COURIER
— ÊTYM. Bourguig. casane; provenç. des-caiernar, déloger; espagn. et portug. caserna; ital. caserma; du latin casa, maison (voy. case), à l'aide d'un suffixe semblable à celui de cav-erna, dérivé de cava.
CASERNE, f.E (ka-zèr-né, née), part, passé. Mis dans une caserne. Les troupes casemées. || En parlant des élèves des écoles spéciales, on dit qu'ils sont casernes quand Us sont pensionnaires et retenus ainsi toute la semaine à la maison, comme à l'école polytechnique, à l'école normale, à la différence des écoles en droit et en médecine où les élèves sont libres. || Familièrement, renfermé. Nous avons été tenus casernes tout l'hiver par les neiges.
CASERNEMENT (ka-zèr-ne-man), s. m. Action de oaserner. Le casernement des troupes. Effets de casernement. || Le temps pendant lequel des troupes sont casemées. || Système d'après lequel les élèves d'une école spéciale sont casernes. Le casernement n'a pas toujours eu lieu aux écoles normale et polytechnique.
— êtym. Caserner.
CASERNER (ka-zèr-né). || 1* V. a. Loger dans des casernes. On casernera la garnison. || 2° V. n. Être logé dans des casernes. Les troupes ne sont plus guère logées chez l'habitant, elles casement dans les villes de garnison.
— ÊTYM. Caserne.
t CASERNET (ka-zèr-nè), *. m.Termede marine. Cahier sur lequel on inscrit ce qui se passe pendant la durée de «haque quart.
— ÊTYM. Diminutif du provenç. caxern, qadern, cahier; catal. quadern; espagn. cuaderno; portug. etilal. quaderno; du latin auaiernuro, cahier de
CAS
quatre feuilles, et, en général, cahier, de quatuor (voy. quatre; voy. aussi cahier à l'étyinologie).
t CASERNIER (ka-zer-nié), s. m. Concierge d'une caserne.
— ÊTYM. Caserne.
f CASET (ka-zê), *. m. Terme de pêche. Appât.
t CASETTE (ka-zè-f), t. f. || 1* Petite maison, chaumière. Vieux. || 2° Enveloppe des poteries dans le four.
— hist. xvr s. Un gentil pasteur en sa caselte champestre, yver, p. 558.
— ÊTYM. Diminutif de case, ital. caselta; espagn. caseta.
t CASÉCM (ka-zé-om'), *. m. Terme de chimie. Voy. CASÉINE.
— ÊTYM. Caseus, fromage.
CASIER (kà zié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel \'s se lie : des ka-zié-z élégants), ». m. || 1° Assemblage de plusieurs cases pour classer des papiers, des livres etautresobjets. || 2°Terme de marine. Compartiments pour renfermer les sacs de l'équipage. || 3° Terme de pêche. Engin qu'on descend souvent à une grande profondeur pour prendre les langoustes, les homards, etc.
— hist. xiv* s. Le suppliant print furtivement en un casier un fromage dur, du cange, casiatum. || xv* s. Un casier est un garde-manger en la façon d'une huche, long et eslroit pour raison et assez profond, loois xi, Nouv. lxxiii. Ils ouvrirent le casier, où ils trouvèrent ce pauvre prisonnier doré et empapiné d'oeufs, de fromage et de lait, id. «6.
— ETYM. Le mot parait dériver de case; cependant il y a dans l'historique casier, lieu où l'on serre le fromage, et casier, sorte de huche, qui viennent de caseus, fromage (voy. caseum) ; et rien n'aurait été si facile que de passer de l'idée de huche à celle de casier. Il est très-vraisemblable que casier, dérivé de case, et casier, dérivé de caseus, se sont confondus ; confusion fréquente entre des mots qui, bien que provenant de racines toutes différentes, se ressemblent pour la forme et, jusqu'à un certain point, pour le sens.
CAS1LLEUX. EUSE (ka-zi-lleû, lteû-z', II mouillées), adj. Terme de vitrier. Verre casilleux, verre qui, sous le diamant, casse au lieu de se couper.
— ÊTYM. Peut-être quelque forme irrégulièrement tirée de casser.
CASIMIR (ka-zi-mir) , ». m. Etoffe de laine croisée, fine et légère.
— ÊTYM. Mot récent et qui est sans doute le nom propre Casimir dont on a fait quelque application.
t CASINO (ka-zi-no) , s. m. Nom propre d'un lieu de réunion pour lire, causer, jouer ou danser, qu'on applique quelquefois, par imitation, à d'autres lieux pour des réunions semblables. |j Au plur. Des casinos.
— ÊTYM. Ital. casino, maison de campagne, diminutif de cota, maison (voy. case).
CASOAR (ka-zo-ar) , s. m. Nom d'un oiseau échassier, à ailes plus courtes que celles des autruches, presque aussi gros que l'autruche et ne volant pas. Nos gros oiseaux sont fort petits, si on les compare au casoar, buff. Casoar.
— ÊTYM. Espagn. casobar. Dans Furetière il est nommé casuel ou gasuel; du malais cassuwaris , nom de cet oiseau.
+ CASPIEN, IENNË (ka-spiin , spié-n') , adj. Terme de géographie. Disposé, en parlant d'un amas d'eau salée , de manière à être complètement enfermé par la terre.
— ÊTYM. Ainsi dit de la mer Caspienne, qui n'a aucune communication avec les autres mers.
CASQUE (kas-k'), s. m. || i° Arme défensive dont on se couvre la tête. Casque de dragon, de pompier. Marcher casque en tête. Ce simple bouclier, ce casque sans couleurs, volt. Tancr. m, 4,Gaîment frappons sots et fripons, En casque, en mitre, en cotte, bérang. Marotte. Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, non.. Sat. vin. || Fig. Vois-tu , parmi ces grands , leurs compagnes hardies.... Opposer aux mépris un front toujours serein, Et du vice endurci témoignant l'impudence, Sous leur casque de plume étouffer la décence, Gilbert, le XVII !• siècle. || Familièrement. S'en donner dans le casque (c'est-à-dire dans la tête), boire un coup de trop, s'enivrer. Ils furent dans un cabaret boire quelques pots de bon vin.... si bien que le malheureux Jean s'en donna dans le casque, L'Art de plumer la poule sans la faire crier, ix* aventure, p. 403. || Par plaisanterie, casque à mèche, bonnet de coton. Du casque à mèche blanc, dit bonnet de colon, pommier, Colères. || 2* Terme de
CAS
blason. Représentation d'un casque sur l'écusson des armoiries. Porter le casque de lace. Il n'y a que les souverains qui portent le cus.|ue ouvert et couronné. Qu'est devenue la distinction des casques et des heaumes T Le nom et l'usage en sont abolis; il ne s'agit plus de les porter de front ou de cfité, ouverts ou fermés, et ceux-ci de tant ou de tant de grilles.... la brut. 44. || 3* Terme de zoologie. Tubercule qui surmonte la tête de quelques oiseaux. || Le squelette cutané de la tête des insectes. || Masque voûté des larves des demoiselles d'eau. || 4° Terme de botanique. Fleur en casque, fleur dont la forme ressemble à cette armure, telle que les aconits el les labiées. || Casque militaire, espèce d'orchis. || 5* Espèce de grande cuiller pour transporter des boulets rouges. || 6* Cuir très-fort.
— HIST. xv* s. 11 vaut bien mieux cacher son nez dans un grand verre; Il est mieux assuré qu'en un casque de guerre, basselin, xix.
— ÊTYM. Espagn. et ital. casco. Ménage tire c» mot du latin cassis, casque, par l'intermédiaire d'une forme cassicum, qui n'aurait pas donné l'italien casco. Diez le tire , avec toute raison , ûe l'espagnol casco, crâne, et aussi tête; de sorte que casco signifierait primitivement quelque chose de cassé, de l'espagnol cascar, briser, tiré par un suffixe te (quassicare) de quassare (voy. casser). Casque a chassé et remplacé le mot heaume qui seul se trouve dans les anciens textes.
t CASQUÉ, ÉE (kas-ké, kée), adj. || 1° Couvert d'un casque. Istobad ne doutait pas qu'étant casqué, brassardé, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig,l\. || 2°Terme de numismatique. Qui a un casque. Tête casquée. || 8*Terme dezoologie. Qui porte des tubercules en forme de casque; dont la tète est d'une autre couleur que le corps.
— Etym. Casque.
t CASQUET (ka-skè), s. m. || l'Ancien terme militaire. Casque léger et ouvert. || 2° Sorte de râteau de bois.
— hist. xvi* s. Et s'ils vouloyent avoir un casquet et un rondache à preuve.... lanoue , 267. Ses espions et ses casquets Et ses boucliers bien espais, am. jamyn, Poésies, p. 57, dans lacurne.
— ÊTYM. Diminutif de casque.
CASQUETTE (kas-kè-f), ». f. Coiffure d'homme,
faite d'étoffe ou de peau, garnie ordinairement d'une visière. Casquette de chasse. Sortir en casquette et eu veste. || Populairement. 11 est un peu casquette. Il a bu un coup de trop, il est gris. Pour cette locution , voyez casque.
— ETYM. Casquet.
| CASSABLE (kâ-sa-bl'), adj. Qui peut être cassé facilement.
— hist. xvi* s. Cassable, oudin.
— ETYM. Casser.
CASSADE (kâ-sa-d'), s. f. \\ 1° Bourde qu'on invente , mauvaise excuse , défaite. Donneur de cassades. Un valet.... L'avait galantement payé d'une cassade, Régnier, Sat.x. || 2° Au brelan, etc. Renvi fait avec vilain jeu, afin d'obliger les autres joueurs à quitter. Faire une cassade.
— HIST. xvi* s. [M. de Vieilleville était] en la chambre de Mme d'Estampes jouant au flux à toutes restes avec elle, et M. le cardinal de Lorraine, car la première [la prime] n'estoit encore en usage: auquel lieu il [le Dauphin] s'achemina incontinent; et après avoir vu donner trois ou quatre cassades, il fit à M. de Vieilleville ce commandement, carloix, i, 35. Ce que M. de Vieilleville, aux escoutes de l'événement de sa cassade [ruse] , vint incontinent faire entendre à M. de Saint-André, m. il, 9. Luy donnoit fort souvent des cassai les, et luy racomptoit pour vrayes des nouvelles qu'il venoit promptement d'inventer, des accords, Contes de Gaulard, p. *6, dans lacurne. Il est bien vray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traité de Madrid; mais le roy le rompit tout à trac ^uand il fut de retour en France, si b.en que M. de Bourbon eut la cassade, brant. Capil. estrang. t. i, p. 2)2, dans lacurne.
— ÊTYM. Ital. eacciata, cassade au brelan , de cacciare, chasser, pousser (voy. chasser). Cassade s'est dit d'abord au brelan, puis pour toute espèce de feinte , de bourde.
t CASSAGE (kâ-sa-j') , s. m. Action ou opération de casser. Le cassage des minerais.
— êtym. Casser.
t CASSALLLE (kâ-sa-11, H mouillées), i. f. Terme d'agriculture. La première façon qu'on donne à un champ en jachère.
— ÊTYM. Casser.
t 4. CASSANDRE (ka-san-dr'). || 1° S. m. Persou-
CAS
nage de la comédie italienne, et de là, un vieillard ridicule. || 2° S. (. Fille de Priam, qui, prédisant l'avenir, n'iMaii jamais crue des Troyens.
— ÉTVM. Ital. Cassandro, de Kiooavôpoc, Kâaoav- Sp» .jms propres, de xàm;, frère, et àvr]p, homme.
T î. CASSANDRE (ka-san-dr'), s. f. Danse célèti.'e du temps de Ronsard.
— êtym. Cassandre, nom de la maltresse de Ronsard.
CASSANT, ANTE (kâ-san , san-t') , adj. || 1° Sujet à se casser, à se rompre; qui se casse aisément. |j Poires cassantes, àchaircassante, poiresqui cassent et résistent légèrement sous la dent , par opposition aux poires dites fondantes. || Métal cassant, métal doué de la propriété opposée à celle qu'on nomme ductilité et malléabilité, et qui est ordinairement le partage de corps très-durs, etc. L'acier trempé très-dur est cassant. Laboissière ramassa les deux morceaux de nacre et les regarda un instant avec une affectation d'inquiétude : Savez-* ous que vous me faites peur? dit-il; serais-je sans m'en douter aussi cassant que cela? ch. de Bernard, Je Gendre, % 6. |j 2° Fig. Qui tranche durement, qui contredit avec raideur. C'est un homme cassant. Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère, et d'une voix brusque, cassante et concentrée, sèour. Hist. de Napol. vm, 11. Il Un air, un ton cassant, sec, insolent, querelleur
— rem. Cassant est pris dans deux sens, l'un passif, l'autre actif. Un mêlai cassant est un métal qui est rassé facilement, tandis qu'au figuré un homme cassant est celui qui casse en quelque façon ceux qui l'approchent.
— HIST. xvrs. On sceit bipn que uni? voyage finy, les nouvelles bandes voni à Saint Cassant .sont licenciées], cabloix, iv, «9.
f cassa Ri) (kâ-sar), s. m. Un des noms Tuigaires de la buse.
— ÊTYM. Casser.
CASSATION (ka-sa-tion) , ». f. [| 1* Terme de jurisprudence. Acte juridique par lequel on casse des jugements, des actes et des procédures. Demande, recours, pourvoi en cassation. Se pourvoir en cassation. 11 y a ouverture à cassation. || Cour de cassation, le tribunal suprême qui casse et annule en dernier ressort, pour vice de formes ou violation des lois || 2° Droit de cassation, droit qu'eut longtemps l'ancienne Université jusque sous Louis XII, de suspendre à volonté les leçons des auditoires et les sermons des paroisses, pour faire triompher ses réclamations.
— ETYM. Casier.
CASSA VE (ka-sa-v'), s. f. Sorte de galette préparée avec la racine râpée de manioc cuite sur des plaques chaudes; cette racine, brisée et réduite en grumeaux, est appelée farine de manioc; c'est en cet état qu'on la mange, sans en faire de pain; ces galettes sont d'un kilogramme et demi sur les marchés de Cayenne, et du double au Brésil, legoarant.
t. CASSE (kà-s'), s. f. || 1* Terme d'imprimerie. Sorte de boite plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse et le bas de casse, et divisée en petites cases pour chaque caractère. Haut de casse, la partie supérieure, qui contient les capitales et différents autres caractères. Bas de casse, la partie qui est sous la main du compositeur, et qui contient les lettres ordinaires, dites pour cette raison, lettres du bas de casse. || 2" La partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes. La casse de l'écritoire est rompue.
— HIST. xiv* s. La casse qui soutient la lunette du miroir, tfodus, f° lxih. || xvi* s. Que les escus seraient nombres et mis en des casses de bois, puis seroient emballées les dites casses et scellées, m. du