CASSE (kâ-s'), s. f.\\l° Action de casser. La
caisse est mal faite, les objets sont mal emballés,
il y aura de la casse. Les domestiques ont tant de
gage dans cette maison , et tant de casse, ou la casse
est à leur charge. Le voiturier ne répond pas de la
casse, il 2* Surface mise à nu, quand on casse du
fer. Un métal ou tout autre corps. || 3° Peine mill-
, taire qui consiste dans la perte d'un grade. Et pour
i s'être mal défendu on lui donna de la casse, Lett.
I cur. dans i.ehoox. Oict. comique. || Fig. Donner de
f la casse, déposséder quelqu'un d'un emploi, d'un
'' poste. || Anciennement. Lettres de casse , lettres par
esquelles le roi ordonnait de casser un officier.
— hist. xvi* s. Et sur le bruit qui avoit couru de la casserie générale qu'il avott faicte de ceste valetaille, caklaix, ii, 18.
— ÊTYM. Lasser.
f 6. CASSE (ka-s'), s. f. Terme de commerce. Sorte de toile de coton à imprimer, qu'on tir» de l'Inde, du Bengale et de Coromandel.
CASSÉ, ÉE (kâ-sé, sée), parC. passé. \\i° Mis en deux ou plusieurs fragments. Un bras cassé. Le mât cassé par la violence du vent. Cette nuit j'ai songé de poissons morts et d'oeufs cassés, et j'ai appris du seigneur Anaxarque que les œufs cassés et le poisson mort signifient malencontre, mol. Am. magn. 1,2. || Fig. et familièrement. Avoir le nez cassé, échouer dans une affaire. || 2° Annulé. Un arrêt cassé par la cour supérieure. || 3* Renvoyé de son emploi, de son grade. Un sergent cassé par ses supérieurs. || 4* Affaibli par l'âge. Tout cassé que je suis, je cours toute la ville, corn. Ct'd, m, 5. Ulysse entre sous la figure d'un mendiant et d'un vieillard fort cassé, fEn. xxi, 458. Le pape [Jules II], cassé de vieillesse, était sous les armes, volt. Mœurs, 4 43. Ton noir Domingue est bien cassé; Marie est infirme, bern. de st-p. Paul et Virg. A l'instant même je vis paraître un homme cassé de vieillesse, chateaubr. H an. 374. || 6* Voii cassée, voix usée qui se fait à peine entendre. Ce Paris, à la voix cassée, Bourdonne encor trop près de moi, v. hugo, F. d'aut. xxxv, 3. || 6* Terme de marine. Vaisseau cassé, vaisseau dont les extrémités sont abaissées et font paraître le milieu relevé. || 7° Substantivement. Sucre au cassé, sucre cuit de manière qu'une goutte projetée dans l'eau froide s'y fige et en sort cassante. || Proverbe. Il en payera les pots cassés, il subira les mauvaises conséquences de l'affaire.
t CASSE-AIGUILLE (kâ-sè-gui-b" , Il mouillées; prononcez ut comme dans huile) , ». m. Ouvrier employé dans les salines. || Au plur. Des casse-aiguille ou casse-aiguilles.
— Etym. Casser, aiguille.
CASSEAU (ka-sô), t. m. || 1* Terme d'imprimerie. Moitié de casse à compartiments plus grands et servant de réserve pour différents caractères. || 2* Petit étui de fuseau à dentelle. || 3* S. m. plur. Terme de vétérinaire. Cylindre de bois résistant, divisé, selon son axe, en deux moitiés exactement semblables et souvent creusées, dans leur partie plane, d'une rigole longitudinale pour y placer des substances caustiques. Les casseaux sont employés aussi pour la castration des animaux.
— ÊTYM. Casse i .
t CASSE- BOUTEILLE (kà-se-bou-tè-U' , Il mouillées), ». m. Terme de physique. Récipient de cristal, portant uns lame de verre qui se brise par le poids de l'air, quand on fait le vide dans la machine
CAS
pneumatique. || Au plur. Des casse - bouteille ou bouteilles, t CASSE -BUAS (kâ-se-brâ), ». m. Revers, embarras soudain. Terme populaire. || Au plur. De* casse-bras.
— ETYM. Casser, bras.
CASSE-COU (kâ-se-cou) , ». m. || 1* Endroit où l'on court grand risque de tomber. C'est un cassecou que cet escalier. || 2* Au jeu de colin-maillard, casse-cou se dit pour avertir celui qui a le bandeau qu'il va se heurter contre quelque objet. || 3* Espèce d'échelle qui n'est soutenue que par une queue. || 4* Terme de manège et de maquignon. Homme employé à monter les chevaux jeunes ou vicieux. || Homme qui monte à cheval avec plus de hardiesse que d'habileté. || Fig. et familièrement, personnage peu important, qui est chargé de quelque négociation hasardeuse, et, dans un autre sens, homme qui se lance avec hardiesse, mais qui n'a ni soin ni prévoyance. C'est un casse-ccu. || Au plur. Des casse-cou ou casse-cous.
— ÊTYM. Casser, cou.
t CASSE-CROUTE (kâ-se-krou-f), s. m. Instrument qui sert à broyer la croûte pour les vieillards qui n'ont pas de dents. || Au plur. Des casse-croùte ou casse-croûtes.
t CASSE-CUL (kâ-se-ku), ». m. || 1* Sorte de jeu d'enfants. || 2" Chute qu'on fait en tombant sur le derrière. Il s'est donne un casse-cul sur la glace || Au plur. Des casse-cul ou casse-culs.
— ÊTYM. Casser, cul.
t CASSE-FIL (ka-se-fil), s. m. Instrument propre à apprécier la ténacité des fils écrus. || Au plur. Des casse-fil ou casse-fils.
— ÊTYM. Casser, /il.
t CASSE-LUNETTE (kâ-se-lu-nè-f) , *. m. Te rme de botanique. Centauree-bluet , euphraise oiHcinale, plantes auxquelles on attribue des vertus pour les maladies des yeux. \\ Au plur. Des casselunette ou casse-lunettes.
— ÊTYM. Casser, lunettes.
t CASSEMENT (kâ-se-man), ». m. || 1° Action de casser. || 2° Fig. Cassement de tête, sorte de fatigue intellectuelle causée par le travail ou les affaires, ou par un grand bruit. || 3°Terme de jardinage. Rupture complète du rameau lorsqu'il est à l'état ligneux, pratique analogue au pincement, mais qui en diffère par l'époque, le pincement se faisant quand le rameau est herbacé.
— HIST. xv* s. Et nous ferons souldoyer et contenter vous et ceux de vostre compagnie du jour de vostre parlement jusques à votre cassement, godefroy, Annotations sur l'Hist. de Charles VI, p. 777, dans lacurne. Telle chose sera soufisante d'effacer la faute du cassement de nostre vœu, louis xi , Nouv. xxx.
— ÊTYM. Casser.
f CASSE-MOTTE ( kâ-se-mo-t' ), ». m. Instrument pour briser les mottes de terre. || Nom du motteux, oiseau. || Au plur. Des casse-motte ou casse-mottes. Il On dit aussi brise-motte.
+ CASSE-MUSEAU, ». m. || 1» Terme populaire. Coup sur le visage. || 2° Terme de cuisine. Espèce de pâtisserie. || Au plur. Des casse-museau ou cassemuseaux.
— ÊTYM. Casser, museau.
CASSE-NOISETTE (kà-se-noi-zè-f) , s. m. Petit
instrument avec lequel on casse des noisettes ou des noix. On dit aussi un casse-noix. |j Familièrement. Figure , menton de casse-noisette , en casse-noisette, menton qui se relève et se porte vers le nez. || Au plur. Des casse-noisette ou cassenoisettes.
— ÊTYM. Casser, noisette.
CASSE-NOIX (kâ-se-noi) , ». m. ',| 1* Synonyme de casse-noisette; c'est le même instrument, mais un peu plus grand. || 2* Oiseau qui vit de noix, de graines et aussi d'insectes (nucifrage tacheté). || Au plur. Des casse-noix.
— ÊTYM. Casser, noix.
|-CASSENOLE (kâ-se-no-F), s. f. Nom vulgaire de la galle de chêne dans les contrées méditerranéennes de la France. || Quelques dictionnaires font ce mot du masculin.
f CASSE-NOYAUX (kâ-se-noi-io), ». m. Nom d'un oiseau, le gros-bec commun. || Au plur. Des casse-noyaux.
— ÊTYM. Casser, noyau.
fCASSE-PlERRF (kâ-se-piè-r") , ». m. Outil du
tailleur de pierre. || Nom de plantes, la pariétaire, la saxifrage, la criste marine. || Au plur. Des cass» pierre ou casse-pierres.
— JtTYM. Casser, pierr*.
CAS
CAS
CAS
f CASSE-POITRINE (kâ-se-poi-tri-n'), s. m. Nom qu'on donne populairement à de l'eau-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.
— ÊTYM. Casser, poitrine.
f CASSE-POT (kâ-se-po) , s. m. Nom vulgaire d'un arbre du Pérou (cestrcnu vénéneux), dont le bois éclate en brûlant et brise les poteries qu'on expose à sa flamme. || Au plur. Des casse-pot ou casse-pots.
— ÊTYM. Casser, pot.
CASSER (kà-sé), «. a. ||1* Faire, d'un objet qui est frappé, deux ou plusieurs fragments. Casser du sucre. Casser du bois. Casser des œufs pour la cuisine. Une poutre cassa les jambes à l'athlète, la font. Fabl. i, 44. Pourvu que le nourrisson ne se casse ni bras ni jambe, J. J. rouss. Ém. 1. 1| Casser la tête à quelqu'un d'un coup de fusil, de pistolet, le tuer d'une balle dans la tête. Que d'une force sans seconde La mort sait ses traits élancer Et qu'un peu de plomb peut casser La plus belle tête du monde, voit. dansnicHELET. Songez que les boulets ne vous respectent guère, Et qu'un plomb, dans un tube entassé par des sots, Peut casser d'un seul coup la tête d'un héros, volt. Ép.ui, Au roi de Prusse. ]| Se casser la tête, se faire une fracture au crâne; et par exagération, se faire une blessure à la tête. || Fig. Se casser la tête, s'appliquer avec une grande contention d'esprit. Je le ferai avec toute la diligence possible sans pourtant me casser la tête, boss. Lett. quiél. 227. h se casse la tête d'application, sêv. 367. || Se casse.-la tête, se désespérer. Elle se cassait la tête contre les murs, sév. 409. || Fig. Casser la tête, importuner par un grand bruit, par des propos. Le père Paym, à qui l'on casse la tète, sêv. 446. On dit aussi d'un vin capiteux, qu'il casse la tête. || Casser les js à quelqu'un, le battre. Et le moi que voici, chargé de lassitude, A trouvé l'autre moi, frais, gaillard et dispos, Et n'ayant d'autre inquiétude Que de battre et casser les os, mol. Amphitr. n, 1. 1| Se casser le cou, faire une chute dans laquelle on se tue ou se blesse grièvement. || Fig. Se casser le cou, ruiner ses affaires, sa fortune. On dit de même, casser le cou à quelqu'un. || Par exagération. Se casser le nez, faire une chute sur la face, et plus souvent, se frapper le nez contre un obstacle qu'on ne voit pas ou auquel on ne fait pas attention. Je me suis cassé le nez contre un arbre. || Fig. Se casser le nez à la porte de quelqu'un, ne pas le trouver chez lui. Il Se casser le nez, échouer dans un projet, une entreprise. Que je traite avec vous des choses où Aristote, Platon , St Thomas et St Bonaventure se sont cassé le nez, volt. Lett. d'Argenson, 4 4 déc. 4 770. Il Comme les coups qu'on se donne sur le nez sont rarement dangereux et toujours ridicules, l'expression casser le nex est toujours prise en moquerie, en dérision, à la différence de casser la tète. Il Fig. Casser les vitres, ne garder aucuns ménagements. Il Fig. Cela me casse bras et jambes, cela paralyse tous mes moyens d'action ou bien me stupéfie d'étonnement. Ce n'est pas moi qui ai trouvé le secret de faire traîner deux mois cette opération , presque terminée en huit jours, quand le roi et l'état-major me vinrent casser les bras, p. L. codr. Lett. 1, ll3.Lapeurcasse les jambes à l'homme; pourquoi ne briserait-elle pas bien les ailes à l'oiseau? chateaub. Amer. 24. || Casser la croûte, casser une croûte, manger un mor«eau. Cassez la croûte avec nous. Il Fig. N'en casser que d'une dent, n'en pas tâter, s'en passer. Faites moins la sucrée etchangez de langage; Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une (lent, corn. Le Menteur, îv, 9. || Populairement et fig. Je t'en casse, c'est-à-dire ce n'est pas pour toi, tu n'en auras pas. || Fig. et bassement, on dit qu'une femme a cassé ses œufs,quandellea accouché avant terme par quelque chute ou accident. || 2* Terme de droit. Annuler. Casser une condamnation, des jugements. Casser un testament. Casser un mariage.... Non, je m'y veux tenir; Quelque sensible tort qu'un tel arrêt me fasse, Je me garderai bien de vouloir qu'on le casse, mol. Mis. v, 4. [Ils] m'ôtent tout le pouvoir de casser l'alliance, mol. Sgan.2*. Il fit casser son mariage avec Anne, boss. Var. 7. Après la grâce obtenue, nous cassons un acte si solennel, in. Pén. 4 . J'empêchai qu'on ne cassât cette adoption qui rend aujourd'hui le jeune César si audacieux, vertot, Rév. rom. xiv, p. 317. || 3* Destituer. Casser un magistrat. L'empereur cassa le centurion. Casser un officier, c'est le chasser du service; casser un sous-officier, c'est le priver de son grade. On le menace tous les jours d'être cassé, sév. 324. Le czar défendit aux officiers sous peine d'être cassés, et aux soldats sous peine de mort, de s'écarter pour piller, volt. Charles XII, 4. || Cas-
ser aux gages, ôter un emploi rétribué; et figurément, retirer sa confiance à un inférieur. || 4" Affaiblir, débiliter. Des corps que les fatigues ont cassés. Des rôles fatigants ont cassé la voix de ce chanteur. Il 6° Terme de marine. Casser l'erre, arrêter par degrés une embarcation. || 6' V. n. Être cassé. Le verre casse aisément. La corde cassa. Le bois ne casse jamais sans avertir, à moins que la pièce ne soit fort petite ou fort sèche, buffon, Exp. sur les végét. I" mém. || 7" Se casser, v. réjl. Être mis en morceaux. Le pot se cassa en tombant. S'il se casse quelque chose, je m'en prendrai à vous, et je le rabattrai sur vos gages, mol. l'Avare, m, 4. Il Devenir débile , perdre sa force. Il commence a se casser. C'est un homme qui se casse. La voix de ce chanteur s'est cassée promptement. || Proverbe. Qui casse les verres les paye , c'est-à-dire l'auteur d'un dommage doit le réparer. || Si c'est du grès, on vous en casse, se dit à quelqu'un pour exprimer qu'on refuse de faire ce qu'il désire.
— SVN. casser, rompre, briser. Ces trois mots expriment que, dans un objet, la continuité est détruite. Ils différent en ce que casser, c'est la détruire en un coup, en une fois; rompre, c'est la détruire avec un effort, avec le temps; briser, c'est mettre en pièces. Un coup de barre cassa l'essieu; un coup de feu le brisa ; une charge trop pesante le rompit. Il faut ajouter que l'étymologie de casser est complexe, venant à la fois de cossus, vain, vide, nul, et de quassare, briser; de ce côté casser n'a plus de synonymie avec rompre : on casse un contrat, un testament, un officier, mais on ne les rompt pas; on rompt une alliance, mais on ne la casse pas.
— HIST. xi* s. Quassét son haume, si l'ont navrét au chef, Ch. de Roi. CLn. || xii* s. De tous royaumes devez estre cassé [déchus], lîoncisv. (9. L'haume [il] lui froisse, li os lui sont quassé, ib. 4 04. |j ÏTH" s. Li rois quasse la cire, s'a au brief esgardé, Berte, lxvh. Sans deffense la porte quassent, Quassée l'ont ; outre s'en passent, la Rose, 42576. Bien seroit sa jangle [caquet] quassée, ib. 7432. [Tibullus] Por cui mort [pour la mort de qui] ge brisai mes flèches. Cassai mes ars [arcs].... ib. 40641. Par ceus iert li chastiaus cassés, Se chascun i met bien s'entente, tb. 40770. Mostrant raisons et semblances de dreit por cel dit casser et varier, ^Iss. de Jér. 4 4 8. Tuit sunt un, saches à délivre, Et vie d'oume [homme] et oez [œufs] quasseiz, ruteb. 4 3). Et li rois cassa l'establissement, et commenda que tôt viegne en partie, Liv. dejust. 40. || xiv* s. Et certes se ne me cassez Ces trois.... [ne me privez de ces trois], machault, p. 4. || xv« s. Et se mettoient au retour, petit à petit, ceux qui estoient cassés de leurs gages et tous hodés de la guerre, froiss. m, m, 88. De balader j'ay beau loisir, Autres déduis me sont cassez, en. b'orl. Bail. 40. Tellement quellement Me faut le temps passer, Quant ne puis nullement Ma fortune casser, id. Rond. 5t. Casser un privilège, comm. ij, 4. || xvr» s. Etqui s'applicque X tel' trafficque, Le plaisir casse, J. marot, v, 216. Car la fortune est pour un verre prise, Qui tant plus luit, plus tost se casse et brise, marot, i, 329. Ouidà, dit-il, messieurs, je le ferai, mais que j'aie disné; et cassoit [bâfrait] toujours, B. desper. Contes, cv. La nufvieme légion s'estaDt mutinée, il la cassa avec ignominie, mont, m, 468. Il cassa la compagnie de 300 satellites, que Romulus avoit toujours euz autour de sa personne, amyot, Numa, 42. L'edict par lequel il cassoit et annulloit toutes debtes, id. Solon, 26. Révoquer et casser une ordonnance, u>. l'ériel. 71 . Quand j'ai veu qu'Us me cassoient [mes chevaux de chasse] , je les ai cassez, et puis l'âge en cassoit sa part, e'aub. Fœn. 1, 6. Lui casser la teste d'un coup de pistolet, id. Vie, xix. La sentence fut modérée à estre dégradé des armes et cassé, m. ib. lxxxiii. Puis l'accident passé, ils sonteassés de leurs gages, paré, xxi v, 4 2. Vingt hommes d'armes des plus lestes de la compaignie de M. lemareschal de Saint- André se cassèrent [se démirent], et vindrent trouver M. de Vieilleville, carloix, vi, 43. D'une voix cassée et enrouée, mont, n, 20. On rencontre la substance de l'os dure, qui sonne cassé, paré, xi , 24 . ô prompts désirs d'espérance cassez, ô douce erreur, ô pas en vain trassez, rons. 91.
— ÉTYM. Provenç. cassar, caissar ,cachar , quassar; catal. cassar; espagn. casar; ital. cassare; du latin quassare, secouer, ébranler, fréquentatif de quatere. Il y a aussi le latin cossus, vide, nul, dont la forme et le sens se sont confondus avec quassus, quassare.
CASSEROLE fka-se-ro-1', et non ka-stro-1', mauvaise prononciation répandue dans le peuple), *. f.
||1° Ustensile de cuisine en métal, à queue, à fond plat et à parois droites et cylindriques. Casserole d( cuivre bien étamée. || 2° Fig. et familièrement. Passer à la casserole, subirun traitement antivêiié"en. Il fut clair qu'on ne m'avait pas soupçonné d'alier y faire [à Montpellier] un tour de casserole, 1.1. roussead, Conf. vi. Il 3° Grosse montre.
— ÊTYM. Diminutif de casse 2. Casse répondants l'italien catto, l'italien casserola contredirait cette dérivation; mais casserola n'est pas un mot ancien dans cette langue, et il est sans doute emprunté du français.
t CASSEROLÊE (ka-se-ro-lée) , s. f. Contenu d'une casserole.
— ÉTYM. Casserole.
f CASSERON (ka-se-ron), s. m. Un des noms du calmar.
— HIST. xvr» s. Dea, fault il que vous autres parliez aussi de la guerre, qui ressemblez proprement aux casserons : car vous avez bien un Cousteau, mais vous n'avez point de cueur, amyot, The'm. 21.
— ÊTYM. Forme dérivée de casse 1, caisse, à cause qu'il contient une liqueur noire.
tCASSETËE (ka-se-tée), s. f. Le contenu d'une cassette, d'une casse.
CASSK-TËTE (kâ-se-tê-f), s. m. || 1" Massue de guerre de certains peuples sauvages. Une troupe d'habitants des montagnes bleues qui descendaient armés de casse-tête, volt. Jenni, 7. Ton casse-tête est orné de dents de crocodiles, chateaub. Natc. ix, 398. il 2" Petit bâton très-court, plombé à une de ses extrémités et qui, étant flexible, peut casser la tête ou donner quelque coup dangereux. || 8" Fig. et familièrement, vin qui porte à la tête. || 4* Travail, calcul, jeu qui, exigeant une grande attention, fatigue la tête. La progression en nombres impairs dans laquelle tombent les corps graves, et autres casse-tête, volt. Lett. vers, 53. || Casse-tête chinois, sorte de jeu où, avec de petites pièces en bois égales et diversement colorées, il faut former des dessins ou compartiments agréables à l'œil. Il Fig. Travail mécanique et fatigant, et qui ne produit rien de vraiment beau. Il [un pareil résultat] aboutit à tourner dans un cercle invariable, et il finirait par transformer l'art [dramatique] en une sorte de casse-tête chinois, p. wey, Prélace de Stella. H 5' Bruit continu et fatigant. || 6' Terme de marine. Grand filet étendu pour garantir les hommes de la chute de ce qui pourrait tomber des mâts. Il Au plur. Des casse-tête ou casse-tétes.
CASSETIN(ka-se-tin), s. m. Terme d'imprimerie. Compartiment d'une casse d'imprimerie. Chaque lettre a son cassetin. || Réservoir dans un fourneau pour recevoir le métal qui entre en fusion.
— ÉTYM. Casse 4.
CASSETTE (ka-sè-f), t. f. || 1° Petit coffre destiné à serrer des bijoux, de l'argent. Et dans quoi est-ce que cet argent était? Dans une cassette, mol. l'Av. v, 3. Il 2* Absolument, la caisse particulière d'un prince. Il n'y a rien pour lui sur la cassette [il n'y a pas de pension], la bruy. xiii. Bardes que la cassette inspire, Traitez mon sujet, il plaira, iiérang. Nabuchod. || Biens de la cassette, les domaines de la couronne. || 3* Petit coffre à compartiments à l'usage des tailleurs.
— HIST. xvi' s. Le jus sera mis dans le poëslon ou cassette, et sur icelui le sucre pulvérisé, 0. ds serres, 857.
— ÊTYM. Diminutif de casse ou caisse; provenç. caisseta; catal. capseta; ital. cassetta.
CASSEUR, EUSE (kâ-seur, seû-z'), s. m. eif. Celui, celle qui casse beaucoup par maladresse. || Fig. Un grand casseur de raquettes, un homme vigoureux. Il Un casseur d'assiettes, un tapageur, un querelleur.
— hist. xvr* s. Il frappoit comme un casseur d'acier [et non d'assiettes, qui est ce qui se dit aujourd'hui], desper. Contes, x.
— ÊTYM. Casser.
f CASSE- VESSIE (kâ-se-vè-sie) , s. m. Terme de physique. Récipient ouvert à l'une de ses extrémités, fermé à l'autre par un morceau de vessie mouillée, et servant à faire des expériences sur la pression atmosphérique. || Au plur. Des casse- vessie ou cassevessies.
t CASSICAN (ca-ssi-kan), s. m. Nom d'un oiseau omnivore des terres australes.
t CASSIDOINE (ka-ssi-doi-n'), 1. f. Sorte de pierre précieuse dont les anciens se servaient poui faire des vases.
tCASSIE (ka-sie), s. f. Terme de botanique. Graines de cassie, graines de l'acacia (arnesiana, qui sont employées dans la parfumerie.
CAS
4. CASSIKR (ka-sté), s. m. Canéficier, arbre qui porte la casse.
— ÊTYM. Casse s.
f2. CASSIER (ka-sié), ». m. Terme de typographie. Armoire où l'on range des casses.
— ÊTYM. Casse i.
| CASSIN (ka-sin), s. m. Partie du métier à étoffes de soie. || Terme de teinturier. Seau pour la soie.
4. CASSINE (ka-si-n'), ». f. ||i# Ternie de guerre. Petite maison détachée au milieu des champs, où l'on peut s'embusquer, se retrancher. || 2° Petite maison de plaisir hors de la ville. M. de Villars l'est allé recevoir dans sa cassine, sêv. 307. || 3- Familièrement, maisonnette de cbétive apparence, et aussi, maison mal tenue. Comment peut-il demeurer dans une pareille cassine?
— HIST. xvi* s. Ceste faute advint pour sauver une cassine estant au seigneur Jean Jacques Trivulce , M. du bellat, 6. Ils n'avoient point de terres ny de seigneuries, methairies, clozeries, borderies, cassines, ny bastides, dont ils se peussent, à la françoise, qualifier ou anoblir, carl. h, «7. Et là trouvai l'es plus beaux lieux du monde, belles galeries, belles prairies, force vignes, et une infinité de cassinesà la mode italique , parles champs pleins de délices, hab. Banl. il, 32. J'ai là-bas une petite cassine au bout de vostre grande prée qui est sur la rivière, Moyen de parvenir, dans lacurne. Ma pauvre cassine, remy belleau, Berger, t. I, p. 70, dans lacurne. Plus ne blanchissent de bruines, Ny paresseux en leurs cassines Plus ne chômaient les laboureurs, id. ib. p. 107. Allez, et n'ayez peur que les dents assassines Des vieux loups affamés n'abordent vos cassines, m. dans le roux, Dieu comique.
— ÊTYM. Bas-lat. cassitui, chaumière , domaine de campagne, dans les lois des Lombards; du baslatin cassa, qui s'est dit pour casa , maison (voy. case). L'italien n'a pas cassina; il a casino, à peu près de même sens que cassine, et eascina, fromagerie, qui est un autre mot.
t 2. CASSINE (ka-si-n'), s. f. Terme de botanique. Nom de la viorne luisante, qu'on emploie en Amérique, en guise de thé. On boit dans de grandes calebasses une préparation de cassine, chateaub. Amer. 44. Mila ne voulait pas qu'on se donnât le temps de servir la cassine au religieux,iD. Mite, ru, 3.
t CASSINOÏDE (ka-ssi-no-i-d'), ». f. Terme de géométrie. Courbe que Cassini voulait substituer à l'ellipse de Kepler dans l'explication des mouvements planétaires.
— ÊTYM. Cassini, célèbre astronome du temps de Louis XIV.
t CASSION (ka-si-on) , s. m. Nom par lequel Faraday, physicien anglais, désigne tout élément d'un corps composé, qui est susceptible de se rendre au pôle positif d'une pile.
CASSIOPÊE (ka-ssi-o-pée), ». f. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère septentrional.
— ÊTYM. KauoiÔOTia, personnage mythologique, femme de Céphée, roi des Éthiopiens, et mère d'Andromède.
t CASSIQtTE (ka-ssi-k') , s. m. Nom d'un oiseau d'Amérique {oriolus citrinus).
t. CASSIS (ka-si ; quelques-uns prononcent l's, ca-sis' : ce qui est moins bien) , s. m. || 1° Groseillier à fruits en grappes, noirs et aromatiques. || Le fruit lui-même. || 2° Sorte de ratafia fait avec le fruit du cassis. Un verre de cassis. ]| On écrit aussi cacis.
— ÊTYM. Mot entré tardivement, ce semble, dans la langue ; on ne le trouve ni dans les anciens Dictionnaires de l'Académie ni dans Furetière ni dans Richelet; l'origine en est inconnue.
f 2. CASSIS (ka-si), s. m. Terme de ponts et chaussées. Nom d'une rigole pratiquée en travers de la route, et ordinairement au bas d'une pente, pour l'écoulement des eaux. || Petit ruisseau de moellon pour conduire les eaux d'égout ou de source.
f CASSITÉRIDE (ka-ssi-té-ri-d') , ». m. Nom d'un groupe de corps analogues à l'étain.
— ÊTYM. K«<r<7ÎTtpoç, étain.
CASSOLETTE (ka-so-lè-f), ». f. || 1° Réchaud de métal où l'on fait brûler des parfums. || L'odeur même de la cassolette. || 2* Par antiphrase, pot de chambre rempli d'ordures.... Mais, pour vous régaler, Du souci qui pour elle ici vous inquiète, Elle vous fait présent de cette cassolette. — Fil cela sent mauvais, et je suis tout gâté, mol. l'Étour. m, 4 2. Il Quelle cassolette I Voilà une terrible cassolette! se diten parlant d'une mauvaise odeur. || Autrefois, tombereau de gadouard qui, vidant les lieux, infectait les rues par où il passait. || 8* Terme d'architecture. Vase (!<■ sculpture, qui parait jeter des
CAS
flammes ou de la fumée. On dit plus souvent pot-àfeu.
— HIST. xvi* s. Puis commença à asperger l'eaue qu'elle tenoit en la cassolite, D. Flores de Grèce, f* xci, dans lacurne. Maintes sortes d'eaues distilées qu'elle mit dans une cassolite, ib.
— ÊTYM. Diminutif de cassolte; espagn. casoteta. t CASSOLLE (ka-so-V), s. f. Réchaud pour chauffer la colle dans les papeteries.
— HIST. xvi's. Battez-les, puis les mettez dedans une cassole sur le feu, paré, xxv, 44.
— ÊTYM. Diminutif de casse, poêlon (voy. casse 2); espagn. cazuela. Paré emploie aussi cassolle dans le sens de botte, alors il vient de casse, caisse.
t. CASSON (ka-son), ». m. Pain informe de sucre fin. Sucre en cassons.
— ÊTYM. Casson pour caisson (voy. ce mot) : sucre ainsi appelé à cause des caisses où on le met.
t 2. CASSON (kâ-son), ». m. Se dit des noyaux de cacao brisés. || Rognure de glaces. || Fragment de verre cassé.
— êtym. Casser.
t 3. CASSON (kâ-son), ». m. Voy. calcin.
CASSONADE (ka-so-na-d', et non castonade, prononciation condamnée par l'étymologie et par le bon usage, mais qui est encore celle de beaucoup de gens, et que Ménage notait, de son temps, comme aussi reçue que l'autre) , s. f. Sucre qui n'a été raffiné qu'une fois.
— hist. xvi* s. Des succres, cassonades, miels, o. de serres, 842. Pour la confiture liquide, la cassonade est meilleure que le sucre fin, id. 854. Des cassonades, cette distinction sera faite, que de préférer la blanche à la noire, id. 852.
— êtym. Casson t.
+ CASSOT (ka-so), ». m. Terme de papeterie. Caisse à compartiments pour le triage des chiffons.
— ÊTYM. Casse 4.
CASSURE (kâ-su-r'), ». f. || 1* L'endroit où l'objet est cassé. La cassure de ce corps est nette. || Aspect que présente une substance quelconque qui a été cassée. Cassure vitreuse, résineuse. || 2° Fente qui se fait en travers d'une lame d'acier qu'on trempe.
— HIST. xrv*s. Metez la penne cassée endroit la cassure, dedens la fente , Modus, f° xciv. Se vostre espervier a la teste d'aucunes de ses plumes quassées, si la moulliez tantost de vostre salive endroit la quasseure, Ménagier, m, 2. Peu après cette cacheure , il chut au lit, dont il morut , Lettre de rémission, dans raynouard. || xvi* s. Quand la foy est navrée, c'est comme si le bouclier d'un gendarme recevoit quelque casseure de la violence d'un coup, seulement jusqu'à estre faussé et non percé, calvin, Instit. 438. Fracture du crâne se fait par contusion , c'est à dire cassure ou froissure de chose contondante, PARÉ, VIII, 4.
— ÊTYM. Casser; provenç. cassadura, cachadura; ital. cassatura.
t CASTAGNEAU (ka-sta gnô), ». m. Nom vulgaire d'un poisson très-commun dans toute la Méditerranée (type du genre chromis de Cuvier).
t CASTAGNETTE (ka-sta-gnè-t'), ». f. Terme de commerce. F.toffe de soie, laine et fil.
CASTAGNETTES (ka-sta-gnè-t') , ». f. plur. Instrument d'origine espagnole, consistant en deux petites écailles d'ivoire ou de bois, creuses, qui, étant jointes ensemble par une petite corde et attachées aux poignets, sont battues l'une contre l'autre par un danseur avec les doigts de chaque main pour marquer ses mouvements et ses cadences. Une paire de castagnettes. Armée de castagnettes et d'effronterie, hamilt. Qram. ». Les Zingari allaient par troupes avec des tambours de basque et des castagnettes, volt. Mœurs, 404. Les castagnettes des bohémiens sont les cymbales des prêtres syriens, id. ib. || Au singulier, la castagnette est un des deux petits morceaux de bois qui composent l'instrument.
— ÊTYM. Espagn. castaiietas : ainsi dites de la ressemblance qu'on leur a trouvée avec des coques de châtaignes (voy. châtaigne).
t CASTAGNEUX (ka-sta-gneû) , ». m. Sorte d'oiseau de rivière (le petit grèbe).
— HIST. xvi* s. Sa grosseur est d'une petite sarcelle, de la couleur d'une chastaignette, dont il semble que la cause pourquoy on l'a nommé castaigneux est venue, belon, Ornith. Zoucel.
fCASTAGNOLE (ka-sta-gno-1') , ». f. Terme de marine. Morceau de bois percé de deux trous et fixé sur les galères à chacune des ralingues de la tente. || Nom vulgaire d'un poisson sur les côtes de la Méditerranée.
— ÊTYM. Ital. castagnoUa, nom du poisson.
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f CASTALIDES (ka-sta-li-d'), ». f. plur. Nom donné aux Muses à cause de la fontaine de Castalie.
f CASTALIE (ka-sta-lie), s. f. Nom d'une fontaine de Béotie. consacrée aux Muses. Les eaux de Castalie, la poésie.
CASTE (ka-sf), ». f. Il 1" Chacune des tribus en lesquelles la société de l'Inde est partagée. Il y a quatre castes: les prêtres, les guerriers , les marchands et agriculteurs, les gens de condition servile, ea sanscrit brahmanes, kshatria, vaisia, sûdra. || 2° Par dénigrement, classe de la société, que l'on considère alors comme exclusive et fermée. L'esprit de caste. Il a les préjugés, les prétentions de sa caste. || 3" Familièrement. Je ne le crains pas ni lui ni toute sa caste, e'est-à dire ni les siens, ni les gens de son bord.
— REM. Caste, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4740.
— êtym. Espagn. et portug. casta, caste, proprement quelque chose de non mélangé ; du latin castus, chaste (voy. chaste).
CASTEL (ka-stèl), ». m. S'est dit pour château. C'était un petit castel blanc qui se voyait de partout, st-sim. 40, 214. M. de Crac, dans son petit castel, titre d'une comédie de Collin d'Harleville. || Aujourd'hui terme familier et de plaisanterie. Vers son vieux castel, Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent, bérang. Carabas. J'ai une autre nièce que Mme Denis, qui se mêle aussi de jouer quelquefois la comédie dans son castel, volt. Leil. Richelieu, 48 sept. (789.
— HIST. xi* s. N' i ad castel qui devant lui remaigne, Chron. de Bol. i. Les castiax fraiz [brisés], mainte cité brosée, Bonc. p. 33. || xn*s. Et quant il li conquist casteals e hérité, Th. le mar. 54. || xm" s. Et quant li empereres vit que il tenoient contre lui son castiel, se il en fust dolanset courechiés, ce ne fait pas à demander, H. de val. xv. Es les vous venus au castel De Montoire, où il fist moult bel, FI. et Bl. 364. Noz l'entendons des fortereces qui ne sont pas castiax, liquel sont apelé castel par la raison qu'il sont chief de le [la] conté, beaum. xm, 19.
— ÊTYM. Autre forme de château (voy. ce mot), f CASTELANE (ka-ste-la-n'), s.f. Sorte de prune
verte.
t CASTELLAN (ka-stèl-lan) , ». m. Nom donné autrefois en Pologne aux dignitaires qui venaien1 après les palatins.
— êtym. Castellum, château.
t CASTELOGNE (ka-ste-lo-gn') , s. f. Ternie de commerce. Couverture de laine pour les lits.
— ÊTYM. Dit, d'après Ménage, pour Catalogne, pays d'où venaient ces sortes de couvertures.
t CASTICE (ka-sti-s'), ». m. Indien né à Goa de père et de mère portugais.
— ÊTYM. Caste, dans le sens de sang non mélangé.
f CASTILLAN, ANE (ka-sti-llan, lla-n', Il mouillées), adj. Qui appartient à la Castille. Langue castillane, ou, substantivement, le castillan, la langue espagnole. || S m. Castillan, monnaie d'or valant 6 fr. 42 c.
CASTILLE (ka-sti-11' , Il mouillées, et non ka-stiye), ». f. || 1° Autrefois combat dans une lice. Il faut ranger dans cette espèce [de jeux] les joutes, les castilles, les pas d'armes, chateaub. Amer. 81. || 2° Aujourd'hui, terme familier qui se dit pour querelle, démêlé de peu d'importance. Chercher castille. Ils sont toujours en castille. Le soleil, en se levant, vit notre castille, et fut témoin comme elle me jeta un pot à la tête, Fronci'on, liv. vu, p. 266. Avecque nous, si l'almanach ne ment, Les Castillans n'auront plus de castille; Même au printemps, on doit de leur séjour Nous envoyer avec certaine fille [la reine Marie-Thérèse] Les jeux, les ris, les grâces et l'amour, la pont. Poésies milées, xn.
— HIST. xv* s. Le roy s'en vint à Montferrant, Et puis fit faire une bastille, Auprès de Lormont accourant Pour à Bourdeaux faire castille, martial de paris, Vigiles de Charles ¥11, t. a, p. 461, dans lacurne. Vous savez que le chevalier au daulphin et moy eusmes castille ensemble, Perceforest, t. ut, f° 142, dans lacurne. X la rescousse des deux chevaliers fut grosse la castille et grande, tant de l'une partie comme de l'autre, ib. t. iv. f° 82. Si vous requiers que vous me laissez paisible, ou, par la morbieu! je vous livrerai castille, louis xi, JVou». xxiii. Robin Paumier et icellui Thierryeurent grosse castille ensemble, du cange, catillare. {{ xvr* s. Je prends noise ou castille, palsgr. p. 767.
— ÊTYM. Espagn. castillo, petit château de co-
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sleltum (voy. château); il désignait, dans les anciens tournois , des imitations de châteaux , de tours, etc. qu'on attaquait, et de là il a été conservé pour débat, querelle. Dans le xvi* siècle, on avait le verbe je castiller et l'adjectif castilleux.
CASTINE (ka-sti-n'), s. f. Pierre calcaire que l'on mélange au minerai de fer pour en faciliter la fusion. Les fourneaux y sont pour fondre la mine de fer avec l'aide d'une matière appelée castine, qui est une terre pierre, coquille, llist. du Nivernais, dans ménage.
— ÉTYM. Allem. Xalkstein, pierre à chaux, de KalH, tiré du latin calx (voy. chaux), et Stein, pierre.
I. CASTOR (ka-stor), *. m. || 1° Quadrupède mammifère de l'ordre des rondeurs, qui habite dans les lieux aquatiques, au nord de l'ancien et du nouveau continent. Le castor d'Europe se terre. Au Canada les castors construisent des digues et des habitations. Ils y construisent des travaux Qui des torrents grossis arrêtent le ravage, Et font communiquer l'un et l'autre rivage; L'édifice résisteetdure en son entier: Après un lit de bois est un lit de mortier; Chaque castor agit; commune en est la tache; Le vieux y fait marcher le jeune sans relâche; Maint maître d'oeuvre y court et tient haut le bâton ; La république de Platon Ne serait rien que l'apprentie De cette famille amphibie, la font. Fabl. x,i. ||2° Chapeau, drap, ras de castor, chapeau , drap, ras fait de poil de castor. Chacun ordonna que je prendrais la valeur d'un chapeau de castor sur les deniers de ma recette, Francion, liv. vt, p. 223. || Un castor, un chapeau de poil de castor et , dans le langage familier, un chapeau quelconque, vieux, fripé, même un chapeau de femme. || Demi-castor, chapeau de poil de castor mélangé. Vous trouverez, dans les ballots cle M. l'ambassadeur, un étui où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor, rac. lettres à son fils, 22. || Fig. et familièrement. C'est un demi-castor, c'est un homme suspect.
— HIST. xvi" s. On mettra en l'oreille huile de castor [castoréum] ou de girofle, paré, xv, 26. Prenez demie dragme de castor dissout en vin blanc, ID. xviii, 67.
— ÉTYM. KâuTup, castor; du mot hébreu qui signifie musc; en persan moderne, kliax.
+ 2. CASTOR (ka-stor) , s. m. Terme d'astronomie. Belle étoile double des Gémeaux. || Castor et Pollux. nom donné au feu Saint-Elme.
— ÉTYM. Castor, héros mythologique.
CASTORÉUM (ka-sto-ré-om'), s. m. .Matière animale sécrétée par les glandes placées 60us la peau de l'abdomen du castor, de la femelle comme du mâle, entre l'origine de la queue et la partie postérieure des cuisses, et qui est employée en médecine comme antispasmodique.
— HtST. xvi*s. Puis les oindrons d'huile laurin, de castoréum, et d'autres de pareil effet, paré, xv, 65.
— ETYM. Castor I .
t CASTOR IN, î. m. Peaux de castorin , peaux d'un animal amphibie de l'Amérique méridionale.
CASTORINE (ka-sto-ri-n'), s. f. Étoffe de laine légère et soyeuse. Une redingote de castorine.
— êtym. Castor i .
CASTRAMÊTATION (ka-stra-mé-ta-sion) , s. f. L'art de camper, surtout en parlant de l'antiquité. Traité de la castramétation des Romains.
— ÉTYM. Castramelari , camper, decaslra, camp (voy. château), et metari, mesurer (voy. mesure).
CASTRAT (ka-stra; le t ne se lie pas; au pluriel l's se lie : des ka-stra-z habiles chanteurs) , s. m. Homme qu'on a châtré dans l'enfance pour en faire un chanteur qui conserve une voix semblable à celle des enfants et des femmes. Voix de castrat. Y étiez-vous lorsque le castrat Cafarielli nous jetait dans le ravissement? dider. S. I. caract.
— ÊTYM. Ital. castrato; de castratus, de castrare (voy. châtrer).
CASTRATION (kas-tra-sion), s. f. || 1* Terme de chirurgie. Opération par laquelle on châtre un homme, un animal. Les moyens de guérir la lèpre, entre lesquels on sera sans doute étonné de trouver la castration, dider. Lett. s. I. chirur. || Les chirurgiens appellent aussi castration l'ablation d'un seul des testicules affecté de tumeur : de là la distinction de la castration en complète et incomplète. Il 2° Terme de botanique. Opération par laquelle on empêche une plante de produire des semences.
— HIST. xvi* s. La voix après la castration est plusgresle, paré, vi, 18.
— ÊTYM. Provenç. castracio; espagn. castracion; ital. castraxione; de castrationem , de castrare (voy. châtrer).
CAS
CASUAMTÉ (ka-zu-a-li-té), s. f. Qualité, condition de ce qui est casuel.
— HIST. xvi* s. Roole attesté des amendes et autres casualités [profits accidentels] escheutes aus dits offices, Nouv. coustumier génér. t. 11, p. 412».
— ÉTYM. Bas-lat. casualitas, de casualis, casuel.
t CASUARINE (ka-zu-a-ri-n'), s, f. Nom d'un arbre des Indes orientales et de la Nouvelle-Hollande dont le bois est très-dur.
CASUEL, ELLE (ka-zu-èl, è-1'), adj. || 1* Qui dépend des cas, des accidents. L'événement en est casuel, boss. Imp. 3. Les choses morales, si compliquées, si casuelles, si changeantes, fonten. liernoulli. Ces jardins, ces campagnes, que vous tenez de moi , sont choses casuelles, dider. Essai s. Claude et Néron. Sans cette condition [qu'il n'y aurait pas d'impôt sur les rentes] , les prêteurs n'auraient pas fait une disposition si casuelle de leurs capitaux, Mirabeau, Collection, t. iv, 264. || 2* Droits casuels, profits fortuits, dans les fiefs, comme le droit d'aubaine, les lods et ventes, etc. || Parties casuelles, droits et revenus éventuels; et le bureau même où l'État faisait percevoir ces droits. Trésorier des parties casuelles. Charge vacante aux parties casuelles, charge qui vaquait au profit du roi. Emplois casuels, emplois révocables. Charges casuelles, charges non héréditaires. || 3° S. m. Le casuel, le gain, le revenu casuel, par opposition à gain, revenu fixe. De quelque valeur que soient les cures tant en fonds qu'en casuel , boss. Lett. quiét. 84.
— REM. Depuis quelque temps l'usage s'est introduit de donner à casuel le sens de fragile : la porcelaine est casuelle. Mais rien, ni dans l'étymologie , ni dans l'emploi ancien , ne justilie cette acception qui doit être évitée.
— HIST. xvi" s. 11 advient souvent, par casuelle rencontre, des accidents du tout semblables les uns aux autres, amyot, Serlor. t. Quand ils veulent injurier quelqu'un , ils ne s'attachent point aux marques extérieures du corps, ny aux choses casuelles de la fortune, id. Com. il faut lire les po'èt. 54. N'estant en ce mesnage, qu'accessoire ou parties casuelles , les fruits que ces arbres donnent,
— ÉTYM. Provenç. et espagn. casual; ital. casunle; de casualis , de casus , chute , accident , cas (voy. cas).
CASUELLEMENT (ka-zu-è-le-man), adv. D'une manière casuelle.
— HIST. xvi* s. Il perdit la veue, non que la fortune l'eust ainsi casuellementoultragé, ny.... amyot, Timol. 49. La médecine traitte casuellement et par accident, que c'est que maladie, et la musique, que c'est que faulx accord, id. Démétr. *. Aussi ne sont-ce point matières qu'il ne soit pas permis d'ignorer et d'en parler casuellement et témérairement, mont, h, 9». Trésor trouvé casuellement en lieu public appartient pour la moitié au seigneur haut justicier et pour l'autre moitié à celuy qui l'a trouve, Nouveau coustumier gén. t. 11, p. <050.
— ÊTYM. Casuelle, et le suffixe ment ( voy. ment).
CASC1STE (ka-zui-st'), s. m. Théologien qui s'applique à résoudre les cas ou les difficultés de conscience par les règles de la raison et du christianisme. Si les Jésuites n'avaient que des casuistes relâchés, ils ruineraient leur principal dessein qui est d'embrasser tout le monde, puisque ceux qui sont véritablement pieux cherchent une conduite plus sûre; mais comme il n'y en a pas beaucoup de cette sorte, ils n'ont pas besoin de beaucoup de directeurs sévères pour les conduire ; ils en ont peu pour peu; au lieu que la foule des casuistes relâchés s'offre à la foule de ceux qui cherchent le relâchement, pasc. Prov. 6. Le christianisme est bien différent dans les livres saints et dans les casuistes, pasc. J.-C. 13. Le meilleur de tous les casuistes est la conscience, J. J. rouss. Ém. iv. Comme il y a un nombre infini d'actions équivoques, un casuiste peut leur donner un degré de bonté qu'elles n'ont point, en les déclarant bonnes, montesq. Lett. pers. 57 . Il Par extension. L'amour a des casuistes D'avis fort différents dans sa religion: Il a ses Escobars, il a ses jansénistes, chaulieu, Ép. à Lafare, (703.
— ÊTYM. Espagn. casuista; ital. casisla ; de casus , cas de conscience (voy. cas). Il est écrit deui fois casuite dans Thiers, Superstitions , préface, éd. de (697. Nous voyons par la 8* réflexion critique de Boileau sur Longin que Perrault écrivait toujours casuite; Boileau lui reproche cette orthographe et dit qu'il faut écrire et prononcer casuiste.
t CASUISTIQUE (ka-zui-sti-k'), *. f. Partie de
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la théologie morale qui s'occjpe des cas de conscience.
— êtym. Casuiste.
t CASUISTIQUER (ka-zui-sti-ké), v. n. Faire le casuiste; discuter des cas de conscience.
fCASULAIHE, adj. Rég.me casulaire, dit aujourd'hui cellulaire (de cusa, case, loge).
CATACUIttSE (ka-ta-krè-z'), s. f. || 1" Trope par lequel un mot détourné de son sens propre est accepté dans le langage commun pour signifier une autre chose qui a quelque analogie avec l'objet qu'il exprimait d'abord; par exemple , une langue, parce que la langue est le principal organe de la parole articulée; une glace, grand miroir, parce qu'elle est plane et luisante comme la glace d'un bassin; une feuille de papier, parce qu'elle est plate et mince comme une feuille d'arbre. C'est aussi par catachrèse qu'on dit : ferré d'argent; aller à cheval sur un bâton. Poussez à Marcassus, poussez à Marcellus l'antithèse, l'hypotypose , la catachrèse, p. l. cour. 1, 120. Il 2* Terme de musique. Dissonance dure et inusitée.
— ÉTYM. Kaiâxpl<"«. abus, de xotTot, contre, et Xpîiot:, usage.
CATACLYSME (ka-ta-kli-sm') , s. m. || 1* Terme didactique. Grande inondation, et, particulièrement, le déluge universel de la Bible, ou autres déluges dont parlent les géologues. || 2" Fig. Désastre, et surtout bouleversement dans un État, dans une société. C'est un vrai cataclysme.
— HIST. xvi* s. Avant le gênerai cataclisme advenu du temps de Noé, des accords, Bigarr. Invention des lettres.
— ÊTYM. KaTïx)uoiiè{, de xsrrà, sur, et x/uau-i;, action de mouiller (voy. clystère).
t CATACLYSMIQUE ( ka-ta-kli-smi-k' ) , adj. Terme de géologie. Qui dépend d'un cataclysme. Un transport cataclysmique de galets de granité.
— ÊTYM. Cataclysme.
t CATACLYSMOLOGIE (ka-ta-kli-smo-lo-jie), s. f. Histoire des cataclysmes.
— ÊTYM. Cataclysme, et )6yoî, traité.
+ CATACOI ou CATACOUA (ka-ta-kou-a), s. f. Forme populaire pour dire un catogan.
CATACOIS (ka-ta-kol), *. m. Terme de marine. Voy. cacatois.
CATACOMBES (ka-ta-kon-b') , s. f. pl.\\i' Lieux souterrains, près de Rome, qui étant d'anciennes carrières de pouzzolane, servirent pour la sépulture des esclaves, et où les chrétiens se cachèrent ensuite pendant les persécutions et enterrèrent auss' leurs morts. Supposons que l'un de ces hommes vénérables sortant tout à coup de ces catacombes antiques où sa cendre est confondue avec celle de tant de martyrs... Mirabeau, Collection, t. v, 300. Il 2° Par extension , toute espèce de vastes excavations souterraines où sont réunis des débris mortuaires. Paris est en partie bâti sur des catacombes qui furent des carrières.
— ÊTYM. Provenç. cathacumba ; espagn. catacumba; ital. catacomba; du bas-lat. catacumba, dont l'origine est incertaine. On y voit d'ordinaire la préposition xoctix, et : t° cymba, bateau, parce qu'il y avait près des catacombes de Rome une station pour les bateaux; 2° tumba, altéré en cumba: le lieu aux tombes; et3*comoa, vallée, fosse:lelieu aux fosses. Au contraire Diez voit dans cata le baslatin catare, voir, regarder, qui se trouve danscatafalque, dans châlit (voy. ces mots), et soit tumba (on trouve en effet dans des textes espagnols catatumba, et dans le dialecte milanais, catatomba), soit comba (voy. combe) ; de sorte que catacombes signifierait tombes ou fosses que l'on va voir, que l'oa visite. Ce qui est le plus probable, c'est l'étymologie la plus directe, de xazà, en, et x'j(j.6r) ou xùu.6oç, dont le sens propre est cavité; mot composé qui, à la vérité, n'est pas dans le grec littéral, mais qui a pu se former dans le grec non écrit.
f CATACOUA. Voy. catacoi.
CATACOUSTIQUE (ka-ta-kou-sti-k') , s. f. Terme de pliysique. Partie de l'acoustique qui a pour objet les sons réfléchis ou les effets des échos. || Adj. Qui a rapport à la catacoustique.
— ÊTYM. KaTaxoucmxàç, de xorcà, contre, indiquant réflexion, et acoustique.
CATADIOPTRIQUE ( ka-ta-di-o-ptri-k') , adj. Il 1* Terme de physique. Épithète donnée à certains instruments d'optique qui réunissent les effets combinés de la réflexion et de la réfraction. || 2° S. f. Partie de l'optique qui a pour objet les effets réunis de la lumière réfléchie et réfractée.
— êtym. KaTà, contre, indiquant réflexion, et dioplriquc.
CATADOUPE (ka-ta-dou-p') ou CATADUPE (U-
CAT
CAT
CAT
ta-dtt-p'), s. f. Chute d'un fleuve. Vous savez que mes catadoupes ou cataractes [du Nil] font une chute merveilleuse de toutes mes eaux, fén. xix, si.
— HIST. xvi* s. Le physetere jetoit eaue à pleins tonneaux comme si fussent les catadupes du Nil en Ethiopie, rab. Pant. IV, 34.
— ÊTYM. KaxàSourca, de xatà, et Souneïv , faire du bruit.
CATAFALQUE (ka-ta-fal-k') , s. m. Estrade élevée, par honneur, au milieu d'une église, pour recevoir le cercueil ou la représentation d'un mort. La mort a prêté le catafalque d'un empereur romain à la dépouille d'un Tartare, chateaubr. Génie, iv, n, 3.
— ÊTYM. liai, catafalco; bas-lat. catafaltus, cadafaldus , cadaffale , cadapallus , cadaphallus , chafalltis. Cata est selon Du Cange le bas-latin catus, machine de guerre, appelée chat d'après l'animal ; et selon Diez catare, voir, regarder; du reste, finalement, ces deux étymologies se confondent, vu que catus, chat, etcofare, regarder, ont le même radical. Reste falco, qui, vu les variantes du baslatin où lep se montre, ne peut être que le mot germanique balk (voy. balcon). Catafalque est le même que échafaud (voy. ce mot).
t CATAGLOTTISME ( ka-ta-glo-tti-sm' ) , s. m. Terme de littérature ancienne. Emploi de mots recherchés.
— ÊTYM. KaTayAoïTTioTAèç, de xoaà, indiquant recherche, et YA<So<7a, mot, langue (voy. glose).
t CATAGMATIQUE (ka-ta-gma-ti-k'), adj. Terme de chirurgie. Propre à favoriser la consolidation des fractures.
— ÊTYM. KâT<xYu.a, fracture, de xaTâYvuu.i, xa- Tàyto, xaràffffw, casser.
(. CATAIRE (ka-tê-r'), s. f. Terme de botanique. Plante labiée d'une odeur aromatique, forte, mais peu agréable, qui attire les chats (nepeta calaria, t.).
— ÊTYM. Bas-lat. catus, chat (voy. chat).
t 2. CATAIRE (ka-tê-r'), adj. Terme de médecine. Frémissement cataire, frémissement semblable au murmure du chat et qu'on entend, par l'auscultation, dans certaines maladies du coeur.
— ÊTYM. Bas-lat. catus, chat (voy. chat).
t CATALAN, ANE (ka-ta-lan, la-n'), adj. Oui appartient à la Catalogne. La langue catalane, ou, substantivement, le catalan, langue parlée dans la Catalogne, qui est un des idiomes romans et qui a les plus grandes affinités avec l'ancien provençal. || S. m. Nom d'aventuriers, la plupart catalans, qui se rendirent fameux en Asie durant le xrv* siècle.
t CATALANE (ka-ta-la-n'), s. f. Terme de métallurgie. Forge à la catalane, bas fourneau dans lequel s'opère l'affinage immédiat du minerai de fer.
— ÊTYM. Catalan, nom des habitants de la Catalogne.
CATALECTES (ka-ta-lè-kf) , s. m. plur. Recueil de fragments, de morcenux détachés.
— ÊTYM. Catalecta, de xaTaXcxTa, de xaxà, et Xexxôî, choisi, de \iyivt, choisir, cueillir, le même que le latin légère (voy. lire).
CATALECTIQUE (ka-ta-lè-kti-k') , adj. Vers catalectique, vers grec ou latin auquel manque une syllabe.
— ÊTYM. KctTaATixTixèî , de xaxà, dans, et atixtixàc, qui finit, de Xifyeiv, finir, cesser.
CATALEPSIE (ka-ta-lè-psie) , s. f. Terme de médecine. Maladie caractérisée par l'aptitude qu'ont les membres, et même le tronc, à conserver pendant toute la durée de l'attaque les attitudes qu'ils avaient au commencement ou celles qu'on parvient a leur faire prendre.
— HIST. x\T s. Et si les dites vapeurs montent jusqu'au cerveau, causent epilepsie, catalepsie, qui est quand tout le corps demeure roide et froid, et en mesme figure qu'il estoit auparavant que tomber en tel mal, les yeux ouverts, sans voir et sans ouyr, paré, xvm, 62.
— ÊTYM. KaTi>r)4m, de xattà, dans, et Xr^iç, prise, de Xo(i6iv£iv, prendre, ayant même radical que Xii(ji[ia (voy. lemme).
CATALEPTIQUE (ka-ta-lè-pti-k') , adj. Terme de médecine. Atteint de catalepsie ; qui a rapport à la catalepsie. \\S.m.et(. Un, une cataleptique.
— ÊTYM. Voy. CATALEPSIE.
CATALOGUE (ka-ta-lo-gh'), s. m. Liste d'inscription dans un registre. Le catalogue alphabétique, par ordre de matières, d'une bibliothèque, d'un libraire. Une nouvelle étoile qui parut de son temps [Hipparque] lui fit entreprendre un catalogue de ces astres pour mettre la postérité en état de reconnaître les changements que le spectacle du ciel pourrait éprouver, la place, Exp. v, 2. || Fig. et fami-
lièroment. Rayez cela de votre catalogue, ne croyez pas cela, ou n'y comptez pas. Inscrivez cela sur votre catalogue, apprenez cela et souvenez-vous-en. || Le catalogue de ses tribulations, la série, la kyrielle. || Le grand catalogue, les maris trompés. Voila tout fait et tout formé Un époux du grand catalogue, la pont. Cand.
— HIST. xvi* s. Et qui voudrait conter ceux qui font naufrage sous ceste espérance, le catalogue en serait grand, lanoue, (8t.
— ÊTYM. Provenç. calhalogue ; espagn. et ital. catalogo; de catalogus; de xavàXoYOç, de xavà, et )6yoç, inscription, ordre, arrangement (voy. logique).
t CATALOGUÉ, ËE (ka-ta-lo-ghée, ghée), part, passé. les livres catalogués par les employés de la bibliothèque.
t CATALOGUEMENT (ka-ta-lo-ghe-man), ». m. Action de cataloguer; le résultat de cette action. Le cataloguement de cette bibliothèque.
f CATALOGUER (ka-ta-lo-ghé), t). a. Inscrire un livre, un article dans le catalogue. || Arranger, mettre par classes.
— ÊTYM. Catalogue.
t CATALOGUEÙR (ka-ta-lo-gheur) , s. m. Celui qui rédige un catalogue.
CATALPA (ka-tal-pa) , s. m. Terme de botanique. Arbre d'agrément (bignonia catalpa, L.), originaire de la Caroline, à fleurs d'un beau blanc ponctué de rouge et disposées en corymbe à l'extrémité des rameaux. Un monticule planté d'orangers , de chênes verts et de catalpas, cbateaib. Génie, i, v, to. Près du lieu où parlait le vieillard, se voyait un catalpa au tronc noueux, id. Natchet, i, 76. || Une autre espèce dite chêne noir d'Amérique (catalpa longissima, Sims.) a un bois qui n'est pas attaqué par les vers . et qui est recherché aux Antilles pour la construction des vaisseaux.
t CATALYSE (ka-ta-li-z') , s. f. Terme de chimie. Phénomène qui a lieu quand un corps met en jeu, par sa seule présence et sans y participer chimiquement, certaines affinités qui, sans lui, resteraient inactives. Ainsi le platine très-divisé transforme l'alcool en acide acétique par absorption de l'oxygène atmosphérique, sans subir lui-même aucun changement.
— ÊTYM. KaiaXucri?, dissolution, de xaxà, et Xûffi;, action de délier.
t CATALYSER (ka-ta-li-zé) , v a. Terme de chimie. Décomposer par catalyse.
— ÊTYM. Catalyse.
t CATALYTIQUE (ka-ta-li-ti-k') , adj. Terme de chimie. Oui a rapport à la catalyse.
— ÊTYM. Voy. catalyse.
t CATALYTlQUEMENT(ka-ta-li-ti-ke-man), adv. À la façon de la catalyse.
f CATAMËNIAL, ALE (ka-ta-mé-ni-al, a-1'), adj. Terme de physiologie. Qui a rapport aux menstrues. Flux cataménial. Les phénomènes cataméniaux.
— ÊTYM. Kœzapfywx, menstrues, de xaxà, par, et Hirjv, mois (voy. mois).
t CATAPAN (ka-ta-pan), f, m. Officier des empereurs grecs en Italie. Les empereurs d'Orient gouvernaient la Pouille et la Calabre par un catapan, volt. Mœurs, 39.
— hist. xm* s. Et asavoir ne je ne catepon ne li autre mi sergent, du cange, catapanus.
— ÊTYM. Bas-lat. catapanus, catepanus, catipanus, du grec xaxtuâvta xûv àÇuouâxwv , préposé aux dignités, de xaxà, sur, et ènàvu, en haut, comDOsé de Itû et àvco.
t CATAPASME (ka-ta-pa-sm') , ». m. Terme de médecine. Poudre dont on saupoudre une partie du corps pour remplir quelque indication.
— ÊTYM. Kaxâitaoua, de xaxà, et itàuaeiv, saupoudrer.
t CATAPÉTALE (ka-ta-pé-ta»l'), adj. Terme de botanique. Dont les pétâtes sont soudés avec les étamines.
— ÊTYM. Kaxà, en, et pétale.
i CATAPHASE (ka-ta-fa-z') , ». f. Terme de logique ancienne. Affirmation. Se disait par opposition à apophase.
— ÊTYM. Kaxàpaaiç, de xaxà, contre, et çtiu.1 , dire (voy. fable).
t CATAPHONIQUE (ka-ta-fo-ni-k') , s. f. Terme didactique. Branche de la physique qui traite de la réflexion du son.
— ÊTYM. Kaxà, contre, et?<ov^, voix.
fCATAPHORA (ka-ta-fo-ra) , s. m. Terme de médecine. Assoupissement sans fièvre ni délire.
— ÊTYM. Kaxa^opà, sommeil comateux; pro-
prement, action de jeter en bas, de xaxà, en bas, et ipfpeiv, porter.
t CATAPHRACTE (ka-ta-fra-kf), s. m. Nom d'une armure de fer qui couvrait le corps tout entier, et qui, en usage d'abord chez les Asiatiques, passa chez les Grecs et les Romains. || Nom d'un vaisseau de guerre chez les anciens, long et ponté.
— ÊTYM. Voy. CATAPHRACTE.
t CATAPHRACTE, ÉE (ka-ta-fra-kté , tée), adj. || 1* Terme d'art militaire ancien. Qui est muni d'une armure défensive complète. || 2" Terme de zoologie. Qui a le corps enveloppé d'une cuirasse.
— ÊTYM. KotTo^pixTuç, cuirasse, de xatà, à, et çpâdcietv, garnir, couvrir.
t CATAPHRYGIEN (ka-ta-fri-jiin) , s. m. Nom d'hérétiques du ir* siècle de l'ère chrétienne qui , rejetant les anciens prophètes, disaient que l'Esprit- Saint avait été donné non aux apôtres mais à eux.
— ÊTYM. Cataphrygx, parce qu'ils avaient leur siège en Phrygie.
CATAPLASME (ka-ta-pla-sm' ; la prononciation ca-ta-plâ-me, qu'on entend quelquefois, est rejetée par l'usage), s. m. || 1° Topique de la consistance d'une bouillie épaisse, que l'on compose de pulpes, de poudres ou de farines cuites soit avec de l'eau pure, soit avec des décoctions de plantes, ou avec du lait. Cataplasme, Dieu sait! les gens n'ont point de honte De faire aller le mal toujours de pis en pis, la font. Fabl. m, 8. || Terme d'horticulture. Préparation d» bouse de vache et de terreau gras pour recouvrir les plaies des arbres, dite vulgairement onguent de saint Fiacre || 2" Fig. Cela est un cataplasme, se dit en parlant de quelque chose qui adoucit, compense, répare. || Cataplasme de Venise, un coup sur la joue, un soufflet, dansLEROux, Dict. comique. || Populairement. C'est un bon cataplasme pour l'estomac, se dit d'un aliment à la fois épais et doux, comme une purée, une soupe épaisse.
— HIST. xvi* s. Us sont faits de farine et poudre meslées et incorporées avec jus ou autre chose humide; tels emplastres doivent plustost estre appelés onguens durs ou cataplasmes qu'emplastres, pare, xxv, 27. Les cataplasmes sont faits de racines, fueilles, fruits, fleurs, semences des herbes, jus d'icelles, huiles, axonge» , moelles, farines, résines : desquels les uns sont cuits , les autres cruds, m. xxv, 28.
— ÊTYM. Génev. catapldme; picard, catapleumc; du latin cataplasma, du grec xaxâ7tXa<7|jia, de xaxà, sur, et irXâau.a, application, de rù.ânanv, appliquer, former (voy. plastique).
t CATAPLECTÏQUE (ka-ta-plè-kti-k'), adj. Qui a rapport à la cataplexie.
t CATAPLEXIE (ka-ta-plè-ksie) , s. f. Terme de pathologie. Perte subite du sentiment.
— ÊTYM. KaTàrcXTiîic, de xaià, et tcX»j<jcjeiv, frapper (comp. PLAIE).
t CATAPTOSE (ka-ta-pto-z"), ». f. Terme de médecine. Chute subite du corps, dans une attaque d'épilepsie ou d'apoplexie.
— ÊTYM. KaTtMiTwdi;, de xatà, etxxûat;, chute. t CATAPUCE (ka-ta-pu-s'), s. f. Nom vulgaire
de l'euphorbe épurge.
CATAPULTE (ka-ta-pul-f), s. f. Machine de guerre dont les anciens se servaient pour lancer des pierres ou des traits.
— HIST. xvi' s. Il inventa art et moyen de battre et desmolir forteresses et chasteaux par machines et tormens bellicques, béliers, balistes, catapultes, rab. Pant. iv, 61.
— ÊTYM. Catapulta, de xaxairftni?, de xaxà, contre, et roxXXeiv, lancer, de même radical que le latin pellere (voy. pousser).
I. CATARACTE (ka-ta-ra-kf) , s. f. || l'Terme d'antiquité. Sorte de herse placée aux portes des villes. || 2* Auplur. En style biblique, portes ou écluses qui sont supposées retenir les eaux célestes. Il ouvrit les cataractes du ciel, mass. Pan. St Franc. || 8° Chute d'une grande rivière qui se précipite de haut. Les cataractes du Nil. Le Rhin a deux cataractes. Sur la terre, les rochers laissèrent tomber des cataractes, chateaub. Génie, i, iv, 4. || Fig. Lâcher les cataractes, laisser déborder sa colère, son indignation. || 4° Appareil qui, dans les machines à vapeur â simple effet, sert à régler le mouvement. || 6" Terme hydraulique. La différence de hauteur du niveau des eaux d'amont d'un pont au niveau d'aval des eaux du même pont.
— SYN. cataracte, cascade. Ce qui distingue la cataracte de la cascade , c'est que celle-ci ne s'applique qu'aux ruisseaux, aux torrents, en un mot aux petits cours d'eau. D'ordinaire aussi la cascade tombe de rocher en rocher, au lieu que, dans la
CAT
cataracte, l'eau se précipite seulement d'un lieu très-êlevé en un bas-fond.
— HIST. xvi* s. Un jour, élevant mon luminaire, j'aperçus les cataractes du ciel ouvertes, Roman d'Alector, dans le Dict. de dochez.
— étym. Provenç. eataracta, bonde, vanne; ital. caterata; du latin eataracta, calaraetei ; du grec xoTapàxTYiî, écluse, de xatapâcNuiv , faire irruption en bas, de xa-tà, en bas, et f ioativ ou p^o- «iv, rompre (voy. rhagade, et comp. rompre). Étymologiquement, la cataracte est l'engin qui, rompant avec force, bouche unpertuis; on a passé sans peine du sens de cet engin à celui de chute d'eau.
2. CATARACTE (ka-ta-ra-kf ) , *. f. Terme de chirurgie. Opacité du cristallin ou de sa membrane, ou de la couche de Morgagni, opacité qui empêche les rayons lumineux de parvenir jusqu'à la rétine, et qui cause ainsi la perte de la vue. On opère la cataracte par extraction ou par abaissement ou par broiement : on extrait la cataracte en incisant la cornée et faisant sortir le cristallin; on l'abaisse en perçant le sclérotique derrière la cornée et abaissant le cristallin ; on la broie en perçant la cornée avec une aiguille et broyant le cristallin. On a dit aussi abattre la cataracte pour l'abaisser. L'aveugle-né à qui M. de Réaumur vient de faire abattre la cataracte, dideh. Lett. s. i. aveugl.
— HIST. xvi* s. Abattre une cataracte, paré, Introd. 2. Cataracte ou coulisse : c'est une concrétion d'humeur entre la cornée et l'humeur crystalin; quand elle couvre la prunelle ou vient à s'endurcir en l'uvée, elle est appellée maille, taye, bourgeon,