‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 265 sur 403 · COURIER, II · texte numérisé non relu

COURIER, II

— HIST. xvi' 8. Les os se corrompent et carient, paré, x, 14.

— ÊTYM. Carie.

f CARIEUX, EUSE (ka-ri-eû, eû-z), adj. Ouest la carie. Os carieux. || Qui est entretenu par la carie. Ulcère carieux.

— HIST. xvi* s. Lorsque l'os est carieux et pourri, paré, vni, 10.

f CARIGNANE (ka-ri-gna-n') , s. m. Cépage estimé du midi de la France, d'origine espagnole.

CARILLON (ka-ri-llon, Il mouillées, et non cari-yon), s. m. || 1° Sonnerie de cloches accordées à différents tons. Les carillons ont, dit-on, été inventés en Flandres où ils sont fort communs, noël et carpentier, Dict. des originel. || Air qu'on exécute sur ces cloches ainsi accordées. Comme on fait plulot le carillon pour les cloches que les cloches pour le carillon, l'on n'y fait entrer qu'autant de sons divers qu'il y a de cloches, l. i. rouss. Dict. de musique, carillon. || Spécialement, les airs joués dans des horloges publiques à l'aide d'un mécanisme qui produit toujours le même chant. Les carillons de la Samaritaine. J'aurais mieux aimé qu'ils [les horlogers] nous eussent envoyé quelques carillons pour Sainte-Sophie, volt. Lett. à Cath. 81. || Horloge, montre, boite à carillon ou, simplement, carillon, horloge, montre, boite qui sonne ou joue différents airs. Il a un carillon de Genève qui joue dix-huit airs. || 2" Battement de cloches à coups précipités et cadencés. Sonner le carillon. Sonner à double carillon. Les carillons des cloches semblaient augmenter l'allégresse publique, chateaub. Génie, iv, 1,1. Du pieux carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées, lamart. Joe. I, 33. || Fig. et familièrement. A double, à triple carillon, très-fort, excessivement. Il fut sifflé à double carillon. Le jour que naquit Chatillon, On sonna double carillon Par tous les clochers de Cythère, voit, dans ménage, qui a remarqué qu'on dit non pas sonner double carillon, mais sonner à double carillon. || Terme de physique. Carillon électrique, petit carillon composé de trois timbres que l'électricité met en mouvement. j| 3* Fig. et familièrement, tapage, crierie. Ces enfants" font un carillon insupportable. Sa femme lui fera un beau carillon. || 4° Terme de métier. Barre de fer de (8 à 20 millimètres carrés, || 6" Anciennement, sorte d'ornement d'un bonnet de femme. Habillée du bel air, avec de petits bonnets à double carillon, sêv. 282. || 6° Carillon de Dunkerque, air vif, à 2/t, composé de deux reprises, chacune de nuit mesures, ainsi nommé sans doute parce qu'il y avait à Dunkerque une horloge qui jouait cet air-là. || Danse très- vive ou plutôt ronde qui se joue sur cet air et par laquelle on termine souvent les bals bourgeois. Elle commence par un grand rond; après quoi, les danseurs en place frappent trois fois dans leurs mains, puis trois fois du pied à terre; enfin chaque cavalier fait tourner la dame qu'il a à sa gauche, en ayant soin de la déposer à sa droite. On recommence ensuite le grand rond , puis les battements de mains et de pieds, et les tours de main qui à chaque fois donnent une nouvelle dame à chaque cavalier.

— hist. xiii* s. Et les cordes corut saisir, Les sains [cloches] sone de grant air À glaz, à treble, à carenon, Ren. 334).

— ÊTYM. Ménage, qui écrit carrillon, indique la vraie étymologie: un mot bas-latin quadrilio signifiant un quaternaire, à cause que les carillons se faisaient autrefois avec quatre cloches; l'ancien français carenon a le même sens, mais vient de quaternio.

CARILLONNE, ÉE (ka-ri-llo-né, née, Il mouillées, et non ca-ri-yo-né) , part, passé. Usité seule-

ment dans cette locution : fête carillonnée, grande fête.

t CARILLONNEMENT (ka-ri-llo-ne-man, Il mouillées), s. m. Action de carillonner.

CARILLONNER (ka-ri-llo-né, Il mouillées, el non ca-ri-yo-né), o. n. || 1* Sonner le carillon; exécuter un air sur un carillon. Pour quelle fête a-t on carillonné T Une aiguille montre les heures pendant que mon corps carillonne, volt. Microm. 7. C'est donc Rouent... La ville aux cents clochers c.iillonnant dans l'air, v. hugo. F. d'aut. 27. || 2° Familièrement. J'ai eu beau carillonner à sa porte [c'est-à-dire sonner à grand bruit] , on ne m'a pas ouvert.

— HIST. xvi* s. Elle ne sortit des prisons que premièrement le bourreau n'eust bien carillonné sur son dos, paré, xix, 24.

— ÊTYM. Carillon.

CARILLONNEUU (ka-ri-llo-neur , Il mouillées, et non ka-ri-yo-neur) , *. m. || 1* Celui qui carillonne. || 2" Espèce de merle.

— ÊTYM. Carillonner.

f CARINAL, ALE (ka-ri-nal, na-1'), adj. Terme didactique. Oui a la forme d'une carène.

— ÊTYM. Carina, carène.

f CARINÉ, ÉE (ka-ri-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont le milieu est creusé en gouttière.

— ÊTYM. Carina, carène.

fCARIOPSE (ka-ri-op-s') , s. m. Fausse orthographe pour caryopse (voy. ce mot).

t CARIQUE (ka-ri-k'), s. f. Terme de botanique. Nom donné à une figue sauvage.

— ÊTYM. Carica, espèce de figue sèche, dite ainsi parce qu'elle venait de la Carie, pays de l'Asie Mineure.

f CARISEL (ka-ri-zèl), «. m. Sorte de canevas; grosse toile claire.

CARISTADE ( ka-ri-sta-d' ) , s. f. Aumône. Demander, donner la caristade. 11 a vieilli.

— ÊTYM. Espagn. caristade, aumône; d'un verbe inusité charislare, donner gracieusement, du grec yâpn, grâce (on a, dans du cange, charislerium , don gracieux).

t CAR1VE (ka-ri-v'), s. m. Piment ou poivre de Guinée.

f CARLETTE (kar-lè-f), s. f. Ardoise d'Anjou et du Maine.

1. CARLIN (kar-lin), s. m. Monnaie d'Italie. Carlin d'or, d'argent. Posséder trois bénéfices pour douze tournois, trois ducats et six carlins, volt. Mœurs, 127.

— ÊTYM. Ital. carlino, dérivé de Corio, Charles, nom propre, de l'allemand Karl; suédois, Karl; anglais, Carie, au propre, homme vigoureux.

2. CARLIN (kar-lin), s. m. || 1* Petit chien ras. à museau noir et écrasé. En attrapant mieux que des puces, On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes, bêrano. Requête des chiens. \\ 2* Adj. Chiencarlin.H Familièrement. Nez carlin, petit nez retroussé. || Proverbe. C'est comme les carlins , la race en est perdue, se dit, par raillerie, d'une personne qui se croit un grand mérite.

ÊTYM. Les carlins ont été ainsi nommés parce

que leur tête ressemble à la figure d'Arlequin, dont l'acteur Carlin jouait le rôle avec le plus grand succès

t CARLINE (kar-li-n'), s. f. Terme de botanique. Plante bisannuelle (carlina vulgaris, L.) dont la racine a été employée comme sudorifique.

— HIST. xvi* s. Carline, ce nom vient du roy Charles-magne, parce que de ceste herbe son eiercite fut guéri de la peste, o. de serres, «25.

CARLINGUE (kar-lin-gh*), s. f. Terme de marine. Nom de la plus grosse et la plus longue pièce de bois du fond de la cale, dans un vaisseau, sur laquelle porte le pied du grand mât.

t CARLISME (kar-li-sm') , s. m. Opinion politique des personnes attachées à Charles X de France , ou à don Carlos d'Espagne.

— ÊTYM. Charles, Carlos.

f CARLISTE (kar-li-st), s. m. Partisan de Charles X , ou de don Carlos.

t CARLOCK (kar-lok), *. m. Terme de commerce. Colle de poisson.

t CARLOTTE (kar-lo-t') , s. f. Un des noms vulgaires du courlis.

f CARLOVINGIEN , IENNE (kar-lo-vin-jiin , jié-n'), adj. Qui appartient à la seconde race des rois de France. || Substantivement. Les carlovingiens, les princes de la seconde race.

— ÊTYM. Carlus ou Carolus, nom propre; de l'allemand Karl, homme vigoureux .

CAR

CARMAGNOLE (kar-ma-gno-1') , ». f.||l« Sorte de vêtement qui tenait le milieu entre la veste et l'habit : collet retombant sur les épaules; revers trèscourts dont le sommet était découpé en angle aigu et qui se renversaient sur la poitrine; basques étroites avec des poches à l'extérieur ; plusieurs rangées de boutons de métal sur le devant. Ce vêtement fut beaucoup porté pendant la Révolution. || 2° Chanson sur un air vif à e/8, et danse que le parti révolutionnaire affectionnait en 93. La danse était une ronde qui se dansait sur les places et dans les jardins publics, avec un extrême entraînement. Chanter, danser la carmagnole. ||S. m. Par dénigrement, soldat des armées républicaines.

hist. xV s. Tous les quels vingt hommes d'armes avoient en leurs testes cramignolles de veloux noir à grosses houppes de fil d'or de Chippre dessus, du canoë , crammale.

ÊTYM. On ignore l'origine du nom de cette

espèce de veste. Faut-il voir une altération et un changement de sens de l'ancien cramignole, sorte de vêtement de tête ? Faut-il le rattacher à Carmagnole, ville du Piémont, qui, sous Henri IV, occupa beaucoup les esprits, comme on le voit par ces vers de Malherbe, m , 1 : Je sais bien que sa Carmagnole , Devant lui se représentant , Telle qu'une plaintive idole Va son courroux sollicitant. Quant à la chanson (on ne sait d'où l'air en vient), et à la danse, on peut penser, vu leur caractère révolutionnaire, qu'elles prirent leur nom de tant de gens en carmagnole qui alors la chantaient et la dansaient. On trouve dans Oudin carmaignolle dans le sens d'abricot.

i. CARME (kar-m'), ». m. || 1° Religieux d'un des quatre ordres mendiants, dont le nom complet est religieux de Notre-Dame du Mont-Carmel. L'ordre des carmes commença vers le xn" siècle en Syrie. || i' Carmes déchaux , carmes de la réforme de Sainte-Thérèse, au rvi' siècle, qui vont en sandales et sans bas. || 3° Eau de mélisse des carmes, ou Eau des carmes, alcoolat de mélisse composé, dont on attribue l'invention aux carmes.

— ÊTYM. Le mont Carmel, en Galilée, où ces religieux ont commencé. On disait autrefois carmeliste : xv' siècle : Feirent faire une proposition devant le roy par un carmeliste nommé frère Eustache,

WONSTREL. t. I, Ch. 103, p. 186, dans LACORNE.

2. CARME (kar-m1) ,s. m. Au trictrac, coup de dés qui amène les deui quatre. Un canne me ferait gagner.

— KEM. Ce mot était autrefois pluriel; l'Académie le fait pluriel et l'écrit avec une s: amener carmes.

— ÉTYM. Par corruption pour carnes, usité du temps de Ménage, et qui vient de quaternus, coup de quatre (voy. quaterne).

OARMELINE (kar-me-li-n') , ». f. Laine qu'on tire de la vigogne.

CARMÉLITE ( kar-mé-li-t' ) , s. f. Religieuse de l'ordre des carmes déchaux. Les carmélites furent introduites en France en 1604. Vous aimeriez bien ma sobriété et l'exercice que je fais, et sept heures au lit comme une carmélite; cette vie dure me plaît, SÊV. 226.

| CARMENTINE (kar-man-ti-n'),». f. Plante de la famille des acanthacées réputée béchique et pectorale (justifia pectoralis, L.).

CARMIN (kar-min) , s. m. Rouge éclatant qu'on tire principalement de la cochenille. Vos traits.... le soir embellis de tout l'art du matin, N'avaient de rose, hélas I qu'un peu trop de carmin, a. chén. 462. || Fig. Des lèvres de carmin. L'occident amincit sa frange de carmin, v. hugo, F. d'aut, 37. || Adjectif invariable désignant la couleur du carmin. Le colibri à gorge carmin. Des draps carmin. Des robes carmin.

— ÉTYM. Bas-lat. carmesinus; de même radical que cramoisi (voy. ce mot).

CARMINATIF. IVE (kar-mi-na-tif , ti-v*) , adj. Terme de médecine. Bon contre les flatuosités. || S. m. Un carminatif.

— hist. xvi» s. Ce qui se fera par medicamens chauds, secs et attenuatifs, qu'on nomme carminatifs.... Clysteres carminatifs, paré, v, te.

— ÊTYM. Bas-lat. carminativus , de carminare, carder, et figurément, atténuer, dissiper.

\ CARMINE (kar-mi-n') , s. f. Terme de chimie. Nom donné à la matière colorante rouge de la cochenille.

— ÊTYM. Carmin.

t CARMINÉ, ÉE (kar-mi-né, née) adj. De couleur de carmin. Rose, fleur carminée.

fCARMINER (kar-mi-né), v. a. Peindre, enluminer avec du carmin.

— ÊTYM. Carmin.

CAR

CARNAGE (kar-na-j"), s. m. || 1° Massacre, tuerie. Remets dans ton esprit, après tant de carnages, De tes proscriptions les sanglantes images, corn. Cinna, iv, 3. Sylla fit des carnages effroyables et traita durement le peuple, boss. Hist. in, 7. Sapor fitun effrovable carnage des chrétiens, id. Avert. 6. Il y eut beaucoup de carnage des ennemis, pellisson, il, !63.Cieux,éclairerez-vous cet horrible carnage? rac. Esth. i, s. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage, Déjà coulait le sang, prémices du carnage, id. Iph. v, 6. Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats, id. A thaï, i, 2. Quel carnage de toutes parts I On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur et le frère, Et la fille et la mère, id. Esth. i, 6. La gent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, la font. Fab. vn, 8. Il [Moïse] est préservé du carnage général des enfants de sa nation, mass. Conf. Amb. des clercs. || 2" Se dit aussi de la façon de se nourrir des bêtes féroces. Jamais de liberté, ni pour les pâturages, Ni d'autre part [des loups] pour les carnages, la font. Fab. m, 13. || 3° Terme de chasse. Action des chiens qui dévorent un animal. || 4° Terme d'équarisseur. Toute espèce de charogne.

— hist. xm' s. Nus ne puet ne ne doit ouvrer en charnage puis vespres sonans, au dit mestier, ne en quaresme, puis complie sonant, Livre des métiers, 48. En charnage le vendredi, ruteb. ii, 176. || xv* s. Car karesme vient et commande À charnaige, tant qu'on le mande, Que pour ung temps se tire arrière, ch. d'orl. Rondeau. || xvi* s. Qui faict le loup sortir du bois? default de carnaige, rab. Pant. m, 14. Retournez au logis, braves de la conqueste, Le muffle ensanglanté, le corps navré de coups , Ou vous serez ce soir le carnage des loups , RONS. 670.

— ÉTYM. Picard, carnage, temps où l'on mange de la viande; provenç. carnatge; anc. espagn. carnage; portug. carnagem; ital. carnaggio, tas de chair; du bas-lat. carnaticum, tas de chair, temps où l'on mange de la chair, de caro, carnis, chair (voy. chair); de là le sens de boucherie et tuerie.

f CARNAIRE (kar-nai-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit de viande ou sur la viande. Mouche carnaire.

— ÊTYM. Carnarius, de caro, carnis (voy. chair).

t CARNAL (kar-nal), ». m. Terme de marine. Palan servant sur les galères à élever la tente. || Extrémité inférieure d'une antenne. || On trouve aussi carneau.

— ÉTYM. Carne I, angle, coin.

f CARNALETTE (kar-na-lè-f) , s. f. Terme de marine. Palan plus petit que le carnal.

— hist. Carnal.

CARNASSIER, 1ÈRE (kar-na-sié, siè-r*; IV ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des animaux karna-sié-z et farouches) , adj. || 1* Avide de cha et en parlant des animaux. Comme une bête en rut ei carnassière, volt. Phil. ii, 419. La proie étant 1 unique sujet de combat des animaux carnassiers, i. i. rooss. Orig. notes. || 2° Avide de viande, en parlant de l'homme. Il importe de ne pas rendre les enfants carnassiers, J. j. rousc. Ém. II. Toujours boire et manger 1 carnassier animal, C'est bien fait; suis toujours ton appétit brutal, regnard, Démocr.i, 4. || 3° S. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Les carnassiers, ordre de la classe des mammifères, à dents généralement aiguës ou tranchantes, et à membres, antérieurs au moins, terminés par des pattes. Cuvier a divisé les carnassiers en quatre familles, les chiroptères, les insectivores, les carnivores et les marsupiaux. Des carnassiers de la taille du lion, du tigre, de l'hyène, désolaient ce nouveau règne animal, cnviER, Révol. 328.

— syn. carnivorb, carnassier. Carnivore exprime simplement le fait de se nourrir de viande. Carnassier joint à cette idée l'idée d'un appétit brutal qui se complaît dans le massacre. Autre est la différence dans le langage de l'histoire naturelle : carnassier est un terme général qui désigne l'idée des animaux vivant de chair; Carnivore est moins général et indique parmi les carnassiers une section particulière, celle des chiens, chats, ours, etc.

— ÊTYM. Provenç. carnacier, bourreau ; espagn. camicero; de caro, carnis, chair (voy. chair), par l'intermédiaire d'un suffixe latin aceus, qu'on trouve dans le provençal carnaza, chair morte.

CARNASSIÈRE (kar-na-siê-r") , t. f. Sorte de sac pour porter le gibier tué pendant la chasse.

— ÊTYM. Carnassier.

CARNATION (kar-na-sion ; en poésie , de cinq syl-

CAR

labes), ». f. || i* Nom qu'on donne, en peinture, aux parties du corps qui paraissent nues et sans draperie. Le* carnations de ce t&bteail sont fort belles. Il 2" Teint, coloration, apparence des chairs dans une personne ou dans un tableau. Le nu des bras et des jambes montre un homme fort et nerveux, c'est une carnation qui marque un corps endurci au travail, fén. xix, 333. Qui est-ce qui a su tempérer et mélanger ces couleurs, pour faire une si belle carnation? id. Exist. 32. || En termes de blason, se dit des parties du corps représentées au naturel. D'argent, à tête de carnation.

— ÊTYM. Ital. carnagione; de carnatio, embonpoint, de caro, carnis, chair (voy. chair).

fCARNAU ou CARNEAU (kar-nô), ». m. Trou à la voûte d'un fourneau de porcelaine.

— ÊTYM. Carne i .

CARNAVAL (kar-na-val) , ». m. || 1* Temps de divertissements compris entre le jour des Rois et ie mercredi des Cendres; les fêtes et les amusements mêmes de ce temps. Avoir, passer, faire un triste carnaval. Les carnavals des deux dernières années. Là, dans le carnaval, vous pouvez espérer Le bal et la grand'bande, à savoir deux musettes, Et parfois Fagotin et les marionnettes, mol. Tart. n, 3. Les hospodars de Valachie et de Moldavie ne feront pas leur carnaval à Venise, volt. Lett. à Cath. 34, || Jeûner en carnaval, être très-pauvre. Depuis peu chez ma cousine , Qui jeûnait en carnaval, iiSrang. Le voisin. || Familièrement. Il est fait comme un carnaval, c'est un vrai carnaval, il est habillé d'une manière extravagante. || Il est triste comme s'il revenait d'enterrer carnaval, par allusion à la fin du carnaval suivie du carême. || 2° Par extension, divertissement grotesque. || Au plur. Des carnavals.

— HIST. xvi" s. Croyez qu'en Avignon, on temps de carnaval.... rab. Pant. iv, 14.

— ÊTYM. Picard, les carnevieux; de l'italien carnovale; milanais, carnelevale, dans nu cange, du lias-latin carnelevamen , dit pour carnis levamrn, de caro, chair (voy. chair), et tevamen, action d'ôter, de levare (voy. lêoiîr) ; c'est-à-dire temps où l'on enlève l'usage de la cbair, vu que oarnmale est proprement la nuit avant le mercredi des Cendres. Diez , d'après des auteurs italiens, le tire de carne et voie : adi< u la chair; mais vale n'est oas italien; et le milanais carnelevale fait un suffisant intermédiaire entre carnis levamen, pour un mot populaire et par conséquent sujet à de fortes altérations

i . i'AP.SS (kar-n') , s. f. || i' Angle saillant d'une pierre, «? une table, etc. Je me suis donné un grand coup à ia tête contre la carne d'un volet, mol. Mal. im. i, 'A. || 2° Terme de maître d'écriture. Évidement du tuyau ou du canon de la plume.

— hist. xn' s. Al segnor sunt H carne de terre, it'oer p.n.lm. p. 236.

— Éïïa. Latin cardinem, gond.

f 2. CARNE (kar-n'), ». f. Terme très-vulgaire qui seil à désigner de la mauvaise viande servie à manger. C'est de la carne.

— ÊTYM. Caro, carnis (voy. chair).

CARNÉ, ÉE (kar-né, née), adj. Terme de fleuriste. De couleurde chair. Un œillet carné.

— ÊTYM. Caro, carnis, chair (voy. chair). t CARNEAU (kar-nô), ». m. Voy. carnau.

t CARNÈLE (kar-nè-1'), s. f. Bordure qui paraît autour du cordon d'une monnaie et qui forme la légende.

— ÊTYM. Carne t.

f CARNELER (kar-ne-lé; la syllabe nel prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je carnèle), ». a. Terme de numismatique. Faire une carnèle. Médaille carnelée. || Terme de blason. Ceindre d'une bordure.

— ÉTYM. Carnèle.

CARNET (kar-nè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des kar-nè-z en règle ; carnets rime avec traits, succès, paix, etc.) s. m. Petit livre de compte portatif, pour recueillir des notes. || Livre qui mentionne les échéances des sommes que les commerçants ont à recevoir ou it payer. || Petit livre que les négociants, courtiers, agents de change, portent dans les bourses et marchés pour inscrire immédiatement leurs opérations. || Anciennement, petit livre nommé plutôt bilan, dont les négociants de Lyon se servaient pour le virement des parties.

— HIST. xvr s. II icTt uadlé un grand carnet et inventaire de livres qu'il dit avoir composez, du verdier, Biblioth. p. 10*4, dans lacurne.

— ÊTYM. Ce mot parait dérivéd'un diminutif quafernetum, qui se rattache à quaternio, cahier de

CAR

CAR

CAR

quatre rouilles, et, en général, cahier (voy. ce qui est dit à l'étymologie de CAniER). Il est parlé dans froissart, il, m, (15, des carnets de bacinets [casques] ; mais c'est un autre mot.

f CARNIER (kar-nié), s. m. Carnassière. Chargé de son fusil, de son carnier, J. J. rouss. Emile, iv. Dans mon carnier ils [un lièvre et un perdreau] sont encore ensemble, Et je prétends qu'un jour là broche les rassemble, colin d'iurlev. M. de Crac, scènes. || Mot qui est très-usité, bien qu'il ne soit pas dans le Dictionnaire de l'Académie, et qui est régulier.

— êtym. Le même, sauf la prononciation, que iliamier.

CARNIFICATION (kar-ni-fl-ka-sion), s. f. Terme de médecine. Passage de certains tissus à un état qui présente quelque ressemblance avec la chair ou le tissu musculaire, et qui est dû à une lésion pathologique.

CARNIFIÊ, ËE (kar-ni-fl-é, ée), part, passé. Changé en chair, ou qui a pris l'aspect de la chair. Un poumon carnifié.

CARNIFIER (SE) (kar-ni-fl-é), v. réfl. Terme de médecine. Acquérir l'apparence de la chair.

— ETYM. Caro, carnis, chair, et ficare, fréquentatif de facere , faire.

t CARNIFORME (kar-ni-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a l'apparence de la chair.

— HIST. xvi' s. Le pancréas est un corps glanduleux, carniforme, lequel est ainsi appelle, parcequ'il a par tout similitude de chair, paré, xi, 2.

— êtym. Caro, carnis, chair, et forma, forme.

t CARNIURE (kar-ni-u-r"), s. /.Nom, dans quelques localités , d'un développement excessif des bourgeons de la vigne.

CARNIVORE (kar-ni-vo-r') , adj. Qui se nourrit de chair. L'homme est à la fois frugivore et Carnivore. Le lait des femelles herbivores est plus doux que celui des carnivores, J. J. rouss. Ém. i. || S. m. Les carnivores. Voy. carnassiers.

— ÊTYM. Carnivorus, de caro, carnis, chair, et vorare, dévorer (voy. vorace).

t CAUNIVOR1TÉ (kar-ni-vo-ri-té), *. f. Condition d'un animal que son organisation appelle à vivre exclusivement de matières animales.

CARNOSITÉ (kar-no-zi-té), s. f. Terme de chirurgie. Excroissance charnue qui se développe en différentes parties.

— HIST. xiv» s. Encise [fais une incision]si qu'il demeure dessus le cuir une carnosité tenue, Modus, f xxi, verso. || xvi* s. Le col de la matrice peut estre estouppé par une membrane ou carnosité,

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