CURNE STE-PALAYE
— êtym. Brocard.
BROCART (bro-kar; lelne se lie pas: un bro-kar élégant; au pluriel ï's ne se lie pas : des bro-kar élégants; cependant plusieurs la lient : des bro-kar-z élégants), t. m. Étoffe tissue d'un mélange de plusieurs couleurs, et d'or ou d'argent enrichi de fleurs et d'une variété de figures. Ce nom était borné autrefois aux étoffes d'or et d'argent, il se donne aujourd'hui à toutes sortes d'ouvrages à fleurs. C'est pour eux qu'elle étale et l'or et le brocart, boil. Sot. x. Quelques enfants couverts de brocarts d'or tout déchirés, volt. Cand. n. X juger d'une jupe ou de l'air d'un manteau Ou des beautés d'un point ou d'un brocart nouveau, mol. F. sav. m, 2.
— HIST. xv* s Ha! Guillaume, Il ne fault point
couvrir de chaume Icy ne bailler ces brocars, Pa-
— ÊTYM. Brocher, suivant la prononciation picarde braquer; ital. broccato.
BROCATELLE (bro-ka, tè-1'), ». f. || 1° Étoffe qui imite le brocart. Un homme vêtu de brocatelle et suivi de sept ou huit laquais, pasc. P. div. 437. Il 2* Marbre ainsi nommé à cause des couleurs qui le nuancent et qui l'ont fait comparer à l'étoffe.
— HIST. xvi* s. Certes les perles et le brocadel y confèrent quelque chose, et les tiltres et le train,
— ÊTYM. Ital. broccalello, de broccato, brocart, de broccare, brocher (voy. brocher).
BROCHAGE (bro-cha-j'), s. m. Action de brocher des livres; résultat de cette action. Un atelier de brochage.
— ÊTYM. Brocher.
BROCHANT (bro-chan). Voy. brocher.
BROCHE (bro-ch'), s. f. || 1° Longue verge de fer qu'on passe à travers les viandes pour les faire rôtir. Mettre un gigot à la broche. Il vit des bergers pour leur rôt Mangeant un agneau cuit en broche, la font. Fab. x, 6. Six broches chargées de gibier devant le feu, hamilt. Gramm. 4 4. Des gens enfournent; D'autres défournent ; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton, bérang. Cocag. Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche, rac. Plaid. 1, 4. Ils mirent un petit enfant à la broche, sév. 243. Le mal n'est pas de les mettre à la broche [ses ennemis], le mal est de les tuer, volt. Leltr. Prusse, 34. Nous risquons à tout moment d'être mis à la broche, id. Cand. 1 7. L'âme de l'empereur Antonin n'est point à la broche dans l'enfer, id. L'homme aux 40 écus, grande querelle. Il Un tour de broche, un. tour que fait la broche mue par le tournebroche. Il faut encore un tour de broche à ce morceau de bœuf. || Fig. J'ai été à la mort ; un petit tour de broche de plus, on aurait dit : il est mort, volt. Lelt. en vers, 4 58. || Fig. et familièrement. Faire un tour de broche, se mettre trèsprès du feu pour se chauffer. Cela ne se dit que dans une compagnie où la politesse défend d'occuper longtemps le foyer; on dit à celui qui a froid : Faites un tour de broche, c'est-à-dire chauffezvous de tous les côtés, mais un instant seulement. Il 2° Petites verges de fer qui reçoivent la bobine. Filature à deux cents broches. || Drap à double broche, drap épais, serré, solide, ainsi nommé parce qu'on le faisait autrefois en plaçant dans les intervalles des broches deux fils au lieu d'un. || 3° Grosses aiguilles pour tricoter. Broches à tricoter. H 4° Cheville pour boucherie trou qu'on fait au tonneau avec le foret, soit sur le sommet du tonneau pour introduire de l'air, soit dans le plein du tonneau pour tirer quelques gouttes du vin afin de le déguster. f| Fig. Couper broche à quelque chose, empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin quand on a coupé la broche du tonneau. || Baguette de bois pour enfiler les harengs. H La pointe de fer d'une serrure, qui entre dans le trou d'une clef forée. || Petite verge de fer
filacée au milieu d'un carton où l'on tire au blanc. | Long clou sans tête pour arrêter les lambris. Il Baguette sur laquelle le chandelier embroche les mèches. || Petit bâton où pendent les chandelles. Il Ustensile de bouclier pour parer la viande. || Pivot de fer traversant la verge de la balance appelée romaine. || Outil de cordonnier pour mettre des clous au talon. || 6* Grosse épingle à l'usage des femmes.
BRO
Il Bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent pour attacher les châles ou les cols et qu'elles mettent pour ornement au haut du corsage des robes. [| 6* Terme de chasse. Les broches, les défenses du sanglier. || Les broches, la première tête du cerf et du chevreuil. || 7° Terme de marine. Baguettes qui, représentant les divers diamètres des mâts d'assemblage, guident les ouvriers dans leur travail. || 8° Terme de banque. Broches, billets de commerce de peu de valeur, inférieurs à 600 fr. ou 1000 fr. Il Proverbe. 11 ne faut pas mettre tout son rôt à une même broche, c'est-à-dire il ne faut pas mettre tout ce qu'on a sur une seule chance.
— HIST. xiu* s. Li leus [loup] besa le heriçon; Et cil s'ahert à son grenon, À ses lafres [lèvres] s'est atakiez, Etod ses brokes [piquants] afichiez, marie de France, t. u, p. 264. De rechief il est ordené que quiconques ouverra à broche d'or que il couse de soie, Liv. des met. 384. Renart s'en va, pas ne sejorne, Si esperonne son cheval; Par unes broches (voy. brosse) lez un val S'en va fuiant par une plaine, Ren. 19)0. Et deit aveir en l'escu deus broches de fer, l'une enmi l'escu et l'autre ou pié dessouz, Âss. de J. i, 4 70. Et comme li chevaliers eust hiaume, el quel il avoit tout plain de broces par derrière, il requerrait que il li fu ostés, beauman. lxi, 63. || xiv* s. Un chandelier à trois broches, par manière de lys, de laborde, Émaux, p. 203. Un estuy de cuir boully, garny de trois pignes, un niirouer et d'une broche pour pigner le chief de la dite dame, id. t'o. || xv* s. Un baston noullu [noueux] à pluseurs bros [pointes], du cange, broca. Un broc ou fourche de fer à charger foing, id. ib. Il print la broche de son chariot, et s'en vint au devant du suppliant, auquel i donna tel cop de la dite broche qu'il le abatit, id. ib. [Pour les cuisines] Faut poz, paelles, chauderons, Broches de fer, hastes de fust, e. desch. Poésies mss. f* 497, col. 2. Elle chut en une dangereuse et déplaisante maladie que communément on appelle broches [hémorrhoïdes], louis xi,
Nouv. il. || xvi* s En telle sorte que la broche
soit coupée à toutes tergiversations, calv. Jnstit. 420. La mort peult, quand il nous plaira, couppei broche à tous aultres inconvénients, mont. I, 74. Quand il fut mort , l'on ne trouva rien qui soit en sa maison, sinon une petite broche de fer [obole, monnaie], amyot, Fab. 54. Hz allèrent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine, id. Crassus, 4 4. D'autre part seras tu tombé entre les mains d'un babillard, n'aye point de honte, mais romps luy tout court la broche, et t'en va ton chemin pour faire tes affaires, id. Mauv. honte, 6. Le roi leur déclara que tout ce qu'ils voioient estoit par son commandement, qu'il n'avoit eu autre moien pour couper broche à toutes les guerres et séditions, d'aub. Hist. u, 4 9. À ceste cause on luy rompit alors la broche [on lui imposa silence] en luy remonstrant.... M. du bell. 204. Tirer la broche devant que le rost soit prest, génin, Récréât, t. u, p. 250.
ÉTYM. Wallon, broke; picard, broque , fourche
en fer; provenç. et espagn. broca, broche, pointe; ital. brocca; du latin brocchus ou broccus, dent saillante; de là les significations pointe, crochet.
BROCHÉ, ÉE (bro-ché, chée), part, passé. || 1* Étoffe brochée. || 2° Livre broché. Cherchez parmi mes livres deui volumes in-s*, brochés en carton vert, p. L. cour. Lelt. i, 4 2. || 3* Travail broché, travail fait à la hâte et mal.
BROCHÉE (bro-chée), s. f. || 1° La quantité de viande qu'on fait rôtir à une broche en une fois. || 2° Quantité de mèches ou de chandelles placées sur une broche.
— ÊTYM. Brocher.
BROCHER (bro-ché), v. a. || 1* Passer, en tissant, des fils sur le fond uni d'une étoffe, pour y former des dessins. Brocher une étoffe d'or et d'argent. || En termes de blason, brochant sur le tout, se dit des pièces qui, brochées sur d'autres, passent d'un côté de l'écu à l'autre . 11 porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout. || Fig. Brochant sur le tout, en outre, de plus, comme complément. Il a mal parlé de vous, et, brochant sur le tout, il vous a desservi auprès du ministre. || 2° Coudre ensemble les feuilles d'un livre préalablement pliées, puis y mettre une couverture de papier, j 3* Familièrement, faire sans soin, ou, simplement, faire à la hâte. Cet écolier broche ses devoirs. J'ai broché un sous-seing comme j'ai pu ; il fallait bien signer quelque chose, p. l. cour. Lett. il, 497. Et qui vous dit, mes divins anges, que je brochais un drame? volt. Leffr. d'Ârgental, 4 3 juillet 4 703. || 4* Terme de maréchal. Enfoncer
imo
BRO
BRO
a coups Je broolioir les clous à travers les trous du fer et la corne, pour fixer le fer du cheval et du bœuf. || Enfiler les épingles dans les anneaux qui en forment les têtes. || Terme de boucherie. Pratiquer des trous dans la peau du bœuf assommé, afin de lo souffler. || Terme de couvreur. Brocher la tuile, la passer entre les lattes pour que le couvreur l'ait sous la main. || 5° Donner un léger binage à la vi- (;ne. || 6° Y. n. Pousser, en parlant d'un arbre nouvellement planté. Cet arbre commence à brocher. Peu usité.
— HIST. xi* s. Son cheval [il] broche [pique], et monte en un larriz, Ch. de Uol. lxxxvii. || xu* s. Le destrier [il] broze [pique], il cort par tel randon.... Ronc. p. 52. Il broche le cheval, de lui ferir s'atire, San. x. De l'ost se partent trois glouton pautor.nier, De ci al bore ne finent de broichier, Raoul de C. 87. (j xiii* s. Mère, de quoi me chastiez? Est-ce de coudre ou de taillier?Oude filer ou de broissier?Ousec'est de trop soinmeillier? Romancero, p. 64. Atantèsvous un message broçant à espouronsqui descendi as degrés de la sale, et monta amont et demanda le roi, Chr. dcRains, p. 65. || xv* s. [On vit] les deux chevaliers partir de leur lez, et brocher leurs chevaux des éperons rudement, et porter leurs lances arréement, froiss. ta, iv, <2. Lors se retourna-t-il le glaive au poing devers ses ennemis; aussi firent les deux frères et plusieurs autres compagnons, et brochèrent aux premiers veuans, id. i, i, <77. || xvi*s. Qu'ils débridassent leurs chevaux et brochassent à toute force des espérons, mont, i, 367. Le cheval du tyran, qui estoit courageux et fort, et d'avantage se sentoit broché des espérons d'une part et d'autre jusques au sang, sehazardade vouloir franchir le fossé, amyot, Philop. n. Ilz brochèrent leurs chevaux des espérons l'un contre l'autre, les espées aux poings, avec grands cris, ro. Eum. (3. Et estoit vestu de robbes de pourpre brochées d'or, id. Démétr. 57. Puis en brossant [éperonnant] les flancs de son bayard,
HONS. 650.
— ÊTYM. Broche; provenç. brocar, brochar; ital. broccare. On remarquera dans l'historique que le ch est souvent remplacé par ss; probablement par une confusion avec brosse, brossailles (voy. ces mots). On y verra aussi que tous les sens de brocher se rapportent sans peine à piquer avec une pointe ou broche.
BROCHET (bro-chè; le I ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'* se lie : des brochè-z énormes; brochets rime avec traits, jamai6, succèj, paix), s. m. Poisson d'eau douce, du genre des ésoces (mangeurs). Le brochet est très-bon à manger; mais ses œufs ont quelquefois une action purgative analogue à celle des œufs du barbeau. Ma commère la carpe Avec le brochet son compère, la font. Fabl. vu, 4. || Brochet carreau, celui qui a plus de dix-huit pouces entre œil et bat.
— HIST. xm* s. Quiconques est pescheur des eaues le Roy, il puet prendre toute manière de poisson fors quatre, c'est à savoir broches, barbeauz.... Liv. des mit. 262.
— ÊTYM. Broche, à cause de la forme allongée de sa tète. L'ancien nom du brochet était lux, du latin lucius.
t BKOCHETER (bro-che-té), je brochette, je brochetais, je brochetai, je brochetterai, je brochetterais, v. a. || 1° Fixer avec des brochettes. || 2° Terme de marine. Mesurer, à l'aide de brochettes fixées de place en place , certaines parties des navires.
— ÊTYM. Brochette.
t BROCHETEUR (bio-che-teur), s. m. Ouvrier qui brochette.
BROCHETON (bro-che-ton), s. m. Petit brochet.
— Hisr. xiv s. Espaules de mouton farcies, brochetons à un rebouly, Uinagier, n, 4. || xvi* s. J'ay tendu pour ung brocheton, mais je pense que je preudray une grenouille, palsgrave, p. 602.
— ÊTYM. Diminutif de brochet.
BROCHETTE (bro-chè-f), s. f. || i° Petite broche
de fer qui maintient les grosses pièces de viande, en se fixant dans un trou de la broche principale. || Petite broche servant à faire rôtir de petites pièces de gibier, des rognons ou de petits poissons, etc. Brochette d'éperlans, d'alouettes. Des mauviettes enfilées dans des brochettes d'or, volt. Babyl. 3. || 2" Petit bâton pour donner la becquée aux petits oiseaux. Élever des oiseaux à la brochette. || Fig. Élever un enfant à la brochette, l'entourer de beaucoup de soins, l'élever avec trop de délicatesse et de mollesse. || 3° Petite broche qui sert à tenir le moule des boutons. || Terme d'imprimerie. Fiches qui tiennent la frisquette accolée au grand tympan. || Au plur. Rognures de peau de mouton et de veau
qui servent à faire une colle employée dans la peinture en bâtiment.
— HIST. xiv* s. Et doit estre pendue une brochette à une cordelette, de laquelle on doit manier, raplanier le faulcon, ttodus, f° lxxvui. Foies rostis en une brochette sur le gril, Ménagier, u, 6. ]| xvi's. L'on usoit de petites brochettes de fer, au lieu de monnoye, dont est encore jusques aujourd'huy demouré le nom d'obole en usage, qui signifie en langage grec broche, amyot, Lysand. 32.
— ÊTYM. Diminutif de broche; picard, brokette; wall. brokèle; provenç. broqueta.
BROCHEUR, EUSE(bro-cheur, chert-z'), *. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui broche des livres.
— ÊTYM. Brocher.
BROCUOIR (bro-choir), s. m. Terme de maréchal. Marteau qui sert à enfoncer les clous dans la muraille, et à fixer le fer sous le pied du cheval.
— ÊTYM. Brocher.
BROCHURE (bro-chu-r') , s. f. |l 1° Action de brocher des livres. || 2° Etat de brocheur, de brocheuse. Il est dans la brochure. || 3" Petit ouvrage de peu de feuilles et qui n'est que broché. Ils font contre vous des brochures que vous ne lisez pas, volt. Jeannot. Presque toutes les brochures de nos jours ressemblent à cette foule innombrable de moucherons qui meurent après avoir bourdonné un jour ou deux, volt. Lett. Pierre Rousseau, 19 nov. <764. || 4° Se dit des figures et des ornements qu'on ajoute au fond d'une étoffe, nommée alors étoffe brochée.
— ÊTYM. Brocher.
BROCOLI (bro-ko-li), s. m. Chou d'Italie. Un plat de brocolis. || Petit rejeton que le tronc d'un vieux chou pousse après l'hiver.
— ÊTYM. Ital. broccoît, pluriel de broccolo, tendron, rejeton, debrocco, rejeton, proprement branche pointue, pique, de même radical que broche (voy. ce mot).
t BRODE (bro-d') , s. f. Cordon uni et serré sur les traces (dentelle à réseau, point d'Alençon).
BRODÉ, ËE (bro-dé, dée), part, passé. || 1" Un mouchoir brodé. J'en connais d'autres qui se sont bien trouvés d'introduire dans les conversations des choses, inanimées, et d'y faire parler leur habit brodé, leur perruque blonde, leur tabatière , leur canne et leurs gants, montf.sq. Lett. pers. 82. || 8* Amplifié. Le récit brodé par le narrateur.
BRODEQUIN (bro-de-kin), s. m. || 1° Chaussure antique qui couvre le pied et une partie de la jambe. Dès que la belle Aurore eut annoncé le jour, le fils d'Ulysse mit ses brodequins, fén. xxi, 467. Eudore attache à ses pieds des brodequins gaulois formés de lapeau d'une chèvre sauvage, CHATEAUB.I/art!/rs,99. || 2° Chaussure à l'usage des acteurs qui jouaient la comédie. Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla leurs visages, Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, boil. Art p. ru. || Fig. La comédie. Mais quoil je chausse ici le cothurne tragique; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, boil. Sat. x. || Chausser le brodequin, composer une comédie, jouer la comédie. || 3° Bottines à l'usage des femmes et des enfants. Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bouquin [diable], bêrang. Gott. || 4° Rougeur des pieds après un bain de pieds. Prenez le bain de pieds assez chaud pour qu'il se produise un brodequin. 115" Auplur. Brodequins, nom d'une espèce de torture, où l'on serrait les jambes du criminel entre des pièces de bois, avec des coins, sur lesquels on frappait pour augmenter le serrement. || 6° Terme de manège. Sorte de petits bas à étrier à l'usage des jeunes académistes, et qui faisaient que la botte, bien remplie, ne grimaçait pas.
— HIST. xv* s. Le roy Richard mort, il fut couché sur une litière, dedans un char couvert de brodequintout noir, froiss. liv. iv, p. 348, dans lacurne ste-palaye. Sur iceux chevaux avoit deux pages houssez de petits brodequins jaunes et sans espérons,
OLIVIER DE LA MARCHE, Mém. liv. II, p. 634, dans
lacurne ste-palaye. || xvr* s. Elle se leva toute seule et print des brodequins et son mauteau , maro. Nouv. xv. Et, après qu'il eut fermé la porte et osté sa robe et ses brodequins fourrés, s'en alla se mettre au lit, m. t'6. rvin.
— ÊTYM. Espagn. borcegvi; ital. borxacchino; du flamand broseken, anciennement brosekin, d'après Diez qui soupçonne que le mot flamand a été formé de byrsa, cuir, par interversion. Brodequin, dans l'ancien français, a signifié une sorte de cuir.
BRODER (bro-dé), ti. a. ^ 1° Faire avec l'aiguille, sur une étoffe, des dessins, des ouvrages en relief. Broder un chiffre, une fleur. Broder de soie, d'or.
Broder au crochet, au tambour. || Absolument. Elle s'use la vue à broder. || Fig. La fleur capucine brode de ses chiffres de pourpre les murs sacrés, chateauiir. Génie, m, v, 2. || 2* Ecrire d'une écriture perlée et parfaitement formée, de manière à flatter l'œil. || 3° Fig. et familièrement, amplifier, embellir un récit. Broder une histoire, un conte. Cette princesse vous écrit de sa belle écriture, elle m'a montré la belle morale qu'elle vous a brodée, sêv. 443. Qu'un autre.... Brode encor des fautes antiques. Je veux de neuves vérités, volt. Ép. 47. Ne se permettre aucune fiction, ne broder aucune circonstance, J. J. rouss. Prom. 4. || Absolument. Il brode à merveille, il sait embellir ses récits. Broder sur un texte, amplifier un récit, un» nouvelle. Même on dit que l'hymen d'elle et de son amant, De cette intrigue enfin fut l'heureux dénoûment. — Ahl vous brodez, monsieur, andrieux, les Étourdis, u, 12.
— ÊTYM. Wallon, brosder; provenç. oroydar; catal. brodar; espagn. bordar ; bas-latin, brusdut, brustus , brosdus , brodé , dans de très-anciens textes. On a rapporté broder à bord, parce que la broderie est une bordure. Mais il y a dans le celtique : basbreton, broud, aiguillon, brouda, aiguillonner, piquer, broder ; kymri , brodio; anglais, broider; ce qui donne une étymologie suffisante pour la forme et pour le sens. Le wallon brosder, le bas-latin brustus, brosdus, ont un autre radical, mal déterminé, qui est peut-être, d'après Diez, le gothique bruxdôn, piquer.
BRODERIE ( bro-de-rie) , s.f.\\ 1" Ouvrage que l'on fait en brodant. "Broderie au métier. Broderie de soie, d'or. Une étoffe ornée de broderies. Dans un camp si pompeux, des guerriers si bien mis, Tant d'habits comme au bal chargés de broderie, Et parmi des canons tant de galanterie, corn, les Victoires du Roi. Prince, si vous avez de la broderie, les valets de chambre en porteront, fén. xxii, 276. || 2° Fig. Ce qu'on ajoute pour amplifier ou embellir un récit. Comment, dans ce récit, distinguer du fond la broderie? Aquaviva manda d'être en garde contre tout ce qui viendrait des Français, avec force broderies pour appuyer cet avis, st-sim. 456, 173. Plutarque n'a choisi que des parcelles de l'histoire romaine; lorsque nous rejoignons au tout les membres qu'il en a séparés, sa broderie passe de beaucoup le riche fond des autres écrivains, le p. catrou, dans l'abbé desfontaines. || 3° Terme de musique. Ornements, c'est-à-dire notes que le musicien ajoute à sa partie dans l'exécution.
— HIST. xiv* s. Se le lit est couvert de sarge, de broderie ou couste-pointe de cendail . Ménagier , n, 4. || xve s. Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de brouderieDesouleilluisani . cler et beau,CH. d'orl. Rond. Les aornemens des sales, chambres d'estranges et riches brodeures à grosses perles d'or et soyes à ouvrages divers, christ, depisan, Charles V, i, ch. 20. || xvi* s. Il prand sur son harnoys sa casaque de toille d'or à broderie de feuilles moresques de velours noir, carl. vi, 15.
— ÊTYM. Broder.
BRODEUR, EUSE (bro-deur, deù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brode. || Brodeuse, celle qui s'occupe du contour du dessin et recouvre toute la trace (point d'Alençon, dentelle réseau). || Autant pour le brodeur, se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi à un récit.
— HIST. xm" s. Il n'est orfèvres ne lormiere, Esmailleurs, broudeurs ne seliers, Oit des Peintres. Sachent tuit cil que il est acordé et ordené de tout le commun des broudeeurs et des brouderresses de la ville de Paris, especialement de Jehanne.... Liv. des met. S79. || xvi* s. Argentiers, fourriers, brodeurs, apotiquaires et harbiers, carl. iv, to. Bordeur que nous employons pour un insigne menteur, quand, un homme nous ayant payé d'une bourde, nous en souhaitons autantpour le brodeur, pasquier, Recherches, liv. viii, p. 763, dans lacurne stï-
PALAYE
— ÊTYM. Broder.
fBRODOIR (bro-doir) , s. m, Métier à galons. || Petite bobine pour broder,
— ÊTYM. Broder.
f BROGUES (bro-gh') , s. f. plur. Nom de souliers à courroies des montagnards écossais.
BROIE (broî) , s. f.\\l° Instrument propre à broyer la tige du chanvre et du lin pour détacher la filasse de la chènevotte. || 2"Brisoir, sorte de machine employée dans les exploitations rurales.
— ÊTYM. Broyer.
BROIEMENT ou BROÎMENT (brot-man ; la pro-
BRO
nonciation ancienne, encore usitée et qu'on entend souvent, est bro-ye-inan, en trois syllabes), s. m. Action de broyer.
— ÊTYM. Broyer.
t BROMATE (bio-ma-f), f. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide bromique avec une base.
tBROMATOLOGIE(bro-ma-to-lo-jie) , s. f. Terme didactique. Traité, description des aliments.
— ÊTYM. l!(,w|j.a, aliment, de powffxw, je mange (lequel vient de popà, aliment, popu>, dévorer, lo même que le latin vorare ; voy. vorace), et Xoyo?, traité.
t BROME (brô-m'), s. m. Terme de clnmie. Corps simple, métalloïde, intermédiaire au chlore et à l'iode, et découvert en (826 par Balard.
ÉTYM. Bpû(io;, puanteur : ainsi dit à cause de
sa mauvaise odeur.
t BROMELIACEE (bro-mé-li-a-sée) , s. f. Terme de botanique. Nom de la famille de plantes dont l'ananas (bromelia) est le type.
t BROMÊLIE (bro-mé-lie) , s. f. Terme de botanique. Nom de l'ananas (bromelia).
— ÉTYM. Ainsi nommée en souvenir du médecin suédois Bromelius, qui s'était rendu célèbre par sa Flore gothique.
t BROMIQUE (bro-mi-k') , adj. Terme de chimie. Acide bromique, acide produit par la combinaison du brome avec l'oxygène.
— ÊTYM. Brome.
t BROMOGRAPIIIE (bro-mo-gra-fie) , t. f. Terme didactique. Synonyme de bromatologie.
— ÊTYM. Bpwua, aliment, et -ypâçsiv, décrire.
f BROMURE (bro-mu-r"), s. m. Terme de chimie. Composé résultant de la combinaison du brome avec un corps simple métallique ou non métallique.
BRONCHADE (bron-cha-d'), s. f. Action de broncher. Son cheval fit une bronchade. Toutes les révérences et tous les pas qu'il fit en lui donnant la main furent autant de bronchades, scarr. llom. com. 1, 0.
— ÊTYM. Broncher.
BRONCHE (bron-ch') , ». f. Double canal situé l'un à droite, l'autre à gauche, faisant suite à la trachée, et se distribuant dans les deux poumons. Les ramifications des bronches. Une bronche obstruée par un corps étranger.
— HIST. xvi* s. Parquoy les artères carotides et ventricules du cerveau, et bronchies du poulmon estant ainsi estoupées.... paré, xxvn, p. 666.
— ÊTYM. Bpôy/.OC, gorge.
t BRONCHEMÈNT (bron-che-man) , s. m. Action de broncher.
— ÊTYM. Broncher.
BRONCHER (bron-ché), v. n. || 1° Mettre le pied à faux. Un cheval peut broncher par maladresse ou par défaut d'aplomb. Le cheval reculait toujours, ronflant, soufflant, et bronchant comme un cheval effarouché qu'il était, scarr. Rom. com. n, th. (3. Votre cheval bronchant vous laissait dans la plaine, rotr. Bélis. v, 6. Quand bronchant lourdement en un mauvais passage, Régnier, Sot. x. Après ce mauvais pas où vous avez bronche, corn, le Ment, iv, 6. || 2° Fig. Hésiter, faillir. Jamais au bout du vers on ne te voit broncher, boil. Sut. n. Leur venin [de mes ennemis] qui surmoibrûinde s'épancher, Tous les jours en marchant m'empêche de broncher, boil. Épit. vu. On marche-devant Dieu; mais, si on bronche, on se hâte de reprendre sa course, fén. xvm, 383. M. de Vendôme, secouru de M. du Maine, ne laissa pas Barbezieux broncher à son égard, st-sim. 29, 78. || Proverbe. Il n'y a si bon cheval qui ne bronche, c'est-à-dire les plus habiles se trompent, font des fautes. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— - HIST. xiv s. Thibaut fery de la hache qu'il tenoit, sur les espaules de Colart si granteop qu'il le fist brunquier sur le col de son cheval, du cange, broquerius. || xvi* s. Le grand colosse, à ce coup estonné, D'un sault horrible alla bruncher par terre, dubell. v, 9, verso. Le pré aux clers en est tesmoing, Où il n'y a si petit coing De muraille, qu'à coups de pierre On ne face bruncher par terre, id. vu, 70, verso. Le broncher d'un cheval, la cheute d'une tuile, mont, i, 76. Mon jugement ne marche qu'à tastons, chancelant, bronchant, et chopant, id. i, (66. C'est un coup de la fortune de faire bruncher nostre ennemy, id. i, i\l. Ce mulet passant au travers d'une rivière, et y estant [ayant] brunché, id. n, (86. Le corps sans nom, sans chaleur et sans face, Comme un grand tronc broncha dessus la place, rons. 698 le bois estant bronché
[abattu] Fut par le fer artisan destranché, id. 699. ....empeschaut que cet illustre ouvrage. Basty par
BRO
vous, n'est bronché de l'orage, amadis jahin, Poésies, p. **, verso et par là bronche contre bas
La plus dure espesseur des superbes murailles, id. ib. p. 32.
— ÉTYM. Norm. brucher ; de l'ancien français bronche, qui signifiait branche ; ancien espagn. bronclia, même sens; ital. bronco, tronc; d'où broncher, parce qu'on se heurte contre un tronc d'arbre. Origine inconnue. On l'a rapporté au latin bronchus, le même que brochas, dent saillante (voy. broche); mais le sens est peu satisfaisant. Diez met en avant l'ancien haut-allem. bruch, flamand brok, quelque chose de rompu, fragment; mais il n'y a pas assez d'intermédiaires pour qu'on sorte de la pure conjecture.
f BRONCUIAL, ALE (bron-chi-al , a-1') , adj. Qui a rapport aux bronches. Les arcs bronchiaux. Bronchique est plus employé.
— ÊTYM. Bronche.
BRONCHIES (bron-chie), s. f.plur. Voy. branchies. Bronchies n'est plus usité.
— ÉTYM. BpÔYXi»-
BRONCHIQUE (bron-chi-k') , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport, qui appartient aux bronches.
— HIST. xvi* s. Ce muscle monte tout le long de la trachée artère (au moyen de quoy il est appelle bronchique), paré, iv, 15.
— ÊTYM. Bronche.
t BRONCHITE (bron-chi-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la membrane muqueuse des bronches.
— ÉTYM. Bronche, et la terminaison féminino ite (voy ite, suffixe).
t BRONCHOCÈLE (bron-ko-sè-1') , s. f.etm. Terme de chirurgie. Tumeur du cou. Quelquefois synonyme de goitre.
— KEM. On trouve ce mot, dans les livres de médecine, tantôt féminin, tantôt masculin; il vaut mieux le faire toujours féminin.
— ÉTYM.Bpôifxo;. gorge (voy. bronche), et xr,Xl, tumeur.
t BRONCUOHl (bron-choir) , s. m. Appareil pour plier les draps.
t BRONCHOPHONIE(bron-ko-fo-nie), s. {. Terme de médecine. La résonnance de la voix dans les divisions bronchiques explorées au moyen du stéthoscope.
— ÉTYM. BpÔYX»;, gorge (voy. bronche), et <ftair\, voix.
t BRONCHORRHÊE (bron-ko-rrée) , s. f. Terme de médecine. Nom de l'affection vulgairement appelée pituite, flux muqueux.
— ÊTYM. BpoYx0?^ gorge, et 0eïv, couler.
f BRONCHOTOME (bron-ko-to-m') , s. m. Terme de chirurgie. Instrument destiné à l'opération de la bronchotomie.
— ÊTYM. Voy. BRONCHOTOMIE.
BRONCHOTOMIE (bron-ko-to-mie) , s. f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on pratique, en cas de suffocation, une ouverture aux voies respiratoires.
— ÊTYM. BpÔYX°«i g°rge (T°y- bronche) , et Top.r| , incision, deTÉu.vEiv, couper (voy. tome).
t BRONDISSAGE (bron-di-sa-j'), s. m. Introduction d'étoupes entre les joints des cadres du cuvelage d'un puits de mine.
— ÊTYM. Peut-être l'ancien français et provençal bronde, feuillage.
f BRONTOLITHE (bron-to-li-t'), *■ ">• Pierre à tonnerre, nom de gros rognons de fer sulfuré, qu'on trouve dans la craie après des orages dont les violentes pluies les mettent à nu.
— ÉTYM. Bpovrii, foudre, et à£8o;, pierre. fBRONTOMÈTRE (bron-to-mè-tr') , s. m. Terme
de physique. Appareil pour explorer l'intensité de l'électricité atmosphérique en temps d'orage.
— ÉTYM. Boovtt), tonnerre, et piTpov, mesure. BRONZE (bron-z'), s.m. || 1 "Airain, alliage de cuivre
et d'étain connu depuis la plus haute antiquité; les proportions des deux métaux varient selon la destination de l'alliage. Une colonne de bronze. Les canons sont faits de bronze. Quel colosse de bronze et taillé doctement.... tristan, M. de Chrispe, i, 3. La tyrannie.... Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre Ses cent yeux, ses vingt mille bras, a. chên. 264. || Fig. Avoir un cœur de bronze, être dur, insensible. Àmesde bronze, humains I celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette route, Et le premier osa l'abîme défier! la font. Fabl. vu, 12. Ah I si ton cœur pour moi n'est de bronze ou de fer, mol. l'Étourd. m, 12. Le ciel ne m'a point fait l'âme de bronze, m. l'Av. iv, (.J'étais de bronze pour tous ces esclaves qui vi-
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vaient sous mes lois, montesq. Letl. per». (5. Malheur à l'homme de bronze qu'elle ne fléchit pas, ijider. Sur les caract. Un charme qui fait tomber les portes de fer et qui amollit les cœurs de bronze, volt. Ingénu, 18. Ces affreuxpréjugés qu'ils appellent devoir Ont sur cescœurs de bronze un absolu pouvoir, id. M. de Ces. i, (. 1| 2° Toute sculpture en bronze. Un beau bronze. Quede cristaux, de bronzes, de colonnes, Tributs de l'amour à l'amour, berang. Pau», femme. [Henri I] Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire, v. HUGO, Odes, i, 6. || Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit de filous qui se rassemblaient sur le pont Neuf, près de la statue d'Henri IV. || 8° Terme de numismatique. Monnai» desanciens fraupée en bronze. On divise les anciennes monnaies en médaillons, grand bronze, moyen bronze, et petit bronze. || Dans le langage de l'archéologie, bronze désigne aussi bien le cuivre pur que le cuivre allié. || 4° Poétiquement, canons. Aux accents du bronze qui tonne La France s'éveille et s'étonne Du fruit que la mort a porté, lamaht. Méd.i, 4 5. Folard, parvenu à sauver quelques bronzes, les place sur un tertre découvert, chateaub. Natch. n, 12. |l 5° Bronze jaune ou or en coquille, oripeau d'Allemagne réduit en poudre. ( Bronze mou.voy. mou.
— REM. Bronze, féminin au xvr* siècle, a été longtemps d'un genre indécis.
— HIST. xvi* s. En la mortaise intérieure, estoyt une lame de fin assier, enclavée sur la bronze corinthienne, bab. Pant. v, 37.
— ÊTYM. Espagn. bronce; ital. bronio; napol. avrunso; bas-lat. brontium. Muratori, que Diez approuve, le tire de bruno, brun, par l'intermédiaire d'un dérivé bruniao, bruniccio, avec déplacement de l'accent. Ce déplacement d'accent fait quelque difficulté; aussi peut-on penser au bas-latin bruntus, qui se trouve dans lesgloses d'/Klfricus avec le sens de livide.
BRONZÉ, ÉE (bron-zé, zée), part, passé. Statuette bronzée. Un klephte a pour tous biens.... Un bon fusil bronzé par la fumée, et puis La liberté sur la montagne, v. hugo, Orient. 21. || Souliers bronzés, souliers dont la peau est teinte en brun rougeâtre. || Un teint bronzé par le soleil, un teint auquel le soleil a donné une couleur de bronze. || Fig. Qui ne redoute rien, éprouvé, blasé. C'est un homme bronzé. || Terme de médecine. Maladie bronzée, maladie caractérisée par la couleur qu'elle donne à la peau et qu'on ne peut mieux comparer qu'à celle du bronze, et d'un bronze tirant plus sur le noir que sur le verdâtre.
BRONZER (bron-zé), t). a. || 1" Peindre en couleur de bronze. Bronzer une statue de plâtre. || 2° Bronzer un fusil, lui donner, parle feu, une couleur bleuâtre. ||3° Par extension, hâler, donner à la peau une couleur d'un brun foncé qu'on a comparée à celle du bronze. Il a plu à la Providence de bronzer les hommes aux Grandes Indes, volt. Helat. 479. || 4° Se bronzer, v. n. Prendre une teinte bronzée. || Fig. S'endurcir. Son cœur s'est bronzé.
— HIST. xvi' s. Les chausses de taffetas et les bas de chamois bronzé, Brantôme, Capit. estr. t. n, p. (72, dans lacurne ste-palaye.
— ÊTYM. Bronze.
BROQUART (bro-kar), s. m. Bête fauve d'un an. On appelle vieux broquarts les chevreuils qui ont passé deux ans.
— HIST. xvi* s. Il jugeoit un vieil cerf à la perche, aux espois.... Aux dagues, aux broquars bien nourris et bien forts, rons. 2(0.
— ÊTYM. Broquart a signifié proprement les petites cornes, puis l'animal lui-même; il vient donc de broque ou broche (voy. ce mot).
t BROQUE (bro-k'), s. f. Rejeton d'un chou frisé. Voy. BROCOLI.
t BROQUELINE (bro-ke-li-n') , s. f. Terme de manufacture de tabac. Botte de feuilles.
t BROQUER (bro-ké), e. a. Terme de pêche. Percer un petit poisson avec l'hameçon pour servir d'amorce.
— ÊTYM. Broque ou broche (voy. broche).
t BROQUETEUR (bro-ke-teur) , s. m. Celui qui met les gerbes en tas, et les charge sur les voitures.
— ÉTYM. Broche, signifiant fourche.
BROQUETTE .(bro-kè-f), s. f. Petit clou à
tête. Fixer quelque chose à la muraille avec une broquette. Acheter de la broquette. acheter une certaine quantité de ces petits clous. Clouer avec de la broquette.
— HIST. xvi* s. [Statue d'un jeune enfant] qui par sa broquette [verge] donnoit eaue rose, mons-
TRELET, t. III, p. 66, dans LACURNE SAINTE-PALAVK.
— ÉTYM. Autre forme de brocltette (voy. ce m«).
BRO
t BROSSAGE (hro-sa-j'), î. m. Action de brosser. l.fi brossage des chapeaux, des habits. || Terme de D.sçon. Action d'enlever la poussière qui s'est attachée à une pierre.
— ÊTYM. Brosser.
BROSS.VILLES (bro-sa-II', Il mouillées), s. f. plur. Voy. broussailles. lUiffon dit constamment brossaiïles. Iiroussailles est aujourd'hui seul usité.
BROSSE (bro-s'), s. f. \\ 1* Plaque, ordinairement en bois, garnie de faisceaux de poils ou de crins, ou de brins menus de bruyère ou de chiendent, et servant a enlever, par le frottement, la poussière des vêtements ou des meubles. Une brosse à habits. || Par analogie. Une brosse à tête. Une brosse à dents. M a barbe, petit pinceau avec lequel on étend, pour se raser, le savon sur le visage. || Terme de manège. Sorte d'étrillé. j| 2° Terme de peintre. Pinceau fait de soies de porc. Peindre à la brosse. ||Fig. Une belle brosse, une belle exécution. Une grosse brosse, une exécution grossière. || 3° Terme d'eaux et forêts. Buisson qui, bordant un bois, le défend des vents et des bestiaux. || S. f. plur. Bruyères, broussailles, terras incultes. || 4° Terme didactique. Houppe de poils sur le corps d'une chenille, et aux pattes de derrière des abeilles. || Terme de chasse. Paquet de poils qui vient aux bêtes fauves sur le haut des canons des jambes de derrière en dehors.
— HIST. xm* s. Conscience le foule, conscience le froisse, Conscience le point plus que serant [peigne de fer] ne broisse, J. de meuno, Teslam. 4 676. || xv* s. Uns serens ou brouesse valant trente sols tournois, du cange, brustia.
— ÊTYM. Wall, brouche, brosse; breûse, brosse de peintre; picard, brouesse, bruche; Berry, breusses, brusses, broussailles; provenç. et catal. brossa, broussailles; espagn. et ital. broza, ce qui tombe des arbres, écorce, feuilles; bas-lat. brustia. D'après Diez, ces formes indiquent dans le radical st, et par conséquent conduisent à l'ancien haut-allemand burst, brusta, allemand moderne Bïtrste, brosse; le sens propre est quelque chose de hérissé, d'où les sens divers de brosse.
BROSSÉ, ÉE (bro-sé, sée),porl. passé. Un habit bien brossé. || Populairement, battu, et figurément, vaincu au jeu.
t BROSSÉE (bro-sée), t. f. Action de brosser, t'est-a-dire de battre. Très-familier.
i. BROSSER (bro-sé), v. a. || 1* Nettoyer avec une brosse. Depuis dix ans je te brosse moi-même, Et Bocrate n'eût pas" mieux fait, bérang. Mon habit. || Par extension. Brosser quelqu'un, brosser les vêtements qu'il a sur lui, et aussi le frictionner. || Populairement. Brosser quelqu'un, le battre, le rosser au propre, et figurément, le gagner au jeu. Nous avons joué, je l'ai joliment brossé. || 2° Terme de manufacture. Coucher la laine sur le drap et en faire sortir la poussière et la crasse. || 3° Se brosser, v. réfl. Se nettoyer avec une brosse.
— f.TYM. Brosse.
2. BUOSSER (bro-sé), v.n. || 1" Terme de chasse. Courre à cheval ou à pied au travers des bois les plus épais. || On dit que le cerf brosse quand on l'entend marcher dans les bois. || 2" Familièrement, s'échapper , s'esquiver à travers. Il lui échappa même [au premier président] que d'Antin avait bien recordé le roi, il brossa à travers la compagnie et disparut, st-sim. 377, 97. M. l'archevêque., lui dit-il [le duc de Grammont], verba volant, scripta marient; l'archevêque brossa et ne répondit pas un mot, st-sim. 468, 263. || Activement. Je vis avec surprise sortir M. le duc d'Orléans, qui brossa la chambre et disparut, id. 268, 427.
— hist. xvi' s. Tu as, à face ouverte et sans effroi, humée Des bataillons croisez la poudre et la fumée, Brossé parmi les fers et nagé sur le sang, d'aub. Hist. m, 538. Ils laissoient, tous quasi, leurs chevaulx, parce qu'ils ne pouvoient aisément brosser au travers des taillis, carl. v, 25. Lors en sursaut, où me guidoit la vois, Le fer au poing je brossai par le bois, rons. 75. 11 regarda deçà, il regarda delà, 11 brossa longuement et longuement alla Sans trouver nulle proye.... id. 795. D'un fort espron je brosse le chemin, Qui me sembloit pavé de josimin, id. 847.
— ÊTYM. Brosse dans le sens de broussailles (voy. brosse); angl. fo brush, passer brusquement, passer légèrement sur.
BROSSERIE (bro-se-rie), s. (. Fabrique, commerce du brossier.
— ÊTYM. Brosse.
t '• BROSSEUR (bro-seur), t. m. Nom du domestique d'un officier, et le seul nom. Un officier ne
BRO
dit jamais : mon domestique, mon garçon, mais toujours : mon brosseur.
— ÊTYM. Brosser 4.
|2. BROSSEUR (bro-seur), s. m. Règle pour égaliser la longueur des plumes.
BROSSIER (bro-sié), f. m. Celui qui fait ou vend des brosses.
— ÊTYM. Brosse.
fBROSSURE (bro-su-r'), s. f. Terme de teinturier. Couleur qui s'applique avec la brosse sur les peaux.
— ÊTYM. Brosse.
BROU (brou) , s. m. Enveloppe verte de la noix. || En termes de botanique, nom de tout sarcocarpe plutôt coriace que charnu, tel que celui de l'amandier. || Brou de noix ou ratafia de brou de noix, liqueur stomachique, faite d'eau-de-vie où on a fait macérer du brou de noix et du sucre.
— HIST. xv* s. Que nulz ne teigne en saine de broust, du cange, brusfurn.
— ÊTYM. L'orthographe broust rapproche ce mot de brout (voy. brout), en tant que chose verte.
tBROUAILLES (brou-a-lf, Il mouillées), s. f. plur. Terme de pêche. Intestins de poisson.
— HIST. xiv* s. Toute la brouaille [du cerf], excepté le foie, est pour la cuirie des chiens, tlénagier, n, 6.
— ÊTYM. Bas-lat. burbalia, sans doute du baslat. burba, bourbe (voy. bourbe).
f BROUE (broue), s. f. Autre forme de broya (voy. ce mot).
BROUÊE (brou-ée), s. f. Brouillard. Et la brouée et les frimas, scarr. Virg. travesti, liv. i,
— HIST. xiv* s. Brouas, gelée du matin, du cange , bruma. || xv* s. Que cuidez-vous qu'on verra, Avant que passe l'année? Mainte chose démenée Estrangement ça et là, Veu que des cy et des jà Court merveilleuse brouée, en. d'orl. Bond. I| xvi* s. Ils abusent de l'ignorance des hommes, comme d'une brouée pour cacher leur impieté, calv. Instit. 23. Qu'il ne chasse toutes ces brouées de calomnies, id. t'b. 163. Lui donnant, au matin. Du jus incarnadin Pour charmer la brouée, J. le houx, rv. Il demandoit si c'estoit de peur que les ennemis ne le trouvassent, qu'il s'alloit ainsi cachant dedanslesnues et les brouées, amyot, Fab. 43. Et se leva de la rivière un gros brouillas, de sorte que toute la campagne estoit couverte de brouée, id. Timol. 36. On apperceut de loing comme une fumée non pas gueres apparente pour le commencement, ains ressemblant proprement aux brouées que l'on voit ordinairement autour des crouppes des montagnes, id. Flamin. 7. De Lescale (par le moyen d'une brouée et avis des assiégez) fut receu avec joie au Bourg, d'aub. Hist. I, 244. Et bon vin, s'ils en peuvent fournir, à fin de charmer la brouée, paré, xxrv, 7. Ces raisins ne craignent pas trop les brouées, gelées, ni eschaudures, o. de serres, (49. Alors la nege espesse et les froides brouées, baïf, Œuvres, p. «, recto, dans lacurne sainte-
PALAYE
— ÉTYM. Berry, berouée. Origine incertaine. Diez conjecture l'allemand Brodem, vapeur chaude, fumée; anglo-saxon, brodh.
BROUET (brou-ô ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des brou-è-z épais; brouets rime avec traits, succès, paix), s. m. || l'Aliment liquide ouàpeu près liquide, fait d'ordinaire avec le bouillon. Le régal fut petit.... Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair; il vivait chichement; Ce brouet fut par lui servi sur
une assiette, la font. Fab. i, 48 On plante un
grand potage; Le brouet était maigre, et n'est Nostradamus Qui, l'astrolabe en main, nedemeuràt camus. S'il y pensait trouver une étoile de graisse, Régnier, Sat.x. ||2* Quelquefois, par mépris, mauvais potage. Quel brouet nous sert-on là! || 3J Brouet noir, mets simple et grossier des anciens Spartiates. Je préfère au brouet noir la mémoire du seul poëte que Lacédémone ait produit, chateaub. /tin, toc. || 4° Bouillon qu'on portait autrefois aux femmes en couches, et aux nouvelles mariées le lendemain de leurs noces, et qui était fait d'oeufs, de lait et de sucre. Le brouet de l'accouchée. || Proverbe. Cela s'en est allé en brouet d'andouille, c'est-à-dire est venu à néant, n'a abouti à rien.
— hist. ira" s. Et bien se gart qu'ele ne moille Ses dois en broez jusqu'as jointes, la Bose, 4 set 3. || xv* s. Bon vin [ils] ont souvent embrochez [en perce], Saulces, brouetz et gras poissons, villon, Grand Teslam. Après sept heures du vespre , que l'en a acoustumé de faire et manger le brouet de l'espousée, du cange, brodum. || xvi* s. Des pru-
BRO
neaux cuits avec leur brouet [jtisj, o. de serres, 412.
— ÊTYM. Diminutif de l'ancien français, breu. bouillon; provenç. brn; espagn. brodio; ital. brodo et broda; bas-lat. brodium , brodum; angl. broth/ du celtique : bas-bret. berû ou berv, bouillon; irland. broth; gaél. brod; ou de l'ancien haut-allemand brod; anglo-sax. brodh;car ici , comme en plusieurs autres cas, le celtique et l'allemand se rencontrent.
BROUETTE (hrou-è-t'), s. f. || 1° Petit tombereau à deux roues, aujourd'hui presque toujours à une seule roue et à deux petits brancards qu'on prend à la main. || Etre condamné à la brouetie, c'est, dans certains pays, être condamné aux travaux publics. || 2° Espèce de chaise à porteurs, montée sur deux roues et tratnée à bras. Les brouettes furent inventées par un sieur Dupin en 4 669. Tout en poussant ma hrouette, j'ai trouvé des gens qui n'étaient pas aussi contents que moi , meucif.r , la brouette, du vinaigrier , i, '•
—HIST. xni* s. Et chil qui porte la soie cose [ss. chose] sor sen chef u en brouete, tailliar . Ilccueil, p. 20. || xiv* s. Carettes [ils] ont quises et cars, Bourouaites, ribaus, sommiers.... nu cangp., birotum. Car pour repos, j'ay enfollure; Pour le beau temps, j'ay engreslure ; Pour provision, des pouetes, Pour chariots, branslans brouetes, id. ib. Viandes mettre sur brouettes, id. ib. || xv* s. Ces ribaudeaux sont brouettes hautes, bandées de fer, froiss. ii. ii, 455. Chariots, charettes et brouettes qui es toient à l'entrée de Charles VIII à Florence,, andrê de la vigne, Voyage de Naplet de Charles VI II, p. 449, dans lacurne. || xvi* s. Les autres seront portées sur certains engins faits en forme de boyards ou brouettes, palissy, 73.
— ÊTYM. Berry, berouette; wall. berwète; pour birouette, de bis, deux, et rouette, petite roue. L'italien biroceio, baroccio, l'espagnol barrocho ont le même radical avec un autre suffixe. Comparez le genevois baratte, brouette, barot, camion; le rouchi barou, brouette; le bourguignon barra. Le bt'roîum est un véhicule à deux roues , dont le nom est passé à la brouette qui a eu deux roues et qui n'en a plus qu'une.
BROUETTÉ, ÊE (brou-è-té, tée), part, passé. Du fumier brouetté jusqu'au bout du jardin.
f BROUETTÉE ( brou-è-tée ) , t. f. Charge d'une brouette.
— HIST. xiv* s. Et des chevaux chargiés et mainte brouetée, Guescl. 4 607. || xv* s. Une broutée de poissons, du cange, broueta.
— ÊTYM. Brouetter.
BROUETTER (brou-è-té), v. a. || 1* Transporter dans une brouette. || 2° Mener dans une petite chaise à deux roues.
— HIST. xv* s. Ces ribaudeaux sont brouettes, que ils seulent par usage mener et brouetter aveques eux, froiss. ii, ii, 466.
— ÊTYM. Brouette.
BROCETTEUR (brou-è-teur), *. m. Celui qui transporte de la terre ou des fardeaux dans une brouette. || Celui qui traînait les personnes en brouette ou vinaigrette.
— ÊTYM. Brouette.
BROUETTIER (brou-è-tié) s. m. Le même que brouetteur au premier sens.
— ÊTYM. Brouette; bas-lat. broelarius.
t BROUGNÊE (brou-gnée), s. f. Terme de pêche. Espèce de longue nasse.
BROUHAHA (brou-a-a), s. m. || 1° Bruit conHis d'approbation ou d'improbation. On entendait les brouhahas. [Il] nous avertit qu'il faut faire le brouhaha, mol. Les prêt. io. Voilà ce qui attire l'approbation et fait faire le brouhaha, id. lmpr. 4. || 2° En général, bruit confus. Quel brouhaha! Ce brouhaha de passer dans la pièce d'audience était toujours assez long, st-sim. 64, 65.
— hist. xv* s. Pour le parti des gabelles de France, je croy ce que vous me mandez et que les marchands adjudicataires ont fait un grand brouhaha, sully, Mémoires, t. m, p. 374, dans lacurne sainte-palaye. Devois-tu faire ce grand brouhaha'? en devois-tu seulement parler*? pasquier, Lettres, t. m, p. 901, dans lacurne saintepalaye.
— ÊTY.M. Onomatopée.
4. BRO tri, 1E (brou-i, ie), part, passé. Les vignes brouies par la gelée.
f 2. BROCI (brou-i), i. m. Tuyau par lequel on souffle la flamme de la lampe pour travailler en émail.
— ÊTYM. Brouir, qui veut dire proprement briller. t BROUILLAGE (brou-lla-j', U mouillées), t. m
BRO
Action de brouiller, d'étendre, à la surface du sol, les mauvaises herbes coupées par le ratissage. || Embrouillement, dérangement, dans les mines, de l'allure d'une couche ou d'un filon.
— ÊTYM. Brouiller.
BROUILLAMINI (brou-Ua-mi-ni, Il mouillées, et non brou-ya-mi-ni), s. m. || 1" Terme de maréchal. Sorte d'emplâtre pour les chevaux préparé avec le bol d'Arménie. 112° Fig. Brouillement, confusion.il y a du brouillamini dans cette affaire. Il y a là dedans trop de tintamarre, trop de brouillamini, mol. le Bourg, u, 16. .
— ETYM. Corruption de bol d' Arménie (woy . bol). Brouillamini, une fois corrompu de bol d'Arménie s'est une seconde fois corrompu en s'assimilant avec brouiller; double genre de fautes qui altère très-diversement une langue.
i. BROUILLARD (brou-Uar, Il mouillées, et non brou-yar; led ne se lie pas : un brou-llar épais; au pluriel n ne se lie pas : des brou-llar épais ; cependant plusieurs la lient: des brou-llar-z épais), s. m. || 1° Vapeur qui obscurcit l'air, ou, plus précisément, amas d'eau à l'état de vapeur vésiculaire, qui flotte dans l'atmospbère très-prés de terre et trouble la transparence de l'air. Quand il fait brouillard, je ne sors point, sév. 689. Lui-même abandonnant le séjour des brouillards, Vient-il dans le aésert s'offrir à vos regards? ducis, Oscar, i, ». || N'y voir qu'à travers un brouillard, avoir la vue extrêmement affaiblie. || Familièrement. Je n'y vois que du brouillard, je n'y comprends rien. || Fig. Une créance hypothéquée sur les brouillards de la Seine, créance dont rien ne garantit le payement. || Être dans les brouillards, être un peu pris de vin. || 2" Fig. Obscurité. Vraiment vous me le dépeignez si fort au naturel que je crois encore l'entendre ; c'est-à-dire si l'on peut; car, pour moi, je trouve qu'il y a un grand brouillard sur toutes ses expressions, sév. 243. Sans nous plonger dans les brouillards de la métaphysique, volt. Jenni, 9 Un
docteur orgueilleux Qui, la cerveau troublé des vapeurs d'un système, Prend ces brouillards épais pour le jour du ciel même, id. 2* Discours. || Un esprit plein de brouillards, un homme dont les idées sont confuses.
— HIST. xiv* s. Pour les fumosités et brouillas, l'en ne peut voir les rochers, ohesme, Eth. 63. || xv* s. Ainsi, en yver le pluvieux, Qui vens et hroillars fait lever, L'air d'amour epidimieux Souvent parmy se vient bouter, ch. d'orl. Bal. 140. Fouir [fuir] ce brouillas de temps, alain chart. Espérance ou consolât, des trois vertus. || xvi's. Mais une nuict, qui dessus luys'arreste, D'un noir brouillas luy ombrage la teste, dubel. rv, 63, verso. Et dont lé chef sans cesse couronné D'obscurs brouillards.... m. iv, 13, recto. Et voyla comme paix Misrent en l'air soubz les broillas espais De trahison, J. marot, v, 2)3. Comme le regard du soleil perce et dissipe un brouillas opaque, mont, m, 64. 11 dict qu'il lui avoit semblé estre en une confusion de toute chose, et n'avoir rien veu qu'une espesse nue et brouillart obscur, id. iv, 322. Le lendemain au matin il feit d'adventure un brouillas fort espès, amyot, Publ. 39. Jà commençoit le brouillas à tumber, et l'air à s'esclaircir, id. Flamin. '2.
— ÊTYM. De même racine que brouée (voy. ce mot). Cependant il faut remarquer que, dansbrout7lard, l'assimilation avec brouillera, agi pour le rapprocher de ce verbe; mais la forme brouas, qui est à l'historique de brouée, témoigne de l'identité de brouée et brouillard. Brouillas , brouas étaient plus usités que brouillard, qui pourtant est seul resté. Quelque orage.... À, comme d'un brouillas, ta personne couverte, RÉGNIER, Ép. i.
2. BROUILLARD (brou-llar, Il mouillées et non brou-yar). || 1* S. m. Registre, livre de commerce sur lequel on inscrit les opérations à mesure qu'elles se font. On dit dans le même sens brouillon, main courante. || i° Adj. Papier brouillard, papier non collé dont on se sert pour filtrer les liquides ou pour •ècher l'écriture fraîche.
— hist. xvr* s. Et n'oubliez pas le broillart De vos receptes à monceaulx, marot, ▼, «68.
— ÊTYM. Brouiller. Le premier est appelé brouillard, parce que c'est une première écriture faite sans soin et sur le moment même; le second, papier brouillard, parce aue l'écriture s'y brouille.
t BROUILLASSE (brou-lla-s', «mouillées), t. /. Terme de marine. Brouillard peu épais.
— ÊTYM. Brouillas (voy. brouillard)).
t BROUILLASSER (brou-Ua-sé, Hmouillées.etnon brou ya-sé), t>. n. impers. Il brouillasse , un brouillard règne dansP»tmosphèr«. Il brouiltasaaitcematin
BRO
— RF.M. Ce terbe, très-usité dans le parler ordinaire, n'est pas reçu dans le langage écrit, bien que formé très-correctement de brouillas (voy. brouillard, t).
l. BROUILLE (brou-ir, (J mouillées, et non brouye), s. f. Querelle suivie de mesintelligence.il y a de la brouille dans le ménage. Être en brouille avec quelqu'un. Mot familier.
— ÊTYM. Brouiller.
t 2. BROUILLE (brou-ll',Mmouillées),i.f.Brouille blanche, nom vulgaire d'une renoncule aquatique.
BROUILLÉ, ÊE (brou-llé, liée; Il mouillées, et non brou-yé), part, passé. || 1° Mêlé, battu ensemble. Des œufs brouillés. || Terme de géognosie qui se dit d'une roche veinée dans toutes sortes de directions. || Fig. Mes idées sont toutes brouillées là-dessus Il a si bien veillé Et si bien fait qu'on dit
que son timbre est brouillé [qu'il est fou], rac. Plaid, i, l. || 2° Obscurci, troublé. Et comme j'ai l'esprit de chimères brouillé, Régnier, Sot. v. || 3° Désuni, qui n'est plus ami. Amis brouillés. Être brouillé avec quelqu'un. D'où sais-tu qu'ils sont brouillés? Je crois que j'en suis brouillée avec le coadjuteur, sév. 222. On recommence à dire que je suis fort brouillé avec Rome, boss. Lett. abb. 25t. || Brouillé avec la justice, se dit, par une sorte de plaisanterie, de celui qui a quelque affaire criminelle devant la justice. || Par extension. Brouillé avec le bon sens, se dit de celui qui n'a pas de bon sens. En faisant le métier de délateur et d'homme un peu brouillé avec la vérité, volt. Lett. Uume, 24 octob. 4766. || Brouillé avec l'argent comptant, se dit de celui qui n'a pas le sou.
BROUILLEMENT (brou-Ue-man , «mouillées, et non brou-ye-man) , s. m. Action de brouiller; résultat de cette action.
— hist. xvi* s. Qui se faisoit pour la pourriture acquise par le brouillement du sang, paré, xxiv, 4.
— ÊTYM. Brouiller.
BROUILLER (brou-llé, Il mouillées, et non brouyé), ». a. || i'Mettre pêle-mêle, mêler. On a brouillé mes papiers. Un des noms reste encore , et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille et les ressasse, boil. Lutr. i. || Absolument. Elles filaient si bien, que les sœurs filandières Ne faisaient que brouiller auprès de celles-ci, la font. Fabl. v, 6. Il Fig. Brouiller les cartes, semer la discorde, mettre le désordre. || Dans le même sens : Tu courus chez Satan brouiller de nouveaux fils , boil. Sat. xii. || Brouillerdes œufs, les battre et les mêler. || Brouiller du vin, remuer du vin dans un tonneau, dans une bouteille, de manière que le dépôt se mêle avec le vin, ce qui le trouble. || Brouiller le teint, en troubler l'uni et la fraîcheur. Ma mère en est la cause; etce qu'elle me dit Me brouille tout le teint, me sèche et m'enlaidit, regnard, Distrait, m, 1. || Brouiller une serrure, la déranger. || 2° Fig. Brouiller les affaires. Brouiller la vue. Brouiller l'esprit, les idées. L'amour lui a brouillé la cervelle. Brouiller la populace, corn. Perthar. va, 4. Elle brouille tout notre sort, id. Iléracl. v, t . Là ma douleur trop forte a brouillé ces images, id. Poly. i, 3. Je n'ai qu'à dire un mot pour brouiller bien des choses, id. Olhon, iv, t. Les soucis, les ennuis nous brouillèrent la tête, Régnier, Sat. vi. L'empereur Constance brouillait tout dans l'Église, boss. Hist. n, 12. Les hommes brouillaient les idées qu'ils avaient reçues, id. Hist. n, 2. Hérode brouilie toutes choses, id. Hist. il, 6. Les musiciens ont étrangement brouillé ces distinctions, J. J. ROtiss. Ém. n. Ronsard qui le suivit, par une autre méthode, Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, boil. Artp. I. Non, non; faisons toujours ce que le ciel prescrit, Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit, mol. Tart. rv, i. J'avais les plus belles pensées du monde, et vos discours m'ont brouillé tout cela, id. Festin, i, 2. || 8" Brouiller quelqu'un, lui ôter la netteté de ses idées, l'embarrasser. Ce mot de grâce me brouille, je n'y suis point accoutumé, pasc. Provinc. 4. Les détails frivoles de son domestique le brouillent comme les affaires les plus importantes, vauven. La libéralité. Sévère incessamment brouille ma fantaisie, corn. Poly. in, l. |l 4° Confondre les choses en parlant. Que nous brouilles-tu ici de ma fille? mol. l'Avare, iv, ï. || 6° Brouiller dupapier, barbouiller du papier, écrire des choses inutiles. || 6* Désunir des amis. Ils s'efforçaient de me brouiller avec vous. J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Bon.. Lutrin, i. Plus on veut les brouiller, plus on va les unir, racine, jlndr. i, l. La déesse Discorde ayant brouillé les dieux, Et fait un grand procès là-haut pour une pomme, la font. Fabl. vi, 2o. Ah! ne me brouillez point avec la république, corn. Miami, a, ». || 7° V. n. Semer l'in-
BRO
trigue et le trouble. Appréhendant que les Français tranquilles chez eux ne portassent du secours aux rebelles des Pays-Bas, il saisit avidement cette occasion de brouiller, anquet. Ligue, n, 264. || 8* Se brouiller, v. rtfl. Se troubler, devenir confus. Ma mémoire se brouille. Les affaires de Babylone se brouillent; et le temps marqué par les prophéties pour le rétablissement de Juda arrive parmi tous ces troubles, boss. Hist. n, 4. Tout se brouille en Occident, id. Hist. i, il. Les affaires de l'empire se brouillaient d'une terrible manière, id. Hist. I, 10. Les affaires parurent ensuite se brouiller un peu, id. Relat. Cela s'était brouillé dans ma tête, sév. 46». Les idées se brouillent dans l'espritdu monde le plus net, boss. Nouv. myst. 10. || Le temps se brouille, le ciel se couvre de nuages; et figurément : Le jeudi, le temps se brouilla [les affaires allèrent mal], sév. 12. Il Se brouiller en parlant, s'embarrasser, se troubler. || 9* Cesser d'être ami. Il se brouilla avec tous ses parents. Licinius se brouille avec lui, boss. Hist. i, 10. Pompée et César s'unissent par intérêt et puis se brouillent par jalousie, m. Hist. m, 7. || Se brouiller avec, renoncer à.... Et ne nous brouillons point avec nos bons destins, coRN.Sertor. iv, 2. Les jansénistes ne se brouillent ni avec la foi ni avec la raison, pasc. Prov. 2. || Familièrement. Se brouiller avec la justice, faire quelque action qui expose à être poursuivi en justice. Je n'ai pas l'esprit comme toi de me brouiller avec la justice, moliêre, Fourb. i, 2. || 10° Terme de manège. On dit qu'un cheval se brouille quand, trop ardent, il confond ses mouvements, ou quand il ne peut bien se manier par la faute de celui qui le monte.
— SYN. brouiller, embrouiller. Brouiller est le simple, sans aucune idée accessoire; aussi peut-il également s'employer en bien comme en mal : on brouille des drogues, on brouille des œufs, c'est-àdire on les mélange comme ces substances doivent être mélangées. Au contraire, embrouiller a toujours un sens défavorable : c'est porter un brouillement qui trouble et qui met le désordre. Puis, même dans les cas ot ces deux verbes ont le même sens, c'est-àdire expriment désordre et confusion, ils n'ont pas le même emploi : brouiller est encore ici plus géoéral : on brouille toute espèce de chose, du vin., des papiers, du fil; maison n'embrouille que ce qui, étant brouillé, se trouve dérangé et mal en ordre. Par une conséquence analogue d'idées, embrouiller implique maladresse, malhabileté, ce que brouiller n'implique pas du tout : brouiller les affaires peut être un acte d'habileté, malfaisante sans doute , mais réelle; tandis que embrouiller les affaires, c'est y porter le désordre par défaut d'inlelligence et de lumières.
— HIST. xin* s. Nus poissonniers de Paris ne puet ne ne doit brooueiller poisson, come morue salée, maqueriau salé et harenc blanc, Liv. de* met. 272. || xv* s. Meschant est qui te brouille [qui mêle le vin avec de l'eau]; Je parle aux taverniers, basseun, xvin. Vecy un passage que je ne sçay comment tu feras passer ton acteur [auteur] parmi, sans estre broullié beaucop; car il est moult estroit, G. chast. Exposition sur vérité. Hélas! avocats emparlés, Mainte fois nous avez brouillés, Et maintenus en plaidoyers , monstrel. Complainte du commun de France. Il n'eut guère allé, avant que le ventre lui brouiliast tellement qu'il fut contraint de.... louis xi, Nouv. lxxix. || xvi* s. Combien qu'aujourd'hui beaucoup de sottes bestes se meslent de brouiller le papier, calv. 313. Soillez, broillez de leur sang,pluye et fanges, i. marot, v, 138. Peut estre aussi que les ans, Après un long et long aage, Par estrangers courtisans Brouilleront nostre langage, dubell. in, 34, recto. Que l'éternelle tempeste Qui brouille dedans ma teste Mille tourbillons enclos, id. m, 78, recto. Là fut le vase, où les sorts se brouilloient,iD.
iv, 40, rerso car la guerre en avoit la serrure
brouillée, id. vi, 33, recto. Il bat et brouille l'eau pour d'aultres pescheurs, mont, i, 121. Les avirons desrobbant le vaisseau soubs nous, je me sens brouiller la teste et l'estomach, id. iv, 4. Si ta force et vertu [du vin] surprend Et brouille nostre fantasie, jean lehoux, xii. Nous l'augmentons, et la brouillons encore d'avantage [la colère] , amyot. Comment refrén. la col. 42. Un vin brouillé et demy d'eau.
STRAPAROLE, NuitS, t. II, p. 160, dansLACURNESTE- PALAYE.
— ÊTYM. Provenç. bruelhar, brolhar, bruillar, bourgeonner, surgir; catal. brollar, même sens; ital. brogliare, brouiller, remuer; d'après Diez, du même radical que breuil (voy. ce mot) ; la série des sens étant bourgeonner, surgir, pousser, remuer, troubler. On ne peut le rattachera brouillard, qui,
RRO
en raison de la forme brouas , ne concorde pas par les lettres, et qui n'a pas le sens de brouiller. Scheler, écartant le prov. brnlhar, voit dans brouiller l'ail, brudeir», bouillonner.
BROUILLERIE (brou-lle-rie , il mouillées, et non hrou-ye-rie), s. f. || 1° Désunion entre des personnes liées, unies. Je prévois une brouillerie entre nous, sêv. (60. Il connaît le fond et les causes de la brouillerie des deux frères, la bruy. 2. Je suis assuré que lui-même, dans toutes les brouilleries qui se sont passées, vous avait toujours conservé son inclination, balz. Ko. iv, lett. 5. || 2° Troubles civils. Ce prince, attiré par les brouilleries du royaume d'Israël, venait l'envahir, boss. Hist. univ. l, 6. Durant les brouilleries de la Grèce, Épaminondas, thébain, se signala par son équité et par sa modération autant que par ses victoires, id. ib. i, 8. Manassès excita des brouilleries parmi les Juifs, id. ib. i, 8. Sur quelque brouillerie en la ville excitée, corn. Pompée, iv, 2. Lorsqu'on voit paraître quelque signe de changement de temps et le moindre présage de brouillerie.... balz. Le prince, t 7. || 3" Difficulté, contradiction. En faisant comparaison des lettres, je trouvais de la brouillerie avec les autres, boss. Lett. abb. 137.
— HIST. xv* s. Par cela vous pouvez veoir et congnoistre quelz sont les brouillys es royaulmes aux mutations, comm. i, 5. Se dressa de grans brouilliz entre les serviteurs du roy de Castille, id. ii, 8. || xvi* s. De leurs seigneurs la rapine notoire, Les cruaultez, traysons et brouilliz, j. marot, v, 448. Il reprendra à tous coups de choses petites et légères, comme qu'il sera un peu subject à jouer, ou à faire bonne chère, ou quelques telles brouilleries, amtot, Comment dise, le flatt. 60. Marius s'alla attacher [attaquer] sur son vieil aage à de jeunes hommes en brouillis de gouvernement, amyot, Lucull. 77. Vous desiriez acheter quelques brouilleries [bagatelles], sully, Jfem. t. m, p. 4 2, dans lacurneste-
PALAYE
— ÊTYM. Brouiller. Brouillis se disait aux xv* et xvi* siècles, au lieu de brouillerie, pour troubles civils.
4. BROUILLON, ONNE (brou-llon , llo-n' , ii mouillées, et non brou-yon), adj. || 1" Oui met le trouble dans les affaires. La principale prudence ne consiste point a faire des discours faux et des personnages brouillons, fén. xvii, 80. Je ne saurais aucunement approuver ces humeurs'brouillonnes et inquiètes qui, n'étant appelées ni par leur naissance ni par leur fortune au maniement des affaires politiques , ne laissent pas d'y faire toujours en idée quelque réformation , desg. Jftft/i. 2 , 3 que ce démon brouillon dont il est possédé, mol. rÉtourdi,v, 2. || 2* Substantivement, celui qui embrouille les affaires. Et les autres décemvirs le menacèrent de le faire précipiter du haut de la roche Tarpéienne comme un séditieux et un brouillon, vertot, Révol. rom. liv. v, p. 27. Est-il possible qu'aucun de mes serviteurs ne me vengera de ce brouillon de prêtre? volt. Mœurs, 60. || Celui qui n'a pas de netteté dans les idées. Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries, Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies, mol. l'Étour. H, 4 4. Eh non, brouillonne, non, tu ne sais pas encore ce que tu dis, marivadx, Le préjugé vaincu, s.
— HIST. xvi* s [L'esprit humain] un petit
brouillon et troublefeste.... charron, Sagesse, i, 46. Nous avons un esprit brouillon, qui s'ingère de maistriser et gouverner partout, id. ib. il, 3. Un brouillon ne recerche qu'à brouiller un autre, brant. Ferdinand I.
— ÊTYM. Brouiller.
2. BROUILLON (brou-llon, Il mouillées, et non brou-yon) , s. m. || 1° Premier travail avec corrections. J'avais fait quelques brouillons à ce sujet-là, mais j'y ai renoncé, bern. de st-p. De l'Arcadie. || 2° Le papier même sur lequel on a écrit. || 3° Brouillard, livre de commerce.
— SYN. brouillon, brouillard. Brouillard est un registre des commerçants, dit aussi brouillon. Brouillon se prend pour brouillard en ce sens; mais brouillard ne se prend pas pour brouillon.
— HIST. xvi* s. Ayant curieusement recueilli tout ce que j'ay trouvé d'entier parmy ses brouillars et papiers espars çà et là, mont, iv, 342.
— ÉTYM. Brouiller.
t BROUILLONNER (brou-llo-né, «mouillées, et non brou-yo-né), v. a. Écrire en brouillon. Néologisme.
— êtym. Brouillon 2.
HROUIR (brou-ir), v. a. Dessécher et brûler les jeunes pousses atteintes par une gelée blanche. Le soleil a broui les feuilles des arbres.
BRO
— HIST. xii* s. Le feu i boutent, e trestout l'ont brui, Carin , i, p. 210. || xiii* s. L'arc froissera nostres sires, et brisera les armes, et les escus broïra par feu, Psautier, f° 67. Dieux brol par gelée tous les arbres, ib. f* 96. || xiv* s. Là chef le dit feu de lez un cep; lequel cep fu un peu broui ou ars, du cange, bruscare. Mais le fer ardant delà floche, Quilecuer toudis art et sèche, Sache certainement qu'il art Et bruist par si soubtil art, Qu'il n'i pert [parait] tache nearsure, machault, p. 84. ||xv*s. Nil'herbenepouvoit issir horsde terre.... et ce qui en issoit ne fructifioit rien ; car la grand chaleur du temps Pavoit tantost bruit, proiss. il, m, 82. Et si vray est que dernièrement L'ont les Anglois tout ars et tout brui Emprès Vertus [village des Vertus]; aiez pitié de lui, e. deschamps, Supplicationau ltoi. Jamais ne puisse nullement Bon sep de vigne estre brouy, fr. michel, Argot, p. 37. || xvi* s. Puis fist brusler, brouyr et mettre en cendre Mon coustumier de la chose publique, J. marot, v, 38. Et qu'ainsi soit, il est tout manifeste Que près de luy En la bataille eut maint homme brouy, Espars en ï'aer.... id. v, (46.
— ETYM. Piémont, broui, brot>i; vénét. broare ; du moyen allemand brûejen ; flamand, broeijen, échauffer, enflammer; allem. moderne, brùhen.
BROUISSURE (biou-i-su-r'), s. f. Dommage que la gelée cause aux végétaux. Cette brouissure tombera aux premières pluies douces, laquintinye, Jardins, 1. 1, dans richelet.
— ÊTYM. Bmuir.
BROUSSAILLES (brou-sâ-lP, Il mouillées, et non brou-sâ-ye) , s. f. plur. Ensemble de roDces et d'arbustes qui croissent dans les forêts. Passer à
travers les broussailles. || Au sing son cheval
ombrageux Au loin s'écarte et fuit dans la broussaille, volt. Ce qui plaît aux dames. Là [dans la tombe] tu n'entends plus rien que l'herbe et la broussaille, Le pas du fossoyeur dont la terre tressaille, v.hugo, Voix, 29. || Fig. Les sots sont la broussaille du genre humain, marmontel dans girault-duvivier. || Fig. S'échapper par les broussailles, sortir comme on peut d'un embarras.
— HIST. xv s. Il entreoublia son chemin et entra en une bruyère de broussis et de petits bois et perdit de tout point son chemin, froiss. n, m, 424. || xvi' s. Hz veirent les herbes et broissailles froissées, et la terre éboulée, amyot, Cam. 46. Une butte couverte d'arbres et de brossailies, id. Uarcell. 49.
— ÊTYM. Voy. BROSSER 2.
f BROUSSE (brou-s'), s. f. Sorte de fromage.
— ÉTYM. On dit dans quelques départements : le lait se brousse, au lieu de : se caille.
t BROUSSER (brou-sé) , v. n. Terme de chasse. Marcher à travers boissans suivre leschemins. || Fig. Monsieur ne s'ébranla point, et il fallut se réduire au parti de brousser à l'aveugle de jour en jour, RETZ, iv, 2».
— ÊTYM. Voy. BROSSER 2.
4. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Excroissance qui vient à quelques arbres, et particulièrement aux érables,et dont on se sert dans la tabletterie.
— HIST. xiii* s. Lors vont laver et puis mengier; La table sist sur deux coissins; Desor la nape ot deux broussins, Où il avoit cierges d'argent, Fabliaux mss. p. 264, dans lacurne. || xv*s. Un baston noullu [noueux] àplusieursbroz, du cange , broca. ||xvi* s. Couteaulx à manches de brossin, de laborde, Émaux, p. 232.
— ÊTYM. Diminutif de brox ou broc, nœud, c'està-dire pointe, autre forme de broche.
t 2. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Fromage délayé dans du vinaigre et du poivre, sorte de mets.
— ÊTYM. Brousse.
t BROUSSURE (brou-su-r'),«. f. Carie du froment.
BROUT (brou) , s. m. || 1° Pousse des jeunes taillis au printemps. || 2" Terme de vétérinaire. Mal de brout, maladie atteignant les animaux qui mangent le brout.
— HIST. xiii* s. Li sainglers encraisse.... De nois, de glans et de favine, Le brost desdaigne et la racine, Partonopez, 528. ||xv* s. Si vient guerre, mort ou famine, Dont Dieu nous gard, quel train, quelmine Ferons nous pour gaigner le broust? villon , Baillev. et Malep. || xvr s. Ils estoient la plus part du temps sans manger un jour entier, et leurs chevaux sans manger autre chose que du broult, m. du bell. 424. Ceulx qui ne bougent d'alentour des tables plantureuses et friandes, qui ne cherchent que le broust, comme l'on dit, amyot, Comment dise, le flatt. 7.
— ÊTYM. Bourguig. brou , bourgeon ; provenç. brol, broto; espagn. broie, brofa. Il y a deux formes de ce mot : 1* provençal «t espagnol sans t , et
HRO
le français broust avec s. Le premier se rapporte à l'ancien haut-allemand, broz, bourgeon; le second à l'ancien saxon, brustian, bourgeonner.
f BROUTAGK (brou-ta-j') , s. m. Terme de céramique. Soubresaut qu'éprouvent les blocs dans les moules.
— ÊTYM. Voy. brouter.
BROUTANT, ANTE (brou-tan, tan-tf), adj. Qui broute. Les bêtes broutantes, le cerf, le daim, la biche, etc. Ce roi vit un troupeau qui courait tous les champs, Bien broutant, en bon corps, la font. Fabl. x, 40.
BROUTE, ÉE (brou-té, tée), part, passé. L'herbe broutée par les moutons.
t BROUTEMENT (brou-te-man), s. m. || 1° L'action de brouter. || 2° Terme de métier. Saccade qu'éprouve le tour à guillocher ou godronner.
— HIST. xvi* s. Broutement, dans oudin.
— ÊTYM. Voy. brouter.
BROUTER (hrou-té), v. a. || 1* Manger sur place l'herbe ou les feuilles des arbres. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, lamart.
llarm. i, 7 le cerf hors de danger Broute sa
bienfaitrice [la vigne] ; ingratitude extrême, la font Fabl. v, 16. || Par extension. Nous [abeilles] ne broutons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisont que du miel délicieux, fén. xix, 46. Tandis que des hommes créés à l'image de Dieu et rachetés de tout son sang, broutent l'herbe comme des animaux, auriez-vous la force d'y être le seul heureux? mass. Carême, Aumône. || Absolument. Dès que les chèvres ont brouté, Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune.... la font. Fabl. xji, 4. || Fig. et familièrement. L'herbe sera bien courte s'il ne trouve de quoi brouter, se dit de celui qui sait vivre, se tirer d'embarras là où d'autres ne le sauraient pas. || S* Terme de métier qui se dit d'un outil ne coupant pas le bois nettement, et en rendant la surface inégale, par comparaison avec l'effet de la dent des animaux qui broutent. || Proverbe. Où la chèvre est attachée il faut qu'elle broute, se dit pour exprimer que le mieux est de se conformer à son sort, à sa situation, à la nécessité.
— hist. xn* s. Plus que la chievre ne s'apese Des chous bruster, s'ele en a ese, benoît, ii, 12655. || xiv* s. Dame, dist Bauduins, par la vertut discrée, Kievre convient brouster là où est assenée, Baud. de Seb. x, 317. || xvi* s. Sus, grand loreaux, et vous brebis petites, Allez au tect, assez avez brousté, marot, m, 303.
— ÊTYM. Wallon brosler; bourguignon, brôltai; provenç. brostar, brouter, ronger, brost, rongé (voy.BROUT). Brouter, dans le sens de mal couper, a donné dans les métiers broutement et broutage, au sens de saccade.
BROUTILLES (brou-ti-U', Il mouillées , et non brou-ti-ye), s. f. plur. ||i° Menues branches. || Au sing. Terme d'hortic. Bourgeon axillaire [delà vigne]. || 2° Fig. et familièrement, futilités, petites choses inutiles et de peu de valeur. Il n'est occupé qu'à des broutilles. || Au sing. Amelot en était [des conseils], qui, à vrai dire, leur laissait la broutille ou les choses résolues, et faisait tout, ou seul ou avec la princesse des Ursins, st-sim. 243, 233.
— ÊTYM. Diminutif de brout. L'ancien français avait brousteler, diminutif de brouter.
t BROUTURE (brou-tu-r'), s. f. Branche broutée.
— HIST. xvi* s. Par inesme remède sera guéri 'j venin provenant de la morsure des chèvres et autres bestes, après en avoir taillé les branches par dessous les broutteures, o. de serres, -197.
— êtym. Brouter.
f BROWNIEN, IENNE (brô-niin, niè-n'), adj. Terme de médecine. Qui appartient au brownisme.
t BROWNISME (brfl-ni-sm'), s. m. Système hypothétique de médecine, dans lequel, regardant la vie comme produite par l'excitabilité, on considérait les maladies comme produites par un excès ou par un défaut de cette excitabilité.
— ÊTYM. Brown, médecin écossais de la fin du xviii* siècle.
f BROWNISTE (hrô-ni-sf), s. m. Médecin qui était partisan du brownisme.
t BROYAGE (bro-ia-j' ou broi-ia-j'), s. m. Action de broyer.
— ÊTYM. Broyer.
t l. BROYE (broî), ». f. Instrument en bois pour rompre le chanvre et séparer la filasse de la chènevotte.
— ÊTYM. Broyer.
t 2. BROYE (brol), i. f. Terme de blason, qui signifie certains festons dans des situations variées.