BELL. 40Ï
— ÊTYM. Bas-lat. branda. Origine inconnue, à moins qu'on ne suppose que le radical soit le même que dans le provençal brandar, remuer, et le français brandir.
t 2. BRANDE (bran-d'), s. f. Terme de marine. Sorte d'artifice pour les brûlots.
— ÊTYM. Allem. Brand, embrasement.
BRANDEBOUBG (bran-de-bour), s. m. |[ 1" Ornement en broderie ou en galon sur un vêtement. Une robe garnie de brandebourgs, J. J. rouss. Conf. n. || 2° S. f. Autrefois, casaque à longues manches. || 3" Espêcede pavillon ou berceau de jardin. J'ai fait faire deux petites brandebourgs pour la pluie, l'une au bout de la grande allée dans un petit coin du mail, l'autre au bout de l'infinie; il y a un plafond, j'y ai fait peindre des nuages, sév. 445.
— ÊTYM. Brandebourg . nom d'une province d'Allemagne, qui fut donné d'abord à une sorte de casaque, a cause que les gens de l'électeur de Brandebourg, lors d'une invasion en France dans l'année (•'M, portaient des casaques de ce genre.
t BRANDERIE (bran-de-rie) , s. f. Se dit dans quelques prorinces pour usine où l'on fait de l'eaude-vie.
— ÊTYM. Allem. Brand, brûlement.
BRANDEVIN (bran-de-vin), s. m. Eau-de-vie de
vin. Encore eût-il fallu qu'il [le bourreau] eût été ivre de brandevin, volt. Dial. xxiv, 3.
— ÊTYM. Allem. Branntwein, de brennen, brûler (voy. brandon), et Wein, vin (voy. vin).
BRANDEVIN1ER, 1ERE (bran-de-vi-nié , niê-r") ,
s. m. et f. Celui, celle qui vend du brandevin à la troupe, et aussi, dans quelques provinces, celui qui labrique de l'eau-de-vie.
— ÊTYM. Brandevin.
BRANDI, IE (bran-di, die), part, passé. L'épée brandie d'un bras vigoureux. || Tout brandi, c'est-àdire comme la personne ou la chose se trouvent. Le seul Ragotin n'avait plus envie de rire, et sa colère s'était tournée contre l'Olive, qui le porta toutbrandi, comme on dit à Paris, sur le lit que faisait la servante, scarr. Rom. com. n, ch. 7.
f BRANDILLE (bran-di-U' , Il mouillées), t. f. Terme de charpentier. Se dit de trous faits dans les chevrons pour y mettre des chevilles.
— ÊTYM. Brandir.
BRANDILLE, EE (bran-di-llé, liée, Il mouillées, et non bran-di-yé), part, passé. La corde brandillée par cet enfant.
BRANDILLEMENT (bran-di-lle-man), s m Mouvement de ce qui est brandillé.
— ÊTYM. Brandiller.
BRANDILLER (bran-di-llé, Il mouillées, et non bran-di-yé). || 1* V. a. Agiter deçà et delà. || 2° V. n. Un vieux linge brandillait à une branche d'arbre. || 3° Se brandiller, v. réfl. Se mouvoir, s'agiter en l'air sur une corde, une escarpolette, etc.
— SYN. brandiller, branler. Ce qui distingue ces deux verbes, c'est que l'un est un diminutif et l'autre ne l'est pas. Aussi brandiller a-t-il toujours un sens ou de plaisanterie ou d'ironie ou de dénigrement, sens qui est tout à fait absent de la signification de branler.
— HIST. xin* s. Mais moult fu durement lassés Que des cops que del brandeler, Ren. 18647. || xv s. Et doit estre là lance avant brandelée de fort bras, qu'elle soit lanciée ; car elle perce mieux, eten donne plus grant coup, christ.de pisan, Charles V, n,27, || xvi' s. L'autre, ayant esté accusé de peculat, a esté vu brandiller à une potence dans un tableau , sully, dans le Dict. de dochez.
— ËTYM. Brandir.
BRANDILLOIRE (bran-di-Hoi-r1, Il mouillées, et non bran-di-yoi-r') , s. f. || 1" Balançoire lormée avec une corde ou des branches. Peu usité. ||2* Sorte de charrue sans avant-train.
— ÉTYM. Brandiller.
BRANDIR (bran-dir) , v. a. || i8 Agiter dans sa main avant de lancer ou de frapper. Brandir un javelot, une épée. Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent, bérang. Carabas. || Frg. Puis, quand ce trône ose brandir son foudre. De vieux fusils l'abattent en trois jours, bérang. Adieu chansons. \\ 2" Terme de charpentier. Arrêter, affermir, au moyen d'une cheville, deux pièces de bois l'une contre l'autre.
— HIST. xi* s. [La lance] Par tel air estroussêe et brandie, Ch. de Bol. lv. [Il] Empeint [empoint] le bien, fait lui brandir le corps, t'6. xci. [Il] brandist son cop, et li Sarrazins chet, t'6. cxvi. || xii* s. Par tel vertu [il] l'a [la lance] crolée et brandie, Ronc. p. 33. X tant s'en torne, s'a son escu saisi; Ce fut mervelle, quant il nul n'en feri, Et ne porquant s'ot il l'espieu brandi , Raoul de C. 87. ||xm*s. Lors vint un vilein o sa lance ; Si li refet une envaïe, As deux meins l'a forment brandie, Parmi le cors le volt ferir, Ren. 21858. Et Franchise qui bien s'en cuevre, Brandistla hante de sa lance, Et contre le vilain la lance, la Rose, 15546. || xiv* s. Eau se bat contre feu ; contre eau Feu brandist et fouldre et carreau, Trait. d'Alchim. 142. || xvi* s. Elles n'ont que la guerre empreinte en leurs courages, Le brandir de la pique, et do bienmanierSurle sablon poudreux un beau cheval guerrier, rons. 844.
— ÊTYM. Brand; provenç. brandir et brandar; espagn. et portug. brandir; ital. brandire. Brandir, c'est agiter comme un brand, comme une épée.
1. BRANDON (bran-don), s. m. \\ 1° Bouquet de paille enflammé, dont on se sert pour s'éclairer. || 2° Débris enflammé qui s'échappe d'un incendie. Des brandons du bûcher qui va le mettre en cendres Embrasons les palais de ces fiers conjurés, volt. Mort de César, m, 8. || Fig. Les brandons de guerre civile. Des factions.... Il éteint le dernier brandon, v. hugo, Odes, ii, 7. L'intolérance est presque éteinte; Qui rallumera ses brandons? bérang. Mort du diable. || 3° Dimanche des brandons, le premier dimanche de carême, ainsi dit à cause de l'habitude de porter, en ce jour, des brandons allumés.
Danse des brandons, sorte de danse rustique ou plutôt course dans la campagne avec des brandons, à l'occasion de certaines fêtes. || 4" Un brandon de glands, un bouquet de glands. Inusité en ce sens. Son rabat [de Mascarille] se pouvait appeler un hon-
nête peigneir, et ses canons semblaient n'être faits que pour servir de cache aux enfants qui jouent à cligne-musette; un brandon de glands lui sortait de sa poche comme d'une corne d'abondance, Récit en prose et en vers de la farce des précieuses, Paris,
— HIST. xm* s. Nus baudroyers ne puet ne ne doit ouvrer entre les brandons et la saint Rémi, puisque complie est sonée à Nostre-Dame, Liv. des met. 225. Et vous baignerés en l'estuve Où Venus les dames estuve; Bien sai, le brandon sentirés, (a /{ose, 12957. Bel-Acueil, qui sentit Pater [chaleur] Du brandon, sans plus delaier M'otroia ung baisier en dons , Tant fist Venus et ses brandons, t'6. 3484. Ele tint ung brandon flamant En sa main destre, dont la (lame A eschauffée mainte dame, t'6. 3434. Par nuit obscure a tel clarté Qu'il n'estuet [n'est besoin] à nul garçon Porter lanterne ne brandon, FI. et Bl. 1828. || xiv* s. Olivier de Clisson venoif moult puissamment X falos, à brandons, 0 lui hommes cinq
cent, Guescl. 21749 Deable d'enfer issirent, par
maistrie, Getans brandons de feu, pour lui faire hasquie, Baud. deSeb. v, 10. Le dimenche que l'en dist des premiers brandons, du cange, brando. Comme il soit de coustume de faire chascun an, le jour des brandons, après soupper, feux aux quels les bonnes gens ont accoustumé d'eulz assembler, m. t'6. Et en sa dextre main tenoit Un dart qui bien estoit ferré, Et en l'autre avoit un brandon De feu que gettoit grant randon, machault, p. 15. || xvr s. Devant l'image [de] Cupido Brusloit le brandon de détresse, marot, i, 175.
— ÊTYM. Bas-lat. brando; provenç. brando ; anc. catal. 6randd; espagn. blandon, torche; de l'allem. Brand. feu, incendie, de brennen, brûler; angl. lo burn.
2. BRANDON (bran-don), s. m. Morceau d'étoffe, et maintenant, d'ordinaire, paille tortillée au bout d'un bâton et plantée aux extrémités d'un champ pour indiquer qu'il est saisi. || Saisie-brandon, acte par lequel un créancier fait saisirles fruits, pendants par branches et racines, des biens de son débiteur
— HIST. xv* s. Faire exécution ou mettre un brand sur chacune personne, du cange, brando. || xvi* s. Un seigneur censuel peut procéder par voye d'arrest ou brandon sur les fruits pendans par les racines, Coustumier général , t. i, p. 186.
— ÉTYM. Bas-lat. brando, brandeum, brandium, sorte de voile qu'on mettait sur les terres saisies; ital. brandone, lambeau, et, par contraction, brano; anc. espagn. brahon, morceau d'étoffe. 11 y a dans l'ancien français braion, dans le provençal bradon, braion, braon, qui signifient le gras des chairs, le fessier (anglais brawn, partie charnue), et qui viennent de l'ancien haut-allemand brdto, accusatif 6rdtun, brdton, partie charnue , mollet; Diez croit que de ce sens on est venu à celui de lambeau de chair et puis lambeau d'étoffe; une pareille dérivation parait très-douteuse. On peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que brand, brandon, est un substantif dérivé de l'ancien verbe brander, contracté de brandeler (voy. branler), une chose qui brandillé pouvant sans peine se dire d'un morceau d'étoffe fixé à un pieu ou bâton.
BRANDONNE, ÉE (bran-do-né, née), part, passé. Terre brandonnée.
BRANDONNER (bran-do-né), v. a. Terme de pratique. Planter des brandons aux extrémités d'un champ dont la récolte est saisie.
— HIST. xiv* s. Nous avions tout droit d'y saisir, braudonner, sceller, du cange, brando. || xv* s. Le quel sergent dit au suppliant, qu'il avoit brandonné ses vignes à la requeste d'un nommé Acart, id. t'6.
— ÊTYM. Bas-lat. brandonare (voy. brandon 2). f BRANÉE (bra-née), s. f. Boisson préparée avec
du son, pour les porcs que l'on engraisse.
— ÊTYM. Bran.
BRANLANT, ANTE(bran-lan,Ian-t'), ad;'. || 1° Qui branle, qui n'est pas stable. Une poutre branlante. Avoir la tête branlante. || Fig. Château branlant, chose peu solide, personne qui n'est pas ferme sur ses jambes. Cet enfant commence à marcher, mais c'est un château branlant. Il en était au lit [d'une opération au pied], quand nous sommes arrivés; il marche présentement, mais c'est comme un château branlant, sév. 68. || 2° Branlant, s. m. Anciennement, croix sans coulant terminée en pendeloque.
— HIST. xiv* s. Pour la façon d'un char branlant qui doit se faire pour madame la duchesse d'Orléans, de laborde, Émaux, p. 20S. || xv* s. Et si enay ung autre [parement] qui est de satin cramoisy tout semé de branlans [clinquants] d'or, Jeh. de Saint.
BRA
ch. 23. H xvi* s. Faisans au reste des courses si branslantes, que l'on pensoit à toute heure qu'ils deussent tomber, carl. vu, 25.
BRANLE (bran-l'), s. m. || 1° Mouvement d'un corps qui va tantôt d'un côté tantôt de l'autre. Le branle d'une cloche. Sonner en branle, donner aux cloches tout le va-et-vient qu'elles peuvent avoir. X l'église c'était grande cérémonie, cierges allumés, faux-bourdon, procession, cloches en branle, P. l. COUB. i, 268. [0 mer!] je ferme au branle de ta lame Mes regards fatigués du jour, lamart. Iléd. u, 2). Elles ont dû se mouvoir du même branle que la matière du ciel, desc. Monde, 9. Tout est dans un branle perpétuel et par conséquent tout change, font. les mondes, 6* soir. Ainsi de notre espoir la fortune se joue, Tout s'élève ou s'abaisse au branle de sa roue , corn. Illus. comique, y 5. Qu'à son gré désormais la fortune me joue, On me verra dormir au branle de sa roue, boil. Éptt. v. || Terme de physique. Espace parcouru par le régulateur d'une pendule dans une oscillation. || 2" Fig. Impulsion donnée à une chose. Je demande quel moteur a donné ce premier branle à la machine de l'univers, fén. Exist. 8t. C'est la cause secrète qui donne le branle à tous ces mouvements qui cesseraient aussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes, pasc. Prov. is. Il faut avouer que l'ordre de notre naissance donne presque le premier branle à celui de nos destinées, KkSS.ViUars. Je vais donner le branle et pousser à la roue, tristan, Marianne, h,
4 ce que je me propose Pourrait déjà donner un
grand branle à la chose, baron, ï Andrienne ,m ,9 . Ce sont eux qui donnent le branle à la réputation, mol. lesPréc. <o. Luther donne le branle à ces mouvements, boss. Var.i. La France commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe , id. le Tell. L'imprudence, la coutume, le respect humain, la cupidité, sont les grands ressorts qui donnent le premier branle aux diverses destinées des hommes, mass. Carême, Vocation. Si nous remontions jusqu'à celui de leurs ancêtres qui donna le premier branle à l'infortune de sa postérité.... id. Carême, Enfant prodigue. 11 donnait le branle et le mouvement à tout, id. Villeroy. Claudius penchait tantôt d'un côté et tantôt d'un autre selon le branle qu'on lui donnait, perrot d'abl. Tacite, 339. Mlle de Grignan donnera un branle à vos résolutions, sév. 441. || Familièrement. Être en branle, se mettre en branle, être, se mettre en mouvement pour faire une chose. Mettre quelqu'un en branle, lui donner le branle, le mettre en train, en disposition d'agir. || 3° Espèce de danse. Le branle ou branle gai est le nom générique de toutes les danses où un ou deux danseurs conduisent tous les autres, qui répètent ce qu'ont fait les premiers. Le grand-père et le cotillon sont des branles. 11 y a ou plutôt il y avait des branles sérieux; ceux qu'on donnait aux bals de Louis XIV, et qui sont décrits dans le Maître à danser du sieur Rameau , étaient fort graves. || Branle de sortie, retraite forcée et précipitée qu'on est obligé de faire en quittant un lieu ou une personne. Danser un branle de sortie. Et que, quand on se frotte avec les courtisans, Les branles de sortie en sont fort déplaisants, Régnier, Sat. xi. || Fig. Mener le branle, ouvrir le branle, commencer le branle, c'est-à-dire donner le premier exemple d'une chose, être le chef d'une association d'intérêt ou de plaisir. || Être fou comme le branle gai, comme branle gai, être d'une gaieté excessive. || L'air sur lequel on danse un branle. || 4" Lit des matelots, ainsi nommé à cause qu'il est suspendu. On dit aujourd'hui hamac. || 5° Terme de manège. Branle de galop, mouvement que fait le cheval pour prendre le galop, ou action qu'il conserve dans cette allure. || 6° Terme de fauconnerie. Vol de l'oiseau, lorsque , au-dessus de la tête du fauconnier, il tourne en battant des ailes et en remuant la queue. || 7» Mâchoire d'étau.
— hist. xv« s Le pays d'Angleterre estoit en
branle et en différend l'un contre l'autre , froiss. u, u, 4. Les gens de pied dudit duc ne fuyrent point, si en furent-ilz en quelque bransle, comm. vi, 6. || xvi" s. Si vous avez prins garde au bransle des quatre saisons, mont, i, 86. Nous sentons nostre corps agité au branle de nos imaginations, id. i,92. Ceux qui donnent le bransle à un estât [qui le trou- Went], id. i,I2). Iray je songer au bransle du monde [1 ordre, U construction] 1 id. i, )74. Aymer mieulx tumber une fois, que de demeurer tousjours en branle, id i, 25). Il apprenoit à danser aux chambrières de leansles branles de Gascogne, marg. JVout). xxvm. Il amena le premier à la cour les branles du iaut Barrois, carl. vi, 37. Ils se mirent à chanter
BRA
force branles de Poitou, yver, p. 573. Le troisième [ est une barre faite en pince par un bout et par l'autre en douille, pour loger un pau, avec lequel elle a plus de branle, d'aub. Hist. il, 372. Ce que vous ferez dans une heure donnera bon ou mauvais branle à tout le reste de votre vie, et vous fera roi ou rien, id. t6. m, )84. Les prebstres de St Medard avoyent sonné leurs cloches à tout bransle, condé, Mémoires, 612.
— ÊTYM. Voy. branler; bourguig. branne, sorte de danse.
BRANLÉ, ÉE (bran-lé, lée), part, passé. Un javelot branlé par le bras qui va le lancer. Sa tête branlée à chaque nouvelle demande.
BRANLE BAS (bran-le-bà), s. m. || 1* Terme de marine. Action de détendre les branles ou hamacs, pour se disposer au combat. Faire branle-bas, c'est ôter non-seulement les branles, mais tout ce qui est sur le gaillard et dans l'entre-pont, et le jeter à fond de cale, pour se disposer au combat. || 2" Familièrement, bouleversement. C'est un branle-bas dans cette maison. \\Âu plur. Des branle-bas.
— ÉTYM. Branle, bas.
BRANLEMENT (bran-le-man) , *. m. Mouvement de ce qui branle. Branlement de tête.
— hist. xiv* s. Les mouvemens du corps ou les doubteus branlemens des javeloz et des armes, bercheure, f° t5. || xvi* s. Toute la noblesse qu'avoit avec lui le Prince, estant tombée malade du branslement, et non pas lui, ce ne furent que conseils tendans à esquiver ou le mal de mer, ou le péril du combat, d'aub. Hist. u, 296. Si le branlement des dents vient par coups ou cheutes, paré, xv, 27. Les Athéniens ne tiraient que dards, flesches et traicts, dont le branlement des vaisseaux tardoit et empeschoit le droit fil, amïot, Nicias, 45
— ÉTYM. Branler.
t BRANLE-QUEUE (bran-le-keue), s. m. Nom vulgaire de la bergeronnette ou de la lavandière. \\Au plur. Des branle-queue.
BRANLER (bran-lé), v. a. || 1° Mouvoir d'avant en arrière, faire aller deçà et delà. Branlant le dard dont il le voulait percer, fén. Tél. xvi. Cette tête que je branle n'est point assoupie, desc. Méd. I. || Fig. Tant que je branle le menton, tant que je mange, c'est-à-dire tant que je vis. Oh! tu seras ainsi tenu pour un poltron. — Soit, pourvu que toujours je branle le menton, mol. Dép. amour, v, ). || Branler la tête, hésiter, ne pas accéder. Je branlais la tête à chaque somme, hamilt. Gramm. 3. || 2° V. n. S'incliner de côté et d'autre Nos destinées, Des
Alpes et des Pyrénées Les sommets auront fait branler, malh. vi, 8. Il y avait une fois une reine si vieille, si vieille que sa tête branlait comme les feuilles que le vent remue, fén. xix, 3. Ma dent branle, sév. 378. Dents.... Oui, durant qu'il fait vent, branlent sans qu'on les touche, Régnier, Sol. xi. Faites que tout le ciel branle à votre cadence, id. Sot. ix. || Fig. Rien n'est juste de soi; tout branle avec le temps, pasc. Vrai bien, 4. Quelque terme où nous puissions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte, m.dans cousin. Les hommes qui ne branlent presque que par des secousses, id. Imag. 1. 1| Branler dans le manche, ou au manche, se dit d'un instrument qui n'est pas solidement emmanché; et figurément, être menacé dans sa position, dans sa fortune, etc. || 3* Se remuer, se mouvoir. Ne branlez pas de là. On leur a dit qu'il ne faut pas branler, ni aller et venir, sév. 65). Je pense qu'elle s'attendait que je dusse lui céder ma place ; je lui devais une incivilité de l'autre jour, je la lui payai comptant, et ne branlai pas, id. 27. La Bretesche avait défenses eipresses de branler , quelque combat qu'il entendît, st-sim. 47, 60. || Fig. Ces écoliers n'osent branler devant le maître. 11 y allait de la vie à branler tant soit peu sous le commandement du général, boss. Bist.m, 6. || 4° Menacer de se révolter. On viendra dire qu'une province s'est révoltée et qu'une autre branle, balzac, Avis écrit. Toutes les provinces qui branlent déjà, ne se déclareront-elles pas? retz, h, 300. || Proverbe. Tout ce qui branle ne tombe pas, se dit pour exprimer qu'une chose qui n'est pas solide peut durer, qu'une personne qui est maladive peut vivre longtemps.
— HIST. xi* s. Quant l'oït Guenes, l'espée [il] en a branlie, Ch.de Roi. xxxvi. De son espieu la hanste [il] en a branlée, ib. ccxl. || xii* s. Lors [il] commença son tinel [massue] à branler, Bat. d'Alesclians, 51)9. Tant espié fort branler et paumoier, llonc. p. 58. || xiii* s. Roonel mot ne respondi; Qar il ne pot, que trop l'estraint Li laz, et dant Renart L'empaint Par les piez et le fet branler, fie». 24767.
BRA
Tant par est la bataille fors, Lombart commencent à branler; Car il ne porent mais souffrir, guill. de palerme. Tuit li crestien en branlèrent, Hist occid. des croisades, t. u, p. 3)2. || xiv* s. Quant le Breton les vit, le cheval va brochant, L'escu mist en chantel, la lance va branlant, Guescl. )6828.|| xv's. Et se tenoient cils à cheval pour reconforter les batailles qui branleraient, fboiss. i, i, 92. Marne l'ensaint; les haulz bois profitables Du noble parc puet l'en veoir branler, e. desch. Le bois de Vincennes Et branloient toutes nos enseignes comme gens quasi desconfitz, comm. n,2. || xvi's. Louis Sforce, sousqui avoit si longtemps bransle toute l'Italie, on l'a veu mourir prisonnier à Loches! mont, i, 66. Nostre ame ne branle qu'à crédit, serve et captive soubs l'auctorité d'aultruy, id. i, 46). La profession des pyrrhoniens est de bransler, doubter et enquérir, id. u, 230. Le soleil bransle, sans séjour, sa course ordinaire, id. ii, 26). Le ciel et les estoiles ont bransle 3oooans; tout le monde l'avoit ainsi creu, id. u, 329. Tout ce qui branle ne tumbe pas, id. iv, 86. Je ne veulx pas que vous le poussiez, ny le bransliez; mais seulement ne le soubstenez plus, ru. iv, 363. Ayant quelque temps branlé [dansé] à la lourdesque, yver, p. 573. L'armée n'esloit point encore tournée en fuitte à val de roupte, mais bransloitdesjà et estoit en grand desarroy, amyot, Pclop. 60. Les eschelles branloient et plioient sous le faix, m. Aratus , 9. Le peuple, voyant Legouverneur armé à l'Etape et au Martroy, branloit pour la pluspart à se jetter de son costé : mais.... d'aui.. Hist. i, 134. Il jugeoit à leur mouvement, s'ils branloient ou marchoient résolus, id. ni, 286. Les dents branlent par la relaxation des gencives, paré, xv, 27.
— ÊTYM. Bourguig. brarmot; forme dérivée de brandir (comme brandiUer) , par l'intermédiaire d'un brandeler, contracté en branler. On trouve en effet brandeler : Targes, banieres, penonceaux,Selonc ce que les nés [vaisseaux] brandelent, En mil parties i fretelent, c. guiart, t. u,p. 359; et même brander : Tute la terre brande, pensez del espleitier, i. fantosme, Chron. 958.
f BRANLETTE (bran-lè-f), s. f. Terme de pêche. La seconde des trois pièces d'une ligne.
— ÊTYM. Branler, à cause du branlement de cette pièce de la ligne.
BRANLOIRE (bran-loi-r'), s. f. || 1° Planche qui , en équilibre, sert à deux personnes placées au bou< pour s'enlever tour à tour. || On dit plus souvent aujourd'hui une balançoire, et, dans le langage très familier, un tape-cul. || 2° Levier garni d'une chair. de fer qui meut le souffletd'une forge. || Grandchàssis fixé au plancher du séchoir dans un atelier de teinture. || 3° Terme de fauconnerie. Un héron est à la branloire quand, s'élevant très-haut, il tourne en agitant ses ailes.
— HIST. xvi* s. Le monde n'est qu'une bransloire perpétuelle, toutes choses y branslent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramide.» d'Egypte, et du bransle publicque et du leur; la constance mesme n'est autre chose qu'un bransle plus languissant, mont, m, 256.
— ÊTYM. Branler.
BRAQUE (bra-k'),s. m. \\ i° Race de chiens propre à la chasse, ayant le poil ras et les oreilles pendantes Cette race a pour variétés le chien courant et le basset. || 2° Un étourdi, un écervelé. C'est un braque. || Adjectivement. Cet homme est braque.
— HIST. xii* s. Bradiez aveit fet demander, En bois voleit aler berser, flou, )49)0. || xm* s. Qui remire la bêle chace Que fere soliiez jadis, Les vos braches entrer en trace, Çà cinq, çà sept, çà neuf, çà dix, ruteb. 89. Et ces ostoirs [autours] crier el ces braques glatir, Chans. d'Ant. v, 44). Li braconier les chiens descopient, Et li brachet au leu [loup] s'acoplent, Ben. )222. [Labiche] Par l'abai des bracez sailli, marie, Gugemer. || xv* s. Et le daulphinluy donna deux très beaulx braches, à colliers d'or et belles laisses, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 44.
— ÊTYM. Provenç. brac; espagn. braco; ital. bracco; de l'anc. haut allem. braccho, chien de chasse. Une des formes qui sont dans l'historique est brachet, diminutif de braque. Dans le provençal et le vieux français, le nominatif est brac, et le régime bracon, d'où braconner.
BRAQUÉ, ÉE (bra-ké, kée), part, passé. Pointé vers. Les canons braqués contre la ville. Des enfants d'Uranie un essaim curieux, D'un tube de cent pieds braqué contre les cieux, Observait les secrets du monde planétaire, volt, i" Discours. \\ Tenant constamment les yeux braqués sur cette femme.
BRA
BRAQUEMART (bra-ko-mar), s. m. Épée courte et large.
— HIST. xrv* s. Pcrrotavoit pendu un bazelaireou bergamanàsa ceinture, du cange, bragamardus. Le dit Camus geta un grant coustel que l'en dist bragamas, contre la teste du dit Huchon, id. ib. Qui tenoient tous entre leurs mains Bagamars et grant gisarmes, id. ib. || xv s. Un grant coustel d'AUemaigne, nommé bracquemart, id. braquemardus. Ainsi que François se retourna, ce bastard, qui estoK un fort varlet, lasche parmi la teste un coup d'un bracquemart si pesant, que il le pourfendit jusques aux dents, et l'abattit tout mort à terre, froiss. h, m, 3«. || xvi' s. Et avec son grant braquemart frappoit sur ces fuiarts à grant tour de bras sans se feindre ni espargner, rab. i, 44. Prenant un braquemard de chasse qu'il portoit pendu, D. Flores de Grèce, f° vu, verso.
— ETYM. Bas-lat. braquemardus, bragamardus. On tire ce mot de ppocyù;, court, et [lâyaipo, épée; mais, outre qu'on ne voit pas les intermédiaires par où ce mot grec serait arrivé, les formes diverses ne sont pas favorables à cette hypothèse. Grandgagnage voit, dans la première partie de braquemart, le wallon braket, grand sabre, brakète, épée courte, qu'il rapproche du bavarois brâchsen , sorte de serpe, et par mépris, épée. Le rapprochement avec le wallon est plausible. Braquet était aussi en usage, même au commencement du xvn* siècle; par exemple : Lui voulant faire quelque mal pour avoir sa revanche, il l'appela à soi, et lui demanda à tenir un petit braquet qu'il portait au côté; Collinnt l'ayant tiré du fourreau, le seigneur le prit.... Francion, liv. vi, p. 237.
BRAQUEMENT (bra-ke-man) , s. m. Action de braquer.
BRAQUER (bra-ké), «. a. || 1" Diriger un canon, une lunette du côté d'un objet. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter s'apprêtant à lancer son foudre] , Sur le front couronné par nous.... De la candeur c'est le sourire, De la bonté c'est l'oeil si doux; Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluets? bérang. Bluets. || 2° Fig. Braquer ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose, les tenir arrêtés sur quelqu'un, sur quelque chose.
— HIST. xvi* s. Il braqua si à propos une couleuvrine, que.... mont, i, 4». La ville prise, ils braquent leurs pièces contre le chasteau, et tirèrent
plusieurs volées, cari., i, 39 Et que les cano-
niers ne se lassent de tirer incessamment, sans bracquer ny myrer, mais seulement a coups perdus et en ruyne, id. v, 25. Et quand [Charles-Quint à Metz] environné de tant de gonfanons , Fit braquer tout d'un rang centpieces de canons , RONS.Poëme*, liv. i.
— ÉTYM. Génev. branquier; bourguig. braiquè; d'après Diez, de l'ancien Scandinave brdka, qui signifie affaiblir, mettre dessous; le sens laisse du doute sur cette étymologie, et on ne saisit pas bien l'enchaînement entre mettre dessous et diriger. Il y a dans l'anglais brake qui signifie la poignée d'une pompe ; le mot aurait-il passé de la marine dans le langage militaire? enfin, comme le mot est récent, faudrait-il y voir un verbe formé de braque, avec la signification de chercher, pointer?
t BRAQUES (bra-k'), s. f. plur. Les pinces de l'écrevisse.
—ÊTYM. Brachium, bras.
t BRAQUET (bra-kè), s. m. Espèce de petits clous dont les paysans se servaient pour ferrer leurs souliers.
— ÉTYM. Braquet a aussi signifié poignard (voy. braquemart, à Pétymologie).
BRAS (l's se lie: un bras arrondi, dites : un bra-z arrondi), s. m. || 1° Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras. Qui a de bons bras. Être emporté dans les bras. Il le prend entre ses bras, fén. Tél. vu. Mentor tenait Télémaque serré entre ses bras, id. Tél. xii. Il vous tend les bras pour vous embrasser, m, Tél. xiv. Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre, corn. Nicom. i, t. || Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie. || Donner le bras, mettre son bras au bras de quelqu'un. Viens aux champs fouler la verdure, Donne le bras à ton amant, bérang. Champs. || Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre, il Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne. || Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras pour passer d'une pièce dans une autre, pour faire une promenade, une course, etc.
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|| Avoir les bras retroussés jusqu'au coude, avoir la manche du vêtement retroussée. || Familièrement. Gros commele bras, se ditpour exprimer une flatterie qui consiste à donner à quelqu'un avec affectation, en lui parlant, un litre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros commele bras. || Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce. || Familièrement. Les bras m'en tombent, ma surprise est extrême. || Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage. || Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire. Mais je le laisse aller après un tel indice, Et demeure les bras croisés comme un Jocrisse, mol. Coc. imag. 4 6. || Faire les beaux bras, se donner de grands airs. || Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas. || Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection; l'inviter à approcher. Rome tend les brasà César, boss. Hist. i, 9. La Sicile De là nous tend les bras, boil. Eptt. i. Par cette conduite accommodante ils tendent les bras à tout le monde, pasc. Prov. 6. Ainsi je tends les bras à mon libérateur, id. Juifs, 4 9. || Tendre les bras, implorer du secours. Le pape, à qui Charles Martel était nécessaire , lui tendait les bras, montesq. Esp. xxxi, n. || Arrêter, retenir le bras de quelqu'un , à quelqu'un , l'empêcher de frapper ; et, figurément, arrêter sa colère , sa vengeance. || S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras; et, figurément, avoir son appui. || S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage mystique, mettre son espoir aux choses temporelles. || Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié. Elle fut reçue à brasouverts de sonmari.SEV. 422. Cette flatterie m'est si agréable que je la reçois à bras ouverts, id. 442. Un oncle qui la chérissait lui fut enlevé au moment où elle l'attendait, les bras ouverts, à son retour d'Egypte, dider.Bsî. s. Claude, liv. n. || Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé. Au diantre tout valet qui vous est sur les bras, Qui fatigue son maître et ne fait que déplaire X force de vouloir trancher du nécessaire , mol. Fdch. i , 4 . Il y a des gens pressants qu'on a sur les bras, sév. 221. Tu m'as abandonné dans un grand embarras; Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras, regnard, le Légat, m, 4. || Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé. Nous n'aurions plus qu'une affaire sur les bras, balz. lie. i, lett. 7. Il fallut songer aux grandes affaires qu'il avait sur les bras, sév. 144. Il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras,iD.4 4 6.Je me trouvai une violente affaire sur les bras, volt. Scarmentado. || Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié. Voudriez-vous, madame, vous opposer à une si sainte pensée, et que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras? mol. D. Juan, i, 3. Qui en choque un se les attire tous sur les bras, id. ib. v, 2. Et je me jetterais cent choses sur les bras, id. Mis. v, 4. || 2° Embrassement, sein, giron. Il le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras. Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... rac. Brit. iv, 3. || Fig. lise jeta dansles bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. Il s'arrachait des bras du sommeil. Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil, malh. vi, 4 6. Le dieu que vous servez vous adopta pour fille, Vous êtes dans ses bras, il parle à votre cœur, volt. Zaïre, iv, 4. Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras, rac. Athal.m, 3. Hippias se jette entre les bras de Darius, boss. Hiat. i, 8. Rome est contrainte de se jeter entre les bras des Français, id. ib. m, 7. J'ai horreur de mes péchés; je me jette entre les bras de votre infinie miséricorde, fén. xvra, 483. Dieu, appuyant les fausses religions par des miracles, jetait l'univers entre les bras de ses ennemis, volt. Mœurs, Oracles. || 3° Fig. et poétiquement, amour, mariage, union. Vous veniez de mon front observer la pâleur Pour aller dans ses bras rire de ma douleur,, rac. Andr. iv, «. Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre ! corn.
Poly. n, 2 Voir tout ce que j'aime entre les
bras d'autrui , id. Sertor. m, 2. On l'allait mettre entre les bras d'un rustre, la font. Mandr. || 4° Personne qui travaille. Campagnes qui manquent de bras. || Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail. || 5° Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. Il n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit,
travaille pour lui L'un est votre cœur si
l'autre est votre bras, rotr. Vencesl. i, 4. Il se-
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rait désormais le bras droit de notre monarque, boss. Honn. 3. Les conseillers d'État se portèrent a chasser la Berlips et le prince de Darmstadt, de haine pour la reine et pour ses deux bras droits, st-sim. 84 , 55. || 6" Fig. Force, courage guerrier. Un
bras victorieux Je n'ai point de bras Quand il
faut conserver ce qui ne vous plaît pas, corn. Cid, v, 4. Trois sceptres à son trône attachés par mon bras, id. Nicom.i, 4. Remettez à leurs bras les communs intérêts, id. Cinna, i, 2. S'il avait comme lui son bras à mon service, id. D. Sanche, n, 4. Je vous offre mon bras, rac. Ândr. i, 4. || 7" Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines sont sous le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer. Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur, mass. Temples. Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui, rac. Esth.i, t. || Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique. Dérober un coupable au bras de la justice, corn. /for. v, 3. || Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'influence. || 8* Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras. || Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer. || 9° Sorte de chandelier à une ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré. Deux bras d'argent. || 10° Dans le langageanatomique, région du membre antérieur ayant pour base l'humérus. || Membre thoracique des animaux invertébrés, ou seulement son premier article. || Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou. || Les bras d'une baleine, ses nageoires. || Bras du polype, ses tentacules. || Bras de l'écrevisse, ses pinces. || Les bras du Scorpion, constellation. || 11° Ce qui est configuré en forme de bras. Les bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siège à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balauoe, les deux parties qui sont de chaque côté du point. || Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point d'appui et le point d'application des forces. || Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil. || 12° Terme de géognosie. Rameau de montagne qui, dépassant le pied général de la chaîne, s'avance dans la plaine. || 13° X bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine. Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras, volt. Dial. iv. On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre, id. Moeurs, 4 52. Il fallait porter la caisse à bras jusqu'à une certaine distance, 1. 1. rouss. Conf. ni. || X force de bras, même sens. Ils montèrent le canon à force de bras. || X tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras. || Xbras raccourci, sans quartier. Frapper à bras raccourci. || 14° X bras-le-corps, loc. adv. Par le milieu du corps. Il le prit à bras-le-corps. || 15°Bras dessus, bras dessous, Joe. adv. En se donnant le bras. Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi; monseigneur lui embrassa les genoux; le roi lui dit: ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre, sev. 488. Bras dessus et bras dessous, S'en vont Colin et Colette, bérang. Bon ménage. || Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité. || S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d intimité. Je commence par vous embrasser bras dessus, bras dessous, montesq. Lettre 54. || Proverbe. Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, c'est-à-dire il n'a point de discrétion, il abuse.
— HIST. xi* s. Donc perdreit Charles le destre braz du cors, Ch. de Roi. xliv. X bras se prenent ambedeus pour luter, ib. clxxxi. || xii* s. S'il aveient talent [désir] de guerre, Dès or en unt toz pleins les braz, benoIt, n, 8723. Entre ses bras nulle fois ne gisrez, Bonc. p. 82. Sur la jointe du bras où il 1'» assené, ib. p. 4 95. Et ses beaus bras et son cors ba et gent, Couci, v. Mais [ils] n'i voient riens qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton, ib. n. Ses deus fils [il] vitocire as bras de sa moillier, Sax. xi. Quant il furent caeit [tombés] andui el brac, Gérard de Ross. p. 360. || xiu* s. Et pristrent port devant le palais î'empereour Alexis, qui ert apelés Calcidoines, et fu encontre Constantinoble de l'autre part du bras devers la Turkie, villeh. LXii.La duchoise, sa suer, entre ses bras la
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prent, Berte, IX. Nus boutonier no puet faire boutons qu'il ne soient bien soudé etloialment, c'est à savoir li (lui bras de la queue, et li boutons en milieu oniement, It't>. des met. )86. Et se apostume avient, si convera tantost sainier de l'autre brac, alebrant, f° )2. Une ewe ki desuz cureit; Ilraz fu de mer, hafne [havre] iaveit, marie, Gugemer. Au tiero jor devant l'avesprer, [ils] Parvinrentàunbrac de mer, FI. et BJ. 150). Assez près de Damiete trouvâmes un flum qui issoit de la grant rivière) et fut ainsi acordé que l'ost séjourna un jour pour boucher le dit braz, par quoy en peust passer, joinv. 2) o. Là le rescourent le connestable de France et plusieurs des serjans le roy avec li, qui le ramenèrent par les bras jusques à son paveillon, id. 8)8. || xiv* s. [Celui qui porte le faucon] doit tenir son brach et son poing ferme, Modus, Plxxvih, verso. || xv* s. Et saillent de terre, et embrassent un homme par derrière, et le tirent jus; car ce sont trop fortes gens de bras, froiss. m, iv, 42. Et en pensant mainteffoiz m'est advis Que j» vous tiens entre mes bras, m'amye, ch. d'orl. Bail. )î. Bel Acueil print Jeunesse par le bras, in. ib. i. Puis passeront Gauloys le bras marin ; Le poure Anglet destruiront si par guerre, E. desch. Bail, sur laproph.de Merlin. Voyant soy estre l'ung des bras principaux du royaulme, o. chastel. Citron, du duc Philippe, lntrod. Girard et Conrard se prindrent à bras , et s'en vont voir leurs chevaux, louis xi, Nouv. xxvi. lien avoit tout au long du bras et autant qu'on en pourrait entasser à toute force au cœur d'un amoureux, id. ib. xxxiii. Si se tourna tost devers lui et le print à bons bras de corps, id. ib. xliv. || xvi» s. Elle passa un lacet de sa robe dans l'un des bras de sa chaize, mont, m, )53. Comme les galères des Barbares eussent environné les isles tout à l'entour, et l'issue du bras de Salamine, amyot, Arist. 2). lise feit porter par ses serviteurs dedans une littiere à bras, jusques au sénat. Ses gendres et ses enfants, le prenant par dessoubz les bras, le conduisirent au dedans, id. Pyrrh, 39. Pionniers, oharpentiers et autres telles gens de bras, id. Lucull. 49. Comme nous avons dit en la fracture du petit bras [avant-bras] l'os qui demeure entier sert à son compagnon, pare, xiii, 23. Comme l'on fait es boutiques des marchands, par l'aune, la cane, le bras, et semblables, o. DR serres, )). Et à grands tours de bras forcez moy la marine, Bandez vous au travail, rons. 844. il jette la pierre et cache le bras, cotgrave.
— ÊTYM. Bourguig. brai; picard, bros, wallon, bres'; provenç. bratz ; eatal. bras; espagn. braso ; portug. braço; ital. braccio; du latin brachium, grec Ppaxfwv. Dans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel ; de là vient 1'* que nous y mettons.
t BRASE (bra-z'), s. f. Dans les arts chimiques, synonyme de charbon.
— ÉTYM. Voy. BRAISE.
BRASE, ÉE (bra-zé, zée), part, passé. Un fusil brasé, fusil auquel on a remis une pièce par le brasement.
fBRASEMENT (bra-ze-man), ». m. Action de braser.
). BRASER (bra-zé), v. a. Joindre deux pièces de fer, d'acier ou de cuivre l'une avec l'autre par une soudure particulière où entre du borax, et que l'on fait fondre sur un brasier ardent.
— HIST. xu* s. Ainsi fu la cité brasée Et destruite et essilliée, Brut dans lacurne ste-palaye. || xvi* s. Moy trop heureux qui , vivant dans la flame De Cupidon, suis consommé et ars, Sentant braser dedans mon corps une ame Par un doux ris, par de friands regards, pasquier, Menophile, p. 76, dans lacurne