SAINTE-PALAYE
— êtym. Braconner.
BRACONNER (bra-ko-né), v. n. Prendre ou tuer, à la dérobée, du gibier sur les terres d'autrui. Les pauvres gens qui n'auront pas braconné, J. J. rouss. Ém. rv. || Fig. Avoir des galanteries cachées. Gabrielle [la maltresse d'Henri IV] daignait permettre Qu'on braconnât dans son canton, bêrang. Chasse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xin* s. Si filles et filletes se marient et si le dit sire ne les braconne [n'use du droit du seigneur], escheent en deux sols envers le [la] dite seigneurie, du cangb, braconagium.
— êtym. Voy. braconnier; wallon, brakener. BRACONNIER (bra-ko-nié ; IV ne se lie jamais;
au pluriel 1'* se lie : des bra-ko-nié-z audacieux), j. m. || 1* Celui qui braconne. J'aurai bientôt des braconniers à punir, J. J. bouss. Ém. iv. Comment.... ce braconnier? .... c'est pour un braconnier que tu me demandes la place de garde-chasse? Il débute bien! bayard et dumanoir, la Marquise de Prétintaille, scène 2. || Fig. Auprès de ta femme jolie Combien de braconniers voit -on! bérang. Chasse. || 2° Chasseur qui ne ménage pas le gibier et tue le plus qu'il peut.
— hist. xu* s. Braconier maistre en fist li rois Pépin; Les chiens li baille, cil volentiers les prist, Carin, dans du cange, bracco. || xm*s. Li braconier les chiens descopient, Et li brachet au leu [loup] s'acoplent, Et Ysengrin moult se herice, Ren. 122). || xiv" s. Jehan des Chiens, serviteur et braconier de nostre amé et féal cousin Guy seigneur de la Trimouille, bu cange, escorca. || xv's Et que chacun prist sans plus un pain, et le troussast derrière lui, en guise de braconnier, froiss. 1,1, 37.
— étym. Braconnier veut dire, d'après les anciens exemples, celui qui dirige les chiens braques, il vient de braque (voy. ce mot) ; il a pris ensuite le sens détourné qu'il a maintenant.
t BRACTÉAIRE (bra-kté-ê-r') , adj. Terme de botanique. Qui tient de la bractée.
— ÊTYM. Bractée.
t BRACTÉAL, ALE (bra-ktéral, a-1') , adj. Terme de botanique. Qui concerne les bractées. Feuilles bractéales, celles qui avoisinent le plus les bractées et en ont quelques caractères.
— ÉTYM. Bractée.
t BRACTÉATE (bra-kté-a-f) , adj. /cm. Terme de numismatique. Monnaie bractéate, et, substanti\ement, une bractéate, nom de plaques décoratives et de monnaies fabriquées avec une mince feuille de métal, avec un seul coin, et formant relief aux dépens du revers qui se trouve porter le type en creux. On a fait usage de monnaies br?otéates en Allemagne, en Pologne, en Alsace, en Suisse, depuis le m* siècle jusqu'au xiv*. Les piaques décoratives appartiennent à l'antiquité ; cependant on conserve quelques bractéales d'or athéniennes que l'on croit être de petites divisions monétaires.
— êtym. Bractca, feuille de métal.
BRACTÉE (bra-ktée), s. f. Terme de botanique.
Nom de petites feuilles distinctes des autres par leur forme et leur couleur et qui, placées au point d'insertion des fleurs, les recouvrent avant leur développement.
— êtym. Bractea, feuille de métal.
tBRACTÊlFÈRE (bra-kté-i-fè-r'), adj. Terme de
botanique. Oui porte une ou plusieurs bractées.
— êtym. Bradée, et ferre, porter.
t BRACTÉIFORME (bra-kté-i-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de bractée.
— ÊTYM. Bractée et forme.
t BRACTÉOI.AIRE (bra-ktô-o-lê-r') , adj. Terme de botanique. Qui a rapport aux bractéoles.
— ÊTYM. Bractéole.
tBRACTÉOLE(bra-kté-o-l'), s. f. Terme de bo-
BRA
tanique. Petite bractée. || Terme de métier. Feuille ou lame d'or; rognure de feuilles d'or.
— êtym. Diminutif de bractée.
f BRACTÉOLE, ÉE (bra-kté-o-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu de bractéoles.
t BRADYPE (bra-di-p'), t. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de l'animal dit paresseux.
— ÉTYM. BpaW;, lent, et 7toûç, pied.
fBRADYPEFSIE (bra-di-pè-psie), s. f. Terme
de médecine. Digestion lente et difficile. Je veux que vous tombiez dans la bradypepsie, mol. Mal. imag.m, e.
— ÊTYM. Bp«8unei]/ia, de ppaSù;, lent, et •néa- «iv, digérer, proprement cuire (voy. cuire).
t BRADYPODE (bra-di-po-d'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Lesbradypodes, les animaux appartenant à la famille des bradypes ou paresseux.
— ÊTYM. Voy. BRADYPE.
t BRAGUE (bra-gh') , s. f. || 1" Autre forme de braie. Culotte, caleçon. L'écuyer de Darius tint sa main cachée sous ses bragues, p. L. cour, ii, 199. Vieux. || 2* Ancien terme militaire. Partie du bas de la cuirasse. || 3" Terme de marine. Nom de cordages qui retiennent les affûts des canons. || 4° Morceau de bois placé au bout du corps du luth pour en cacher les éclisses.
— ÉTYM. Voy. BRAIES.
1 1. BRAGUET (bra-ghè), s. m. Terme de marine. Cordage destiné à soutenir le poids du mât qu'on veut mettre en clef.
— ÊTYM. Diminutif de brague.
t 2. BRAGUET (bra-ghè), s. m. Voy. brachet. BRAGUETTE (bra-ghè-f) , *. f. Voy. brayette.
— HIST. xv« s. C'est un chasseur sans sa trompe, Sans braguette un lansquenet, bassel. 56.
f BRAHMA (brâ-ma), s. m. La première déité de la triade des Indiens et le formateur du monde. Mais je les convaincrai d'orgueil et d'imposture Ces élus de Brahma.... delavigne, Paria, i, i.
— ÊTYM. Sanscrit, brâhmà, la divine essence du monde; bràhmàn, le dieu Brahma.
BRAHMANE (brâ-ma-n'), s. m. Nom donné aux prêtres formant la première des quatre grandes castes chez les Indiens, et enseignant la doctrine dés Védas ou livres sacrés. || On dit aussi brachmane, brame, bramine.
— êtym. Sanscrit, brâhmSn, homme de la caste sacerdotale, issue de Brahma.
BRAHMANIQUE (bra-ma-ni-k'), adj. Qui appartient, qui a rapport aux brahmanes.
— ÊTYM. Brahmane.
BRAHMANISME (bra-ma-ni-sm'), s. m. Doctrine des brahmanes ou religion des védas.
— ÊTYM. Brahmane.
t BRAHME (bra-m') , *. m. Voy. brahmane.
I. BRAI (brê), s. m. Suc résineux qu'on tire du pin et du sapin. Brai sec, l'arcanson; brai liquide, le goudron ; brai gras naturel, sorte de bitume retiré de Tasphalte; brai gras artificiel, mélange de goudron, de brai sec et de poix grasse.
— HIST. xiii* s. Retraire le bray [fange] de l'yau de Somme, du cange, braium.
— êtym. Provenç. brac, fange; ital. brago; anc. franc, brai, fange;'du Scandinave brâk, goudron, par assimilation entre le goudron et la fange.
t 2. BRAI ou BUAY (brè), s. m. Terme de chasse. Piège pour les oisillons, composé de deux petites pièces de bois.
— ÉTYM. Voy. brail.
f3. BRAI ou BRAY (brè), *. m. Terme de commerce. Escourgeon, orge broyée pour la bière.
— HIST. xm* s. Moudre nostre gru et nostre brais, du cange, brace. || xiv s. Toutes les autres rentes soient en deniers, en blez, en avaines, en brès.... id. bresium. || xv s. Troys molins , dont l'ung nommé le molin braseret n'estoit que à moire braie, grain à brasser cervoise ou goudalle, id. brace.
— ÊTYM. Bas-lat. brace, brexium, sorte de blé (voy. brasser).
i .BRAIES (brê) , ». f. plur. || i° Culotte, caleçon. Tous ces barbares [les Francs] portaient de longues braies, chateaub. Mari. <9(. Vieux en ce sens. || Fig. et populairement. 11 en est sorti, il s'en est tiré les braies nettes, il s'est tiré heureusement d'une mauvaise affaire. Moi, je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes [saines et sauves], mol. les Préc. 12. || 2° Ausing. Une braie, couche ou lange qu'on met aux petits enfants pour les empêcher de se salir. || 3° Terme de marine. Morceau de grosse toile goudronnée que l'on cloue en certains endroits, pour empêcher l'eau d'entrer dans le bâtiment. || 4° Terme de métier. Traverse
BRA
de bois qu'on met sur le pailler d'un moulin à vent. || Morceau de papier dont les typographes garnissent la frisquette de leur presse.
— hist. XIIe s. Après aveitla haire près de la char vestue, Einsi apareillie que ne fust pas veûe, E les braies de haire plus près de !a char nue, Blanches braies desus de teilechier vendue, Jh. le mart. 156. Car les brais de sa haire lui firent si grant mal, ib. 144. Celé a ses braies avalées Qu'ele avoit à ion cul fermées, Ren. 7159. Et puis que n'i ot braie» traites, Ne huis brisiez, ne portes fraites, S'ele m'a chier et ele m'aime, Cil faus jalous de coi se claime? ib. (0997. Et li drois fu tel selonc les usages du païs, que le serjant vint en ma herberje deschaus et en braies, joinv. 288. Par la menaison [diarrhée] qu'il avoit, il li convint le soir couper le fonz de ses braies, ID. 192. || xv" s. Il cueillit en si grand haine son compagnon que, pour lui faire plus grand blasme, il le fit prendre par ses varlets et le fit mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville, froiss. n, m, <7. Et se devestirent là ces six bourgeois [de Calais] en leurs braies et leurs chemises, id. i, l, 32*.
— ÊTYM. Wall, brdie, bandage passant autour du ventre; provenç. braia, braga; espagn. bragas ; ital. brache; du latin braca, mot gaulois d'après le dire des auteurs, qui se retrouve encore aujourd'hui dans le celtique : bas-bret. brages, braies, brôx, jupe; gaél. brigis, briogais, braies. On a là, dan» nos textes, un exemple de brais écrit sans e et monosyllabe, tandis que braie était toujours de deux syllabes.
T 2. BRAIE (brê), s. f. Sorte de muraille servant de retranchement (voy. fausse-braie, au mot faux, adj.).
— ÊTYM. Bas-lat. braca, bracca, digue, levée; anç. franc, bracon, braccon, qui paraît signifier poutre; on ne sait d'où vient braca ou bracon.
f 3. BRAIE (brê), s. f. Terme de pêche. Sorte \e grand entonnoir en filet, que l'on forme au bord de la mer, et que l'on soutient avec des clayonnagei ou des pieux.
— hist. xiv* s. Et que braie à chauce orbe ne queure [ne coure], du cange, brace.
— ÊTYM. Bas-lat. braca, braga; sans doute dite ainsi par assimilation avec les braies, vêtement
t BRAIL (brall, Il mouillées), s. m. Piège pour la chasse aux oiseaux.
—HIST. xii* s. Que si sont pris come oiselet à broi, Gérard de Vienne, 3593. || xm* s. Sise tenront en nostre loi, Tant qu'il nos aient pris al broi, Parton. 9017. || xvi* s. On peut aussi prendre oiseaux par autres manières, comme est au brail àuneguvette, à quoi l'on prend les petits oiseaux, du cange, brenexellus.
— ÊTYM. 11 y a dans le provençal brett, brec, bres, piège à oiseau; ancien français, bret (il eut peur d'estre prins au bret, dans raynouard, Lexique); espagn. portug. et ital. brete. Brail, le baslatin brenexellus, l'ancien français broi', dont brail n'est qu'une autre forme, le dérivé broion qui a le même sens, semblent être de même origine que bret; mais cette origine est inconnue (comp. briller 2).
BRAILLARD, ARDE (bra-llar, llar-d', Il mouillées, et non bra-yar), adj. Qui braille. Enfant braillard. Femme braillarde. || Substantivement Non ,
non, c'est à vous [âne] de parler, X leurs orateurs [des hommes] de se taire; Voilà les vrais braillards, la font. Fab. xi, it. Je fis entendre aux braillards que je soupçonnais quelque autre [du vol du manteau], P. L. 'cour. lett. I, 68. || S. m. Terme de marine. Sorte de petit porte-voix de bord.
— ÊTYM. Brailler.
t BRAILLE (bra-U', Il mouillées), s. f. || i° Terme de pêche. Pelle de bois à l'usage du saleur de harengs. || 2° Terme d'agriculture. Balle du blé séparée du grain.
f BRAILLEMENT (bra-Ue-man, Il mouillées, et non bra-ye-man), j. m. || 1° Cri désagréable de certains aaimaux. Le braillement d'un chien, d'un cheval. || 2* Manière de parler des braillards.
— ÊTYM. Brailler.
t. BRAILLER (bra-llé, Il mouillées, et non brayé), v. n. || 1° Parler d'une voix haute et assourdissante. Cet homme ne cause pas, il braille. || 2" Crier d'une manière importune. Pourquoi braillez-vous si fort? || Substantivement. L'Angeli Ile fou de Louis XIV] dit qu'il n'aimait pas le brailler, volt. Louis XIV, 24. || Familièrement. Mal chanter. Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en choeur à l'Opéra, bérang. Concordat. || 3° Terme de chasse. Se dit d'un chien qui crie sans être sur la voie.
Ma
BRA
BRA
— BIST, un* s. Ains fiert et frape et roille et maille Celé qui brait et crie et braille, laRose, 94) 4. || xvi* s. Son asne voltigeoyt après les elephans la gueule bée, comme s'il brailloyt et, braillant martialement, sonnast l'assaut, rab. Pant. v, 40. Il ne perdra pas l'avoine pour brailler, cotgrave.
— ÊTYM. Bourguig. braillai; picard, brayer; provenç. brailar. Brailler paraît formé de braire (qui avait jadis le sens général de crier), comme criait-' 1er l'est de crier (Yoy. braire).
f 2. BRAILLER (bra-llé, II mouillées), a a. Terme de pêche. Remuer les harengs avec la braille en les saupoudrant de sel.
— ÊTYM! Braille.
BRAILLEUR, EUSE (bra-lleur, leû-z', Il mouillées, et non bra-yeur), adj. Qui braille, qui ne fait ..me brailler. Quel enfant brailleur! Cheval brailleur, ".heval qui hennit très-souvent. || Substantivement. Diable soit des brailleurs! mol. Prol. de la Princ. Et jamais, quelque appui qu'on puisse avoir d'ailleurs, On ne doit se brouiller avec ces grands brailleurs, mol. Mis. il, *.
— ÉTYM. Brailler.
BRAIMENT (brê-man), s. m. Cri de l'âne
— iiist. xiii" s. Tiercelin entent la losenge, Ovre la bouche et giete un bret [cri], Ren «77. Devant eus brait à vois série, À si bas cri merci leur crie, Qu'envis puet l'enoîr le brait, la Rose, 45289. Quant li Turs les coisi [vit], si a un brai jeté, Ch. d'Anl. vi, 782. || xv* s. Si ce n'eust esté la brairie Du costé deversla prairie, Qui disoit : Pierre, quefaictes-voust villon, Arch. de Bag. || x\T s. Nenny ; malgré vostre brayrie Vostre cause perdrez content, J. marot, v, 306. II veut stimuler tant mieux ses vrais serviteurs à prier, quand ils voyent que les crisetbrayemens des gens profanes ne sont pas quelquefois sans profit, calvin, Instit. 690. Chasser aux bois, voiler aux grans prairies, Ouyr des chiens les abbois et brayries, marot, n, 76. Encore que le bray d'vn asne ou la chanson D'vne importune rane ait beaucoup plus de son.... dubell. iv, 83, verso.
— ETYM. Voy. braire. L'ancien français était brait, qui, n'ayant d'autre sens que celui de cri en général, s'applique aussi bien à l'homme qu'aux animaux ; puis sont venus brairie et brayement.
BRAIRE (brê-r'). || 1* F. n. Crier, en parlant de l'âne. L'âne se mit à braire. || Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait. Et puis viens-t'en me braire, Viens me conter ta faim et ta douleur, la font. Jum. Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes, p. L. cour. Lett. n, 83. || 2° Substantivement. Il [l'homme] traite notre rire et nos discours de braire, la pont. Fabl. xi, 5. Le prince de Conti avait un rire qui eût tenu du braire dans un autre, st-sim. 220, 144.
— REM. D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif: braire; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient; du futur : il braira, ils brairont; et du conditionnel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je brais, tu brais, nous brayons, vous brayez ; de même au futur et au conditionnel. Puis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait ; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.
— HIST. xi' s. Et homes braire, contre terre mourir, Ch. de Roi. cclv. Cil d'Ociant i braient et henissent, ib. cclvii. || xn* s. Mort [il] le trébuche sans braire et sans crier, Ronc. p. 62. Que que li felun l'unt féru e detrenchié, E del ferir se sunt durement esforcié, N'aveit brait, ne groni, ne crié, ne huchié, Ne pié ne main n'aveit à sei trait ne sachié, Th. le mart. 4 so. || xm* s. Au temps que les cornoilles braient, Qui por la froidure s'esmaient.... ruteb. n, 66. Cil qui de chanter se fait cointe, commence de rechief a brere, Ken. 7283. Quant les enfans aus Sarrasines breoient, elles leur disoient : tai toy, tai toy, ou je irai querre le roy Richart qui te tuera, ioinv. 275. Grant pitié estoit d'oïr brere les gens parmi l'ost, auxquiex l'en copoit la char morte, id. 237. Il xiv» s. Du car [char] le [la] piourroe [plus mauvaise roue] ot-on bien souvent braire, Baud. de Seb. 1, 1002). H xv* s. Si fut il bien en la porte, toudis huyant et brayant et faisant signe, bien une heure, froiss. ii, m, 43. Tantost fist.... les arbalestriers tirer druement sur celé chiennaille, qui là brayoient comme enragés, Bouciq. 11, ch. 2). || xvi" s. J'ay icy longuement repeu mesyeulx, mais mon estomach brait de maie raige de faim, rab. Pant. v, 31. Les Papistes, contre la défense de l'Apostre, chantent et brayent de langue estrange et incognue, en laquelle le plus souvent ils n'entendent pas eux-
mesmes une syllabe, calv. Inst. 712. Mais comme ilz ne cessassent point pour cela décrier et de braire contre luy, il se meit S leur faire ce compte, amyot, l'hoc. 12. Ils brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes, paré, Anim. 25.
— étym. Normand, picard , wallon , braire, crier, pleurer; provenç. braire, crier. Il y a dans le baslatin bragire, hennir, d'où braire aurait été fait, comme l'ancien français mui're de mugire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais breas, cri, bragain, crier; le bas-breton breûgi, braire; le kymri bragal, crier; le gaél. bragain, crier. X coté de bragire, Diez propose de considérer plutôt braire comme raire (voy. haire) fortifié par un b : b-roi're. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de crier, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'âne.
t BRAIRÈTE (brè-rè-f), s. f. L'un des noms vulgaires de la primevère.
BRAISE (brê-z') ,s.f.\\f Bois réduit en charbons ardents. Une belle braise. La braise donne beaucoup de chaleur. Un cerf dont les chairs n'avaient point encore pétillé sur la braise, chateacb. Natch. h, 89. Il [un génie qui anime et transforme la braise du feu du prisonnier] me fait voir, sur la braise animée, Des bois, des mers, un monde en peu d'instants, bêrang. Feu du pris. || Gigot à la braise, gigot cuit dans une braisière. || Fig. Tomber de la poêle dans la braise, tomber d'un état fâcheux en un pire. Je tombai par malheur de la poêle en la braise, Régnier, Sat. x. Il Passer sur quelque chose comme chat sur braise, se dit pour exprimer qu'on glisse sur un sujet sans oser en parler à fond. Le garde des sceaux parla peu, dignement, en bons termes, mais comme un chat qui court sur la braise, st-sim. 614, 60. Harcourt, qui parla après [d'Estrées] , fut court et de même avis; Noailles parut comme un chat sur braise, id. 426,)B3. || Le rendre chaud comme braise, se venger à l'instant. || Être chaud comme braise, avoir un tempérament ardent. Dans les gardes françaises J'avais un amoureux Fringant, chaud comme braise, Jeune, beau, vigoureux, vadb, Amante abandonnée. || Fig. Être sur la braise , être en proie à une vive anxiété, à une extrême impatience. Il 2° Fig. Ardeur. Si vos yeux sont toute sa braise, Et vous la fin de tous ses vœux, mai.ii.iii,). || Vieux en cet emploi. || Les Calabraises sont noires dans la plaine, blanches sur les montagnes, amoureuses partout; Calabraise et braise, c'est tout un, p. L. courr. Lett. 1, 157. Il 3" Charbons éteints. Braise de boulanger. La braise est très-commode pour allumer le feu. La braise asphyxie comme le charbon.
— HIST. xn* s. Et cil guardad e vit à sun chief un pain quit sur breze, et ewe en unvaissel, Rois, 320. y xm* s. Lors les ont mises sor la brese, Qui des tisons lor fu remese [restée], Ren. 927. En [on] vos deUst ardoir en brese, Si que la poudre en fust ventée, ib. 42878. C'est amor qui soufle et atise La brese qu'il t'a ou cuermise, la Rose, 6424. Li remembrers m'en met la breise Au cuer de fine amor veraie, Roman de la poire.
— ÉTYM. Namurois, brèje; rouchî, bresse; provenç. etespagn. brasa; ital. brada, brascia, bragia; du germanique : flamand brase; ancien allemand, bras, feu, brasen, brûler; suédois, brasa, feu vif; anc. Scandinave, brasa, souder, braser. Il y a aussi dans le celtique (gaélique) brath, conflagration.
BRAISÉ, ÉE (brê-zé, zée), part, passé. Gigot braisé, gigot cuit dans une braisière.
BRAISER (brè-zé) , v. a. Faire cuire de la viande à la braise.
— étym. Braise.
BRAIS1ER (brè-zié; IV ne se lie jamais), s. m. Huche où le boulanger met la braise quand elle est étouffée.
— ÉTYM. Braise.
BRAISIÈRE (brè-ziê-r'), s. f. || 1° Vaisseau dans lequel on fait cuire certaines viandes à la braise. Il 2° Grand étouffoir à braise.
— Etym. Braise.
t BRAISINE (brè-zi-n'), s. f. Mélange d'argile et de crottin de cheval pour tremper l'acier.
— Etym. Voy. braser.
BRAME (bra-m'), s. m. Voy. brahmane.
t BRAMEMENT (bra-me-man), s. m. Action de bramer. On n'y entendait d'autre bruit que le bramement des cerfs, bern. de st-p Paul et Virginie. Le désert ne répétait que les soupirs des vents, le bramement des cerfs et le chant des oiseaux, cbateaubr. Natch. 1, 86. J'écoutais le bruit du vent dans
la solitude, le bramement des daims et des cerfs, n». Itinér. 1" partie.
— ÊTYM. Bramer.
BRAMER (brâ-mé) , v.n. Crier, en parlant du cerf. Dans ce val solitaire et sombre, Cecerf qui brame au bruit de l'eau, Théophile, Œuvres, <" partie,p.449, dans lacurne ste-palate. Il II se conjugueavec l'auxiliaire oeoir.
— HIST. xvi* s. Le plus grand des elephans estoit cheutde travers tout au beau milieu de la porte, où il bramoit et empeschoit de sortir ceulx qui vouloient reculer en arrière, amtot, Pyrrhus , 75. Nous voyons le cerf estant en rut bramer et crier après les biches, paré, xviii, 3. Begayans de voix, et bramans comme asnes, puis hennissans ainsi que chevaux, id. xxm, 44.11s brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes, id. Animaux, 25.
— ÊTYM. Berry, bermer, bremer, crier très-fort; génev. bramer, crier, hurler ; bourguig. braimat, crier; provenç. et espagn. bramar, crier; ital. kramare; paysdeCoire, brammar; du germanique : ancien haut allem. bremanyhollandais, bremmen, mugir ; comparez le grec Ppéneiv. Marot a dit bramer en parlant des bœufs, 1, 3)8, et d'autres écrivains en parlant d'autres animaux.
t BRAMIN (bra-min), s. m. Voy. brahmane.
BRAMINE (bra-mi-n'), s. m. Autre nom des brahmanes (voy. ce mot). Je serais curieux de savoir s'il reste encore quelque trace de l'ancienne langue desbrachmanes ;les bramines d'aujourd'hui se vantent de lasavoir, volt. Lett. Pilavnine, 23 avr. 1760.
BRAN (bran), s. m. || 1° Partie du son la plus grossière. || Bran de Judas, tache de rousseur au visage. Locution vieillie, et qui vient sans doute de ce qu'on se représenta Judas roux. || 2" Bran de scie, poudre qui tombe du bois quand on le scie. Il 3° Matière fécale. || 4° Interjection qui sert à exprimer le mépris. Bran de lui ! Surtout vive l'amour et bran pour les sergents, Régnier, Sat. xi. [| Vieux. Il Proverbe. Faire l'âne pour avoir du bran, se montrer plus simple qu'on n'est réellement pour obtenir quelque chose.
— HIST. xm s. Li talemelier [boulangers] qui sont haubanier sont quites du tonlieu des pors [cochons] qu'il achètent, por tant qu'il aient une fois mangiédeleur bren [son], Livr. des met. 6 Eschalaz, bren, fuerre, tuile, ne doivent point de chaucie, ib. 278. Il xiv's. Pren des deuxvoies la meilleur; Laisse le bren et pren la fleur, bruyant, dans Ménagier, 1. 11 ,p. 17. Chandelle mise en bran se garde souverainement, Ménagier, 11, 6. || xvr s. Vendre à l'enchère autant bren que farine, J. marot, v, p. 216. 11 n'est jour auquel on ne m'ouist gronder en moy mesmeet contre moy: bran du fat! mont, i, 270. Que cherches-tu, mon fils ?— Quelques espoussettes, un miroir, une chaufferette, unmanche de cuillère, du bran de froment [pour la toilette], d'aub. Rœn. m, 4. Nulle peste, nulle guerre, nul ennuy; bren de paourté, bren de souley, bren de melancholie I rab. Progn. Pant. vi. [il] Faisoit de l'asne pour avoir du bran, id. 16. 1, 2.
— ÊTYM. Berry, bren, prononcé brin, ordure; provenç. bren, son; anc. espagn. bren de la farina ; brenno, son dans plusieurs patois italiens; angl, bran; du celtique : gaél. bran ; kymri , bran ; basbret. brenn. Tous ces mots signifient son de farine; et pour le sens d'excrément que bran a aussi en français : gaél. breun; gall. braen, mauvaise odeur.
t BRANCADES (bran-ka-d'), s. f. plur. Nom qu'on donnait aux chaînes des forçats.
— ÉTYM. Branche.
BRANCARD (bran-kar; le d ne se lie jamais : le bran-kar et le malade ; au pluriel l's ne se lie pas : les bi an-kar et les malades ; mais plusieurs la lient : les bran-kar-z et....), s. m. || 1° Litière à bras sur laquelle on transporte un malade ou des objets fragiles. M. de Villeroy se fit emporter sur un brancard à Villeroy, st.-sim. 62, 46. Je disais que je me ferais porter en brancard, du mont Caucase où je demeure, sur les bords de POronte, chez le grand Barmécide, volt. Ifme de Choiseul, )) févr. 4 77).
Formant a la hâte un brancard de verdure,
nous marchons, Et dans ma grotte enfin mourant nous le couchons, lamart. Joc. m, 96. Faisant un brancard de nos bras, 1. J. rouss. Ém. v. || 2° Brancard d'une charrette, deux pièces de bois entre lesquelles est placé le cheval. Cheval de brancard. Mettre le cheval au brancard. || Le brancard d'une voiture à timon et à quatre roues consiste en deux pièces de bois qui joignent le train de devant à celui de derrière, et sur lesquelles porte la voiture. Le brancard d'une berline. En ce sens, on dit aussi les brancards. L'un des brancards est rompu.
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— HIST. xv* s. Icellui Gerart qui tenoit une fourquete en sa main, et le dit Olivjer ung branquiart fgourdin], du cange, branchia. || xvi*s. En une procession où l'on trainnoit par la ville des images des dieux sur des brancarts, l'un des chevaux qui les tiraient, faillit à tirer, amyot, Cor. 40. Les rusches avec les abeilles dedans seront portées par des hommes, non au col, ains avec un brancas, o. de
— Êtym. Branche.
t BRANCARDIER (bran-kar-dié),$. m. || l'Homme de peine qui porte un brancard. En deux ou trois interrogations qu'ils firent au brancardier, scarr. Rom. com. chap. 7. || 2* Cheval qu'on met entre les brancards d'une chaise de poste. On dit aussi mallier.
— êtym. Brancard.
BRANCHAGE (bran-cha-j'), s. m. || 1° L'ensemble des branches d'un arbre. Un branchage touffu. Creuser la terre, faire des huttes de branchages, l. 3. rouss. Orig. 2. Le ciel permit qu'un saule se trouva, Dont le branchage, après Dieu, le sauva, la font. Fabl. i, 4 9. Quand l'hiver se dissout au souffle d'un orage, Tel se penche un sapin de neige tout chargé; L'eau tombe sourdement tout le long du branchage Et serpente en ruisseau sur le sol ravagé, masson, Helvétiens, vu. \\2" Par extension. Le branchage du cerf, son bois.
— hist. xvi* s. Personne estrange du lignage et branchage, Coutumier général, 1. 1, p. 443.
BRANCHE (bran-ch'), ». f. || 1* Bois que pousse le tronc d'un arbre. Petite branche. Branche d'olivier. Menues branches. L'arbre étendait ses branches. Pousser trop de branches. Mère branche, grosse branche d'où sortent plusieurs autres branches. || Fig. De là l'Église étendait ses branches par toute la terre, boss.//ù(. u,7. || Fig. et familièrement. S'accrocher à toutes les branches, recourir à tous les moyens pour sortir d'embarras. Il jure qu'il n'a aucune branche pour se reposer, sêv. 67. || Fig. Sauter de branche en branche, passer brusquement d'un sujet à un autre. || Fig. et familièrement. Se prendre, s'attacher aux branches, s'arrêter aux circonstances inutiles, et négliger l'essentiel. || Etre comme l'oiseau sur la branche, être dans une position incertaine, sans garantie. || Terme de jardinage. Branche gourmande, branche qui prend trop de développement et empêche les branches à fruit de se former. liranches de charpente, celles qui constituent la forme de l'arbre et portent les petites branches et les branches fruitières. Branches coursonnes sur le pêcher, celles qui sont placées entre la charpente et la branche à fruit de l'année. Branche chiffonne, petite branche grêle du pêcher qui a des boutons à fruits dans toute son étendue. Branche à bouquet, très-petite branche sur le pêcher de 2 à 8 centimètres qui porte à son extrémité quatre ou cinq boudons à fruits. Branche à demi-bois, celle qui, étant trop menue pour branche à bois et trop grosse pour branche à fruits, est coupée à deux ou trois pouces de long pour en faire de meilleures soit à bois, soit à fruit, la quintinïe, Jardins, 4r* partie. Dictionnaire. ||2°Par extension. Les branches d'une racine, ses divisions. C'est une racine qui étend ses branches par tous les sens, boss. Comédie. || 3° Par analogie. Tout ce qui peut être compare avec les branches des arbres. Les branches du bois de cerf. Les branches d'un lustre. Lunettes à branches, lunettes qu'on fixe sur le nez au moyen de deux petites branches d'écaillé fondue, de métal, etc. qui s'appliquent le long des tempes. Le chemin se partage en deux branches. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérang. Sciences. || 4° Partage d'un cours d'eau principal. Le Nil se divise en plusieurs branches. || Les branches d'un fleuve, les petits affluents de ce fleuve. || 6° Terme d'anatomie. Les branches d'une veine, d'un nerf, veines, nerfs qui se détachent d'un tronc principal. La grande artère qui envoie ses branches par tout le corps, desc. Méth. 5,6. || Les branches d'une mine, les filons qui dériventdufilonprincipal.||Termedefortification.Les branches d'une tranchée, les boyaux d'une tranchée. Il 6° En termes de généalogie, les familles qui proviennent d'une même souche. Branche aînée; branche cadette. Ils sont issus de deux branches différentes. Jusqu'à ce qu'il eût conduit ses ancêtres de branche en branche jusqu'à Yolande, hamilt. Gramm 4. Le père du maréchal IdeTallard] était puîné de la Tournonet fit sa branche, st-sim.342, 226. La branche qui régnait en France était encore moins en état de disputer l'empire, montesq. Ksp. xxxi, 31. J'étais un conjuré, j'avais entrepris de faire passer la couronne dans uuo t'Hie branche, p. l. cour. Lett.
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il, 76. || 7° Partie, division. Une des branches de la littérature. Les différentes branches de l'administration, du commerce, etc. Les différentes branches des sciences naturelles. Ce fut encore [les pelleteries] une branche de commerce enlevée à Venise, volt. Moeurs, 4 4 9. L'envie de commander est une des branches de l'orgueil, id. Métaph. 8. || 8° Terme d'architecture. Nervure saillante des voûtes gothiques. || 9" Terme de manège. Branche de la bride, chacune des deux pièces de fer courbées, portant l'embouchure, les chaînettes et la gourmette, et attachées d'un côté à la têtière et de l'autre aux rênes. || 10°Terme de marine. Divisions de divers cordagesà l'effet d'agir sur plusieurs points. || ll'Terme d'art militaire. Branche d'armement, certaines parties de l'armement d'uniforme. || 12" Corps d'une épingle. || Partie de la poignée d'une épée. || Tige d'une clef. || Chacune des portions dans lesquellus une chaîne d'étoffe est divisée. || Planche à 1 usage des verriers. || Proverbe. Il vaut mieux se tenir au gros de l'arbre qu'aux branches, c'est-à-dire il vaut mieux s'attacher à celui qui a l'autorité supérieure qu'à celui qui n'a qu'une autorité subalterne.
— HIST. xi* s. Branches d'olive en vos mains porterez, Ch. de Roi. v. || xn* s. Tous jours [il] ama le roi sar. s branche de renart [par allusion aux perfidies de Renart, dans le célèbre poème de ce nom], Sax. xix. Cume li muls vint suz [sous] un grand chaigne e ki mult out branches, une des branches aerst Absalon par la tresce, Rois, 4 86. || xin* s. Et la masenghe [mésange] saut sour une brance, et fu mervelles lie de çou qu'elle fut escapée, Chr. de Rains, 236. Quant le flum vient en Egypte, il jeté ses branches aussi comme j'ai jà dit devant, joinv. 220. || xv* s. Et sachez que nous devons mieux aimer les branches et les membres qui viennent de si vaillant homme [Jacques d'Artevelle] que de nul autre, froiss. ii, ii, ioi. ||xvi*s. Ce bon Bacchus, qui de branches de vigne Guide le cours de tigres attelez, dubell. iv, 6), verso.
— ÊTYM. Picard, branke ; bourguig. brainche; provenç. branca fém. et branc masc; ital. branca ; valaque, brêncê, patte de devant (bas-latin, branca leonis, pied de lion, sorte de plante, dans un texte du xi* siècle). I.ez remarque que branca doit être fort ancien et peut-être même avoir appartenu à la latinité, puisqu'il se trouve dans le valaque, qui fut, de si bonne heure, séparé du domaine de la langue latine. 11 est disposé à le rattacher au celtique : ancien gaél. broc, cornw. brech , qui signifient bras (les branches d'un arbre sont ses bras) ; d'où le bas-breton brank, branche, qui alors n'auraitpas emprunté ce mot aux langues romanes.
BRANCHÉ, ÉE (bran-ché, chée), part, passé. || 1* Perché. Un faisan branché. || Fig. et familièrement. Un mousse branché sur une vergue. || 2° Pendu. Et le trio branché mourut contrit, la font. Orais.
f BRANCHELLIEN, ENNE (bran-chè-liin, liè-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Nom des hirudinées à branchies saillantes.
— ÊTYM. Branchies.
t BRANCHELLION (bran-chè-li-on), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom des vers nus à branchies dorsales.
— ÊTYM. Branchies.
+ BRANCHEMENT (bran-che-man) , s. m. Division en branches, suivant les besoins, des tuyaux qui conduisent de l'eau, du gaz dans les maisons, dans les jardins.
— êtym. Brancher.
BRANCHER (bran-ché). || 1* V. n. Terme de chasse. Percher sur des branches d'arbres. Le faisan, la perdrix rouge, le coq de bruyère branchent. || 2" V. o. Pendre, attacher à une branche d'arbre, jadis on branchait les faux-sauniers. Les faux-sauniers furent battus , leur sel pris, et leurs prisonniers branchés, st-simon, 607, 4 74. || 3° Fig. Partager en branches. Il fallait faire détruire [au roi Philippe IV d'Espagne] son propre ouvrage, la consolation de la fin prématurée de ses grandeurs temporelles, en les laissant dans sa maison qu'il branchait à l'exemple de Charles V, st-sim. si, 63. || 4°Terme de fauconnerie. Donner la première éducation à un oiseau de haut vol. || 5° Terme de plombier. Embrancher une sous-division de tuyaux. On fera passer les tuyaux près de votre maison, et vous pourrez brancher. || Terme de verrerie. Mouvoir la branche dans l'ouverture de la bosse.
— HIST. xvi* s. Force fut au misérable, pour ne k pouvoir plus brancher, de se cacher en terre, yver, p. 626. Le prevost de l'hostel les fist bientost bran- ' cher aux premiers chesnes de la forest, carl. m, 20. Les vignes arbuslives ou branchées, sousteuues des j
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arbres, o. de serres, 4*6. Tant que tige fait souche, elle ne branche jamais, cotgrave.
— ÊTYM. Branche; provenç. brancar, pousser des branches.
t BRANCUETTE (bran -chè-t'),».f. Petite branche.
— hist. xiv* s. Pren deux branchettes, et les fiche parmy les laz contre terre, Modus, f* xlvii, verso. Branchettes fourchées de trois fourchons, Mènagier, n, 5. || xvi* s. Tournelles tissues de laurier, de lierre , de jasmin ou de houblon , dont les branchettes, lentement repliées et tortillées, n'osoient passer leurs bornes défendues, yver, p. 624. Ces meuriers produisent leurs vers jetons, longs, sans branchetes traversantes, o. de serres, 470.
— ÊTYM. Diminutif de branche.
BRANCHE-URSINE (bran-chur-si-n') ou BRANC-
TJRSINE (bran-kur-si-n'), ». f. Nom vulgaire de l'acanthe sans épines {acanthus mollis, L.).
— HIST. xvi* s. Branche-ursine, en latin acanthus; des anciens architectes est venue la coustume d'entailler les feuilles de branche-ursine es chapiteaux des colonnes corinthiennes, pour laquelle cause a esté communément appellée par les Romains marmnlaria, o. deserres, 624.
— ÊTYM. Branche et ourse ; provenç. branca orcina; espagn. branca ursina; ital. branca orsina.
f BRANCHIAL, ALE (bran-chi-al, a-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux branchies. Les veines branchiales. Les arcs branchiaux.
— ÊTYM. Branchies.
fBRANCHIÉ, ÉE (bran-chi-é, ée), adj. Terme de zoologie. Qui est muni de branchies.
— ÊTYM. Branchies.
BRANCHIER (bran-chié), adj. m. Terme de fauconnerie. Oiseau branchier, jeune oiseau qui, n'ayant point encore de force , vole de branche eu branche en sortant du nid.
— HIST. xiv* s. Esprevier branchier, c'est celuy qui est prins nouvellement yssu du nid, et a esté ung peu à soy, Modus, f* xcv, verso. L 'esprevier est dit branchier ou ramage, pour ce que, quant il soit pris, il vole sur les rainceaux ou sur les branches, Ménagier, m, 2. || xv* s. Ouquel bois le suppliant avoit fait une loge de branches de chesne, pour prendre des oyseaulx de proye, ramages ou brauchiers, du cange, branca.
— ÊTYM. Branche.
BRANCHIES (bran-chie), s. f. plur. Terme d'anatomie. Appareil respiratoire des animaux destinés à vivre dans l'eau et à respirer l'air qui se trouve en dissolution dans ce liquide.
— ÊTYM. BpâYX>«T branchies.
f BRANCHIFÈRE (bran-chi-fè-r') , adj. Terme do zoologie. Qui porte des branchies.
— ÊTYM. Branchie, et ferre, porter.
t BRANCHILLON (bran-chi-llon, Il mouillées), ». m. Petite branche.
— HIST. xvi* s. Leurs ver-jetons, n'estans retenus par les branchillons , s'allongeraient par trop, o. de
— ÊTYM. Diminutif de branche.
tBRANCHIODÈLEfbran-chi-o-dè-P), ». m.Terme
d'histoire naturelle. Nom de vers qui ont les branchies visibles à l'extérieur.
— ETYM. Branchies, et Syjaoc, visible.
f BRANCUIOGASTRE (bran-chi-o-ga-str'), ». ni. Terme d'histoire naturelle. Nom de crustacés à branchies ventrales.
— ÊTYM. Branchies, et yas-rrip, ventre.
f BRANCHIOPNONTE (bran-chi-o-pnon-f) , ». n». Terme d'histoire naturelle. Nom des animaux invertébrés qui respirent par des branchies.
— ÊTYM. Branchies, etTtvsîv, respirer.
f BRANCHIOPODE (bran-chi-o-po-d'), s.m.Terme d'histoire naturelle. Nom de crustacés qui ont les branchies aux pieds.
— ÊTYM. Branchies, et noô;, itoêo;, pied.
t BRANCUIOSTÈGE (bran-chi-o-stè-j') , adj.Tenne d'histoire naturelle. Qui recouvre les branchies. Membrane branchiostège. || S. m. Les branchiostèges, poissons cartilagineux qui ont une membrane branchiale sans opercule.
— ÊTYM. Branchies, et utéyeiv, recouvrir, protéger.
t BRANCUIOSTOME (bran-chi-o-sto-m'), s. m. Terme d'anatomie. Ouverture par laquelle les branchies communiquent au dehors.
— ÊTYM. Branchies, et orou-a, bouche (voy. stomatite).
t BRANCHIS (bran-chi), ». m. Terme de fauconnerie. Billot sur lequel on fixe l'oiseau de proie que l'on veut élever.
— ÊTYM. Branche.
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BRANCmJ, DE (bran-chu, chue), adj. || 1* Qui a beaucoup de branches. Un arbre branchu. || 2* Fig. Offrant deux branches, deux alternatives. Croyezvous que cette idée [d'accepter ou de n'accepter pas les honneurs qui lui sont offerts] branchue , et affreuse dans l'une et dans l'autre de ses deux branches, ne l'effrayera pas [le comte de Toulouse] ? stsim. 5to, 28S. || 3" Canard branchu, espèce de canard. Les canards branchus, les linottes bleues brillent dans la verdure des arbres, chateaub. Voy. Amérique, 398.
— HIST. xni* s. Un freisne [elle] vit lé et branchu, E mult espès e bien ramu, marie, Frêne. Mes il n'orent gères erré Qu'il ont levé un cerf branchu De quatre branches et menbru, 7îcn. 2S34S, Ormes i ot branchus et gros, Et avec ce charmes et fos [hêtres], la Rose, 1367. || xvi* s. L'érable est tout branchu, depuis la racine jusques aux branches, falisst, 28. Le millet-sarrazin a le tige branchu. o. de serres, MO.
— ÊTYM. Branche; provenç. braneut.
f BRANC-URSINE (bran-kur-si-n'), ». f. Voy.
BRANCHE-URSINK.
f BRAND (bran), s. m. Dans l'armement du moyen âge, grosse épée qu'on maniait à deux mains.
— hist. xi' s. Sanglant en ert li branz entresqu'à l'or, Ch. de flo/. LOTI. |f xn- s. Et par maistrie fti ses ver brans fonduz, Roncisv. p. 64. Il tient l'espée, dont bien trenche li brant, Raoul de C. 178. Il ïin" s. En son poing [il] tenoit le brant fourbi d'acier, Berle, xix. Jà te verras tôt detrenchier; Ne vois-tu ci mon branc d'acier? lien. 2(820. || xiv* s. Ançois se défendirent aux bons asserez brans, Tant que de nous occirent trois escuiers vaillans, Guescl. 1G276. || xvi* s. Luy secouant au poing un brand armé de doux, X la poincte d'acier, qui tranchoit des deux bouts, rons. 839.
— ÉTYM. Provenç. bran, brenc; ital. brando; de l'anc. haut allemand, brant, tison; ancien Scandinave, brandr, épée; le nom de tison ayant été donné à l'épée par une métaphore facile à comprendre.
BRANDADE (bran-da-d'), s. f. Terme de cuisine. Préparation de la morue à la provençale, avec de la crème, de l'huile et de l'ail.
— Etym. Probablement brande 2 , à cause de la vive saveur de l'ail.
1. BRANDE (bran-d'), s. f. || 1° Sorte de bruyère qui croît dans les campagnes incultes. || 2" Lieux incultes où croissent ces arbustes. 11 s'égara dans une brande.
— HIST. xv* s. Le suppliant s'en alla droit à certaines brandes appartenant à son père, du cange, branda. || xvi* s. Le prince donna au comte d'Hohenloo six troupes de cavalerie d'environ six vingt chevaux, pour au grand trot gagner parles brandes le costé de l'armée qui marchoit, d'aub. Hist. m, 441. Ainsi que j'allois de Xaintes à Maresmes, passant par les brandes de St-Sorlin, palissy, 46. Deux paysans furent trouvez dedans les brandes ou guarrigues, qui là s'estoient musse* de peur, M. do