‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 289 sur 403 · CHAGRINER (cha-gri-né), v. o.||l° Causer du · texte numérisé non relu

CHAGRINER (cha-gri-né), v. o.||l° Causer du

chagrin. Cette perte le chagrine beaucoup. Il se plaît à chagriner les gens. Son monsieur Trissotin ma chagrine et m'assomme, uoL.Fem. sav. i, 3. Phèdre vous chagrine, et blesse votre vue, rac. Phèdre, i, t Alexandre chercha tous les moyens de chagriner Aristote, fén. Arist. || 2° Se chagriner, v. réfl. Éprouver du chagriu. Il n'y a pas de quoi se tant cuagri-

LUCT. DE LA LANGUK PRANÇAiSI

ner. Ne vous en chagrinez pas. Ils s'émeuvent soudain, soudain ils se chagrinent, Et ne gardent plus rien de leur première paix, corn. /mil. i, (4.

— HIST. xvi* s. La condition la plus heureuse ou Ils saliraient estre les chagrine, les ennuya et le» degouste, sully, dans le Dict. de DOCBTtX.

— ÊTYM. CHAGRIN 2.

t CUAGRINIER (cha-gri-nié) , s. m. Celui qui fabrique le chagrin.

— ÊTYM. Chagriner t .

t CHAH ou SHAH (cha), i. m. Titre des rois da Perse.

— ÊTYM. Persan, tehd, roi.

t CHAHUT (cha-u), s. f. Sorte de danse assez peu décente pour que la police l'interdise dans les lieux publics.

t CHAHUTER (cha-u-té), v. n. Danser la chahut.

t CHAI (chc''), s. m. Magasin au ras du sol, tenant lieu de cave. Les chais servent surtout à emmagasiner Peau-de-vie.

— ÊTYM. Bas-lat. cayum, chayum; le même que quai (voy. ce mot), par l'intermédiaire de la glosa d'Isidore : kai, canalise, barreaux. Chai, quai a donc signifié tout ce qui renferme dans un enclos.

t CHAILLE (cha-U',M mouillées1!, s. f. Un de» noms vulgaires de la camomille romaine.

f CHAÎNAGE (chê-na-j1), s. ru. || 1* Terme d'arpenteur. Opération qui consiste à mesurer une ligne droite sur le terrain avec la chaîne d'arpenteur. || 2° Terme d'architecture. Appareil intérieur, de bois ou de far, qui soutient une construction an maçonnerie.

— ÊTYM. Chaîne.

t CHAÎNASSE (chê-na-s'), s. f. Terre argileuse mêlée de sable quartzeux.

CHAÎNE (chê-n'), s. f. || 1° Espèce de lien de métal, formé d'une suite d'anneaux. Chaîne de fer. Chaîne pesante. Chargé da chaînes. Retenir quelqu'un dans les chaînes. Briser ou rompre ses chaînes. Chien à la chaîne. Mettre à la chaîne. Le peuple ferma les boutiques, tendit les chaînes par les rues, et fit des barricades, la roch. Mém. 3i. Léon IV fit élever des tours, tendre des chaînes sur le Tibre, volt. Uœuri, 28. On le peint [l'Hercule gaulois] avec des chaînes qui lui sortent de la bouche, comme s'il eût entraîné les hommes par ses paroles, la pont. Leur, xn. || Chaîne à la catalane, chaîne composée de plusieurs anneaux ronds ou elliptiques, en fer et doubles. Chaîne carrée, chaîne dont les anneaux sont de figure elliptique et ployés en deux. Chaîne en gerbe, chaîne dont les maillons sont courbé3 comme un 8. Chaîne en S, chaîne dont les maillons ont la forme d'une S. || Chaîne à la Vaucanson ou chaîne sans fin, chaîne qui, tenant lieu de crémaillère, fait tourner en même temps plusieurs roues ou poulies. || Chaîne d'arpenteur, chaîne d'une longueur connue qui sert, dans les opérations d'arpentage, à mesurer les distances sur le terrain. Cet instrument est formé de morceaui de gros fil de fer ou de cuivre coupés de même longueur, recourbés en boucle à leurs extrémités, et réunis deux à deux par de petits anneaux; les chaînons extrêmes sont disposés de manière à former deux poignées par lesquelles on tient la chaîne tendue au-dessus du sol (voy. décamètre). Il avait le coupd'œil presque aussi sûr que la chaîne d'un arpenteur, j.j. rouss. Est, u. || Mesure de corde, ou faite d'anneaux métalliques, pour prendre la taille desanimaux domestiques; mais elle est infidèle; on préfère la mesure dite potence. || Chaîne de port, la chaîne, ou, par extension, l'estacade qui barre l'entrée d'un port. || Chaînes d'abordage, longs crocs de fer que l'on lance dans les agrès d'un navire ennemi. || Huissiers à la chaîne, de la chaîne, huissiers du conseil du roi qui portaient à une chaîne d'or la médaille du roi. M. de Bouillon étant allé àÊvreux, son fils y envoya un exploit par un huissier à la chaîne, st-sim. b», 242. || Terme de joaillier. Chaîne de diamants, chaîne garnie de diamants. Chaîne de cou. Chaîn» de montre, et, absolument, chaîne, chaîne à laquelle estsuspendue la montre. || Terme d'horloger. Chaîne d'une montre, l'espèce de chaînette d'acier qui tend le grand ressort. || 2° Chaîne , la peine des galères et le convoi même des forçats conduits au bagne. Il fut condamné à la chaîne. La chaîne était escortée par un piquet de gendarmerie. C'est le conducteur de la chaîne, Ses captifs sont plus gais que lui, bbhang. Indépend. || 3° Fig. Servitude, capûvité. Briser les chaînes des esclaves. Secouer ses chaînes. Rompre sa chaîne. Elle le retient par une douce chaîne. Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne, corn. A'tc. v, u. Tandis que l'Orient, dans le lit de ses reines, Voit passer un esclave au sortir du ses chaînes,

rac. Bér. u, i. Ces religieux se consacrent à briser les chaînes des chrétiens, volt, àlteurt, (30. || Lien, engagement étroit. Brisez votre alliance et rompez-en la chaîne, corn. Hor. u, «. Du sang qui vous unit je sais l'étroite chaîne, rac. Andr. i, 2. Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes, id. Andr. ni, 7. Et ces noms, ces respects, ces applaudissements, Deviennent pour Titus autant d'engagements Qui , le liant , seigneur , d'une honorable chaîne.... id. lier, v, 2. Ah! si d'une autre chaîne il n'était point lié, id. Vnj. m, 7. Tant d'années étaient des chaînes qui mo liaient à ces deux hommes, pén. Tél. xm. 11 est absurde que la volonté se donne des chaînes pour l'avenir, j. ;. rouss. Contr. u, <. Celle qui par la douceur, par un amour vrai et même par les chaînes de l'habitude, l'avait subjugué [Louis XIV], volt. Louis XIV , 20. || Esclavage, sujétion, dépendance. Forcez, rompez, brisez de si honteuses chaînes, corn. Nie. i, 2. Cette âme, d'avec soi tout à coup divisée, Reprend de ses remords la chaîne mal brisée, id. Sert, i, i. L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine Tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne, boil. Sat. vni. Un voyage rompra toutes ces vilaines chaînes-là, sév. 42. Nelesa-t-il pas vus tous deux dans les chaînes de Mlle du Bouchet? ssv. 686. Hippolyte rendra ma chaîne plus légère, rac. Phèd. u, t. Tu vis mon désespoir; et tu m'as vu depuis Traîner de mers en mers ma chaîne et mes ennuis, id. Andr. I, (. Votre état est donc plutôt une irrésolution vague d'un cœur agité , et qui craint de rompre ses chaînes, mass. Avent, Délai de convert. Rompez des chaînes que je déteste, io. Carême, Motifs deconv. Pour lui faciliter les moyens da rompre ses chaînes, id. Avent, Bonh. des Justes. J'ai préparé la chaîne où tu mets les Romains, volt. if. de César, i, t. Ils tiennent sous leurs pieds tout un peuple à la chaîne, id. Henr. vu. Un sang nouveau bouillonne dans mes veines ; Des douleurs et des ans j'ai dépouillé les chaîne», c. delavio. Paria, v, 3. Sans me lasser de vos chaînes, J'invoquerai la liberté, bbhang. Plus de pol. Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi, id. Vocation. Comme un taureau dans la plaine, Vous traînez après vous la chaîne De vos longues iniquités, lamart. Uéd. i, 30. 11 est comptable à sa patrie Des dons qu'il tient de leur bonté [des cieux] ; Cette influence souveraine N'est pour lui qu'une illustre chaîne Qui l'attache au bonheur d'autrui , i. b. rouss. Odes, iv, 7. || Etre rivé à sa chaîne, ne pouvoir se soustrai re à la dépendance où l'on vit. || Bénir sa chaîne , se trouver heureux de la sujétion où l'on est, de l'attache qu'on a. j| 4° Suite non interrompue d'objets semblables. La chaîne da montagnes qui borde l'Océan. Une chaîne d'étangs partage cette contrée. Le général disposa les postes de manière qu'ils fissent une chaîne continue. || 6* Suite de personnes disposées pour se transmettre quelque chose de main en main. Les manœuvres forment la chaîne pour transporter des matériaux. 11 n'y avait pas assez de monde pour faire la chaîne, de la rivière au lieu de l'incendie. || En physique, chaîne électrique, suite de personnes qui se tiennent de façon à se transmettre une commotion électrique. || Terme de danse. On appelle chaînes en général les mouvements où les lignes décrites par les figurants s'entre-croisent, et où ceux-ci se donnent la main en passant, ce qui forme en effet une sorte de chaîne; la grande chaîne est celle qui se fait entre tous les danseurs d'une contredanse dans la figure d'un lacs d'amour ; les cavaliers partent par leur droite, les dames par leur gauche ou réciproquement, et chacun donne alternativement la main droite ou la main gauche aux arrivants; on fait ainsi le tour entier. Les petites chaînes se font entra quatre figurants et le plus souvent avec les vis-àvis, rarement sur les côtés. La chaîne des dames, la chaîne anglaise sont les principales des petites chaînes; elles exigent huit mesures. || Chaîne anglaise, pas composé où les deux couples vis-à-vis font un traversé, les dames passant au milieu, et occupent ainsi la place l'un de l'autre ; après quoi les deux couples reviennent à leur place par un mouvement semblable. || Chaîne des dames, pas composé dans lequel les deux dames traversent et retraversent. Aux deux extrémités, elles trouvent d'abord le cavalier vis-à-vis, puis leur propre cavalier, qui leur donnent la main et font un dernier tour de main avec elles. || Demi-chalne, même pas, dont on fait seulement la moitié. Demi-chaîne anglaise, les deux couples traversent seulement et na retraversent pas. La demi-chalne ne demande quti quatre mesures. || 6* F.m. -lalnenient, continuité. La chalnedes causes. Je aetaia bien aisedefairevoirtoui»

CHA

la chaîne des autres vérités, desc. Hrth. Cette preuve fera voir la chaîne entière de la tradition, boss. Vif. comm. Où est l'homme assez stupide pour ne pas voir la chaîne de tout cela ? j. j. bouss. Êm. i. S'il y a quelque chose de clair en métaphysique, c'est la chaîne de ce raisonnement, chateaub. Génie, i, I, 4. Donc, ne présentez plus à mon cœur agité Ces immuables lois de la nécessité , Cette chaîne de» corps, des esprits et des mondes, volt. Dit. de Lisbonne. || 7" Terme de tisserand. Les fils tendus sur les deui rouleaux du métier, et entre lesquels passe la trame. Étoffe » chaîne de coton et trame de laine. Il Terme de maçon. Rangée de pierres de taille superposée pour donner de la solidité à un mur de petites pierres. || Rangée de gros cailloux espacés but des chemins ferrés pour contenir la pierraille imermédiaire. ||8" Collection d'auteurs qui ont travaillé sur quelque partie de l'Écriture sainte. || 9° Chaîne à poil, chaîne de surcroît dans le velours.

— SYN. chaîne, febs. La différence entre ces deux mots, pris au sens de liens pour tenir captif, est que la chaîne est le mot propre, et que fers est, en cette acception, un mot poétique; aussi dit-on mettre un chien à la chaîne et non aux fers.

— hist. xi* s. En caeines de fer, Ch. de Roi. ccxxxii. Il xii* s. En deui chaaines [il] tenoit un grant lion, Roncisv. 113. Ou il l'en amaint [ou qu'il l'amène] pris en chaaine ou en hart, Saxons, xix. || xiu' s. Dont vindrent les galies et pristrent le port par force et rompirent la chaene qui moult estoit fort, villeh. xlv. L'en apele drap nays, à Paris, le drap duquel la chaene et la tisture est tout d'un, Liv. des met. 4 4 9. La belle chaane dorée Qui les quatre elemens enlace, la Rose, 16988. Les baillis à la fonde [bourse] et à la caenne [tribunal des contestations maritimes, ainsi dit de la chaîne du port], Hist. occid. des croisades, t. il, 476. Se puis trover François, ceste gent mal senée, Chascun el col aura caïne bien fermée , Puis les menrai à vous, à Baudas [Bagdad] la loée, Ch. d'Ant. v, 827. || XV s. Une chayenne forte et de dure assemblée par ordre de pluseurs aneauix joins et entreteuans ensemble, chr. db pis. Charles Y, u, *. || xvi* s. Pour porter au col, eut une chaisne d'or, rab. Garg. i, 8. Tandis que tu as gardé le silence [dit Apelles à Megabysus], tu sembloies quelque grande chose à cause de tes chaisnes et de ta pompe,

— ÊTYM. Berry, chadaine, «ordon, chaîne de vigne en espalier; picard, cogne, caiue ; provenç. et espagn. cadena; portug. cadea; ital. catena; du latin eatena.

f CHAÎNÉ, ÉE (chê-né, née), ad). Qui est formé de parties attachées bout à bout. Câble chaîné.

+ CHAÎNER (chê-né), v. a. Terme d'arpenteur. Chaîner une distance, la mesurer avec la chaîne d'arpenteur.

— êtym. Chaîne.

CHAÎNETIER (chô-ne-tié) , *. m. Ouvrier qui fait des agrafes et toutes sortes de petites chaînes.

— ÊTYM. Chaînette.

CHAÎNETTE (chê-nè-f), *. f. || 1" Petite chaîne. La chaînette d'une bride. || !• Terme de mathématiques. Chaînette ou funiculaire, la courbe que la pesanteur fait décrire à toute corde ou chaîne suspendue par les deux extrémités. Déterminer l'équation de la chaînette. En ce temps-là, le problème de la chaînette, qu'il avait proposé, faisait beaucoup de bruit parmi les grands géomètres ; c'est la courbure que doit prendre une chaîne attachée fixement par les deux extrémités, également pesante en toutes ses parties et dont chaque partie est tirée en embas par son propre poids et en même temps retenue par les points fixes, konten. Bernoulli. || Terme d'architecture. Voûte dont la courbe est celle d'une chaîne suspendue parles deux bouts. || 8* Point de chaînette, point de couture ou point noué qui sert à rabattre une couture et qui a l'apparence d'une chaîne. || Broderie en point de ohaînette, points rentrant l'un dans l'autre en forme de lacs continu. || 4° La partie du harnais des chevaux de carrosse qui sert à soutenir le timon et à le reculer. || 6" Terme d'imprimerie. Gouttière au bas d'un tympan. || 6* Terme militaire. Troupe de soldats rangés en cercle et garantissant ceux qui sont chargés de fourrager.

— hist. xm" s. Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renés, leur chenetes, leur poitriaus, et toutes choses qui à leur mestier apartienent, Liv. des met. 223. || xiv" s. Et si tenoit une herminette Trop gracieuse et trop doucette  une chaiunelte d'or fin, machadlt, p. 46. Un demy ceint d'or, qui fut à la royne J janne de Bourbon , assis sur un tissu noir, ouquel a une chainetle a façon

CHA

de fleurs de lis, de la borde, Émaux. Et [le faucon] yra pasturer, tout lié d'une cordelle ou chainette, Hodus, f* lixiv. || xvi* s. Une médaille pendante à une chaisnette d'or, carloix, viu, 20.

— ÊTYM. Diminutif de chaîne.

f CHAÎNEUR (chê-neur) , s. m. Terme d'arpenteur. On nomme chatneurt les hommes que l'on emploie à mesurer les distances avec la chaîne. Quand l'arpenteur prend part lui-même à l'opération, celui qui l'aide est nommé porte-chaîne. Par suite, dans un chaînage on donne souvent le nom de chalneur à celui-là seul des deux manœuvres portant la chaîne qui est le plus intelligent et qui dirige l'autre, ce dernier n'étant alors que porte-chaîne.

— ÊTYM. Chaîner.

CHAÎNON (chê-non), ». m. || l'Anneau d'une chaîne. || Fig. Il y a des chaînons si déliés qu'on craint qu'ils ne se rompent, volt. Letl. Prusse, 46. Le passé , le présent, l'avenir lient tous les membres de cette société des chaînons de la loi naturelle, dioerot, Rèfl. s. Vesp. \\ 1° Bride qui embrasse les queues des tenailles. || 8* Terme de géologie. Élévation de terrains qui sont en diminutif ce qu'est une chaîne de montagnes. || 4* Terme de marine. Anneau d'un câble-chaîne ; on dit plus souvent maillon. || La portion d'un càble-chaîne comprise entre deux manilles (30 mètres environ).

— SYN. maille, chaînon. Le chaînon est l'anneau, de diverses figures, qui entre dans la composition d'une chaîne; la maille, quand elle est de métal, est l'anneau, de diverses figures aussi, qui entre dans la composition d'un tissu : les mailles d'une cotte d'arme.

— hist. xi' s. Et si lui mettent ou col un caeignon, Ch. de Roi. cxxxv. || xm's. Et fu pendus à un gibet tout nuef, et à [un] caignon tout nuef, que la corde ne rompist, Chr. de Rains, 473 || xvi" s. Nous avons un certain nombre de syllabes en chascun genre de poème, par lesquelles, comme par chainons, le vers françois lié et enchainé.... dubellay, i, 29, verso. Une chaine, de laquelle les petits chainons d'or estoient distingués de perles et pierres de toutes couleurs, tver, 633,

— ÊTYM. Chaine.

fCHAINTRE (chin-tr'), J. m. Nom, dans quelques endroits, de portions de terrain un peu creuses qu'on laisse aui extrémités des champs pour servir d'égout. || Lieu mis en réserve pour le pâturage des bestiaux et défendu au moyen de quelque clôture.

— ÊTYM. Autre prononciation de ceintre.

4 . CHAIR (cher) , s. f. || 1" Toutes les parties molles du corps de l'homme et des animaux, et plus particulièrement la partie rouge des muscles. Recevoir une blessure dans les chairs. Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange, rac. Ath. u, t>. || En chair et en os, la personne elle-même. On le disait au fond d'un précipice; mais le voilà en chair et en os. || Entre cuir et chair, au-dessous de la peau : il éprouvait des élancements entre cuir et chair; et Egurément, en soi-même : il s'impatientait entre cuir et chair. || Être en chair, avoir de l'embonpoint, avoir la chair ferme; se dit aussi du cheval et autres animaux. || En chirurgie, on appelle chairs indistinctement les parties molles qu'on traverse avec l'instrument tranchant. || Terme de pathologie. Substance molle qu'on observe dans les solutions de continuité, formée principalement par les bourgeons vasculaires. Chairs baveuses, excroissances de chair. || Familièrement. C'est une masse, une grosse masse de chair, se dit d'une personne lourde de corps et d'esprit, ou seulement très-grosse. || Vendeur de chair humaine, racoleur, agent pour le remplacement militaire, et aussi celui qui fait métier de prostituer des femmes. || Chair à canon, les troupes que l'on expose sans ménagement aux coups de l'ennemi. || 2* L'apparence extérieure, la peau. Avoir la chair douce, rude, blanche. || Avoir la chair fralîhe, avoir un frais coloris. || Avoir la chair courte , avoir la peau sujette à se gercer. || Chair de poule, l'aspect que présente la peau lorsquel'impression du froid y détermine des aspérités dues à la saillie des bulbes des poils, ce qui la fait ressembler à la peau d'une poule plumée. || Fig. Cela fait venir la chair de poule, cela excite la frayeur, l'horreur. || 8° La viande des animaux terrestres et des oiseaux considérée comme aliment. Chair de bœuf, de mouton. Chair crue, cuite, dure, tendre, fine, courte, longue, salée, fraîche. Vendredi chair ne mangeras. Chair blanche, le veau, la volaille, etc. par opposition au mouton, chevreuil, lièvre, etc. De cette double proie L'oiseau se donne au cœur joie, Ayant de cette façon X souper chair et poisson, la font.

CHA

h'abl. îv, 1 1 . || Chair à saucisse, chair de porc hachée qu'on met dans les saucisses et dans d'autres mets. || Hacher menu comme chair à pité, mettre en pièces, couper par morceaux. || Fig. Sentir la chair fraîche, se dit des désirs amoureux qu'excite la présence d'une personne, et aussi, d'une façon générale, de tout ce qui peut exciter le désir du gain, l'intérêt, la curiosité. La Marans arriva, elle sentait la chair fraîche, sbv. 36. || 4* La partie blanche ou rougeâtre, mais de nature musculeuse, que l'on mange dans les poissons. Le saumon a la chair fine et ferme. || 8* On nomme aussi chair, le parenchyme, la partie succulente de certains fruits : c'est le sarcocarpe. La chair de la pêche, du melon, de l'abricot. || 6° La nature humaine, considérée en opposition à la nature spirituelle. Le verbe s'est fait chair. La résurrection de la chair. Ou s'il y a des dieux. ils ont le cœur de chair, régnieb, Élég. m. Fils de cette sainte veuve plus selon l'esprit que selon la chair, boss. Or. 9. La multitude adore des divinité» de chair et de sang, fên. xvii, 240. Les âmes timides veulent s'appuyer sur un bras de chair ou sur la force de leur sagesse, id. xviii, 460. Ce n'est pas un bras de chair qui l'a conservée, mass. Carême, Vérité de la religion. Le reproche que fait Jésus-Christ à ses parents selon la chair, mass. Carême, Salut. Vous nous défendez dans vos écritures de nous faire un bras de chair, fléciiier, Tur. Dieu brise le bras de chair qui les appuyait, m. Le Tel/. Honteux attachements de la chair et du monde, corn. Polyeucte, iv, 2. Ceux qui vivaient selon là Chair, boss. llist. I, 4. Si la chair et le sang, se troublant aujourd'hui , Ont trop de part aux pleurs que je répands pour lui, rac. Ath. i, 2. De la chair corrompue éteindre en nous les feux, id. Hymnes. On voit tous les jours les amateurs du monde tomber avec leurs protecteurs, et avec ces appuis de chair et de sang en qui ils mettaient une vaine confiance, mass. Mysl. Purifie. Soumission. Nous allons triompher de la chair et du démon, id. Carême, Jeûne. De la chair et du sang réprimez les murmures, c. delavigne , Paria, n, 4. S. Jérôma charge ses épaules d'un lourd fardeau, pour dompter une chair révoltée, chateaubr. Génie, n, m, 8. || En termes d'Écriture, toute chair, l'ensemble des êtres vivants, homme et animaux. Hors des heures de louange, toute chair est ici en silence devant le Seigneur, fén. xvh, 264. La multitude l'empêchat-elle d'exterminer toute chair au temps du déluge? mass. Car. Petit nombre des élus. || Le mariage no fait qu'une chair de l'homme et de la femme. || C'est la chair de sa chair, c'est l'objet de ses plus vives affections, c'est un autre lui-même. ||La chair, la concupiscence charnelle. L'œuvre delà chair, l'œuvre de chair, la conjonction charnelle. L'aiguillon do la chair. Le péché de la chair, le péché d'impureté. Lepéchéde la chair tentait l'humanité, régnieb, Soi. i. Vous êtes donc bien tendre à la tentation ; Et la chair sur vos sens fait grande impression, mol. Tart. m, 2. || Être de chair, avoirdes faiblesses humaines, et particulièrement des faiblesses amoureuses. Filles du sang royal ne se déclarent guères; Tout se passe en leur cœur; cela les fâche bien : Car elles sont de chair ainsi que les bergères, la font. Fianc. Vou* considérerez, en regardant votre air, Que l'on n'est pas aveugle et qu'un homme est de chair, mol. Tart. m, 3. || 7" S. f. plur. Dans les arts, toute imitation de la chair de l'homme. Les chairs sont mal rendues dans ce tableau. Ce sculpteur traite bien les chairs, ses chairs sont belles. || Au singulier, telle partie est belle de chair. || Couleur de chair, rouga pâle qui approche de la couleur de la chair da l'homme. Un maillot couleur de chair. |j 8" En terme.i de fauconnerie, l'oiseau est bien à la chair, lorsqu'il chasse bien. || 9*"Terme de tanneur, côté de la peau opposé à celui où se trouve le poil. || 10" En termes do forge , le fer a de la chair quand la cassure en e<l inégale et paraît d'un brun noirâtre. || 11" Terme do minéralogie. Chair fossile, espèce d'amiante à feuillets épais et solides. || 12° Chair à dame, espèce do poire peu estimée. || Proverbes. La chair nourrit la chair, c'est-à-dire la viande est le meilleur aliment. || Il n'est ni chair ni poisson, se dit d'un homme d'un caractère indécis, qui flotte entre deux partis. || Jeune chair et vieux poisson, c'est-à-dire il faut manger les animaux quand ils sont jeunes, et les poissons quand ils sont vieux. En vérité, mon compère, vous faites bien mentir le proverbe: jeune chair et vieux poisson; car, n'étant qu'un jeune brochet, vous avez une fermeté que les plus vieux esturgeons n'ont pas, voit. Lett. 145. || U n'y a point de belle chair près des os, c'est-à-dire une personne maigre n'est jamais belle. || L'esprit est

en a

CTÏA

CITA

prompt et la chair est faible, se dit îles bonnes résolutions qui sont prornpteinent conçues, mais que l'on tient difficilement.

— SYN. viande, chair. La viande est la chair préparée dans la boucherie ou dans la cuisine pour la nourriture de l'homme ou des animaux. La chair n'a subi aucune préparation et est l'animal lui-même tel qu'il est après avoir été tué. Les animaux carnivores se nourrissent de chair; l'homme mange de la viande.

— MST. xi* s. En [pour cela] deit hom pordre du sang et de la char, Ch. de Roi. lxxxvi. L'haubert [il] lui rompt entresques à lacharn, A. xciv. As chars vives, ib. cxxiv. [Jej ne vous lairrai por [par crainte de] nul home de char, ib. clvii. ||xn' s. De mautalent [il] a la car tressuée, Roncisv. 62. Dex le garit [préserva] qu'en char [il] nel put toucher, ib. 63. Chascuns se doit enforcier De dieu servir, ja n'isoit li talens, Et la char vaincre et plagier, quesnes, Romane. 96. [Je feraij La char oindre de miel, et lécher à mes ours, Saxons, xxvn. Mes fiz que je ai engendré de ma charn me quiert ocire, Rois, 479. j| xin* s. [Féru] Si angoisseusement que la char en fut bloe [bleue], Rerte, xxxm. Ne pain, ne char, ne vin, negastiaux, ne biscuit, ib. xxxvi. Atant le lairons du roi Richart qui fu mors sans hoir de sa char, Chr. de Rains, 33. le ne laissai hui à l'ostel Ne pain, ne vin, ne car, ne sel. Ren. *OB8ii. Nus homs ne se devroit ià prendre X famé qui sa char veut vendre) la Rose, 4680.... S'ot la char tendre, Qu'en [on] la li peûst toute fendre À une petitete ronce , ib. 843. Et les chars salées, pour ce que il ne mangoient point de porc, joinv. 237. La maladie de l'ost estoit tele que la char de nos jambes sechoit toute, id. 236. || xiv* s. Mais estre batuz et feruz, ce leur est grant peine et grant douleur se il sont sensibles et se il ont char, oeesme. Eth. «8. Chars legieres sont de bonne digestion «t saines, id. fl>. 4 80. || xv's. Et pourvurent ledit chastel de vins, de farines, de chairs et de toutes autres pourveances, froiss. i, i, 253. Il est grand et long et fort et de gros membres, sans estre trop chargé de chair, id. h, m, <o. En char crue mon cueur ne se délecte, Oublions tout le vieil gouvernement, ch. d'orl. Rai. 126. Mon mari a, que je croy, Par ma foyl Le gozier de chair salée, Car il ne peut respirer Ne durer Se sa gorge n'est mouillée, ol. bass, V. de Vir. 3«. X ung jour de char [un jour gras], RM. des chartes, 4» série , t. iv, p. 373. || xvi' s. X qui le poisson seroit plus appétissant que la chair, mont, i, 228. En chair et en os [en personne], id. m, 309. Et issoit de toute sa personne une odeur fort souëfve tellement que les habillemens qui touchoient à sa chair en estoient comme tous perfumez, amtot, Alex. s. Chair et semence de courge, paré, xxi, 3. Toute chair n'est pas venaison, leroux delincv, Proverb. t. n, p. (92. Jamais ne demeure chair à la boucherie, id. ib.

— ÉTYM. Berry, bourguig. picard et wallon, char; namurois, chau; provenç. carn; espagn. et ital. carne; du latin carnem, accusatif de caro, qui tient au grec xpéa? , à l'ancien haut-allem. hréo , génit. hréwes; irland. carna.

f 2. CHAIR (cher), s. m. Coussinet, en termes de chemin de fer.

— ÉTYM. Angl. chair, coussinet, chaise; l'anglais chair est le français chaire (voy. ce mot).

CHAIRE (chê-V), s. f. || i* Siège élevé d'où l'on parle, enseigne ou commande, et, particulièrement, espèce de tribune à dais d'rt le prêtre adresse la parole aux assistants. Chaire de bois, de marbre, sculptée, etc. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les églises. Ce qui obligea le curé de monter en chaire, pasc. Prov. 15. Ils ne montent pas dans les chaires pour y faire de vains discours, boss. Par. ie Dieu, 4. Si nous sommes soigneux de former des prêtres que Louis puisse choisir pour remplir nos chaires, boss. le Tellier. Ce que cette chaire, ce que ces autels, ce que l'Évangile que j'annonce, et l'exemple du grand ministre dont je célèbre les vertus, m'oblige à recommander plus que toutes choses, c'est les droits sacrés de l'Église, id. ib. Les „ autres [prêtres] à l'État rendus plus nécessaires, Ont éclairé l'Église, ont monté dans les chaires, volt. Henr. v. || La chaire évangélique ou la chaire de vérité, la chaire où l'on prêche l'Évangile. X présent que je suis assis dans la chaire de Jésus Christ et des apôtres, et que vous m'écoutez avec attention, Boss. la Vallière. |j Etre assis dans la chaire de mensonge, de pestilence, etc. professer l'hérésie. Lucifer assis dans sa chaire infernale, boil. Sat. xn. Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison, rac. Ath. ni, 4.

Des femmes de la société, de graves philosophes avaient des chaires d'incrédulité, cnATRAUB. Génie, i, 1. 1| L'éloquence de la chaire, nom générique qui comprend toutes les sortes de discours qui sont ou peuvent être prononcés dans les églises, savoir : les panégyriques, les oraisons funèbres, les sermons, les prônes, les conférences, etc. || Fig. La prédication. Les orateurs de la chaire. Avec quel succès le grand art de la chaire est cultivé à Genève, j. J. rouss. Dédie. || 2° Tribune où siège un professeur dans les écoles publiques. Le professeur est en chaire. || Fig. L'enseignement même ou la place du professeur. Une chaire de littérature française. Ce professeur a obtenu la chaire qu'il désirait. Le peuple ne donne ni chaires , ni pensions, ni places d'académie , ». J. rouss. Ém. v. Le rhéteur Eumènes tenait à Rome une chaire d'éloquence, chateaub. Mart. 116. ||3*Siégequ'al'évêque au haut du chœur. L'évêque, étant dans la chaire, donna la bénédiction au peuple. Les évêques à qui ils avaient laissé une chaire, boss. Hist. a, 13. || Fig. La chaire apostolique, la chaire de saint Pierre, la chaire d'unité, termes qui désignent le siège apostolique, la papauté. || 4* Chaire curule, ou, absolument, chaire, chaise curule. Des chaires, des licteurs, des faisceaux, J. J. rouss. Em. iv. || 5" Terme de marine. Grand bateau plat pour charger et décharger les vaisseaux.

— REM. i. Du temps de Vaugelas, l'identité de chaire et de chaise (voy. chaise) était encore si présente qu'il indique les cas où il faut se servir de l'un ou de l'autre. Aujourd'hui l'emploi de ces deux mots, qui sont le même mot différemment prononcé, est tellement spécifié qu'il n'y a plus lieu à aucune remarque de ce genre. || 2. Th. Corneille dit : «J'ai vu plusieurs ouvrages de poésie où l'on faisait rimer chaire avec affaire ; ce qui marque qu'il y a des provinces où l'on prononce ce mot comme le féminin de l'adjectif cher. D'autres le font rimer avec guerre, ce qui est mal, quoique la prononciation de chaire en approche davantage. » Ces nuances n'existent plus pour notre oreille; et chaire rime avec affaire, chère et guerre.

— hist. xn' s. Le povre [il] sache [tire] del femier, od les princes le fait sedeir; chaere de glorie li fait aveir, Rots, 7. || xm* s. Cil qui ci est en une chaiere entre nous, villeh. lxvii. Un riche chevalier estoit mort, et li avoit l'en fet une grant fosse large en terre, et l'avoit l'en assis moult noblement et paré en une chaere, joinv. 266. || xv* s. Respondit tanstost messire Guillaume de Fermiton et dit : Dites à Jean de Chastel-Morant qu'il s'en voise reposer un petit en sa chaiere, froiss. a, n, 8). La duc de Berry, frère du roy, presidoit assis en chaire, comm. i, 8. Ladicte demoiselle estoit en sa chaire et le duc de Cleves à costé d'elle, id. v, 44. || xvi* s. S'eslançant d'une chaire où elle estoit assise, mont. ni, 48).

— ÉTYM. Saintonge, Berry et norm. chaire, chaise; bourguig. cheire, chaise; picard, eahière, cahielle, kielle, chaise; wallon, chèire, chaise; namurois, chèière, chaise; rouchi, catère , kèière , chaise; provenç. cadtra, eadeira; catal. cadira; anc. espagn. codera; portug. eadeira; ital. eattedra; du latin cathedra, siège, du grec xa6t8poc, de xa8, xotvà, sur, et Î5pa, siège, dont le radical est le même que le radical latin sed dans sed-ere (voy. seoir). Plusieurs patois ont conservé des formes analogues à la forme ancienne chaere, c'est-à-dire non contractée; chaere, dans les anciens textes, était toujours de trois syllabes.

t CHAIS, s. m. Voy. chai. Mauvaise orthographe; c'est celle du pluriel.

CHAISE (chê-z'), s. f. || 1" Siège à dossier et ordinairement sans bras. Chaise de bois, de paille, de rotin. Chaise rembourrée. Prendre, donner, avancer une chaise. Loueuse de chaises. Chaise à bras pour les enfants. Alidor assis dans sa chaise , Médisant du ciel a. son aise, Peut bien médire aussi de moi; Je ris de ses contes frivoles; On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi, Bon.. Épigr. xiu. jl Chaise de chœur, ancien nom de ce qu'on nomme aujourd'hui stalle. || Chaise longue, sorte de lit ou de canapé qui n'a de dossier qu'à un bout. || Chaise percée, ou, simplement, chaise, siège garni d'un vase pour les besoins naturels. Et pour prix de sa peine au grand vent dispersée Vont ses papiers servir à la chaise percée, Régnier, Sat. n. Sidrac assura que [le principe de tout] c'était la chaise percée, volt. Oreilles, 7. || 2° Sorte de siège fermé et couvert où l'on se fait porter par deux hommes. Chaise à porteurs. Porteur de chaise. Il va en chaise. Allez, ôtez votre chaise d'ici, mol. Préc. 8. Je me suis

vu arrêter comme je sortais ne ma chaise, hamilt. Gramm. 7. Antigonus fit présenta Bion d'une chaise, afin qu'il le put suivre quand il voudrait, pen. Bion. || Porter en chaise, se dit de deux personnes qui entrelacent leurs mains pour en porter une troisième sur leurs mains ainsi entrelacées. || 3e Voiture de voyage à deux ou quatre roues, traînée par un ou plusieurs chevaux. Chaise de poste. Chaise roulante. Mon fils s'en va demain en chaise, sév. 346. || 4* Chaise on chaire curule, siège d'ivoire des principaux magistrats de la république romaine. Lesdeux chaises d'ivoire ont reçu les édiles, v. hugo, O'pî, iv, 4 1 . || 5° Terme d'architecture. Charpente formée de quatre grosses pièces, sur laquelle on établit la cage d'un clocher, d'un campanile, d'un moulin à vent. || Bâti de bois qui soutient la cage d'un moulin. || 6° Partie de la roue du coutelier. || Bâti de bois pour exhausser une chèvre, une grue. || Table qui supporte la poêle lorsqu'on fait les bougies filées. || 7* Terme de marine. Large sangle disposée en un siège mobile pour les gabiers ou voiliers. || Chaise marine, sorte de siège disposé de manière à affranchir du roulis et du tangage. || 8° Terme do fief. En partage de fief noble, nom des quatre arpents de terre qui environnent de plus près le château.

— HIST. xvi' s. Une chayze de fer qui estoit garnie develoux, dblaborde, Émaux, p. 200. Une chayze de Florance, id. to. Une chayze de bois d'ouvraigu de Naples, id. tî>. Celuy qui vuide ma chaize Dercéa . mont, i, 328. Elle passa un lacet de sa rolibe dans l'un bras de sa chaize, id. m, 452. Porté sur des brancars d'or, et assis dans une chaize d'or, id. iv,

— ÉTYM. Chaise est une prononciation vicieuse du motchaire (voy. chaire). Dans le xvi* et le xvu' siècle, le peuple de Paris, en beaucoup de mots, remplaçait le son de IV par celui du 1, et cette faute, accoptéo par l'usage, a fini par faire deux mots de chaire et chaise, avec une acception différente. Mais pendant longtemps l'usage ne les a pas séparés, Molière a dit chaise pour chaire: Les savants ne sont bons que pour prêcher en chaise, Fem.sav. v, 3. Régnier, chaire pour chaise : Et chacun en son rang Se met en une chaire, Sat. x. Après sa mort on donna sa chaise [chaire] au jeune Gronovius, p. 448, Menagiana.

f CHAISIER (chè-zié), s. m. Ouvrier qui fait des chaises.

— ÉTYM. Chaise.

f CHAISIÈRE (chè-ziè-r*),f. f. Loueuse de chaises à l'église (dans les provinces du Nord).

— ÊTYM. Chaise.

CUAKO (cha-ko), s. m. Voy. shako.

f CHALAN (cha-lan), s. m. Voy. chaland 2.

4. CHALAND, ANDE (cha-lan, lan-d'), s. m. et/, || i° Acheteur, pratique. Ce marchand a beaucoup il.) chalands , de bons chalands. Il perd ses chalands. || Quelquefois, simplement, acheteur. Faire venir les chalands. || 2° Par extension, client, et toute personne qui en recherche une autre, s'attache à elle, entretient avecelle des rapports habituels. Cette femme est un fort bon parti, elle ne manquera pas de chalands. Savez-vous bien qu'elle est assez sotte? Cela n'attire point les chalands, sév. 309. Cache ton corps sous un habit funeste; Ton lit, Margot, a perdu ses chalands ; Et tu n'es plus qu'un misérable reste Des premiers temps et des premiers galants, mainabd, dans richelet. || Familièrement. C'est un chaland [une connaissance] dont je ne me soucie guère. Nous ne serons pas longtemps chalands [en bons rapports], si vous vous conduisez ainsi. || 3* Se disait d'une sorte de pain assez blanc et très-massif. Mais retournons à table où l'éclanche [de mouton).... Des dents et du chaland séparait la querelle, Régnier, Sat. x. || Adjectivement, pain chaland. Ce pain était ainsi nommé, parce qu'il était le pain ordinaire des chalands d'un boulanger.

— HIST. xn* s. Reis, se tu es enuinz [oint], curune d'or portant, Ne deiz estre en orgueil, mais en bien reluisant, X tun peuple deiz estre e chiefs e lur [leur] chalant, Th. le mart. 30. || xv* s. Gautier le camus, qui estoit accompagné de dix autres compagnons acointés et ehalans de la dite Tassine.... du cange, chelandium. || xvr* s. Pain chalan, 0. ds serres, 824. Outre celles qu'ils entretenoient en leurs maisons, ils avoient leurs chalandes [mattresses] par tous les endroits de la ville, h. est. Apol. d'kérod. p. 68, dans lacurne.

— ÊTYM. Espagn. chalan; de chaland, sorte de bateau (voy. chaland 2); le chaland, qui achète, étant comparé au chaland, bateau, qui va chercher les marchandises pour les apporter au rivage, au quai, au marché (comp. barguigner). Dans le

ni a

CTT\

CITA

passage de Thomas le martyr, chiefs et ehalant signifient chef et associé, comme le prouve l'emploi de chalandise dans un texte de Froissart cité plus loin. Enfin, dans le parler de Loudéac (Côtes-du- Nord) , chaland signifie gouttière, conduit pour l'eau, peut-être par quelque assimilation avec chaland, bateau.

2. CHALAND (cha-lan; le d ne se lie jamais) ou, suivant les dictionnaires de marine, CHALAN, s.m. || 1* Terme de navigation fluviale. Grand bateau plat, pour le transport des marchandises. Les chalands qui font les transports entre le Havre et Paris. |i 2° Terme de marine. Allège à fond plat tirant trèspeu d'eau.

HIST. T.V s. Il n'i a barge ne drcmond ne calant, Ch. de Roi. clxxvi. || xir» s. Tus les porz funt guai'tier e de jur e de nuit, Qu'il n'i puisse passer od plain ehalant u vuit , Th. le mart. 63. || xm* s. Et li consaus [conseil] fu tex que l'empereres Henris s'en iroit au rivage et entrerait en un ehalant, viLLEn. clxx. Lors se part de Jherusalem, Puis s'en entra en un chalan; Le flum passa, el bois en vint, ruteb. n, 420. Chascuns puet ce faire, ausint comme il puet mener son ehalant par le flueve, Liv. de just. e*. Parmi le bras saint Jore Hatins les a menés, Et trovent les chalans garnis et conreés, Ch. d'Ânt. il, 322. || xv' s. Grand plenté de nefs et de chalans, froiss. i, I, 261.

— ÊTYM. Ane. catal. xelandrin ; bas-lat. chelandrium, chelindrus, salandra, calannus; bas-grec XE>àv6<ov. Origine inconnue. Diez propose, par assimilation, xÉ>uSpoç, tortue de mer, serpent de mer. 11 y a bien, dans le bas-latin, calones, barques portant le bois aux soldats; on pourrait accepter ce changement d'on en an; mais d'où viendrait le t ou d de ehalant ou chaland dans lf s plus anciennes formes?

t CHALANDEATJ (cha-lan-dfi) ou CHALANDOU (cha-lan-dou), t. m. Terme de marin. Marin chargé de la conduite des chalands : ce qui est devenu un terme de mépris.

— ÊTYM. Chaland 2.

CHALANDISE (eha-)an-di-z') , t. f. || 1° Affluence de chalands, vogue. L'enseigne fait la chalandise, la font. Fabl, vri, 4 s. Pour attirer du peuple et de la chalandise, boursault, Et. d la cour, i, 6. Je voudrais parfois qu'il n'y eût que moi de femme au monde. — Vous auriez de la chalandise, regnard, la Coq. m, 6. || 2° Les relations habituelles qui constituent le chaland ; le chaland lui-même. Vous êtes trop cher; vous n'aurez pas ma chalandise. Ce marchand a perdu toutes ses anciennes chalandises. Il n'a que de bonnes chalandises. Oui, toute notre marchandise Ne saurait dignement payer L'honneur de votre chalandise, BRitsKPAnE, Ballet de la nuit , dans richei.et. Si j'étois que de vous, je chasserais bien celte chalandise-là, Francmn, liv. v, p. 184. || On dit aujourd'hui ordinairement pratique.

— HIST. xv* s. Or me cuidai trop bien parfaire Pour prendre aillours ma calandise; Si me mis en la marchandise, proiss. Buisson de jonece. Seigneurs, nous vous disons pour le mieux que vous n'ayez nulle accointance ni challandise à «eux de Flandre, n>. n, n, 4 72. ||xvr* s. Au lieu que les marchands prient les plus belles, celles-cy laides prient les marchands de prendre et achepter de leurs denrées, qu'elles leur laissent pour rien et à vil prix; car le plus souvent leur donnent de l'argent pour s'accoster de leurs chalandises, brant. Dames gai. t. l, p. 220, dans lacurhe. Il eut peur de perdre sa chalandise, Nuits de Straparole, t. n, p. 2*9, dans lacurne. Ainsi faisoyent aulcuns chirurgiens de Grèce les opérations de leur art sur des eschaffauds à la vue des passants, pour en acquérir plus de praticque et de chalandise, mont, iv, 4 73.

t CHALASIE (ka-la-zie), *. f. Terme de chirurgie. Séparation partiellede lacornéed'aveclasclérotique.

— ÊTYM. XiXamç, relâchement.

CHALAST1QUE (ka-la-sti-k') , adj. Terme de médecine. Se dit des médicaments qu'on croit propres à relâcher les parties.

— ÊTYM. XocXcunixàc, relâchant, de x*A?v) relâcher (voy. caler).

I CHALAZE (ka-la-z'), *. f. || 1° Terme de botanique. Le point qui répond, sur la tunique interne d'une graine, à l'insertion du cordon ombilical ou cordon par où la nourriture arrive à la graine. || 2* Terme d'anatomie. Nom du point germinatif dans l'œuf, et, parexten ion, de deux cordons qui maintiennent le jaune suspendu dans l'œuf d'oiseau.

— ÊTYM. XiAaîa, grêle; ce point de la graine étant comparé à un grêlon.

t CHALAZE, EE (ka-la-zé, zée), adj. Terme de botanique. Oui est muni d'une chalaze.

f CHALAZ1FERE (ka-la-zi-fê-r'), mlj. Mot hybride pour lequel il vaut mieux dire chalazophore (voy. ce mot).

t CHALAZION (ka-la-zion), s.m. Terme d'anatomie. Tumeur, aussi appelée chalaze, grêle ou grêlon, du bord libre des paupières, de la grosseur d'un grain de millet ou d'un haricot.

— ÊTYM. XaXàÇiov, grêlon, de /.â/aÇa, grêle.

t CHALA20PH0RE (ka-la-zo-fo-V') , adj. Terme d'anatomie. Membrane chalazophore , membrane privée de vaisseaux que la première couche du blanc de l'œuf d'oiseau produit en se condensant et s'appliquant sur la surface du jaune.

— êtym. Grec fictif y**«r,o<p6po5, de x^*a'a. chalaze, et çopo;, qui porte.

t CHALCÉDOINE (kal-sé-doi-n'), *. f. Voy. calcédoine.

+ CHALCIDIQUK (kal-si-di-k') , *. m. Terme d'archéologie. Sorte de vaste portique où l'on pouvait se promener et qui s'adjoignait aux basiliques.

— ETYM. Chalcidicum, ainsi dit d'un édifice de la ville de Chalcis, dans l'Ile d'Eubée.

t CHALCITE (kal-si-f), t. f. Ancien nom d'un minerai de cuivre, le sulfate de cuivre.

— ÊTYM. Xocaxîttk, de ycùxài;, cuivre.

CHALCOGRAPHE (kal-k'o-gra-f') , s. m. Graveur

en airain ; tout graveur sur métaux.

— ÊTYM. XaAxèi;, airain, et vpetçtiv, graver (voy. graphique).

CHALCOGRAPHIE (kaî-ko-gra-fle), s. f. || l°L'art du chalcographe. Syn-./ yrnfi de gravure en taille douce. || 2° L'atelier, l'établissement même où l'on exerce cet art. || 3° Nom d'une collection de gravures. La chalcographie du musée du Louvre, recueil composé de toutes les gravures dont le musée possède les planches. || Catalogue des planches gravées composant le fonds de la chalcographie , et dont les épreuves se vendent dans cet établissement , au musée du Louvre. || La chalcographie apostolique, l'imprimerie papale.

— ÊTYM. Chalcographe.

tCHALCOGRAPHIQUE (kal-ko-gra-fi-k'), adj. Oui

se rapporte à la chalcographie.

CHALDAÏQUE (kal-da-ï-k'), adj. Qui appartient aux Chaldéens, ancien peuple de la Babylonie. La langue chaldaïque. Les juifs apprirent la langue chaldaïque fort approchante de la leur , boss. Jlist. i, 8. || S. m. Le chaldaïque, la langue chaldaïque.

— ÊTYM. Voy. CHALDÉEN.

f CHALDAÏSME (kal-da-i-sm'), s. m. Locution propre au chaldéen.

CHALDÉEN, ENNE (kal-dé-in, è-n'), t. m. et f. || 1" Nom d'un ancien peuple habitant la lîabylonie. || 2° S.m. Le chaldéen, la langue chaldaïque. Les juifs d'Egypte et de Grèce oublièrent non-seulement leur ancienne langue, qui était l'hébreu, mais encore le chaldéen que la captivité leur avait appris, boss. Bist.i, 8. || 3* Nom des prêtres astrologues de Babylone. || 4° Nom des nestoriens d'Orient.

— ÊTYM. Chaldarus, yaASaïoç.

CHÂLE (châ-1'), s. m. || 1* Longue pièce d'étoffe que les Orientaux emploient diversement dans leur vêtement, et spécialement en turban. Mon équipage consistait en un tapis, une pipe et quelques châles pour m'envelopper la tête, chateaub. ltin. 3). || 2" Grande pièce d'étoffe carrée, ou en carré long double, qui se plie en biais une pointe sur l'autre, ordinairement dans le genre des châles de l'Orient, et que les femmes portent sur les épaules. Châle uni. Châle broché. Châle de soie. Châle de cachemire. Châle à grandes palmes. Châle long. Châle boiteux, châle carré ou châle long qui n'a de palme ou de bordure qu'à un bout. Châle de l'Inde. Châle français, châle fait en France et imitant le châle de l'Inde. Châle barlong (voy. barlong). Déjà sa main [de Lisette] à l'étroite fenêtre, Suspend son châle en guise de rideau, bérang. Grenier.

— ÊTYM. Portug. xnles; de l'arabe schâl, vêtement de laine plus ou moins fine dont les hommes et les femmes en Orient se couvrent la tête, les reins et les épaules.

f CHALE (cha-1'), s. f. Pile de bois, dans les salines.

— ÊTYM. Il y a dans le bas-latin calo, sabot. Estce l'étymologie, par assimilation?

CHALET (cha-lè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l'i se lie : des cha-lè-z agréables ; chalets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Cabane de paysan suisse où se font les fromages, et où les vaches s'abritent l'été dans les montagnes; et par extension, maison de paysan suisse. Vous ne pouvez non plus rester sous ce chalet, lam. Joe. n, 73. Des colonnes de fumée hleue

et légère montaient dans l'ombre et annonç.iienl les parcs ou les chalets des abeilles [au mont Hymette], chateaub. Itin. 205. || 2" Maison de plaisance construite dans le goût des chalets suisses. Le lao d'Enghien est entouré d'élégants chalets.

— ETYM. Scheler le t;re du mol fictif cha.slet, dimin. de casa, case. Je suis plus porté à y voir une contraction de castelletum, petit castei.

CHALEUR (cha-leur), s. f. || 1* Qualité de ce qui est chaud; sensation produite par un corps chaud. Vive, forte, douce chaleur. La chaleur du feu, du soleil, du corps. Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie, rac. Bril. v, 6. Et que tes vains secours cessent de rappeler Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler, id. Phèd. I, 3. || Chaleur animale, la température propre à chaque espèce d'animal. || 2' La température produite par l'action du soleil. Chaleur dévorante, étouffante, tropicale. Durant les grandes chaleurs. Nous avons eu des chaleurs excessives, sév. 28». Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, rac. Ath. i, 4. Il sommeille accablé par la chaleur du jour, c. delavigne, Vfpr. sicil. iv, 3. Je me sens ranimé par de douces chaleurs; J'y foule les gazons, j'y marche sur les fleurs, st-lambert, Saisons, hiver. || 3° Sentiment pénible de chaleur qui accompagne certains états de mahv'ie, de maladie. La chaleur de la fièvre. Une chaleur d'entrailles, de tête. Il lui monte des chaleurs suffocantes. Des chaleurs l'empêchaient de pouvoir sommeiller, mol. Tart. i, 6. || Fig. et familièrement, chaleur de foie ou de sang, mouvement de colère prompt et passager. Vous avez raison en tout ce que vous dites; mais ce sont chaleurs de sang dont parfois on n'est pas le maître, mol. Am. méd. m, 4. || 4* Fig. Ardeur, feu, zèle, véhémence. La chaleur de l'âge. La chaleur des passions. Dans la chaleur de la guerre. Toute la chaleur du débat se réunit sur un seul point. On débattit avec chaleur dans le sénat si.... Ils prennent la chose avec trop de chaleur. Quel est celui qui, dans la chaleur de la victoire, considère le nombre des ennemis? vaugel. Q. C. liv. m, ch. 44, dans richflet. Et si cette chaleur n'est bientôt apaisée, Jamais sédition ne fut plus disposée.... rotrou, Vencesl. v, 8. Il donne chaleur à la besogne par sa présence; il anime les ouvriers par sa mine, par sa voix, balz. le Prince, 4 6. Je ne veux point douter que sa vertu romaine N'embrasse avec chaleur l'intérêt de la reine, corn. Nicom. i, 4. Seigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge, id. ib. il, 3. Et dans ce même jour, Rome en votre présence Avec chaleur pour lui presse mon alliance, id. ib. m, 4. Pardonnez à ce peuple un peu trop de chaleur Qu'à sa compassion a donné mon malheur, id. ib. v, 40. C'est d'un nouveau chrétien la première chaleur, id. Poly. m, 3. Sire, dan» la chaleur d'un premier mouvement Un cœur si généreux se rend malaisément, id. Cid, n, 7. Madame, croyez-moi, vous serez excusable D'avoir moinsde chaleur contre un objet aimable, id. ib. in, 3. La reine avec chaleur saurait vous y servir, id. Sert. iv, 3. Déjà les deux armées D'une égale chaleur au combat animées, id. Hor. i, 4. Vous pardonnerez donc ces chaleurs indiscrètes, m. Rod. iv, 6. La chaleur qu'ils ont pour les intérêts du ciel, mol. Tart. Prèf. Et que par la chaleur de montrer ses ouvrages On s'expose à jouer de mauvais personnages, id. Mis. i, 2. J'ai un degré de chaleur moins que vous pour la belle-sœur, sev. 3»2. J'ai peut-être avec trop de chaleur Rabaissé ses présents ou blâmé sa douleur, rac. Bèr. n, 5. D'un coupable transport écoutant la chaleur, id. lphig. v, 2. N'aurai-je vu briller cette noble chaleur, id. ib. i, 2. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore La chaleur se répand du couchant à l'aurore, id. Eslh. Prol. Et, de moi-même Aristarque incommode, A vous poursuivre épuiser mes chaleurs, j. j. rouss. Ép. aux Muses, I, 4. || Chaleur du style, qualité d'un style passionné, et qui fait partager à l'auditeur la passion de l'orateur. || Concupiscence. Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, mol. Tart. LU, 2. || 6* Désir des femelles de certains animaux pour le mâle. Etre en chaleur. Temps de la chaleur des truies. Devenir en chaleur. || 6* Terme de vétérinaire. Un des noms de la maladie du sang chez les betes à laine. || Proverbe. Couvrez-vous, la chaleur vous es: bonne, se dit à ceux qui, par incivilité, mettent leur chapeau à contre-temps.

— HIST. ni* s. Endreitmidiesteit, si faseit granî chalor, Rou, 4627. Pour la calor qui l'aloit aprochant, Roncisv. 4 52. || un* s. Li jors fu biaus et clairs, et la caure est levée, Ch. d'Ant. i, 346. Cauro en froidure, mâtzner, p. 6«. Lacaurre du jour, pu

CHA

CTIA

CITA

HOUSSES, Chron. 40IP5. Tantost li assoaja la maladie, et la clialor [fièvre] le laissa, But. occid. des croisades, t. n, p. 4 80. Et se ce n'estoit, nulz biens ne venroient ou pais pour la grand chaleur du sol- !eil qui ardroit tout, joinv. 220. || xiv s. Si comme la vertu du feu c'est chaleur par quoy il est bon en sa nature ou espèce et par quoy il fait bien son operacion naturel, oresme, F.th. 43. || xvi's. [On vieux i-heval qui voyant une juuient] revient à ses iraporluns hennissements et à ses chaleurs furieuses,

MONT, m, 3.

— Étym. Picard, caleur ; provenç. et espagn. calor; ital. colore; du latin calorem. La forme caure est digne de remarque : elle provient du nominatif latin câlor avec l'accent sur co, tandis que chaleur provient du régime calôrem avec l'accent sur lo. C'est peut-être le seul exemple, dans les noms en or tels que calor, où les deux cas du latin soient restés dans le vieux français.

t CHALEUREUSEMENT (cha-leu-reû-ze-man) , adv. D'une manière chaleureuse. Vous avez pris chaleureusement son parti.

— HIST. xiv s. En ladite mellée qui estoit menée chaleureusement et sans aguet, du cange, aventurerius.

— ETYM. Chaleureuse, et le suffixe ment. CHALEUREUX, EDSE (cha-leu-reû , reù-z'), adj.

Il i" Qui a beaucoup de chaleur naturelle, se dit des personnes et est peu usité en ce sens. À cet âge on n'est plus guère chaleureux. Quoi ! en vêtements d'été, par un tel froid; vous êtes donc bien chaleureux. H 2° Fig. II parla d'un ton chaleureux. 11 nous fit un chaleureux accueil, nous adressa quelques paroles chaleureuses. C'est une âme chaleureuse. De chaleur vient chaleureux ou chaloureux; il se passe, bien que ce fût une richesse pour la langue, la bruy. xiv. Il Depuis La Bruyère, chaleureux a repris faveur.

— HIST. xiv* s. Paroles chaleureuses, du cange, calidameya. || iv s. Tremblant de froit en manoir chalereux, ch. d'ohl. Bal. 112. || xvi" s. La malignité de l'air, que le vent austral a causée par son humidité chaleureuse, pare, ix, 2' dise. En ce mois chaleureux de juing où nous sommes, cahloix, vu, (0. Celuy qui a la fiebvre semble chaleureux, amyot, Cor. 32. Une chaleur ou complexion chaleureuse,

MONT. Il, 289.

— ÉTYM. Chaleur; génev. chaloureux.

CHÂLIT (châ-li; le t ne se lis pas dans le parler

ordinaire), s. m. Bois de lit. Châlit de noyer, de fer. Je visCastillon sans meubles, avec un châlit et un capucin, et qui en voulait prendre l'habit, stsim. 334, (39. Mais, montant sur son châlit, Il rencontra dans son lit Une concubine; C'était Proserpine, sedaine, la Tentation de S. Antoine.

— HIST. xii* s. Quant veneit que ii jurs ert en la nuit plungiex, E li liz saint Thomas esteit apareilliez, Desus un chaelit qui tut esteit quiriez [garni de cuir], D'une cuilte purpointe, d'un poi d'estraim junchiez E de chiers linges dras [linges dras, toiles de lin] e blancs e déliez, Th. le mart. 4 04. \\ xïtP s. Car el lit où ele se couche, N'a il ne chaelit ne couche, Ains gist en fiens et en ordure, ruteb. n, 34. Il xv" s. Esquelles maisons avoitgentes salles, chambres, garderobes, charlistz, Jeh. de Saintré, 64. Les chalitz des lietz dorez, comm. vu, 4 5. Et lors prennent le lit et le chaalit tout ensemble entrd leurs bras . Guy de Warwick, roman en prose. Si ensepvelirent incontinent le corps du Seigneur, et le mirent en ung chaalit couvert d'un poilla royé, delabokde, Émaux, p. 498. Pour achatter de la paille pour mettre es chaliz de monseigneur [le duc d'Orléans] , pour ce que les gens du Roy en avoient osté les pailles, ro. ib.

— ÉTYM. Picard, ealit ;Saintonge, chahsse,chalut; espagn. cadàlecho, lit de branches d'arbre; ital. cataletto, litière, cercueil, lit de parade; bas-lat. cadeletus; de catar, voir, regarder (voy. catafalque), et lit. Le sens propre est lit de parade, et puis toute espèce de bois de lit. Dans l'ancien français, chaa-lit ou chae-lit (de trois syllabes), chaa ou chat répond à cala. L'accent circonflexe de châlit est la trace de la contraction de chaa ou chae en

CHALOIR (cha-loir). Verbe vieilli, qui n'est plus employé, dit l'Académie, qu'à la 3* personne du singulier du présent de l'indicatif et impersonnellement. Cependant on pourrait étendre cet emploi au futur : il chaudra; au conditionnel : il chaudrait; à l'infinitif : il ne peut chaloir, il ne doit chaloir; et au subjonctif présent : qu'il chaille. Dans l'ancienne langue chaloir avait tous ses temps: il chalait, il chalut, il a chatu), v. n. Être d'im-

portance, canner an souci. 11 ne me chaut de cola. Il ne vous en chaut, n'est-ce pas? Que tout s'y pervertisse, il ne m'en chaut d'un double, Régnier, Sat. vi. Or il ne me chaudrait ....Qu'ils fissent à leurs frais messieurs les intendants, in. ib. x. Il ne vous doit chaloir ni de qui, ni combien, id. Sat. xiii. J'en suis d'avis, non pourtant qu'il m'en chaille, la font. Gageure. Car quant à moi, du plaisir ne me chaut, À moins qu'il soit mêlé d'un peu de peine, id. ib. Allez, il ne m'en chaut, scarron, D. Japhet, m, 20. Soit de bond soit de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis] ? pasc. Prov. 9. || Régnier a fait de chaloir un verbe réfléchi : Je ne me veux chaloir du lieu, grand ou petit, Ép. a.

— HIST. x* s. Dont [ce dont] Ici [à elle] nonque chielt, Eulalie. || xi* s. Ne lui chalt, sire, de quel mort nous mourions, Ch. de Roi. xv. De ce cui calt? ib. cvm. Il xir* s. Beaux sire Guenes, ne vous chaut esmaier, Roncisv. 4 86. E bien as bui mustred que rien ne te chalt de tes cunestables ne de tes hommes, Rois, 4 94 . H xiii* s. Une chaloit, à cens qui l'ost voloient depecier, del meilleur ne del peieur , mais que li ost se departist, villeh. lxxxix. Et sachiés que il i avoit assés de ciaus [ceux] qui bien vousissent que li corans [le courant] enmenast les vaissiaus contreval le bras ou li vens, ne leur chausist comment l'aventure avenist, id. cm. Moi ne chaut qu'on en fasse , mais qu'elle soit tuée, Berte, xvi. Mal fustes conseillée, tant vous en a chalu, ib. li. Ou se d'espargnier ne li chaut, Ains viengnent li froit et li chaut.... la Rose, 6033. Mes de povreté ne vous chaille, Fors de penser, comment qu'il aille, Comment la porrés eschever, ib. 809. Ne lor chaut gueres qui le sache, t'6. 7786. Car il ne pot caloirliquix [le quel] perde, beaum.lxiii, 8. Li cuers avariscieus acquiert ne li caut comment, et ne pot estre assasiés d'avoir, id. 24. || xiv s. Et ceulz qui ontreceu le bien, il ne leur chaut, se il ne rendent grâces ou retribucion , oresme, Eth. 273. ||xV s. Il ne peut chaloir, dit le duc d'Anjou; j'ai dit et juré que jamais ne partirai de ci; si aurai le chastel à ma volonté, froiss. h, ii, 4 4. Et du faict du roy d'Angleterre ne leur challoit, au demourant, comment il en allast, comm. iv, 7. || xvi's. C'estoient païens, auxquels il chaloit autant de J. C. que de celui qui n'avoit jamais esté, calv. Instit. 4 66. Prenons le cas, quant à eux, qu'il ne leur en chaille, id. ib. 220. Ils seront si empeschés à leur profit particulier, qu'il ne leur chaudra guère de leur office, id. ib. 272. Que chault-il quand ce soit*? mont. 1, 83. Que vous chault-il de l'avoir perdue? id. i, 85. Il ne peut chaloir de quelle religion soit mon médecin, id. I, 218. Pourveu qu'il soit gentil compagnon , la guerre qui confond toutes choses, fait qu'il ne peut chaloir de quelque lieu il soit, amyot, Fab. 43. Il estoit si deshonté, qu'il ne luy chaloit d'estre vitupéré, id. Aie. 20. S'ainsin estoit, toute peine fatale Me seroit douce, et ne me chaudroit pas, rons. 26.... Ne luy chalut de mon corps périssant, id. 482.... Mais peu se chaillant d'eux, id. 748.

— ETYM. Provenç. et anc. espagn. caler; ital. calere; du latin calere, proprement être chaud (voy. chaleur), et de là désirer.

4. CHALON (cha-lon), s. m. Terme de pêche. Grand filet qu'on traîne dans les rivières entre deux bateaux.

— HIST. xiv s. Comme ils se fussent mis en un chalon ou bateau, lequel ils trouvèrent en la rivière de Mayne, du cange, chelandium.

— ÉTYM. Chalon, bateau, se rattache peut-être au bas-latin calones, barques portant le bois aux soldats (voy. chaland 2) ; mais chalon, filet, est-il le même?

f 2. CHALON (cha-lon) , s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de laine.

CHALOUPE (cha-lou-p'), s. f.\\ 1* Petit bâtiment à voile et à rames, non ponté, que l'on emmène pour le service d'un grand vaisseau. Chaloupe de pêche. On arma, on mit à la mer la chaloupe. Je m'embarquai dans la chaloupe du bâtiment, chateaubr. Itin. 23. Il Chaloupe canonnière, petit bâtiment à fond plat et portant du canon. || Double chaloupe, grande chaloupe pontée. || 2° Chaloupe cannelée, nom, parmi les marchands, de la coquille de l'argonaute.

— HIST. xvi* s. Les assiégez envoyèrent une chaluppe les convier de terrir, d'aub. Hist. 1, 4 99.

— ÉTYM. Espagn. chalupa; ital. scialuppa; du hollandais sloep ; danois, sluppe; d'où l'anglais shallop et sloop.

t CHALOUPIER (cha-lou-pié) , s. m. Terme de marine. Matelot qui fait partie de l'équipage d'une chaloupe.

t CHALUF (cha-luf), s. m. Voy. chalut.

CHALUMEAU (cha-lu-mô), s. m. || 1" Tuyau de paille, de roseau, et, par extension, de métal, etc. Humer un liquide, souffler une bulle de savon aveo un chalumeau. || Le chalumeau d'or dont se sert la pape à la communion. La distribution du sang do Notre Seigneur se faisait avec un petit tuyau ou chalumeau d'or, bouteroue, Traité des monnaies, p. 383. Il Terme de botanique. Nom des tiges simples, herbacées, sans nœuds , et plus ou moins fistuleuses. || 2* Tube de laiton dont les émailleurs et les chimistes se servent pour diriger, au moyen d'un courant d'air, la flamme d'une lampe ou d'uno chandelle sur l'objet qu'ils veulent fondre ou soumettre à une forte chaleur. || 3° Instrument de musique pastorale qui n'était dans l'origine qu'un roseau percé de plusieurs trous. Tircis, je n'ose Écouter ton chalumeau Sous l'ormeau, Car on en cause Déjà dans notre hameau, Vieille chanson rappelée par 3. }. kouss. Conf. 1. Il En poésie, se dit des flûtes et autres instruments d'une musique champêtre. Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux? boil. Sat. ix. Quand la renommée eut annoncé le départ do Lycon, les bergers dans leur douleur brisaient leurs chalumeaux, fén. xix, 67. Ainsi le dieu des bois enflait ses chalumeaux, volt. Disc. 5. Ses révolutions [d'Israël] sont tour à tour racontées avec la trompette, la lyre, le chalumeau, chateaub. Génie, 11, vi, 2. X peine la musette et l'humble chalumeau Ont rassemblé le soir les galants du hameau, stlambert, Saisons, hiver. || 4" En musique, se dit des tuyaux qui s'adaptent au corps de la musette. Il Le registre le plus grave de la clarinette. || 5°Term8 de chasse. Petite branche que l'on frotte de glu pour prendre les petits oiseaux.

— HIST. xn» s. Cinq jougleres od lui [il] menoit, Flahutieles et calimiaus, Ijxi d'ignaurcs. || xm« s. Flahustes, timbre et calimiel, Renart, t. iv, p. 460. Là peûssiez oïr mil calimels cantant, Notices et extraitsdes bibl. de Suède par geffroy, p. 44. || xv* s. Et si emportons nos freteaus, Nos muses et nos ca-

nimeaus, froiss. Pastourelle. || xvi* s Faisoil

sonner chalumeaux, cornemuses, marot, i, 466.

— ÉTYM. Picard, calumieu; bourguig. chailemine, s. f.; provenç. calamel, caramel, calmeilh; espagn. caramillo; du latin calamellus, diminutif de calamus (voy. chaume). L'ancien français est : au singulier, nominatif chalemels, au régime chalemel; au pluriel, nominatif chalemel , régime chalemels.

f CHALUMET (cha-lu-mè) , s. m. Bout d'uno pipe.

— ÉTYM. Chalumeau.

f CHALUT (cha-lu) , s. m. Terme de pêche. Nom d'un filet en forme de chausse que l'on traîne avec une drague.

— ÉTYM. Serait-ce une forme provinciale de châlit (voy. ce mot, à l'étymologie) , le filet étant ainsi dit par une vague assimilation à un chdlit?

t CHALUTER (cha-lu-té) , v. n. Terme de pêche. Traîner un chalut sur le fond de l'eau.

— ÉTYM. Chalut.

CHALYBÉ, ÉE (ka-li-bê, bée), adj Terme de pharmacie. Qui contient de l'acier ou du fer. Vin chalybé. Eau chalybée.

— ÊTYM. Le latin chalybs, fer trempé, acier, da yâAu'}/, de Xâ).u6e;, nom d'une nation sur le Pont qui passait pour avoir découvert l'acier.

t CHAM (kan). Voy. kan.

CHAMADE (cha-ma-d'), s. f. || l'Signalmilitaire. qui se donne avec le tambour ou la trompette, pour avertir qu'on veut traiter avec l'ennemi. Le onzième [jour] de tranchée ouverte, la chamade fut battue, et la capitulation telle à peu près que les assiégés la désirèrent, st-sim. i, 26. || Fig. Battre la chamade, se rendre, céder. Je me mis sur nouveaux frais à presser la place, jusqu'à ce qu'enfin la senora Mencia battit la chamade, lesaoe, Gil Blas, v«i, 40. Il 2° Batterie de tambour pour attirer les curieux, en termes de bateleur.

— HIST. xvT s. St Gelais fit faire quelques chamades à son trompette, et puis l'envoia parler aux capitaines, si glorieusement, qu'ils se rendirent, D'aub. Uist. 11, 433. Le duc, ayant chassé le tambour qui avoit fait la chamade, ne respondit que menaces à leurs promesses, id. ib. ni, 448. Les chiamades et salves de tant de chiormes, de sorte qu'il n'estoit pas possible d'ouyr un plus grand bruit, carloix, i, 36. 11 print ung trompette.... et la chiamade faicte.on demanda ce qu'il vouloit, id. m, 24. Après que la trompette eust commnncé la chamade de bien loing, on leur ouvrit fortcurtoisement.iD. IV. 46.

CIIA

— êtym. Portug. chamnda; de chamar, appeler, du latin clnmare (voy. clameur); ital. chiamata, de chiamare.

t CHAM^îUOPS (ka-me-rops') , ». m. Terme de botanique. Nom d'un genre de palmiers de petite taille (cham-rrops humilis).

— ÊTYM. Xa|i*i, à terre, et fwneî, broussaille.

t CHAMAILLARI) (cha-ma-llar, II mouillées), ». m. Celui qui est disposé à se chamailler.

— HIST. xv s. Le suppliant estoit à ung bois appelle le bois Chamaillart, situé près la ville de Nyort, DU canoë, boscairare.

— ETYM. Chamailler.

t CHAMAILLE (cha-mâ-11', Il mouillées), ». f. Dispute où l'on se chamaille.

— HIST. xvi* s. Recommençans leurs chamailles, tant plus le centaure s'efforçoit de fraper celuy du dragon, et tant plus se sçavoit dextrement desmarcher et éviter ses pesans et horribles coups, Don l'iorei de Grèce, f* civil, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. CHAMAILLER.

CHAMAILLER (cha-mâ-IIé, Il mouillées, et non cha-ma-yé), v. n. || 1* Se battre, et aussi avoir une dispute bruyante. Pour moi je n'aime point à combattre de paroles, j'aime mieux chamailler avec de bonnes armes, et montrer de vrais effets, Francien, 1. vu, p. 276. Nous irions bien armés; et, si quelqu'un nous gronde, Nous nous chamaillerons.... — Moi chamailler I bon Dieul suis-je un Roland, mon maître? mol. Dép. amour, v, t. Ces trois dieux sur lui chamaillèrent, scarron, Gigantom. ch. v. || Fig. Chamailler des dents, manger beaucoup,

bâfrer d'importance Ce sont de ces gens Qui ne

craignent personne et chamaillent des dents, Et qui d'un ennemi se défont fort en hâte S'il leur duro aussi peu que fait un lièvre en pâte, hauteroche, ftobles de prov. I, ». || 2* Se chamailler, v. réfl. .... Que les vautours plus ne se chamaillèrent, la font. Fab. vu, 8. Nos gardes se chamailleront, J. J. Itouss. Ém. iv. La garde et les amours Se chamaillant toujours, bêrang. If* Grégoire. || Mot familier.

— HIST. xvi* s. Enfin, après avoir bien chamaillé l'un contre l'autre, Bertrand fit un dernier effort, Mm. t. Dug. 6. Puys, les lances rompues, meirent la main aux espées, et soy chamaillèrent l'ungl'aultre si brusquement que leurs espées voilèrent en pièces, hab. la Sciom. Ils brisent les portes avec v"iucoup de bruit; ils arrivent dans la grandrue, unamaillent les portes de la ville, d'aub. Hist. n, 422. Ainsi cesBoreans [fils de Borée] à grands coups d'alumelles Chamailloient sur le chef, sur les flancs, 6ur les ailes{des Harpies], ronsaiu), «43.

— ÊTYM. Picard, se camailler. M. Maury le tire àeCamulus, nom du dieu de la guerre chez les Gaulois, en gaélique, camh, puissance, cam, combat, cama, brave. Mais les intermédiaires manquent, et le mot ne parait pas ancien dans la langue; aussi la dérivation la plus plausible est de camail ou chamail, armure de tête : frapper sur le camail, d'où se battre.

CHAMAILLIS (cha-mâ-lli, Il mouillées, et non cha-mâ-yi), ». m. Il 1* Combat. Un carnage rapide, un ardent chamailtis Fait voir autant de morts qu'il fait voir d'assaillis, brêbeuf, Phars. vu. || Vieilli en ce sens. || Ancien terme militaire. Espèce de joute en champ clos où tous les combattants se confondaient en frappant à droite et à gauche. || J* En langage familier, mêlée, combat où l'on chamaille; dispute bruyante. Chamaillis entre les cochers, et quelques injures; Mme d'Elbœuf, la tête à la portière, criant qu'on fit reculer, st-sim. 243, 244. Ce chamaillis de cent propos croisés Ressemble aux vents l'un à l'autre opposés, volt. Bp. 64.

— HIST. xvi* s. Le chamaillis fut grand de part et d'autre, Kém. ». Dug. 43.

— ÊTYM. Chamailler.

t CHAMAN (cha-man) , ». m. Nom de prêtres bouddhistes chez les tribus qui occupent le nord de l'Asie.

— ÊTYM. Corruption du mot sanscrit sramanas, ascète.

fCHAMANISME (cha-ma-ni-sm'), t. m. Religion et pratiques des chamans.

t CHAMAR A S (cha-ma-râ), ». m. Terme de botanique. Gerraandrée aquatique. On trouve aussi chamaire.

Êtym. Chamscdrys, dex«(iaiipu;,germandrée.

t CHAMARRE (cha-ma-r') , ». f. Nom ancien de te que nous nommons aujourd'hui simarre, et que Victor Hugo a employé dans le sens de broderies, ornements : Fût-il tout harnaché d'ordres et de chamarres, Ruy Bios, i, s.

— ETYM. Voy. simarrs.

CHAMARRE, ËE (eha-ma-ré, rie), part, pnssé. || 1* Garni de rubans et semblables objets. Des laquais chamarrés de livrées, hamilt. Gramm. 4 1. Les valets, troupe chamarrée, Troquant aujourd'hui leur livrée, bêrang. Vieux hab. Chamarré de vieux oripeaux, Ce roi, grand avaleur d'imp8ts, Marche entouré de ses fidèles, in. Ch. le Simple. Qu'il voit de toutes parts les hommes bigarrés, Les uns gris, les uns noirs, les autres chamarrés, boil. Sat. iv. || 2" Fig. Style chamarré. Discours chamarré de grec et de latin. Chamarrée de tendresse et d'admiration, sév. 277. Comédie toute chamarrée des beaux endroits de la musique de l'Opéra, sév. 404.

CHAMARRER (cha-ma-ré), v. a. || 1* Garnir de passements, dentelles, galons, bandes de velours, etc. Chamarrer un habit, un meuble. De chamarrer leurs lances des couleurs de chaque Dulcinée, hamilt. Gramm. 4. || 2* Arranger avec des ornements de mauvais goût. Peut-on chamarrer de la sorte ses vêtements? || 3* Fig. et familièrement. Chamarrer quelqu'un, le chamarrer de ridicules, l'en couvrir. Le prince de Conti me conta la retraite du roi, et, malgré ma jeunesse, la chamarra bien, parce qu'il ne se défiait pas de moi, st-sim. t), 4 28. ||4* Se chamarrer, v. rëfl. Se couvrir ridiculement d'ornements de mauvais goût.

— HIST. xvi* s. Fontanelle aucune ne restera au fons du terroir, que par les tranchées, dont l'aurés environné et chamarré de tous costés, les sources ne se ramassent en une, o. de serres, 768.

— ÊTYM. Chamarre.

CHAMARRURE (cha-ma-ru-r") , ». f. || i* Manière de chamarrer; ornements dont on chamarre. De son orgueil ses habits se sentaient; Force brillants sur sa robe éclataient, La chamarrure avec la broderie, la font. Court. || Ne se dit plus guère que par moquerie. ||2°Fig. Propos critiques, sarcasmes. La cabale se jeta sur une partie de paume faite si peu à propos ; et là-dessus toutes les chamarrures les plus indécentes, st-sim. 243, 428.

— ÊTYM. Chamarrer.

CHAMBELLAGE (chan-bè-la-j') , ». m. Terme de jurisprudence féodale. Droit qui se payait, dans certaines mutations, aux seigneurs féodaux.

— HIST. xvi* s. Les enfants ne doivent coutumierement que bouche et mains, avec le droit de chambellage, qui est du par tous, loysel, 560. Droit de chambellage est une pièce d'or due au chambellan du seigneur, à la discrétion du vassal, m. 662.

— êtym. Voy. chambellan.

CHAMBELLAN (chan-bè-lan) , ». m. || 1* Titre,

chez les princes, des gentilshommes qui servent dans la chambre. Grand chambellan, le premier officier de la chambre du monarque. Il avait l'honneur d'être chambellan de la reine, hamilt. Gramm. 8. || La clef de chambellan, la fonction de chambellan, dont la clef est l'insigne. || 2* La table dont le grand chambellan faisait les honneurs aux courtisans que traitait le roi. Aller dîner au chambellan. || 3* Chambellan ordinaire du roi, titre que portait le prévôt de Paris. || Grand chambellan, surintendant des &nances du pape. || Chambellan du sacré collège, cardinal qui administre les revenus du sacré collège.

— HIST. xin* s. Girart de Nivelé et Mengiers Dervi chambellanc le roi de Navarre, du cange, accensare. Cis estoit chamberlens au conte Baudoin, villeh. lv. Et lors il dit à Jehan Sarrazin son Chamberlain, que il li baillast la lettre que il li avoit commandée, joinv. 200. Nous entrâmes en son paveillon, et son chamberlanc nous vint à l'encontre pour ce que nous alissiens bêlement, m. 2)8. || xiv* s. Et aussi comme si elle fust serve prinse en bataille, Appius la donna à son sergent et à son Chamberlain, bercheure, f* 69, cer»o. || xv* s. Ses chambrelans et ses varlets qui dorment en sa chambre et qui le veillent, froiss. ii, m, 14. || xvi* s. Après eux se mit l'Empereur accompagné seulement de six de ses chambellans, m. nu bellay, 343.

— êtym. Provenç. camarlenc, chamarlenc; espagn. camarlengo; portug. camerlengo; ital. camarlingo; de l'anc. haut-allem. chamarlinc, allem. mod. Kâmmerling , de Kammer, chambre (voy. chambjie) : l'officier de la chambre. La syllabe Une, qui est germanique, prouve que, bien que l'allemand Kammer provienne du latin; cependant le dérivé chambellanc et autres formes a été emprunté par les langues romanes aux idiomes germaniques.

f CHAMBELLANIE ( chan-bèl-Ia-nie ) , s. f. Par plaisanterie, dignité de chambellan. Je n'ai point reçu la lettre par laquelle vous me faisiez part de votre chambellanie, volt. Lett. Albergati, 4" octobre 4 767.

— ÊTYM. Chambellan.

CIIA

t CHAMBERTIN (chan-bèr-tin) , ». m. Vin d« Bourgogne très-recherché. C'est, dites-vous, du chambertin? — On dit que c'est du chambertin. — Oui vraiment, c'est du très-bon vin; Mais est-ce bien du chambertin? J'en veux goûter encor pour en être certain, le Nouveau seigneur de vitl/iqc, se. ï. J'avais de l'encens à leur vendre Après un coup de chambertin, bêrang. Guérisnn.

— ÊTYM. Nom d'un cru en Bourgogne.

CHAMBOURIN (chan-bou-rin) , ». m. Espèce de

pierre qui sert à faire le faux cristal. || Sorte de verre qui est de couleur verte et très-commun.

f CIIA MBR AGE (chan-bra-j'), ». m. ou CHAM- BRAIS (chan-brê), s. f. Terme de marine. Charpente au pied du mât de beaupré dans un grand bâtiment.

CHAMBRANLE (chan-bran-1'), ». m. Nom qu'on donne aux bordures ou encadrements des trois côtés d'une cheminée, d'une porte, d'une fenêtre. La manière de faire les portes et leurs chambranles est telle qu'il faut premièrement convenir de quel genre on le» veut; car il y a trois sortes de portes, la dorique, l'ionique et l'atticurge, Perrault, Vitrure, iv, 6. || Chambranle à cru, chambranle qui porte sur l'aire du parquet ou sur l'appui de la croisée sans plinthe.

— ÊTYM. Ancienne orthographe, chambransle. On trouve dans l'ancien français camhry pour voûte, et dans le bas-latin caméra pour boiserie. Mais estce là l'origine de chambranle f

CHAMBRE (chan-br'), s. f. ||i* Une pièce d'une maison, et principalement celle qui est affectée à l'usage particulier d'une personne, pour y coucher, travailler. Chambre à coucher, de parade, parquetée, carrelée, haute, basse, en galetas, à feu, vide Meubles, robe, pot de chambre. Et seule dans ma chambre enfermant mes regrets, corn. Poly. n, 2. De princes égorgés la chambre était remplie, hac. Ath. I, 2. || Chambre, pièce isolée qui se loue et qu'on dit par opposition à appartement, boutique, cabinet. Chambre meublée, garnie, à louer. || Travailler en chambre, se dit d'un ouvrier qui travaille chez lui sans avoir de boutique. IjGarder la chambre, ne pas sortir de chez soi. Je gardais la chambre, boss. Ie«. abb. Il, Il y a quatre jours qu'il fait un orage continuel; toutes nos allées sont noyées; nos charpentiers gardent la chambre, sév. 85. Il a gardé plus de quinze jours sa chambre, id. 396. Un mal subit qui le force à garder le lit.... — Garder le lit, Basile! il a bien fait d'envoyer; je vais le voir à l'instant.— Quand je dis le lit, monsieur, c'est la chambre que j'entends, Beaumarchais, Barbier de Sév. ni, 2. || Valet de chambre, femme de chambre, homme, femme attachés au service personnel. Mettre à la chambre, faire valet de chambre, femme de chambre. C'est un» fille que j'ai mise à la chambre, mol. Comtesse, 4. || Famdièrement, mettre une fille en chambre, louer un logement pour l'y retirer et l'entretenir. || Fig. et familièrement, mettre, tenir quelqu'un en chambre, l'obséder, le circonvenir pour le retenir au jeu et le duper, etc. || Pièce où un homme se livre à ses occupations de bureau ou d'esprit. Aujourd'hui on dit cabinet. Soit que dans la chambre il médite, malii. n, 3. Une haute capacité qu'ils doivent à la chambre et au loisir d'une mauvaise fortune, la brut. xi. || Chambre noire, pièce non éclairée, etaussidansles monastères, pièce sombre pour mettre en pénitence, ou pour se recueillir dans la retraite. || Chambre, dans le sens d'étage, inusité aujourd'hui. Ils [les savants] sont toujours logés à la troisième chambre, Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre, la font. Fabl. vin, 4». || Terme d'ancienne législation. Chambre étoffée, meubles attribués à une femme après la mort de son mari. || 2* Musique de chambre, celle qui est faite pour être jouée dans les salons, à 11 différence de la musique d'église ou de théâtre qu doit être exécutée devant une assistance très-nom breuse et déploie par conséquent des ressource» bien plus étendues. La musique de chambre com prend les morceaux de chant à une, deux, trois 0) quatre voix, avec ou sans accompagnement, et plus spécialement eicore les morceaux de musique instrumentale où les parties ne sont pas doublées; tels sont les duos, trios, quatuors, quintettes, etc. tandis que les symphonies et les concertos, avec accompagnement d'orchestre, où il y a de dix à vingt premiers violons, autant de seconds, autant de basses, etc. sont des pièces de concert et non de la musique de chambre. Avant l'invention de l'opéra, la musique se divisait en musique d'église ou sacrée et en musique de chambre. 11 y avait encore celle qui servait à la danse, et l'on dansait généralement aux sons de chansons rhythmées

CHA

que le» Italiens appelaient ballate. Nous avions en France les chansons à danser; celles-ci étaient des espèces de rondes avec un refrain que l'on répétait après chaque couplet. La musique de chambre se composait d'abord de madrigaux ou de chansons à 4, 5, « voix, quelquefois même davantage; chaque partie était écrite ou imprimée sur de petits cahiers que l'on distribuait aux exécutants suivant le caractère de leurs voix; les madrigaux et les chansons se chantaient souvent à la fin des repas. Plus tard, et avant que l'on écrivit de la musique uniquement destinée aux instruments, ceux-ci jouaient seuls les diverses parties destinées aux voix ou les doublaient, suivant leur diapason; c'est pourquoi sur certains recueils de madrigaux imprimés en Italie au Xvi* siècle on trouve ces paroles : da suonare e da eantare, pour jouer et pour chanter. Un peu avant le milieu du xvn" siècle, la cantate fut inventée; les cantates étaient des espèces de scènes détachées dans lesquelles se succédaient des récitatifs et des airs; elles étaient écrites pour une voix avec une basse chiffrée ou non chiffrée, qui servait pour l'accompagnement du clavecin; il yen avait aussi à deux voix. Les cantates de Porpora et d'Alexandre Scarlatti ont joui d'une grande célébrité; celles de Clérambault ont eu de la vogue en France au commencement du xvin* siècle ; mais depuis longtemps ce genre de composition a cessé d'être en usage. Aujourd'hui on entend généralement par musique de chambre celle qui est exprimée par ladéfinition mise en tête de l'article, JVole de il. farrenc sur l'histoire de la musique de chambre. || 3° Lachambre, pris absolument, signifie la chambre du roi, et par extension, les officiers de la chambre. Huissier, musique de la chambre. La chambre est entrée. Vous savez bien qui vous nommates à la place de Visconti ; ce fut un noble, un vicomte, un gentilhomme de la chambre, p. L. cour. 1, 126. || Maître de chambre, premier officier de la mai«>Q du pape ou d'un cardinal. || 4° Dans les vaisseaux, certains espaces où couchent les principaui officiers, où se tient le conseil, etc. La chambre du capitaine. La chambre des passagers. || 5° Assemblée qui entre en partage de la puissance législative. Il y avait sous la monarchie constitutionnelle la chambre des pairs et la chambre des députés. Dans les états généraux, le clergé, la noblesse et le tiers état formaient trois chambres. Convoquer, dissoudre une chambre. Siéger à la chambre. Chambre des représentants. Chambre des seigneurs. || En Angleterre, chambre des communes ou chambre basse, assemblée des députés des comtés et des bourgs , qui représente la petite noblesse et le corps du peuple. Chambre haute ou chambre des pairs, assemblée des pairs anglais. || Chambre étoilée, en Angleterre, juridiction tirée, pour les accusations politiques, de la chambre des lords. || 6° Lieu où se réunit une assemblée qui porte le nom de chambre. || Chambre du conseil, pièce où les juges se retirent pour délibérer; et, par suite, l'assemblée du tribunal qui statue sans publicité sur certaines affaires. || 7* Nom de diverses juridictions spécifiées par une seconde désignation. Chambres de l'édit ou mi-parties, chambres instituées par l'édit de Nantes et composées par moitié de catholiques et de protestants. Chambre des comptes, chambre qui a été remplacée par la cour des comptes. Chambre de justice ou chambre ardente, commission nommée pour connaître des malversations de deniers publics, etc. Plus anciennement, on nommait chambre ardente deux tribunaux qui prononçaient la peine du feu, l'un dan» les cas d'hérésie , l'autre dans les crimes d'empoisonnement. Chambre aux deniers, bureau qui tenait la comptabilité de la bouche du roi. ]| Chambre ecclésiastique, chambre qui connaissait des dîmes. || Chambre apostolique, juridiction romaine où se traitent les affaires qui regardent le trésor et le domaine du pape. || Chambre impériale, cour de justice qui se tenait à Wezlar, depuis la ruine deSpire,etoù l'on jugeait, par appel, tous les différends des princes et des villes de l'empire germanique. || Nom des sections de certains tribunaux. Chambres de la cour de cassation , des cours d'appel. Chambre d'accusation. Chambre civile. Chambre correctionnelle. Chambres réunies, réunion de toutes les sections (ou de plusieurs)d'unecour. Présidentdechamhre. Chambre des vacations, chambre installée pour fonctionner en place des diverses chambres pendant les vacances. || Les chambres des anciens parlements. Les présidents et doyens des conseillers de chaque chambre furent avertis de se trouver chez eui le 6 mai, stsim. 20, 237. || Grand'chambre ou ciiambre du plaidoyer, première et principale chambre de chaque parlementnù se tenaient les lits de justice || 8" Nom

CHA

d'assemblées chargées de la discipline d'un corps, ou réunies en vue de certains intérêts. Chambre de commerce, d'assurance. Chambre des notaires, des avoués, des huissiers, des commissaires priseurs. Chambre syndicale, littéraire. || 9° En quelques villes on nomme chambre ce qu'à Paris on nomme cercle. || Chambre de rhétorique, au xv" siècle, dans les Pays-Bas , réunion de personnes pour se livrer à des travaux littéraires. (| 10" En termes d'optique , chambre noire, obscure (voy. noir, arij'.), chambre claire (voy. caméra llcida). || 11- Vide, cavité. 11 se forme souvent des chambres à la fonte quand la matière coule mal; le tir en produit aussi quelquefois dans les bouches à feu. Qu'ils se fassent montrer les deux chambres ou concavités qui y sont [dans le cœur] , desc. Iléth. 6. || Chambre d'un mortier, d'un obusier, d'une mine, la cavité où se met la charge. || Fig. En jouant sur le sens de chambre et de vide. Il y a bien deschambres à louer dans sa tête, il est un peu fou. || Terme d'anatomie. Chambre antérieure de l'œil, l'espace compris entre la cornée et la partie antérieure de l'iris ; chambre postérieure, l'espace compris entre la partis postérieure de l'iris et la face antérieure du cristallin. || Terme de ponts et chaussées. Chambre des portes, la partie d'une écluse dans laquelle les portes se meuvent. [| Chambre de plomb, vaste pièce dans laquelle on fabrique l'acide sulfurique. || Chambre de vapeur, espace compris entre la paroi supérieure de la chaudière et la surface du liquide. || 12" Vide qu'on pratique dans une selle , un bât ou un collier de cheval. || Ouverture à la base d'une enclume. || Fente du peigne du tisserand par où passent deux fils. || Creux dans la verge de plomb où le vitrier insère les carreaux de vitre. || 13° Terme de chasse. Endroit de la forêt où le cerf se repose pendant le jour. || Sorte de piège à loups.

— HIST. xi* s. E si alcons [quelqu'un] est apelez [accusé] de muster [moûtier] fruisser [froisser , enfoncer] u de chambre.... Lois de Guill. 4 7. Et Angleterre que il teneit sa cambre [province], Ch. de Roi. clxix. [Il] Fait soi porter en sa cambre voltice, ib. clxxxiv. || xu" s. Dedenz sa chambre qui ert [était] peinte à gérons, Roncisv.t 16. [Elle] Quim'a nourrie en sa chambre pavée , ib. 4 6 1 . Eu Une chambre peinte de diverse color, t'6. (98. En sa chambre ert li reis od ses plus privez druz, Th. le mart. 36 Langres est chambre [province ou ville directement soumise au souverain] l'empereor Pépin, Garin, dans du cange, caméra. || xni" s. Maison pour hosteler, chambre à voûte, ne salle, Derle, xxvii. Et li droghemant monte à mont par une fausse poterne et vint en la cambre la roine qui l'altendoit, Chron.de Rains, 6. Li tiers cas, si est si comme s'aucuns, qui ne soit pas mes sires, brise mes huces ou mes cambres, beaum. xxxix, 79. Deffense est fête que por dete on ne voist penre en cambre à dame, ne damoiselle ne de feme qui gise d'enfant, id. liv, 7. Et sachiez que un vieil Sarrazin chevalier qui estoit en la galée, lo portait aus chambres privées à son col, joinv. 211. Et pour la fort menuison [dyssenterie] que il avoit, li convint coper le fons de ses braies toutes les foiz que il descendoit pour aller à la chambre [latriue], i'd. 237. Encore en parlerons-nous, de cette journée, es chambres des dames, id. 228. || xrv* s. Chambre coye ou courtoise [latrines], ne

cangb, caméra. || xv" s Et si Courtray nostre

chambre [district], froiss. u, D, 56. [Le roi Châties de France] tout quoi estoit en ses chambres et en ses déduits, id. h, ii, 46. Par foi et serment et sur deux millions de florins à la chambre du pape, id. I, i, 96. [Yvain] fut, tant que le roi Philippe de France vesquit, des enfans [pages] de sa chambre, ID. u, n, 30. Assené [assigné] de une rente et revenue par an sur la chambre des comptes, id. n, m, 26. Las! la chambre de ma pensée De grant plaisance reluira, ch. d'orl. Bail. 44. Il sembla aux dessus dits que la bombarde ne s'estoit pas bien deschargée de toute la poudre qui mise et boutée avoit esté dedens lachambre dicelle, J. de trotes, Chr. (478. Ung prieuré ou chambre d'abbé dépendant de ladite abbaye, du cange, caméra. || xvi* s. Puis [le petit Gargantua] les passant par une autre grant salle, lesmenaà sa chambre [au haut de la maison], rab. Garg. i, 42. En ycelluy estoient 9332 chambres, chacune guarnye de arrière chambre, cabinet, guarde-robe, chapelle et yssue en une grande salle, m. ib. i, 63. L'un de ses valets de chambre, amyot, Lucull. 31. L'homme de chambre de M. de Lansac le jeune, pahé, Inlrod. 24. Il observera les bestes, leurs repaires et gistes, licts, chambres, reposées, bauges et tanières, o. de serres, 993. Vides cham- Ires font femmes folles [c'est-à-dire la pauvreté fait

LÏIA

que les femmes se livrent au desordre] , leroux db linct, Prou. t. n, p. 4 69.

— 8TYM. Picard, comte, cambre; provenç. eambra; espagn. camara ; ital. caméra; allem. Kammer; du latin caméra ou camara, où l'accent est sur ca, toit voûté, du grec xoniàpa, voûte.

CUAMBUÊ, ÉE (chambré, brée), adj. || 1" En parlant des pièces d'artillerie, qui a des chambres. || 2" En termes de zoologie, coquilles chambrées, coquilles qui présentent plusieurs cavités séparées les unes des autres par des cloisons.

— ÊTYM. Chambre.

CHAMBRÉE (chan-brée), t. (. || 1" Tout ce que contient une chambre. || Un certain nombre d'ouvriers ou d'autres personnes qui couchent dans une même chambre. Comme j'étais de chambrée aveo lui, nous nous étions liés de préférence, j. J. rouss. Conf. v. Les grandes chambrées des jeunes Lacédémoniens n'étaient que des écoles de l'amitié, bern. de s.-p. Harm. vu, De l'amitié. || Certain nombre de soldats qui logent ensemble. Le maréchal ferrant de la compagnie où il était se trouva de sa chambrée , st-sim. 4(6, 3. Les soldats ne disposent, à quatre sous par jour, quede 73 livres, et ils vivent gaiement en s'associant par chambrées, volt. l'Homme aux 40 écus, entretien avec un géomètre. || 2° La quantité de spectateurs que tient un théâtre, et la recette qu'il fait pour une représentation. Bonne, faible chambrée. Si vous pouvez donner quatre ou cinq représentations de la pièce avant la fin du carême, je vous conseille de ne pas perdre ces quatre ou cinq bonnes chambrées, volt. Lett. le Kain, 2 mars 1767. || 3" Se dit des différentes profondeurs d'une carrière d'ardoise.

— HIST. xvi* s. U l'interrogua premièrement combien ils estoient jgez ensemble par chasque chambrée, amyot, LxauII. 4 7.

— ÊTYM. Chambre.

CHAMBRELAN (cnan-bre-lan), *. m. Ouvrier en chambre. || Locataire qui n'occupe qu'une chambre. || Mot populaire et peu usité.

— ÊTYM. Le même que chambellan.

CHAMBRER (chan-bré), v. n. || 1" Etre de la

même chambrée; habiter la même chambre. Plus de subordination entre Gil Blas et son secrétaire; plus de façons entre eux; ils chambrèrent ensemble, et n'eurent qu'un lit et qu'une table, le sage, Gil Blas, îx, 8. || 2" Terme de vénerie. En parlant du cerf, se reposer pendant le jour. || 3" V. a. Terme Ai sellier. Faire de petits creux dans une selle et en tirer la bourre , quand le cheval est blessé. || 4° Mettre en une chambre, diviser par ordre une assemblée. On vous a dit, on l'a dit au public, on en a fait une espèce de cri d'alarme contre ma motion, qu'elle tendait à chambrer les états généraux, à autoriser la distinction des ordres, mirab. Collect. i, p. 249. || 6" Chambrer quelqu'un, l'obséder , le circonvenir pour le retenir au jeu. || Familièrement, prendre quelqu'un à part pour le chapitrer ou le catéchiser. || 6° Se chambrer, v. réft. En termes d'artillerie, une pièce se chambre quand par le battement du boulet il s'y forme des creui qui bientôt la mettent hors de service.

— ÊTYM. Chambre.

f CHAMBRERIE (chan-bre-rie), s. f. Office d'économe dans certains chapitres ou monastères. || Juridiction attachée à l'ancien office de grand chambrier de France.

— HIST. xvi* s. Frère Jehan de la Noue, chambrler de l'abbaye de St-Benoist sur Loyre , procureur de la justice de la chambrerie du dit saint Benoist, Couslumier gén. t. i, p. 980.

— ÊTYM. Chambre.

CHAMBRETTE (chan-brè-t') , *. f. Petite chambre. Les solitaires de Martaigne ont quatre chambrettes, un petit jardin et une petite chapelle chacun, st-sim. t , 32. Tu veux fuir de ma chumbrette, Pour courir je ne sais où, bêrang. Chatte.

— HIST. xii* s. Tut le plus del jur ert en uu suen oratur Dedenz une chambrete où faiseit sun labur, Efermout Puis sursei.... Th. le mart. 401. ||xni" s. Il n'i a chambrette petite Qui De soit si bien ramonée Que jà poudre n'i ert trovée, Vote de paradis, dans ruteb. t. Il, p. 334. || xv" s. Il descend de sa chambre si celéement, qu'il iust dedans la chambrette où la meschine blutoit, sans qu'elle onques en sceust rien, louis xi, JVout. revu. || xvi" s. Si y eut un de ceuli que l'on avoit condemnez, beau jeune enfant, qui fut emmené en une petite chambrette par l'un des plus grands garsons, amyot, C. d'Utiq. 4.

— ÊTYM. Diminutif de chambre; bourguig. diambrôte.

CUAMBR1ER (cham-bri-é) , s. m. || 1" Certain

CHA

CHA

en a

officier claustral dans quelques monastères reniés et dans quelques chapitres. || 2° Grand chambrier, grand officier de la couronne qui avait l'intendance de la chambre du roi, etc. Ces Conflaus se prétendent issus de la maison de Brienne si connue par son antiquité, ses grands fiefs, ses connétables , ses chambriers, st-sim. 32», 60. ||3* Grand chambrier, un conseiller de la grand'chambre du parlement. La torlu.e à laquelle de vieux grands chambriers appliquent si légèrement les innocents comme les coupables , volt. Lett. Servan , 27 sept. i 769. M. l'abbé d'Espagnac arriva trop tard [pour une représentation] ; il eût été agréable d'avoir un grand chambrier pour spectateur, id. Lett. Mme d'Argental, 26 oct. 1760.

— hist. xm" s. Et le vent de par lou roy li mestre rhamberier lou roy, Liv. des met. 195. Li tainturier qui demeurent en la terre du chamberier, te. 138. jj xvi* s. Le roy ouit un chambrier du Grand-Seigneur, venu pour reconfirmer leur amitié, d'aub. îlist. i, 206. Et se payent propines grosses aux huissiers, chambriers, protenotaires [du pape], m. du

Page 1