‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 307 sur 403 · SYN. CHIQUENAUDE, CROQUIGNOLE, NASARDE · texte numérisé non relu

SYN. CHIQUENAUDE, CROQUIGNOLE, NASARDE

pichenette. Le lieu où la chiquenaude et la pichenette se donnent est indéterminé; la nasarde est restreinte au nez d'après son étymologie; et la croquignole se donne sur toute partie du visage.

— HIST. xvi* s. Il ne lui faisoit mal en plus que feriez baillant une chinquenaulde sus ung enclume de forgeron, rab. Pant. il, 29. Chicquenode , palsgrave, p. 220. J'ay veu des hommes , des femmes et des enfants ainsi nays, qu'une bastonnade leur est moins qu'à moy une chiquenaude,

— ÉTYM. Origine inconnue. Génin propose le radical de chique, chicot, et naude pour nasaud, nez : petit coup sur le nez ; mais naude pour nasaud n'est pas admissible. L'orthographe chinquenaulde de Rabelais ne conduit à rien. Le picard dit pikenote où l'on semble voir le verbe piquer et une terminaison note qui serait la même que naude, mais dont le sens est inconnu.

| CHIQUENILLE (chi-ke-ni-U', Il mouillées), s. f. Ancienne forme de souquenille. Encore met-il une chiquenille de toile par-dessus ses vêtements, dès qu'il est à la maison, Francion, liv. vm, p. 340.

— ÉTYM. Voy. souquenille.

♦. CHIQUER (chi-ké). ||i° T. n.- Mâcher une chique de tabac. || Tabac à chiquer, tabac qui a reçu une préparation, et est' mis en rouleaux ou autrement. || F. a. Chiquer du tabac. || 2° Terme populaire. Manger de bon appétit. || 3° Se chiquer, v. réfl. Être chiqué. Ce tabac se chique très- bien.

— ÉTYM. Picard, chiquer, manger; chicon, gros morceau de pain (voy. chique 2). Chiquer, manger, c'est mettre en petits morceaux, comme l'ancien français menuiser, de menu. Chicon signifiant en picard un morceau de pain, chique signifiant en normand un chiffon, on conçoit comment en normand, chiffon de pain s'est dit pour chicon.

f 2. CHIQUER (chi-ké), v. o. Terme d'atelier de peintre. Faire habilement.

— ÉTYM. Chic.

t s. CHIQUER (SE) (chi-ké), v. réfl. Se couvrir de chiques, être dévoré par les chiques.

— ÉTYM. Chique 4 .

CHIQUET (chi-kè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire : chi-kè & chi-kè) , s. m. Petite partie d'un tout, d'une pièce, d'une mesure. Un chiquet de vin, d'eau-de-vie. || Chiruet à chiquet, par très- petites parties. Payer ch.quet à chiquet. De l'argent et du pain, il n'y en mit [à l'armée de Flandre] que chiquet à chiquet, et elle se trouva abandonnée souvent à 5f propre industrie, st-sim. 232, 402. Chiquet à chiquet, dans quelques dixaines d'années, l'Héritier de village, Paris 4729, in-8°, se. vn, p. 37, dans fr. michel, Argot.

cm

— HIST. xvi* s. Chiquet à chiquet, ouniN, Curiosités.

— ÉTYM. Picard, chiket, petit chanteau, chikelte, petit morceau; du même radical que chique, chiquer, chiche.

t CHIQUETAGE (chi-ke-ta-j"), ». m. Action d« chiqueter.

t CHIQUETER (chi-ke-té), v. a. Terme de métier. Mettre en morceaux. || Déchirer la laine avec les cardes. || Tracer des raies sur une pièce de pâtisserie, sur une poterie, pour l'orner. || Faire un semis de taches sur un fond de marbre peint.

— ÉTYM. Chiquet; picard, chiketer, couper par petits morceaux.

fCUIQUETTE (chi-kè-f), ». f. Le même que chiquet. M. le président Hénault ne veut point que je donne Pierre [l'histoire de Russie] chiquette à chiquette, volt. Lett. Mme du Deffant, <o oct. 4780.

tCHIQUEUR (chi-keur), s. m. Celui qui chique, qui mâche du tabac. || Populairement, celui qui aime à faire bombance.

— ÉTYM. Chique 2.

t CH1R.... CHIRO.... Préfixe qui signifie main et qui est le grec ydp. C'est une faute de représenter, comme cela a lieu dans certains termes techniques, Xtip par cheir : Vu grec se rend en français par t.

CHIRAGRE (ki-ra-gr'), s. f. || l»Terme'de médecine. Goutte qui attaque les mains. || Terme de fauconnerie. Espèce de goutte que les oiseaux ont quelquefois aux pattes. || 2" Adj. Qui a la goutte aux mains. Un homme chiragre.

— HIST. xvi* s. J'ay souventesfois ouvert les veines et artères du mesme lieu, comme à la chiragre et podagre, les veines du pied ou de la main, et à la migraine les artères et veines des temples, paré, xv, 66. Ce chiragre nous voyant rire et moquer de sa main, bouchet, Serées, liv. ni, p. 89, dans lacurne.

— ÉTYM. Xeipdfpa, de chir (voy. chir....), et âYpi, prise, capture, mot qui parait de même racine que âYptoç, sauvage, àfpoc., champ (voy. agreste).

f CHIRAZ (chi-raz'), s. m. Petit chiraz, cépage qui, avec la roussane et la marsanne, sert à faire le vin de l'Ermitage.

— ÉTYM. Chirax, ville et canton de Perse où croît un vin renommé.

f CHIRITE (ki-ri-f) , ». f. Terme de minéralogie. Stalactite ayant la forme d'une main.

t CHIR0BAL1STE iki-ro-ba-li-st ) , s. f. Arbalète.

CHIROGRAPHAIRE (ki-ro-gra-fê-r*), ad). Terme de droit. Créancier chirographaire, celui qui ne peut prouver ce qui lui est dû, que par une écriture privée, sans acte authentique. On dit de même créance chirographaire. || Celui qui n'est pas créancier hypothécaire ou privilégié, parce qu'autrefois toute créance constatée par acte authentique emportait hypothèque.

— HIST. xvi* s. En déconfiture, tous créanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, et les chirographaires et sceduliers sur les immeubles, loysel, 685.

— ÉTYM. Chirographarius , de chirographum, chirographe.

+ CHIROGRAPnE (ki-ro-gra-f), s. m. Terme de diplomatique. Diplôme revêtu d'une signature. || Charte, pièce sur laquelle le même acte est écrit deux fois. || Bref du pape non publié, non promulgué-

HIST. xii* s. Le cyrogrefe al rei li arcevesques

prent.Tft. le mart. 67.||xni*s. Etporçouque ce soit ferme chose et estaule, si en est fait cyrographies et livres en la main des eskievins, tailliar. Recueil, p. 30. Ly abbes et ly couvens m'ont baillié, des convenemens devant dits, lettres seellées de leur seaulx et cyrographes, du cange, chirographum.

— ÉTYM. Chirographum, de/Eipô-irpaçov, de xsip, main (voy. chir....), et ypâçeiv, écrire (voy. graphique).

t CHIROGYMNASTE (ki-ro-gi-mna-sf), ». m.

Terme de musique. Appareil destiné à exercer les doigts des élèves qui étudient le piano.

— ÉTYM. Chir.... (voy. chir....), et gymnaste, qui s'exerce.

CHIROLOGIE (ki-ro-lo-jie),». f. Art de parler par signes faits avec les doigts. On dit plutôt dactyiolalie.

— ÉTYM. Chiro.... (voy. chir....), et /oyoz, discours (voy. logique).

t CHIROLOGIQUE (ki-ro-lo-ji-k'), adj. Qui arap- \ port à la chirologie.

CHIROMANCIE (ki-ro-man-sie), s. f. Art prétendu de connaître ce qui doit arriver à quelqu'un par l'inspection de sa main. Il suffira de dire qu'il s'est mêlé de deviner, sans exprimer si c'est par la

CHI

CHL

CHL

chiromancie ou par un pacte avec le démon, pasc. Prov. 10. Quelques prêtres égyptiens exerçaient la chiromancie, volt, ilœurs, toi. || On trouve aussi

fchi romance.

— ÊTYM. Xeipo^avTîia. de cfti'ro et mancie. CHIROMANCIEN, IENNE (ki-ro-man-siin, sièn'), s.m.etf. Celui, celle qui pratique l'art prétendu delà chiromancie.

— HIST. xvi* s. Autres sont nommés cheiromanciens , parce qu'ils devinent par certains lineamens qui sont es mains, paré, xix, 3t. Il advient de là qu'il n'est rien creu si fermement que ce qu'on sçait le moins -, ny gents si asseurez que ceulx qui nous content des fables, comme alchymistes, prognosticqueurs, judiciaires, chiromantiens, médecins, mont. I, 247.

— ÉTYM. Chiromancie.

| CH1H0N (chi-ron) , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères qui renferme trois espèces attaquant toutes trois les olives, t CUIRONECTE (ki-ro-nè-kf), *. m. Terme de zoologie. Espèce du genre sarigue, qui est aquatique.

— ÉTYM. Xeip, main, et vtjxttic, nageur, t CHIRONIEN, IENNE (ki-ro-niin, niè-n'), adj. Terme de chirurgie. Ulcère chironien, nom donné anciennement à des ulcères invétérés, à bords durs et calleux, d'une guérison difficile.

— hist. xvi* s. Ulcère telephien, parce que Telephus enaesté malade; chironien, parce que Chiron en a guéri le premier, paré, xi, t.

— ÉTYM. Le centaure Chiron.

| ClIIRONOME(ki-ro-no-m'), *. m. Celui qui enseigne la chironomie.

f CHIRONOMIE (ki-ro-no-mie) , s. f. L'art de régler le mouvement des mains, c'est-à-dire d'approprier les gestes aux discours.

— ÉTYM. Xeipovonia, de chiro.... (voy. chir....), et vâu.oî, règle.

t CHIRONOMIQUE (ki-ro-no-mi-k'), adj. Qui a rapport à la chironomie.

f CHIROPLASTE(ki-ro-pla-st'), s. m. Terme de musique. Instrument pour faciliter l'étude du piano.

— ÊTYM. Chiro.... (voy. chir....), et lùâaaeiv, former (voy. plastique).

t CHIROPTÈRE (ki-ro-ptê-r') , t. m. Terme de zoologie. Les chiroptères, ordre de mammifères dont les membres antérieurs ont les os très-allongés et réunis par une membrane (d'où la faculté de voler comme les oiseaux), et qui ont les dents aiguës des carnassiers. Telle est la chauve-souris.

— REM. On trouve, dans les livres d'histoire naturelle, chéiroptères; mais c'est une mauvaise orthographe (voy. chir....).

— ÊTYM. Chiro.... (voy. chir....), et irtspov, aile, f CIIIROTONIE (ki-ro-to-nie) , f. f. Terme de

théologie. Imposition des mains. j| Terme d'antiquité grecque. Action de voter en levant la main.

— ÊTYM. Chiro.... (voy. chir....), et teiveiv, étendre.

CHIRURGICAL, ALE (chi-rur-ji-kal, ka-1'), adj. Qui appartient à la chirurgie. Les moyens chirurgicaux. Il y a dans presque toutes les maladies des secours antérieurs à l'opération chirurgicale, dider. Lettre.

— ÉTYM. Chirurgie.

CHIRURGIE (chi-rur-jie), J. f. Partie de l'art de

guérir qui s'occupe des maladies externes, de leur traitement, et, particulièrement, des procédés manuels qui servent à leur guérison.

— HIST. xn* s. X faire chevalerie N'estes vous mie aloses; Ainçois estes mieus moulés X savoir de sirurgie, hues de la fertê, Romancero, p. t88. || xv s. Guérir ne se peut maladie Par phisique ne cireurgie, en. d'orl. Bail. 88. || xvi' s. La première partie de la médecine est dicte chirurgie, qui par manuelle opération guarit les maladies, paré, Préface.

— ÊTYM. Xetpoupyta, dey^ip, main (voy. chir....) et fSpY°v, œuvre (voy. organe).

CHIRURGIEN (chi-rur-jiin), t. m. || f Celui qui exerce la chirurgie. Un bon chirurgien. 11 s'était élevé un procès entre les médecins et les chi rurgiens , espèce de guerre civile qui divisait les citoyens d'un même état, fonten. Geoffroy. Il vint à Paris à dixhuit ans s'instruire à l'hôtel-Dieu, la meilleure de toutes les écoles pour de jeunes chirurgiens, id. A/en/. C'est ainsi que Dieu, comme un chirurgien, avec son couteau affilé et à deux tranchants à la main, qui est sa parole, pénètre les jointures, les moelles, les pensées, lesintentions les plus secrètes, tsoss. Pensées chrét.sm. || Chirurgien herniaire, s'est dit de ceux qui t'occupaient spécialement de» her-

nies. || Chirurgien bandagiste, s'est dît do ceux qui fabriquaient des bandages et qui étaient, comme les autres chirurgiens, reçus à Saint-Corne (c'était autrefois l'école de chirurgie, distincte de l'école de médecine). || 2" Poisson des mers de l'Amérique, ainsi nommé de deux arêtes fort tranchantes, et plates comme des lancettes, qu'il porte à côté des ouïes. || Proverbe. Il faut avoir jeune chirurgien, vieux médecin et riche apothicaire.

— REM. On fait, si l'on veut, envers chirurgien de quatre syllabes. Vite un chirurgien. — Qu'il vienne à l'audience, rac. Plaid, n, <3.

— HIST. xm" s. Pour ce que il puet avenir que, quant murtrierou larron sunt bleciez ou blecent autrui, vienent celéement aus cyrurgiens de Paris, et se font guérir celéement.... Lin. des met. il 9. Je sai une fisicienne Qui à Lions ne à Viane, Ne tant comme li siècles dure, N'a si boneserurgienne, ruteb. 37. Quant il vint là, il ne pot parler : pluseurs des cyrurgiens et des phisiciens de l'ost alerent à li, joinv. 2(8. Fisique, Ypocras, Galien, Et cil hardi cirurgien , Bal. des 7 arts. || xiv* s. Et se un cyrurgien fendoit ou tranchoit aucun membre pour guarir un homme et il le occioit, oresme, Eth. 62. || xv* s. Ni surgien ni médecin n'y purent oneques remédier, qu'il n'en mourust, froiss. ii, m, 96. Et bien avoit [le roi Charles] la connoissance [de sa maladie], aussi avoientses cirurgiens et médecins, ID. H, il, 70. || xvi* s. Le chirurgien qui avoit pînsé la playe du chevalier Bayard montra à son barbier comme il le pet.scitet lui donna un onguent pour faire un emplastre qu'il devoit lui appliquer tous les jours, Hist. du chevalier Bayard, p. 286, dans lacurne. Nous défendons et inhibons par tous les trois edits (porte le langage latin) que, dans la ville et vicomte de Paris, nuls chirurgiens et chirurgiennes ne puissent exercer l'art de chirurgie, soit publiquement ou en privé, s'ils n'ont esté préalablement examinez etapprouvezparlesautresmaistres chirurgiens jurez demeuranz à Paris, à ce expressément appeliez. Chose de prime face estrange et toutefois excusable, si par nos anciens romans (images de nos coustumes anciennes) nous trouvons que nos chevaliers ayans esté casuellement blessez parla campagne, ils avoient recours aux plus proches chasteaux, dans les quels ils trouvoient leur guérison par le ministère des preudes dames et damoiselles, pasquier, Recherches, ix, p. 820, dans lacurne.

— ÊTYM. Chirurgie; génev. cérusien, cc'rugien. L'anglais surgeon vient de la forme serurgien , surgien. Dans le moyen âge, le cyrurgien était le même que notre chirurgien d'aujourd'hui; le médecin se disait physicien (qui est devenu le nom du médecin en anglais, et qui dérive de physique), ou miege, aemedicus, ou mire, de uûpov, onguent. Du reste, ces trois appellations prenaient souvent l'acception générale d'homme qui traite les maladies soit internes soit externes.

CHIRURGIQUE (chi-rur-ji-k'). || 1* Âdj. Qui appartient à la chirurgie. Synonyme moins usité de chirurgical. || 2* Subst. Il se rencontre tous les jours une infinité de cas particuliers où le chirurgique et le médicinal ne se démêlent point, dider. Lettre.

— HIST. xvi* s. Des instrumens propres pour l'opération de nostre art chirurgique, paré, Dédie.

— ÊTYM. Chirurgicus, de x"povpvtx6; (voy. chirurgie).

C1IISTE (ki-sf), s. m. L'Académie donne ce mot ainsi orthographié ; mais c'est une fausse orthographe , puisqu'il vient de xO<mç. Il faut l'écrire kyste (voy. ce mot).

f CHITE (chi-f) , s. f. Sorte de toile de l'Inde imprimée avec des planches de bois et dont les couleurs sont très-durables.

CHIURE (chi-u-r'), s. f. Excréments que fout les mouches et d'autres insectes, hannetons, etc.

— ÊTYM. Chier.

CULAMYDE (kla-mi-d'), s. f. Sorte de manteau des anciens, retenu au cou ou sur l'épaule droite par une agrafe.

— ÉTYM. Le latin chlamys, de y/au,û;.

f C1ILAMYPU0RE (kla-mi-fo-r'j, s. m. Terme de zoologie. Genre de la famille des tatous.

— ÊTYM. Le latin chlamys, tunique, et çopô;, qui porte.

fCHLÉNACÉ, ËE (klé-na-sé, sée), adj. Terme de botanique. Dont la capsule est enveloppée par l'involucre épaissi.

— ÊTYM. X/.oùva, tunique.

t CIILOASMA (klo-a-sma), s. m. Terme de médecine. Nom donné aux taches hépatiques.

— ÊTYM. XWaffiia, de xXsôtuv, pâlir.

t CIILORACIDE (klo-ra-si-d') , s. m. Terme de chimie. Acide dans lequel le chlore joue le rôle de principe acidiliant.

— ÊTYM. Chlore, acide.

+ CHLORAL (klo-ral) , s. m. Terme de chimie. Ilot formé des syllabes chlor et al, pour indiquer un composé de chlore et d'alcool.

t CHLORANTUE (klo-ran-t'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs vertes. || Qui est affecté de chloranthie.

— ÊTYM. X).wpô:, vert, et âv5o? , fleur.

t CHLORANTHIE (klo-ran-tie) , s. f. Terme de botanique. État tératologique dans lequel les organes floraux revêtent la couleur verte, la consistance, et même quelquefois la forme des feuilles.

— ÊTYM. Chloranthe.

CHLORATE (klo-ra-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels, appelés autrefois muriates suroxygénés, qui résultent de la combinaison de l'acide chlorique avec les bases.

— êtym. Chlore.

CHLORE (klo-r'), s. m. Terme de chimie. Corps simple, gazeux, d'un jaune verdàtre, d'une odeur forte et suffocante, d'une saveur caustique, d'une densité de 2,44, et l'un des corps les plus électronégatifs. Le chlore a été découvert par Scheele en 1774, étudié par Lavoisier qui le croyait composé; enfin, en 1809, Gay-Lussac et Thenard en France, et Davy en Angleterre, le reconnurent pour un corps simple. || Chlore liquide, eau saturée de chlore et jouissant des mêmes propriétés chimiques que le chlore gazeux.

— ÉTYM. Xî.upôç, jaune, verdàtre, nom donné au chlore par Ampère, à cause de sa couleur.

f CHLORÉ, ÉE (klo-ré, rée), adj. Terme de chimie. Qui contient du chlore.

— ÊTYM. Chlore.

t CHLOREUX (klo-reû) , adj. Terme de chimie. Acide chloreux, corps gazeux, soluble dans l'eau, d'une odeur analogue à celle du chlore, qui possède une action désoxygénante des plus puissantes.

— ÊTYM. Chlore.

f CHLORHYDRATE (klo-ri-dra-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chlorhydrique avec les bases, et dits autrefois hydrochlorates.

— ÊTYM. Chlorhydrique.

•f CHLORHYDRIQUE, (klo-ri-dri-k'), adj. Terme do chimie. Acide chlorhydrique, hydracide composé de volumes égaux d'hydrogène et de chlore, dit autrefois hydrochlorique, et plus anciennement encore muriatique.

— ÊTYM. Chlore, elhydr, qui représente hydrogène, avec la finale adjective ique.

f CULORIBASE (klo-ri-ba-z') , s. f. Terme de chimie. Composé binaire du chlore qui se comporte comme une base.

— ÉTYM. Chlore, et base.

f CHLORIDE (klo-ri-d'), s. m. || i° Nom donné par Berzelius aux combinaisons électro-négatives du. chlore avec les corps métalliques et métalloïdes, lesquelles se comportent à la manière des acides. || 2° Nom donné par Ampère à une famille de corps simples comprenant le chlore, le fluor, le brome, l'iode et le sélénium.

— ÉTYM. Chlore.

CHLORIQUE (klo-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide chlorique, acide formé de chlore et d'une plus grande proportion d'oxygène que l'acide chloreux.

— ÊTYM. Chlore.

t CIILORIS (klo-ris'), s. prop. f. Bouquet à Chloris, petite pièce devers galante.

— ÉTYM. Chloris, épouse deZéphyre, et la même que Flore, nommée ainsi, c'est-à-dire la verte, de yAwpô; (voy. chlore).

f CHL0R1STIQUE (klo-ri-sti-k') , adj. Terme de chimie. Qui a rapport au chlore. Théorie chloristique.

— ÉTYM. Chlore.

f CHL0R1TE (klo-ri-f) , s. m. Terme de chimie Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chloreux avec une base.

f CHLOROFORME (klo-ro-for-m'), s. m. Terme de chimie. Substance liquide, incolore, oléagineuse, aromatique, obtenue en traitant l'alcool par les hypochlorites, particulièrement par celui de chaux, et qui a, comme l'éther, la propriété de produire l'anesthésie.

— ÊTYM. Cette substance fait partie du groupe de corps dont la composition élémentaire représenta l'acide formique, dans lequel l'oxygène serait remplacé par autant d'équivalents de chlore: de là cette dénomination de chloroforme , c'est-à-dire chlore et formique (voy. formique).

cno

CHO

CHO

t CHLOROFORMER (klo-ro-for-mé). Voy. ciilo-

10FOHMISER.

f CIILOItOFORMIQUE (klo-ro-for-mi-k') , adj. Terme île chimie. Oui a rapport au chloroforme. Inlenaibililé ou aneslhésie chloroformique.

- ÊTYM. Chloroforme.

] CIII.OROFORMISATION (klo-ro-for-mi-za-sion) , t. f. Administration du chloroforme pour produire l'insensibilité.

t CIILOROFORMISER (klo-ro-for-mi-zé), v. a. Mettre dans l'insensibilité par l'administration du chloroforme.

— ÊTYM. Chloroforme.

t CHLOROMÈTRE (klo-ro-mè-tr') , ». m. Terme de chimie. Appareil ou moyen à l'aide duquel on détermine la proportion de chlore contenue dans une liqueur ou combinée à l'état d'hypochlorite.

— ÊTYM. Chlore, etpiTpov, mesure.

f CHLOROMETME (klo-ro-mé-trie), s. f. Terme de chimie. Méthode d'analyse pour déterminer la quantité de chlore contenue dans une combinaison.

— ÊTYM. Chlommètre.

j CHLOROl'IIANE (klo-ro-fa-n'). || 1° Ad}. Terme d'histoire naturelle. Qui a une teinte jaune. || 2° S. m. Nom d'un genre de coléoptères d'un vert tendre. || 3" S. f. La chloiophane, variété de fluorine de Sibérie, de couleur violette, qui, chauffée, devient phosphorescente d'une belle lumière verte.

— ÊTYM. XXmpô;, vert, et çaiveiv, paraître.

t CHLOROPHYLLE (klo-ro-fi-1'), s. f. Terme de chimie. Matière colorante verte des feuilles.

— ÊTYM. XXubo;, vert, et çOX).ov, feuille.

CHLOROSE (klo-rô-z') , s. f. || 1° Terme de médecine. Maladie qui affecte spécialement les jeunes filles non réglées, caractérisée par la pâleur excessive, la teinte jaunâtre ou verdâtre de la peau, la flaccidité des chairs, la blancheur de la conjonctive, et divers autres accidents. || 2" Terme de botanique. Ëtiolement ou décoloration des plantes.

— ÊTYM. X/wpoç, jaune et verdâtre (voy. chlore).

f CHLOROSEL (klo-ro-sèl) , s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de deux chlorures. •

— ÊTYM. Chlore, et sel.

CHLOROTIQUE (klo-ro-ti-k*), adj. || l°Qui est atteint de la chlorose. Une jeune fille chlorotique. || Substantivement. Une chlorotique. Des chlorotiques. || 2* Qui appartient à la chlorose. Accidents chlorotiques.

— ÊTYM. Chlorose.

CHLORURE (klo-ru-r'), s. m. Terme de chimie. Combinaison du chlore et d'un corps simple, autre que l'oxygène et l'hydrogène. Un des principaux est le chlorure de sodium, nom scientifique du sel do cuisine, sel marin, ou, simplement, sel.

— ÊTYM. Chlore.

f CHLORURÉ, ÉE (klo-ru-ré, rée), part, fasse. Oui contient du chlore ou du chlorure. Une liqueur chlorurée. || Roches chlorurées, dépôts de sel gemme.

f CHLORURER (klo-ru-ré), V. a. Terme de chimie. Imprégner de chlorure ou de chlore. 11 faut chlorurer ce mélange.

f CHOANOÏDE (ko-a-no-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un entonnoir.

— ÊTYM. Xoâvri, entonnoir, et eTSoc forme. CHOC (chok), s. m. || 1° Rencontre violente d'un

corps avec un autre. Le choc le renversa. Non-seulement les comètes ne troublent point sensiblement par leurs attractions les mouvements des planètes et des satellites; mais si, dans l'immensité des siècles écoulés, quelques-unes d'elles ont rencontré ces corps, comme cela est très-vraisemblable, il ne parait pas que leur choc ait eu sur ces mouvements une grande influence, la place, llécanique cél. t. îv, p. 250. Il tombe au moindre choc, boil. Sat. vin. D'un carrosse en passant il accroche une roue, Et du choc le renverse en un grand tas de boue, id. •'!). vu. Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée; Le paroissien en plomb entraîne son pasteur, la font. Fabl. vu, II. Mourir d'un coup de lance ou du choc d'une pique, Régnier, Sat. vi. || Le choc des verres, l'action de trinquer. Préférons, puisqu'enfin nos cœurs flambent encor, Aux discours larmoyants le choc des coupes d'or, v. hugo, Voix intér. vi. || 2° Terme de physique. Action qu'un corps mis en mouvement exerce, en vertu rie sa masse et de sa vitesse acquise, sur les corps qu'il rencontre. || Choc en retour, se dit du coup de foudre qui va frapper un objet à une assez grande distance du point où la foudre a éclaté. || 3" Terme de guerre. Rencontre, attaque vigoureuse entre deux corps armés. Le choc de deux escadrons. Les ennemis furent renversés au pre^

mier choc. || Action de choc, action où les combattants s'abordent corps à corps, par opposition à action de feu. || Fig. Conflit, lutte, opposition. Le choc des intérêts. Le choc des éléments, l'orage. Le choc des opinions. Les fastes de l'histoire Me montrent des Etats l'un par l'autre abattus, Le choc des nations et trop peu de vertus, st-lambert, Saisons, hiver. || 4" Par extension, atteinte, revers subit. Ce choc ébranla sa fortune. Tel qu'on l'avait vu dans tous ses combats, résolu, paisible, occupé sans inquiétude de ce qu'il fallait faire pour les soutenir, tel fut-il à ce dernier choc [l'article de la mort], boss. Louis de Bourb. Supposons toutefois qu'encor fidèle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure, boil. Sat. x.

— H1ST. xvi* s. Cette armée deffaite du premier choc, d'adb. llist. i, 149. Combien à bon compte nostre vie se peult maintenir, il ne se doibt exprimer mieulx que par cette considération, que c'est si peu qu'il eschappe la prinse et le choc de la fortune par sa petitesse, mont, iv, 156. S'il y a plusieurs enfans représentant un decedé, iceux font une teste et chocq [souche] contre chacun de leurs oncles ou autres aux quels ils doivent succéder, Coustum. gin. t. H, p. 897.

— ÊTYM. Espagn. choque; ital. ct'oco, souche; picard, choque, souche. Le choc est le heurt contre une choque ou souche (comp. souche).

f CHOCHE PIERRE (cho-che-piê-r'), s. m. Un des noms provinciaux de l'oiseau dit gros-bec.

— ÊTYM. Choche et pierre. Choche est une forme picarde qui signifie frapper, presser, et qui se trouve dans cauchemar (voy. ce mot).

t CHOCHE-POULK (cho-che-pou-1'), s. m. Un des noms provinciaux du milan.

— étym. Choche ( voy. choche - pierre ) , et poule.

CHOCOLAT (cho-ko-la; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || 1" Pâte alimentaire préparée avec des amandes de cacao, du sucre ou du miel et souvent quelques aromates. Une tablette de chocolat. Du chocolat à la vanille. || 2° Boisson préparée avec cette pâte, dissoute dans de l'eau ou du lait. Une tasse de chocolat. D'abord deux filles jolies et proprement mises servirent du chocolat, qu'elles firent très-bien mousser, volt. Cand. 26. || 3° Adjectif invariable. Couleur chocolat. Teinte chocolat. Étoffe chocolat.

— ÊTYM. Espagn. chocolaté; ital. cioccolata; du mexicain calahuatl, chocolatl, chocolat.

CHOCOLATIER (cho-ko-la-tié) , s. m. Fabricant, marchand de chocolat.

CHOCOLATIÈRE (cho-ko-la-tiê-r'), s. f. Vase où l'on prépare le chocolat pour le prendre en boisson. Chocolatière d'argent.

— ÊTYM. Chocolat.

' f CHOCOTTE (cho-ko-f), s. f. Un des noms vulgaires du choucas.

— ÊTYM. Voy. choucas.

+ CHOÉPHORE (ko-é-fo-r'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Femme qui porte les offrandes destinées aux morts.

— ÊTYM. Xo^i, libation, et 90905, qui porte. CHOEUR (keur), s. m. \\ 1° Terme de l'antiquité

grecque. Ensemble de gens qui dansent ou marchent en cadence : ce sens n'est guère usité que dans la poésie ou en parlant des anciens. Apollon musagète dirige le chœur des muses. Diane guide les chœurs des nymphes. Formant des chœurs de danse , portant des corbeilles, 1. 1. rouss. Ém. v. Faunes, sylvains, bacchantes et dryades, Autour de moi formez des chœurs joyeux, béranger, Vin de Chypre. Il 2° Dans la tragédie ou comédie grecque, réunion de gens qui marchaient ou dansaient ensemble en chantant ou déclamant des vers lyriques; sorte de personnage collectif et chantant, soit qu'il occupât les intermèdes, soit qu'il intervint dans le cours même de la pièce. La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple chœur où chacun, en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges, poil. Art p. m. Sophocle ....intéressa le chœur dans toute l'action, id. ib. || Par extension de l'antique, les membres d'un corps de ballet qui dansent ensemble. Les coryphées sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, noverre, Lett. xxv, Sur les arts imitateurs. H Dame de chœurs, celle qui danse dans les chœurs et qui ne danse pas seule. || Par extension, ce que les chœurs chantent ou sont supposés chanter. Les chœurs d'Eschyle. Il y a de beaux chœurs dans cet opéra. Racine a mis des chœurs àmm F-sther et dans Athalie. || 3* Réunion de per-

sonnes qui chantent ensemble, sans figurer marche ni danse. Les chœurs de l'opéra. Un chœur de vieillards, de jeunes filles. Être engagé dans les chœurs. Pourquoi une actrice des chœurs discordants de l'Académie royale de musique a-t-elle été trois jours dans sa cave [avant d'être enterrée] T volt. Dial. xxi. || Terme d'église. Ceux qui chantent. Le chœur répond au célébrant. |) Terme de théologie. Les neuf chœurs desanges, les neuf ordresde la hiérarchie céleste. De tous les chœurs des cieux va remplir les souhaits, rotr. St. Gen. iv,«. || 4» Partie de régime où l'on chante l'office divin, et qui est en tête de la nef. Avoirplace au chœur. || Le service du chœur. Il serait bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier etle grand vicaire s'en croient exempts, la brut, xiv. H Enfants de chœur, enfants employés dans le chœur au chant des offices, et, plus souvent encore, aux petites besognes d'église, comme servir le vin au prêtre, etc. || Tondu comme un enfant de chœur, se dit d'un homme dont les cheveux sont coupés de très-près, ou même qui est chauve. || Dans les couvents de filles, religieuses du chœur, dames du chœur, toutes les religieuses qui ne sont point converses. || 5° Terme de musique. Composition do musique à plusieurs parties et exécutée par plusieurs voix pour chaque partie. Le chœur des démons dans Orphée. Le chœur des chasseurs dans Robin des bois. Le chœur des soldats dans Œdipe à Colone est un chœur à trois parties qui commence par un unisson. Ce chœur est écrit à cinq parties, ji Chœur réel, quatuor dans lequel chaque voix a une mélodie distincte. || Se dit encore en parlant des grandes subdivisions d'un orchestre. Le chœur des cuivres. || 6* Dans le langage ordinaire, chant exécuté par plusieurs voix ensemble. Chanter en chœur. On répéta le refrain en chœur.

— HIST. xiii* s. Quant il furent entré cl cuer, Chascunsvousist bienestre fuer [hors],Cartrestuitsi grant paor orent, ruteb. 3)8. Et s'en entre dedenz le cuer à ses barons qui portent sa corone et la pome, Ait. de 1er. 1, 30. || xvi* s. Et le maistre du chœur [des poètes, Virgile], après avoir estalé les noms des plus grands Romains en sa paincture, finit en ceste manière : }Hs dantem jura Catonem, mont. 1, 267. Pensons-nous que les enfants de chœur prennent grand plaisir à la musique? la satiété la leur rend plus tost ennuyeuse, id. 1, 33t.

— ÊTYM. Le latin chorus, de y.opoç, danse.

t CUOINE (choi-n') , adj'. Pain choine , pain blanc. Terme vieilli.

— HIST. xv* s. Et devent estre serviz honestement de rost et boest [bouilli] et leur sauxe appartenante avesques eulx,du paen de fouace, du paen choene, du vin blanc... Bibl. des chartes, *• série, t. iv, p. 373.

—ÊTYM. Abréviation de chanoine: pain choin» ou pain de prêtre, pain blanc.

CHOIR (choir), je chois, tu chois, il choit; chu, chue, il se conjugue avec l'auxiliaire être : ils sont chus; les autres temps et les autres personnes ne sont pas usités; cependant Bossuet a dit: il chut, et on pourrait se servir de ce temps ; on pourrait aussi employer le futur je choirai, et sous une autre forme, je cherrai; il faut autant que possible résister à ces désuétudes mal fondées qui frappent certains mots. || V. n. Tomber. Le Pô.... dans sa caverne profonde, S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaéthon, malh. 11, 2. Fais choir en sacrifice au-dessus de la France Les fronts trop élevés de ces âmes d'enfer, id. u, <2. Tout va choir en ma main, ou tomber dans la votre, corn, liodog. 1, 5. Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'hui Qu'à retirer la main qui seule est ton appui, id. Cinna, v, 4. Vous laissez choir ainsi ce glorieux courage, id. Cid, 11, 5. Et ma tête en tombant ferait choir sa couronne, id. Cid, 11, I. Combien en trompe un tel espoir [d'une longue vie] , Et combien en laisse-t-il choir Dans le plus beau de leur carrière? id. /mit. 1, 23. Mais plus dans un haut rang la faveur vous a mis, Plus la crainte de choir vous doit rendre soumis, Tn. corn. Essex, 1, 2. Pour nous saluer laissant choir son chapeau, Régnier, Sat. x. Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir En badinant sur les bords de la Seine, la font. Fabl. 1, 19. Je l'ai laissé choir, mol. Sgan. 22. Nous l'avons, en dormant, madame, échappé belle; Un monde près de nous a passé tout du long, Est chu tout au travers de notre tourbillon, id. Fem. sav. iv, 3. Ainsi qu'on voit, sous cent mains diligentes, Choir les épis des moissons jaunissantes, volt. dansGiRAULT-DUViviER. J'ai très-bien pu, par distraction, faire choir sur le bouquin la bouteille

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M'encre, p. l. cour. I, 93. Cet insolent chut du ciel en terre, boss. h, Démons, 2.

— REM. Prenez garde de choir, façon de parler bourgeoise, dit de Caillières, (690; ce qui montre que, bien qu'alors les meilleurs écrivains, Corneille, Molière, La Fontaine, usassent du mot choir, les puristes l'écartaient comme vulgaire. || La forme du futur je cherrai, due à la prononciation normande de la diphthongue oi, est une des traces de la confusion des prononciations dialectiques qui s'est faite.

— SYN. choir, tomber. Des auteurs de synonymes ont dit que choir désignait particulièrement un choc, un coup, une impulsion qui fait perdre l'équilibre, renverse et porte de haut en bas, tandis que tomber marque une chute d'un lieu très-élevé. Distinction illusoire; ces deux mots, venus l'un du latin, l'autre des idiomes germaniques, expriment exactement la même idée, comme on le voit dans le vers de Corneille cité plus haut: Tout va choir en ma main ou tomber en la vôtre ; et dans cet exemple de Chapelle et Bachaumont : Toute la nuit donques il plut, Et tant d'eau cette nuit il chut, Que.... La seule différence c'est que choir vieillit, tandis que tomber est en plein usage. Si l'on ne dit pas que la pluie ou la foudre choit, cela tient uniquement à la désuétude qui frappe le verbe choir; et la preuve que rien d'intrinsèque n'empêche de le dire, c'est que nos pères le disaient.

— HIST. xi" s. Quant [il] le dut prendre, si lui caït à terre, Ch. de Roi. xxv. Charles verrat son grant orguil cadeir.tb.xm. Que il [l'arc] me chedet [tombe, au subjonctif] , corn fist à Guenelon, ib. lx. Faut lui li cuer, si [il] est chaeit avant, ib. clxiii. Charles chancelé, pourpo [peu] qu'il n'est caût, tb. ccuoii. De bons vassals confondue et chaiete [déchue], tb. cxlvi. || xii" s. Quant [il] le dut prendre [le gant], as piez li qiet devant, Ronc. p. 17. Pluie n'i chiet, ni erbe n'i vergie [verdoie] , ib. p. 4t. [Il] empoint le bien, si le fait jus chair, ib. p. 60. Et cheent foudre et menu et souvent, ib. p. 68. En grant dolor en est France cheûe, ib. p. 69. Selles tournées et les resnes chaûes, ib. p. 80. Je charrai jà, se vous ne me tenez, ib. p. 94. Car le rei sun seigneur il a mult avillié, E vers lui en charra en grant enemistié, Th. le mart. 38. Hum vus deit bien mttstrer que ne faciez tel fait, Dunt saint iglise chiece en plus dolereus plait, ib. 83. || xm" s. Et li quens ot esté chetts, villeh. cxuii. Dont li chaïrent aus pies tout en plorant, id. xxviu. Et nous commenderent [les barons] que nous vous cheissiens as pies, id. xvi. Dont fu jus boutés li empereres Marchufles, et chai de si haut que, quant ri vint à terre, il fu tout esmiés, id. cxxvii. Quant de si haute honor [je] sui cheUe en la boe, Berte, xxxm. Et li vens est cheûs, et li tems s'asseûre, tb. xlii. Chascuns redoutoit moût en leur mains à cheïr, ib. lxiii. S'or ne set moult Renart de frape, 11 est chaoit en maie trape, Ren. 13570. Or sui cheois, ce m'est avis, De grant enfer en paradis, la Rose, 3365. Riens ne puet tant homme grever, Comme cheoir en povreté, tb. 803. Qui bien vesquit tant que li dent Li fussent cheoit par viellesce, tb. 5397. Et fortune la mescheans, Quant sus les hommes est cheans, ib. 4905. Se ge veïsse ilec plovoir Quarriaus et pierres pelle-melle, Ainsinc espés comme chiet grelle, tb. 1798. Quant aucuns caoiten poverté, beaum. l, 19. Si tost que la terre a sa derraine roie por semer blé, ele quiet en deffense, par nostre coustume, id. lii, 3. Il n'en perderoient pas le cors, mais il querroient en la merci du segneur de lor avoir, id. rxi, 20. Ou quant eles [les maisonsl caoient, se on ne les voloit réfère, id. xxiv, 30. Ei s'il ne le veut porsivir, il en quiet en autele amenda comme cil seroit qu'il avoit fet ajorner, id. 65. Kl sembloit que foudre cheist des ciex, joinv. 2(5. Et. ce qui chiet du bois sec ou [au] flum , nous vendent les marcheans en ce pals, id. 2jo. De peu de pluie chiet grant vent, Fabliaux, édit. jubinal, 3h.||xiv"s. Et celles qui sont involuntaires, il y chiet pardon et aucunes fois miséricorde, oresme, Eth. 47. Celui qui est beneuré n'en cherra pas en telles fortunes comme en chaït le roy Priant, id. ib. 25. Quant ses enfans cherroient en misère, il perdroit sa félicité, id. ib. 23. || xv's. Ils estoient perdus davantage et chus es mains de leurs ennemis, froiss. i, I, 18. Messire Jean Délie leur chey en la main, et tantost l'avisèrent, id. h, ii, 240. Et sont en chemin que ce trou ne leur fauldra de grant pièce ou au moins la craincte d'y cheoir, comm. v, 9. Comment les Croyois [la famille de Croy] cheurent sur leurs pieds du viel temps, o. cuastelain, Chron. de Bourg. 222. [| xvi" s. Le premier homme est cheut, pource que Dieu avoit

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jugé cela estre expédient, calv. Inslit. 764. Afin qu'ils ne cheussent point en telles offenses, id. t'6. 834. Si un aveugle mené l'autre, tous deux cheent en la fosse, id. tb. 941 . Encor posé le cas que l'eusse faict, Au pis aller n'y cherroit qu'une amende, marot, ii, 89. Les murailles cheurent d'elles mesmes par faveur divine, mont, i, 264. Duquel coup estant cheute de son long esvanouïe, m. m, 4SI. Perdition certes qui estoit à déplorer de tant d'ames qui estoyent cheutes en si horribles précipices, lanoue, 376. La herce estant cheute sur un gros homme bien armé.... d'aub. Hist. i, 317. Le plus grand des elephans, par cas d'adventure, estoit cheut de travers tout au heau milieu île la porte, amtot, Pyrrh. 76. Les renés luy cheurent des mains, id. tb. 78. Quand quelqu'un chet du haut en bas d'une brèche,

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