BURE (bu-r*), ». f. Puits profond dans une mine
— ÊTYM. Allem. bohren, percer (voy. burin).
f 3. BURE (bu-r') , ». f. Partie supérieure d'un fourneau de forge.
— ÊTYM. Le même que buire?
f 4. BURE (bu-r'), s. f. Terme de pêche (voy. birk).
4. BUREAU (bu-rê), ». m. Grosse étoffe de laine. Mais qui n'étant vêtu que de simple bureau Passait l'été sans linge et l'hiver sans manteau, boil. Hat. i. || %° Bureau, tapis qu'on mettait sur une table, et de là la table même (voy. bureau 2).
— HIST. xiii* s. Bien fu li mastins deceilz, Des gardes fu aparceQz ; 0 maçues et o tiniaus Li mit bien aune ses buriaus, Ren. 4 3994. [L'amour] C'est laigne qui riens ne refuse, Les porpres [pourpres] et les buriaus use, la Rose, 4346. Me garantist et cors et teste, Par vent, par pluie et par tempeste, Forré d'agniaus cist miens buriaus, Comme pers forré d'escuriaus, ib. 9446. Cote ot nueve de burel, Poésies fr. mss. dansLACunNE. || xiv* s. Riches draps, gros bureaux et le linge esmeré, Guesclin, 4 954 6. || xV Tout homme estant vestu de noir de ces gros bureaux [pour le deuil du prince de Castille], comm. VIII, 47. Myeux vaut vivre sous gros bureaux, Pauvre, qu'avoir esté seigneur Et pourrir sous riches tombeaux, villon, G. Testam. || xvr* s. Print quatre aulnes de bureau, s'en accoustra comme d'une robbe longue à simple cousture, rab. Pant. m, 7. Il lui parloit le latin médicinal, qui estoit en ce temps -là fin comme bureau teint, desper. Contes, lxi. Est toutesfois requis d'avoir quelque peu de laine noire, pour mesler aveo la blanche, en faire des draps gris, ou seule, des bureaux pour les habits du mesnage, o. de serres, 347.
— ÊTYM. Bure 4 ; provenç. bureus; catal. burel; espagn. buriel ; ital. burello. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li bure/s ou buriaus; au régime le burel (voy. Pétymologie de bure i).
2. BUREAU (bu-rô), ». m. || 1° Table sur laquelle on écrit, on compte de l'argent, etc. Payera bureau ouvert. Voy. ouvert. j| 2° Grande table à tiroirs et à tablettes. || Cette affaire est sur le bureau, on commence à s'en occuper. || 3" Endroit où travaillent habituellement des employés, des commis, etc.
MO
BUR
Les bureaux du ministère. Le bureau d'un courtier. Les bureaux de l'administration d'un chemin de fer. || Garçon de bureau, domestique attaché au service d'un bureau. || 4° Les employés mêmes qui travaillent dans un bureau. Le travail des bureaux. || Fig. et familièrement. L'air du bureau, les dispositions des personnes chargées d'une^ affaire. Prendre l'air du bureau, s'informer de l'état d'une affaire. Je proposai à M. le prince de Conti de venir au parlement et de demeurer simplement dans les termes qui se pourraient expliquer plus ou moins favorablement, selon qu'il trouverait l'air du bureau danslagrand'chambre, retz, ii, 204. Si on nous rogne les ongles, il nous sera impossible de marcher; d'ailleurs le vent du bureau n'est pas pour nous, volt. Leltr. d'Argental, 24 novembre 1772. Il Connaître l'air du bureau, pressentir l'issue d'une affaire. || 5° Établissement détaché où s'exécute quelque service d'une administration publique. Bureau des hypothèques. Bureau des longitudes. Bureau de tabac, de poste, etc. || Bureaux arabes en Algérie, administration, confiée à des militaires, de certains districts occupés par les indigènes. || 6° Bureau des messageries, lieu où l'on retient sa place dans une voiture publique. || Bureau restant, s'écrit sur une lettre, sur un paquet, pour indiquer qu'ils doivent rester au bureau de la poste, au bureau des voitures, jusqu'à ce qu'ils soient réclamés. || Les bureaux d'un théâtre, les endroits où se distribuent les billets pour assister à la représentation. Bureau des suppléments, bureau où l'on paye un supplément pour prendre une meilleure place. || 7° Bureau de charité, lieu où se font des distributions de secours aux indigents. || Bureau de bienfaisance, la réunion des administrateurs chargés de la direction des bureaux de charité. || 8° Bureau de placement, établissement où l'on se charge de placer des employés, des domestiques. || Bureau des nourrices, établissement où l'on se charge de placer des nourrices. || 9" Bureau d'adresse, lieu où l'on se charge de procurer divers renseignements. || Familièrement. C'est un vrai bureau d'adresse, c'est-à-dire c'est une maison où l'on dit beaucoup de nouvelles, c'est une personne qui a toujours beaucoup de nouvelles à dire. || 10° Bureau d'esprit, en parlant des choses littéraires, société où l'on s'occupe ordinairement de littérature; cela se dit ordinairement par dénigrement. Là du faux bel esprit se tiennent les bureaux, boil. Sot. x. Une histoire du prince de Condé sortie de ces mêmes bureaux d'ignorance, volt. Louis XIV, 27. L'autre jour la cour du Parnasse Fit assembler tous ses bureaux, J. B. houss. Sonnet à la Fare. \\ 11° Membres d'une assemblée que leurs collègues désignent pour diriger les travaux. Le bureau se compose d'un président, d'un vice président et des secrétaires. || La réunion du président, du vice-président et du secrétaire ou des secrétaires soit dans une assemblée législative, soit dans une académie, soit dans tout autre corps.
— HIST. xv* s. S'aucun aussi monstre sa retenue, Et au bureau va faire serement, Les officiers n'y font empeschement, ch. d'orl. Rond. Et fault produire quelque don, Quelque affiquet; s'il semble beau , On mettra sans dilation Les pièces dessus le bureau, coquill. Droits nouv. \\ xvi* s. La despense de laquelle, rappourtée à son bureau, ne montoyt par quartier gueres plus que.... bab. Pant. m, 7. Or sus donc, le sage jugera de tout, rien neluyeschappera qu'il ne mette sur le bureau et en la balance, charron, Sagesse, n, 2. Puis a esté commandé expédier le procès des prisonniers du faict de saint Medard, et m'a esté ordonné l'aller dire à la Tournelle , où le dit procès est sur le bureau, condé, mémoires, p. 044.
— ÉTYM. Bas-lat. burellum, ainsi dit parce que la table était couverte d'un drap de bureau (voy. bureau i).
f BUREAUCRATE (bu-ro-kra-f), s. m. Néologisme. Homme puissant dans les bureaux ou même simple employé dans les bureaux. 11 ne se dit guère que par ironie et en mauvaise part. C'est M. Mathieu, bureaucrate envieux, insinuant, mêlant à froid ses passions et ses intérêts, et nous apportant ici le despotisme dont il se plaint ailleurs, bayard et de wailly, le Mari à la campagne, n, 6.
— êtym. Ce mot a été tiré de bureaucratie (voy. bureaucratie).
RUREAUCRAT1E (bu-ro-kra-sie) , s. f. Pouvoir des bureaux. Néologisme très-peu correct, rendu nécessaire par l'influence de plus en plus générale que les bureaux, dans toutes les administrations, exercent sur toutes les entreprises. || Influence abusive des commis dans l'administration.
BUR
— ÉTYM. Bureau, et xp-rreîv, avoir le pouvoir.
t BUREAUCRATIQUE (bu-ro-kra-ti-k") , adj. Néologisme. Propre aux gens de bureau.
— ÊTYM. Bureaucratie.
f BURELÊ, ÉE (bu-re-Ié, lée), adj. Terme de blason. Se dit d'un écu garni de longues listes, de flanc à flanc, à nombre égal et d'émail différent.
— étym. Burette.
f BURELLE (bu-rè-1'), ». f. Terme de blason. Petites bandes alternant l'une avec l'autre , en nombre pair, et de couleurs différentes.
— HIST. xv* s. Le seigneur de Montmiral, qui portoit burelle d'argent, Jehan de Sainlré, 68.
— ÉTYM. Bureau t.
BURETTE (bu-rè-f) ,s. f.\\l° Petit vase à goulot où l'on met du vinaigre, de l'huile, etc. Il y avait une burette de vin contenant un demi-setier, volt. Phil. v, 367. || 2° Petits vases où l'on met le vin et l'eau qui servent à la messe. || 3* Vase de fer-blanc pour verser le suif dans les moules à chandelles.
— HIST. xiv s. Une burette à biberon de chappelle, pesant deux marcs, cinq onces, d'argent, de laborde, Emaux, p. 478. || xvr* s. Les cierges et burettes, calv. Instit. 4180. Burettes à huyle, amyot, Sylla, 30.
— ÉTYM. Diminutif de buire.
BURGANDINE (bur-gan-di-n') , *. f. L'Académie
dit burgandine; mais les autres dictionnaires ont avec raison burgaudine (voyez ce mot).
BURGAU (bur-gô) , s. m. Nom vulgaire de plusieurs coquilles univalves nacrées, principalement du turbo marbré qu'on trouve dans l'Inde. Le berceau offert par la ville de Paris au roi de Rome, fils de Napoléon, était en vermeil, nacre et burgau, legoarant.
— HIST. xvr* s. Les huitres, les moucles, les gembles, et un nombre infiny de burgaux de diverses espèces et grandeurs, palissy, ne.
— ÉTYM. Origine inconnue.
t BURGAUDINE (bur-gau-di-n'), s. f. ||l°Laplus belle espèce de nacre, l'écaillé du coquillage appelé burgau. || 2° Adjectivement. Nacre burgaudine.
— ÉTYM. Burgau.
f BURGEAGE (bur-ja-j') , s. m. Terme de verrerie . Action de burger.
— étym. Burger.
\ BURGER (bur-jé), v. a. Terme de verrerie. Produire une ébullition dans le verre fondu en y plongeant une baguette de bois vert.
— HIST. xv* s. Le suppliant empoigna icellui Colin par le visaige en le brugant [poussant] tellement qu'il le recullaun pas, du canoë, brugaria. Lequel Thomas, en ce disant, burga et bouta tellement icelle femme qu'il la fist cheoir à terre, id. ib. Burguer sans choir [pousser sans faire tomber], ID. ili.
— ÉTYM. Origine inconnue.
BURGRAVE (bur-gra-v') , s. m. Ancien titre de dignité en Allemagne. Seigneur d'une ville.
— ÉTYM. Aliem. Burggraf, de Burg, forteresse (voy. bourg), et Graf, comte.
BURGRAVIAT (bur-gra-vi-a), s. m. Dignité de burgrave.
— ÉTYM. Burgrave.
BURIN (bu-rin), s. m. || 1° Instrument d'acier qui sert à graver, en le poussant avec la main. Ces tables de vengeance où le fatal burin Epouvantait nos yeux d'une liste de crimes , volt. Triumv. i , t . || Fig. Qui me donnera le burin pour graver sur le marbre cette parole? boss. le Tell. S'il est un magistrat injuste.... Il verra sa honte éternelle Dans les traits d'un burin fidèle, Que le temps ne peut effacer, volt. Odes, 13. || Le burin de l'histoire, l'éternelle durée que l'histoire donne aux souvenirs et aux récits. || 2° La manière de graver. Un burin ferme, vigoureux. || 3° Ciseau plat pour couper le fer. || 4° Barre de fer pour forer une roche.
— HIST. XV s. C'est un charpentier sans hache, C'est un orfèvre sans burin, basselin, lvi. || xvi* s. [Vulcain] D'un burin laborieux Grave tes fatales armes, dubell. m, 40, verso.
— ÉTYM. Espagn. buril ; ital. bolino; de l'ancien haut-allemand bora, foret, borôn, percer; ailem. mod. bohren.
BURINÉ, ÉE (bu-ri-né, née) , part, passé. Des lettres burinées sur le bronze.
BURINER (bu-ri-né) , v. a. \\ 1° Travailler au burin , graver. Buriner une planche. || Absolument et par extension, écrire avec perfection. Ce maître d'écriture burine. |j Fig. Ecrire d'un style énergique et Erofond. Il nous manque ta main qui grave et qui urine Dans ce siècle où par l'or Jes sages sont distraits, v. hugo, Crép. 7 || 2° Terme do vétérinaire.
BUR
Buriner les dents d'un cheval, y faire par fraud de fausses marques, afin qu'on croie qu'il est encorj jeune.
— HIST. xvi* s. Là se voit l'image encor' De tes victoires futures, Par le feuvre Lemnioo.... Divinement burinées, dubell. m, *2, recto,
— ÊTYM. Burin.
BURLESQUE (bur-lè-sk') , adj. ||1° T«rme de littérature. Qui provoque le rire par le contraste entre la bassesse du style et la dignité des personnages. Mon écuyer a l'accent un peu burlesque pour un récit héroïque, hamilt. Gramm. 3. || 2° Par extension, qui provoque le rire par une sorte de charge, de caricature. D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poème entier ou burlesque ou barbare, boil. Art p. m. Il me paraîtrait tout à fait burlesque que les Indiens de ce pays-là se missent à l'eau comme les nôtres, fonten. Lesmondes, 2' soir. || 3° S. m. Le genre burlesque. Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté.... Mais de ce style enfin la cour désabusée Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée, Distingua le naïf du plat et du bouffon, Et laissa la province admirer le Typhon. Que ce style jamais ne souille votre ouvrage ; Imitons de Marot l'élégant badinage, Et laissons le burlesque aux plaisants du pont Neuf, boil. Art p. i.
— SYN. burlesque, hêroï-comiqub, parodie, bouffon. Le burlesque s'attaque à de hauts personnages qu'il fait agir ou plutôt parler bassement, comme Scarron dans son Virgile travesti. Le poème héroï-comique prête le langage et les allures du héros à des gens de condition inférieure, et cherche un contraste plaisant entre la grandeur du style et la petitesse des actes : le Lutrin en est un exemple. La parodie diffère du burlesque, quand elle est complète, en ce qu'elle change la condition des personnages dans les œuvres qu'elle travestit; et c'est ce que ne fait pas le burlesque,qui trouve une nouvelle source de comique dans la perpétuelle antithèse entre le rang et les paroles des acteurs. Le bouffon est d'une signification plus générale; il s'applique à toute œuvre plaisante, populaire et sans gêne , en dehors du travestissement des caractères. Le burlesque, la parodie, le poème héroï-comique sont des espèces du genre bouffon.
— HIST. xvi' s. Trois filles de la reine mère, qui faisoient bien à elles trois cent quarante ans, voulant me turlupiner comme un nouveau débarqué, et une d'elles m'ayant demandé effrontément et d'un ton moqueur : que contemplez-vous là, monsieur? — Les antiquités de la cour, mesdames, rebondis je sur le mesme ton.... Ce burlesque mot.... d'aub. Vie, p. 42. Beaucoup de gens disoient que la harangue du sieur d'Aubray estait trop longue et sérieuse au prix des précédentes qui sont toutes courtes et burlesques, Sot. Min. p. 334, édit. de 1677.
— ÊTYM. Ital. burlesco, de burlae, plaisanterie. BURLESQUEMENT (bur-lè-ske-man) , adv. D'uno
manière burlesque. Courcillon faisait ses complaintes le plus follement et le plus burlesquement du monde,
ST-SIM. t65, 195.
— ÉTYM. Burlesque, et le suffixe ment (voy. ment).
t BURNOUS (bur-nous'), s. m. Grand manteau de laine à capuchon que portent les Arabes. Le burnous, avec quelques modifications, a été adopté en France.
— ÉTYM. Arabe, 6omoi, nom de ce manteau.
f BURON (bu-ron), s. m. Petite cabane. On voit partout [sur le Puy-de-Dôme] les burons ou les chalets de l'Auvergne , chateaub. Clerm. 120.
— HIST. xv* s. Et iroit [le roi] si avant en ces quatre mestiers dont ce venin estait issu, qu'il n'y demeureroit ni maison ni buiron, froiss. n, n, 231. Lors se trouvèrent les deux chevaliers gisans en la forest soubzun arbre, ne ilz ne virent entourd'eulx maison ne buron, l'erceforest, t. III, f* 85, dans
LACURNE
— ÉTYM. Norm. bur, habitation ; de l'ancien haut allemand bûr, maison.
f BUROT (bu-ro), s. m. Synonyme, en Bourgogne, de pinot gris ou pinelu, sorte de raisin.
— ÉTYM. Diminutif de bure, ainsi dit à cause de sa couleur.
t BURSAIRE(bur-sè-0, adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une bourse ; qui a de grandes abajoues.
— ÉTYM. Voy. BOURSE.
BURSAL, ALE (bur-sal, sa-1') , adj. Qui a pour objet les impôts et en particulier les impôts extraordinaires. Les nécessités de la guerre avaient entassé un grand nombre d'édits bursaux pendant les vacinces du