ID. H
— ÉTYM. Csecitas, de cxcus; provenç. cect'lat, ceguetat ; espagn. ceguedad.
■\ CÊCUBE (sé-cu-b'), s. m. Nom d'un vin ancien de l'Italie qui était fort renommé, et qui s'emploie quelquefois comme synonyme de bon vin eu poésie. Boire du cécube.
— ÊTYM. Cxcubum, nom d'un vignoble de Campanie.
CÉDANT, ANTE (sé-dan, dan-t'), adj. Terme do droit. Qui cède son droit; spécialement, qui cède créance. || Substantivement. Le cédant et lecessionnaire. || Terme de bourse. Propriétaire d'une action nominative qui la cède à un autre.
+ CEDAT (sé-da), t. m. Acier naturel, de forge, de fusion.
CÉDÉ, ÊE (sé-dé, dée), part, passé. Des terres cédées à un tel par son père. La place cédée fut aussitôt occupée. || Débiteur cédé, celui dont le créancier cède sa créance à un tiers.
CÉDER (sé-dé; la syllabe ce prend l'accent grave devant une syllabe muette, je cède, eicepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé, je céderai : mauvaise et inutile contradiction), v. a. || 1* Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi. Que cédé-je à mon frère en cédant vos États? cor. Nicom. iv, s. Sans regret il vous quitte, il fait plus, il vous cède, id. Poly. iv, 6. J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste, rac. Baj. m, 4. Elle lui céderait une indigne victoire, id. Mithr. i, 4. Le parti le plus sûr, c'est de respecter fort les procureurs du roi et leurs clercs, de fuir toute rencontre avec eux, tout démêlé, de leur céder non-seulement le haut du pavé, mais tout le pavé s'il se peut, p. l. cous, i, 474. || 2* Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions. || 3* V.n. Plier, fléchir sous le poids, sousla pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé a cédé. Cette voûte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids du grain. || 4*Eig. En parlant des personnes, ne pas s'opposer, ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cédé à mon penchant. Les autres cédèrent à l'habitude. Je cédais au sommeil. Cédant à la crainte, à la colère. Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages,
( :ed
CEI
malh. n, (2. Nous n'avons point d'amis qui ne cèdent au nombre, corn. Sert, v, 6. On dira que je cède à la difficulté, mol. VÉtour.m, 1, Un homme dont le corps a cédé aui tourments, boss. Hist. n , 1 2. Prince, sans l'irriter, cédons à cet orage, rac. Brit. ni, 8. Je suivais mon devoir et vous cédiez au vôtre, id. Andr. iv, 6. Son téméraire orgueil, que je vais redoubler, Croira que je lui cède et qu'il m'a fait trembler, m. Iph. iv, 8. Le roi de son pouvoir se voit déposséder, Et lui-même au torrent est contraint de céder, id. ib. v, 3. Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat, boil. Lutr. m. Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori sut céder au temps et s'éloigner de la cour, boss. leTellier. Poussin, rappelé de Rome à Paris, y céda à l'envie et aux cabales; il se retira, volt. Louis XIV, Peintres. |] Absolument. A la fin il céda. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté, boss. Xarie-Thér. Du moins s'il faut céder.... bac. Mithr. m, i. L'univers a cédé; cédons, mon cher Zamore, volt. Als. n, 4. ||5° Dans le même sens, en parlant des choses. Tout cède à un travail opiniâtre. Comme j'ai fait céder mon amour au devoir, corn. Cid, v, a. Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir, corn. Cid, n, 2. Enfin ma bonté cède à ma juste fureur, id. Poly. v, 3. Leur vaine amitié cède à leur politique, id. Nie. îv, 6. Ma générosité cède enfin à sa haine, id. ib. m, 4. Peu savent, comme vous, s'appliquer ce remède [la patience], Et dans leur intérêt [affliction], toute leur vertu cède, id. Hor. v, 2. La constance du pape Libère csde aux ennuis de l'exil, boss. Hist. i, H. Je vois que la raison cède à la violence, rac. Phèd. n, 2. Et que medirezvous qui ne cède, grands dieux! X l'horreur de vous voir expirer à mes yeux, id. ib. i, 3. Dont la beauté ne cédait qu'à celle d'Achille, fén. Tél.xx. Quel'éclat de l'ancien temple céderait à la majesté du nouveau, mass. Myst. Nouvelle vie. Ce nom si redoutable à qui tout autre cède, volt. Tanc. il, i. Dès sa première jeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit, boss. le Tellier. Tout devait céder à ses désirs fougueux, fén. Tél. n. || 6° Se reconnaître au-dessous de quelqu'un, et aussi être au-dessous de quelqu'un. Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite, corn. D. Sanch. I, t. Les Gaulois ne leur cédaient pas en courage, boss. Hist. ni, 6. Le roi ne cédait à personne ni pour la taille ni pour la mine, hamilt. Gramm. 6. Elle ne cède point à la reine pour communier souvent, sévig. 4H. Il aurait été tenté de nous regarder comme des intelligences supérieures, s'il n'avait éprouvé combien nous lui cédions à d'autres égards, dider. Lett. s. I. aveugles. || On dit aussi le céder, dans le même sens. 11 le cède en habileté à son frère. Il ne le cède à personne en vertu. L'Académie ne donne pas cette tournure ; mais elle est continuellement employée, et, à l'historique, on voit qu'Amyot s'en est servi. || 7° Être diminué, en parlant d'un mal physique, cesser. La violence du mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la douleur vient à céder. Le mal paraissait céder.
— HIST. xvi* s. Je luy cède la mestairye de la pomardiere, à perpétuité, rab. Car. i, 32. Si les ennemis ne cèdent et viennent à accord, mont, i, 25. En présence, toutes choses luy cèdent; mais.... m. il, 80. La commodité particulière doibt céder à la commune, id. ii, 87. Ces ouvrages montrent qu'ils ne nous cedoierit non plus en l'industrie, id. iv, 18. Hz refusèrent tous le tripié, et le cédèrent en tour les uns aux autres par une honneste humilité, amyot, Snlon, 7. Il ne le cedoit en bonté d'entendement à nul d'eulx, id. Sertor. t.
— ÉTYM. Espagn. céder; ital. cedere; du latin cedere, proprement, aller, puis s'en aller, et, finalement, céder.
CÉDILLE (sé-di-11*, Il mouillées, et non pas cé-diye), s. f. Signe en forme de c retourné qu'on met sous le c suivi d'à, o, u, afin qu'il soit prononcé comme s : çà et là, glaçon, reçu.
— ETYM. Espagn. cedilla; ital. lediglia; diminutif de fêta, nom du s en grec; la cédille a été ainsi nommée, parce que, d'ordinaire, pour donner au c le son de 1'*, on écrivait ex: lecion pour leçon.
CÉDRAT (sé-dra), s. m. Fruit du cédratier ou citronnier médique. Cédrat confit. Essence de cédrat. On ne doit servir un plat à son hôte que pour qu'il en mange, et il est fort injuste de se brouiller avec lui parce qu'il aura entamé un cédrat qu'on lui aura présenté, volt. Lett. d'Autre, s sept. 1765. || Cédrat ou cédratier, arbre de la famille des aurantiacées, originaire de Perse et de Médie (citrus medica, L.), aussi appelé citronnier des Juifs.
— HIST. xvi" s. Par sus tous ses compagnons, le
cedriac [espèce de limon] ainsi appelé en Provence, est le plus propre à recevoir les escussons des autres, o. de serres, 7H.
— ETYM. Ital. cedrato, cédrat, proprement citronné, c'est-à-dire assimilé au citron, de cedro, citron (voy. citron).
f CÉDRATIER (sé-dra-tié), ». m. Voy. cédrat.
* . CÈDRE (sè-dr") , f . m. || 1* Nom d'un genre d'arbres conifères, dont le plus connu, très-grand, est le cèdre du Liban (larix cedrus, L.), et qui donne un bois très-résistant aux causes de destruction. Poudre de cèdre. Crayons à gaîne de cèdre. Temple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes, rac. Âth. m, 7. Liban, dépouille-toi de tes cèdres antiques, id. Esth. m, ». Le sage Louis XII, au milieu de ces rois, S'élève comme un cèdre, et leur donne des lois, volt. Henr. vu. Jésus-Christ n'a pas toujours eu des autels de porphyre, des chaires de cèdre et d'ivoire, chateaub. Génie, i, n, 4. || Fig. Ce qu'il y a de plus grand, de plus élevé, en parlant des personnes et des choses. Nous avons vu tomber les cèdres mêmes du Liban, mass. Or. fun. Dauph. Je voyais le régent livré à ce cèdre tombé, à ce malheureux évêque de Troyes que le retour au monde avait gangrené, st-sim. 469, 214. La comtesse de Grammont l'avait vue [Mme de Maintenon] sortir de terre et surpasser rapidement les plus hauts cèdres, id. 118, 41. || Proverbes. Il connaît tout depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, il connaît tous les secrets de la nature depuis les plus grands jusqu'aux moindres, et aussi il connaît tout le monde, les plus grands personnages comme les plus petits. Par la sambleu! on m'a dit qu'on le va dauber, lui et toutes ses comédies, de la belle manière, et que les comédiens et les auteurs, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, sont diablement animés contre lui, mol. Impromp. 3. || 2° Cèdre rouge ou cèdre dt Virginie, nom du genévrier de Virginie (juniperus virginiana, L.).
— HIST. xii* s. Tu veis que jo main [demeure] en palais de cèdre, e l'arche Deu est herbergie desuz peels, Jiot's, 142. La voix del Segnur frainanz [brisant] les cèdres, Liber psalm. p. 34. || xm* s. La voix dame Dieu est ausint comme debrizans les cèdres, qui sunt grantarbre, Psautier, f° 35. || xiv* s. Un coffre de cèdre, coulleiz, environ lequel sunt dix pilliers d'er et une serrure , de laborde , Émaux, p. 166. Cèdre vermeil est un fust que l'on vend sur les espiciers, et est dit cèdre dont l'en fait manches àcousteaulx, id. ib. p. 166.
— ÉTYM. Provenç. eedre, sedre ; espagn. cedro; ital. cedra; du latin cedrus, qui vient du grecxéàpoç.
2. CÈDRE (sè-dr'), *. m. Cédrat. Aigre de cèdre (voy. aigre).
— ÉTYM. Ital. cedro, citron, de citrus, citron (voy. ce mot).
f CÉDREL (sé-drèl) , s. m. Terme de botanique. Nom de genre d'arbres d'Amérique, dont le fruit etl'écorce ont, dans une espèce (le cédrel odorant, cedrela odorata , L.), une odeur fétide et alliacée passant dans la chair des animaux qui en mangent.
CÉDRIE (sé-drie), s. f. Résine qui découle du cèdre.
— ÉTYM. KeSpia, de xÉSpoç, cèdre.
CÉDULE (sé-du-1'), s.f. || 1° Autrefois, petit morceau de papier où l'on écrivait quelque chose pour servir de mémoire. Dans l'ancienne université, on donnait aux régents des cédules où étaient écrits les noms des écoliers qui avaient commis quelque faute. || 2' Promesse de payer sous seing privé. Prêter sur simple cédule. Il signa, comme il aurait signé la cédule du sabbat, s'il avait eu peur d'y être surpris par son bon ange, retz, m, 154. || Fig. Plaider contre sa cédule, contester contre l'évidence, vu que, quand on plaide contre sa cédule, on nie une dette contre sa propre signature. || 3° Terme d'ancienne pratique. Cédule évocatoire, signification de pourvoi à fin de renvoi devant un autre parlement. || Terme de pratique actuelle. Cédule de citation, acte par lequel un juge de paix, en cas d'urgence, abrège les délais. Au milieu du procès, dans la plus grande rage de ses persécutions, quand son garde champêtre [du maire], ses cédules, ses huissiers ne me donnaient point de relâche, p. L. cour. i, 163. La cédule pour l'élargissement du prisonnier fut signée, chateaub. Natch. n, 261.
— hist. xm* s. Et nous baillèrent une sedule qui estoit le transcript de la dite letre où estaient contenues les dites ordenances, Liv. des met. 392. || xiv* s. Uns homs mit en escript ses pechiés, ce lisons, Puis les mit sur l'autel en fervens orisons, Puis reprist sa sedule, riens escrips n'y trova, Girart de Ross. 4489. Comme dit est au blanc de ceste cédule [feuillet], liènagier, u, 5. ||xv* s. Bien est vérité que j'en vis aucunes cedulles, jetées et es-
cnptes en papier; et disoit-on que c'en estoit la propre copie, froiss. h, m, 103. || xvi* s. Si le papier de mes schedules beuvoyt aussy bien que je foys, mes créditeurs auroyent bien leur vin quand on viendroit à la formule de exhiber, rab. Garg. i, 6. Il faudrait veoir si tu le pourrais induire à te prester un talent sans cédule ny obligation, amyot, De la mauv. honte, 24. Papiers, schedules et lettres obligatoires, id. Agis et Cléom. 15.
— ÉTYM. Provenç. cedula, cedola; espagn. cedula ; ital. cedola; du latin schedula, feuillet, page, descheda, feuille, du grec oxîSri, planche, ais, de e/iÇeiv, fendre, latin scindere (voy. scinder).
CEINDRE (sin-dr'), je ceins, je ceignais, je ceignis, je ceindrai, que je ceignisse, ceignant, ceint, v. a. || l'Entourer, border. Du côté qui regarde l'orient, la province était ceinte d'un fleuve très-rapide, vaugel. Q. C. liv. vil, ch. 10. Sa tiare était eminte d'un bandeau de pourpre, m. ib. liv. m, ch. 3. Chacun peut apprendre en Hollande et en Italie avec quelle rapidité le Rhin, le Pô et l'Arno, aujourd'hui qu'ils sont ceints par les digues, élèvent leur fond, cuvier, Rév. 16t. || 2* Plus particulièrement, ceindre se dit des choses qui serrent le corps ou la tête. Une corde lui ceint les reins. Des bandelettes ceignaient le front des victimes. Et ton front cette fois Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tête des rois, malh. ii, 12. || Il se dit aussi de l'action de mettre autour du corps ou de la tête de quelqu'un une chose qui serre. Il le ceignit d'une écharpe. Se ceindre les reins, la tête, etc. d'une corde, etc. Arracher de son front le sacré diadème Pour ceindre une autre tête en sa présence même, corn. Rodog. I, «. Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête, rac. Andr. m, 7. Les princes à qui ces chevaliers s'engageaient , leur ceignaient le baudrier, volt. Mœurs, 43. || Ceindre l'épée à un chevalier, lui mettre une épée au côté. || Absolument. Se ceindre le corps, les reins, se serrer avec une écharpe, une corde, etc. || Fig. Ceignez vos reins, préparez-vous à de grands efforts. || 3° Fig. Ceindre le diadème, la tiare, être élevé au trône, au pontificat. Je ceignis la tiare et marchai son égal, rac. Ath. m, ». Que de tableaux à tracer depuis le pasteur du hameau, jusqu'au pontife qui ceint la triple couronne pastorale I chateaub. Génie, ii, n, 9. || Être ceint de lauriers, avoir une grande gloire. Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front, corn. Hor. v, 3. Que je souffre à mes yeux qu'on ceigne une autre tête Des lauriers immortels que la gloire m'apprête, id. Hor. n, 5. || 4* Se ceindre, v. ré(l. Le commissaire se ceignit de son écharpe. || Dans le langage de la dévotion, se ceindre, s'apprêter à la lutte contre les passions.
— HIST. xi* s. Il ceint l'espée au senestre costet, Ch. de Roi. ccxxvn. || HP s. Ceinte [il] ot joyeuse, onques ne fut sa pair, Ronc. lit. Mainte en i a çainte d'une courroie Qui lor ami ne font fors de guiller, quesnes, Romane. 87. En dementres s'armèrent là fors li chevalier, E osterent les cotes, ceinstrent les brans d'acier, Th. le mort. 144. || xm* s. Ensi montèrent li message seur leur chevaux , les espées ceintes, et chevauchierent ensemble, villeh. xcui. Et li bon rois Pépins leur ceint les brancs d'acier, Berte, cxxix. S'il veut porter espée, porte la ceinte desoz son surcot, beaum. lviii, 13. Vous m'adoubastes, sire, n'i a mestier celée, Me çainsistes, biaus sire, une moult longue espée, Ch. d'Ant. v, 919. [Il] me tint si pressé que je ne pouoie traire m'espée que j'avoie ceinte, joinv. 225. || xiv* s. Appius ceint à l'entour de grant compeignie de jouvenceaux , bercheure, f° 69, recto. || xv* s. Puis espérance l'asseurée, L'espieu ou poing, çainte l'espée, Vint pour combattre voulentiers, ch. d'orl. Rond. || xvi* s. La picque au poing, les tranchantes espées Ceinctes à droit.... marot, h, 21. Le pais d'alentour est une vallée ceincte et environnée de montagnes, amyot, Fab. (6. On luy devalla de dessus la muraille une chorde, de laquelle il se ceignit et fut ainsi guindé à mont, m. Sglla, 60. Elle cuida se donner d'une courte dague qu'elle avoit tout expressément ceinte à son costê, id. Anton. 102.
— ÉTYM. Provenç. cenher, sendre; espagn. cenir; portug. cingir, ital. cingere; du latin cingere. Le français, le provençal et l'italien ont gardé la o*ujugaison latine, cingere avec l'accent sur cin; l'espagnol et le portugais l'ont fait de la 4* conjugaison , cingire, avec l'accent sur gi.
CEINT, CEINTE (sin, sin-t'), pan. passé. Entouré. Une place ceinte de murailles. Front ceint de lauriers, de gloire. Son pourpoint était une casaque
CEI
CEI
CEL
de grisette, ceinte avec une courroie, scarr. Rom. corn. ch. i.
t CEINTES (sin-t'), t. f. plur. Nom de certaines pièces de bois qui servent à lier la charpente d'un vaisseau. On dit aussi receintes. || Tous les cordages qui ceignent, qui lient ou environnent un vaisseau.
— ÊTYM. Ceindre.
CEINTRAGE (sin-tra-j') , s. m. Terme de Marine. L'ensemble de cordages qui ceint et relie un bâtiment en mauvais état pour l'empêcher de s'ouvrir.
, , ÊTYM CcÎTltTBT
t CEINTRE (sin-tr1), t. m. Terme de marine. Sorte de ceinture placée autour d'une embarcation pour la préserver du frottement
— ÊTYM. Voyez CINTRE.
t CEINTRÊ, ÉE (sin-tré, trée), adj. Terme de marine. Navire ceintré, navire arrêté et croisé par le câble de son ancre, par-dessus lequel il a passé.
t CEINTRER (sin-tré), v. a. Terme de marine. Passer par-dessous la carène d'un navire, et serrer des câbles et des grelins pour obvier à la déliaison des bordages. || Ceintrer des lisses ou préceintes, leur donner la courbure qu'elles doivent avoir.
— ÊTYM. Cintre. La marine a conservé l'orthographe par et, tandis que l'Académie écrit cintrer.
CEINTURE (sin-tu-r') , *. f. || 1* Ce dont on se ceint le milieu du corps. 11 se mit une ceinture. Porter une épée à la ceinture. Détachant son poignard de sa ceinture. Ceinture de commandement, ceinture d'uniforme portée par les généraux. Dénouer la ceinture de sa robe. |] Ceinture de Vénus, ceinture dite ceste que la mythologie attribuait à la déesse Vénus et qui avait la vertu de charmer les cœurs. On dirait que, pour plaire instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture, boil. Art p. m. || Ceinture de vierge, ceinture que portait une jeune fille chez les Grecs et les Romains et que le mari dénouait le premier soir des noces. Détacher sa ceinture, se marier. Celui qui ne s'est point attaché à son épouse par sa ceinture virginale [c'està-dire qui, épousant une femme vierge, ne s'est pas attaché à elle et ne conserve pas sa mémoire], celui-là ne fera jamais la félicité d'une seconde épouse, chateaub. Génie, 1, i, 40. || Bourse ou sacoche en cuir à mettre de l'argent que l'on s'attache autour de la taille sous la vêtement. Mettre son argent dans sa ceinture. || Ceinture de la reine, droit qu'on levait pendant un certain temps sur les marchandises qui venaient à Paris par la Seine, et qui était ainsi nommé, parce qu'il entrait ou était supposé entrer dans la bourse de la reine. || Ancienne locution. Bailler le bout de la ceinture, faire cession ou banqueroute. || Terme de ohirurgie. Sorte de bandage porté par les femmes qui sont affectées de certains déplacements de l'utérus. || Sorte d'appareil qui est muni d'un cadenas ne pouvant être ouvert par la personne ainsi enveloppée, qui embrasse le bassin jusqu'à la ceinture, et qui, imaginé par la jalousie pour garder les femmes, a été quelquefois employé par la médecine pour préserver les jeunes gens de l'abus d'eux-mêmes. || Portion circulaire du tronc du corps occupée par une affection dartreuse. L'eczéma affecte souvent la forme de ceinture ou de demi-ceinture. || t° La partie de certains vêtements qui entoure et serre la taille. Un pantalon, une jupe trop large de ceinture. Il lui fallut élargir sa ceinture, la font. Lun. || Fig. Être toujours pendu à la ceinture de quelqu'un, suivre ses pas, être toujours après lui. || 3° Le milieu du corps. Nu jusqu'à la ceinture. Ayant de l'eau jusqu'à la ceinture. Il vit arriver le petit Ragotin, botté jusqu'à la ceinture, scarr. Rom. com. 2« part. ch. vu. Ils sont semblables à vous, de la ceinture au haut, d'ablanc. Lucien, t. H, p. 38, dans richelet. || Etre grosse à pleine ceinture, se dit familièrement d'une femme qui est très-avancée dans sa grossesse. || Familièrement et par exagération. Il ne lui va pas à la ceinture, il est très-petit à côté de lui ; et figurément, il est loin d'avoir autant de talent,de capacité, etc. Ils ne vont pas à la ceinture De ceux dont je fais le portrait, scarron, dans richelet. || 4° En général, ce qui entoure. Une ceinture de murailles, de haies. La ceinture du chœur d'une église. J'avais imaginé que la ceinture des Alpes et du mont Jura serait une barrière contre les vents, volt. Albergati, 27 octobre (762. Et le vieux Océan, père de la nature, Etend autour de nous son humide ceinture , louis rac. JJe- Jt'oïon, v. Hélas I et vous feriez une ceinture au monde Du sillon du vaisseau, v. hugo, Feuil. d'aut. 6. || 6° Ceinture funèbre ou ceinture de deuil ou litre, bande noire que les patrons des églises ou les seigneurs hauts justiciers avaient droit de faire peindre dans les églises et dehors , chargée de leurs
armes, pour honorer les morts de leur famille; aujourd'hui bande noire et ornée des armoiries du défunt qu'on tend autour de l'église. || Terme d'architecture. Ceinture de colonne, petite moulure carrée au haut et au bas du fût, auquel elle se joint par un congé. || Terme de boulanger. Ceinture de four, le tour intérieur de la cavité où la chapelle et l'âtre s'unissent. || 6° Ceinture de Vénus, ligne de la main, qui forme un arc de cercle depuis le second doigt jusqu'à l'auriculaire, et que l'on consulte dans la chiromancie. || Proverbe. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, c'est-à-dire il vaut mieux avoir une bonne renommée qu'un certificat de vertu. L'origine de ce proverbe n'est pas très-assurée. On dit que Blanche de Castille, femme de Louis VIII, ayant reçu à la messe le baiser de paix, le rendit à une fille de mauvaise vie qui portait une ceinture dorée, et que, ayant appris sa méprise, elle obtint du roi une ordonnance qui défendait aux courtisanes de porter de telles ceintures. Le fait est que Pasquier, Recherches, vm, 44, cite deux ordonnances, l'une de 4 420 et l'autre de 4 446, qui renouvellent ces défenses. Il est très-probable que ce sont ces ordonnances qui ont donné lieu au proverbe , soit qu'elles fussent éludées par les femmes de mauvaise vie, soit que le malin dicton voulût dire que des femmes qui de droit portaient la ceinture dorée faisaient, par leur conduite', mentir ce certificat. || Parler sous la ceinture, c'est, dans le langage d'argot, promettre de l'argent à quelqu'un pour l'engager dans une entreprise.
— hist. xii* s. Sicume ceingture, de la quele tûtes ores il est purceint, Liber ptalm. p. 4 70. || xin* s. Charlemagne six espans avoit de seint, sans ce qui pendoit dehors la boucle de la ceinture, de laborde, Émaux, p. 496. Et H chevalier issirent maintenant des huissiers [navires] et saillirent en la mer jusques aux ceintures, villeh. lxx. || xiv* s. Une ceinture d'or à charnières et menues perles et à pierres, de laborde, Émaux, p. 496. || xv*s. Ils avoient coursiers et genests de séjour cinq ou six, et grosses ceintures d'argent, fboiss. h, ni, 35. Tant comme ils seront seigneurs de Calais, ils disent ainsi qu'ils portent les clefs du royaume de France à leur ceinture, id. m, rv, 27. Dire ne sauroye combien Dedans mon cueur mal je retien, Serré d'une vieille sainture, ch. d'orl. Bal. 98. ||xvr"s. Si j'aime bien les blanches ceinturettes, J'aime bien mieux dames qui sont brunettes, harot, h, 34. On faisoit une ceinture de pippes enduites de poix, et on faisoit ceindre en basse mer le navire [à relever] par le cable qui les enfiloit, d'aub. Hist. m, 4 9. Les premiers le ventre à terre, les seconds le genou, les tiers penchez de ceinture, et lesderniers seuls debout, id. ib. m, 64 . Adonc Brennus deceignit son espée et la mit, ceinture et tout, dedans la balance, amyot, Cam. 49. Les Portugais usoient d'une aultre sorte de mort contre eulx quand ils les prenoient, qui estoit de les enterrer jusques à la ceincture et tirer au demourant du corps force coups de trait, mont, i, 239. Que nuls orfebvres ny aultres personnes mettent ou facent mettre sur les ceintures d'argent nuls autres bloquets ny mordants qui soient signez d'autres poinsson que de celuy qui aura fait premièrement les dittes ceintures, Coustumier génér. 1. 1, p. 4 4 66. Pourquoy, en matière de cession de biens, l'on fait abandonnement de la ceinture devant la face du juge, pasquier, Recherches, liv. iv, p. 344, dans lacurne. Etroit de ceinture, se dit d'un avare, le roux de lincy, Proverbes, t. 11, p. 468.
— ÉTYM. Provenç. centura, sentura; espagn. et ital. cintura; du latin cinctura, de cingere (voy. ceindre).
f CEINTURE, EE (sin-tu-ré, rée), part, passé. Le comte de Guiche, ceinturé comme son esprit, sév. 442. Il Terme d'histoire naturelle. Oui a le milies du corps d'une autre couleur que le reste.
t CEINTURELLE (sin-tu-rè-P) , s. f. Terme de marine. Sorte de trelingage des mâts qui portent des antennes. || Bridure des haubans.
— ÉTYM. Diminutif de ceinture.
t CEINTURER (sin-tu-ré), «. o. Entourerd'une ceinture. Il Se ceinturer, v. réjl. Se mettre une ceinture.
— HIST. xvi* s. Non celle desnaturée, Qui de Venus ceinturée Les loix ne recognoist point, du Bellay, m, 36, verso. Environnée de ses Grâces et de ses Cupidons, qui la coiffoient et ceincturoient de fleurs, yver, 826. Ils arrivèrent en veue de la ville sur la mi-nuict : le chef de ces estradiots l'aiant veue bien ceinturée de feux.... d'aub. Hist. n, 379. En une heure ils furent ceinturez de retranchemens, id. ib. m, 42.
— ÉTYM. Ceinture; provenç. cetUurar.
t CEINTCRETTE (sin-tu-rè-f), s. f. Terme da chasse. Bande de cuir mise autour du cor de chasse.
— ÊTYM. Diminutif de ceinture.
CEINTURIER (sin-tu-rié), s. m. Faiseur ou marchand de ceintures, ceinturons ou baudriers. || Adjectivement. Marchand ceinturier.
— ÉTYM. Ceinture.
CEINTURON (sin-tu-ron), ». m. Sorte de ceinture, ordinairement en cuir, pour suspendre des armes.
— ÊTYM. Augmentatif de ceinture.
CELA (se-la), nom général de chose, ou, ce qui revient au même, l'adjectif ce (cela est pour ee-ïd) pris substantivement au masculin singulier. || 1° Indiquant, par opposition à eeet, la chose la plus éloignée. Reprenez ceci et donnez-moi cela. Cela est bon, mais ceci vaut encore mieux. ||2" Indiquant, sans opposition à ceci, un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Cela fait, cela dit, je m'éloignai. A cela près. Cela ne fait rien. Et moi qui m'étais défendu toute ma vie des tristesses, des langueurs et des inquiétudes de l'amour, je trouve à cette heure tout cela dans l'amitié, voit. Lettr. 63. Et quand je vous aurais payé au double tout ce que je vous dois, après cela je ne serais pas encore quitte, id. ib. L'objection à cela, c'est que les sauvages ont une religion, pascal, Kir. 30. Nous rendrons-nous à cela? mol. Bourg, m, 40. || Point de cela ou pas de cela, phrase abrégée signifiant : je ne veux point ou pas de cela. Ne plus nous voir, ohl point de cela. Dans le discours ordinaire, on contracte souvent et l'on dit : point de ça. || Il ne manque plus que cela, signifie c'est le dernier coup, le dernier trait, la dernière souffrance. Fâchez-vous à présent contre moi, il ne manque plus que cela. Dans le discours familier on contracte le plus souvent : il ne manque plus que ça. || Cela, sorte d'affirmation qui se met a la fin d'un membre de phrase, et qui y donna plus d'expression. Voilà parler, cela, et voilà ce que c'est que montrer de la fermeté. Voilà des événements, celai II 8" Haut, grand comme cela, et souvent, dans la conversation, comme ça, se dit pour indiquer une certaine hauteur ou grandeur, que l'on est supposé marquer par un geste de la main. Je vous ai vu que vous n'étiez pas plus grand que cela, mol. Bourg, iv, 6. Mes lettres vous pleuvront une page pour une ligne, et bientôt vous en aurez haut comme cela, p. l. cour. Lett. 1, 25. Il Cela, avec un geste de mépris qui explique la pensée. Pour moi je m'en soucie autant que de cela, mol. retour, n, 7. || N'est-ce que cela? indique le peu d'importance qu'on attache à quelque chose. || 4° Familièrement. C'est cela, c'est bien cela, se dit à une personne qui cherche à imiter quelque chose, ou qui montre qu'elle a bien compris ce qu'on lui a dit. H C'est bien, cela! se dit quelquefois pour approuver et encourager une personne. || 6° Comment allezvous?— Comme cela, et, dans la conversation, comme ça, c'est-à-dire pas trop bien. || 6* 11 est comme cela, c'est sa manière d'être, son caractère. Il C'est comme cela, la chose est ainsi, il faut en prendre son parti. || Comment cela? quoi! est-ce possible? comment, de quelle manière? || T Cela.... que, locution où cela annonce ce qui va être dit. Cela est faux, mes pères, que, la défense étant permise, le meurtre soit aussi permis, pascal, Prov. 44. Cela même est assez plaisant, que ce système fut alors une occasion de péché, fontenelle, Les mondes, 4" soir. Ils ont cela de bon qu'ils ne laissent pas de dire.... pasc. Prov. 4. || 8° Cela avec le pronom «7 qui le représente. Cela viendra peut-être; mais il n'est pas venu, sév. 4 6. Je vous dis cela comme il m'a été dit, sév. 300. Si cela est vrai pour les hommes, à plus forte raison l'est-il pour les jeunes gens, j. j. bouss. Ém. iv. Cela peut être véritable, quoiqu'il ne soitpas certain, pasc. Prov. 43. || 9" En parlant des personnes. J'at vu cela tout jeune. Comme cela dort, ces jeunes gens ! Cette petite fille m'a frappé en passant; jelui ai demandé qui étaient ses parents : cela meurt de faim, cela a quatorze ou quinze ans, st-simon,366, 480. || 10° Aveccela, néanmoins. Jesuisconvaincu que vous ne viendrez pas; avec cela, je vous attends toujours. || Avec tout cela, néanmoins. Je me suis acquis dans les armes l'honneur de six ans de service; mais, avec tout cela, je ne veux pas me donner un nom où d'autres en ma place croiraient pouvoir prétendre, mol. Bourg, in, 42. || Pour cela, en vérité, effectivement. Il a reçu une charmante lettre de son ami, ohl pour cela, vraiment charmante. N'est-il pas fier de sa noblesse? — Oh! pour cela, non. Il Par contraction ça (voy. ce mot).
— REM. Des grammairiens ont demandé que l'Académie mît un accent grave, cela, puisqu'elle en
CÉL
met un sur là et sur voilà; c'aurait l'avantage d'effacer une inconséquence d'orthographe. Mais , l'accent grave sur là n'ayant d'autre objet que de le distinguer, pour l'œil, de la article, du moment que dans un mot, comme cela, il n'y a plus de confuion possible, il est inutile de surcharger l'écriture; c'est ainsi que dû se distingue de du, au lieu qu'au pluriel on écrit dus sans accent parce qu'il n'y a plus rien à distinguer.
— hist. xvi* s. L'amour a cela qu'il s'attache et se lie à tout ce qu'il trouve comme fait le lierre, amyot, Comm. il faut ouïr, )9.
— ÊTYM. Ce et là; picard, chelo; wall. soula.
4. CÉLADON (sé-la-don), s. m. Familièrement et ordinairement avec ironie, amant délicat et langoureui. C'est un céladon. Faire le céladon. Jamais Amour ne connut la morale; Ce qui me plaît peut me rendre fripon; Des gens d'honneur petite est la cabale Depuis la mort du pauvre Céladon, chaulieu, Réponse à l'abbé C. || Adjectivement. On voit des maris céladons.
— ÉTYM. Nom d'un personnage du roman de l'Astrée, qui, langoureusement passionné, est toujours aui pieds et aux ordres de sa bergère; pris de Céladon, nom d'un héros mythologique qui est dans Ovide, et qui vient de xeXàSwv, bruyant.
2. CÉLADON (sé-la-don) , s. m. Vert pale tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher. || Adj. Vert céladon. Taffetas, ruban céladon. Puisque l'on dit bien des jarretières de Céladon et des roses à la Parthénice.... Francion, v, 4 98.
— ÊTYM. Les dames de la cour ont appelé ainsi cette couleur de Céladon, nom d'un personnage du roman de l'Astrée , parce que le caractère de Céladon est d'une tendresse fade.
t CÉLADONIQUE (sé-la-do-ni-k'), adj. Qui tient du céladon.
t CÉLADONISME (sé-la-do-ni-sm') ,s. m. Style fade d'un céladon. || Manie d'un céladon. || Néologisme.
— ÉTYM. Céladon*.
t CËLAN (sé-lan), s. m. Terme de pêche. Sorte de hareng ; le même que célerin.
f CELARENT (sé-la-nnt'). Nom d'une des formes du syllogisme dans 1» sôolastique. Voy. Barbara.
f CELA TION (se-la-sion) , s. f. L'action de celer, de cacher. Se dit en médecine légale, en parlant de la grossesse. Celation de grossesse.
— HIST. xih's. Seigneur, mi compaignon, n'en ferai celaison, Ch. d'Ant. I, 476.
— ETYM. Celatio, de celare (voy. celer). Celationem donne régulièrement celaison; celation a été refait sur le latin. "
f CÉLÉBRA BLE (sé-lé-bra-bl*) , adj. Qui peut être célébré.
— HIST. xv* s. Artus, Charlemaine, Alixandre, Et maint autre qui sont en cendre, Dont leur renoms est celebrables, k. desch. Poésies mss. f* 66) , dans lacurne.
— ÉTYM. Célébrer.
CÉLÉBRANT (sé-lé-bran) , s. m. Celui qui dit, qui célèbre la messe, ou qui officie. || Adj. Le prêtre célébrant.
t CÉLÉBRATEUR (sé-lé-bra-teur) , *. m. Celui qui célèbre.
— HIST. XVI' s. Celebrateur, monet, Dict.
— ÉTYM. Célébrer.
CÉLÉBRATION (sé-lé-bra-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. Action de célébrer, en parlant des saints mystères, de la messe, de l'office divin, d'une fête, d'un mariage, d'un concile.
— ÊTYM. Celebratio, de celebrare, célébrer. CÉLÈBRE (sé-lè-br'), adj. Dont le renom s'étend
au loin. Ce fut un avocat très-célèbre. Un Père de l'Église célèbre pour sa doctrine et sa piété. Lé Tage est célèbre par son sable d'or. Abraham a toujours été célèbre dans l'Orient, boss. Hist. il, 2. Sur cent premiers peuples célèbres J'ai plongé cent peuples fameux Dans un abîme de ténèbres Où vous disparaîtrez comme eux, bérang. Le Temps. Sais-tu dans quels périls aujourd'hui tu t'engages? Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, boil. Ép. i. C'est ainsi qu'on devient célèbre, parce qu'on a été maître de disposer d'un grand loisir, et qu'on perd ce loisir ai précieux, parce qu'on est devenu célèbre, fonten. Tarignon. || Substantivement. C'est Rameau, élève du célèbre qui nous a délivré du plain-chant [du récitatif de Lulli] , mderot, le Neveu de Rameau.
— ÊTYM. Espagn. et ital. célèbre; du latin celeber. CÉLÉBRÉ, ÉE (sé-lé-bré, brée) , part, passé.
|| 1° Solennisé. Fête célébrée avec beaucoup de pompe. || 1* Chanté, vanté. Événement célébré par les deux plus grands poètes, boss. Hist. t, 6
CEL
CÉLÉBRER (sé-lé-bré. L'Académie ne dit rien sur la conjugaison de ce verbe, où la syllabe lé doit prendre un accent grave devant une syllabe muette, il célèbre, tout en gardant l'accent aigu au futur et au conditionnel, il célébrera; ce qui est une contradiction, puisque dans les deux cas la syllabe lé est devant une syllabe muette, mais contradiction que l'Académie consacre dans tous les cas analogues), v.a. || l'Solenniser. Célébrer un mariage, des noces, des funérailles, un concile. Et que deviendrez-vous, si dès cette journée Je célèbre a vos yeux ce funeste hyménéeî rac. Baj. li, 6. Je viens, selon l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée.... n>. Ath. î, 4. Lorsque de leur naissance on célébrait la fête, volt. Zaïre, II, ». || Dans un sens analogue, célébrer la venue, l'arrivée de quelqu'un. || Célébrer la messe, ou, absolument, célébrer, dire la messe. Célébrer pontificalement, dire la messe en habits pontificaux. Après la mort d'Henri III, M. Benoise [secrétaire de son cabinet], qui vécut fort longtemps après lui, ne manqua pas chaque année de lui faire célébrer un service, auquel il invitait tous les officiers d'Henri III qu'il connaissait; après quoi il leur donnait à dîner, seorais, Mém. t. il, p. »<s. || 2* Publier avec éclat, vanter, louer hautement. Tout y célébrait leurs ancêtres, boss. Hist. il, 3. Nous vous avons célébrée à tout moment, sév. 70. Non, non ne souffre pas que ces peuples farouches, Ivres de notre sang, ferment les seules bouches Qui dans tout l'univers célèbrent tes bienfaits, rac. Esth. i, 4. Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques, Où vos voix si souvent se mêlant à mes pleurs De la triste Sion célèbrent les malheurs , id. ib. i, 2. Chacun célébrait ses vertus [de César] : les uns louaient sa rare valeur ; d'autres sa douceur et sa clémence, vert. R4v. rom. xrv, 285. Nous célébrons tant de faits éclatants, bérang. «on grenier. || 3* Se célébrer, v. réfl. Être célébré, solennisé. Là, dans l'assemblée de toute la Grèce, à Pise premièrement, et dans la suite à Élide, se célébraient ces fameux combats où les vainqueurs étaient couronnés avec des applaudissements incroyables, boss. Hist. i, ».
— HIST. xii" s. E [ils] establirent que, chascon an, cest jor fussent célébré hautement, tfach. n, 4 0. En la sue sale demaine [seigneuriale] Le roi [il] fist servir e honorer E si hautement célébrer.... benoît, u, 40426. Icel saintisme baptisteire Qui i est faiz e célébrez, m. n, 4 628. Qu'il loyse à vos cappellains en vo église ceWbrer H office divin à basse voix, TAiLLiAR, Recunl, p. 603. Erranment li verrez la messe célébrer, Th. le mart. 30. Quant ne puis, fait li sainz, par ma parosse aler, Parasses e églises conseilliere guarder, Ne puis pas mun mestier faire ne célébrer, t'o. 4 34. || xiu's. Et li chapelain qui estaient en l'ost célébrèrent le service nostre seigneur en l'onnour dou Saint-Esperit, H. de val. vi. Lors a mis son prestre à parole Qui celebroit en sa chapele, La Rose, (6476. Ains en font les grans cortoisies , Dont lor proesces sont prisies Et célébrées par le monde, ib. 6266. Commandé fu de par Dieu à la ligniée Israël que célébrassent celé feste, Pseautier, f° 99. || xiv* s. Lors hont les consuls les sollempnitez des diex faites et célébrées, bercheure, f°28, recto. || xv* s. Il n'estoit prestre qui y osast célébrer ni faire le divin service, froiss. i, i, 406. || xvi* s. Il dit et profera tout hault celle parole, qui depuis a tant esté célébrée, amtot, P. Mm. 46. U fit célébrer des jeui de toutes sortes, et des somptueux sacrifices aux dieux, m. ib. 47.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. celebrar; ital. celebrare; du latin celebrare, de celeber, célèbre.
CÉLÉBRITÉ (sé-lé-bri-té), s. f. || i* Solennité, pompe. Cette cérémonie se fit avec une grande célébrité, la bruy. Théophr. 4 6. || 2* Renom qui s'étend au loin. La célébrité d'un nom, d'une personne, d'un ouvrage, d'un événement Viser, parvenir à la célébrité. Une vaine, une honteuse célébrité. Ils lui disent par compliment que sa haute réputation et la célébrité qu'il a donnée au lieu où il est, les ont obligés de le venir voir, balz. Entretien 8, dans richelet. H 3° Néologisme, personne célèbre. Les célébrités de noire temps.
— HIST. xvi* s. Célébrité, monet, Dict.
— ÉTYM. Provenç. celebritat; espag. celebridad; ital. célébrité; de celebritatem, de celeber, célèbre.
CELÉ, ÉE (se-lé, lée), part, passé. Un secret longtemps celé. Il n'a rien de celé pour moi. Une grossesse celée.
CELER (se-lé. La syllabe ce prend un accent grave devant une syllabe muette : je cèle; je cèlerai; mais, par une inconséquence singulière, l'Académie qui écrit celer, écrit receler, et au futur je recèlerai.
CÊL
On remarquera aussi l'anomalie qu'il y a à écrire, dans un cas tout semblable, je cèle, et j'appelle; il faudrait suivre une règle uniforme), v. a. || 1* Dérober aux yeux, à la connaissance. Si dom coursier voulait Ne point celer sa maladie, Lui loup, gratis, le guérirait, la font, v, 8. Je ne vous puis celer que son ordre m'étonne, corn. Cinna, i, 4. X ne vous rien celer.... mol. te. d. maris, i, l. Récit menteur! soupçons que je n'ai pu céleri rac. Baj. iv, 4. Soupirs d'autant plus doux qu'il les fallait celer, n>. t'6. I, 4 . || ï* Se faire celer, refuser sa porte. C'est une fort mauvaise politique de se faire celer aux créanciers, mol. Festin, iv, 3. Il faut absolument qu'il se fasse celer, rac. Plaid, i, 7. Glycère se fait celer pour les femmes, la bruy. iii.||3° Se celer, v. réfl. Être celé. Un grand contentement malaisément se cèle, régnier, Sa», xn. Et votre heureux larcin ne se peut plus celer, rac. Ath. i, 2.
— HIST. xi* s. La traïson ne puet estre celée, Ch. de Roi. cxi. || xn* s. Que vous ferez ceste dolor celer, Ronds. 4 68. Ne tout [je] ne coil mon cuer, ne tout [je] nel di, Coud, vu. Ne vus en sai mustrer sun quer ne sun pensé . Mais à cels del conseil ne l'a il pas celé, Th. le mart. 42. Respundi li reis : ne me ceile pas ço que je te demanderai, Rois, 4 70. || xni* s. Que ceste chose soit si teûe et celée, Berte, xn. Qui sui et qui je quier, jà ne vous eit [sera] celé, ib. xlv. Mais que Floires nel coile mie, Que tôt son engien ne lui die, FI. et Bl. 30)6. Tantost se sont el bois aie Tôt coiement et à celé, Lai de Uelion. Mes vers la gent très bien te celé, Et quiers autre achoison que celé Qui celé part te face aler; Car c'est grant sens de soi celer, la Rose, 2399. Or te lo [je te conseille] , et veil [je veux] que tu quieres Un compaignon sage et celant, X qui tu dies ton talent, ib. 2699. Mais se li procureres derrain se taist ou choile se [sa] procuration, beaum. 34. || xrv* s. Celer teles choses, c'est fait de paoureux et de couart, oresme, Eth. )24. || xv* s. Je vous di, sans que plus le celle.... ch. d'orl. Bal. 33. || xvi* s. C'est ce qui le fit résoudre de se faire celer, commandant que l'on repondist qu'il y avoit longtemps qu'il estoit sorti, Mém. s. Dug. 29. Celer les vices des rois, mont, i, ) 3. Ils luy celèrent les deux articles précédents, id. i, 69. Ce qui a esté fié à mon silence, je le celé religieusement, id. m, 24). Jamais le front ne celle le souci De triste cœur que l'amour a transi, rons. 616.
— ÉTYM. Picard, chéler; provenç. celar, selar ; espagn. celar; ital. celare; du latin celare. On en rapproche le celtique: kymri, cel; gaél. ceal, cacher.
f CÉLERET (sé-le-rè) , s. m. Terme de pêche. Sorte de filet, en Normandie.
CÉLERI (sé-le-ri), s. m. Variété de l'opium graveolens, L. qui a perdu son âcreté par la culture, et dont on mange les tiges non développées et les supports étiolés des feuilles. Faire blanchir du céleri.
— ÊTYM. Picard, cerri; ital. sedano, vulgairement sellaro; brescian, seteno ;allem. Cellerie, Zelleri, Sellerie; holl. sellery. Le mot céleri est passé de l'italien en France, et de France dans le nord ; c'est une altération de l'italien sellaro qui, par la forme bresciane seleno, se rattache au latin selinum, persil, du grec oéXivov.
T CÉLÉRIFÈRE (sé-lé-ri-fè-r') , s. m. Voiture publique dont le service est accéléré.
— ÉTYM. Celer, vite (voy. célérité), et ferre, porter. Ce mot est mal composé; car, étymologiquement, il signifie : qui porte des choses rapides.
f CÊLÉRIGRADE (sé-lé-ri-gra-d') , adj. Terme de zoologie. Qui marche ou court avec rapidité.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique, celerigradus , formé à l'imitation de tardigradus; de celer, vite (voy. célérité), et gradi, aller (voy. grade).
f CÉLÉRIMÈTRE (sé-lé-ri-mè-tr"), s. m. Instrument qui, adapté à la roue d'une voiture, mesure le chemin parcouru. On dit plutôt et mieux hodomètre.
— ÊTYM. Celer, vite (voy. célérité) , et mètre.
t CÉLERIN (sé-le-rin), s. m. Petit poisson de mer qui est une espèce de sardine (du genre dupée).
— HIST. xin* s. Et harene celerin ne doit point de coustume, Liv. des met. 273. || xvi* s. Gournauds, merlus, celerins, sardines, paré, xxiv, 22.
— ÊTYM. Origine inconnue.
f CÉLÉRIPÈDE (sé-lé-ri-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui marche rapidement.
— ÊTYM. Mot latin hypothétique, celeripes, de celer, vite (voy. célérité), et pes, pedis, pied (voy.
PIEDÏ.
CÉLÉRITÉ (sé-lé-ri-té),». f. Activité rapide. Cest une affaire qui requiert célérité. L«s Romains
CFL
bâtirent des navires avec une célérité capablede faire croire que leurs forêts ?. raient été tout à coup métamorphosées en galèrei, le p. catrou, dans desfont. Le nouvel arrangement des finances demande de la célérité quand ce ne serait qu'en faveur de ceux qui souffrent dans le passage, Lettre sur le nouv. syst. des fin. dans desfont. Les expériences montrent combien l'exactitude des arrivées et la célérité de la marche [des bateaux à vapeur] coûtent ther aux compagnies, Compte rendu, Acad. des sciences, t. Il, p. (073.
— HIST. xvi' s. Pour la grande promptitude et lelerité de laquelle ilz executoient ses mandemens, amyot, Rom. 4(.
— ÉTYM. Provenç. celeritat; espagn. celeridad; ital. cele'ità; de celeritatem, de celer, vite, prompt, qu'on a rattaché au latin cellere, usité seulement en comosition, per-cellere, grec xé/Xeiv, secouer, agiter.
CÉLESTE (sé-lè-sf; au xvj* siècle, d'après Palsgravn, p. «3, on ne prononçait pas Vs), adj. || i° Du •îiel. Les espaces célestes. Les globes célestes. || Poétiqi.ement. Les célestes flambeaux, les astres. La voûte céleste, l'espace illimité qui paraît sous forme de v>)ûte. || Harmonie célestes, harmonie que quelques philosophes anciens avaient pensé être produite par le mouvement des astres, sans être perceptible à notre oreille. || En astrologie, thème ou figure céleste, synonyme d'horoscope. || Bleu céleste, bleu qui est de la couleur du ciel vu par un temps serein. || 2° En considérant le ciel comme séjour des bienheureux, la gloire céleste, les esprits, les puissances célestes. La céleste patrie, le paradis. Le Père céleste, Dieu. || 3* Dans les idées païennes, en considérant le ciel comme le séjour des dieux. Les célestes lambris, le palais des dieux. La troupe céleste, les dieux de l'Olympe. Le souverain pouvoir de la troupe céleste, corn. Hor. iv, (. || 4° Divin, qui vient de Dieu ou, dans les idées païennes , des dieux. Don céleste. Détestables flatteurs, présent le plus funeste, Que puisse faire aux rois la colère céleste, rac. Phèd. iv, 6. Objet infortuné des vengeances célestes, Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes, id. ib. il, 6. Mais, au milieu de ces célestes douceurs, la justice divine eut son tour, boss. Anne de Gonx. .... Cet. enfant l'objet du céleste courroux, volt. OEd. iv, (. Les animaux périr I Car encor les humains! Tous avaient dû tomber sous les célestes armes, la font. Phil. et Bauc. Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux, id. Fab. vu, (. || 6°Fig. Plusqu'humain. Beauté, âme, regard céleste. Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas, mol. Tart. m, 3. || Termede musique. Voix céleste, se dit d'un registre de l'orgue qui produit des sons doux et voilés. || 6° Soeurs célestes, ou sœurs de l'Annonciade, religieuses d'un ordre qui fut fondé en (604 et qui professa la règle de Saint-Augustin ; elles sont vêtues de blanc, leur scapulaire est bleu et leur manteau de même. || 7" Le céleste empire, nom que les Chinois donnent à leur empire.
— HIST. xr* s. Hoi [je] te coman [recommande] au glorieus céleste [Dieu], Ch.de Roi. cvx.iv. || xn's. Lor âmes soient en la céleste vie , Roncisv. ( 54. Deus est celestiex, e sa lei ensement, Th. le mart. 29. Car ki volt à la gloire celestiel partir [avoir part].... id. 79. Bethsames, cest num espelt [signifie] cité de soleil, e signefie la cité de la celestiel Jérusalem, Rois, 22. || xni« s. Paradis est celestiaus, Mèsn'est mie a toz conmunaus, Ren. 6773. Dont ge jur Dieu le roi celestre. la Rose, 9062. En espérance d'avoir les biens celestiens, beaum. xlix, a. || xVs. Surquoy povons noter estre les plus suppellatifz biens les celestielles choses comme perpétuelles, ch. de pisan, Ch.v, i, 4. Et pour ce, enfans, soyez tous avoyez De rendre loy à Dieu celestieulx, coquill. Rail. Paix de Reims. || xvi's. En la céleste et béatifiée Hierusalem, rab. Garg. i, (0. Le bleu signifie certainement le ciel et choses célestes, id. ib. Toutes créatures tant célestes que terriennes honnorent sa majesté, calv. Jnstit. 402. Aussi de ce que nous sommes resuscitez avec Christ, il infère qu'il nous faut cercher les choses celestielles, id. ib. 400. Or m'ont les dieux celestes et terrestres Tant fait heureux.... marot, i, 222. 11 se couvre de pretieux habits, arbore un panache d'oiseau céleste avec une enseigne de gros diaments, d'adb. Uùt. i, 237. Une taye, laquelle est quelquesfois blanche, noire, céleste, cendrée ou livide, paré, xv, 20.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. céleste ; de cœlestis, de cœlum (voy. ciel). On disait aussi dans l'ancien français celestien et celestiel ou celestial.
CELESTIN (sé-lè-stin) , s. m. Ordre religieux institué vers l'an (254 par Pierre de Moron, depuis
CEL
pape sous le nom de Célestin V. Les célestins suivent la règle de St-Benott avec les constitutions de l'instituteur. Quoi, dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres, J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeliers, carmes et célestins, boil. Lu.tr. 1. 1| Voilà un plaisant célestin, locution vieillie qui se disait d'un homme divertissant ou ridicule, et qui provenait, dit Richelet, d'une certaine redevance dont, à Rouen, les célestins étaient exempts, à condition qu'un frère célestin marcherait en tête des charrettes chargées de vin, et sauterait d'un air gai en passant auprès de la maison du gouverneur de la ville. || Omelette à la célestine, omelette à la manière des célestins, omelette très-épaisse et succulente. Vieux. || Épinards à la célestine ou à la religieuse, épinards qu'on a réchauffés plusieurs jours de suite et qui sont en effet bien plus savoureux.
— ÉTYM. Cœlestinus, nom propre, dérivé de cœlum, ciel.
t CÉLECSTE (sé-leu-st'), s. m. Terme de la marine an'ienne. Celui qui donnait les ordres aux matelots i aux rameurs.
— ÊTYM. KEXeuffTTi;. Voy. CÊLEUSTIQUE.
t CÊLEUSTIQUE (sé-leu-sti-k') , s. f. Terme didactique. Art de transmettre les commandements au moyen d'instruments de musique. || Adj. Qui a rapport à cet art.
— ÉTYM. KeAevffTixàt;, qui commande, de xeaeûciv, commander.
CÉLIAQUE (sé-lia-k') , adj. Voy. cœliaque.
CËLIBAT (sé-li-ba; 1" t ne se lie pas), s. m. État d'une personne non mariée. Vivre, demeurer dans le célibat. Garder le célibat. Ils quittaient leurs femmes pour embrasser le célibat , boss. Var. 2. Mais l'endroit où notre historien [le protestant Burnet] a épuisé toutes ses adresses et usé, pour ainsi dire, toutes ses plus belles couleurs, est celui du célibat des ecclésiastiques, id. ib. 7. Du célibat fidèle appui, Je vois avec colère L'amour essuyer aujourd'hui Les larmes de son frère, bérang Célib.
— HIST. xvi* s. On y trouva [en Amérique] une bien expresse image de nos pénitenciers, l'usage des mitres, le cœlibat des presbtres , mont, ii, p. 335.
— ÉTYM. Cselxbatus ou cœlibalus (les deux orthographes se trouvent), de exlebs ; mot d'étymologie difficile, pour lequel on a indiqué eoe signifiant un et répondant à eka du sanscrit (voy. c-ocles, borgne, qui n'a qu'un œil), et libère ou lubere; ce qui signifierait : aimant à être un , seul.
CÉLIBATAIRE (sé-li-ba-tê-r') , s. m. Celui qui vit dans le célibat. Un vieux célibataire. || Il se dit aussi en parlant des femmes. Est-elle mariée ou célibataire? Quelques femmes consacrées aux dieux avaient seules le droit de rester sans honte célibataires, ségur, Hist. des Gaules. || Adj. Un vieillard sans enfants, riche et célibataire. II a des goûts célibataires. Une vie célibataire.
— ÊTYM. Célibat.
t CÉLICOLE (sé-li-ko-1'), s. m. Nom d'hérétiques qui adoraient le ciel en place de Dieu et qui furent du temps de l'empereur Honorius.
— ÊTYM. Cœlum, ciel, et colère, adorer.
t CÉLIDOGRAPHIE (sé-li-do-gra-fie), s.f. Terme d'astronomie. Description des taches de la lune ou du soleil.
— ÊTYM. KïiAi?, tache, et ypâçtiv, décrire.
t CÉLIDOGRAPHIQUE ( sé-li-do-gra-fi-k' ) , adj. Qui se rapporte à la célidographie.
t CÉLIUS (sé-li-us'), ». m. Une des sept collines de l'ancienne Rome.
— ÊTYM. Cœliusmons, le mont Célius ou Cœlius. t CELLA (sèl-la), t. f. || 1° Terme d'antiquité.
Nom latin employé quelquefois en français pour désigner la nef des temples anciens. || 2° Terme de botanique. Fruit à trois enveloppes.
— ÊTYM. Cella, loge.
t CELLAIRE (sèl-lê-r'), ». f. Terme de zoologie. Espèce de polype.
— ÊTYM. Cella, loge.
t CELLARIÉ (sèl-la-ri-é), i. m. ou CELLA RI ÉE (sèl-la- ri-ée) , ». f. Terme de zoologie. Nom d'une famille de zoophytes.
— ÊTYM. Voy. CELLAIRE.
(. CELLE (sè-1'). Voy. celui.
f î. CELLE (sè-1'), s. f. Nom de différentes pièces des thermes chez les Romains. || Pendant le moyen âge, habitation destinée à des personnes de condition servile. || Aujourd'hui, nom de quelques localités. La Celle-St-Cloud.
— HIST. xu" s. Ne sufferront qu'il soient en si
CEL
grant perte mis, Qu'il perdent leur catels et celle* et païs, Th. le mart. 96. || xvi' s. Or sur le vespre chacun sort de sa celle, et s'assemblent tous en un, afin d'ouïr leur père, lanoue, 534.
— ÉTYM. Provenç. cella; espagn. celda; ital. cella; du latin cella, que les étymologistes regardent comme dit pour ced-la, de cedere, aller, se rendre. Le verbe celare, celer, ne rend pas compto des deux II
t CELLÉPORE (sèl-lé-po-r*) , ». m. Terme de zoologie. Corail à cellules.
— ÉTYM. Cella, cellule, etporus, pore.
t CELLÊRAGE (sè-lé-ra-j'), ». m. Droit seigneurial sur le vin, lorsqu'il était entré dans le cellier.
— hist. xiv* s. Rentes appelées les celerages, du cange, celeragium. || xv s. Afin que la dite ville ne puisse estre fraudée de ses droits de criages et celerages, id. ib.
— ÉTYM. Cellier.
fCELLÉRERIE (sè-lè-re-rie), s. f. Anciennement, office de cellérier dans un monastère.
— ÉTYM. Cellérier; provenç. celararia.
CELLÉRIER, 1ÈRE (sè-lé-rié, riê-r"), t.m. et f. Titre
d'office dans les ordres monastiques. Le cellérier, la cellérière, est un religieux, une religieuse, qui a soin des provisions et de la nourriture du couvent. || Adj. Le frère cellétior, la sœur cellérière. || Par extension, celui ou celle qui est chargée du même soin ailleurs que dans un couvent. Quelle personne es-tu? dit-il à ce fantôme. — La cellérière du royaume De Satan, reprit elle; et je porte à manger X ceux qu'enclôt la tombe noire, la font. Fabl. in, 7.
— HIST. xii* s. Il prist un pot, si l'adedens bouté, Mist à sa bouche, en son cors l'a coulé; Le cenelier en a forment pesé, Bat. d'Aleschans, 3027. || xni' s. Tu me deïs que d'un celier T'en avoit en [on] fet celerier, Ren. 444(8. Un mien scelerier qui estoit né de Doulevens, joinv. 240. ||xiv s. Le celerier et le consierge de la court le roi, du cange, cellerarius. || xv* s. Entre les autres qui furent décapités, le furent deux moines de Joy en Brie, c'est à savoir le celerier du dit lieu et dam Symon, monstk. I, 240.
— ÊTYM. Provenç. cellarier; anc. catal. cellerer, espagn. et'!(erero;portug. cellareiro; ital. cellerajo; d'une forme cellariarius , de cellarium (voy. cellier).
fCELLlCOLE (sèl-li-ko-r), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui habite dans les caves.
— ÊTYM. Cella, celle, cave, et colère, habiter. CELLIER (sè-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel
l's se lie : les sè-lié-z et les greniers), ». m. Lieu, au rez-de-chaussée d'une maison, pour serrer le vin et autres provisions. Nous n'avons qu'un cellier et pas de cave.
— HIST. xii' s. Et nos avons tel celier en parfont, Raoul de C. 286. Ou de mes gerniers, ou de mes celiers, que vols [que veux-tu] que jo te face? Rois, 369. || xin' s. N'est sous ciel si orbes [obscur] celiers, FI. etBl. 49(.Carteiz [telz] a un puis devant son huis, qui n'a pas un tonel devin en son celier, ruteb. 259. Nous trouvasmes grant foison de lapourveance le roy, c'est à savoir, les celiers le roy et les deniers etlesgamiers.JOiNv. 2(0. Il doivent chascuns, chascun an, au roy, six auges pour son celier, c'est à savoir auges de doux piez de lonc, Liv. des met. 1 13. Se homme de Paris achate vin en grève, et il le met en son celier, il doit obole de rivage, t'i>. 30). || xiv* s. La dame demourra, moult fu sescoerz [son cœur] irés ; Par dedens un chelier s'est ses corps enfremés, Baud. de Seb. vm, 978. || xv s. Adonc furent traits hors de ces beaux celliers, au dam tous les vins qui là estoient, plus de six mille tonneaui, froiss. n, n, (58.
— ÊTYM. Bourguig. celey ; provenç. celier; catal. celier; espagn. celleiro; ital. celliere, cellaio; de cellarium, garde-manger, office, de cella, loge (voy. celle 2).
t CELLITE (sèl-li-f),». m. Nom de frères laïques hospitaliers, dits aussi bongaris ou alexandrins, fondés par un homme de bien nommé Tobie vers l'an (300, et qui prenaient un soin tout particulier des fous maniaques et des furieux. Leur habit est une tunique noire, une ceinture de cuir, un grand capuce pointu et un manteau de la même étoffe et couleur; ils sont unis à l'ordre des servîtes.
— ÊTYM. Celle, cellule.
T CELLULAGE (sè-lu-la-j*), t. m. Manière de construire, de tenir >•* ellules dans les prisons modernes.
CELLULAIRE (sr-..,-/ê-r'), ad). || 1" Pourvu de petites loges ou cellules. En anatomie, tissu cellulaire.
CEL
CEL
CEL
tissu qui remplit les vides entre les tissus d'une importance plus grande et qui doit son nom a ce qu'on y développe artificiellement, par l'insufflation, des I cellules ou cavités. On le nomme aujourd'hui tissu j lamineux. || En botanique, tissu cellulaire, tissu I formé de cellules. Plantes cellulaires, plantes qui i ne renferment que des cellules de différents genres. || Théorie cellulaire, nom de ce fait général, que tous les êtres végétaux et animaux dérivent d'éléments anatomiques ayant l'état de cellule. || 2° Terme de législation. Système cellulaire, système d'après lequel les prisonniers sont renfermés dans des cellules séparées. || Terme d'administration. Voiture cellulaire, voiture à compartiments pour transporter des condamnés en les isolant les uns des autres.
— ÊTYM. Cellule.
CELLULE (sè-lu-P) , s. f. || 1* Petite chambre d'un religieux ou d'une religieuse. J'ai vu la Maransdans sa cellule, sév. 83. Veux-tu jusqu'en ton cœur la sentir vive et forte [la componction] , Rentre dans ta cellule et fermes-en la porte Aux tumultes du monde, à sa vaine rumeur, corn. /mil. i, 20. Au grand dortoir il couchait d'ordinaire; Là de cellule il avait à choisir; Heureuse encor, trop heureuse la mère Dont il daignait, au retour de la nuit, De sa présence honorer le réduit, oresset, Vert-Vert, i. Il Petit logement préparé pour chaque cardinal durant le conclave. || 2° Par extension, retraite, petit appartement où l'on se confine pour ainsi dire. C'est ma cellule. Il faut embellir sa cellule. || 3" Petite chambre dans les prisons modernes , où l'on renferme les condamnés pour les isoler les uns des autres. || 4° Par analogie, alvéole où l'abeille dépose son miel et son couvain. On verra qui sait faire avec un suc si doux Des cellules si bien bâties, la font. Fab. i, 2t. || B° Terme de botanique. Nom des cavités où sont logées et comme enchâssées certaines semences. || Terme d'anatomie Nom des interstices ou petits vides que présentent les mailles du tissu spongieux des os longs, l'intérieur des sinus et du corps caverneux. || En anatomie générale, nom des éléments anatomiques végétaux ou animaux, dont les dimensions, généralement égales en tout sens ou à peu près, varient entre cinq millièmes de millimètre et un dixième.
HIST. xvi* s. Puis les fit enclore d'une cellule
[cage] de fin cristal de Venise, yver, 547.
— ÊTYM. Cellula, diminutif de cella (voy. celle 2).
f CELLULE, ÉE (sè-lu-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui offre des cellules, qui est divisé en cellules. || S. m. Dans les prisons, celui qui est mis dans une cellule. || En zoologie, les cellules, les polypes enfermés dans des cellules.
— ÊTYM. Cellule.
CELLULEUX, EUSE (se-lu-leû, leû-z'), adj. Terme de botanique et d'anatomie. Divisé en cellules.
— ÊTYM. Cellule.
t CÉLLULIFÈKE (sè-lu-li-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui offre des cellules.
— ÊTYM. Mot hypothétique celluliferus , de cellula, cellule, et ferre, porter.
f CELLULIKORME (sè-lu-li-for-m'), adj. Qui a la forme de cellule.
— ÊTYM. Mot hypothétique celluliformis, de cellula, cellule, et forma, forme.
fCELLULITÈLE (sè-lu-li-tè-1'), adj. Terme de zoologie. Insecte cellulitèle, insecte qui fait des toiles celluleuses.
— ÊTYM. Mot hypothétique cellulitela, de cellula. cellule, et tela, toile.
j CELLULOSE (sè-1 u-lô-z'), s. f. Terme de chimie. Principe des corps organisés, caractérisé par sa solubilité dans l'acide sulfurique concentré, et son insolubilité dans la potasse caustique.
— ÊTYM. Cellule, et la finale ose que les chimistes ont attribuée à certains principes organiques.
t CELLULOSITÊ (sè-lu-lô-zi-té) , s. f. Terme didactique. Ëtat celluleux d'un tissu organique.
— ÊTYM. Celluleux.
f CÊLOTOME (sé-lo-to-m'), s. m. Terme de chirurgie. Ancien instrument pour l'opération de la hernie.
— ÊTYM. Ktiati, tumeur, hernie, et TÉp.veiv, inciser, f CEL0T0M1E (sé-lo-to-mie) , s. f. Terme de
chirurgie. Opération par laquelle, incisant la peau et l'anneau aponévrotique, on débride la hernie.
— ÊTYM. Voy. CÉLOTOME.
f CELSITUDE (sèl-si-tu-d'), s. f. Titre qui, durant le moyen âge, s'est donné à différents personnages éminents en dignité.
— ÊTYM. Celsitudo, hauteur.
t CELTE (sèl-f) , s. m. Nom de la langue que par-
laient les Celtes, anciens peuples qui occupaient la Gaule, le nord de l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Irlande. Le celte est une des langues aryennes (voy. aryen) ; il est aujourd'hui représenté par le celtique moderne, dont les différents dialectes se parlent dans laBretagne en France (bas- breton), dans le pays de Galles en Angleterre (kimry, cambrien), dans les hautes terres de l'Ecosse (gaélique) et en Irlande. Celui de Cornouailles (comique) est éteint.
— ÊTYM. Cella, KéXnrK, nom que les Grecs et à leur suite les Romains donnaient aux Gaulois.
CELTIQUE (sèl-ti-k'), adj. Qui appartient aux Celtes. Monuments celtiques. Oh! la Bretagne antiquel Dans la forêt celtique, Quelque donjon gothique 1 v. huoo, Odes, îv, 26. || Substantivement. Le celtique, la langue celtique.
— ÊTYM. Celte.
f CELTOMANIE (sèl-to-ma-nie), s. f. Travers d'une érudition systématique et incomplète qui a voulu voir dans la langue celtique l'origine de toutes les langues.
— ÊTYM. Mot hypothétique xEXxo|jiavta, de KéX- T7K, Celte, et manie.
CELUI (se-lui), m. sing. CELLE (sè-1'), f. sing. CEUX (seû), m. phir. CELLES (sè-1"), f- plur. Pron. démonstr. || 1° Suivi de la préposition de. Je ne connais d'avarice permise que celle du temps. Celles de ma naissance ont horreur des bassesses, corn. Rodog. m, 6. L'amour est celui de tous les dieux qui sait In mieux le chemin du Parnasse, rac. Lett. t., à M. I* Vasseur. J'ai tout réduit à trois stances , et j'ai été celle de l'ambition , qui me servira peut-être ailleurs, rac. Lett. 29, d M. le Vasseur. Ceux de Crotone ont perdu contre lui deux batailles, fên. Tél. xi. || 2* Suivi de qui, que, dont. Ceux qui font des heureux sont les vrais conquérants, volt. Lett. d Christian VU. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, RAC.^t/i. i, 1. Celui qui fait tout vivre et qui fait tout mouvoir, S'il donne l'être à tout, l'a-t-il pu recevoir? l. rac. Religion, i. Aimer ceux qui vous haïssent, ceux qui vous persécutent, et les aimer lors même qu'ils travaillent avec le plus d'ardeur à vous opprimer, c'est la charité du chrétien, c'est l'esprit de la religion, bourdal. Serm. pour la fête de St-Étienne. Mes craintes t'offensaient : tu n'étais pas de celles Qui font jeu de courir à des flammes nouvelles, a. chênier, t37. || Il n'y a celui, celle qui , c'est-à-dire il n'est personne qui. Il n'y avait celui qui ne prévît une prochaine rupture avec la famille de Lorge , de l'humeur si connue de M. de Lauzun, st-simon, 28, 7J.
— REM. 1. Celui, celle, ceux, celles ne pouvant être employés qu'avec la préposition de ou les pronoms relatifs qui, que, dont, il en résulte qu'ils ne peuvent être suivis d'un adjectif ou d'un participe. Les construire ainsi est une faute très-commune et ancienne. Girault-Duvivier en cite cet exemple de Racine : Je joins à ma lettre celle écrite par le prince ; et celui-ci de Montesquieu : La blessure faite à une bête et celle faite à un esclave. Il faut mettre en regard cette phrase de Voltaire : Nous sommes incertaius si le paquet pour votre altesse royale et celui pour votre aimable ambassadeur.... Letlr. Prusse, 30. Domergue, Solutions grammat. a réuni plusieurs exemples pris à différents écrits de son temps : « Les nombres ordinaux se forment des cardinaux ; dans ceux terminés en f, on change f en vième. — Le goût de la philosophie n'était pas alors celui dominant. — Pline dit que Carès inventa les augures tirés des oiseaux, et qu'Orphée inventa ceux tirés des autres animaux. — Je ne puis mieux finir cette lettre qu'en vous faisant part de celle écrite par M. de Buffon à cette dame respectable. — Elle débite à tout venant les choses les plus futiles et souvent celles les plus ridicules. » Dans tous ces cas il faut employer le relatif qui: celle qui est écrite; celui qui est dominant; ceux qui sont terminés, etc. || 2. Celui, celle peut être suivi d'un adjectif ou d'un participe, quand l'adjectif ou le participe appartiennent à une incise, après laquelle vient qui, que, dont. Votre exemple et celui, si généreux, qu'a donné votre lettre. Ma lettre, et celle, écrite par mon ami, qui vous sera remise. || 8. Après celui qui, il arrivait souvent, dans l'ancien style, que l'on reprenait la phrase principale par il ou elle. Autrefois on regardait ce pléonasme comme donnant force et clarté ; aujourd'hui on le regarde comme fautif. Celui qui méprise le remède, il touche de près à sa chute, boss. Rech. 2. || 4. Je ne suis pas celui qui vous a fait tort, et non pas, qui vous ai fait tort, le verbe s'aocordant avec celui, qui est de la troisième personne. Cependant Bossuet a dit dans une phrase célèbre, en parlant
de Dieu : Je 9uis celui qui suis. Cette construction n'était pas sans exemple dans l'ancienne langue : Ja no suis pas celui qui veux Paris reprendre D'avoir manqué si tost à Pegasis de foy, ronsard, t44. C'est d'ailleurs une imitation du latin : Sum qui sum.
— HISTx" s. Celedre [lierre] sost [sous] que cil sedebat, V'ragm. de Valette, p. 468. Cilg edre fu sèche , ib. En celé duretie e en celé encreduliteit, 16. p. 469. Chi [qui] rex eret [était] à cels dis [jours] sovre pagiens, Eulalie. Ladomnizelle celle cose non contredist, ib. || xi' s. E se algons [aucun] meist main en celui qui.... L. de Guill. t. Cil sont montez qui le message firent, Ch.de Roi. vu. Par cels de France veut-il du tout errer, ib. xi. || xir* s. N'i a celui qui de pitié ne plor, Roncisv. 37. Que si haut don [l'amour] sait merir [à] Ceus qui servent sanstraïr, Couci, 3. Quant pour vous n'a de moi cure Celé à qui m'avez doné, ib. 4. Onques Tristans, cil qui but le breuvage, Plus loyaument n'aima sans repentir, t'6. <9. Et quand l'haleine douce vente Qui vient de cel doux pais, Où cil est qui m'atalente, Dame de Faiele , dans Couci. || xiii" s. Ilec trouvèrent Guillaume de Braiecuel et cex qui avoec lui estoient, villeh. <38. Et quand cil oïrent ce, m. 69. Cil [je] sui que demandez, sachiez le vraiement, Rerle, xlvii. Tout droit à celui temps que je ci vous devis, i'6. v. X tous ceuz qui ces présentes letres verront ou orront, beadm. 76. || xv s. Comme celle qui ne savoit à qui ni en quel pays trouver confort ni soutenance, froiss. i, i, t3. Adonc demandèrent à leurs varlets s'il y avoit celui qui voulut porter les lettres qu'ils avoient escrites, m. I, i, 228. J'en parle comme de celui que j'ai connu, en beaucoup de choses traité avecques lui, comm. vu, 2. Et se jeta à deux genoux devant moi comme celui qui cuidoit déjà estre mort, id. iv, 7. Je suis celui qui de ci ne partirai, louis xi, ta. ||zvi*s. Ceux de Besse, de Montsoreau et autres lieux confins, rab. Garg. i , 47. Les hommes de celui temps, m. Pant. H, t. Il n'y eut celui qui ne beust vingt cinq ou trente muids, in. u , 20. Mais qui est cil ne celle en cestui monde, En qui douleur par faux rapport n'abonde? marot, i, 383. Ils estoient proches parents, comme ceux qui estoient enfants de deux cousins germains, amyot , Thésée, s. Celui emportoit le prix, non qui estoit le plus viste entre les vistes, mais le plus vertueux entre les vertueux, id. Lyc. 66. C'est celui Philippe qui depuis fit la guerre aux Grecs pour leur oster leur liberté, id. Pélop. 48. Celui aime peu, qui aime à la mesure, la bobtie, 44 1. Que celui sorte de la cour qui veut estre pieux, d'aub. Conf. u, 9. Ceux de Bordeaux maintiennent que la verge de St-Martial est celle mesme d'Aaron, id. t76. Ceux estoient du nombre des pères, desquels l'on a dit que.... Calvin, Inst. Dédie.
— ÊTYM. Picard, cho, chelle, celle, cheule, même sens, cholle, chol, même sens, che.ux, ceusses, ceutes, ceux, chelle-lo, celle-là; Saintonge, cheul , cheu, ce, cet, chéle, chelé, celle, chelés, ceux, celles; provenç. cel, celh, sel, tell, celui, cela, celha, cella, sela, celle, cil, cill.cilh, sill, ceux pou' le nominatif pluriel, cels, ceux au régime, ceî'»< selui,selhui, celui ; anc. catal. cell, ce, cet, celi*, ceux au régime, cella, celle; espagn. aquello; ital. quello, colui , colei. Le vieux français est cil ou cel , féminin celé, au nominatif singulier, celui au régime singulier pour les deux genres; cil ou cel, féminin celés, au nominatif pluriel; cils, cels, féminin celés, au régime pluriel; cils ou cels ont donné le mot' actuel ceux. Cil ou cel est formé de ecce-ille; celui, de ecce-tllius, comme autrui de alterius (voy. il).
CELUI-CI (se-lui-si), CELUI-LÀ (se-lui-la), m. sing. CELLE-CI (sè-le-si), CELLE-LÀ (sè-le-la), f. sing. CEUX-CI (seû-si), CEUX-LÀ (seû-la), m. plur. CELLES-CI (sè-le-si), CELLES-LÀ (sèle-la), f. plur. Pronoms démonstratifs , les mêmes que celui avec l'adjonction de ci et là, et rentrant dans la règle, exposée à ce, qui permet de mettre c» et Id après les mots que ce détermine (ce-lui-ci, ce-lui-là, comme ce livre-ci, ce livre-là). Ils se rapportent le premier au nom ou à l'objet le plus rapproché, le second au nom ou à l'objet le plus éloigné. Turenne et Condé commandèrent des armées l'un contre l'autre; celuici était plus impétueux, celui-là plus réfléchi. La folle et l'amour jouaient un jour ensemble ; Celui-ci n'était pas encor privé des yeux, la font. Fabl. xn, (4. Vivaient le cygne et l'oison: Celui-là destiné pour les regards du maître; Celui-ci pour son goût, id. ib. m, 8. Que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait dans l'histoire, à qui leur audace a été funeste! mais aussi que ne font-ils pas quand il
CEN
CEN
plaît à Dieu de s'en servir! il fut donné à celui-ci [Cromwell] de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois, boss. Reine d'Anglet. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle ; Celui-ci glorieux d'une charge si belle, N'eut voulu pour beaucoup en être soulagé, la font. Fàbl. I, 8. Deux sortes de gens fleurissent dans les cours, et y dominent dans divers temps, les libertins et les hypocrites ; ceux-là gaiement, ouvertement; ceux-ci finement, par des artifices, la bhdt. xvi. Tel est l'avantage ordinaire Qu'ont sur la beauté les talents; Ceux-ci plaisent dans tous les temps; Celle-là n'a qu'un temps pour plaire, volt, dans girault-duvivier. Mes lettres se font avec une si véritable affection que, si vous les jugez bien, vous les estimerez davantage que celles que vous me redemandez ; celles-là ne partaient que de mon esprit, celles-ci partent de mon cœur; celles-là m'étaient à charge, et celles-ci me soulagent extrêmement; n'est-il pas vrai, madame, que je vous aurais fait grand dépit, si j'avais mis encore cinq ou six fois celles-ci et celles-là et que vous vous seriez étonnée de la nouveauté de ce styleT voit. Lettr. 46. || Celui-ci s'emploie aussi pour annoncer ce qui va être dit, et celui-là pour rappeler ce qui a été dit. Des deux exemples que j'ai de cette locution, je vous ai dit le premier; celui-là ne vous a pas convenu, celui-ci vous persuadera sans doute. || Celui-ci, celui-là, pris dans un sens distributif et comme l'un et l'autre. La fortune pourtant habite en ces demeures; Je la vois tous les jours entrer chez celuici, Chez celui-là.... la font. Fabl. va, 4 2. || Celui-là, annonçant une proposition qui va suivre. Il n'est enseignement pareil X celui-là, de fuir une tête éventée, la font. Fabl. ix, 8. || Celui-là, cellelà, pris absolument et signifiant cette chose, cette action, ce fait, cette assertion, qu'on ne veut pas nommer, mais que la tournure de la phrase fait assez comprendre. Je ne m'attendais pas à celle-là, c'est-à-dire à cette nouvelle, à cette sottise. Vous marier, vous, mon père! — Moi-même en propre personne. — Je ne m'attendais pas à celui-là, regnard, Sirén. 6. || Celle-ci, sous-entendu lettre, se met quelquefois en commençant une lettre. Celleci est pour vous assurer.
— REM. 1. Celui-là, celui-ci, disent certains grammairiens, ne peuvent être suivis du pronom relatif, et celui-ci qui disait, celui-là qui chantait ne valent rien. Cette assertion doit être restreinte; celui-ci , celui-là étant déjà déterminés par l'adjonction des particules et et là, ne permettent pas qu'on les détermine de nouveau par une phrase conjonctive; ainsi on ne dira pas: ceux-là qui aiment Dieu gardent ses commandements. Mais si cette phrase conjonctive est non pas déterminative, mais simplement explicative, rien ne s'oppose à ce qu'on la reçoive, par exemple : Turenne et Condé.... celui-là, qui fut tué d'un coup de canon, fut enseveli dans son triomphe ; celui-ci, qui finit sa vie dans son lit, jouit longtemps de l'éclat de sa renommée. Avec c'est, citait, celui-ci, celui-là admettent sans contestation après eux le pronom conjonctif : c'est celui-là qui m'a volé ; c'est celui-ci qu'il faut arrêter. || 2. Celui-là prend aussi après lui le pronom conjonctif, quand il y a quelques mots entre lui et le conjonctif. Celui-là est deux fois grand, qui, ayant toutes les perfections, n'a pas de langue pour en parler. Âmes de bronze, humains, celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette rjbute, Et le premier osa l'abîme défier, la font. Fablî vu, 42. Celui-là peut bien faire, qui ne nous aigrit plus par une grande fortune, la bruy. xii. || 8. Autrefois celui-là, eeiut-ct'prenaientaprès eux le pronom conjonctif comme celui le prend. Mais qu'il soit une amour si forte Que celle-là que je vous porte, Cela ne se peut nullement, malherbe, dans girault-duvivier.... Le feu qui brûla Gomorrhe Ne fut jamais si véhément Que celui-là qui me dévore, voiture, ib. Notre galant vous lorgne une fillette, De celleslà que je viens d'exprimer, la font, dans le Dict.
de DOCHEZ.
— HIST. xvi* s. Et vraiement celui-là disoitbien, qui appeloit l'agriculture la mère et la nourrice de tous les autres arts, la bo8tie, 4 47. Celle-là qui estoit en mal d'enfant et qui se tourmentoit, m. 305. Ce souverain bien académique et peripatetique, qui est vivre selon icelle [nature] , devient difficile à borner et exprimer; et celuy des stoïciens, voisin à celui-là, qui est consentir à nature, mont, iv, 306. Certes ceulx-ci [ces vers] ont je nesçayquoy de plus vif et de plus bouillant, comme il les fait en sa plus verte jeunesse et eschauffé d'une belle et noble ardeur, m. I, 222
— ÉTYM. Celui, et et, là.
CELUI-LA. Voy. celui-ci.
t CEMBRE (san-br'), s. m. Espèce de pin des Alpes et du Dauphiné.
CEMENT (sé-man), s. m. || 1° Matière diverse dont on entoure un corps métallique pour le soumettre à la cémentation. || 2° Terme d'anatomie. Substance qui, recouvrant la racine des dents, va en s'amincissant à mesure qu'elle se rapproche de l'émail de la couronne , où elle s'arrête.
— ÉTYM. Carmentum, fragment de pierre, moellon; de cxdere, tailler, couper.
CÉMENTATION (sé-man-ta-sion), s. (. Opération qui consiste à mettre la pièce à cémenter dans une boite en tôle en l'entourant soit de poussier de charbon, soit de cuir carbonisé ou de corne, et à l'exposer à une forte chaleur qui a pour but d'amener la combinaison du métal avec le charbon. Acier de cémentation, acier produit en stratifiant des couches de charbon, mettant des barres de fer sur ces couches et chauffant à blanc.
— ÉTYM. Cémenter.
CÉMENTATOIRE (sê-man-ta-toi-r") , adj. Relatif à la cémentation. || Cuivre cémentatoire , cuivre qui a été précipité par le fer d'une dissolution de sulfate de cuivre.
— ÉTYM. Cémenter.
CÉMENTE, ÉE (sé-man-té, tée), part, passé. Fer cémenté.
CÉMENTER (sé-man-té), v. a. Soumettre à la cémentation.
— ÉTYM. Cément.
t CEMENTEUX, EDSE (sé-man-teû, teû-z'), adj. Qui a les caractères du cément.
— ÉTYM. Cément.
CÉNACLE (sé-na-kl'),s. m. \\ 1° Dans les Ecritures, salle à manger, et, plus particulièrement, la salle où Jésus-Christ institua l'Eucharistie après y avoir soupe avec ses apôtres. Comme il descendit autrefois dans le cénacle, mass. Car. Conf. Ce souffle ébranla le cénacle et consterna les disciples, id. Panég. S. Franc. || La Cène de Léonard de Vinci [tableau très-célèbre] est nommée quelquefois le Cénacle. || 2" Par extension, réunion d'hommes de lettres, d'artistes, etc., qui se voient souvent et sont accusés de s'admirer mutuellement. Est-il besoin de dire que dans son cénacle Joseph [Delorme] n'a introduit que quelques poètes.... unis entre eux par des rapports intimes d'amitié et de voisinage? stebeuve , note à la fin de la 4 *• éd. des Poésies et pensées de Joseph Delorme.
— ÉTYM. Cœnaculum, de cœnare, souper (voy. cène).
t CENCHRE (san-kr1), s. m. Terme de botanique. Nom d'une graminée (cenchrus).
— ÉTYM. KéYXP0<-
f CENCHRITE (san-kri-f), s. m. Terme de minéralogie. Diamant gros comme un pois.
— ÉTYM. KeYXP"ï]i;, de xéyxpo;, grain du cenchre.
f CENDAL (san-dal), s. m. Sorte d'étoffe de soie, dont on se servait dans le moyen âge.
— HIST. xnr" s. Se il eust fait ses atours de bon cendal enforcié de ses armes, joinv. -194. || xv s. Quand le roi de France fut retrait en son logis et en [on] ot tendu son pavillon de cendal, froissart, n, II, 198.
— ÉTYM. Provenç. cendal, cendal, sendat; espagn. cendal ; ital. tendado, xendale; on le tire du latin sindon, grec tivSwv, étoffe fine.
f C'EN DESSUS DESSOUS (san-de-su-de-sou), loc. adv. Véritable forme de ce qu'on écrit aujourd'hui sens dessus dessous (voy. sens dessus dessous, où l'historique démontrera la vraie signification et orthographe).
CENDRE (san-dr*), s. f. || i° Poudre qui reste après la combustion du bois et autres matières. Cendre chaude. Faire cuire sous la cendre, dans les cendres. Lessive de cendres, lessive faite avec des cendres. Mettre en cendre , réduire en cendre, brûler. Leurs trônes mis en cendres, corn. if. de Pomp. i, t. Brûlez votre recueil et faites-en des cendres, la font. On ne s'avise. Cet édifice est réduit en cendres, boss. Hist. n, 8. Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre! rac. Andr. l, *. Brûlez le capitole et mettez Rome en cendre, id. Milhr. m, 4. Une ville qui sera mise en cendres comme Troie, fén. Tél. x. || La cendre qui couvre le feu, au propre et au figure. Le feu couve sous la cendre. 11 ne peut.... que se mettre au visage Sur le feu de sa honte une cendre d'ennui, malh. i, 4. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre , corn. Rod. m, 4. Tout cela se préparait et se cuisait
sous la cendre, dès le temps que le roi parla à son neveu de ne plus retourner en Espagne, st-simon, 244, 2)3. Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts, lamart. Iféd. i, 4 4 . 1 1 2° La cendre en tant que signe de deuil, de mortification, au propre et au figuré. X ces vains ornemens je préfère la cendre, rac. Esth. i, 4. Je l'ai trouve couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle; mais son œil Conservait sous la cendre encor lemêmeorgueil,iD.tb. n, 4. Tandis que toute l'Église combat sous la cendre et sous le cilice, mass. Car. Jeûne. Priam, les cheveux souillés de cendres, le visage baigné de pleurs, chateaub. Génie, n, n, 4. || Fig. Faire pénitence avec le sac et la cendre ou dans le sac et la cendre, éprouver une vive affliction de ses péchés, des offenses commises contre Dieu. || Fig. C'est pourquoi déguisant les bouillons de mon âme, D'un long habit de cendre enveloppant ma flamme, Je cache mon dessein aux plaisirs adonné, Régnier, Sot. xm. || Au plur. Les cendres, cendre des linges de l'autel ou des rameaux bénits dont le prêtre fait une croix au front des fidèles le premier jour de carême. Recevoir, prendre les cendres. Le jour des Cendres, le mercredi des Cendres. Boniface, donnant les cendres à un archevêque de Gênes, les lui jeta au nez, volt. Mœurs, 66. || 3° Reste, débris d'une chose qui a été consumée par le feu ou par ce qui est comparé au feu. Do son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fumées, corn. M. de Pomp. i, 2. Une autre Rome sort des cendres de la première, boss. Hist. m, 4. Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre, rac. Andr. i, 4. Les vices des grands renaissent de leurs cendres, mass. Pet. Car. Vices. L'État renaît pour ainsi dire de sa cendre, J. J. rouss. Contr. il , 8. || 4° Reste des morts (locution provenant de l'usage des anciens de brûler les cadavres) et, figurément, leur mémoire. Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre? boil. Sat. ix. Ah! ranimez les cendres de nos pères, mass. Car. Temples. Gémissez sur les cendres de l'époux qui vous a été enlevé, id. Or. (un. Villars. On craint que de la soeur les flammes téméraires Ne raniment un jour la cendre de ses frères, rac. Phèd. n, 4. J'ai donné comme toi des larmes à sa cendre, volt. Ali. i, 4. Que j'unisse ta cendre à celle de ton père, A. chén. p. 4). Nous respectons les cendres de nos ancêtres, parce qu'une voix nous dit que tout n'est pas éteint en eux, chateaub. Génie, I. vi, 3. Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes Éteins le souvenir, malh. vi, 4 7. C'est ainsi que la justice divine, justement irritée de notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre, boss. Duch. d'Orl. Ces veuves qui s'ensevelissent, pour ainsi dire, elles-mêmes dans le tombeau de leurs époux, y enterrent tout amour humain avec ces cendres chéries, in. Anne de Gong. Les morts du sein de l'ombre avec terreur s'élancent Pâles, et secouant la cendre des tombeaux, Gilbert, Jug. dernier. Nous avons cru devoir rendre ce témoignage aux vertus d'un sage dont l'envie n'a point respecté les cendres, condorcet, Jfaioutn. Il a dit à la mortelle : Vite ! éblouis ton amant ; Avant de mourir, sois belle; Sois un instant étincelle, Puis cendre éternellement, v. hugo, Voix intér. xvn. || Il ne faut pas remuer ou troubler les cendres des morts, il ne faut pas dire du mal de ceux qui ne sont plus. || 5° En chimie et dans les arts, certains résidus de la combustion. || Cendre bleue, oxyde de cuivre précipité de la dissolution du sulfate de ce métal par la chaux. || Cendre verte, couleur que les peintres emploient dans les paysages (variété terreuse de carbonate de cuivre). || Cendre gravelée, proprement la cendre des vrilles de la vigne, ou la cendre du sarment; et par extension et plus particulièrement, le produit de l'incinération du tartre brut ou lie de vin desséchée. || Cendres du Levant, espèce de soude. || 6° Cendre de plomb, le plomb de chasse le plus menu; on dit plutôt cendrée. || 7" Cendre rouge, variété terreuse de lignite brûlé. || Cendre noire, variété terreuse de lignite à l'état naturel. || Proverbe. Il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre, se dit, pour exprimer la rareté des bons ménages, de deux époux excellents l'un pour l'autre.
— HIST. xii' s. Je ne pris [prise] pas plein poing de cendre Ta menace ne ton orgueil, la Charrette, 799. E vestirent eaus [eux] de haires, e mistrent cendres sor lor chef, Machab. i, 3. D'ire [il] devint vermeilz plus que carbuns sur cendre, Th. le mari. 44. || xm* s. A l'entrée de quaresme, après ce que on prent cendres, villeh. vi. Por cel pais qu'il voloit prendre Et les cités livrer à cendre, FI. et Bl.
CEN
«S. De toute teinture fors de graine en charrete un denier; neis [même] se il i a cendre clavelée qui appartient à teinture.... Liv. des met. 284. Encor te veuil assez aprendre De mesler tainture avec cendre , Ren. 4 2 040. Bien le doit-on ardoir en cendre, 16. 9047. Il xvi* s. Abattant boys, bruslant les grosses souches pour la vente des cendres, bab. Pant. 11, 2. Elle se resoult en pouldre comme ferait de la chaux vive ou de la cendre, qui la foulerait, amyot, Sertor. 23. Mieulx vault la cendre divine Que du monde la farine, le bodx de lihcy, Proverbes, t. i, p. 6. S'il ne s'en trouve après une eiacte et diligente recherche, il faudra exécuter sur toutes sortes de meubles jusques aux cendres du feu, avant qu'en venir aui immeubles, Nouveau couslumier génér. t. n, p. 1094.
— Etym. Picard , chaîne; bourguig. carre; provenç. cenre, cendre, cène; catal. cendra; ital. cenere; du latin cinerem, le même que le grec xôvt{.
CENDRÉ, EE (san-dré, drée), adj. || 1" De couleur de cendre. Gris cendré. Les peuples étaient de couleur oendrée au septentrion , volt. Mœurs , 444. Les sourcils sont plus châtains et les cheveux plus cendrés, j. j. rohss. Hél. 11, 25. || 2° Terme de fonderie. Mêlé avec les cendres. || 3° Terme d'astronomie. Lumière cendrée, lumière faible qui nous permet d'apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil. Cet effet est surtout sensible trois jours après la nouvelle lune; il est attribué par les uns à une qualité phosphorescente du globe lunaire, par les autres, avec plus de vraisemblance, à la lumière réfléchie de notre globe sur la lune.
— hist. xvi* s. De couleur cendrée ou livide,