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tier, avoir, disposer dans la cave des pièces de vin pour les mettre en bouteilles ou pour les boire. il 2° Terme de marine. L'endroit où l'on construit des vaisseaux, des navires. Mettre un navire sur le chantier. On a dit autrefois, considérant le chantier comme un lieu couvert, mettre sous le chantier. Il prouva si bien ses idées que le roi en fut convaincu et fit changer tous les vaisseaux de 60 ou «o canons qui étaient sous les chantiers pour n'en faire que de grands tels que M. Renau les demandait, fonten. llrnau. || Fig. et familièrement. Mettre, avoir un ouvrage sur le chantier, en parlant d'un artiste ou d'un auteur, commencer un ouvrage, y travailler. || Populairement. La pauvre femme a déjà quatre enfants, sans compter un cinquième sur le chantier, c'est-à-dire dont elle est grosse. || 8° Chantier d'équarrissage, emplacement où l'on abat les animaux destinés à être abattus, et où l'on équarrit les animaux abattus ou morts naturellement. || 4° Table ou pierre sur laquelle on travaille le marbre. || Solives garnies d'étoffe pour déposer les glaces.
— HIST. xiii* s. Ma famé r'a enfant eu , Qu'un mois entier Me r'a geû sur le chantier, ruteb. t7. Sathan, plus de sept anz ai tenu ton sentier; Maus chans m'ont fet chanter li vin de mon chantier, m. h, bb. || xiv* s. Que toutes manières de boes, gravois feussent ostées et mises hors des voiries et chantiers, du cange, chanterium. || xv* s. Pourquoi est-ce un pater noster Que pas un ores ne lui donne? Pource qu'ayant vin en chantier, Il n'en faisoit boire
à personne, basselin, lvu et par grans cours
Oùgrans chantiers de busche furent sours [dressés],
christ, de pisan, Dit de Poissy. || xvi* s Ains
l'ayant honnestement ensepvely, et basty un chantier de bois, le convoyèrent en armes au feu de ses
funérailles, amyot, Olhon, ai Quoique la rivière
fust lors très grande et à borde chantier, d'aub. Hist. n, *BI. Arrivant sur le chantier au point du jour, tout cela passa la rivière, n>. to. m, 3i. Joieuse sauta du chantier dans le Taret s'y noia, id. ib. 270. Ils se cachèrent derrière le chantier du canal, m. ib. 440. Souvent le bois est demeuré en chantier au bord de la mer, dont l'escorce se sera altérée et pourrie, PARÉ, xvi, 7.
— ÉTYM. Berry, chantier, bord d'une rivière : la Loire coule à plein chantier; bas-lat. canterium, quartier de terre, chanterium, lieu entouré de murs. D'après les sens donnés soit par le bas-latin soit par le français, le chantier est une place, un espace vide où l'on entasse du bois, où l'on radoube un vaisseau , où l'on travaille quoi que ce soit ; un chantier de bois au xvi* siècle est aussi un tas de bois, c'est-à-dire un tas où le bois est de chantier, de champ, couché; un chantier est la cave, le cellier où est le vin, avoir du vin en chantier; enfin un chantier est un coin, un bord, par exemple le bord d'une rivière. Tous ces sens se ramènent au radical cant, coin, bord, qui est dans canton et dans champ 2. Du reste il y a eu confusion avec chantier, pièce de bois.
CHANTIGNOLE (chan-ti-gno-1'), s. f. || 1* Terme de charpentier. Pièce de bois qui soutient les pannes d'une charpente. || 2" Nom d'une sorte de brique, qui a la moitié moins d'épaisseur que la brique commune, quoiqu'elle ait la même longueur et la même largeur.
— étym. Sans doute champ 2 , c'est-à-dire côté, travers.
t I. CHANTONNÉ, ÉE (chan-to-né, née), adj. Terme de commerce. Papier chantonné, papier défectueux.
t 2. CHANTONNÉ, ÉE (chan-to-né, née), part, passé. Chanté à demi-voix. Un air chantonné.
CHANTONNER (chan-to-né). || i° V. n. Chantera demi-voix. Il chantonnait gaiement, beaumar. D. de Sév. i, 2. || 8" T. a. Chantonner les paroles d'un air.
— ÉTYM. Chanter; génev. chanloler.
t CHANTOURNAGE (chan-tour-na-j'), t. m. Art, action de chantourner.
t . CHANTOURNÉ, ÉE (chan-tour-né, née) , part, passé. Une pièce de bois chantournée.
2. CHANTOURNÉ (chan-tour-né) , s. m. Pièce d'étoffe, garnie ordinairement de galons ou de quelques autres ornements, et recouvrant une pièce de bois travaillée qu'on met entre le dossier et le chevet d'un lit.
— ÊTYM. Chantourné I.
f CUANTOURNEMENT (chan-tour-ne-man), j.m. Contour d'une planche qui a été chantournée.
CHANTOURNER (chan-tour-né), V. a. || 1° Tracer un dessin sur quelque pièce de bois, de métal, de marbre, en l'évidant soit en dedans, soit en dehors. || 2° Terme de peinture. Donner aux objets re-
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présentés sur la toile de tels contours que certaines parties paraissent saillantes au-dessus des autres. || Chantourner une bordure, figurer des découpures élégantes sur la bordure peinte d'un tableau.
— ÊTYM. Chant, cant, côté (voy. canton el champ a ) , et tourner.
CHANTEE (chan-tr"), s. m. || 1- Celui qui chante ou est supposé chanter. Ce mot, dans ce sens, est aujourd'hui réservé au style poétique et à la haute éloquence. Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain, Pindare. Le chantre d'Ionie, le chantre d'Ilion, Homère. Le chantre d'Énée, Virgile. Le chantre de Roland, l'Arioste. Le chantre des jardins, Delille. Homère et le chantre latin, Régnier, Sat. va. Du plus habile chantre un bouc était le prix, Bon.. Art p. m. Vous auriez une douleur amêre d'avoir fait périr un chantre qui fait les délices des hommes, fén. xxi, 476. Que le chantre flatteur du tyran des Romains, L'auteur harmonieux des douces Géorgiques.... volt. Éplt. lxxvi. Oui, par un héros plus sublime [Napoléon I*'] Cet Achille si magnanime En nos jours vient d'être effacé ; Tu n'en es pas moins admirable ; Le chantre reste inimitable; Le héros seul est surpassé, crouzet, le Français au tombeau d'Homère. || Par extension, nom donné aux oiseaux chanteurs. Le chantre du printemps, le rossignol. || Espèce du genre roitelet. || 2" Celui qui chante au lutrin dans l'église. Voix de chantre. Tous les grands chapitres ont des chantres et des chapelains pour soulager les chanoines et faire l'office en leur absence. Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines, boil. Lutrin, iv. Ces cercles, partant du dernier chantre de village, s'élèvent jusqu'au trône pontifical, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Chez les protestants, celui qui entonne et soutient le chant des psaumes. || S. f. Religieuse qui sait le chant et les rubriques de l'office, afin de redresser les manquements qui peuvent se faire au chœur. La chantre dira tout haut ce qui regarde l'office du lendemain, Constitutions de Port-Royal , dans richelet. || 3" Nom d'un dignitaire qui est le maître du choeur présidant au chant dans une église cathédrale ou collégiale et dans les chapitres. II porte la chape et le bâton dans les fêtes solennelles et donne le ton aux autres en commençant les psaumes et les antiennes. Le chantre porte dans ses armoiries un bâton de chœur derrière l'écu pour marque de sa dignité. Le grand chantre. Le chantre de Notre-Dame. Celui qui vous rendra cette lettre est le chantre de mon église, nommé M. de Vitray, boss. Lett. (38. C'est en vain que le chantro abusant d'un faux titre.... boil. I.utr. i.
— HIST. xv* s. Et là fut fait le divin office, aussi solennellement comme on feroit en la chapelle du pape ou du roi de France; car à ce temps il avoit grand'foison de bons chantres, fboiss. ii, m, tfi.
— ÊTYM. Provenç. contre, cantor ; du latin cantor, qui vient de canere, chanter. Dans le provençal et le vieux français, contre est le nominatif, cantor est le régime, répondant, selon l'accent, à cdnlor et cantôrem. C'est suivant la même analogie que se sont formés pâtre et pasteur.
CHANTRERIE (chan-tre-rie) , t. f. Bénéfice, dignité de chantre. La chantrerie de telle église. La chantrerie d'un chapitre.
— ÊTYM. Chantre.
CHANVRE (chan-vr'), s. m. || i* Plante dioique qui porte le chènevis, et de laquelle on tire une filasse abondante. Cueillir, faire rouir, tiller ou teiller, broyer le chanvre. La filasse du chanvre. Fil, toile, corde de chanvre. || Fig. Cravate de chanvre, la corde qui sert à pendre un homme. 11 mérite une bonne cravate de chanvre. On lui passera au cou une cravate de chanvre. || 2° Chanvre de la Nouvelle- Zélande, phormium lenax. || Chanvre des Américains, l'agave d'Amérique.
— REM. La Fontaine a fait chanvre du féminin: Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème, Fabl. i, 8. Le genre de ce mot a été longtemps incertain ; plusieurs provinces le font encore féminin.
— HIST. xiii" s. Nus ne nule ne puet achater fil moillié ne chanvre moillié devant que il soit ses [sec] et bien essuiez, Livre des met. 148. C'est à savoir toute de teil ou toute de chanvre, ou toute de lin, ib. 41. Li uns de fileit [filet] de cavene , tailliar, Recueil d'actes, p. 2<. || xvi* s. Jadis qu'on s'aidoit des branches des arbres pour espargner la chanvre, desper. Con'es, xcvn. C'est le propre de ce que nous appelons ici et vers vous la cherve, d'estre egrugée entre des fers serrez et pointus, n'AUB. Fœn. m, < 5. J'ai choisi votre pais pour y avoir plus de cherves qu'ailleurs, mais non pas
CHA
plus de larrons, *n. ib. m, 40. Les sommités de chanvre, paré, xvi, 36. La graine de chanvre est de grande el'fiVai e à taire ouer [pondre], o.deseh. 35 i. Le chenevi, qui "St la graine du chanvre.... La teille ou poil du fin chanvre, pour les exquises toiles, m. 730. La graine ne vient que du chanvre masle (en telle plante se recoignoissans les deux sexes).... id. 73*.
— êtym. Rerry, chanbe, s. f. et la chanvre, et aussi la charbe; norm. cambre; picard, canne, s. f.; wallon, chêne; anc. wallon, chaisne, chainne; rouchi, ternie, kéme; Saintonge, cltarve; provenç. cambre, carbe, cambe, et aussi canebe, canep; catal. canarn; espajrn. cânamo; portug. cânhamo ; ital. cdnapa; du latin cannabis et cannabus; groc, xàwo6o< et xàwotgi;. Les formes cavene en ancien français et canebe en provençal supposent une faute d'accent dans quelques contrées romanes où l'on disait cannabis au lieu de cannabis.
f CHANVREUX, EUSE (chan-vreû, vreû'z), adj. Terme didactique. Qui tient de la nature du chanvre.
— HIST. xvi* s. Là d'une chanvreuse filace Tissant le lien qui m'enlace, am.jamin, poésies, p. 222, dans lacurne.
— ÊTYM. Clianvre.
fCHANVRlER, 1ÈRE (chan-vri-é, ê-r*), s. Celui, celle qui prépare et vend le chanvre.
— êtym. Chanvre.
t CHAOLOG1E (ka-c-lo-jie) . s. f. Spéculations sur le chaos, sur l'état primitif des choses.
— êtym. Chaos, et Myoc, traité.
f CHAOLOGIQUE (ka-o-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la chaologie.
CHAOS (ka-Ô; l's se lie: un ka-Ô-z informe), s. m. Il 1° Dans la théologie païenne, confusion générale des éléments avant leur séparation et leur arrangement pour former le monde. Ni l'univers rentrant dans son premier chaos, rotrou, St-Gewsl, n, 8. y 2* Fig. Toute sorte de confusion. Ô funeste chaos de désordre et de trouble, rotrou,
Bclis. iv, a Fit régler le chaos des ténébreuses
lois, boil. Lutr. v. Nous déménageons, je suis dans le chaos, sév. 363. Les objets paraissent sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore, mais ensuite ils semblent sortir comme d'un chaos, pénel. TSIém. xxiv. Rien ne met un chaos plus immense entre l'âme criminelle et la miséricorde de Dieu, mass. Car. lmpén. Vous mettez tous les jours un nouveau chaos entre Dieu et vous, n>. Avent, Délai. Comment se résoudre à imiter ce chaosî id. Car. Samar. Un genre de vie uniforme, occupé, réglé, qui ne saurait jamais s'allier avec les inutilités, les variations éternelles, le dérangement et le chaos du monde , mass. Confér. Fuite du monde. Les consciences les plus souillées et dont le chaos n'a jamais été éclairci , id. ib. Vocat. à l'état ccclésiast. Ma jalousie, à tout propos, Me promène sur ma disgrâce; Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos, mol. Amph. m, i. Pour débrouiller le funeste chaos des consciences libertines ou scrupuleuses, fléch. Panég. n, »n. Comme à un homme qui débrouillerait ce chaos d'incidents, n>. Lam. C'est au règne de Henry l'oiseleur que se débrouilla lechaos de l'Allemagne, volt. Mœurs, 33. D'ailleurs, en cechaos,àqui garder ma foi? m. Calil. m, 4. Avant Jésus-Christ, l'âme de l'homme était un chaos, chateacb. Génie, l, 11, t. Il y a un chaos infini qui les sépare, pasc. dans cousin. Si quelque chose peut nous convaincre de cette fatalité qui entraîne tous les événements dans ce chaos des affaires politiques de ce monde, volt. Louis XV, 34. Faisant des tragédies bonnes ou mauvaises , débrouillant le chaos des archives de Pétersbourg, volt. Lett. Urne du De/fant, 4 6 janv. 17(1). Un désordre éternel, un chaos de malheurs Mêle à nos vains plaisirs de réelles douleurs, volt. Dés. de Lisbonne. Nous vous souhaitons une vie heureuse dans ce chaos de malheurs et de peines qu'on appelle le monde, volt. lett. La Harpe, 28 juill. (766. Dans cette enfance ou , pour mieux dire, dans ce chaos du poème dramatique, votre illustre frère, inspiré d'un génie extraordinaire et aidé par la lecture des anciens.... sac. Discours de récept. de Th. Corneille. || 3° Nom de certains sites et principalement d'un site des Pyrénées, près de Gavarnie.
— HIST. xv" s. C'est la matière primeraine, Chaos, hyle.... Nat.à l'alch. 39*.
— ÊTYM. XAoç, proprement ouverture, abîme; sanscrit, kha, cavité.
I CHAOTIQUE (ka-o-ti-k') , adj. Terme didactique. Qui a rapport au chaos
— ÊTYM. Chaos.
f CHAOUCH (clia-ouch) , s. m. Nom que l'on donne
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en Algérie à celui que nous appelons chiaoux (voy. co mot) d'après la prononciation turque.
— HIST. xvi* s. Il signala son retour aux chrestiens, en chargeant Capigi et un chaoux qui conduisoit l'argent, et tua le convoi, d'aub. Hist.n, 38».
— ÊTYM. Voy. CHIAOUX.
CHAPE (cha-p'), j. f. H 1* Sorte de manteau long, sans plis et agrafé par devant, que portent l'évêque, le célébrant, les chantres, etc. durant l'office; se dit aussi de l'habit à capuce fourré d'hermine des cardinaux, et du grand manteau de drap ou de serge des chanoines. L'évêque de Ptolémaïs portait la chape par-dessus la cuirasse, volt. Mœurs, 68. H Fig. Se disputer de la chape à l'évêque, se dit de gens se disputant pour une chose qui n'est pas leur et qu'ils ne doivent point obtenir. De la chape à l'évêque, hélas I ils se battaient, la font. Joc. La chape à l'évêque signifie, suivant une construction ancienne et populaire, la chape de l'évêque. Il 2' En parlant d'un oiseau, partie du plumage qui recouvre le dos et qui est d'une couleur différente du reste. Les oeufs du bouvreuil sont ardoisés comme la chape de «on dos, chateaub. Génie, 1, v, 8. H 3* Anciennement, chape, le même que cape, sorte d'ample vêtement. || Sous chape, à la sourdine. On dit présentement sous cape. Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort, Et vous menez, sous chape, un train que je hais fort, bol. Tart. 1, 4. Les éditions rajeunies ont: sous cape. ||4* Se dit, dans les arts, de certaines choses qui s'appliquent sur d'autres, les couvrent, les enveloppent. La chape d'une voûte, le mortier qui recouvre l'extrados. La chape d'un alambic, le couvercle. Chape de poulie, la monture d'une ou de plusieurs poulies. La chape d'une boucle, la partie par où elle tient au soulier, à la ceinture, etc. || Couvercle bombé qui, mis sur les plats, tient les mets chauds et les préserve de la poussière. || Double futaille qui sert d'enveloppe à un baril de poudre et aux tonneaux de vin que l'on expédie au loin. || Partie des mitaines qui recouvre le dos de la main. || Terme d'imprimerie. Petit calibre de tôle , taillé à l'extrémité comme une matrice de lettre. || Terme de musique. Planches qui, portant les tuyaux d'orgue, servent de couverture au sommier, et où se fait la distribution du vent. Il 6* Terme de marine. Petit cône creux fixé au milieu de l'aiguille d'un compas, et posé sur le pivot vertical qui s'élève du fond de la botte de la boussole. H 6* Couche de mortier que l'on étale avant de poser le pavé. || 7" Pièce de cuivre qui enveloppe le touret des graveurs sur pierres fines. || Morceau de métal arrondi qui borde l'extrémité supérieure d'un fourneau. || Enveloppe qui assujettit les différentes pièces d'un moule. || Composition dont on couvre les cires pour former le moule dans les grands ouvrages de fonderie. || 8" Chape-chute, voyez chapb-
CHUTB.
— HIST. xi* s. N'a tel vassal sous la cape du ciel, Ch. de Roi. xl. ||xii*s. Une chape à pluie afubla, De sus la chape se fist ceindre, wace, Rou 74 80. A Lungeville aveit un villan païsant, Qui aveit sis bels boefs e sa charrue avant; Famé aveit espusée, ne sai s'out nul enfant; Mez la famé esteit auques de ses mains aerdant [voleuse]; Chape chaete prist, s'el n'eilst bon garant; Tant ala cel mestier comme foie menant, Que la fin enfu maie, e co [ce] fu avenant, id. Roman de Rou, v. 4 904. Dune s'esteit desparé de l'aube senz délai, En chape e en surpliz remist [resta].... Th. le mart. 37. En une chape à pluie qu'il soleit chevalchier, ib. 480. Il xin* s. Que li prestre qui avoient capes à manches les avéraient reondes,- Chr. de Rains, 88. Demain matin quant tu venras, Soz ta chape en ta main tenras Tôt coiement une coignie Qui soit trenchant et aguisie, Ren. 4 6972. Cil s'enfuient, Renart eschape, Dès or gart bien chascun sa chape, ib. 9676. Ge fais entendant par ma chape Que li riches est entechiés, Plus que h' povres, de pechiés, la Rose, 4 4468. Si ot [vieillesse] d'une chape forrée Moult bien, si cum je me recors, Abrié et vestu son corps, ib. 398. Vous faites de moi chape à pluie , Quant orendroit lès vous m'apuie, ib. 8f>49. Mes orguex, qui toz biens esmonde, I a tant mis iniquité Que par lor grant chape roonde [les ordres mendiants] Ont versé [renversé] l'université, ruteb. 4 52. Le chevalier ne fu pas esbahi, aincois le prist parla chape et li dist.... ioinv. 205. || xvi's. De chappes, de rochetz... du Bellay, vi, 32, verso. Après quelques sacrifices faits, il vest la chappe de pourpre de la déesse Proserpine, amyot, Dion, 70. Deux vaisseaux qu'on nomme en un mot alembic : l'un d'iceux est appelé proprement cucurbite ou | vaisseau contenant : l'autre est dit chapiteau ou
CHA
chape, auquel sont amassées les vapeurs converties en eau, pour ce qu'il représente quelque certaine forme et figure de chef ou de teste, paré, xxvi, 6. Ces couvertures sont grands chapeaux façonnés comme cloches larges par bas, ou comme cha|i< s d'alambics, 0. de serres, 645. La chappe ou cloclie, sous laquelle s'amassent les vapeurs des matières distillées, id. 889. M. de T***, sortant de la maison d'ene dame, avoit failli d'estre maltraité par certaitta ruffians qui cherchent volontiers des chapes c joutes à l'entour de telles personnes, regnieb de la planche, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM Picard, cape ; provenç. et espagn. r.apa; ital. cappa; bas-lat. capa, quia quasi totum capiat hominem, dans Isidore; du latin capere, contenir, prendre (voy. capable).
f CHAPE, ÉE (cha-pé, pée), adj. || f Terme de liturgie. Revêtu d'une chape. || 2" Terme de blason. Il se dit de l'écu qui s'ouvre en chape ou en pavillon, depuis le milieu du chef jusqu'au milieu des flancs.
— êtym. Chape.
CHAPEAU (cha-pô), *. m. || 1° CouvTe-chef. Coiffure d'homme, ordinairement d'étoffe foulée, de laine ou de poil, et qui a une forme avec des bords. Mettre, garder, ôter, tirer, enfoncer son chapeau. Chapeau de soie, chapeau recouvert d'une pelucha de soie. Chapeau bordé, chapeau galonné. 11 aurait volontiers écrit sur son chapeau : C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau, la font. Fabl. ai, 3. On avait beau heurter et m'ôter son chapeau [me saluer], rac. Plaid. 1, 4. || Chapeau en blanc, chapeau qui n'est pas teint. || Fig. et familièrement. Coup de chapeau, salutation. || Porter la main au chapeau, faire un léger salut. || Fig. et familièrement. Enfoncer son chapeau, s'armer de courage; prendre des airs de matamore. || Mettre son chapeau de travers, prendre un ton menaçant. || Mettre chapeau bas, ôter son chapeau fous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas, bac. Plaid. 1, 4. Chapeau basl Chapeau basl Gloire au marquis de Carabasl bérang. Carab. Combien de gens qui déjà même Devant Robin ont chapeau basl id. Ami Robin. Il Fig. Voilà un beau chapeau qu'on lui a mis sur la tête, se dit, par ironie, dune personne à qui il est arrivé quelque honte, ou de qui on a dit quelque grosse médisance. || Familièrement. Il y a eu bien des chapeaux de reste, se dit d'une affaire où beaucoup d'hommes ont péri. || Chapeau de cardinal, chapeau rouge à forme plate, larges bords et grands pendants de soie rouge; et fig. La dignité de cardinal. Depuis le bruit du chapeau pour M. l'abbé d'Auvergne, boss. Lett. quiét. 247. Innocent XI refusait un chapeau de cardinal que Jacques II demandait pour son confesseur, volt. Louis XIV, 4 6. Il m'écrivit en homme qui attendait le chapeau, et m'ordonna.... volt. Lett. Richelieu, 4 3 mars 4 766. || Familièrement, un cavalier, un homme. Les chapeaux étaient rares, on ne voyait partout que des femmes. || Frère chapeau, moine subalterne qui en accompagne un autre. Tallard ne fut jamais que le frère au chapeau du maréchal de Villeroy et la valet desRohan, st-sim. 524, 22a. Et fig. Un frère chapeau, un vers oiseux fait pour la rime. La locution entière paraît être frère au chapeau, c'est-àdire le frère portant chapeau. || Les chapeaux, ou le parti des chapeaux, parti politique en Suède au xviii* siècle, opposé au parti des bonnets. Et quels sont en effet ses véritables droits [du diadème]? .... De ne plus distinguer ni bonnets ni chapeaux, Dans un trouble éternel infortunés rivaux, volt. ou roi de Suède, Épit. cv. || Terme de commerce maritime. Chapeau de mérite, ou, simplement et plus ordinairement, chapeau, gratificatior, accordée par convention au capitaine d'un bâtiment de commerce, qui remet à bon port les marchandises chargées à fret. Dans un navire à vapeur, mille tonnes de marchandises, au prix actuel de 76 francs par tonne, plus 6 pour 100 de chapeau. Ce terme est passé tout à fait dans la langue des affaires, au sens qu'avait épingles. Ainsi un négociant dit : Soit, je vous céderai à ce prii, mais il y aura un chapeau. Il 2° Le feutre même dont on fait des chapeaux. Mettre dans ses souliers des semelles de chapeau. Il 3* Coiffure de femme d'une étoffe consistante, ou tendue sur du carton ou une carcasse de laiton, dont la forme ou salotto est garnie en avant d'un la •* bord, dit passe, et par derrière d'un petit rebord, dit bavolet. Chapea- de paille, de feutre, desatu. . de velours. Chapeau garni. Chapeau à plumes. Les joues, les brides d'un chapeau. Porter chapeau. || Fig et familièrement. Se donner un mauvais chapeau, su perdre de réputation. || Chapeau de fleurs, couronne de
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fleurs. Notre bergère se prosterna devant l'image de la déesse, puis lui mit au bras un chapeau de fleurs, lesquelles elle venait de cueillir en courant et sans aucun choix, la pont. Psyché, n, p. «64. || Absolument, le bouquet qu'on met sur la tête d'une
fille le jour de ses noces Mais puisse un jour Du
chapeau de la mariée Sa fille aussi coiffer l'amour, bêrang. Eau bénite. || Terme d'ancienne coutume. Chapeau de roses ou de fleurs, petit don des père et mère à leur fille en la mariant. La coutume de Normandie portait qu'un père et une mère pouvaient marier leur fille d'un chapeau de fleurs et que, si rien ne lui avait été promis lors de son mariage, rien n'aurait. || Fig. C'est la plus belle rose de son chapeau, c'est son plus grand honneur ou avantage. Ce droit n'est-il pas la plus belle rose de son chapeau? || 4° Terme de botanique. La partie supérieure d'un champignon, quand elle a un certain diamètre, et qu'elle dépasse sensiblement la partie inférieure, nommée pédicule ou stipe. || 6" Cet enfant a encore le chapeau,il a encore la tête couvertedegourme.||6° Partie supérieure du crâne des oiseaux, depuis la racine du bec jusqu'à la nuque. || 7° Chapeau chinois, instrument de musique militaire formé d'un bâton terminé par une calotte de cuivre garnie de clochettes. || 8* Terme de musique. Trait demi-circulaire, dont on couvre deux ou plusieurs notes pour indiquer qu'elles doivent être coulées et non détachées. On dit plus souvent liaison. || 9* Nom, dans les arts, de diverses choses qui ont quelque rapport d'usage ou de forme avec un chapeau. Chapeau d'escalier, de lucarne, de presse, etc. || Chapeau d'horlogerie, pièce en forme de cône. || Chapeau de pâté, la croûte de dessus. || Terme de construction. Pièce de bois posée horizontalement à la partie supérieure d'un ouvrage en charpente. Pièce de bois que des chevilles de fer tiennent attachée sur les couronnes d'une filo de pieux. || Bobine sur laquelle le tireur d'or roule l'or avant qu'il soit dégrossi. || Chapeau de cardinal ou rondelle, rond de tôle à l'extrémité d'un tuyau ou d'une cheminée. || 10" Marc qui reste dans les alambics après certaines distillations. || 11" Terme d'eaux et forêts. Tête, couronne d'un arbre. || 12° Terme de mines. Partie d'un filon qui s'approche de la surface du sol. || 18° Terme de marine. Chapiteau placé sur deux montants, au-dessus delà cloche d'un bâtiment. || Serrer une voile en chapeau, la ramasser au milieu de la vergue sous laquelle elle est carguée. || 14° Chapeau-roux, espèce de grosbec. || Chapeau d'évêque, arbrisseau des montagnes. || Chapeau cannelle, l'agaric du châtaignier. || 16* Dans le blason, les évêques ne portaient autrefois que six houppes au cordon de leur chapeau, el les archevêques dii ; plus tard les évêques en prirent dix, et les archevêques quinze comme les cardinaux.
— HIST. xu" s. Ainsi [ils] fièrent de haches com vilain de flael; N'i avoient garant ne coife ne chapel, Saxons, ix. Quant l'arcevesques out al rei tut otreié, K se furent à ço d'ambes parz apuié, Dune ad li arcevesques sun capeljus sachié, Li reis Henris le suen.... Th. lemart. «08. || xm's.Etliatachierent la crois en un grant chapel de coton pardevant, poureeque il voloit que tous le veissent, villkh. xl. Mais chapeaus de roses [elles] avoient En lor chiés [chefs] mis et d'aiglentier, Lai du trot. Coispiaus c'est à savoir chapiax â coutiaux et à espées, Liv. des met. «88. Or en ferai apareiller Toutà vostre los un chapel; Et por agencier le plus bel Me suiporpensé d'une rien [chose] , lien. 2525. Escuiers pot avoir, quant il se combat, capel de fer à visière et les autres armes que noz avons dites, beaum. lxi, 63. Il venoit ou jardin de Paris, une cote de camelot vestue, un mantel de cendal noir entour son col, moult bien pigné et sanz coife, et un chapel de paon blansussa teste, jomv. «99. Li fis oster son hyaurna et li baillé mon chapel de fer, id. 228. || xiv" s. Couronnes et capiaus, Baud. de Seb. n, 433. Je n'ai cure de nul esmay, Je vueil cueillir la rose en may Et porte chappeaux de flourettes, De fleurs d'amours et violettes, de laborde, Émaux, p. 206. || xv* s. Le comte chevaucha tout outre sans eux regarder; et mit un petit sa main & son chapel, froiss. n, n, 60. || xvi' s. Bacchus alors chappeau
de treille avoit , marot.ii, 352 Ou pour jetter
des fruits jà meurs et beaux X mes compaings, qui tandoient leurs chappeaux I m. i, 217. On ne peut apprendre au soldat & mettre ensemble la main à l'espée et au chappeau, d'aub. Hist. 1, «56. Son maistre avec la papauté prit le nom de PieV, et mit son chappeau sur la teste de Perret [le fit cardinal] , id. tb. n,463. Mon frère, enfoncez bien ce chappeau qu'il ne s'envolie, m. tb. n, 472. Ils demandoient leur
CITA
debtes par suplications, non par menaces, et le chapeau bas, qu'ils avoient enfoncé autrefois, m. ib.
in, 689.
— ÊTYM. Saintonge, chapid ; wallon, chapai; namur. chapia; bourguig. chaippta; picard, capiau. capieu ; provenç. capel; espagn. capelo ; portug. chapeo; ital. cappella; diminutif de cappa (voy chape). Dans l'ancien français, nominatif chopeis, chapex, chapeaus; régime chapel.
CHAPE-CHUTE (cha-pe-chu-f) , s. f. Bonne aubaine due à la négligence ou au malheur d'autrui. Attendre, chercher chape-chute. Un villageois avait à l'écart son logis; Messer loup attendait chapechute à la porte, la font. Fahl. iv, «6. Nous avons ici un de nos magistrats bien malade, qui est M. Fouquet; oh ! la belle chape-enute, si cette âme moutonnière se laissait mourirl gui patin, dans le Dict. de dochez. Je m'imagine pour moi, que c'est quelque chercheur de chape-chute, Francion, liv. ix, p. 860. j| Mme de Sévigné a dit trouver chape-chute pour éprouver quelque mésaventure : Je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme, et qu'à force de s'exposer il aura son fait, qu'il trouvera quelque chape-chute, sév. 44. Mais cette locution n'est pas exacte; chapechute, comme on le verra à la REM. signifie proprement chape tombée; et trouver chape tombée, c'est avoir une bonne aubaine et non éprouver une mésaventure.
— rem. Chape-chute a besoin d'une explication, qui est fournie par un texte de Wace, rapporté dans l'historique de chape : il dit qu'une femme encline à voler aurait pris une chape tombée, si cette chape n'eût été réclamée par celui à qui elle appartenait (Chape chaete prist, s'el n'eûst bon garant). Chute est donc ici l'ancien féminin du participe chu, tombé, et chape chute signifie une chape tombée. De là on voit sortir la locution : une chape tombée est bonne aubaine pour celui qui, la trouvant, s'en empare. Dans le roman de Renart (à l'HlST. de chape) , il est dit que, Renart s'étant échappé, chacun doit prendre garde à sa chape; ce qui montre que la chape se prenait proverbialement pour exprimer vaguement ce que chacun possède. Enfin, au xvi* siècle (même HIST.) , il est parlé des chapes chutes autour des personnes, ce qui reproduit la locution à la fois dans son sens propre et son sens figuré. Le verbe choir faisait au participe passé, suivant les dialectesde l'ancienne langue, cheùt, cheoit, cheeit, chaeit, etc.
f CHAPE CHUTER (chape-chu-té), t). n. Faire un léger bruit. J'entendis chape-chuter tout bas derrière une grosse cépée, le sage, dans le Dict. de bescherelle.
— ÊTYM. Chape-chute.
CHAPELAIN (cha-pe-lin), s. m. \\f Bénéficier titulaire d'une chapelle. Les chapelains de Notre- Dame. Le souper hors du chœur chasse les chapelains, boil. Lulr. H. || 8° Prêtre qui vient dire la messe dans des chapelles de princes ou de particuliers. || 3° Les chapelains, les officiers ecclésiastiques de la maison du roi et des princes, qui servent à leurs chapelles. Si cette autorité des empereurs avait duré, les papes n'eussent été que leurs chapelains, volt. Mœurs, 86. || 4° Chapelains du pape, auditeurs ou juges du Sacré Palais; ainsi nommés parce que le pape donnait autrefois audience dans sa chapelle pour juger les questions sur lesquelles il était consulté. || Un des dignitaires de Malte.
— HIST. xu" s. Cil la [lettre] comande à lire au chapelain Hugon, Saxons, xxv. Robert de Meretune sis chapelains esteit; Mult li esteit privez, en sa chambre giseit, Th. le mart. (03. || xm* s. Tout ensi lor annonça li chapelains Phelippe les paroles notre seigneur, h. de valenc. vi. Un chapelain [il] apele qui de lui ert [était] privés, Berte, cxxi. Tant qu'il sont au mostier venu, Dont li prestres fu chapelains, Ren. 308). Biau douz prestre, biaus chapelains, Est-il donques drois que je l'ains [aime]? la Rose, «9405. Un chapelain qui avoit fet benoïçon de deus qui segonde foiz estoient mariez : l'en dit qu'il doit estre sospenduz de l'office et du bénéfice, Liv. de just. 220. Ne ne fust pas trové que le chapelain ne li clerc deussent eslire, de droit, tb. 47. || xvi" s. Comme chante le chapelain, ainsi respond le sacristain, le roux de lincy, Prov. 1. 1, p. 6.
— ÉTYM. Picard capelain; provenç. capelan; catal. capelld; espagn. capellan; ital. cappellano ; bas-latin, capellanus; du bas-latin capella, chapelle (voy. chapelle).
t CHAPELAINE (cha-pe-lê-n'), s. f. Ancien titre de dignité dans une abbaye de femmes.
— ETYM. Chapelain.
en \
CHAPELE, f.E (chape-lé, lée), part, pansé. Pain chapelé.
«:iIAPELEU (cha-pe-lé. On double (, quand la syllabe qui suit pel est muette : je chapelle, je chapellerai), v. a. Tailler, abattre, couper par morceaux; ne se dit plus guère que dans cette phrase, chapeler du pain, en 6teY, en râper la croûte. || Familièrement. Il va se chapeler la main avec ce couteau. Vous ne découpez pas cette volaille, vous la chapelez.
— HIST. xi" s. De leur espées et ferir et chapler, Ch. de Roi. cxxv. || m* s. [Ils] fièrent et rhaplont desor la gont sauvage, ttoneisv. p. 65. || xin* s. Tant a féru et chapelé Que le leu [loup] [il] a escervelé, lien. «3367. || xiv* s. Le ber Karenlouet, qui hier, sa voit chapler, Guesclin, «6363. Deux porte-chappos, dont l'un chappelera pain, Ménagirr, n, 4. Pain de deux jours pour chapeler, tb. n, 4. ||xv"s. Le comte d'Eu et les autres barons qui se combattoient à l'autre partie des Sarrasins, tant y firent et tant y chapelerent que par force raboutèrent les Sarrasins, Bouciq. I, 23.... Que on chappellast Cinq ou sii douzaines de pain, vtllon, Comment ils eurent dn pain. || xvi" s. X Guillaume du Moussay, coustellier du Roy, pour trois autres gaisnes garnies de couteaulx à manches de brossin, pour servir à chappeler le pain, de LABORnE, Émaux, p. 232.
— ÊTYM. Provenç. capnlar; bas-latin capellnre, capillare; du latin capulare, battre, decapulus, poignée d'épée, qui vient de capere, prendre (voy. capable).
CHAPELET (cha-pe-lè; le t ne se lie pas dans Io parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des cha-pe-lè-z à gros grains; chapelets rime avec traits, succès, paix), s. m. || 1" Petit chapeau. || Donner le chapelet, marier; locution tirée de la coutume de mettre sur la tête des nouvelles mariées un chapelet de romarin. Ce sens est tombé en désuétude. || 2° Objet de dévotion en forme de collier, fait de grains enfilés et composé de cinq dizaines d'avés, au lieu que le rosaire est composé de quinze dizaines d'Avés; à chaque dizaine est un plus gros grain sur lequel on dit le Pater. || Les prières mêmes qu'on dit sur un chapelet. Les Orientaux ont aussi des espèces de chapelets. Elle sait .... [ce] Que valent chapelets, grains bénits enfilés, Régnier, Sat. xm. Les sœurs disent le chapelet en travaillant, boss. Règl. Le vieux connétable de Montmorency disait son chapelet au milieu des camps, chateaub. Génie, i, vi, 5. || Fig. Il n'a pas gagné cela en disant son chapelet, seditquand quelqu'un est puni d'une faute. || Fig. Le chapelet se défile, commence à se défiler, se dit d'une famille, d'une société dont plusieurs memb-es viennent successivement à manquer. || Fig. et familièrement. Défiler un chapelet, son chapelet, débiter avec volubilité tout ce qu'on sait sur une matière; parler de mémoire et sans comprendre ce qu'on dit, sans s'en rendre compte; dire a quelqu'un tout ce qu'on a à lui reprocher. || 3" Tout ce qui a quelque analogie avec l'arrangement des grains d'un chapelet. Les enfants font des chapelets de marrons d'Inde. || Fig." D'amis nombreux quelle troupe riante, Et de beautés quel brillant chapelet! bérang. Cordon. || Terme d'architecture. Baguette découpée et formant une suite de grains, perles ou olives. || Terme de dessin. Suite d'ornements qui se suivent ou s'enchevêtrent. || Cercle de bulles qui se forme au-dessus de l'eaude-vie qu'on agite. || Terme de pêche. Balles de plomb que l'on met au bas de certains filets. || Chapelet de tonneaux vides, sorte d'appareil servant à relever un bâtiment submergé. || Terme d'hydraulique. Machine, autrement nommée noria, composée d'une chaîne sans fin, garnie de godets ou de seaux lesquels se remplissent au bas de leur course et se versent dans un conduit quand ils sont arrivés au haut. || Machine de théâtre composée de plusieurs petits châssis sur chacun desquels est peinte une masse de nuages. || Assemblage de barreaux d'acier arrangés en croix, qui sert à tenir le noyau droit dans la chape du moule d'une pièce de canon. || 4° Terme de médecine. Cercle de pustules vénériennes qui viennent autour du front. || Engorgement ganglionnaire disposé comme un chapelet. || 5" Terme de vétérinaire. Suros placés les uns à la suite des autres. || Appareil composé d'une douzaine de bâtons longs de 40 à 60 centimètres et de morceaux de bois ovoïdes traversés par deux cordes, et empêchant le cheval de #e mordre sur une parti» du corps où l'on a fait quelque pansement. || 6"Terme demanége. Couple d'étrivières, garnies chacune d'un étrier, qui s'attachent au pommeau de la selle. || 7° Terme de marine. Chapelet de cabestan , garniture de roulettes placées entre les taquets, au bas
de certains mbestans. || 8" Terme de fauconnerie. Chaperon. || 9° Arbre à chapelet, voy. arbre saint. || 10» Nom vulgaire d'une espèce du genre couleuvre (coluber sibilans de Seba).
— HlST. xiii* s. Uns capelés [petit chapeau] ses cheveux [de Blonde] tient, Oui ert [était] de fin or reluisant, Bl. et Jehan, 47)2. Un chapelet vest en sa teste, Ren. 24519. Tybert son chapelet osta, En tel manière commença, ib. 24 34 4. Il [l'Amour] ot ou chief ung chapelet De roses; mais rossignolet Oui entor son chief voletoient Les foilles jus en abattaient, la Rose, 899. || xiv* s. Laquelle jeune femme à marier avoit un chappelet de fleurs sur sa teste, nu canoë, capclletum. S'ot un chappelet de rosettes, De muguet et de violettes, Par cointise mis en son chief, de laborde, Émaux, p. 206. Le chapelet de fleurs que le connestable avoit sur la teste en servant à te table du roy , m. ib. p. 207. || xvi* s. Je sçay un beau chapelet de fines esmeraudes, rab. Pnnt. il, 2). Ils ouvrageoient bouquets, guirlandes et chapelets do toutes façons, yver, 624. Puis, estant lassés de chanter en chapelet [ronde] , in. B76. Kn se retirant de tout poinct du maniement des affaires, et en se tissant un beau chappellet de tranquillité à mettre sur sa teste, comme disent aucuns rhetoriciens, amtot, Cross, et Nie. 4. Leur commandant que chacun feist un chappelet d'espics de bled, etqu'ilz le meissent sur leurs testes, id. Eum. 4 1. Là ne pouvans plus durer sans estriers, il nous feit acheter à chacun un chappelet [sorte d'étrier], d'aub. Fan. i, 3. Ils ont souvent un chappelet autour du front, cheute de poil, etc. paré, xvi, 4. La femme de Pierre Cœurly, maistre des chappelets.... id. xvui, 34. Asseoir les chauderons et bassines pointues sur des borlets, torces ou chappelets, pour los garder de toucher pavé, o. de serres, 882.
— ÉTYM. Diminutif de chapel: petit chapeau. La suite des sens est : petit chapeau; puis, particulièrement, la couronne de roses que l'on mettait sur la tête de la sainte Vierge, ou rosaire; enfin, par similitude avec le rosaire , un certain nombre de grains enfilés et formant une sorte de couronne ou rosaire.
CHAPELIER, 1ÈRE (cha-pe-lié, liê-r*), s. m. et f. Celui, celle qui fait ou vend des chapeaHX d'homme. Pradon a mis au jour un livre contre vous; Et, chez le chapelier du coin de notre place, Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, boil. Épitre vi.
— HIST. xiii* s. Nul chapelier de fleurs ne peut, ne ne doit cueillir ou faire cueillir au jour de dimanche en ses courtils nulles herbes, nulles fleurs à chappeaulx faire, de laborde, Emaux, 205. Quiconques veut estre chapeliers de fleurs à Paris estre le puet franchement.... Liv. des met. 246. || xiv* s. Une chappeliere qui livrera chappeaulx lejourdesDopces, Ménagier , n , 4.
— Etym. Cliapeau, par chapel.
CHAPELLE (cha-pè-1), s. f. || 1* Lieu consacré au culte dans les palais, dans certaines maisons particulières, hospices, collèges, etc. Nous entendons la messe à la chapelle du château, de la prison. || Absolument, la chapelle, le corps d'ecclésiastiques qui desservent la chapelle du roi. || 2° Petite église qui n'est ni paroisse, ni prieuré, qui subsiste d'ellemême et que les canonistes disent en plein air. On éleva sur la place même une chapelle en commémoration de cet événement. Ils auront le crédit de faire bâtir une chapelle, pasc. P. jés. 35. || Sainte chapelle, église collégiale nommée ainsi a cause qu'on y garde des reliques déposées par le prince qui la fonda. La Sainte Chapelle de Paris. Parmi les doux loisirs d'une paix fraternelle, Paris voyait fleurir son antique chapelle, boil. Lutrin, I. || 8° Se dit aussi des diverses parties d'une église ou sont des autels. Le mariage fut célébré à la chapelle de la Vierge. || Mettre en chapelle, se dit, en Espagne, des condamnés à la peine capitale qui sont préparés à la mort dans une chapelle. || 4° Les musiciens qui chantent dans une chapelle. La chapelle suivit le roi au camp. Il chante à la chapelle. || Maître de chapelle, celui qui dirige la musique d'une chapelle, soit à la cour, soit dans une église. Desvignes a été longtemps maître de chapelle à Notre-Dame. || Chapelle pontificale, réunion, à Rome, des trois ordres de chanteurs, les chapelains chanteurs, les chanteurs apostoliques et les chanteurs pontificaux. || 6° Par extension, le calice, les chandeliers et autres objets à l'usage d'une chapelle. Une chapelle de vermeil. || X bord des vaisseaux, coffre dans lequel l'aumônier renferme les ornements propres au service divin. H'I'ewr chapelle, se dit du pape, de l'empereur d'Autriche et du roi d'Espagne assistant en pompe à l'office divin. || Chapelle ardente, lumi-
CÏTA
nuire n'ont on entoure un catafalque. || Fig. et familièrement. Jouer à la chapelle, s'occuper sétienseinent de choses frivoles ou inutiles comme les enfants qui imitent les cérémonies de l'église et construisent de petites chapelles avec une serviette et quelques figurines de plâtre, surtout à l'époque de la Fête-Dieu. || 6° Par plaisanterie, chapelle blanche, mot qui se dit pour signifier le lit. Voilà un enfant qui n'en peut plus, il faut le oonduire à la chapelle blanche. Elle voulait aller à la messe de minuit; elle l'a entendue dans la chapelle blanche. || 7* Sorte de bénéfice qui consiste au revenu d'une chapelle et qui est fondé pour la desservir. || 8" Couvercle d'un alambic. || Voûte du four des boulangers. || Bâti en bois qui supporte la châsse et le porte-lame du métier de tisserand. || Cintre qui recouvre la roue d'une vielle. || Terme de poterie. Enfourner en chapelle, enfourner à nu, sans étuis. || Couvercle de cuivre qui est au-dessus de l'aiguille aimantée. || Partie intérieure d'une machine où se trouve placé un mécanisme quelconque, et que l'on ferme avec une plaque mobile. || Galerie d'aqueduc en forme de voûte. || 9° Terme de marine. Faire chapelle, virer subitement de bord vent devant, malgré soi et par la force des vents ou des courants. C'est une mauvaise orthographe qui a prévalu sur la bonne, qui est chapel ou chapeau, jal.
— SYN. chapelle, chapellenie. La chapelle est l'édifice, et, par extension, le bénéfice. La chapellenie n'est jamais que le bénéfice.
— HIST. xi" s. Mère yglise de paroisse, vingt sols ; et de chapelle dix sols, Lois de Guill. 4 . Charles sera ad Ais à sa capele, Ch. de Roi. iv. || xii" s. Dedans une chapele [ils] troverent Helissant, Saxons, xn. Persones e baruns i feras assembler En sa chapele, cels qu'il voldra apeler, Th. le mort. 62. ||xni* s. Et furent mis en une moût riche chapelle qui dedens le palais estoit, villeh. ex. [Il y] avoit une chapele de grantancesserie, Berte, cix. A ceste chapelete que ci veez ester, ib. cxn. Iluec est la noire chapele Dunt l'encunte, ki est si bêle, Lai del desirè. Et si avoit une capiele où li rois tourna pour oïr messe, Chron. deRains, 4 47. Je n'ai cure de tafavele; Va-t'en, is fors de ma chapele, ruteb. d, ioi. || xiv* s. Pour faire eaue rose sans chappelle [alambic de plomb], Ménagier, n, 6. || xvi's. La vapeur par réfrigération du sommet de la chapelle et alembic descend au receptoire, paré, xxv, 24. Leurs fourneaux, allambics, chappelles, creusets.... carloix, vi, 9.
— ÉTYM. Berry, chapelle, reposoir dressé dans les rues le jour de la Fête-Dieu; picard, capelle: provenç. capella ; espagn. capilla; portug. capela; ital. capella; bas-lat. capella, diminutif de capa, chape. Voici la série des sens : petite chape, chapelle, conservée dans le palais des rois et sur laquelle se prêtaient les serments; puis le lieu où, dans le palais, cette ct»pe élait gardée (d'où Aix-lachapelle, d'une chapelle de ce genre qui était dans le palais de Charlemagne) , et enfin tout édifice où il y avait des reliques.
CHAPELLENIE (cha-pè-le-nie), s. f. Bénéfice d'un chapelain. Il possédait une chapellenie dans la cathédrale.
— ÉTYM. Chapelain.
CHAPELLERIE (cha-pè-le-rie) , s. f. Le commerce et la confection des chapeaux d'homme. Il entend bien la chapellerie. Monter une chapellerie. Articles de chapellerie. || Maison, atelier où se fait cette fabrication.
— ÉTYM. Chapeau, par chapel.
CHAPELURE (cha-pe-lu-r") , s. f. La croûte qu'on
obtient en chapelant le pain; croûte de pain en poudre. Rouler un morceau de viande dans la chapelure. Saupoudrer un plat de chapelure de pain.
— HIST. xiv* s. Chappeleures de pain, gingembre, Ménagier, n, 6. Pain bruslé ou chappelleures, ib. || xvi* s. S ces motz Panurge esvanouyt de la compaignie, et se mussa on bas dedans la soutte, entre les croustes, miettes et chaplys du pain, rab. Pan».
— ÉTYM. Chapelet.
CHAPERON (cha-pe-ron) , s. m. || 1" Sorte de chape. Les chaperons étaient autrefois des habits, comme ils le sont encore à présent, servant aux vieilles femmes en de eertains pays, thiers, Hist. des perruques, ch. vi. || 2° Coiffure à bourrelet et à queue que portaient les hommes et les femmes; s'est dit aussi d'une bande d'étoffe que les femmes attachaient sur leur tête. Bien que d'un cabinet sortît un petit cœur Avec son chaperon.... Régnier, Sat. xi. Quand autour du roi quelqu'un avalait [abaissait] son chaperon, les plus près du roi lui faisaient place, c'était une marque qu'il voulait parler au
CHA
roi, st-sim. 73, 498. Si tu voulais, Madeleine, Au lieu de la marjolaine Oui pare ton chaperon, Tu porterais la couronne, v. hugo, Bail. 9. C'était une coiffure de tête qui avait un bourrelet sur le haut et une queue pendante sur l'épaule , que portaient les chevaliers de l'Etoile que le roi Jean institua, choisi, Hist. du roi Jean, liv. iv, ch. a, dans richelet. Le chaperon était aussi autrefois une couverture de tête des ecclésiastiques: mais il y a plus de deux cents ans qu'ils n'en portent plus à l'église, thiers, Hist. des perruques, ch. iv. ||3° Bourrelet circulaire à pendants d'étoffe garnis d'hermine que portent sur l'épaule gauche les gens de robe, docteurs, etc. || L'ornement relevé en broderie, qui est au dos d'une chape. || Terme de blason. Ancien habillement de tête en forme de capuchon. || 4° Fig. Personne âgée ou grave qui accompagne une jeune femme par bienséance, et comme pour répondre do sa conduite; locution prise de ce que cette personne couvre, protège comme un chaperon. Elle a pour chaperon une vieille tante qui la suit partout. Monseigneur répondit que lui et une dame d'honneur serviraient bien de chaperons [aux dames] , st-sim. 275, 2(8. || 5" Terme de fauconnerie. Cuir dont en coiffe les oiseaux de leurre. || Terme de sellier. Pièce de cuir qui recouvre les fourreaux des pistolets pour les garantir de la pluie. || Terme d'architecture. Disposition en toit d'un mur de clôture pour prévenir les dégradations causées par la pluie. || Terme d'art militaire. Petit toit qu'on place sur la lumière d'un canon. || Terme de charpentier. Hache au droit d'une mortaise. || 6" Boîte de cartier. || 7* Terme d'agriculture. Fragment qui échappe au fléau et se retrouve lors du vannage. | 8* Terme d'imprimerie. Feuilles de tirage en surnombre pour remplacer les feuilles gâtées. On dit plutôt aujourd'hui, main de passe. || Dans les imprimeries d'estampes, le dessus de la presse. || Terme de papeterie. Êgratignure au papier. || 9" Terme de botanique. Chaperon de moine, aconit napel. || 10° Les chaperons, nom des gensde Parisqui, au milieu du xiv* siècle, tenaient le parti de Marcel, prévôt des marchands, et s'opposaient a la rentrée du Dauphin.
— HIST. xii* s. Parlez à moi, sire au chaperon large, Li coronemens Looys, 488. || xm* s. Moult li avez mal despecié Son chaperon delez la joe, Ren. 6207. De quel ordre volez vos estre, Oui rouge chaperon avez? ib. 4 0415. Et par si grant devocion Faisoient leur confession , Que deui testes avoit ensemble En ung chaperon, ce me semble, la Rose, 42268. Osteiz vos chaperons, tendeiz les oreilles, regardez mes herbes, ruteb. 257. Je voi si l'un vers l'autre tendre Qu'en un chaperon a deux testes, m. 194. Dont [donc] fu li chaperons fors de son chief levés, Si a tiré sa barbe, cent poils en a osté, Ch. cCAnt. v, 835. Et l'autre m'aporta un chaperon , que je mis en ma teste, joinv. 240. || xiv* s. Se nous veons deux testes mètre en un caperon, Nous leur dirons que c'est pour faire traïson, Baud. de Seb. vu, 351. Quant le juges verra devant lui un bricon, Qui maie cote aura et mauvais chaperon, t'6. xn, 47. Le faulcon doit avoir ung chaperon de bon cuir, bien faict et bien enfourné, affin qu'il tienne assez à sa teste, Modus, f' Lxxvm , lerso. || xv* s. Et venoient aucunes fois aux murs et aux créneaux et les frottoient et passoient de leurs chaperons par dépit, froiss. i, i, 486. Quand ils furent là venus, messire Agnos osta son chaperon tout jus, et les salua bellement l'un après l'autre, id. i, i, 242. Elles ne lui coustoient non plus que s'on les prenoit en la cornette de son chaperon , louis xi , Nouv. lxv. Maintenant a trois ans ou environ, qu'une assez bonne aventure advint & un chaperon fourré du Parlement de Paris, id. ib. lxvh. || xvi* s. Le chaperon d'une damoiselle, rab. Garg. i, 4 3. Il faisoit fort bonne chère à une femme de chambre à chaperon, qu'elle avoit, marg. de nav. Nouv. lix. Mais pensez que ce ne fut pas sans lui donner dronos et chaperon de mesme [la rosser coniplétenvnt], dlsper. Contes, lxii. Il fait bon voir le bec de leurs chapprons antiques, dubellav, vi, 36, recto. Faut qu'autour de la trépane [trépan] y ait un chaperon, & fin qu'elle ne puisse passer et couper l'os plus qu'on no voudra, paré, vin, 20.
— ÉTYM. Provenç. capairo ; bas-lat. caparo, capero, capiro; dérivé de capa (voy. chape).
CHAPERONNÉ, ÉE (cha-pe-ro-né , née), part, passé. Faucon chaperonné. || Fig. Jeune fille chaperonnée par une tante.
CHAPERONNER (cha-pe-ro-né), v. a. || 1* En parlant des oiseaux de proie, coiffer d'un chaperon. || 2"Terme d'architecture. Chaperonner des murailles, les revêtir d'un chaperon. f| 8° Fig. chaperonner
CITA
une jeune personne, lui servir de chaperon dans le monde.
— HIST. toi' s. Mtilt par fu esbale la gent chaperonnée , Quant il virent lur veie tûtes parz estupée, Th. le mari. 146. ||xvr* s. La marque du mur metoien est, quand il est chaperonné, ou y a fenestre des deux costés, loysel, 284. Qui n'a point de teste n'a besoin de chaperon, cotgrave.
— ÊTYM. Chaperon.
f CHAPERONNIKR (cha-pe-ro-nié) , adj. masc. Terme de fauconnerie.. Oiseau chaperonnier,ou, substantivement, chaperonnier, oiseau à qui on couvre la tête d'un morceau d'étoffe pour l'empêcher de voir.
— ÊTYM. Chaperon.
t CHAPETONNADE (cha-pe-to-na-d') , s. f. Vomissement accompagné de délire furieux qui attaque les Européens dans les pays chauds.
CHAPIER (cha-pié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel Pi se lie : les cha-pié-z au chœur), s. m. Il t* Celui qui porte chape. Les deux chapiers se promènent dans le chœur en certains temps de l'office. || 2" Celui qui fait des chapes. || 3" Armoire pour les chapes.
— êtym. Chape.
CHAPITEAU (cha-pi-tô), s. m. || !• Terme d'architecture. La partie du haut de la colonne qui pose 6ur le fût Il faut que l'épaisseur de tout le chapiteau [de l'ordre ionique] soit partagée en sorte que, de neuf parties et demie qu'elle contient, la volute pende de la largeur de trois au-dessous de l'astragale du haut de la colonne, tout le reste étant employé à l'ove, au tailloir qui est mis dessus, et au canal, Perrault, Vitruve, m, 3. Les proportions du chapiteau corinthien doivent être ainsi prises : il faut que le chapiteau avec le tailloir ait autant de hauteur que le bas de la colonne a d'épaisseur; que la largeur du tailloir soit telle que la diagonale qui est depuis un de ses angles jusqu'à l'autre ait deux fois la hauteur du chapiteau ; car de là on prendra la juste mesure des quatre côtés du tailloir ; la courbure de ces côtés en dedans sera de la neuvième partie du côté à prendre de l'extrémité d'un des angles à l'autre; le bas du chapiteau sera de même largeur que le haut de la colonne, sans le congé et l'astragale, m. ib. iv, l. Le diamètre des colonnes [doriques] doit être de deux modules; la hauteur, compris le chapiteau, de quatorze; la hauteur du chapiteau, d'un module ; la largeur, de deux modules et de la moitié d'un module; le chapiteau doit être divisé selon sa hauteur en trois parties, dont l'une est pour le plinthe avec la cimaise, l'autre pour le quart de rond avec les annelets, la troisième pour la gorge du chapiteau, in. ib. || En général, ornement de diverse forme qui surmonte et couronne certaines parties. || En menuiserie, corniches et autres couronnements des buffets . armoires, etc. || 2° La couverture mobile d'un moulin à vent. || 3' La partie supérieure de l'alambic où viennent se condenser le» vapeurs. Chapiteau à bec. Chapiteau aveugle, sans bec. || 4* Le carton roulé en entonnoir qu'on met au haut d'une torche pour recevoir la cire ou la poix qui coule. |l Terme d'artificier. Cornet placé au sommet d'une fusée volante. || Terme de botanique. Certaines parties des fleurs et des fruits. || Le dessus d'une presse à estampes. || 5° Petit couvercle fait de deux ais joints en angle dièdre, que l'on place sur la lumière d'un canon. || Couronnement du corps du fourreau de certaines armes blanches.
— HIST. xv s. Et ces dorures Sur chapiteaux et pommeaux à pointures [peintures] D'or et d'azur.... christ, oe pisan, Dit de Poissy.
— ÊTYM. Picard, capUeau; provenç. et espagn. capitel ; ital. capitello; du latin capitellum, diminutif de caput, tête (voy. chef).
f CHAP1TRAL, ALE (cha-pi-tral, tra-1'), adj. Qui appartient à un chapitre de religieux. Maison chapnrale.
— Etym. Chapitre.
CHAPITRE (cha-pi-tr"), s. m. || 1° Division d'un livre, d'un traité, d'un code, d'une loi. Cet ouvrage est divisé en livres, et chaque livre en chapitres. Le budget est divisé par chapitres, et chaque chapitre par articles. || Fig. Matière, sujet, objet. Le chevalier ne se contraignait guère sur son chapitre, hamilt. Gramm. 5. Soyez donc sage ici sur ce chapitre, m. t'b. «. Le mal qu'elle fait à mon fils sur ce chapitre, sêv. 38. Je traite ce chapitre très-naturellement, m. 392. On traite à fond le chapitre de l'accouchement, id. no. Je ne puis avoir de tort avec lui sur le chapitre de l'amitié . id. 58. Mes pensées sont semblables aux vôtres sur le chapitre de mon fils, id. 437. On était hier sur votre chapitre chez M. de Coulange, m. ko. J'ai l'humeur enjouée, et tans cesse je ris; mais, tout en riant, je suis se-
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rieuse sur de certains chapitres, mol. Scapin, m, (. C'est en partie sur mon chapitre que Lucien s'est contredit, fonten. Jug. de Pluton. Cet honneur, qui est un si grand chapitre parmi nous, montesq. Esp. vi, i. || 2° Synonyme, employé quelquefois, de capitule, trait de l'Écriture que dit l'officiant entre le dernier psaume et l'hymne. || 3" L'assemblée où les chanoines traitent de leurs affaires et des questions de leur ressort. || Par extension, toute assemblée que tiennent des religieux pour délibérer de leurs affaires. || Chapitres généraux, réunions annuelles de tous les abbés des monastères d'un ordre; chaque abbé était tenu d'y assister et les règlements de ces chapitres étaient observés par tout l'ordre. || Par une extension ultérieure , les assemblées des ordres royaux, des ordres militaires, et lieux où se tiennent ces diverses assemblées. || Familièrement, une assemblée quelconque. J'ai maints chapitres vus, Qui pour néant se sont ainsi tenus, Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines, Voire chapitres de chanoines, la font. Fabl. n, 2. Le demeurant des rats tint chapitre en un coin, id. ib. Toutes huit accoururent, Tinrent chapitre, la font. Maiet. Nous tînmes hier chapitre chez Mme de Lavardin, sêv. 496. Ce chapitre que Momus fonde Chez eux manquera de doyen, bérang. Âge fut. || Fig. et familièrement. Avoir voix au chapitre, avoir crédit, autorité dans une compagnie , auprès de quelque personnage , sur une question. Si l'on avait quelques voix en chapitre, sbv. (28. || 4" Le lieu où se tiennent toutes ces sortes d'assemblées dites chapitres. || 5° Le corps des chanoines d'uneéglise cathédrale ou collégiale. C'est en vain que le chantre, abusant d'un faux titre, Deux fois l'en fit ôter [un lutrin] par les mains du chapitre, boil. Lutr. i. Cinq cents ans d'une si pure illustration ne pourraient faire recevoir un homme dans le moindre chapitre d'Allemagne, volt. Mœurs, 98. || Pain de chapitre, le pain qu'on distribuait chaque jour aux chanoines dans quelques chapitres. Gardez-bien ce que je vous donne [foin dans sa pochette], lui dit Collinet, cela vous servira d'un pain de chapitre, en cas de nécessité, Francion, 1. vi, p. 237.
— hist. xii* s. Neïs [même] en plain chapitre li o! um [l'entendit-on] gehir [avouer] : Ci sui venuz, fait-il, entre vus mort suffrir, Th. lemart. (46. Or oez les capitles que li reis enveiat As baillis del pais.... t'6. 67. Mais li reis Loewis à Punteigni ala, Od le saint arcevesque dedenz capitle entra, ib. 98. Tel erent li capitel des leis le rei Henri, ib. 63. || xiu* s. Adonc s'en ala li marchis au chapitre à Citiau, qui est à la sainte-crois de septembre, villeh. xxvm. Le chapistre dist simplement Sire Tybert, et dant Renart Redit le verset à sa part, Ren. 2(348. Tiens soit li pooirs et li baus [autorité] ; Tu seras mes rois des ribaus, A'insinc le vuet nostre chapitre, la Rose, (0975. Li baillis qui veut droite justice maintenir et qui a les vertus dessus dites en cest capitre, il est sans amor et sans haine, beaum. 33. Ou se celui qui li requiert le conseil n'a fait l'une desdites choses qui sont escrites en l'autre chapitle, Ass. de Mr. 1,42. De ce tiennent au ciel sainz et saintes chapitre, J. de heung, Test. ((6. || xv* s. Lettres es quelles estoient contenus les chapitres que celui messire Jacques avoit accoustumé d'envoyer par tous les lieux, là où il pensoit à faire armes [joutes] , G. chastel. Chron. de Lalain, (62. || xvi's. Ayanteu plusieurs fois le chapitre et le fouet diffamatoire pour ses larcins et meschancetez, Sat. Ménipp. 7ï. Il ne nous faut que considérer ce qu'on appelle vin théologal et ce qu'on appelle pain de chapitre; car, quand il est question d'exprimer en un mot un vin bon par excellence, et fust-ce pour la bouche d'un roi, il faut venir au vin théologal; pareillement, s'il est question de parler d'un pain ayant toutes les qualités d'un bon bien friand pain, ne faut-il pas venir au pain de chapitre? H. est. Apologie d'Hérod. ch. xxn.
— ÊTYM. Bourguig. chaipitre; espagn. capitulo, cabildo; portug. cabido; ital. capilolo; du latin capilulum, chapitre, de caput, chef (voy. chef). Capitulum, signifiant chapitre, article de loi, a pris le sens de courte leçon faite dans l'office divin; puis celui du lieu où s'assemblaient les moines et les chanoines, parce qu'on y lisait ces courtes leçons; et enfin celui de corps même des religieui.
CHAPITRÉ, ÉE (cha-pi-tré , trée), part, passé. Ce jeune homme chapitré par son père.
CUAPITRER (cha-pitré), v. a. || i" Réprimander en plein chapitre. || 2* Fig. et familièrement, adresser une réprimande, de sévères remontrances. Voyant que pour l'hymen elle n'allait pas droit, Il vous l'a chapitrée.... th. corn. D. César, iv,
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