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fig. Cela me fait bouillir le sang dans les veines, cela me cause une vive impatience. Les esprits oii il n'y a point de remède font bouillir le sang, sf.v. 42. (I Familièrement. Cela fait bouillir la marmite ou le pot, cela procure les moyens de vivre. || Faire bouillir, ancien supplice qui consistait à faire périr le condamné dans une chaudière bouillante. J'ai vu bouillir leurs corps dans la poix et les flammes, botr. SI Gènes*, m, 2. ||4"Fig. Bouillir de colère, surtout d'impatience. Je bouillais. Jeune homme à qui le sang bout. Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines, malii. ii, 12. Lorsqu'aux veines des Grecs le sang bouillait encore, rotb. Anlig. i, 6. Du frêl» arbuste où bout la nohle sève, La moindre fleur parfume au loin les airs, hêrang. Damoclès.
— HIST. xi" s. Dessouz le front lui buillit [bout] la cervelle, Ch. de Bol. clxiv. || xiii" s. Mais es noeces ot joie molt ; Toute li cours fremist et bout [s'agite]; Toute nuit dansent et carolent, Bot Guillaume, p. 91, dans du cange, Glost, français, au mot tondre. Adont fist Salehedin prendre or et argent, et le fist fundre en une pouele de fier, puis li fist avaler en la gorge tout boullant, et maintenant li convint morir, Chron. de Baint, lia. Kenart mist l'iave sor le feu, Et la fist trestote boillant, Ren. 109). Tant burent à leur volenté Qu'à Primaut le cervel bolut, id. 3454. Ou sera bouillis en chaudières, Ou rostis devant et derrières, la Rose, 19476. Qui porroit paradis avoir Ap»ès la mort por son avoir, Bon feroit enbler «t tolir; Mes il les covendra boillir Ou puis d'enfer sans jà reembre [sans rançon], ruteb. 4 89. || xiv" s. Que depuis icellui Mesnagier ait esté pris par nostre bailli de Constentin, et par icellui pour ladite cause [de fausse monnoie] sa confession oye, condempnéà mort et à estre bouli.... Et quant ledit Mesnagier fu mis en la chaudière, du cange, bullire. Cuers démentir, cerveles boudre, guiart, t. i, p. 4 40. || xvi" s. En eau bouillant, marot, iv, 24. Et puis on va, pour la faire bouillir, L'herbe nouvelle à la lune cueillir, dubell. iv, ai, rec(o. L'herbe nouvelle on fauche au cler serein, Pour la bouillir dedans vaisseaux d'airein, id. iv, 74, reclo. Le moust bouillant dans un vaisseau pousse à mont tout.... mont, ii, (2. Si elles on prennent un à qui la vigueur de l'aage boult encores, id. iii, 327. Ils faisoient bouillir de vieux souliers et de vieilles burettes à huyle pour en tirer quelque saveur, amyot, Sylla, 30. L'enfant osta le couvercle de la chaudière où estoit l'eau toute bouillante, et saultant dedans s'y boulut et estouffa, id. Démétr. 30. 11 faut bouillir la dite gerbe en eau et miel, paré, v, 29. En lieu de vin, il usoit d'eau bouillie et souvent toute pure, id. v, 30. Prenez racines de tintimal, boullues en vin, id. xv, 28. Lorsque l'eau bouil, o. de serres, 846. Vous les ferés buillir une onde dans l'eau claire, id. 847. Vous les bouillirés un peu en l'eau claire, id. 848. Si le courroux bout encor en son cueur, rons. 608.
— ÊTYM. Picard, boulir , bolir; wall. boiîr;provenç. bulhir, bolhir, buillir; catal. bullir ; ital. bullire; du latin bullire, de bulla (voy. bulle). Le wallon boûr suppose un changement de conjugaison, bullire au lieu de bullire, avec l'accent tonique sur bu! au lieu de l'accent sur li; cette forme se trouve aussi dans l'ancien français, mais elle appartient à Guiart qui était flamand; de sorte que cette conjugaison serait du nord de la France. La conjugaison est régulière au présent; car le latin bullio, bullis, bullit, ayan; l'accent tonique sur la première syllabe, n'a pu donner jadis que :je bous, tu bous, il bout.
t B0UILL1T0IRE (bou-lli-toi-r', II mouillées), ». m. ou f. Opération qui consiste à faire bouillir les flans du monnayeur dans un liquide pour les décrasser.
t BOUILLOIR (bou-lloir, Il mouillées), ». m.' Terme de monnayage. Vaisseau de cuivre dans lequel on fait bouillir les métaux pour les décrasser.
BOUILLOIRE (bou-lloi-r', II mouillées, et non hou-yoi-r'), ». f. Vaisseau de métal destiné à faire bouillir de l'eau, et particulièrement vase en forme de cafetière qu'on met devant le feu.
— ÊTYM. Bom'iltr.
BOUILLON (bou-llon, II mouillées, et non bouyon), ». m. || 1" Bulle qui se forme au fond ou dans l'intérieur, et qui vient crever à la surface d'un liquide qui bout. Jeter un bouillon. L'eau qui avait bouilli à petits bouillons, à gros bouillons. Il n'y faut qu'un ou deux bouillons. || 2° Petites vagues que forme un liquide qui s'échappe et qui tombe. Un ruisseau qui tomhait à gros touillons, fên. Tél. i. Cependant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide, rue Phèd.
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y, ». Mes yeux ont vu son sang Coulera gros bouillons de son généreux flanc, corn. Cid, il, ». Son sang [de Charles IX] à gros bouillons de son corps élancé, Vengeait le sang français par ses ordres versé, volt. Henr. in. || Bouillon d'eau, sorte de jet d'eau. || 3" Fig. Les bouillons de la colère. Dans les premiers bouillons de l'impatience. Et il ne faut qu'un commencement de passion, qu'un faible bouillon de colère, balzac, *• Oise, sur la cour. C'est pourquoi déguisant les bouillons de mon âme, bégnier, Sat. xm. Toi [Chiron] qui connais tant de remèdes, n'en as-tu point quelqu'un pour guérir cette fougue, ce bouillon de sang, plus dangereux qu'une fièvre ardente? fên. xix, 231. Modère ces bouillons de U mélancolie, boil. Sat. vu. Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage, X peine se sentit des bouillons d'un tel âge, Qu'il soupira pour ce plaisir [la chasse] , la font. Fab. vin, 1«. Aux premiers mots proférés dans cet étrange débat, j'ai ressenti les bouillons du patriotisme, jusqu'au plus violent emportement, mirabeau, Collection, t. iv, p. 235. ||4« Aliment liquide que l'on prépare en faisant bouillir, dans de l'eau, des substances animales, et le plus ordinairement de la chair de bœuf, ou quelquefois seulement des légumes et des herbes. Du bouillon de veau. Un bouillon ne tortue. Un bouillon aux herbes. Une tasse de bouillon. L'une chauffe un bouillon, boil. Sat.x. Nos blessés manquent de bouillons, de linge et de médicaments, fên. xxii, 608. Les filles-Dieu portent et reportent çà et ia les bouillons, la charpie, chateaub. Génie, iv, m, «.Une soupe à bouillon perlé [bon bouillon, blanchi par du lait d'amandes] , mol. Bourg, gentil. Vf, 1. 1| Bouillon coupé, bouillon affaibli par un mélange d'eau. || Être au bouillon, ne prendre aucune nourriture solide. Elle prend des bouillons, sêv. lis. || Bouillons médicinaux, bouillons préparés pour un but thérapeutique, et dans lesquels on fait entrer des substances médicamenteuses. || Fig. et familièrement. Boire un bouillon, faire une perte considérable, par suite d'une fausse spéculation. || Bouillon d'onze heures, ou, simplement, bouillon, breuvage empoisonné. || Par plaisanterie, bouillon pointu, lavement. || S* Plis bouffants qu'on faità certains vêtements. || 6* Bulle d'air dans le verre, dans les métaux fondus. || 7* Dans les salines, l'évaporation de l'eau salée par l'action du feu. || Dans la teinturerie, dégraissage des laines avant de les teindre. || Dans la passementerie, petit fil d'or ou d'argent tourné en rond. || Terme d'agriculture. Eau de fumier. || Terme de vétérinaire. Excroissance de chair qui sa développe dans les plaies des chevaux.
— SYN. bouillon, bouillonnement. Le bouillon est la bulle même qui se forme dans l'intérieur et vient crever à la surface du liquide qui bout ou du liquid* qui s'échappe ou qui tombe. Le bouillonnement est l'acte qui produit les bulles, les bouillons; c'est le mouvement de l'eau qui bouillonne. La formation des mots indique les nuances : de bouillon on fait bouillonner, verbe qui exprime l'action de faire des bouillons; et bouillonnement est cette action même, tandis que bouillon, primitif de ces deux mots, exprime simplement l'état de l'eau qui bout. L'eau qui bouta des bouillons; l'eau qui bouillonne fait des bouillons, a le bouillonnement.
— HIST. xm* s. Se li bollon n'aloit à droit, Xla chair qui cuit mescherroit, li Romans des Franceis. N'en prelst or ne miel ne sucre; Ains eslut ilec son sepucre Entre les sulphureus boillons, la Rose, 17253. || xiv* s. C'est un chemin moult destravé, Plein de boulions [bourbiers], tout encavé, bruyant dans Ménagier, t. n, p. ts. Faictes boulir un bouillon, puis dreciez par escuelles, Ménagier, n, 6. Pource que l'exposant, poure valet saunier faiseur de sel, luiavoit recous [préservé] deux boulions de sel, du cangr, bullio. Un hanap de madré à boellon d'argent [ciselure], id. bolinus. || xv* s. Boillons d'argent de ma salade [casque], m. tb. Icelles femmes prindrent le corps du dit Vallé et le portèrent en un boullon ou bourbier, id. bullio. Cestuy sage Charles roy, quint du nom, fu coroné nonob- «tant le bu lion de si mené aage, christ, de pis an, Charles V, I, ch. S. Dont la venue du daulphin vers ce duc fut matière du plus aygre et du plus périlleux bouillon qui oneques s'y trouva, o. chastel. Cnron. des dues de Bourg, t" Proesme. Item et à mon plus que père, Qui m'a mys hors de maint boillon Et de cestuy pas ne s'esjoye; Si lui requiers a genoillon Qu'il m'en laisse toute la joye, villon , Gr. Test. || xvr* s. Dedans une verte vallée, sourdent par cy par là des bouillons de feu qui fluent continuellement, amyot, Sylla, 65. Puis sera gardé le bouillon : duquel le patient en prendra,... le fai-
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sant bouillir un bouillon avant chasque prise, PAh/î, xv, 38. Bouillon gras, eau de chair, m. xxiv, 22. Ne souffre de mon sang le bouillon refroidir, Et tousjoursde tes yeux aiguillonnemoyl'ame,RONS.266.
— ÊTYM. Bouillir.
BOUILLON-BLANC (bou-llon-blan , Il mouillées), t. m. PlaDte bisannuelle très-commune (verbascum thapsus, L.), dont les fleurs sont employées comme pectorales et béchiques, et les feuilles comme émollientes. || Au plur. Des bouillons-blancs.
— HIST. xvi* s. Vinaigre dedans lequel on aura fait bouillir tormentille, genest ou bouillon-blanc, paré, îx, 23. Bouillon-blanc : de plusieurs sortes de bouillon y-a-il, qu'on esleve par graine, la semant au printemps, o. de serres, 608.
— ÉTYM. Bouillon, blanc. BOUILLONNANT, ANTE (bou-llo-nan , nan-t', Il
mouillées, et non bou-yo-nan), adj. Qui bouillonne. Une liqueur bouillonnante. Charybde bouillonnante.
BOUILLONNÉ, ÉE (bou-llo-né, née, Il mouillées) , part, passé. Garni de bouillons. Une étoffe bouillonnée.
BOUILLONNEMENT (bou-llo-ne-man, Il mouillées, et non bou-yo-ne-man), t. m. || 1* État d'agitation d'un liquide qui bouillonne. || 2* Fig. J'aurais tiré de ce méchant une vengeance soudaine, mais, songeant que j'exposais Lopez, j'apaisai le bouillonnement de mon cœur, chateaub. Natch. v, 228.
— hist. xvi' s. Ce qui cause le bouillonnement et les petites bubes qu'on voitesleveren l'eau, paré, Licorne, 16.
— ÊTYM. Bouillonner.
BOUILLONNER (bou-llo-né, Il mouillées, et non bou-yo-né), v. n. || i* Former des bouillons, en parlant d'un liquide. Cette source bouillonne. Et le sang qui bouillonne Forme un si gros torrent que lui-même il s'étonne, corn. Attila, v, «. Que l'airain écume et bouillonne, Que mille dards en soient formés, Que sous nos marteaux enflammés X grand bruit l'enclume résonne, j. b. rouss. Cantate 6. || %' Fig. Bouillonner d'ardeur, de colère. Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes ; Tel bouillonnait encor son vieux sang dans ses veines , Disaient-ils à l'envi, lorsqu'Œdipe aux abois De ses juges pour lui gagna toutes les voix, corn. Au roi sur Cinna, Pompée, etc. Un sang nouveau bouillonne dans mes veines, delav. Paria, v, 3. Vois déjà briller dans mes regards Tout le feu dont mon sang bouillonne, bêrano. Bacchante. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3° V. a. Faire des bouillons à une étoffe. Bouillonner une robe, une collerette.
— HIST. xvr* s. Une façon de parler bouffie et bouillonnée de poinctes, mont, i, 383. La vraye licorne, estant mise en l'eau, se prend à bouillonner, faisant eslever petites bulles d'eau comme perles, paré, Licorne, 15. Comme les eaux bouillonnent d'une grosse source et ample, calv. Instit. 23.
— ÉTYM. Bouillon.
BOUILLOTTE (bou-llo-f, Il mouillées, et non bou-yo-t'),s.f. || l°Synonymede bouilloire. || 2° Sorte de jeu de cartes. [X Paris] vous avez bien d'autres affaires [que de songer à nous] : la hausse et la baisse, les faillites, la bouillotte, p. l. cour. Lett. i, 106. Eh bienl monsieur Hector, vous refaitesvous au lansquenet des pertes de la bouillotte 1 bayard et jaime, le Réveil du lion, u, 7.
— ÊTYM. Bouillir.
f BOUIN (bouin) , s. m. Terme de teinturier. Poignée d'écheveaux de soie.
f BOUIS (boui) , s. m. Terme de chapellerie. Façon donnée aux vieux chapeaux. || Terme de cordonnier. Voy. buis.
fBOUISSE (boui-s'), *. f. Terme de cordonnier. Voy. buisse. »
BOUJARON (bou-ja-ron) , s. m. Terme de marine. Petite mesure de fer-blanc qui sert dans la cambuse à distribuer les divers liquides à l'équipage, et contient le seizième d'une pinte (un peu moiiLs du seizième d'un litre).
— ÊTYM. Espagn. bujaron, sorte de pot (voy. boucaro).
t BOUJEAU (bou-jô), t. m. Assemblage de deux bottes de lin placées tête-bêche, afin de tenir moins de place au rouissoir.
t BOUJON (bou-jon), *. m. || 1* Outil à plomber. (| 2° Espèce de marque qu'autrefois l'on mettait aux étoffes dans les manufactures de draps.
— HIST. xiv* s. Selon le boujon et ordennance de ladictedrapperie, ducange, boujonator. \\ xvs. Item que lesjurez puissent arrester tous lesdraps, se iceulx draps ne sont du boujon de la ville d'Evreux, in. tb.
— ÊTYM. Il y avait, dans l'ancien français, boujon, bougon, qui signifiait une barre, une verge (le-
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quel, sans doute, était le même que boujon, bolton, ital. bolzone, sorte de trait à tête mousse, que Diez tire de bulla, boule, à cause de cette disposition). Le boujon commercial aura été une marque dite boujon par une assimilation quelconque avec le projectile militaire.
t BOUJONNER (bou-jo-né), v. a. Ancientermede commerce. Marquer du boujon.
t BOUJONNEUR ( bou-jo-neur), s. m. Se disait autrefois d'un juré du corps des drapiers.
— HIST. xiv* s. Le maire et les boujonneurs de draperie de nostredite ville de Rouen, ducange. boujonator. Nous leur vueillons octroyer qu'il aient visiteurs et boujonneurs ou dit mestier de drapperie, id. t'o. || xv* s. Ne pourra nul mouiller les draps, jusques à ce qu'ilz soient scellez tous escruz, ou qu'ilz aient prins congié aux boujonneurs de les esbrouer seulement, id. tb.
t BOULAGE (bou-la-j') , s. m. || 1* Terme de blanchisseur. Quantité de linge que l'on met à bouillir dans une chaudière. || 2° Terme de sucrerie. Se dit de la formation du sirop lorsque les betteraves sont placées dans la cuve et foulées.
— ÉTYM. Bouillir.
BOULAIE (bou-lê), s. f. Lieu planté de bouleaux.
— ÊTYM. Voy. bouleau.
BOULANGÉ, ÉE (bou-lan-jé, jée), part, passé. Pain bien boulangé.
1 . BOULANGER , ÈRE (bou-lan-jé, jê-r') ,s.m. et f. || 1* Celui, celle qui faitetvend du pain. Garçon boulanger. || Boulangère, sœur converse qui fait le pain. || 2° S. f. La boulangère, espèce de danse ou plutêt de ronde qui commence par un grand rond, après lequel un cavalier fait la grande chaîne, c'està-dire donne alternativement la main droite et la main gauche aux dames, en décrivant le cercle entier jusqu'à sa propre danseuse; alors le grand rond recommence, et le cavalier qui vient aprùs lui fait la chaîne à son tour. || L'air sur lequel la boulangère se danse. C'est un air à six-huit, comprenant d'abord dix mesures pendant lesquelles on fait le grand rond, et ensuite un refrain de quatre mesures qu'on répète à volonté pour la chaîne. L'air a probablement donné son nom à la danse, parce qu'il se chante sur les paroles : la Boulangère a des écus, etc.
— HIST. xm' s. Et s'il ia boulengier ne boulengiere là ù li eswardeur viennent pour le pain eswarder.... tailliar, Recueil, p. «16. Boulenghier qui estoient relevé pour pestrir, Chron. de Rains, 98. || xvi" s. Imitant tant que faire se pourra le3 boulengers, o. de serres, 822.
— ÊTYM. Wallon botegt; namurois, bolègi; baslat. bulengarius, dans un texte du xn' siècle (voy. boulanger, verbe.)
2. BOULANGER (bou-lan-jé), v. a. Pétrir et faire cuire le pain. || Absolument. La petite Madelon refuse 25 écus de Jean Bedout, encore elle ne sait ni boulanger ni traire, p. l. cour, u, 27...
— HIST. xiii* s. Bien [il] se sut de tout entremettre; Pain [il] fist venir ou boulengier, Bl. et Jeh. 4593. || xvi* s. Principalement de farines et de pains desja boulangez, carl.iii, 20. X la plus robuste des servantes donnera charge la mère de famille de boulanger son pain, le paistrir et parfaire, o. de
— ÉTYM. Berry, boulange, mélange de foin et de paille, préparé pour la nourrituredes bestiaux ; boulanger de la paille et du foin, en faire un mélange. Du Cange le tire de boule; d'où boulange qui se trouve en effet dans le Berry, et enfin boulanger. mêler, pétrir.
BOULANGERIE (bou-lan-je-rie), s. f. || i* L'art de faire le pain; le commerce du boulanger. j| 2* Le lieu où se fait le pain. || Etablissement, fonds d'un boulanger.
— hist. xv* s. Les maistres du mestier et artifice de boulengerie et taillemelerie, ducange, arli/icium. || xvi* s. Charnier, boulengerie. fournil, serre-pain, o. de serres, 2u.
— êtym. Boulanger.
t BOULAR (bou-lar), t. m. L'ud des noms de la mésange à longue queue.
t BOULDURE (boul-du-r*), s. f. Fosse sous la roue des moulins à eau.
1. BOULE (bou-P), î. f. || l'Corpsronden tous sens. Boule de bois, de cuivre, d'ivoire. Il Dans un langage à la fois poétique et familier, la terre. Jeté sur cette boule, Laid, chétif et souffrant, bêrang. Vocation. || Par extension. Une boule de neige. Cet animal se roule en boule. || Etre rond comme une boule, être rond et replet. || 2* Jeu de boules, jeu où l'on fait rouler une boule vers un but marqué par une boulo plus petite que les autres, et qu'on
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nomme cochonnet. || Lieu où l'on joue 11 la boule. Aller à la boule. || Avoir la boule, avoir l'avantage de jouer le premiei. || Aller à l'appui de la boule, jouer sa boule de manière qu'elle pousse celle du joueur avec qui l'on est associé; et figurément, seconder. || Au jeu de quilles, pied à boule, avertissement, à celui qui joue à rabattre, de tenir le pied à l'endroit où sa boule s'est arrêtée. || Tenir pied à boule, tenir le pied à l'endroit même où la boule s'est arrêtée; et figurément, tenir ferme, sans reculer. Je me suis mis à assiéger les bureaux de la guerre, et j'ai tenu pied à boule jusqu'à ce que l'on m'ait expédié votre brevet, o. duval, la Mouche du coche, 14. || Faire tenir pied à boule, obliger quelqu'un à beaucoup d'assiduité. || Fig. Rendre la boule, rendre coup pour coup. || X la boule vue, à boule vue, précipitamment, avec peu d'attention. Cette locution a aussi signifié avec réflexion, en connaissance de cause. Dans le premier cas , aussitôt la boule vue, sans réflexion; dans le second cas, après la boule vue, avec réflexion. || 3* Boule blanche, boide noire, à certains jeux, boules dont l'une fait gagner et l'autre fait perdre. || Fig. La boule noire lui tombe toujours, c'est-à-dire la chance lui est toujours contraire. || Dans les scrutins, on se sert pour décider les questions de boules noires qui rejettent, de boules blanches qui approuvent. || Dans certains examens, boule blanche, témoignage complet de satisfaction; boule rouge, témoignage que l'examiné n'a satisfait que tout juste; boule noire, boule qui reiette Fexaminé. Il a passé son examen avec trois boules blanches; avec une boule blanche et deux rouges. || 4° Terme de pharmacie. Boules de mars, petites boules faites particulièrement avec le tartrale de potasse et de fer, dites aussi boule3 d'acier et boules de Nancy, parce qu'on les prépare à une chartreuse près Nancy. || Eau de boule, liqueur tonique qu'on prépare en mettant infuser des boules de mars dans de l'eau-de-vie. || 5' Terme de botanique. Boule de neige, variété à fleurs doubles de la viorne obier, appelée aussi caillebotte et pelote de neige. || Boule de neige , nom vulgaire d« l'agaric champêtre, dit encore champignon des bruyères. || 6° Enclume du chaudronnier. || Masse de fer dont l'orfèvre se sert pour planer. || Outil de l'opticien pour façonner les verres concaves. || Rouleau dont le carrier se sert pour transporter de grosses pierres. || Boite de boules, boîte servant à mettre le feu à une mine. || 7° Terme d'architecture. Boule d'amortissement, corps sphérique qui termine quelque décoration.
- HIST. xvi* s. L autre, qui estoit aussi fort que lui, lui ramena la boule, et eust fait bon voir l'escrime de ces deux demi géants, d'aub. Fcen. iv, 5. L'artillerie du Duc aiant rendu la boule avec moins d'effet, d'une part et d'autre tout commença de branler, id. llist. m, 230. Ils s'esbattoient à la longue boule: l'un, en faisant son coup, faillit à bouler droit, et envoya sa boule dedans un jardin, despeb. Contes, lxvii. Par cette voye nous trouvons nostre raison bien fondée, et discourons à boule veue, mont. Il, 285. Aux grands jours d'esté [les vignerons du Berry] estoient tenus de prester pied à houlle à leur besongne depuis les quatre heures du matin jusques à huit ou neuf heures du soir, jaubert, Gloss. Et ainsi vous jouerez à boule vue [à coup sûr], comme on dit, montluc, Mém. t. i,
p. 397, dans LACUBNE.
— ÊTYM. Génev. biole; Franche-Comté, bioule; provenç. et espagn. bola; portug. bolla; du latin bulla, bulle, à cause delà rondeur de l'ampoule (voy. BULLE).
j- 2. BOULE. Meubles de Boule, meubles provenant des ateliers d'un nommé Boule, célèbre fabricant sous Louis XIV. || Aujourd'hui, meubles de boule, meubles à incrustations de cuivre et d'écaillé.
BOULEAU (bou-lê), t. m. Genre de végétaux dont l'espèce bouleau blanc (belula alba, L.) est un arbre contenant, au printemps, une sève abondante d'une saveur douce, sucrée et légèrement aigrelette, avec laquelle on prépare, dans le Nord, une liqueur alcoolique au moyen de la fermentation. Comme une feuille morte échappée aux bouleaux Qui sur une onde en pente erre de flots en flots, Mes jours s'en vont de rêve en rêve, y. hugo, Orient, 4.
— iiist. xiv* s. Boul est un arbre dont on fait les balais pour netoyer les maisons, Propriétés des choses, liv. xvn, chap. (55, manuscrit du temps de Charles V. Les dites femmes garnies de verges de boust, du cange, boulus. || xv* s. Lors me prendront branches et raius De boul, d'osieres ou d'orties,
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Mir. de Ste Genev. || xvi* s. Cinq sortes principales d'arbres aquatiques y a-il : saules, peupliers, aunes, bouleau, oziers, o. de serbes, 800. Les peupliers, trembles et boleaux, id. 80).
— ÊTYM. Berry, boula, boulas, boule, et aussi betou, et même petou; norm. bou, bu, et aussi boulard; wall. bèol; namur. bôle, bâli; rouchi, boule, bouie, du latin belula. Btlula ayant l'accent sur bi, a donné correctement boule ou bout, et un diminutif bouleau. Le mot est aussi celtique : irland. beith.
BOULEDOGUE (bou-le-do-gh') , s. m. Race de chiens trapus, à mâchoires proéminentes, ayant des muscles temporaux volumineux dans une profonde fosse temporale, ce qui rend petite la boite du crâne; ils sont meilleurs pour le combat que pour la garde.
— ÊTYM. Angl. bulldog; de bull, taureau, etdog, chien (voy. dogue) : chien à taureau.
t BOULÉ (bou-lé), t. m. Un des noms vulgaires du pluvier.
t BOULÉE (bou-lée), s. f. Sédiment qui reste au fond de la poêle dans laquelle on a fondu le suif. || Ratissure des caques de harengs.
f BOULEJON (bou-le-jon) , s. m. Terme de pêche. Filet qui sert à prendre des sardines.
f ) . BOULER (bou-lé). || 1" F. n. Enfler son jabot, en parlant du pigeon. || Se renfler, en parlant du pain. || 2* V. a. Dans le langage populaire, bouler quelqu'un, le rouler par terre.
— HIST. xvi* s. Les glace/, pelottons volans Que l'orage par les monts boule, Ne te soient durs ny violans, rons. 547. Ce gros monceau qui rompt, fracasse et foule Les bois tronquez, et d'un bruit violant Sans résistance à val se va boulant, id. 653.
— ÊTYM. Bouie.
1 2. BOULER (bou-lé), t;. o. Terme de pêche. Voy.
BOUILLER ).
BOULET (bou-lè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel 1'* se lie : les boulets et les canons, dites : les bou-lè-z et.... Boulets rime avec traits, succès, jamais), *. m. || 1" Globe, boule de fer fondu qui sert à charger les canons. Un boulet de calibre. Un boulet de vingt-quatre livres ou de vingt-quatre. Le sieur Brossier, qui vous rendra ce billet, prétend avoir inventé deux sortes de boulets creux prop-es à brûler les vaisseaux, et m'a demandé d'en faire l'épreuve à Toulon en présence des officiers de marine, seignelai, à Arnoul, 2< janvier <C78, dan? jal. || Boulet ramé ou boulet ideux têtes, boulet de canon composé de deux demi-sphères de métal qui tiennent l'uae à l'autre par une chaîne ou une barre de fer. || Boulet rou^e , boulet rougi au feu avant d'être introduit dans le canon. Les Vénitiens tirent à boulet rouge sur les propylées et le temple de Minerve, chateaubr. /(in. i, (99. || Fig. Tirer à boulet rouge sur quelqu'un, en parler en termes offensants, l'attaquer d'une manière violente. || 2° Dans la législation militaire, boulet, peine infamante quicondamne les soldats et sous-officiers coupables de désertion àl'extérieur, et, avec certaines circonstances, de désertion à l'intérieur, à des travaux forcés dans les grandes places de guerre, et à traîner un boulet attaché à une chaîne de fer de deux mètres et demi de long. || Fig. Tu arrives exprès d'Amérique pour être mon compagnon de boulet, chateaubr. Natch. v, 219. || 3° Terme de vétérinaire. Nom que porte, chez le cheval, l'articulation du canon avec le paturon , sans doute parce que cette articulation forme, chez les chevaux fins, une éminence plus ou moins arrondie.
— HIST. xv* s. Il fut frappé d'une coulevrine, et entra le boulet en sa jambe, J. chartier, llist. de Charles VU, p. (54, dans lacurne. Plustost un coup de vin me perce et m'entre au corps Qu'un boulet qui, cruel, rent les gens si tost morts, bassel™, xix. || xvi* s. Les gros bollets de fer et de bronze, ra'bel. Pont, iv, 34. Encores sur la retraite ils firent quitter le reste des boulets et quelques autres munitions, d'aub. Hist. m, (5. Il lia avec iceux [crins] fort serrés, le pied de la beste au dessous du boulet, yver, p. 6'42. Morts par coups d'harquebuses, dont le boulet ne pouvoit estre plus gros que le bout du doigt, paré, vm, 23.
— ÊTYM. Diminutif de boule.
BOULETÉ, ÉE (bou-le-té, tée), adj. Terme de vétéritaire. Cheval bouleté, cheval chez qui, le tendon venant à se raccourcir, le boulet, porté en avant, ne permet plus l'appui que sur la pince.
— ÊTYM. Boulet.
BOULETTE (bou-lè-f), s. f. || 1* Petite boule. || 2° Pâte ou chair hachée, arrondie en boule. || 3° Fi>pulairement. Sottise, bévue. Faire une boulette.
BOU
— HIST. xvi* s. Des boullettes ae verre [verroteries],des mirouers, des couteaux, des anneaux, des clochettes, d'aub. llist. 1,355. De petites boulettes d'or oud'argent, paré, xxi, 28
— ÊTYM. Diminutif de boule; Dourguig. bôldtte. f BOULEUR (bou-leur),s. m. Celui qui bat l'eau.
— ÊTYM. Voy. bouler 2.
BOULEUX (bou-leù), s. m. Cheval de fatigue qui chemine bien. || Fig. C'est un bon houleux, c'est un homme laborieux et qui remplit sa tâche.
— ÊTYM. Ane. franc, bouler, rouler (voy. bouler I).
BOULEVARD ou (orthographe qu'admet aussi l'Académie) BOULEVART (bou-le-var ; le d ni le ( ne se lient jamais : un boulevard élevé, dites : un boule-var élevé ; au plur. Vs ne se lie pas : des bou-levar-élevés ; cependant plusieurs disent : des bou-levar-z élevés), t. m. || 1° Le terre-plein d'un rempart, le terrain occupé par un bastion, par une courtine Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevards.... boil. Odes, t. Boulevard hardi, volt. Alt. Il , 6. || Ce terme n'est plus en usage dans le langage des ingénieurs militaires. || 2" Par extension. Place forte qui met un pays à l'abri de l'invasion des ennemis. Malle fut longtemps le boulevard de la chrétienté contre les Turcs. || Par analogie. Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord,MONTESQ. Espr. xvn, 3. || Fig. L'union des citoyens est le plus sûr boulevard de l'État. || 3* Promenade plantée d'arbres qui fait le tour d'une ville. Se promener sur le boulevard. Que ma gloire s'étende Du Louvre aux boulevards, bébang. Jean de Paris. || Aujourd'hui, par extension et par abus, on donne le nom de boulevard à toute rue large, plantée d'arbres, qui traverse la ville, même dans son centre.
— SYN. boulevard, rempart. Au propre le boulevard étant en avant du rempart et le défendant, au figuré boulevard aura une acception plus étendue que rempart. Une chaîne de montagnes est, suivant la nuance qu'on a dans l'esprit, le boulevard ou le rempart naturel des pays qui sont situés derrière; mais une place très-forte qui protège tout un paya sera regardée comme un boulevard, et non comme un rempart.
— HIST. xv* s. Es boulevers et lieux avantageux, en. d'orl. Bondel, 54. Au boulvech de la porte St Eloy , du cange, bolvetus. Un boulevart construit do bois et de terre, matiiieu de coucy, Hist. de Charles Vil, p. 608, dans lacurne. Le comte fit rompre plu sieurs boulovars faicts par les Gantois, o. de la marche, i, 26, dans lacurne. Et avoit fait faire au fond des fossés d'icelui boulevert de petites maisonnettes de bois où ses gens se tenoient pour faire leur guet, monstrf.l. liv. II, ch. 88. Ilz firent ung boulevert do boys et de terre.... com. I, 9. Incontinent que le roy fut dedans [Arras], il feisl faire des boullevers déterre contre la porte, id. v, (6. || xvt* s. Lesquelz avoient ja tous les champs couvers De gens de guerre, et gros canons divers, Pour desmollir rampars et boulevers, i. mabot, v, (54. Boulevars et renfors, id. v, (48. Lesdites cornes avoyent esté formées non sans cause, et cela estoit autant de ballouars et défenses, pour la forteresse et retraitte dudit pourpre, palissy, 1 18. Il en avoit retranché deux bouleverts, carloix, ii, 13. L'espine avec ses apophyses sert comme de boulever et fortification à la moelle spinale, paré, xiv, (2. Un» partie de ceux là voulurent faire ferme sur un grand boulevart drstaché.... Ceux du balouart quitlans d'effroi.... d'aub. Mit. 111, 435.
— ÊTYM. Espagn. baluarte; ital. baluardo; de l'allem. Bollwerk, défense, fortification ; de Werk, ouvrage (voy. organe) , et bollen, lancer, à cause des engins dont étaient armés les boulevards, ou., beaucoup plutôt, deBohle, ais, planche. Ce terme do guerre paraît être entré en usage dans le xv* siècle, du moins Grimm n'en a trouvé aucun exemple dans le xiv*; de l'Allemagne il a rapidement passé dans les autres pays. Voltaire le tire de boule et vert : place verte à jouer aux boules; mais l'ensemble des formes contredit cette dérivation. Boulevard a pris le sens de promenade, parce que c'est sur les boulevards, fortifications, après leur démolition, qu'on a fait des boulevards, promenades.
t BOULEVARI (bou-le-va-ri) , s. m. Terme populaire, qui se dit dans la conversation, mais qui ne s'écrit pas. Grand bruit, grand tumulte.
— ÊTYM. Il est probable que le mot boule s'y trouve comme dans bouleverser , avec une finalo qu'on rencontre aussi dans chari-vari, hour-vari (voy. charivari), ou peut-être est-ce une corruption de hourrart,
BOU
BOU
BOU
f BOULEVERSANT, ANTE (bou-Ie-ver-san, san-t'), adj. Qui trouble, qui bouleverse. Cette nouvelle est bouleversante.
BOULEVERSÉ, ÉE (lx>u-le-vèr-sé, sée), part, passé. Une ville bouleversée par les bombes. Au «iége de Candie tout le terrain des environs était bouleversé par les mines. || Fig. Sa figure bouleversée par la terreur. État bouleversé par les guerres civiles.
BOULEVERSEMENT (bou-le-vèr-se-man), s. m.
|| 1° Ruine et confusion. Le boultversemenl d'un rempart par une mine. Un bouleversement des éléments. Il 2° Fig. Grand trouble, désordre. Au milieu de ces bouleversements. Mettre le bouleversement dans l'Etat. Dans ce renversement et ce bouleversement de l'âme, pours'exprimerde la sorte, est-on maître de recueillir son esprit? bourd. Pensées, t. H, p. 28. 11 ne faudra que cette passion pour causer dans votre âme un bouleversement général, id. Ï6. t. i, p. 38t.
— ÉTYM. Bouleverser.
BOULEVERSER (bou-le-vèr-sé) , v. a. \\ 1* Agiter, troubler avec violence. Les vents bouleversent les flots. Il n'est pas question d'aller contre les vents Ni de bouleverser l'ordre des éléments, la font. Florentin, s. EUe-même, tonnant du milieu des nuages, Bouleversa les mers, déchaîna les orages, delille, Enéide, i. L'ange fuit, et son vol a bouleverse l'air; L'éclair dans un ciel noir poursuit, croise l'éclair, gilb. Mort d'Abel, ch. vm. || 2° Déranger, mettre en désordre. Bouleverser tout dans une maison. Bouleverser les traits d'un visage, Spectat. franc. <723, dans des fontaines. || 3° Ruiner, abattre, renverserentièrement. La tempête a tout bouleversé. Je l'ai vu.... Bouleverser les murs d'un seul de ses regards, corn. Attila, il, 6. Aux frayeurs qu'inspirait alors l'apparition des comètes, a succédé la crainte que,dans le grand nombrede celles qui traversentdans tous les sens le système planétaire, l'une d'elles ne bouleverse la terre, laplace, Exp. 4. || 4° Fig. Mettre dans un grand désordre. Bouleverser l'État. Les intrigues d'une marâtre bouleversaient le palais. Bouleverser l'ancienne législation. Bouleverser les règles de la justice. Cette nouvelle lui bouleversa l'esprit. Cela bouleverse toutes mes idées. L'empire.... dont les Huns, les Goths, les Vandales, les Francs Bouleversent la masse et déchirent les flancs, corn. Pukh. i, t. Et ainsi, lui dis-je, un seul docteur yeut tourner les consciences et les bouleverser à son gré, et toujours en sûreté, pasc. Prov. b. Il faut les ménager eux-mêmes ces hommes scélérats , parce qu'on les craint et qu'ils peuvent tout bouleverser, fén. Tél. xxiv. Le mémoire que vous m'avez envoyé fait verser des larmes et bouleverse l'âme, volt. Lettr. Damilaville, e août <766. La cour de Londres reprochait au prétendant d'être né catholique romain et de venir bouleverser la religion et les lois du pays, id. Louis XV, 24. || Absolument. Non, messieurs, on ne veut pas sincèrement l'ordreetlajustice;onneveut que brouiller et bouleverser, Mirabeau, Collection, t.iv, p. 338. || 6° Se bouleverser, v. réfl. Se troubler, éprouver une émotion très-pénible. Ne vous bouleversez pas. Cette femme va encore se bouleverser.
- HIST. xvi' s. Regardons à quel fondement nous attachons cette gloire et réputation pour laquelle se bouleverse le monde, mont, i, 347.
— ÉTYM. Boule, et versare, tourner (voy. verser) : tourner comme une boule.
BOULEVUE (bou-le-vue). X boulevue ou à la boulevue (voy. boule).
t BOUL1CHE (bou-li-ch') ou BOULIËCHE (bouliè-ch'), s. f. Terme de pêche. Sorte de seine.
t. BOULIER (bou-lié), s. m. Filet qu'on tend aux embouchures des étangs salés.
— étym. Provenç. boliel (dans du cange) , sorte de filet.
t 2. BOULIER (bou-lié), s. m. Pot de terre.
— ÉTYM. Bouillir, parce que le pot sert à faire bouillir; mais alors, le mot devrait s'écrire bouiU lier; ou peut-être boule, à cause de la forme arrondie.
t 3. BOULIER (bou-lié), s. m. Boulier compteur, appareil dont on se sert dans les salles d'asile pour enseigner l'arithmétique, et qui est formé de dix tringles sur chacune desquelles sont enfilées dix petites boules.
— étym. Boule l .
fBOULIGON (bou-li-gon), ». m. Terme de pêche. Sorte de filet à mailles étroites.
BOULIMIE (bou-li-mie) , s. f. Terme de médecine. Irrégularité de la digestion qui consiste en une faim excessive, en un besoin de prendre une quantité d'aliments plus grande qu'à l'ordinaire.
— HIST. xvi» s. u duc de Savoye en avoit aussi
pris pour le guérir de la boulimie et gloutonnle , mais il revomit tout, Sat. Mén. p. 10.
— ÉTYM. Bou).i|iti, de(ioù;, bœuf (voy. bœuf), et Xi(iè;, faim : mot à mot faim de bœuf, grande faim.
t BOULIMIQUE (bou-li-mi-k'), adj. Terme de médecine. Oui a rapport à la boulimie.
BOULIN (bou-lin), *. m. || 1" Pot de terre qui sert de retraite aux pigeons. || Trou pratiqué dans un colombier, pour que les pigeons y nichent et y pondent. Il y a des pigeons qui préfèrent les trous poudreux des vieilles murailles aux boulins les plus propres de nos colombiers, bhff. Pigeon. || 2° Terme de maçonnerie. Trou laissé dans le mur par le bout des pièces d'échafaudage, à mesure qu'on élève le mur. || On appelle aussi boulins les pièces de bois qui soutiennent les planches des échafaudages.
— HIST. xvi" s. Ceux qui font leurs boulins ou nids de pigeon dans des paniers d'ozier, o. de serres, 385.
' — étym. Bas-lat. bolinus, travail en bosse, relevé en bosse, probablement de boule; le boulin ayant été dit ainsi à cause de sa forme arrondie; et le maçon ayant nommé les trous laissés par les pièces d'échafaudage, boulins par assimilation avec les trous des pigeonniers.
t BOULINAGE (bou-li-na-j'), s. m. Terme de marine. Action d'aller à la bouline.
— ÉTYM. Bouline.
BOULINE (bou-li-n'), s. f. Terme de marine. Nom de longues cordes, qui tiennent la voile de biais, lorsqu'on fait route avec un vent de côté. || Vent de bouline, vent de biais qui n'est pas favorable à la route. || Aller à la bouline, se servir d'un vent de biais qui n'est pas favorable à la route. Les cygnei ont l'art de tourner ce plumage du côté du vent, et d'aller comme les vaisseaux, à la bouline, quand le vent ne leur est pas favorable, fén. Exist. )8. || Courir la bouline, se dit d'un châtiment consistant à faire passer le condamné entre deux haies de matelots qui le frappent avec des garcettes ou boulines.
— HIST. xii* s. Estuins ferment et escotes, Et font tendre les cordes totes, Utages laschent, tresavalent, Boelines sachent et halent , Brut, t. n , p. 1 4 ) . || xvi* s. Ils se mettent à la bouline, et courans bande sur bande viennent aux canonades, d'aub. Hist. n,293. Un calme l'arresta premièrement, et puis une demi tourmente, laquelle pourtant, au dire des matelots, le pouvoit porter à la bouline dedans les Asnes, id.
— ÉTYM. Angl. bowline; dan. bugline ; holland. boelijn ; de bug, bow, boe, proue, et Une, corde.
BOULINE, ÉE (bou-li-né, née), part, passé.
BOULINER (bou-li-né). || i* V. a. Terme de marine. Haler la bouline. || 2° V. n. Aller à la bouline, naviguer avec un vent de biais. || Fig. et familièrement. Il va boulinant, se dit d'un homme un peu lourd, qui va d'un pas pesant, penchant du côté où il s'appuie. Peu usité.
t BOULINETTE (bou-li-nè-f) , t. f. Terme de marine. Bouline de vent du petit hunier, orienté au plus près.
— ÉTYM. Diminutif de bouline.
BOULINGRIN (bou-lin-grin) , i. m. Parterre de
gazon pour l'ornement d'un jardin. Chacun quitte son petit palais pour s'assembler au boulingrin, hamilt. Gramm. to. Un grand parterre; des boulingrins vis-à-vis des ailes, sêv. 54t. Il veut mettre le jeu de paume en boulingrin, id. 588. Nous changeons nos prés en jardins, En parterres nos champs fertiles, Nos arbres fruitiers en stériles, Et nos vergers en boulingrins, lafare, Ode i. X votre place j'y ajouterais un boulingrin, et je retendrais dans la forêt, bern. de s. -p. Ch. Ind.
— ÉTYM. Angl. bowling green, de bowl, boule (voy. boule), etgreett, vert : gazon pour jouer à la boule.
fBOULINGUE (bou-lin -gh'), s. f. Terme de marine. Petite voile du haut du mât.
— HIST. xvi" s. Ils n'y sont pas si propres ny exercez faux joutes, etc.] comme à la bolingue [navigation], carloix, n, 4. Ne changez jamais vostre lance, vostre cheval de bataille, ny vos espérons dorez à une voile boulingue ou trinquet, id. v, 27.
— ÉTYM. Bouline.
fBOULINIER, 1ÈRE (bou-li-nié, niê-r*), adj. Terme de marine. On dit d'un navire qu'il est bon boulinier, lorsqu'il va bien à la bouline.
— ÉTYM. Bouline.
t BOULLEUR (bou-lleur, Il mouillées) , *. m. Terme de pêche. Celui qui bouille.
— ÉTYM. Voy. bouiller i .'
BOULOIR (bou-loir), s. m. Instrument qui sert à remuer la chaux ou à faire le mortier, || Instrument
pour remuer les peaux. || Terme de pêche. longue perche pour battre l'eau.
— ÉTYM. Vieux franc, bouler, rouler, tcumer, de boule (voy. bouler a et bouiller <).
f BOULOIS (bouloi), *. m. Morceau d'amadou pour mettre le feu au saucisson d'une mine.
BOULON (bou-lon), ». m. Grosse cheville de fer, qui sert à soutenir les poutres et les barres de fer dans les édifices. Elle a, d'un côté, une tête ronde, et de l'autre une ouverture où l'on passe une clavette de fer pour l'affermir. || Moule de fer rond pour faire les tuyaux de plomb. || Pièce du métier de tisserand. || Outil de cordonnier. || Axe sur lequel tourne une poulie. || Boulons d'écartement, grandes tringles en fer sous les marches d'un escalier en bois. || Sorte de clous que le relieur emploie.
— HIST. xv* s. Une très belle Bible, à deux fermouers d'argent, dorez, esmaillez de Adam et Eve, et cinqbullons de cuivre dorés sur chaque ais, de laborde, Émaux, p. 170. Un livre de mirouer des dames à deux fermouers de laton hachiez, et cinq bullons de mesmes sur chacune ais, tousplains, id. tb.
— ÉTYM. Boule, à cause de la tête en boule du boulon.
fBOULONGEON (bou-lon-jon) , s. m. Terme de papeterie. Étoffe grossière et de rebut.
BOULONNÉ, ÉE (bou-lo-né, née), part, passé. Poutre boulonnée.
BOULONNER (bou-lo-né) , t). a. Arrêter avec un boulon.
— HIST. xv*s. Une couppe d'argent, dorée, tartinée et boullongnée; une couppe blanche, verrée et boullongnée, de laborde, Emaux, p. <7u.
— ÉTYM. Boulon.
t BOULONN1ÈRE (bou-lo-niê-i") , *■ f- Sorte de tarière.
— étym. Boulon.
t BOULOT, OTTE (bou-lo, lo-t'), adj. Terme populaire. Gros et gras, qui a la forme d'une boule || Substantivement. Un gros boulot. Une petite boulotte.
— étym. Boule.
t BOULURE (bou-lu-r') , *. /. Terme d'horticulture. Rejeton qui pousse sur la racine d'un arbre.
BOUQUE (bou-k'), s. f. || 1* Terme de navigation. Passe étroite. Vieux. || 2° Terme de pêc!:e. Espèce d'entonnoir en filet, qui sépare les chambres des bourdigues.
— HIST. xv* s. Et vindrent à passer devant une bonne ville qui sied à l'entrée de la bouque de la mer majour, Bouciq. I, ch. 32. || xvi* s. Le Tybre croist par les vens austraux qui, souffians droicteri sa bouque près Hostie, suspendent son cours, rab. Sciomachie.
— ÉTYM. Autre prononciation du mot bouche (voy.