I. - fil
CAQ
CAPUCINE (ka-pu-si-n'), s. f. || l-Terme de botanique. Plante potagère et d'ornement, originaire du Pérou et dont il y a deux espaces : la capucine à feuilles larges (tropaaolum majus, L.), et la capucine à petites feuilles (tropxolum minut, L.). || La fleur même. Une salade garnie de capucines La fleur capucine brode de ses chiffres de pourpre les murs sacrés, chateaubr. Génie, ni, v, 2. || Câpres capucines, boutons à fleurs de la «yucine confits au vinaigre. || Couleur capucine, couleur aurore foncé comme cette fleur. || La capucine tubéreuse (tropasolum tuberoium, L.) fournit une belle fécule, abondante et alimentaire. || 2" Terme d'arquebusier. Anneau de métal qui relie le canon et le bois d'une arme a feu, ainsi dit par assimilation avec la forme de la fleur de la capucine. La première capucine est la plus voisine de la crosse; la deuxième porte aussi le nom de grenadière, et la troisième est appelée embouchoir parce qu'elle reçoit d'abord l'extrémité de la baguette. || Fig. Dans le langage trivial des soldats. Enfoncé jusqu'à la première capucine, qui a une déception complète. || 3° Termede poterie. Petite écuelle de terre munie d'une queue. || 4° Crayon de plombagine. || 5° Terme de maçon. Petit entablement composé d'un talon et d'un larmier. ||6° Terme de marine. Courbe qui lie l'éperon avec l'étrave. Courbe de soutien d'un vieux navire.
— ÊTYM. Capucin, à cause que la plante a ses fleurs en forme de capuchon.
t CAPUCINERIE (ka-pu-si-ne-rie), s. f. Terme familier. Action de se faire capucin. Il est vrai je suis capucin. ...Dès que monsieur l'abbé Terrai A su ma capucinerie, De mes biens il m'a délivré; Que servent-ife dans l'autre vie? volt. Stances, 22.
— ÊTYM. Capucin.
CAPUCINIÈRE (Va-pu-si-niè-r") , *. f. Familièrement et par dénigrement, maison de capucins. || Fig. Maison, établissement où domine une dévotion étroite.
— ÊTYM. Capucin.
f CAPULOÏDE (ka-pu-lo-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de tasse.
— ÊTYM. Capula, sorte de tasse, etelSoç, forme. CAPUT-MORTUUM (ka-put'-mor-tu-om'), s. m.
Terme de chimie ancienne. Résidu dont on ne peut plus rien tirer. || Fig. et par dénigrement, valeur réelle, reste définitif de travaui, d'efforts, de combinaisons, de théories, etc. qui promettaient monts et merveilles, et qui" ont avorte en grande partie. || Au p/ur. Des caput-mortuum.
— ÊTYM. Caput, tête (voy. chef), etmorluum, mort : tête morte, c'est-à-dire résidu dont les anciens chimistes ne pouvaient plus rien extraire, ayant tiré par la distillation divers éléments, soufre, sel, mercure, esprit, qu'ils nommaient de noms bizarres.
| CAPVTRADE (kap-vi-ra-d'), s. f. Terme d'agriculture usité dans le Midi. Extrémité d'un champ où tournent les bœufs et qu'on laboure perpendiculairement aux raies.
— ÊTYM. Cap, bout (voy. cap), et tn'rer. CAQCAGE (ka-ka-j'), ». m. Action de caquer les
harengs. || Action de mettre de la poudre ou du salpOtre en tonneaux.
— REM. L'Académie devrait écrire cacage ; car les autres verbes en quer qui forment des substantifs en âge, ont c au substantif; blocage, de bloquer; parcage, de parquer.
— ÊTYM. Caquer.
CAQUE (ka-k') , s. f. || i* Espèce de barrique où l'on met les harengs salés. || Rangés, serrés comme harengs en caque, très-serrés. || 2° Fourneau pour fondre la cire. || 3° Tonneau de bois contenant le suif fondu pour la chandelle moulée. || 4° Baril à poudre ou à salpêtre. || Proverbe. La caque sent toujours le hareng, c'est-à-dire on se ressent toujours de ses habitudes, de tout ce qui constitue la vie antérieure ; se dit aussi de ceux qui passent d'une position inférieure à une position plus élevée.
— HIST. xiv s. Tonnel de caqueharenc, ducange, caquus. Ung caquin de cervoise, id. ib. || xv* s. .... Réservé neuf veuglaires, deux cacques de poudre, vingt-et-troisarbalesteset neuf coffres de traits, monstr. h, )2. Car chascun jour, à force d'engins, ictoient en la forteresse plus de cent cacques plains des ordures de la ville, Boucicaut, m, 8. || xvfs. 11 fut emporté d'un caque ou deux de poudre, estant couché au lit de sa femme, castelnau, )88. Le feu s'y mit si furieusement que les esclas des caques tllersnt tuer des hommes outre la rivière, d'aubig. 3ist. I, 292. Le feu s'estaut mis dans uue caque de poudre, in. ib. n, 20».
— ÊTYM. Caquer.
CAQ
CAQUE, ÉE (ka-ké, kée), part, passé. Des harengs caques.
CAQUER (ka-ké), v. a. || 1° Préparer le poisson, c'est-à-dire lui ôter les ouïes pour le mettre en caque. H Mettre le poisson en caque. || 2° Mettre la poudre ou le salpêtre en barils.
— HIST. xiv* s. Hareng quaque soit mis en eaue fresche, Kénagier, 11, 6.
— ÊTYM. Holland. kaaken, ôter les ouïes, de kaaken, ouïes, mâchoire, puis mettre en tonneau; d'où caque le tonneau lui-même. C'est ainsi que un mot signifiant mâchoire en est venu à signifier tonneau.
t CAQUEROLLE (ka-ke-ro 1') , s. f. Casserolle de cuivre à trois pieds et à manche.
f CAQUESANGUE (ka-ke-san-gh'), t. f. Dyssenterie.
— HIST. xvi* s. Le flux des dysenteries et caquesangues, pare , xxiu, 36. Il y a un accident de peste, appelé caquesange, qui est un flux de ventre qui ulcère et corrode les intestins, m. xxiv, 30.
— ÊTYM. Ital. cacasangue, de cacare, aller à la selle, et sangue, sang.
CAQUET (ka-kè; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel 1'* se lie : des ka-kè-z insipides; caquets rime avec traits, procès, jamais, paix), s. m. || 1" Au propre, le cri de la poule qui pond. H 2* Fig. Babil haut et bruyant, et aussi 1»; bil de jactance. C'est un ignorant, un poltron, qui n'a que du caquet.... Si j'eusse étudié.... Une cornette au col, debout dans un parquet, Â tort et à travers je vendrais mon caquet [d'avocat], Régnier, Sat. iv. Enfin, cemme en caquet ce vieux sexe fourmille, id. Sat. xiii. Étourdi du caquet, je feignais de le croire, m. Sat. xi. Quel caquet est le vôtre! mol. Tari. 11, 4. Vous avez le caquet bien affilé, id. Bourg, g. m, 3. Il me divertit avec sa voix, et tu m'étourdis avec ton caquet, id. Princ. d'Él. 2« intermède , scène t. L'ourse va trouver sa voisine la corneille, qui faisait un grand bruit par son caquet sous un arbre, fén. xix, 43. Le grand caquet vient de la prétention à l'esprit, 1.1. rouss. Êm.iv. Je devrais me contraindre Jusques à m'éclaircir de ce que je dois craindre, A pousser jusqu'au bout son caquet indiscret, mol. te. des F. 1, 7. Enfin, mon étourdi n'aura pas lieu d'en rire ; Par son trop de caquet il a ce qu'il lui faut, id. ib. m, S. J'ai bien peur que ceci n'approche fort de leur style [des mauvais poètes] et que vous n'y reconnaissiez plutôt le caquet importun des pies que l'agréable facilité
des muses, rac. Lett. a, à La Fontaine Vous
voulez que je trouve parfait Un petit suffisant qui n'a que du caquet, gresset, le Méchant,, iv, 6. Il Avoir du caquet, se montrer parleur et fier. M. de Grignan a bien du caquet, sév. no. || Rabattre le caquet, rabaisser le caquet, faire tomber la jactance. Un lion en passant rabattit leur caquet, la font. Fabl. m, <o. Je vous assure que cela rabaisse le caquet, sév. 5. || Caquet bon bec, personne bavarde et médisante. C'est le nom de la pie dans La Fontaine. Caquet bon bec [la pie] alors de jaser au plus dru, Fabl. xii, U. On assure que cette expression est de la création de La Fontaine. || 3° Au plur. Propos futiles ou malins. Provoquer, redouter, faire taire les caquets. 1 teus les sots caquets n'ayons donc nul égard, mol. Tart. 1, 1. Mille caquets divers s'y font en moins de rien, id. 16. Une petite ville, d'où l'on a banni les caquets, la bruy. 6. Croyez-moi, beautés monarchiques, Le mot vertu dans vos caquets, Ressemble aux grands noms historiques, Que devant vous crie un laquais, bêrang. Vertu de L. \\ 4°Le caquet de l'accouchée, conversation des femmes qui visitent une nouvelle accouchée.
— HIST. xv s. Puis, sans faire plus long quaquet, Les voulut tout incontinent Remettre dedans le baquet, villon, I" Repue. Comment ils eurent des trippes. H xvi' s. Et fay que devant mon prince Désormais plus ne me pince Le caquet des envieux, Ronsard, Odes, v, 6. Cecy surpasse toute bassesse de cœur, en personnes de tel reng, d'avoir voulu tirer quelque principale gloire du caquet et de la parlerie [de ce qu'on dirait d'eux], mont, i, 287. Par où il bridoit les occultes caquets des mocqueurs, et esmoussoit la pointe de ce reprocha, id. m, 48. Je lui abas son cacquet, palsgr. p. 4(4. Si vous pouviez , ô heureux perroquet , Ma volonté et mon affection Bien déclarer par vostre bon cacquet I Si vous pouviez dire ma passion I Vers de don Carlos, fils de Philippe II, dans Elisabeth de Valois, par M' walker-freer. Adieu les plaisirs des champs; Plus à l'abri de l'ombrage Des oyselets aux doux chants On n'oit le caquet ramage, baïf, Œuvres, p. 75, dans LACURNE.
— êtym. Voy. Caqueier.
CAQ
CAQUETAGE (ka-ke-ta-j") , s. m. Action de caqueter et caquets. C'était un caquetage perpétuel. Je ne fais pas attention aux caquetages. Mais bientôt un jeune seigneur M'enlève à leur doux caquetage, bérano. Cinq étages.
— ÊTYM. Caqueter.
CAQUETE (ka-kè-te), s. f. Baquet où les harengères mettent des carpes.
— ÊTYM. Diminutif de caque. Il devrait s'écrire caquette, puisque c'est l'orthographe des diminutifs en ette.
CAQUETER ( ka-ke-té. L'Académie ne conjugue pas ce verbe que l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caqueté; je caquetterai ou je caquèterai ; je caquetterais ou je caquèterais; caquette ou caqueté. Ce verbe est très-mal conjugué par certaines personnes qui prononcent je cakte et non je kakète, je kakterai, et non je kakèterai) , v. n. || i° Au propre se dit du cri de la poule qui pond ou a pondu. Il 2° Par extension et familièrement, se dit du babil dans la chambre d'une accouchée, du babil des perroquets et de tout babil futile ou médisant Discourt de sa vertu, en caquette tout haut, rêghier, Sat. vu. Assez de tes amours m'a caqueté la fable, id. Élég. iv. Il caquette comme une accouchée, sév. 398. Vous avez caqueté dès le troisième jour de votre accouchement, id. (08. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien vu, la font. Fabl. rv, 7.
— HIST. XV s. Il dient qu'il eschaperont; Lonc temps approphetizié l'ont : Encore seront racheté, Et pour ce ont tant quaqueté, Mysl. Nat. de J.-C. Car est œuvre de femme de caqueter moult, chastel. Vérité mal prise. .,.11 vient, il caquette, coquillart, Monol. de la botte de foin. || xvi" s. Tel caquette des autres, qui, s'il y estoit, se trouveroit bien empesché, montluc, Kém. t. 1, p. <88, dans lacurne. Ils caquettent comme cicongnes, ils coqueliquent comme les coqs, paré, Animaux, 26. Je ne veux oublier le coqueter des coqs et poules; qui est le langage dont ils nous rompent la tête quand ils s'entrefont l'amour, et dont nous avons formé, par une belle métaphore, caqueter, lorsque quelques babillards nous repaissent de paroles vaines; et de là mesme, les medisans ont appelé le caquet des femmes, mesme que l'on appelle une femme coquette qui parle beaucoup sans sujet, pasq. Rech. vin, 6. Il me fâche de vous ouyr caquetter ainsi hors de saison, palsgr. p. 430.
— ÊTYM- Malgré le dire de Pasquier, il est difficile de passer de coquet à caquet; ce changement de l'o en a, possible en soi, n'étant pas justifié ici par l'historique, qui n'a jamais que la forme en a. Jusqu'à plus ample informé, il ne faut voir dans ce mot qu'une onomatopée.
CAQUETERIE (ka-kè-te-rie), s. f. Action de caqueter; caquets. Une caqueterie, des caqueteries sans fin.
— REM. L'Académie écrit caqueterie par un seul t et coquetterie par deux; il serait bon de mettre de l'uniformité et de conformer l'orthographe à la règle qui ne veut pas deux muettes de suite.
—ÊTYM. Caqueter.
CAQUETEUR , EUSE (ka-ke-teur, teû-z') , s. m. et f. Celui, celle qui caquette et babille beaucoup.
— HIST. xv s. Aussi sont bonnes caquetieres Allemandes et Pruciennes, villon, Bail, des fem. de Paris. || xvi* s. La science est caqueteresse , envieuse de se monstrer, charron, Sagesse, p. 530, dans lacurne.
— ÊTYM. Caqueter.
f CAQUETOIRE (ka-ke-toi-r') , s. f. || i° Chaise basse à dos très-élevé et sans bras. C'est ce que nous nommons maintenant causeuse. || 2° Bâton placé au milieu des mancherons de la charrue.
— HIST. xvi' s. Il n'y a pas d'apparence que les femmes aient alors le bec gelé ; pour le moins, j'en repon pour celles de Paris, qui ne se sont tenu d'apeler des caquetoires leurs sièges, h. est. Apol. d'Uérod. p. 64, dans lacurne.
— ÊTYM. Caqueier.
CAQUEUR, EUSE (ka-keur, keû-z'), t. m. et f. Celui, celle qui caque les harengs. || S. m. Un caqueur, couteau à l'usage des caqueurs de harengs.
— ÊTYM. Caquer.
t CAQCEUX, EUSE (ka-keù, eù-z'), s. m. et /*. Race misérable de Bretagne avec laquelle le reste de la population ne contractait pas d'alliance. Les caqueux sont dits aussi cacous et caquins.
— ÊTYM. Bas-lat. eaeoitis, caqueux.
t CAQUILI.1ER (ka-ki-lié), t. m. Terme de botanique. Voy. CAK1LE.
CAR
CAR
CAR
CAR (kar), conj. qui marque qu'on va donner la raison d'une proposition énoncée. Vos pareils y sont misérables.... Car, quoi! rien d'assuré! point de franche lippée ! la font. Fabl. i, 6. Et tous deux vous paierez l'amende: Car toi, loup, tu te plains quoiqu'on ne t'ait rien pris, id. ib. il, 3. C'est donc quelqu'un des tiens. Car vous ne m'épargnez guère, id. t'b. I, to. J'ai plus gagné que perdu; Car d'hymen point de nouvelles, id. t'b. i, 47. Les vieillards déploraient ces sévères destins; Les animaux périr I car encor les humains [passe encore pour les hommes qui avaient mérité de périr] , id. Philémon tt Banc. Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été; Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté; Je ne demeure point, car tout de ce pas même Je prétends m'en aller, mol. Dépit, I, *. Car [il avait été question parmi les puristes de supprimer car comme mot vieilli] étant d'une si grande considération dans notre lamnie. j'approuve extrêmement le ressentiment que vous avez au tort qu'on lui veut faire ; et je ne puis bien espérer de l'Académie dont vous me parlez, voyant qu'ellese veut établir par une grande violence ; en un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe, je ne vois rien si digne de pitié que quand je vois que l'on est prêt de chasser et faire le procès à un mot qui a si utilement servi cette monarchie et qui , dans toutes les brouillenes du royaume, s'est toujours montré bon français; pour moi, je ne puis comprendre quelles raisons ils pourront al léguer contre une diction qui marche toujours à la tête de la raison et qui n'a point d'autre charge que de l'introduire; je ne sais pour quel intérêt ils tachent d'ôter à car ce qui lui appartient, pour le donner à pour ce que, ni pourquoi ils veulent dire avec trois mots ce qu'ils peuvent dire avec trois lettres, voit. Lett. 63. Gomberville: Que feronsnous, messieurs, de car et de pourquoi? Desmarets : Que deviendrait sans car l'autorité du roi * Gomberville: Le roi sera toujours ce que le roi doit être, Et ce n'est pas un mot qui le rend notre maître. Gombaud: Beau titre que le «or au suprême pouvoir, Pour prescrire aux sujets la règle et le devoir, 'lesmareti : Je vous connais, Gombaud, vous êtes hérétique, Et partisan secret de toute république. Gombaud : Je suis fort bon sujet etle serai toujours, Près de mourir pour car après un tel discours. Desmarets : De car viennent les lois, sans car point d'ordonnance , Et ce ne serait plus que désordre et licence, la Comédie des Académiciens, m, 3, dans richelet. || Substantivement. Les si, les car, les contrats sont la porte Par où la noise entra dans l'univers, la font. Belphég.
— HIST. x* s. Car ço videbant per spiritum prophète, Frag.de Valenc. p. 408||xi*s. Car, puisque serement li est jugied.... L. de Guill. 25. Franc chevalier, car m'eslisez baron, Ch. de Roi. xix. Emprès lui dient : Sire, car nous menez, ib. xxvi. || xii* s. Ne poit durer que Charlles ne le tienne ; Car il n'a homme.... Roncisv. t. Alez seoir, car je vous en semon, ib. 12. Compeing Rolant , car sonez vostre cor, ib. 45. Car joie a courte durée Qui avientpar tel folor, Coud, i. Diex! caria peûsse tenir Un seul jour à ma volenté! t'b. m. || xni* s. Sire, voici l'ost.... quar leurcriez merci que il aient de toi pité, villeh. xlh. Car nus [nul] ne vient à vie [qui] ne conviene finer, Berle, m. Et car me secourez , mère Dieu beneoite , ib. xxix. || xiv* s. Â plusieurs gens sont aucunes choses delettables qui sont contraires l'une à l'autre, et la cause est car [que] telles choses ne sont pas naturellement delettables, oresme, Eth. t». Et la cause pour quoy nous ne conseillons pas des choses dessus dites est car [que] nule de elles n'est faite par nous, id. ib. 66. || xvi" s. A quoy Indathyrses, car ainsi se nommoit-il.... mont, i, 49. Il parla tout haut de servir le roi sans si et sans car, et puis d'aller au conseil pour mettre la main à la besongne, d'aub. llist. m, «87. Les deux commissions furent scellées extraordinairement, car en [car elles le furent dans] la chambre de M. le chancelier, n'estant encores M. de Humieres mort, carloix, vi, 40.
— ÊTYM. Picard (Ponthieu), gar ;provenç. quar, qar, car; anc. catal. quar; anc. espagn. car; anc. ital. quare; du latin quare, c'est pourquoi, mot à mot qua re , par laquelle chose , pour laquelle chose ; étymologie qui explique l'emploi de car dans l'ancienne langue; soit qu'il signifie donc, comme dans ce vers : Compeing Roland, car sonnez vostre cor, c'est-à-dire, compagnon Roland, sonnez donc votre cor; soit qu'il signifie pourquoi : et la cause est car telles choses ne sont pas...
t CARABA (ka-ra-ba), s. m. Huile de la noix d'acajou.
t CARABAS (ka-ra-bà), s. m. || 1" Le marquis de Carabas, nom du protégé du chat botté, dans le vieux conte rajeuni par Perrault. Bonnes gens qui fauchez, dit le chat à tous ceux qui font la moisson, si vous ne dites pas que ces terres sont au marquis de Carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté. Ce marquis de Carabas, loin d'être noble, était le dernier fils d'un meunier, ce que Béranger a conservé dans sa chanson : Pour me calomnier. Bien qu'on ait parlé d'un meunier, Ma famille eut pour chef Un des fils de Pépin le Bref. || 2" Familièrement, propriétaire de beaucoup de biens détachés les uns des autres; et aussi, noble finr d'une noblesse douteuse, de titres bien ou mal acquis. Mon fils le baron, Quoique un peu poltron, Veut avoir des croix; Il en aura trois; Chapeau bas, chapeau basl Gloire au marquis de Carabas! bérang. Le marquis de Carabas. || 3° Grande et vieille voiture, dite par raillerie du nom du marquis de Carabas.
t CARABE (ka-ra-b1) , s. m. Terme de zoologie. Genre d'insectescoléoptères, considéré à tort comme doué de propriétés épispastiques.
— ÊTYM. Carabus, crabe (voy. crabe).
CARABE (ka-ra-bé),». m. Ambre jaune ou sucein.
— HIST. xvr* s. Des pillules de bolarmene, de terre sigillée, de carabe, de sang-de-dragon, de girofle «t de mus«, o. de serres, 900.
— êtym. Portug. carab»; du persan eaft-roubo, sucein, mot à mot, tire-paille, de kah, paille, et robd, enlever, attirer.
4. CARABIN (ka-ra-bin), s. m. || 1* Soldat de cavalerie légère au xvi* siècle. Vous êtes obligée de n'exposer pas davantage à la funeste adresse d'un carabin tant de vertus naturelles et acquises, civiles et militaires, balz. Disc, à la rég. D'uae charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre de camp général des dragons, st-sim. 37, ne. || Fig. Tirer son coup en carabin, jeter un mot dans un débat, sans insister et sans lo soutenir. || Par injure ....Fat, animal. Vil carabin d'orchestre, atome musical, regnard, le Bal, 4 4. Il 2" Fig et familièrement, au jeu, carabin, celui qui hasarde volontiers un coup sans jamais s'engager réellement. || Se dit au jeu de lansquenet du joueur qui ne joue pas seul. || 3* Un des noms du blé sarrasin cité dans Ménage et usité encore aujourd'hui en Normandie.
— HIST. xvi* s. Les carabins de l'armée ennemie, le prenant pour un homme de commandement, l'engagèrent dans une escarmouche assez vive, d'aub. Vie, xevu. De St-Menehoux Missar, qui commandoit les carabins de Metz, desquels le nom a depuis [1575] esté familier, estant allé à la guerre, chargea quelque 40 fourrageurs, id. Hisl. n, 180. X son aile gauche il avoit 45 carrabins, qui sont arquebusiers à cheval, armez d'aultre façon que les nostres ; car ce sont presque tous hommes de commandement choisis, id. t'b. in, 230. Tous ceux qui estiment autrement sont pié-gris, rustiques et carrabins, id. Fcen. ta, 22. Petit rustre, petit carabin, enfant de vanité, ID. ib. 111, 23.
— ÉTYM. Deux étymologies sont en présence : (• D'après Diez, caiabrt'n, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre , le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Calabrins,et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cette dernière opinion paraît la plus probable.
2. CARABIN (ka-ra-bin), s. m. Anciennement, carabin de Saint-Côme (Saint-Côme était l'école de chirurgie, à Paris), frator, garçon chirurgien. || Aujourd'hui, familièrement et par dénigrement, étudiant en médecine. Quand nous mourons, vieux ou bambin.... On vend le corps au carabin, bérano. Bohém.
— ETYM. Carabin 4 , dont on avait depuis longtemps fait un terme de dénigrement comme on peut voir à l'historique.
CARABINADE (ka-ra-bi-na-d') , s. f. Tour de carabin. Familier et peu usité.
— HIST. xvi* s. Le mareschal de Biron, premier averti, n'attendit déformer aucune troupe, mais aiant donné l'avis au roi, courut où les carrabinades [attaques des carabins] l'appelloient, d'aubig. llist. m, 39). Un couple de jours se passèrent, non en escarmouches, mais en carabineries, id. t'b. 239. Il s'en va tirer le rideau de son beau frère, criant ineptie, felonnie et carabinage ineffable, id. Fcen. m, 23. Ce séjour de trois ou quatre jours se passa en légères escarmouches, défis particuliers et carabinage de
peu de fruit ny d'un costé ny d'autre, sully, Mém.
t. 1, p. 362, dans LACCRNE.
t CARABINAGE (ka-ra-bi-na-j'), s. m. Travail qui donne à une arme à feu des rayures en hélice.
— ÊTYM. Carabine.
CARABINE (ka-ra-bi-n') , s. f. Fusil à canon rayé on dedans. Comme il retournait à son camp, il reçut un coup de carabine qui lui perça la botte et lui fracassa l'os du talon, volt. Charles III, 4. || Mousqueton ou fusil court de cavalerie.
— xvi* s. La cavalerie du prince avoit quité les lances, et avoient presque tous des carrabines, desquelles, avant de tirer le pistolet, ils avoient abatu la pluspart des piquiers de la longueur de leur bois, d'aub. llist. m, 44ï.
— êtym. Espagn. portug. et ital. carabina (voy.
CABABIN i).
CARABINÉ, ÉE (ka-ra-bi-né, née), part, passé. || 1° Un canon de fusil carabiné. || 2* Terme de marine. Brise carabinée, vent très-violent.
CARABINER (ka-ra-bi-né). || 1* V. n. Combattre encarabin, tirailler. || Fig. et familièrement. Jouer en carabin. || 2° V. a. Creuser de rainures le dedans d'un canon de fusil.
— ÊTYM. Carabin et carabine.
f CARABINECR (ka-ra-bi-neur), ». m. Ouvrier qui carabine les canons de fusil. j| Joueur qui hasarde quelque argent et qui se retire après le coup, au lansquenet.
— ÉTYM. Carabiner.
CARABINIER (ka-ra-bi-nié; IV ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des ka-ra-bi-nié-z aguerris), ». m. || l°Soldat armé d'une carabine. || 2° Carabinier à cheval, cavalier qui porte la cuirasse et le casque et qui n'a ni carabine ni mousqueton. Les carabiniers sont de très-haute taille. Dans cette foule trois carabiniers se trouvaient en sale veste d'écurie, p. l. cour, n, 282. || 3* Soldat d'élite de l'infanterie légère, qui correspondait au grenadier.
— ÊTYM. Carabine.
f CARABIQTJE (ka-ra-bi-k'), s. m. Terme de zoologie. Nom du genre des carabes.
t CARACAL (ka-ra-kal) , s. m. Sorte de chat sauvage, nom vulgaire et spécifique du chat caracal, dit aussi lynx de Barbarie et lynx du Levant. On croit que c'est le lynx des anciens.
t CARACARA (ka-ra-ka-ra) , s. m. Espèce de vautour d'Amérique.
CARACH (ka-rach). Voy. caratch.
CARACO (ka-ra-ko), s. m. Sorte de vêtement de femme qui est plus ou moi»s ajusté comme un corsage et qui est plus ou moins long. Quand nos dames reprennent vite Les barbes et le caraco, bêranb. Requête.
t CARACOL (ka-ra-kol), t. m. Escalier en caracol (voy. caracole).
CARACOLE (ka-ra-ko-1'), ». f. ||l*Terme d'architecture. Escalier en caracole ou caracol, escalier fait en rond, à marches gironées. || 2" Terme de manège. Succession de demi-tours à droite et à gauche qu'on fait exécuter au cheval, avec ou sans changement de main( mais sans suivre de piste. || 3* Terme d'art militaire. Mouvement d'un escadron quand il tourne sur sa droite ou sur sa gauche, par rangs, non par files. Le maréchal de Lorge décampa de Roth sur neuf colonnes qui firent la caracole en partant, st-sim. 22, 260. || 4° Sorte de crochet à tire-bouchon.
— REM. Corneille (tragédie d'Andromède, m, 3) a dit caracol au masculin : Persée revole en haut sur son cheval ailé, et, après avoir fait un caracol admirable au milieu de l'air, tire du même côté qu'on a vu disparaître la princesse.
— HIST. xvi* s. Monsieur de Bouillon n'ayant fait qu'une fausse charge et un caracol pour reprendre le chemin de la retraite, sullt, Mém. t. u, p. 406, dans lacurne.
— ÊTYM. Espagn. caracol, limaçon, coquille de mer faite en forme de vis, et par suite espèce de danse où les danseurs font différents mouvements les uns derrière les autres; et, dans le manège, caracole : tous sens dérivés des contours de la coquille; de l'arabe karkara, tourner.
CARACOLER (ka-ra-ko-lé) , ». n. || 1* Faire des caracoles. Voyez caracoler ces cavaliers. Un cheval qui caracole. || Fig. Corneille en cheveux blancs sur moi [Pégase] caracola, volt. Pégase. || 2° Par extension, aller de droite et de gauche. Progné me vient enlever les morceaux Caracolant, frisant l'air et Ioj eaux, Elle me prend mes mouches a ma porte, la roNT. Fab. x, 7. Jusques là Harlay avait caracolé pour éviter partout M. de Chaul»es, st-sim. 42,240.
— ÉTYM. Caracole.
CAR
CAR
CAR
t CARACOLLE (lta-ra-ko-1'), s. f. Terme de botanique. Espèce de haricot dont la fleur est contournée en spirale.
— ÉTYM. Caracole; ital. caraco.
fCARACORE (ka-ra-ko-r'), s. f. Sorte de navire en usage aux îles Philippines.
t CARACOCLER (ka-ra-kou-lé), v. n. Terme d'oiseleur. Roucouler.
CARACTÈRE (ka-ra-ktê-r'), s. m. || 1° Signe tracé ou écrit. Les lettres de l'alphabet, les signes de ponctuation, les chiffres sont des caractères. Caractères d'écriture. Les caractères de l'alphabet. Gravé en gros caractères. Ecrit en petits caractères. Il ne forme pas ses caractères. Caractères symboliques, hiéroglyphiques. Les caractères de cette inscription sont en partie effacés. Si vous avez peine à lire cette lettre, pour n'être pas en assez beau caractère, pasc. Prov. n. Madame, dois-je croire un billet de Maurice? Voyez si c'est sa main, ou s'il est contrefait; Vous en devez connaître encor le caractère, corn. Héracl. n, 6. Voyez ce qu'en mourant me laisse votre mère ; J'en baise en soupirant le sacré carac -
tère, m. ib. v, 8 Voici ces sacrés caractères, Les
garants trop certains de ces cruels mystères, volt. Sémir. iv, 2. Les sommets brisés des Apalaches se dessinaient comme des caractères d'azur, chateaub. lleni, t68. || Se dit des types d'imprimerie. Graveur, fondeur en caractères. Ces caractères sont usés. Ce caractère est bon à refondre. L'œil de ce caractère est trop petit. || En algèbre, en astronomie, en chimie, en botanique, en pharmacie, caractère, signe abréviatif dont on se sert pour exprimer quelque chose. || Signe, marque portée par superstition comme talisman. Oui, c'est un enchanteur qui porte un caractère Pour ressembler aux maîtres des maisons, mol. Amph. m, 6. On dit qu'il a un caractère pour se faire aimer de toutes les femmes , id. Pourc. m, 8. Vieux en ce sens. || 2° Fig. Quoique cette idée générale de la beauté soit gravée dans le fond de nos âmes en caractères ineffaçables, pasc. dans cousin. C'est sans les oublier qu'on quitte ses parents: L'hymen n'efface point ces profonds caractères, corneille, llor. m, 4. || 3' Titre natu'.il ou légal qui donne qualité de.... 11 dépouille le caractère d'ami quand il prend celui déjuge. Le caractère royal. Les députés viennent ici avec un caractère public. Qui est sans caractère officiel. Qui a caractère pour ordonner et pour défendre. Certains sacrements impriment un caractère indélébile. Déployer, cacher son caractère, faire connaître, cacher le titre officiel que l'on a. Les généraux romains commencèrent à s'attacher leurs soldats, qui ne regardaient en eux jusqu'alors que le caractère de l'autorité publique, boss. Hist. m, 7. Un père est toujours père; Rien n'en peut effacer le sacré caractère, corn. Poly. v, 3. Et que dois-je êtreT — Roi. Reprenez hautement ce noble caractère, id. Nicom. iv, 3. Un agent sans caractère d'un roi suédois réfugié chez les Turcs, volt. Charl. XII, 5. || 4° Ce qui est le propre d'une chose. Le caractère distinctif de la vérité. C'est un des caractères du génie. Je rechercherai les caractères de la folie. L'imprévoyance est le caractère de la jeunesse. Donner aux origines des villes un caractère plus auguste. Ces trois philosophes avaient une éloquence d'un caractère différent. Conserver le caractère des différents genres de littérature. Nous naissons avec un caractère d'amour dans nos cœurs qui se développe à mesure que l'esprit se perfectionne, pasc. dans cousin. La bonté est le caractère le plus naturel des rois, boss. Polit. Elle porte le caractère de la main de Dieu, id. Hist. n, 1 3. Le style même porte imprimé le caractère des âges, id. t'6. n, t . Pour garder le caractère du temps, m. t'6. il, 3. Fautil que sur le Iront d'un profane adultère Brille de la vertu le sacré caractère? rac. Phèd. iv, 2. Un caractère de faiblesse et de timidité né avec nous, mass. Conf. Zèle contre les vices. Vous êtes marqué du caractère des réprouvés, id. Car. Fausse confession. Il les marqua sur le front d'un caractère de réprobation, id. Car. Médis. Elles sont marquées du caractère des justes, w.Avent. Afflict. L'Église, sous Julien, fut exposée à une persécution du caractère le plus dangereux, chateaub. Génie, i, t. || Dans les sciences, ensemble de modifications apparentes propres à faire distinguer les objets. Les naturalistes entendent par caractère, les traits les plus saillants, les plus propres à faire reconnaître une classe, un genre ou une espèce. Caractère générique, caractère qui appartient a un genre. Caractère spécifique, caractère qui appartient à une espèce. M. de Linné chercha les caractères fondamentaux de son système dans les parties des plantes qui servent à eur reproduction, condorcet, Linné. || En méde-
cine, caractère s'emploie pour exprimer l'état plus ou moins grave d'une maladie. Pneumonie de mauvais caractère, d'un caractère fâcheux. Fièvre d'un caractère bénin. || 5°Ce qui distingue, au moral, une personne d'une autre; nature, naturel . mœurs, sentiments. La différence des caractères. D'un caractère irascible. Dompter ces caractères intraitables. Un mauvais caractère. Un noble caractère. Force de caractère. Suivre son caractère. Peinture des caractères. Je suis sorti de mon caractère, boss. Var. Pré'. Il faudrait des foudres pour des âmes de ce caractère, mass. Carême, Confess. Des chevaliers français tel est le caractère, volt. Zaïre, u, 3. Quelle véhémence dans les sentiments [chez Corneille] I Quelle dignité, et en même temps quelle prodigieuse variété dans les caractères ! rac. Disc, de récept de Th. Corneille. || Comédie de caractère, celle où l'on présente un caractère dominant qui fait proprement le sujet de la pièce. Le Menteur, l'Avare, le Glorieux sont des comédies de caractère. || Familièrement. C'est un bon caractère d'homme. |l La personne même qui a le caractère. Les mauvais caractères sont toujours malheureux. || Les Caractères de tel auteur, l'ouvrage dans lequel un auteur a peint les caractères, les mœurs. Les Caractères de Théophraste, de La Bruyère || 6' Absolument, ensemble des facultés qui se rapportent à l'action, distinct du cœur et de l'esprit. C'est le caractère qui domine en lui. || Les facultés morales opposées aux facultés intellectuelles. Grand de génie et grand de caractère, bérano. Cinq mai. || Fermeté. Il veut montrer du caractère. Comme il convenait à des hommes de caractère. Dans cet entretien il fit preuve de caractère. Manquer entièrement de caractère. Homme sans caractère. C'est un homme à caractère. Elle aimait mieux qu'on manquât de sagesse que de caractère, et qu'on eût le cœur faible que l'esprit impertinent et corrompu, Marivaux, Vie de Marianne, *• partie, p. 2(8. || Celui, celle qui a dans son moral quelque chose qui se distingue en s'accusant. C'est un caractère. || 7* Absolument, en un autre sens, expression, air expressif. 11 aune physionomie sans caractère. Voilà un beau caractère de tête. La nature a tracé dans ses regards mourants Un si grand caractère et des traits si touchants, volt. Mahom. iv, 4. || Danse de caractère, danse qui représente une petite action. On pria Blanca d'exécuter une de ces danses de caractère où elle surpassait les plus habiles guitanas, chateaub. D. des Abenc. <66. || Dans les œuvres de littérature et d'art, qualité qui les élève au-dessus du commun et du vulgaire; certaine originalité d'intention et de style. Cette comédie, cette musique n'a point de caractère. || En musique, demi-caractère se dit de la musique ou de la danse qui tient le milieu entre le genre grave et le genre comique.
— SYN. caractère, mœurs. En termes de théâtre, on entend par mœurs ou mœurs générales les habitudes qui appartiennent à une nation, à une époque, à tel ou tel âge, à telle ou telle condition. Le caractère, qu'on appelle aussi quelquefois les mœurs particulières, est plus spécial à chaque personnage. Dans [phigénie Achille est ardent, Ulysse est rusé, ce sont deux caractères différents; mais tous les deux doivent représenter les mœurs grecques ou ce que nous consentons à regarder comme ces mœurs.
— HIST. xii* s. L'aveit issi [ainsi] aparilliez, D'arz enchanté e primseignez, E sur lui tant caractes fait, Que jà d'armes n'en fust sanc trait, benoît, Chron. i, 709. || xiu* s. Après doivent faire jurer àchascun des champions que il ne porte bref, ne charei , ne sorcerie, Ass. de Jérus. ch. <02, dans du cange, caraula. ||xiv* s. Le dit Camus usoit et ouvrait de mauvais art, comme de sorceries et caraux, du cange, caraula. Fait faire par une juifve pluseurs poudres et charays, id. ib. Raymon mist certains sorceries, charoiz et faitures soubz le sueil de l'uys de l'ostel, id. ib. || xv" s. Faisant invocation de caractères, sorcelleries, charmes, superstitions et maléfices, monstrel. i, 39. Il xvi' s. Mes caractères se trouvèrent plus vénériens que solaires, mont, i, 86. Le créateur a laissé en ces haults ouvrages le characterede sa divinité, id. n, 148. Le charactere de la cornardise est indélébile, id. m, 347. Le premier chapitre traicte des termes et caractes de ceste règle, etienne de la roche, Arismetique , f° 42.
— ÉTYM. Characler, marque, de Y.apa*Tr,p, de Xapâcraetv , graver. L'historique de ce mot se divise en deux parties : d'abord, formé d'après l'accentuation latine, comme c'est la règle pour l'ancienne langue, il est coracle, caraus, charaie, charoxj, et signifie une sorte de sortilège; plus tard, calqué sur
le latin écrit, il change de forme et étend ses acceptions.
t CARACTERISANT, ANTE (ka-ra-kté-ri-zan, zan-t'), adj. Qui caractérise. C'est un fait célèbre et bien caractérisant [la farce du duc du Maine à la mort de Louis XIV] qui trouvera son détail en son
lieu, ST-SIM. 328, t8.
CARACTÉRISE, EE (ka-ra-kté-ri-zé , zée), part, passé. || 1° Marqué d'un caractère. Les passions si bien caractérisées par Molière. Le moyen âge caractérisé par la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. || 2" Dont le caractère est marqué Le personnage de cette comédie est imparfaitement caractérisé. || Absolument. Il n'a pas une physionomie caractérisée. C'est une monomanie bien caractérisée. Ce sont deux physionomies d'amants fort tendres, mais qui n'ont rien de caractérisé ni d'original, dider. Lett. à Mme Iliccob. || 3° Plaques caractérisées, plaques marquées de caractères magiques, thiers, Superstitions, v, 2. Vieux en ce sens.
CARACTÉRISER (ka-ra-kté-ri-zé), v. a. || 1° Indiquer, mettre en relief le caractère, la qualité propre. Ce peintre n'a pas suffisamment caractérisé ses figures. Ce faitcaractériseparfaitementnotre homme. Les signes qui caractérisent les passions. Ce qui caractérise une maladie. Faire honneur à M. de Maurepas de cet espritde modération, d'indulgence même, quia constamment caractérisé son ministère, condorcet, Maurepas. |[ 2° Se caractériser, v. réfl. La maladie ne s'est pas encore bien caractérisée. Autant de fois qu'une femme sort de soi-même pour se caractériser dans le cœur des autres, pasc. dans cousin.
— ETYM. Bas-lat. characteriiare , de character. CARACTÉRISMK (ka-ra-kté-ri-sm') , s. m. Dans
l'ancienne thérapeutique, conformité prétendue des plantes avec quelques parties du corps humain.
— ÉTYM. Characterismus (voy. caractère).
CARACTÉRISTIQUE (ka-ra-kté-ri-sti-k') , adj.
|| 1* Qui caractérise. Signe, trait, différence caractéristique. || En géologie, fossiles caractéristiques, fossiles qui signalent une espèce de terrains. |[ En grammaire, lettre caractéristique, lettre qui dénote le temps d'un verbe , la formation d'un mot. || Substantivement. L's est chez nous la caractéristique du pluriel dans les noms. [Dans le grec] Il faut considé'er la caractéristique, la terminaison , l'augment, chateaub. Génie, n, vi, 3. || 2° S. f. La caractéristique, ce qui caractérise. Une des caractéristiques des siècles de corruption est que la vertu et les talents isolés ne conduisent à rien, dider. Essai sur Claude. || Terme de mathématiques. La lettre d est la caractéristique des différentielles. Le nombre entier qui précède la virgule dans un logarithme et qui exprime des unités entières, est la caractéristique du logarithme.
CARAFE (ka-ra-F), s. f. || 1" Sorte de bouteille de verre qui se distingue des autres bouteilles par la forme et par l'espèce du verre, et dans laquelle on sert l'eau et quelquefois le vin et les liqueurs. || 2° Le contenu d'une carafe. J'ai bu une carafe d'eau. || 3° Fig. et familièrement. C'est une vraie carafe d'orgeat, pour dire un homme que rien n'excite, froid jusqu'à l'apathie.
— ÉTYM. Espagn.etportug.gorra/a; ital. caraffa; napolit. carrafa, sorte de mesure des liquides; sicil, carrabba; on le tire de l'arabe gerdt, mesure pour les substances sèches, garafa, puiser.
CARAFON (ka-ra-fon) , t. m. || 1° Petite carafe. || 2° Spécialement, une très-petite carafe en usage dans les restaurants. Un carafon de vin. || Le contenu , lequel est environ d'un quart de bouteille, c'est-à-dire deux décilitres. || 3° Seau de bois ou de liégs où l'on met à rafraîchir les boissons.
— ÉTYM. Carafe.
t CARAGAN (ka-ra-gan) , t. m. Terme de botanique. Nom du robinia caragana.
CARAGNE (ka-ra-gn'), s. f. Substance gommorésineuse que l'on attribue à un arbre de la famille des térébinthacées, originaire de la Colombie. || Adj. Gomme caragne.
f CARAGCE (ka-ra-gh'), s. m. Nom d'un animal à bourse du Brésil.
t CARAÏBE (ka-ra-i-b') , s. m. et f. Nom des populations sauvages qui habitaient les Antilles au moment de l'arrivée des Européens. || Langue caraïbe , ou, substantivement, le caraïbe , la langue parlée par ces peuples.
t CARAÏPÉ (ka-ra-i-pé), s. m. Terme de botanique. Nom du xylocarpus carapa.
t CARAiSME (ka-ra-i-sm'), s. m. Doctrine (les caraïtes.
CARAÏTE (ka-ra-i-f), i. m. Secte de Ju's qui,
CAR
attachée au texte de l'Ecriture sainte, et n'admettant que les livres de l'ancien canon, rejette la cabale, les traditions et le talmud.
— ÊTYM. Hébreu, qarâ, lire.
CARAMBOLAGE (ka-ran-l)o-la-j'), *. m. Terme
du jeu de billard. Coup dans lequel la billedujoueur va toucher deux autres billes. Un carambolage difficile; par finesse, en prenant la bille fine; par effet, en faisant faire un effetà labille ; par bandes, en touchant les bandes. Jouer le carambolage, ne compter de points que pour les carambolages. || Fig. Coup double, ricochet.
— ETYM. Caramboler.
f CARAMBOLE (ka-ran-bo-1') , s. f. || f Terme du jeu de billard. La bille rouge, celle qui se place sur la mouche. || Partie qui se joue avec cette bille. || 2° Terme de botanique. Fruit du carambolier, arbre des Indes.
— ÊTYM. Espagn. carambola, carambole et tromperie. Origine du reste inconnue.
CARAMBOLER (ka-ran-bo-lé), v. n. Terme du jeu de billard. Faire un carambolage. || Se dit aussi de la bille. Ce n'est pas votre bille qui a carambolé. || Faire un coup double, un ricochet.
t CARAMBOLIER (ka-ran-bo-lié), s. m. Terme de botanique. Arbre des Indes du genre averrhoa.
CARAMEL (ka-ra-mèl), s. m. Sucre qui, ayant perdu son eau de cristallisation et subi un commencement de décomposition au feu, a acquis une couleur jaune et une odeur aromatique. Nous aperçûmes de loin une île de sucre, avec des rochers de sucre candi et de caramel, fén. xix, 38. j| Au plur. Des caramels, nom de petits bonbons faits par les confiseurs pour les enfants.
— ETYM. Espagn. et portug. caramelo, de l'arabe kora, mochalla, de kora, boule, et mochalla, chose douce.
t CARAMÉLISATION (ka-ra-mé-li-za-sion), s. f. Action de caraméliser; état de ce qui est caramélisé.
t CARAMÉLISÉ, ÉE (ka-ra-mé-li-zé, zée), part, passé. L'eau-de-vie caramélisée.
f CARAMÉLISER (ka-ra-mé-li-zé), e. a. Réduire le sucre en caramel. || Ajouter du caramel à une substance.
t CARANGTJE (ka-ran-gh') , s. f. || 1° Poisson des Antilles d'un excellent goût. || 2" Terme de marine. Enfoncement , abri pour les caboteurs.
f CARANGUER (ka-ran-ghé) , t). n. Terme de marine. Louvoyer à petites voiles pendant plusieurs jours sans pouvoir gagner au vent.
t CARAPA (ka-ra-pa), s. m. Huile de carapa, huile extraite du caraïpé.
CARAPACE (ka-ra-pa-s') , s. (. Test osseux qui recouvre le corps des tortues et, en général, des reptiles chéloniens. C'est le bouclier supérieur ou dorsal de ces animaux; le bouclier inférieur porte le nom de plastron.
— ETYM. Espagn. carapacho. Une calebasse se dit en catalan carabassa, en sicilien caravaiza; il n'y a pas loin pour passer de là, quant à la forme et quant au sens, à carapace.
4.CARAQUE(ka-ra-k'), s. f. ||1° Terme de marine. Nom qu'on donnait autrefois à de très-grands navires. || 2° Nom de certains grands bâtiments portugais qui faisaient les voyages du Brésil et des Indes. || 3° Porcelaine caraque, nom delà plus fine porcelaine des Hollandais, parce que les premières qui sont venues des Indes en Europe, y furent apportées par des caraques portugaises.
— HIST. xiv s. Pour attacher les abillements de la grant carraque d'argent , dorée et esmaillée , qui a esté portée à Amiens ou voyage que le roy a fait au dit lieu pour le traittié de paix, de labobde, Émaw, p. <»5. || xv s. Vaisseaux, navires, carraques, galées et barges, froiss. i, i, et. Une carraquo grande et forte assez pour aller par mer par tout
le monde, id. ji, m, 28 Et prirent les Anglois
deux mille combattants avec quarante nefs à voiles et une grosse carraque, monstrel. i, 42. || xvi' s. Aussi ordonna de vaisseaux ronds, huict ou dix carraques genevoises pour renforcer son armée, m. d" bellay, t>95. Nous y perdimes, par le feu, So monstrueux carragon qui menaçait le ciel, et faisoit fuir, par son horrible grandeur, les balaines, cabloix, V, 27. Mais tirans les ancres du carraquon, qui estoit le plus beau navire de la mer de Ponant.... le feu se mit au fougon, m. du bellay, 596.
— ETYM. Espagn. et portug. cartaca; ital. caracca; holl. kraeke, sorte de gros bâtiment. Origine d'ailleurs inconnue.
t 2. CARAQUE (ka-ra-k'), adj. Cacao caraque, cacao qui vient de la côte de Caracas (Amérique du Sud).
CAB
t CARASSIN (ka-ra-sin), s. m. Nom du poisson dit cyprimis carassius.
t CARASSON (ka-ra-son), s. m. Nom de l'échalas pour la vigne, dans quelques départements.
— HIST. xv s. Le suppliant s'estoit blessé la main en faisant des charrassons, pour mettre es vins, nu cange, carratium.
— ÊTYM. Le même radical que dans échalas (voy.
CARAT (ka-ra; le t ne se lie pas), s. m. || 1° Chaque vingt-quatrième partie d'or pur contenue dans une masse d'or que l'on considère comme composée de vingt-quatre vingt-quatrièmes. De l'or A vingt-quatre carats serait de l'or pur. De l'or à vingt carats ou au vingtième carat. Son mors doit être d'or à vingt-trois carats, volt. Zadig, 3. || Fig. Sot, ignorant à vingt-trois carats, à vingt-quatre carats, très-sot, très-ignorant. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats, Elle passait pour un oracle, la font. Fabl. vu, 15. || Sot à trente-sixcarats, qui se dit quelquefois, n'a pas de sens, puisque le carat étant un vingt-quatrième, on ne peut dépasser vingt-quatre. || 2" Terme de joaillier. Poids de quatre grains. On se sert du carat pour les diamants, perles, etc. || Par extension, nom des petits diamants qui se vendent au poids. Une parure de carats, parure où il n'entre que de petits diamants. || Fig. Ce n'est que du carat, se dit de choses qui sont brillantes, sans avoir pourtant beaucoup de valeur.
— HIST. xv s. Les monnoyes tant en or comme en argent, les dragmes, caras, demi-dragmes, e. deschamps, ytrt de dictier , p. 263. Etant défendu à toute personne de se dire ladre s'il ne l'estoit à vingtquatre carats, à poix de marc, bouchbt, Serées, liv. m, p. 290, dans lacurne. Mocqueurs es touttes races et à tous carats, Contes d'Eutrapel, f. 472, dans lacubne.
— ETYM. Provenç. carat; espagn. et portug. quilate; ital. caralo; de l'arabe qîrdt, qui vient du grec xtpdtio'v, en latin ceratium, le tiers d'une obole. Kepàxiov, au propre, signifie la silique du caroubier (de là le sens d'un poids petit), et dérive de xlpa; , corne (voy. cobne) , par assimilation de forme du fruit avec une petite corne. Carat est, comme abricot, l'exemple d'un mot grec qui est entré dans les langues romanes par l'intermédiaire de l'arabe.
CARATCH (ka-rach), s. m. Tribut, capitation que payent au Grand Seigneur tous ses sujets non musulmans.
— ETYM. Mot turo
t CARATURE (ka-ra-tu-r"), s. f. Alliage d'or et d'argent, ou d'or, d'argent et de cuivre, dont on fait les aiguilles d'essai.
— ÊTYM. Carat.
CARAVANE (ka-ra-va-n'), s. f.\\ V Nom, dans l'Orient et l'Afrique, des troupes de voyageurs qui s'assemblent pour traverser les déserts ou les mers avec plus de sûreté. Les caravanes moscovites, qui allaient trafiquer à la Chine, mettaient une année entière à leur voyage, fonten. Csar Pierre. || 2° Familièrement , troupe de gens allant de compagnie. Nous partirons en caravane. Tous quatre en chemin ils se mirent.... La caravane enfin rencontre en un passage Monseigneur le lion.... la font. Fabl. îv, «2. || S' Les premières courses des jeunes chevaliers de Malte contre les Turcs, parce qu'elles avaient souvent pour objet d'enlever les caravanes qui vont par mer d'Alexandrie à Constantinople. Le cadet était à Malte pour faire ses caravanes. || Fig. et familièrement. Faire ses caravanes, mener une vie dissipée et aventureuse.
— HIST. xiir s. Or vous dirai qu'est carvane : li marcheant Sarazin quant il voelent aler en marchandise en lointaines terres, si parolent ensemble pour faire carvane, do cange, carvana. || xvi's. Une famille esgarée, ayant à changer de demeure.... tout cela m'eust beaucoup moins touché, si je n'eusse eu à me ressentir de la peine d'aultruy, et servir six mois misérablement de guide à cette caravane ,
— ÉTYM. Persan, karoudn, troupe de voyageurs, t CARAVANEUR (ka-ra-va-neur), s. m. Terme de
marine. Vaisseau qui porte des marchandises d'échelle en échelle dans le Levant.
CARAVANIER (ca-ra-va-nié), s. m. Conducteur des bêtes de somme d'une caravane.
— HIST. xv s. Bertrand, sergent et caravanier ou entremetteur des vignes des seigneur et dame de Chastelledeu, du cange, caravellis.
— ÊTYM. Caravane.
t CARAVANISTE (ka-ra-va-ni-sf), s. m. et f. Terme de commerce. Celui , celle qui fait partie d'une caravane.
CAR
CARAVANSÉRAI (ka-ra-van-sé-rè) ou CARA- VANSÉRAIL (ka-ra-van-sé-rall, Il mouillées), t. w». Dans l'Orient, grand bâtiment au milieu duquelexiste une vaste cour et où les voyageurs rencontrent, pour eux-mêmes et pour leurs bêtes de somme, tous les approvisionnements désirables.
— REM. Les orientalistes préfèrent l'orthographe caravanseraï , avec un tréma. On trouve aussi caravansera. Il m'arriva l'autre jour de manger un lapin dans un caravansera, montesq. Lettres pers. 40
— ÊTYM. Port, caravançara ; du persan karoudn sarai , de karoudn, troupe de voyageurs, caravane, et sarai, maison.
4. CARAVELLE (ka-ra- vè-l') , s. f. Terme de marine. Gros vaisseau de guerre turc. || Petit bâtiment de mer, à voiles latines, dont l'usage est propre aux Portugais.
— HIST. xv s. Le roy d'Espagne avoit envoyé quelques caravelles en Sicile, comm. vm, I.... N'y avoit que demi an, avoit envoyé une kirvelle toute chargée de vivres, chastel. Chron. des ducs de B. m, 4 6.
— ÊTYM. Espagn. carabela; ital. caravella, diminutif de l'espagnol et italien caraba , sorte de navire; du latin carabus, barque; du grec xâpot6o;, qui signifie une barque et un crabe (voy. crabe).
t 2. CARAVELLE (ka-ra-vè-1'), t. f. Espèce de clou qu'on nomme aussi carvelle.
CARBATINE (kar-ba-ti-n') , *. f. || 1° Terme d'antiquité. Soulier de paysan fait d'un seul morceau de cuir. || 2° Aujourd'hui nom des peaux molles des bêtes avant qu'elles aient été préparées ou séchées.
— ÊTYM. Lat. carbatina, du grec xapêarivu).
t CARBAZOTATE (car-ba-zo-ta-t'), s. m. Terme de chimie. Synonyme de picrate.
t CARBAZOTIQUE ;kar-ba-zo-ti-k'), ad). Terme de chimie. Synonyme de picrique.
t CARBENET (kar-be-nè) ou CARMENET (karme-nè), s. m. Cépage assez productif.
t CARBET (kar-bè), s. m. || 1° Grande case de sauvages, aux Antilles. || 2' Terme de marine. Toiture pour abriter des embarcations.
t CARBONARISME (kar-bo-na-ri-sm'), *. m. Principes des carbonari; leur association.
t CARBONARO (kar-bo-na-ro), s. m. Membre d'une société secrète d'Italie qui travaillait au triomphe des idées révolutionnaires, et, par extension., membre de sociétés semblables dans les autres pays. I| Au plur. Les carbonari.
— ÊTYM. Ital. carbonaro , charbonnier (voy. ce mot), sobriquet pris par les affiliés de la secte.
CARBONATE (kar-bo-naf), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide carbonique avec les bases.
— ÉTYM. Carbone.
f CARBONATE , ÉE (kar-bo-na-té , tée) , part, passé. Terme de chimie. Combiné avec l'acide carbonique. Le marbre est de la chaux carbonatée.
f CARBONATER (kar-bo-na-té), v. a. Terme da chimie. Transformer en un carbonate; saturer d'acide carbonique. || Se carbonater, v. réjl. Se changer en carbonate , se saturer d'acide carbonique.
— ETYM. Carbonate.
CARBONE (kar-bo-n'), s. m. Terme de chimie. Un des éléments ou corps qu'on ne peut décomooser, abondamment répandu dans la nature-, formant, dans le sein de la terre, des masses plus ou moins considérables, et constituant le charbon, le diamant, le bois, la tige et les feuilles des plantes.
— ÉTYM. Carbo, charbon (voy. ce mot).
CARBONÉ, ÉE (kar-bo-né, née), adj. Terme
de chimie. Qui contient du carbone en combinaison. Gaz hydrogène carboné.
fCARBONECX (kar-bo-neû), adj. m. Terme dechimie. Acide carboneux, nom donné à l'acide oxalique.
— ÊTYM. Carbone.
t CARBONIDE (kar-bo-ni-d'), s. m. Terme de chimie. Nom des substances analogues au carnone.
— ÊTYM. Carbone.
fCARBONIFËRE (kar-bo-ni-fê-r'), adj. Qui porte, qui produit du charbon. Terrains carbonifères. || Qui est destiné au transport du charbon. Chemin de fer carbonifère.
— Etym. Carbo, charbon, et ferre, porter.
CARBONIQUE (kar-bo-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide carbonique, acide formé de carbone et d'oxygène, gazeux, très-répandu dans la nature et produit par la combustion de presque tous les corps et par la respiration des animaux.
— ÊTYM. Carbone.
CARBONISATION (kar-bo-ni-za-sion) , s. f. || 1* Terme de chimie. Action de carboniser, et l'état qui en résulte. || 2° Terme de médecine Brûlure
CAR
an dernier degré, où la partie est entièrement dés< rppnisée et comme réduite en charbon.
— ÊTYM. Carboniser.
CARBONISÉ, ES (kar-bo-ni-zé, zée), part, passé. néduit en charbon. Des os carbonisés.
CARBONISER (kar-bo-ni-zé), V. a. Réduire en rharbon. || Se carboniser, v. réfl. Etre réduit en charbon.
t CARBONITE (kar-bo-ni-f), *. m. Terme de chimie. Nom des sels formés par une base et l'acide carboneux.
— êtym. Carbone.
CARBONNADE (kar-bo-na-d'), î. f. Manière de griller les viandes en les mettant sur les charbons. || La viande ainsi grillée. On nous servit une carbonnade.
— êtym. Ital. carbonata (voy. ciiarbonnée).
f CARBONOMÉTRIE (kar-bo-no-mé-trie) , s. f. Terme de chimie. Mesure de la quantité d'acide carbonique et, par suite, de carbone, rejetée par les poumons dans l'acte de la respiration.
rem. Il serait mieux de dire carbonimélrie ,
puisque le premier élément est latin, et que les mots latins se joignent par la lettre i et non par la lettre o.
— ÊTYM. Carbone, et u,ÉTpov, mesure.
| CARBOSULFURE (kar-bo-sul-fu-r') , s. m. Terme de chimie. Nom des composés de carbone et de soufre.
— ÊTYM. Carbone, et soufre.
f CARBOUILLE (kar-bou-11, II mouillées), s. f. Carie du froment.
— ÊTYM. Forme altérée de carbonele , qui s'est dit autrefois pour charbon des plantes et des animaux, et qui vient de carbunculus (voy. escarboucle).
f CARBOVINATE (kar-bo-vi-na-f), s. m. Terme de chimie. Nom d'un genre de sels peu connus, qui seraient formés par une base et un acide carbovinique non encore isolé.
— ÊTYM. Carbone, et vin.
■f CARBURATION (kar-bu-ra-sion) , s. f. Terme de métallurgie. Opération par laquelle on soumet le fer à l'action du carbone. Carburation du fer.
— êtym. Carbure.
CARBURE (kar-bu-r'), s. m. Terme de chimie. Nom générique des composés auxquels le carbone donne naissance en s'unissant aux métalloïdes et aux métaux. Carbure de soufre. Carbure de fer.
— ÊTYM. Voy. CARBONE.
f CARBURE, ËE (kar-bu-ré, ée), adj. Terme de chimie. Qui contient du carbone en combinaison. Hydrogène carburé.
+ CARCADET (kar-ka-dé) , s. m. Un des noms vulgaires de la caille.
f CARCAILLER (kar-ka-llé, H mouillées), v. n. Se dit du cri de la caille.
— ÊTYM. Onomatopée.
f CARCAILLOT (kar-ka-llo , II mouillés) , s. m. Un des noms vulgaires de la caille.
f CARCAISE (kar-kè-z') , s. f. Fourneau dans lequel le verrier recuit ses creusets et ses ouvrages.
— ÊTYM. Autre forme de carcasse ou plutôt de carquois (voy. ce mot) , le fourneau étant ainsi dit par assimilation.
t CARCAJOU (kar-ka-jou) , s. m. Espèce de blaireau d'Amérique (blaireau labradorique). Le carcajou est une espèce de tigre et de grand chat, chateaubr. Amer. 20. Les ours, les carcajous venaient se cacher dans ces retraites, m. Atala, 252. CARCAN (kar-kan), s. m. || 1° Collier de fer fixé à un poteau pour y attacher un condamné. La peine du carcan a été supprimée en (832. Une femme cria fort haut ; les archers la saisirent et la mirent indiscrètement à un carcan voisin, st-simon, 244, 2. La mauvaise famille est du Maine et de Caen; Oui, tous ces forcats-là méritent le carcan, regnard, Légal, m, 8. || 2° Sorte de collier de bois qu'on met aux cochons pour les empêcher de se frayer passage à travers les haies. || 3° Sorte de collier de pierreries. Ces riches carcans, ces colliers Et cette pompe enchanteresse Ne valent pas un des baisers Que tu donnais dans ta jeunesse, volt. Épttre 28. Les méchants portent l'orgueil à leur cou comme un carcan d'or, chateaubr. Mart. 92.
— hist. xn- s. Celui qui tient carcan, Th. le mart. 73. Un grant cherchant li ont au col lanciet; Li enfes pleure, ne se set consillier, Raoul de C. 307. || xin' s. Un grant charchant [il] li fait el col lacier , Aubery^ dans du cange , carcannum. En buies et en grans carcans, Ren. t. n, p. 192, v. 173». || m' s. Et durant la vie du dit duc de Bra-
CAR
bant, y eut un nommé Jean Chevalier qui voulut mettre à icelui duc un carquant au cou, monstr. ii, 41. || xvi" s. Les capporaulx sont tenus de l'attacher eux-mcsmes au carquan ou collier, carloix, iv, 13. Un carcan, esmeraudé de perles et de rubis, delaborde, Émaux, p. 4 95.
— ÊTYM. Provenç. carcan; bas-lat. carcannum; ital. carcame. Ménage le rattache au grec xapxivo;, qui a la sign ification de tenailles ; mais on ne voit pas comment il serait venu dans les langues romanes. Raynounrd le rattache à carcer, prison, ainsi que le prove açal carcol , collier; mais comment carcer donnerait-il carcan ou carcol? La vraie étymologie est celle que donne Diez : anc. haut-allem. querca; anc. scandin. qverk. cou, gosier.
CARCASSE (kar-ka-s'), s. f. || 1° L'ensemble des os qui forment le tronc, décharnés mais tenant encore les uns avec les autres. Des carcasses de chevaux. Les forteresses [des Gaulois] à la porte desquelles étaient clouées des carcasses de hiboux, des os de morts, ciiateaub. Mart. 295. ||2° Carcasse de volaille, ce qui reste apr'squ'on a enlevé les membres. || 3° Familièrement, le corps. La vieille Sanguin est morte comme une héroïne, promenant sa carcasse par la chambre, se mirant pour voir la mort, sév. 510. Les médecins à qui je laissais gouverner ma carcasse, i. J. rouss. Prom. 7. || Prends garde que je ne te tombe sur la carcasse, prends garde que je ne te batte. j| 4" Fig. Le reste, le débris. Armenonville me vint demander instamment de le servir pour obtenir ce qui n'était plus qu'une carcasse inanimée de charge, st-sim. 435, 42. || 5" Charpente d'un navire en construction , en démolition ou naufragé. Le navire périt corps et biens, on ne put sauver que la carcasse. || 6° Monture en laiton, baleine, etc. d'un chapeau de femme. || 7° Terme de guerre. Machine à feu composée de deux cercles de fer qui se croisent en ovale, dans laquelle on met une bombe avec des grenades, des canons, des pistolets, des feux d'artifice , etc. revêtus d'une toile goudronnée, et qui se jette comme les bombes. Un accident fut cause qu'une carcasse que M. Renau voulut tirer mit le feu à la galiote toute chargée de bombes, fonten. Renau. || 8° Terme de pêche. Corbeille à poisson. || 9° Tout ce qui soutient un ouvrage, en forme la charpente. || ChSssis d'un parquet d'appartement.
— HIST. xiv* s. Le surplus des escrevices, à savoir coquilles et charquois, Ménagier, n, 5. || xvi* s. Il n'est plus question de nostre religion , mais de nostre servitude, et auquel d'entre vous les carcasses de nos os demeureront, Sat. Sfénipp. 469. Rien de nous ne reste en la bierre Qu'une vieille carcasse d'os, rons. 416.
— ÊTYM. Berry, carca, carcas, carcan, carcou, eharcois, charcou; bourguig. quarquaisse ; espagn. carcasa; portug. et ital. carcassa. Aux étymologistes, ce mot a paru composé decar, chair, elcassa ou casso, caisse (voy. caisse), mot à mot, caisse à chair, tronc du corps; à la vérité, l'italien a aussi carcame, qui indiquerait un radical carc (carc-ame) , d'où l'on ariiverait à carcassa; mais, asso ou assa n'étant pas un suffixe italien, il faut voir dans carcame une confusion entre carcassa et arcame, qui veut dire aussi carcasse, qui vient de arca, coffre, et qui avait induit Ménage à tirer carcassa de arca. La comparaison de carcasse et de carquois fait voir que l'étymologie est la même pour ces deux mots et toute différente de celle qui a été jusqu'à présent indiquée. Voy. carquois.
jCARCASSIÈRE (kar-ka-siê-r') , s. f. Terme de marine. Chaloupe canonnière.
— ÊTYM. Carcasse.
f CARCERE-DURO (kar-tché-ré-dou-ro) , s. m. Prison dure, régime tortionnaire des prisons autrichiennes en Italie.
— Êtym. Ital. carcere, prison (voy. chartre), et duro. dur (voy. dur).
f CARCÊRULAIRE (kar-sé-ru-lê-r') , adj. Terme de botanique. Qui tient du carcérule. Fruit carcérulaire.
t CARCÉRULE (kar-sé-ru-1'), s. f. Terme de botanique. Tout fruit sec à plusieurs loges et indéhiscent, comme celui du tilleul.
— ÊTYM. Diminutif de carcer , prison (voy. chartre).
t CARCHARLAS (kar-ka-ri-as') , s. m. Terme de zoologie. Nom du requin.
— ÊTYM. Kapxapîa?.
t CARCnARIODONTE (kar-ka-ri-o-don-f), s. f. Dent fossile d'une espèce de requin ou plutôt du requin fossile.
— ÊTYM. Kopxaptixî, requin, et ôSoùç, dent.
CAK
t CARCHOUFLIER (kar-chou-fli-é), s. m. Un des
noms provinciaux de l'artichaut.
— ÊTYM. Voy. artichaut. Ital. carciofo.
t CARCINOÏDE (kar-si-no-i-d'), î. m. Terme de zoologie. Nom des animaux analogues aux crabes.
— ÊTYM. Kapxivo;, crabe, et elSo;, forme.
t CARCINOLOGIE (kar-si-no-lo-jie), s. f. Histoire naturelle des crustacés.
— ÊTYM. Kapïivo;, crabe (voy. cancer), et >éyo;, traité (voy. logique).
CARCINOMATEUX, EUSE (kar-si-no-ma-teû, teû-z'), adj. Terme de médecine. Qui est de nature carcinomateuse.
— ÊTYM. Carcinome.
CARCINOME (kar-si-no-m') , t, m. Terme de médecine. Synonyme de cancer.
— HIST. xv]' s. Ceste fièvre, de mesme que les carcinomes, demande plustostà estre flattée qu'irritée, PARÉ, XX, 29.
— ÊTYM. Kapxivwna, de xsp/.ivo;, cancer (voy. ce mot).
f CARDAGE (kar-da-j') , s. m. Ensemble des opérations par lesquelles on carde la laine || Dans l'économie domestique, acte de carder les matelas.
— ÊTYM. Carder.
f CARDAINE (kar-dê-n'), s. f. Terme de pêche. Espèce de raie.
t CARDALINE (kar-da-li-n'), t. f. Un des noms vulgaires du chardonneret.
CARDAMINE (kar-da-mi-n')), s. f. Terme de botanique. Plante crucifère à feuillespinnées. a fleurs d'un violet pale, dite aussi cresson des prés (cardamine pratensis, t.).
— ÊTYM. Kap?au.£v»|.
CARDAMOME (kar-da-mo-m') , s. m. Nom donné aux fruits de plusieurs espèces du genre amome, en particulier à celui de l'amomum cardamomum, L.
— HIST. xiii* s. Etcardemoine et nois muscades, Rot Guill. p. 93, dans du cange, gloss. franc.
— ÊTYM. Kap5â|Awu.ov.
*. CARDASSE (kar-da-s'), s. f. Nom vulgaire de la plante appelée nopal.
{ 2. CARDASSE (kar-da-s') , s. f. Terme de métier. Peigne pour la bourre de soie.
— ÊTYM. Carder.
CARDE (kar-d'), *. f. || 1° Nervure médiane des feuilles du cardon ou artichaut cardon cultivé pour servir d'aliment. || Nom donné à la plante ellemême. || 2° Côte, bonne à manger, des feuilles de poirée. Une botte de cardes de poirée ou de cardes poirées. [| 3° Tête épineuse de la cardère ou chardon à foulon, qu'on emploie pour carder la laine. || 4° Machine garnie de chardons à foulon pour peigner la drap. || 5° Peigne de cardeur, formé d'une planchette à manche, laquelle est garnie, d'un côté, de pointes de fil d'archal très-fin.
— HIST. xv" s. Geta contre le dit Georget unes escardes qu'il avoit en sa main, du cange, cardi. || xvr» s. Ne se pouvans perdre les piquerons de la carde, manifeste clairement ce estre une espèce de fruit séparé, non l'artichau sauvage, o. de serres, 6)7. Par graine s'édifie la carde ou cardon,
— ÊTYM. Wallon, gdde; espagn. carda, chardon et carde à carder; ital. cardo, même sens; bas-lat. cardo, instrument à carder; de carduus, chardon (voy. ce mot), employé à carder la laine, et donnant son nom à l'instrument. On voit par là comment carde, légume, et carde, outil, sont un seul et même mot.
CARDÉ, ÉE (kar-dé, dée), part, passé. Laine cardée.
t CARDÉE (kar-dée) , s. f. Quantité de laine qu'on peigne à la fois avec deux cardes.
CARDER (kar-dé), v. a. Peigner avec des cardes ou des chardons à foulon. Carder de la laine, du drap, etc. || Se carder, v. réft. Être cardé. Le crin se carde difficilement.
— HIST. xv' s. Le suppliant et ses gens escarderent et fillerent une tresse pour faire un drap, du cange, cardi. || xvi* s. Crœsus ayant faict prendre un gentilhomme, favori de Pantaleon son frère, le mena en la boutique d'un foullon, où il le feit tant gratter et carder à coups de cardes et peignes de ce cardeur, qu'il en mourut, mont m, (2). Ni Pallas pour avoir monstre l'art de filer, Escarder les toisons, ou l'huile distiler, rons. 694.
— ÊTYM. Norm. iearder; wallon, gâder ; provenç. et espagn. cardar; ital. cardare (voy. carde}.
t CARDERE (kar-dê-r"), s. f. Plante bisannuelle nommée aussi chardon à foulon.
— ÊTYM. Carde.
CAR
CAR
CAR
t CARDERIE (kar-de-rie) , s f. Fi.hrique où l'on carde la laine.
— ÊTYM. Carder
CARDEUR, EUSE (ltar-deur, deû-z'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrtfre qui carde. Cardeuse de matelas. Le Clerc, cardeur de laine, fut le premier pasteur des protestants à Meaux , fên. ii, 6.
— iiist. xv* s. Jehan escardeur de laynes, du Cange, cardi.
— ÊTYM. Carder; provenç. cardaire; espagn. cardador; ital. cardatore.
t CARDIA (kar-di-a), t. m. Terme d'anatomie. Orifice supérieur de l'estomac.
— ÊTYM. KotpSîa, cardia, et cœur (voy. cœur); le cardia fut ainsi nommé à cause de son voisinage du cœur et des sensations douloureuses qu'on y éprouve parfois et que l'on rapportait au cœur.
fCARDlACÊ, ÊE (kar-di-a-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un cœur. || S. m. Les cardiacés, les animaui à coquille en forme de cœur.
— ÊTYM. Kapîia, cœur.
t CARDIAGRAPIUE. Mot mal formé; voy. CAR- DIOGRAPHIE.
t t. CARDIAlRE(kar-di-ê-r'), adj. Terme de zoologie. Ver cardiaire, parasite vivant dans le cœur.
— ÉTYM. KapSia, cœur.
t 2. CARDIAIRE (kar-di-ê-r') , t. f. Autre nom de la cardère.
CARDIALGIK (kar-di-al-jie), f. f. Terme de médecine. Douleur três-vive qui se fait sentir à l'épi gastre, vers l'orifice supérieur de l'estomac.
— ÊTYM. KopSialYio, de xapSia, cœur (voy. ce mot), et à\fUii, souffrir.
f CARDIALGIQUE (kar-di-al-ji-k'), adj. Qui a rapport à la cardialgie.
t CARDI ALOGIE. Mot mal formé; voy. cardiologie.
CARDIAQUE (kar-di-a-k') , adj. || 1° Terme d'anatomie. Qui appartient au cœur, ou bien qui a rapport au cardia. Vaisseaux, nerfs cardiaques. L'orifice cardiaque de l'estomac, le cardia ou orifice supérieur, le plus rapproché du cœur. || 2° Terme de médecine. Médicaments cardiaques, médicaments toniques et stimulants auxquels on attribuait une action spéciale sur le cœur. || Substantivement. Un bon cardiaque. || Maladie cardiaque, maladie qui a régné dans l'antiquité et qui est aujourd'hui éteinte. Elle était caractérisée par une sueur profuse, des palpitations, des défaillances.
— HIST. xvi' s. On doit conforter le cœur par remèdes cardiaques, paré, v, 2». Le vin, lequel est très-souverain cardiaque, id. xx vis, ta.
— ÊTYM. Kapôiaxo; , de xapSia, cœur (voy. ce mot).
t CARDIATOMIE. Mot mal formé; voy. cardio-
TOMIE.
t CARDIECTASIE (kar-di-è-kta-zie), s. f. Terme de médecine. Synonyme d'anévrisme du cœur.
— HIST. KapSia, cœur, etlxavaai;, dilatation, de Èx, etffTâaiî, arrêt, position (voy. stase).
f CARDLER (kar-dié) , s. m. Celui qui fait ou vend des cardes.
— ÊTYM. Carde.
I. CARDINAL, ALE (kar-di-nal , na-1') , adj. || 1° Qui appartient au gond sur quoi une chose roule , important, capital. Il n'est resté dans l'usage commun que joint à certains substantifs. Les points cardinaux, les quatre points cardinaux de l'horizon, nord, sud, est et ouest, auxquels on rapporte tous les autres. || Vents cardinaux, vents qui soufflent des quatre points cardinaux de la sphère. || Les quatre vertus cardinales, justice, prudence, tempérance et force. Les quatre vertus cardinales ont disparu avec les temps d'innocence, volt. Mœurs, **l. || 2° Terme de grammaire. Nombre cardinal, celui qui exprime absolument la quotité. Un, deux, trois, etc. sont des nombres cardinaux; et, premier, second, troisième, etc. des noms de nombre ordinaux. Les nombres cardinaux ont été ainsi nommés parce qu'ils sont pour ainsi dire les gonds sur lesquels les noms de nombre ordinaux tournent. || Adjectif cardinal, nom de nombre cardinal, mot par lequel on exprime les nombres cardinaux. En français, les noms de nombre cardinaux sont tous invariables, excepté un, vingt et cent. || 8° Terme de liturgie. Autel cardinal, autel principal. Messe cardinale messe solennelle. || 4° Terme d'histoire naturelle. Au propre, qui fait partie d'une charnière.
— HIST. xiV s. L'en peut entendre par ces quatre faces ou par ces quatre angles les quatre vertuz cardinaulx : c'est assavoir justice, prudence, fortitude, attrempance, oresme, Eth. 24.
— ÊTYM. Provenç. cardenal; espagn. cardinal; ital. cardinale; de cardinalis, principal, de cardo, gond : ce qui appartient au gond, sur quoi la chose tourne.
2. CARDINAL (kar-di-nal), s. m. || 1° Un des soixante et dix prélats du sacré collège ou conseil du pape, qui ont voix active et passive dans le conclave. Le pape fit une promotion de cardinaux. Le rouge est la couleur des cardinaux. Cardinal-évêque. Cardinal-prêtre. Cardinal-diacre. Cardinal in petto, cardinal dont la proclamation et l'institution sont réservées. Les cardinaux étaient, dans l'origine, des prêtres et des diacres attachés aux églises métropolitaines. Dans ce concile il y eut des cardinaux; on nommait ainsi des prêtres et des diacres qui servaient de conseil aux métropolitains, volt. Mœurs, 31. || Proverbe. Qui entre pape au conclave, en sort cardinal, c'est-à-dire celui qui, avant l'ouverture du conclave, semble avoir toutes les chances en sa faveur pour être pape, échoue cependant et n'est pas élu. || 2" En histoire naturelle, nom d'oiseaux de différents genres dont la couleur dominante est le rouge. Le lendemain je m'éveillai au chant des cardinaux nichés dans les acacias, chateaub. Âtala, 266.
— HIST. xii* s. Car danz Henris de Pise, qui des chardenaux fu, Th. le mart. 62. || un' s. Il contèrent ceste mésaventure au chardonal maistre Pieron de Capes, villeh. cxlv. Li chardonaus, qui de partl'apostole de Rome estoit, en sermona et en fist pardon à tous ceus qui en la bataille morroient, id. clx. Ft après i envoia un cardonnal qui est apelés maistre Pieron de Capes, id. i. Il n'i a cardonal, tant haut l'espée çaigne, Qui l'alast querre là por estre roi d'Espaingne, ruteb. 237. Et diligenment virent l'apostolle et les cardomiaulx ce que en [on] leur porta, joinv. 303. || xvi" s. Quand saint Grégoire parle des cardinaux, il n'entend point les prestres de Rome, mais les evesquesde quelque lieu que ce soit, tellement que prestre cardinal, en somme, ne signifie autre chose en ses escrits qu'evesque ; je ne trouve point que ce nom ait esté en usage auparavant, en quelque signification que ce soit, calvin, Instit. 9)9. Le comte de S. Pol.... enfin fut fait cardinal [décapité, cruelle plaisanterie tirée de la couleur rouge du sang] en grève, Sat. Ménipp. 9t.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. cardenal; portug. cardeal; ital. cardinale; le même que cardinal, adjectif. La déclinaison dans l'ancien français est au nominatif cardenals ou cardenaus, et au régime cardenal; au pluriel c'est l'inverse : nominatif cardenal, régime cardenals ou cardenaus.
CARDINALAT (kar-di-na-la; le t ne se lie pas), s. m. Dignité de cardinal. Le pape Urbain VIII fit dire au cardinal de la Valette qu'il le dépouillerait du cardinalat, volt. Louis XIV, 2.
— HIST. xv' s. On fut avisé au conseil du roi, qui pourroit tant faire et exploiter que on fist démettre ce Boniface et ce Benedict hors de leur papalité et tous les cardinaux hors de leur cardinalité, froiss. m, iv, 36. || xvi' s. Le droict de regale est ouvert par la promotion au cardinalat ou patriarchat, pithoo,66.
— ÊTYM. Cardinal.
CARDINALE (kar-di-na-P), s. f. Terme de botanique. Nom de deux plantes d'Amérique, cultivées dans les jardins à cause de la beauté de leurs fleurs. Cardinale rouge. Cardinale bleue.
— ÊTYM. Cardmal 2.
t CARDINALICE (kar-di-na-li-s'), adj. Qui mtjne au cardinalat; qui est compatible avec le cardinalat. Charge cardinalice.
— ÉTYM. Ital. cardinalizio, de cardinale, cardinal.
tCARDLNALISER(kar-di-na-li-zé),ti. a. Faire cardinal. || Terme de peinture. Rendre rouge. Peu usité.
— HIST. xvi's. Les escrevisses qu'on cardinalise à la cuite, rabel. liv. i, dansLEaoux, Dicl. comique.
— ÊTYM. Cardinal 2.
f CARDINALISME (kar-di-na-li-sm'), s. m. Parti et opinion des cardinalistes.
t CARDINAL1STE (kar-di-na-li-st') , s. m. Partisan du gouvernement du cardinal Richelieu ou du cardinal Mazarin.
— ÊTYM. Cardinal.
t CARDINE (kardi-n'), s. f. Terme de pêche. Espèce de sole.
t CARDINEAU (kar-di-nô), s. m. Terme de pêche. Plie.
tCARDINIFÈRE(kar-di-ni-fê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui porte une charnière.
— ÊTYH. Cardo, cardinis , gond, et ferre, porter.
t CARDIOGRAPHIE (kar-di-o-gra-fie), ». f. Terme d'anatomie. Description du cœur.
— ÊTYM. KapSia, cœur, etYpâçetv, décrire.
f CARDIOLOGIE (kar-di-o-lo-jie), s. f. Terms d'anatomie. Traité du cœur.
— ÉTYM. KapSia, cœur, et X6yo;, traité.
t CARDIOPATHIE (kar-di-o-pa-tie) , s. f. Terme de médecine. Maladie du cœur.
— ÊTYM. KapSia. cœur, etrcàOo?, maladie.
t CARDIOPHYXLE (kar-di-o-fi-1'), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en cœur.
— ÊTYM. KapSia, cœur, et ipOUov, feuille. fCARDIOTOMIE (kar-di-o-to-mie), s. f. Dissection du cœur.
— ÉTYM. KapSia, cœur, ettou9|, dissection.
t CARDITACÊ (kar-di-ta-sé), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de moules en forme de cœur.
— ÊTYM. Cardite 2.
f I. CARDITE (kar-di-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du cœur.
— ÊTYM. KapSia, cœur, et le suffixe médical .... ite.
t ». CARDITE (kar-di-f), s. f. Terme de zoologie. Nom d'un genre de moules.
f CARDITIQUE (kar-di-ti-k'), adj. Terme de médecine. Fièvre carditique, variété de l'intermittente pernicieuse, dans laquelle le malade éprouve des palpitations violpntes et des syncopes.
— ÊTYM. KapSia, cœur.
t. CARDON (kar-don), s. m. Espèce d'artichaut, dont les pétioles des feuilles, larges et épais, sont employés comme aliment, après avoir été étiolés (cynara cardunculus, L.).
— HIST. xvi* s. Les fruits sont les artichaux , cardons, melons.... o. de serres, 607.
f 2. CARDON (kar-don), s. m. Terme de pêche. Un des noms de la chevrette, sorte de crustacé bon à manger.
CARDONETTE ( kar-do-nè-f) , s. f. Voy. char-
nONNETTE.
fCARDCACÉ, ÉE (kar-du-a-sé , sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble au chardon. || S. f. Les carduacées, genre de plantes dont le chardon est le type.
— ÊTYM. Carduus, chardon (voy. ce mot).
t CAREICHE (ka-rè-ch') , s. f. "Terme de botanique. Un des noms de la laiche.
— ÊTYM. Carex, laîche.
t CARÉMAGE (ka-ré-ma-j'), *. m. Nom, dans l'Est, de la semaille qu'on fait en mars.
— êtym. Carême.
CARÊME (ka-rê-m'), f. m. || 1* Les quarante-six jours d'abstinence entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant lesquels, à l'exception des dimanches, jeûnent les catholiques. Prêcher le carême. La mi-carême. Provisions de carême, viandes de carême, nom donné par les catholiques au beurre, huile, légumes, fruits secs, poissons salés et autres aliments de ce genre dont ils usent en carême. Rompre carême, cesser d'observer l'abstinence prescrite. Trouvez-moi une seule famille où le carême s'observe universellement, hass. Motifs de conv. Mme de Guise avait fait et jeûné tous les carêmes, et toute sa vie n'en était pas moins pénitente, st-sim. 86. 4 48. Un libertin à rompre et jeûnes et carêmes, boil. Sat. xi. Il trouva, le premier jour du carême 1677, qu'il pesait t>6 livres une once; il fit ensuite le carême comme il a été fait dans l'Eglise jusqu'au xii* siècle: il ne buvait ni ne mangeait que sur les 6 ou 7 heures du soir; il vivait do légumes la plupart du temps et, sur la fin du carême, de pain et d'eau; le samedi de Pâques il ne pesait plus que )07 livres douze onces, c'est-à-diro que par une vie si austère il avait perdu, en 46 jours, 8 livres 6 onces, qui faisaient la (4* partie de sa substance, fonten. Dodart. Les Abyssins ont un carême de cinquante jours très-riule, MONTESQ.JÏspr. xxvi, 7 .... plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême, boil. Sat. i. || La mi-carême, le jour qui partage en deux le carême, et où se fait quelque réjouissance. || Le carême est bas ou haut selon qu'il commence dans les premiers jours de février ou au mois de mars. || Fig. et familièrement. Mettre le carême bien haut, exiger des choses trop difficiles, ou promettre une chose bfen éloignée. || Fig. Prêcher sept ans pour un carême, s'épuiser en redites, en avis inutiles. || Avoir prêché sept ans pour un carême en quelque endroit, y avoir été longtemps, le bien connaître. || Arriver comme mars en carême , arriver sans faute, immanquablement : en effet, mars arrive toujours en carême. || Cela arrive comme marée en earêmo, cela arrive à propos: en effet, la marée est
CAR
bienvenue en carême. || Face de carême , visage pâli, tel qu'il est après le carême. Voyez cet autre avec sa face de carême, bac. Plaid, m, 3. || Amoureux de carême , amoureux timide, qui n'ose toucher a sa maltresse. || Saint de carême, un homme qui se cache. || 2° Par extension, maigre chère. Ils font de la vie un carême, bérang. B. Dieu. || 3° La série de sermons prêches pendant un carême. Ce prédicateur a fait imprimer deux carêmes. Le petit carême de Massillon, ainsi dit, parce qu'il fut prêché pour Louis XV enfant. Il a fourni de la même manière la carrière de plusieurs carêmes dans les chaires les plus illustres de la France et des Pays-Bas, boss. Fr. Bourgoing. || Proverbes. Pour trouver le carême court, il faut faire une dette payable à Pâques, c'està-dire' le moment de payer une dette, de remplir un devoir onéreux, arrive plus vite qu'on ne voudrait. || En carême est de saison La marée et le sermon.
— HIST. xii* s. Nos entrons hui, chier frère, el tensdel saint quaramme, st. bern. 56I.||xiii*s. à l'entrée de laquaresme, viLLEHARD.dans raynouard. Ainsinc en quaresme s'espruevent; Grâces rendent et si saumoient [psalmodient], ruteb. h, 129. || xiv" s. Je congnois monseigneur à tel que vous Tarez; Ne que mars en karesme faillir vous n'y povez, Guescl. 18H8. || xv* s. Donc il advint qu'ils furent ens ou caresme en Gand à trop grand destroit; car des vivres et fruits de caresme n'avoientils nuls, fboiss. H, u, 148. Il sembloit qu'ils [les sergents] voulsissenttueruncaresme, si fiers estoient, louis xi, Nouv. Lxxxvin. Mais je voue à Dieu qu'il en a pris ses caresmaux [qu'il s'en repentira], id. ib. xxxui. || xvi* s. Onobservoit desja de leur temps le quaresme, calvin, Instit. 999. Déjà estoit la mi-caresme, maro. de nav. Nouv. xxxv. L'eau gaste moult le vin, une charette le chemin, le quaresme le corps humain, leroux de lincy, Proverbes, 1. 1, p. 95. liaresme ou jeune n'ennuient pas Qui fait grand chère à tous repas, id. ib.
Etym. Provenç. caresma, carema, carama,
quaresme, quareme; catal. quaresma; espagn. cuaresma; ital. quaresima; de quadragesima, sous-entendu dies : le quarantième jour (avant Pâques) (voy. quarantième).
CARÊME -PRENANT (ka-rê-me-pre-nan) , s. m. H 1° Les trois jours gras avant le mercredi des cendres, et particulièrement le mardi. On dirait qu'il sst céans carême-prenant tous les jours, mol. B. ;ent. m, 3. Je vous trouve heureuse d'être délivrée île carême-prenant [des farces des jours gras] , sèv. 411. || Tout est de carême-prenant, se dit en parlant de certaines libertés qui se prennent pendant les jours gras. Au milieu de tant d'honnêtetés tout est de carême-prenant, sév. 157. || 2° Personne masquée pendant ces jours gras; et figurément, toute personne ridiculement vêtue. Au secours, au secours, votre fille on l'emporte, Des carêmes-prenants lui font passer la porte, regnard, le Bal, se. 18 Vous voulez donner votre fille à un carême-prenant, mol. B. Gent. v, 7. || Proverbe. Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son
curé.
— HEM. Au pluriel des carêmes-prenants, et non des carême-prenant. Le sens de la locution est non pas qui prend, qui commence carême, mais carême qui prend, qui commence.
— HIST. xii* s. De ci qu'à une feste quarem-pernant, Gér. de fioss.p. 363. || xiu's. La vegile de quaresme pernant [je] vi une merveille que je vous veull raconter joinv. 236. Ceste emprise fu atirée à passer le jour de quaresme prenant, id. 224. Et s'a [au pays de Cocagne] en l'an quatre vendenges, Quatre tozsainz, quatre noex [noêls], Et quatre chandeliers anuex [annuels], Et quatre quaresmiaux prenans, barbazan, Fabl. éd. méon, t. iv, p. 178. || XV s. Messire Pierre de Craon avoit envoyé dès le caresmeprenant, à Paris, audit chastel, de ses varlets qui le servoient pour son corps, froisb. m, iv, 28. || xvi* s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'àcaresme-prenant, marguer. JVou». xxxv.
— Etym. Carême, et prenant (voy. prendre). CARENAGE (ka-ré-na-j'), ». m. || l°Terme de
marine. Lieu commode pour caréner un vaisseau, ou lui donner la carène. Le navire est au carénage. || 2° L'action de caréner. Le navire a besoin d'un 'xin carénage.
— Etym. Carène.
f CARENAI., ALE (ka-ré-r,al, na-1'), ad). Terme Je botanique. Oui appartient à la carène.
— ÊTYM. Carène.
CARENCE (ka-ran-s'), t. f. Terme de pratique.
CAR
Manque absolu. Procès-verbal de carence, procèsverbal qui constate qu'un défunt n'a rien laissé, ou qu'un débiteur est sans ressources.
— HIST. xv* s. Pitié seroit si l'ame en avoit carence par abus en ce monde, chastel. Éloge du bon duc Philippe.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. carencia ; ital. carenxia ; du latin carere, manquer.
CARENE (ka-rê-n'), *. f. || 1° Terme de marine. Longue pièce de bois qui fait le fondement d'un vaisseau. || 2° Les flancs du navire jusqu'à la ligne de flottaison. || 3° Carénage. Mettre, abattre un navire en carène, le coucher sur le côté pour le réparer dans les œuvres vives. || Donner la carène, carène entière, demi-carène à un vaisseau, en refaire la carène, en tout ou en partie. Que tous les autres vaisseaux du port qui ne devaient point être carénés devaient avoir une demi-carène conformément aux règlements, État des travaux, 4 février <679, dans jal. || 4" Terme de botanique. Le pétale inférieur des fleurs papilionacées, parce que la forme a quelque analogie avec celle de la carène d'un vaisseau.
— HIST. xvi* s. L'espine est comme siège et fondement de tout l'assemblage et liaison du corps, comme la carine est le fondement de tout le navire, PARÉ, iv, (8.
— ÊTYM. Carina, carène.
CARÉNÉ, ÉE (ka-ré-né, née) , part, passé. || 1" Terme de marine. Vieux vaisseau caréné. || 2° Terme de botanique. Qui est en forme de carène. Feuille carénée. Enfin la forme carénée du blé le rend propre à flotter longtemps sur les eaux, bern. de s.-p. Harm. i, Tabl. gén. || 3* Terme de zoologie. Caréné se dit des oiseaux qui ont le sternum garni d'un bréchet.
CARÉNER (ka-ré-né; la syllabe ré prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je carène ; excepté au futur et au conditionnel : je carénerai, je carénerais), v. a. Refaire la carène d'un vaisseau; le réparer dans les œuvres vives. Les Anglais travaillaient à établir des chantiers où l'on pût caréner les vaisseaux à sec, volt. Russie, i, 10.
— ETYM. Carène.
CARESSANT, ANTE (ka-rè-san, san-t'), adj. || 1* Oui caresse, qui aime à caresser. Un enfant, un chien caressant. Je n'ai point l'heureux don de ces esprits faciles Pour qui les doctes sœurs, caressantes, dociles, Ouvrent tous leurs trésors, i, B. rouss. Odes, m, l.||2*Eo parlant des choses. Un ton caressant. De caressantes paroles. Hélas ! à quels soupirs suis-je donc condamnée! Moi qui de mes parents toujours abandonnée, Étrangère partout, n'ai pas, même en naissant, Peut-être reçu d'eux un regard caressant, bac. Iphig. n, 3. || 3" Fig. Le zéphyr, le flot caressant. Sans dédain, sans courroux puissé-je être écouté I Puisse un vers caressant séduire la beauté! a. chén. EL 34.
CARESSE (ka-rè-s'), s. f. || 1° Marque extérieure d'affection, qui se donne par la main, par les lèvres, et quelquefois aussi par les manières et les paroles. De perfides carysses. Faire caresse à quelqu'un. Il me fit d'abord mille caresses, car il m'aime toujours, pasc. Prov. 6. Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses, corn. Cinna, ni, 4. Cela se passera avec un peu de caresse que vous lui ferez, mol. G. D. u, 12. Je vous vois accabler un homme de caresses, id. Mis. i, t Os de poulets, osde pigeons;
Sans parler de mainte caresse, la font. Fabl. i, 6. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, rac Baj. i , l . Ah ! si vous aviez vu par combien de caresses Il m'a renouvelé la foi de ses promesses, lu. Brilann. v, 3. Dès vos plus jeunes ans, mes soins et mes tendresses N'ont arraché de vous que de feintes caresses, id. ib. Cette princesse lui a fait des caresses infinies, sév. 418. Sans songer que mêmes tendresses , Mêmes serments , mêmes caresses Trompèrent un autre avant lui, J. B. rouss. Odes, u, 16. || 2° Fig. Les caresses de la fortune. Ce doux pays reçoit du haut des cieux De ses rayons [du soleil] les premières caresses, c. delà vigne, Paria,
I, 5 N'offrir qu'aux talents de vertus ennoblis
Et qu'à l'amitié douce et qu'aux douces faiblesses, D'un encens libre et pur les honnêtes caresses, A. chén. El. te.
— HIST. xvi* s. Et bien où voulez-vous aller, Mon miel, ma douceur, ma caresse? r. bellead, OEuvres, p. 430, dans lacurne.
— ETYM. Ital. carezza; de caro, cher; du latin carus (voy. cher).
CARESSÉ, ÉE (ka-rè-sé, sée), part, passé. Cet enfant caressé par sa mère. Mon bon ami, que j'aime à être bien voulu etcaressél il me semble
CAR
alors que je ne suis plus malheureux, J. >. rouss. IMH. Moultou, 21 juin I7C2. || Fig. Un tabluau trèscaressé, tableau d'un grand fini, léché, comme on dit aujourd'hui.
CARESSER (ka-rè-sé), v. a. || 1» Faire des caresses. Caresser un enfant, un chien L'âne de
la fable, Qui, pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser, la font. Fabl. iv, 6. Et soit frayeur encore ou pour me caresser De ses bras innocents je me sentis presser, rac. Ath.i, 2. Il faut nous flatter et nous caresser comme des enfants, pour nous tenir en bonne humeur, Nicole, dans bouhours, Rem. Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse. Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant? mol. Mis. i, 1. 1| Poétiquement. Le zéphyr caresse les fleurs. Le flot caressait les flancs du navire. || Ironiquement. Il lui caressa les épaules à coups de bâton. | Caresser la bouteille, aimer à boire. || Se dit, particulièrement et dans un langage libre, des caresses amoureuses. Leurs femmes caresser.... Régnier, Sol. ix. Vos griffes la pourront blesserQuand vous voudrez la caresser, la font. Fables, iv, t. Boit son vin, caresse sa fille, id. ib. iv, 4. Les Français chantaient, buvaient, caressaient les filles dans les cathédrales, volt. Moeurs, 57. De mon vin ils prennent leur part, Ils caressent ma chambrière, bérang. Mon enlerr. |j Terme d'artiste, étendu aussi aux œuvres littéraires. Caresser un ouvrage, le faire avec amour. || 2° Fig. Flatter. Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, corn. Cid, iv, 2. Il feint, il me caresse et cache son dessein, rac. Milh. rv, 2. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vons ou s'écarte ou s'empresse, id. fini, iv, l. Mon fils peut caresser la main qui nous opprime! c. delavigne, Vêpres sic. i, i, || 3° Entretenir, nourrir. Caresser un amour, un espoir, une idée. Un mal que nous caressons. Quand de vos ennemis caressant l'insolence, volt. Tancr. iv, 6. Par des soumissions caresser son orgueil, id. Ali. i, t . || 4° Terme de peinture. Caresser le nu, jeter les draperies de manière à faire apercevoir le nu. || 6° Se caresser, v. réfl. Se donner réciproquement des caresses.
— SYN. caresser, faire des caresses. Ces termes ne sont pas synonymes en tout. Caresser un enfant, ou faire des caresses à un enfant, peuvent se dire exactement l'un pour l'autre. Mais il n'en serait plus de même dans cette phrase-ci : Le roi lui fit beaucoup de caresses, c'est-à-dire le reçut avec des marques d'affection toutes particulières; au lieu que caresser, si on le mettait ici en place de faire des caresses, porterait l'esprit vers des caresses effectives.
— ÊTYM. Caresse; ital. careziare. Ce mot parait être entré dans la langue au commencement du xvn* siècle, par l'italien carezzare.
t. CARET (ka-rè), s. m. Tortue des côtes de l'Amérique, du Mexique, des côtes de la Guinée et de la mer des Indes, dont la chair est malsaine; mais les œufs en sont recherchés, et on travaille l'écaillé.
2. CARET (ka-rè), s. m. || 1° Dévidoir à l'usage des cordiers. j| 2° Fil de caret, gros fil qui sert à fabriquer les cordages pour la marine.
— HIST. xv* s. Laquelle femme filoit au tour ou charet, ducange, charelum.
— ÊTYM. Prononciation picarde de charet, diminutif de char (voy. ce mot), par assimilation d'un dévidoir à un chariot.
f CARETTE (ka-rè-f), s. f. Cadre fiùsant partie du métier à tisser les étoffes.
— ÊTYM. Caret 2.
f ÇA -REVAUT (ça-re-vô). Terme de chasse. Cri pour avertir que le cerf retourne dans les bois qu'il habite.
f CAREX (ka-rèks) , *. m. Terme de botanique. Genre de plantes appelées communément laîches.
CARGAISON (kar-ghè-zon) , s. f. Terme de ma rine. Charge d'un vaisseau. || Charge entière du navire. || Facture des marchandises chargées. || Temps propre à charger les diverses marchandises. C'est le temps de la cargaison des vins, des huiles, des morues, savary.
— ÊTYM. Carguer pour charger (voy. ce mot). CARGUE (kar-gh'), s. f. Terme de marine. Cordages qui servent à carguer les voiles.
— ÊTYM. Voy. CARGUER.
CARGCÉ, ÉE (kar-ghé, ghée), part, passé. Voiles carguées.
CARGUER (kar-ghé). || i* V. a. Terme de marine. Serrer et trousser les voiles contre leurs ve gués, au moyen des oargues. Carguer les voiles. || 2* V. it. Pencher sur le côté en naviguant.
CAR
CAR
CAR
— ÊTYM. Ital. caricare, charger (voy. charger): carguer les voiles, en faire une charge, un paquet.
t CARGUEUR(kar-gheur),*. m. Terme de marine. Matelot employé à carguer. || Poulie pour amener et puinder le perroquet.
t CARI (ka-ri), s. m. || I* Poudre de cari, assaisonnement composé de piment, de curcuma et d'autres épices pulvérisées. || 2" Volaille ou tout autre mets préparé avec ce condiment. Manger un cari.
t CARIA (ka-ri-a) , s. m. Terme de marine. Pou de bois très-destructeur.
CARIATIDE (ka-ri-a-ti-d'), s. f. Figure de femme ou même d'homme, qui supporte une corniche. L'histoirelui fournit la matière delà plupart des ornements d'architecture, dont il doit savoir rendre raison ; par exemple , si sous les mutules et les corniches, aulieu de colonnes, il met des statues de marbre en forme de femmes honnêtement vêtues que l'on appelle cariatides, il pourra apprendre à ceux qui ignorent pourquoi cela se fait ainsi , que les habitants de Carie, qui est une ville de Péloponnèse, se joignirent autrefois avec les Perses, qui faisaient la guerre aux autres peuples de la Grèce, et que les Grecs, ayant par leurs victoires glorieusement mis fin à cette guerre, la déclarèrent ensuite aux Cariâtes; que leur ville ayant été prise et ruinée, et tous les hommes mis au fil de l'épée, les femmes furent emmenées captive» et que, pour les traiter avec le plus d'ignominie on ne permit pas aux dames de quitter leurs ro'-es accoutumées ni aucun de leurs ornements, »fin que non-seulement elles fussent une fois me.iées en triomphe, mais qu'elles eussent la honte je s'y voir en quelque façon menées toute leur vie, paraissant toujours au même état qu'elles étaient lejourdu triomphe, et qu'ainsi elles portassent la peine que leur ville avait méritée; or, pour 'aisser un exemple éternel de la punition que l'on avait fait souffrir aux Cariâtes, et pour apprendre à la postérité quel avait été leur châtiment , les architectes de ce temps-là mirent, au lieu de colonnes, ces sortes de statues aux édifices publics, Perrault, Vitrwce, I, t . Les cariatides du Pandroseum sont des modèles, chateaub. Itin. 197.
— rkm On ne voit pas pourquoi l'Académie n'a pas cor serve l'orthographe étymologique : caryatide.
— ÊTYM. K«pu<£ti8ïç, les jeunes filles de Caryx. t CARIATIDIQUE (ka-ri-a-ti-di-k') , adj. Qui se
rapporte aux cariatides, t CAR1BARI (ka-ri-ba-ri), s. m. Navette volante.
— ÊTYM. Peut-être est-ce une forme de charivari (voyez ce mot), à cause du bruit que produit la navette.
CARIBOU ou CAK I DOUX (ca-ri-bou), s. m. Terme de zoologie. Nom donné au renne par les habitants du Canada. Les caribous et les orignaux de l'Amérique septentrionale ont leur temps de migrations, chateaub. Génie, i, v, 9.
CARICATURE (ka-ri-ca-tu-r'), s. f. (| 1* Terme de peinture. Représentation grotesque de personnes, d'événements qu'on veut ridiculiser. Une caricature spirituelle. Les caricatures politiques. || 2* Imitation dérisoire, charge. Molière a fait le portrait de l'avare, dont d'autres n'ont donné que la caricature. Votre oiseau [flamant] ressemble assez aux caricatures que M. Hubert a faites de moi, volt. Lett. à Cath. i 22. C'est cette vérité dans la couleur qui distingue le portrait d'avec la caricature, dider. lléjl. sur Térenee. Ce ne sont là de la part de nos adversaires que des caricatures économiques qui ne permettent pas les regards sérieux de la raison, Mirabeau, Collection, t. îv, p. 161. || 3* Personne ridiculement accoutrée ou dont la figure est grotesque. Avec ses plumes et sa robe rose, cette vieille femme est une caricature.
— ÊTYM. Ital. caricatura, charge, de caricare, charger (voy. charger).
t CARICATURER (ka-ri-ka-tu-ré) , v. a. Représenter en caricature.
t CARICATURISTE (ka-ri-ka-tu-ri-sf) , s. m. Artiste qui s'adonne au genre de la caricature.
t CARICÉE (ka-ri-sée) , s. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont le carex est le type.
— ÊTYM. Voy. carex.
tCARICOÏDE(ka-ri-ko-i-d'). || i'Adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une figue. || 2" S. (. Pierre figurée en figue.
— ÊTYM. Carique, et eîSo;, forme.
CARIE (ka-rie), *. f. || 1° Terme de médecine. Destruction des os et des dents par voie d'ulcération. || 2" Terme de botanique. Maladie analogue par ses effets à la carie des animaux. Elle consiste en une altération progressive de la substance ligneuse des
arbres , suivie de ramollissement. || Maladie des graines céréales dans laquelle la farine est remplacée par une poussière qui n'est autre chose que la substance d'un champignon du genre uredo (uredo caries) .
— hist. xvi* s. Lorsqu'il y a carie, c'est à dire pourriture en l'os du talon, ce mal est incurable, pare, XIV, 68.
— ÊTYM. Caria.
CARIÉ, ÊE (ka-ri-ô, ée), part, passé. || 1° Atteint de carie. Os carié. Dent cariée. Arbre carié. Grains cariés. |] Fig. Cœur carié, cœur corrompu. || 2" Terme de minéralogie. Se dit d'une roche percée de cavités irrégulières.
CARIER (ka-ri-é), v. a. ||1* Attaquer de carie. Une affection scrofuleuse a carié plusieurs os chez ce petit malade. || 2" Se carier, v. réft. Etre affecté de carie. Ces blés se carient. L'os s'étant carié, la cuisse fut tantôt pourrie et le mal emporta Cambyse, p. l.