MIE
BRE
et verdier. C'est un oiseau jaune de la grosseur d'un moineau.
f BREBIAGE (bre-bi-a-j') , s. m. Terme de féodalité. Droit qui se prenait sur les moutons.
— HIST. xiv's. Item il a es dites fermes brebiage de tiers an en tiers an, du cange, berbiagium.
— ÊTYM. Brebis.
f BRKBIETTE (bre-bi-è-f), s. f. Diminutii de brebis.
— HIST. xii* s. Ne volt nient prendre de ses bues ne de ses brehiz, mais fist prendre la berbeiete al poure home, Rois, <58. ||xin* s. Si vous di que les berbietes Ne des herbes ne des floretes James tant brouter neporront, la Rose, 20)75. || xv* s. Mes moutons et mes brebisettes, Se je les perds, je suis honni, froiss. Pastourelle.
— ÊTYM. Diminutif de brebis.
BREBIS (bre-bi ; Vs se lie : les brebis et les loups, dites : les bre-bi-z et les loups), s. f. || fFemelle du bélier. Ce matin une brebis frappée S'est de la main du prêtre et du temple échappée, mair. Sophon. v, 4. || Fig. En langage ecclésiastique, un chrétien sous la conduite de son pasteur. Pouvez-vous croire que j'abandonne mes chères brebis? boss. Lett. abb. 272. Il Une impure breb:3 séparée d'Israël, un chrétien infidèle à sa foi. || C'est la brebis du bon Dieu, c'est une personne tout à fait inoffensive. || Faire un repas de brebis, manger sans boire. || Une brebis galeuse, une personne qu'on évite, qu'on rebute, soit par de justes motifs, soit par prévention. || 2* Sommier de bois d'un pressoir à cidre. || Proverbes. Brebis comptées le loup lesmange,il ne suffit décompter, il faut veiller. || ï brebis tondue Dieu mesure le vent, c'est-à-dire Dieu proportionne les épreuves à notre faiblesse. || Brebis qui bêle perd sa goulée, c'est-à-dire en parlant beaucoup on perd le temps de manger ou d'agir. || Faites-vous brebis, le loup vousmange, ou qui se fait brebis, le loup le mange; c'est-à-dire ceux qui ont trop de bonté, trop de douceur, encouragent les méchants à leur nuire. || Brebis trop apprivoisée, de trop d'agneaux est tetée,
COTGRAVE
— HIST. xi" s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs u vaches u porcs u berbis, Loti de Guill. 6. || xii* s. Ne remist buef ne vache, ne chapuns ne geline, Cheval, porc ne berbiz ne de blé plaine mine, Th. le mart. 120. || xui's. Si que j'en ai les brebis grasses, Et li pastour auront les maigres, Combien que ce mot lor soit aigres, la Rose, H 404. D'un leu [loup] raconte qui jadis Vit un corbel qui fu assis De sor le dos d'une brebis, bu cange, berbix.
— ÉTYM. Berry, berbis, barbis; picard, berbis; provenç. berbilx; ital. berbice; bas-lat. berbix, dans les plus vieux textes ; de vervex, bélier. On cite, dans Pétrone, une forme berbej:, mais douteuse. Chiftlet remarque que ['s ne se prononce pas, même devant une voyelle ; cela a changé.
t BRECCIOLAIRE (brè-ksi-o-lê-r'), adj. Terme de géologie. Oui appartient aux brèches contenant des débris d'ossements ou autres dépôts.
— ÉTYM. Brèche, par l'intermédiaire de l'italien breccia.
BRÈCHE (brè-ch'), s. f. || 1" Ouverture faite à un mur, à une haie. Il faut réparer les brèches de cette clôture. || 2* Terme de guerre. Ouverture faite aux remparts d'une place assiégée. Les Normands firent brèche et donnèrent trois assauts, volt. Mœurs, 26. Essex monte à la brèche où combattait d'Aumale,iD. Henr. vi. Voici déjà la seconde fois qu'il est sorti de Paris par une brèche, balz. Liv. m, Lett. 7. Restait cette redoutable infanterie de l'armée espagnole dont les gros bataillons, semblables à autant de tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute, boss. Louis de Bourbon. || Battre en brèche, tirer avec de l'artillerie contre une muraille. || Fig. Battre en brèche un argument, l'attaquer, le ruiner. Battre en brèche quelqu'un, attaquer sa réputation, sa position. || Par extension. La légion chrétienne ouvre une large brècfie dans les rangs des barbares, chateaub. Mart. 207.... || Fig. Flèche Assez forte pour faire en mon cœur une brèche, Régnier, Dial. Dans ces omissions et dans ces oublis il se fait une brèche au discours, et la pensée s'enfuit par cette ouverture qu'il fallait fermer, balz. .Entretien 29. ||3° Cassure au tranchant d'une lame. Faire une brèche, des brèches à un couteau. || Familièrement. Faire une brèche à un pâté, l'entamer. || 4° Fig. Perte, dommage, tort. Il a fait une brèche à sa fortune, cela ne fera pas brèche au capital. Mais aussi gardezvous d'oublier votre faute; Et comme elle fait brè-
che au pouvoir souverain.... corn. Ificom. n, S. Si nous perdons Philisbourg, il sera difficile de réparer cette brèche, sêv. 286. Réparant les brèches que le temps avait faites à leur discipline, flécii. Lan». C'est déjà faire une brèche considérable au système ordinaire, fonten. Oracles, Bref. || 5° Le sommet d'une montagne, lorsqu'il est ouvert et comme séparé en deux parties. || Brèche de Roland, ouverture dans une muraille de montagnes, aux Pyrénées, qui ressemble à une brèche, etque la légende attribue à un coup d'épée de Roland. || 6° Terme de géologie. Marbre noir, mêlé de taches blanches et jaunes, qu'on tire des Pyrénées et d'autres lieux et qui prend un fort beau poli : ainsi dit parce que la brèche d'où on le tire a donné son nom au marbre qu'on en tire. || Réunion de pierres agglutinées dans un ciment naturel ; quand ces fragments sont ronds, comme des cailloux roulés par les eaux, on en appelle la réunion des pouddings; si, au contraire, ils sont les débris anguleux de pierres plus grandes, on les nomme brocatelles. || Brèche osseuse, brèche où il y a des ossements. Les fentes des rochers de Gibraltar , de Cette, de Nice etd'autres lieux des bords de la Méditerranée, sont remplies d'un ciment rouge et dur qui enveloppe des fragments de rochers et des coquilles d'eau douce avec beaucoup d'os de quadrupèdes, la plupart fracturés: c'est ce qu'on a nommé des brèches osseuses, cuvier, Révolutions, p. 337. || 7° Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer directement la balle dans le dedans, près des encoignures.
— hist. xiv* s. Ou regarde les bresches où les bestes puent [peuvent] mieulx passer, M odus , f" lx , verso. || xv* s. J'aime mieux n'estre point en taverne en défaut Que suivre un capitaine à la bresche, à l'assaut, basselin, xix. || xvt* s. Le sort a de quoy ouvrir cent bresches à la pauvreté au travers de nos richesses, mont, i, 314. Je ne faisois bresche à cet bourse, m. i, 316. La muraille estoit si mauvaise, que cela fit 120 pas de toutte brèche, d'aub. Uisi. m, 43. La place , qui ne valloit rien, fut attaquée à demie brèche et sur un commencement de parlement, m. ib. m, 250. Avant bresche raisonnable ils donnèrent en vain un premier assaut, id. ib. m, 250.
— ÉTYM. Picard, brèke; provenç. bercar, ébrécher ; espagn. brecha; ital. breccia; angl. breach; de l'anc. haut-allem. brecha, action de briser, patois breke, chose rompue; suisse, brèche, chute de pierrailles. 11 y a aussi dans le kymri brég, rupture. Le xvi* siècle avait brecher, faire brèche.
BRÈCHE-DENT (brè-che-dan) , adj. Qui a perdu une ou plusieurs dents de devant. Cet enfant , cette petite-fille est brèche-dent. || Substantivement. C'est un brèche-dent. C'est une brèche-dent. || Au plur. De3 brèche-dent.
— étym. Brèche, dent.
BRECHET (bre-ché; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. Nom donné à la crête saillante et longitudinale qui se trouve à la face externe du sternum des oiseaux. || Familièrement. Avoir mal au bréchet, avoir mal à l'estomac.
— HIST. xiv* s. La pointe du coustel lui entra en corps en la partie de son ventre, en lieu qu'on dit bruschet ou environ, du cange, brucus. Ce que l'on dit la poitrine d'un bœuf, l'en dit le brichet d'un mouton, Ménagier, u, 4. ||xvi* s. Les os du brichet sont unis ensemble par symphyse , paré,
— ÉTYM. Angl. brisket, poitrine d'un animal; du kymri brysced , brisket, même sens; bas-bret. bruchet, poitrine; Breton de Vannes, brusk, estomac d'animal. D'après Ménage on prononçait brichet à Paris.
t BRÉCHIFORME(bré-chi-for-m'), adj. Terme de géologie. Qui a la forme, l'apparence des dépôts trouvés dans les brèches. Débris bréchiformes.
— ÉTYM. brèche et forme.
t BRÉCIN (bré-sin), s. m. Terme de marine. Cordage pour hisser et amener une vergue. || Corde attachée à un croc, et servant à monter de la cale ou à y descendre divers petits objets. || On trouve aussi bressin et bercin.
— ÊTYM. Holl. bras, brécin; angl. brace; allem. brassen ; island. bras.
t BRÉDA (bré-da) , s. m. Terme de marine. Sorte de palan court muni d'un croc.
t BRÉDALER (bre-da-lé) , V. n. Faire du bruit en parlant du fuseau d'un rouet à filer, quand il est percé d'un trop grand trou pour la broche.
— ÉTYM. Origine incertaine; le picard et le rouchi ont berdaler, gronder entre ses dents, qui est sans doute le même que brédaler, et peut-être a le même radical que bredouiller.
BREDI-BREDA (bre-di-bre-da), loe. adrerb. Avec précipitation et confusion. Il nous a raconté tout cela bredi-breda. || Expression tout à fait familière.
— HIST. xvi* s. Bredi-breda taribara, oudin.
— ÊTYM. Ce mot paraît être une onomatopéo burlesque.
BREDINDIN(bre-din-din), s. m. Terme de marine. Palan moyen dont on se sert pour enlever de médiocres fardeaux.
f BRÉDIR(bré-dii), v. a. Terme de métier. Assembler deux pièces de cuir avec des lanières au lieu de fil.
— ÉTYM. Origine douteuse ; peut-être est-ce uno forme de brider.
fBRÊDISSAGE (bré-di-sa-j'), s. m. Action de brédir.
— ÊTYM. Brédir.
BRÉDISSURE (bré-di-su-r'), s. f. Terme de médecine. Impossibilité d'écarter les mâchoires par l'adhérence de la partie interne desjoues avec les gencives, à la suite d'ulcérations de ces parties.
— ÉTYM. Brédir.
t BREDOUILLAGE (bre-dou-lla-j', «mouillées, et non bre-dou-ya-g') , s. m. Paroles bredouillées. La duc de Guiche se submergeait en bredouillages et en plongeons jusqu'à terre, st-simon, 509, 244.
— ÊTYM. Bredouiller.
BREDOUILLE (bre-dou-U', Il mouillées, et non bre-dou-ye),s. f. || l'Termedu jeu de trictrac. Marque indiquant qu'on a pris de suite tous les poinU qui forment un trou ou tous les trous qui font la partie , sans que l'adversaire ait marqué ou des points ou des trous. La bredouille des points se marque avec un double jeton, quand l'adversaire a pris quelques points au début du trou ; et celle des trous avec un petit drapeau, quand l'adversaire a pris quelques trous au commencement de la partie. || 2° L'avantage qui en résulte, qui est que les trous ou la partie sont gagnés doubles. Petite, grande bredouille; avoir la bredouille: être en bredouille. Gagner une partie bredouille. Être bredouille, perdre la partie bredouille, être complètement battu, comme être capot au piquet; et figurément, revenir, sortir bredouille, c'est avoir fait une démarche sans succès, et en parlant des chasseurs, n'avoir rien tué. Bredouille, ainsi le diable s'en alla, piron, dans son conte de Dagobert. || Se coucher bredouille, se coucher sans souper. || Fig. Dire à quelqu'un deux mots et une bredouille, ne pas lui dissimuler ce qu'on a sur le cœur. Peu usité.
— HIST xvi* s. Bredouille, traduit par l'anglais lurch, cotgrave. Être en bredouille, être ivre, id. Ma petite bredouille, mon petit drôle, terme de nourrice, id.
— ÉTYM. Sans doute mot que le trictrac a emprunté à bredouiller.
BREDOUILLÉ, ÉE (bre-dou-llé , liée, M mouillées, et non bre-dou-yé) , part, passé. Un discours bredouillé.
BREDOUILLEMENT (bre-dou-lle-man, Il mouillées, et non bre-dou-ye-man), s. m. Action de bredouiller. M. de Bailli vient de sortir; il vous fait cent mille bredouillements, mais de si bon cœur que vous devez lui en être obbgée, sév. 482.
— ÊTYM. Bredouiller.
BREDOUILLER (bre-dou-llé, U mouillées, et non bre-dou-yé). || 1° V. n. Avoir une prononciation précipitée et par cela même peu distincte. Mme de la Baroir bredouille d'une apoplexie; elle fait pitié, sév. 282. Ces deux médecins de Molière, l'un qui allongo excessivement les mots et l'autre qui bredouille, ne laissent pas d'observer également la quantité, d'oliv. Prosod. franc. || 2* V. a. Il me bredouilla l'autre jour mille protestations, sév. 302. J'entends Théodecte de l'antichambre; il grossit sa voix à mesure qu'il s'approche.... il ne revient de ce grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sottises, la bruy. 5. De plus en plus étourdis d'une scène si extraordinaire, ils bredouillèrent ce qu'ils purent, mais sans rien promettre, st-sim. 263, 44.
— ÊTYM. D'après Diez, de l'ancien français brédir, bresdir, hennir; provenç. braidir, crier, qui parait être une dérivation de braire; étymologie douteuse. Génin, Récréât, t. i, p. 280, propose la particule péjorative bre ou ber, et douille, gonflé, rebondi (si tost corne il entra en cloistre, Doulles de vin et escaufés, du cange, doela); ce qui est très-hypothétique et explique bien mal le mot. Le fait est que lepicard et le rouchi ont berdeler, gronder entre ses dents, qu'on dit encore en différents endroits, et bredasse pour bredouilleur : de sorte qu'il parait y avoir eu un radical berd ou bred, sans
BRE
qu'on sache s'il a quoique rapport avec l'ancien bredir. Ce qui est digne de remarque, c'est que luilln part on ne rapport! un exemple ancien debredoiiille ou lirednuiller.
BHEOOOILUDS, KUSK (bre-dou-lleur, leû-z', U mouillées, et non bro-dou-yeur) , s. m. et f. Celui, celle qui bredouille. Je n'ai jamais rencontré pareil liredouilleur. Quelle bredouilleuse I
— ÉTYM. Bredouiller.
t BRÈE (Ijrôe), s. f. Garniture en fer du manche d'un marteau de forge.
— ÉTYM. Il y a dans le xvr» siècle breé pour dire battu, frayé : Lors vient au chemin et voit qu'il est nouvellement breé de chevaucher, Lancelot du lac, 1. 1, f" 85, dans lacurne ste-palaye; breé est pour broyé. Mais ici brée doit être une fausse orthographe pour braie, une garniture étant comparée a une braie.
4. BREF, BRÈVE (bref, hrè-v'), ad). || 1" De peu de durée. Dans un bref délai. La vie s'écoule si vite, qu'il ne faut pas laisser passer, dans l'accablement, des jours si brefs, boss. dans lapaye, Synonymes. || 2* Ou' s'exprime brièvement. Les circonstances présentes me rendent bref. Être bref. Cette lettre est brève. Je serai plus bref en parlant de.... L'accent bref de la colère. Exposition ou relation brève. || Un parler bref, une parole brève, manière de parler rapide et ordinairement avec décision ou commandement. || Pour le faire bref, pour faire bref, pour abréger. || 3"Qu'on prononce rapidement, en parlant d'une syllabe. Rendre brève une syllabe. Se prononcer bref. Les sons brefs. A est bref dans race et long dans grâce. Chez les Grecs et les Romains, la syllabe brève valait la moitié de la syllabe longue. Juré piqueur de diphthongue, Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point, La syllabe brève et longue, piron, Êpigr. contre d'Olivet. || 4° S. f. Une brève, une syllabe brève. L'ïambe est composé d'une brève et d'une longue. || Fig. et familièrement. Observer les longues et les brèves, être circonspect, exact, cérémonieux. lien sait les brèves et les longues, il y est habile, il connaît l'affaire. || Terme de musique. Note dont la durée est moindre que celle de la note qui précède. || Autrefois, figure de note qui avait la valeur de deux rondes. || 5° Bref, adv. En quelques mots. Bref, en vos actions en tout si glorieuses.... mair. Sophon. m, 4. Bref, il en fut àgrand'peine au douzième, la font. le Paysan. || Parler bref, avoir une prononciation rapide et précipitée. || En bref, (oc. adv. En peu de mots. Expliquer les choses en bref. || 6° Pépin le Bref, Pépin de petite taille. Le langage historique a conservé cette signification, qui ne peut être déplacée; bref ne se dit que là dans ce sens.
— REM. D'après Chifflet, Gramm. p. 82, on disait brief, brièveté, brièvement, plutôt que bref, breveté, brevement, qui, dit-il, étaient fraîche invention d'un grammairien. On voit que brief est tombé à peu près en désuétude, tandis que breveté et brevement n'ont pas duré : l'usage, comme cela est si fréquent, a été inconséquent. Brief était la formela plus commune dans l'ancienne langue, qui pourtant en faisait un monosyllabe. Au xvi* siècle, Palsgrave, p. 10, remarque qu'on fait entendre i'« et iy.
— SYN. bref, court. Bref a rapport à la durée ; court, à l'étendue. C'est là ce qui distingue ces deux mots. Soyez bref, se dit à quelqu'un qui parle; soyez court, se dit à quelqu'un qui va écrire ou composer. En effet, être bref c'est prendre peu de temps pour s'expliquer; être court, c'est tenir peu d'espace sur le papier. Si l'on dit : la vie est si courte, nos jours sont si brefs, on se représente, dans le premier cas, la vie comme une étendue, dans le second, le jour comme une durée.
— HlST. xir» s. Cuidant que brefs seit mult Unvie , benoît dans rayn. Lexique. Li briés jors nos destrent [oblige] ke nos abrevions nostre sermon, st. bern. p. B35. || xm* s. U pourquiert ainsi son atour fil fait ses préparatifs] Que il puist mouvoir [partir] à brief jour, audefr. le bast. Romancero, p. 8. Les demandes des douaires sont assez briés, caria feme doit dire.... beaum. v, 7.|| xiv's. Doncques affin que en brief concluons, se nous faisons les choses dessus dittes, nous pourrons bien lemoien de vertu acquérir, oresme, Eth. 54. ||xv s. Il [le comte de Foix] estoit bref en ses conseils et
en ses réponses, froiss. n, m, 43 Et fit tanten
bref terme que.... m. i, i, 40. Et en bref temps gi ■andement les endommagèrent [les palis avec les cognées], id. i, i, 207. Ces deux seigneurs allèrent partout regarder et considérer les passage» et les destroits, et puis s'en retournèrent au roi, et lui di-
BRE
rent à brève parole, que ils ne pouvoient aviser que il pust aucunement approcher les Anglois, qu'il ne perdist ses gens d'avantage, m. i, i, 3(8. Pour mentre fin à longue guerre par brief champiage de leurs deux puissances ensemble, g. chastel. Chr. du duc Philippe, 80. Et, à brief parler, au jugement de tous, l'honneur de la journée en emporta
Bouciquaut, Bouciq. i, ch. 4 4 Fut adverty par
le feu duc Jehan de Bourbon que de brief la guerre luy seroit commencée, comm. m, 4. Brief, cest Alphonse eut si grand envie de fuir, que.... m. vu, 44. Je reviendrai bref [bientôt], louis xi, Nouv. xix. || xvi' s. Ce sont ceux-là [juges] qui en briefs jours Me mettront hors de tes obscurs séjours, marot, i, 256. N'en y a un, à parler court et brief, Oui lui soit plus intolérable et grief, id. t, 343. Luy disant que en brief [bientôtj elle le feroyt piedz neufz, rab. tiarg. i, 6. Luy disant que la douleur seroyt briefve, id. ib. Que Dieu les en puniroyt de brief, id. ib. i, 26. J'en ay dit en bref ce que le lieu requérait, calv. Instit. 4 62. Brief, l'infidélité a ouvert la porte à l'ambition, id. ib. 4 72. Craindre si longtemps chose de si brief temps I mont, i, 84. Estans assemblez, ils s'avancèrent en païs, et, pour le faire bref, ils exploitterent si bien qu'en trois ans ils parachevèrent toute leurconqueste, lanoue, 409. Qui voudra à cette heure considérer le temps qui fut emploie en une si grande conqueste, le trouvera brief, id. ib. 409 Mais d'équité, de clémence et d'humanité, et, à brief parler, de toute autre vertu civile et paoifique, ilz n'avoient encore fait voir aucuns exemples, amyot, Uarcell. 30.
— ÉTYM. Provenç. et catal. breu; espagn. et ital. brève; de brevis, qui tient au grec Ppay.Oç. Bref se déclinait ainsi : briés au nominatif singulier pour les deux genres, bref au régime singulier.
2. BREF (bref), s. m. || 1° Nom qu'on donne aux lettres closes du pape, du moins à celles qui traitent de quelque affaire ; les officiers qui les font, se nomment secrétaires des brefs; elles sont scellées en cire rouge, de l'anneau du Pêcheur, c'est-à-dire du cachet où saint Pierre est représenté en pêcheur, et qui doit être apposé en présence du pape. Le pape a confirmé cette constitution par un bref, pascal, Prov. 4 7. Clément XI croyait exceller à écrire en latin et à composer des homélies et des brefs, stsim. 469, 494. Clément XI envoya des brefs à tous les prélats de Pologne, voltaire, Charles XII, 5. || 8° Petit livre à l'usage des ecclésiastiques, et indiquant l'office de chaque jour. Bref à l'usage de Paris. || 3° Terme de marine. Congé ou permission de naviguer. || 4° Terme d'ancienne législation. Lettres de bref, lettres de chancellerie qu'on obtenait pour intenter une action.
— HIST. xi* s. Puis [il] lui livrât le baston et le bref [lettre] , Ch. de Roi. xxv. Nostre emperere vous enveie cest bref, ib. xxxv. || xir* s. Le jour meisme [il] a maint brief seelé, Ronc. p. 447. Le matin, li reis fist faire un brief, e mandad à Joab qu'il meist Urie là ù li esturs fust plus forz en la bataille, Rois, 4 56. Faites faire erramant Vos Chartres et vos briés à clerz bien escrivanz, Sax. xxi. Demain iront par tout no brief qui sont escrit, ib. xxiv. Il fist ses briés escrire, si lur aveit livrez, Th. le mari. 25. || xm* s. Le brief [il] lui fait escrire, tantost fu seellés, Berle, cxxi. Si se pensa li rois que or estoit il poins [blessé]; si fist escrire ses briés et envoiier à tous sesfeaus, Chron. de Rains, p. «6. Je vos aport ici un brief, Ren. 4 4667. Et après deivent faire jurer à chascun des champions que il ne porte brief [brevet, talisman], ne charrai, ne sorseries, Ass. de J. i, 4 87. || xvi* s. Le pape escrivit des briefs à tous les princes, lanoue, 444.
— ÊTYM. Provenç. breu, brieu; espagn. et ital. brève; bas-lat. brève, lettre (ce qui est le sens habituel de bref dans l'ancienne langue); du latin brève, liste, agenda, sommaire; de brevis, bref. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li briés ou brés, au régime le brief ou bref; au nominatif pluriel li brief ou bref, au régime les briés ou bre'J.
BREGIN (bre-jin), s. m. Terme de pêche. Espèce de filet à mailles étroites. On trouve aussi bréguin et brège, *. f.
— ÉTYM. Bas-lat. broginus, bruginus, burginus. t BREGMA (brè-gma) , s. m. Terme d'anatomie.
Sommet de la tête, région occupée par la grande fontanelle
— hist. xvi* s. Estant frappée par manière de jeu sur l'os du bregma, paré, viii, 9.
— ÊTYM. BpéYtwi, de flpéxetv, humecter, ainsi dit à cause de la fontanelle qui s'y trouve.
BREUAIGNK (bré-è-gn'), ad). || 1* Stérile, en par-