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bâillent aux chimères, Cependant qu'ils sont en danger Soit pour eux, soit pour leurs affaires, id. t'6. n, 13. Le vide des plaisirs, la chimère des espérances, mass. Car. Pâq. De quelles chimères un cœur corrompu n'est-il pas capable de se repaître? id. Car. Avem'r.Quelle chimère êtes-vous donc parmi les hommes, id. Car. Pécher. Peut-on se figurer de si folles chimères? boil. Épit. m. Elle traita l'histoire de chimère, hamilt. Gramm. 4 0. On la console d'avoir perdu la jolie chimère de croire être immortelle, sêv. 265. Vous pouvez l'espérer sans chimère, id. 234. Une ingrate lui paraît une chimère, id. 44S. Quelle chimère est-ce donc que l'homme? pasc. dans cousin. Autant de sectes, autant d'imaginations, autant de chimères, volt. Memmius, xm. Chimère que les nègres même rejettent, J. J. nouss. Orig. notes. L'âge a-t-il éteint vos désirs? Blâmez-vous les tendres chimères? bérang. B. maman. \\ Familièrement. C'est là sa chimère, c'est son idée favorite, son rêve. Jules César était né de l'illustre famille des Jules, qui, comme toutes les grandes maisons, avait sa chimère, en se vantant de tirer son origine d'Anchise et de Vénus, vertot, Révol. rom. liv. xm, p. 22t. Ce rêveur poursuit sa chimère, J. J. rouss. Ém. iv.
— HIST. xvi" s. Ainsi versant de l'œil des fontaines ameres, Dedans mon cerveau creux je peignois des chimères, rons. 693. Laissez-moi ces desseins qui ne sont que mensonges, Que chimères en l'air, que fables et que songes, id. 707. Car d'attribuer cela [certaines actions des animaux] seulement à une vivacité, du sens de l'ouïe, sans discours et sans conséquence, c'est une chimère et ne peult entrer en nostre iaagination, mont, ii, 408.
— ÊTYM. Xi|iaipa, animal mythologique, de ylfioctoa, chèvre, ytjiapo;, bouc.
CHIMÉRIQUE" (chi-mé-ri-k'), adj. || i« Qui se repaît de chimères. Un homme chimérique. Enflant d'un vain orgueil son esprit chimérique, boil. Art poét. m. Bouillon était l'homme le plus chimérique qui ait vécu en nos jours, et le plus susceptible des chimèree les plus folles en faveur de sa vanité, stsim. 45, 17. Qui l'aurait dit eût passé pour le plus chimérique des hommes, volt. Hist. Russ. i, e. Le roi, après la conversation [avec Fénelon], dit qu'il avait entretenu le plus bel esprit et le plus chimérique de son royaume, volt. Louis XIV, 38. || 2" Qui est sans réalité. Toutes les raisons qu'il apporte sont chimériques. Esclave ambitieux d'une peur chimérique, corn. Poly. v, «. Etant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique empire, la font. Fabl. vu, (. On donne, dans un spectacle profane, des larmes aux aventures chimériques d'un personnage de théâtre, mass. Car. Aumône. L'art de faire subsister ensemble l'intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophai, volt. Zadig, <8.
— ÊTYM. Chimère.
t CHIMÉRIQUEMENT (chi-mé-ri-ke-man), adv.
D'une manière chimérique. C'est un homme qui pense toujours chimériquement. L'opinion que ces gens-là ont eue de leurs grandes qualités, leur a fait chercher chimériquement une origine différente de la nôtre, st-évremond, Génie du peuple romain, p. a, dans RICHELET.
— ÊTYM. Chimérique, et le suffixe ment.
t CHIMÉRISER (chi-mé-ri-zé), v. K. Faire des chimères. On dit qu'il faut raffiner et chimériser sur les plaisirs, fonten. Jug. de Pluton.
— HIST. xvT s. Chimériser, oudin, Dict.
— ÊTYM. Chimère.
t CU1MIATRE (chi-mi-a-tr'), s. m. Médecin partisan de la chimiatrie.
— ETYM. Chimie, et laTpè;, médecin.
t CUIMIATRIE (chi-mi-a-trie) , s. f. || i° Doctrine qui prétendait expliquer tous les phénomènes do l'économie animale , tant dans l'état de santé que dans l'état de maladie, par les principes de la chimie, alors fort peu avancée, à l'issue du moyen âge. || 2' L'abus des préparations chimiques ou pharmaceutiques dans le traitement des maladies. — ÉTYM. Chimiatre,
CHIMIE ou CHYMIE (chi-mie), s. f. Science dans laquelle on étudie les lois de la composition des corps cristallisables ou volatils, naturels ou artificiels, et les lois des phénomènes de combinaison ou de décomposition résultant de leur action moléculaire les uns sur les autres. Il n'y a pas encore longtemps que tous les raisonnements de chimie n'étaient que des espèces de fictions poétiques, vives, animées, agréables à l'imagination, inintelligibles et insupportâmes à la raison, fonten. Guglielmini. Voulant donner à un enfant du jioùl pour la chimie, I. i.
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rouss. Ém. m. Le public fut étonné de voir une chimie dans laquelle on ne cherchait ni le grand œuvre ni l'art de prolonger la vie au delà des bornes de la nature, volt. Louis XIV, 3t. Les ouvrages de Stahl, malheureusement trop obscurs, avaient besoin qu'un homme né avec le génie de la chimie nous apprit à les entendre; c'est une des obligations que nous avons eues à M. Rouelle, cosdorcet, Kalouin. Huer la métaphore et la métonymie, Grands mots que Pradon croit des termes de chimie, boil. Ép. x. || Chimie minérale, celle qui s'occupe des corps inorganiques. Chimie organique, celle qui s'occupe des substances organisées.
— ÊTYM. Espagn. quemia ; ital. cMtm'ca; du grec yvinia et yr]|«ia; lat. chymia et chemia; avec l'orthographe par u, on tire y.uiua de xy!"°C> suc* et 'a chimie serait l'art relatif aux sucs; avec l'orthographe par n , l'origine est plus obscure, et on tire conjecturalement x^V-tla de Cham, nom porté par l'Egypte , supposée la patrie première des arts chimiques. Tout porte à croire que la vraie orthographe est yy\u.et'a, qui aura été changé, par iotacisme et par assimilation avec un radical grec, en xv\ûa.. En tout cas, les orthographes chimie et chymie sont toutes deux autorisées, la première par l'iotacisme de l'r) prononcé t, la seconde par l'u de xuf-'« (vov- alchimie).
CHIMIQUE (chi-mi-k') , adj. || 1« Qui appartient à la chimie. Une opération chimique. Les phénomènes chimique». Les lois chimiques. Arts chimiques. Produits chimiques. La nomenclature chimique. On ne doit pas confondre avec les mouvements que produit l'irritabilité, ces changements purement chimiques que l'application des caustiques fait éprouver à toutes les parties molles des corps organisés, condorcet, Haller. || Allumettes chimiques, allumettes au phosphore et s'allumant par frottement. || 2° Il s'est employé autrefois substantivement au lieu de chimiste, qui est seul usité présentement. Ce juste degré de chaleur que les chimiques cherchent en l'opération de leur secret, bàlz. le Prince, te.
— HIST. xvi* s. Des medicamens pyrotiques et chimiques, c'est à dire extraits par distillation de quinte-essence, paré, xxvi, t. Quatre livres des secretsde médecine et de la philosophie chimique, faicts françois, par J. liebaut, Paris, tB79. Le prototype ou très parfait et analogique de l'art chimicq à la phisique, ou philosophie de la science naturelle, par
RENÉ DB LA CHASTRE, Paris, t620.
— ÊTYM. Chimie.
t CHIMIQUEMENT (chi-mi-ke-man), adv. D'après les lois de la chimie, d'une manière chimique.
— ÉTYM. Chimique, et le suffixe ment.
t CUIMISME (chi-mi-sm'), s. m. || i° L'ensemble desopérations chimiques qui se font dans une plante, dans un animal. || 2* Abus de la chimie dans ses applications à la physiologie ou à la pathologie.
— ÊTYM. Voy. CHIMIE.
CHIMISTE (chi-mi-st'), s. m. Celui qui cultive la chimie. On dit que le prince régent [duc d'Orléans], dont le suffrage ne sera ici compté, si l'on veut, que pour celui d'un habile chimiste, avait assez approuvé ses vues [sur le salpêtre], fonten. Ressons. 11 apprit qu'il y avait dans cette ville une société fort cachée de gens qui travaillaient en chimie et cherchaient la pierre philosophale ; aussitôt le voilà pénétré du désir de profiter de cette occasion pour devenir chimiste, fonten. Leibnitx. Les chimistes et tous ceux qui employent leur temps à faire des expériences, malebr. Recherche, liv. n, part, n, chap. vm,4. La nature était mon Armide; Dans ses jardins j'errais surpris; Mais un chimiste moins timide Règne en vainqueur sur leurs débris, bérahg. Sciences.
— ÊTYM. Voy. CHIMIE.
t CUIMOINE (chi-moi-n'), s. m. Terme de construction. Sorte de ciment ou de stuc qui imite le marbre.
t CHIMPANSÊ, CHIMPANZE OU CHIMPANZÉE (chin-pan-sé), *. m. Nom d'un très-grand singe anthropomorphe, dit aussi troglodyte noir.
— ÉTYM. Mot de la Guinée ou du Congo, pays où ce singe est indigène.
t. CHINA (chi-na), s. m. Terme de botanique. Voy. squine.
— ÊTYM. La Chine, à cause de la provenance de cette racine.
f 2. CHINA (ki-na) , *. m. Quinquina.
— ÊTYM. Voy. quinquina.
t CIIINAGE (chi-na-j') , t. m. Action de chiner une étoffe.
— ÊTYM. Chiner.
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f CUINCHE (chin-ch') , s. m. Nom d'une espèce de mouffette du Brésil, qui sent très-mauvais.
— ÊTYM. Espagn. chine ht, punaise.
CHINCHILLA (chin-chil-la), s. m. || 1" Nom d'un
genre de rongeurs , dans lequel on distingue le chinchilla lanigère, ou, simplement, chinchilla; ce quadrupède habite la partie moyenne des Andes du Chili. || 2° Fourrure de cet animal (gris ondulé de blanc).
— REM. Chincilla, qu'on trouve dans les dictionnaires, n'est pas autre chose qu'une faute d'orthographe.
— ÊTYM. Espagn. ehinchilla, animal puant, sans doute ainsi nommé de l'espagnol cliinche, punaise (voy cimicaire).
CHINÉ, ÊE (chi-né, née), part, passé. Etoffes chinées. Bas chinés.
CHINER (chi-né), t>. a. Terme do tisserand. Donner des couleurs différentes aux fils de la chaîne, et les disposer de sorte que la fabrication produise un dessin. Chiner une étoffe.
— ÊTYM. La Chine: car les Italiens, pourc/iiner, disent : far i drappi alla chinese, faire les draps à la chinoise.
t CHINFRENEAU (chin-fre-nô), s. m. Coup à la tête ou au visage. Terme populaire.
— HIST. xvi* s. Autresfois ils combattoient à l'espée d'armes, en sorte qu'il y en avoit tousjours quelqu'un qui avoit quelque chinfreneau , paré, t. m, p. 6»3.
— ÊTYM. Chanfrein.
CHINOIS, OISE (chi-not, noî-z') , adj. || 1° Qui provient de la Chine. Magot chinois. || 2° Qui est dans le goût chinois. Dessins chinois. || 3° Ombres chinoises, spectacle d'enfants, qui consiste à faire passer derrière un transparent des figures découpées, dont l'ombra se dessine sur un fond lumineux. || 4* X la chinoise, à la façon des Chinois. Ses yeux ne s'ouvraient qu'à la chinoise, bauilt. Gramm. 6. || Coiffure à la chinoise, se dit d'une coiffure sans raie dans laquelle les cheveux sont relevés et réunis tous ensemble par derrière. ||6*S.m. Petites oranges grosses comme une noix, qu'on mange confites dans l'eau-de-vie. Les chinois sont produits par un oranger particulier qui porte le nom de bigaradier chinois (cirrus vulgaris chinensis, Risso). || Se dit, en moquerie , de quelqu'un qui par sa tournure de corps ou d'esprit a quelque chosp de burlesque et de désagréable. Quel chinois 1 Où est-il allé, ce chinoislà?
— ÊTYM. Chine.
t CHINOISERIE (chi-noi-ze-rie), s. f. Petits objets venus de Chine ou dans le goût chinois. || Fig. et par plaisanterie, action, parole de chinois.
— ÊTYM. Chinois.
t CHINQUER (chin-ké) , v. n. Faire godaille le verre à la main. Mot vieilli.
— HIST. xti* s. Voyant qu'elles prenoient plaisir à chinquer du vin d'Arbois, tlém. de sully, t. îv, p. t95, dans lacurne.
— ÊTYM. Allem. schenken, verser à boire; comparez ÉCHANSON.
t CUINT (chin), s. m. Terme de commerce. Toile des Indes propre a être imprimée.
' + CHINURE (chi-nu-r'), s. f. Terme de commerce. Ëtat ou aspect d'une étoffe chinée.
— ÊTYM. Chiner.
fCHIO (chi-o), s. m. Terme de verrier. Pièce qu'on fixe avec du ciment à l'ouverture du four de la glacerie. || Terme de métallurgie. Trou à la partie antérieure d'un creuset.
t CHIOCOQUE (ki-o-ko-k') , s. f. Terme de botanique. Nom de plantes de la famille des rubiacées et venant dans l'Amérique équatoriale.
— ÊTYM. Xiwv, neige, etvtoxxoc, baie.
fCHIONANTHE (ki-o-nan-f), t. m. Terme do
botanique. Nom de plantes de la famille des oléacées. Le chionanthe de Virginie est cultivé dans les jardins.
— ÊTYM. Xiùv, neige, et àvBoç, fleur.
CHIOURME (chi-our-m'), *. f. || 1" Le nombre de
forçats embarqués sur une galère, nécessaire pour la faire marcher. Par l'esprit, un pilote immobile travaille plus que toute la chiourme, bale. Romains. Rien n'est plus inhumain que de prolonger l'état d'un galérien au delà du terme prescrit; ne dites point qu'on manquerait d'hommes pour la chiourme, si on observait cette justice: la justice est préférable à la chiourme, fénel. Directions pour la conscience d'un roi, dans richelet. || 2" Tous les forçats d'un bagne. || Les chiourmes, l'ensemble des forçats dans un pays.
— REM. On a dit chiorme, même dans le xvir*
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siècle. L'amiralo commande au reste des vaisseaux; Elle flotte à six rangs, et sa chiorme puissante Dans l'un et l'autre camp imprime l'épouvante, brêb. Phars. m.
— IllST. xvi' s. Ce pendant que les chormes des naufz faisoyent aiguade.... rab. Panl. iv, 2. Toute nostre chormo grandement se contristoit , id. ib. y, 48.
— ÉTYM. Espagn. chusma; portug. anima, thurmn, chulma; Etal, ciurma; génois, ciusma, écrit anciennement chusma. On tirait ce mot du latin ftirma; mais il est bien difficile de passer du ( au c/i; et l'intérieur du mot n'est pas plus favorable à cetle dérivation. Aussi Diez en a-t-il cherché une autre et proposé le grec xÉ>.ev<7u.a, le commandement aux ra'meurs, d'où, par extension, la troupe même des rameurs. KéXsv>cu.oc a pu se transformer en chusma, d'où chusma, comme chamar, de clamare. Jal le tire du mot turc tcheurmè, chiourme.
f CHIPAGE (chi-pa-j'), ». m. Terme de tannerie. Action de faire tremper les peaux dans une dissolution de tan.
— ÉTYM. Chiper 4 .
t CHIPE, ÉB (chi-pé, pêe), part, passé do chiper t et chiper 2.
t CHIPEAU (chi-pô), s. m. Nom vulgaire et spécifique du canard chipeau, dit encore rideune et ridelle.
■f 4. CHIPER (chi-pé) , v. a. Terme de tannerie. Chiper des peaux, c'est les coudre ensemble, après les avoir jetées dans l'eau chaude, lorsque la laine en est tombée , et les remplir de tan pour les remuer ensuite avec beaucoup de force. || La bazane chipée est une bazane qui a reçu un apprêt particulier.
— ÉTYM. C'est sans doute l'action de ramollir les peaux comme des chipes ou chiffrt (voy. chiffe).
T 2. CHIPER (chi-pé), v.a. Déronnr, voler. Terme de l'argot des écoliers.
— ÉTYM. Probablement le même radical que chipe ou chiffe (voy. chiffe), c'est-à-dire couper, rogner, comme on fait aux chiffes. Comparez aussi ces vers du XV siècle où chipe tient sans doute à chiper: Bandez lui les yeulz de la teste, Et pour le loier de ses truffes Ly portez de grosses buffes, Et sy en jouez à la chipe , la Passion de IV. S. /. C.
t CUIPEUR, ECSE (chi-peur, peû-z'), s.m.etf. Terme populaire. Celui, celle qui a l'habitude de chiper.
— étym. Chiper a.
t CUIPIE (chi-pie), *. f. Terme populaire. Femme ou fille désagréable et dédaigneuse.
— ÉTYM. Il y a dans l'ancien haut-allem. chëpisa; moy. haut-allem. këbese; anglo-saxon, cifese, courtisane. On trouve aussi dans l'ancien français chipoe, qui paraît signifier air dédaigneux et désagréable. Sage fu et courtoise, sansboban, sans chipoe, Berte, xxxin.
t CHIPOLATA (chi-po-la-ta) , s. f. Sorte de ragoût à l'oignon et aux ciboules. || Perdreaux à la chipolata, membres de perdreaux cuits dans du bouillon aiguisé d'un verre de vin blanc, aves du lard coupé en dés, des champignons, de petits oignons passés au beurre, petites saucisses, marrons grillés et croûtons frits. On peut ajouter des truffes.
— REM. Voltaire l'a fait masculin: Deui dindonneaux et un chipolata, Taureau, «.
— ÉTYM. Ital. cipollata, decipolla, oignon (voy. ciboule).
t CHIPOLIN (chi-po-lin) , s. m. Terme de construction. Sorte de peinture àla colle. On trouve aussi chipolain, chippolin.
CHIPOTER (chi-po-té) , v. n. || 1° Faire un travail, une besogne avec négligence ou lenteur. || 2" S'arrêter à des riens, faire des difficultés pour se décider. Vive les gens faciles en affaires! la vie est trop courte pour chipoter, volt. Lett. Chauvelin, 3 octobre t760. || Marchander mesquinement. Ceux qui chipotent et qui s'en vont disant : l'aurons-nous in-4°, l'aurons-nous in-8° (Corneille avec le commentaire)? aurons-nous pour deux louis huit ou dix volumes.... m. Lelt. d'Argental, 24 août 4 764.
— hist. xvi* s. Ce ne sera jamais fait pour qui voudra chipoter tous les mots, tabourot, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Wall, kipotl, manier d'une façon rude et indiscrète. Grandgagnage demande s'il faut y voir le hollandais poote, bas-saxon pote, patte, avec ki qui répond au latin cum. Mais il est plus probable qu'il y a là le radical qui se trouve dans chipe, chiffe (voy. chiffe).
CHIPOTIER, 1ERE (chi-po-tié, tiê-r*), s. m. et f. Celui , celle qui ne fait que chipoter. Terme familier.
— ÉTYM. Chipoter.
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CIIIPPES (chi-p'), t. f. plur. Rognures.
— ÉTYM. Voy. CHIPER 2.
4. CHIQUE (chi-k'), t. f. Nom vulgaire du dermatophile pénétrant, qui est la puce pénétrante de certains auteurs, et qui, s'insinuant sous la peau, cause de vives démangeaisons.
— ÉTYM. De même radical que l'espagnol chico, petit, et chique ï.
2. CHIQUE (chi-k'), s. f. || 1" La quantité de tabac qu'on mot dans la bouche. Mâcher une chique. || 8° Cocon peu fourni en soio, et sans consistance, il Soie qui en provient. || 3° Nom , dans quelques provinces, de la petite boule de marbre ou de terre cuite avec laquelle les enfants jouent.
— hist. xvi* s. Chiquo [petite boule], oudin, Dictionn.
— ÉTYM. Wallon, chiche; picard, chiite, morceau de pain; norin. chique, chiffon. La chique est un petit morceau et a même radical que l'espagnol c/(ico, petit (voy. chiche); c'est pour cela que ce mot s'applique à des objets très-divers.
CHIQUENAUDE (chi-ke-nô-d'), ». f. Coup appliqué au moyen du doigt du milieu dont le bout est appuyé ferme sous le bout du pouce, et que l'on desserre avec effort. Il [Monsieur] me demanda sans aucun préambule si son nez me paraissait propre à recevoir des chiquenaudes, retz, iv, 469. Je ne puis pardonner à Descartes : il aurait bien voulu, dans toute sa philosophie, pouvoir se passer de Dieu ; mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement.PASCAL, Pensées, i, 49, 54 . Les uns donnaient à Mme Panache une pistole ou un écu, les autres des chiquenaudes et des croquignoles, st-sim. 44, 8. || Il ne lui a pas donné une chiquenaude, il ne l'a pas frappé. La moindre chiquenaude qu'il me donnera, je crierai de toute ma force, montesq. Leur, pers. 61.