‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 28 sur 403 · A HA · texte numérisé non relu

A HA

filles se peuvent abandonner [je livrer à un hommej , II). I, 114.

— ÉTYM. Abandon; bourguig. ebandenai ; provenç. et espagn. abandonar; ital. abbandonnare.

ABAQUE (a-ba-k'), s. m. ||1° Terme d'architecture. Tailloir, partie supérieure du chapiteau des colonnes, sur laquelle porte l'architrave. ^"Terme d'antiquité. Tableau couvert de poussière, sur lequel on traçait des nombres et on enseignait le calcul; et aussi sorte de carré long, évidé, qui était muni de boules passées dans des fils tendus et qui servait à compter.

— ÉTYM. Provenç. abac; ital. abbaco;de abacus, de àfal , table ou tablette.

t A BAS, s. m. Voy. abat.

ABASOURDI, 1B (a-ba-zour-di, die), part, passé. Abasourdi par un coup de tonnerre, par un malheui imprévu.

ABASOUItDIR (a-ba-zour-dir; d'autres disent aba-sour-dir), v. a. || 1° Assourdir par un grand bruit. Ce bruit soudain et violent nous a abasourdis. || 2° Consterner. Voilà dans sa famille une mort imprévue qui l'abasourdira. Bruit abasourdissant. Nouvelle abasourdissante.

— êtym. Génev. abassourdir; bourguig. ébazodi; de sourd (voy. ce mot) et deabo, qui est probablement le même que dans abajoue, c'est-à-dire formé de d et ba ou be indiquant une mauvaise disposition.

t ABAT ou ABAS (a-ba ou a-bâ), s. m. Averse, pluie abondante. Ces vapeurs peuvent causer un vent d'abas, desc. Météor. 7. L'accumulation des neiges, les pluies et les orages y déterminent des avalanches et des abats de boues et de pierres, qui descendent dans les vallées jusqu'à des altitudes de mille mètres , burat, Constitutionnel du 3 septembre 1868.

— êtym. À et battre. Dans l'arrondissement de Caen, la pluie d'abat est une pluie abondante, Dict. du patois normand par MM. Duméril. Si on suivait l'orthographe de Descartes, l'étymologie serait à et bas.

ABATAGE (a-ba-ta-j') ,s. m. || 1" Terme forestier. Action d'abattre. L'abatage des bois se fait en automne. 112" En termes de marine, l'abatage d'un bâtiment est l'opération par laquelle on l'incline sur le côté pour l'abattre en carène. || 3° En termes d'administration militaire, l'abatage des bestiaux est la mise à mort des animaux destinés à la nourriture de la troupe. || 4° En termes de police sanitaire, l'abatage est la mise à mort des grands animaux domestiques, soit parce qu'ils sont vieux ou incurables, soit par précaution, quand ils sont suspects ou atteints d'une maladie contagieuse. L'abatage des chevaux est nécessaire en cas de morve. || 5* En termes de vétérinaire, action de renverser et de fixer les grands animaux sur un lit de paille, quand ils doivent subir des opérations chirurgicales.

— rem. L'Académie n'y met qu'un seul t; mais elle en met deux à abattre; la conséquence veut qu'on mette deux t à abalage, ou qu'on n'en mette qu'un à abattre.

— hist. xiii" s. Et si a li cuens [comte] à l'abataige des pourceaux soixante dix sols par an, du cange, abatere.

— êtym. Abattre.

t ABATANT (a-ba-tan) , s. m. || l°Pièce du métier à bas qui fait descendre les platines à plomb. || 2°Par- .tie du comptoir d'un marchand qu'on lève et qu'on abaisse.

ABÂTARDI, IE (a-bâ-tar-di , -die), part, passé. Plantes abâtardies. Ames abâtardies. Restes abâtardis d'une nation puissante. Jamais on n'a vu votre empire si lâche, si abâtardi, si indigne des anciens Romains, ff.n. t. xix, p. 4 80.

ABÂTARDIR (a-bà-tar-dir : quelques-uns disent a-ba-tar-dir par un a bref; mais la plupart disent bâ comme dans bâtard), v. a. || i" Faire dégénérer, au propre et au figuré. La mauvaise culture abâtardit les plantes. Ils ne voyaient là que des moyens d'abâtardir les courages. || 2" S'abâtardir, v. ré(l. Dégénérer. Les arbres fruitiers s'abâtardissent si on ne les soigne constamment. S'abâtardir dane l'oisiveté. La pureté de la doctrine était abâtardie par les Vaudois, boss. Var. xi.

— HIST. xn* s. Com nostre lois est hui abastardie, Ronc. p. 416. || xm* s. Bien est France abastardie, Seigneur baron, entendez, Quant femme [la reine Blanche] l'a en baillie, Et tele comme savez, HUE DE LA FEKTÉ, Rom. p. 4 88. ||xvl* S. Ceste arrogance grecque, admiratrice seulement de ses inventions, n'avoit loi ni privilège de légitimer iiinsi sa nation, et abaslardir les autres, do bel-

la r, i,4, recto. La peur descouvre un cœur abastardi, id. iv, 6, verso. Sitost qu'on se détourne de la parole, l'oraison est quant et quant abastardie, calv. Inst. 704. Ils se sont abastardis en dégénérant de leurs pères, id. ib. 747. Ceux qui seront convaincus de s'estre abastardis de leur origine, id. ib.

— êtym. A et bâtard; provenç. abaslardir; anc. espagn. abaslardar.

ABÂTARDISSEMENT (a-bâ-tar-di-s'-man) , s. m. Dégénération au propre et au figuré. L'abâtardissement des arbres fruitiers, des esprits.

— REM. Des grammairiens ont désiré que l'Académie supprimât l'accent circonflexe. Il est de fait que certains prononcent abâtardissement, o bref, au lieu de a long ; mais la plupart suivent dans ce mot la prononciation de bâtard où l'a est long. L'accent circonflexe qui indique ici et l'étymologie et la prononciation doit donc être conservé.

— hist. xvi* s. De ceux là, y en a aucuns qui se trompent eux mesmes ; et les autres sont trompés par l'abastardissement des coustumes.LANOuE, 4)7. La trop grande et indocte multitude des escrivains qui de jour en jour s'eleve en France, au grand deshonneur et abastardissement de nostre langue, du bel. ut, 2, recto.

— êtym. Abâtardir.

ABATÉE (a-ba-tée), s. f. Terme de marine. Mouvement par lequel un navire, obéissant au vent, à la lame, à la marée, tourne sur une verticale qui passerait par son centre de gravité , et écarte la proue de la ligne du vent. Le mouvement par lequel le navire revient de l'abatée à la ligne du vent se dit auloffée , legoarant. L'abatée est involontaire; l'auloffée est volontaire.

— rem. L'Académie ne met qu'un t; mais il en faudrait deux, à moins qu'on n'en retranche un dans abattre; faire autrement, c'est multiplier inutilement les exceptions et les difficultés de l'orthographe.

— ÊTYM. Abattre.

t ABATELLEMENT (a-ba-tè-!e-man) , s. m. Terme de commerce du Levant. Sentence portant interdiction contre ceux qui désavouent leurs marchés, ou qui refusent de payer leurs dettes, Acad. 1702.

t ABAT-FAIM (a-ba-fin), s. m. au plur. des abatfaim. Terme de cuisine. Pièce de résistance qu'on sert la première sur table.

■ — ÊTYM. Abattre et faim.

f ABAT-FOIN (a-ba-foin) , s. m. au plur. des abatfoin. Terme d'économie rurale. Ouverture pratiquée dans un grenier au-dessus de l'écurie ou de l'étable et par laquelle on jette le foin ou la paille.

— ÊTYM. Abattre et foin.

ABATIS (a-ba-ti) , s. m. Ilfaudraitécrireobotd'sou écrire abatre. [| 1" Amas de choses abattues. Abatis d'arbres. Faire un abatis de bois. Embarrasser la plaine par de larges abatis d'arbres. || 2° En termes de chasse, faire un grand abatis de gibier. [| 3° Au figuré. À la guinguette instruisant ces recrues, D'obscurs lauriers j'ai fait large abatis, bêr. in-8. || 4° Terme de chasse, petit chemin que se tont les jeunes loups en allant et venant au lieu où ils sont nourris. || 6° Terme de cuisine, les pattes et la tête, le cou et les ailerons d'une volaille. || 6° Terme de boucherie. Peau, graisse et tripes des bêtes tuées par les bouchers.

— hist. xn» s. Dedans la maistre porte fut grans l'abateïs, Ch. d'Antio. vi, «3.

— ÉTYM. Abattre. L'ancien mot est abateis, venant d'une forme dubas-latin \abatelicius, dérivé du verbe abatlere.

ABAT-JOUR (a-ba-jour) , s. m. au plur. des abatjour. || 1" Sorte de fenêtre dont le plafond et l'appui sont inclinés en biseau de dehors en dedans , afin que le jour qui vient d'en haut se communique plus verticalement dans le lieu où elle est pratiquée. || 2° Cadre ou réflecteur en métal ou en papier que l'on place sur les lampes pour en rabattre la lumière. || 3° Volet plein ou à claire-voie, toile plus ou moins serrée, que l'on place devant les ouvertures des habitations pour arrêter les rayons solaires et les insectes.

— ÉTYM. Abattre et jour.

f ABAT-SONS (a-ba-son) ,s. m. Se dit des lames de bois recouvertes de plomb ou d'ardoises qui garantissent les beffrois de la pluie et renvoient le son vers le sol. Au plur. des abat-sons.

f ABATTABLE(a-ba-ta-bP), adj. Qu'on peut abattre. Ces chevaux sont abattables.

ABATTEMENT (a-ba-te-man), s. m. || 1« Action d'abattre ; état de ce qui est abattu. Être dans l'abattement. Relever quelqu'un de l'abattement. Un I douloureux abattement de cœur. L'abattement pro-

fond de son âme. L'abattement du désespoir. L'abattement du parti vaincu était extrême. Des langueurs et des abattements. 11 ne supporte pas la < haleur; elle le jette dans des abattements auxquels il ne peut résister. On a honte de sa faiblesse passée et de l'abattement où l'on est tombé, bourdal. Pens. t. h, p. 24. Pourquoi ces abattements et ces désolations où vous tombez? id. ib. p. 366. Et cet abattement que lui cause la peste, corn. OEd. v, 4. À cet abattement que vous laissez paraître, J'ai, s'il faut l'avouer, peine à vous reconnaître, lemerc. Frid. et Br. i, 2. Sans tristesse, sans abattement, sêvig. 388. Il est des jours d'ennui, d'abattement extrême, Où l'homme le plus ferme est à charge à lui-même, ducis, Macb. m, 3. || 2" Terme de médecine. L'abattement exprime une lésion fonctionnelle dont les conditions organiques nous échappent et qui a pour symptôme une diminution notable et soudaine des phénomènes vitaux dépendant de l'action nerveuse, du mouvement, des sensations, de l'entendement, des affections, des instincts.

— ÊTYM. Abattre; provenç. abatemen, àbatamen: cat. abatimenl; espagn. abatimiento ; ital. abbatimento.

ABATTEUR (a-ba-teur), t. m. Celui qui abat. Ce bûcheron est un grand abatteur de bois. Vous êtes, je vois bien, grand abatteur de quilles , regnier, Sat. il. Celte locution se dit d'un homme qui fait beaucoup de besogne, et souvent, par ironie, d'un homme qui se vante de prouesses qu'il n'a pas faites.

— hist. xv* s. Et plus de cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur, l. xi, Nour. 22.

— ÉTYM. Abattre; Berry , àbateux d'ouvrage.

ABATTOIR (a-ba-toir), *. m. Lieu destiné à l'abatage des animaux, tels que bœufs, veaux, moutons, etc. qui servent à la nourriture de l'homme. Les abattoirs sont placés hors des murs d'enceinte des villes.

ABATTRE (a-ba-tr'),«. a. || i° Jeter à terre d'une façon quelconque. Abattre un cheval, un cavalier. Abattre des olives, des noix. Abattre un arbre. Abattre une maison. Il lui abattit une main d'un coup de sabre. Abattre la tête. Il l'abattit d'un coup de fusil. Ce chasseur abat bien du gibier. Puisque l'arbre est si près de sa chute et que le coup qui doit l'abattre va bientôt partir et le renverser.... bourd. Pens. t. m, p. 72. C'est ainsi qu'il abat de leur trôneles potentats qui se confiaient en leur pouvoir, id. th. p. 1 43. Pour le faire tomber, j'abattrai son appui , corr. Rod. v, t. II a de votre sceptre abattu le soutien, m. Cid, n, 9. Et j'abattrai d'un coup sa tête et son orgueil, id. Hér. m, 3. Les livres sur Evrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, boil. Lutr. v. Sous le glaive étranger j'ai vu tout abattu, volt. Orphel. i, 2. Chacun se disputait la gloire de l'abattre , rac. Andr. v, 3. .... mais, lorsque tu m'abats, Je me relève encor pour insulter ton bras , lamart. Jonalh. 330. Comme la pluie abat et fait languir le soir une fleur qui était le matin , pendant la naissance de l'aurore, la gloire et l'ornement des vertes campagnes, fén. Tél. xxi. || 2° Fig. Abattre la puissance romaine. Il résolut d'abattre celui qui l'avait élevé. Dieu abat les puissants. Ce combat avait abattu les forces des ennemis. L'orgueil des Chaldéens est abattu, boss. Hist.n, 4. Le peuple romain, ayant abattu les Gaulois et les Africains, ne voit plus rien à craindre et combat dorénavant sans péril, id. ib. i, 8. Les victoires de Léonce avaient abattu les Sarrasins et rétabli la gloire de l'empire en Orient, id. ib. I, 4 4. ||3° Laisser tomber, abaisser. Abattre sa robe. Il abattit sa toge. || 4° Faire retomber. Abattre la poussière. Abattre les bouillons d'un liquide en ébullition. || 5° Oter les forces du corps ou de l'âme, faire tomber. Abattre les forces d'un malade. La moindre fièvre l'abat. Abattre le courage. La peur nous abat. Le sage ne se laisse pas abattre par le malheur. Abattre l'audace, l'insolence. La pluie, dit-on, abat le vent. Me laissant abattre à la plus légère infirmité qui m'arrive , bourd. Pens. t. H, p. 406. On lui en cache une partie, afin de ne le pas étonner dès l'entrée de la carrière et de ne lui pas abattre le cœur, id. ib. t. i, p. 8». Elle est tellement abattue de la perte de M. de la Rochefoucault, sêv. 42t. Ses malheurs n'avaient point abattu sa

fierté, rac. Ath. n, 6 tu ne prétends pas qu'il

[le destin] m'abatte le cœur Jusqu'à te rendre hommage et te nommer seigneur, corn. Mort de Pom* pée, m, 4. Abattons sa superbe avec sa liberté, id. ib. i, 4. Et du premier revers la fortune l'abat. id.

ARA

ABA

ABR

Cinna , iv , 5. Les pensées pures qui le rendraient heu- -eux, s'il pouvaittoujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent, pasc. édit. Cousin. Le vrai courage ne se laisse jamais abattre, fên. Tél. xx. Pour abattre leur orgueil, id. ib. a. La prospérité nous élève, l'aflliction nous abat, mass. Mari. La plus petite mortification abat votre corps, id. Tiéd. || Prov. Petite pluie abat grand vent, c.-à-d. peu de chose sufiît pour calmer une grande querelle. || 4° Police. Mettre à mort, en parlant d'animaux. [| 5° Abattre du bois, ou Abattre de la besogne , faire beaucoup d'ouvrage. || 6" En termes de marine, abattre un navire, le mettre sur le côté pour le réparer. Abattre, v. n. se dit d'un bâtiment qui tourne sur lui-même autour de son axe vertical. Le navire abat. || 7* Au jeu de trictrac, abattre du bois, jouer beaucoup de dames de la pile, afin de caser plus aisément. || 8° Aux cartes, abattre son jeu, le mettre sur table pour le montrer. ||9*Fauconn. Abattre l'oiseau, le tenir serré entre les deux mains pour lui faire prendre quelque médicament. || 10° Corroierie. Abattre les cuirs, dépouiller les animaux tués. || il* Vétérinaire. Abattre un cheval , le coucher sur un lit de paille, dans une position favorable soit pour l'opérateur, soit pour l'opération. || 12° En maréchalerie, abattre du pied, enlever une partie de corne qui est sur la face inférieure du sabot. C'est avec le rogne-pied ou le boutoir que le maréchal abat du pied, [j 13" Manège. Abattre l'eau d'un cheval, essuyer l'eau d'un cheval lorsqu'il sort de l'eau ou lorsqu'il est en sueur. || 14° Abattre la frisquette et le tympan, se dit du mouvement que fait l'imprimeur après que sa feuille a été placée sur le tympan.

s'abattre, v. ré/1. || 1" Se jeter à terre, et aussi tomber, descendre en volant. Ces deux rivaux veulent s'abattre. Le cheval s'étant abattu. Le vautour s'abattit sur.... Aigle qui s'abat doucement L'oiseau l'abattit mourant. De la force du coup pourtant il [le sanglier] s'abattit, la pont. Fab. vui,27. Si dessous sa valeur ce grand guerrier s'abat, corn. Cid, il, 5. Nous comparions notre France à la Grèce, Quand un pigeon vient s'abattre à nos pieds, bêrang. Pig. 11 est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, boss. La Vallière, Profession. || 2* S'apaiser. Le vent s'abat. Son ressentiment s'abattit peu à peu. Dès le premier effort sa colère s'abat, mair. Mort d'Asdr. iv, t.

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