à la Guadeloupe et à la Martinique, parce que le fruit est recherche par les tourterelles qu'on y nomme perdrix. || Bois de Perpignan, bois de micocoulier, ainsi dit parce qu'on le porte à Perpignan où l'on en fait des fouets pour les cochers, des instruments à vent, ainsi que des ouvrages de menuiserie et de marqueterie. || Bois pliant, nom vulgaire de l'osyride blanche, dite encore rouvet, cultivée dans quelques jardins d'Italie. || Bois de rainette, arbre de l'île de France dont les feuilles exhalent , quand elles sont froissées , une odeur très-prononcée de pomme de rainette (dodonée à feuilles étroites). || Bois de rose, nom sous lequel on apporte des Canaries la racine du liseron à balais. Cette racine est appelée aussi bois de Rhodes et bois de Chypre. || BoisdeSpa, nom du châtaignier, quand il est employé pour de petits meubles de luxe. || Bois violet ou bois de violette, nom donné dans le commerce au palissandre à cause de sa couleur et de la légère cideur qu'il répand. (Cette liste a été empruntée en très-grande partie à legoarant.) || Proverbes. 11 a l'œil au bois, se dit d'un homme qui craint d'être surpris, parce que les embûches se dressent ordinairement dans les bois. || X gens de village, trompette de bois, c'est-à-dire il ne faut aux ignorants que des choses proportionnées à leur intelligence. || Trouver visage de bois, se dit lorsque, venant chez quelqu'un, on trouve la porte fermée, ou l'on ne trouve personne. || Il n'est feu que de bois vert, c'est-à-dire on a besoin de l'activité des jeunes gens. || Qui a peur des feuilles n'aille au bois, ou n'aille au bois qui a peur des feuilles, c'està-dire, qui craint le péril ne doit pas aller où il y en a. || La faim chasse ou fait sortir le loup du bois, c'est-à-dire, quand la misère, quand une nécessité presse, on fait ce qu'on n'avait ni l'habitude ni le goût de faire. || 11 ne faut pas mettre le doigt entre le bois et l'écorce, c'est-à-dire il ne faut pas s'ingérer mal à propos dans les querelles d'un ménage, de personnes naturellement amies. || Le bois tortu fait le feu droit, c'est-à-dire tous moyens sont bons pour arriver.

— SYN. bois, cornes. Entre les cornes et le bois il y a cette différence : le bois présente plusieurs branches; il tombe et puis repousse régulièrement; au contraire, la corne est un jet simple, sans division,et qui, à moins d'accident, ne tombe jamais.

— HIST. xi* s. Selve ne bois, asconse [cachette] n'i puet estre, Ch. de Roi. ccxxxix. || xii* s. Cil vont souvent au bois esbanoier, Ronc. p. 160. Enz en un bos erent [ils étaient] allé chasser, th. p. (64. Et que sont vert bois et vergier et pré , Couci, xiv. |j xiii' s. Tant qu'en un bois [ils] s'en vindrent haut et grant et plenier, Berte, xix. Tantost se sont el bois aie Tôt coiement et à celé ; Le bois ont tost avironé, Lai de ilélion. Se feme tient bos en douaire, elle ne le poet cauper devant que il ait sept ans acomplis, beaum. xiii, 7. Aussi comme le vent abat en la forest le bois sec, joinv. 220. || xiv s. Pour deux grans comptoirs et une cayere [chaise] tout de boisd'Yerlande, delaborde, Émaux, p. 166. Fol chesne, prunier, poirier et néflier sont apelés vif bois; et tous aultres bois sont appelés mort bois, et le bois sec abattu ou en estant est appelés bois mort, Ordonn. des rois, t. vu, p. 777. || xv s. Si le mary passe les dix [nuits] Sans cause et que le boys s'allume, Femme peut prier ses amis Et faire selon la coustume, coqcill. Droits nouv. |j xvi* s. Un pastoreau n'agueres j'ecoutois, Qui s'en alloit complatgnant par les bois, marot, i, 309. Tous leurs devis, ce sont haches, gros bois, Lances, harnois, estendars, gouffanons, id. i, 23. Le marié ayant envie de rompre un bois en faveur de sa nouvelle espouse, mont, i, 253. Il avoitune bosse sur le dos, et l'autre sur l'estomac, qui lui faisoient mal porter son bois [par allusion aux chevaliers] , desper. Contes , xxxix. Mort bois est bois ne portant fuit : bois mort est bois sec, en estant on gisant, lovsel, 252. Le roy Henri ayant commandé le comte de Mont-Gommeri de rompre un bois contre luy, d'aub. Hisl. i, 85. Le comte essaya à se rendre maistre de la Rochelle; mais, y ayant eu visage de bois, s'advançaà Ponts, la battit de deux pteces et l'emporta d'assaut, m. ib. i, <44. Au premier assaut ceux de dedans aiant repoussé, poursuivirent par la brèche et meslerent à coups d'espée, comme n'aiant point de long bois, m. ib. H, 03. La forest se distingue en Dois de chaufage et de haute fustaie, o. de serres, 794. Quand on parle du bois en gênerai, s'entend du sauvage, m. 784. Ainsi par ces mots, [bois] sec et aquatique, entendrons la fourniture denosforests, taillis, sausaies, ramées et ozeraies, id. 788. Od taille en croissant le bois de chaufage, et en decours, celui des bastimens, id. su. Telles restrinctions de la lune n'ont lieu pour le bois-mort, ne pour le bois-chablis, qui est le presque abbatu par le vent, id. 8*7. Les jurisconsultes appellent mort-bois, les arbres qu. ne portent fruict, id. 81 3. Mettant d'un costé les grosses busches et bois de fente (alias , de refente) et de moule; de l'autre les fagots, bourrées et costerests, in. 808. Petit bois allume le feu, le gros bois le nourrist, génin, Récréât, t. n, p. 247. Boys inutile a precieulx fruit, id. ib. p. 235.

— ÉTYM. Bourguig. 6oo; picard, bou etfco; provenç. bosc; espagn. bosque; ital. bosco; bas-lat. boscus, boscum, buscus ; angl. bush, buisson; de l'allemand Busch, buisson. On n'est pas sûr quel'allem. Busch ne provienne pas des langues romanes; en ce cas, le terrain de ce radical serait inconnu.

BOISAGE (boi-za-j'), s. m. || 1* Tout le bois dont on s'est servi pour boiser. || 2° Terme de marine. Action de boiser un bâtimei.t. || 3° Terme de mines. Ensemble des étais en bois qui soutiennent les parois des puits et des galeries. Une machine immense fut construite; c'était un puits doublé de bois; on s'en servit pour contenir les eaux et traverser l'étang; ce boisage fut prolongé jusqu'à »oo pieds de profondeur, mirabf.au, Collection, t. v, p. 447.

BOISÉ, ÉE (-boi-zé, zée), part, passé. \\ 1° Revêtu de planchettes de bois. Appartement boisé. Salle boisée. || 2" Garni de forêts, de bois. Pays boisé. Province boisée.

f BOISEMENT (boi-ze-man) , s. m. Action de mettre en forêts un terrain.

BOISER (boi-zé), v. a. || 1° Garnir de menuiserie. Le maréchal d'Estrées aimait fort Nanteuil, il fit boiser toute sa maison, st-sim. t)4, 205. || 2°Terrue de marine. Construire la carcasse d'un bâtiment, en montant tous les membres sur la quille. || 3° Terme d'eaux et forêts. Garnir de forêts. Boiser une contrée.

— ÊTYM. Bois.

BOISERIE (boi-ze-rie), s. f. Ouvrage de menuiserie dont on revêt les murs des appartements.

— ÉTYM. Boiser.

BOISEUX, EUSE (boi-zeû, zeù-z'), adj. Qui a la nature du bois. Racine boiseuse. Plantes boiseuse» Peu usité; on dit ligneux.

— ÊTYM. Bo<S.

BOISSEAU (boi-sô),î. m. || 1° Ancienne mesure de

BOI

BOI

BOI

capacité pour les matières sèches, valant 1 3 litres, 0) , ou 13 litres plus un centième réduits à 12 litres 60, c'est â-dire au demi-quart de l'hectolitre, lorsqu'on voulut ramener les anciennes mesures aux mesures métriques. Vendre, mesurer au boisseau. || Ce que cette mesure contient. Un boisseau de blé, de sel. || Fig. Il ne faut pas mettre la lampe, le chandelier, la lumière, etc. sous le boisseau, il ne faut pas cacher la vérité aux hommes. Cette lumière qui était sous le boisseau éclaire présentement tout le monde, 8Êv. 306. Dieu ne vous a pas mise sous le boisseau, mais sur le chandelier, fén. xvm, 817. || 2° Trou conique d'une canelle, qui reçoit la clef. || Cylindre creux qui fait partie du moulin, destiné à la préparation du tan. || Chacun des cylindres dont se compose un tuyau de latrines ou de poêle. || Petit pot de terre sans fond à l'usage du fabricant de pipes.

— HIST. im" s. Li meunier de grant Pont pueent prendre de chascun sestier de blé ou de aucun autre grain mandre [moindre], un boissiel, mes plus n'en pueent il pas prendre se il n'est bestens [temps contraire], Liv. des met. 48. Sauniers ne saunieres qui vendent sel à mines ou à buissiaus, à fenestres ou à estai, doivent chascun an trois sols de hauban, «6. 207. Trop l'i a fetdolereus merc, Parmi la plume del aubert Fiat de sanc saillir plein boisel, Par le champ en cort le ruisel, lien. 30017. Après a fait unboissel prendre.... Qu'il empruntout itel mesure, raynouard, bossel. || xv s. 11 luy paroissoit homme à n'avoir pas toujours eu les pieds dans un boisseau, Mim. s. Vu G. ch. 27.

— ÉTYM. Berry, bossiau; boisteau, dans quelques provinces, d'après Du Cange; angl. bushel ; bas-Iat. bustellus, bussellus, bissellus. Il y a deux étymologies pour ce mot : celle de du Cange est le bas-latin buza ou buta, cuve, tonneau (voy. botte 3) , en vieux français, boise, d'où un diminutif boissel, boucel, en provençal, bossel, en italien, bolticello. Celle de Diez est le bas-latin bustia, en français boiste (voy. boîte), en provençal, bostia; d'où un diminutif bustellus, boisteau, et aussi boisseau; d'autant plus admissible qu'on trouve, dans le provençal, boissa à côté de boslia. Cette dernière étymologie s'appuie sur le ( des formes bustellus et boisteau, lequel ( n'aurait point de raison d'être si le mot venait de ou la ou boise. Au reste le boissel venant debw- %a paraît s'appliquer aux liquides (voy. dans l'historique l'exemple tiré du roman du lienart), tandis que le boissel venant de boisle s'applique aux grains.

t BOISSELAGE (boi-se-la-j'), s. m. Travail, office de mesureur de blé.

— ÉTYM. Boisseau, par l'intermédiaire de boissel.

BOISSELÉE (boi-se-lée), s. f.\\ 1° Ce qu'un boisseau peut contenir. Une boisselée de froment , de haricots. || 2° Boisselée de terre, l'espace de terre qu'on peut ensemencer avec un boisseau de blé.

— ÉTYM. Boisseau.

BOISSELIER (boi-se-lié), s. m. Artisan qui fait des boisseaux et divers ustensiles de ménage en bois.

— ÉTYM. Boisseau.

f BOISSELIÈRE (boi-se-liê-r'), s.f. Nom vulgaire de la pie-grièche grise.

BOISSELLERIE (boi-sè-le-rie) , s. f. || 1° Le métier, le commerce du boisselier. || 2" Les objets mêmes qu'il fabrique.

— ÉTYM. Boisselier.

t BOISSELON (boi-se-Ion), t. m. Sorte de petite bêche pour sarcler le blé.

BOISSON (boi-son), s.f. || 1° Tout liquide qui se boit. L'eau pure est la boisson de certaines personnes. || 2° Le vin, le cidre, etc. 11 a toujours de la boisson en cave. || Familièrement. Être adonné à la boisson, avoir des habitudes d'ivrognerie. Un mari plus jeune qu'elle, mais usé par la boisson, J. J. rouss. Conf. 1. 1| 3" L'eau passée sur le marc de la vendange ou sur des fruits coupés en quartiers et préparés. On fait, à Paris, dans les petits ménages, beaucoup de boissons de ce genre. || Terme de marine. Eau mélangée d'un peu de vinaigre.

— HIST. xv s. Duabus pipis vini et una pipa de boisson seu de bevratge, du cange, beutenda.

— ÉTYM. Picard, boichon. Ce mot n'a pas été rencontré dans les textes qui ont servi à composer l'historique de ce dictionnaire, sauf dans un texte demilatin du XV siècle; pourtant la forme en paraît ancienne. Le mot de la langue d'oïl était potso»(de pofi'o) ; boisson a été formé de boire à l'imitation de poison ou poisson.

BOITE (boi-f; la syllabe oi est brève), s.f.\\ 1° Etat du vin bon à boire. Ce vin n'est pas encore en boite. || 2° Dans les fermes, petit vin que l'on obtient en

versant de l'eau sur le marc, avant qu'il soit entièrement pressuré.

— ÉTYM. Boire. Villon a dit boiture dans un sens analogue : Nous y ferons maie chère, Puisque boiture y est si chère, Grand testament.

BOÎTE (bol-t'; la syllabe n(cstlongue),*.f. ||l°Petit coffre à couvercle. On lui jeta les joyaux et la boîte, la font. Cunf. Que vient de te donner cette farouche bête? — Celte lettre, monsieur, qu'avecque cette boîte.... mol. Éc. des mar. n, 8. || Familièrement. On diraitqu'elle sort d'une botte, se dit d'une personne dont la toilette est d'une grande fraîcheur, et aussi d'une personne apprêtée, guindée. || Il faudrait que cette personne fût toujours dans une boite, elle est si délicate que la moindre impression de l'air lui fait mal. || Fig. et familièrement. La boîte a Perrette. caisse secrète d'une association non avouée. Perrette est ici un nom arbitraire pour un possesseur non avoué. || 2° Boîte aux lettres, boîte d'un bureau de poste, où le public dépose ses lettres. || Boîte à réverbère, petite cavité faite dans une muraille, fermée à clef, et contenant la corde qui sert à faire monter ou descendre un réverbère. || 3" Tabatière. Il a toujours sa boîte à la main. || 4° Ce que contient une boite. Boite de pastilles. |j 5° En termes d'artillerie, petit mortier de fer haut de sept ou huit pouces, qu'on tire dans les fêtes publiques. Des boîtes qui crevèrent tuèrent trois ou quatre personnes, sév. 29t. Je l'accoutume aux coups de fusil, aux boites, aux canons, J. J. rouss. Ém. i. || 6° Terme d'anatomie. Boîte du crâne, la cavité osseuse qui renferme le cerveau. 117° Terme de médecine. Botte fumigatoire, boite qui contient tout ce qui est nécessaire pour secourir les noyés et les asphyxiés. || 8° Boîte à savonnette, sorte de boîte en forme de boule, qui s'ouvre par son milieu en deux parties égales. || Terme d'art militaire. Embouchure de fer ou de fonte dans laquelle entre le bout de l'essieu d'un affût. || Boite à pierrier, fausse culasse des pièces d'artillerie , qui se chargeaient par la culasse. || 9° Tuyau par lequel le vent est transmis du sommier des orgues à un jeu d'anches. || Coffre de fer percé de trous et placé à l'entrée d'une conduite d'eau, pour empêcher les ordures d'y passer. [| Jonction de deux pièces d'une soupape dans une machine hydraulique. || Douille que les serruriers scellent dans un billot et qui , recevant l'extrémité d'une barre, latientferme.il Partie d'un vilebrequin qui, emboîtant la mèche, la fixe au corps de cet instrument. || Boite d'essai, petit coffre dans lequel les monnayeurs mettent les monnaies essayées. || Boite du crochet, morceau de bois fixé à mortaise au bout de l'établi du menuisier et qui sert à maintenir un crochet de fer. || Terme d'architecture. Assemblage de planches formé pour revêtir une poutre. || Proverbe. Dans les petites boîtes sont les bons onguents, se dit à propos des gens de petite taille a qui l'on fait le compliment de les préférer aux autres.

— REM. On a vu plus haut que Molière fait rimer boite avec bite; c'est que, de son temps, on prononçait ouè la diphthougue oi (une bouète), en y faisant entendre un e, tandis que aujourd'hui on y fait entendre un a. Cette ancienne prononciation est encore celle de certaines provinces.

— HIST. xii' s. En une boiste, iionc. p. 16. || xiii's. Et quanquas oil gaaigne qui l'ouvroir a ouvert, il le met en la boiste de la conflarie des orfèvres, Liv. des met. 39. Li bochier d'Orliens prennent sur chascune beste six deniers, et metent en une boete, à défendre cels de lor bore contre autres gens, lit', de just. 7. Ne savez-vous que la castenge [châtaigne] Douce, plaisans, ist de le [laj boisse [enveloppe] Aspre, poignant de grant angoisse? /foi Guillaume, v. 1150, dans, du cange, Gloss. français. || xiv" s. Une boeste d'argent, à mettre pain à chanter, esmailliée dedans et dehors , pesant un marc , deux onces, de laborde, Émaux, p. 168. Pour faire et forgier la garnison d'argent pour une ceinture et une boiste à porter lettres , id. t'6. Une boiste d'argent endorré pur porter eynz [dans] un anel entour le col de un homme, id. ib. || xv s. Ils s'esmeurent, rompirent les bouettes des fermiers des aydes, jetterent l'argent par les rues, juven. i 380. Quand monseigneur le curé vit qu'on le vouloit bouter en la boiste aux cailloux [prison], il fut plus esbahi qu'un canet , louis xi , Nouv. xcvi. 1 1 xvi* s. Quelque femmelette qui regrette la perte des bouettes où estoient les fards, amyot, Timol. 22. Cinq petites pièces à boites, faites d'un excellent artifice, et qui, bien qu'elles ne soyent que de calibre demie bastarde, peuvent faire bresche de 60 pas, d'aub.

llist. m, «2. Si l'os de la cuisse est hors de sa boitte, taré, Introd. 23. Toutes espèces et différences d'artifices de feu, comme boettes, bariquades, grenades, id. t. m, p. "05. X la volonté sera laissée la façon de percer les tonneaux; comment y mettre l'espine ou guille, en France appellée focet.et l'instrument avec lequel l'on perce le tonneau, guimblet, la canelle, fontaine, boête, ou robinet, ni de quelle matière soit-elle, de leton ou de bois, o. de serres, 832.

— ÉTYM. Berry, bouete; wallon, boise; provenç. boissa, bostia, brostia, brustia; portug. boeta. Raynouard le tire de buxus, buis; mais on ne voit pas comment le t se serait introduit , cette étymologie n'expliquant que laforme boissa. Diezlo tire aenuSiSa, pyxida; d'où , dans le bas-latin , buxida , poxides: ce qui adonné boiste et boistia, et, par affaiblissement de la prononciation, boissa dansle provençal et boise dans le wallon. lluÇiç, boite, de itùgo;, buis.

f BOITEMENT (boi-te-man) , s. m. Action de boiter; défaut de la marche d'une personne boiteuse , d'une machine qui marche inégalement.

— ÉTYM. Boiter.

BOITER (boi-té), ». n. Marcherens'appuyantimparfaitement sur une des jambes et en inclinant par conséquent le corps plus d'un côté que de l'autre. 11 boite du pied gauche. Homère dit que, quand les bienheureux immortels virent Vulcain qui boitait dans leur maison, il leur prit un rire inextinguible, la font. Psyché, i, p. 97. Vous boitez tout bas, rac. Plaid, il, t3. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— UEM. Dans boiter, boiteux, etc. l'usage a abrégé la syllabe oi; et l'orthographe, ne connaissant pas l'étymologie, et ne consultant que l'usage, a écrit boiter ce qui devrait s'écrire boiter, boiteux, etc.

— SYN. boiter, clocher. Autrefois clocher était le seul usité, et il n'y avait pas lieu à synonymie Depuis boiter s'est introduit eiaexpulsé, à peu près complètement, clocher de l'usage au sens propre. On dit présentement qu'un homme boito, et non qu'il cloche; et, si on se sert de clocher, c'est dans le style familier et pour donner à l'idée un tour plaisant. Mais clocher est usité au figuré de préférence à boiter, qui n'a guère d'emploi en ce sens : une comparaison cloche; il y a quelque chose qui cloche dans cette maison. On remarque que, par faute sans doute d'un adjectif répondant à clocher et qui existait dans l'ancien français, clop, l'adjectif boiteux reçoit très-bien le sens figuré.

— ÉTYM. Wallon, boisli. Le wallon indique l'étymologie, qui est boiste (boite), boite s'employant pour articulation : dé-boiler, faire sortir de l'articulation ; boiter, avoir mal à la boite, à l'articulation.

f BOITERIE (boi-te-rie), s. f. Terme de médecine vétérinaire. Etat d'un animal qui boite. Les vétérinaires en distinguent trois degrés :1a feinte ou boiterie à peine sensible; la boilerie basse, celle qui est plus apparente ; la marche à trois jambes , la boiterie dans laquelle l'animal ne peut appuyer à terre le membre malade.

— ÉTYM. Boiter.

BOITEUX, EUSE (boi-teû, teu-z'), ad)'. || 1° Qui boite. Volontiers gens boiteux haïssent le logis, la font. Fab. x, 3. Vous aviez bien raison de me dire que vous alliez bon train, tout boiteux que vous êtes, lesage, Critique de Turc. || Par extension, table, chaise boiteuse, table, chaise qui a un pied plus court que les autres. || Ruban boiteux, ruban dont les deux bords ne sont pas pareils. Châle boiteux, châle qui a une large bordure à un seul bout. || Dans la typographie, colonne boiteuse, colonne qui a plus ou moins de lignes qu'une autre de la même page. || Fig. La marche lente et boiteuse de l'esprit humain est celle qu'on est toujours obligé de retracer quand on écrit l'histoire et non la fable des grandes entreprises. On s'offense d'un esprit boiteux, pasc. P. div. 128. || Terme de manège. Cheval boiteux de l'oreille et de la bride , cheval qui, par ses mouvements de tête, marque tous les pas qu'il fait en boitant. || 2° Qui manque de nombre. Phrase boiteuse. Des vers boiteux , des vers trop courts , qui n'ont pas la mesure. Le vers est boiteux. || Ancien terme de musique. Contre-point boiteux ou à la boiteuse,contre-point chargé de syncopesoude contretemps sur lesquels la voix semble sautiller. || 3° Boiteuse, s. /".Nom d'une ancienne danse allemande, et de l'air sur lequel on la dansait. || 4° Terme de charpenterie. Boiteuse, solive d'enchevêtrure, scellée d'un bout dans le mur, et assemblée de l'autre dans une principale pièce de bois, nommée chevêtre. || 5° Substantivement, un boiteux, une boiteuse, un homme.

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