ROSS
— ÊTYM. Candelabrum, de candela, chandelle (voy. ce mot); provenç. candélabre; anc. catal. candalobre; ital. candelabro.
f CANDELETTE (kan-de-lè-f), t. f. Terme de marine. Gros palan.
— ÊTYM. Diminutif de chandelle.
CANDEUR (kan-deur), t. f. Qualité morale qui fait qu'une âme pure et innocente se montre telle qu'elle est, sans défiance. Et, quel que soit le but où tendent leurs desseins, Si la candeur n'y rogne ainsi que l'innocence, Ce qu'ils font pour un bien leur semble être une offense, la font. Captivité de St. Malc. Mainte peste de cour fit tant par maint ressort, Que la candeur du juge, ainsi que son mérite, Furent suspects au prince.... id. Fabl. x, 40. Les dieux ont sur son front imprimé la candeur, volt. Mérop. il, 2. De l'innocence en vous que j'aime la candeur, id. Olymp. H, 3. Une certaine candeur qui peut n'accompagner pas de grandes vertus, mais qui les embellit beaucoup, était une de ses qualités dominantes, fonten. des Billettes. La grâce, la candeur, la naïve innocence Ont, depuis ton enfance, De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté, a. chén. Odes, 7. Une muse naïve et de haines exempte, Dont l'honnête candeur ne garde aucun secret, id. Élég. 9. L'amicale douceur de tes chers entretiens, Ton honnête candeur, ta modeste science, De ton cœur presque enfant la mûre expérience, id. ib. 31. En lui l'on voit régner une candeur extrême; 11 n'affecte en ses mœurs aucun déguisement, Et dans tout ce qu'il fait il agit franchement, hauteroche, l'Amant qui ne flatte point, H, 8.
— HIST. xvi* s. Ceste mesme candeur, ceste grâce divine Qu'en ton Virgile on voit.... du bellay, vi, 30, recto.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. candor; ital. candore; de candorem, blancheur, du verbe candere, être blanc, brillant. Mot introduit par le xvi* s.
4. CANDI (kan-di), adj. m. Sucre candi, sucre dépuré et cristallisé. Nous aperçûmes de loin une Ile de sucre avec des rochers de sucre candi et de caramel, fén. xix, 38. J'y vois de gros gardes Cuirassés de bardes, Portant hallebardes De sucre candi, bérang. Cocag. || Substantivement. Candi blanc, rouge, en poudre. || Une substance est dite au candi, quand elle est couverte de cristaux de sucre.
— HIST. xvr s. Eau d'orge, en laquelle avois fait bouillir miel rosat et sucre candi, paré, vin, 3*.
— ÉTYM. Italien, zucchero candi, sucre candi. Dans un auteur italien de 4340, candi se trouve employé. De l'arabe kand, sanscrit khanda, v préparation du sucre indien; khanda signifie primitive-
ment un morceau. Cela écarte la dérivation d'un verbe candir (namurois, chandi), échauffer; car candi, s'il avait cette origine, ne se trouverait pas dans un texte italien du commencement du xiv* siècle; circonstance qui mène à une étymologie orientale.
2. CANDI, 1E (kan-di, die), part, passé. Fruits candis, ou, substantivement, candis, fruits que l'on conserve en faisant candir du sucre dessus.
CANDIDAT (kan-di-da; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : les kan-dida-z et leurs juges; candidats rime avec appas, fracas, etc.), s. m. || 1° Celui qui, à Rome, aspirait à quelque charge ou dignité, et qui, pour l'indiquer, s'habillait de blanc. || 2" Celui qui postule une place, une fonction. Candidat à la députation, à l'académie. Ce candidat n'a pas réussi. || Celui qui est inscrit pour quelque examen.
— HIST. xvi' s. Ce sont [les créanciers qui espèrent que je les payerai] mes candidats, mes parasites, mes salueurs, mes diseurs de bons jours, mes orateurs perpétuels, rab. Faut, m, 3.
— ÊTYM. Candidatus, vêtu de blanc, de candidus (voy. candide).
CANDIDATURE (kan-di-da-tu-r'), s. f. État de candidat; poursuite que fait un candidat. Sa candidature pour la chaire de littérature grecque.
— ÉTYM. Candidatura, de candidatus, candidat. CANDIDE (kan-di-d'), adj. Plein de candeur, en
parlant des personnes. Un homme candide. 0 divine amitié, source des plus doux biens, Quand tu veux enflammer la candide jeunesse, L'amour n'a point de traits aussi prompts que les tiens, masson, Helvét. m. Ma fille assurément n'est point une stupide; Mais dans son procédé je la trouve candide, hauteroche, l'Amant qui ne fiai te point , iv , 3. || En parlant des choses. Physionomie candide. 11 répondit par quelques paroles candides.
— HIST. xvi' s. Que pleust à Dieu, le naturel d'un chacun estre aussi candide à louer le? vertus, comme dil gent à observer les vices d'autruy, nu bellay, i, 22, recto. Certaines pierres d'agate et autres, qui estoyent candides sur la partie supérieure, et ténébreuses en la partie inférieure, palissy , 297. Desquelles cendres l'on pourra faire du verre qui sera transparent et candide, id. 335. Il ne sçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, mont, i, 4 88.
— ÉTYM. Candidus, blanc, de candere, être blano (voy. candeur) ; espagn. et ital. candido. Le blanc est le symbole de l'innocence. Mot du xvi* s.
CANDIDEMENT (kan-di-de-man), adv. Avec candeur. Il y a des gens qui parlent candidement quand ils veulent taire une vérité, Dict. de Trévoux, dans desfontaines.
— HIST. xvi' s. Pourquoy ne sera-t-il permis de candidement confesser que l'on ignore? charron, Sagesse, a, t.
— ÊTYM. Candide et ment (voy. ment).
CANDIR (SE) (kan-dir) , v.réfl. || 1° Devenir candi.
Ce sucre ne se candit pas bien. || Absolument et avec suppression du pronom personnel, faire candir du sucre. || 2° Les confitures se candissent. Une préparation se candit, quand le sucre, montant à la surface, s'y cristallise.
— hist. xvi' s. Le temps à la longue fait candir le sucre, sans moien, dans le fruit, à la louange entière delà confiture, o. de serres, 865. Le succre, se candissant de soi-mesme dans le fruit, à la longue, le tient gros et ferme, id. 86».
— ÊTYM. Candi.
fCANDISATION (kan-di-za-sion), s. f. Opération par laquelle on obtient le sucre candi et les substances candies.
— ÉTYM. Candir.
fCANDISSOlRE (Jcan-di-soi-r*), *. f. Vase dans lequel on fait candir les substances qu'on veut couvrir d'une couche de sucre cristallisé.
— ÉTYM. Candir.
CANE (ka-u')t s. f. La femelle du canard. || Familièrement. Marcher comme une cane, marcher en se dandinant. Il est vrai, je l'avoue ici, Saint-Amand n'est pas diaphane; Il est gros et gras, Dieu merci. Et tord la croupe en cul de cane, st-amant, Épigr. *7. || Faire la cane, faire un plongeon, ou se jeterà plat ventre. La nef du fort Ilionée.... Celle du fidèle Achatès.... Faisoienten mercentpiroueltes; Qui pis est, la cane souvent, scarron, Virg. trav. i. j| Fig. Se dérober à propos, faire le plongeon à l'approche du danger, montrer de la poltronnerie.
— HIST. xiii* s. L'en vendoit les froumaiges et le» poules et les annes, Hist. occid. des croisades, t. i, p. 493. || xiv* s. Où il a estang bien garny D'oiseaulx
CAN
CAN
CAN
ce rivière parmy Quennes, mallars, qui vont noant (nageant), Modus, f° cvi, verso. || xv s. Il fut plus esbahi qu'un canet, louis xi, Nouv. xcvi. Du surplus nu m* voit à rien, Fors à boire comme une cane, coqoill. Simple et nuée. || xvi" s. Par dieu, qui fera la canne de vous aultres, je foys moyne en mon lieu, rab. Garg. i, 42. Bien luy servit de faire la cane, car aultrement le coup lui donnoit sans doubte dans l'estomac, «ont. i, «2. J'aime lespluyes et les crottes comme les cannes, m. iv, «04. Mai* la femme n'y voulut onques entendre, et fit la cane, au moyen de quoi il n'avoit pu rien faire, B. despeh. Contes, cxxm. L'oie et les canes communes et d'Inde y tiennent le premier rang, desquelles deux dernières sort une troisiesme etbastarde race, quand le canard d'Inde et la cane commune s'accouplent ensemble, o. de serre», 340. La cane dinde est plus grossette que la commune.... et spécialement le jars, m. 379. La charge d'un canard est de huit ou dix canes, id. 377. ouand les canes vont aux champs, les premières vont devint, oumw. Il est comme les canes, toujours le bec en l'eau, id.
— ÊTYM. Picard, énette. L'ancien français est ane, de anas, canard, d'où quelques étymologistes ont tiré cane, par l'épenthèse d'un c. Puisauxiv siècle on voit paraître cane, que Diez rattache au radical allemand Kahn, bateau, avec raison, comme le montre le bas-latin canardus, sorte de navire, mot qui se trouve dans Orderic Vital, auteur du commencement du xii" siècle.
CANÉFICIER (ka-né-fi-sié), s. m. Un des noms vulgaires de la casse fistuleuse (légumineuses), dite aussi casse et cassier. || Canéficier bàlard, nom vulgaire de la casse bicapsulaire.
— ÊTYM. Peut-être quelque altération de cana fislola, qui est le nom espagnol.
CANEPETIÈRE (ka-ne-pe - tiê-r') , s. f. Espèce d'outarde (outarde télrax), dite aussi petite outarde et outarde naine.
— hist. xvi* s. Il fait de la canepetiere [il fait le plongeon, il a peur], cotgrave. Cigoingnes, cannes petieres, flammans, rab. Garg. i, 37.
— ÉTYM. D'après Bélon, v, 4, ainsi nommée parce qu'elle se tapit contre terre à la façon des canes en l'eau. Ménage dit qu'on la nomme en Berry canepétrolle.
CANÉPHORE (ka-né-fo-r') , s. f. Terme d'antiquité grecque. Jeune fille portant des corbeilles en certaines fêles. De jeunes canéphores reportaient aux jardins de Vénus les corbeilles sacrées, chateaub. Mari, il, 74. Les vierges et les canéphores Ont purifié les amphores Suivant les rites d'Eleusis, v. hugo, Odes, iv, to. || En architecture, statue de décoration avec une corbeille sur la tête.
— ÊTYM. Kavriçôpoç, de xàveov, corbeille faite de roseaux , et çopoc , qui porte. Kàvtov vient de xâvi) (voy. canne), le même quexàvva, roseau, canne.
CANEPIN (ka-ne-pin), s. m. Epiderme de peau d'agneau ou de chevreau préparée par les mégissiers, et dont on se sert pour éprouver les lancettes.
— ÊTYM. Bas-lat. eanapium, toile de chanvre, de cannabis, chanvre (voy. chanvre), qui, par assimilation, adonné son nom au canepin; d'autant mieux que canepin a aussi signifié la pellicule prise au dedans du tilleul.
f CANER (ka-né), v. n. Faire la cane, reculer, fuir. Il cane, le patron, Labiche et martin, Le voyage de M. Perrichon, rv, 6. || Mot très-familier.
t CANETER (ka-ne-té), v. n. Marcher comme une cane. !| Bavarder comme des canes. Elles ['es pies] commencèrent à caneter d'une manière si bruyante, lesage, Gil Bios, vin, 6.
— hist. xvr s. Enfans boiteux et qui cheminent canetant, paré, xxv, 13.
— ÊTYM. Cane.
fCANETIÈRE (ka-ne-tiê-r') , s.f. Terme de soierie. Ouvrière qui dispose la soie sur les canettes.
— ÊTYM. Canette 3.
CANETON (ka-ne-ton), s. m. Le petit d'une cane. || Au restaurant, un jeune canard.
— HIST. xvi* s. Les dindons, oysons et canetons, 0. de serres.
— ÊTYM. Diminutif de canet, diminutif de cane. t. CANETTE (ka-nè-f), s. f. || i« Le petit d'une
cane; une petite cane. || a» Sarcelle d'hiver. || 3°Terme de blason. Oiseau représenté sans plumes. || Petite cane qui n'a ni bec ni jambes. || 4° Nom, dans quelques provinces, de la bille dont les enfants se servent pour jouer.
— hist. xv« s. Item sera le seneschal, Qui une fois paya mes debtes, En recompense, mareschal Pour ferrer oes [oies] et canettes, villon, Grand
test. Legs au sén. Une petite logette où l'on met couchier oes ou quenettes, do cange, quaneta.
— ÊTYM. Diminutif de cane. Bourguig. caner, jouer sa bille, sa canette.
2. CANETTE (ka-nè-f), s. f. || 1« Mesure de liquide restée en usage dans les débits de bière et qui est un vase ayant un bec, ou une bouteille de forme particulière tenant un litre. || Le contenu. Boire une canette. || 2" Petit tuyau de bois ou de roseau qu'on charge defiloudesoiepourfairela trame d'une étoffe.
— HIST. xii* s. Tost après commanda que l'om quatre chanes de eve emplist, Rois, 317. || xvi« s. Fondre un seul calice, ou rompre une petite cannette d'argent, Calvin, Instit. 88t. Portant les deux cannettes en se» deux mains, couvertes d'une toile de soie.... marg. de nav. Nouv. xix. Mesme un jour comme il tenoit le calice et l'autre les cannettes, il s'escria.... d'aub. Conf. I, 2.
— ÉTYM. Norm. canne, cruche; wallon, canète; du bas-latin canna, karma, de canna, canne, plusieurs vases ayant, à cause de leur forme, reçu ce nom.
t 3. CANETTE (ka-nè-t), s. f. Sorte de pièce de métier à tisser la soie.
— HIST. xv' s. Trois quenettes [bobines] de fil d'or de Lucques, du cange, quaneta.
— ÊTYM. Peut-être canette s'est-il dit par une assimilation avec canette t.
CANEVAS (ka-ne-va; Ys ne se lie pas, excepté dans le parler soutenu : ka-ne-va-z a tapisserie), s. m. || 1* Grosse toile claire pour la tapisserie à l'aiguille, etc. Elle n'avait au monde sa pareille  manier un canevas, la font. Coupe. || Fig. et familièrement. Broder le canevas, ajouter à un fait, à un récit, à un texte, des détails de pure invention ou des développements. Si ce canevas vous paraît raisonnable, vous le broderez, volt. Lett. Damilaville, 28 mai (765. || Terme de marine. Grosse toile à voiles de Hollande. || 2" Premières paroles qui se font sur un air de musique, ou mots sans suite mis sous un air, et qui servent de modèle pour en faire d'autres. || Les paroles mêmes faites sur un air avec ou sans ce modèle. || 8° Plan, ébauche ou donnée première d'un ouvrage de littérature. Le canevas d'un discours, d'un poème. Ce conte a servi de canevas à un fort joli opéra bouffon, volt. Moeurs, Joseph. Corneille ne fut pas choisi pour remplir ce mauvais canevas, .id. ib. Nous trouverons qu'en cela comme en tout, le plan de la nature est bien différent du canevas de nos idées, BUFF0N,^mmaux, reprod. Aussi longtemps du moinsqu'un canevas de déclaration , si je puis parler ainsi, ne sera pas définitivement adopté, Mirabeau, Collection, Un, p. 32. || Dans un sens analogue. Il a brodé sur ce canevas mille impertinences, c'est-à-dire il a ajouté à un texte donné, à un fonds donné, mille impertinences.
— hist. xin* s. Quiconques est chanevaciers à Paris, il doit de chacune toile qu'il vent ou acheté en gros, obole de coustume, Livre des métiers, 14». || xv* s. Et si desplait à tous communément Tel chief fourré d'estrange chanvenas, e. deschamps, Atours des dames. || xvi* s. Je retournai sur le champ à l'assemblée à laquelle je présentai mon canevas, qui, ayant été examiné par la compagnie, fut approuvé en tout, d'aubigné, dans le Ciel, de dochez.
— ÉTYM. Bourguig. cainevar d'étape; provenç. canabas, toile de chanvre; bas-lat. canevasium, de cannabis, chanvre (voy. chanvre).
t CANEVEAU (ka-ne-vô), s. m. Sorte de toile à voiles.
— ÊTYM. La même que dans canevas.
f CANEVETTE (ka-ue-vè-f), s. f. Terme de marine. Réduit ou petit coffre renfermant le vin des officiers.
— êtym. Ital. canova, du latin canatio, cellier. CANEZOU (ka-ne-zou) , s. m. Corps de robe sans
manches.
f CANGE (kan-j'), s. f. Nom d'un bateau léger, étroit et rapide, qui sert aux voyages sur le Nil. La cange, luttant avec peine, à l'aide de toute sa voilure, contre un courant de quatre à cinq nœuds, avait à peine doublé le tiers d'Abou-feddha, qu'une rafale, tombée à bord comme un coup de foudre, fit craquer son grand mat , a. lebas , L'obélisque de Luxor, Paris, <839, p. 40, dans jal.
f CANGETTE (kan-jè-f), s. f. Serge grossière et commune, fabriquée en Basse-Normandie.
CANGRËNE (kan-grè-n'). Cangrène était la prononciation la plus usitée au xvii" siècle; aujourd'hui elle est tombée en désuétude. Voy. gangrène et les dérivés.
CANGTJK (kan-gh'), s. f. Carcan portatif qui sert à
une sorte de supplice usité dans l'Asie et dard lequel on engage le cou et les poignets du patient.
t CANl (ka-ni), t. m. Terme de marine. Bois qui commence à se pourrir.
t CANIARI) (ka-ni-ar), s. m. Espèce de goéland.
CANICHE (ka-ni-ch'), s. m. et f. Chien barbet. Un caniche. Une caniche. || Âdj. Les chiens caniches.
— ÊTYM. Cane, à cause du goût que ce chien a pour l'eau, ou peut-être aussi un diminutif de canis, chien. L'absence d'historique ne permet guère de se décider, voyant que canichon a signifié un jeum; canard, ce qui montre que le suffixe iche n'exclut pas la dérivation de cane.
t CANICHON (ka-ni-chon),i. m. || 1° Jeune canard couvert de duvet. || 2" Sorte de petit chien barbet.
— ÊTYM. Caniche .
t CANICIDE (ka-ni-si-d'), s. m. Meurtre d'un chien, mot employé pour désigner les nombreux sacrifices de chiens qui se font dans les expériences de physiologie.
— ÊTYM. Cani», chien, et cidium (usité en composition : homi-cidium) , meurtre, de csedere, tuer.
CANICULAIRE (ka-ni-ku-lê-r'), adj. Oui appartient à la canicule. Jours caniculaires, jours pendant lesquels la Canicule se lève et se couche avec le soleil et qui se comptent du 24 juillet au 26 aoûU Pour me remettre d'un hiver que j'ai, été ici sans me chauffer, je m'en vais chercher les jours caniculaires en Afrique, voit. Lett. 30. || Chaleur caniculaire, chaleur qui règne dans la canicule ou qui est aussi forte que dans la canicule.
— HIST. xvi" s. Les jours caniculaires, sodcret, Serées, 7.
— ÉTYM. Canicularis, de canicula, canicule; provenç. canicular. Au xvii* siècle on discutait la question, s'il fallait dire caniculaire ou caniculier. Celui-ci, qui était une forme aussi régulière que l'autre (comme singulier de singularis] est tombé en désuétude.
CANICULE (ka-ni-ku-1') , s. f. || 1* La plus brillante des étoiles fixes, aussi nommée Sirius et étoile du Chien, parce qu'elle fait partie de la constellation du Grand Chien. || 2° Le temps durant lequel la Canicule lève ou se couche avec le soleil ; ce qui arrive, selon l'opiniou commune, du 24 juillet au 26 août. Comme c'est d'ordinaire le temps des plus grandes chaleurs, on les a attribuées à cette constellation, et de là ce sens d'une chaleur étouffante qu'a aussi le mot de canicule. Là jamais on ne ressentit les ardeurs de la furieuse canicule, fén. Tél. xix. Depuis le jour qu'Adam, déchu de son état, D un tribut de douleurs paya son attentat, La canicule en feu dévora les campagnes , boil. Ép. m. Aristée obtint de Jupiter les vents étésiens pour modérer l'ardeur de la canicule, chateaub. Itin. ». Je tremble à présent dedans la canicule, mol. Sgan. 2. À présent qu'en nos champs tout s'altère et se brûle Aux regards enflammés de l'âpre canicule, seorais, Églog. 4.
— HIST. xvi" s. Pourquoy est-ce que communément les chiens enragent quand la Canicule ou pe« tit chien se lève? bouchet, Serées, 7.
— ÉTYM. Provenç. etespagn. canicula; ital. canicola; du latin canicula, petite chienne, diminutit de canis (voy. chien).
CANIF (ka-nif; au pluriel 1'* ne se lie pas : des ka-nif aiguisés. Il ne faut pas prononcer ganif, co que font quelques-uns ; c'est la recommandation inverse de Ménage, qui dit : prononcez ganif et non canif; l'usage a changé et le c a prévalu), t. m. Espèee de petit couteau pour tailler les plumes. || Fig. Donner un coup de canif dans le contrat, être infidèle à son conjoint. On avait l'habitude pour annuler, canceller une écriture, de la barrer ou de passer dedans le canif.
— hist. xm* s. Kenivet, j. de garlande, 688. || xvi* s. On oste la pellicule jaune de l'escorce avec un canivetbien tranchant, o. de serres, 850.
— ÊTYM. Angl. knife; suéd. knif, de l'ancien Scandinave knifr, couteau. Caniret est le diminutif de canif.
f CANILLÉE (ka-ni-llée, Il mouillées), *. f. Un des noms vulgaires de la lentille d'eau.
CANIN, INE (ka-nin, ni-n'), adj. \\ 1° Oui tient du chien. L'espèce canine. Faim canine, faim ti empressante. Notre renard pressé par une faim canine, la font. Fabl. xi, 6. || Dans le langage ordinaire, le féminin seul est usité. || S. m. Terme de îoologù Les canins, la famille de carnassiers dont le chien est le type. || 2° Dents canines (angulaires, conoïdes ou œillères) , celles qui sont placées entre les molaires et les incisives. || Substantivement. Il a perdu une canine. Les canines servent à rompre et à bri-
CAN
sor les corps durs. || 8" Terme d'anatomie. Fosse canine, dépression de la face externe de l'os maxillaire supérieur, un peu au-dessus de la dent canine. )| Muscle canin, muscle élévateur de l'angle des lèpres. || Ris canin, sardonioue ou moqueur, espèce de rire produit principalement par la contraction du muscle canin, surtout d'un seul côté.
— H1ST. xin* s. fils] Sont coars, pervers et cheuins, la Rom, 20269. Si vous pri [je vous prie] toutes, vaillans famés [femmes].... Que se moz i trovésjàmisQui semblent mordans ou chenins Encontre les meure féminins, Que ne m'en voilliéspas blasmer, «6. 4 5402. || xvi* s. Ils sont insatiables, et i>nt un appétit canin, paré, Introd. 6. Puis y en a deux [dents] de chacun costé, nommées canines, nource qu'elles sont aiguës et fortes comme dents île chien.... id. iv, 2. Touchant les roses sauvages nppellces canines.... les esglantines emportent le prix, approchantdes damasquines, o.de serres, 65(.
— CTYH. Wallon, fuaim câline, faim canine; jouchi, faim canife; provenç. canin, canh; caîal. cani; espagn. et ital. canino; de caninus, de coni's (voy. chien).
t CAMT1E (ka-ni-sie), s. f. Terme didactique. Couleur blanche ou grise des poils, et surtout des cheveux.
— ÊTYM. Canitiet, de canut, qui a les cheveux blancs (vov. chenu).
CANIVEAU (ka-ni-vô), s. m. Terme de maçonnerie. Pierre creusée dans le milieu pour l'écoulement de l'eau. La pose des caniveaux. || Nom que les paveurs donnent aux plus gros pavés d'une rue, qui sont placés alternativement avec ceux qu'ils appellent contre-jumelles.
— ÊTYM. Sans doute un diminutif de canneau (voy. ce mot), et par conséquent ayant, au radical, canne, roseau, tuyau, conduit.
f CAN1VET (ka-ni-vè), s. m. Perroquet des Antilles.
t CANNABIN , LNE (ka-nna-bin, bi-n'), adj. Terme debotanique. Quia les caractères du chanvre.
— ÊTYM. Cannabinut, de cannabis, chanvre (voy.
CHANVIiKl.
t CANNAB1NE (ka-nna-bi-n'), s. f. Terme de chimie. Résine brune qui est dans le haschich.
— ÊTYM. Cannabis, chanvre, parce que le haschich se tire du chanvre.
■f CANNACÉ, ÉE (ka-nna-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme de canne, de roseau.
— ! tym. Canne.
CANNAGE (ka-na-j') , 1. m. Mesurage des étoffes à la canne.
— ÊTYM. Canne.
CANNAIE (ka-nê), s. f. Lieu planté de roseaux.
— HIST. xvi* s. Pouresgaier vos cannes, faudra, ou en oster d'entre elles quelques unes, ou arracher du tout la caneliere, pour la refaire de nouveau, O. DE SERRES, 739.
— ÊTYM. Canne-
T C ANNAMELLE, s. f. Voy. canamelle.
CANNE (ka-n') , t. f. || 1» Nom de diverses espèces de roseaui. || Canne de Provence ou roseau à quenouilles (graminées) (arundo donax, L.). || Canne à sucre (saccharum ofjicinarum, L.) (graminées). || Canne d'Inde, balisier. || Nom donné jadis aune tige ou racine qui ne se trouve plus aujourd'hui dans le commerce, et qui provenait du calamus aromaticus, L. || 2° Bâton léger de roseau, de jonc ou de bois sur lequel on s'appuie de la main en marchant. Donner des coups de canne. Puis d'après nous [singes] le genre humain Marcha droit la canne à la main, bêrang. Orangs-out. || Lever la canne sur quelqu'un, le menacer de coups de canne, et aussi le frapper. ||Fig. Vivre la canne à la main, vivresans rien faire. || 3° Dans les arts, divers instruments longs et cylindriques. Canne à vent, fusil a vent. H 4" Mesure de longueur employée en divers pays, particulièrement en Italie , et dont la valeur n'est pas constante; celle de Naples vaut deux mètres vingt-neuf centimètres.
— HIST. xih' s. Et deit estre le champ de quarante canes de careure et clos de fossés et de paleys, Ass. de Jir. i, 171. 11 fit prenre canes dequoyl'en fit ces fleutes.... joinv. 277. || xiv s. La kanne est tant portée que depuis est brisée, Baud. de Seb.iv, 426. Il xvi" s. La trachée-artere appellée vulgairement la canne du poulmon, paré, vi, 6. Il faudra envelopper une canne de plomb [une canule], id. yi, 23. Quelques unes sont de bois et les autres de cannes ou roseaux, n>. ix, (8. L'eau distillée de racines de cannes, id. xxii, 3. Son manger estoit de cannes de sucre, id-. Licorne, 4. La saumée de terre est de seize cens canes quarrées, mesure de Montpellier,
CAN
chacune cane de huitpams.... Rapportant la toise à la cane, se trouve la toise contenir huit pams. neuf vingt-sixiesmes, o. de serres, 44. Les cannes de sucre ressemblent aux autres communes, qu'on appelle aussi roseaux, id. ib.
— ÊTYM. Prov. cana; catal. canya, cana; espagn. ca?ïa; du latin canna, roseau; grec, xdvva, xàvvn).
t CANNEAU (ka-nô), (. m. Terme d'architecture. Synonyme de godron, sorte de cannelure.
— HIST. xvi« s. Canneau du col [le conduit qui traverse le cou], cotgraye.
— ÊTYM. Canne, à cause de la forme.
CANNEBERGE(ka-ne-bèr-j'), ». f. Terme de botanique. Airelle à baies d'un goût agréable (vaccinium oxycoccos, L.). Après avoir fait un repas de racines de canneberges, la voyageuse reprit sa route, chateaub. Natch. 11, 300.
■f CANNELADE (ka-ne-la-d'), s. /'.Terme de fauconnerie. Curée de cannelle, de sucre et de moelle de héron.
— ÊTYM. Cannelle.
CANNELAS (ka-ne-iâ), s. m. Bonbon à la cannelle. Cannelas de Verdun.
— ÊTYM. Cannelle.
CANNELÉ, ÉE (ka-ne-lé, lêe), part, passe. Qui
est marqué de cannelures, c'est-à-dire de côtes et de sillons alternatifs. || S. m. Cannelé, étoffe de soie, tissu analogue au gros de Tours.
CANNELER (ka-ne-lé. L'Académie ne conjugue pas ce verbe : on peut le conjuguer comme appeler : je cannelle, je cannelais, je cannelai, je cannellerai, que je cannelle, que je cannelasse, cannelant ; ou en mettant é à la place des deux II : je cannelé, etc.), v. a. Terme d'architecture. Orner de cannelures. Canneler une colonne.
HIST. xvi* s. D'un crespe cannelé seroit la couverture De vostre chef divin, ronsarj), 190.
— ÊTYM. Cannelle, diminutif de canne, roseau; dit ainsi par assimilation.
t. CANNELLE (ka-nè-1"), s. f. Êcorce, dépouillée desonépiderme, du laurus cinnamomum, L. arbre originaire des contrées orientales de l'Asie. [Livres qui vont] Habiller chez Francœur [nom d'un épicier] le sucre et la cannelle, boil. Ép.\. || Cannelle deCeylan, la cannelle la plus estimée. Cannelle mâle, variété plus commune de cette cannelle, recueillie sur des branches plus grosses. || Cannelle deCayenne, la plus estimée après celle deCeylan. || Cannelle de Chine, cannelle moins estimée, d'une odeur plus forte, d'une saveur moins agréable. || Cannelle blanche, écorce que l'on attribue à un végétal dit cannella alba. || Cannelle de Cochinchine, cannelle de Malabar, écorce du laurus cassia. || Cannelle giroflée, écorce qui a une odeur analogue à celle de la muscade et du girofle , et qui provient du myrte cannelle (tnyrtus caryophylla, £.). Il Fig. et familièrement. Mettre en cannelle, briser, réduire en morceaux comme ceux de la cannelle qui se vend ; et plus figurément encore , déchirer , ruiner de réputation. Ah! c'est qu'aussi vous avez fait une culbute 1 lu voiture est en cannelle, bayard et lemoine, LaNiaise de St-Flour, se. 46. Pourlamaison que mon âme habite , elle sera bientôt en cannelle; mais tant que j'y logerai, je vous serai tendrement attaché, volt. Leur. Uorellet, (4 nov. (775.
— HIST. xih* s. Baumes, kanele, encens et mente, ruteb. h, 44. Poivre, canele et garingal, Encens, girofle et citoual, FI. et Bl. 2029. Il peut vendre poivre, coumin, canele, regulisse et cire, lie. des met. m, 2. || xiv s. Gingembres et canele, et sucre et asur bis, Toutes coses flairans.... Baud. de Seb. xi, 64 5. || xvi* s. Il donne furieusement aux barricades, des premiers coups les met en canelle, les couche à bas, d'aub. Fan. iv, 9. Le loup, se sentant pris, pour se vouloir sauver, entraine la pippe du haut en bas du rocher : la pipe se mit en canelle, id. ib. m, ».
— ÊTYM. Diminutif de canne, roseau; provenç. canel, s. m. tuyau.
2. CANNELLE (ka-nè-1') ou CANNETTK (ka-nè-f) , s. f. H 1° Robinet formé d'un morceau de bois ou de métal creusé pour tirer le vin de la cuve, du pressoir, d'un tonneau. |] 2° Rainure aux deux côtés du trou d'une aiguille. Il 8° Outil du boutonnier. || 4° Couteau dentelé de l'épinglier.
— HIST. xvi* s. Dont s'est ensuivi, que le caillou est demeuré creux comme une canelle tout à travers, palissy, 46. Sondes, conducteurs, curettes, canettes, tenons.... paré, m, 639. Ils percent généralement tous leurs tonneaux, mettons à chacun la canelle par le bas, o. de serres, 248. La canelle, fontaine ou robinet, id. 830.
— ÊTYM. Diminutif de canne, c'est-à-dire petit 'tuyau. Saintouge, chenelle, long tuyau.
CAN
CANNELLIER (ka-né-lié) , s. m. Terme de botanique. L'espèce de laurier dont on tire la cannelle.
— ÊTYH. Cannelle t.
+ CANNELLINE (ka-ne-li-n'), s. f. Terme de cbimie. Principe trouvé dans la cannelle.
t CANNELON (ka-ne-lon), s. m. Moule des fromages glacés, etc.
CANNELURE (ka-ne-lu-r1) , s. f. || 1" Terme d'architecture. Nom de petits canaux en sillons longitudinaux sur une colonne, etc. || 2° Sillon longitudinal destiné le plus souvent à servir de guide à un instrument tranchant. La cannelure d'une sonde guide le bistouri. || 8° Terme de botanique. Strie profonde. La tige de la bette a des cannelures.
— ÊTYM. Canneler.
t CANNEQUIN (ka-ne-kin), s. m. Terme de commerce. Sorte de cotonnade blanche de l'Inde.
CANNETILLE (ka-ne-ti-U', Il mouillées), s. f. I) 1' Petite lame très-fine d'or ou d'argent tortillé. Il 8° Le fil de laiton argenté qui entoure les grosses cordes des violons, des basses, etc. |[ Tissu de laiton étroit dont se servent les modistes pour soutenir les ornements de chapeaux.
— HIST. xvr* s. Un manteau de frese noire, qui estoit tout bordé de cannetille et d'or-frise bien richement, MARGL'ER. Nouv. xxiii.
— ÊTYM. Ital canaliglia, sans doute de canna, canne.
f CANNETILLER (ka-ne-ti-llé, Il mouillées), v. a. Orner de cannetilles.
CANNETTE (ka-nè-f), s. f. || 1' Voy. cannelle 2. Il 2" Petit tube rempli de poudre pour mettre le feu à la cartouche d'une mine.
— ÊTYM. Diminutif de canne.
CANNIBALE (ka-nni-ba-1') , s. m. || i* Nom donné aux anthropophages de l'Amérique et , en général, à tous les anthropophages. || 2° Par extension, homme cruel et féroce. Les querelles des théologiens sont devenues des guerres de cannibales , volt. Mœurs, 42t».
— HlST.xvrs. Briffaux, caphars, chattemites, canibales, etaultres monstres difformes et contrefaicts en dépit de nature, rab. Pant. iv, 32.
— ÊTYM. Canniba, nom sous lequel les insulaires anthropophages étaient désignés par les premiers Américains que rencontra Colomb.
t CANNIBALISME (ka-nni-ba-li-sm'), t. m. Anthropophagie. Il Fig. Férocité, cruauté.
— ÊTYM. Cannibale.
t CANNIER (ka-nié), t. m. Celui qui emploie la canne pour la garniture des sièges et des voitures. Il Fabricant de cannes.
— ÊTYM. Canne.
f CANNIÈRE (ka-niê-r"), s. f. Terme de pêche. Espèce de bretelière pour les chiens de mer.
f CANOLE (ka-no-1'), s. f. Sorte de pâtisserie.
4. CANON (ka-non) , s. m. || 1" Pièce d'artillerie pour lancer des boulets. Canon de fonte, de fer, de bronze. Canon de 8, de 12, etc. canon lançant un boulet de 8 livres, de 4 2 livres, etc. Canon rayé, canon creusé de rainures à l'intérieur et lançant un boulet conique garni de feuilles de plomb ou d'étain , ce qui empêche l'usure de la pièce. Vaisseau de 4 00 canons, vaisseau qui est armé de 100 pièces d'artillerie. H Collectivement. Les canons d'une armée, d'une place. Le prince de Bade, après avoir perdu trois cents hommes, son canon, son champ de bataille.... volt. Louis XIY, 48. y Le gros canon, l'artillerie de siège. || Absolument, ou dans un sens général , l'artillerie. || Un coup , une volée de canon. Le bruit, le recul . la portée du canon. Le canon de campagne, de siège. On tire peut-être le canon, on est aise, on se réjouit pour votre accouchement, sév. 99. Il a été reçu au bruit du canon comme ambassadeur, id. 690. On a entendu tirer plusieurs coups de canon, id. 477. || La place n'attendit pas le canon, se rendit sans être battue en brèche. Il Chair à canon, troupes qu'on expose sans ménagement. H Poudre à canon, poudre à tirer. || 2* Le tube où se met la charge dans les autres armes à feu. Le canon d'un pistolet. Fusil à canon rayé. Il Fig. Il crèvera comme un vieux canon de mousquet, ou, simplement, comme un vieux mousquet, se dit d'un homme menacé de succomber à quelque maladie subite, ou de perdre sa position, sa fortune. || 8° Par analogie, le corps d'une seringue, et, dans les arts, nom de divers objets de forme tubulée. || Pièce de la serrure qui reçoit la tige de la clef. || Partie forée d'une clef. || Bâton de soufre. H Le canon d'une clef de montre, le petit tube dans lequel entre l'axe qu'on tourne quand on monte la montre. || Tuyau de la plume d'oie, la partie qui sert à écrire. )| Nom des gros morceaux ou
CAN
filets d'émail que les émailleurs tirent pour mettre l'émail en état d'être employé. || Terme dp plombier. Gouttière de plomb ronde avec des feuillages, et faite en forme de canon. || Pot de faïence un peu long et rond où les pharmaciens mettent les électuaires et les confections. || Canon à dévi'ler, espèce île petit bâton tourné avec des rebords, qui, presque a son extrémité, a un trou pour mettre la broche ilu rochet. || Petite bobine sans bord, qui se met dans la boîte de l'époulin, et sur laquelle se dévident l'or, l'argent et la soie. || Tuyau qui entre dans le corps d'un arrosoir, et au bout duquel est la pomme percée de petits Irous. || *° Terme de vétérinaire. Région des membres tant antérieurs que postérieurs du cheval, ayant pour base les os métatarpiens ou métatarsiens. || Os de la jambe du cheval, qui répond, dans les membres antérieurs, au métacarpe, et, dans les postérieurs, au métatarse du squelette humain. L'articulation qui joint le canon au tibia, ». J. bouss. Orig. notes. || Terme d'équitation. Chacune des deux parties du mors qui appuient sur les barres. || 5° Ornement de drap, de serge ou de soie qu'on attachait au bas de la culotte, froncé et embelli de rubans, faisant comme le haut d'un bas fort large. Sont-ce ses grands canons qui vous le font aimer? L'amas de ses rubans a-t-il su vous charmer? mol. Mis. il, l. || Ornement de toile rond, fort large et souvent orné de dentelle qu'on attachait au-dessous du genou et qui pendait jusqu'à la moitié de la jambe pour la couvrir. De ces larges canons, où comme en des entraves On met tous les matins ses deux jambes esclaves, mol. fie. des maris, i, «. Le courtisan portait de larges canons, la bruy. 13. ||Nomquelestailleursdonnaient aux deux tuyaux de chausses où l'on mettait les cuisses, et aussi au haut des bas de laine ou de soie (bas à canon) qui s'élargissaient en sorte qu'on y pût mettre les cuisses. |l 6° Terme de pêche. Canonharpon, sorte d'arme pour atteindre les baleines. || Bâton pour tenir un filet tendu.
— HIST. xiv s. Pour la ville assaillir [ils] ordenerent quanons, Pour les arbalestriers et pour les archiers bons, Guesclin, 8028. Et avoient en l'ost bien quatre cent canons [engins de toute sorte] mis et assis tout autour de la ville, froiss. h, h, 2». Ces Flamands avoient apporté en leurs nefs canons et arhalestes, dont ils tiroientles carreaux si grans et si très forts que, quant aucun en estoit féru, il n'y avoit point de remède qu'il ne fust mort, froiss. liv. n, p. 7) , dans lacurne. Ceux de Bruges commencèrent à tirer et à getter canons; adont ceux de Gand se mirent en un mont et firent tout à une fois decliquer trois cens canons, id. t'&.p. iso. || xvi* s Marquetz [les Vénitiens, ainsi nommés de St-Marc] tirent canons, arbalestes desbandent.... J. marot, v , ( 54. [On entend] canons bruyre et tonner, id. v, 166. Doubles canons et longues serpentines, id. v, 2(2. Pistoles sont petites arebuzes qui n'ont qu'environ un pied de canon, m. du bellay, 588. Une furieuse batterie de soixante canons ou doubles canons, d'aub. Hist. i , 243. Ce fut lors que le canon joua, m. Hist. i , 274. Peu d'arquebusades prirent.... la pluspart tirèrent le canon appuie [à bout portant], id. Hist. i, 288. Kstropié d'un esclat de canon, id. Hist. i, 290. Ils avoient six pièces de campagne et quatre canons, id. Hist. i, 338. Place incapable d'attendre un canon r'acourci, id. Hist. u, 276. Là le peuple se pourrait maintenir, aiant du canon, contre une armée Turquesque, id. Hist. n, 438. Trois gros canons, un demi canon et trois bastardes, id. Hist. ni, «68. Dix canons, sans les pièces de fer, id. ib. m, 445. Il faut avoir un canon [canule], paré, vu, 6.... Et lorsqu'on le voudra donner au patient, estant en la chausse ou canon à clystere, on y adjoustera une dragme d'huile de genevre, id. xv, 3». Canons, doubles canons pour donner clysteres avec chausses et seringues, id. ni, «39. Le remède est d'enter en canon ou escusson les arbres aians besoin de tel affranchissement, o. de serres, 464. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, fiusteau; ainsi ditte telle sorte d'enter des instrumens de ces noms.... Vous tiendrés le canon d'une main, et le reste du jetton de l'autre, en tordant aveo un peu de violence pour séparer le canon du bois avec les germes attenans aux œillets,
— ÊTYM. Provenç. canon, tuyau; catal. canô; ttaL cannone, augmentatif de canne, par assimilation de forme. Le canon , mot qui paraît s'être introduit au moment où l'on commença d'employer les armes à feu, se confondit d'abord avec les anciens engins, et signifia concurremment un engin, sans doute de forme tubulaire. Qui lançait des carreaux
CAN
et du feu grégeois; il signifia aussi le carreau, le trait lancé par le canon.
2. CANON (ka-non), s. m. Sorte de mesure des liquides. Le canon était la moitié du poisson; il valait 1/16 de pinte; on le dit à présent de 1/16 de litre.
— ÊTYM. Même radical que dans canette 2.
s. CANON (ka-non), s. m. || 1° Règle, décret, en parlant des décisions des conciles sur la foi et la discipline. Les Pères qui ont fait les canons.... boss. Satisf. 2. On se fonde sur un canon qui dit que la malice peut suppléer à l'âge, montesq. Esp. xxm, 7. Comme vous vous êtes trouvés embarrassés entre les canons de l'Église qui imposent d'horribles peines aux simoniaques, et l'avarice de tant de personnes qui recherchent cet infâme trafic, pasc. Prov. i 2. || Adjectivement. Droitcanon, droit ecclésiastique, fondé sur les canons de l'Église, les décrétâtes, etc. Docteur en droit canon. Corps du droit canon, recueil des canons, décrétâtes, etc. y 2° Catalogue des saints reconnus et canonisés par l'Eglise catholique. || 3° Ensemble des livres admis comme divinement inspirés. Le canon des Ecritures chez les Juifs, chez les chrétiens. L'Église a mis le livre des Machabées dans son canon, boss. Averliss. 5. Les Juifs n'ont jamais inséré le livre de Tobie dans leur canon, volt. Phil. iv, 432. || Chez les grammairiens d'Alexandrie, liste des auteurs considérés comme modèles; et, en général, toute liste donnée comme authentique des écrits d'un auteur dont l'authenticité a été controversée. Le canon des livres d'Hippocrate, d'Aristote. || Les grammairiens disent aussi canon pour règle : Hérodote est le canon du dialecte ionien. || 4° Terme de chronologie. Canon pascal, table des fêtes mobiles, dressée pour plusieurs années. || 5° Prières qui commencent immédiatement après la préface de la messe et qui contiennent les paroles sacramentelles et des oraisons jusqu'au Pater exclusivement. || Canon de la messe, tableau écrit ou imprimé qui contient les paroles sacramentelles, et toute la partie du canon de la messe que le prêtre lit pendant la consécration, où la position qu'il occupe ne lui permettrait pas de se servir du missel. || 6" Terme de musique. Sorte de fugue qu'on nomme perpétuelle , où les voix, partant l'une après l'autre, répètent sans cesse le même chant. Canon à l'octave , canon à la quinte. Canon à trois voix. Canon renversé, celui que l'on peut chanter également en lisant la musique comme elle est écrite, ou en renversant le papier et commençant par ce qui était la fin dans la première exécution. Un enfant commençait le verset d'un psaume et le soutenait ainsi sur une seule note, tandis qu'un papas chantait le même verset sur un air différent et en canon, chateaub. ltin. n, 70. || Dans l'ancienne musique, l'instrument et la méthode qui servait à déterminerles intervalles des sons. || VTerme de mathématiques. Ancien synonyme de méthode, de formule et de table. || 8° Terme de paléographie. Règle à régler le papier. Il 9° Terme d'imprimerie. Triple canon, gros canon, les plus gros caractères après la grosse non-pareille. Petit canon, le sixième caractère en partant de la grosse non-pareille. Maintenant c'est par points qu'on désigne le calibre des caractères. Le triple canon est de 72 points; le double canon est de 66 points; le gros canon est de 44 points. || 10" Ancien terme de palais. Canon emphytéotique, revenu annuel que devait celui qui avait pris un héritage à bail emphytéotique.
— HIST. xili* s. Harpes et rotes et canons [sorte d'instrument de musique], du cange, canon. Et ai renoncié en ce fet à tout ayde de droit, de loi, de canon et de coustume de païs, beaum. xxxv, 20. Ci poez novel droit aprendre ; Mes je ne sai comment a non, Qu'il n'est en droit ne en canon, ruteb. 72. Et il respondoient que li canon qui ce disoient parloient de moines, non pas de chanoines, Livr. de just. <02. || xvi* s. Combien que les evesques anciens ayent fait beaucoup de canons ou de reigles.... calvin, Instit. 857. Les héritages chargez de rente ne pourront estre saisis par faute de payement que pour le canon de la dernière année seulement, Nouv. coustumier gêner, t. u, p. 852. -
— ÉTYM. Kavwv, règle.
CANONIAL, ALE (ka-no-ni-al, a-1'), adj. || l°Qui est réglé par le canon. Heures canoniales, les petites heures du bréviaire, qui sont laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et compiles, ainsi nommées parce qu'on a appelé autrefois canon l'office ecclésiastique. 1 1 2° Qui est de chanoine , qui convient, qui appartient à un chanoine. Office canonial , tout l'office que les chanoines chantent dans l'église. Les offices canoniaux. Maison canoniale, maison aflec-
CAN
tée à une prébende de chanoine. Vie canoniale, vie prescrite aux chanoines en communauté.
— HIST. xiv* s. Le chapitre aura vint et sis mesons canoniaus en la ville de Chartres, do cange, canonicalis. || xv* s. Et après, il est notoire à tous que diligemment et dévotement il oyoit messe.... et disoit tous les jours ses heures canoniaux sans délaisser, MONSTRELET, liv. I, Ch. 47.
— ÊTYM. Bas-lat. canont'eaJiî, de canonicus , chanoine. Mesons canoniaux est très-correct dans l'ancien français où canont'ouac représente le latin cononicales pour le masculin et le féminin.
t CANONIALEMENT (ka-no-ni-a-le-man) , adv. D'une façon canooiale.
— HIST. xm* s. Je promet à tei mon seignor tel patriarche de Jérusalem et à tes successors canoniaument entrant.... Âss. de Jérus. i, 29.
— ÊTYM. Canoniale au féminin, et le suffixe ment (voy. ment). Dans canont'au-ment, à l'historique, canoniau, c'est-à-dire canont'aï, est au féminin ancien.
CANONICAT (ka-no-ni-ca; le t ne se lie pas; au pluriel l's se lie : les ka-no-ni-ka-z et les évêchés; canonicats rime avec las, mâts, etc.), s. m. || ^Autrefois le bénéfice d'un chanoine (il n'existe plus de bénéfices ecclésiastiques en France). Vous m'avez promis un canonicat pour son frère, sév. 4. Ces biens [ecclésiastiques], partagés en diverslots, prirent le nom de prébendes de canonicat, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Fig. et familièrement. C'est un vrai canonicat, uue place lucrative et où pourtant il n'y a rien à faire. || 2° Aujourd'hui, fonction de chanoine, rétribuée sur le budget de l'État.
— ÊTYM. Bas-lat. canonicatus, de canonicus, chanoine (voy. chanoine).
CANONICITÉ (ka-no-ni-si-té) , s. f. Qualité de ce qui est canonique. Passons donc une même canonicité à ces livres contestés ou non contestés, boss. Projet. Un concile d'une si médiocre canonicité pourrait avoir de grandes suites, st-sim. 465, 91.
— ÊTYM. Canonicus, canonique.
CANONIQUE (ka-no-ni-k') , adj. Conforme aux canons. Le suffrage du peuple est la seconde marque d'une vocation canonique, mass. Confér. Voc. à l'ctalecclis. Quelque empêchement canonique qui vous rende indigne du ministère, id. ib. Ils ne reçoivent pas les livres des Machabées pour canoniques [ils ne les admettent pas dans le canon des Écritures], boss. Avert. 5. Il Fig. et familièrement. Cela n'est pas canonique, cela n'est pas conforme aux règles. || 2* Droit canonique, droitcanon. Le droit ecclésiastique, autrement appelé canonique, montesq. Espr. xxvi, \. Il 8° S. /".Terme d'ancienne philosophie. Partie de la doctrine d'Épicurequi renferme les lois de la raison.
— REM. D'après Ménage, ce sont MM. de Port- Royal qui se sont avisés les premiers de dire droit canonique au lieu de droit canon. Cet exemple a été imité par Bossuet, par Fleury et Durand de Maillane. Droit canonique paraît le meilleur.
— HIST. xiii* s. Et défendrai les canoniques et les anciens privilèges et les deues leis,y4ss. de Jér. 1, Su.
Il xvi* s Afin qu'il ne semble que je veuille ad-
vouer ce livre-là pour canonique, calv. Instit. 528. Il ne faut nullement souffrir que l'élection canonique soit ostée, et que le roy constitue à son plaisir des evesques, id. Instit. 867.
— ÊTYM. Canonicus (voy. chanoine).
CANONIQUEMENT (ka-no-ni-ke-man) , adv. Selon les canons. Chassé de son siège par Constance, Athanase fut rétabli canoniquement par le pape, boss. Hùt.i, u.
— ÊTYM. Canonique, et le suffixe ment
t CANONISABLE (ka-no-ni-za-bl') , adj. Qui mérite d'être canonisé.
— HIST. xvi* s. Louable, méritoire et canonizable, charron, Sagesse, p. 3(2, dans lacurne.
CANONISATION (ka-no-ni-za-sion) , s. f. Déclaration par laquelle le pape met dans le catalogue des saints une personne morte en odeur de sainteté. Procès-verbal de canonisation.
— HIST. xvi* s. L'apothéose ou canonisation des quatre evangelistes et martyrs, saints Louchard, etc Sat. Hénipp. 26.
— ÊTYM. Canoniser.
CANONISÉ, ÊE (ka-no-ni-zé, ée), part, passé. Il 1* Mis au nombre des saints. Louis IX, roi de France, canonisé. || 2° Mis dans le canon. Un livre canonisé.
CANONISER (ka-no-ni-zé) , v. a. || 1° Mettre dans le catalogue des saints, suivant les règles et avec les cérémonies pratiquées par l'Église. Il est béatifié, mais il n'est ras encore canonisé. On n'attend que sa mort pour le canoniser, Régnier, Sat. 111. || 2° Déclarer canonique. Il canonisa les deux livres que
CAN
les ennemis de Saint Augustin improuvaient, boss. Aut. eccl. || 3* Fig. ou familièrement. Louer comme saint ou digne d'un saint. Nous que le monde canonise, nous serons rejetés, mass. Car. Lai. A force de s'entendre canoniser, ils [des gens dont la vie est exempte de certains vices] se persuadent sans peine qu'ils sont tels en effet qu'on les vante de tous cotés, bodrd. Pensées, t. i, p. 209. Voilà ce que [le sacrifice d'Isaac] la postérité a comblé d'éloges et canonisé, comme un des sacrifices les plus saints et les plus mémorables, u>. «6. n, 4(9.
— HIST. xv* s. Ilz regardoient aux estoiles et les consideroient, et comptoient les mois, et circuloient, et gettoient poursçavoir le temps, afin qu'ils canonizassent [prophétisassent] les choses qui estaient advenir, ce dist Dieux par son prophète, s. deschamps, Poésies mss. f* 382, dans lacurne. Adonc peussiez veoir les Escossois monter en orgueil et eulx reparer de nouveaux paremens pour eulx monstrer et leurs prouesses plus canoniser, Perceforest, t. I, f* (44, dans lacurne. || xvi" s. Les maux que leur ont fait endurer les Espagnols y ont canonisé [à Milan] le nom des François, m. du Bellay, (55. Quelcun de leurs saincts canonisez à leur poste, calv. Instit. 961.
— ET YM. Bas-lat. canonisare , de xctvovCÇew , de xovùv, canon, règle, catalogue.
CANONISTE (ka-no-ni-st'), s. m. Homme instruit dans le droit canon. N'en doutez pas, leur dit ce savant canoniste, boil. Lutr. iv. On résolut de former une junte, de la composer de conseillers du conseil de Castille et de canonistes, st-sim. 501 , 62.
— HIST. xv" s. Si fut advisé que certains docteurs en théologie parleroient à elle, et l'examineroient, et aussi avec eux des canonistes et légistes, et ainsi fut fait, Hist. de la PucelU d'Orl. p. 506, dans lacurne. Il xvi* s. Touchant la confession, il y a tousjours eu grande controversée entre les canonistes et les théologiens scolastiques , Calvin , Instit. 4S7.
— êtym. Canon, règle.
CANONNADE (ka-no-na-d') , *. f. Feu soutenu d'un ou plusieurs canons. Le bruit de la canonnade.
— hist. xvi* s. Ce dit, passa toute la teste et le sein par un créneau, faisant semblant de vouloir tirer contre les Turcs par cette canonnade, yver, 647. Après quelques canonnades tirées, je présume qu'ils seroyent les premiers à venir assaillir, lanouë, 428. Ils se sçavent très bien rallier, comme par avanture ils pourroyent faire à deux canonnades [à deux portées de canon] de là, id. 428. Estans doncques rangez à une canonade les uns des autres, il.... id. 649. Ham, ayant enduré 1200 canonnades, composa, d'aub. Hist. 1, 27. D'autres disent un coup d'arquebusades, un coup de canonades, ce qui est très improprement parlé; car le coup de canon s'appelle canonnade, et le coup d'arquebuse arquebusade; les Italiens et les Espagnols, desquels nous avons appris et emprunté les mots, ne font telles incongruitez, brant. Cap. fr. t. lv, p.228, dans lacurne.
— ETYM. Canonner.
CANONNAGE (ka-no-ua-j'), s. m. Art du canonnier et, particulièrement, du canonnier à bord des vaisseaux.
— êtym. Canonner.
CANONNÉ, ÉE (ka-no-né, née) , part, passé. Battu de coups de canon. Une ville longtemps canonnée.
CANONNER (ka-no-né), v.a. || 1' Battre avec des canons. M. Vial me fit voir l'endroit d'où les Russes canonnèrent la ville en (770, chateaub. Itin. 41. Il Fig. et par plaisanterie, en parlant d'une entreprise amoureuse. Quand on est bien instruit de tout ce qui se passe, On ouvre la tranchée, on canonne la place, On renverse un rempart, on fait brèche aussitôt, regnard, Fol. am. i, 7. || 2° Terme de marine. Canonner une voile, la mettre en rouleau, lui donner la forme d'un canon. || 3' Se canonner, «. réft. Se tirer des coups de canon. Les deux armées, les deux Hottes se canonnèrent longtemps.
— hist. xvi* s. Les canonniersdu roy canonnoient encor fort, Ignorans que Françoys eussent gaignié le fort, J. marot, v, (58. Je ne vey jamais tant canonner, carloix, i, 36. C'est pourquoi, sur nouveaux rejets prend-on les greffes, et sur semblables jetions l'on les insère et canone [arrange avec le canon, ancien nom du greffoir], afin que mieux se conjoignent ensemble, que moins de disparité se trouvera par-entre eux, o. de serres, 670.
— ÊTYM. Canon ( .
tCANONNEHIE (ka-no-ne-rie), s. f. Endroit où l'on fond les canons.
— êtym. Canon.
CAN
CANONNIER (ka-no-nié; l'rne se lie jamais; au pluriel Ys se lie : des ka-no-nié-x adroits) , s. m. || 1* Celui qui est attaché au service d'un canon. || Canonnier de marine, canonnier qui sert à bord des vaisseaux. Maître canonnier, celui qui dirige le service de l'artillerie d'un vaisseau. || 2° Celui qui forge les canons.
— HIST. xv* s. Et fut le sire de Clary, qui estoit maistre des canonnière au sire de Coucy, trait et atteint d'dn carrel de canon, froiss. ii, il, 23(. Ceux de dedans traitèrent par condition qu'ils rendraient ledit fort et s'en iraient sauve leur vie, sans emporter nuls de leurs biens, réservés les canonniers et ceux qui autrefois avaient fait serment pour la partie du roi Henri, monstrelet, ii, (((.
|| xvi* s commande aux canonnière Canonner fort
et ferme, J. marot, v, 467. Tout le reste tué ou vendu aux Tartares, hor-mis les canonnière, d'aub. Hist. i, (90. 11 y avoit dix-huict canonnière, chacun pour le plus expert.... à chaque pièce, un canonnier [pointeur], carloix, vu, 9. Trouz canonnière [meurtrièresj , Alector, roman, p. (31, dans lacurne.
— ÉTYM. Canonner.
CANONNIÈRE (ka-no-niê-r'), t. f. || 1" Meurtrière, ouverture étroite par où on peut tirer le canon. Vieilli. || 2* Autrefois tente à l'usage des canonnière. || Actuellement, petite tente en forme de toit et sans pans droits. Une canonnière sert ordinairement à quatre soldats. || 3" Petit bâtiment armé d'un ou de plusieurs canons. || Adjectivement. Chaloupe canonnière. || 4* Tuyau de sureau avec lequel les enfants chassent des tampons de filasse. || 5° Terme de pèche. Ouverture dans une écluse ou un parc de pierre.
— HIST. xv* s. Sauf une seule canonnière qu'on ne sceut batre pour ce qu'elle estoit fort basse, comm. m, (0. || xvi* s. Deffenses, avantmurs, lucarnes, canonnières L'on faict voiler en l'aer, avec noires fumieres, i. marot, v, (66. N'aians pointa craindre d'artillerie, les soldats se faisoientde petittes canonnières avec des pierres r'amassées, d'aub. Hist. a, 54. Deux moulins bien bastis , et qui se deffendoient l'un l'autre avec canonnières, id. Hist. ii, (46. Il fallut faire d'une vieille canonnière une porte où la cavallerie peust passer, id. Hist. u, (50. Ils gagnèrent si follement et gardèrent si opiniastrement touttes les canonnières basses, qu'ils emportèrent la place, id. Hist. il, 443.
— ÉTYM. Canonner.
t CANOPUS (ka-no-pus') , s. m. Terme d'astronomie. Belle étoile qui fait partie de la constellation Argo.
— ÉTYM. Canopus, dans le poème sur l'Astronomie de Manilius, auteur latin de la fin du siècle d'Auguste.
CANOT (ka-no; le t ne se prononce pas dans le parler ordinaire ; au pluriel Y s se lie : les ka-no-z ont chaviré; canots rime avec dos), s. m. Petit bateau. || Embarcation , sans pont, à voiles et à rame?, qui est affectée au service d'un grand bâtiment. Deux de nos canots avaient été emportés par les lames. 1 1 Canot de plaisance , canot dont on se sert pour faire des parties de plaisir sur les rivières .
— ÊTYM. Espagn. et ital. canoa; angl. canoë. On tire ordinairement ce mot de l'allemand Kahn, danois kane , suédois kana, quia le même sens. Mais cette rencontre de sens et de forme doit être considérée comme fortuite ; le mot n'est ancien dans aucune des langues romanes; et l'allemand n'aurait donné ni canoa en espagnol et en italien, ni canoë en anglais; le mot est américain d'après Colomb et les premiers voyageurs.
t CANOTAGE (ka-no-ta-j'), ». m. Exercice d'agrément, promenade en canot.
CANOTIER (ka-no-tié; l'r ne se lie jamais, au pluriel Ys se lie: des ka-no-tié-z habiles), t. m. Terme de marine. Matelot de l'équipage d'un canot. || Celui qui monte un canot de plaisance. Les canotiers de la Seine.
— ÊTYM. Canot.
t ( . CANT (kan) , s. m. Terme de métier. Coté. Voy.
CBAMP 2.
t 2- CANT (kanf), s. m. Mot anglais qui signifie le jargon d'un parti ou d'un monde affectant l'apparence d'une haute religion ou d'une haute sévérité de mœurs , et qui a passé dans le langage des salons. Rien n'éloigne davantage des deux grands vices anglais, le cant et le bashfulness (hypocrisie de moralité et timidité orgueilleuse et souffrante), de stf.ndiul, De l'amour, liv. n, ch. 46.
CANTABILE (kan-la-bi-lé), s. m. Morceau de musique dont la mélodie agréable, et surtout exprès-
CAN
sive, procède par des sons lents qui permettent à la voix de développer toute son étendue. Un beau cantabile est préférable aux grands airs à roulades.
— ÊTYM. Ital. cantabile, facile à chanter, de cantare, chanter (voy. ce mot).
CANTAL (kan-tal), s. m. Fromage d'Auvergne assez estimé. || Au plur. Des cantals.
— êtym. Cantal, département, ainsi nommé luimême du mont Contai qui s'y trouve.
t CANTALITE (kan-ta-li-f), t. f. Variété de quartz qui se trouve dans le département du Cantal.
CANTALOUP (kan-ta-lou ; le p ne se lie jamais : un kan-ta-lou assez mûr; des Yan-ta-lou-z assex mûrs) , s. m. Melon à côtes rugueuses et saillantes, fort estimé.
— étym. Cantaluppo, maison de campagne des papes, à deux myriamètres de Rome, d'où est venu le cantaloup.
t CANTANETTE (kan-ta-nè-f) , *. f. Terme de marine. Nom de petites ouvertures entre lesquelles est placé le gouvernail et qui donnent du jour. || Petit compartiment pratiqué dans les chambres des navires.
t CANTARELLE (kan-ta-rè-1') , t. f. Sorte de poison. Le stilet et la cantaielle, volt. Phil. xn. 229.
—êtym. Ital. cantarella ou canterella, cantharicie, poison.
CANTATE (kan-ta-f) , s. f. || f Pièce de vers destinée à être mise en musique, et qui est écrite alternativement en vers mêlés pour les récitatifs et en vers croisés régulièrement pour les airs. Les cantates de Rousseau. La cantate de Circé (voy chambre, musique de chambre). || 2* La musique composée sur un tel poème. La cantate du plaisir est devenue la complainte de la douleur, chateaub. Génie, i, v, 5.
— êtym. Italien, cantata, de cantare (voy. changer).
CaNTATTLLE (kan-ta-ti-ll'f U mouillées) , s. f. P»iite cantate.
CANTATRICE (kan-ta-tri-s'), s. f. Chanteuse de profession. Ce mot emporte une idée de talent, de célébrité.
— ETYM. Ital. cantatrice; du latin cantatricem, chanteuse, de cantare, chanter.
t CANTER (kan-té) , v. a. Terme de métier. Mettre sur le côté, poser de champ.
— ÉTYM. Voy. CHAMP 2.
t CANTHAREIXE (kan-ta-rè-1') , t. f. Terme de botanique. Genre de champignons dans lequel on distingue la cantharelle alimentaire dite vulgairement chanterelle, esoargoule, escaville, gérille et girolle.
— étym. KàvOapoç, sorte de coléoptère, qui a donné son nom à ce champignon, et dont le nom se retrouve dans cantharide.
CANTHARIDE (kan-ta-ri-d'), s. f. Insecte coléoptère de la tribu des cantharidiens ou vésicants (lutta vesicatoria) . C'est avec la poudre de cantharide qu'on fait les vésicatoires ; prise à l'intérieur, cette poudre irrite les organes urinaires et passe à tort pour aphrodisiaque. Une haie vive entourait cet étang; Sur cette haie il vint des cantharides, piron, La chaîne des événements. || Adjectivement. Mouche cantharide.
— ÉTYM. Kav6apii;, cantharide.
] CANTHARIDE, ÉE (kan-U-ri-dé, dée), part, passé. Saupoudré de cantharides. Emplâtre cantharide.
t CANTHARIDER (kan-ta-ri-dé) , v. a. Saupoudrer de cantharides.
— ÉTYM. Cantharide.
t CANTHARID1EN (kan-ta-ri-diin), s. m. Terme d'histoire naturelle. Les cantharidiens, tribu dans la famille des trachélides (insectes).
f CANTHARIDINE (kan-ta-ri-di-n') , t. f. Terme de chimie. Principe auquel les cantharides doivent leurs propriétés épispastiques.
f CANTHËRE (kan-tê-r"), *. m. Nom d'un poisson (sparus cantharus).
— ÉTYM. Cantharus, sorte de poisson de mer.
t CANTHUS (kan-tus') , s. m. Terme d'anatomie. Commissure des paupières. Le grand canthus, la commissure du côté du nez; le petit canthus, la commissure de l'autre côté.
— HIST. xvi" s. Par les temples est entendu ce qui est situé entre le petit canthus ou petit angle de l'œil, et l'oreille, paré, m, (. Les collyres liquides servent principalement pour les coins des yeux, sçavoir est, le grand et le petit canthus, id. xxv, 34.
— ÊTYM. Canthus, de xav64;, l'angle de l'œil.
t CANTIBAY (kan-ti-bè), s. m. Terme de charpente. Boisn'offrant beaucoup de déchetque d'un côté.
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— ÊTYM. Mot singulier, dans lequel pourtant on croit apercevoir canl, côté (voy. champ 2).
t CANTH.ENE (kan-ti-lê-n') , s. f. Terme de musique. || 1* Nom de la musique ordinaire par opposition à la musique sacrée, dite motet. Il n'est plus usité en ce sens. || 2° La moindre phrase musicale, celle que peut trouver, par exemple, un berger, une nourrice, et, subséquemment, mélodie d'un genre langoureux ou sentimental.
— ÉTYM. Ital. eantilena, chanson; du latin cantilena, de cantare, chanter.
CANTINE (kan-ti-n'), *. f. || 1° Lieu où l'on vend a boire dans les casernes, les prisons, etc. Il y a des cantines ambulantes qui suivent les troupes en marche. || 2" Petite caisse divisée en compartiments qui sert à transporter des flacons de vin et d'autres liqueurs.
— rem. Il ne faut pas employer cantine pour cruche, ni dire : remplissez cette cantine.
— ÉTYM. Ital. cantina, cave, cellier ; d'après Diez, du même radical que eantone, coin, recoin, d'où cantine; d'après Ménage, contraction de canovetlina, petjte cave, diminutif de canova, cave; mais d'après Tardieu, dequintana, lieu dans les camps romains où l'on vendait toute sorte de choses , et dont le nom était passé dans le langage vulgaire; car Suétone, Néron, 26, dit de ce prince qui, s'amusant à dévaliser les boutiques, s'amusait aussi à vendre le fruit de son pillage : Quintana domi constituta, un marché établi dans son palais. Cette étymologie trèsprobable suppose une interversion des voyelles. La quintana était dite de quintus, cinquième.
CANTINIER, 1ÈRE (kan-ti-nié, niê-r'), s. Celui, celle qui tient une cantine.
— ÉTYM. Cantine.
CANTIQUE (kan-ti-k') , s. m. || 1» Chez les Hébreux, chant d'actions de grâces consacré à la gloire de Dieu. Le cantique de Moïse, deSiméon,etv Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantique^ Où vos voix si souvent, se mêlant à mes pleurs, De a triste Sion célèbrent les malheurs, bac. Esth. i, s. l'rêtres sacrés, préparez vos cantiques, id. Esth. m, 9. || Familièrement. Vous l'avez échappé belle, vous pouvez chanter un beau cantique. || Quel cantique nous chantez-vous là ? c'est-à-dire quelle histoire nous faites-vous? || Cantique des cantiques, livre de Salomon qui fait partie de la Bible. || 2° Aujourd'hui , chant d'église en langue vulgaire. Dans ce penser il se carrait, Recevant comme sien l'encens et les cantiques, la font. Fab. v, 4 4. Ils commenceront à chanter le cantique céleste, mass. Jugement. Avec quelle reconnaissance il chantait le cantique de sa délivrance! flêch. M. de Mont. Les chrétiens s'avancent en chantant des cantiques, chateaub. Kart. ii, 2H9. || Terme de liturgie. Cantiques, les 46 psaumes graduels qui se trouvent à la fin du livre des Psaumes de David. || Cantiques spirituels, chansons sur des sujets de dévotion, qu'on fait apprendre et chanter dans les églises aux enfants qui vont faire leur première communion, aux membres ries confréries. Les cantiques de St-Sulpice. || 3° Dans un style élevé, toute espèce de chant. Les psaumes avaient succédé aux cantiques des joies du siècle, boss. Anne de Gonz.
— HIST. xvi* s. Cantiques spirituels [chansons spirituelles], calv. Instit. 74 4. Avecques un psaume ou cantique En son labeur se soulager, mabot, iv, 25.
— ÉTYM. Bourguig. canlicle; provenç. cantic; esp. et ital. canlico; de cantieum, de cantus, chant.
CANTON (kan-ton), s. m. \\ 1* Portion de pays comprise entre certaines bornes. En France, les départements sont divisés par arrondissements, les arrondissements par cantons, et les cantons par communes. || 2" Portion de pays considérée à part du reste. Que l'homme étant revenu à soi considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature, pasc, Pensées, i, 4. C'était à la campagne, Dans un certain canton de la basse Bretagne, Appelé Quimper-Corentin, lafomt. Fab. vi, 4 8. De ce canton l'espérance et l'honneur, voltaibe, Scythes, IB, 4. Suivi de ta meute.... Chasseur, tu parcours le canton, bébang. D. chasse. || Par extension. Il y a longtemps qu'on ne vous avait vu dans nos cantons, c'est-à-dire il y a longtemps qu'on ne vous a vu chez nous, dans notre ville, dans notre village. Il 3° Terme d'eaux et forêts. Canton de bois, portion déterminée dans une forêt en vue d'une certaine destination. || 4" Les Cantons suisses sont les divers Etats qui composent le corps helvétique. On connaît moins dans leur canton Le latin que le basbreton; Mais ils boivent, comme il me semble, Mieux que tous les cantons ensemble, boisrobert, liv. i, Ep. 4 2 (allusion au dire qui accuse les Suisses
CAN
d'aimer à boire). || 6° Terme de blason. Partie carrée de l'écu qui est un peu plus petite que les quartiers. || Les espaces des croix et des sautoirs.
— HIST. xm* s. Et le ban doit estre crié en quatre cantons [coins] dou champ, Ass. de Jérus. i, 468. || xiv* s. L'exposant bouta icelui Régnait contre le cornet ou canton [coin] de la porte, du cange, canto. || xvi* s. Il n'y avoit place, canton, carrefour ny carroy, qui ne fust garny ou d'un théâtre ou d'un arc, carloix, m, 20. Mesmes qu'on nous avoit asseuré qu'on le vouloit tuer par les rues, où nous pensions nous battre à chaque canton, brant. Des couronneîs français, ch. 4 7.
— ÉTYM. P'ovenc. et anc. catal. canton, coin, angle; ital. ^mlone; d'un radical cant qui se trouve dans l'ano'».n français cant, coin; dans l'espagnol et le portugais canto, coin, pointe, caillou; dans l'italien canto, coin, côté, partie; dans l'anglais cant, pan coupé; dans le kymri cant, rebord, cercle d'une roue; dans le latin canthus, cercle d'une roue, qui, d'après Quintilien, est un mot africain ou espagnol; dans le grec xav8è;, coin de l'œil et cercle de roue; dans l'allemand Kante, islandais kanlz, anglo-saxon cant, rebord, bord aigu, coin. Tous ces mots paraissent tenir les uns aux autres; et Diez en voit ainsi la filiation : le kymri, rebord; puis l'allemand, rebord et coin; puis les langues romanes, coin. Ces rapprochements rendent douteuse l'origine indiquée par Quintilien.
CANTONADE (kan-to-na-d') , s. f. Terme de théâtre. || 1* Autrefois, dans les pièces du théâtre italien, l'un ou l'autre côté du théâtre, où une partie des spectateurs était assise sur des bancs en forme de petit amphithéâtre. || 2° Aujourd'hui , l'intérieur des coulisses. || Parler à la cantonade, parler à un personnage qui n'est pas en scène.
— êtym. Ital. cantonata, de eantone, coin (voy. canton).
CANTONAL, ALE (kan-to-nal, na-P), adj. Qui appartient au canton. Fête cantonale. Les comités cantonaux. Délégués cantonaux, ceux qui sont chargés de surveiller les écoles primaires situées dans un canton.
— ÊTYM. Canton; provenç. cantonal, du coin. CANTONNÉ, ËE (kan-to-né, née), part, passé.
|| 1" Etabli, isolé dans des cantons. Toute la noblesse cantonnée à la campagne dans des donjons entourés de fossés, volt. Louis XIV, 4. || 2° Établi dans des cantonnements. Troupes cantonnées. || 3" Adj. Terme d'architecture. Bâtiment cantonné, bâtiment dont les encoignures sont ornées d'une colonne, d'un pilastre, d'une chaîne de pierres. || Pilier cantonné, pilier dont les quatre faces sont renforcées de colonnes engagées ou de pilastres. || 4° Terme de blason. Pièce cantonnée, pièce accompagnée, dans les cantons de l'écu, de quelques autres figures. Croix cantonnée de quatre étoiles. || Dans le langage des gourmets du xvii* siècle, accompagné, entouré. Une soupe à bouillon perlé, soutenue d'un jeune gros dindon cantonné de pigeonneaux et couronnée d'oignons blancs mariésavec la chicorée, mol. Bourg, g. iv, 4. Aujourd'hui on dit plus souvent flanqué.
CANTONNEMENT (kan-to-ne-man),s. m. || 1° Action de cantonner des troupes; emplacement où les troupes sont cantonnées. On ordonna le cantonnement des troupes. Rentrer dans ses cantonnements. || Fig. C'était un temps de faiblesse, d'effervescence de cantonnement [où chacun se cantonnait, s'isolait], st-sim. 374 ,44. || 2° Restriction apportée à l'usage de certains droits et en particulier à celui de chasse. || Cantonnement de pêche , certaine portion d'une rivière dont la pêche est affermée. || 3° Droit d'abandonner une portion de forêt à des usagers pour tenir lieu de leur droit d'usage. || 4° Partie d'un terrain destinée aux bestiaux malades.
- ÊTYM. Cantonner.
CANTONNER (kan-to-né) , v. a. || 1" Terme de guerre. Cantonner des troupes, les distribuer en différents cantons ou villages. || Fig. Séparer en portions isolées. Le monde, rempli d'aigreur, enfante Luther et Calvin, qui cantonnent la chrétienté, boss. dans le Dict. de dochez. || 2° Mettre des bestiaux malades en cantonnement. || 3° V. n. Les troupes vont bientôt cantonner. || 4° Se cantonner, ». ré/l. Au propre et au figuré, s'isoler, se mettre en sûreté, se fortifier dans un canton. Telle est cette illustre province Où chacun peut se faire prince, Se cantonner en son quartier, bacan, Psaume 30. Cette attache intime que nous avons à nous-mêmes.... c'est ce qui fait que chacun de nous se renferme tout entier dans ses intérêts et se cantonne en lui-même, boss. Char. frat. 4 . Sertorius se cantonna dans l'F.s-
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pagne, id. Hist. i, ». lisse cantonnent et se divisent en des partis contraires, la bruy. 4. Le pays est rempli de marécages où chaque troupe se cantonne et forme une petite nation, montesq. Espr. xvm, 40. Et, dans ces belles querelles, les partis se cantonnent, les factions se heurtent, volt. Lettr. Albergati, 23déc. 4 760.
— HIST. xvi* s. Mais ne pouvants sortir, à cause que les corps de gardes extraordinaires continuoient nuict et jour aux lieux où l'on les avoit posez, et la ville tousjours ainsi cantonnée [occupée militairement], carloix, vu, 3. Cantonnez-vous et vous instalez tyranniquement dans les villes du roy, Sal. Ménipp. 6.
— ÉTYM. Canton.
CANTONNIER (kan-to-nié; IV ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des kan-to-nié-z actifs) , s. m. Ouvrier préposé à l'entretien des routes.
— ÉTYM. Canton, les cantonniers étant embrigadés par canton.
CANTONNIÈRE (kan-to-niê-r'), s. f. ||1* Tenture d'étoffe dont on couvrait la colonne du pied d'un lit, ou qui passait par-dessus les rideaux d'une fenêtre. || 2° Morceau de fer pour fortifier un coffre. || Pièce d une presse d'imprimerie. || 3° Terme de marine. Gros bout de cordage pour l'ancre.
— ÊTYM. Canton, dans le sens de coin.
f CANTRE (kan-tr'), s. m. Sorte de banc à l'usage de l'ourdiisseur. || Assemblage de deux montants plantés dans une forte planche. || Châssis oblong partagé en deux parties égales par une traverse percée de trous.
t CANULAIRE (ka-nu-lê-r') , adj. Qui est en forme de canule.
— HIST. xvi* s. La figure des uretères est ronde, canulaire ou creuse, paré, I, 30.
— ÊTYM. Canule.
CANULE (ka-nu-P), *. f. || 1° Petit tuyau qui forme l'extrémité d'une seringue. || 2° Robinet de bois qu'on met à un tonneau en perce. || 8° Tube plus ou moins long, d'un diamètre variable, solide ou flexible, droit ou courbe, ouvert à ses deux extrémités, et dont on se sert dans beaucoup d'opérations chirurgicales. M. de la Feuillade se mourait d'avoir quitté une canule qu'il portait depuis une grande blessure qu'il avait eue autrefois au travers du COrpS, ST-SIM. 66, 4 96.
— HIST. xiii* s. Keî [il tomba] del mur, si que brisié Ot et quisse et bras et canole [le conduit de la respiration], Ren. dans du cange, glossaire français. || xvi* s. Alors faudrait cautériser et consommer l'u vule avec une telle cannule fenestrée et cautère ac tuel, pare, vi, 7.
— ÊTYM. Diminutif de canne, roseau; génev. caniule.
t CANULE, ÉE (ka-nu-lé, lée), adj. Qui est en forme de canule.
— HIST. xvi* s. Il faut cautériser avec un cautère canule, paré, vi, 4. Une tente d'or ou d'argent, cannulée et courbée, id. vi, 4 2.
t CANUT (ka-nu), s. m. Ouvrier en soie des fabriques de Lyon.
— ÊTYM. Peut-être cannette s.
f CANZONE (kan-tso-n') , s.f. Petit poème italien qui contient un récit ou un dialogue ou une dissertation, et qui, divisé en stances égales, est terminé par une stance plus courte. Les canzones de Pétrarque.
— ÊTYM. Ital. canzona ou eantone, de cantare, chanter (voy. chanter).
4IA0LIN (ka-o-lin), s. m. Voy. kaolin.
t CAOUANE (ka-ou-a-n'), s. f. Nom de la tortue à écaille épaisse, de la Méditerranée et de l'Océan.
CAOUTCHOUC (ka-ou-tchou; le c final ne se prononce jamais : du ka-ou-tchou imperméable) , s. m. Vulgairement gomme élastique ; suc coagulé du jatroplia elastica, L. arbre de la famille des euphorbiacées tithymales, et d'autres plantes, telle que le figuier d'Inde, le jaquier , etc. Le caoutchouc se trouve dans le commerce sous forme de petites bou- . teilles. || Caoutchouc volcanisé, vulcanisé ou soufré, ' sorte de combinaison de caoutchouc avec le soufre, \ préparée avec le sulfure de carbone et le chlorure de soufre. || Caoutchouc minéral, substance hydrocarbonée appelée aussi bitume élastique ou élatérite, ayant une élasticité analogue à celle du caoutchouc.
— ÉTYM. Cahuchu, nom indien de cette substance.
t CAOUTCHOUTER (ka-ou-tchou-té), v. a. Filer en caoutchouc; enduire de caoutchouc.
CAP(kap'),î.m. || 1* Tête. Usité seulement dans lei locutions suivantes : De pied en cap, de la tête aux pieds. Tu seras armé de pied eu cap, moi.. It
CAP
Dep. v, 4. || Cap à cap, tête à tête. Cette locution a vieilli. Mais bientôt, malgré vous, je verrai ses appas, cap à cap, regnard, le Bal, se. 6. || Cheval cap de more ou de maure, rouan à tête noire, accompagnant souvent les robes gris ardoisé et rouan foncé. || 2* Terme de géographie. Pointe de terre élevée qui s'avance dans la mer. Doubler un cap. || 3° Terme de marine. L'avant d'un bâtiment, par rapport à la direction qu'il suit. Avoir, porter le cap à terre, au large, au nord, etc. 11 avait le cap sur nous, et nous ne l'évitions pas, J. i. rouss. Ém. v. || Virer cap pour cap, changer les amures pour prendre une direction opposés à celle qu'on suivait. Le vent, au lieu de varier quart par quart, comme cela avait lieu à l'entrée dans le cercle de la tempête, changea tout d'un coup cap pour cap, Presse scientifique, t. il, p. 417. || Etre cap à cap, se dit en parlant de deux vaisseaux qui vont l'un vers l'autre par des directions opposées. || Chef d'une escouade dans un port. || Cap de mouton, billotde bois percé de trous, pour le passage des rides de haubans. || Cap de boussole, ligne indiquant la direction de l'axe du bâtiment. || 4" Terme de commerce. Cap et queue, la double extrémité des étoffes.
— REM. C'est pécher contre l'usage que de dire : habillé de cap en pied. L'usage ne permet plus de déranger l'ordre des mots de cette locution.
— HIST. xvi* s. Les satyres, capitaines, sergens de bandes, capz d'escadre, corporalz.... rab. Pant. v, 40. Ils estaient armez de cap à pied de grosses lames de fer, mont, ii, 96. Il falut lui aider à cheminer pour le mener à cap de table , d'aub. Fœn. tv, 4. Ce grand vieillard sec et avide , voyant d'autres vivres que le cap d'ail, se mit à escrimer des dents et des mains furieusement, m. t'6.
— ÊTYM. Provenç. cap; espagn. cabo; ital. capo ; de caput, tête (voy. chep).
CAPABLE (ka-pa-bl') , ad]. || 1° Qui peut contenir en soi, au propre et au figuré. De dire si peu d'un sujet si capable, Régnier, Sat. i. De toutes les figures c'est la ronde qui est la plus capable, c'està-dire qui a le plus de superficie, desc. Météor. 5. Quelques paroles ambiguës d'une de ses lettres, qui, étant capables d'un bon sens, doivent être prises en bonne part, pasc. Prov. 46. Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime , ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables? la bruy. 4. La brèche était capable pour deux bataillons de front, st-sim. 278, 8. || Terme de géométrie. Segment capable d'un angle, segment de cercle tel que tous les angles qui y sont inscrits soient égaux £ ce premier angle. ||2°Fig. En parlantdes personnes ou des choses personnifiées, qui peut admettre une chose, qui est apte et propre ou disposé. Les plus impies sont capables de la grâce de leur rédemption, pasc. Vrai bien, 22. Quelque étendue d'esprit que l'on ait, l'on n'est capable que d'une grande passion , capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien, id. dans cousin. Votre vertu dont notre siècle n'est pas capable sera à la fin reconnue, balz. Liv. u, £eti.49. Une joie dont je ne devrais être capable qu'en votre présence, voit. Lett. ei . Si Dieu ne dédaigne de juger ce qu'il a créé capabled'un bon et d'un mauvais choix, boss. Anne de Gonz. Suivant les sentiments dont vous êtes capable.... corn. Mort de P. m, 2. Et si je vous croyais capable de raison.... id. Âgés, iv, s. Moi I voilà les soupçons dont vous êtes capable , rac. Brit. v, 6. De quel crime un enfant peut-il être capable? id. Ath. u, 5. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater; Â d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter. — Quoi I de quelque dessein la croyez-vous capable? id. Brit m, 4. Eurymaque savait la guerre; il était capable d'affaires, fên. Tél. xvi. Au lieu de faire des vices de l'homme des peintures affreuses ou ridicules qui servissent à le corriger, les stoïciens lui ont tracé l'idée d'une perfection et d'un héroïsme dont il n'est pas capable, et l'ont exhorté à l'impossible, la bruy. 44. Ceux qui font profession des arts libéraux ou des belles-lettres, les peintres, les musiciens, les orateurs, les poètes, tous ceux qui se mêlent d'écrire ne devraient être capables que d'émulation , id. t'6. L'imagination , si capable alors [dans la jeunesse] de séduction, mass. Panég. St Benoit. Quelque capable que fût son esprit de toutes sortes d'affaires.... fléch. Panég. u, 392. Capable d'une erreur, il ne l'estpoint d'un crime, volt. Alt. v, 2. || Être capable de tout, être homme à se porter aux dernières extrémités. Apprenez qu'Orosmane est capable de tout, volt. Zaïre, iv, 2. || Avec de et un infinitif, dans le même sens qu'avec un substantif. Est-ce que l'honnête homme est capable de mentir? Il n'est rien que les hommes ne soient capables d'entreprendre. Ceux qui, ne comprenant pas d'à-
CAP
bord cetle double infinité, sont capables d'en être persuadés, pasc. Pensées, part. I, art. 2. Madame, voyez donc si vous serez capable De rendre également ce peuple raisonnable, corn. Nicom. v, 2. Vous prenez plaisir à vous instruire et à vous rendre capable de profiter des bontés que l'on pourra avoir pour vous, rac. Lettres à son fils, 25. Trop capable déjà de sentir son malheur, volt. Zaïre, u, 3. || 3° Capable de, avec un infinitif, en parlant des choses, qui peut. Que votre procédé est violent, mon père, mais qu'il est peu capable de réussir I pasc Prov. 48. Partout où sa présence est capable de nuire, mol. l'Étour.v, 2. Ce changement d'habit est assez capable, je crois, de me déguiser, id. le Uédec. malgré lui, m, 1. Il [Jésus- Christ] a mis dans son église une autorité seule capable d'abaisser l'orgueil et de relever la simplicité, boss. Anne de Gonz. Je vous ai mis entre les mains assez de livres français capables de vous amuser, rac. Lettres à son fils, 4 4 . Quand vous auriez tous les talents les plus capablesde lui faire honneur, mass. Amb. desclercs. L'exercice et la tempérance sont capables de conserver aux vieillards quelque chose de leur première jeunesse, d'ouvet, Pensées de Cicéron. || 4° Qui a de la capacité, habile. Hommes capables et judicieux. Cette cicatrice semblait ajouter à son visage quelque chose de capable, hamilt. Gramm. 7. || Air capable, air d'un homme qui présume trop de son habileté. || 6" Qui a la capacité légale. Capable de tester. Les calvinistes étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités de l'État, volt. Louis XIV, 3«. || 6" Substantivement et familièrement. Faire le capable, se donner l'air d'une plus grande capacité que celle que l'on a réellement. Pourquoi subtiliser et faire le capable? mol. le Dép. i, t.
— REM. Des grammairiens ont prétendu que capable, en parlant des choses n'ayant qu'un s*ois physique, on ne pouvait dire, par exemple : un propos capable de nuire. C'est une observation mal fondée ; voyez les exemples de bons auteurs.
— HIST. xvi* s. Une escuelle bien capable et profunde, rab. Garg. i, 20. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein, mont. Au Lect. p. xi. Â qui on a esté une fois capable, on n'est plus incapable, id. i, 94. Les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, id. i, tas. Un bastiment capable de deux ou trois cents âmes, id. i, 237. 11 est capable de changer d'opinion et d'advis tous les mois, s'il plaist à la coustume, id. i, 369. Les loix ne veulent pas qu'un homme soit capable du maniement de ses biens, qu'il n'ait vingt-cinq ans, id. i, 407. Un seul [animal] est capable de desfaire un grand nombre d'hommes, id. ii, 474. On feroit ceste tranchée capable de dix mille hommes , lanoue, 448. Il a un esprit capable d'apprendre et de comprendre, m. 496. L'homme est entre toutes les créatures seul capable de vertu, id. 506. Je m'efforçai de lever les deffiances, assurer chacun, rendre tous mes sujets capables de mon intention, d'aub. Hist.n, 243. Si la femme pendant quarante jours n'a renoncé solennellement, elle est capable [responsable] etpoursuivabledes debtesdesonmary, Coustumier génér. 1. 1, p. 754. Nous estimons les avoir rendus capables [les avoir instruits] de la droite intention du roy, Mém. de Bellièvre et de Sillery , p. 4 43 , dans lacurnb.
— ÉTYM. Provenç. capable; bas-lat. capabilis, de capere, contenir (voy. capture): qui peut contenir.
t CAPABLEMENT (ka-pa-ble-man) , adv. Avec capacité. Elle mena la parole si capablement qu'il en fut ravi, sév. 493. L'abbé de Mornay faisait très-dignement et très-capablement l'ambassade de Portugal, ST-SIM. 474, 247.
— ÊTYM. Capable, et le suffixe ment.
CAPACITÉ (ka-pa-si-té) , s. f. || 1* Contenance
d'une chose. Marmite d'une grande capacité. Il est visible qu'elles [les pensées] ne sont plus que l'esprit même, et qu'ainsi elles remplissent toute sa capacité, pascal, dans cousm. Les petites choses flottent dans sa capacité [du cœur] , id. dans cousin. Vous remplissez toute là capacité de ce coeur, sév. 380. L'âme de Jésus-Christ a cette capacité assez étendue pour penser actuellement à tous les hommes, fén. m, 244. || Mesures de capacité, celles qui sont destinées à mesurer les liquides ou les grains. || Terme de physique. Capacité pour le calorique, faculté qu'ont les corps d'exiger des quantités différentes de calorique pour varier, sous le même poids, d'un même nombre de degrés de l'échelle thermométrique. || Terme de chimie. Capacité de saturation, quantité pondérale d'acide nécessaire pour saturer une base, ou de base pour saturer un acide. || 2° Fig.
CAP
Qualité de l'espritcapable. Preuve de capacité. Selon ma capacité. Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout; il la faut infinie pour l'un et pour l'autre, pascal dans cousin. Un homme d'une si grande capacité, boss. le Tell. Le roi, dont le jugement est une règle toujourssûre, a estimé la capacité de notre princesse et l'a mise par son estime au-dessus de tous nos éloges, id. DucU. d'Orl. L'expérience lui avait donnéde lacapacité pour laguerre, hamilt. Gramm. 5. Ces gens laissent échapper les plus belles occasions de nous convaincre qu'ils ont de lacapacité et des lumières, la bruy. 4. Que de dons du ciel ne faut-il pas pom bien régner I une vaste capacité qui s'étend non-s.mler.jent aux affaires du dehors.... id. 40. Il faut s'en rapporter à M. Rollin, qui a beaucoup de jugemfant et de capacité, rac. Lettres à son fils, 6. || La capacité de l'esprit, la faculté qu'il possède de saisir et d'embrasser les choses. || 3* Aptitude, en parlant des choses. Dieu aura fait l'arrangement des lettres qui composent les mots et n'aura pas fait dans les lettres la capacité d'être arrangées, boss. Élevât. m, 2. || 4" Terme de droit. Faculté légale. 11 a capacité pour tester. || Brevet de capacité, brevet constatant qu'un individu est capable de lonner l'enseignement primaire, élémentaire ou supérieur. || En matière bénéficiale, les titres et capacités d'un ecclésiastique, les actes et pièces à l'appui de sa demande d'un bénéfice, et qui montrent qu'il est capable de le posséder. || T«rme de droit politique et néologisme. Les capacités, les personnes capables, par leur instruction ou leur position, d'exercer les droits politiques. || 5# Terme de métaphysique. État passif et primitif de l'âme ; aptitude à recevoir toutes les impressions.
— SYN. capacité, habileté. La capacité a plus de rapport à l'étendue des aptitudes et des connaissances; l'habileté à l'application, à la pratique, aux expédients. Aussi on est habile dans une chose particulière, dans le commerce, à laguerre; mais on est capable d'une façon absolue.
— HIST. xvi* s. Ils faisoient tendre cette immense capacité [le cirque] de voiles de pourpre, mont. iy, 4 4. Les événements sont maigres tesmoings de nostre prix et capacité, id. iv, 53. Nous n'aurons à mettre en avant de longtemps des chefs de cette capacité, d'aub. Hist. i, 364. Aussi surviendra empyeme si la matière découle en la capacité du thorax, paré, xi, 4.
— ÉTYM. Provenç. capacital; espagn. capacidad; ital. capacità; de capacilatem , de capax, qui contient, de capere, prendre, contenir (voy. capture).
| CAPADE (ka-pa-d') , s. f. Certaine quantité de laine ou de poil pour faire un chapeau.
— ÊTYM. Cap, tête.
CAPARAÇON (ka-pa-ra-son) , s. m. ||1° Espèce de housse ou de longue couverture plus ou moins ornée, s'étendant quelquefois jusqu'à la tête, et destinée à protéger le cheval contre le froid, la pluie, les insectes. Que les chevaux des clercs soient toujours ornés de caparaçons blancs, volt. Mœurs, to. || 2° Anciennement, armure et harnois dont les chevaux étaient équipés dans les batailles. Les chevaux blanchissants frissonnent, Et les masses d'armes résonnent Sur leurs caparaçons d'acier, v. hugo, Bail. 7.
— HIST. xvi* s. Son cheval estoit richement enharnaché d'un harnois d'or, et couvert d'un caparançon qui valoit beaucoup, amyot, Pompée, 27.
— ÊTYM. Augmentatif du bas-latin caparo, chaperon (voy. chaperon) : c'est-à-dire sorte de chape; espagn. caparaçon.
CAPARAÇONNÉ, ÉE (ka-pa-ra-§o-né , née) , part, passé. Couvert d'un caparaçon. Venez voirpourcejour de fête Son cheval caparaçonné, v. hugo. Bail. s. || Anciennement. Un cheval caparaçonné, un cheval couvert du caparaçon défensif.
CAPARAÇONNER (ka-pa-ra-so-né). || l'V.a. Couvrir d'un caparaçon. j| 2° Familièrement. Se caparaçonner, v. réfl. Peut-on se caparaçonner de la sorte? c'est-à-dire, s'attifer, se charger d'ornements ridicules.
— HIST. xvr» s. On luy amena un coursier fort adroit, bien caparassonné, Don Flores de Grèce, f°xxxix, dans lacurne.
— ÊTYM. Caparaçon.
t CAPARASSE (k'a-pa-ra-s|) , s. f. Terme de marine. Petit manteau de canotier.
— ÊTYM. Voy. CAPARAÇON.
CAPE (ka-p'), s. f. || i" Manteau à capuchon fort en usage autrefois et dont les deux sexes se servaient. Ainsi mangeaient les princesses [sous François I"] couvertes d'une cape do toile cirée, volt.
CAP
Mœurs, <2». || Fig. N'avoir que la cape et l'épée, être sans fortune. Et n'ayant pour tout bien que la cape et l'épée, Toute mon espérance aurait été trompée, regnard, Ménech. n, ). || Fig. N'avoir que la cape et l'épée, n'avoir que des dehors, que l'apparence du mérite. Pour le petit marquis, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que sa personne, et ce sont de ces mérites qui n'ont que la cape et l'épée, mol. Mis. v, 4. || Sous cape, en cachette, à la dérobée, en dessous. L'esprit malin riait sous cape, la font. Belph. Ne peut-il pas.... Rire sous cape de ces tours 1 id. Oies. Et vous menez sous cape un train que je hais fort, bol. Tart. i, t. Io [Mme de Montespan] a été à la messe, on l'a regardée sous cape, sêv. 333. 11 s'est justifié de ce qu'avait dit sous cape M. de Lauzun, id. 6(2. Je riais souvent sous cape de l'embarras de mon père et de ma mère, qui fort souvent ne savaient où se mettre, st-sim. 50, 99. Rire sous cape de toutes les sottises du public, volt. I.ett. d'Argenlal, déc. 4760. || 2° Actuellement, dans quelques provinces, vêtement dont les femmes se couvrent la tête et les épaules contre le mauvais temps. Sortir en cape. || 3° En termes de marine, la cape est la grande voile du grand mât. |j Être à la cape, se mettre, se tenir à la cape, se dit d'un navire qui, la barre sous le vent, et presque à sec de voiles, présente le côté afin de ne plus faire route.
— HIST. xvi* s. Vestu simplement d'une meschante cappe, amtot, Nieras, 34. Après quelques sacrifices faits, il vest la chappe de pourpre de la déesse Proserpine, id. Dion, 70. Quelques uns des soudards, en se mocquant, demandèrent au herault, si, pour la venue d'une cappette et d'un baston de Lacedœmone, les Syracusains se sentoient si fortifiez qu'Us en deussent avoir les Athéniens en mespris, n>. JVi-
cias, 34 Celuy qui de plein jour Aux cardinaux
en cappe a veu faire l'amour, du bellat, vi, 34, verso. Les autres qui parloient aussi de passer les monts, rioient sous chape, d'aub. Hist. in, 148. Or je sens que mon lecteur me tire par la cape pour ce que je n'ai pas assez marqué la rupture des Estats, id. Hist. m, <73.
— ÊTYM. Prononciation picarde de chape (voy. ce mot); bourguig. eaippe.
f CAPÉER (ka-pé-é) , v. n. Terme de marine. Tenir la cape pendant un coup de vent.
— êtym. Cape.
t CAPELADE (ka-pe-la-d') , s. f. Dans quelques provinces , hangar au milieu d'une ferme.
f CAPELAGE (ka-pe-la-j') , s. m. Terme de marine. Action de capeler. || Ensemble des manœuvres mortes attachées à une vergue.
t. CAPELAN (ka-pe-lan), s. m. Prêtre pauvre ou oagot duquel on parle avec mépris.
— HIST. xvi* s. Allez sur mule avecques une housse, Ainsi tousés [tondu] qu'un moine oucapelan,MAROT,
— ÉTYM.Ital. cappellano, chapelain (voy. ce mot). 2. CAPELAN (ka-pe-lan), s. m. Petit poisson de
mer d'une chair délicate, et dont les pêcheurs de morue se servent pour appât (gadus minulus et aussi gadus blennoides) . On écrit aussi caplan.
t CAPELAN1ER (ka-pe-la-nié), s. m. Pêcheur de oapelans. || Marin chargé de semer le capelan pour attirer la morue.
— ÊTYM. Capelan 2.
t CAPELER (ka-pe-lé), v. a. Terme de marine. Passer une boucle, un œillet, une bague dans tout objet propre à les recevoir, comme le bout d'un mât, d'une vergue, d'un boute-hors.
CAPELET (ka-pe-lè), s. m. Terme de vétérinaire. Tumeur mobile, dite aussi passe-campane, quicrott sur la pointe du jarret du cheval.
— ÊTYM. Prononciation picarde de chapelet; la tumeur a été ainsi nommée à cause de la bosselure.
CAPELINE (ka-pe-li-n'), s. f. || 1° Chapeau orné de plumes et d'aigrettes que les femmes portaient en habit de chasse. Elles firent partie d'aller à la chasse en habit de campagne avec des capelines, scarron, Précaution inutile, dans richelet. Là les dames en capelines Et tenant en main des houssines, Perrault, Ép. d\ la chasse, dans richelet. || 2' Aujourd'hui, sorte tfe capote faite en étoffe légère que les femmes portent l'été ; et autre capote légère, mais chaude, et le plus souvent ouatée, que les femmes jettent sur leur tête, quand elles sortent du bal ou du spectacle, pour se défendre du froid. || 3* En chirurgie, bandage récurrent qui, par sa disposition, forme une sorte de coiffe ou de bonnet. || 4° Anciennement, armure de tête. On disait autrefois : c'est un homme de capeline, comme on dit aujourd'hui c'est un homme d'épée.
— HIST. xrv* s. Armés de jaques, de cotes et de
CAP
capelines de fer et de plusieurs autres armeures, du cange, capellina. || xv's. Et avoit le duc de Berri capeline d'acier en la teste et un fermaillet au front devant moult riche, monstrelet, liv. i, chap. <oo. || xvi* s. Puis [l'ange messager] sa perruque divine Coifa d'une capeline, Prenant sa verge en son poing,
— ÉTYM. Bas-lat. capellina, décapa, cape.
t CAPELLINE (ka-pèl-li-n') , s. f. Terme de Wagon. Genre de morion, de pot ou de casque ouvert.
— ÉTYM. Le même que le précédent.
CAPENDC (ka-pan-du), *. m. Espèce de pomme
rouge.
— HIST. xvi* s. Vous mangerez de bonnes poires, bergamottes , une pomme de court pendu , rabel. m, 13. Pommes de capendu ou carpendu dans Nicot. La Quintinye les appelle de courlpendu.
— ÉTYM. Peut-être le préfixe péjoratif ca.... et pendu : mal pendu, court pendu.
CAPERON (ka-pe-ron) , t. m. Voy. capron.
CAPÉTIEN, ENNE (ka-pé-siin, siè-n'), adj. Qui appartient à la troisième race des rois de France. || Substantivement. Les Capétiens, les rois de la troisième race.
— ÊTYM. Capet, surnom de Hugues qui détrôna les Carlovingiens.
t CAPHAR (ka-far), *. m. Impôt qu'on lève en récompense de la protection qu'on accorde aux voyageurs ou aux habitants d un lieu.
— ÉTYM. Arabe, khafâra, de khufara, protéger, t CAPHARNAfJM (ka-far-na-om') , s. m. Lieu qui
renferme beaucoup d'objets entassés confusément. || Lieu de désordre et de débauches.
— ÊTYM. Capharnaùm, ville de Judée mentionnée dans l'Évangile. C'était une grande ville de commerce, et pour cela ce nom a pris le sens vulgaire de lieu où mille choses sont entassées.
t CAPIÉ, ÉE (ka-pi-é, ée), adj. Terme de minéralogie. Qui a l'apparence du bois piqué.
t CAPILLACÉ, ÉE (ka-pil-la-sé, sée), adj. Terme didactique. Qui a la finesse des cheveux.
— ÉTYM. Capillaceus, de capillus, cheveu (voy. cheveu).
CAPILLAIRE (ka-pil-lê-r') , adj. || 1° Délié comme des cheveux. Tube ou tuyau capillaire, tube dont le conduit intérieur a été comparé à un cheveu. Une goutte de rosée qui filtre dans les tuyaux capillaires d'une plante leur présente des milliers de jets d'eau, bernard. de st-p. i™ étude. || Terme de physique. Phénomènes capillaires, phénomènes que l'on observe quand on plonge, dans un vase contenant un liquide, l'extrémité d'un tube capillaire, c'est-à-dire dont le diamètre intérieur ne dépasse pas un millimètre. L'attraction et la répulsion des petits corps qui nagent à la surface des liquides sont des phénomènes capillaires que l'on peut soumettre à l'analyse, laplace, Exp.iv, 17. || Terme d'anatomie. Vaisseau capillaire ou, substantivement, les capillaires, dernières ramifications vasculaires que le sang traverse pour passer des artères dans les veines, et qui établissent la continuité entre ces deux ordres de vaisseaux. || 2° S. m. Nom, dans les pharmacies , du feuillage de plusieurs espèces de fougères : capillaire commun ou noir (asplenium adianlum nigrum, £.); capillaire du Canada (adiantum pedatum, L.); capillaire de Montpellier (adiantum capillus Veneris, L.). Sirop de capillaire. Les convolvulus, les capillaires d'eau suspendent devant son nid des draperies de verdure, chateaub. Génie, i,v, 7.
— HIST. xiv* s. Tant que Pes veines] soient capillaires, h. de mondev. f° M. || xvi* s. Veines mesaraïqueset capillaires du foye, paré, xxiv, 22.L'aigremoine, les capillaires, l'herbe robert, id. xvi, 35. L'eau d'endive , de borrache , de capillaires , id. XX. 26.
— ÊTYM. Capillaris, de capillus , cheveu (voy. ce mot).
fCAPILLAMENT (ka-pil-la-man), s. m. Terme didactique. Petite fibre très-ténue, filamenteuse.
— ÊTYM. Capillamentum, chevelure, de capillus, cheveu (voy. cheveu).
t CAPILLARITÉ (ka-pil-la-ri-té) , s. f. Terme de physique. || 1" État de ce qui a la ténuité d'un cheveu. || 2* L'ensemble des phénomènes qui se passent dans le contact des liquides avec les solides présentant des espaces très-étroits ou capillaires. || Force particulière qui produit ces phénomènes, et qui ne paraît être qu'une variété de l'adhésion.
— ÊTYM. Capillaris (voy. capillaire).
t CAPILLIFOLIÉ, ÉE (ka-pil-li-fo-li-é , ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles capillaires.
— ÉTYM. Capillus, cheveu, et folium, feuille.
CAP
t CAPILLINE (ka-pil-li-n'), s. /".Terme de botanique. Champignon capilliforme (capillina).
— ÉTYM. Capillus , cheveu.
t CAPILL1TIE (ka-pil-li-sie), *. m. Terme de botanique. Tissu de filaments qui enlace les germes des lycoperdacées.
— ÊTYM. Capillitium, chevelure, de capillus cheveu.
CAPILOTADE (ka-pi-lo-ta-d'), *. f. Sorte de ragoût fait de morceaux de viandes déjà cuites. || Fig. et familièrement, mettre en capilotade, accabler de coups ou déchirer, ruiner de réputation. Le menaçant de mettre ses enfants en capilotade, hamilt. Gramm. to. Si j'entre en furie, je vous mettrai tous deux en capilotade ; çà que l'on fasse trêve à cette heure, Francion, n, 79.
— hist. xvi* s. Cabirotades, longes de veau , rabel. Pant. iv, 59. Vous trouverez qu'il n'y a rien si fade , entre tous les mets de vostre table , que ce bel entretien de son ame, et que son discours et intentions no valent pas vostre capirotade , mont, iv,
— ÊTYM. Bourguig. caipirotade; espagn. capirotada; ital. capperottato. Quoique Ménage rejette bien loin l'étymologie de capirote, chaperon en espagnol, la forme des mots l'appuie fortement; il n'est pas difficile d'imaginer, quand on se rappelle les dénominations des sauces et des plats, que celui-ci ait été nommé le plat au chaperon.
t CAPION (ka-pi-on), s. m. Terme de marine usité seulement dans le Levant. Capion de proue, étrave; capion de poupe, étambot.
t CAPIOU (ka-pi-ou) , s. m. Voy. cabiou.
CAPISCOL (ka-pi-skol), s. m. Doyen de chapitre, dans quelques provinces.
— ÊTYM. Espagn. capiscol; bas-lat. capischolus ; de caput, tête , chef (voy. cap) , et de schola, école.
CAPISTRATE (ka-pi-stra-f), adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'un encadrement de la face comparé à une mentonnière.
— ÉTYM. Capistratus, de capistrum, chevêtre.
t CAPISTRATION (ka-pi-stra-sion), s. f. Terme de chirurgie. Synonyme inusité de phimosis.
— ÊTYM. Capislrare, museler, de capistrum, chevêtre.
t CAPISTRE (ka-pi-str") , t. m. || 1° Terme de chirurgie. Synonyme inusité du bandage dit chevêtre. || 2° Terme de zoologie. La partie de la tête, chez les oiseaux, qui entoure le bec.
— ÉTYM. Capistrum. muselière (voy. chevêtre).
CAPITAINE (ka-pi-tê-n') , s. m. || 1° Chef militaire. C'était un vaillant capitaine, un vieux capitaine. Il était plus soldat que capitaine. Et si Flaminius en est le capitaine, corn. Nicom. Il, 3, Joignez à vos vertus celles d'un capitaine, id. Cid, i, 7. Ruiter qui est le plus grand capitaine de la mer, sév. 138. X la nuit qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaine, il reposa le dernier, boss. Louis de Bourbon. Sous lui se sont formés tant de renommés capitaines que ses exemples ont élevés aux premiers honneurs militaires, id. ib. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu , mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris, id. ib. Leur subtil conducteur [Cromwell] qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnagesdivers, en faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine, m. Reine d'Anglet. || 2* Dans un sens plus spécial, chef d'une compagnie dans un régiment. Capitaine d'infanterie , de cavalerie. || On nommait capitaine-lieutenant celui qui commandait une compagnie dont le roi, la reine ou un prince était censé capitaine; ainsi que le lieutenant de la compagnie colonelle d'un régiment. || Capitaine des gardes, celui qui commandait une des quatre compagnies des gardes du roi, et capitaine aux gardes, l'officier qui commandait une compagnie du régiment des gardes françaises. || 3° Celui qui commande un bâtiment de mer. Capitaine de vaisseau, de frégate. Capitaine d'un navire de commerce. || Capitaine de pavillon, capitaine du vaisseau-pavillon ou vaisseau qui porte le pavillon d'un officier général. || Capitaine de port, officier préposé au commandement d'un port. || Capitaine de prise, officier qu'un bâtiment capteur détache sur un navire capturé pour le commander. || Capitaine au long cours, titre du marin qui peut commander pour les longs voyages les navires marchands de toutes les grandeurs. || Capitaine d'armes, autrefois officier, aujourd'hui sous-officier chargé de la police du bord. || 4° Familièrement. Capitaine renard allait do compagnie Avec son ami bouc des plus hauts encornés,
CAP
la font. Fabl. m, 5. Ecoute, mouchard, mon ami, Je suis ton capitaine, bêrang. Faridond. || 5» Chef d'une capitainerie ou circonscription territoriale. || En Espagne, capitaine général, le plus haut grade militaire. || Dans les colonies, commandant supérieur. || Capitaine de louveterie, celui qui a soin de ce qui regarde la chasse dans une certaine étendue de pays. || 6* Nom qu'on donnait au gouverneur de certaines résidences royales (on dit présentement gouverneur) , et à celui qui était chargé d'une capitainerie de chasses. || 7° Capitaine de voleurs, de bohèmes, etc. le chef d'une troupe de voleurs, etc.
— HIST. xi* s. Â Rolant le cataigne, Ch. de Roi. cxxxvn. Il te donat [Durandal] à un comte cataigne, t'b. clxix. Demanderont : où est li quens [comte] cataigne? ib. ccv. Cent mille sont de nos meilleurs cataignes, ib. ccxxni. || xm* s. L'emperere ot bien envoie cent chevaliers ; de cels si fu chevetaine Machaires de Ste Manehalt, villehard. dans le Dict. de dochez. || xiv s. Faisons et establissons par ces présentes lettres capitain gênerai, ducange, tapitaneus. Serjens et mestres capitaines, id. ib. Se il devrait plus obéir à l'ordenance du capitaine de î'ost que à son père, oresme, Eth. 26). Robert Brambore en fu cappitain redoubté, Guesclin, 842. || xv« s. C'est un bon homme d'armes pour le présent et un grand capitaine, froiss. ii, ni, 15. || xvi' s. Il avait gaigné neuf batailles estant capitaine gênerai d'Athènes , amyot, Péricl. 73. Le premier qui se prit à courir pour charger, fut C. Crassianus, capitaine de cent vingt et cinq hommes, m. Pomp. 4 01 . En France, le lieutenant et enseigne d'une compaignie de gens de pied , porte ce titre de capitainne; aux autres nations, non, carloix, v, 32. Boviez, sergent du queitaine, d'aub. Fan. i, 6. Nulle paix n'a jamais apporté un tel calme, jusques à ce que les moindres capitaineaux de France eussent obtenu des edicts, m. Hist. m, 214. Capitaine estoit anciennement le seul nom qu'on donnoit à ceui qui commandoient des trouppes d'infanterie ; à quoy on a substitué ceux de mestre de camp et de colonel , brant. Capit. fr. t. îv, p. 48 et 65, dans lacurne. Il ne s'esmerveilloit si les gens de guerre estoient mauvais et sujects à la pince, veu qu'il avoit remarqué qu'aujourd'hui les soldats n'appelloient celui qui leur commande , non capitaine , mais mon cayntene ; que cela le faisoit penser qu'ils veulent dire que ce nom est venu de Caîn, qui fut le premier capitaine qui suivit la guerre, bouchet, Serées, liv. ni, p. 42, dans lacurne.
— êtym. Provenç. capitani; catal. capitâ; espagn. eapitan; portug. capitdo; ital. capitano; anc. ital. callano; angl. chieftain; bas-lat. capitanus , et aussi, dans un document du vr» siècle, capitanms, de caput, tête, chef (voy. chef). La plus ancienne forme est cataine, qui se conserva dans le langage populaire (voy. les textes de d'Aubignè et de bouchet).
CAPITAINERIE (ka-pi-tê-ne-rie) , s. f. | ] 1° Autrefois charge de capitaine des chasses ou d'une résidence royale. M. le prince embla à mon oncle la capitainerie des chasses de Senlis, st-sim. vi, 78. || 2° Le lieu affecté au logement de cet officier. Saint-Héron est à sa capitainerie, sévig. 290. || 3" L'étendue de la juridiction d'un capitaine des chasses. || 4" Circonscription territoriale qui avait un commandant militaire. || En Espagne, capitainerie générale, circonscription territoriale répondant à peu près à nos divisions militaires.
— hist. xv* s. Avec la prevosté de Paris il tient les capitaineries de la ville de Chierbourg, dont il a par an six mille francs, et de Nemours, dont il a par an deux mille francs, monstrel. t. i, chap. 99, p. (69, dans lacurne. || xvr* s. Toy Bethlehem, terre de Judée , qui est petite entre les capitaineries de Juda, calv. Instit. 374. || Capitainie s'est dit pour habileté de capitaine. 11 avait ses chevaliers accoustumé à eux oser fier en sa capitanie, bercheure, f° 7) (xiv siècle).
— ÊTYM. Capitaine.
t CAPITAINESSE (ka-pi-tê-nè-s'), *. f. Terme de marine. Galère que commandait le chef d'une division de galères.
— hist. xvi" s. Sa galère capitainesse fut arrestée par un rémora, mont, ii, (80. Lesquelles choses furent toutes portées à Athènes par Cimon sur sa galère capitainesse, amyot, Thésée, *&.
— Etym. Capitaine.
CAPITAL, ALE (ka-pi-tal, ta-1'), adj. || 1° Où il s'agit de la tête ou de la vie; qui mérite le dernier supplice. Procès capital. Intenter une accusation capitale. Condamner quelqu'un à la peine capitale.
CAP
Et Cinna vous Impute à crime capital La libéralité vers le pays natal, corn. Cinna, n, t. Abandonner mon camp en est un [crime] capital, id. Nicomède, u, s. On a beaucoup loué le regret que Néron témoigna de savoir écrire, à la première sentence capitale qu'il eut à signer, diderot, Claude et Néron. || 2" Oui est la tête ou comme la tête de quelque chose. La ville capitale ou, substantivement, la capitale, la ville principale d'un État, d'une province. Dans cette ville capitale, bourdal. Carême, l, Aumône, (46. Hipparque et Ptoléméeétaientà Alexandrie en Egypte, et ils la rendirent la capitale de l'astronomie, fonten. Chaxelles. X Page de vingtun ans, Linné se rendit à Upsal, qu'on pouvait alors regarder comme la capitale littéraire de la Suède, condorcet, Linné. || 3° Lettre capitale ou, substantivement, une capitale, grande lettre, majuscule. En termes d'imprimerie, petites capitales, grandes capitales. La lettre capitale a été ainsi nommée parce qu'elle se met en tête de l'alinéa. || 4° Principal, essentiel. Le point capital. Clause capitale. Défaut capital. C'est un crime envers lui si grand, si capital, corn. Polyeucle, îv, 6. Il n'y a pas d'erreur si capitale contre la philosophie, boss. Préface. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales, id. Reine d'Angl. Dans une affaire qui serait capitale àlui et aux siens, la brut. 4. Tout devient capital dans la bouche d'un souverain, mass. Pet. car. Obst. Il est capital de n'offrir aux enfants que de bons modèles, fênelon, xvii, (7. On ne sait si on a réussi à corriger, par quelques beautés de détail, un vice si capital [dan3 une tragédie] , volt. Lettr. Richelieu , 4 9 juill. 4773. || En termes de peinture, tableau capital, œuvre principale d'un peintre, d'une école. || Les sept péchés capitaux, péchés source des autres. || Ennemi capital, ennemi mortel. Dieu les laisse aux diables, ses capitaux ennemis, boss. Démons, (. || 6" S. m. Ce qu'il y a d'essentiel. Le capital est d'avoir de quoi se pousser, bourd. Car. i, Richess. 9. La pénitence est le capital de notre paix avec Dieu, id. Avant, Nativité de Jésus-Christ , 228. Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un directeur, la brut. 3. Le sexe dévot qui fait son capital de dire beaucoup, bourd. Car. i, Prière, 3(6. Il ne devrait pas faire son capital d'être lieutenant général , sEv. 264. Ensevelis dans l'amour des choses sensibles, ils feront leur capital des biens grossiers de cette vie, fén. xvn, 214. Il ne fait pas assez de cas de ce talent, pour faire son capital de l'étudier, la bruy. 8. Comme le disent malicieusement vos pères Annat et Meynier, qui en font le capital de leur accusation, pasc. Prov. (6. Ma (5* lettre y avait assez répondu [à l'accusation d'hérésie]; mais vous en parlez maintenant d'un autre air; vous en faites sérieusement le capital de votre défense, id. t'6. (7. || 6° Le principal d'une dette, d'une rente. Amortir, rembourser un capital . Manger rentes et capitaux, Serait doux, je l'espère, bérang. El. delà richesse. || 7° Ensemble des produits accumulés. || En langage scientifique, somme des utilités acquises, et non des valeurs comme on dit à tort (voy. valeur), résultat du travail antérieur destiné à la satisfaction des besoins ultérieurs. On dit que les facultés acquises de l'homme sont un capital. L'homme fait est un capital accumulé,!. B. say, Cours d'économie politique, (843,t.i,p. 4 64. Le capital d'un artiste est son talent, id. ib. t. il, p. 4 64. || Portion des produits accumumulés ou des utilités acquises, destinée à la reproduction, sous forme de provisions, de matériaux et d'instruments. Le premier chasseur était pourvu au moins d'un repas, auquel il a dû la force de saisir sa première proie; les armes qu'il s'est fabriquées ont été une grande augmentation de son capital ou de ses avances, dupont de nemours, Maximes du doct. Quesnay, édit. 1846, p. 391. Tout capital est un instrument de production, J. B. say. Cours, t. i, p. «68. || Plus spécialement, l'instrument de travail. Capital productif, celui qui est employé actuellement à la production. Capital improductif, inactif, oisif, celui qui n'est pas employé. || Capital-argent ou capital -monnaie, capital-matières, etc. celui qui a la forme de monnaie, de matières premières. || Dans un sens relatif, notion abstraite d'une somme d'utilités qui ne changent pas avec les objets auxquels elles sont incorporées, et que l'on peut retrouver après un certain temps ou certaines opérations. || Propriété de ceux qui vivent du revenu de ce qu'ils possèdent. || Capital d'un individu, somme des richesses que cet individu possède en produits accumulés; avoir d'une personne : c'est le sens de l'impêt sur le capital. || Portion de | richesse que le possesseur a l'intention de conser-
CAP
ver ou de reproduire par le travail; actif d'une personne. Capital d'un commerçant; on y fait entrer la clientèle. || Capital social, capital d'une société de commerce. || Capital social, capital d'une nation, sommr des richesses existantes chez elle. Le capital d'une na. tion se compose de tous les capitaux des particuliers, i. B. say, Traité d'écon. polit. 4 840, p. 69. || Somme de ces richesses employées dans l'industrie nationale. Leur ensemble [des capitaux productifs] com pose le capital d'une nation, id. Cours, t.i, p. )46. || On confond souvent le capital et le numéraire; delà en termes de finances, capital, argent en circulation. Le capital se cache. || Fonds disponibles. Les capitaux sont rares. || Fonds dont un industriel, un commerçant, un agriculteur dispose pour la création ou l'exploitation d'un établissementou d'une entreprise. Capital ou fonds da roulement, argent ou produits immédiatement échangeables, servant à payer les dépenses d'exploitation. || Capital fixe ou engagé, celui qui sert sous une forme permanente, fixe, dan» des objets qui durent et dont l'efficacité se perpétue sur un grand nombre d'actes de production, tels que les constructions, les machines, les améliorations foncières. Je ne parle pas ici des capitaux engagés dans un fonds de terre et qui sont aussi immobiles que le fonds, say, Traité, p. 409, note. || Capital circulant ou de circulation, celui qui se transforme dans l'opération productive, qui circule sans cesse et passe d'une matière dans une autre, telle que les matières premières , les provisions. La monnaie, capital fixe relativement à la société, est un capital circulant relativement à l'individu. || 8°Lie forte que laisse la potasse au fond des chaudières où l'on fait le savon. || 9° S. f. Terme d'art militaire. La capitale, la ligne de convention qui est censée partager un bastion en deux portions égales.
— REM. Cet adjectif se met d'ordinaire après le substantif : ville capitale, ennemis capitaux; cependant Bossuet a dit aussi : capitaux ennemis.
— SYN. capital, richesse. Richesse, c'est l'ensemble des choses qui servent à la satisfaction de nos besoins. Capital, c'est l'ensemble des moyena de satisfaction résultant d'un travail antérieur. Le capital est l'un des trois éléments de la production : les agents naturels, le travail et le capital. Souvent on oppose capital à fonds de terre.
— hist. xii* s. Et ne remaindra hoem antit [homme âgé] en ta maisun, qui evesche seit de 1» lei chevel [loi capitale, la religion], Rois. 10. Ce) capital [ce châtiment capital] ne deit ne clers no lais stiffrir; De saint Igliseen puetla dreiture périr, E as clers e as lais puet h perte venir, Th. It mart. 60. || xiv* s. Un tribun ha cité Ceson et li baille jour sur crime capital devant le peuple, bercheure, f° 54, verso. || xv* s. Ledit conte de sainct Pol estoit lors ennemy capital du duc de Bourgongne, comu. ni, 3. Lagrant compagnie mauldicte des sept vices capitaulx et mortels, gerson, Harangue à Charles VI, p. 4 5. || xvi* s. Le prince de Galles prit si fort à coeur la protection de Pierre contre Henry , qu'il en fit tout son capital, Mém. sur Guescl, ch. 22. Tenailles capitales [pour les fractures du crâne], incisives, dites bec de perroquet, paré, viii, 6. Ce fait, seront appliquées dessus des poudres capitales [céphaliques] de faculté dessiccative, id. xvi, 34. Ennemi capital du vice, rons. Odes, v, 23. L'on doit venir par action [en justice, non par saisie] pour loyaux aides ou chevels [aides capitales, dues aux chefs, seigneurs], LOYSEL.eoi.Ceste ville capitalle de vostre duché de Guienne et métropolitaine pour lo faict de la religion, condb, Mém. p. 624.
— êtym. Provenç. captai, capdal, capital, cheptel; de capitalis, de caput, tête, principal (voy. chef). Capitale, le capital, a donné cheptel (voy. ce mot). La plus ancienne forme est chevel; capital a été refait, dès le xn* siècle, sur capitalis.
t CAPITALKMENT (ka-pi-ta-le-man), adv. D'une manière capitale, sur toutes choses. Se tromper capilalement, boss. Lett. abb. 57. Noailles était capitalement en butte aux jésuites par sa doctrine, non suspecte, mais qui n'était pas la leur, st-simon, 250, 78.
— HIST. xiv s. Et tels larrons sont à punir cap:talement, bout. Somme rurale, p. 245, dans lacurne. || xvi' s. Les mariages entre proches sont capitalement deflendus entre nous, mont, ii, 346. Je hais capitalement la feinctise, id. m, 54.
— êtym. Capitale, et le suffixe ment; provenç. captalmen.
t CAPITALISABLE (ka-pi-ta-li-za-bl'), adj. Qui peut être capitalisé.
f CAPITALISÉ, ÉE (ka-pi-ta-li-zé, zée), part, passé. Ajouté au capital. Les intérêts capitalisés.
CAP
■) CAPITALISER (ka-pi-ta-li-zé). || 1' Y. a. Terme de finance. Ajouter au capital. || Réaliser le capital. Capitaliser une rente. || Estimer la valeur d'un capital variable d'après les intérêts qui son» payés. Si l'on veut estimer à un taux quelconque la véritable valeur d'actions dont les dividendes sont variables, on est obligé de calculer le capital qui, à ce taux-là, produirait le dividende donné; c'est dans ce sens qu'on dit et écrit que ces actions rapportent tant, et que le revenu, étant capitalisé, en est supérieur ou inférieur à la rente. || 2- V. n. Accumuler de manière à former un capital.
— ÊTYM. Capital.
CAPITALISTE (ka-pi-ta-li-sf) , s. m. || 1° Celui qui possède un capital et qui vit de son revenu. Dans le monde, on n'accorde le nom de capitaliste qu'aux hommes dont l'unique ou du moins le principal revenu consiste dans l'intérêt de leurs capitaux, say, Cours d'écon. polit, t. H, p. «5. || 2" Celui qui tire profit d'un capital. Nous avons donné ce nom à tous ceux qui possèdent un capital petit ou grand, une portion même d'un capital, id. ib. || 3° Celui qui prête son capital à un entrepreneur d'industrie. Le gérant sera-t-il fondé à refuser aH capitaliste toute participation à une augmentation de produits due en si grande partie à son capital? id. ib. p. 68. Réprouver les capitalistes commeinutiles à la société, c'est s'emporter follement contre lesinstruments mêmes du travail, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 279. ||4°Celuiqui possède des fonds considérables. Un gros, un riche capitaliste. Ma soeur, que je ne pouvais garder avec moi, se trouve & merveille chez ce vieux et respectable capitaliste, scribe, lePuff, i, 8.
CAPITAN (ka-pi-tan), s. m. Terme de mépris. Homme qui fait le matamore, qui semble vouloir faire peur aux gens. Je ne veux point ici faire le capitan, mol. Fdch. i, 40. Une manière dure, sauvage, étrangère, qui fait un capitan d'un jeune abbé, la brdy. 13. Il Personnage de la comédie italienne.
— ÊTYM. Espagn. capitan, capitaine (voy. ce mot); mot espagnol passé dans le français avec un sens défavorable.
CAPITANE (ka-pi-ta-n'), adj. et s. f. La galère capitane ou la capitane, nom qu'on donnait en Europe à la principale galère d'un État, excepté en France. Le chevalier de Villeroy se noya dans la capitane de Malte qui coula à fond, st-sim. 74, 2)9. Don Juan d'Autriche et Veniero attaquèrent la capitane ottomane, volt. Moeurs, 460.
— êtym. Espagn. et ital. capitana, de capitano, capitaine.
CAPITAN- PACHA (ka-pi-tan-pa-cha) , s. m. Amiral turc; le vaisseau amiral turc Quand brûlaient au sein des flots fumants Les capitans-pachas avec leurs armements, v. hugo, Orient. 6. Brûlons le capitan sous son triple canon, id. Orient. 3.
— ÊTYM. Capitan, au sens de capitaine, et pacha.
CAPITATION(ka-pi-ta-sion), s. f. Taxe par tête. Impôt de capitation. Vers ce temps-ci la capitation fut établie; l'invention et la proposition fut de Basseville, ST-SIM. XXV, 38.
— êtym. Capitalio, de caput, tête (voy. chef).
fCAPITÊ, ÉE (ka-pi-té, tée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de tête; qui a une grosse tête ; qui est pourvu d'une tête. \\S.f. Terme de botanique. Nom des plantes qui ont une tête, comme le chardon.
— êtym. Capitalus.de caput, capitis, tête (voy. chef).
t CAPITEL (ka-pi-tèl) , s. m. Extrait d'une lessive de cendre et de chaux vive démêlées, c'est-à-dire battues dans l'eau, lequel entre dans la composition du savon blanc et du savon noir.
— hist. xvi* s. Prenez cendre de gravelée, et en faites capitel dans une chausse d'hippocras, paré, xvi, 36.
— êtym. Bas-lat. capilellum , eau de savon ; ital. capilello, pierre à cautère.
tCAPITELLÉ, ÉE (ka-pi-tèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une très-petite tête ou boule.
— ÊTYM. Bas-lat. capitellum, petite tête. CAPITEUX, EUSE (ka-pi-teû, teû-z'), adj. Qui
porte à la tête, en parlant des vins qui sont riches un principes spiritueux, qui enivrent facilement.
— HIST. xv' s. Comme gens capiteux [emportés] et pleins de fureur, o. chastellain, dans le Dict.
(L: DOCHEZ.
— ÊTYM. Ital. capitoso, obstiné, volontaire, de caput, tête (voy. chef).
t CAPITILUVE (ka-pi-ti-lu-v'), *. m. Bain de tète, lotion sur la tête.
CAP
— ÊTYM. Caput, tête (voy. chef) , et luere, laver (voy. lotion).
CAPITULE (ka-pi-to-P) , t. m. Forteresse et temple de Jupiter à Rome, sur le mont Tarpéien. Brûlons ce Capitole où j'étais attendu, ric. Mithr. m, 1. 1| Fig. 11 n'y a qu'un pas du Capitole à la roche Tarpéienne, c'est-à-dire qu'un pas des honneurs suprêmes à la ruine [les triomphateurs romains allaient au Capitole, et les conspirateurs étaient précipités du haut de la roche Tarpéienne]. On voulait, il y a peu de jours, me porter en triomphe, et maintenant on crie dans les rues : La grande trahison du comte de Mirabeau.... Je n'avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il est peu de distance du Capitole à la roche Tarpéienne, mirab. Collect. t. m, 366. || Lieu où siège la municipalité dans certaines villes. || Lieu où siège, à Washington, le congrès des États-Unis.
— ÊTYM. Capitolium. L'ancienne dérivation, caput Toli, la tête de Tolus, qu'on racontait avoir été trouvée encore toute fraîche en creusant les fondations du Capitole, est une légende étymologique pour expliquer un mot dont on ne connaissait plus l'origine et le sens.
— HIST. xvi* s. Les fouaciers se transportèrent au Capitoly, et là, devant leur roi, nommé Picrochole, tiers de ce nom, proposèrent leur complainte, rab. Garg. i, 26.
CAPITOLIN, INE (ka-pi-to-lin, li-n'), adj. Du Capitole. Jupiter capitolin. Vénus capitoline. Jeuxcapitolins. Fastes capitolins, tables de marbre trouvées a Rome en 4 447, avec la série des consuls de l'an de Rome 260 à 765.
— ÊTYM. Capitolinus, de Capitolium, Capitole. CAPITON (ka-pi-ton), s. m. Bourre de soie, ou
ce qui reste après qu'on a dévidé toute la soie d'une coque.
— ÊTYM. Ital. capitone, soie non tordue.
t CAPITONNER (ka-pi-to-né), v. a. Garnir de capitons. Fauteuil capitonné.
CAPITOUL (ka-pi-toul), s. m. Nom qu'on donnait aux magistrats municipaux de la ville de Toulouse. L'office decapitoul anoblissait. Monsieur lecapitoul, vous avez des vertiges, piron, Métrom. v, 4.
— HIST. xiv* s. Les capituliers de Toulouse, du cange, capitulares. || xv* s. Pons de Maries, chevalier et capitolierdeThoulouze, id. ib. Montèrent tous les capitolz de Rome sur chevaux couverts, et l'amenèrent [Grégoire XI] à grand triomphe à Rome,