DE BON GRÉ, DE BONNE VOLONTÉ, DE BON CŒUR
de bonne grâce. Ces quatre termes expriment l'acquiescement, mais non un acquiescement de même nature , puisque gré , volonté , cœur et grâce diffèrent. De bon gré exprime l'absence de contrainte et une détermination volontaire; c'est l'opposé de malgré : on fait de bon gré ce qu'on ne fait pas malgré soi. De bonne volonté dit quelque chose de plus; un homme de bonne volonté est un homme que sa volonté porte à faire ce qu'on lui demande; non-seulement il n'y est pas contraint, mais encore il le veut lui-même. Avec de bon cœur, le cœur intervient, la volonté y est et de plus la cordialité et l'entrain qu'elle donne. Enfin de bonne grâce exprime que la grâce s'y joint : faire une chose de bonne grâce, c'est la faire sans qu'on ait besoin de nous prier et avec une manière qui rehausse le prix de ce qu'on fait.
— bon, s. m. || 1° Ce qui est bon. Il a préféré le bon à l'utile. La France, où les connaissances ont été portées aussi loin que partout ailleurs; seulement est-il à craindre que l'on n'y prenne à la fin un bizarre mépris du bon devenu trop familier, fonten. Csar Pierre. )\ 2° En termes de philosophie, le bon , l'ensemble des dispositions qui rendent l'houima un être moral. Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme, la font. Fab. vu, 2. Au sein de ses amis répandre mille choses, Et, recherchant de tout les effets et les causes, Raisonner avec eux sur le bon, sur le beau, id. Lettres, xix. || 3° Bonnes qualités soit dans une personne, soit dans une chose. Cet homme a du bon. Il y a du bon chez cet enfant. Tirer d'un sujet tout ce qu'il y a de bon. La critique a du bon, je l'aime et je l'honore, volt. Ép. t04. Tout fut secret, et quiconque eut du lion Par devers soi le garda sans rien dire, la font. Berc Ces malheureux rois, Dont on dit tant de mal, ont du bon quelquefois, andrieux, Meunier de Sans-Souci. || Du bon, de bon vin. Hier, à un grand dîner, nous avons bu du bon. || Avoir du bon , l'emporter, obtenir l'avantage. Il y eut plusieurs rencontres où les uns et les autres avaient tantôt du bon et tantôt du pire, selon les diverses occurrences, perrot d'abl. Tacite, 362. || Prendre son bon, saisir son avantage. Harcourt sut être ami de Barbésieux et s'en faire respecter, plus encore deChamillart, jusqu'à ce qu'il trouvât son bon à le culbuter, st-sim. H6, 15. || Du bon du cœur, cordialement. Et du bon de mon cœur à cela je m'engage, mol. Mis. m, t. || 4° Le bon,c'cst-à-direcequ'ily ad'effectif, de plaisant, de surprenant, de piquant. Le bon de l'affaire, c'est que, croyant attraper son voisin, il s'est attrapé. Enfin le bon de tout c'est qu'à d'autres qu'à lui On ne peut vous lier que vous ne disiez oui , mol. Tart. n, 4. Vraiment oui, c'est là le bon de l'affaire, volt. Dial. 27. Gasparin à Gulphar les prêta, Ce fut le bon, la font. F. avare. Le bon est qu'en courant il a perdu sa botte, regnard, Distrait, i, 6. Le mari ne se doute point de la manigance; voilà ce qui est de bon, mol. Georg. D.i, 2. || S° Ce qui donne du bien-être, du plaisir; ne se dit guèra
BON
qu'avec jour, heure, moment. L'accès de fièvre passé, on a deux jours de bon. Quelques jours de bon, des jours où l'on a de la satisfaction, du repos. Du moins on ne perdrait pas tout, on aurait du moins quelques moments de bon, mass. Profession nlig. sermon 1. || 11 fait bon, c'est-à-dire il fait un bon temps, la température est agréable. || Il faitbon.il est ulile, agréable. 11 fait bon se promener, le temps est favorable à la promenade. Il ne fait pas bon avoir affaire à cet homme, il est désagréable d'avoir affaire à lui. Choses qu'il ne ferait pas bon tirer en exemple, corn. Ex. d'Hér En de certains temps il fait bon s'expliquer, id. Othon, n, 3. Il ne faisait pas bon s'attaquer a eux, boss. Dif. Il nous faisait bon voir tous deux bien étonnés, Régnier, Sat. xi. Il fait bon l'entendre là-dessus, skv. 135. || II y fait bon, l'occasion est favorable. La friponne Veut dire : il y fait bon, la font. Coupe. Je vous avertirai quand il y fera bon, regnard, Je Jouetir, m, 6. || Il fait bon ici, on y est bien. Vous avez peut-être dit en certains moments de plaisirs, d'excès, de fureur : il fait bon ici, mass. Avent, Bonheur des justes. || Il ne fait pas bon ici, on y court des dangers. Je viens vous avertir qu'il ne fait pas bon ici pour vous, mol. Fest. u, 8. || 6° S. m. plur. Les bons, les gens de bien. Tous les bons, tous les hommes de bien. Les bons imposent aux méchants. Tenir compte des bons et des méchants. Montrez-lui comme il faut régir une province, Remplir les bons d'amour et les méchants
d'effroi, corn. Ct'd, i, 7 Sévère aux méchants
et des bons le refuge, rac. Âthal.iv, 3. || 7° S. m. Le gros bon, le petit bon , nom de deux espèces de pommes. || 8° Tout de bon, loc. adv. Véritablement, sérieusement. Quoi! tout de bon? Se quereller toutdebon. Pleurer tout de bon. L'huis s'était presque ouvert, tout de bon le guet vint, RÉGNiER.Sat. u. Elle dit en montant sur l'échafaud : C'est donc tout de bon, sév. 299. C'est tout de bon que vous devriez venir à Paris, id. 518. Il vit bien qu'elle lui parlait tout de bon, iiamilt. Gramm. 4. L'histoire dit qu'il ne parlait jamais tout de bon, et son siècle l'appelle le moqueur, balz. Lin. vi, lettres. Ainsienbouffonnant et en alléguant les fables ils persuadent tout de bon au prince qu'il n'est point obligé à sa parole, id. T Disc, sur la cour. Si dur que d'avoir fait tout de bon le sévère, la font. Court. Comment! c'est tout de bon? — Il le faut laisser faire, racan, Bergeries, Lucidas, n, 4. Je ne reconnais point, pour moi, quand on se moque; Parlez-vous tout de bon? mol. te. des f. u, 6. J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon, m. Tart. iv, 7. J'entendais tout de bon que lui seul héritât, id. l'Étour. iv, 1. Je ne le disais pas tout de bon, pasc. Prov. 8. Tout de bon, votre doctrine est bien commode, id. Prov. 5. Quelquefois en faisant semblant d'avoir compassion, elles l'ont tout de bon, pasc. dans cousin. Prenezvous tout de bon des mesures pour commencer une nouvelle vie? mass. Carême, Communion. Vous vous disiez à vous-même que vous mettriez, tout de bon, ordre à votre conscience, id. Carême, Samaritaine. Me trouvé-je plus disposé à commencer tout de bon l'ouvrage de mon salut? id. Carême, Parole de Dieu. Tout de bon, ne pouviez-vous plus rire, après que vous eûtes descendu dans l'antre de Trophonius? fonten. Parménisque , Thêocrite. || Au lieu de tout de bon, seul consacré par le bon usage, le peuple dit pour de bon : jouons pour de bon. || 9" Coûter bon, c'est-à-dire coûter un bon prix; coûter cher, au propre et au figuré. Ohl quela complaisance que j'ai eue pour ses folies me coûte bon! scarr. Rom. com.i, 13. Il en coûta bon au père du comte de la Marck pour se faire réhabiliter à la succession de son père, st-sim. 76, 248. — bon, adv. || 1° De la bonne manière, bien. Sentir bon, avoir une odeur agréable. || 2° Tenir bon, résister, se soutenir. Comment tenir bon Contre ce dernier adversaire?LA font. Coupe. LeseulMathatias •jnt bon contre les autels étrangers, mass. Vices. Les autres six chevaux ont tenu bon jusques ici, sév. 56. Oui, partout de son nom chaque place munie Tient bon contre le vers , en détruit l'harmonie, boil. Ép. iv. || 3°Terme de fauconnerie. Voler bon, être bien dressé ou affaité, en parlant des oiseaux de proie. || 4" Bon ! bon ! exclamation qui exprime la surprise et, en plus, l'approbation ou le désappointement. Boni vous arrivez bien. Allons bon! je me suis encore trompé. || Ne parlez pas ainsi. Bon! vous voulez m'en faire accroire. Bon! bon! il a de fargent de reste pour se tirer d'affaire, lesage, Turc, v, 16.
— HIST. x* s. Buona pulcella fut Eulalia, Eulalie.
— xi* s. Dist Blancardins : moût bon plait en
BON
avrez, Ch. de Roi. vi. Franceis sont bon, si ferront vassalment, ib. lxxxih. Après [il] escrie : cil sont bon à confondre, th. cxv.
— xii" s. Une bone cité, Ronc. p. 19. Aincn'ot [il n'y eut] si buen [haume] , ib. p. 30. Nos bons Franzois n'ont cure de fuir, ib. p. 60. Bon sont à vaincre, de verte le sachez, ib. p. 70. Sempres sera son bon droit desrainiez [soutenu], ib. p. 4 2. Les deux boens pailes gentement [elle] raloua, ib. p. 174. Ma seror te donai par bone volonté, ib. p. 198. Mais à dame de valor, Bêle et bone et acesmée [parée], Coud, i. Amer [aimer] toute la meillor Qui soit par les bons louée, i'6. [Cela] Me fait ressouvenir De là où tuit mi bon désir Sont et seront jusqu'au mourir, ib. xviii. Merci [je] lui cri, qu'oncne fis vilenie; Car vilains fait bone amour desevrer, ib. xxii. De ce [je] sui en bone atente Que je son bornage [amoureux] pris, dame de faiele dans Couci. Beaus services ne sera jà péris X fin amant qui en bon lieu l'emploie, Couci, p. 124. Se vous ma volonté et mon bon voulez faire, audefr. le bast. Romancero, p.22. Car s' [si] un seul jour à mon bon [je] vous avoie [avais], t'6. p. 28. Puis [elle] lui a son vouloir et son bon enchargé [l'a chargé de ses intentions] , ib. p. 33. [Les deux statues] Si disoient par nigromance De tout leur bon, de leur enfance, ib. p. 59. Et s'eles [les dames] font, par mal conseil, folage, X lasches gens et mauvais le feront; Car tuit li bon iront en cest voiage [croisade], quesnes, Romancero, p. 94. Nuls ne pourroit de mauvaise raison Bone chanson ne faire ne chanter, ib. p. loo. On ne connoit boin servise, Tant qu'on ait autre esprouvé, auboins desf.zanne, ib. p. 127. Li dux Miles le voit, ne lui fu mie bon , Sax. vm. Quant li cuens les i sut, moult lui fu bel et bon, ib. xxn. Et s'il dit que jo ne li plais, prest sui, face de mei tut sun bon, Rois, 4 76. Alsi com ce est grevalz péchiez nient estre bon entre les bons, alsi est-ce granz los estre bon entre les malz, Job, 44 1. Cume bons est li rois d'Israël à icels chi sunt de dreit cuer, Liber psalm. p. 95.
— mi" s. Conquise [la reine Blanche] en a la justice romaine [la cour de Rome] , Si qu'ele fait les bons pour maus [mauvais] tenir, hues de la ferté. Romancero, p. 484. Il furent bon ami sans mal et sans envie, Berte, n. L'un ot nom Carloman, qui fu de bonne vie, ib. u. Il fait moult bon bien faire, plus n'en puet on porter [emporter], ib. m. Fille, dist la royne, bon gré [je], vous en saurai, ib. vu. [Il étoit] Preus et loiaus et sages et de bon escient, ib. ix. Car de li [elle] honorer a chascuns bon talent, ib. Seigneur, ce dist Tybers, cist conseil est moût bons, ib. xxm. Elle ert [était] sage et courtoise et de bone manière, ib. xl. De bone part [elle] lui sembla, si en a grant pitié, ib. xlv. Bone gent [ils] sont et sage et de grant renommée, ib. XLVi. De bon lieu [famille] [elle] est venue, par amour pensez ent, ib. xlvii. [Dieu] Lui a cestui lundi envoie bone estraine, ib. l. Mou* souvent [elle] prie Dieu qu'il envoit bone fin [à] Celui qui.... ib. lv. Et ses filles andeus [toutes deux], Diexleurdoint bon destin, ib. lv. Bon se feroit garder, qui pourroit, de mesfaire, ib. lxix. Bon fust que gehesist [elle avouât] [ce] que Berte est devenue, ib. xci. Le bon roy de Hongrie, qui le poil ot chenu, t'6. cxxm. VUain, fait Kenart, je n'ai cure De tes poucins,tuit soient ton; Mes se tu veus faire mon bon, J'auré le coc que je demant, Ren. 5332. Oïl, dam le Deu le vos mire; C'est bon gré Deu et maugré vostre, t'6. 24 691. Moult me délite en ma pensée, Et me resbaudissent H membre, Quant de mon bon tems me remembre, la Rose, 43(40. Ce ne di-ge pas por les bonnes [femmes] , Qui sor vertus fondent lor bonnes [bornes, règles), Dont encor n'ai nules travées, Tant les aie bien esprovées, ib. 9960. Si est bon qu'on sace , quant on veut faire demande , à quel segneur on en doit traire, beaum. vt, 38. Or veons, après ce que noz avons parlé des degrés de lignage, de cix qui tiennent héritages par cause de bone foi, t'6. xx, t. Ne ce n'est pas bon à soufrir que li povre paient l'aisement que li rice ont es chozes communes, t'6. xxv, 17. On doit croire que chascuns est bons, dusqu'à tant que li contraires est provés, t'6. vi, 29. Mais tous voirs [vérité] n'est pas bon à dire, Contenance des femmes.
— xiv" s. Par aventure n'est-ce pas une meisme chose estre bon home et estre bon citoien, oresme, Eth. 145. Ainssin fasoit Girars, es bons prenoit exemple, Girart de Ross. 2996. Avec Bertran estoit de Beaumont sire Alain, Et Jehan de Beaumontqui fu bon de la main, Guescl. 18352. Bertrans vint à Henry le riche roi de non, Les nouvelles lui dit du noble roi Charlon ; Et quant Henry le sceut, ne lui
BON
vint mie à bon, t'6. 46939. Ains a dit à Bertran: nous recommenceron. Je le vueil, dit Bertran, j'en ferai vostre bon, t'6. isic.
— xv" s. Si firent leur fête par trois jours des bourgeois de Nantes et de bonnes gens de là entour, au mieux qu'ils purent, froiss. I, I, 148. Ainsi gist la ville d'Audenarde; il n'y fit oncques si bon [pour la surprendre] qu'il fait maintenant, id. n, n, 213. Et le meilleur et le plus bon conseil que on vous puist donner, c'est que vous fassiez bien garder vos cités et bonnes villes, in. m, iv, 20. Et entendirent [les Anglois] à emplir leurs malles de tout bon et de tout bel, dont ils avoient grant foison, id. n, ii,2IB. Si se rafreschirent, et puis s'en partirent [de la ville], quand bon leur sembla, id. ii, h, 220. Le bon doit amer et affecter le bon, le noble le noble, le vertueux le vertueux, par la consemblableté de mesure qui est entre eux, G. chastelain , Exposition sur vérité mal prise. Rien ne m'est bon; n'autre bien n'assaveure,Fors seulement l'attente que je meure, al. chart. Compl. contre la mort. Et se de mes biens je despens Souventeffoiz à grant largesse, Quant bon me semble, les suspens, ch. d'orl. Bai. 90 C'est beau débat que de deux bons, id. Rondeau. Puisqu'il vous plâit que je die de bon [tout de bon], Je le feray à vo commandement, e. desch. Conseils aux dames. Après furent desnués et devestus grande partie des morts, et fut pris ce qu'il y avoit de bon, monstrel. Liv. u, ch. 20. Les gens d'armes firent leurs monstres au long de la dite ville, ce qui faisoitbien bon à voir, J. de troyes, Chron. 1466. Ma femme se dict mal porveue, Que je perts les byens et la veue, X force de boire du bon, basselin, Vau de Vire, 38. Et en ce montra bien son bon sens et adviset grande bonté, Douciq. I, ch. 30. Quand le grand maistre de Rhodes vit que c'estoit à bon, t'6. 11, ch. 14. Entre les conseilliers se trouvent tousjours largement de bons et notables personnages, comm. 1, 6. Pour tout ce fournir et parfaire, J'ordonne mes exécuteurs Ausquelz faict bon avoir affaire Et contentent bien leurs debteurs, villon, Gd Testam. Rond. Finalement en escrivant, Ce soir seullet estant en bonne, Dictant ces laitz [chansons] et descripvant, Je ouyz la cloche de Sorbonne, id. Petit Testam. Et voudrait qu'il lui eust cousté bonne chose, et qu'il eust trouvé homme qui bien lui sust oster, louis xi, Nouv. lxiv.
— xvr* s. Vous ne poviez à heure venir plus opportune, nostre maistre est en ses bonnes : nous ferons tantoust bonne chiere, rab. Pant. îv, 12. Je pense que il luy coustera bon, dont il se passast bien en la paourté où il est, id. Épi. 1. Bonne [grande] partie de la ville, mont, i, 27. Si la memoirem'eusttenubon [si j'eusse eu bonne mémoire], id. 1, 34. Une bonne peur, id. i, 64. Comme lorsqu'il va de bon [qu'on joue sérieusement] , id. i , 1 08. Un jeune homme d'une bonne maison, id. i, 128. Tenir bon à [lutter contre] , 1, 125. ô le bonhomme [vir pro6us]l id. i, 142. Le bon homme [il parle de son père], id. i, 4 96. Sentir bon, id. i, 391. Elle se donnoit de bons coups de poinçon dans le bras, id. i, 309. Il faict bon traduire les aucteurs comme celuy là,iD. n, 437. Quand on est attainct d'une bonne fiebvre, id. iv, 67. Afin de leur vendre bon les plaisirs qu'ils se promettent, yver, p. 578. Les collecteurs ne doivent estre tenus de faire le mauvais bon [de payer pour les contribuables insolvables] , loysel , 914. Lucuilus y renvoya encore un autre de ses lieutenans, Adrianus, avec une bonne troupe, amyot, Lucull. JO. Hz estoient fort bons et grands amis,iD. t'6. 84. Les deux premiers jours- Caesar teint bon pour Ciceron , mais le troisième il se laissa aller, et l'abandonna, id. Cicéron, 58. La joye d'un roy en prospérité ne se cache point, ny son rire quand il est en ses bonnes, id. De la curios. 8. Vous n'allastes plus connillant, ny à cachettes ; vous vous declarastes tout à bon, Sat. Uén. p. 126. J'ay trouvé bon la censure de l'Escole de Médecine de Paris.... [édit. orig. les autres édit. mettent bonne], pabé, xx, Prêf.
— ÉTYM. Picard, 6ot'n; Berry, 601m, boune; provenç. bon; catal. 60; espagn. bueno; portug. 60m; ital. buono; du latin 6onus, anciennement buonus, qu'on dit être le même que fonos dans les Tables Eugubines. On remarquera, dans l'historique, le mot 6on employé substantivement pour signifier ce qu'on désire; il n'est pas sûr que ce soit l'adjectif 60» détourné de son sens et de son emploi; il se pourrait que ce fût un mot germanique : anglo-sax. bèn; ancien scand. bon, bcen ; suéd. et dan. bon, demande, prière; anglais, 6oon, don, faveur.
2. BON (bon) , s. m. || 1° Autorisation de payer pour le compte de celui qui l'a signée. Bon d'un
BON
banquier. Bon de caisse. Bon sur le trésor. Le roi crut les faire [les fonctions de surintendant] par les bons et les signatures dont Colbert l'accabla, st-sim. 366, 7). || On met sur les billets à ordre : bon pour (la somme de....). Il Fig. Mettre son bon à tout, être d'une extrême facilité. || 2° Billet qui autorise à recevoir une certaine chose; garantie écrite. Bonde pain, bon pour une certaine quantité de pain.
— ÉTYM. lion, adj.
BONACE (bo-na-s') ,s.f.\\i° Calme de la mer après un orage. Nous eilmes une grande bonace. || 2° Fig. Un orage si prompt qui trouble une bonace, corn. Cid, il, 3. Je changeai d'un seul mot la tempête en bonace, m. le Ment. H, f>. Tout nous rit et notre navire A la bonace qu'il désire, malh. m, 2. Nous n'avons rien qui menace De troubler notre bonace, m. n, 2. Ta bonace la plus profonde N'est jamais sans quelque vapeur, rotr. St Gen. iv, 4. Quand les choses s'adouciront, il ne s'endormira pas, pour cela, dans la bonace, balz. Avis écrit. Aussi abject dans le danger qu'audacieux dans la bonace, il tenta tout pour prévenir sa chute, st-sim. 14) , 64. || Ce mot, très-usité dans le xvrr* siècle, au figuré, ne l'est plus guère maintenant en ce sens.
— HIST. xvi* s. Hz passèrent en la Sicile si setirement et en bonace si grande, qu'ilz tiraient leurs chevaulx après eulx par les renés, nageans au long de leurs bateaulx, amyot, Timol. 28. Le fonds du pré, estant eschauffé par la bonasse du temps, sera arrousé de fois à autre, o. de serres, 2u7. Jusques à ce que la terre, par la bonnasse de la saison, naturellement se revest de nouveaux herbages , id.
— ÉTYM. Provenç. bonassa; espagn. bonnaxa; portug. bonança; ital. bonaccia; de bonus, bon.
t BON-AIR (bo-nêr"), s. m. Au jeu de l'hombre, hasard qui a lieu quand l'hombre joue sans prendre avec quatre matadors.
t BONAPARTISME (bo-na-par-ti-sm*) , s. m. Attachement au gouvernement impérial fondé par Napoléon, et à sa dynastie.
— ÉTYM. Bonaparte.
t BONAPARTISTE (bo-na-par-ti-sf) , s. m. et f. Celui, celle qui appartient au bonapartisme.
f BONARD (bo-nar), s. m. Ouverture des arches dans les verreries,
BONASSE (bo-na-s'), adj. Qui estd'unebonté trop simple. C'est un homme bonasse et peu respepté dans sa famille. Je l'aurais déjà poussé si je lui avais trouvé quelque disposition , mais il a l'esprit trop bonasse, cela ne vaut rien pour les affaires, le sage, Turc, n, 5.
— hist.xvi's. Encor la mer maintesfois est bonnasse; Le vent parfois est paisible et serein, laboètie, 602. Selon que l'eau est ireuse ou bonnasse, mont, il, 3. Sotte, bonasse et vicieuse facilité, qui fait qu'on veut plaire à tous et ne desplaire ni offenser personne, charron, Sagesse, n, 3.
— ÉTYM. Le même sous une autre orthographe que bonace, c'est-à-dire l'adjectif bon avec une désinence ace ou asse d'un sens péjoratif.
f BONBANC (bon-ban), s. m. Sorte de pierre tendre qu'on tire des carrières de Paris.
— Êtym. Bon et banc.
f BONBEC (bon-bèk') , s. f. Sobriquet par lequel le peuple désigne une femme bavarde. C'est une bonbec. On dit aussi, dans le même sens et familièrement, Marie bonbec.
— êtym. Bon et bec.
BONBON ( bon-bon) , s. m. Dragées, sucreries. J'arrangerais une boîte bien garnie de bonbons, j.j. rouss. Ém.n. L'évêque successeuret neveu [deM.de Chartres] en était pour ainsi dire encore à recevoir du bonbon de sa main [de Mme de Maintenon], stsimon, 289, 20). Avec les charmes de l'amour, Vous avez eu, jusqu'à ce jour, Plus de bonbons que de louanges, st-lambert, Aiflle....
— ÊTYM. Bon, adjectif, répété.
t BONBONNE (bon-bo-n'), s. f. Sorte de damejeanne, et aussi, dans le Midi, vase en fer-blanc pour mettre l'huile.
BONBONNIERE (bon-bo-niê-r') , s. f. || 1° Petite boite à bonbons. || Fig. Une bonbonnière, une petite maison élégante et commode, et, dans un sens de dénigrement, ce qui est trop petit ou n'est pas assez élevé pour son objet. Cette église n'est qu'une bonbonnière. || 2° Espèce de voiture.
— ÊTYM. Bonbon. '
BON -chrétien (bon-kré-tiin), t. m. Sorte de grosse poire. || .1». plur. lies bons-chrétiens.
— REM. Des grammairiens ne veulent pas qu'on dise bons-chrétiens, et recommandent de dire toujours des poires de bon-chrétien. L'usage a tran-
IîON
ché la question et permis de changer, par une ellipse, la qualification du mot poire en un substantif; mais, comme l'ellipse peut toujours être supposée, il admet aussi des bon-chrétien.
f BONCORE (bon-ko-r') , s. m. Sorte de narcisse.
BONI) (bon; le d ne se lie jamais : un bond agile, dites : un bon agile; au pluriel Ys se lie : des bonds agiles, dites : des bon-z agiles), s. m. || 1° Mouvement d'un corps qui, heurtant un autre corps, rejaillit. Le boulet a fait plusieurs bonds. Juger le bond d'une balle encore en l'air , j. i. rouss. Ém. n. || Prendre la balle au hond, la saisir au moment où elle bondit: et figurément, faire une chose au moment opportun. Si nous manquons de la prendre au bond [la paix], elle tombera comme les autres, retz, ii, 326. Il est au guet pour prendre au bond l'occasion, SÉV.6H. || Prendre la balle entre bond et volée, saisir l'occasion. ||Tant de bond que de volée, d'une manière quelconque, comme on peut. Soit de bond soit de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis]? pasc. Prov. 9. || Faire faux bond, en parlant de la balle, dévier en bondissant; et figurément, manquera un engagement. Toi qui mourrais plutôt que lui faire un faux bond, Régnier, Sat. vi. Etre obligée de faire faux bond à Livry , sév. 321 . Nos commensaux nous ont fait faux bond, m. *u. Rien ne lui a fait faux bond jusqu'ici, m. 486. || Faire faux bond à son honneur, commettre une faute grave, en parlant soit de la probité d'un homme, soit de la conduite d'une femme. Mais s'il faut qu'à l'honneur elle fasse un faux bond, mol. Éc. des f. m, 2. || Fig. La balle n'a été prise que du second bond, on ne s'est pas mis à cette affaire aussitôt qu'il aurait fallu. || 2° Saut. La course du chat n'est qu'une succession de bonds. Satan part ; du premier bond il touche à la ceinture étoilée, chateaub. UarU 282. || Fig. Sa muse.... Ne s'élève jamais que par sauts et par bonds, boil. Art p. ni. Comme c'était [d'Aubigné] un homme de sauts et de bonds, on lui persuada de quitter ses débauches, de vivre à son aise, st-sim. 61 , ioo. Style incohérent, qui va par sauts et par bonds, volt. Phil. iv, 480. || 3° Terme de manège. Saut que le cheval exécute subitement, et après lequel il retombe à peu près à la même place.
— SYN. bond, bondissement. Le bondissement est l'action par laquelle on fait des bonds. Le bond est l'acte lui-même. Le chat court par bonds; son allure "est un bondissement continuel.
— HIST. xv s. Les Anglois, qui jà avoient desconfit la plus grand partie de l'ost, s'en vinrent en criant leurs cris celle part, et se boutèrent es plus drus de plein bond, froiss. i, i, 23o. Qu'il ne le me font Pour voir que feroye, Et si je sauroye Leur donner le bont, ch. n'ORi.. Rond. Or ont les folz amans le bond, Et les dames prins la voilée, C'est le droit loyer qu'amours ont; Toute foy y est violée, vili.on, Bail, de la belle Heaulmière. Il lui avoit baillé le bont [il lui avait joué un tour], math, de coucy, Ilist. deCharlesVIl, p.703, dansLACURNE. Etdisoitensoimesme qu'elle fera le guet sur celle qui lui faisoit tort de son ami, et qui lui a baillé le bond [l'a supplantée], louis xi, Nouv. XL. Le brayot rompit par le grant bont qu'il print au cheoir, Percefor. t. m, f" 102, dans lacurnk. Le tuèrent de plainbont, martial, Vigiles de Charles VII, t. n, p. 8, dans lacurne. || xvr s. Si ne voulut-il perdre son desjeuner, lequel estoitprest, que de bon que de volée, des per. Contes, xlvii. La fortune vous a voulu jouer un faux-bond, yver, p. 6)2. La balle, aiant fait un bond, donne dans le corps du mareschal de Biron et tua ce capitaine, d'aub. Hist.m, 267. Je donnerais plustost un faulx-bond à mon ame, qu'à la promesse que je vous ay faite, carloix, vi, 45. Ne plus ne moins que fait le ruzé champion de lucte, qui cherche tout moyen d'avoir prise sur son adversaire pour luy donner le bond, amyot, Fab. )2. Et l'air crevé d'une gresle menue Frappoit à bonds les champs de toutes parts, rons. 7«. Et, le tirant, en arrache un morceau Qu'il fist rouller bond à bond desur l'eau, bons. 683. Peu souvent tombent ils en disette, pource que tousjours quelqu'un d'eux, soit de hond ou de volée, attrape du moyen, dont il communique libéralement aux autres, lanoue,298. Les passions ne sont que bonds et volées, accès et recès fiévreux de folie, saillies et mouvemens violens et téméraires, charron, Sagesse, n, I. Lesquelles paroles ayants esté prises au bond par un ou deux, Sat. Xén. l.a vertu du cathol. Avant-propos.
— ÉTYM. Voy. bondir; angl. bound, un bond. BONDE (bon-d') , s. f. || 1° Large ouverture de fond ,
destinée à laisser écouler toute l'eau de l'étang quand on retire le tampon qui la bouche ordinairement. || Par extension, la pièce de bois qui sert à boucher la bonde. || 2° Trou rond par lequel on remplit un tonneau. || Le morceau de bois qui sert à boucher la bonde d'un tonneau. On dit plus souvent bondon. || Fig. Notre amante Lâche la bonde aux pleurs cette fois-là, la font. Court. En levant les bondes des digues, boss. Haine, 2. Je lâche la bonde à mes larmes, j. j. rouss. Conf. iv. X son cours violent je veux ouvrir la bonde, tristan, l'nnthée, v, 7. |l 3° Pièce de cuivre garnie d'un rebord et qu'on soude sur la faïence d'une cuvette de garde-robe.
— RF.M. Dans l'emploi figuré, quand onditlâcher, ouvrir la bonde, on considère l'ouverture. Quand on dit lever la bonde, on considère le tampon. La remarque de ceux qui condamnent lever la bonde n'est donc pas admissible.
— hist. xiii* s. El je otroie que li abes [abbé] et H convens devant dit fassent fossez entour leur bos, de bonde en bonde [home] toutes les fois que il vourront, nu canoë, bonrlula. Tant que de son corps soit desvorce L'ame à qui donna si grant bonde [Ut mite] Charité qui en lui habonde Que jusqu'au ciel monter l'efforcé, j. de meung, Tr. 4162. || xv s. Avoient rapporté les Normands que cette armée [anglaise] se mettait sus à rencontre des bondes [frontières] de Normandie, froiss. h, ii, 22. C'est grant peine que de vivre en ce monde , Encore est ce plus peine de mourir; Si convient-il, en vivant, mal souffrir, Et, au derrain, de mort passer la bonde [borne], ch. d'ori.. Bond. 46. Prince, monstrez à ces jeunes enfans Que leurs cuidiers ne les soit decevans; Car tost verront de vieillesce la bonde, Kt mort qui fiert les petiz et les grans, e. dksch. Les err. de la jeunesse. [Le déluge) mortifia toute créature vivant en la terré, et en ueffermant les bondes des abismes, aglouty les haultessesdesmons, meismes les oiseaulx de l'air en la geulle des fons, chastkl. Chron. du I). Philippe. Proisme. || xvi' s. 11 espie ceux de qui la maison s'en est allée par les fenestves, comme quand l'estang sort par la bonde, et sont demeurés à sec, d'aub. Conf. i, 9. Poissons qui sont en estangs, après trois ans, ou la bonde estant levée, ou mis en huches, sauvouers ou reservouers, sont meubles, loysel, 2)5.
— ÊTYM. D'après Diez, de l'allemand : suisse, punt; souabe, bunle; ancien haut-ail. i-punf; angl. bung. Etymologie très-vraisemblable, mais qui rencontre une difficulté dans l'historique où bonde signifie borne (angl. bound). Que de bone, ancienne forme de borne, on ait fait bonde, c'est ce qui se peut trèsbien, par l'attraction de l'n pour le d, comme rendre dereddere; qu'on ait passé du sensde borne, soit en raison de l'usage, soit en raison d'une assimilation de forme, au sens de bonde; cela se conçoit aussi ; et dès lors, vu l'historique, il semble qu'on ne peut séparer bonde de bone ou borne (voy. borne).
BONDÉ, ÉE (bon-dé, dée) , part, passé. Navire bondé.
BONDER (bon-dé), 1). o. Terme de marine. Charger un bâtiment autant qu'il est possible
— ETYM. Bonde.
t BONDIEU (bon-dieu), s. m. Gros coin, avec lequel les scieurs de long élèvent les pièces de bois qu'ils scient.
— ÊTYM. Bon et Dieu, à cause du service que rend cet instrument.
BONDIR (bon-dir), v. n. || 1" Faire un ou plusieurs bonds. L'eau tombe , écume et bondit. Les troupeaux de moutons qui bondissent sur l'herbe, fen. Tél. xni. Pourquoi bondissez-vous sur la plage écumante, Vagues dont aucun vent n'a creusé le sillon? lamart. Harm. i, 3. || 2° Fig. Se soulever, en parlant de l'estomac. Un dégoût qui lui faisait bondir le cœur, sév. 43. La reine Gisèle était toute courbée, toussant et crachant toute la journée avec une saleté qui faisait bondir le cœur, fén. xix, 17. Pius la nature humaine, abandonnée à ellemême ou à la superstition, inspire des idées tristes et fait bondir le cœur, plus.... volt, Lettr. d'Aryental, 16 août 1766. || 3-Terme de vénerie. Faire bondir, se dit du cerf, du daim, du chevreuil, qui, poursuivi, fait partir de la reposée d'autres bètes fauves. || Il se conjugue avec l'auxiliaire orotr.
— HIST. XIe s. Sur tous les autres bundist [retentit] li olifant Ch. de Roi ccxxv. || xm- s. Et s'entrevinrent si très rudement de pis et de chevaus, que il faisoient toute la terre bondir, Chron. de Rains. p. 65. || xiv s. Kt fu la grande cloche sonnée et haut bondie, Là sont li Espaignol venus sur la chaucie, (iuescl. 8572. |j xv s. Ils font si grand noise avec
BON
grands tabours qu'ils ont aussi , que on l'ouït bien bondir largement de quatre lieues angloises par jour et six de nuit, froiss. u, m, (24. Les Esoots commencèrent à bondir leurs cornets et àbruir sur leurs tabours, id. ta. m. 124. A tant le fiert de l'espêe entre le roi etlàchappeau, etluy fist bondir la teste Jus (1rs espaulës, Percefor.t. IV, f» 42. || xvi* s. Les animaux aussi parmy les gros herbages Bondissent à grands saults. i>ubei.l. iv, 76, rpclo. Ains, comme balle;, d'vn grand sault fi)s]Bondissoient en bas et en hàult, id. vu. 4s. recto. Mais tantost veissioz d'autre part Gentilz hommes pensionnaires, Bondir courciers, et genetairps Faire ruades et grands saultz, J. mabot, v, 467. Les chevaux, de la douleur, bondissoient en l'air, amyot, Crassus, 48. M. de Vendosme après avoir rasé ledit chasteau, et fait bondir les tours, print le chemin de Rouchauville, m. mi bell. 80. Mille espèces d'animaux Inégaux Sur les campagnes bondissent, am. jamïn, Ut. iv, Chanson, Orque le plaisant.
— ETYM. Provenç. bondir, retentir; catal. bonir, même sens. L'ancien français bondir signifie retentir; et on lui voit ce sens jusqu'au xv* siècle, où le sens de santer apparaît. Ce qui fait croire qu'il est pourtant plus ancien, c'est qu'on le trouve dans l'anglais, to bound. faire un bond, et que, dans un texte du xtv' siècle (du cange, bondu(a),on trouve jouer à la bonde pour jouer à la paume. Il faut admettre que, du sens de retentir, on a passé au sens de bondir, en considérant le retentissement comme un boiiflissement qui fait tressaillir, qui ébranle. Et en effet, l'anglais to bound signifie à la fois faire un grand bruit et faire un saut. Le sens primordial de bondir étant retentir, Diez le tire du latin bombitare, faire du bruit, avec un changementde la)" conjugaison en la 3« (le picard boniier est delà t™ conjugaison!, comme dans tentir de tinnilare, et du t enu\ comme dans courle de cubitus. Quant au catalan banir, le d aura disparu comme le ( dans l'espagnol retint!) portug. retinntr, pour retentir.
BONDISSANT. ANTE (bon-di-san, san-t'), adj. Qui bondit. Le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant, bac. l'hèd.s, o. ô! que n'ai-je entendu ces bondissantes eaux, Ces fleuves, ces torrents.... a. chén. Élég. 40.
BONU1SSEMENT (bon-di-se-man) , s. m. |[ 1» Mouvement île ce qui bondit. Les secousses des montagnes et des collines, ébranlées par un violent tremblement de terre, sont fidèlement représentées parles bondissements d'un troupeau, laharpe, dans lafaye, St/non. || 2° Bondissement de coeur, soulèvement d'estomac, nausées, dégoût profond.
— HIST. xv* s. Et dura celle tempeste, et le bondissement [retentissement] de leurs cornets moult longuement.... et le grand bondissement de ces cornets se renouvela, qui dura une uiuuit longue pièce, FKU1SS. u, m, (24.
— RTYM. Bondir.
BONDON (bon-don), s. m. || 1" Morceau de bois court et cylindrique qui sert a boucher la bonde (l'un tonneau. || La bonde m<5me. || 2° Fromage de Neufohaiel affiné qui a la l'orme d'un gros bouchon.
— hist. xm* s. Et fu la plaie si large que le sanc li venoit du cors aussi comme le bondon d'un tonne!, joinv. 226. || xv" s. Ainsi que un moust qui buust au tonel et par faulte de vent rompt la barre et le bondail.... al. chart. l'Espérance. La belle pièce à la poictrine, Tissu cramoysi, large à la boudiné, Et, du bault jusque au bondon, Elle est aussi droicte qu'un jon , coquill. Monol. de la botte de foin. || xvie s. Chose pesante, pouvant entrer par le bondon dans le tonneau, o. de sebres, 204. Puis en estant le bondon bien bouché, roulerés le tonneau, ID. 205.
— ETYM. Bonde; provenç. bondon. Ce mot a, comme on voit dans l'historique, et comme l'a bonde, le sens d'ouverture que bouche un tampon.
BOXDOXXÉ, ÉE (bon-do-ué, née), port, passé. Un tonneau bondonné.
BONDOXNEU (bou-do-né), V. a. Boucher avec un bondon.
— Etym. Bondon. Ilondonner, dans l'ancien français, tient i. bondir, et signifie sonner, retentir.
" f BONBONNIERE (bou-do-uiè-r'), S. f. Instrument dont le tonnelier se sert pour percer les tonneaux.
— Etym. Bondon.
t BONDRÊE (bon-drée), s. f. Espèce d'oiseau de proie (falco apivorus, L.).
— ETYM. Peut-être bondir, anciennement retentir, à cause du cri de l'oiseau.
BoNDUC (bon-duk), s m. Terme de botanique.
BON
Arbrisseau épineux, à fleurs légumineuses, qui croit aux Indes (guilandina bondu relia, /..).
f BÔN-FiBUX (bon-fieû) ou BON-FILS (bon-fi), s. m. Membre d'une congrégation du tiers ordre de Saint-François.
— ETYM." Bon, fils (lieux est la forme picarde de fils).
BON-HENRI (bo-nan-ri), s. m. Terme de botanique. Plante herbacée qui ressemble àl'épinard; dite aussi épinard sauvage.
— ETYM. Bon, Henri.
BONHEUR (bo-neur; Ménage remarque que dans les provinces on prononçait bonhur ; ce qu'il condamne; cette prononciation existe encore dans les provinces du Midi; elle est tout à fait à rejeter), ■«. m. || 1* Evénement heureux; chance favorable. Il a eu le bonheur que l'âge ne l'a point miné lentement et ne lui a point fait une longue et languissante vieillesse, fonten. Lahire. Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, corn. Ci/ma, n, ». Puisqu'il tient à bonheur d'être l'un de nous deux, id. Bod. iv, 4. J'ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre, id. Ilérad.iv, *. || Succès. Le bonheur des armes françaises. || Dans ce sens il s'emploie aussi au pluriel. 11 lui pourrait arriver tous les malheurs et tous les bonheurs du monde, vaugelas, Bemarques. Depuis un certain temps il lui est arrivé des bonheurs de toutes sortes, th. corn. Bemarques. 11 est toujours égal au milieu de tous les malheurs et de tous les bonheurs du monde, chifflet, Grammaire, p. 86. De combien de petits bonheurs l'homme du monde n'est-il pas entouré! marivauï dans laveaux. || Porter bonheur, annoncer, procurer bonne chance. J'avais fait venir M. Bailli pour me porter bonheur, sëv. 53). || Avoir du bonheur, être favorisé par le hasard. || Jouer aveu bonheur, être en bonheur, avoir la chance au jeu; etfigurément, jouer de bonheur, réussir contre toute espérance. || Familièrement. Au petit bonheur! Arrive ce qu'il pourrai || Par bonheur, par bonne chance. Un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre les mauvais temps.... la font. Fabl. vi, 3. || De bonheur, se dit dans le même sens. De bonheur pour elle, ces gens partirent presque aussitôt, i.a font. Psyché, u, p. 4*8. || 2° Etat heureux, état de pleine satisfaction et de jouissance. Le comble du bonheur. U n'est pas de plus grand bonheur. Après avoir joui d'un bonheur constant. La vertu fait le bonheur. Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule, rac. Athal. H, 7. Je faisais le bonheur d'un héros tel que vOus,id. Hithr. iv,4..„ Le sort, qui toujours change, Ne vous a pas promis un bonheur sans mélange, id. Iph. i, t. Le bonheur a cela de la mer et du flux Qu'il doit diminuer sitôt qu'il ne croît plus, mairet, Soplum. iv, 4. Dieux puissants qui veillez au bonheur de la terre, p.réiieuf, Phars. vu. Le roi qui fait le bonheur de tant de peuples, fên. Tél. n. Je ferai votre bonheur, pourvu que vous sachiez en jouir, in. Tél. i. Près au bonheur extrême est l'extrême infortune, M. J. ché. Œdipe roi, v, 4. Dans le cours de nos ans. étroit et court passage , Si le bonheur qu'on cherche est le prix du vrai sage, Qui pourra me donner ce trésor précieux? volt. 2° Discours. Mais quel bonheur honteux, cruel, empoisonné.... id. Orphel. ni, 4. Que sont ces biens peu sûrs, près des plaisirs du ceeur?Tout l'univers vaut-il un instant de bonheur? Gilbert, Didon- à Énée. Le vois-tu bien, là-bas, là-bas. Là-bas, là-bas? dit l'espérance; Bourgeois, manants, rois et prélats Lui font de loin la révérence; C'est la bonheur, dit l'espérance, berang. Bonheur. Car Dieu mit ces degrés aux fortunes humaines; Les uns vont tout courbés sous le fardeau des peines; Au banquet du bonheur bien peu sont conviés, v. hugo, F. d'automne, 32. || Le bonheur éternel, la félicitédesélus. || 3" Le bonheur de, avec un infinitif, c'est-à-dire la satisfactiuu intime, le bonheur. 11 a eu le bonheur de conserver longtemps sa mère. Toutes deux d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les conserver un siècle entier, boss. Harie-Tlv'r. Le bonheur de lui plaire est le seul où j'aspire, rac. Brit. m, s. || Avoir le bonheur de, formule de civilité. Depuis que j'ai eu le bonheur de vous voir. || 4° Bonheur du jour, sorte de petit meuble où l'on serre les papiers et les petits objets auxquels on tient. Parfois cependant il range à sa manière; ce matin, par exemple, il a ouvert le bonheur du jour, et vidé les tiroirs, Mme REYBAundaus Ilev. des deux mondes , <" juillet )869, p. (4.
— SYN. 1. BONHEUR, FÉLICITÉ. BÉATITUDE. BonheUT
veut dire proprement bonne chance, et, par conséquent, il exprime l'ensemble des circonstances, des
BON
conditions favorables qui font que nous sommes bien. Il a donc un caractère extérieur, objectif, qui en fait la nuance avec félicité. La félicité n'est point liée à ces conditions du dehors; elle est plus propre à l'âme même; aussi ou ne dira pas ; la félicité que les richesses procurent; mais on dira : le bonlieut qu'elles procurent. La béatitude, qui est du style mystique, est la félicité destinée, dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celleci. || S. bonheur, chance. Ce qui distingue ces deux mots, c'est que chance est tout à fait indéterminé, et que bonheur ne l'est pas. Le bonheur est la bonne chance; tandis que la chance peut être aussi bien mauvaise que bonne.
— HIST. xii* s. Et j'atendrai.... Joie d'amour, se bon eûr m'i maine, Coud, xiv. || xm* s. [Que] Dame Diex par sa grâce lui renvoit bon eilr, Berte, xli. Et niiex vient de bon eûr nestre, Qu'estre de bons [riches], c'est dit pieça, tôt" de l'ombre. || xv" s. Et prioit moult gracieusement que chacun se peinast de bien faire la besogne et garder son bonheur, froiss. l, î, 44. || xvi* s. Paoures humains, qui bon heur attendez, rab. tiarg. 1, 68. Si en allant en quelque voyage ilsrencontrentune de ces Lestes, ils le reputent de bon-heur, paré, xxih . 27. Le pays à qui je dois Le bon-heur de ma naissance, rons. 43).
— ÉTYM. Bon et heur (voy. ce mot). L'étymologie, appuyée en cela parla synonymie, montre que le sens propre et primitif est bonne chance, et que le sens qui sa rapproche de félicité est secondaire.
BONHOMIE (bo-no-mie), *. f. Qualité du bonhomme, de celui qui est à ia fois bon de cœur et simple de manières. Une douce, une aimable bonhomie. Montre moi un des nôtres qui ait conservé cette bonhomie, J. J. Bouss. Ilél. VI, 9. C'est de cette retraite que je vous dis que votre procédé me désarme pour jamais, que bonhomie vaut mieux que raillerie, volt, iettr. Trublet, 27 avril )764. || En un sens défavorable, simplicité excessive et crédule.
— ETYM. Bonhomme ; provenç. bonomto. L'Académie devrait écrire 6onho»/imte par deux m comme on écrit bonhomme, ou écrire home et bonliome, comme l'étymologie l'indique, et comme on faisait dans l'ancienne langue.
BONHOMME (bo-no-m'), s. m. || l'Homme plein de bonté, de facilité. Le moine [envoyé en prison à Barbezières] se trouva un bonhomme qui, gagné parla compassion, alla avertir M. de Vendôme, stsim. 433, 224. || Faire le bonhomme, affecter la bonté, la simplicité. Dans ce sens : un faux bonhomma. || Adjectivement. Mélac, doux et très-bonhomme, souffrait tout de ses amis, st-sim. )to,)D). Le Turc revint, après cette expédition, aussi bonhomme qu'auparavant, chateaub. itin. )47.
|| 2" Homme simple et peu avisé. C'est un bonhomme qui se laisse mener. || 3" Homme qui commence à vieillir. Le bonhomme Broussel eut scrupule da souffrir que son nom fût allégué comme un obstacle à la paix, retz, iv, 232. Les comtes fout traîner ce bonhomme en prison, corn. D. Am. v, 4. || 4" Anciennement, parmi les gens de guerre, le bonhomme, le paysan. Vivra aux dépens du bonhomme. Jacques Bonhomme, le paysan français. || S" Familièrement, et par opposition, un petit bonhomme , un petit garçon. On ne manqua pas de faire beaucoup babiller le petit bonhomme, J. J. rouss. Ém.n. || S" Figura dessinée négligemment, et aussi, figura en plomb qui sert de jouet aux enfants. || 7° Nom vulgaire du bouillon-blanc, plante. ||8° Outil du verrier. || Outil du vitrier. || 9° Bons-hommes, religieux établis l'an 4 259 , en Angleterre, parle prince Edmond; ils professaient la règle de St Augustin et portaient un habit bleu. On donna en France ce nom aux Minimes à cause du nom de Bonhomme que Louis XI avait coutume de donner à saint François de Paule, leur fondateur. || Les Albigeois affectaient de prendre le nom de Bons-hommes. H Les bons-hommes, chefs de la république de Florence au xm* siècle.
— KEM. Bonhomme fait, au pluriel, bonshommes : deux vieux bonshommes; mais, pour éviter l'idée de faiblesse ou de simplicité, on dit aussi, au pluriel, bonnes gens : Deux vieux amis qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps se rencontrèrent; ces bonnes gens se mirent à pleurer. Quand il signifie un petit garçon ou une figure dessinée, il a aussi un pluriel qui est bonshommes : Ces deux petits bonshommes babillaient comme des pies. Il avait barbouillé des bonshommes sur le mur. On prononce : des bon-zo-m'.
— HIST. xiv* s. La quele Jaquete dist au dit I.oreus en lui présentant à boire : Tenez, bon homme,
BON
buvez; lors le dit Lorens se prinst à courroucier : tu as menti comme fausse ribaude, je ne suis pas bon homme; car ma femme est plus prude femme que tu n'es, du cange, boni homines. || xv* s. Le suppliant, sans penser à aucun mal, dist à celui Beluc : ....bon-homme.... à quoy respondit icelui Belflc telles paroles : comment bon homme? suis-je coqu? m. ih. Aliamesfutdetenuz prisonniers pour le souppechon de avoir esté en l'ost et bataille des Hurons nommez Jacques Bonshommes, à rencontre des nobles, du cange, jaquei. || xvi- s. Pourtant oy-je fait vœu à St François le Jeune le quel est au Plessis lez Tours reclamé de toutes femmes en grande dévotion; car il est le fondateur des bons hommes [Minimes], bad. iii, 34. Au temps que les soudards vivoient sus le bonhomme, ils vivoient aussi sus la bonne femme, desper. Contes, lxix. Ils aiment la guerre et le trouble, parce qu'ils vivent du bien du bon-homme et ne sçauroient vivre du leur en temps de paix, Sat. iîén. p. US. Et ont toujours, en ce faisant, vescu dessus Jacques Bonhomme, th. de bêze, dans le Dictionnaire de do-