‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 223 sur 403 · BOUQUET (bou-k"), s.m.Sorte de grosse crevette · texte numérisé non relu

BOUQUET (bou-k"), s.m.Sorte de grosse crevette

— ÊTYM. Petit bouc, comme la crevette ou chevrette est une petite chèvre.

BOUQUET1ER (bou-ke-tié), s. m. Vase de fleurs.

— HIST. xvi" s. Le jardinage se distingue en potager, bouquetier, medecinal et fruitier, o. de serres, 60). Nous embellirons donc nostre jardin bouquetier, id. 650.

— ÊTYM. Bouquet.

BOUQUETIERE (bou-ke-tiê-r') , s. f. Femme qui fait et vend des bouquets de fleurs naturelles.

— étym. Bouquet.

BOUQUETIN (bou-ke-tin), s. m. Mammifère du genre des chèvres (capra ibex, L.). Corneille est comme les bouqu.uins et les chamois de nos montagnes, qui bondissent sur un rocher escarpé et descendent dans des précipices , volt. Lelt. d'Argental, 25 févr. )763.

— ÉTYM. Ce mot paraît un diminutif de bouc; cependant il est très-probablement pour bouc-eslain, mot dont se sert Belon, i, )3, pour désigner cet animal, et qui est tiré de l'allemand Steinbock,

BOU

de Bock, bouc (voy. ce mot), et Slein, pierre : bouc des rochers.

t BOUQUETON (bou-ke-ton), t. m. Filet à prendre les crevettes.

-- ÊTYM. Bouqitet 3.

t BOUQUETOUT (bou-ke-tou), t. m. Terme de pèch ■. Sorte de filet dont on se sert sur les côtes de Normandie; il a la forme d'une poche et est monté carrément sur un morceau de fer auquel est adapté un manche; il sert particulièrement à la pêche de la crevette.

— ÊTYM. Bouquet s.

fBOUQUETTE (bou-kè-f), s. f. L'un des noms vulgaires du blé sarrasin, dans le Nord.

). BOUQUIN (bou-kin), s. m. || 1" Vieui bouc. Cornet à bouquin, trompe ordinairement faite d'une corne. Quand les voix des onagres répondent au cornet à bouquin qui appelle.... voltaire, Babouc. || 2° Sentir le bouquin, exhaler une odeur de bouc. Allez, bouquin puant, faire l'amour aux chèvres, racan, lierg. Lisimandre, n, 2. Il se serait donné corps et âme à celle que la Rancune lui aurait nommée, tant le bouquin avait la conscience troublée, scarr. Uom. corn. ch. xi. || 3° Satyre, démon. Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bouquin, bêrang. Gotlon. || 4° Terme de chasse. Vieux lièvre ; lièvre mâle ; lapin mâle. || 5" Terme de vétérinaire. Bouquet (voy. bouquet 2).

HIST. xvi* s. Bouquin, maladie ainsi appellée,

parce que la sueur et vapeur des malades est puante comme un bouc, paré, Introd. 21. Et partant acquièrent pourriture et mauvaise odeur, comme la senteur d'un bouc; c'est pourquoy l'on dit qu'ils sentent le bouquin ou Pespaule de mouton, id. xvi, 39. Les espics sont à Cerès, Aux dieux bouquins les forés, bons. 494.

— ÉTYM. Bouc.

2. BOUQUIN (bou-kin), *. m. Vieux livre dont on fait peu de cas. X un si horrible spectacle (il parle de ce pâté que je fis sur son bouquin), mon sang se gela dans mes veines, p. L. cour, i, 70.

— HIST. xvT s. Il faut louer la peine qu'ils ont prise à escrire ce qu'ils avoient trouvé ez bouquins de leurs devanciers, du haillan, Ilist. Préface-

— ÉTYM. Flamand, boecktn, petit livre; de l'allemand Buch, livre. Ètymologie préférable à celle de Génin, qui dit que bouquin a été ainsi nommé à cause de la mauvaise odeur.

t 3. BOUQUIN (bou-kin) , s. m. Petite pièce qui s'ajoute à une pipe et se met dans la bouche. Un bouquin d'ambre.

— ÊTYM. Bouque, pour bouche.

1. BOUQUINER (bou-ki-né), v. n. Terme de chasse. Se dit d'un lièvre ou d'un lapin qui s'accouple ou qui court les hases. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Bouquin ).

2. BOUQUINER (bou-ki-né), V. n. Consulter de vieux livres; chercher des livres d'occasion. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Bouquin 2.

BOIIQUINEIUE (bou-ki-ne-rie) ,s. f. || 1* Commerce de bouquins. || 2" Amas de vieux livres. Au lieu de cette bouquinerie, j'emplissais ma chambre de fleurs, j. i. rouss. Prom. 5.

— ÊTYM. Bouquiner 2.

BOUQUINEUR (bou-ki-neur), s. m. Celui qui s'occupe, qui aime à chercher de vieux livres.

— ÊTYM. Bouquiner 2.

BOUQUINISTE (bou-ki-ni-sf), s. m. Celui qui achète et vend de vieux livres.

— ÉTYM. Bouquin 2.

BOURACAN (bou-ra-kan), s. m. Gros camelot.

— ÊTYM. Arabe, barrakan, de barak, fléchir les genoux pour s'accroupir, en parlant des chameaux; d'où bark, borouk, troupeaux de chameaux, berek , vêtement en poil de chameau (devic).

f BOURAriIER (bou-ra-ebé) , s. m. Ouvrier qui travaille au ras de Gênes et autres étoffes de soie.

—ÊTYM. Sans doute bourre.

t BOURAGNE (bou-ra-gn') ou BOURAQUE (boura-k'), s. f. Terme de pêche. Nasse d'osier faite en forme de souricière.

BOURBE (bour-b'), *. f. Boue qui forme le fond des eaux croupissantes. || La Bourbe, nom d'un hôpital de Paris destiné aux femmes en couches.

— HIST. xii* s. Car en la boe et en l'ordure Et en la borbe de luxure L'avomes nos tôt prové pris, benoît, t. m, p. 6)4. || xv" s. Et passoient aucuns [Anglois] sus les pavois, afin que la bourbe ne les engloutist , froiss. ii, h, 65. || xvi" s. On ne laisse pas de voir le jour à travers ; aussi apperçoit-on aisément la bourbe qui est au fond de l'eau , lanoue ,6)0.

BOU

— ÊTYM. Wallon, borbou, porbou, tondrière; bourguig. et Berry, borbe; bas-bret. bourbou , bourbonnen^ ampoul , ébullition; kymri, berw, bouillonnement. Le ndical est celtique; car on le trouve dans la langue des Gaulois : Borvo ou Barmo, nom gaulois de Bourbon l'Archambaut, à cause des eaux qui y bouillonnent. La bourbe est donc, étymologiquement, une boue telle qu'on y fait bouillonner l'eau en la foulant. En regardant de près, on est porté à croire que le radical celtique berw ou bon est très-voisin du radical latin bull-ire.

t BOURBELIER (bour-bé lié), *. m. Terme de chasse. La poitrine du sanglier.

— HIST. xiv" s. Du bourbelier [chez le sanglier], c'est lenomblet, lîénagier, n, 6.

— ÊTYM. Origine inconnue, à moins qu'on ne suppose que la poitrine du sanglier est dite ainsi de la bourbe, où il aime à barboter.

BOURBEUX, EUSE (bour-beû, beû-z'), adj Plein de bourbe. Rivière bourbeuse. Eau bourbeuse y Qui vit dans la bourbe. Tortue bourbeuse.

— ÊTYM. Bourbe; Berry, borboux.

BOURBIER (bour-bié; l'r ne se lie jamais; au

pluriel 1'* se lie: des bour-bié-z empestés), s. m. || 1° Lieu creux plein de bourbe. Tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. || Fig. Au fond de son bourbier je fais rentrer Fréron , volt. Ép. 83. || 2° Affaire embarrassée, difficile. Je suis dans le bourbier. Il s'est mis dans le bourbier. || Raisonnement d'où l'on ne peut se tirer; obscurité philosophique qu'on ne peut éclaircir. Cette naïveté embarrassait le bonhomme; il faisait de vains efforts pour se tirer de ce bourbier, voltaire, Ingénu, te.

— HIST. xv* s. Et le portèrent en ung boulon ou bourbier, du cange, bullio. |j xvi" s. Et ainsi, visans à mesme but que les premiers, ils se vont souiller en un bourbier semblable, lanoue, 522.

— ÊTYM. Bourbe.

BOURBILLON (bour-bi-llon, Il mouillées, et non bour-bi-yon), s. m. || 1° Amas de bourbe. La Vrilliêre disait de lui [le maréchal d'Estrées] que c'était une bouteille d'encre qui tantôt ne donnait rien, tantôt filait menu, tantôt laissait tomber de gros bourbillons, st-sim. ))4, 265. || 2° Terme de médecine. Corps filamenteux, blanchâtre et tenace, qui existe au centre des furoncles.

— ÊTYM. Bourbe.

f BOURBONNAISE (bour-bo-nê-z') , *. f. Sorte de chanson burlesque accompagnée de grimaces. Quant à c.e vieux papa, ce n'est pas le pérou [allusion au nom de l'acteur Perroult dont il s'agit] ; Mais il peut, au besoin, encor boucher un trou; Et quand de rire un peu le public est bien aise, Il peut lui faire aussi chanter la bourbonnaise, Discours en vers fait sous la Restauration pour une réouverture de l'Odéon.

— ÉTYM. Sans doute le Bourbonnais, d'où l'air sera venu.

t BOURBONIEN, IENNE (bour-bo-niin, niè-n'), adj. Qui a rapport à la famille des Bourbons, qui est attaché à la royauté des Bourbons. || Nez bourbonien, nez arqué qu'on a vu dans plusieurs membres de la famille de Bourbon.

— ÊTYM. Bourbon, fief apporté par Agnès de Bourbon à Robert, comte de Clermont, quatrième fils de saint Louis; mariage duquel est issue la branche de Bourbon.

t BOURBOTTE (bour-bo-f), ». f. Poisson qu'on appelle aussi barbote.

— ÊTYM. Bourbe.

fBOURCER ouBOTJRSER (bour-sé), v.a. Terme de marine. Bourcer la voile, tendre seulement une partie de la voile, pour qu'elle prenne peu de vent. On dit présentement carguer.

— ÊTYM. Bourse, à cause de la forme que prend la voile.

f BOURCET (bour-sè), s. m. Terme de marine. Anciennement voile et mât de misaine. || Aujourd'hui, voile à bourcet, voile au tiers, voile trapézoïde suspendue au mât par un point pris au tiers de son envergure.

— HIST. xvi" s. Ce navire n'eut point plustost appareillé, que ses boursets et pavillons n'ayent esté embrasez par la foudre, d'aub. Ilist. Préf. 6. Le capitaine Arnaud avec sept hommes, en un vaisseau de 35 tonneaux, contrefit le pescheur, n'aiant que son haut bourcet et la misene defrelée, id. Ilist u, 60.

— ÊTYM. Corruption du hollandais boeg zcil, voile de l'avant, de boeg, avant, et zeil, voile, d'après jal.

BOURCETTE (bour-sè-f), s. f. Terme de botanique. Un des noms de la mâche.

— ÊTYM. Bourse; mot à mot, par assimilation, petite bourse.

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