‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 290 sur 403 · BELLAY · texte numérisé non relu

BELLAY

— ETYM. Provenç. cambrier, eamarier; catal. camarer ; espagn. camerero ; ital. cameriere; baslat. camerarius, de caméra (voy. chambre).

CHAMBRIÈRE (chan-bri-ê-r'), s. f. || 1* Femme attachée au service de la personne et des chambres. On dit maintenant femme de chambre. Il était une vieille ayant deux chambrières : Elles filaient si bien.... la font. Fabl. v, 6. || 2* Terme de manège. Fouet léger à long manche, employé dans les manèges; c'est une aide plutôt qu'un instrument de punition. || 8* Morceau de bois attaché par un anneau sous une charrette et qui sert à la soutenir droite quand elle est sans chevaux. || 4" Sorte de chandelier en usage chez les charrons et autres ouvriers. || Outil de maréchal pour arranger le fer et le charbon dans le feu. || Bâton attaché près de l'établi du trélileur. || Petit ruban avec lequel la fileuse tient saquenouille attachée devant elle. || &• Terme de marine. Espèce de crampe servant aux chantiers de la mâture. || Petit cordage pour serrer les voiles d'étai et d'artimon.

— HIST. xii* s. E pris ourent, en terre de Israël, une pulcele petite; e celé esteit chamberiere la femme Naaman, Rois, 361. La dame après muntad, e cinc chambereres od sei aenad, ib. 102. Et la chambrière ki portière eret et lo frument purgivet, dormit, Job, 444. || xin's. De lui se départit la maie chamberiere, Berte, xi. La chamberiere ne li serjant au marchant de la marchandise devant dite ne pueent ne ne doivent partir aveuc aucun marchant des choses desus dites, Liv. des met. 149. Mespris avez en tel manière, Qu'en vos en tient à chamberiere Qui conmunaus est as garçons, Tien. 12856. || xv* s. Icelle basse [servante] ou chamberiere du dit prestre, du cange, audibilis. Et fut [la princesse] de ses valetz et chambrières prise entre leurs bras, et apportée bas par une poterne sur le rivage, fkoiss, ii, il, Ht, Femme doit dedans ordonner La maison, bestail gouverner, Les chamberieres, les sergens Restraindre, reslargir ses gens Selon les temps, selon leur peine, e. desch. Poésies rr*ss. f* 628, dans lacurne. De tout estât soit bas ou hault,Venez-y qu'il n'y aitdetfault, Venez-y varletz, chamberieres, villon, Repues fr. || xvi*s. Il n'est soupper que demarchantz, regoubillonner [sorte de repas] que de chambrières, rab. Pant. îv, 40. Lafemme de Phocion qui va tousjours avec une chambrière seule par la ville, amyot, Phoc. 28. Il y eut tuerie sur les prestres et leurs chambrières, qui firent la principalle deffence, d'aub. Hist. 1 , 34 6. Les pauvres amoureux et passionnés rendent leur ame martyrée, obéissante et chambrière à leur concupiscence et désir, paré, iv, Préf. Quant au reste de sa maison, c'estoit une règle inviolable que ny luy mesme, ny ma mère ny valet ny chambrière ne parloient en ma OOtDpaignie qu'autant de mots latins que chascun avoit appnns pour jargonner avec moi, mont. I, 194.

— ÊTYM. Oiambrier; bourguig. chambleire, chambeleire ; provenç. camarieria.

t CUAMBR1LLON (chan-bri-llon, II mouillées), s. (. Petite servante dont les gages sont peu élevés. Souffriras-tu toujours que je ne paraisse qu'un torchon au prix d'elle, et qu'étant eu sa compagnie l'on me prenne pour sa chambrillou, Francion, liv. H, p. 60. || Mot populaire.

— ÊTYM. Chambre.

f CUAMBRTJLE (chan-bru-I') , s. m. Terme rural. Le charbon, maladie qui attaque les moissons.

— ÊTYM. Champ, et brûler.

Cil AME (ka-ine) , t. f. Terme d'histoire naturelle.

Genre de coquilles marines bivalves, comprenant beaucoup d'espèces.

— ÊTYM. Chama, de /j)»).

CHAMEAU (cha-mô), "t. m. || f Quadrupède ruminant haut de jambes, qui a le cou fort long, et une ou deux bosses sur le dos. Le chameau bactrien, qui a deux bosses et est dit vulgairement chameau; il est répandu dans toute la Bactriane ainsi qu'en Tartane et en Chine. Le chameau dromadaire, nommé vulgairement dromadaire, et ayant une seule bosse. Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau; Le second approcha; le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire, la font. Fabl. iv, 10. Vois l'homme en Mahomet, juge avec moi ton maître; Tu verras de chameaux un grossier conducteur.... volt. Fanât, i, 4. || Poil de chameau, poil dont on se sert pour différents ouvrages. || Terme d'injure, populaire et très-bas. Va, grand chameau. || 2* Chameau du Pérou , lama. || Chameau de rivière , pélican. || 8" Terme de marine. Sorte de grande caisse qu'on place sous le flanc d'un navire pour le porter et le soutenir au-dessus de l'eau, dans certaines occasions. Demi-chameau, se dit quelquefois de chacun des deux pontons qui composent un chameau complet.

— hist. xi* s. Set cenz camelz et mil autours muez, Cft. de Roi. m. || xn* s. Muls et chevaux, et charnels, Roncisv. 21 . Li bon charnel gisent en sa contrée, ib. a. Et sa posessions fut setmilbiers de berbiz et trois milhiers de chamoz, Job, 496. || xiii* s. Li chameus siet joste le roy, Moult fu en la cort chier tenuz, Ren. 8422. Il sont jà entré en ma terre, Et si les conduit li chameus, t'6. 2fil29. Donques ont lor gaaing coilli et asamblé; Cinc cens et mil camel i furent conquesté, Estre [outre] muls et somiers qui pas ne sont nombre, Cft. d'Ant. vm, 1610. || xv* s. Ils estoient rafreschis souvent de nouvelles pourveances, car on leur amenoit à sommes et à cameaux, froiss. m, iv, 15.

— ÊTYM. Picard, cameau ; provenç. camel ; espagn. camello ; ital. cammello; du latin camelus, de xânnaoç, de l'arabe djamal. Dans l'ancien français, le nominatif singulier est li charnels ou chnmaus ou chameus, et le régime singulier le charnel.

f CHAMÉCISSE (ka-mé-si-s'), s. m. Terme de botanique. Nom du lierre terrestre (glechoma hederatea, £.).

— ETYM. Xocp.afxi(j<ro{, de "/ap.ai, à terre, et xurac*, lierre.

t CHAMELÉE (cha-me-lée), s. f. Charge d'un chameau.

— HIST. xm* s. Ele fist charger vingt chamelées d'aiguë rose, Hist. occid. des croisades , t. n , p. 103.

— ÊTYM. Chameau.

CHAMELIER (cha-me-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie: des cha-me-lié-z adroits), s. m. Conducteur de chameaux. J'entendis le cri du chamelier qui conduisait une caravane éloignée, chateaub. îtin. ii, 34.

— ÊTYM. Camelarius, de camelus, chameau.

t CHAMELLE (cha-mè-1'), s. f. La femelle du chameau. D'autres.... Faisaient jaillir des mamelles De leurs dociles chamelles Un lait blanc sous leurs doigts noirs, v. hugo, Orient, t.

— HIST. xiii* s. Es nés [navire] entrent, drecent la voile, Si s'en tornent, fors la chamoille, Ren. 2C608.

— ÊTYM. Chameau.

f CUAMÉLON (cha-mé-lon), s. m. Le petit du chameau.

f CHAMITE (ka-mi-t'), s. m. Nom des anciens Égyptiens. Se dit aussi des descendants de Cliam.

— ETYM. Cham, nom de l'Egypte.

CHAMOIS ( cha-moî ; 1'* se lie : un cha-moi-z

agile), s. m. || 1° Ruminant à cornes creuses, de la taille d'une grande chèvre, à pelage brun, dont la peau et la chair sont recherchées. j| 2* La peau corroyée du chamois. Gants de chamois. || Couleur chamois, couleur jaune clair. || Passer au chamois, mettre en presse, dans une peau de chamois, des cendres métalliques d'où l'on veut extraire le mercure. || 3" Anciennement, un homme qui ne quitte point son régiment pour venir faire sa cour et qui est uniquement occupé de son métier. Locution prise de ce que les vieux officiers de cavalerie, qui ne quittent point leurs troupes, portent des vestes et des enausses de chamois, de cailliêres, <690.

— hist. xv* s. Grans chaperons et cornette à visiers, Peaulx de chameulx, et draps fors et entiers; Garnissez-vous avant qu'iver vous fiere [frappe], E. desch. Poésies mss. f* 234, dans lacurne. I| xvi* s. Le jésuite ne tarda gueres à estre au logis du ministre, qu'il trouva vestu de chamois, d'aub. Hist. m, 23

— ÊTYM. Espagn. ca»iu;a, gamuia ; porlug. camvça, camurça ; ital. cninoaa, camoscio; du haut-allem.gawi-j, allem. mod. Gemse. Chameulx, qui est dans E. Deschamps, ferait croire qu'il a confondu chamois et chameau ; mais les formes des langues romanes ne permettent aucun rapprochement étymologique entre ces deux mots.

t CHAMOISEK (cha-moi-zé), v. a. Préparer una peau à la façon de la peau de chamois.

— ÊTYM. Chamois. Il y a , dans l'ancien français, ecimosser, qui veut dire battre, frapper, et qui est sans doute le même mot.

CIIAMOISER1K (cha-moi-ze-rie), s. f. Lieu où l'on prépare les peaux de chamois. || La marchandise que prépare le chamoiseur. Commerce de chamoiserie.

— ÊTYM. Chamoiser.

CHAMOISEUR (cha-moi-zeur), s. m. Ouvrier qui prépare les peaux de chamois

— ÊTYM. Chamoiser.

I . CHAMP (chan ; prononciation qui est celle qu'au xvi* siècle Palsgrave indique, p. 24; le se lie jamais: un champ aride, dites: un chan aride; au pluriel ['s se lie : des chan-z arides), s. m. I| 1" Espace ouvert et plat. Du haut du Pic du Midi un champ immense s'étend devant les yeux. || Cnamp de foire, l'emplacementoù se tient une foire. || Champ de course, espace où se font des courses de chevaux. || Champ du repos, cimetière. || Champ de Mars, lieu, à Rome, consacré à des exercices militaires et à des réunions populaires. Le peuple au champ de Mars nomme les magistrats, rac. Brit. i, 2. || Aujourd'hui, champ de Mars, lieu destiné à faire manœuvrer des troupes. || Champ de mare, de mai, assemblées que tenaient en mars ou en mai les rois francs pour régler les affaires de l'État. || Champs Élysées, Élysiens ou Ëlyséens, séjour des âmes heureuses, selon les païens. || 2* Pièce de terre labourable. Petit champ. Champs cultivés. Champ fertile, stérile, labouré, fumé, ensemencé, moissonné. Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût : Creusez, fouillez, bêchez, la wnt. Fabl. v, 9. Si le possesseur de ces chs :;.. ■ ... Le

possesseur du champ vient avecque son fiis: Ces blés sont mûrs, dit-il, m. t'6. iv, 22. Le lièvre et la perdrix, concitoyens d'un champ, Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille, in. ib. v, )7. Tel qu'un ruisseau docile Va rendre tout un champ fertile, rac. Esth. ii, ». ||Fig. Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce : Mais ce champ no se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glaner, la font. Fabl. ni, I. Le champ de la nature ne peut s'épuiser, et l'on y trouve toujours des moissons noiuelles, chateaui;. Génie, i, v, 4. || 3° Au plur. La campagne en général. Maison des champs. Travaux des champs. Vie des champs. Un homme des champs. Mener les bêtes aux champs. Aller aux champs, en parlant des troupeaux. Chemin qui va à travers champs. Quand on les envoie à leurs maisons des champs, pasc. Div. 2. Votre maître de musique est allé aux champs, et voilà une personne qu'il envoie àsa place, mol. Mal. im. n, 4. L'innocence des champs est-elle votre fait? la font. Fabl. vu, 2. Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, id. ib. i, 9. Tigres dans les forêts, alouettes aux champs, id. ib. iv, 22. Mangez ce grain, et croyez-moi. Les oiseaux se moquèrent d'elle : Ils trouvaient aux champs trop de quoi, la font. Fabl. 1, 8. || D'après de Cailliêres, en 1690 : Je m'en vais aux champs ; Il est à sa maison des champs , étaient des façons de parler bourgeoises. Mais les meilleurs auteurs s'en servaient de son temps, et l'usage les a conservées. || Être aux champs et à la ville, être logé de façon à jouir des agréments do la campagne. || Fig. Avoir, donner, prendre la clef des champs, avoir la liberté de s'en aller, la donner, la prendre. || Avoir un œil aux champs et i'autre à la ville, veiller à tout. || Poétiquement, les champs, un pays, un canton. Un autre vous dirait que dans les champs troyens Nos deux pères sans nous formèrent ces liens, rac. Andr. iv, 6. ô rivej du Jourdain, ô champs aimés des cieux, m. Esth. I, 2. ô fortuné séjour, ô champs aimés des cieux 1 Que pour jamais foulant vos prés délicieux, No puis-je ici fixer ma course vagabonde. Et, connu de vous seuls, ignorer tout le monde! boil. Ép. vi. || En plein champ, au milieu de la campagne, loin de toute habitation. || A travers champs ou à travers les champs, en s'écartant de la route battue ou du chemin frayé pour aller plus directement à son but, en traversant les champs. Allerà travers champs, la bruy. vi. || Fig. A travers champs, sans ménagement, en désordre, ou par dts

CÏ1A

OïA

CITA

voies détournées du droit chemin. D'un certain magisler le rat tenait ces choses, Et les disait à travers champs, la font. Fabl. vm, 9. || Se sauver à travers champs, essayer d'échapper par des subterfuges à une question pressante. || Familièrement. Courir les champs, errer dans la campagne. || Fig. Quitter son logis, errer de lieux en lieux. Mme de Mazarin court les champs de son côté, sév. 240. Et dans un autre sens figuré, être compromis. Son honneur? ah! il y a longtemps qu'il court les champs. || Fou à courir les champs, réellement fou. || Fig. et familièrement. Être aux champs, être en colère ou en grande perplexité. Un rien le met aux champs. Il se met aux champs pour rien. Voilà M. le duc aux champs et le roi en colère qui voulut savoir qui était du souper, st-sim. 42, 248. || 4° Terme militaire. Battre aux champs, battre la marche, ou pour rendre les honneurs. Quand le duc d'Anjou [roi d'Espagne] sortait ou rentrait, la garde battait aux champs, st-sim. 83, 83. || Fig. Battre aux champs, prendre la campagne. L'armée est assez forte Pour faire corps et battre aux champs, la font. Coupe. || 5" Le lieu où se livre une bataille. Champ de bataille. Quitter le champ de bataille. Mourir ou rester sur le champ de bataille. Laissant le champ libre à l'ennemi. Le prince au champ de Mars, Chaque jour, chaque instant, s'offre à mille hasards, corn. Héracl. I, 4. Dans ton champ de bataille, aux yeux de ton armée, id. Rod. tv, 4. Toi qui connais ce peuple et sais qu'aux champs de Mars LAchement d'une femme il suit les étendards, id. ib. il, 2. Quel champ couvert de morts me condamne au silence? bac. Iphigén. iv, 4. Qu'il me tarde déjà d'être au champ de la gloire, D'aller aux ennemis arracher la victoire! begnard, Folies amour, ni, •<>. Un guerrier expirant au champ d'honneur, dans la force de l'âge, peut être superbe [en statue], chateaub. Génie, in, i, 6. || Fig. et familièrement. Il prend, il choisit bien son champ de bataille, il prend ses avantages II reste toujours maître du champ de bataille, il a toujours le dessus dans un débat. Dans le même sens, le champ de bataille lui est demeuré. || 6° Champ ou champ clos, lice, lieu fermé de barrières, soit pour les duels judiciaires, soit pour les tournois. Ouvrir le champ, y admettre les combattants. Faites ouvrir le champ, tous voyez l'assaillant, corn. Cid, iv, 5. Les deux généraux et les deux armées semblaient avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais pour décider leur querelle comme deux braves en champ clos, boss. Louis de Bourbon. Ceux qui perdaient le champ étaient les vaincu», voltaire, Mœurs, <07. || Prendre du champ, prendre de l'espace, de l'élan. Ils prirent du champ et coururent l'un sur l'autre avec furie, chateaubr. Dern. des Abene. 4 86. || Fig. et familièrement. Avoir encore du champ devant soi, avoir des ressources, le temps, les moyens de se tirer d'affaire, n'être pas encore au moment critique. || Être à bout de champ, n'avoir plus de ressources. || 7° Tout théâtre où il se débat quelque chose. Sans entier dans le champ j'attends que l'on m'assaille, Régnier, Ép. n. Viens combattre en champ clos aux joutes du barreau, boileau, Lutr. vi. Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière, Et regarde le champ assis sur la barrière, ID. Ép. i. Ouvrir sur cette table un champ au lansquenet, id. Sat. x. Je vous fermais le champ où vous voulez courir, rac. Iph. iv, «. ||8° Espace libre, carrière, sujet. Le champ de la gloire. Un champ où l'éloquence puisse se déployer. Un vaste champ s'ouvre à votre activité. Le champ est ouvert aux soupçons. Laisser le champ libre à l'injure. Ils me laissent le champ libre pour faire ce qui me platt,

sév. 68 Par quel caprice Laissez-vous un champ

libre à votre accusatrice? rac. Phèd. v, 4. Sylla.... N'a fait qu'ouvrir le champ à César et Pompée, corn. Cinna, n, 4. Vous avez le champ libre, mol. Mis. ni, !•. Et laissent .un champ libre à leur persévérance, id. Fdch. n, 4. Et l'aigreur de la dame à ces sortes d'outrages Dont la plaint doucement le complaisant témoin, Est un champ à pousser les choses assez loin, id. Ée. des maris, I, 6. Voilà un beau champ ouvert aux catholiques, boss. Var. 4 5. Voilà un champ bien ample pour exercer un coeur, sév. 236. Et si l'effet enfin suivant mon espérance Eût ouvert un champ libre à ma reconnaissance, rac. Baj. v, 4. Puisse le ciel.... Ouvrir un champ plus noble à ce coeur excité , id. Iph. i , 2. Le champ vous est ouvert, id. Plaid, n, ». lia bien moins de champ que nous pour comparer et pour combiner, dider. Leur, sur les aveugl. La Trinité ouvre un champ immense d'études philosophiques, chateaub. Génie, i, 3. En morale et en histoire, on tourne

dans le champ étroit de la veVité, chateaub. Génie, UI, in, 3. || 9° L'étendue qu'embrasse une lunette d'approche, etc. 'lâchez de mettre ces deui objets dans le champ de la lunette. Tout ce qui regarde l'augmentation des objets, les ouvertures qu'il faut laisser aux lunettes, le champ qu'on peut leur donner, fonten. Ilartsoeker. || 10" Terme de peinture et de gravure. Le fond d'une toile et d'un cuivre d'attente, où l'art n'a encore rien tracé. || Termo de blason. Le fond de l'écu, qui estchargé des diverses pièces dont se composent les armoiries. Ses armes sont un lion d'or en champ d'azur. || Terme d'architecture. L'espace qui reste autour d'un cadre ; le fond d'un ornement, d'un compartiment. || 11* Terme d'art militaire. Champ de feu, espace que parcourt un projectile lancé par une arme à feu. || Champ de lumière, excavation oblongue pratiquée sur une bouche à feu autour du point où aboutit la lumière. || 12" Le milieu d'un peigne qui a deux rangées de dents. || 13° Sur-le-champ, locut. adverb. Aussitôt, sans délai. Parler sur-le-champ, sans préparation. Être forcé de prendre sa résolution sur-le-champ. Exécuter les ordres sur-le-champ. Et s'il m'eût voulu perdre, il l'eût fait sur-le-champ, mairet, Sophon. i, 4. Je voulais sur-le-champ congédier l'armée, rac. /pft.i,4. || Sur-le-champ que, aussitôt que. L'aveuglement sur Vaudemont fut tel qu'il eut, sur-le-champ qu'il le demanda, le régiment d'Espinchal, st-sim. 4 20, 66. Locution hors d'usage et qui ne se trouve peut-être que dans St-Simon. || 14° X tout bout de champ, à chaque bout de champ, locut. adverb. et familière. X chaque instant, à tout propos. Or ilne,me chaudrait, insensés ou prudents, Qu'ils fissent à leurs frais messieurs les intendants À chaque bout de champ.... Régnier, Sat. x. À chaque bout de champ vous mentez comme un diable, corn, le Ment, m, 6. Ils lui faisaient à tout bout de champ des contes, hamilt. Gramm. <4. Je m'arrête vraiment à tout bout de champ ; ici, j'y suis depuis huit jours, et ne sais encore quand j'en partirai, p. L. cour. n, 63. || Proverbe. II y a assez de champ pour faire glane, c'est-à-dire il y a assez de besogne pour tout le monde, ou bien il y a de quoi contenter tout le monde.

— HIST. xi* s. Tant riches reis morz et vaincuz en champ, Ch. de Bol. xl. Li quens Rolans au champ est repaire, ib. cxxxix. Averons-nous la victoire du champ ? ib . cclvi . 1 1 xir s. Servez le bien , l'onor dou camp aurez, Honcisv. 41 . Encore en sont li champ ensanglantez, ib. 94. TantqueDexvoille,duchampaions l'honor, ib. t"8. L'erbe du camp qui ert verte et delgée [menue], ib. 137. Vous jurerez premiers de ce camp [champ clos] arrami, ii>. 1 92. Tuit en [de chevaliers] seront couvert li champ et li larri, Saxons, xxw. Tuz suis entra en champ cumme bons champiuns , Th. le mart. 38. E tut cil qui laburent el champ nostre seigneur, ib. 73. || xin* s. Li jours estoit biaus et li cans si plains [uni] que il n'i avoit fosse ne mont ne val, H. de val. v. Car fors à estre as chans moût durement [elle] convoite, Berte, xxix. Li tans est tix que périlleuse coze est d'aler as cans, beaum. ix, 8. Quant tuites ces cozes dessus dictes seront fêtes, cil qui se combatent doivent estre mis el camp de la bataille, id. lxiv, 4 4. ||xiv°s. Aucun peut vouloir que en un champ de bataille celui ait vittoire, qui faint estre champion, orf.sme, Eth. 64. || xv° s. El se partirent un samedi [les soudoyers] et aussi ceux du castel et de la malemaison, et se trouvèrent tous sur les champs, froiss. I, I, 100. Si monta au plutost qu'il put sur fleur de coursier et prit les champs, id. i, i, 403.... Qu'ils fussent forts et puissans de résister contre les François qui y tenoient les champs, id. i, i, 24 5. Je vous en appelle de champ et veez ci mon gage, id. II, n, *6. Et incontinent mist ses gens d'armes aux champs, comm. i, 2. || xvr s. Loin de penser à lui donner la clef des champs, Mém. sur du Guesel. 7. Sur le champ, mont. i, 4). Avoir la clef des champs, id. i, (25. Le vray champ et subject de l'imposture sont les choses incogneues, id. i, 247. Il faut qu'il y en ait un [penchant] à qui le champ demeure, id. i, 269. T?l en camp clos, qu'en une battaille, id. ii, 7. En ce qui concerne les combats, les conseils se prenent ordinairement sur le champ [sur les lieux], lanoue, 436. L'armée de terre se mettrait aux champs, id. 440. La fortune luy favorisa en ce combat, de manière qu'il desfict le Gaulois, et le despouilla sur le champ [sur place], amyot, Num. 22. Fabius s'en prit à rire, et luy respondit sur le champ, id. Fab. 47. Il avoit combattu vingt et trois fois en camp clos, m. P. Mm. 63. Je bus, dit-il, mes armoiries. — Et bien. Monsieur, quel en est le camp? d'aub. Fœn. iv, 7. Ce fut aux ministres à desploier leur éloquence,

et se servir d'une nouvelle qui arriva sur ce champ, assavoir que.... ID. llist. il, 277. Nombre superficiel quarré qui peut estre appelé champ; quarré de quarré, que nous appelions champ de champ, et. de la roche, Arismetique , f* 42. Mieux vaut un bon temps qu'un bonchamp, le roux de lincy, l'ror. 1. 1, p. 61. Bois ont oreilles, et champs œillets [yeux], cotorave.

— ÊTYM. Picard, camp; nivernais, samp ;provenç. camp, cambo; espagn. et ital. campo; du latin campus, de même radical que le grec v.rrnoî, jardin.

2. CHAMP (chan), t. m. || 1° La partie la plus étroite d'une pièce de bois, d'une brique. |j 2' De champ, locut. adv. Sur le côté étroit. Mettre une solive de champ. Des briques sont posées de champ, quand le sens de leur largeur est vertical et celui de leur longueur horizontal; dans le cas contraire elles sont debout, et enfin de plat, si ces deux sens sont horizontaux. || Roue de champ, se dit en mécanique, de toute roue, horizontale ou non, dont le plan est perpendiculaire à la direction des dents; ainsi quand la roue est verticale, 1ns dents sont horizontales, legoarant.

— REM. Champ, comme on le verra à l'étymologie, est une très-vicieuse orthographe qui rend la locution inintelligible . et qui est provenue d'une confusion de sons. C'est chant qu'il faut écrire; et l'Académie devrait rectifier cette grosse faute de l'usage.

— ÉTYM. Norm. de cant, de côté; wallon, can, le côté, mète one brike so s'ean, mettre une brique de champ; ancien français, cant, côté; espagn. et ital. canto (voy. canton) : mettre de chant, c'est mettre sur le côté. Comparez décanter.

t t. CHAMPAGNE (chan-pa-gn') , s. f. || 1° Province de France qui produit un vin blanc et mousseux très-renommé. Aurions-nous des hôtes plus doux, Si l'Allemagne entrait chez nous? J'aime mieux les Turcs en campagne Que de voir nos vins de Champagne Profanés par des Allemands, la font. Lelt. xxm. On a planté plus de vignes et on les a mieux travaillées : on a fait de nouveaux vins qu'on ne connaissait pas auparavant, tels que ceux de Champagne, volt. Louis XIV, 30. || 2° S. m. Le Champagne, le vin de Champagne. Le Champagne est un vin factice qui s'est fait d'abord avec le vin de la Champagne, plus propre en raison de sa légèreté a être travaillé de la sorte, mais qui a été imité en Bourgogne et ailleurs. Je vide gentiment mes deux bouteilles. — Peste I — Oui vraiment, du Champagne encor, sans qu'il en reste, regnard, Foi. amour. ni, 4. Rien qu'à voir mousser le Champagne, bérang. Deo grattas. Il faut déboucher le Champagne, afin que la glace le saisisse.... Je donnais des conseils à cet imbécile de Joseph, pour glacer le vin de Champagne à point, bayard et de wailly, le Mari à la campagne, n, 2. || Champagne frappé, celui qu'on refroidit vivement à l'aide de la glace pilée mise autour de la bouteille, au moment de le boire. Ahl c'est qu'ici, tu vois, pas de contrainte, pas de mines renfrognées; de la gaieté et du plaisir à discrétion; frappez le Champagne, passez le punch, commencez la valse, et vive la liberté I bayard et de wailly, le Mari à la campagne, n, 6.

— ÊTYM. Champagne, province de France, ainsi nommée de ce qu'elle est une plaine (voy. campagne).

t 2. CHAMPAGNE (chan-pa-gn'), s. f. Terme de teinturier. Cercle de fer, garni d'un filet, empêchant les étoffes de toucher au fond de la cuve à pastel.

f 3. CHAMPAGNE (chan-pa-gn'), s. m. Terme du blason de France. L'espace, en bas, du tiers ùa l'écu.

CHAMPART (chan-par ; le t ne se lie pas) , s. m. Terme de jurisprudence féodale. Une certaine portion des fruits que le seigneur percevait sur l'héritage donné à cens. Dites aux femmes ce que c'est que fiefs, rentes, dîmes inféodées, droit de champart, lods et ventes, fén. xvn, 4 04 . Les autres [contributions] se lèvent en espèces lors de la récolte à une certaine quotité, plus ou moins, selon la quantité des gerbes que la terre donne; et c'est ce qu'on appelle champart ouagrier, vauban, B-tme, 71.

— HIST. xiii* s. Ventes de vilenages de cans à campart poent bien qeoir [tomber] en pris de terre, beaum. jcxvii, 24. || xvi° s. Qui tient terres sujettes à champart n'en peut lever la desblée sans appeler le seigneur, sur peine de l'amende, loysel, 644. Terres tenues en fief ne doivent champart, id. 646.

— ÉTYM. Campi pars, de campus, champ, et pars , partie (voy. part, s. f.).

CUAMPARTÊ, ÉE (chan-par-té, tée) part, passé. Gerbes champartées.

CHAMPARTEK (chan-par-té), v. a. Terme de

CHA

CHA

jurisprudence féodale. Exercer le droit do champart. Champarter un champ.

— hist. xirr* s. Bertoult qui fu en sa meson, Saut por veoir que ce estoit Oui ses gelines chanpartoit, lien. 604a. Cil ne fet pas de son campart ce qu'il doit, qui emporte ses garbes, anchois qu'eles soient campartées, beacm. xxx, 29. Pierres si camparta à un sien tenant une pièce de terre, id. xxx, 32.

— ÉTYM. Champart.

CHAMPARTEUR (chan-par-teur), s. m. Terme de jurisprudence féodale. Celui qui levait le champart au nom du seigneur.

— ÊTYM. Champarter.

t CRAMPE, ÊE (chan-pé, pêe), adj. Terme do blason. Le fond de l'écusenommantchamp, champé se dit de la qualité du champ.

f CHAMPÊAGE (chan-pô-a-j'), t. m. Droit que quelques communes ont encore de faire paître leurs bestiaux sur des terrains vagues.

— HIST. xvi* s. Pasturage et champeage de bestes, en héritage d'autruy qui n'est clos ne deffensable, n'acquiert droit de possession ne prescription sans titre vallable, Couslumier gènér. t. n, p. 263.

— ÊTYM. Champ. Il y avait autrefois le verbe champayer. Les habitants des villes et villages peuvent mener et faire mener leurs bestes grosses et menues champayer et pasturer es lieux de vaino pasture, Couslumier génér. 1. 1, p. îio.

CHAMPEACX (chan-pô) ». m. plur. Prés, prairies. Nous montons dans te l'orêt, nous parcourons les champeaux, l. j. rouss. Ém. m. || Ce mot tombe en désuétude.

— hist. xvr* s. X toutes bestes sont prohibez les prez champaux dès les premiers jours de février, et les prez en fonds de rivière dès le premier jour de mars, Couttumier génér. t. II, p. 652.

— ÊTYM. La locution entière est prés champeaux ou mieux champaux , prés des champs, par opposition aux prés de rivière; de campalis, qui appartient aux champs, de campus, champ. On voit par là que ce mot ne peut avoir de singulier; ou du moins ce singulier serait champal.

f CHAHPELCRE (chan-pe-lu-r') , *. f. Voy.

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