‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 262 sur 403 · FROISS. II, II · texte numérisé non relu

FROISS. II, II

— ÊTYM. Provenç. capitol, chapitre et capitoul; bas-lat. capitolium, chapitre, dérivé de capitulum, chapitre (voy. chapitre).

CAPITOULAT (ka-pi-tou-la; le t ne se lie pas), s. m. Dignité de capitouL Mais apprenez de moi qu'un .ouvrage d'éclat Anoblit aussi bien que le capitoulat, piron, Métrom. v, 4.

— ÊTYM. Capitoul.

1. CAPlTULAIRE(ka-pi-tu-lê-r'), adj. || 1° Appartenant au chapitre, à une assemblée de religieux. Acte, résolution, assemblée capitulaire. || 2* Terme de paléographie. Lettres capitulaires, grandes lettres qui se mettaient au commencement des chapitres d'un livre, et qui étaient enluminées d'or ou de minium.

— ÊTYM. Capitularis , de capitulum , chapitre (voy. ce mot).

2. CAPITULAIRE (ka-pi-tu-lê-r'), s. m. Nom de statuts et règlements arrêtés dans les assemblées nationales sous les deux monarchies franques (mérovingiens et carlovingiens). || Nom donné à des règlements des rois de la seconde race, parce qu'ils étaient distingués par sections et par chapitres. Les capitulaires de Charlemagne. Le capitulaire où Charles le Chauve parle des terres censuelles dont le cens avait appartenu au roi, montesq. Esp. xxx, 4 6.

— ÊTYM. Capitulare, écrit divisé en chapitres. CAPITULAIREMENT (ka-pi-tu-lê-re-man), adv.

En chapitre. Décision prise capitulairement , prise parles religieux capitulairement assemblés.

— ÊTYM. Capitulaire, et le suffixe ment.

4 . CAPITULANT (ka-pi-tu-lan) , adj. m. Qui a voix dans un chapitre. Les chanoines, les religieux capitulants ou, substantivement, les capitulants assemblés pour l'élection.

— ÊTYM. Capitulum, chapitre (voy. ce mot).

t 2. CAPITULANT (ka-pi-tu-lan), adj. m. Cantons capitulants, cantons suisses qui fournissaient des soldats pour le service étranger.

— Etym. Capituler.

CAPITULATION (ka-pi-tu-la-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1* Terme de guerre. Convention

CAP

qui règle à quelles conditions une place, un poste, une troupe se rendent. Obtenir, accorder une capitulation honorable. Faire sa capitulation. Recevoir à capitulation. || 2* Familièrement, conciliation. N'attendez de moi aucune capitulation. Le baron eut une capitulation digne de sa résistance, hamilt. Gramm. 3. || Capitulation de conscience, c'est-à-dire accommodement avec sa conscience. X un soldat qui s'est bravement défendu il est permis de capituler, et il est des capitulations de conscience si difficiles à ne pas accepter, scribe, lePuff, v, 6.|| 3° Convention qui assure aux sujets d'une puissance certains privilèges dans les Etats d'une autre puissance, et, en particulier, la convention qui réglait les droits et devoirs des Suisses au service de France. || 4* La capitulation impériale ou les capitulations de l'Empire, certain nombre d'articles que l'empereur d'Allemagne jurait d'observer à son élection.

— HIST. xvi* s. Les reitres se maintiennent aussi en la possession de leurs droits acquis, à sçavoir des hautes capitulations , et de se faire toujours payer sur les vieux roolles, lanoue, 4 83. Ceulx-cy s'en retournèrent pour consulter avecques leurs concitoyens, et feirent ainsi deux ou trois voyages, pour la dificulté de la capitulation, mont, il, 47».

— ÊTYM. Bas-lat. capilulatio, de capitulare , capituler.

4. CAPITULE (ka-pi-tu-P), s. m. Terme de liturgie. Espèce de petite oraison qui se dit à la fin de certaines divisions des offices.

— ÊTYM. Capitulum, dans le sens de chapitre (voy. ce mot). À

t 2. CAPITULE (ka-pi-tu-P), *. m. Terme de botanique. Disposition des fleurs dites autrefois fleurs composées, c'est-à-dire assemblage de fleurs trèsserrées et présentant de loin l'apparence d'une fleur unique.

— ÊTYM. Capitulum, dans le sens de petite tête, diminutif de caput, tête (voy. chef).

t CAPITULÉ, ÉE (ka-pi-tu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Fleurs capitulées, fleurs assemblées en capitule.

— ÊTYM. Capitule, 2.

t CAPITULE, ÉE, adj. S'est dit des Suisses au service de France. Régiments capitules.

CAPITULER (ka-pi-tu-lé), v. n. || 1* Terme de guerre. Se rendre par capitulation. La ville capitula. Une troupe ne doit pas capituler en rase campagne. || 2° Familièrement, céder, entrer en arrangement. Vous ne me ferez pas capituler. || Capituler avec sa conscience, entrer en arrangement avec elle, c'est-à-dire en étouffer les justes scrupules. || Proverbe. Ville qui capitule, ville rendue, ou bien, est à demi rendue; c'est-à-dire écouter certaines propositions est déjà une faiblesse qui fait croire qu'on les acceptera.

— HIST. xiv* s. Et de ces choses jà nous en parlons maintenant en figure et en capitulant [récapitulant] grassement, oresme, Eth. 48. || xv* s. Et ne pensez pas que guère oneques femme fut mieux capitulée [chapitrée] qu'elle fut à l'heure, puis de l'un,

puis de l'autre, louisxi, Conte xxxni. || xvi* s ou

qu'on les defferoit, ou qu'on les contraindroit de capituler pour leur retraite en Allemagne, lanoce, 690. Il avoit esté capitulé [convenu entre les conjurés] qu'il se leveroit une armée pour l'exécution, castelnau , 24. Les assiégez perdirent espoir et capitulèrent à la vie pour les soldats, d'aub. Hist. i, 26. Lansac avoit esté envoyé pour haster le marquis de Bade qui avoit capitulé avec le Roi pour 4000 chevaux [les avait promis par convention], in. Hist. 1, 24 8. Pour maintenir ou renverser tout ce qu'il avoit capitulé [accordé par la capitulation], carloix, vu, 43. Vous laissant authorité absolue capituler [régler la capitulation à accorder] , articuler, transiger et parlementer, id. ix, 26. Nous promettons que, dès incontinent que sera conclu le traité de paix, nous ferons toutes les dépêches nécessaires pour l'accomplissement et exécution de ce qui aura esté traité et capitulé, sully, Mém. t ix, p. 397, dans lacurne. 11 y a bien grande différence entre l'assemblée et conversation qui se fait pour le plaisir et celle qui est faicte pour traiter et capituler affaires d'importance, bouchet, Serées, liv. m, p. 95,

dans LACURNE.

— ÊTYM. Provenç. capitolar, ranger par chapitres; de capitulum, chapitre, parce qu'une capitu lation est divisée par articles.

t CAPIVARD (ka-pi-var) ou CAPIVERD (ka-pivèr), s. m. Un des noms du cabiai.

CAPLAN (ka-plan), s. m. Voy. capelan 2.

t CAPLANIER (ka-pla-nié), s. m. Voy. caielanier.

CAP

♦CAPNOFUGE (ka-pno-fu-j'), adj. Qui préserve de la fumée.

— ÊTYM. Kcmvà;, fumée, et çuy^, fuite; mais il vaudrait mieux écrire capnophuge.

t CAPNOÏDE (ka-pno-i-d') s. f. Terme de botanique. Nom d'une plante (fumaria perennis).

— ÉTYM. Kairvd;, fumée, eteiJo;, forme.

CAPNOMANCIE (ka-pno-man-sie), s. f. Sorte

de divination, qui était en usage parmi les anciens dans leurs sacrifices, et qui consistait à tirer de bons ou de mauvais augures des qualités de la fumée.

— ÊTYM. KaTrvèc, fumée, et u.avTe(a, divination, t CAPNOPHYLLE (ka-pno-fi-T) , s. m. Terme de

botanique. Nom d'une ciguë d'Afrique qui a les feuilles semblables a celles de la capnoîde.

— ÉTYM. Kowrvi;, fumée, et çûàXov, feuille.

t CAPNOPTÈRE (ka-pno-ptê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les ailes couleur de fumée.

— Êtym. Kaitvô;, fumée, et itTtpov, aile.

t CAPOC (ka-poc) , ». m. Terme de commerce. Nom, dans l'Inde, de la ouate.

t CAPOLIN (ka-po-lin) , s. m. Nom du cerisier du Mexique.

t . CAPON (ka-pon), s. m. || 1° Celui qui cajole pour tromper et arriver à ses fins. Tu as beau faire le capon, tu perds ta peine. Terme très-familier. || 2° Dans les académies de jeu, capons, ceux qui ne s'y trouvent que pour prêter de l'argent aux joueurs. || Populairement, joueur rusé, fin et appliqué à prendre tous ses avantages. II est capon à ce jeu-là. || 3° Poltron, et aussi, au collège, oeluî qui, dans une punition collective, dénonce un camarade. || 4° Adj. Capon, caponne, qui a le caractère du capon. Quoi de plus capon qu'une pareille conduite? Il n'y a pas au monde plus capon que lui. || 6° Charge caponne, se disait autrefois d'une charge qui n'avait qu'un titre sans rien d'effectif. La Vrillière avait une charge de secrétaire d'État, qui , pour parler comme ea Espagne, se pouvait appeler caponne, st-simon, 4 97, *3b. 11 y a des clefs qui n'en ont que la figure, qui n'ouvrent rien et qui s'appellent des clefs caponnes, pour les gentilshommes [de la chambre d'Espagne] sans exercice, id. 89, 172. D'une charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre-de-camp général des dragons, id. 37, 176.

— ETYM. Espagn. capon, chapon; ital. cappone, même sens (voy. chapon). Dans charge caponne, caponne vient de l'espagnol capona , en cette locution llave capona, clef châtrée, que le roi d'Espagne accordait à certains gentilshommes , ainsi dite parce que, donnant le droit honorifique d'entrée dans les appartements, elle ne donnait ni exercice ni appointement.

2. CAPON (ka-pon), *. m. Terme de marine. Instrument composé d'une corde, d'une poulie et d'un croc de fer. qui sert à lever l'ancre.

CAPONNE, ÉE (ka-po-né, née), part, passé. Terme de marine. L'ancre est caponnée, elle est garnie du capon.

1.CAPONNER (ka-po-né). || 1» Y. n. Terme populaire. Agir en capon, faire le capon, et, au collège, dénoncer un camarade pour échapper à une punition collective. Il caponne au jeu. Touche-moi, si tu oses, tu verrassijecaponne. || 2°K.a. Cajoler. Ahl le petitcâlin, comme il me caponne pour obtenir ce qu'il veut!

— ÊTYM. Capon.

s. CAPONNER (ka-po-né), v. a. Terme de marine. Caponner l'ancre, la relever avec le capon.

— êtysi. Ital. capponare.

CAPONNIÈRE (ka-po-niê-r") , *. f. Terme de guerre. Logement qu'on creuse dans le fond d'un fossé sec, pour y mettre des soldats à couvert.

— ÊTYM. Espagn. caponera; ital. capponiera; de capon, cappone, chapon, ainsi dit par assimilation de forme, de l'espagnol caponera, qui signifie une chaponnière, une mue à engraisser des volailles.

t CAPOQUIER (ka-po-kié), s. m. Nom du cotonnier de l'Inde (bombax orientale).

CAPORAL (ka-po-ral), s. m. Titre donné au soldat revêtu du grade le moins élevé dans l'infanterie. Les caporaux de la compagnie. || Familièrement. Avec quatre hommes et un caporal on en viendra à bout, cela se dit pour exprimer qu'une chose est aisée. || 11 faudra quatre hommes et un caporal pour le faire sortir; il faudra employer la force.

— HIST. xvr* s. Après avoir esté caporaux et sergens, lanoue, 484. Il laisse sur la porte un corporal qu'on lui avoit donné pour Talbot, d'aub. Ilist. i, 33<5. Le gentilhomme françois qui suit les bandes, desdaigne la halebarde, c'est-à-dire , faire Testât de sergent, encore moins d'estre appelé capporal, alléguant que sont charges mécaniques [à cause du

CAP

service de police et d'exécution des arrêts] , carloix , iv, 13. Nous avions un corporal qui tenoit encore bon et avoit opinion qu'il ne seroit pas chassé, estimant que celui qu'on nommoit corps de garde lui porterait faveur; mais un je ne sais quel caporal vint portant des lettres de recommandation.... Et en peu de temps après, la pfece de ce corporal qui estoit natif du pays, fut baillée à cet estrange caporal, H. est. dans ménage.

— ÊTYM. Berry , corporal; rouchi , coporat; espagn. caporal; ital. caporale. Ménage et Diez tirent le mot italien de capo, tête, chef (voy. chef), à l'aide d'un suffixe or, grammaticalement étrange , mais dont on trouve un autre exemple dans caporione, chef de quartier. Il faut dès lors considérer comme une corruption corporal, que H. Estienne défend , qu'il tire de corps (corps de garde), et dont on entend quelques personnes se servir encore.

t CAPOSER (ka-po-zé), e. n. Terme de ma.ine. Amarrer le gouvernail; mettre à la cape, afin de suivre l'abandon du vent.

t. CAPOT (ka-po), s. m. || 1° Terme de marine. Grande redingote pour le mauvais temps. || Sorte de tambour d'escalier. || 2" Petite cape qui faisait partie de l'habit de cérémonie des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit.

— HIST. xvi' s. Habillé d'un petit capot à l'espagnole, Sat. Mènip. 96.

— ÉTYM. Diminutif de cape. Le Dictionnaire de l'Académie de 1 740 a capot, au sens actuel décapote.

2. CAPOT (ka-po ; le t ne se lie pas), adj. invariable. || 1" Se dit, au jeu de piquet, du joueur qui ne fait aucune levée. Je suis capot. Madame est capot. Nous avons été capot. || Fig. Faire quelqu'un capot, remporter sur lui un grand avantage. Vous allez faire pic, repic et capot tout ce qu'il y a de galant dans Paris, mol. Prie. 10. D'ailleurs ton métier nous arrange, Nos amis nous ont faits capot , bé&ang. Math. Bruneau. || Familièrement, confus, interdit, embarrassé. Être, demeurer, rester capot. Nous sommes demeurés capot. Elle est demeurée capot. || 2° S. m. Le coup par lequel un joueur est fait capot. En ce sens le mot a un pluriel. Après une suite traîtresse De pics, de repics, de capots, bérang. Enf. de la maison. || 3° Terme de marine. Faire capot, chavirer, sombrer sous voiles.

— ÊTYM. Capot, dans le sens de cape, pris métaphoriquement; la défaite complète au jeu étant considérée comme une capote qu'on jette sur le vaincu.

t 3. CAPOT (ka-po), s. m. Terme de jardinage. Petite couche.

t CAPOTAGE (ka-po-ta-j') , s. m. Terme de marine. Connaissance du chemin qu'un navire fait en mer.

CAPOTE (ka-po-f), t. f. || 1° Grand manteau d'étoffe grossière, à capuchon. En hiver les sentinelles ont une capote. || 2" Espèce de redingote à l'usage des soldats. La tunique a remplacé dans l'armée française l'habit et la capote. || Kspèce de longue redingote à l'usage de toute sorte de personnes. || 3° Mante que les femmes portaient par-dessus leurs habits et qui les couvrait de la tête aux pieds. Capote de camelot, de taffetas. || 4° Sorte de chapeau de femme dont l'étoffe, ordinairement légère, est plissée et coulissée. Une capote rose, baleinée, de crêpe, etc. || 6° Une capote, le coup par lequel un joueur est fait capot. || 6° Couverture en cuir d'un cabriolet. || 7° Tuyau en fonte placé au faite d'une cheminée. || 8° Terme de vétérinaire. Espèce de bandage de toile matelassé avec lequel on recouvre la tête d'un cheval qu'on avait assujettie pour une opération.

— ÉTYM. Capot t.

t CAPOTER (ka-po-té) , v. ». Terme de marine. Chavirer.

— ÉTYM. Capot a.

fCAPOULIÈRE (ka-pou-liê-r') , s. f. Terme de pêche. Nappe de filet à larges mailles.

f CAPPARlDÉjÉE (ka-ppa-ri-dô,dée), odj. Terme de botanique. Qui ressemble au câprier. || S. f. Les capparidées, famille de plantes à laquelle le câprier a donné son nom.

— ÉTYM. Voy. câpre.

t CAPPE (ka-p'), s. f. Assemblage de morceaux de bois dont on entoure une forme à sucre cassée.

— ÊTYM. Le même que cape. On nomme en Bourgogne chape un tonneau en bois blanc dans lequel on place un tonneau de vin.

CAPRE (ka-pr')t s. m. Terme de marine. Vieux. || 1° Sorte de vaisseau corsaire. Il a été pris par un câpre de Dunkerque. || 2" Câpre à la part, matelot allant en course sans solde et dans la seule espérance d'avoir part aux prises.

CAP

— ÊTYM. Holl. kaper, du verbe kapen, faire le pirate.

CÂPRE (kâ-pr'), *. f. Jeune bouton de fleurs du câprier, confit dans le vinaigre, et servant d'assaisonnement. Sauce aux câpres. Je ne vivais ordinairement en Sicile [dit Platon] que de câpres, fénel, Viogène. || Câpres capucines (voy. capucine).

— HIST. xv* s. Une livre caspres, deux sols, Bibl. des chartes, 4« série, t. iv, p. 90. || xvi» s. Préparant des bouillons de poullets avec racines de per. sil, de fenouil, de câpres, d'orge et autres diurétiques, pare, xx, 36. Les câpres sont bonnes, à cause qu'elles aiguisent l'appétit et «esopilent, et doivent estre bien dessalées, id. xxiv, 22. Comment qu'on prenne les câpres, sont tous-jours propres à confire,

— ÉTYM. Capparis, de xotmtapt;.

t CAPRATE (ka-pra-f), s. m. Terme de chimie. Nom des sels d'acide caprique.

— ÊTYM. Voy. CAPRIQUE.

f CAPRF.OLAIRE (ka-pré-o-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui est contourné en forme de vrille de vigne.

— ÉTYM. Capreola, diminutif de caprea, surgeon, vrille de vigne.

t CAPRÉOLE (ka-pré-o-r), s. m. Terme de zoologie. Nom de la famille des cerfs.

— ÊTYM. Capreolus. chevreuil.

t CAPRÉOLE, ÉE (ka-pré-o-lé, lée), adj. Terme de botanique. Garni de vrilles.

— ÉTYM. Voy. CAPRÉOLAJRE.

t CAPRICANT (ka-pri-kan) , adj. Voy. caprisant.

CAPRICE (ka-pri-s'), s. m. || 1" Volonté subite qui vient sans aucune raison. L'esprit Qui dans ses caprices s'égaie Et souvent se donne la baie, Régnier, Ép. m. Le chef de cette république Par caprice ou par politique, La changea bientôt de logis, la font. Fab. vil, 6. Savez-vous quels devoirs, quels travaux, quels services Viendront de mon orgueil exiger les caprices? corn. Hodog. m, 4. Suivez votre caprice, offensez vos amis, id. Sicom. iv, 5. Ce que peut le caprice, osez-le par raison, id. Hor. m, 4. Comme elle a de l'amour, elle aura du caprice, id. Nicotn. ri, 4. Rien n'égale en fureur, en monstrueux caprices, Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, boil. Sat. x. J'étudiai leurs mœurs [des rois] , je flattai leurs caprices, rac. Ath. m, 3. Madame, j'ai sur lui de véritables droits Que je saurais sauver du caprice des lois, id. Vhèd. n, 2. Il ne faut qu'un caprice, n>. Brit. v, 8. C'est ma mère et je veux ignorer ses caprices, id. Brt't. n, t. L'homme a ses passions.... Il a comme la mer ses flots et ses caprices, boil. Sat. vin. Que de caprices la coquette M'a fait essuyer en six mois! bér. Print. et Aut Un baiser

cueilli sur les lèvres d'Iris , Qui mollement résiste et par un doux caprice Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, boil. Art p. n. Le jeune homme toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, id. ib. ni. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté, pour être son contre-poison, la bruy. m. [Humeur] Qui le fait débauché, frénétique, rêvant, Et plus qu'à la raison sujet à ses caprices, Régnier, Sat .v. Votre Vésuve et votre Etna sont pleins de caprices; ils ressemblent aux petits hommes qui se mettent souvent en colère sans raison, volt. Lettr. Hamilton, 17 juin 1773. || Familièrement. Il a un caprice pour cette femme, il s'en est épris. || C'est un séducteur, il a fait bien des caprices, il a attiré sur lui l'attention de bien des femmes. || Il faut que je m'en passe le caprice, que je satisfasse ma fantaisie d'avoir cette chose-là. || 2° Saillie d'esprit et d'imagination, en bonne ou en mauvaise part. Ce poète ne compose guère Oue de caprice. C'est un auteur plein de caprice, puis dessus le papier mes caprices je rime, Régnier, Sat. xn. L'élégie en orna ses (iouloureux caprices, boil. Art poil. n. Mais pour bien exprimer ses caprices heureux [de l'amour] , C'est peu d'être poète, il faut être amoureux, m. ib. La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre aux caprices des rimes, id. th. || Terme de musique et, plus particulièrement, de musique instrumentale. Composition où l'artiste écrit au gré de son inspiration, c'est-à-dire sans s'assujettir aux formes qui caractérisent les pièces de musique réglées, telles que les rondeaux, les variations, les menuets, etc. Ce pianiste a joué un fort beau caprice. || 3° In constance, irrégularité, mobilité. Les caprices de la fortune. Les caprices de la mode. Quoi ! la nécessité des vertus et des vices D'un astre impérieux doit suivre les caprices, corn. Œdipe, m, 5. Et, croyant qu'il n'y a pas de loi là où il ne voit point d»

CAP

juges, il fait révérer, comme des arrêts du ciel, les caprices du hasard et de la fortune, montesq. Lett. pers. (04. Hélas! que le sort des humains Est plein d'un étrange caprice I en aulieu, à M me d'Aligre. || Absolument. Dieu n'a pas abandonné ses élus au caprice et au hasard, pasc. I'tov, 4. || 4" Caprice de houille, veines de houille qui ne suivent pas leur direction ordinaire.

— HIST. xvi' s. Nos nouveaux François italianisez disent : quel caprice ! léon trippault, Celthellenisme, au mol fantaisie. Et tout ce caprice [l'idée de parler de cela] m'est tombé présentement en main, sur le conte que me faisoit.... mont, i, 100. Elle n'estoit point femme sans caprice [passion] , d'aub. Hist. il, 466. Le caprice est une volonté qui vient subitement à quelqu'un sans aucune raison, h. est. Fr. ital. p. H <•

— ÉTYM. Ital. capriccio; de capra, chèvre, c'està-dire saut de chèvre, chose inattendue; espagn. capricho.

t CAP1UCER (SE) (ka-pri-sé), ». réfl. Avoir un caprice. Peu usité. C'était un homme [l'abbé de Castries] extrêmement aimable dans la société, que le roi s'était caprice de ne point faire évêque, stsim. 52, (22. Courtenvaux était, quoique modeste et respectueux, fort colère et peu maître de soi quand il se capriçait, id. 161, 200.

— ÉTYM. Caprice.

CAPRICIEUSEMENT (ka-pri-si-eû-ze-man), adv. Par caprice

— ÉTYM. Capricieuse, et le suffixe ment. CAPRICIEUX, EUSE (ka-pri-si-eû, eû-z'), adj.

Oui a des caprices, plein de caprices. Un esprit, un homme capricieux. Il m'est trop précieux Pour l'exposer aux coups d'un sort capricieux, corn. Cid, iv, 5. Les langues ont chacune leur bizarrerie; mais la française est particulièrement capricieuse sur les mots, boil. Réflexions crit. sur Longin, ix. Je viens lui pardonner, et c'est moi qu'elle accuse; C'est moi qui suis injuste, ingrat, capricieux; Je prends fur sa faiblesse un empire odieux, a. chén. Élég. fragments. ||" Substantivement. Un capricieux, une capricieuse. Je ne puis héberger cette capricieuse [la fortune], la font. Fab. vu, 12.

— REM. C'est aujourd'hui une faute contre la propriété des termes que de donner à capricieux le sens d'opiniâtre, volontaire, mauvaise tête, qu'il avait dans le xvi* siècle.

— hist. xvi" i. Estant envoie par la rouie pour traiter avec M. le mareschal de poincts assez capricieux [scabreux] , je me suis arresté tout court sur la nouvelle de sa reconciliation avec les rebelles, d'aub. Hist. n, 268. Il n'y faillit pas, encore qu'il fust des plus capricieux [mauvaise tête] de la garnison, et l'amena luy-mesme au prevost avant l'heure expirée, carloix, vi, 2.

— ÉTYM. Ital. capriccioso, de capriccio , caprice (voy. caprice) ; espagn. caprichoso.

CAPRICORNE (ka-pri-kor-n'), s. m. || i' Terme d'astronomie. Constellation zodiacale située entre le Sagittaire et le Verseau, qu'on figure par un bouc. Le signe du Capricorne, dixième division du zodiaque, laquelle semble être parcourue par le soleil, à peu près du 20 décembre au 20 janvier, et qui a gardé ce nom, parce qu'au temps d'Hipparque le soleil, à cette même saison de l'année, semblait parcourir la vraie constellation du Capricorne. || Le tropique du Capricorne, le tropique austral, cercle parallèle, à î3 degrés ^ au sud de l'équateur, soit dans la sphère céleste, soit sur la terre. Gama n'avait pas encore repassé le capricorne, volt Mœurs, (4(. || 2°Terme d'entomologie. Genre de coléoptères à très-longues antennes, dont une espèce a une très-forte odeur de rose.

— HIST. xui" s. Quant li solaus entrera en capricorne, ce est en mi décembre, alebrant, f° 23.

— étym. Capricornus, de capra, chèvre (voy. chèvre), et corne.

CÂPRIER (kâ-pri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des kâ-pri-é-z élégants), ». m. Sousarbrisseau qui porte les câpres (capparisspinosa, L.), et qui croit dans le midi de la France. Bientôt la giroflée et les câpriers verts De réseaux et de fleurs les auront recouverts [les rochers], lamart. Joc. m, (00.

— HIST. xvi* s. La reprinse est très asseurée par marquotes ou plant enraciné prins au pied des vieilles câpres, o. de serres, 648. La qualité du câprier est du genre des arbustes vivans longuement,

— étym. Câpre.

t CÂPRIÈRE (kâ-pri-è-r") , s. f. Lieu planté de câpriers. || Boîte ou pot contenant des câpres.

— HIST. xvi* s. La capriere s'édifie comme la vi-

CAP

gne, c'est assavoir par maillots ou crossettes, s'en racinans dans terre les branches des câpres, de mesmesquelessarmens de vigne, o. de serres, 648.

— étym. Câprier.

f CAPRIFICATION (ka-pri-fi-ka-sion), s. f. Action d'accélérer la maturation des figues, en plaçant sur l'arbre certains insectes qui proviennent du figuier sauvage.

— ÉTYM. Bas-lat. caprificus, de capra, chèvre, et ficus, figuier (voy. caprifiguier), avec une confusion entre ficus, figuier, et le suffixe fkare, faire, produire.

t CAPRIFIGUIER (ka-pri-fi-ghié), s. m. Terme de botanique. Figuier sauvage.

— ÉTYM. Capra, chèvre, et figuier: figuier de chèvre.

t CAPRIFOLIACÉ, ËE (ka-pri-fo-Ii-a-sé, sée),odj. Terme de botanique. Qui ressemble au chèvrefeuille. || S. f. Les caprifoliacées, famille de plantes dont le chèvrefeuille est le type.

— étym. Voy. chèvrefeuille.

t CAPRIMULGE (ka-pri-mul-j'), s. m. Nom de l'engoulevent.

— ÉTYM. Caprimulgus, de capra, chèvre, et mulgere, traire; nom fondé sur une erreur.

t CAPRIN, INE (ka-prin , pri-n') , adj. De chèvre. Les bêtes caprines. Les races caprines.

— HIST. xii* s. Mais si esteit coverte celé robe chevrine E desus edesuz [dessous] de menue vermine, Th. le mart. (56. || xvi* s. Le parc où tel bestail et le caprin couche durant la nuit, o. de serres, 99.

— ÉTYM. Caprinus, de capra, chèvre.

fCAPRIPÈDE (ka-pri-pè-d'), adj. Terme didactique. Qui a des pieds de chèvre.

— ÉTYM. Capra, chèvre, etpes, pied.

■j-CAPRIQUE (ka-pri-k'), adj. Terme de chimie.

Acide caprique, acide que produit l'oxydation de l'acide oléique par l'acide azotique.

— ÉTYM. Caper, bouc, à cause de l'odeur qu'il répand.

CAPRISANT (ka-pri-zan), adj. m. Terme de médecine. Pouls caprisant, pouls qui, interrompu au milieu de sa diastole, l'achève ensuite avec précipitation. || On dit aussi capricant. [Le pouls] est duriuscule, pour ne pas dire dur, repoussant, etmême un peu capricant, mol. Mal. imag. u, 9t

— ÉTYM. Bas-lat. caprisans, de capra, chèvre (voy. ce mot).

( . CAPRON (ka-pron) , s. m. Sorte de grosse fraise. On écrit aussi caperon.

— ÉTYM. Ménage, remarquant que ces fraises ont été nommées chapiron, pense qu'elles ont pu être dites ainsi par assimilation avec une petite tête ou plutôt avec un petit capuchon (voy. le suivant).

f 2. CAPRON (ka-pron), s. m. Morceau de drap ovale que portaient les novices capucins.

— ÉTYM. Autre forme de chaperon.

fCAPRONE (ka-pro-n'), s.f. Houppe de poils qui

garnit le haut de la tête de certains mammifères.

— ÉTYM. Capronx comœ, cheveux qui tombent sur le devant de la tête, de caput, tête, etpronus, penché en avant.

f CAPRONIER (ka-pro-nié; IV ne ne se lie jamais) , s. m. Fraisier qui produit les caprons.

CAPSE (ka-ps'), s. f. Ancien terme d'université. Boite de métal où les docteurs de Sorbonne mettaient leurs suffrages, pour admettre aux degrés, ou pour refuser ceux qui avaient subi l'examen.

— ÉTYM. Capsa, caisse (voy. ce mot).

t CAPSELLE (ka-psè-f), s.f. Terme de botanique. Petite capsule monosperme.

— ÉTYM. Voy. CAPSULE.

CAPSULAIRE (ka-psu-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de capsule. Fruit capsulaire, fruit sec qui s'ouvre de lui-même par un certain nombre de pièces ou par des trous. || Terme d'anatomie. Ligaments capsulaires , ligaments qui forment les capsules des articulations.

— étym. Capsule.

CAPSULE (ka-psu-F), s. f. || 1° Nom donné à différents objets qui ont plus ou moins d'analogie avec une boite. || J° Terme de chimie. Vase en forme de calotte pour les évaporations. || 3° Terme de botanique. Enveloppe membraneuse de certaines graines. Capsules à plusieurs loges. Les plantes à coton du pays, renversant leurs capsules épanouies, ressemblaient à des rosiers blancs, chateaub. Voy. Am. 360. || 4° Terme d'anatomie. Capsules articulaires, appareils ligamenteux qui environnent certaines articulations, telles que celles de l'épaule et de la hanche. || 5° Petit godet en cuivre, chargé de poudre fulminante, pour amorcer les armes à percussion. || 8° Enveloppe, soluble et sans goût, de certains médicaments désagréables à prendre.

CAP

— HIST. xvi* s. Et encores me frisonne et tremble le cueur dedans sa capsule, rab. Pant. iv, 27.

— étym. Capsula, diminutif de capsa, caiss» (voy. caisse).

fCAPSULIFÈRE (ka-psu-li-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'une capsule.

— étym. Capsule, et ferre, porter.

fCAPTAGE,*. m. Action de capter l'eau minérale CAPTAL (ka-ptal) , s. m. Ancien titre de dignité, qui

signifiait chef, capitaine, dans le midi de la France.

— HIST. xv s. La ville de Chastillon sur la Dourdogne, héritage au captai deBuch.FROiss.u, u, ».

— étym. Bas-lat. capdalis, au sens de chef, île caput, tête (voy. chefi.

CAPTATEUR, TRICE (ka-pta-teur, tri-s'), s. m. et f. Terme de droit. Celui, celle qui use de captation.

— Étym. Captalor, de caplare, capter.

CAPTATION (ka-pta-sion ; en poésie; de quatre

syllabes) , s. f. Terme de droit. Emploi de moyens captieux, c'est-à-dire de flatteries et mauvais artifices. Testament obtenu par captation.

— étym. Captalio, de captare, capter.

CAPTATOIRE (ka-pta-toi-r'), adj. Terme dedroit.

Qui a pour objet la captation.

— ÉTYM. Captalorius, de captare, capter. CAPTÉ, ÊE (ka-pté, ptée), part, passé. Unebien-

veillance captée.

CAPTER (ka-pté, v. a. || i" Gagner ou tenter de gagner quelqu'un ou quelque chose par de l'insinuation ou de l'adresse. Ses manières captèrent l'attention. Il capta les suffrages de l'assemblée. || 2° Saisir, à l'aide de tranchées, les origines d'une eau minérale.

— REM. Capter n'a pas nécessairement le sens défavorable qu'ont captation et captieux.

— hist. xv* s. Et toustefois tous les pays voisins viendrent capter la benevolence du roy, et eux offrir luy complaire en toutes manières, juv. desurs. Charles VI, 1388. ||xvi" s. Il ne sçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, mont. 1. 188.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. caplar; du latin caplare, capter, chercher à prendre, fréquentatif de capere, prendre (voy. capture).

f CAPTEUR (ka-pteur), adj. Terme de marine. Un vaisseau capteur ou, substantivement, un capteur, bâtiment qui a fait une prise.

— ÉTYM. Captor, preneur; de capere (voy. capture).

CAPTIEUSEMENT (ka-psi-eû-ze-man) , adv. D'une manière captieuse.

— ÉTYM. Captieuse, et le suffixe ment.

t CAPTIEUSETÉ (ka-psi-eû-ze-té) , s. f. Qualité de ce qui est captieui.

— HIST. xvi* s. Or sçavoit il leur capsieuseté estre telle qu'ils calompnisoient ses dits, Hist. de la Toison d'or, t. n, f° (39, dans lacurne.

— ÉTYM. Captieux.

CAPTIEUX , EUSE ( ka-psi-eû , eû-z' ) , adj. || 1° Qui tend à prendre, à surprendre, à conduire à un sens trompeur. User de mots captieux sans

les expliquer, pasc. Prov. ( Dont l'esprit léger

s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguisement, corn. Rodog. iv, 5. Après avoir épouvanté de ces termes captieux deux personnes simples, balzac, le Barbon. Que dirai-je du dangereux artifice qui fait prononcer à la justice, comme autrefois aux démons, des oracles ambigus et captieux ! boss. le Tellier. Des novateurs tu découvres ia fraude Et romps de leurs erreurs les filets captieux, boil. Ép. ni. || 2° En parlant des personnes. Un raisonneur captieux. Un sophiste captieux.

— HIST. xv* s. Les quelles conditions sembloient à plusieurs estre bien captieuses pour ce que les exceptés n'y estoient point nommés , juv. des urs. dans le Dict. de dochez. Caut , deceptif et captieux , coquillard, La seconde partie des droits nouveaux. 1 1 xvr s. Le comte n'eut que des promesses captieuses, comme de n'estre mis en autres mains que celles du roi, d'aub. Hist. n, (26.

— ÉTYM. Provenç. capeios ; espagn. capeioso; de captiosus, de capere, prendre (voy. capture).

CAPTIF, 1VE (ca-ptif, pti-v'; au pluriel l's ne se lie pas : des ca-pti-f infortunés ; cependant quelquesuns lient: des ka-ptif-z infortunés), adj. || 1° Pris à la guerre et fait esclave. Ils emmenèrent les femmes captives. Racheter les chrétiens captifs. Moi captif à la fleur de l'âge Dans ce vieux fort inhabité, bérang. Le Prisonnier. || Substantivement. Il ouvrira les yeux des aveugles et tirera les captifs de leur prison, boss. Hist. n, 4. Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne , corn. Nicom. v, to. Rome v:t passer au nombre des vaincus Plui

CAP

d'un captil chargé des fers d'Antiochus, hac. lléren. m, 1. La guerre dans Lesbos me fit votre captive, id. Iphig. m, 4. Moi qui contre l'amour fièrement révolté , Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté, id. Phèdre, n, 2. || L'ordre de la rédemption des captifs, ordre religieux dont la destination était de racheter les captifs faits par les Barbaresques. || 2" En général et dans le style relevé, pris, détenu. On oiseau captif. Les coupables qu'il tenait captifs, ross. Hist. il. 8. Captive, dès le berceau, des ennemis les plus implacables de sa maison , id. Duch. d'Orléans. Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif, id. Heine d'Angl. || Asservi. Rendre par un décret public i la Grèce, si longtemps captive, la liberté à laquelle elle ne pensait plus, boss. Hist. m, 8. || 3° Par extension, qui est contraint ou attaché. Cette place me rend fort captif. Àme captive des sens, des plaisirs. C'est proprement un charme: il rend l'âme attentive. Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits, la font, vu, à Mme de Montespan. Tiens ta langue captive, et si ce grand silence.... corn. Cinna, v, t. Il ne faut point tenir les vérités captives, sêv. 141, Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, boa. A. poét. l. [kme] toi qui étais née pour l'éternité et pour un objet immortel, tu deviens éprise et captive d'une fleur que le soleil dessèche, boss. La Vallière. L'âme, devenue captive du plaisir, devient ennemie delà raison, id. ib. Philisbourg qui tint si longtemps le Rhin captif sous nos lois, boss. Louis de Bourbon. || 4° Ballon captif, aérostat qu'on relient au moyen d'une corde, par opposition â ballon perdu, qu'on laisse aller dans l'air.

— SYN. CAPTIF, ESCLAVE, PRISONNIER. Dans le

sens ancien et souvent usité, le captif est pris à la guerre, et peut être fait esclave; dans le sens moderne, captif est synonyme de prisonnier, avec cette différence que captif est de la poésie et du style relevé. L'esclave riest pas pris à la guerre; il reçoit l'esclavage en héritage de ses parents, ou bien on l'achète de ceux qui le possèdent ou qui font la traite. Le prisonnier est ou pris à la guerre, ou détenu de toute autre façon ; mais il n'est pas esclave.

— HIST. xvi* s. Ceste galère estoit de seize rames pour banc, accoustrée magnifiquement des armes captives, riches draps de pourpre, et autres telles despouilles, amyot, P. Mm. 60. Empeschant que l'on ne monstre publiquement la grandeur et la gloire des roys Philippus et Alexandre le Grand prisonnières et captives soubz les armes romaines, id. ib. 53. La belle main dont la forte foiblesse D'un joug captif donte les plus puissans, du Bellay, ii, t 4 , recto. As-tu point veu une nymphe craintive, Oui Ta menant ma liberté captive Par les sommets des plus haultes montaignes? id. ii, 28, recto. Ceste police de la plus part de nos collèges m'a tousjours despieu ; c'est une vraye geaule de jeunesse captive,

— ÊTYM. Captivus, captif (voy. chétif, qui est l'ancienne forme de captif). Captif a été refait sur le latin au xvi' siècle.

t CAPTION (ka-psion), s. f. Moyen captieux. Mot ancien qui se comprend et qui se distingue de captation, la captation étant l'emploi des captions, des moyens captieux.

— HIST. xvi* s. Ils taschent de nous surprendre par captions et vaines sophisteries, calv. Instit. 856. Paix pleine de fraude et de captions, d'aub. Hist. n, (06. Desquelles offres et discours, quoique grandement spécieuses et pleines d'artifices, la caption et la malice mesme ne me furent pas fort difficiles â descouvrir, sully, Mém. t. vi, p. 367, dans

LACURNE

— ÊTYM. Captio, de capere. prendre (voy. capture).

CAPTIVÉ, ÉE(ka-pti-vé, vée), part, passé. Tenu attaché et comme captif. Captivé par les sons d'une musique délicieuse.

CAPTIVER (ka-pti-vé), v. a. || 1° Retenir prisonnier. Il captivait sa femme cependant, De ses cheveux voulait savoir le nombre, La faisait suivre en toute heure, en tous lieux, la font. On ne s'avise pas.... || Tombé en désuétude au propre. || 2° Fig. Soumettre, maîtriser. Un enfant difficile à captiver. Mes affaires me captivent entièrement. Loin de vous captiver, souffrez qu'elles [les grandeurs] vous cèdent, corn. Cinna, ii , t. ...Quoil votre amour souffre qu'on le captive? rac. Brit. n, 6. La vengeance à ce point a pu vous captiver, volt. Uérop. iv, 2. Que chacun sous telle puissance Cap-

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