CHEZ
— ÉTYM. lion, homme; Berry, bounhoume, paysan, bounhoumerie, endroit habité par des paysans; wallon, bouname; namurois , boulome, homme, mari. On voit que le paysan se nomme lui-même bonhomme, c'est-à-dire l'homme, le mari, le maître de la maison; c'est de ce mot que les gens de guer-e avaient fait un sobriquet.
BONI (bo-ni) , s. m. Terme de finance. La somme restée sans emploi sur une dépense. || Au mont-depiété, ce qui revient sur un gage qu'on a laissé vendre. Payer les bonis.
— ÉTYM. Boni, génitif neutre latin, comme qui dirait : aliquidboni, quelque chose de bon.
t BONIFACE (bo-ni-fa-s'j, s. m. Nom propre qui se prend pour homme simple, crédule. C'est un boniface.
BONIFICATION (bo-ni-fi-ca-sion) , ». f. Amélioration. La bonification de la terre par la culture. H Augmentation du produit d'une affaire. || Bonification de tare, ce qui est accordé en sus de la tare réelle.
— ÉTYM. Bonifier.
BONIFIE, ÉE (bo-ni-fi-ê, ée), part, passé. Du vin bonifié dans la cave.
BONIFIER (bo-ni-fi-é) , je bonifiais, nous bonifiions; que je bonifie, que nous bonifiions, v. a. Rendre meilleur. Moi, je travaille celle [la terre] que mon père a bonifiée, j. j. rouss. Ém. n. || 2° Suppléer un déficit. Si la somme n'y est pas, je vous bonifierai ce qui manque. || 3° Se bonifier, r. rêjl. S'améliorer. En bouteille, le vin se bonifie.
— ÉTYM. Bonus, bon, et un suffixe ficare , fréquentatif de facere (voy. faire).
t BONIMENT (ho-ni-man), s. m. || 1» Parade de charlatan. || 2° Par analogie, manœuvres pour tromper. [| Mot très-vulgaire, et qui est presque d'argot.
— ÉTYM. Bon, c'est-à-dire action de faire quelque chose de bon, d'agréable.
BONITE (ho-ni-f), s. f. Poisson de mer qui est à peu près de ia grosseur d'une. morue, et qui est une espèce de thon.
— ÉTYM. Bas-lat. boniton.
t BONJEAU (bon-jô), s. m. Couple de bottes de lin, liées ensemble, qu'on fait rouir.
t BON-JÉSUS (bon-jé-zu). Ordre qui fut établi en *538, par le prêtre Maluselli, disciple d'une sainte veuve, Gentile de Ravenne. Les religieux de cet ordre disaient matines à minuit.
BONJOUR (bon-jour), s. m. Terme de salutation. Je vous souhaite le bonjour. Et je vais lui donner le bonjour seulement, mol. Tart. I, 3. S'il fallait vous dire tous les bonjours qui m'accablèrent, sév. 174. || Elliptiquement. Bonjour, monsieur. Bonjouràmonsieur le docteur. Eh bonjour, monsieur du Corbeau ! la font. Fabl. i, 2. || Vol au bonjour, terme d'argot désignant une espèce de vol qui consiste à s'introduire dans une maison dont on croit les habitants sortis, et à feindre, si l'on rencontre quelqu'un, une visite, un bonjour à souhaiter. || Proverbe. Le bonjour vient du dehors , c'est-à-dire, c'est à celui qui arrive dans une localité à faire les premières visites.
— hist. xra" s. Dame, dit-il, que très bon jour Vous doint cil que j'aime et aour [adore] , audefr. le bast. Romancero, p. 9. Primaut, Diex beneïe vos, Fet Renart, et bon joraiez, Ren. 3027.
— ÉTYM. Bon, jour.
t BOtfJOURIER (bon-jou-rié), s. m. Terme d'argot. Voleur qui pratique le vol au bonjour.
— êtym. Bonjour.
BON
BONNE (ho-n'), s. f. \\ i° Femme de service; fille chargée de soigner un enfant. Mme la duchesse de Bourgogne appela MmedeNogaret qu'elle appelait sa petite bonne , st-sim. i 39 , 39. La poule ne voit pas qu'elle n'est que leur nourrice [des oiseaux étrangers qu'elle a couvés] ou leur bonne, buff. Poule. Petite bonne, agaçante et jolie, bérang. Vieuxgarç. Notre jeune marquis, que la bonne a nourri , Est un grand garnement, et j'en suis bien marri, volt. Chariot, i, i. || Contes de bonnes, contes dont les bonnes amusent les enfants. || 2° Terme du jeu de reversis. Nom de différents payements : la i™, la 2» bonne. || X la bonne se dit, au même jeu, quand on place le quinola ou un as sur la dernière levée, afin de recevoir un double payement.
— ÉTYM. Bon. Bonne, dans le sens de femme de service est un terme d'amitié de la part des enfants ou des maîtres.
t t. BONNEAU (bo-nô), s. m. Proxénète. L'ami Bonneau. Pour colorer, comme on put, cette affaire, Le roi fit choix du conseiller Bonneau, Confident sûr et très-bon tourangeau : Il eut l'emploi qui, certes, n'est pas mince, Et qu'à la cour, où tout se peint en beau, Nous appelons être l'ami du prince, Et qu'à la ville, et surtout en province, Des gens grossiers ont nommé maquereau, volt. l'uc. i.
— ÉTYM. Nom propre dont les vers de Voltaire ont fait un nom commun.
t 2. BONNEAU (bô-nft), s. m. Terme de marine. Morceau de bois ou de liège qui flotte au-dessus de l'eau pour indiquer l'endroit où une ancre est mouillée.
— ÉTYM. Peut-être, par métaphore, objet bon, utile, qui sert.
BONNE-DAME (bo-ne-da-m'), s. f. Terme de botanique. Plante potagère qu'on nomme autrement belle-dame ou arroche. || Au plur. Des bonnes-dames.
— ÉTYM. Bon, dame.
t BONNE-ENCONTRE (bo-nan-kon-tr') , s. f. Bonne fortune, bonheur. De bonneencontre, par bonneencontre.
— REM. Ce mot, qui est dans le Dictionnaire de l'Académie de 4696, a vieilli; mais il se comprend très-bien, et peut être repris comme opposé à malencontre.
tBONNE-ENTE (bo-nan-f), s. f. Sorte de poire dite ordinairement doyenné. || Au plur. îles bonnesentes, prononcé comme au singulier.
— ÉTYM. Bon et ente.
BONNEMENT (bo-ne-man), adv. || 1° De bonne foi, naïvement, avec simplicité. Un honnête homme vous dit une chose bonnement et comme elle est, sév. 86. Il nous en a toujours parlé tout bonnement, m. 576. Le roi causa une heure avec le bon homme d'Andilly aussi plaisamment, aussi bonnement, aussi agréablement qu'il est possible, m. 85. Il dit bonnement ce qu'il sentait dans le moment, boss. Oraison, 8. On se pardonne bonnement tous ses défauts de société, fléch. Serm. i, 246. Il avait laissé bonnement à Londres la lettre de compliment, hamilt. Gramm. 8. D'Anthouard nous assemble et nous dit de quoi il s'agissait [le vote pour faire Napoléon I" empereur], mais bonnement, sans préambule ni péroraison, p. L. cour. Leltr. I, 60. || 2° Bien, vraiment. En ce sens il ne s'emploie qu'avec la négation. Je ne puis bonnement oublier cette offense. Lorsque je compare Les plaisirs de ce singe à ceux de cet avare, Je ne sais bonnement auquel donner le prix, la font. Fab. xn, 3.
— HIST. xn* s. Ses mains [il] lui croise sur son piz bonement, Bonc. p. 102. Il s'agenoille soef et bonement, ft. p. 158, Envers le roi [elle] s'acline bonement, ib. p. -i"2. I| xiii" s. La dame [il] ot espousée, puis en fit ses delis; Bonement sont ensemble come amie et amis, audefr. le bast. Romancero, p. 35. Si me feront aïde, se Deu plait, bonement, Sax. xxi. || xiv* s. Ignorance d'aucunes circonstances que l'en ne peut pas bonnement savoir, excuse et est appellée ignorance invincible, oresme, Eth. et. || xv's. Une rivière forte et roide, pleine de cailloux et de grosses pierres, si qu'on ne la pust bonnement en haste passer sans grand meschef, froiss. i, i, 4t . Et si avoient les Escots leurs deux premières batailles establies sur les deux croupes de montagnes, que l'on entend de la Roche, là où l'on ne peut bonnement monter, ni ramper pour eux assaillir, m. i, i, 4t. || xvie s. La nécessité des guerres porte à tous les coups de faire le gast, ce qui ne se peut faire bonnementen nos biens propres, mont, i, 365. Il entreprit de faire une chose, laquelle n'estoit pas bonnement légitime ny totalement juste, amyot, Philop. 27.
— ÊTYM. Bonne, et le suffixe ment (voy. ment);
BON
provenç. bonamen; catal. bonament; espagn. buenanvnte; portug. boamente.
BONNET (bo-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : des bonnets élégants , dites : des bo-nè-z-élégants; bonnets rime avec traits, succès, jamais), s. m. ||1° Coiffure d'homme sans rebords. Bonnet de laine, de soie; bonnet de cotoa Tous les valets en bonnet de nuit, sév. 20. Sitôt qu'il fait un peu de bruit, Je lui mets son bonnet de nuit, bérang. Le 3e mari. || Bonnet de police, coiffure des militaires quand ils sont en petite tenue. || Bonnet à poil, coiffure très-élevée, arrondie, en poil noir, et qui est portée par quelques troupes d'élite d'infanterie et de cavalerie. Les grenadiers à cheval, dans l'ancienne armée impériale, portaient des bonnets à poil. || Fig. et familièrement. Je jetai mon bonnet par-dessus les moulins, phrase par laquelle on terminait les contes que l'on faisait aux enfants, et qui signifie je ne sais comment finir le conte. Voilà ce que Moreuil m'a dit, espérant que je le vous manderais; je jette mon bonnet par-dessus les moulins, et je ne sais rien du reste, sév. 47 (voyez aussi la lettre 379). Dans un autre sens, aujourd'hui usité, jeter son bonnet par-dessus les moulins, braver l'opinion, les bienséances. || Prendre une chose sous son bonnet, imaginer un fait sans fondement. || Ce sont deux tètes dans un bonnet, c'est-à-dire ils sont toujours de la même opinion, du même sentiment. Voilà trois bonnes têtes dans un bonnet, la vôtre, celle de l'empereur des Romains et celle du roi de Prusse, volt. Lett. à Cath. u». || Familièrement. Mettre la main au bonnet, saluer. Avoir toujours la main au bonnet, avoir des manières extrêmement civiles et révérencieuses. || C'est un personnage dont il ne faut parler que le bonnet à la main, c'est un homme très-respectable. || Coup de bonnet, salutation faite en Ôtant son bonnet. || Être triste comme un bonnet de nuit, être chagrin, d'une mélancolie extrême. || C'est bonnet blanc et blanc bonnet, il n'y a point de différence entre ces choses, l'une vaut l'autre. || Parlera son bonnet, se parler à soi-même, parler sans adresser la parole à personne. || Mettre son bonnet de travers, entrer en mauvaise humeur. || Avoir la tête près du bonnet, être vif, emporté, colère. Où sonl donc ces têtes si près du bonnet? sév. 80. || Prendre le bonnet vert, porter le bonnet vert, locution employée autrefois pour signifier faire cession de biens afin d'éviter d'être poursuivi comme banqueroutier : cela se disait ainsi parce que celui qui faisait cette cession était obligé de porter un bonnet vert. Les voilà sans crédit, sans argent, sans ressources, Prêts à porter le bonnet vert, la font. Fab. xn, 7. Et que d'un bonnet vert le salutaire affront.... boil. Sat. i. || Les bonnets ou le parti des bonnets, parti politique en Suède au xvine siècle, opposé au parti des chapeaux. || 2° Coiffure des docteurs, des avocats, des juges, des professeurs. Un avocat en soutane et le bonnet entête, pasc. Imag. 2. || Prendre le bonnet de docteur, ou simplement, le bonnet, se faire recevoir docteur. Faut-il avoir reçu le bonnet doctoral.... boil. Épit. xn. Quitte là le bonnet, la Sorbonne et les bancs, id. Sat. vin. Antigone disputait le bonnet de grand prêtre et même le vain titre de roi des Juifs, volt. Phil. v, ». || Bonnet carré, coiffure des docteurs en théologie. Et que les docteurs n'eussent de bonnets carrés.... pasc. Imag. 2. || Fig. Un gros bonnet, un personnage important dans son corps. Les supérieurs [des Jésuites] consultèrent les gros bonnets à quatre vœux, et le résultat fut qu'il fallait céder à l'orage, st-sim. 45, 2o. Il [le cardinal de Bouillon] ne voulut voir que quelques gros bonnets des Jésuites, m. 297, 2t. Le P. de la Chaise et les principaux bonnets ne demandèrent pas mieux que de servir son fils [de Mme de Soubise], id. 96, 238. || Opiner du bonnet, ne faire qu'ôter son bonnet en signe d'assentiment, accéder, sans aucune modification, à l'avis des autres. Il opine du bonnet comme un moine en Sorbonne, pasc Prov. 2. M. le marquis sera dispensé de parler, et peut opiner du bonnet, p. L. couk. ii, 312. || Cette affaire a passé du bonnet, au bonnet, elle a passé tout d'une voix, sans discussion. || Y jeter son bonnet, ne pouvoir résoudre la difficulté proposée. L'affaire est consultée, et tous les avocats, Après avoir tourné le cas, Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, la font. Fabl. n, 20. |J 3° Coiffure de gaze, de mousseline, de tulle, dô dentelle, etc. à l'usage des femmes. Monter un bonnet. Garniture de bonnet. Il 4° Bonnet phrygien, sorte de coiffure que l'antiquité donnait aux phrygiens. Paris est représenté
avec le bo
BON
avec le bonnet phrygien. || Aujourd'hui, bonnet phrygien, coiffure assez semblable à cette coiffure antique et qu'on donne ordinairement aux images de la Liberté, de la République. || Bonnet rouge, coifture adoptée par les sans-culottes en 1793, et depuis lors symbole de l'esprit révolutionnaire. C'est un bonnet rouge, c'est un homme qui appartient au parti révolutionnaire. L'homme rouge venait En sabots, en bonnet, bérang. Homme rouge. || 5° Bonnet chinois, dit aussi chapeau chinois, instrument de musique militaire garni de sonnettes, qui sert avec la grosse caisse à marquer les temps forts de la mesure. |[ 6° Terme d'anatomie. Le bonnet, le second estomac des animaux ruminants. || 7° Bonnet turc, sorte de potiron. || Bonnet-de-prêtre oud'électeur, bonnet-a-prêtre, nom vulgaire d'une espèce do courge. || Bonnet carré, nom vulgaire du fusain. || 8° Terme de vénerie. Bonnet carré, la tête du cerf quand il a du refait aussi haut que les oreilli's. || 9" Terme de fortification. Bonnet à prêtre, pièce détachée, dont la tête forme deux angles rentrants et trois angles saillants. || 10° Partie supérieure d'un encensoir. || Sorte d'écrou dont le trou ne perce pas d'outre en outre. || Genouillère des bottes des courriers. || Bonnet carré, espèce de foret à quatre ailes. || Proverbes. Janvier a trois bonnets, c'est-à-dire, en ce mois il se faut bien couvrir la tête. || Je m'en moque comme un âne d'un coup de bonnet, c'est-à-dire cela m'est bien égal.
— HIST. xii# s. Un chapel [il] ot de bonet en sa teste, U charois de Nymes, 4047. || xv* s. Quant n'ont assez fait dodo Ces petis enfanchonnès [enfan i s], Hz portent soubz leurs bonnes Visaiges pleins de bobo, en. d'orl. Chanson 6. Afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chaperon et bonnet, Bibl. des Charles, 1" série, t. v, p. 489. ||xvi* s. Un Picard a la teste près du bonnet, desper. Contes, iv. La pudicque modestie requise et ordonnée à ceulx de son bonnet [il s'agit d'un cardinal], carloix, vi, 3B. Le roy luy dist qu'il avoit mérité le pendre, et que jamais plus il ne setrouvastà la cour. Mon valet de chambre s'en alla avec ce bonnet de nuict,'PARÉ, t. m, p. 6»9. J'osteray humblement mon bonnet, ettiendray la teste nue devant mon supérieur, car ainsi le porte la coustume de mon pays, charron, Sagesse, n, 2.
— ÉTYM. Berry, bounet, bonnette , coiffure de femme; bourguig. bond; provenç. boneta; anc. catal. bonet; espagn. et portug. bonele; bas-lat. boneta, bonetus, bonetum, sorte d'étoffe, comme on le voit par ce passage de Guillaume de Nangis, en la vie de saint Louis : « Ab illo tempore numquam indu- « tus estsquarleta vel panno viridi seu bonneta. » De bon, à cause de quelque qualité 1 chapel de bonet, puis bonet , comme chapeau de castor, puis castor.
BONNETADE (bo-ne-ta-d'), s. f. Coup de bonnet, salut. Il a vieilli.
— HIST. xvi' s. Quand il sera en jalousie et en Caprice, nos bonettades le remettront-elles? mont.
— ÉTYM. Bonneter.
t BONNETAGE (bo-ne-ta-j') , s. m. Papier qu'on colle sur l'amorce d'une pièce d'artillerie.
— ÉTYM. Bonnet.
BONNETE, ÊE (bo-ne-té, tée), part, passé. Bonnet é par les uns, caressé par les autres.
BONNETER (bo-ne-té), je bonnète, je bonnetais, je bonnèterai, je bonnèterais, bonnète, que jebonnète ; l'Académie ne conjuguant pas ce verbe , d'autres l'écrivent en doublant le ( : je bonnette, je bonnetterais, v. a. || 1" Rendre des respects et des soins assidus, surtout en parlant de sollicitations humbles et fréquentes. 11 était nécessaire D'être toujours après ces messieurs bonneter, Régnier, Sat. vin. || 2° Fig. Opiner du bonnet, n'avoir pas d'avis. Il fut répondu qu'il s'était tenu un conseil de guerre à Mons-en-Puelle pour discuter le pour et le contre de l'attaque des ennemis; crie d'O et Gamaches bonnetèrent ; les officiers généraux leur représentèrent.... st-sim. 208, 66. || 3» Couvrir l'amorce d'une pièce d'artillerie avec un papier collé.
— HIST. xvi* s. Bonetant et faisant la cour, tantost à celui-ci, tantost à l'autre, Contes d'Eutrapel, dans le Dictionnaire de dochez.
— ÉTYM. Bonnet.
BONNETERIE (bo-nè-te-rie. Quelques-uns veulent qu'on prononce bo-n'-trie ; mais, outre que cette prononciation n'est point généralement usitée, elle est contraire à l'analogie de notre langue qui veut que et suivie d'un e muet devienne sonnant. L'Académie devrait établir une analogie orthographique entre bonneterie et tabletterie), *. f. || 1° Métier, ou-
BON
vrage, commerce de bonnetier. || 2" Anciennement, corporation des marchands bonnetiers.
— HIST. xvi* s. Les marchands qui achètent les chardons, les assortissent pour divers ouvrages de draperie et bonneterie, où ils les emploient, o. de serres, 738.
— ÉTYM. Bonnet.
BONNETEUR(bo-ne-teur), *. m. || 1" Celui qui
prodigue les révérences et les compliments. || 2° Il s'est dit particulièrement de certains filous qui, à force de civilités, tâchaient d'attirer les gens pour leur gagner leur argent.
— ÉTYM. Bonneter.
BONNETIER, 1ÈRE (bo-ne-tié, tiê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend des bonnets, des bas et d'autres objets de tricot.
— HIST. xvi' s. Les chardons à drap , dits aussi à foulon et à bonnetier, o. de serres, 737.
— ÉTYM. Bonnet.
1. BONNETTE (bo-nè-f), t. f. Terme de fortification. Ouvrage avancé qui est au delà de la contrescarpe, en forme de petit corps de garde, et dont les deux faces forment un angle saillant.
2. BONNETTE (bo-nè-f), s. f. Terme de marine. Petites voiles qu'on ajoute aux grandes pour présenter une plus grande surface au vent.
— ÉTYM. Bonnet.
f BONNE- VILAINE (bo-ne-vi-lê-n'), s. f. Variété de poire. \\Au plur. Des bonnes-vilaines.
BONNE-VOGLIE (bo-ne-vo-11' , II mouillées), s. m. Homme qui se louait pour ramer sur les galères de Malte.
— ÉTYM. Buona voglia, bonne volonté, de buono, bon (voy. bon), et voglia, volonté, de vogliere, vouloir (voy. vouloir) : mot à mot, homme de bonne volonté.
t BONNIER (bo-nié), s. m. Mesure agraire qui, dans la Flandre française, valait 4 hectare 40 ares.
— HIST. xv* s. Il faisoit si. grant bruine qu'on ne pouvoit voir un demi bonnier de terre loin, fhoiss. i, i, 134. Si alla bien chacune bataille en cel estât un grant bonnier de terre avant, id. i, i, 41.
— ÉTYM. 'Wallon, bouni; du wallon bone, borne (voy. borne).
fBONOSIEN (bo-no-ziin), t.m. Sectaire du iv*s. qui prétendait que Jésus-Christ n'était fils de Dieu que par adoption.
— ÉTYM. L'évoque macédonien Bonosus, hérésiarque de la fin du iv* siècle.
t BON-PLEIN (bon-plin) , *. m. Terme de marine. Porter bon-plein, gouverner bon-plein, gouverner de manière à présenter les voiles du navire directement à l'action du vent.
f BON-QUART (bon-kar) ! Cri des marins à chaque demi-heure de la nuit.
BONSOIR (bon-soir), s. m. Terme de salutation pour le soir. Et nous couchant au jour, leur donner le bonsoir, Régnier, Sat. IV. || Elliptiquement. Bonsoir, monsieur. Bonsoir à monsieur votre frère. || Fig. Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse , Souhaitons-nous un gai bonsoir, bérang. Bonsoir. || Populairement. Dire bonsoir à la compagnie, mourir. J'aurai bientôt quatre-vingts ans; Je crois qu'à cet âge il est temps De dédaigner la vie ; Aussi je la perds sans regret, Et je fais gaiement mon paquet; Bonsoir la compagnie, lattaignant. || Bonsoir s'emploie aussi dans le langage familier pour exprimer qu'une affaire est manquée. Tout est dit, bonsoir.
— ÉTYM. Bon et îot'r. On disait autrefois bon vêpre : Je donne le bon vêpre à l'honorable compagnie, mol. Escarb. 4 7.
BONTE (bon-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est bon. Bonté des terres. Bonté d'un pays. Bonté d'une marchandise. Bonté d'un vin. Bonté de l'air. Bonté d'un fruit. || 2° Justice. Bonté d'une cause. Comptant sur la bonté de sa cause. [| 3° Douceur, indulgence, bienveillance. La bonté de Dieu. Plein de bonté. Homme d'une extrême bonté. 11 a tant de bonté que.... Votre bonté pour moi. Traiter quelqu'un avec bonté. Je ne pouvais être reçu avec plus de bonté. Par la bonté du ciel. Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné airx hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître, boss. Anne de Gons. Nous demandons, de grâce, encore un moment; le roi a de ra bonté; et il sait bien que la chose a été précipitée, mol. Impr. 4. Point de pitié officieuse? point de secourable bonté ? point d'affection agissante? id. l'Av. iv, 4. Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, boil. Sat. i. Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté Ce charme que le ciel attache à la bonté, st-lambebt, Saisons,