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BRI
n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire. Le moine disait son bréviaire : Il prenait bien son temps, la font. Fabl. vu , 9. Je trouvais le vieux voyageur levé a vaut moi , et disant son bréviaire , chateaubr. Génie , iv, iv, 8 C'était l'heure sainte où libre et solitaire, Au rayon du couchant il lisait son bréviaire, lamaht. Joe. Prol. 8. || 2° L'office même que les prêtres disent chaque jour. || 3° Fig. et familièrement, livre dont on fait sa lecture habituelle. Tacite est son bréviaire.
— HIST. xiv* s. Li breviere suer Agnès de Paris cheut en eaue tout ouvert et fut du tout mouillé dedans et dehors, Vie d'Tsabelle à la suite d« joinvii.i.e , dans le Dict. de dochez.
— êtym. Breviarium, abrégé, sommaire, parce que c'est un sommaire des prières à réciter; de brevis, bref (voy. bref).
f BRÉVICAUDE (bré-vi-kô-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la queue courte.
— Etym. Brevis, court, et cauda, queue. fBRÉVICAULE (bré-vi-kô-l'), adj. Terme de botanique. Qui a la tige courte.
— ETYM. Brevis, court, et coulis, tige.
t BRÉVIER (bré-vié), s. m. Nom vulgaire des grands oiseaux de proie.
t BRËVIFLORE (bré-vi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Oui a les fleurs courtes.
— ÊTYM. Brevis, court, et flos, fleur.
t BRÉVIFOLIÉjÉE (bré-vi-fo-li-é,ée), ad;'. Terme de botanique. Oui a des feuilles courtes.
— Etym. Brevis, court, etfolium, feuille. fBRÉVIPÈDE (bré-vi-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds courts, les jambes courtes.
— ÊTYM. Brevis, court, et pes, pied.
fBRÉVIPENNE (bré-vi-pè-n'), adj. Terme de
zoologie. Oui a les ailes courtes.
— ÊTYM Brevis, court, elpenna, aile.
fBRÊVIROSTRE (bré-vi-ro-str'), adj. Terme de
zoologie. Qui a le bec court.
— ÊTYM. Brevis, court, et roslrum, bec.
t BRÊVISTYLE (bré-vi-sti-1'), ad;'. Terme de botanique. Oui a le style court.
— ÊTYM. Brevis, court, et style.
t BRÊV1CSCULE (bré-vi-u-sku-1') , ad;. Terme didactique. Qui est un peu court.
— ÊTYM. Diminutif de brevis, court
BRIBE (bri-b'), s. f. || 1" Gros morceau de pain. Manger une bribe de pain. Il est populaire. || 2" Les restes d'un repas. Cela se changeait en un déjeuner dont j'étais le pourvoyeur, et qu'il partageait avec un autre camarade; car pour moi, très-content d'en avoir quelque bribe, je ne touchais pas même à leur vin, J. J. rouss. Confess. 1. 1| Fig. Si j'avais le moindre crédit, quelques bribes à leur jeter, ils seraient tous à mes pieds, p. l. Courier, i,86. Il 3° Phrases prises ça et là. C'était [Villars] un répertoire de romans, de comédies et d'opéras dont il citait à tout propos des bribes, st-sim. 444, 203. Je sais qu'un homme qui fait des vers mieux que moi a récité des bribes fort jolies d'un petit poème.... volt. Lett. Schomberg, 5 janv. 4 770.
— HIST. xiv* s. C'est celle qui brimbes repont [met] en son sachet, et tant y sont que moisies elle» deviennent,du cange, briba. || xvi* s. Et pour cequ'ils estoient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager, d'aub. Hist. il, 462. Il n'est vie que de coquins quand ils ont amassé leurs bribes, cotgrave.
— ÊTYM. Bourguig. bribaullai, mendier; picard, briber, manger; wallon, briber; anciea wallon, brimber, mendier; espagn. briba, gueuserie; angl. bribe, présent qu'on fait pour corrompre quelqu'un. Ces mots se rapportent d'une part à briffaud, mangeur; picard brife, morceau de pain (ital. briffalda, coureuse); et d'autre part à l'espagnol bribar, mener une vie de vagabond; ital. birbone, birbante, vagabond ; anc. franc, briban. L'italien briffalda sert d'union entre les deux formes brif et brib, et les deux sens manger et être vagabond. Du reste l'origine ultérieure de ce mot est ignorée. On a indiqué l'ancien haut-allemand bilibi, pain, conjecture sans autorité. Mais bribe, bien qu'il ait été brimbe, ne paraît pas tenir à brimborion (voy. ce mot) , qui est tout autre.
t BRIBR1 (bri-bri), s. m. Nom vulgaire du bruant de haie.
— ÊTYM. Peut-être une onomatopée prise du chant do l'oiseau-
BRIC (brik). Voy. BROC. De bric et de broc.
BRIC-A-BRAC hri-ka-brak), s. m. Objets vieux et de hasard , comme bahuts, ferrailles, tableaux, statuettes, etc. Marchand de bric-à-brac. || Auplur. Des bric-à-brac.
— ÊTYM. Mot formé àPimitation de de bricet de broc.
TîltICK (brik; quelques-uns écrivent et pronon-
cent brig), s. m. Bâtiment à deux mâts, et dont le plus grand est incliné vers l'arrière. Un page et doux coursiers attendent, et plus bas, On brick aux flancs étroits sous son poids se balance, lamart. Harold, v.
— ÊTYM. Anglais, brig.
BRICOLE (bri-ko-P), s. f. |] 1° Dans l'art militaire du moyen âge, sorte de catapulte ou de mangonneau. || 2° Terme de jeu de paume. Bond que fait la balle lorsqu'elle a frappé une des murailles. || Au jeu de billard, coup par lequel la bille jouée touche une des ban'les avant de venir frapper l'autre bille. Coup de bricole. Jouer de bricole. || Terme d'artillerie. Le boulet a frappé de bricole, c'est-à-dire après avoir rebondi. || Fig. Tour et détour des choses, causé par les résistances qu'elles rencontrent dans leur mouvement. Jouer de bricole, n'aller que par bricoles, user de moyens détournés. Il a voulu me donner une bricole, il a voulu me tromper. Tessé n'espéra plus de bricoles pour arriver au commandement de l'armée, st-sim. 97, Jo. La princesse de Guemené attrapa le tabouret par les bricoles des particuliers [intimes] et du Val-de-Grâce, id. 58, 232. || De bricole ou par bricole, loc. adv. Indirectement , d'une manière imprévue. j| S" En termes de marine, bricole se dit de la puissance qu'ont les poids, placés au-dessus du centre de gravité, pour mettre un vaisseau sur le coté. Le lest contre-balance la bricole, qui est occasionnée par le poids des mâts, des manoeuvres hautes, etc. || 4° Partie du harnais d'un cheval qui s'applique à son poitrail. La bricole du timonier s'est rompue. || Harnais en cuir qui remplace le collier pour les chevaux de trait léger, ou pour ceux qui ont été blessés à l'encolure. || 5° Lanières de cuir à l'usage de ceux qui portent des fardeaux suspendus. La bricole d'un porteur d'eau. On dit aussi bretelles. || 6° Terme de pêche. Ficelle garnie de ficelles plus minces et plus petites, qui portent chacune un hameçon. || 7" Sangle qui sert à soulever les glaces d'un carrosse. || 8" S. f.plur. Espèce de rets pour prendre des cerfs, des daims. Le cerf a donné dans les bricoles.
— HIST. xv« s. Et à l'endemain, nous prendrons terre.... et nous logerons au plus près de la ville que nqus pourrons, hors du trait de leurs bricoles, froiss. m, iv, 46. Engins, canons, trebus, espringales, brigoles, id. h, m, 406. Et aussi en autres lieux furent faits plusieurs fondreffles, bricoles et eschelles, monstrel. i, 2 9. Icelluy varlet se ferma une corde au col en manière d'une vercolle pour soustenir le limond du dit demy char. Pendant qu'ils tiroient et battoient à la vercolle, du cange, rercolenum. X la bataille de Fornoue plusieurs François contrefirent l'habillement du roy Charles VIII, pour donner la bricolle aux ennemis qui avoient envoyé le reconnoistre pour le tuer, andré de la vigne, Voy. de Naples de Charles VIII, p. 482, dans lacurne.
— ÊTYM. Espagn. brigola ; ital. briccola ; bas-lat. bricoïa: trois mots qui ont le sens de machine de guerre à lancer des pierres; sans doute de l'ancien français bric, s. m. ou briche, s. f. piège à prendre les bêtes : xin* s. Ysengrin remest [reste] en la briche, Ben. 4200; xvi* s. Pour prendre au bric l'oyseau nice et foiblet, marot, i, 264. Bric se rattache peut-être à un radical allemand brech, rompre, briser. Pour bricole, la série des sens est : machine à lancer, puis le bond que fait la pierre lancée, puis les cordes et ficelles qui servent, comme dans la machine, à quelque opération.
BRICOLER (bri-ko-lé), v. n. || i* Jouer de bricole à la paume ou au billard. || Fig. Aller par des voies obliques. La maison de Lorraine fit en sorte que Mme la duchesse de Chartres demeurât à Versailles, avec laquelle il n'eût pas été si aisé de bricoler, stsim. 72, 4 84. || 2° Terme de chasse. S'écarter à droite et à gauche de la piste, en parlant du chien. || 3° Terme de manège. S'écarter adroitement pour passer entre les arbres et les buissons, en parlant du cheval.
— HIST. xvi* s. Martiques estant couché sur le flasque d'un canon pour conteroller le pointeur, sans fronteau, une balle d'arquebuse bricolla sur la pièce et lui perça la teste, d'aub. Hist. I, 342. J'allais bricollant sans chandelle, et tombant d'un costé et d'autre, comme un homme qui seroit yvre de vin, paussy, 324.
— ÊTYM. Bricole.
t BRICOLIER (bri-ko-lié) , *. m. Cheval qui porte la bricole, qui est attelé de côté aux voitures à deux roues. || Fig. et populairement, homme qui vit d'expédients ei de raccrocs.
— ÉTYM. Bricole.
t imiCOTEADX (bri-ko-tô), s. m. plur. Pièces du métier des tisserands.
— HIST. xvi# s. Bricoteau, palet de pierre, ou-
— ÉTYM. Diminutif de bricot, petite pierre, dont sans doute le radical est le même que celui de brique.
t RRIDABLE (bri-da-bl') , adj. Qui peut être bridé.
— HIST. xv* s. Se nous fussions l'un borgne l'autre louce, Mois et chetifs, bridables en la bouce.... g. chastelain , Expos, sur vérité mal prise.
— ÊTYM. Brider.
BRIDE (bri-d'), s. f. || 1* Harnais placé à la têt» du cheval et destiné à l'arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur. La bride se compose de trois parties principales : la monture, le mors et les rênes. Mettre une bride à un cheval. La main de la bride, la main gauche du cavalier. || 2° Les rênes seules. Je voudrais donc... Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance, Par la bride guidât son superbe coursier, rac. Esth. n, 6. || Serrer la bride à un cheval. Lâcher ou rendre la bride. Tourner bride, pour prendre la fuite. || Aller à toute bride, à bride abattue, proprement, mener son cheval au grand galop; et figurément, agir sans réserve ni retenue. Il s'en moquait à bride abattue, sév. 44. Elle a un amant à bride abattue, id. 435. La modestie m'empêche de vous louer à bride abattue là-dessus, id. 12. || 3° Fig. Obstacle, frein, retenue. Lâcher la bride à ses passions. || Tenir quelqu'un en bride, le contenir, le diriger. Et pour tenir en bride un peuple sans raison, corn. Pulchér. v, S. Ils tenaient les soldats en bride, boss. Hist. m, 7. Le sénat tenait en bride les gouverneurs, id. Hist. m, 6. Dieu qui tient en bride les esprits trompeurs, id. Hist. H, 9. Dieu qui tient en bride les flots de la mer, id. Polit. S'ils tiennent la bride à leur impatience, malh. h, 4 . Cependant notre grand Alcide, Amolli parmi vos appas, Perdra la fureur qui, sans bride, L'emporte à chercher le trépas, id. ni, 4. Retenir la brid* aux effort» du courroux, mol. F. sav. i, 2. Il doit tenir la bride aux grands empressements, id. Vis. i, 2. À le conjurer de tenir ses regards en bride, hamilt. Gramm. 8. || Tenir la bride haute, courte, à quelqu'un, le diriger, le traiter sévèrement. Il est bon de lui tenir un peu la bride haute, mol. l'Av. i, 40. || Lâcher la bride, mettre à quelqu'un la bride sur le cou, c'està-dire lui laisser toute liberté d'agir. Je jouis avec plaisir et modération de la bride qu'on m'a mise sur le cou, sév. 286. Elle est admirable, quand elle a la bride sur le cou, id. 23». Pour mettre une bride sur le cou, id. 336. Je ne veux point me lâcher la bride à vous parler de mon amitié, m. 697. Que ne dirais-je pas de ma tendresse pour vous, si je voulais me lâcher la bride? id. 208. Je lâche la bride à toutes ses bontés, id. 226. Vous qui laissez la bride sur le cou d» vos moitiés, hamilt. Gramm. ». Tantôt Dieu retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, boss. Hift. m, 7. || Fig. et familièrement. Aller bride en main, c'est-à-dire agir, procéder avec circonspection. Depuis ma dernière lettre, je vais bride en main sur la louange, volt. Lett. en vers, 4 02. || Fig. Il a plus besoin de bride que d'éperon, il a plus besoin d'être contenu qu'excité. || Hocher la bride à quelqu'un, sonder ses intentions.|| 4° Brides à veaux, sottes raison», sots raisonnements, et aussi nouvelles absurdes, contes ridicules. De rien je fais brides à veaux, Régnier, Épilre m. Blasphèmes nouveaux, Vieux dictons dévots, Hapelourdes, pavots, Et brides à veaux, Que n'a-t-on pas mis Dans Sémiramis? piron, Chanson satirique sur la Sémiramis de Voltaire. Locution qui vient de ce que, les veaux ne se bridant pas, les brides à veaux ne sont rien. || 6° Lien pour retenir certaines coiffures. Brides d'un bonnet, d'un chapeau de femme. || Espèce de boutonnière qui se fait aux manches et aux cols des femmes pour les fixer à un bouton. La bride se fait en saillie sur l'étoffe; e'est un feston sur des fils posés en demi-cercle et pouvant entourer le bouton. La bride n'est attachée à l'étoffe que par ses deux côtés, tandis que la boutonnière est dans l'étoffe même. || Points aux deux extrémités d'une boutonnière pour empêcher qu'elle ne se déchire. || Maille échappée dans un bas de soie. || Brides, petits tissus de fil qui servent à joindre les fleurs les unes avec les autres dans l'espèce de dentelle qu'on nomme point de France, de Venise, de Malines. || 6° Terme de chirurgie. Filaments membraneux que l'on trouve souvent dans le foyer des abcès ou dans les plaies profondes, et qui s'opposent à la sortie du pus, ou établissent des adhérences vicieu-
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ses. Détruire les brides. || 7° Terme de marine. Sorte de grande crampe qui lie le bout de la quille avec l'étamhot. || 8" Pièce de la batterie d'une arme à feu. || Outil de charron. || l'iaque de fer, du mener (les plombiers, carrée et évidée en rond dans le milieu, pour tenir lieu de soudure. || Lien de fer pour assujettir une pièce de bois, un tuyau de conduite, etc. || 9" Bride, sorte de point d'Alençon dont le tissu st beaucoup plus fort que le réseau. || Proverbe, i cheval donné on ne regarde pas à la bride ; c'est-à-dire un présent est toujours bienvenu, quand même il y manque quelque chose pour être complet. . ' ,,
— hist. xin' s. Ifonc ne la [la fortune] pot tenir Cresus, Qu'el nel tornast et jus et sus, Qui refu roi de toute Lyde, Puis li mist l'en ou col la bride, Et Tu par ordre au feu livrés, la Rose, «6)6. En nos plors n'ot ne frains, ne brides, ib. 10667. || xiv" s. Une bride à un tissu de rouge soye, à claus esmaillés, de laborde, Émaux, p. 176. || xv s. A grant peine y [en Ecosse] recuevre l'on du fer pour ferrer les chevaux, ni du cuir pour faire harnois, selles, ni brides, proiss. ii, il, 228. Tels y en avoit, dans la suite du duc de Bourgogne, leurs houches de velours brodées, et, en lieu de grosses resnes de leurs brides, chaisnes d'or, de laborde, Émaux, p. 176. Dont jà sommes plus de cent mille Qui tous voulons tourner la bride, Et vous lairronstout esgaré, monstrel. liv. i, ch. 274. Complainte des laboureurs de France. || xvi* Lascher la bride aux lamentations et aux larmes, mont, t, 68. Les stoïciens veulent de la bride mesme à l'estude, id. ii, 24 i. Le chartier prit les renés de la bride avec la main gauche, àmyot, Cor. 40. Sylla l'envoya devant à bride abatue avec sept cens chevaux, id. Sylla, e. Il tourna bride tout court, id. Eum. 17. Quand il veit qu'il nedemandoit plus qu'à courir, alors il luy donna carrière à toute bride, id. Alex. 9. Les valets qui beu-
voient à toutes brides, carl.iii, 8 etluyenmect
la bride sur le col [s'en rapporte à lui], id. vii,i». Brides à veaulx, gênin, Récréai, t. n, p. 236.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. brida; ital. briglia ; de l'anc. haut-allem. brittil, pritil, et, par contraction, britl. De pritil vient une autre forme italienne, predetlo.
BRIDÉ, ÉE (bri-dé, dée), part, passé. || 1° Cheval sellé et bridé. || 2" Fig. Retenu, contenu. Bridé entre les menaces de la société et son inclination naturelle, sêv. 449. Il a l'imagination tellement bridée, que je crois.... id. 37. Je retrouve ce premier mal, quand je ne suis pas bridée par l'autre, id. 387. || 3° Oison bridé, oison à qui on a insinué une plume dans les ouvertures des narines pour l'empêcher de passer à travers les haies; et figurément, personne sans intelligence. Ou des oisons bridés, guenuches, éléphants, Régnier, Sot. xi. ||4" Terme didactique. Qui offre une ou plusieurs raies colorées allant du dos vers la tête.
f BRIDEMENT (bri-de-man) , s. m. Action de brider.
— HIST. xvi* s. Grande gueule et bien fendue, pour le facile bridement, o. de serres, 301.
— ÉTYM. Brider.
BRIDER (bri-dé), v. a. || 1* Mettre la bride à un cheval, à un mulet, etc. Brider un cheval. || Absolument. Il est temps de brider. || Fig. Brider son cheval, son âne par la queue, s'y prendre mal. || Brider la figure à quelqu'un d'un coup de fouet, cingler un coup de fouet au travers du visage. || 2° Par extension, trop serrer. Le béguin que vous avez mis à cet enfant le bride trop. || 3° Fig. Contenir. Blaye était solide, une place qui bridait la Guyenne et la Gascogne, st-sim. 6, 82. Charles XI [de Suède] s'affranchit de tout ce qui bridait l'autorité royale, id. 47, 38. Il bride la fureur de la mer, boss. Effic. 1. La crainte, en moi, fait l'office du zèle, bride mes sentiments.... mol. Fest. i, t. La raison, trop farouche au milieu des plaisirs, D'un remords importun vient brider nos désirs, boil. Sat. iv. Chacune vint pour briderce caquet, gress. Vert-Vert, ch. iv. || 4° Fig. Brider la bécasse, se dit en parlant de quelqu'un qu'on attrape et qui d'ailleurs n'a pas grande finesse. Ma foi , monsieur, la bécasse est bridée, mol. Àm. méd. m, 9. || Brider s'emploie seul, dans le même sens. D'un zèle simulé j'ai bridé le bon sire, m.l'Étour.iv,i . || 5" Terme de pêche. Brider un filet, en serrer les bords. || Terme de cuisine. Brider une volaille, passer une ficelle dans les cuisses pour les assujettir. || Terme de fauconnerie. Brider les serres d'un oiseau, lier une serre de chacune des pattes. || Terme de marine. Lier ensemble des cordages parallèles. || Terme d'église. Brider les clochas, en Uer les battants pour
BRI
carillonner. || Terme de carrier. Brider une pierre, l'attacher avec le bout du câble pour la tirer en haut. || 6° Terme de manège. Brider la potence, donner contre la potence, au lieu d'emporter la bague. || Se bien brider, se dit d'un cheval dont la tête est placée bien et perpendiculairement au sol. || Proverbe. Chacun bride sa bête, c'est-à-dire chacun se conduit à sa manière, à sa fantaisie.
— iiist. xv* s. Ils lui voulurent oster son auctorité et le voulurent brider que il ne peust user de auctorité de roy, comm. v , 18. || xvi* s. Occuper les esprits à certain subjet qui les bride, mont, i, 32. Faire brider l'asne par la queue, id. i, 72. Il feit commandement que l'on s'armast, et que l'on bridast les chevaux, amyot, Eum. 18. Cette trouppe n'eut pas loisir de brider le casque, qu'ils voient arriver Lusignan, d'aub. Hist. n, 354.
— Étym. Bride. Brider la bécasse. Voy. bécasse. BRIDEDSE (bri-deû-z') s. f. Celle qui, repassant
la couchure, finit la bride, peint d'Alençon.
t BRIDIER (bri-dié), s. m. Ouvrier qui fait les brides.
f BRIDOIR (bri-doir), s. m. Terme de manège. Mentonnière.
— ÉTYM. Brider.
f BR1DOISON (bri-doi-zon),s. m. Niais, sot, stupide.
— HIST. xvi' s. Bridoye, nom, dans Rabelais, Pant. 39-43, du juge qui décidait les procès par un coup de dés.
— ÊTYM. Brider, oison. Nom d'un personnage de la comédie du M ariage de Figaro, de Beaumarchais: En robe ici, seigneur Bridoison! ce n'est qu'une affaire domestique; l'habit de ville était trop bon, m, 14.
f BRIDOLE (bri-do-1') , s. f. Terme de marine. Appareil servant à ployer les bordages courbes, pour qu'ils se joignent sur la membrure du bâtiment.
— HIST. xv s. Engins, bridolles, mongonneaux Faisoit ou moult bons et moult beaux, Gloss. de l'hist. de Bref, dans lacurne ste-palaye.
— ÊTYM. Ce parait être une autre forme de bricole, qui se trouve aussi écrit brigole.
BRIDON (bri-don),î. m. Bride très-simple à mors articulé, dont on se sert au lieu de la bride ordinaire, pour les chevaux de tirage commun, pour les chevaux de course, pour ceux que l'on promène ou que l'on conduit à l'abreuvoir. || Scier du bridon, tirer alternativement sur l'une et l'autre rêne, ce qui fait aller et venir l'embouchure du bridon.
— ÉTYM. Bride.
f BRIDURE (bri-du-r'), s. f. Terme de marine. Action de réunir des cordages pour en augmenter la force.
— HIST. XV s. Que les jurez puissent arrestertous les draps où l'on trouvera barres ou bridures ou gratisses, du cange, gratus.
— ÊTYM. Brider.
f 1. BRIE (brie), s. f. Instrument du vermicellier servant à donner la dernière façon à la pâte. || Outil de bois analogue du boulanger et du pâtissier.
— ÊTYM. Broyer, qui s'est dit brier. f 2. BRIE (brie), s. f. Voy. braye.
{ 3. BRIE (brie), s. m. Fromage de Brie. Donnezmoi du brie.
— ÊTYM. Nom du pays, la Brie, où l'on fait ce fromage.
f BR1ÊE (bri-ée) , s. f. Quantité de pâte travaillée avec la brie.
— ÉTYM. Brie 1 .
BRIEF, BRIÈVE (bri-èf , bri-è-v') , ai). De peu de durée. Briève description. Briève sentence. || On ne le dit plus qu'au féminin.
— ETYM. Ancienne forme de bref (voy. ce mot), f BRIER (bri-é) , v. a. Écraser la pâte avec la
brie.
— ÉTYM. Brie 1.
BRIÈVEMENT (bri-è-ve-man) , adv. En peu de mots. Nous avons montré aussi brièvement qu'il a élé possible, quelle est la dignité de duc et pair dans tous les âges de la monarchie, st-sim. 372, 198.
— HIST. xnr s. Et briement la matière espondre et deviser, Berte, m. Briement, el [Beauté] fu jonete et blonde, Sade, plaisant, aperte et cointe, la Rose, 1018. Un livre, par lequel cil qui désirent vivre en pais soient ensaignié briement comment il se deffendront, beaum. 11. Si est bon que noz disons briement comment demande doit estre fête par devant justice, id. VI, 2. || xv" s. Ils lui firent entendre [à Edouard IIIJ que ledit comte de Kent le vouloit empoisonner , et le feroit mourir brièvement s'il ne s'en gardoit, froiss. i, i, 60. La quelle chose fut très briefvement faite, Bouciq. i, ch. 1». Il dit brièvement qu'il y pourvoirait,
CRI
louis xi , Nouv. Lit. || xvr s. Il nous le faut brevment expliquer et confermer, calv. Instit. 250. Kt brefvement, je ne sçavois que faire, marot, i, 324.
— ÉTYM. Provenç. breumen ; espagn. et ital. brevemente; briement dans l'ancien français, de brie, pour brief, féminin dans la vieille langue; brièvement, de briève, féminin dans la langue moderne, et du suffixe ment.
BRIÈVETÉ (bri-è-ve-té), s. f. || 1" Courte durée. La brièveté de la vie, du temps. Que l'un et l'autre s'exécutât dans la brièveté de vos années, bourd. Dominicales, i, Afflict. des justes, 166.||2" En parlant du style, concision. Cet auteur recherche la brièveté. La brièveté sous laquelle gémit nécessairement une matière si féconde, me fera supprimer une infinité de passages, st-sim. 372, 181.
— REM. MM. de Port-Royal voulaient qu'on dit breveté (voy. ce mot) ; mais Ménage remarque que la prononciation générale était brièveté.
— HIST. xiv s Desqueles alléguer je me passe
à présent pour cause de briefeté, oresme, Elh. 163. || xV s.Quejenenommeraypaspourbriefveté.coMM. i, 2. || xvi* s. Lequel des deux t'a le plus gref esté, Ou la longueur du jour que desiras, Ou de la nuict la grande breveté, marot, ii, 293. J'en produi seulement un petit nombre, m'estudiant à breveté, calvin, Insli t. 161 . Les Athéniens s'esmerveillerent grandement de la soudaineté et brièveté de son langage, amyot, Caton, 25.
— ÉTYM. Provenç. brevitat, breugetat; espagn. brevedad; ital. brevitd; de brevitatem, de brevis, bref.
| BRIFAUD ou BRIFAUT (bri-fô) , s. m. || 1» Gourmand ; enfant mal élevé. Populaire. || 2° Nom de chien de chasse. L'autre fit cent tours inutiles, Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut Tous (es confrères de Brifaut,LA font. Fables, ix,l4.
— HIST. un* s. Qu'est donc la treille devenue? Brifaut, vous l'avez brifaudée, Nouveau recueil de fabliaux, 1. 1, p. 74. || xv s. Il font entre eulx Dieu d'un brifault: Nostre auctorité point n'y fault, Ce vont-il preschant en leur prone, Martyre de Saint Pierre et saint Paul. || xvi* s. Et qui pis vaut, S'aucunbriffaut Vienten leur game, Tantost il faut Qu'il soit nigaut En brief espace, Le blason des faulces amours, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Brifer. Brifaud, celui qui brife, qui mange beaucoup.
f BRIFAUDER (bri-fô-dé) , v. a. Donner le premier peignage à la laine.
f BRIFE (bri-f),î. f. Gros morceau de pain. Mot populaire. || Redoublement d'appétit du veràsoie aux approches des mues.
— ÉTYM. Voy. bribe, dont brife n'est qu'une forme dialectique.
f BRIFER (bri-fé),t>. a. || 1° Manger avidement. Mot populaire. Par le bon accueil de mon père, Et par sa table où tu fis chère, Trinquas et briffas tout ton soûl, Seconde suite du Virgile travesti, liv. x. || 2° Familièrement. Froisser ou gaspiller du linge
— hist. xvi's. Oh! le bon appétit ; ■voyez comme il briffe, du pail, Propos rustiques, xn.
— ÉTYM. Brife.
fBRIFEUR, EUSE (bri-feur, feû-z"), s. m. et f. Celui, celle qui brife, qui mange avidement. || Mot populaire.
— ÊTYM. Brifer.
| BRIFIER (bri-fié), s. m. Bande de plomb dans l'enfattement d'un bâtiment couvert d'ardoise.
BRIG (brigh), i. m. Voy. brick.
BRIGADE (bri-ga-d'), s. f. || 1° Corps de troupes composé de deux régiments. Brigade d'infanterie, de cavalerie. Un général de brigade. || 2° St-Simon l'a pris, dans l'ancienne armée, pour grade de brigadier. M. de Noailles procura un régiment àGenlis et le poussa fort brusquement à la brigade, st-sim. 25, 37. || 3" Par extension, troupe, bande. Le péril approchait, leur brigade était prête, corn. Cid, rv, 3. Et partout des passants enchaînent les brigades, boil. Sat. vi. || i° Autrefois escouade de cavaliers en général, aujourd'hui réunion de deux ou plusieurs gendarmes sous les ordres d'un brigadier, qui résident en une localité. || Brigade de sergents de ville, réunion de quelques sergents de ville sous un chef, et pour un objet déterminé. || Brigade de sûreté, réunion de quelques agents de police veillant à la sûreté d'une ville, d'un quartier pendant la nuit. || 5° Dans les ports de mer, un certain nombre d'ouvriers ou de matelots réunis pour travailler. Uns brigade de charpentiers, de calfats.
— HIST. xv* s. Puis quant la bourgeoise est en galles, Une caterve, une brigade Vient jouer aux sons des cimbales, coquill. Droits nou\ eaux. Quant
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tu seras en ta maison et ouideras estre bien sauvement, je te y mènerai tele brigade que tu ne oseras saillir ne yssir, du canoë, brigala. Quant aux deux ducs, seigneurs anglois et les comtes dessus nommez . disnerent l'un avec l'autre comme en brigade, monstrelkt, t. h, p. 4 78 , tîerSO , dans LAcurne ste-palayb. À ces mots entra le preux Nozgel accompagné de deux escuyers, et salua toute la brigade, puis dist : Seigneurs.... Perceforest, t. v, f" 60, versa, dans lacurnb. Sire, combattons hardiement, combien qu'ils soient grant nombre de gens; car en la plus grosse brigade point ne gist l'heur, ib. t. m, f* 47, verso. Quand la brigade [deux ou trois buveursl futbien repue, louis xi, Nouv. vu. || xvr s. La cavallerie qui estait dedans, couroiten trois brigades, d'aub. Vie, lx. Les estrangers [au nombre de 3oo] se départent par brigades pour les garder, id. Hist. h, 41. Tes bocages soient toujours plains D'amoureuses brigades De satyres et de sylvains,
— ÊTYM. Bas-lat. brigala; ital. brigada; du baslat. brigare (voy. briguer).
BRIGADIER (bri-ga-dié; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les brigadié-z et les soldats) , s. m. || 1° Titre donné au soldat revêtu du grade le moins élevé dans la cavalerie. || 2° Dans la gendarmerie, le sous-officier qui commande une brigade. || 3° En termes de marine, le premier des matelots d'une embarcation. || 4° Autrefois brigadier des armées du roi , officier dont le grade tenait le milieu entre ceux de colonel et de maréchal de camp. Du titre et de la charge de brigadier d'armée, le p.daniel, Milice (r. ix. ch. 4.
BRIGAND (bri-gan; le d ne se lie pas dans le parler ordinaire; dans le parler soutenu on dit : un brigan-t armé; au pluriel, des bri-gan-z armés), s. m. || 1» Celui qui exerce le vol et la pillerie par la force et les armes. S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent, rao. Mithr. m, 4. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, id. Phèd. iv, 2. Les brigands du midi, du nord et de l'aurore, volt. Tancr. 1,1. || Fig. Et toi, Byron, semblable à ce brigand des airs [l'aigle], lamart. Héd.i, 2. || 2" Par extension, celui qui commet des exactions et des concussions. || Mirabeau a dit brigande au féminin : Estil besoin de vou3 rappeler qu'une nation, souveraine lorsqu'elle impose, n'est que débitrice quand elle paye? Et que la nation, souveraine quand elle impose, est brigande et voleuse quand elle ne paye pas ? mirabeau, Collection, t. v, p. ». Cet emploi du féminin, qui aujourd'hui n'aurait pas faveur, «'autorise aussi d'un exemple d'Amyot.
— HIST. xiv* s. Brigand , c'est une manière de gens d'armes courant et apert, à pié, du canoë, brigancii. Pour Guillaume Colet archer à cheval, et quatre brigands à pied, id. ib. Légions par lesquelx Romain fesoient leurs batailles, si come sont aujourd'hui servans oubrigans; quar comunement Romain se combatent plus à pié que à cheval, berciieure, f° 4 , verso. Par foi 1 dist li heraus, qui vit la compaignie, Bien [il] resamble brigand qui les marchans espie, Guescl. 2583. ||xv* s. Quand ils furent tous assemblés à Saint-Quentin [l'expédition du duc de Normandie contre les Flamands], Us trouvèrent qu'ils estoient bien six mille armures de fer, et huit mille, que brigands [soldats à pied], que bidaux, que autres poursuivans Vost, froiss. i, i, 4 09. Quand une partie des fossés furent tous emplis, que on pouvoit bien aller sûrement jusque» au pied du mur, il fit arrouter bien trois cents archers, et, devant eux, passer bien deux cents brigands, tous pavoissés, qui tenoient grands pics et hoyaux de fer,
id. i, i, 233. || xvi' s Semble au brigand qui, sur
les champs caché , L'innocent tue en caverne secrète, Et de qui l'œil povres passans aguette, marot, iv, 246. Il nettoya de brigands et de larrons tous le païs, amyot., Marius, 7. Les autres ont escrit que cette Phaea estoit une brigande, meurtrière, et abandonnée de son corps, id. Thés. 4 1.
— ÊTYM. Provenç. bregan, soldat mal discipliné; espagn. bergante, coquin; portug. bargante, même sens; ital. brigante, intrigant, séditieux; bas-lat. brigancii, brigantes, brigandi. Le brigand dans l'origine était un soldat à pied, dont le nom, ce semble, ne se montre qu'au xiv* s. Les pilleries des gens de guerre, si fréquentes dans le moyen âge, firent passer le mot du sens honorable de soldat à celui de voleur et de pillard. Le brigand est celui qui appartient à une troupe, à une brigade (d'où soldat) ; le brigand, la brigade dérivent de brigue (voy.ee mot), qui a le sens général de occupation, affaire, réunion, association.
BRIGANDAGE (bri gan-da-j'), t. m. || 1" Volerieà
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main armée, tu céderas ou tomberas sous ce vainqueur,Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... nous verrons la fin de tes brigandages.... et la navigation va être assurée par les armes de Louis, itoss. Harie-Thér. || Volerie en général. Vous êtes pilier né de tous les lansquenets Qui sont pour la jeunesse autant de trébuchets; Un bois plein de voleurs est un plus sûr passage; Dans ces lieux jour et nuit ce n'est que brigandage, reqnard , joueur, 1 , 7. || 2° Par extension, concussion, exaction, déprédation. Une compagnie qui, dans son administration indienne, n'a subsisté que d'un secret brigandage, volt. Louis XV, 36. La régie était un chaos, l'ignorance extrême, le brigandage au comble, id. louis XI V, 4.
— hist. xv s. Les brigandaiges de Dangier, ch. d'orl. Bail. 86. xvi* s. Ce que les barbares jadiz appelloyent proesses, maintenant nous appelions briguanderies et meschancetez, rab. Gar. i, 46. Les Hespagnolz estimoient encore lors, que c'estoit une belle chose que vivre de brigandage, amyot, Iforius, 7. Brigandages, larcins et tout ce que la nuit Renferme de mauvais quand le soleil ne luit, rons. Le bocage royal, 4" partie, À lui-même.
— ÊTYM. Brigand.
BRIGANDEAU (bri-gan-dô), s. m. Petit brigand. Il sedit d'un agent d'affaires qui metsesclients à contribution. || Par extension, jeune homme qui, emporté par la passion, fait une action blâmable. Chérubin: Oh! que oui, j'oserai; tu prends sa place auprès de monseigneur, moi celle du comte auprès de toi; le plus attrapé, c'est Figaro. — Figaro : Le brigandeaul beaum. Mar. de Figaro, v, 6.
— HIST. xvi* s. Brigandeau, oudin.
— ÊTYM. Diminutif de brigand.
BRIGANDER (bri-gan-dé), v. n. Se livrer au brigandage, se conduire en brigand. Les principaux mandataires de l'autorité, dans cette province, sont accusés depuis 40 ans de brigander sur les grains, mirabeau, Collection, t. I, p. 39. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, et est familier.
— HIST. xvi* s. Qu'ils me respondent en brief, assavoir si l'ordre des diacres est une licence de desrober et brigander , calv. Instit. 880. Sans crainte [il] briganda le sceptre [pilla le royaume] des François, rons. 72t.
— ÊTYM. Brigand.
BRIGANDINE (bri-gan-di-n'), ». /*. Armure ancienne en forme de cotte de mailles.
— HIST. xv* s. Arbalestriers à pied armez de bonnes brigandines, salades et arbalestes bien garnies de viretons, juvenal des ursins, Hist. de Ch. VI, 1446, p. 333, dans lacurne ste-palaye. || xvi* s. Ouvriers parfaits de forger brigandines, st-gelais , Verger d'honneur.
— ÊTYM. Brigand, soldat à pied. Armure ainsi dite par ce que ces soldats la portaient.
BRIGANTIN (bri-gan-tin), s. m. || i'Petitbâtiment à un ou deux mâts, gréé comme un brick, et qui n'a qu'un pont. || 2° Petit vaisseau plat, léger et ouvert, qui va à la voile et à la rame, et qui sert à combattre ou à donner la chasse. || 3" Sorte de lit portatif de campagne.
— HIST. xv* s. Une manière de vaisseaux courans, lesquels on nomme brigandins, froiss. t. îv, ch. 4 8, dans du cange. || xvi* s. Il ne laissa point de se mettre à la voile avec trois briguantins de la Grèce et autant de galiottes rhodiennes, amyot, Lucull. 4.
— ÊTYM. Bas-lat. brigentinus; ital. brigantino , anciennement vaisseau de course. On a dit que ce mot venait de brig ou brick; mais brig ou brick ne comporte aucun suffixe de ce genre : brig-anlin. Il faut y voir un dérivé de brigant : brigant-in; c'està-dire le vaisseau destiné à la course.
BRIGANTINE(bri-gan-ti-n'),*. {. || 1° Petit bâtiment en usage dans la Méditerranée. || 2" Voile particulière au brigantin.
— ÊTYM. Brigantin.
t BRIGACT (bri-gô), s. m. Gros bois neuf à brûler. || Bout des branches des arbres qu'on abat.
t BR1GITTIN (bri-ji-tin),t.m. Ordre de religieux fondé en 4 344 par sainte Brigitte, sous la règle de saint Augustin. Chaque monastère doit être double, l'un de religieux, et l'autre de religieuses.
f BRIGNE (bri-gn'), s. f. L'un des noms vulgaires du bar.
BRIGNOLE(bri-gno-l'),t./". Prune desséchée qu'on tire de Brignoles, ville de Provence.
BRIGUE (bri-gh'), s. f. || «."Manœuvre par laquelle, poursuivant quelque objet, on engage des personnes dans ses intérêts. Brigues dans les élections. La brigue pour le consulat était plus animée que jamais.
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Les candidats commencèrent leurs brigues. Lois contre la brigue. Convaincu de brigue. On fait sa brigua pour arriver à un grand poste, la bruy. 8. Je fus sourde à la brigue et crus la renommée , rac. Brit. iv, 2. Fermons l'œil aux présents et l'oreille à la brigue, id. Plaid, n, 4 4. Pour moi j'ai su déjà, par mes brigues secrètes, Gagner de notre loi les sacrés interprètes, id. Baj. i, 2. Combien pour le répandre [le sang romain] a-t-il formé de brigues? id. Cinna, i, s. Fabius Ambustus fit une brigue si puissante que non-seulement il vint à bout de faire renvoyer le héraut sans satisfaction.... vertot, Bévol. rom. ni, p. 496. Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues; N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, boil. Art p. iv. Des brigues, des partis l'un à l'autre odieux, Le Parnasse idolâtre adorant de faux dieux, oilb. Le XV1IP siècle. || Fig. Sollicitation amoureuse. La secrète brigue Que font auprès de toi Don Sanche et Don Rodrigue , corn. Cid, i, 4. || 2° La réunion des gens qui coopèrent à la brigue. La brigue est nombreuse et puissante. On dit môme qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, rac. Phèd. i, 4.
— HIST. xiv* s. Ce estoit commencement de brigue [querelle] ; car li tribuns commandoient au peuple que il s'en alast, et li consulz ne le souffraient, bercheure, f° 64, verso. Comme la brigue fust un po apaisiée, id. f° 47, verso. Vous savez que mes adversaires ont commencié la riote et la brigue [querelle] par leur oultrage, J/tfnogier, 1,9. ||xv's que
c'estoit le duc de Guyenne qui vouloit eslargir ses limites et qui commençoit toutes ces brigues, comm. m, 8. || xvi* s. X la nomination de ces juges il y eut de grandes brigues, d'aub. Hist. n, 232.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. brega; portug. et ital. briga; bas-lat. briga, querelle, rixe; d'un radical brig, qui parait signifier agitation, occupation, mais qu'on ne peut rattacher à rien de connu d'ailleurs.
BRIGUE, ÊE (bri-ghé, ghée), part, passé. Il eût été difficile de lui refuser une grâce si peu briguée, ponten. Chaielles.
BRIGUER (bri-ghé), v.a. || l'Tâcherd'obtenirpar brigue. Briguer les honneurs. On brigue ardemment cette magistrature. Les charges furent briguées avec fureur, boss. Hist. m, 7. Je me perdrai plutôt dans quelque affreux climat Qu'aller, tant qu'il vivra, briguer le consulat, corn. Serlor. iv, 3. Ainsi de tous les Grecs je brigue le suffrage, rkc. Androm. i, 4. || Absolument. Elle-même a brigué pour me voir souverain, corn. PulcMr. n, 4. Ëgisthe qui briguait en secret pour ce choix, lemerc. Agamemnon, il, 6. || 2* Solliciter, rechercher avec ardeur. Tous vos rois à l'envi briguent votre hyménée, corn. Sertor. n, 2. On briguerait en foule une si belle mort, id. Hor. n, s. Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix.... id. Brit. iv, 2. Parmi tant do beautés qui briguent leur tendresse, id. Baj. i , 3. Et qu'un cœur accablé de tant de déplaisirs De son persécuteur ait brigué les soupirs , id. Androm. II, 4.
— HIST. xvi* s. Il alleguoit encore les misères d'une armée non payée; à faute de quoi, ils nepouvoient attendre qu'une mutinerie d'Allemans : il briguoit les plus las de la guerre, d'aub. Hist.i, 232. Un nommé Melcio (qui briguoit parmi ces peuples désespérez pour empescher la paix) en obtint par ce moien la rupture, id. V6. i, 263. Hz briguoient eulx mesmes pour le faire continuer en cest office, amyot, Arist. to. Ceulx qui briguoient ambitieusement et souvent les estats et offices de la chose publique, lo. Calon, 4 c. Les satrapes se meirent à briguer et flatter les soudards, id. Eum. 30.
— ÊTYM. Brigue; provenç. briguar; ital. brigare. BRIGUEUR, EUSE (bri-gheur, gheù-z'), s. m.
et f. Celui , celle qui brigue.
— HIST. xv* s. Ponsart, qui estoit un homme de mauvaise vie et gouvernement, brigueur joueur du dez, du cange, briga. ||xvi*s. Tous ces brigautsou brigueurs de la royauté ne sont ny propres ny suffisants ny à nostre goust, Sat. Mén. p. 4 79.
— ÊTYM. Briguer.
BRILLAMMENT (bri-lla-man , Il mouillées, el non bri-ya-man), adv. D'une manière brillante. Ce duo a été brillamment exécuté.
— ÊTYM. Brillant, et le suffixe ment.
BRILLANT, ANTE (bri-llan, llan-f, Il mouillées,
et non bri-yan), adj. || 1° Qui brille. Tout brillant d'or. Couleur brillante. Rendre les outils brillants. Son plumage est alors plus brillant. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts, brillante de clartés? rac. Athal. ni, 7. Deux crocodiles se dispu-
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lent au printemps une femelle brillante, chateaubr. Natch. m, <<i«. || 2° Fig. Frappant, remarquable. Brillant de gloire. Gloire brillante. D'une origine très-brillante. Tomber d'une position brillante. Brillant fait d'armes. Au moment le plus brillant de sa rie. Un génie brillant. Il n'y a jamais eu une fortune si longue et si brillante que celle du roi Louis XIV, BouHOtms, Nnuv. remarq. On a fait à la mrre des propositions brillantes, m. ib. C'est un parti sage à la guerre que de se tenir quelquefois sur la défensive; mais ce n'est pas le plus brillant, m ib. Ses qualités n'étoient pas si brillantes que celles du roi, id. ib. La fin de ce discours démentit crueilement les brillantes espérances que le commencement m'avait données, J. J. bouss. Confess. m. Brillant éloge, corn. Sertor. H, 2. Jusqu'à cette faveur Dont je n'accepte point le brillant déshonneur, m j chén. Tibère, iv, 3. Est-ce là cette humeur nflexible et sauvage Oui fuyait de la cour le brillant esclavage? delav. Vêpr. sicil. i, 2. || En parlant des personnes, qui attire l'attention, l'admiration par des qualités brillantes. C'est un homme brillant. Un brillant orateur. Un officier brillant. || Somptueux, magnifique. Des bals brillants. Une brillante fête. Une suite brillante. On brillant état-major. || 3» Qui a de l'éclat, en parlant du style et des choses littéraires. Rendre le style brillant. Êlocution brillante. Expressions brillantes. Les passages qui vous ont paru les plus brillants. || Vif, éclatant à l'oreille, en même temps qu'agréable. Des sons brillants.'Un jeu briUant, en parlant d'un musicien. || 4- Florissant. Santé brillante. Brillant de santé. Des chanoines vermeils et brillants de santé, boil. Luit. i. || 6° S. m. Qualité de ce qui brille. Donner du brillant à l'acier. Le brillant d'une pierre précieuse. Sur la broderie Eclatait le brillant de mainte pierrerie, Régnier, Épit. 1. Pour donner aux instruments un brillant qui en émousse la force, mass. Car. Paroi. || Fig. La gloire dans les armes n'est tout au plus que la moitié du brillant qui distingue les héros, hamilt. Gramm. 4. Son frère atné n'avait pas tant de brillant, m. ib. e. Et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux N'ôte point leur vieux lustre à mes premiers travaux, corn, au Roi, sur Cinna, Pompée. Ne vous enflez donc point d'une si grande gloire Pour les petits brillants d'une faible victoire, mol. Mis. m, 6. Aux brillants d'une telle victoire, m. la Princ. 1,4. Comme par son esprit et ses autres brillants II rompt l'ordre commun et devance le temps, id. ilélic. 1,4. Les alliances de belles-filles de ministres [Louvois, Colbert] les soutenaient dans ce brillant nouveau, st-sim. 44, 5. || Brillant se dit des œuvres des lettres et des arts. Il y a du brillant dans ce poSme. Ce musicien a du brillant dans son jeu. || 6° Taille du diamant qui lui fait une face plane supérieure entourée de facettes, et une culasse composée de facettes allongées. Tailler en brillant. || Diamant taillé de cette façon. Brillant d'une très-belle eau. J'eus besoin d'argent il y a quinze mois , j'avais un brillant de cinq cents louis; on m'adressa à M. Turcaret, le sage, Turcaret, m, 6. || Pierre montée en brillant, à la manière des brillants, pierre montée à jour. || Par extension. [I1J sema de brillants les voûtes azurées, botr. St Gen. m, 2. Mais voyant de ses yeux tous les brillants baisser, mol. Tart. i, i. || Faux brillants, diamants faux. || Fig. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, corn. Hér. i, t. En vain l'ambition .... D'un faux brillant d'honneur pare son noir ouvrage, id. Sertor. 1,1. Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre Ne sont que faux brillants.... boil. Sat. xi. || En parlant du style, faux brillants, pensées qui ont de l'éclat, muis un éclat trompeur, et s'évanouissant
devant la mt ndre lumière Jamais dans mes
discours Je n'ai d'un faux brillant emprunté le secours, boil. Sat. xn. || 7° La carte principale au jeu de la ferme (le six de coeur).
BRILLANTE, ÉE (bri-llan-té , tée, «mouillées, et non bri-yan-tê) , pari, passé. || i° Un diamant brillante. Un style brillante. || 2° Substantivement. Le brillante est une étoffe de coton blanc, à fleurs ou à dessins tissés de façon que ces dessins sont brillants à l'endroit et comme en relief. || Un brillante, une dentelle factice.
BRUXANTER (bri-llan-té, Il mouillées, et non bri-yan-té), v. a. || 1° Tailler un diamant à facettes par-dessus et par-dessous. || 2° Fig. Le syndicat n'était point alors brillante par une place permanente dans les États, mirab. Collect. t. i, p. <02. || Brillanterson style, le charger d'ornements d'un goût suspect.
— étym. Brillant.
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fBRITXEMENT (bri-lle-man , Il mouillées, et nonbri-ye-man), s. m. Etat de ce qui brille.
— hist. xvr s. Brillement, oudin, cotgrave.
— ÉTYM. Briller.
t. BRILLER (bri-llé, Il mouillées, et non bri-yé), v. n. || i" Être lumineux ou poli. La lune brille d'une lumière empruntée. Briller de l'éclat de l'or. L'or et les diamants brillent sur ses habits, volt. Scythes, i, t. On se menace, on court, l'air gémit, le fer brille, rac. Iphig. v, 5. Levant au ciel ses yeux mouillés de larmes Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes, id. Brit. n, 2. || Fig. Le feu brille dans ses yeux. Et d'un œil où brillaient sa joie et son espoir, rac. Androm. v, 2. N'aurai-je vu briller cette noble chaleur... ? id. Iphigénie, I, 2. || Faire briller, montrer. Fais briller la couronne à ses yeux, RAC.Pftèd. m, 1. 1| 2° Attirer les regards par l'éclat des couleurs, la beauté, la pompe. On admire ce qui brille. La gloire est plus solide après la calomnie, Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie, corn. Nicom. îv, i. Parles hautes vertus et les illustres marques Qui font briller en lui le sang de vos monarques, id. Nie. il, 3. Tout ce qui brille moins remplit mal son attente, id. Ilor. v, 2. L'âme du jeune Crasse et celle de Pompée, Le sang des Scipions protecteur de nos dieux Parlent par votre bouche et brillent dans vos yeux, id. Pomp. m, 4. Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe sa vertu qui brille à tous les yeux? rac. Phèd. v. 3. Le sang de nos aïeux qui brille dans Junie. id. Brit. i, 2. Alors qu'une œuvre brille et d'art et de science, Régnier, Sat. ix. Il y a vingt ans que vous brillez en Provence, sév. 508. Elle est partie de chez Bayard après y avoir brillé, id. 28). Il trouva le moyen de briller par mille petits récits, hamilt. Gramm. 4. Pour le voir brillera la cour de France, id. t'6. C'était de mon temps Que brillait madame Grégoire, bêrang. Mme Grégoire. || Briller par son absence, se dit d'une personne assez considérable ou d'une chose assez importante pour que l'absence en soit remarquée. || 3° Exceller, avoir la prééminence. Elle brilla dans toutes ses réponses, sév. 419. Pour en venir à bout il faudra batailler. — Tant mieux, c'est où je brille, et j'aime à ferrailler, regnard, Foliesamour. i,6.Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier, volt. Henr. i. Je te promets que ces petits talents , dont on ne fait aucun cas chez nous, servent bien ici ceux qui sont assez heureux pour les avoir, et qu'un homme de bon sens ne brille guère devant eux, montesq. Lelt. pers. 82.
— HIST. xvi" s. Sur tous autres brilloient d'ardeur de combatre les jeunes gentilz hommes et chevaliers romains, amyot, César, 56. Il lui sauta au col, et, s'en estant assuré par le moyen d'un poignard qu'il fit briller à ses yeux, il se rendit maistre de la dite porte, d'aub. Vie, cliv.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. brillar ; portug. brilhar ;it&l. brillare. L'italien ne disant pas brigliare, le radical doit avoir II; par conséquent l'étymologie, donnéedepuislongtemps, deberillus, sorte de pierre brillante, est bonne (voy. béryl). L'historique ne va pas plus haut que le xvi' siècle. Ce mot, si ancien dans les autres langues romanes, serait-il venu par emprunt dans le français? ou plutôt ne faut-il pas penser qu'il gît dans quelque texte ignoré ou qu'il était vivant dans la langue populaire? Et en effet on trouve, dans un texte du xiv" siècle : Deux brilleus mengenz à court, du cange, brilleus. Brilleus, de briller, homme de service qui éclaire. On trouve aussi le substantif bril dans le xv° siècle : Que diriezvous du froit mois de janvier, S'il se vouloit marier à avril, Qui fait les fleurs et printemps verdoier, Arbres et prez et chanter soubz le bril [sous l'éclat de beau temps] Le très plaisant rossigno'l, eust. desch. Poésies mss. f° 227, col. 3, dans lacurne saintepalaye. Bril, éclat, est aussi dans Oudin.
2. BRILLER (bri-llé II mouillées, et non bri-yé), v. n. Terme de chasse. || 1° Bien quêter, en parlant d'un chien.... laisse ses chiens briller parmi les terres, bréb. Phars. iv. || 2° Chasser aux flambeaux.
— HIST. xin* s Lescondit [l'homme éconduit]
rueve [demande] où aler briller, Ane. poés. dans lacurne ste-palaye. Il xiv* s. X prendre les mauvis à briller a très bon déduit, et se faicten vendanges.... adonques doit on faire emmy la vigne une grant loge de feuilles, où il puisse tenir trois compaignons ou quatre, et a chacun un brillet qu'il boute parmy la loge et son pertuis par où ilz les boutent; et doit avoir ung huant ou une chuette sur une longue verge qui vient dedens la loge et le doit on aucune fois faire remuer , Modus, f° cxxxi. Et quant les autres vignes sont vendengiées, et il en demoure une
BRI
qui n'est mie vendengiée, là il fait bon briller, ib.
— ÉTYM. L'ancien français brail, piège à prendre les oiseaux.
t BRILLOTTER (bri-llo-té, Il mouillées, et non bri-yo-té), v. n. Briller un peu. Je ne doute pas qu'il ne brillotte fort à nos Etats, sév. 374. Mon fils brillotte à merveille, id. 377.
— ÉTYM. Briller.
BRIMBALE (brin-ba-P), ». f. Levier qui est au sommet d'une pompe, et qu'on fait mouvoir pour tirer de l'eau. On dit aussi bringuebale.
— HIST. xvi* s. Un mulet avec ses brimballes et clochettes, sully, Kém. t. m, p. 47, dans lacurn* sainte-palaye. Les chevaux et mulets de charge prennent plaisir au son et musique de ces brimballes, bouchet, Serées, liv. v, p. 413, dans lacurne sainte-palaye.
— ÉTYM. Voy. brimbaler.
BRIMBALÉ, ÉE (brin-ba-lé, lée),par«. passé. Les cloches brimbalées.
f BRIMBALEMENT (brin-ba-le-man) , 1. m. Action de brimbaler.
— HIST. xvi' s. Je ne pouvois dormir à cause du sempiternel brimballement des cloches, rab. Pant. v, 7.
— ÉTYM. Brimbaler.
BRIMBALER (brin-ba-lé). || 1" Y. a. Agiter par un branle continu, un parlant des cloches. || 2° V. n. Branler, osciller. De l'autre brimbalait une clef fort honnête, Régnier, Sat. x. || Familier en ce sens.
— HIST. xvi" s. Prédisant l'avenir [il] ne voyoit sa femme brimballant, et onques n'en sceut les novelles, rab. Pant. m, 25.
— ÉTYM. Origine inconnue. On ne sait quelle est la forme primitive, brimbale ou bringuebale. Avec bringuebale , on pourrait songer à la locution populaire mettre tout en bringues, tout bouleverser, et, dans Rabelais, bringuenarilles , fendeur de naseaux; au contraire brimbale rappelle le picard brimber, aller et venir, brimbette, jeune fille légère, brimbeux, vagabond (voy. bribe, dont brimbe est une forme) ; il serait possible que de brimber on eût tiré, par dérivation, brimbaler avec la signification de faire aller et venir.
t BRIMBELLE (brin-bè-F) , s. f. Un des noms vulgaires de l'airelle.
BRIMBORION (brin-bo-ri-on), •'• m. Chose sans valeur et sans utilité. Blancs d'œufs, lait virginal et mille autres brimborions que je ne connais pas, mol. les Préc. 4. M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans, Cette longue lunette à faire peur aux gens, Et cent brimborions dont l'aspect importune, id. F. sav. n , 7. Une espèce de pyramide sur la tête, garnie de cent mille brimborions, hamilton, Gramm. 7. Je ne désire que les brimborions dont vous me faites l'honneur de me parler, volt. Leur. Roi de Prusse, <2(.
— HIST. xvi# s. Tous tels prestres, qui n'ont nul ouvrage ne loyer qu'à faire marchandise de messes et briborions, calv. Inst. 875. Briborions [prières mal prononcées], oudin. Le mot de brimborium dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions, vient du latin breviarium, pasquier, Rech. vm, p. 754, dans lacukne saintepalaye.
— ÉTYM. Le sens primitifparaissant être prières, l'étymologie de Pasquier devient très-vraisemblable : breviarium, prononcé comme on faisait, breviarion, et estropié en briborion, brimborion. Ce qui rend difficile l'étymologie par bribe, et facile l'étymologie par breviarium, c'est la finale ori'on, qui s'explique dans la dernière hypothèse et ne s'explique pas dans la première.
f BRIMADE (bri-ma-d') , s. f. Argot des écoles militaires. Action de brimer.
| BRIMÉ, ÉE (bri-mé, mée), adj. Terme d'agriculture. Raisin brimé, raisin marqué de taches.
t BRIMER (bri-mè), t'. a. Dans l'argot des écoles militaires, se dit des anciens qui soumettent les nouveaux venus à toutes sortes d'épreuves plus ou moins pénibles.
BRIN (brin), s. m. || 1° Terme de silviculture. Jet de bois. Quand on coupe les taillis, on laisse les brins les plus hauts et les plus droits qui sont sur les souches pour venir en haute futaie. |[ Arbre de brin, arbre qui n'a qu'une tige. L'arbre étant coupé,
1 la souche restée en terre donne naissance à un ou plusieurs brins, qui deviennent autant d'arbres nou-
i veaux, Revue des deux mondes, t. xxv 0860), p. 457. Enlever les brins surabondants au fur et à mesure de leur développement, ib. p. 467. || En termes de chasse, le plus haut du buisson où se tient l'oiseau se nomme le brin. || Terme de char-
fini
MU
BRI
pente. Bois de brin, arbre qui n'a pas été scié, et qui est seulement éqtiarri. Un chêne de brin, chêne de belle venue, assez gros pour sa longueur, et qui s'emploie en bâtiments, sans avoir besoin d'être scié pour être équarri, la quintinye, Jardins, i™ partie, Dictionn. || Terme de marine. Brins lie bois, petites vergues qu'on ajoute par des anneaux île fer aux grandes vergues pour porter dos bon nettes. Il Fig. et familièrement. C'est un beau brin d'homme, c'est-!» (lire un homme grand et bien fait.Un beau brin de fille, de femme, c'est-à-dire fille, femme grande et bien faite. || 2" Tige menue, pousse grêle et allongée. Un brin d'herbe. Un brin de bouleau. L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain, la font. Fab. i, 8. [11] Lui dit: Eh! parmi nous que venez-vous donc faire? — Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis, id. ib. xn, 21 X l'appétit d'un bruit Qui nous
honore après que nous sommes sous terre, Et de te Toir paré de trois brins de lierre, Régnier, Sal. iv. || Terme de marine. Cordage de premier brin, cordage fait avec du chanvre de première qualité. || 3° Par extension, toute partie de certaines choses longues et ténues. Un brin de paille. Un brin de fil. Un brin de soie. || Un brin de plume, une plume d'autruche. Vieux en cet emploi. || Familièrement, la moindre parcelle , la moindre quantité. Il n'y a pas un brin de vent, sév. 433. Et qui pour elle aura le moindre brin de flamme, mol. Pastorale, 3. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin, la font. Pap. Sans qu'il se doute brin de ce que.... id. Cue. F.st-il possible qu'il ne te soit pas venu le moindre brin d'imagination? hamilt. Gramm. 3. || Fig. et familièrement. Il y a un brin de dispute entre l'abbé et moi, sêv. 43. Il y a dans ce qui vient de vous autres un petit brin d'impétuosité, id. 125. Je vous souhaite quelquefois un petit brin de ce que l'on a ici de reste, id. no. ||4° Chevalet sur lequel on arrange les pièces d'artifice. || Chacune des petites pièces qui soutiennent le papier d'un éventail.
— H1ST. xn* s. Dist Viviens, Bertran, sire cosin, Or vos enmainent li gloton de put lin, Guichart l'enfant et Girart le meschin. Las ! hui perdra Guillaumes tôt son brin, la Bataille d'Aleschans, 337. X voix s'escrient toz ensemble à un brin, ib. teei. Puis passerons là outre tuit ensemble à un brin , Sax. 1 1 8. Silemers et Buevon qui demainent grant brin, ib. 486. || xiii* s. De m'avangarde vos ai baillé le brin, Agolant, dans ducange, brin. Auques avons abatu de leur brin, id. ib. || xiv s. Elle plouroit et demenoit grant brin, Baud. de Seb. i, teo. || xv s. Mais quand les Angloys l'avisèrent, Pour les François dedans navrer, Par tel party lors se tirèrent, Que nul brin ne s'osoit monstrer, martial de paris, Vigilles de Ch. Vil, 1. 1, p. 165, dans lacurne. || xvi's. S'escurant les dents avecq ung brin de paille, Rabelais, Pant. m, 18. Là nous fit apporter myrobalans, brain de basme et zinzembre vert confit, id. «6. v,7. Deux petits brins de coral rougissant, dueell. ii,25,
verso cent fois baisé les brins De ses boutons
cinabrins, De ses lèvres pourperées, rons. 562. Celuy qui bouchera les hayes pourra se servir pour cela des breinsou branches des dittes hayes, Nouveau Coust. gênerai, t. i, p. »3i, col. 2, dans lacurn'e sainte-palaye. Jeneveulxpas reprendre, dist le chevalier, ni sa prouesse ni sa bonté ; mais l'entreprinse qu'il maintient ne m'est un seul brin agréable, Don flores de Grèce, f'cxxxvn, recto.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. brin; portug. brim. Ce mot offre de grandes difficultés : jusqu'au xiv* siècle, il signifie force, orgueil, bruit, et, dans la locution à un brin, il signifie à la fois; puis, au xvc siècle et au xvr\ il prend la signification qu'il a aujourd'hui. Pour Diez, ce sont deux mots distincts : il rattache le premier à l'ancien Scandinave brim, anglais, brime, le flot de la mer, mais avec peu d'apparence, à cause du sens; et le second, avec toute apparence au celtique : bas-breton, brienen, brin, d'où bran, son (voy. bran), d'un radical signifiant chose menue. Il est singulier que brin des anciens temps ne descende pas plus bas, et que brin des temps nouveaux ne remonte pas plus haut; il y a solution de continuité : ce qui fait qu'on ne peut savoir s'il n'y aurait pas quelque intermédiaire qui les rapprochât l'un de l'autre. U faut remarquer que brin ne veut pas dire seulement une chose menue, mais qu'il veut dire toute espèce de tige même les plus grosses; cette dernière signification est-elle aussi primitive que l'autre ou bien en estelle dérivée?
t BRINASSE (bri-na-s'), i. f. Seconde qualité iTétoupe.
— ETYM. Brin.
RtUN D'ESTOC (brin-dè-stok), s. m. Long bâton ferré des deux bouts. Vieux.
— hist. xvi's. Ceux de Harlem trouveront encores moien de recevoir quelques rafraîchissements par des soldats vestus en païsans, qui se savoient aider des brins d'estoc; mais on les empescha par gens de mesme condition, d'aub. Hist. n, 96.
— ÉTYM. Allem. Sjiringstock, bâton qui sert à sauter, de springen, sauter, et Stock, bâton (voy. estoc). Dans le mot français, il y a eu assimilation de spring à brin.
BRIM)E (brin-d'), t. f. Coup qu'on boit à la santé de quelqu'un. Boire des brindes, porter des brindes. Les brindes, les jambons, les grillades len Allemagne], pellisson, Lett. hist. kl, p. 4SI. || Familièrement . 11 est dans les brindes, il est ivre.
— ÉTYM. Lorrain bringuei, boire à quelqu'un ; ital. brindisi; vénit. prindese; de l'allem. bringen, porter, dans le sens de porter la santé de quelqu'un.
BRINDILLE (brin-di-U, Il mouillées), s. f. || 1° Petite branche. || Terme de jardinier. Branche à fruit, mince et courte. || 2° 5. f. plur. Terme de tapissier. Ornement fait sur papier du même fond.
— HIST. xiv s. Des bringettes de fou [hêtre], Modvs, f cxxi, verso. || xvr* s. Et comme on voit les espics tronçonnez, Cassez, froissez en brindelles menues, r. belleau, Bergeries, t. i, p. 104, verso, dans lacurnk ste-palaye.
— ÉTYM. Brin. Cependant il y a dans l'ancien français brondille, et dans le provençal brondelh, qui viennent de bronde, branchage, et qui expliqueraient sans peine le d de brindilles.
j BRINGUE (brin-gh'), s. f. Terme de manège. Chevalmalconformé.|| Populairement, femme mal bâtie. || En bringues, en pièces et en morceaux, en désordre.
BRINGUEBALE (brin-ghe-ba-1'), s. f. Voy. brimbale.
f BRIO (bri-o), s. m. Terme de musique. Caractère brillant et résolu d'une composition ou d'une exécution musicale.
— ÉTYM. Ital. brio, vivacité; provenç. briu; anc. franc, a-brivé, actif, prêt; du celtique très-probablement : gaél. brîgh, force; anc. irl. brig.
BRIOCHE (bri-rx;h') , t. f. || 1° Sorte de pâtisserie qui se fait avec de la farine, du beurre et des oeufs. || 2° Populairement, bévue, gaucherie. Quelle brioche! Faire des brioches, faire des fautes, des sottises. || On dit, dans le même sens, faire une boulette.
— HIST. xvi' s. Brioche, mcoD.
— ÉTYM. Cotgrave donne à brioche le sens d'instrument qui sert à broyer le chanvre. « La meilleur griotte se fait avec de l'orge frais et nouveau que l'on rostit moyennement, puis on le fait moudre; vulgairement on l'appelle brioche, » Épilhètes de M. de la Porte. Ce texte, rapproché du sens que Cotgrave donne, montre que brioche signifie ce qui est moulu, broyé, et tient à broyer.
BRION (bri-on), s. m. Voy. bryon.
| BRIOSO (bri-o-zo) , adv. Terme de musique. Avec brio.
— ÉTYM. Brio.
tBRIOTTE (bri-o-f), ». /'.Sorte d'anémone.
t BRIQUAILLONS (bri-kâ-llon , II mouillées, et non bri-kâ-yon), s. m. plur. Vieux morceaux de briques cassées.
— ÉTYM. Brique.
BRIQUE (hri-k'), s.f. || 1* Pierre factice, de forme rectangulaire, composée d'une terre grasse ou rougeâtre, qu'on fait cuire au feu, et qui sert à bâtir. Un cent de briques. La brique crue est composée d'une terre blanchâtre, qu'on fait sécher longtemps sans l'aide du feu. Auguste se vantait d'avoir trouvé Home de brique et de la laisser de marbre, fonten. Cxar Pierre. Il faut me fournir de la paille, si on veut que je cuise des briques, volt. Lett. d'Argental, 1" nov. 1760. || Fig. Vous ne doutez pas, monsieur, de l'honneur et du plaisir que je me fais, de mettre quelquefois une ou deux briques à votre grande pyramide, volt. Lett. Diderot, 26 juin 1758. || Ton de brique, couleur de la brique rougeâtre. || 2° Par analogie. Brique de savon , d'étain, masse de savon, d'étain qui a la forme d'une brique.
— HIST. xiii" s. Nul assaut [ils] ne doutent [craignent] la briche, g. guiart, t. i, p. 146. Le péril n'en doutent la briche, id, t. il, p. 57.
— ÉTYM. Bressan, breque de pan, morceau de pain; génev. brique, débris, éclat, pièce, morceau; provenç. briga, brisa, miette, débris; ital. bricco , brique; angl. brick; de l'anglo-saxon brice, fragment: ainsi la brique est proprement un fragment, sens
nr'on retrouve dans nos patois et dans les exemples de G. Guiart, où la briche, signifiant petit morceau, renforce la négation, comme font mie, pas, point t. BRIQUET (bri-kè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des bri-kè-z ingénieux; briquets rime avec traits, succùs, paix), s. m. || 1° Petite pièce d'acier dont on se sert pour tirer du l'eu d'un caillou. Battra le briquet. || Familièrement et figurément, battre le briquet, se frapper les chevilles des pieds en marchant. |j 2" Pai extension, tout ce qui sert à fournir du feu. Briquet phosphorique. || Brrquet pneumatique, petitappnrcil dans lequel on peut enflanyner l'amadou par la compression brusque de l'air. || 3° Sabre court i l'usage de l'infanterie. Prends ton briquet, Francisque, et allons assommer ce Benjamin Constant, p. l. courier. i, 262. La Tulipe, homme de cour, s quitté son briquet pour se faire talon rouge, ro. i. 227. || 4° Petit couplet de fer, servant à joindre des ouvrages de menuiserie qui n'ont pas besoin de s'ouvrir entièrement, comme des comptoirs, des tables, etc. || S. m. plur. Grnement que l'on nomme aussi trèfle et qui se taille sur «ne doucine.
— ÉTYM. Le briquet à faire du feu ne s'est dit que par comparaison avec le briquet, petit couple' de fer; du moins on ne trouve dans Richelet que celui-ci; et dans Furetière ni l'un ni l'autre ne figurent. Briquet à faire du feu ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partirde l'éditionde (762. 1,'étymologie est inconnue; cependant on peui supposer que briquet aie même radical que brique et signifie un petit merceau (de fer).
t 2. BRIQUET, s. m. Petit chien bon pour la chasse des blaireaux et des renards. 0n peut chasser le renard avec des bassets, des briquets, buff. Renard.
— hist. xv s. Près là, briquet aux pendantes oreilles, Tu suz que c'est de déduit de gibier, ch. d'orl. Rondeau, p. 270.
— ÉTYM. Probablement une autre forme de braque, braquet. Briquet, datts Cotgrave, signifie un levreau.
BRIQUETAGE (bri-ke-ta-j'),*.m. || 1° Maçonnerie de briques. ||2" Enduit rouge ou jaune sur lequel on dessine, avec une couleur blanche, des lignes représentant les assises des briques, de manière à donner à une construction l'apparence de la brique.
— ÉTYM. Briqueter.
BRIQUETÉ, ÉE ^ri-ke-té, tée), part, passé. || 1" Fait de briques. Muraille briquetée. || 2" Rougeâtre, de couleur de brique. Ton briqueté. Urine briquetée.
BRIQUETER (bri-ke-té), v. a. Donner l'apparence de brique, en contrefaisant des jointures par des lignes blanches sur un fond rouge ou jaune.
— ÉTYM. Brique, par l'intermédiaire d'un diminutif briquette. || Je briquette , b: iquetterai.
t. BRIQUETERIE (bri-ke-te-rie), t. f. Lieu où l'on fait de la briqua.
— REM. Pourquoi l'Académie n'écrit-elle pas briquetterie comme elle écrit tabletterie, ou taideteric comme briqueterie?
— ÉTYM. Briquetier.
t 2. BRIQUETERIE (bri-kè-te-rie), s. f. Lieu on l'on fabrique les allumettes chimiques.
— ÉTYM. Briquet.
BRIQUETIER (bri-ke-tié; IV ne se lie jamais), s. m. Celui qui fait ou qui vend de la brique.
— HIST. xv s. Ung jeune homme briqueteur, nu cange, brica.
— ÉTYM. Brique, par l'intermédiaire de briquette.
BRIQUETTE (bri-ké-f), t. f. Petite masse combustible faite de houille ou de tourbe.
— HIST. xvi* s. Briquettes [bagatelles], oudin.
— ÉTYM. Diminutif de brique. Le sens de bagatelle, dans Oudin, se rapporte à brique, menue chose.
BRIS (brî. L'Académie dit qu'on prononce l'«; cela est une erreur; on ne dit jamais que le brt de scellé), s. m. || 1* Terme de palais. Rupture, faite avec violence, d'un scellé ou d'une porte fermée. Le bris de scellé. || Bris de prison, évasion avec fracture de clôture. || liris de marché, violence exercée sur ceux qui portent des denrées au marché afin d'en empêcher la vente. || 2" Termedemafine. Débris d'un navire qui s'est brisé sur la côte. Du bris de mon navire au rivage amassé, Régnier, Élég. v. Les produits de bris et naufrages, non réclamés par les propriétaires, après le délai d'un an et un jour, appartiennent à la caisse de» Invalides de la marine, legoarant. || S* En général, action de briser, débris. Peu usité en ce sens.
BRI
— HIST. xv* s. Le suppliant disoit que en faisant le ri i t furt [vol], il n'avoit point fait de bris, du cange, brisure. || xvi« s. Si fut Mithridates bien fort desplaisant du bris et de la perte de ses machines, amyot, l.iirull. 2t. Ma vie au moins en ce naufrage Fera bris contre un bel ecueil, Amours de Tristan, p. 73, dans lacurne stb-palaye. [Un ours chassé] qui, ayant six ou sopt bris et tronçons de piques et hallebardes, embrassa sept eu huit arquebusiers avec les quels il se précipita du haut d'une roche, sully,
Mm. t t, p. <26, dans LACURNB STE-PALAYE. Je
prend à très grande obligation l'injustice que l'on exerce en ma personne, par le moyen de la quelle je ferai un bris de prison à tous mes malheurs, pour entrer en une béatitude éternelle, pasquier, Recherches, liv. VI, p. 508, daii3 LACURNE STE-PALAYE.
— étym. Voy. Briser.
fBRlSABLE(bri-za-bl'), adj. Qui peut être br.sâ.
— ÉTYM. Briser.
f i. BRISANT, ANTE (bri-zan, zan-f), adj. Poudre brisante, poudre douée d'une force explosive trop grande et qui brise rapidement les canons et les fusils.
2. BRISANT (bri-zan), s. m. Terme de marine. Écueil à fleur d'eau sur lequel la mer se brise. La bonté de Dieu a rendu l'écume des flots toujours plus éclatante parmi les brisants, chateaubr. Génie, I, v, 8. || Tout corps contre lequel la mer vient se briser. Placer des brisants en avant d'une construction.
— iriST. xvi" s. Brisants, oudin.
— ÉTYM. Briser.
t BRISAUDER (bri-zô-dé) , e. a. Faire le premier cardage.
— ÉTYM. Comparez Misant ; bap-lat. blisaudus, autre forme de bliaut, sorte de vêtement.
BRISCAMBILLE (bri-skan-bi-U', II mouillées).
Voy. BRUSQUEMBILLE.
t BRIS-D'UCIS (bri-dui), s. m. Terme de blason. Longues pièces de fer pour soutenir les portes sur leurs pivots.
— ÊTYM. Le point où l'huit, la porte se brise, c'est-à-dire tourne sur le gond.
1. BItlSE (bri-i')| s. f. || 1" Terme de marine. Nom générique qu'on donne au vent quand il n'est pas très-violent. Brise de terre, b»ise soufflant de la terre; brise de mer ou du large, brise soufflant de la mer. Brise carabinée, vent qui souffle avec une violence extraordinaire. |j 2° En termes de météorologie, vent doux et irrégulier qui se fait sentir sur les bordî de la mer. || 3° Dans le langage vulgaire, tout vent qui souffle sans violence. Dans les forêts que leur souffle balance Les brises du matin célèbrent son retour, delav. Paria, I, 6.
— REM. Brise n'est dans 1» factionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de t 702.
— ÉTYM. Ital. brexsa; espagn. briia, brisa, vent du nord-est; angl. breezc. Origine inconnue.
t 2. BRISE (bri-z'), s, f. || i° Te'rme de charpentier. Poutre posée en bascule servant à appuyer les aiguilles d'un pertuis. || 2° S. f. plur. Terme de menuisier. Éclats de bois.
— HIST. xvi* s. Barreaux de fer , grans brises traversai, menard, flirt, de B. Du Guesclin, p. 393, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Sans doute briser.
BRISÉ, ÉE (bri-zé,zée), pari, passif. ||1" Rompu. Navire brisé par la tempête. Les idoles brisées par les chrétiens. Une branche- brisée. || Fig. C'est une existence brisée, se dit de la vie d'un homme qui, par la perte de personnes chères ou d'une position, n'a plus ni but ni intérêt. Un caractère brisé, homme dont le moral a perdu sa force, son énergie par les coups violents ou répétés de la fortune. || 2° Qui se plie en deux. Porte brisée. || S' Coupé, saccadé. Accent, voix brisée. || 4° Fatigué, harassé. Je suis si fatiguée d'avoir été au lit que j'en suis brisée, sRv. tôt. || B" Accablé, souffrant. Brisé par la douleur. Le cœur brisé de douleur, mass. Tiéd. Le cœur brisé par la souffrance S'obstine et poursuit l'espérance Jusqu'aux pieds des sacrés autels, lamart. Harm. i,8. || 6° Rime brisée, sorte d'ancienne poésie française où, en brisant les vers, c'est-à-dire en lisant séparément et de suite les premiers ou les derniers hémistiches, on obtenait un sens nouveau, quelquefois contraire à celui que présentait la totalité. On en a un exemple dans ces vers d'Etienne Tahourot sur les jésuites: . Soit du Pape maudit qui hait les jésuites! Celui qui en eux croit soit mis en paradis I À tous les diables soit qui brûle leurs écrits ! Qui leur science suit acquiert de grands mérites. » En lisant les mêmes vers par hémistiches, on obtient ce sens, tout contraire an premier : «Qui
BRI
haït les jésuites Soit mis en paradis! Qui brûle leurs écrits Acquiert de grands mérites; Soit du pape maudit Celui qui en eux croit; Â tous les diables soit Qui leur science suit, jullien, Grammaire. || 7" Terme d'architecture. Comble brisé, comble disposé pour y ménager de petits logements. || 8" Terme de gravure. Taille brisée, taille manquée, incomplète. || 9° Terme de blason. Écu brisé (voy. briser).
t BRISE-COU (bri-ze-kou) , s. m. Passage, endroit, escalier, où l'on risque de tomber si l'on n'y prend garde. || Au plur. Des brise-cou.
— ÉTYM. Briser, cou.
BRISÉES (bri-zée), s. f. plur. || 1° Branches rompues parle veneur pour reconnaître l'endroit où est la bête. || 2° Fig. Suivre les brisées de quelqu'un, suivre son exemple. Aller, courir sur les brisées de quelqu'un, entrer en concurrence, en rivalité avec lui. De quel front aujourd'hui vient-il sur nos brisées Se revêtir encor de nos phrases usées? boil. Éplt. i. Sans me vanter d'avoir été sur ses brisées, sêv. 302. Tuas l'audace d'aller sur mes brisées, mol. l'Av. iv, 3. Et qu'as-tu su répondre à ces belles pensées? — Que je ne voulais point aller sur vos brisées, regnard, Légat, m, 4. || Reprendre ses brisées, revenir sur ses brisées, reprendre une affaire, revenir à un sujet d'abord abandonné. Il faut reprendre nos brisées, la font. Lettr. à Mme de Sillery. || 3° Marques faites aux arbres par le passage d'une brie. ||4°Branches taillées pour marquer les bornes d'une coupe de bois. Gbaque coupe forme un carré dont les quatre angles sont marqués par des fossés, des brisées, p. l. coua. i, 239.
— HIST. xiv* s. Où tu en perdras la veue [du cerf], gctte une brisée, quand tu t'en yras, llodus, f° x. || xvi* s. Il les conjura de suivre leurs premières brisées, Mém. sur Du Guesclin, ch. i 8. Si tu dis vray, je te jure et promets, Par le haut ciel où je n'iray jamais, Que des enfers sortiras les brisées, marot, i , 253. Or pour me remettre sur mes brisées [sur mon propos], mont, m, 103. Parquoy M. l'admirai se mit sur leurs brisées qui estoyent assez apparentes, et M. le prince marchoit après, lanoue, 663. Et prenant tous le chemin de Thionville, duquel il sçavoient les routes et brizées il y avoit long-temps, carl. VI, 25. Si mirent quelques brisées et enseignes sur les plus hautes croupes des rochers, et que l'on pouvoit choisir à l'oeil de plus loin, amyot, Coton, 26.
— ÉTYM. Brisé.
BRISE-GLACE (Invze-gla-s'), s. m. Arc-boutant, pieu en avant des piles d'un pont pour briser les glaces. || Au plur. Des brise-glace ou des brise-glaces, suivant que l'on entend briser la glace ou les glaces.
— ÊTYM. Briser, glace.
t BRISE-IMAGE (bri-zi-ma-j'), s. m. Celui qui brise les images. Iconoclastes, c'est-à-dire briseimages, boss. Hist. i, t). Calvin croit avoir assez fait d'écrire contre les brise-images, id. Var. to.
— ÉTYM. Briser, image.
f BRISE-LAMES (bri-ze-la-m') , s. m. Nom donné à une construction faite à l'entrée d'un port pour amortir la violence des flots. Le brise-lames de St- Malo. || Au plur. Des brise-lames.
— ÉTYM. Briser, lame.
f BRISE-LUNETTE (bri-ze-lu-nè-t') , s. m. Nom vulgaire de l'euphraise.
— ÉTYM. Ainsi dite à cause des vertus qu'on attribuait à l'euphraise dans les maladies des yeux.
BRISEMENT (bri-ze-man), s. m. || 1° Action de briser. Le brisement des images et des autels, boss. dans laveaux. || Fig. Brisement de cœur, vif repentir, douleur profonde. || 2° Choc des flots qui se brisent. Le brisement des flots contre la côte. Le brisement de la mer m'avertit que le vent s'était levé, chateaubr. Jtt'n. 27t.
— HIST. xvi* s. Brisement des images, emploi des reliques en monnoie, d'aub. flirt, i, t36. Les dents pour le brisement et mastication des viandes, paré, xviii, 30. Pilleries, brisemens d'images et saccagemens de temples, condé, Mémoires, p. 646.
— ÊTYM. Briser.
t BRISE-MOTTES (bri-ze-mo-t'), s. m. Cylindre pour écraser lesmottesde terre. \\Au plur. Des brisemottes.
— ÊTYM. Briser, molle.
t BRISE-OS (bri-zô), s. m. Un des noms vulgaires de l'orfraie.
— ÊTYM. Briser, os.
t BRISE-PIERRE (bri-ze-piê-r'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument pour briser la pierre dans la vessie. || Au plur. Des brise-pierres.
— ÉTYM. Briser, pierre.
BRI
BRISER (brl-zé), t>. a. || f Mettre en pièces. Briser un roseau. La foudre brisa le chêne. Allons briser ces dieux de pierre et de métal, corn. Poly. h, 6. Emporter tout ce qu'on peut, briser tout ce qu'on ne peut emporter, dideh. l'rinc. de polit, too. || Par extension. Il semble qu'on entend les ondes gémissantes Briser contre un rocher leurs vagues impuissantes, brébeup, Phart. vi. || Terme de cardeur. Briser la laine, la démêler. || 2° Fig. Rendre impuissant, inutile. Briser les ressorts de l'âme et de corps. Briser un traité. Briser des liens d'amitié. Briser son avenir, sa carrière, perdre, par sa volonté, les espérances qu'on avait de fonder son existence à venir, de réussir dans sa carrière. Briser l'effort des vents. La digue brise la fureur des flots. Alors que ta fureur à nous perdre s'apprête, Il tient le bras levé pour te briser la tête, corn. Attila, v, 3. Rome n'a point de lois que tu n'oses briser, id. Pomp.v, 4. Pour briser en vainqueur cet hymen s'il s'achève, m. Ser.m, 4 Que
si près du port, contre toute apparence, Un orage si prompt brisât notre espérance, id. Cid, m, 4. Brisez votre alliance et rompez-en la chaîne, id. llor. il, 6. Bientôt Agamemnon, triomphant, redouté, Brisera ton injuste et frêle autorité, lemerc. Agamemnon, il, 6. || Briser ses fers, briser le joug, s'affranchir d'une tyrannie. Il peut confondre Aman, il peut briser nos fers, Par la plus faible main qui
soit dans l'univers, rac. Esth. i, 3 jusqu'à
ce que ma main de ses fers le dégage ; J'irai jusque dans Rome en briser les liens, corn. Nicom. v, 6. Je brise avec honneur mon illustre esclavage, ID, Bndog. m, 3. || Briser l'orgueil de quelqu'un. Que n'ai-je point tenté? Que pouvais-je plus faire Pour fléchir, pour briser ton cruel caractère? voltaire, Oreste, n, 5. || Briser le cœur, causer une vive affliction. Elle me brise le cœur par l'état où elle est, SÉv. -126. || 3° Accabler. Briser quelqu'un de coups. || 4° Fatiguer, harasser, importuner. Je suis brisé. Briser le tympan à quelqu'un , l'étourdir. || 6° Terme de grammaire. Briser une période, en détruire l'ensemble et les proportions, ou, dans un sens favorable, la couper pour lui ôter ce qu'elle aurait de pesant ou de forcé. || 6* Briser un discours, cesser de parler. Brisons là ce discours, mol. la Princesse, îv, 4. || Absolument et familièrement. Brisons là, brisez là-dessus, ne continuons pas ce discours, n'insistez pas sur ce point. Brisons là, ce discours deviendrait ennuyeux, corn. Othon, iv, 4. Brisons là, je crains de trop entendre, id. Poly. iv, 6. Brisons là s'il vous plaît, mol. Éc. des f. iv, 8. ||7°Terme de blason. Briser un écu, le charger de brisures, telles que lambel, bordure, etc. comme font les cadets qui portent les mêmes armes que leurs atnés. Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, st-sim. 188, 8. || 8* V. n. Terme de blason. Même sens que le précédent. La branche cadette brise d'une bordure de gueules. || Terme de mer. Heurter les rochers, en parlant de la mer. Le fracas des vagues qui brisent au loin sur les récifs, bern. de s.-p. Paul et Virg. Et devant ces sommets abaissant leur orgueil, [les nuages] Brisent incessamment sur cet immense écueil, lamart. Méd. n, 3. || Terme de chasse. Marquer le chemin avec des branches. || Briser bas, rompre les branches des arbres et les jeter sur le sentier par où la bête a passé; briser haut, les laisser pendre à hauteur d'homme. || 9* Se briser, v. réfl. Être mis en pièces. Vaisseaux en danger de se briser contre les rochers fë». Tél. u. Un verre se brise en tombant de son propre poids, boss. Conn. de Dieu, v, ». J| Avec suppression du pronom personnel. Il a vu briser son navire contre vos rochers, fén. Tél. 1. 1| Kg. Combien à cet écueil se sont déjà brisés ! corn. Cinna, I, 2. Quelquefois l'un se brise où l'autre s'est sauve, id. Cinna, u, l. Que toute hauteur soit venue se briser contre la faiblesse de douze pêcheurs, mass. St Franc, de Paule. Le Christ ressentait des douleurs; son cœur se brisait comme celui d'un homme, j chateaub. Génie, iv, ui, t. || 10° Par analogie, rejaillir avec fracas contre un obstacle, en parlant des vagues. Les vagues qui vont se briser contre ces écueils, fén. Tél. a. L'onde approche, se brise et vomit à nos yeux.... rac. Phèd. v, 6. || ii° Se plier l'une sur l'autre, en parlant de parties ou de pièces de certains ouvrages. Ce compas se brise. Ces volets se brisent. || 12° Terme de physique. Se réfracter. Les rayons lumineux se brisent en passant de l'air dans l'eau. || Proverbe. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, c'est-à-dire s'exposer souvent au même danger, commettre souvent la même imprudence, la même faute, amène à la an mécompte ou malheur.
BRI
— HTST. xi* s. [Il] Tranche le pi*, [poitrine], si lui hriseles 03, Ch. de Bol. xci. L'espée cruist [résonne], no froisse ne ne brise [se brise], ib. clxx. Il xii* s. [Il] En fait les murs briser, Hune. p. f>. [Ils] Venu sont à Hauteme, s'ont la vile brisie, Sas. vu. Tuz ses comandcmcnz sûmes près de furnir, E chastals e citez brisier et asaillir, E périls de nos cors e des anemes [âmes] suffrir, Th. le mort. (34. Mais quant Richarz li Brez le vit si abatu E sur le pavement gésir tut estendu, Un poi en bescoz l'ad des autres colps féru, Qu'à la pierre ad brisié en deus son brant moulu, ib. 150. Ja iert mes chevax si destrois, Que je crain qu'il se brit la cuisse, la Charrette, 4620. || xiii" s. Et là ot Guillaumes de Champlitc le bras brisié d'une pierre, villeh. lxxv. Et brisierent bien tresqu'à quatre des portes, et entrèrent ens, id. cv. [Elle] ne briseroit son veu pour souffrir discepline, Berte, lvi. Et i ot mainte lance brisie sur eseu, ib. cxxxvn. Et Crestien entrèrent ens par force de toutes parts par le mur qui estoit brisiés, et fu la cité prise, Chron. de Rains, 39. Li rois rechut la lettre et brisa le seel et la lut, ib. 4 32. Si ne seroit mie bon que vous comencissiez la mellée, ne brisissiez l'aloiance, t'6. p. 2'7. Tant va pot à l'eve que brise, Ren. (3660. Quatre costes li ont brisié; X bien petit l'ont mort laissié, ib. 6436. Et croi que, se plusors osassent, Lor mariages en brisassent, Et de foi ne lor sovenist, la Rose, <433ii. Et se tu ses lances brisier, Tu t'en pues moult faire prisier, ib. 2209. Si comme «'aucuns est pris et mis en prison , et il brise la prison, beaum. xxx, (3. Li sergans qui va penre par commandement de segneur, pot et doit brisier ce qu'on ferme contre li, id. liv, 8. Et si n'est pas li establissemens brisiés, car l'entention des establissemens n'est pas por tollir autrui droit, id. xlviii, (. Si deîssiez à sa manière Qu'ele menjast (ce n'est pas faille) Plus que nus qui fust à la table, Que ça et là le pain brisoit, ruteb. h, (71. Mes neveus, venés à moy aidier et vous etvostre gent; caries Alemans brisent le moustier, joinv. 234. Il y ot bien douze vins vessiaus, que grans que petiz, brisiez et perdus, id. 2(9. H xiv* s. Les aides des Latins brisées et faillies, BF.RCHEURE,f° 35, recto. Miex estoit les courages esmeus ploier que briser, id. f° 36, recto. Il xv* s. Pour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi et brisé son arrest et sa prison, et s'en estoit parti sans congé.... froiss. 1, I, (54. Et l'eust fait sans faute [pendre], si n'eust esté le dit messire Jean de Hainaut, qui lui brisa son ire et excusa le dit messire Godemon, id. i, 1, 296. Et brisa le roi tout ce voyage.... [défendit l'expédition qui se préparait pour Isabelle], id. i, i, (0. Beau frère, jà à Dieu ne plaise que votre bon propos je vous brise ni oste, id. i, i, 17. Et feroit [frappait] à tas de son espée sur le bassinet du seigneur de Sconnevort; mais le sire de Sconnevort, qui bien estoit armé et monté, brisoit les coups à la fois et les recevoit moult vassalment, id. i, i, (40. Quand le roi d'Angleterre entendit ces nouvelles, il fut moult pensif, et eut une espace une imagination et propos de briser son siège [le siège de Vannes où il étoit en personne], id. 1, 1, 209. Il xvi" s. Navré du cautère de son péché, et comme brisé de terreur de l'ire de Dieu, calv. Inslit. 46t. Pour saisie brisée il y a amende de 60 sols, loysel, 827. Qui brise une franchise [ne peut être reçu en mu asile], brise toutes les autre» [ne peut être reçu en aucune], id. 828. Le vent se renforça si violentement qu'il brisa, abbatit et froissa en un moment tous ces engins, amyot, Lucull. 20. Les lanskenets voyans les Suisses brisez de tant de charges, d'aub. Hist. 1, (68. Par coups de boulets ou autre chose brisante, paré, xra, (4.
— ÊTYM. Wall. brt'M; provenç. brisar. Diez le tire de l'ancîen-haut allemand brestan (au présent bristu), briser; allemand moderne, bersten, crever. Le changement de 1**1 en s ne fait pas difficulté; voy. huissier, de ostium. Dans les patois anglais on trouve brise, brisse, briss, ou Frt a déjà disparu. Il n'est pas sûr que le gaélique bris, rupture, soit d'origine celtique. Il y a aussi dans le gaélique bruis, bris, morceau; angl. to bruise, meurtrir; ce qui fait difficulté c'est l'u dans bruis; mais le français supprime quelquefois un u devant une voyelle; voyez milan d'une forme telle que miluanus; il se pourrait donc que briser vînt du celtique.
BRISE-RAISON (bri-ze-rè-zon) , s. m. Personne qui parle à tort et à travers, qui agit sans discernement. Il Au plur. Des brise-raison.
— ÊTYM. Briser, raison.
BR1SE-SCKI.LE (bri-M-80-lé), s. m. Celui qui
RRI
rompt un scellé dans une intention de vol. || Peu usité. H Au plur. Di's brise-scellés.
— ÊTYM. Briser, scelle1.
BRISE-TOUT (bri-ze-tou), ». m. Enfant ou personne soit étourdie, soit maladroite, qui brise tout ce qui se trouve sous sa main. || Au plur. Des brisetout.
— ÊTYM. Briser, tout.
BRISEUR (bri-zeur), ». m. Celui qui brise. Les iconoclastes ou briseurs d'images. || Autrefois, briseurs de sel, officiers qui étaient chargés, quand le sel était trop sec, de le briser pour le faire charger.
-- hist. xvi* 3. Si ces briseurs [casseurs, bravi] eussent enfoncé la porte où ils estoient, trois rois et deux grands princes ne se pouvoient sauver que miraculeusement, d'aub. Hist. 11, (05.
— ÊTYM. Briser.
BRISE-VENT (bri-ze-van), ». m. Obstacle matériel opposé à l'action direcle du vent, et composé de paillassons, de murs, de haies vives, de plantations en talus, etc. || Au plur. Des brise-vent ou brisevents.
— ÊTYM. Briser, vent.
BRISIS (bri-si), s. m. Terme d'architecture. L'angle que forment les deux plans d'un comble brisé.
— ÊTYM. Briser. L'ancienne forme de ce mot , si on le trouvait, serait briseis, dérivant d'un baslatin brisaticiut.
f lilSISKA (bri-ska), s. m. Calèche de voyage très-légère.
— ÊTYM. Mot russe.
BRISOIR (bri-zoir), s. m. Instrument pour briser le chanvre ou la paille.
— ÊTYM. Briser.
f BP.ISGU (bri-zou), adj. m. Feu brisou se dit, dans quelques mines, pour feu grisou (voy. grisou).
BRISQUE (bri-sk'), s. f. || l°Jeu de cartes. || X ce jeu, une carte qui est atout. || 2° Au mariage, au bési et à la quarante, on appelle brisques les dix et les as, qui comptent pour (0 et qui enlèvent les autres cartes. Le coup fini, chacun additionne ses brisques. Combien avez-vous de brisques? J'ai trente, j'ai cent de brisques. Vous faites toujours toutes les brisques. Je ne veux pas jouer mes brisques, vous les couperiez.
— REM. Ce mot ne se trouve ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furetière, ni dans Hichelet.
t BRISSE (bri-s'), *. m. Terme d'histoire naturelle. Sorte de sangsue de mer.
— ÊTYM. Bpioffo;.
t BRISSOÏDE (bri-sso-i-d'), adj. Qui a la forme des brisses.
— ÊTYM. Bpidffo;, et e!8o;, forme.
BRISURE (bri-zu-r'),*. f. || 1° Partie brisée. Les
brisures d'une table de marbre. C'est Dieu qui voulait montrer qu'il donne la mort et qu'il ressuscite , qu'il secoue la terre et la brise et qu'il guérit en un moment toutes ses brisures, boss. Anne de Gonx. || 2° Pli, par charnières, d'une partie sur une autre dans un ouvrage. La brisure d'un volet. Il Terme de marine. Disposition d'un mât qui se brise, c'est-à-dire qui est formé de plusieurs pièces guindées les unes au-dessus des autres. || 3° Terme de fortification. Prolongement de la ligne de défense dans le renfoncement d'un bastion à orillons. Il 4" Terme de blason. Toute pièce d'armoirie que les cadets ajoutent à l'écu des armes pleines de la maison dont ils sortent. Les armes [des bâtards des princes anglais], qui sont toujours celles d'Angleterre, ont des sortes de brisures distinctes, st-sim. 277, 24(. La goutte et le rhumatisme sont des frères; et ce dernier a seulement une brisure de cadet, parce qu'il ne revient pas comme cette cruelle goutte, sév. 449.
— HIST. xiu's. Qui viaut [veut] apeler home de rap, ou de briseure de chemin, ou de force quelqu'elle seit, Ass. de J. 1 , ( 74. De celi qui dépêcha [mit en pièces] ses mesures, il vout [voulut] qu'il li amendast, por ce qu'il li avoit brisiés et que par la briseure il fut atains du meiTet, beaum. xxvi, <6. Quant on le veut fausser par briseure du seel, il convient que le [la] moitié du seel ou plus soit perdus ou depeciés, id. xxxv, ((. || xv s. Cette brisure venimeuse par laquelle si longtemps le peuple chrestien a failli à vivre, monstr. i, ch. 33. || xvi* s. Car bras et corps et du pied la brisure, Avec le cœur alloit tout démesure, marot, i, 28(. Embarrure du crâne, ou brisure en plusieurs esquilles oufragmens,PAHÉ, vin, 1. Briseure, c'est à dire division de l'os en plusieurs esclats, id. xiii, (.
— ÊTYM . Briser.
KRO
fBRIZE (bri-z'), t. f. Terme de botanique. Plante
gramiiiLO dite aussi amourette (briza média, £.).
— ÊTYM. BpîÇct.
BROC (bro; le c ne se prononce jamais en prose, pas même devant une voyelle ou une h muette; cependant en vers on fait rimer ce mot avec roc, froc, etc; au xvi' s. Bèze dit que le c se prononce; au pluriel Vs se lie : des bro-z emplis; brocs rime avec repos, faux, sauts, rôts, etc.), s. m. || 1° Vase à liquide, en bois cerclé de fer, quelquefois en étain, d'une capacité moyenne (comme de 6 à to litres), de la forme d'un cène tronqué, renflé un peu au-dessus de sa base, armé d'une anse et terminé par une ouverture assez large, mais resserrée à l'endroit par où le liquide doit couler. La vaisselle d'argent, les cuvettes, les brocs, la font. Fabl. n, 27. Prends ton froc, Ton sac et ton broc! Sus, fière Roc, piron, Chanson à un frère quêteur. Il 2" Ce qu'un broc peut contenir. Aux Apollons des cabarets Paye un broc de Surènes, béiiang. l'aridnnd.
— HIST xin* s. Et se nul homme avoit fait vendre vin à broche.... tailliar, Recueil, p. (9. Puis me prenez trestut iceo E metez cuire en vostre bro, Ils. St Jean. Et si ne le veut rechargier [le vin], il na paiera rien devant qu'il le vendra à broche ou en gros, Lh\ des mit. 296. De l'oysil [vinaigre], qu'on y vendra à broke, bu canoë, acceptabulum. Quiconque est crieurà Paris, il peut aler en laquele taverne que il voudra et crier vin, por-tant qu'il y ait vin à broche, de labohde, Émaux, p. 176. Toute manière da vin qui sera vendu à broche, id. ib.
— ÊTYM. Provenç. broc; catal. broc, brocal; ital. brocca. Broche étant une des formes les plus habituelles, et signifiant vase à goulot, Diez remarque que broc ou broche a été ainsi nommé de bruche, chose pointue, par assimilation de forme; ce qui rend cette étymologie très-valable, c'est qu'on trouve broche, cannelle qu'on met à un tonneau pour en tirer la liqueur (db cange, broccx), eXbrocart, sorte de vase qui verse la liqueur par une cannelle (id. brocheronnus). On a aussi indiqué le grec irpoxou;, cruche; mais on n'a aucun intermédiaire qui montre comment ce mot grec serait entré dans les langues romanes; et d'ailleurs broche suffit à l'étymologie.
BROC (DE BRIC ET DE) (de-bri-kè-de-brok), loc. adu.Deçà et delà, d'une manière et d'une autre. De bric et de broc il s'est fait une jolie fortune.
— ÊTYM. Peut-être avec le bric, sorte d'engin qui servait à la chasse des oiseaux et même à la guerre (voy. bricole), et avec le broc : c'est-à-dire de toute façon.
BROC (DE BROC EN BOUCHE) (de-bro-kan-bouch'), loc. advnb. En sortant de la broche. Manger une perdrix de broc »n bouche. || Fig. Très vite, aussitôt. On est un peu trop expéditif chez vous : on y roue les gens de broc en bouche, avant que le voisinage même en soit informé, volt. lMt. Beaumont, 26 sept. (766. Cette locution vieillit.
— HIST. xvi* s. S'entresbattans à qui humera l'ame de Raminagrobis, et qui premier, de broc en bouc , la pourtera à messer Lucifer, rabel. jPunt. m, 23. Et promit double paye et notable appoinctement à quiconques luy en apporteroyt une de broc en bouc, id. il», iv, 46. La perdrix [il] vire; au sel de broque en bouche La dévora.... mahot, m, p. 64.
— ÊTYM. Il y a deux versions de cette locution : la première de broc en bouche ; là broc est le baslatin brocus, brocha, broca, broche (voy. ce mot); l'autre de Rabelais, de broc en bouc, signifie de broo en outre, c'est-à-dire mise du broc dans une peau de bouc pour le transport immédiat; ce dernier sens, aujourd'hui, n'est plus ni usité ni entendu.
f BROCAILLE (bro-kâ-U', U mouillées, et non bro-ka-ye), s. f. Petits pavés de rebut dont on garnit les chemins.
BROCANTAGE (bro-kan-ta-j'), *. m. || 1° Action de brocanter. || 2° Commerce du brocanteur.
— ÊTYM. Brocanter.
t BROCANTE (bro-kan-f), s. f. Tous les ouvriers appellent improprement brocante un ouvrage inattendu et de peu de valeur qu'ils font pour leur compte pendant les heures de repos et sans nuire à l'intérêt du maître qui paye leur journée. Cet ouvrage n'est qu'une brocante. Il a fait une brocante qui lui a valu trois francs. || On appelle une brocante un petit marché : je n'ai eu, je n'ai fait, dira un marchand , que deux ou trois petites brocantes aujourd'hui.
— ETYM. Voy. brocanter.
BROCANTÉ, ÉE (bro-kan-té, tée), part, passé. Des marchandises brocantées.
BROCANTER (bro-kan-té) , v. n. Acheter et re-
BRO
vendre on troquer i.es marchandises de hasard. 11 [le maréchal d'Estrées] allait toujours brocantant, st-sim. 444, 264. C'est une illustre au moins! et qui sait en secret Couler adroitement un amoureux poulet. Habile en tous métiers, intrigante parfaite, Qui prête, vend, revend, brocante, troque, achète, Met à perfection un hymen ébauché, Vend son argent bien cher, marie à bon marché', regnard, le Joueur, v, 2. || Il se conjugue avec l'auxiliaire orofr.llr. o. X force d'être brocantée une belle botte d'or devient un mince colifichet, J. I. rouss.
— ÊTYM. Angl. to broke, brocanter ; bas-lat. a-brocamentum, action d'acheter eu gros et de revendre en détail. Origine inconnue.
BROCANTE0R, BUSE (bro-kan-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brocante. Elle [la maréchale d'Estrées] était avare à l'excès, et en riait la première; avec cela brocanteuse, se connaissait aux choses et aux prix, st-sim. 367, 207. || Fig. Et les brocanteurs de louanges Répétaient sur leurs harpes d'or, bérang. Nabvch.
— ÊTYM. Brocanter.
4. BROCARD (bro-kar; ledne se lie pas : unbrokiir-injurieux; au pluriel t*s ne se lie pas non plus : des bro-kar injurieux; cependant plusieurs la lient: des bro-kar-z injurieux), s. m. || 1° Terme d'ancien droit. Nom des principes ou premières maximes du droit, telles que celles qu'a faites Azo, dites par lui brocardica juris. || 2" Paroles mordante», trait piquant. Rendant par ses brocards ton audace flétrie, hegnier, Épit. I. Aux brocards de chacun vous alliez vous offrir, mol. Tart. u, ». Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards, bob,. Épit. x. Dieu sait les brocards que l'on jetait au pauvre gouverneur, hamilt. Gramm. 8. Et conseillez-lui fort de s'armer de oourage, Afin de recevoir galamment aujourd'hui Certains petits brocarde qui vont fondre sur lui, destouches, Philosophe marié, iv, ». Sous la brutale injure et le brocard sanglant L'harmonieux Racine expia son talent, millev. Jalons, littéraires. Mais nous, qui de maints brocards Poursuivons jusqu'aux mouanards, Parlons bas, bérang. Judas. K .-
— SYN. brocard, raillerie. La raillerie peut être méchante; mais elle peut aussi être légère, innocente , inspirée par une simple gaieté d'esprit. Le brocard a toajeurs quelque chose de blessant.
— HIST. xvi* s. Les jeunes coquars, D'amour prins et ars, Jecterent brosars, J. maroi, v, 475. Ciceron commencea les trupher et mocquer avecques brocardz aigres et piquana,''«omme très bien sçavoyt le style, rab. Pant. iy,-«». La vraye etymologie de procès est en ce qu'il,d»ibt avoir prou sacs; et en avons brocards [règle», principes] deificques, m. ib. ni, 40. Bien souvent elles leur donnoient en passant quelque brocard à poipet , touchans au vif ceulx qui en quelque chose auraient oublié leur devoir, amyot, l.yc. 25. Les amis de Fabius luy rapportaient tous ces brocards, id. Fab. 14.
— ETYM. Il y a, dans le bas-latin, brocarda, brocardicum, brocardicorum opus, qui signifient sentences de droit contenues dans un ouvrage que compila, dans le xr siècle, Burchard, évêque de Worms. Burchard ou Brocard donna son nom au livre, burcardus, aux sentences brocardiques ; et les sentences mêmes ont donné, par extension et plaisanterie, le lear aux brocards, paroles moqueuses.
t 2. BROCARD (beo-kar),*. m. Terme de chasse. Voy. broquart.
— ETYM. Ainsi dit à cause des brochet (cornes) qu'il porte.
BROCARDÉ, ÉE (bro-kar-dé, dée), part, passé. Br cardé de tous côtés.
BROCARDER (bro-kar-dé) , v. a. Attaquer de brocards. Quanta moi, tournant sa fâcherie en risée, je recommençai à le brocarder, Francion, vi, p. 222. Il Absolument. Adieu, c'est assez brocarder, chauueu, Couplets irrêguliert.
— hist. xv s. Aucuns Anglois injurièrent Les François en les brocardant, martial de paris, Vigiles de Charles V7% p. 217, dans lacurne stei'alaye. Il xvi* s. Que nous n'affections point une plaisanterie d'honnesteté, et une grâce de brocarder et mordre en riant les uns et les autres, calv. ftultl, ^09. Que font-ils autre chose que brocarder Dieu mesme? id. te. 4 4 «4. En son plaidoyer, il brocarda plaisamment toute la secte des philosophes stoïques à cause de Caton, amyot, Cicér. et Démos. ». Quant à celle façon insolente de railler, dont il usoit ordinairement en se mocqaant et broquardant
BRO
un chascun, elle portoit avec soy sa médecine, id. million. 2!>.-
— êtym. Brocard.
BROCARDEUR, EUSE (bro-kar-deur,deû-z')f s. m. et f. Celui, celle qui lance des brocards.
— HIST. xvi* s. Nos farceurs et brocardeurs françois, brant. Capit. estrangers, t. I, p. 44 , dansLA-