PARÉ, V
— ÉTYM. Cendrer.
CENDRÉE (san-drée), s. f. || 1° Écume de plomb. Il 2" Le menu plomb de chasse. Charger un fusil de cendrée pour tirer aux petits oiseaux. 1 1 3" Cendrée de Tournay, poussière de houille et de chaux que l'on emploie comme ciment hydraulique.
— hist. xin* s. Cil a bouté en la cendrée [les cendres du foyer] , Qi tous jours sert sans atendre loier, Ane. poésies franc, dans lacurne. || xvi" s. Ils rendoyent le venus [argent] en lune [plomb], voire à tenir jusqu'à l'essay de la copelle ou cendrée , tahureao, Dialogues, p. 440, dans lacurnb.
— ÊTYM. Cendre.
t CENDRER (san-dré) , ». a. Donner une couleur de cendre. || Mêler de la cendre avec quelque chose.
— étym. Cendre.
CENDREUX, EDSE (san-dreû, dreû-z'), adj.
H 1° Souillé de cendre. Un habit tout cendreux. Une table toute cendreuse. || 2° Fer cendreux, fer que le poli qu'on lui donne ne rend pas plus clair et auquel il demeure des taches couleur de cendre. Il 3° Terme de gravure. Planche dont le métal n'est pas pur.
— HIST. xvi* s. Il commande à ses gens qu'ils amassent grande quantité de ceste terre légère et cendreuse , amyot, Sertor. 24. Au chat cendreux jamais ne tombe rien en gueule, cotgrave.
— ÉTYM. Berry , cendroux ; provenç. cendros , cenros; ital. ceneroso ; du latin cmerostis, de cinis (voy. cendre).
CENDRIER (san-dri-é), s. m. || 1" La partie du fourneau qui est au-dessous de la grille ou du foyer, et où tombent les cendres. || 2" Vase dans lequel on met les cendres ou de la cendre.
— HIST. xiv* s. Un povre auqueton, aussi noir quechendrier, Bond, de Seb. xn,465. || xv" s. L'eaue est à la cendre meslée, Mais elle est par avant coulée Sur le cendier, si que ne passe, E. desch. Poésies mss. f° 639, dans lacurne. Bon Dieu que deviendra cette charongne sale? Faut-il point qu'au sercueil poudreux elle dévale, Pour estre le repas des animaux abjects? Où sera, pauvre corps, or ta gloire divine , Quand tu seras mangé parmi cette vermine Dans le mesme cendrier [lieu où sont les cendres, cimetière] qui couvre tes subjects? perrin, Poésies, p. 30, dans lacurne.
— étym. Cinerarium, caveau où l'on met les cendres des morts , de cinis (voy. cendre). Cendrier ou cendier signifiait, entre autres, le linge où l'on met les cendres quand on coule la lessive.
t CENDR1ÈRE (san-dri-ê-r'), ». f. Un des noms de la tourbe.
t CENDRILLARD (san-dri-llar, Il mouillées), s. m. Coucou d'Amérique.
— ÊTYM. Cendre, à cause de la couleur de cet oiseau.
t CENDRILLE (san-dri-U', Il mouillées), s. f. Nom vulgaire de la mésange.
— ÉTYM. Cendre, à cause de la couleur.
CEN
f CENDRIXLON (san-dri-llon, Il mouillées, et non san-dri-yon), s. f. Nom, dans un conte de fée, d'une jeune fille qui, obligée de faire la cuisine pour ses sœurs, était continuellement près de l'âtre et des cendres. || Par extension, petite fille qui ne quitte pas le feu; servante malpropre. Terme familier.
— ÊTYM. Cendre.
t CENDRURE (san-dru-r') , s. f. Ensemble des petits trous dont la surface de l'acier est parsemée quelquefois.
— ÊTYM. Cendre.
CÈNE (sê-n'), s. f. H 1* Le souper que Jésus-Christ fit avec les apôtres la veille de sa passion. Le jour de la cène Jésus-Christ lava les pieds à ses apôtres. Il Tableau qui représente la Cène de Jésus-Christ. La Cène de Léonard de Vinci. Il 2° La cérémonie où des princes, le pape, des prélats, des supérieurs de communautés servent les pauvres après leur avoir lavé les pieds, en mémoire de la cène de Jésus- Christ. Les Lorrains ne se trouvaient jamais à l'adoration de la croix ni à la cène, à cause de la dispute de la préséance avec les ducs, st-sim. 27, 69. || 3" La communion, et spécialement la communion sous les deux espèces, comme la font les protestants. Ce n'est pas faire la cène que d'en recevoir les signes, boss. Déf. comm. Ils firent la cène avec Luther en signe de paix, m. Var. 4.
— HIST. xii" s. He Dex, ce dist li rois, qui goustas à la çaine, Saxons, xxx. ||xm" s. Quant passée ert la quarantaine Et vendra le jor de la çaine, ruteb. n , 438. Le mont Syon où Dieux conversa charneulment et fist la cène, Psautier, f* 95. Vos devez croire que nostres sires vint en terre por sauver lou pueple, et que il sist à la cienne, Merlin, f° 63, verso. Il xiv* s. Chiés un hermite vinrent le soir ou [au] bois d'Ardene; Li sains hons fist bon feu, mais poure fut la cène [le repas], Girart de Iloss. 4 999.
— ÉTYM. Bourguig. faire la çaine, souper; provenç. espagn. et ital. cena; portug. cea; du latin cœna et aussi cena qu'on trouve dans un très-ancien manuscrit de Plaute.
f CENELLE (se-nè-1'), s. f. Fruit de l'aubépine. Il Fruit du houx.
— HIST. xiii* s. Framboises, freses et ceneles, la Rose, sue. Il nel [ne le] prise [estime] or une cenele, Ren. noee. || xvi" s. Le suc de senelles vertes délayé en oxyerat est un remède singulier, paré, xn, )8.
— ÊTYM. Norm. chenelle; bourg, cinelle ; par contraction de coccinella (voy. cochenille) , forme dérivée du latin coccum, kermès : fruit ainsi nommé à cause de sa couleur rouge.
t CÉNESTHÉSD2 (sé-nè-sté-zie) , s. f. Terme de physiologie. L'espèce de sentiment vague que nous avons de notre être, indépendamment du concours des sens.
— ÊTYM. Koivi;, commun, et aï<i6ir)<ji; , sensation (voy. ESTHÉTIQUE).
f CÉNISME (sè-ni-sm'), s. m. Terme de grammaire grecque. Mélange des dialectes dans un même écrit.
— ÉTYM. Koiviou.oç, de xoiviÇeiv, rendre commun, de xoivoç. commun.
t CÉNOBIARQUE (sé-no-bi-ar-k') , s. m. Supérieur d'un monastère de cénobites.
— ÉTYM. Cénobite, et àpxeiv, commander (voy. archonte).
CENOBITE (sé-nc-bi-f ) , s. m. Moine qui vit en communauté, par opposition à l'anachorète qui vit isolé. Quoique tu sois grand cénobite, Quoique tu sois parfait hermite, Jamais, tant que tu vis, ne te tiens assuré, corn. Imit. 1, 20. Du cénobite il apprend à souffrir, millev. Ch. à Pav. vi. Des cénobites se venaient prosterner à l'autel, chateaub. Génie, ni, 1, 8. Il Ne se dit guère que des moines des premiers temps de l'Église. || Fig. Vivre en cénobite, vivre retiré.
— ÊTYM. Cœnobita, de cœnobium, couvent, de xoivôfiiov, de xotvi;, commun, et (Sic;, vie (comp. vie).
CÉNOBITIQUE (sé-no-bi-ti-k'j , adj. Qui appartient au cénobite. La vie cénobitique. Dans le bouddhisme , à la simplicité primitive a succédé à la fois une mythologie compliquée, une cosmogonie bizarre, une métaphysique subtile, en même temps qu'un esprit cénobitique prononce et une discipline ecclésiastique détaillée, Nicolas , le Lamaïsme, Rev. germ. t. xu, p. 439.
— êtym. Cénobite.
t CÉNOSE (sé-nô-z'), *. f. Terme de médecine. Évacuation portant sur toutes les humeurs du corps, telle que la saignée. || Inusité.
— étym. Kévtoffiç, action dévider.
CÉNOTAPHE (sé-no-ta-f), *. m. Tombeau vide,
dressé à un mort dont on n'a pas le corps.
CEN
— ÊTYM. Kevotâipiov, de xevô;, vide, et torçoî, tombeau.
CENS (san; quelques-uns font sentir Vs et disent sans') , s. m. || 1" Dénombrement des citoyens romains et évaluation de leur fortune qui se faisaient tous les cinq ans par les censeurs. Faire le cens. Porter au rôle du cens. Le cens donna deux cent mille citoyens. || 2* Terme de jurisprudence féodale. Redevance que le possesseur d'une terre payait au seigneur. Donner à cens. Les Vaudois prirent à cens les héritages des environs, volt. Moeurs, 438. || Fig. Abandonner la terre pour le cens, renoncer à un bien qui coûte plus qu'il ne rapporte. || 3° Dans l'ancienne Rome, quotité d'imposition payée par un citoyen. Qui paye le cens des chevaliers. || 4" Quotité d'imposition, de revenu, de propriété ou de loyer, nécessaire pour être électeur ou éligible. Le cens électoral. Le cens d'éligibilité.
— HIST. xi* s. Cil qui custivent la terre, ne deit l'uni travailer [tourmenter] , se de lour droite censé non, Lois de Guill. 33. || xm" s. Cil qui de tel uzage ne li rendoient cens ne rente ne redevances , beaum. xxiv, 6. C'est à savoir se li contens [contestation] fu de droit cens, id. xxiv, 9. Une autre manière de rente y a c'on apele sorcens ou cens costier, et de tix manières de cens a il moult es bones viles, id. xxiv, 20/Noz apelons vilenage, héritage qui est tenus de segneur à cens ou à rente ou à champart , id. xiv, 7. Il xv" s. Et qu'il [Ferdinand, roi de Naples] payerait cinquante mille ducats l'an de cens, comm. viii, 42. Il xvi" s. Le seigneur n'est exclus du retrait [droit de rachat] pour avoir reçu les cens , rentes ou autres redevances annuelles [mais seulement par les droits seigneuriaux de mutation], loysel, 466. Le cens n'est requerable, ains rendable et portable, id. 534. Cens sur cens n'a point de lieu [qui tient à cens ne peut bailler à cens, ce qui ferait deux seigneurs censiers] , id. 633. Terres tenues à champart, terrage, vinage, gros cens [ou croit de cens, contre-cens, surcens, par opposition à chefcens ou cens primitif], ou rente originaire et directe, tenant lieu de chef-cens, doivent lods et ventes au seigneur desdits champart, terrage, etc.
— ÉTYM. Latin census; provenç. ces, ses; catal. cens ; espagn. et ital. censo.
fCENSAL (san-sal), s. m. Nom des courtiers dans le Levant.
CENSE (san-s'), s. f. Nom qu'on donne aux métairies, dans certaines parties de la France et de la Belgique. Le roi à la tête de son armée couvrait Monsieur, qui assiégait Bouchain, et s'avança jusqu'à la censé d'Hurtebise, st-sib. 4 4 2, 248.
— HIST. xv* s". Comme d'avoir bruslé maintz beaulx villages et maintes belles censés, comm. v, 44. Et descendit le roy en une censé ou métairie, id. vni, 6. Il xvi" s. Un petit village ou plustost censé, appellée la Catelle, m. du bellay, 387.
— ÉTYM. Wallon, seins, s. f. provenç. sensa; du bas-latin censa, fermage, cens, qui est devenu ensuite le nom de la ferme même; de census, cens.
CENSÉ, ÉE (san-sé, sée), adj. Regardé comme, réputé. Que tyranniques rois censés grands politiques, boil. Sat. xn. Il est toujours censé, par le droit naturel , que les engagements qu'il a pris avec l'Espagne sont subordonnés à ceux dans lesquels il est né, fén. xxii, 264. Les occasions qui sont attachées à l'état où la Providence nous met, ne sont pas censées en notre pouvoir, id. xvm, 224. Les Lapons moscovites sont aujourd'hui censés de l'église grecque, volt. Russie, 1, 1. Si le prince est prisonnier, il est censé être mort, montesq. Espr. v, 44. Chez les anciens , les prêtres et les prêtresses étaient censés commercer intimement avec le ciel, chateaub. Génie, 1, 1, 9.
— ÊTYM. Censere, réputer, proprement compter, du même radical que census, cens.
t CENSÉMENT (san-sé-man) , adv. Mot du langage populaire qui signifie par supposition. Tu es censément le maître.
— ÉTYM. Censé, et le suffixe ment.
t CENSERIE (san-se-rie), ». f. Office de cenial.
CENSEUR (san-seur) , s. m. j| 1° Magistrat dans l'ancienne Rome. Les censeurs, qui étaient au nombre de deux, dénombraient les citoyens, estimaient les biens et veillaient au maintien des mœurs. || 2° Dans le langage général, celui qui censure la conduite, les actions d'autrui. Un censeur malveillant. Tout babillard, tout censeur, tout pédant Se peut connaître au discours que j'avance, la font. Fabl. 1, 4». Tout ce que je désire Trou\6 en vous un censeur prêt à me contredire , rac. Brit. m, 9. Ah! quittez d'un censeur la triste
ci:n
diligence, id. ib. I, 2. Je converse avec moi-même comme avec le plus légitime censeur de ma vie, boss. Pensées chrétiennes, 32. On s'érige en censeur de ces faits éclatants, mass. Uyst. Incarn. Un censeur des défauts qu'on trouve en leur conduite, mol. D. Garcie, n. t. Jean-Baptiste devient le censeur d'une cour volupteuse, mass. Car. tlélang. Vous devez être un censeur rigoureux de votre propre conscience, id. Car. Parole. Des attentions si religieuses trouvèrent des censeurs dans le monde, id. Panég. S. Louis. Ce rigide censeur, la bruy. xu. 0 juges, quelle majesté de vos séances! quel président [Dieu] de vos assemblées, mais aussi quel censeur de vos jugements! boss. Je Tellier. Le public, rigide censeur des hommes de cette fortune et de ce rang, id. t'6. || Adj. Les plus censeurs ne me reprochent rien, rotrou , St-Genest, m, 2. || Celui qui censure les écrits, y relève les fautes. Je vous arrêteàcette rime, Dira mon censeur à l'instant.... Maudit censeur! te tairas-tu ? la font. Fabl. il. Ainsi s'expliqueront nos censeurs sourcilleux, boil. Ép. x. Puis-je lui dénier quelque part dans mes discours, après qu'il en a été si souvent et le censeur et l'arbitre? boss. Or. fun.Cornet. Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus, boil. Ép. vu. || 3° Agent préposé à l'examen des livres, journaux, pièces de théâtre, dessins, etc. Le censeur refusa son approbation. Censeur royal. Censeur dramatique. || 4" Officier de l'ancienne université qui examinait les récipiendaijes. En Sorbonne, les censeurs donnaient leur suffrage par billets. || 6° Censeur des études, surveillant des études et de la discipline dans un lycée. Le censeur du lycée de Louis le Grand. || 6° Censeur de la banque, censeur d'une société commerciale, mandataire des intéressés pour le contrôle des actes des administrateurs.
— HIST. xiv* s. Li cenceur nomhroient le peuple, bercheube, f° 2, verso. |J xv* s. Quelques censeurs de ce temps ont descouvert que nous n'en feuilletasmes pas un, d'aub. Conf. n, 6.
— ÊTYM. Censor, censeur, proprement celui qui compte.
CENSIEK (san-sié), adj. m. || 1° Terme de jurisprudence féodale. Seigneur censier, ou, substantivement, censier, celui à qui le cens était dû. || 8* Censier, censière, celui, celle qui devait le cens. Les censiers, les vilains. || Celui, celle qui tient une censé àferme. || 8° Papier censier, ou, absolument, censier, livre où s'enregistraient les cens.
— HIST. xiv* s. La grange de Jean Leclerc, censier de Tremonvilliers, du cange, censerius. || xv* s. Et mesmement prirent et emmenèrent plusieurs charrues aux censiers du mont Saint-Eloi emprès Arras, monsth. n, 8. || xvi* s. Les seigneurs censiers et rentiers peuvent procéder par saisie sur les héritages sujets à cens et rentes, lotsel, 624. Le seigneur n'est tenu faire vue à son rentier foncier ou censier, id. 628. Le seigneur censier peut tenir, en sa main , les terres vacantes , et en faire les fruits siens, jusqu'à ce qu'il en soit reconnu, id. 649. Tous les valets de chambre, et officiers censiers, tant de son capitaine que des autres seigneurs.... carloix, n, 48.
— ÉTYM. Bas-lat. censerius, de census, cens; wallon, seinsi, fermier.
CENSITAIRE (san-si-tê-r'), s. m. || l'Termedejurisprudence féodale. Celui qui devait cens et rente à un seigneur de fief. Les censitaires d'un fief. ||2* Adjectivement et dans le langage constitutionnel, électeur censitaire, celui dont le droit est fondé sur un cens.
— ÊTYM. Cens.
CENSIVE (san-si-v'), s. f. Terme de jurisprudence féodale. || i* L'étendue des terres d'un fief qui devaient des cens. Il était dans la censive d'un tel. Si j'achetais une toise de terrain dans la censive de monseigneur l'abbé, je deviendrais serf de monseigneur, et tout mon bien lui appartiendrait, fut-il situé à Pondichéry, volt. Lell. Dupont, 23 févr. <776. || 2° Terre possédée sous la condition d'un cens, primitivement par des vilains, des roturiers. Certaines terres furent données en fief, d'autres en censive». || 8° Redevance en argent ou en denrées que certains biens devaient au seigneur dont ils relevaient. Le laboureur cultivant pour soi seul, sans ferme ni censive, p. L. courieb, i, 322.
— HIST. xiii* s. Tybaut tient vignes, trois arpenz, qui sont en tel leu, en tel censsive, Liv. des met. 127. Et tout ainsi que comme noz disons des censix, disons noz de toz héritages tenus en vilenage, beaum. xix, 24. Car autrement porroient avoir moult d'anui li segneur de qui les censives sunt tenues,
CEN
id. xlv, 24. L'eu doit semondre de chetel, segont la loi, et de héritages et de censives, à huit jorz, et de fiez, à quinze jors, Liv. de just. 83. || xvi* s. Pour les hommaiges, fiefs, denrées de censives, et tous les aultres droits seigneuriaux, carl. iv, 31.
— ÊTYM. Bas-lat. censiva, de census, cens.
t CENS1VEMENT (san-si-ve-man) , adj. Terme d'ancien droit. Avec charge de cens.
— ÊTYM. Censive, et le suffixe ment.
CENSORIAL, ALE (san-so-ri-al, a-1'), adj. || 1° Relatif à la fonction des censeurs à Rome. La magistrature censoriale. || 2" Relatif à la censure exercée par des magistrats ou des agents du gouvernement. Lois censoriales. Offices censoriaux. Loin que le tribunal censorial soit l'arbitre de l'opinion , j. J. Rousseau, Contr. 47.
— ÊTYM. Censeur.
CENSUEL, ELLE (san-su-èl, è-1'), adj. Terme de jurisprudence féodale. Qui a rapport au cens. La tenure féodale et la tenure censuelle. Ce capitulai re où Charles le Chauve parle des terres censuellesdont le cens avait appartenu au roi, montesq. Esp. xxx, 16. — HIST. xvi* s. Le droit d'indemniié du seigneur [pour biens passant en main morte] s'estime au cinquième denier de la valeur de la chose censuelle [de la censive], loysel, 80. Le seigneur féodal ou censuel [à qui le cens est dû], id. 465. Celuy qui tient héritage en censive doit, au jour et lieu accoustumé, payer le droit de cens au seigneur censuel, Coustumier génér. t. i, p. 106. De l'héritage censuel et roturier, l'acquesteur peut prendre saisine et possession, sans le consentement du seigneur censier et justicier, ib. p. 14».
— ÊTYM. Censualis, de census, cens; provenç. cessai ;espagn.ccnsai; portug. censual; ital. censuale.
CENSURABLE (san-su-ra-bl'), adj. Qui peut, qui doit être censuré. Une raison qui n'est pas moins censurable, pasc. Prov. H. Leur censure, toute censurable qu'elle est, aura presque tout son effet pour un temps, id. ib. 3. Il est pernicieux et nécessairement censurable, boss. Lett. quiét. 221. Le P. Tellier avait dit au roi qu'il y avait dans ce livre plus de cent propositions censurables, st-sim. 423, 122.
— ÊTYM. Censurer.
CENSURE (san-su-r'), s. f. || 1* Dans l'ancienne Rome, dignité et fonction de censeur. || 2° En langage ecclésiastique, improbation, condamnation de propositions, d'ouvrages où il s'agit de dogmes. Il y a eu une censure de la Sorbonne contre tel livre. || Censures ecclésiastiques, les menaces que fait l'Église des peines qui seront encourues si l'on contrevient à ce qu'elle ordonne; ou les peines mêmes quand elles sont encourues, telles que l'excommunication, l'interdiction, la suspension, etc. Toutes les provisions de la cour de Rome portent absolution des censures. Il a été permis à ce complaignant, pour avoir preuve du vol à lui fait, de se pourvoir par monitoires et censures ecclésiastiques, puretiêre. Il 8* Peine disciplinaire que prononcent contre un de leurs membres les corps de magistrature, l'ordre des avocats, les chambres des notaires, des avoués, et les assemblées délibérantes. || 4" Critique à l'effet de corriger. J'ai besoin d'un remède et non pas de censure, mairet, Solim. 1, 2. Tels abus méritent censure, la font. Fianc. Les censures que vous dites que je vous ai faites, bossuet, Lett. 147. Cette censure que nous exerçons sur nos frères, id. Jug. 1. N'allons point nous appliquer à nous-mêmes les traits d'une censure générale, et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous, mol. Crit. 7. Craignez- vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous à vous-même un sévère critique, boil. Art p. 1. On a beau se farder aux yeux de l'univers; À la fin, sur quelqu'un de nos vices couverts, Le public malin jette un oeil inévitable, Et bientôt la censure au regard formidable Sait le crayon en main marquer nos endroits faux, boil. Sat. xi. Les compagnons d'Ulysse enfin se sont offerts; Ils ont force pareils en ce bas univers, Gens à qui j'impose pour peine Votre censure et votre haine, la font. Fabl. xu, 1. 1| 6* Examen des écrits, journaux, pièces de théâtre, dessins, fait avant qu'ils paraissent, par des agents du gouvernement. Les journaux furent soumis à la censure. Abolir la censure. La censure dramatique. || Le corps même des agents qui examinent. La censure refusa son approbation.
— HIST. xvi* s. La censure tourmente les pigeons, laissant aller les corbeaux libres, cotgrave.
— ÊTYM. Censura, de census, cens; provenç. et espagn. censura.
CENSURÉ, ÉE (san- su-ré, rée),part. passé. Opinion malsonnante et censurée par l'Église.
CEN
CENSURER (san-su-ré), v. a. || 1° Relever, reprendre ce qui parait digne de blâme. Cette seule rebelle, entre tous mes sujets, Censure mes édits, attaque mes projets, rotr. Antig. iv, 6. Il [le peuple] aime à censurer ceux qui lui font la loi, corn. Pulchérie, in, 1. Socrate un jour faisant bâtir, Chacun censurait son ouvrage, la font. Fab. iv, 47. Celui qui a la mémoire fidèle et une grande prévoyance est hors du péril de censurer dans les autres ce qu'il a peut-être fait lui-même, la bruy. xii. Prompte à nous censurer, leur adroite éloquence Ressaisit par degrés sa première influence, c. delavigne, Vip. sic. n, 2. Il est avantageux qu'on blâme, qu'on censure Nos plus sincères actions, corn. Imit. 1, 12. Il 2" En matière de dogme, condamner. Quand on eut censuré ses livres à Rome, pasc. Prov. 6. Sa doctrine a été censurée par l'université, id. I ib. 13. || 3" Dans certains corps, infliger la peine disciplinaire de la censure. Cet avocat a été censuré par l'ordre. || 4° Se censurer, v. réfl. Faire la censure l'un de l'autre. Jupin les renvoya s'étant censurés tous, Du reste contents d'eux,... la font. Fabl. 1, 7.
— HIST. xvi* s. Mais je ne suis pour censurer Vostre mestier : Tous estats tendent à l'argent, 1. lb houx, vn.
— ÉTYM. Censure.
CENT (san; le t se lie devant une voyelle ouune h muette : cent hommes, dites : san-t hommes ; au pluriel Ys se lie : deux cen-z hommes ; le (ne se lie pas dans cent un; dites san un. Prononcez de même, c'est-à-dire sans faire sentir le t: deux cent un, cent une, deux cent une, le cent-unième, le deuxcent-unième, le cent-onzième, le deux-cent-onzième, etc. et cent huit, cent huitaines, le cent-huitième), adj. numéral ou nom de nombre. || i° Dix fois dix. Cent ans. Cent livres pesant. Deux cents hommes. Cent un, cent deux, !cent trois, etc. Dans cent un ans. Nous partîmes cinq cents; mais, par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, corn. Cid, iv, 3. Sait-il bien ce que c'est que cinq cents écus? — Oui.monsieur, il sait que c'est mille cinq cents livres, mol. Scapin,
n, 2 A fait de méchants vers douze fois douze
cents, boil. Vers en style de Chapelain. La Suède et la Finlande composent un royaume large d'environ deux cents de nos lieues, et long de trois cents, volt. Charles XII, *. On assure que les portefaix ou crocheteurs de Constantinople portent des fardeaux de neuf cents livres pesant, buff. Hist. nat. de l'homme. || Entre mille et deux mille on énonce souvent les centaines, c'est-à-dire qu'on prononce onze cents, au lieu de mille cent, treize cents au lieu de mille trois cents, et ainsi de suite jusqu'à dix-neuf cents; mais on ne dit point dix cents pour mille, ni vingt cents, trente cents, pour deux mille, trois mille, etc. || Parier cent contre un, donner quelque chose comme tellement certain qu'on offre de parier cent contre un. || Le conseil des Cinq-Cents, une des deux assemblées législatives dans la constitution directoriale de la république française. || Les Cent-Jours, règne de Napoléon I" après son retour de l'Ile d'Elbe; il dura cent jours, du 20 mars 1 81 6 au 28 juin de la même année. H 2° D'une manière indéterminée, un grand nombre. Faut-il vous le dire cent fois? Il a cent moyens de se tirer d'affaire. Il y en a plus de cent dans le même cas. C'est cent fois pire. Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur, corn. Nicom. 1, 1. Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, la font. Fabl.n, 20. Sans répéter de nouveau ce qu'on a diteent et cent fois , boss. Rep. n , 20. Les chirurgiens aimeront mieux cent fois briser la lancette et le bistouri que de s'abaisser à une obéissance servile, dider. i«M. || En un mot comme en cent, c'est-à-dire quoi qu'on dise, bref. En un mot comme en cent, vous n'aurez jamais dansce pays une armée à vous, p. l. cour, i, 289. || Locution familière. Je vous le donne en cent, essayez tant que vous voudrez. H Locution familière. Faire quelque chose de cent en quatre, se dit d'une action qui ne se répète que de loin en loin. Locution obscure et que Génin explique conjecturalement par : faire quelque chose de cent tanz quatre, c'est-à-dire quatre fois sur cent; tanz dans l'ancien français signifiant fois. Il 3° Terme de finance et de commerce. Cinq, dix, cent pour cent , etc. c'est-à-dire intérêt, gain, produit qui est de cinq francs, dixfrancs, cent francs, pour cent francs. Prêter à cinq pour cent d'intérêt, ou simplement, à cinq pour cent, ou, plus simplement encore, à cinq. Rente à cinq pour cent. Rente cinq pour cent. || Il y a cent pour cent à gagner dans cette affaire, c'est-à-dire on doublera sa mise
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de fonds, on fera un gain très-Considérable. || Substantivement, le trois pour cent, le quatre et demi pour cent, nom des rentes françaises inscrites sur le grand livre. Le cinq pour oent a été converti en quatre et demi il y a quelques années. || 4° Centième. Page cent. Numéro cent. || 5° S. m. Le nombre cent. Le produit de cent multiplié par cent. Il 6° Centaine. Un cent de marrons. Deux cents d'œufs, de fagots. Trois cents de paille, de foin. Vendre, acheter un cent de , etc. Joie à brûler un cent de lampions, bérang. Belges. || On cent pesant, un poids de cent livTes, un quintal. || Un cent de piquet, un cent de dominos, une partie en cent points. || Familièrement. Il a des mille et des cents, il est fort riche. Il ne parle jamais que par mille et par cents, il joue le gros capitaliste; et, quelquefois, il est exagéré dans tous ses propos. Ohl nous ne gagnons pas des mille et des cents; mais, pourvu que j'aie le nécessaire, çàme suffit, clairville et thiboust, la Corde sensible, se. 13. || T Terme de commerce. Le grand cent, se dit pour les marchandises vendues à la pièce ou au poids, et dont le vendeur cède quelques pièces ou quelques kilogrammes au-dessus du cent sans les faire entrer en compte. || 8° Monnaie. Un cent, la centième partie du dollar. || Monnaie de cuivre du royaume des Pays-Bas, qui était la centième partie du florin.
— REM. 1. Cent reste invariable : 4° quand il est suivi d'un autre nombre, ou qu'il peut se rendre par le terme centième; ainsi il ne prend pas d's dans trois cent mille francs, mille sept cent trente, les deux cent-troisièmes, le numéro quatre cent; cela est arrivé en mil sept cent, etc. On voit que les deux derniers exemples reviennent à : le numéro quatre-centième ou le quatre-centième numéro; l'année mil-sept-centième, ou la mil-sept-ceutième année. 2* Quand il n'est pas multiplié par un autre nombre, et lors même qu'il serait suivi d'un pluriel: les cent hommes engagés, les cent premiers numéros. Cent prend IV, lorsque , se trouvant multiplié par un autre nombre, il est suivi ou censé suivi d'un substantif pluriel, accompagné ou non d'un qualificatif : Il a composé deux cents jolies romances; Cette ville compte plus de trois cents belles maisons; Cette salle peut contenir neuf cents personnes; Nous étions sept cents hommes, et nous ne sommes revenus que trois cents; Je les ai trouvés au nombre de six cents. || 2. On entend souvent des phrases comme celle-ci : mon argent est placé à cinq du cent. C'est une locution vicieuse, dites & cinq pour cent. Cinq du cent voudrait dire cinq du cent de francs ; or on ne dit jamais : un cent de francs.
— HIST. xi* s. Set cenz charnels e mil autours muez, Ch. de Roi. ix. Puis icel jour en fut cent ans déserte, t'b. ui. Meurent paien à miller et à cent, t'6. cix. || xii* s. Un petitz biens vaut mieux, si Diex me voie , Qu'on fait courtoisement , Que cent greignor fait envieusement, Couci, xvi. Ja n'en reviendra pieds [homme], se nous estiens cent, Saxons, xxi. || un* s. Li cens d'aloses doit seize deniers, tailliar, Recueil, p. t6. Il me convient servir mon mestre Qui moult plus riche me fera Cent mile tans quant li plaira, la Rose, «936. Le cent de pièces pesant de suif, Liv.mét. 462. ||xiv*s. En tel doleur sont cil qui sont jalous, Qu'il vauroit [vaudrait] miex, cent contre un, estre cous, machault, p. 68. || xv' s. Nous ne savons que nos gens rapporteront, ou paix ou guerre c'est cent contre
un que nous vinssions à paix, froiss. m, h, 65. .... Car il [mon cœur] a de maulx doloreux Plus d'un cent, non pas ung ou deux, ch. o'orl. Bal. 24. Contre un inconvénient qui pourra advenir par exécution de justice, centenadviendront, si on procède par autre voie, monstr. i, 48. || xvi* s. Il lui dit qu'il n'en savoit point de meilleur que de jouer aux cents [piquet] , marg. Nouv. lix. L'aprèsdisnée fut passée à jouer au cent, d'aub. Conf. H, «.
— ÊTYM. Wallon, sain; picard cliint; provenç. cent, cen; espagn. cien, cienio; portug. cem, cento; ital. cento; du latin centum; grec, i-xatôv; basbreton, kant; zend et sanscrit, cala.
4. CENTAINE (san-tè-n'),s. f. |"| 1° Nombre de cent ou environ. Une centaine d'années. À centaines, par centaines, en grand nombre. || La centaine, cent ans de vie. Je souhaite à M. le président Hénault la centaine au moins de Fontenelle, volt. Lett. Mme du Deffand, 4 4 févr. 4 762. || 2° Dans les états fondés parles Germains, division de la population, agrégation de cent familles ou environ sous un chef, et plus tard division correspondante du territoire. Si un centenier trouve un voleur dans une autre centaine que la sienne, montesq. Esp. xxx, 2a.
— Hisr. m» s. E li prince de Philistins en ve-
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neient od centeines e od milliers de cumbateurs , Hoir, lit,
— ÊTYM. Provenç. et espagn. cenlena ; de centum, cent.
2. CENTAINE (san-tè-n') , s. f. || 1» Le brin qui lie ensemble tous les fils d'un écheveau : ce brin appartient à l'écheveau même et est formé par les deux houts; c'est l'un de ces bouts que l'on prend pour dévider l'écheveau. || Fig. Perdre la centaine, ne plus savoir où l'on en est. || L'Académie remarque qu'on trouve aussi l'orthographe sentène. || 2° Terme de marine. Liure pour tenir les paquets de petits cordages.
— ÊTYM. Le nom de centaine vient-il de ce que le nombre des tours d'un écheveau est souvent de cent, ou multiple de cent? L'orthographe sentène ne s'y accorde pas facilement. On remarquera que, dans les dictionnaires de la fin du xvi» siècle, Oudin, Cotgrave,se trouve centine, mot d'origine d'ailleurs inconnue , avec le sens de moyeu de roue , occhio délia ruota; y aurait-il quelque rapport entre centine, œil de roue, et ce qu'on pourrait appeler œil d'écheveau ?
CENTAURE (san-to-r'), ». m. Être mythologique, moitié homme et moitié cheval. Achille fut élevé par le centaure Chiron. Le combat des centaures et des Lapithes. Le point principal du système chronologique de M. Newton est de rechercher, en suivant avec beaucoup de subtilité quelques traces de la plus ancienne astronomie grecque, quelle était au temps de Chiron le centaure la position du colure par rapport aux étoiles fixes, fonten. Newton. || Terme d'astronomie. Une des constellations de l'hémisphère austral.
— ÊTYM. KévTaupoî, que la mythologie comparée a rattaché au sanscrit gandharva , génie à tête de cheval.
CENTAURÉE (san-tô-rée) , s. f. Terme de botanique. || 1° Genre de plantes dont quatre espèces amères et toniques sont employées en médecine : la grande centaurée (centaura centaurium, t.); la jacée (centaurea jacea , L.) ; le bluet (centaurea cxjanus, L.); et la chausse-trape (centaurea calcitrapa, L.). || 2° La petite centaurée (gentiana centaurium, L.), d'une autre famille, très-commune dans les bois; elle est le meilleur fébrifuge indigène après la gentiane. On m'avait guéri d'une fièvre avec de la petite centaurée, chateaub. Itin. 74.
— HIST. xvi» s. Le centaurium a pris son nom de Chiron le centaure, pare , l'réf. Je lui feis injection, en laquelle adjoustay centaure, absynthe, aloès, m. vin, 32. La pervenche, la centaurée, m. xvi, 35. Petite centaure, m. xxvm, 63. Gentiane, centaure-petit, fumeterre, id. xxv, 7, Centaurée, ceste herbe a prins son nom de Chyron centaure.... Elle est aussi appelléefiel de terre, pour sa grande amertume, o. bë serbes, 609.
— ÊTYM. Centaurea, centaureum, ainsi dit du centaure Chiron, rangé parmi les habiles médecins.
t CENTAUROMACUIE (san-tô-ro-ma-chie), s. f. Combat des centaures et des Lapithes.
CENTENAIRE (san-te-nê-r1), adj. Qui a, qui contient cent ans. Nombre, prescription, possession centenaire. Un vieillard centenaire, ou substantivement, un centenaire. Mon grand-père, qui est mort centenaire, était apothicaire de Cromwell, volt, les Oreilles, 7.
— HIST. xvi» s. Possession centenaire et immémoriale vault titre, loysel, 727.
— ÊTYM. Centenarius, de centum, cent.
CENTENIER (san-te-nié; l'r ne se lie jamais; au
pluriel Ys se lie : les san-te-nié-z et leurs soldats), s. m. || 1" Centurion, officier romain qui avait cent hommes sous ses ordres. J.-C. guérit la fille du centenier. Un chétif centenier des troupes de Mysie, corn. lier, i, 2. || 2° Dans certaines villes de France, officier de la garde bourgeoise au xvi» siècle. j| 3° Le chef ou magistrat de la centaine. Si un centenier trouve un .voleur dans une autre centaine que la sienne, montesq. Lsp. xxx, 22. Les comtes avaient sous eux des officiers qu'on appelait centeniers, m. ib. 47.
— HIST. xv» s. [Jean Lyon] ordonna secrètement aux centeniers, et leur dit, froiss. h, h, 63. || xvi' s. Chacun propriétaire peut aussy gager ceux qui font dommages et sont trouvez en mesus sur son fond, à condition de rapporter les gages incontinent à la justice ou au centenier, Nouveau coiut. ginir. t. il, p. 35t. Le roy a constitué des centeniers dans la ville de Paris, pasquier, Lettres, t. i, p. 27t , dans lacurne.
— ÊTYM. Centenarius, de centum, cent; provenç. centenier; anc. calai, centener.
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CENTÉSIMAL, ALE (san-té-zi-mal, ma-1'), adj. Terme d'arithmétique. Par centièmes. Fraction centésimale. Deux pour cent, quatre pour cent, sont des fractions centésimales. || Division centésimale, celle qui contient cent parties ou un multiple de cent. Dans le thermomètre centigrade, chaque division de l'échelle est un degré centésimal.. Quand une circonférence est partagée, ou censée l'être, en quatre cents parties , chacune d'elles est un degré centésimal. Les degrés centésimaux.
— ÊTYM. Centesimus, centième, de centum (voy. cent).
t CENTÊSIMO (san-té-zi-mo), adv. Pour le centième article. Primof secundo.... centésimo.
— ÊTYM. Centésimo loco, au centième lieu.
t CENTI.... Préfixe employé dans beaucoup de composés, et particulièrement dans le système des mesures nouvelles, où il signifie un centième.
CENTIARE (san-ti-are), s. m. Le centième de l'are, valant un mètre carré.
— ÊTYM. Centi.... et are.
CENTIÈME (san-tiê-m'). || 1° Adj. numéral ordinal de cent. La centième année. Il est le centième sur la liste d'admission. On dit de même : La deuxcentième année; vous êtes le trois-centième, et ainsi de suite avec cent et le nom de nombre qui 1» multiplie. || D'une façon indéterminée. C'est la centième fois qu'on vous avertit. Vous n'êtes pas le centième à qui cela est arrivé, c'est-à-dire cela est arrivé à bien d'autres que vous. || 2° Terme d'ancienne législation. Centième denier, ancien nom d'un droit de mutation immobilière. || Ancien terme de finance. Le centième denier, un pour cent. || La centh'me partie, chaque partie d'un tout divisé en cent parties. On dit de même la deux-centième partie, la six-centième partie. || 3° S. m. La centième partie Prenez le centième de cette somme. Deux centièmes, qui s'écrivent en chiffres ffo; trois centièmes, qui s'écrivent en chiffres f^, et ainsi de suite. On dit de même un deux-centième, -j^j; deux trois-cen tièmes, y^, etc.
— ÊTYM. Provenç. centesime, centen ; catal. centê, centessim; espagn. centésimo et centeno; ital. centesmo; du latin centesimus, dérivé de centum (voy. cent).
CENTIGRADE (san-ti-gra-d'), adj. Divisé en cent degrés. Thermomètre centigrade, thermomètre dont l'échelle au-dessus de zéro est divisée en cent degrés.
— ÊTYM. Mot latin hypothétique centigradus, de centum. et gradus (voy. grade), degré.
f CENTIGRAMME (san-ti-gra-m'), s. m. Centième partie du gramme.
— ÊTYM. Centi.... et gramme.
t CENTILITRE (san-ti-li-tr'), s. m. Centième partie du litre.
— ÊTYM. Centi.... et litre.
CENTIME (san-ti-m'), s. m. Le centième du franc. Cinq centimes font un sou. Un franc quinze centimes, et par ellipse, un franc quinze. || Dans le langage financier, impositions évaluées en centimes répartis au marc le franc du montant des contributions directes auxquelles elles s'ajoutent. Centimes additionnels. Centimes spéciaux. On frappa une taxe de quarante-cinq centimes. Voy. franc.
— REM. C'est une faute très-commune de faire centime du féminin; ce qui y conduit, c'est la terminaison qui est féminine.
— ÊTYM. Centesimus, centième.
CENTIMÈTRE (san-ti-mè-tr'), s. m. La centième