‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 27 sur 403 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

A (â), i. m. Voyelle et première lettre de l'alphabet. Un grand a. Un petit a. Deux A. Des A mal formés, sans s au pluriel. 11 y a une géométrie matérielle qui se contente de lignes , de points , d'A + B , chateahb. Gén. du Chr. m, n, t. Une panse d'à, la première partie d'un petit a dans l'écriture cursive. N'avoir pas fait une panse d'à, c'est-à-dire n'avoir rien écrit, rien copié, rien composé. Si je voulais recevoir tous les ans vos quatre mille livres, sans faire jamais une panse d'à, vous seriez l'homme le plus propre à vous laisser faire, voit. Lett. clxxxiv. Ne savoir ni a ni s, ne pas savoir lire, être très-ignorant (voy. a bc). || Il est marqué a Ta se dit d'un homme de bien, d'honneur et de mérite; et ce proverbe est emprunté des monnaies qu'on marquait aux villes de France par ordre alphabétique, selon leur primauté : la monnaie de Paris, réputée du meilleur aloi, était marquée de l'A. || A, dans la musique moderne et notamment dans la musique allemande, le sixième degré de la gamme diatonique et naturelle, ou la dixième corde de la gamme diatonico-chromatique, appelé dans l'ancien solfège a la mi ré, a mi la, ou la. A majuscule, écrit sur une partition, indique l'alto.

— HIST. xni* s. Oiez que tesmoigne li a ; a veut tous tems qu'on la bouche oevre ; Tuit [tout] prélat beentàceste oevre. Icil qui I'abc para, Fist le commencement par a , Senefiance de I'abc, jubin, h ,

— ÊTYM. a latin, lequel vient de l'a grec, lequel a été apporté par les Phéniciens sous le nom d'alpha (voy. ce mot).

A (a), S* pers. sing. ind. prés, du verbe avoir.

À (a) prêp. Lorsque à précède l'article masculin suivi d'une consonne autre quel'/i muette, on les contracte en ou pour à le; lorsqu'il précède l'article pluriel des deux genres, on les contracte en aux pour d les.

— rem. Ces formes proviennent de l'ancienne langue : à le se disait al, qui devant une consonne se prononçait ordinairement au, comme on le voit dans autre, écrit anciennement altre et venant du latin aller. Pour le pluriel, à les se contractait en as ou aus ; d'où notre forme aux.

À exprime trois rapports différents : direction, aller à Paris; repos, résider à Paris; extraction, prendre à un tas. Quand, partant de ces trois significations fondamentales, on examine les acceptions telles qu'elles se comportent dans le langage, on rencontre une variété extrême de nuances, qui rend très-difficile le classement des sens. Un mot aussi petit et aussi employé que à est devenu trèsindéterminé, de manière à se prêter à une foule d'emplois différents. Comme toute préposition, il exprime un rapport, et ne peut être bien apprécié

DICT. DE la langue française.

indépendamment des deux termes qu'il lie, aussi bien l'antécédent que le conséquent. Au lieu de la classification par significations, on peut adopter une classification d'après les deux termes du rapport où à figure, le sens étant aussi bien déterminé, en beaucoup de cas, par le mot qui précède que par le mot qui suit. En conséquence , on peut considérer à dans les positions suivantes :

1° Entre un substantif et un substantif ou un pronom. Séjour à Paris. Habitation à la campagne. La vie aux champs. Retour à la ville. L'ascension au haut du pic. L'orientation au nord. La remise à un autre temps. Le recours au juge. Le discours au roi. La réponse à une lettre. L'élévation aux dignités. La disposition à la plaisanterie. La préparation à la communion. La contribution au fonds commun. La légèreté à la course. Le lion à la gueule menaçante. Terre à potier. Vases à huile. Marché aux bœufs. Cruche à anses. Chaise à porteurs. Terre à blé. Tunique à manches. L'emprunt au banquier. L'achat au marchand. La demande au professeur. La suspension au plancher. L'arrachement à toutes les affections. La répugnance au mariage. Le manquement au devoir. L'obéissance au maître. Il n'est rien de cela aux exemples des payens; nous n'avons pas de liaison à eux, pasc. Pens. H, <7. Je méditais ma fuite aux terres étrangères, rac. llaj. m, 2.

2° Entre un substantif et unpronom, construction où à exprime la possession. Un ami à moi. C'est un ami à moi; je vous le recommande. Il a un style à lui. Vous avez une manière à vous.

3" Entre un substantif et un verbe. L'exhortation à combattre. L'encouragement à bien vivre. La disposition à plaisanter. La promptitude à faire. L'habileté à parler. La facilité à comprendre. La répugnance à venir. Le plaisir à obéir. La fermeté à soutenir la vérité. La honte a mentir. Quelque effort que l'on fasse à rompre vos beaux nœuds, cobn. lier. i,4.Iln'apasdepèineàse rendre, la font. Fabvin, 7,4. Les biais qu'on doit prendre à terminervos vœux, mol. l'Étourdi, iv, t.

4° Entre un adjectif et un substantif ou un pronom. Exposé au midi. Porté à la violence. Enclin au mal. Prêt au combat. Parti hostile au gouvernement. Obéissantàla loi. Nuisible à la santé. Plaisant à l'œil. Important à l'État. Habitué aux théâtres ; itile àtous, propre au travail. Affable aux petits. Semblable au loup. Egal aux plus grands. Sa mort fut coo forme a sa vie. Attaché à ses habitudes. Rebell» à l'autorité. Répugnant aux sens. Il est loisible à to.it homme de.... 11 était naturel à Adam et juste à son innocence , pasc. édit. Cousin. Ils étaient cruels à ceux qui leur résistaient, boss. Hist. m, 6.

6* Entre un adjectif et un verbe. Disposé & mé-

dire. Prêt à partir. Enclin à no rien faire. Facile à apprendre. Important à comprendre. Chose honteuse à dire. Charmant à contempler. Agréable à faire. Inutile à dire. Le dernier à fuir. Le premier à s'élancer. Prompt à se mettre en colère. Habile à parler. Propre à supporter les fatigues. C'est bientôt le première prendre, la font. Fab. viu,7....Les riches grossiers N'ont pas une âme ouverte à sentir les talents, a. chén. 26.

6° Entre un adverbe et un nom ou un pronom. Conformément à ce que vous dites. Semblablement aux feuilles des arbres, les générations humaines se succèdent sur la terre.

7° Entre le même mot répété sans article, indiquant que personnes ou choses se suivent ou se touchent. Un à un. Trois à trois. Il passèrent un à un. On les compta trois à trois. Goutte à goutte. Seul à seul. Tête à tête. Ils s'introduisirent homme & homme. Pas à pas. Mot à mot. Traduire mot à mot. Corps à corps. Lutte corps à corps. Bec à bec. Bout à bout. En termes de jeu, nous sommes fiche à fiche, dix à dix, nous avons chacun une fiche, dix points; et même, elliptiquement, nous sommes fiche à, dix à.

8° Entre un verbe ayant à pour complément indirect et un substantif ou un pronom. Se rendre à la ville. Reléguer aux champs. Recevoir au camp. Aller à Rouen, à la campagne. Monter au ciel. Envoyer un livre à quelqu'un. Monter achevai. Être tourné à l'est. Être exposé au danger. Jeter quelqu'un à terre. Jeter à l'eau. Revenir à soi. J'en viens à un autre objet. Courir à sa perte. Appeler aux armes. Exhorter au travail. Recourir au juge. Descendre aux dernières prières. S'adresser à ses amis. Réduire à l'extrémité. Arracher quelqu'un à son opinion. Élever au rang suprême. Courir au danger. Se préparer au combat. Lever les mains au ciel. Accorder la récompense au mérite. Devoir de l'argent à quelqu'un. Exposer au péril. S» rendre à César. Écrire à quelqu'un. Enseigner les lettres aux jeunes gens. Ajouter à quelque chose. Imputer à crime. Assister au jugement. Plaire à quelqu'un. Il importe à tout le monde. Elle pense à moi. Il s'accoutume à l'obéissance. Ce vêtement sied bien aux hommes âgés. 11 convient à chacun. Ce livre appartient à mon frère. Se joindre à une compagnie. Mettre une chose à sa place. Associer sa cause au salut public. Faire part de sa gloire à quelqu'un. Mêler de l'huile h de la chaux. Comparer Aristote à Platon. Répondre à l'amour. Répugner à certaines démarches. Le chien ressemble au loup. Conformer sa vie aux préceptes de la sagesse. Condamner h mort, aux galères. Puiser de l'eau à une fontaine. Boire à la source. Prendre au tas. Demander quelque chose à quelqu'un. Allumer une

chandelle au feu. Acheter du drap au marchand. Emprunter de l'argent à un ami. Dire une parole, un mot à quelqu'un. Commencer à dormir. Suspendre au plafond. Arracher aux arbres leurs fruits, un fils à sa mère. Dérober au danger, ta marcotte a été prise à un bon cep. Dépouilles enlevées à l'ennemi. Retirer sa confiance à quelqu'un. Manquer à son devoir, à ses amis. Toucher à quelque chose. Toucher au terme, au port. La vérité était contraire à vos fins; il a fallu mettre votre confiance au mensonge, pasc. Prov. i6. Pensez-vous.... Et quand nous nous mettons quelque chose à la tête, Que l'homme le plus fin ne soit pas une bête? mol. Éc. des M. i, 2. Moi-même la cherchant aux climats étrangers, hac. Baj. in, 4. Enfin je viens à vous, id. Phèd. i, 2. Mais enfin à l'autel il est allé tomber, id. Andr. v, 3. On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, jd. Phèd. i, 4. Et Phèdre au labyrinthe avec vous descendue , id. t'6. n , 6. Mettons le sceptre aux mains dignes de le porter, id. t'6. n, e. J'aurais trop de regrets,si quelque autre guerrier Au rivage troyen descendait le premier, id. Iphig. i, 2. Le comte d'Harcourt, fortifié par les troupes qui avaient joint son armée, se résolut de marcher à M. le Prince, la rociief. Uém. 202. Cours, assemble au drapeau nos braves combattants, volt. Scyth.'n, 4. A ce fatal berceau l'instinct m'a rappelé, id. Orphel. n, 3. S'il y a une autorité dans lo monde à laquelle la raison doive céder, c'est à celle de la religion chrétienne, mass. Vérité. Elle est donc plongée au tombeau ! oilb. à la Reine. Et je le donnerais à bien d'autres qu'à moi De se voir sans chagrin au point où je me voi , mol. Sgan. te. Voilà un homme qui veut parlera vous, id. Mal. imag. n, 2. Il est ce que tu dis, s'il embrasse leur foi ; Mais il est mon époux, et tu parles à moi, corn. Poly. m, 2. L'hypocrisie est un hommage Que rend le vice à la vertu, aubert, n, *o. J'ai conclu que la recherche de la vérité était une folie, parce que, quand on la trouverait, on ne saurait à qui la âire,BERN. de s. p. Ch. ind.

9° Entre un verbe et un verbe. Exhorter à faire. Inviter à venir. Condescendre à traiter. Il en est venu à nous dire. Réduire à capituler. Forcer à mourir de faim. Il incline à prendre ce parti. Se préparer à partir. Apprendre à lire. Enseigner à s'exprimer correctement. Cela contribue à augmenter le patrimoine. Ce discours le portait à céder. Se décider à comparattre. Sa démarche l'exposait à périr. Il se platt à étudier. Il pense à exécuter son projet. S'accoutumer à obéir. Aimer à donner. Condamner à faire amende honorable. Chercher à comprendre. Donner à copier une lettre. Donner à porter un fardeau. Il reste à finir le travail. Demander à être reçu. Manquer à venir. Répugner à travailler. On l'exhorta à avoir courage, scarr. Rom. corn, il, t2. Et je me vois réduit X chercher dans vos yeux une mort qui me fuit, rac Phèd. n, 2. Essayez un peu, par plaisir, à m'envoyer des ambassades, àm'écrire secrètement de petits billets doux, à épier les moments que mon mari n'y sera pas, mol. G. Dand.i, 6. Manquez un peu, manquez à le bien recevoir, id. Sgan. i. Depuis assez longtemps je tâche à le comprendre, id. t&. m, t. L'œil ébloui se perd dans leur foule innombrable [des insectes]; Il en faudrait un monde à faire un grain de sable, lamart. Joe. iv , 34. C'est une chose grande et que tout homme envie, D'avoir un lustre en soi qu'on répand sur sa vie, D'être choisi d'un peuple à venger son affront, v. hugo, F. d'aut. <3.

10° Absolument, devant un nom ou un pronom, exprimant une circonstance, à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. A Paris. A la ville. Aux champs. Au midi. Au nord. X terre.A l'entrée de l'église. A l'armée. Au feu. A l'ombre. Au soleil. A table. Au doigt. Porter une bague au doigt. Au front. Blessé au front. A l'oreille. Mal à l'oreille. Je vous dirai cela à l'oreille. A tout âge. A l'âge de trente ans. Au temps que les bêtes parlaient. X neuf heures. X midi. Au jour fixé. X échéance. Payer à échéance. Au commencement. X la fin de l'année. Au printemps. X l'année. Louer une maison à l'année. Pension à vie. Travailler à la journée. X la longue. Au point du jour. Au mois de mai. X toutes les heures. X chaque fois. X quelques jours de là. X de longs intervalles. X mon arrivée. X l'approche de Xerxès. X cette vue. X ce récit. Au bruit de sa mort. X la nouvelle que.... Xla vue du bourreau. X la prière. X l'instigation des ennemis. X grandes journées. Venir à grandes journées. X la façon des Grecs. X pleines mains. X genoux. X pied. Au toucher. Au goût. X dessein. X souhait. X l'huile. Manger des légumes à l'huile. A l'épée. Se battre à l'èpée. A l'aiguille. Bro-

der à l'aiguille. A la paume. Jouer à la paume. X voiles et à rames. A toute vapeur. A la main. Fait à la main. Au poids. A la mesure. A prix d'argent. A bon marché. X un prix élevé. X vingt sous la livre. X gros intérêts. X sept kilomètres de Paris. X dix lieues environ. X une journée de marche. X mon avis. X l'exemple des autres. X ce que je vois. X ce que je sais. X l'enseigne du Lion d'argent. Au Veau qui tette. A la Boule d'or. A la cour de cassation. Conseiller à la cour de cassation. Avocat à la cour d'appel. Commis au ministère de la guerre. Tu reviens seul, Hémon: ô sinistre présage! Que je lis d'infortune aux traits de ton visage! rotrou, Antig. m, 2. Viens, suis-moi, va combattre et montrer à ton roi Que ce qu'il perd au comte, il le retrouve en toi, corn. Cid, m, 6. Et n'est-ce pas depuis ce temps-là qu'Escobar a tant été imprimé de fois en France et aux Pays-Bas? pasc. Prov. 14. Cette pratique est juste; elle est autorisée aux Pères de l'Eglise, id. ib. X demi-lieue de là, L'Etoile commença de se plaindre, scarr. Rom.com.u, 12. Cet usage du mot sceptre se trouve à toutes les pages de l'Ecriture, boss. Hist. n, 2. Aux bords que j'habitais , je n'ai pu vous souffrir, rac. Phèd. n, 5 Ainsi tout mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir, id. Iphig. v, 2. Mais ma force est au dieu dont l'intérêt me guide, id. Athal. iv, 3. Trempa-t-elle au complot de ses frères perfides ? id. Phèd. i , i . De vous laisser- au trône où je serais placée, iv.Britann. iv,2. Vous qui gardant au cœur d'infidèles amours, m. Jf«thrid. iv, 4. Qu'est-ce qu'un nom, pour immortel qu'il" soit, s'il n'est écrit au livre de vie? flêch. t. i, p. 63. Si quelques mariages se faisaient à mon voisinage, j. j. rouss. Ém. iv. D'Assas, capitaine au régiment d'Auvergne, volt. S.deL. XIV, chap.34.Zamore vit encore au cœur de son amante, m. Ah. i, 4. C'est avec éclat Que je veux aujourd'hui me venger au sénat, id. Catil. n, 3. Pour languir aux déserts de l'antique Arabie, id. Zaïre, m, t. Unis pour le butin, divisés au partage, id. Cat.m, t. Les mendiants groupés dans l'ombre des portiques Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux, v. hugo. Voix, l . Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai , Viendra, la joie au front, sourire âmes tortures, c. delav. V. Sicil.u, 6. Les choses qui se pratiquaient aux siècles passés, desc. Méth. C'étaitau temps même que le roi de Prusse vers la Saxe et le prince de Conti vers le Rhin empêchaient que les forces autrichiennes ne pussent secourir l'Italie, volt. S. de L. XI V, m , 302. On fit mourir au même mois soixantedix personnes,», ib. m, 389. On vit encore à cette journée quelle était l'inimitié naturelle entre les Suédois et les Danois, id. Hist. de Russ. u, 4. 0 ciel! qu'aux châtiments ta justice est sévère, Et qu'il est dangereux d'exciter ta colère I rotrou, Antig. m, 9.... X l'orgueil de ce traître , De mes ressentiments je n'ai pas été maître, mol. Tart. v, 3. Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve, id. G. Dand. n, 8. X mon serment l'on peut m'en croire, iD.Amph. n, t. Aux événements de la guerre ilfaut.... ham. Gramm. i 21 . Mme de La Tour, à cette scène, venant à se rappeler l'abandon où l'avaient laissée ses propres parents , ne pouvait s'empêcher de pleurer, bern. de s. p. P. et Virg. Les gardes, sans tarder, l'ont ouverte à genoux, rac Baj. m, 8. Les emportant aux dents, dans lesbois se retirent, la font. Fab. m, tz. A toute peine, il regagna le bord, id. t'6. vi, <7. Les mauvais effets qui en germent à milliers, montesq. Lett. pers. 85. Cette déclaration est suivie d'un prompt courroux qui parait à notre rougeur, mol. Préc. 5. Ce grand cœur qui parait au discours que tu tiens , corn. Cid, n, 2. X ce que je puis voir, vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu, corn. Nie. n, 3. X ce que je voi, Chacun n'est pas ici criminel comme moi, rac. Théb. i, 6. L'échange en était fait aux formes ordinaires, lafont.Fo6. m, <3.Faire sa ronde ainsi qu'à l'ordinaire, id. t'6. iv, 22. Croyant que ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficace, pasc. Prov. <7. Pour faire croire que nous les soutenons au même sens qu'ils ont exprimé par leurs écrits, id. ib. Condamner ces propositions au sens de Jansénius, id. t'6. Il s'est fait un miracle à une religieuse dePontoise, id. ib. 6. Xton ordre suprême, ils se rendent ici, voLT.Jf.de Ces. i, 2. Abandonner mon camp en est un [crime] capital, Inexcusable en tous et plus au général, corn. Nie. n, 2. Aux rebelles vaincus il usait de douceur, Régnier, Ép. i. Lâches aux dangers et perfides dans l'occasion, p. d'ablanc. Tac. 450. Ils s'engagèrent, à peine de la vie, à.... boss. Hist. I, 9.

il" Absolument, devant un pronom interrogatif. A qui cela?X quoi bon? X quelle fin? X quelle uti-

lité? la font. Fab. n, <3. X quoi vos jours, vo» années se sont-elles écoulées? mass. Conv.

12° Absolument, devant un verbe exprimant une circonstance à la façon d'un adverbe ou d'une locu tion adverbiale. X vrai dire. X ne pas mentir. X en croire Homère. X y bien regarder. X tout prendre. X compter de ce jour. X partir de telle époque. Que gagnerai-je à vous tromper? Perdre son temps à jouer. Il passe le temps à se lamenter. Il s'arrête i lire les affiches. Le bon sens n'est pas à penser sur les choses avec trop de sagacité, vauv. Bon Sens. Guzman, du sang des miens ta main déjà rougis Frémira moins qu'une autre à m'arracher la vie, volt. Ah. m, 6. Ils triomphent è montrer là-dessus la folie du monde, pasc J'en*, div. 7. Et que deviendra lors cette publique estime, Qui te vante partout pour un fourbe sublime, Et que tu t'es acquise en tant d'occasions X ne t'être jamais vu court d'inventions ? mol. l'Étourdi ,iii, t. L'allégresse du cœur s'augmente à la répandre, id. Écol. des F. iv, 8. La curiosité qui vous presse est bien forte, Ma mie, à nous venir écouter de la sorte, id. Tart. n, 2. Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens , Et nous faisons contre eux à leur être indulgents , id. Éc. des F. y, 7. X parler franchement, id. l'Étourdi, i, 9. X vous dire là vérité, id. D. Juan, 1,3. Imitez son exemple à ne pardonner pas, malh. vi, 5. J'entreprendrais sur ellearaccepter.de vous, corn. Jlod.ni, 4. J'en ferais autant qu'elle à vous connaître moins, id. ib. v, 4. X vaincre sans péril on triomphe sans gloire, id. Cid, n, 2.Xles défendre mal je les aurais trahis, id. t'6. v. Je deviendrais suspect à parler davantage , id. Cinna , i , 4. X raconter ses maux souventon les soulage, id. Poly. i, 3.... J'aurais en mon malheur Quelque contentement à flatter ma douleur, Régnier, Sat. xv. X commencer par leur fils Hinyas, boss. fftst. m, 4. Les apôtres, à les regarder par les yeux humains.... id. t'6. n, i*. X remonter à la source, c'était.... id. t'6. ii, «2. X l'entendre, rien n'était difficile, fên. Tél. xvi. Cette prétendue règle, à la prendre sans restriction, est évidemment fausse , d'oliv. Prosod. fr. Il est faux qu'à s'en abstraire par vertu l'on se fasse mépriser, i. i. rouss. Hél.i,6T. J'avilirais le sceptre à venger mon injure, c. delav. V. Sicil. m, 2.

13° Absolument, devant un nom de nombre ou devant un pronom suivi d'un nom de nombre. X quatre. Ils soulevèrent ce fardeau à quatre. X lui seul. X moi seul. Médée , à elle seule .bravait une armée. Ignominie qui, à elle seule.... X trois que nous étions, nous ne pouvions soulever ce fardeau.

14° Absolument , avec un adverbe de temps. X quand? X quand le rendez-vous? X demain. X demain, je vous attends. X demain les affaires. X jamais. Événement à jamais déplorable. X toujours. Soyez prêt à demain, corn. Cid, iv,5.

15° Elliptiquement, devant un nom ou un pronom. Au secours! X moi , citoyens ! Au voleur ! Au feu ! X la porte, l'insolent! X table, messieurs! X l'ennemi, soldats! X votre santé! X monsieur un tel (sur une adresse). X Jupiter, très-bon, très-grand. Au revoir (revoir est ici un substantif ). X ce soir. Xdimanche. X la vie, à la mort. X perpétuité. Concession à perpétuité dans un cimetière.! moi, comte, deux mots, corn. Ct'd, u, 2. Holà, gardes, à moi! rac Iphig.

16° Elliptiquement, entre un substantif et un verbe (équivalent à bon, propre). Chose à dire. Lettre à écrire. Homme à pendre. Je ne vous crois pas homme à faire cela. Occasion à ne pas laisser échapper. Affaire à perdre un homme. Procès à ne pas finir. Conte à dormir debout. Chambre à coucher. Pierre à aiguiser. Arbres à transplanter. Compte à revoir. Travail à refaire. Lettre àporter. Par abréviation : à revoir, à refaire, à porter. Un voile à couvrir d'autres flammes,mol. Dépitam. 1,4. Un cœur qui jamais n'a fait la moindre chose X mériter l'affront où ton mépris l'expose, m. Sgan. 46. La couronnen'arien àme rendre content, mol. D. Garc.v, 6. Cherchons une maison à vous mettre en repos, id. l'Étourdi, v, 3. Je mesens un cœur à aimer toute la terre, id. D. Juan, i, 2. Je n'ai point un courroux à l'exhaler en paroles vaines, id. t'b. i, 3. Si jeté disaisle nom de toutes celles qu'il a épousées en divers lieux, ce serait un chapitre à durer jusqu'au soir, id. t&. i, t. Sous quel astre ton maître a-t-il reçu le jour? Sous un astre à jamais ne changer son amour, id. l'Étourdi, i, 4. De taille à se défendre hardiment, la font. Fab. i, 6. C'était uneclameuràrendre les gens sourds, id. t'6. vin, <2. Ce n'était pas un homme à conquérir des royaumes, volt. S. de L. XIV, iv, <55.

17° Elliptiquement, devant un verbe. Demain, à recommencer. Après-demain , à dîner. X revoir ,

monsieur. Finissons; mais demain, muse, à recommencer, boil. Sot. vu.

18° Locutions avec le verbe être. Cola est à moi.Tout était à l'ennemi. C'est à vous de prendre garde. Ce n'est pas ànous d'examiner. On nepeutêtre à soi un seul instant. Cet homme est à lui-même une énigme. C'est bien fait à vous. C'est à un bon consul de prévoir ce qui arrivera. C'est à faire à lui. C'est folie à vous de croire. Cinq est à quinze comme vingt est à soixante.* cette partie de trictrac, nous étions cinq trous à dix. Dans cette partie de billard , nous sommes quatre à six. Je suis ici à l'attendre. Je suis encore à savoir comment. Cet homme est à craindre. Avec ellipse desoit: Honneur aux braves, c'est-à-dire honneur soit aux braves, et ainsi pour les exemples iuivants : Gloire à Dieu dans le ciel! Guerre aux châteaux et paix aux chaumières ! Malheur aux vaincus ! Les fureursde la terre Ne sont que paille etque verre X la colère des cieux , malh. ii , 2. L'amour que j'ai pour vous est tout à votre gloire, corn. D. Sanche, 11, 2. Qui n'est point au vaincu ne craint pas le vainqueur, id. M. de Pomp. 1, 4. C'était bien dit à lui; j'approuve sa prudence, la font. Fab. m, 48. L'homme est à lui-môme le plus prodigieux objet de la nature. Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même, pasc. édit. Cousin. Elle était à la conversation comme si elle n'avait eu autre chose à faire, j.j. bous» Hél. vi, 41. Chaque juge est un homme à moi, béhang.W. du S. E.Elle revint longtemps après; J'étais à chanter sous la treille, id. Print. et Aut. Les clameurs des soldats par lacrainte étouffées Sont un faible rempart au chef audacieux, Qui brave le courroux d'un ministre des cieux, c. helav. Paria, 1, 4. La bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à l'esprit, la rochep. Réflex. 67. C'est bien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir faire l'homme d'importance, mol. Prie. 1*. Il est encore à revenir, sé>. 2)2. Est-ce donc une chose à dire gaiement? et n'est-ce pas une chose à dire, au contraire, tristement, comme la chose du monde la plus triste? pasc. Pens. 11, ».

19° Locutions avec avoir. Avoir affaire à quelqu'un. 11 y a de la folie à croire que.... Je n'avais rien à vous écrire. Vous n'avez qu'à parler. J'ai à vous entretenir. Il y aurait à craindre. Le temps que j'ai à vivre. L'argent que j'ai à dépenser. Ils eurent un peu à souffrir sous ses successeurs, boss. Hist. il, 6. Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton, mol. G.Dand. 1, 3.

20° Locutions avec faire suivi d'un infinitif. J'ai fait faire un habit à mon tailleur. Il a fait accepter un cadeau à son ami. Faire prendre les armes à la troupe. Ils l'ont fait recevoir [la bulle] au clergé, pasc. Prov. 16.

21" Locutions avec se laisser et un infinitif. Se laisser séduire aux voluptés. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs désirs. Ne nous laissons pas abattre à la tristesse, pasc. édit. Cousin. J'avance cette opinion; mais, parce qu'elle est nouvelle, je la laisse mûrir au temps, id. Prov. 8. Ce peuple se laissait conduire à ses magistrats, boss. Ilist.m, 7. On se laissait dominer à l'amour, id. ib. 11, 41. Et ne vous laissez pas séduireàvos bontés, mol. F. Sav. v, 2. Et quej'aurais cette faiblesse d'âme De me laisser mener parle nez à ma femme, m.io. v, 2. Vous vous laissez tenter à l'envie de causer, sév. 402. Quand je vous écris, je me laisse conduire à ma plume, balz. liv. xv, lett. xv. Ne vous laissez point abattre à la douleur, fén. Tél. xxm. Ne vous laissez point vaincre à votre malheur, id. t&. n.... Ce héros Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire, rac. Iphig. iv, 4.

22° Locutions avec ouïr dire, voir faire, entendre dire, etc. J'ai ouï dire à des vieillards.

— REM. Des lexicographes ont critiqué cette locution, comme étant amphibologique et pouvant signifier: j'ai entendu qu'on disait à des vieillards ; ils voulaient que l'on mît : « J'ai ouï dire par des vieillards. » Mais ce scrupule est excessif ; ouï dire est une locution inséparable et on ne peut jamais intercaler quelque chose entre ouï et dire, ni supposer, j'ai ouï quelqu'un dire à des vieillards. Cela étant impossible, le sens de la locution ne prête à aucune amphibologie. On dira de même : j'ai entendu dire à votre frère que vous viendrez, c'est-àdire j'ai entendu votre frère qui disait; j'ai vu faire à ces hommes une action généreuse, c'est-àdire j'ai vu ces hommes faisant. Mais il n'en serait plus de même si un pronom intervenait au lieu d'un nom : je lui ai entendu dire; je lui ai vu faire; je lui ai vu donner; l'amphibologie commence, et il y a à distinguer deux cas : 1" si le verbe à l'infini-

tif ne peut avoir de régime indirect avec à, la locution est bonne, l'amphibologie n'existe pas : je lui ai vu franchir le fossé : on ne dit pas franchir à quelqu'un ; le cas n'est pas douteux ; je l'ai vu franchissant le fossé ; je lui ai vu faire une action généreuse ; on ne dit pas faire à quelqu'un, le sens est donc, je l'ai vu faisant. 2° Si le verbe à l'infinitif peut avoir un régime indirect avec à, l'amphibologie commence réellement : je lui ai vu donner un soufflet pourrait également signifier, je l'ai vu donnant un soufflet, et j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet. On évitera donc cette tournure.

28° Locutions avec attendre. J'ai attendu à vous parler que tout le monde fût sorti. Elle.... Attend l'ordre d'un père à choisir un époux, corn. Cid, 1, 4. Qu'attendons-nous ànous soumettre? boss. Hist. 11, 43. Attendez à les lui donner quand il aura assez de force , fén. Tél. xxi. Le feu demeure caché dans les veines des cailloux, et il attend à éclater jusqu'à ce que le choc d'un autre corps l'excite, id. Exisl. de Dieu, 4 5.

24° Locutions avec trouver. J'ai trouvé à votre ami un airsoucieux.Trouverà dire. Écoutez si vous trouvez l'air à votre goût, mol. Préc. 10.

25° Devant de. Rien ne plaît à des gens malades. Répondez avec fermeté à de telles prétentions. Il se livre à des extravagances. X déplus hauts partis Rodrigue doit prétendre, corn. Cid, 1, 3. La nature , féconde en bizarres portraits , Dans chaque âme est mar-. quée àde différents traits, boil. Art. Poét. m. Cette locution s'explique par la construction partitive (voy. de).

26° De.... À. De Paris à Rouen il y a trente lieues. D'eux à moi il y a cette différence. D'homme à homme. Elliptiquement: vingt à trente, dix à douze, pour de vingt à trente, de dix à douze. Du matin au soir. De la tête aux pieds. Du jour au lendemain. De vous à moi. De nation à nation. Vivre de pair à compagnon. Traiter de Turc à More. De gré à gré.

27° Locution à qui. C'était à qui partirait le premier. Ils se disputent à qui sera préféré à l'autre. Tirons à qui jouera le premier. Eh bien! gageons nous deux X qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier, la font. Fob.vi, 3. Hélène adorée vit les peuples et les dieux combattre à qui la posséderait, p. l. cour. 1, 39.

28* Locutions par pléonasme. X est suivi d'un pronom personnel reproduisant le pronom possessif qui précède. C'est mon opinion àmoi. Votre devoir à vous , est de partir. Sa manière à lui , c'est de parler par sentences. Leur gain à eux est de cent francs.

29° Locution populaire, la barque à Caron. Cette tournure n'est plus usitée que dans cette locution, et ce serait une faute que de s'en servir autre part. Pourtant elle n'est "qu'un archaïsme, et, aujourd'hui encore, on dit parmi les ouvriers et les gens de campagne : la femme à Jean, la fille à Thomas, la sœur au bedeau.

— REM. 1. X étant entre deux substantifs où le conséquent détermine l'antécédent, le conséquent doit-il prendre le pluriel, quand l'antécédent change dénombre, ou quand le conséquent peut représenter une pluralité? En d'autres termes, si l'on écrit fruit à noyau, faut-il écrire, au pluriel, fruits à noyau ou à noyaux; et faut-il écrire arbre à fruit ou à fruits? Il y a quatre cas : 1° L'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent n'est pas susceptible de pluralité; alors on met toujours le singulier : pomme à cidre et pommes à cidre; mouche à miel et mouches à miel ; machine à vapeur et machines à vapeur; une arme à feu, des armes à feu; un moulin à eau, des moulins à eau; une rente à perpétuité, des rentes à perpétuité; 2° l'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent indique la pluralité : une bête à cornes, des bêtes à cornes; un serpent à sonnettes, des serpents à sonnettes; un homme à projets, à préjugés; 3° le conséquent est nécessairement singulier; alors quand l'antécédent est mis au pluriel, on peut maintenir le conséquent au singulier, attendu qu'il est unique pour chaque antécédent , ou le mettre au pluriel en considérant qu'il y en a autant que d'antécédents : une comète est un astre à queue; les comètes sont des astres à queue ou à queues; manchette à dentelle, manchettes à dentelle ou à dentelles; couteau à ressort, couteaux à ressort ou à ressorts; cuiller à pot, cuillers à pot ou à pots. L'usage le plus ordinaire est de mettre le singulier; mais, comme on voit, le pluriel n'est pas une faute; 4° le conséquent, bien que multiple, peut être considéré comme un nom collectif, par exemple, fruit, feuille, fleur, puisqu'on dit le fruit de cet arbre, la fleur du poirier, la feuille de

l'acacia. Dans ce cas, on peut mettre le nombre que l'on veut, que l'antécédent soit au singulier ou au pluriel: arbre à fruit ou à fruits, arbres à fruit ou à fruits; mais si le conséquent ne se prend pas habituellement au sens collectif, il faut toujours le mettre au pluriel. Ainsi on ne dira pas fleur à pistil , mais à pistils, fruit à noyau, mais fruità noyaux, à moins, bien entendu, que la fleur n'ait qu'un pistil, le fruit qu'un noyau. Considérer ces mots-là comme collectifs se peut à la rigueur ; mais c'est leur attribuer un usage qu'ils n'ont pas, et dès lors il vaut mieux suivre l'idée naturelle, qui est celle du pluriel. Il 2. On lisait dans l'avant-dernière édition du Dictionnaire de VAcadémie : il y avait sept à huit personnes dans cette assemblée. La dernière édition et tous les grammairiens modernes condamnent cette locution. On ne peut employer la préposition à qu'entre deux nombres qui en laissent supposer un intermédiaire ou qu'entre deux nombres consécutifs, quand il s'agit de choses qu'on peut diviser par fractions. Mais, dans l'exemple cité, il faut la conjonction ou, parce qu'une personne ne se divise pas. Les bons auteurs ont reconnu la règle donnée ici. On a pris ou tué aux Allemands sept à huit cents hommes, rac. Lett. à Boil.xu. Les deux jeunes bergères assises voyaient," à dix pas d'elles, cinq ou six chèvres, la font. Psyché. Il y avait dans la maison du paysan où je logeais cinq ou six femmes et autantd'enfantsqui s'yétaient réfugiés, bern. de s. p. Études, 1 3. Je fus étonné de voir jusqu'à sept ou huit personnes se rassembler sous ce même toit, la bruy.13. La faute vulgaire provient d'une extension non raisonnée du cas où la locution convient, sept à huit livres, au cas où elle ne convientpas, sept à huit hommes. || 3. C'est à lui à qui on en veut. Dites c'est à lui qu'on en veut , ou c'est lui à qui on en veut. L'usage actuel condamne la répétition de à; et c'est en effet un pléonasme. Ainsi on trouve une faute dans ce vers de Boileau : C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler, Sat. rx. Mais si Boileau y avait vu une faute, il lui était bien facile de l'éviter, en mettant : Oui, c'est vous, mon esprit, à qui je veux parler. Le fait est que de son temps cela n'était pas considéré comme une faute. Ses contemporains ne se font aucun scrupule de répéter à. Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite, mol. Misanth. n 5. fie sera à vos oreilles à qui j'ajusterai la cadence de mes périodes, balz. liv. vu, lett. xn. Les auteurs plus anciens usent également de cette façon de parler. Aujourd'hui on rejette absolument ce' pléonasme. || 4. On dit, à Paris, à Bordeaux, quand il s'agit de la demeure, soit fixe, soit passagère. Il est à Paris, il réside à Paris, il passera quelques jours à Paris; autrement, on peut dire dins : il y a douze cent mille habitants dans Paris. Il 5. X devant les noms de lieux. 1° On se sert toujours de à devant les noms de villes ou de villages : aller ou résider à Paris, à Meudon, à Saint- Cloud; 2° de en devant les noms de continents, do pays, de provinces, quand ils sont féminins. Aller ou résider en France, en Afrique, en Algérie, en Angleterre, en Normandie; 3» de d, s'ils sont masculins : aller ou résider au Japon, au Mexique, au Canada, au Perche, au Maine. Cependant on dit : en Portugal, en Danemark, en Béarn, bien qu'ils soient masculins; 4° autrefois la distinction entre l'emploi de à et celui de en n'était pas faite, et l'on disait aller à l'Amérique. L'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à l'Amérique, la font. Fab. xi, 8. Solon passa à Chypre, fén. Solon. De cet ancien usage ii est resté, à la Chine: aller à la Chine; mais on commence à dire de préférence, en Chine. ||6. C'est à vous à faire cela; c'est à vous de fairecela. Ces deux tournures «'emploient l'une et l'autre et sont équivalentes; il est impossible de fixer entre elles une nuance réelle et fondée sur l'usage. C'est au prince à juger de ses ministres, d'ablanc. dans bouhours. Ce n'est pas à vous d'élire quelle charge et quelle fonction vous devez faire, l'abbé Régnier dans bouhours. C'était à lui à vous faire entendre.... boss. Hist. 11, «. Ces deux tournures, autorisées par l'usage, n'ont pas un titre égal devant la grammaire. C'est à vous de parler s'explique grammaticalement : de parler est à vous. Mais c'est à vous à parler ne s'explique pas; il faut y voir une incorrection causée par l'oreille, que le premier à décida à en vouloir un second. || 7. On doit répéter la préposition d devant chacun de ses compléments : il écrit à Pierre et à Jean, et non, il écrit à Pierre et Jean; il aime à lire et à écrire, et non à lire et écrire. Ainsi on n'imitera pas ces exemples de Molière : On

sait bien que Célre A causé des désirs à I.éandre et Lélie, l'Étourdi, v, 3. Comme si j'étais femme à violer la foi que j'ai donnée à mon mari et m'éloigner jamais de la vertu, id. G. Dand. n , 40. Exceptions : Parmi tous les romans de l'antiquité, jo donne la préférence à Théagène et Chariclée, parce que ces deux mots Théagène et Chariclée , étant le titre d'un ouvrage, ne font qu'une expression unique. Par la même raison on dira, il aime à aller et venir, parce qu'aller et venir forment une locution. On pourra semblablement supprimer à quand deux verbes placés l'un à côté de l'autre ressembleront aune locution; ce qui est délicat à apprécier. On pourra encore supprimer à, du moins en poésie, quand la phrase est longue, comme ici : Pour de l'esprit, j'en ai, sans doute, et du bon goût X juger sans étude et raisonner de tout, X faire aux nouveautés, dont je suis idolâtre, Figure de savant sur les bancs d'un théâtre, Y décider en chef et faire da fracas X tous les bons endroits qui méritent des ah I mol. Misanth. in, 4. Supprimer à n'est point une faute contre la logique ou la grammaire; c'est seulement une faute contre un usage qui, dans le fait, est favorable à la clarté. C'est avec cette remarque que l'on appréciera les phrases suivantes de bons auteurs : Moïse qui m'a dit que j'étais fait à l'image et ressemblance de Dieu, boss. Connaiss. de V. iv, 8. La disposition qu'a le corps, dans les passions, à s'avancer ou se reculer, m. ib. iv, S. Il ne songe plus qu'à vivre et avoir de la santé , la bruy. 8. Une animosité qui commençait à aigrir et troubler votre cœur, luss. Profes. relig. Serm. i. || 8. X se réputé avec l'un et l'autre. Cela convient à l'un et à l'autre, et non à l'un et l'autre. Cependant, en poésie, la règle ne s'observe pas. X l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon, corn. Perth. iv, 4. ||9° Locut. vie. Le fils à Guillaume. Loc. corr. Le fils de Guillaume. Le rapport d'origine n'est plus marqué par la prép. à. Ne dites pas non plus, la maison à mon père. Loc. vie. Je suis l'alné à mon frère qui est à Paris. Loc. corr. Je suis l'atné de mon frère qui est à Paris. Loc. vie. Je suis cousin à votre apothicaire. Loc. corr. Je suis cousin de votre apothicaire, toc. vie. Sept ôtés de dix, reste à trois. Loc. corr. Sept ôtés de dix, reste trois; comme s'il y avait, il reste trois. Loc. vie. Il demeure à la grande rue. Avez- vous votre mouchoir à la poche? Loc. corr. 11 demeure dans la grande rue. Avez-vous votre mouchoir dans votre poche?

— HIST. ix* s*. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, Serment.

— x* s. Chi [qui] rexeret à cels dis sovre pagiens, Eulalie. Adunespede [épée]li roverent tolir lechief, ib. Jonas propheta habebat multlaboretemult penet à celpopulum, Fragm. de Valenc. p. 468. Dune si rogavit Deus ad un verme que percussist cet edre [lierre] , ib. p. 468.

— xi" s. Car fut l'espée à moult noble vassal, Ch. de Roland, lxxxvi. Trahi vous a, qui à garder vous ot, ib. xci. Orjesai bien, n'avons gueres à vivre, t'6. cxn. Sire, àpied estes, et je sui à cheval, ib. clvii. Conseillez moi à dreit et à honur, «6. clxxiv. Puis il s'escrie à sa voiz grant et haute : Baron franceis as chevals et as armes I ib. ccxn. Seigneur baron, à Charlemagne irez, ib. v. Sa coustume est qu'il parole à loisir, ib. x. Que nous seions conduit a mendier, ib. ni. Quand [il] le dut prendre, si luicheït [tomba] à terre, ib. xxv. Tant vous [mon épée] [je] aurai en court à rei portée , «6. xxxm. En France ad Ais s'en doit ben repairer [aller] , ib. m.

—xii* s. La nuvele vint al rei Salomun que Adonias fud al tabernacle, Hais, p. 20. David parla à nostre Seigneur al jur qu'il Tout delivred de tuz ses enemis, ib. p. 205. E sis pères le fist al ostel porter, ib. p. 3) 7. Entrer vuel [je veux] en sa terre à [avec] mon barnage fier, Sax. 6. Qui donc veist le duc sor un cheval gascon, Poindre parmi les rues, à sa main un baston... , ib. 8. Quant li dux fu ocis à duel et à tourment, t'6. 42.... il otfait asembler Touz les princes qu'il pot à sa terre trover,t'6. 43. Et si escrie: Or à eux [allons sureux], chevalier, 7?onc. p. 57. X ces paroles [ils] font les grailles [trompettes] sonner, ib. p. 67. Au duel [deuil] qu'il ot, li cuens [comte] cheit pasmé, t'6. p. 93. Xicestmot l'a Roland conet) , ib. p. 93. Vousfustes fils au bon comte Reynier, ib. p. 99. X voiz escrie : Car ciievauchez , baron , t'6. p. 74 . Freins à or, tb. p. 5. X toute vostre vie, tb. p. 4 4 . X honteetàvilté, tb. p. 46. X une '.ieue erent[étaient] jà li glouton, tb. p. 47. X [avec] mil franzois [il] s'est

au roi Gibon, tb. p. 42». Garez en vous, gentils fils à baron, tb. p. 440. Si estes suer [sœur] al marquis Olivier, tb. p. 4 e * . [Il] mit jambe à terre du bon destrier corant, ib. p. 462. Las! quel amour â duel est départie! tb. p. (03. X Marsile en alai, ad enviz ou de gré, tb. p. 499. X ces paroles li saint anges descent, tb. p. 473. Ne m'i laissez mourir à tel tourment, Couci, xi. Car vostre [je] sui, et serai à tous dis [jours], t'6. xvn. Et nule riens [chose] n'est tant à mon désir, t6. xix. Ou cil qui aime du cuer à son pooir , t'6. xx. X la douçor du tens qui raverdoie, Chantent oisel et florissent verger, ib. xxi. Mais il convient qu'à sa volenté [je] soie, t'6. xxi. Que me partir [je] n'en pourroie à nuljor, t'6. xvn. Tuit [tout] mi penser sont à ma dame amie, t'6. il Vous pouvez bien savoir par ma chanson Et à mes diz , que je n'aim se vous non, t'6. n. Tant s'est amors afermée En mon cuer à long sejor, t'6. I. Or à mari autre que vous n'aurai, llomancero, p. 72.

— xin* s. Là trouvèrent il le comte Looys à moult plentéde bonegentet de moult bonechevalerie, villeh. xxxii. Il s'agenoilla tout plorant et leur jura sur sains que il à bonne foi tenroit les convenances [conventions], t'6. xix. Quar à si grant chose convient moult à penser, t'6. xm. Et sachez qu'il n'avoient viandes entre aus [eux] tous à plus de trois semaines, t'6. lxxiv. Et les gens du pais vindrent à merci au fil de l'empereur de Constantinople, et tant lui donnèrent que paix firentàlui, t&. lx. Adonc issilieinpereres Alexis par une autre porte, à [avec] toute sa force, t'6. lxx. Au roy [ils] aporterent divers joiaus à présent, joinv. 279. Jetedonrai victoire de desconfire l'empereur de Perse, qui se combatra à toi à tout [avec] trois cent mille hommes, id. 264. X un coup je ferai la teste trébucher, Berte, xix. X ses mains [elle] avoit trait [tiré] un petit [peu] de fougère, t'6. XL. Me gardez que [je] ne soie prise à [par] beste cuiverte [malfaisante], t'6. xxxvi. X l'issue d'avril, un temps dous et joli, t'6. i. Car nuls ne vient à vie, ne conviene [qui ne doive] finer [finir], t'6. m. X Pépin [ils] orent guerre qu'avez ouï conter, t'6. m. Car il ne plot à Dieu, qui tout a à garder , t'6. m. X tous se fit aimer Berte, tant vous en di, t'6. lxix. Que jamais ne dirai que soie fille à roi, ib. xliii. Mais de lui vous lairons ore à parler ici, t'6. lix. Les dismes furent establies et douées anciennement à sainte église souslenir, BEAUM. xi, 39.

— xiv s. Mais à ce que je voy.... N'estes pas asseûr [en sûreté] , du Guesclin, 8455. Elà ceux qui sont en eage moyen, amis leur sont nécessaires à leurs bonnes actions acomplir, oresme, Élh. 22». X ce que dit est s'acorde ce que disoit un philosophe appelle Eudoxus, id. t'6. 28.

— xv s. Le duc de Bourgogne y [àAire] establit à demeure le vicomte de Meaux, froiss. Il, n, 4. La roi de France, qui tint à bonne et belle ceste chevauchée..., id. n, n, 4. Edouard II, qui fut père au gentil roi Edouard, id. i, i, 2. Quand ils eurent bien considéré toutes leurs besognes et la dure guerre qu'ils avoient aux Anglois, id. i, i, 75. Messire Thomas avoit escrit aux seigneurs qu'ils ne vinssent à Bordeaux à [avec] toute leur puissance, id. n, n, 4. Il leur avoit donné à capitaine un moult gentil prince, id. i, i, 34. Les Hainuyers se logèrent assez près de la ville et considérèrent au quel lez [côté] elle estoitplus prenable , id. i , I, 402. Ils furent moult esbahis : néanmoins ils se mirent à défense , id. i, i, 4 4 0. Il l'appela et dit : Sire de Maubuisson, parlez à moi, id. i, i, 4 4 9. Ils sentoient le comte de Foix à trop cruel.... Mieux leur valoit à estre ses prisonniers que là mourir honteusement par famine, id. ii, m, 7. Une trevefut accordéeàdurer quatre mois tant seulement, id. i, i, 4 59. Volontiers il eustattendu à bataille le roi d'Angleterre, id. i, I, 464. Là il monta en mer, et cinglèrent tant au vent et aux estoiles qu'ils arrivèrent au havre de Bayonne, id. i, i, 216. Et il atourneroit tel le pays que, à quarante ans après, il ne seroit pas recouvre, ro. i, i, 202. Monseigneur mon frère et madame la comtesse de Hainaut vous recevront à grand joie, id. i, i, 4 4. Et souvent y avoit des chevauchées, des rencontres et des faits d'armes des uns aux autres, id. i , i, 4 4 3. Et fit dire à sa sœur qu'elle vuidast tost et hastivement son royaume, ou il l'en ferait vuider à honte, id. i,i, 44. Le roi Philippe de France, qui avoit grands alliances au roi d'Escosse, id. i, i, 304. X saillir un fossé, le coursier trébucha et rompit à son maistre le col, id. i, i, 325. Et à ce temps là, les Escots [Ecossais] aimoient et prisoient assez peu les Anglois, et encore font ils àpresent, id. i, i, 34

de Holant partis, t'6. p. 67. Vers le palais qui fut | LeS Escots n'ont que faire de chaudières ne de chau

drons, car ils cuisent bien leur chair au cuir des bestes mêmes, quand ils les ont escorchées, id. i, i, 34. C'est à vous à qui je boy, basselin, xx. Par la croix où Dieu s'estendy, C'est à vous à qui je vendySix aunes de drap, M' P. Patelin. Cherchant rompre le dit voyage à leur pouvoir [autant qu'ils pouvaient], comm. v, 17. Il pourrait sembler au lecteur que je disse ces choses pour quelque haine particulière que j'aurais à eux, id. vu, 4 4. Il preschoit que l'estat de l'Eglise seroit reformé à l'espée, id. vin , 2. Ceste povre et jeune princesse , car ainsi se povoit elle bien appeller, non point seulement pour la perte qui.... mais à se trouver entre les mains des persécuteurs de sa maison, lu. v, 4 7. Et n'estoient point les trous entre les barreaux plus grans que à y bouter ung bras à son aise, id. iv, 9. X peu de défense fut desconfit le dit duc et mjs en fuite, id. v, 3. Laquelle chose lui fut à très grant préjudice et desplaisir, id. v, 7. Et aux paroles d'hommes insensés il délibéra d'attendre la fortune, id. y, 8. La joie fut très grande au roi de se veoir au dessus de tous ceux qu'il bayoit [haïssait], id. v, 4 2. X ceste cause tindrent conseil lesdits Pisans,lD. vu, 7. Au temps que le roi Henri regnoit, id. i, 2. Ce povre rey de Portugal, qui estoit très bon et juste, mist à son imagination qu'il yroit devers le duc de Bourgogne, id. v, 17. X toute diligenceviD. i, 3. Use mettoit à chemin, id. i, 3. Il avoit esté dit que l'on se reposerait deux fois au chemin pour donner haleine aux gens de pied, id. i, 3. Les autres ont trop d'amour à leurs biens, à leurs femmes et à leurs enfants, id. iv, il. Il avoit eu à espouse et a femme la sœurdu dit roi Ferrand, id. vu, 41. Ceulx qui sont aux grans auctoritez vers les princes doivent beaucoup craindre.... id. in, M. Les langages dont ils devront user à ceux qui les enquerront, id. i, i>. Il estoit né et marié au dit pays de Guyenne, id. n, 15. X ceste fois, id. ni, 7.

— xvi* s. X ce qui me peut souvenir, Fut un bruit comme l'empereur Devoit vers Pesquiere venir, j. marot, v, 104.... en leur faisant à cognoistre et sentir que.... id. v, 298. J'attends à ce soir M. deVillarset ma nièce, marguer. fe/l. xevu. Pensant vous voira ces pasques, ai attendu à vous escrire, id. lett. cvu. Le comte de Carman, à ce que j'ai entendu, vous mené une bande de bons hommes et bien esperimentés,iD. lett. exiv. Le roy ue Navarre , lequel je pense estre à chemin.. .. id. lett. cxxiu. Si est-ce qu'il se résolut d'en avoir raison, à péril que ce fust, id. Nouv. 44. Elles estoient belles à l'œil et delitieuses on goust, rab. Pant. n, 4. X

les veoir, eussiez dit que c'estoient id. t'6. II, <.

Donnez dessus à [avec] vostre mast, id. t&. u, 29. Puis à tout son baston de croix, guaigna.... id. Garg. i, 27. Toutes les langues ont esté formées d'un mesme jugement à une mesme fin , du bellav, i, p. 3, «erso. Je laisserai cest argument choisir Aux plus savants et aux plus de loisir, id. vu, p. 2», verso. Afin qu'à son retour le malheureux se voye Manger aux avocats, id. viii, p. 60, verso. Il n'y a jour auquel les personnes soient si tristes qu'à celuilà, amyot, Numa, 48. Il fut si effrayé qu'il se partit à la plus grande diligence qui luy fut possible, id. Tliém. 32. Subjuguant toutes les nations qui par avant ne recognoissoient point les Romains à seigneurs , id. Ces. 44. Il se teint sans rien entreprendre dedans sa maison, comme personne qui se délibérait de vivre à soy petitement, sans plus s'entremettre d'affaires quelconques, id. Gracq. 32. Hz ne pensoient à autre chose qu'à prendre les plus précieux meubles qu'ilz eussent pour s'enfouir à touz es déserts de la Scythie, id. Cross. 40. H ne fut pas si tost retourné à Sparte que Aratus lui prit à son dos la ville de Caphyes, id. Agés, et Cléom. 28. C'est à Dieu, auquel il faut avoir tout son recours, lanoue, 30. X ceux qui cheminent encore par les sentiers des doctrines estranges, ils leur donnent des noms ignominieux, id. 74. 11 surfit donc, à ce que [pour que] quelqu'un soit nostre prochain, qu'il soit homme, id. 72. X ceux qui plus sont despourvus des facultés de nature, c'est à ceux-là auxquels il faut plus adjouster d'art, m. 4 4 2. J'ai assez dit : c'est à vous à penser, in ifto. Les hommes brûlés à centaines dedans les granges, d'aubignê, Hist. i, 66. X cachettes, Montaigne, i, 4. Blecé à mort, m. i, 46. Un homme à qui chascun avoit veu bien faire en la meslée, id. i, ». X jamais, id. i, 270. X celui qui en estoit requis, c'estoit titre de gaing, id. i, 4 5. Au hasard du combat,id. t'6.Untabourinàporteràlaguerre, id. i, 45. Révérence à la religion, m. i, 4 7. Les choses mortes ont encore des relations occultes à la vie, id. i, 20. X belles dents, id. i, 24. X pleine bouche, id. i, îi.

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4 tort ou à droit, id. i, 2).X ce compte, id. i, 25. X peine est-il en son pouvoir de..., id. i, 227. X la vérité , id. 1, 22. X l'abri des coups, id. 1, 25. X l'exemple desThraces, id. i,23. Au royaume de Ternate, id. i, 24. ï l'advenir, id. 1, 230. i nage, id. 1, 277. Les moyens qu'ils ont à y employer, id. i, 24. A quoi faire voulez vous.... id. i, 85. m'envoya subjuguer le monde à tout [avec] seulement 30000 hommes , id. i,)80. Les yeux me troublent à monter [quand je monte], id. i, 224. i parler en bon escient, id. i, 227. Il le somma de sortir à parlementer, id. i, te. Estre deslogé à force, id. i, 20. Ne craindre point à mourir, id. i, 69. C'est à Dieu seul à qui gloire appartient, id. ih, «0. Ce n'est pas moi que l'on abuse ainsi : Qu'à quelque enfant ces ruses on employé, la boet. 445. De m'effrayer depuis ce présage ne cesse ; Mais j'en consulterai sans plus à mamaistresse, id. 605. Sœur de Paris, la fille au roy d'Asie, hons. (08.

— ÊTYM. Ad et ab qu i se sont confondus ; bourguig. ai; provenç. espagn. et ital. o.

fABAISSANT, ANTE (a-bè-san, san-t'), adj. Qui abaisse. Cela serait abaissant. Conduite abaissante. Langage abaissant

ABAISSE (a-bê-s'), s. f. D'après le Dictionnaire de l'Académie , pâte qui fait la croûte de dessous dans plusieurs pièces de pâtisserie. Mais cette explication est inexacte. L'abaisse est un morceau de pâte qui a été abaissé, c'est-à-dire dont on a diminué la hauteur en le passant sous le rouleau, jusqu'à ce qu'il soit devenu mince. Une abaisse est une pièce de pâte mince que l'on emploie de diverses manières.

— ÊTYM. Abaisser.

ABAISSÉ, ÉE (a-bè-sé, sée) , part, et adj. Il 1° S'emploie au propre et au figuré. Des regards abaissés. Une autorité abaissée. Tiens, insolente, tiens cette vue abaissée, rotrou, Bel. 1, 6. 11 faut, dit saint Augustin parler d'une façon abaissée et familière pour instruire, fên. t. xxi, p. <67. L'Inde esclave et timide et l'Egypte abaissée, volt. Mah. 11, 6. En reconnaissance de l'humiliation volontaire où il est réduit et où il se tient abaissé pour nous, bourd. Pensées, t. in, p. 264. Sion, jusques au ciel élevée autrefois , Jusqu'au! enfers maintenant abaissée, rac. Esth. 1, 2. Cette fierté si haute est enfin abaissée, id. Alex, v, 3. || 2" En termes de blason, abaissé se dit de toutes les pièces de l'écu qui se trouvent au-dessous de leur situation ordinaire : vol abaissé , chevron abaissé , pal abaissé , se disent de l'oiseau dont les ailes sont pliées ou dont le bout est tourné vers la pointe de l'écu, du chevron, du pal, dont la pointe finit au cœur de l'écu.

ABAISSEMENT (a-bê-se-man), s. m. || 1* Action d'abaisser ou de s'abaisser ; état de' ce qui est abaissé. Abaissement d'une soupape, des paupières. || 2* Fig. Abaissement de la voix, qui indique trois choses : le passage de la voix haute à la voix basse; le passage des syllabes accentuées aux syllabes qui ne le sont pas; le passage de la voix aiguë à la voix grave, dans la musique. || 3° Diminution. Abaissement du prix des denrées. Au moral, abaissementde courage. L'abaissement des caractères. || 4° Action de faire déchoir, état de déchéance, humiliation volontaire ou forcée. Après l'abaissement des Carthaginois, Rome fut sans rivale. Abaissement de fortune. Se tenir dans l'abaissement devant Dieu. On tomba dans un tel abaissement.... Cette famille est réduite à vivre dans l'abaissement. Son grand dessein a été d'affermir l'autorité du prince et la sûreté des peuples par l'abaissement des grands, la bruy. < 0. Et la mort ou l'exil ou les abaissements Seront pour vous et moi ses vrais remerclments, corn. Othon, 11, 4. Un peu d'abaissement suffit pour une reine, id. Nie. v, 7. Un si doux ennemi par ses abaissements N'a-t-il pas étouffé tous vos ressentiments? rotrou, Bel. iv, 6. Ce triste abaissement convient à ma fortune, rac. Iph. m, 6. Vous avez vu ma honte et mon abaissement, volt. Brut, iv, t. Un homme religieux et désintéressé dans ses abaissements volontaires, bourd. Pensées, 1. 11, p. <78.La mesure de nos abaissements en ce monde sera la mesure de notre gloire dans l'autre, id. ib. t. 11, p. <66. Le dieu que nous adorons n'a acception de pertonne, ni de celui qui est dans la grandeur, ni de celui qui est dans l'abaissement, id. ib. t. m, p. 4 94. Son humilité la sollicite à venir prendre part aux abaissements de la vie religieuse, boss. La Vallière, Profession. || 6" Terme d'art ou de science. En chirurgie, abaissement de la cataracte, opération par laquelle on fait descendre au-dessous du niveau de la pupille le cristallin devenu opaque. Abaissement de la

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matrice, lésion par laquelle la matrice descend plus bas qu'elle n'est dans l'état de santé. || 6° En algèbre , abaissement d'une équation , réduction d'une équation a un degré moindre. || 7° En blason, abaissement, addition dans un écu de quelque pièce qui en abaisse la valeur.

— rem. Abaissement peut s'employer au pluriel. On ne dirait pas, il est dans les abaissements, au lieu de, il est dans l'abaissement. Mais, toutes les fois qu'il comporte une idée de pluralité, on peut s'en servir au pluriel. Corneille et Rotrou l'ont fait, et on en trouve aussi des exemples dans les auteurs en prose : Les abaissements que Marie avait soufferts sur la terre, hass. Myst. assnmpt.

— SYN. bassesse, abaissement. Défaut d'élévation par rapport à la condition et à l'âme. La bassesse est une manière d'être; l'abaissement, un état qui résulte d'une action ; on est dans la bassesse ; on s'est mis ou on a été mis dans l'abaissement. A bassesse est attachée l'idée de permanence; à abaissement l'idée de quelque chose d'accidentel. On d't la bassesse naturelle à l'homme, la bassesse de la naissance. On appelle abaissement, l'état auquel on descend volontairement ou malgré soi. De la sorte, bassesse peut se prendre pour abaissement, mais non abaissement pour bassesse ; on dira tomber dans la bassesse, mais on ne dira pas l'abaissement de la naissance ; tout ce qui est permanent, naturel, reçoit bassesse et non abaissement. Bassesse est absolu, et abaissement relatif. L'un se prend toujours en mauvaise part; on est dans la bassesse soit par le vice, soit par une condition à laquelle aucune considération n'est attachée. L'autre est relatif; il se prend en mauvaise part ou en bonne, suivant que l'abaissement est le résultat de fautes ou d'une infériorité, ou suivant qu'il est volontaire et un acte d'humilité. On censure la bassesse des flatteurs; mais si on blâme l'abaissement des caractères, on loue les abaissements de la vie religieuse, et le chrétien s'efforce de chérir, à l'exemple de J. C. et de ses disciples, l'abaissement et les souffrances , lafaye. L'abaissement du style sera une qualité si, ayant pris un ton trop haut, on se remet au ton véritable; un défaut, si le ton est audessous du sujet. Mais la bassesse du style est toujours condamnable.

— HIST. xn' s. [Il] refusé a lor povreté, Si qu'il n'en a de rien gusté [des mets offerts] ; Abaissement li fust e Iaiz [ce lui eût été abaissement et honte],

BENOIT, II, t0037.

— ÊTYM. Abaisser; provenç. abaisamen ; anc. calai, abaxament; espagn. abaxiamento; ital. abbassamenlo.

ABAISSER (a-bè-sé ; quelques-uns disent a-bé-sé. Ai prend le son èou ê, quand la syllabe qui suit est muette : ila-bè-se-ra ou a-bê-se-ra), v. a. || 1" Rendre moins haut, faire descendre. Abaisser un terrain. Il faut abaisser ce mur d'un mètre. Abaisser la paupière. Abaisser un store. Abaissez vos regards sur lui. Ayant un corps qui vous aggrave et vous abaisse vers la terre, pasc. édit. Cousin. Abaissons la [l'âme] à la matière, id. t'6. Jamais étoile, lune, aurore, ni soleil, Ne virent abaisser sa paupière [du dragon] au sommeil, corn. Mèd. 11, 2. Disposez de sa main, et pour première loi, Madame, ordonnez-lui d'abaisser l'œil sur moi , id. Tite et Bér. îv , 3. || 2° Fig. Rendre moins élevé, faire décroître, diminuer. Abaisser la voix. Abaisser le prix des denrées. La découverte des gisements de la Californie a abaissé la valeur de l'or. Car enfin n'attends pas que j'abaisse ma haine, corn. M. de Pomp. m . 6. De moment en moment son âme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine, id. Méd. m, 2. Il 3° Déprimer, humilier, ravaler. Abaisser le pouvoir de quelqu'un. Abaisser l'orgueil. Abaisser la majesté des lois. Abaisser la vertu. Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection, pasc. édit. Cousin. Aujourd'hui devant vous abaissant sa hauteur, volt. Brut. 1, t. Une esclave chrétienne et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, id. Zaïre, iy, 5. Ils abaissent les Grecs, ils triomphent du Maure, id. Tancr. 11, <. Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres? id. Brut, v, 2. Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil.... id. Zaïre, 1, 2. Mais nous aurons bientôt abaissé son audace, ducis, Oth.i, 2. Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux , Sous qui César m'abaisse à force de l'accroître, rotrou, Bel. 11, <7. Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science, Burrhus, et je ferais quelque difficulté D'abaisser jusque-là votre sévérité, rac. Brit. m , i. || 4° Abaisser pris absolument. Que s'il plaît au Seigneur, qui selon les conseils de sa sagesse élève et abaisse... , bourd. Pensées, t. h, p.2t 2, || 6* En termes dechirur-

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gie, abaisser la cataracte, faire descendre , à l'aide d'une aiguille introduite dans la chambre postérieure de l'œil, le cristallin au-dessous du niveau de la pupille. Il 6" En termesd'algèbre, abaisser uneéquation, en diminuer le degré. || 7'En- termes de géométrie, abaisser une perpendiculaire sur une droite, mener d'un point pris hors d'une ligne une perpendiculaire à cette ligne. || 8* En termes de pâtisserie, abaisser la pâte, l'étendre avec le rouleau et la rendre aussi mince qu'on veut. || 9° En termes d'horticulture, abaisser une branche d'arbre, la raccourcir. Il 10" En termes de fauconnerie , abaisser l'oiseau, diminuer la nourriture habituelle de l'oiseau, afin de le rendre plus léger au vcl et plus avide à la proie.

s'abaisser,», réfl. || 1° Devenir plus bas. Cesnuages s'abaissent vers la terre. Le terrain va en s'abaissant. Là où les collines commencent à s'abaisser. Le soleil s'abaisse. Sur le chaume de ces demeures Déjà le soir s'est abaissé, millev. Élég. 1. Et vous, sous sa majesté sainte, Cieux, abaissez-vous, rac. Esth. ni, 9. Il 2° Fig. S'abaisser, devenir plus bas.se proportionner à, condescendre. La voix s'abaisse. S'abaisser à la portée de ses élèves. Chercher la popularité en s'abaissant. Il s'abaissait jusqu'à converser avec une femme de Samarie, mass. av. Disp. Faites bien concevoir à M. Despréaux combien vous êtes reconnaissant de la bonté qu'il a de s'abaisser à s'entretenir avec vous, rac. Lettres à son fils. Et fait comme je suis, au siècle d'aujourd'hui, Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui ? boil. Sal. 1. Peut-elle s'abaisser jusqu'à souffrir ma vue? corn. Perth. 11, 4. || 3° S'humilier, enbonneeten mauvaise part, se courber, se dégrader. S'abaisser devant Dieu. S'abaisser sous la main divine qui châtie. S'abaisser aux prières. S'abaisser jusqu'à plaider sa cause. Je ne m'abaisserai pas au point de.... Votre fierté, Porus, ne se peut abaisser, rac. Alex, v, 3. Est-il juste après tout qu'un conquérant s'abaisse Sous la servile loi de tenirsa promesse ? id. Andr. iv, 6. Vousvoulez que le roi s'abaisse et s'humilie.... id. il ithr- m , t. Vestibules profonds, parvis silencieux, Où viennent s'abaisser les cœurs religieux , lemerc. Fréd. et Brun. 1 , t . De savoir si peu m'abaisser, céder dans les rencontres, supporter un mépris.... bourd. Pensées, 1. 11, p. 405. Je rougis que mon père, Pour l'intérêt d'un fils, s'abaisse à la prière, volt. Ali. 1, t. Voudrat-il qu'on s'abaisse à ces honteux moyens? id Zaïre, 11, < . D'un cœur tel que le sien l'audace inébranlable Ne sait point s'abaisser à des déguisements, id. Ad- 11, 6. Ne vous abaissez pas à soupirer pour elle, id. Orphel. iv, 2. S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante.... Forcé à s'abaisser d'une ou d'autre manière.... Et s'il ne s'abaisse à cela, pasc. édit. Cousin. Qui nous retrace dans le souvenir comment il a quitté le sein de son père et il s'est abaissé jusqu'à nous, bourd. Pensées, t. in, p. 300. Est-il une démarche si humiliante où il ne s'-abaisse, dès qu'il croit qu'elle peut le conduire à son terme? id. ib. t. 11, p. 172.

— SYN. Il i" baisser, abaisser. Faire descendre, faire aller de haut en bas. Baisser est absolu et Abaisser est relatif. Baisser une chose, c'est la mettre plus bas qu'elle n'était; abaisser, c'est la mettre plus bas qu'une autre ou du moins la faire descendre jusqu'à une autre qui était plus bas qu'elle. Au fond, abaisser, c'est baisser vers , lafaye. C'est là le fond de la différence entre baisser et abaisser. Toutes les fois qu'on voudra faire sentir cette idée de direction, on préférera abaisser à baisser. Ainsi le chevalier baissa la lance ou abaissa la lance ; on dira plutôt le premier pour indiquer que la lance est baissée sans aucune intention ; on dira plutôt le second pour indiquer que le chevalier la baisse vers un objet déterminé, la met en arrêt par exemple. Il !• abaisser, rabaisser, ravaler, humilier, avilir. Tous ces mots ont le sens général de déprécier. Abaisser n'a rien de plus que le sens général. La malignité humaine abaisse la vertu. Rabaisser est plus fort ; on rabaisse ce qui est beaucoup trop élevé, l'arrogance, la présomption. L'envie, ne pouvant s'élever jusqu'au mérite, pour s'égaler à lui, tâche à le rabaisser. Ravaler exprime une idée analogue à rabaisser, mais avec plus de violence et d'emportement. Avilir attire la honte, imprime la flétrissure. Le grand homme peut être humilié, ravalé, mais non pas avili. De grands motifs nous engagent à nous humilier, à nous abaisser, aucun à nous avilir. L'homme modeste s'abaisse, on rabaisse la présomption, l'esprit de parti ravale les hommes éminents, le lâche s'avilit , le pénitent s'humilie,

HOUBAUD.

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— HIST. xu* s. David guerria fièrement les Philistins et moult les abaissa, flots, (46. Ses grant orguels [sera] abaissez, Rone. p. 21. Sainte iglise dreit lui abaissier [il] ne lerra , Ne à laie [laïque] justice les clérs ne livrera, Th. le mart. 27. Moult durement vers lui en ire [le roi] s'enflamba, Et très bien lui pramet [promet] que il l'abaissera, Et là où il le prist que il le remetra, t'6. 28. Il s'abaissa [se baissa] , si a pris un cuillier; Le portier [il] fiert parmi le hanepier [la nuque] ; Li sans en chiet dusqu'au talon derrier, Bal. dAleschans, 3886. || xm*s. Fu requis Jofrois qu'il alast à Andrenoble et qu'il meist conseil à ce que ceste guerre fust abaissie [finie] , villeh. cxix. Cis feus [es feu] fu si grans et si oribles que nel pot nuls abaissier ne esteindre, id. xci. Bien fust la crestienté essaucie [exhaussée] et non mie abaissie, id. xxxiv. Mais or ne pensez plus pour riens Que je m'amour donner vous doie [doive]; Trop durement [je] m'abaisseroie, Blonde et Jehan, 884. On ne doit pas penre [prendre] garde s'il [le prix] monte ou abaisse au marché, beaum. xxxvii , 4. De la fontaine m'appressai [m'approchai] ; Quand je fui près, si m'abaissai Pour veoir l'iaue qui courait , la Rose, 4 532. Il xiv* s. Icelle femme desmenti plusieurs fois le suppliant en abaissant honneur de sa personne et de son office, du cange, abassare. || xv* s. Certes, seigneurs, Jean Lyon se souffre maintenant et abaisse la teste bien bas, froiss. n, 11, 62. Or entendez ausoustenir [soutenez-le];. Car je le voy bien qu'il s'abesse, la l'ass. de N. S. J. C. ||xvi* s. Le peintre eut charge d'abaisser de couleur l'endroit qui estoit par trop enluminé, d'aub. Fan. iv, tt. Ils ne se pressoient pas beaucoup de partir et attendoient la chaleur à s'abaisser [que la chaleur fût tombée], des periers, contes, 39.

— ÉTYM. A et baisser; provenç. abaissât; espagn. abaxar; ital. abbassare.

ABAISSEUU (a-bè-seur, ou, suivant la prononciation de quelques-uns, a-bé-seur). adj. masc. et s. m. Il i° Terme d'anatomie. Nom donné à des muscles qui abaissent certaines parties du corps. Le muscle abaisseur de l'angle des lèvres. L'abaisseur de l'œil. || 2° Terme de chirurgie. Abaisseur de la langue , instrument de forme variée destiné à abaisser et à maintenir la langue, quand on examine le fond de la bouche.

t ABAIT (a-bè) ,s. m. Terme de pêche. Appât. Peu usité.

— HIST. xiii* s. Car la vielle set trop d'abet (ruse) , Renart, t. m, p. 3ts.

— ÊTYM. Norm. abet, appât pour le poisson ; abéter, mettre un appât; provenç. abet, ruse; angl. abet, instigation ;bas-lat. abetlum; de à et de l'ancien français bêler, mettre un mors, du germanique ; anglo-sax. bœlan; flamand, Leeten; allem. beizen, faire mordre la bride, et aussi exciter.

ABAJOUE (a-ba-joûe), s. f. Poche située de chaque côté de la bouche, entre les joues et les mâchoires, chez certains mammifères quadrumanes, chiroptères et rongeurs, qui y mettent leurs aliments en réserve pendant quelques instants.

— ÉTYM. Ce mot paraît venir de à et bajoue (voy. ce mot). Cependant l'espagnol offre abazones, qui ne se rapporterait pas à cette étymologie, et qui d'ailleurs n'a pas non plus de mot espagnol d'où il puisse provenir.

| ABALOURDI, IE (a-ba-lour-di , die), port, passé. Enfant abalourdi par de mauvais traitements.

f ABALOURDIR ( a-ba-lour-dir) , v. a. Rendre balourd, hébété. Populaire.

— ÊTYM. À et balourd.

ABANDON (a-ban-don), s. m. On verra à l'Êtymologie quelle est la série réelle des significations. Il 1° Remise entre les mains de.... L'abandon à la Providence. Il faut tout trancher par l'abandon envers Dieu, boss. Lett. Corn. 1. [Elle] lui gagnerait le cœur d'un prince libéral, Et de tous ses trésors l'abandon général, corn. Méd. 11, 2. || 2° Terme de droit. Cession, acte par lequel un débiteur délaisse ses biens à ses créanciers. Il a fait à ses créanciers l'abandon de ses terres. || 3° Facilité dans le discours, simplicité, négligence heureuse. Parler avec abandon. Cette femme a dans ses manières un abandon séduisant. Gracieux abandon. Doux abandon. On trouve dans l'exécution de ce tableau un heureux abandon. Rook en son lyrique abandon Dit qu'il dévore la couronne Dont Phébus lui promit le don. Apparemment Phébus lui donne Une couronne da Ghardon, millev. Épigr. || 4" Confiance entière. Il m'a parlé avec abandon, avec un entier abandon. Dans l'abandon de sa vive amitié, Hier à ion rival Montfort s'est confié, c. delav. V. Sic. I,

i. Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l'abandon, id. Paria, 1, 2. ||B° Action d'abandonner. L'abandon des intérêts communs. Or ce péché ne peut être mieux puni que par l'abandon de Dieu, bourd. Carême,X. 1, p. 2(2. Et de ses intérêts un si grand abandon, corn. Sert, iv, 2. Ce sont là de ces exemples rares et terribles de la justice de Dieu sur les hommes; et s'il y en a eu sur la terre, ils prouvent seulement jusqu'où peut aller quelquefois son abandon et la puissance de sacolère, mass. Car.évid.dela loi .11 y aurait un lâche abandon de moi-même à souffrir qu'on me déshonore , volt, dans Laveaux. 1 1 6° Etat d'une personne ou d'une chose abandonnée. Ce vieillard est dans l'abandon. L'homme sent alors son néant, son abandon, pasc. édit. Cousin. Mes mains désespérées Dans ce grand abandon seront plus assurées, volt. (Ed. iv, 4. || Abandon & le sens actif et le sens passif. L'abandon des amis peut également signifier ou qu'on abandonne ses amis ou qu'ils nous abandonnent. L'abandon du sénat, l'abandon où le sénat est laissé, et l'abandon où il laisse. Il faut donc, toutes les fois qu'on se servira de cette construction, prendre garde à l'amphibologie et, s'il reste du doute sur le sens, changer la tournure. || 7* X l'abandon, loc. adv. Sans soins, sans réserve. Camp à l'abandon. Son enfant fut à l'abandon. Il laissa ses terres à l'abandon. On le logea et on lui mit toute la maison à l'abandon. Tout l'occident est à l'abandon, boss. llist. m, 7. Comme un pays laissé à l'abandon , 10. Polit, Vous laisserez à l'abandon votre santé et votre vie, id. Dév. 2. Tu laisses aller tes affaires à l'abandon , mol. Mal. imag. t " interm. L'épargne démon père entièrement ouverte, Lui met à l'abandon tous les trésors du roi, corn. Méd. 11, 4. Mais je m'étonne fort de voira l'abandon Du prince Héraclius les droits avec le nom, id. lier. 11, 8. A l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon, id. Perth. iv, (. Après avoir.... mis à l'abandon ton pays désolé, regnier, Ép. 1. L'œil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon, id. Sat. 11. H 8° Terme de bourse. Acte par lequel l'acheteur renonce à un marché conclu en consentant à payer la prime.

— HIST. ïib's. Va, si li di qu'il vigne [vienne] à mei; M'amor li métrai à bandun, marie de fr. 1, 488. Mais tost s'en parte à habandon , Fabl. et Cont. anc. I, 70. Amis, ques [quel] hom es-tu? Di moi com tu as nom , Qui le sépulcre Dieu baises si abandon? Ch. d'Ant. 1, 484. Et li bourgeois le rechurent [reçurent] volentiers et lui mirent à abandon cor et avoir et ville, Chr. de Reims, 230. Nuls hom ne peut penre [prendre] de son plege [gagej par abandon, sans soi plaindre à justice, beaum. xliii , 1 3. Il xv* s. Et mettrons tout le royaume à vostre abandon, froiss. I, 1, ti. Vous perdez le temps ; car, sur l'abandon de nos testes, les Escots s'en sont allés très devant mie nuit, id. i, i, 44. || xvr s. De tout autre butin il y avoit une quantité si grande que ou l'on n'en faisoit compte, ou on le consommoit en tout abandon, amyot, Lucul. 25. Comme le vent souffle à son abandon Le duvet blanc du vieux chenu chardon... id. Morales, t. iv, p. 444.

— ÊTYM. Provenç. abandon; espagn. abandono ; ital. abbandono. Par les exemples historiques on voit que abandon est un mot composé de d et bandon. Bandon, en vieux français et en provençal, signifie permission, autorisation, décret; il répond à un mot bas-latin bando, bandants, de même signification que bandum, band en danois, bannenen allemand, ordre, prescription; et en définitive c'est simplement une autre forme de notre mot ban (voy. ce mot). Dès lors on voit la série des significations : mettre à bandon, c'est mettre à permission, à autorité ; c'est donc remettre , céder, confier, laisser aller et finalement délaisser.

t ABANDONNATAIRE (a-ban-do-na-têr) , s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui ou celle au profit de qui est fait un abandon de biens.

ABANDONNÉ, ÉE (a-ban-do-né, née), || i' Part, passé de abandonner. Abandonné par ses parents. Abandonné de ses amis. Il faut être bien abandonné de Dieu et des hommes pour faire telle chose. Un enfant abandonné. Inquiet de se voir ainsi abandonné. Propriétés abandonnées (sans maître). Postes abandonnés. Othon avait eu une enfance abandonnée. Ville abandonnée au pillage. Abandonné à soi-même. Les chevaux abandonnés à eux-mêmes. Cette carrière est abandonnée de la jeunesse. Usages abandonnés. Abandonné des médecins. Personne n'est assez abandonné de Dieu pour cela, pasc. Prov. 6. Non pas que ce Dieu, dont il est séparé et entièrement abandonné, ne

soit plus le Dieu de l'univers, bourd. Pensées, t. in, p. 64. J'entre dans le lieu saint; et qu'est-ce à mes yeux que cette maison de Dieu? c'est un désert, et le désert le plus abandonné, id. t'6. p. 3to. Là, poursuivi d'une populace animée, abandonné aux plus indignes traitements d'une insolente et brutale soldatesque, id. Pensées, t. m, p. 376. Si Dieu les eût livrés à la corruption de leur cœur, il n'y eût point eu de pécheurs plus perdus et plus abandonnés à tous les vices, id. t'6. 1. 11, p. 4 55. Je no vous crois pas assez abandonné du Seigneur pour y songer, hamilt. Gramm. 6. Une femme, nommée Pantée, était abandonnée de tous les médecins, fen. Empéd. Loin de ses parents, aux fers ahandonnée, volt. Zaïre, m, 4. Aux bourreaux se vit abandonné, id. Ali. 111, 4. C'est un de ces mortels du sort abandonnés, id. Mérope, 11, t. Un vieil oiseau qui se sent abandonné de ses ailes vient s'abattre auprès d'un courant d'eau, chateaub. Génie, 1, v, 6. Ces paisibles vertus au peuple abandonnées, A mon héros aussi le ciel les a données, Gilbert, Au Pr. de Salm. Alors je compris par expérience ce que j'avais souvent ouï dire à Mentor, que les hommes mous et abandonnés aux plaisirs manquent de courage dans les dangers, fén. Tél. iv. Il i' Adj. et, pris aussi dans cesens, substantivement. Qui est sans frein, et, parsuite, sani mœurs. Si nous étions assez abandonnés pour dire. . . . C'est une abandonnée. Quelque libertin et quelque abandonné qu'il puisse être, il y a toujours de secrets reproches de la conscience qui le troublent. bourd. Pensées, t.jn, p. 94. J'ose dire qu'il n'y a point de pécheur si abandonné qui porte jusquelà le désespoir, m. ib. t. 1, p. 386. 11 faut que vous passiez pour les plus abandonnés calomniateurs qui furent jamais, pasc. Prov. te. J'aime fort la beauté qui n'est pas profanée , Et ne veux pas brûler pour une abandonnée, mol. l'Étourdi, m, 3. Cette lettre était un tissu d'ordures à faire trembler les plus abandonnés, s.-sim. et, 3t. Si nous étions assez abandonnés pour vouloir persuader au public... volt. Mœurs, Moïse. Il y a bien peu de femmes assez abandonnées pour aller jusque-là, montesq. Let. pers. 26.

— HIST. xvi* s. Les autres ont escrit que ceste Phaa estoit une brigande, meurtrière et abandonnée de son corps, amyot, Tliésée, 4t. Il nous fit de merveilleuses caresses et abandonnés traitements, carl. vin, 48.

ABANDONNEMENT (a-ban -do- ne -man) , s. m. Il 1° Remise à.... L'abandonnement des plus chers intérêts entre les mains d'un ami. On prendra soin d'entretenir les malades dans un saint abandonnement à la Providence, boss. Règle. Son abandonneront à la Providence de Dieu, flêch. Serm. 1, 424. Il 2° Cession. L'abandonnement de ses biensà ses créanciers. On dit plutôt aujourd'hui abandon. Abandonnement que je lui ferai de tout ce que j'ai de biens, pelliss. 11, 445. || 3* Action d'abandonner ; état d'une personne abandonnée. Dans l'abandonnement où il est de tous ses amis. Ne teûir nul compte du triste abandonnement où votre inflexible raideur le précipite, bourd. Pensées , t. n , p. 1 29. L'entier abandonnement de sa personne entre les mains de ses supérieurs pour se laisser conduire selon leur gré et selon leurs vues ,id. ib. p. 367. On me fait les offres les plus engageantes; et, si je les rejette, me voilà dans le dernier abandonnement et dans la dernière misère, id. t'6. t. 1, p. 4 9. Vous devriez vous attendre, de la part du ciel, à un funeste abandonnement, id. t'6. t. n, p. 461. L'abandonnement le plus général qui me réduirait dans la dernière misère, id. t'6. t. 1, p. 291. L'abandonnement où sont tous ceux qui manquent de fortune, la mothe le vayer, p. 315. Dans l'abandonnement où je me suis trouvée, mol. Scapin, m, 9. Cet abandonnement de sa propre cause , bourd. Carême , m; Passion, 1 8t. Il tombe dans un affreux abandonnement de la pari de Dieu , id. Pensées , t. ni, p. 36). L'abandonnement des pauvres, fléch. Serm. 1, H2. Dans l'abandonnement et la disette, id. i, -183. La reine l'avait aimée [laduchesse de Marlborough ] avec une tendresse qui allait jusqu'à la soumission et à l'abandonnement de toute volonté, volt. S. de L. XIV, chap. 22. || 4° Action de se laisser aller avec trop de facilité. L'entier abandonnement de ce prince à d'indignes favoris. Votre abandonnement à une passion funeste. Votre abandonnement à d'infâmes passions qui corrompent le sang , volt. Jenni , 9. Il 5° Pris absolument. Dérèglement excessif dans la conduite, dans les mœurs. Vivre dans le derniei abandonnement. Le funeste abandonnement où il vit, bourd. Domin. iv, Désir et dégoût, 380. Tant d'em-

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portements honteux! tant de faiblesse et d'abandonnement! lui qui s'était piqué de raison, d'élévation, de fierté devant les hommes , mass. Jfort du pécheur. Quand il s'agit de retourner à votre Dieu et de réparer une vie entière de corruption et d'abandonnement, m. Car. Pécheresse. Ce degré d'abandonnement qui fait les âmes égarées et criminelles, id. t7>. Tiédeur. Un abandonnement qui ne con'naîtplus ni règle, ni pudeur, ni bienséance , id. Paraph. Psaume 4 3. Votre cœur que vous avezprostitué avec tant d'abandonnement aux créatures, id. t'6. P*aume 14.

— syn. 1° abandon, abandonnement. L'idée commune est qu'on laisse une personne ou une chose, qu'une personne ou une chose demeure laissée. Abandon est plus souvent passif et exprime l'état d'une chose ou d'une personne délaissée ; abandonnement est plus souvent actif et exprime qu'on délaisse une personne ou une chose. Mais, dans le fait, ces deux mots se prennent souvent l'un pour l'autre, et tous deux ont le sens passif pu le sens actif. Cela est laissé à l'écrivain ; pourtant on remarque que abandon , ne provenant pas d'un verbe , indique quelque chose d'absolu et de vague, et abandonnement, provenant d'un verbe, quelque chose de relatif et de plus déterminé. Au fond la nuance est que abandonnement a de soi l'idée d'un fait, d'un acte, et que abandon ne l'a pas ; les deux mots peuvent, il est vrai, s'employer l'un pour l'autre, l'usage le permet. Mais la pensée quand elle sera précise, et le langage quand il sera délicat, tâcheront de tenir compte de la nuance. || 2° abandonnement, abdication , RENONCIATION , DÉMISSION , DESISTEMENT. On fait

un abandonnement de ses biens, une abdication de sa dignité et de son pouvoir, une renonciation à ses droits et à ses prétentions, une démission de ses charges, emplois et bénéfices, et l'on donne un désistement de ses poursuites. 11 ne fai t abandonner que ce qu'on ne saurait retenir, abdiquer que lorsqu'on n'est plus en état de gouverner, renoncer que pour avoir quelque chose de meilleur, se démettre que quand il n'est plus permis de remplir ses devoirs avec honneur, et se désister que lorsque les poursuites sont injustes ou inutiles ou plus fatigantes qu'avantageuses, girard.

— HIST. xiii* s. Ses escus ert [était] moult renommés ; Despit de mort estoit nommés ; Bordés fu d'abandonnement À tous périls..., la Rose, «5743. || xv* s. Au mois de janvier fut publié parmi Paris l'abandonnement de toutes gens d'armes qui seroient trouvés sur les champs, juv. desursins, 4445.

— ÉTYM. Abandonner; ital. abbandonamento.

f ABANDONNEMENT ( a-ban-do-né-man ), adv. D'une manière abandonnée , sans réserve. Le premier président leur était trop indignement et trop abandonnement vendu pour être plaint de personne, st-simon, 648,426. Mot usité encore, comme on voit, au xvnr* siècle et bon à employer.

— HIST. xiii* s. Nos mariniers veoient la montagne par-dessus la bruine, et pour ce firent nager habandonnéement, joinv. 283. || xiv s. Le marquis demanda qui il estoit qui si abandonnéement rouvoit ouvrir la porte, du cange. abandonnare. \\ xv* s. Et entrèrent les Anglois abandonnéement dedans les

fossés, FROISS. Il, II, 65.

— ÊTYM. Abandonnée au féminin, et ment (voy. ment) ; provenç. abandonadamen ; ital. abbandonatamente.

ABANDONNER (a-ban-do-né) , v. a. || 1° Remettre à la discrétion de.... au soin de... , céder, faire cession. Abandonner son sort à la Providence. J'ai abandonné le soin de mes affaires à un homme intelligent. Abandonner tout au vainqueur. Abandonner le reste au ciel. Abandonner cela à la fortune. Abandortner un ecclésiastique au bras séculier. Vous vous plaignez de cet homme; je vous l'abandonne ■. c'est-à-dire pensez-en ce qu'il vous plaira ; faites à son égard ce que vous voudrez. Je vous abandonne ce point, je vous cède là-dessus. Il abandonne ses biens à ses créanciers. Apprends de leurs indices L'auteur de l'attentat, et l'ordre, et les complices; Je te les abandonne.... corn. Monde T. iv, 4. Un nombre de mots.... Que mutuellement nous nous abandonnons, mol. Femmes sav. m, 2. Porte aux Grecs cet enfant que Pyrrhus m'abandonne, rac. Andr. m, 4. Dites au roi, Seigneur, de vous l'abandonner, id. Esth. h , 4 . Au cours de mes destins j'abandonnais ma vie, ducis, Othello, n, 7. || 2° Livrera. Abandonner une ville au pillage. Abandonner à la merci de.... Il abandonna la barque au courant du fleuve. Dieu abandonne souvent les méchants i leur sans réprouvé. Nous savons à quel désespoir Judas fut abandonné de Dieu, et à quelle fin mal-

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heureuse il s'abandonna lui-même, bourd. Pensées, t. m, p. 368. On peut dire de certaines matières que l'Eglise les abandonne à nos vues particulières et à nos raisonnements, id. t'6. t. H, p. 340. J'abandonnai mon âme à des ravissements.... corn. Hor. i, 3. J'abandonne ce traître à toute ta colère, rac. Phèd. iv, 2. Dieux 1 ne puis-je à ma joie abandonner mon âme? id. Andr. m, 3. J'abandonnai ma vie à des malheurs certains, volt. Œd. v, 2. Tandis qu'à la frayeur j'abandonnais mon âme , id. «6. iv , 4 . || 3° Renoncer à. Abandonner une bâtisse. Abandonner ce qu'on a pris. Abandonner une entreprise, une guerre commencée. Abandonner la lutte. Abandonner le barreau. Abandonner ses travaux. Abandonner une vaine tentative. Abandonner une profession. Abandonner son opinion pour celle d'un autre. J'abandonne le reste, c'est-à-dire je le passe sous silence. Trône, à t'abandonner je ne puis consentir, corn. iJod. v, i. J'avais fait serment d'abandonner plutôt la vie que de me résoudre à perdre cette liberté, mol. Prin. d'Él. iv, 4 . La Grèce et la Sicile ont vu des citoyennes Abandonner nos lois pour ces fiers Musulmans, volt. Tancr. H , 4. Que je vois de sujets d'abandonner le jour! rac. Théb. v, 4. Par moi seule éloigné de l'hymen d'Octavie, Le frère de Junie abandonna la vie, id. Brit. i, 4. || 4° Délaisser, déserter, laisser sans secours, se séparer de.... Abandonner son général, son poste, le parti qu'on avait embrassé. Il abandonna le parti du sénat pour celui du peuple. J'abandonne la cause commune. Philoctète fut abandonné dans l'île de Lemnos. Abandonner un enfant, l'exposer et le laisser à la charité publique. Abandonner sa femme et ses enfants. Les médecins ont abandonné ce malade, c'est-à-dire ils l'ont laissé, ne sachant plus lui être utiles en rien. Avec un nom de chose pour sujet : Son courage l'abandonna. L'appétit, le sommeil l'ont abandonné. Mon esprit, volage et sans arrêt, m'abandonne et se porte partout ailleurs, bourd. Pensées, t. n, p. 4 3. Abandonnant le corps, n'abandonnez pas l'âme, rotrou, Venc.v,*. Si vous l'abandonnez plus longtemps sans secours.... rac. Brit. v, 8. Elle me dédaignait, un autre l'abandonne, ID. Andr. n , 4 . Tout semble abandonner tes sacrés étendards, id. Eslh. Prol. Le courage les abandonne, fên. Tél. xvi. Comme un malade désespéré qu'on abandonne, m. ib. vu. || 5° Quitter, lâcher. Abandonner l'Italie. Abandonner Paris. Abandonner la ville pour les champs. Abandonner ses armes. N'abandonne pas le gouvernail. Tenez ferme; n'abandonnez pas cette corde. Abandonner les étriers, les quitter et quelquefois les perdre. Comme il avait un désir extraordinaire de s'instruire et de connaître les mœurs des étrangers, il abandonna sa patrie et tout ce qu'il avait pour voyager, pén. Philos. Pythag. Il fallait en fuyant ne pas abandonner Le fer qui dans ses mains sert à te condamner, RAC.Phcd.iv, 2. || 6° Négliger, ne pas cultiver. Il ne faut pas abandonner vos liaisons dans le monde. N'abandonnez pas votre voix, sëv. 3. || 7» En fauconnerie, abandonner l'oiseau, le lâcher dans la campagne pour l'égayer.

s'abandonner, v. réft. || 1° Se remettre à, se laisser aller à, se livrer à. S'abandonner à la fortune, au vainqueur, au gré de la tempête. S'abandonner au chagrin, à la douleur, à la joie, aux pleurs, à toutes sortes de plaisirs, à la débauche. Il s'abandonne sans réserve au goût de la magnificence. Personne ne s'abandonne à ce point à sa colère. Le tout est de savoir s'abandonner à Dieu en pure foi, boss. Lett. Corn. 4. Mon âme à tout mon sort s'était abandonnée, rac. And. iv, 6. Souffre qu'à mes transports je m'abandonne en proie, id. Théb. v, 4. Allons, àtes conseils, Phoenix, je m'abandonne, in. Andr. n, 5. Vous vous abandonniez au crime en criminel, in. Andr. iv, 5. Quoi I tandis que Néron s'abandonne au sommeil.... id. Brit. i, 4. Télémaque s'abandonnait à une douleur amère, fén. Tél. xvi. Astarbé s'abandonna à son ressentiment, id. «6. m. Il s'abandonna à l'amour des femmes, boss. Hist. i, 6. Non, non, à trop de paix mon âme s'abandonne, mol. Sgan. 8. Ce monarque étonné À ses frayeurs déjà s'était abandonné, corn. JVt'c. v. 8. Je connais Marianne, et sais qu'elle est trop sage Pour s'être abandonnée à tenir ce langage, Tristan, Marianne, i, 3. [| 2" Perdre courage, se manquer à soi-même. Vous êtes perdu si vous vous abandonnez. Il les exhorte à ne pas s'abandonner. || 3° Se négliger. Il ne faut pas s'abandonner ainsi (se négliger dans le maintien, dans l'habillement), quand on veut plaire. || 4" Se lancer sans ménagement. Dans l'improvisation, cet orateur s'abandonne. L'épée à la

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main, il s'abandonna sur son adversaire, au risque de s'enferrer. Plus il s'abandonnait, plus il était terrible, volt. Tancr. v, 4. || 5° Avoir de l'abandon. Ne vous roidissez pas, abandonnez-vous. Cet acteur ne s'abandonne pas assez. || 6' En parlant des enfants. Il s'abandonne déjà, il commence à faire quelques pas seul et sans être soutenu. || 7° En parlant des femmes, se livrer. Elle s'est abandonnée à ceux qu'elle aimait, boss. Nouv. Cath. Anne de Boulen eut l'adresse de ne se pas abandonner entièrement et d'irriter la passion du roi, volt. Mœurs, 435. Votre amourqui s'abandonne Ne refusa jamais personne, Régnier, Mac. || 8° Terme d'équitation. Ce cheval s'abandonne, il ralentit sa marche.

— REM. Abandonner peut se construire avec à suivi d'un infinitif. Aussi n'aurais-je pas Abandonné mon cœur à suivre ses appas, mol. Ec. des Mar. n, 9. Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l'amour, c'est d« faire l'amour, larochep. Rèjl. 434.

— SYN. 1* abandonner, délaisser. Abandonner se dit des choses et des personnes; délaisser ne se dit que des personnes.Nous abandonnons les choses dontnous n'avons pas soin ; nous délaissons les malheureux à qui nous ne donnons aucun secours. Au participe, délaisser aune énergie d'universalité qu'on ne donne au premier qu'en y joignant quelque terme qui la marque précisément. Ainsi l'on dit : C'est un pauvre délaissé; Il est abandonné de tout le monde,

GUIZOT. || 2" QUITTER, ABANDONNER, RENONCER. Idée

commune, cesser de garder une chose, de s'en occuper ou de la demander. Les thérapeutes abandonnent leurs biens à leurs parents ou à leurs amis; ils quittent leurs pères, leurs mères; ils renoncent à tous les attachements terrestres, condillac On renonce toujours volontairement, avec quelque peine, avec regret, en se faisant violence; on renonce au plaisir, au monde, à une profession qui convenait. Quitter et abandonner n'impliquent pas l'idée de renoncement, et signifient seulement qu'on se sépare d'une chose agréable ou pénible, utile ou nuisible. La différence entre quitter et abandonner est que l'on quitte de toutes les manières, ce mot en lui-même étant indifférent, au lieu que dans abandonner il y a toujours l'idée d'une sorte de délaissement, de désertion, commedans ce vers de Racine : Je quittai, mon pays, j'abandonnai mon père, lapaye.

— HIST. xi* s. Franceis mourront, si à nous s'abandunent, Ch. de Roi. lxxii. [fl] broche [pique] le bien [son cheval], le frein lui abandune, ib. cxv. !| xii* s. Or vus abandoins jo mun règne et mun païs, Estampes, Orliens, e Chartres et Paris, Th. le Màrt. 404. || xiii* s. Et le Soudan leur abandonna que il s'alassent venger de.... joinv. 274. Et plus punis devroient estre Devant l'empereor celestre Clers qui s'abandonnent aux vices, Que les gens laiz [laïques], simples et nices, la Rose, 48865. Cis [celui-ci] m'abandonna le passage De la haie moult

.doucement, ib. 2806. Mais jà certes n'iert [ne sera] femme bonne, Qui,por dons prendre, s'abandonne, ib. 457*. Quant il sevent que lor femes s'abandonnent à autrui.... beaum. lvh,40. || xiv* s. Jà n'en serait meilleur tant comme il fust habandonné à telles passions, oresme, Éth. 4. |[ xv* s. Elle ne vouloit mie que le roi s'abandonnast trop de la regarder , froiss. i, i , 4 92. Ceux du chastel ne furent onques si recrus qu'ils ne s'abandonnassent au défendre si vaillamment, par quoi ceux de l'ost pussent rien gagner sur eux , id. i , i, 259. Il n'a point de regret» Au cidre qu'il nous donne ; En eust-il une tonne, 11 l'abandonneroit,BAssELiN, 42. L'un vers l'autre desloyaument se mené ; Aux mauvais est la terre abandonnée, deschamps, Souffrance du peuple. Onques sanglier escumant ni loup enragé plus fièrement ne s'abandonna, Hist. de Boucicaut, i, 24. C'est assavoir, se le doffin [dauphin] rompoit la pais, qu'il abandonnoit à ses gens de aller servir le duc Jehan, p. de fenin , 4 44 9. Il xvi' s. Il y en eut deux qui abandonnèrent l'entreprise de peur, amyot, Lyc 9. Cette hardiesse et constance assurée qu'il avoit en bataille contre l'ennemy l'abandonnoit incontinent qu'il se trouvoit en une assemblée du peuple à la ville , id. Marius, 48. Les propriétaires lesluy abandonnoient à bien vil prix , id. Crassus, 3. 11 résolut d'abandonner sa vie [se laisser mourir] , id. Démétr. 52. Il serait estrange que nous qui voulons estre tenus pour gens de bien , laississions porter par terre nostre vertu et l'abandonnissions, id. De la mauv. honte, 24. La meilleure part de l'entreprinse, ils l'abandonnent à la fortune , mont, i, 432. Estant abandonné des médecins pourun aposteme, id. i, 254. S'abandonner aux délices, id. n, 4. Il abandonna fs'éloigna] de si peu sonfort, id. i. 2*. Le»

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