STE-PALAYE
— Etym. Ane. soandin. brasa, souder (voy. braise): ainsi dit parce que le feu, le brasier, la braise sont employés dans la soudure. Braser, dans l'ancien français, signifiait brûler.
t 2. BRASER (bra-zé), v. a. Terme de salines. Casser la croûte de sel qui se forme dans les marais salants.
t BRASERO (hra-zé-ro), ». m. Vase contenant des charbons allumés, et avec lequel on se chauffe en Espagne dans les appartements pendant les froids. ÊTYM. Espagn. brasero, brasier.
BRASIER (brà-zié,l'rneseliejamais :unbrasierardent, dites : brà-zié ardent; au pluriel 1'» se lie: des hrazié-z ardents), s. m. || 1-Feudecharbons ardents. Sur ce brasier souffle donc en silence, Ou d'un vieux livre interroge les mots, bérano. Alchim. || 2- Par extension. La maison brûlait et ne fut bientôt qu'un brasier. Et ce brasier oroissant les repousse au de-
BRA
hors, haïr. Mort d'Asdrub. v, 2. Des hommes extrêmement ignorants condamneront au brasier un livre qu'ils n'auront pas lu, volt. Letlr. d'Argental, 25 avril )763. || 3° Fig. De l'indigne brasier qui consumait mon cœur, Il ne me reste plus que la seule rougeur, rotr. Venceslas. n, 2. || Son corps est un brasier, il a une fièvre ardente. || Sa tête est un brasier, il est dans uns grande exaltation. || 4" Grand bassin de métal où l'on met de la braise pour chauffer une chambre.
— HIST. xiii» s. Halster [rôti] [il] quisseit [cuisait] sur le bracer D'un sengler parcreù et grant, Lai del désiré. Oui donc veïst cel asne oclre et destrenchier, E mètre en la caudiere et sor le grant brasier.... Ch. d'Ant. vu, 899. || xv» s. Sur mol duvet assis ung gras chanoine, Lez ung brasier, en chambre bien nattée, villon, Bail. Contredit de Franc gnnlier.
— ÉTYM. Braise; espagn. brasero.
BRASILLÉ, ÉE (bra-zi-llé, liée, Il mouillées, et
non brazi-yé), part, passé. Des poires brasillées. BRASILLEMENT (bra-zi-lle-man, H mouillées, et non bra-zi-ye-man), ». m. Effet de la mer qui brasille. Le brasillement est un effet non d'électricité, mais de phosphorescence.
— ÊTYM. Brasiller.
BRASILLER (bra-zi-llé, Il mouillées, et non brazi-yé). || 1» V.a. Faire grillersurdelabraise. ||2° V.n. Présenter une traînée de lumière, en parlant de la mer frappée obliquement par des rayons lumineux, ou devenant phosphorescente dans la trace du bâtiment.
— HIST. xv» s. Avecque leurs compères Et voisines, en hiver, En brazillant les poires, [ils] S'arroyent à deviser, bassel. xxvi.
— ÉTYM. Braise.
BRASQUE (bra-sk1), ». f. Mélange d'argile et de charbon pilé, dont les fondeurs enduisent la surface de leurs creusets.
— ÉTYM. Milanais, brascà, allumer. C'est un dérivé de braser.
BRASQUÉ, ÉE (bra-ské, skée), pari, passé. Creuset brasqué.
BRASQUER (bra-ské), v. a. Enduire de brasque la surface des creusets.
— ÉTYM. Brasque.
+ BRASSA DE (bra-sa-d'), ». f. Terme de pêche. Filet dont les mailles ont plusieurs pouces d'ouverture et dont on fait la manche du boulier.
t BRASSADELLE (bra-sa-dè-1') , s. f. Embouchoir du fusil de munition.
). BRASSAGE (bra-sa-j'), ». m. ||1» Action de brasser de la bière. || 2" Travail des ouvriers qui brassent ou remuent les métaux dans les ateliers de monnaies. || Droit qui était accordé au fermier des monnaies, sur chaque marc d'or, d'argent et de cuivre mis en œuvre , pour les frais de la fabrication.
— ÊTYM. Brasser ) .
t 2. BRASSAGE (bra-sa-j'), ». m. Terme de marine. Brassage d'une vergue, endroit d'un étai, des haubans, des galhaubans, où porte une vergue brassée au plus près.
— ÉTYM. Brasser 2.
BRASSARD (bra-sar; le d ne se lie jamais; au pluriel Vs ne se lie pas : des bra-sar-élégants ; d'autres disent en liant : des bra-sar-z-élégants), ». m. || 1» Partie de l'ancienne armure qui couvrait le bras. || 2" Tout ornement porté au bras, en signe de reconnaissance. || 8" Garniture de cuir dont on se couvre le bras pour jouer au ballon. || Manche pour garantir le bras du verrier.
— HIST. xvi» s. Je ne specifieray point autrement ces grands coups qui fendent un homme jusques à la ceinture, et coupent un brassai et un bras tout net, lanol'E, )48. Avec les cuissots, demi brassais et la bourguignote, puis une bonne et longue pistole, m. 237. Il osla ses brassards avant que d'aller à la charge, d'aub. Vie, xlv. Guirlandes, ohapelets et brassards de roses, et de toutes aultres fleurs, carl. V, 4t.
— êtym. Bras. On a dit aussi brassai; brassard seul est resté. Italien, braceiale.
f BRASSARDÉ, ÉE (bra-sar-dé,dée),ad/.Anné de brassards. Itobal ne doutait pas qu'étant casqué, brassardé, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig, 2).
— étym. Brassard.
BRASSE (bra-s'),s. f. || l-Mesure qu'on prend avec les deux bras étendus, c'est-à-dire d'un bout à l'autre, et qui passe à peu près pour celle de cinq pieds anciens ou 1" 62; on l'appelait aussi pas géométrique , valant deux pas ordinaires. Un chapelet... Long d'une brasse et gros outre mesure , la pont. Merm.
BRA
Combien de brasses doit avoir notre ligne tj.j.rouss. Ém. n. || Terme de marine. Mesure de cinq pieds. Nous donnâmes fond par six brasses, chateaub /lin. n, ) 8. On vient mouiller à telle brasse que l'on veut, m. ib. m , II). Les plus grandes profondeurs où les plongeurs puissent descendre, qui sont de vingt brasses, BtiFP. Théor. de la terre, S» discours || Être sur les brasses, êtresûrd'avoir fond. || 2° Painde brasse, fort grand pain de 20 à 25 livres. || 8" Brasse, d'après l'Académie, manière de nager dans laquelle on tire les bras alternativement hors de l'eau, les ramenant, alternativement aussi, auprès du corps; mais, d'après plusieurs gymnastes, manière de nager qui consiste à mettre les mains réunies sous le menton, les coudes près du corps, les jambes repliées, et les pieds placés de manière à pouvoir être lancés à droite et à gauche; puis allonger vigoureusement les bras en avant, en donnant simultanément deux forts coups de pieds à droite et à gauche; et, finalement, ramener les pieds et les mains à la première position; dans ce dernier sens, on dit : faire une brasse. Il sait à peine nager, il ne fait que deux ou trois brasses. Dans le sens de l'Académie, on dit, à Paris : la coupe; nager à la coupe.
— HIST. xi» s. Li reis a pris Tierri entre sa brace, Ch. de Roi. cclxxxix. Sanglant fil] en a et l'haubert et la brace, t'b. cm. || xu» Des champions chascuns a brace flere; Bien s'entrefierentet devant et derrière, H. de Cambrai, t98. || xm» s. Mes une grant borse pesans, Toute farsiede besans, Se la veoit sailliren place, Tost i corroit à plaine brace, la Bose, 8390. Calabre vint encontre sa mère la senée; Contre le roi [elle] ala lie, brace levée, Ch. d'Ant. i, «64. || xiv» s. Li rois de Bel-Marin li fait belle assemblée, Et li baille son filz à la brace quarrée, Guescl. (5507. || xv» s. Si deux parois de piastre fussent à une brasse l'une près de l'autre, à force de bras et de jambes il monteit tout au plus hault, sans cheoir au monter ne au dévaler, Bouciq. I, ch. vi. || xvi» s. Jà de la mer la fureur à grans brasses Avoit couvert et mottes et terrasses, marot, iv, 28. Un puits profond de cent brasses, paré, xxiv, 3. Le monarchique loge le roy quelques brasses au dessus de dieu , mont, iv, 30.
—ÉTYM. Picard, broche; provenç. brassa ; espagn. brasa; portug. oraca. L'étymologie est brachia, pluriel de brachium, brasse signifiant proprement, dans l'ancien français, les deux bras; les pluriels neutres ont donné au vieux français plusieurs noms collectifs du féminin, par exemple aumaill», d'aninialia, merveille, de mirabilia.
). BRASSÉ, ÉE (bra-sé, sée), part, passé. Bière brassée. || Fig. Cette perfidie, brassée depuis longtemps.
2. BRASSÉ, ÉE(bra-sé, sée), part, passé. Terme de marine. Voile brassée au plus près.
BRASSÉE (bra-sée), ». f. || i" Ce que les bras peuvent entourer et contenir. Brassée de bois, de paille. Colonnes de six brassées de grosseur, boss. Ilist.m, l. Il en tira une brassée de papiers, sév. 504. || 2° Le mouvement des bras dans la nage. Il put à peine faire quelques brassées, et il enfonça. || 8° Certaine mesure de terre, autant qu'un homme peut en labourer dans un jour. || 4» Termede commerce. Brassêede soie, quantité de brins de soie qu'un métier emploie pour l'ourdissage des chaînes.
HIST. xiii» s. Et l'endemain par matin, fist li
rois Philippes assalir efforciement, et fist gieter Maie Voisine, sa boineperriere.qui abattoit, àcescun cop qu'elle gietoit, une grande brachie de mur, Chron. de Rains, 39. De son lit saut tôt effreez, Ses chiens apele et sa mesnie, Du fuerre prent une bracie, Et si l'a el fournier jeté, Ben. 2924. || xvi* s. Faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, mont. Il, 379. Une trenchée de dix brassées de largeur, et autantde profondeur, amyot, Artax. 8. Un puits profond de cent brassées, paré, ix, 4*. Le remède estoit prendre une brassée de l'herbe nommée armoise, id. xxiv, 27.
— ÊTYM. Brasse; bourguig. brassie; provenç. brassadn; espagn. braxado; ital. bracciata.
t BRASSEIER(bra-sé-ié), v. a. Termede marine. Voy. brasser ».
4. BRASSER (bra-sê), v. a. || 1» Opérer les mélanges nécessaires pour la fabrication de la bière. Brasser de la bière. I| 2° Remuer, agiter ensemble. Brasser de l'or et de l'argent fondus dans le creuset. Brasser la paillasse d'un lit. Disant ceci , toujours son lit elle brassait, Régnier, Sat. xi. || 8" Fig. et en mauvaise part, tramer, pratiquer secrètement. Brasser une trahison, une perfidie. L'empereur ne savait rien de ce qu'on brassait contre sa famille, perrot d'abl. Tacite, 265. Méehante femme! X ton
BRA
mari M brassais un teltour, la font. Cor. Sans qu'il se doute.... De ce qu'amour en dehors vous lui bMia, tO fur. J'étais venu afin de brasser mort à cemaf-'e[Smc>rdis],p.L. coor. n, 4B9. || Se brasser, v. réf\. Être brassé, tramé. Il se brassait une conspiration conçue à Vienne, tramée à Home, et prête d'éclater a Nâple», st-sIM. 407, mn. || 4" Tonne de pêche. Agiter et troubler l'eau avec desbouloirs pour faire donner le poisson dans les filets.
— ntST. xii* s. Mais ore oiez que il li brace, Qu'il engigne, qu'il li porchace Sa mort e sa destruction, bf.noIt, n, 80t. || xin* s. Nus ne puet ne ne doit vendre cervoise ailleurs que en l'ostel où en [on] la brasse, Liv. des met. 30. Tant a bracié la serve et tant s'en est pelnée.... Berle, xvi. Qui a fait à ma fille brassier si fait chaudel ? ib. lxxxv. Nous savons bien que li quens Renaus a brasset ceste boulie, pour le descort dou conte de saint Pol, Chr. de llains, 445. Cbantecler, n'en sui pas en dot, Avez ceste tralson tote, Ce m'est vis, quise et porchaciêe ; Mainte mauvestié as bradée, lien. 29932. Toutevoies [il] lornoie et brace Por issir, mes riens ne li vaut, ib. 5088. Dames lor braceront tel poivre, Si pucent en lor laz cheoir, Qu'il lor en devra mescheoir, la Rose, 10934. J'ai parmoi-tnelsme brassé Mesaise que tousjours aurai, Bl. et Jeh. 4 044.Jherusalem, ahi ! ahi I Com t'a bleclé et esbahi Vaine gloire, qui toz maus brasse, ruteb. (04. || xiv» s. Et il dit que par vous eu fu li fais brassés, Baud. de Seb. VI, 700. ||xv* s. [Jean Lyon] veoit bien que Gisebrest Mahieuavoit en ce voyage brassé aucune chose contre lui, froiss. h, n, 53. || xvi* s. De mal brasser vient l'amere boisson, J. marot, v, so». Adverti d'une conjuration que luy brassoit Cinna, mont, i, (28 D'aultres rendent la gorge à veoir brasser un lict de plume, io. i, 484. Ainsi comme Menestheus brassoit ceste menée, la guerre survint là dessus, amyot, Thés. 41. Perseus, voyant qu'jEmylias ne se remuoit point du lieu où il estoit, ne se doubtoit point aussi de la venue qu'on luy brassoit, id. P. Mm. 36. Brassant et versant de l'eau de puits d'un verre en autre, pare, xx, 23.
— ÊTYM. Wallon, briser; bas-lat. brassare, braciare, brachare , brasiare , braxare, brassicare, bratsare; anc. espagn. brasar; allem. brauen; angl. to brew. On regarde ordinairement brasser comme venant de bras, et comme signifiant remuer avec les bras; mais quand on prend en considération brasium, braseum, bracium, brace, qui signifient orge trempée dans l'eau, le wallon brd, ancien wallon bral, lenamuroisbrai, blé préparé pour fairedela bière ou du genièvre, le wallon braht, torréfier le blé germé pour en faire du brd; le rouchi grain bragé, braisé, bresê; on reconnaît que brace, mot qui se trouve dans les auteurs latins et qu'ils donnent pour gaulois, est l'origine de brasser. Ce mot existe en effet dans le celtique : kymri, brag; gaél. brocha, braich, grain fermenté ; bas-breton, bmgez, germe de grain. Les germanistes accordent que l'allemand brauen vient du bas-latin braxare, et non braxare de brauen. La véritable orthographe serait non brasser, puisque le mot ne vient pas de bras, mais bracer, comme on l'écrivait généralement dans l'ancienne langue.
2. BRASSKK (bra-cé), v. n. Terme de marine. Mouvoir les bras d'une vergue pour changer la direction de la voile qu'elle porte. On dit aussi brasseïer, brasseyer. Brasser au vent, manœuvrer les vergues du côté d'où vient le vent. Brasser sous le vent, du côté opposé au vent. || Faire la manœuvre des cordages pour tendre ou détendre les branles.
— ETYM. liras.
BRASSEK1E (bra-se-rie) , s.f. Lieu où l'on fait de la bière. || Lieu où l'on vend de la bière au détail, et où il n'y a que des bancs et des tables de bois. Remarquez que brasseur ne se dit pas de celui qui tient un pareil établissement.
— ÊTYM. Brosser 4.
BRASSEUR, ECSE (bra-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brasse de la bière et qui en vend en gros.
— hist. xv s. [Philippe d'Artevelle] Fils d'un brasseur de bierre, froiss. h, il, (60. || xvi's. Brasseurs de bierre, boteleurs de fein, portefaix, faulcheurs, recouvreurs, hab. Progn. Pant. v. Les Flamans firent un duc qui estoit brasseur de bière, Sat. Ilén. p. 402.
— ÊTYM. Brasser 1. Autrefois on disait non pas brasseur absolument, mais brasseur de bierre.
t BRASSÉYAGE (bra-sé-ia-j'), s. m. Terme de marine. L'action de brasser une ou plusieurs vergues (voy. rrassage 2).
— ÊTYM. Brasseyer.
BRA
BRASSEYER (bra-sè-ier), v. n. Terme d« rm-
rilU!. Voy. HHASSER 2.
BRASSIAGE (hra-si-a-j'),s. m. Terme de marine. Mcsurage a la brasse. || La quantité de brasses d'eau ipie l'on trouve avec la sonde.
— ÊTYM. Brdttl.
} BRASSICAIRE (bra-ssi-kê-r1), adj. Terme de botanique. Qui a rapport au chou. || S. m. Terme de zoologie. Les brassicaires, les papillons du chou.
— ETYM. Latin, brassica, chou.
f BRASSICOURT (bra-si-kour), adj. m. Terme de vétérinaire. Cheval brasslcourt, cheval qui a le genou arqué naturellement, et non par suite d'usure.
— ÊTYM. Probablement une composition Irrégulière de bras et court.
RRASS1ERES (bra-siê-r') , s. f. plur. || 1* Petite camisole qui sert à maintenir le corps des enfants ou des femmes. Une autre [jeune personne] aurait paru effroyable en l'état où elle était; car elle n'avait pour habillement qu'une méchante petite jupe avec des brassières de nuit qui étaient de simple futaine, mol. Fourb. i, 2. || Fig. Directions par lesquelles on ôte a quelqu'un la liberté de sa propre conduite. Être en brassières, n'avoir pas la liberté de se conduire d'après sa volonté. Mettre, tenir en brassières. M. de Conronges se désolait de la fermeté qu'il rencontrait sur beaucoup de points qui tenaient M. de Lorraine fort en brassières dans son état, st-sim. «2, 37. Afin que la difficulté de conserver ce qu'il [Louis XIV] aurait de plus le tînt toujours en brassières et ses successeurs après lui, m. 77, 25t. Tel fut le désespoir que le roi et son ministre durent ressentir d'avoir donné de si fatales brassières à un prince [le duc d'Orléans] qui en avait si peu besoin, id. «63, 1 47. || 2* Bretelles d'un havresac de soldat , d'une hotte , d'un crochet de porte-faix.
— REM. L'Académie n'admet ce mot qu'au pluriel; mais il s'emploie souvent au singulier, comme caleçon, culotte, pantalon : une brassière d'enfant. Dans le second sens, les brassières étant doubles, on emploie légitimement le singulier quand on ne parle que de l'une d'elles : une des brassières de ma hotte a cassé.
— HIST. xvi" s Et qu'il leur [il s'agit de dames]
donnerait desbrassieres de sainte Catherine [qu'il leur ferait revenir les charmes de leur jeunesse], d'aub. Conf. i, 7.
— ÊTYM. Bras; bourguig. braisseire.
BRASS1N (bra-sin), s. m. || 1" Cuve à bière. || La
quantité de bière que la cuve contient. || 2* Terme de savonnerie. Quantité de savon que l'on cuit à la fois.
— HIST. xiu* s. Et si seroit touz li brasins qui serait faiz de tex choses donez pour Dieu [il s'agit de cervoise], Liv. des met. 30. Envoier polrons [nous pourrons] à nos mollins, fours et bressines.... du cange , bratsina. ||xiv" s. Nuld'iceulx, tant soitil huppez, Soit philosophe ou médecin, Rien n'y entend en tel brassin, L'alchim. à nat. 520.|| xv* g. Ly-meismes à sa maie heure s'estoit brassé ce brassin et n'en devoit à homme du monde donner le tort, g. chastel. Chron. des ducs de Bourg, ni, ch. 33. || xvi* s. Le droit de tonnelieu et foraige des brassins de chervoise, du cange, brassinus.
— ÊTYM. Brasser 1.
f BRASSOIR (bra-soir), s. m. Canne de terre cuite pour brasser le métal fondu.
— ETYM. Brasser t.
t BRASSOUR (bra-sour), *. m. ou BRASSOUBE (bra-sou-r'), s. f. Canal qui conduit l'eau d'un marais salant dans l'aire d'évaporation.
BRASURE (bra-zu-r'j, s. f. Endroit où deux pièces de métal sont brasées, soudées.
— ÊTYM. Braser.
f BRAVA (bra-va), sorte d'interjection dont on se sert pour applaudir une cantatrice, en France, au théâtre Italien, et, quelquefois par extension, un morceau de musique italienne.
— ÊTYM. Ital. brava, singulier féminin de l'adjectif bravo (voy. bravo 4).
BRAVACUE (bra-va-ch') , s. m. Fanfaron de sa bravoure. C'est un bravache; on en plaisante; il n'a plus de quoi être un héros, la bruy. 4 2.
— HIST. xvi* s. Loubais fist une response fort bravasche, carl. x, 4 0. Il avoit esté, en son temps, un fort bravasche soldat à la gasconne, mais à ce coup la braveté lui passa, Brantôme, Sur les duels, p. 58. dans lacurne de sainte-palaye. Asseurezvous que je ne suis point un bravache ni si escervelé que vous me pensez, montluc dans le Dict.
de DOCHEZ.
— ÊTYM. Ital. bravaccio, de bravo, brave (voy. brave), avec une désinence aceto qui est péjorative.
BRA
f BRAVA CHERIE (bra-va-che-rie) , t. f. Paroles de bravache.
— HIST. Il n'y a ny rodomontade d'Espagne, ny bravacherie napolitaine, qui nous puisse empescher de demander la paix, Sat. Mèn. p. 470.
— ETYM. Bravache.
RRAVADE (bra-va-d'), s. f. Action ou parole par laquelle on brave quelqu'un. Les bravades enfin sont des discours frivoles, corn. Pomp. H, 4. Les bravades, la haine et le trouble où je suis, id. Perthar. iv, 4. La bravade est aisée, un mot est bientôt dit, id. Attila, a, 4. Vous n'avez aujourd'hui quitté votre embuscade Qu'afin de m'en conter l'histoire par bravade, id. le Ment, m, 4. Moi, je serais cocu?— Vous voilà bien malade! Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade, Qui de mine, de cœur, de biens et de maison, Ne feraient avec vous nulle comparaison, mol. Éc. desf. iv, 8. Faute d'un plus exquis et comme par bravade, Ceci me servira de mouchoir de parade, corn, la Suivante, II, 4.
— HIST. xvi* s. Les bravades de cet ennemy vaincu, mont. I, 4. Hz s'estoient menacez et défiez, et avoient fait plusieurs bravades l'un à l'autre, amyot, Cor. 34. Ce sont beaux mots, que bravade, Soldat, cargue, camisade, Avec un brave sang- Dieu, dubell. ni, 87, verso. Il a mis par escrit les prouesses et bravades [exploits] faictes par la cavalerie légère de France l'an i558,lacroix dumaine, Biblioth. Pierre Venelle.
— étym. Ital. bravata, de bravo, brave (voy. brave).
f BRAVADER (bra-va-dé), v. n. Faire des bravades.
— HIST. xvi* s. Qu'après avoir bravade de la sorte que chacun savoit, il fust contraint de s'arrester,
— ETYM. Bravade.
BRAVE (bra-v'; Chifflet, Grammaire, p. 423, remarque que l'a a le son que nous marquons par un accent circonflexe, brâ-v'; la prononciation a changé), adj. || 1° Qui affronte courageusement le danger. Les plus braves. Qui n'est brave qu'en paroles. M. de la Rochefoucauld a dit que vous aviez voulu paraître brave dans l'espérance que quelque charitable personne vous en empêcherait, sév. 27. .... Les meilleurs soldats et les chefs les plus braves, corn. Cinna, i, 3. L'éclatante vertu de leurs braves aïeux, id. Cid, 1, 4. Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme Des leçons d'Annibal ou de celles de Rome, id. Nicom. i, 3. Il l'a fait en brave homme et le doit soutenir, id. Cid, lv, 6. Êlre brave est montrer sa force, pasc. Pens. div. e. Que faisaient cependant nos braves janissaires? rac. Baj. i, 1. 1| Brave se dit d'un cheval qui a du courage, de la vigueur et de la docilité. ||2° Familièrement, et surtout avec les mots homme et gens, bon, honnête, obligeant. C'est un brave homme. C'est une famille de braves gens. || Ironiquement. Et les braves Pyrrhoniens, pascal dans cousin. || Très-familièrement. Vous êtes un brave homme d'être venu me voir. Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière; Mais, puisque je vous vois, je me tiens trop content ; Vous êtes un brave homme, entrez, on vous attend, boil. Sat. tu. || 8* Familièrement, vêtu, paré avec soin. Biquet à la houppe se présente à elle, brave, magnifique, et comme un prince qui va se marier, Perrault, Contes, 78. Elle se fait brave pour la noce de son fils, id. 601. Ta forte passion est d'être brave et leste, mol. Éc. des fem. v, 4. Est ce que tu es jalouse de quelqu'une de tes compagnes que tu voies plus brave que toi? id. Am. méd. 1,4. J'ai loué cet habit pour paraître un peu brave, boursault, Ésope à la cour, m, 6. || Brave comme une noce,. comme un jour de Pâques, extrêmement paré. || 4* S. m. Un homme vaillant à la guerre. U est de faux dévots ainsi que de faux braves, mol. Tort. I, e. Rien n'est plus lâche qu» de faire le brave contre Dieu, pasc. Préf. gin. Faisons tant que nous voudrons les braves, la mort est la fin qui attend la plus belle vie du monde, pasc. dans GiRAULT-DuviviEK. Le brave la défie [la mort] et marche au-devant d'elle, volt. Orphel. i, 5. Le droit de dominer où chaque peuple aspire De l'habile et du brave est le prii glorieux, saurin, Spartac. ni, 4. C'est trop d'incertitude, il faut mourir en brave, delav. Vip. sicil. iv, 4. Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse, boil. Sat. ix. Les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais, pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos, boss. Louis de Bourbon. Gloire à ces bravesl Sparte et Rome Jamais n'ont vu d'exploits si beaux,
iiUA
v. hugo, Odes, u, ». Cala me fait souvenir de ce qu'on dit quelquefois : quand brave rencontre brave, brave demeure, sêv. 597. || Familièrement et par plaisanterie, c'est un brave à trois poils, c'est un homme d'une bravoure éprouvée. Locution venue de la forme de la moustache des raffinés d'honneur sous Henri III et Henri IV. |) Mon brave, locution vulgaire qui se dit soit à un homme avec qui l'on est très-familier, soit à un homme inférieur de position. Venez ici, mon brave. || 6° Assassin à gages. Il le fit assassiner par un brave qu'il paya. Peu usité (voy. bravo 2).
KEM. 1, Un brave homme est un honnête
homme; un homme brave est un homme qui a de la bravoure. Cette distinction, qui est maintenant établie par l'usage, ne l'était pas au xvii* siècle; et, comme on peut voir dans les exemples, Corneille a dit constamment un brave homme pour un homme brave. Quant à braves gens, il a les deux sens et signifie soit des hommes vaillants, soit des hommes bons et obligeants. || 2. Le sens de bon que brave a dans: c'est un brave homme, est étendu, dans le Midi, à toutes sortes d'emplois qui sont vicieux : notre curé est fort brave, voilà de braves poulets ; il faut dire : notre curé est un brave homme : ces poulets sont beaux. Un brave curé, c'est un curé qui est un excellent homme; un curé brave serait un curé qui aurait de la bravoure.
— H1ST. xvi* s. Il avoit donné preuve de sa suffizance en quelque brave et docte sujet, des accords, Bigarrures, Avis au lecteur, p. (.Tenir tables délicates, estre braves en accoustremens, calv. Inst. 88( . 11 est des morts braves et fortunées : je lui ay veu trencher le fil d'un progrez de merveilleux advancement, et dans la fleur de son croist, à quelqu'un, d'une fin si pompeuse, qu'à mon advis, ses ambitieux et courageux desseins n'avoient rien de si hault que feut leur interruption, mont, i, 68. Donner dans la bresche, d'une brave asseurance, id. ii, 7. J'aimerois mieulx une vie moins brave [aisée] et moins affaireuse, id. iv, 77. Il y avoit un barbier d'etuves qui estoit fort brave [fier] , desper. Contes, xxxn. Cato adjousta à ce glorieux exploit une brave magnificence et haultesse de paroles, amyot, Caton, 28.
— ÉTYM. Provenç. brou (féminin brava), dur, méchant, brave; catal. brau; espagn. et ital. bravo; bas-lat. bravus, sauvage. Le sens primitif est sauvage, dur, fougueux, d'où on passe facilement au sens de vaillant, courageux. Mais d'où vient celui de beau, bien habillé? Sans doute de vaillant on est venu à habile (brat'o en italien a cette acception), puis bon, beau, bien habillé. Cette acception est purement française et prouve que le mot brave est venu dans notre langue récemment de l'italien ou de l'espagnol; s'il était ancien, il y serait sous la forme brou, répondant au provençal brau. Diez examine trois étymologies : 1° le latin pravus, méchant ; mais pravus a donné en provençal prau , et non brau; 2° l'ancien haut-allemand raw, cru, d'où cruel, méchant, par l'épenthèse d'un b; étymologie insuffisamment appuyée ; 3° le kymri braw, terreur, à laquelle Diez objecte que le sens de terreur ne se retrouve dans aucune langue romane. Aussi, admettant l'objection, on peut proposer comme quatrième conjecture le gaélique borb , cruel, barbare, hautain. Le bas-breton brao, beau, bien habillé, vient du français. On a aussi indiqué le latin bravïum, brabîum, brabëum, du grec ppaëeïov, prix de la victoire, récompense. Mais aucun intermédiaire, dans les langues romanes, ne permet de passer du sens de prix de la victoire à brave, surtout dans sa signification primitive; puis l'accent diffère dans brave et dans bravïum : deux raisons qui ne permettent pas d'accueillir cette étymologie.
t BRAVE (bra-vé), sorte d'interjection dont on se sert, au théâtre Italien, pour applaudir deux ou plusieurs cantatrices.
— ÊTYM. Ital. brave, pluriel féminin de l'adjectif bravo (voy. bravo t).
BU AVE, ÉE (bra-vé, vée), part, passé. Bravé par son adversaire. Toutes ses menaces bravées et méprisées. Il semblait.... Que tous les Grecs bravés en leur ambassadeur, Dussent de son hymen relever la splendeur, rac. Androm. v, 3.
BRAVEMENT (bra-ve-man), adv. || 1" D'une manière brave, vaillante. Il monta bravement à l'assaut. || 2° Habilement, adroitement. Il s'est bravement tiré de cet embarras. N'ai-je pas bien servi dans cette occasion? Dit l'âne en se donnant tout l'honneur de la chasse. — Oui, reprit le lion, c'est bravement crié, la font. Fables, n, t9. — HIST. xvi* s. Le peuple avoit grand despit de
BRA
l'ouir ainsi bravement [avec morgue] parler, amyot, Cor. 26. S'armer et accoustrer bravement [richement] , id. Philop. 1 5.
— ÉTYM. Bourguig. et lorrain, brament, beaucoup; maçonnais, broveman; Berry, brament; wallon, brdmen, beaucoup; provenç. bravamcns; catal. bruvament; espagn. et ital. bravamente; de brave et le suffixe ment.
BRAVER (bra-vé), v. a. || 1" Faire le brave à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose. 11 bravait du regard son adversaire. Ils étaient prêts à braver tous les supplices. La force de la conscience est grande, et ceux qui la bravent.... Braver les chaleurs, les tempêtes. Quoi 1 viens-tu me braver jusque dans mon palais? corn. Nieom. v, 40. Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissé mon frère? id. Rodog. m, 2. Car enfin ce cruel que vous allez braver, Songez, quoi qu'il ait fait, songez qu'il est mon père, rac. Iphig. m, «. Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur, id. ib. H, 5. Ce Dieu que tu bravais à nos mains t'a livrée, id. Athal. v, 5. Fuis, traître, ne viens point braver ici ma haine,». Phèd. iv, 2. Et bravant du démon l'impuissant artifice, id. Esth.Prol. Viens-tu duDieuvivantbraver la majesté? id. Athal. u, 2. Tous les jours un homme.... un vil esclave D'un front audacieux me dédaigne et me brave , rac. Esth. il , t. Vous bravez ma bonté qui vous était offerte, volt. Ali. v, 5. U vient braver les morts, il vient braver les dieux, id. Sémiram. v, 2. Cependant que mon front au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempête, la font. Fabl. i, 22. Et qui veut bien mourir peut braver les malheurs, corn. Hor. m, 5. Vous qui braviez pour moi tant de périls divers, rac. Androm. m, 6. || Absolument. C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver, corn. Hor. iv, 2. || 2° Fig. Le latin dans les mots brave l'honnêteté; Mais le lecteur français veut être respecté, boil. Art p. u. || 3° Se braver, v. réfl. Se défier, se provoquer l'un l'autre. Oronte et lui se sont tantôt bravés, mol. Mis. n, 7.
— HIST. xvi* s. Oyez braver ce pauvre et calamiteux animal [l'homme vantant sa condition], mont. h, 209. Il sent mesmes passions que mon laquay, mais se brave sur ce qu'il contient au moins sa langue , id. n , 2 t 1 . Vous l'avez bravé , esmeu de cholere ; et vous l'allez rappaiser et flatter, en vostre froid et meilleur sens, id. iv, t70. N'ayant aultre auditeur des ses louanges, il se bravoit avecques sa cham briere, id. iv, t74. Qu'elle aille la teste levée, bra vant [se parant] de ma chaine, qu'elle se pare et attifle de mes dépouilles, yver, p. 639. Estant contrainct d'endurer que Tigranes ce pendant courust et pillast la Cappadocie, et que Mithridatesde rechef bravast, amyot, Lucull. 70. Nous ne souhaitions rien plus que de rencontrer ceux qui bravoient de nous venir trouver, M. du bell. 603. Pourquoy te braves-tu de cela qui n'est rien? La beauté n'est que vent, la beauté n'est pas bien, rons. 257.
— êtym. Brave; espagn. bravear; ital. bravare.
BRAVERIE (bra-ve-rie) , s. f. Toilette, beaux habits. Je tiens que la braverie, que l'ajustement est la chose qui réjouit le plus les filles, mol. Am. méd. i, ). Vite, qu'on les dépouille sur-le-champ. — Adieu, notre braverie! id. Préc. rid. t6. Une infinité de présents, des pensions, des réparations de chemins, quinze ou vingt grandes tables, un jeu continuel, des bals éternels, des comédies trois fois la semaine, une grande braverie, voilà les États, sév. S août 1671. || Il vieillit.
— HIST. xvi* s. La braverie [action de braver] et la constance, moyens tout contraires [à la soumission], mont, i, <. C'est une action plus de crainte que de braverie, id. m,m. La braverie de son marcher, sa veue ferme et réglée, id. iv, 3. Refréner la braverie insolente de la jeunesse, amyot, P. Jim. 46. Son cheval effroyé du bruit et de la braverie des ennemis, se tourna, id. Marcell. 8. Plus par braverie [bravade] que pour en tirer quelque advantaige, carl. ix, 39. Les richesses, estatz, honneurs et autres braveries de ce monde, l'Amant ressuscité , dans lacurne ste-palaye. Elle n'espargne rien quand il est question de ses habits, pompes et braveries, Dial. de tahureau, p. 46, dans lacurne stepalaye.
— ETYM. Brave. On a dit aussi braveté dans le xvi* siècle.
t BRAVI (bra-vi). || 1° Sorte d'interjection qui se dit, au théâtre Italien, pour applaudir deux ou plusieurs chanteurs. || 2° S. m. plur. de braio 2.
— ÊTYM. Ital. braw', pluriel masculin de l'adjectif broto (voy. bravo t).
BRE
t BRAVISSIMO (bra-vi -ssi-mo), interject. Voy. bravo ).
1 . BRAVO (bra-vo) ,interj. || 1° Expression dont on se sert pour applaudir; et, au superlatif, bravissimo. Bravo I à merveille ! bravissimol || Bravo peut être déterminé par le nom ou la désignation de la personne qu'on applaudit : bravo Martin; bravo la flûte; bravo le basson. J'arrive, on criait: bravo l'homme; Autre combat : taureau nouveau D'un coup de corne dans l'oreille Etend l'homme sur le carreau; Avec une fureur pareille On cria : bravo le taureau, pons (de Verdun), Contes et Poésies, p. Ht. || 2° S. m. Approbation, applaudissements. On entendit un bravo général. Anglais.... Vos diplomates, vos chevaux, N'ont pas épuisé nos bravos, bérang. Box. Elle entendit une foule idolâtre La poursuivre de ses bravos, id. Pauvre femme.
— REM. En français, on dit bravo pour toute personne et toute chose, soit au singulier, soit au pluriel, soit au masculin, soit au féminin. Brava, bravi , brave sont italiens, non francisés et employés avec prétention par les dilettantes.
— ÊTYM. Ital. bravo (voy. brave).
f 2. BRAVO (bra-vo), s. m. Assassin à gages, coupe-jarret. || Au plur. Des bravi.
— ÊTYM. Ital. bravo (voy. brave).
BRAVOURE (bra-vou-r') , i. f. || 1* Courage à !a
guerre. Il montra de la bravoure. || 2° Au plur. Ironiquement, actions de valeur. Il fatigue tout le monde du récit de ses bravoures. || 3° Terme de musique. Air de bravoure, air brillant destiné à faire valoir la voix et l'habileté du chanteur. |j Genre de bravoure, celui qui est opposé au genre simple.
— ÉTYM. Ital. bravura, de bravo (voy. brave). t BRAYE (brê), s. f. Fange, boue, terre grasse
dont on fait les murs de bauge, le corroi dont on enduit les bassins des fontaines et les chaussées des étangs. || On trouve aussi broyé et brie.
— ÊTYM. Le même mot que Irai.
BRAYÉ, ÉE (brè-ié, iée) , part, passé. Navire brayé.
t. BRAYER (bra-ié), *. m. || 1° Terme de chirurgie.Bandagedestinéàsoutenirune hernie. || 2°Terme de fauconnerie. Le derrière d'un oiseau de proie. || 3° Morceau de cuir qui sert à soutenir le battant d'une cloche. || Espèce de collier de cuir pour porter une bannière. || Cordage dont les maçons se servent pour élever du moellon ou du mortier. || Petit marteau de fer qui sert aux balanciers des monnaies.
— HIST. xn" s. Tout [il] le pourfent de ci tant qu'au braier, Roncisv. p. 73. || xiii* s. Un d'eus si vilement le conroie Que dou dos li trait tel corroie, Dont l'en po'ïst faire un braier, Ben. 19063. Nul garnement de ventre, de braieus ou de croupes, de gorge.... Liv. des met. 326. || xvi's. U faut leur faire porter brayers et ligatures propres à telle disposition, paré, vi, H.
— ÉTYM. Provenç. braguier, braier ; catal. braguer; bas-lat. bracarium; de bracca, braie (voy. braie).
2. BRAYER (brè-ié), je braye, tubrayes, il braye ou il braie, nous brayons,vous brayez , ils brayent ou ils braient; je brayais, nous brayions, vous braviez; je brayai; je brayerai ou braierai, oubralrai; je brayerais ou braierais, ou bralrais; braye, brayez; que je braye, que nous brayions; que je brayasse; brayant; brayé, v. a. Terme de marine. Brayer un vaisseau, y appliquer du brai et autres enduits.
— ÊTYM. Brai.
BRAYETTE (bra-iè-f), s. f. Fente de devant d'un haut-de-chausses, d'une culotte. Courtin s'applaudit d'avoir sauvé sa montre et 60 pistoles, qu'il avait fait, à temps, glisser dans sa braye fte, st-sim. (27,
— HIST. xv* s. C'est un chasseur sans sa trompe, Sans braguette un lansquenet, bassel. 56. || xvr s. J'ay inventé cest instrument, lequel est de fer blanc, de la figure d'une brayette, et contient environ un posson; il se doit mettre en la brayette du malade, PARÉ, XXIII, 9.
— ÉTYM. Diminutif de braie (voy. ce mot) ; norm. braguette, culotte; bourg, brayôte, pantalon.
BRAYON (bra-ion) , s. m. Terme de vénerie. Piège pour prendre les bêtes puantes.
— HIST. xiii* s. Renart i fu, si ot veûs, Le jor devant, deus las tenduz, Et un broion en terre enclos, Ren. t26).
— ÊTYM. Ane. franc, brot (que si sont pris corne oiselet à broi, Gerart de Vienne, 3693), qu'il fau' rapprocher du provençal brets, de l'italien brete, piège à oiseau.
BRÉANT (bré-an) ou BRUANT (bru-an) , s. m. Nom vulgaire de Vembériie citrinelle, dite aussi verdan
BRÈ