ABC
ABCÉDÉ, ÉE, (ab-cé-dé, dée), part, passé. Terme de chirurgie. Tumeur abcédée, tumeur qui s'est terminée par un abcès.
ABCÉDER (ab-sé-dé; ce devient grave quand la syllabe qui suit est muette :abcède; non au fut. et au condit. : abcédera, abcéderait), v. n. Terme de chirurgie. Se terminer par un abcès. Cette tumeur est dure; elle n'abcédera pas. La tumeur abcédant, la peau se décolla. Ce verbe se conjugue avec être ou avoir. La tumeur est abcédée, en parlant d'un état durant déjà depuis quelque temps. Elleaabcédé, pour exprimer l'action même «les'ouvrir.
— REM. On trouve quelquefois dans des livres de médecine s'abcéder, comme si abcéder était un verbe réfléchi. C'est une faute, abcéder est un verbe neutre, et on nepeut pas plusdire s'abcéder que se procéder.
— êtym. Âbcedere, de ab signifiant sortie, et cedere, aller, se porter (voy. céder).
ABCÈS (ab-sê;Ps en liaison ne se prononce pas d'ordinaire dans la conversation. L'abcès est ouvert, dites : l'ab-sê est ouvert. Mais, dans la lecture soutenue, on dirait : l'ab-sê-zestouvert),s.m. || 1" Terme de chirurgie. Amas de pus dans une cavité accidentelle dont la formation est due à la production de ce liquide au milieu des tissus. On reconnaît les abcès par la fluctuation. Ouvrir, percer un abcès. Vider un abcès. Il y avait un abcès dans la poitrine qui s'est crevé, sévig. 304. || 2° Fig. [Par la confession] dès qu'on a percé l'abcès et qu'on l'a jeté dehors, on sent tout à coup la sérénité se répandre dans l'âme, bourd. Pens. t. i,p. 330.
— SYN. ABCÈS, ÉPANCHEMENT DE PUS, INFILTRA- TION DE pus. L'abcès est dans une cavité accidentelle; l'épanchement de pus est dans une cavité naturelle du corps; il y a un épanchement de pus dans l'articulation. Dans l'infiltration purulente, le pus est en contact immédiat avec les tissus, tandis que, dans l'abcès, il en est séparé par une couche molle de nouvelle formation.
— Etym. Abcessus, de âbcedere, abcéder.
ABCISSE (ab-si-s'), s. f. Voy. abscisse. ABDALAS (ab-da-IS),'. m. plur. Nom général que
les Persans donnent aux religieux.
— ETYM. Arabe abd, serviteur, et Allah, Dieu, serviteur de Dieu (voy. allar).
ABDICATION (ab-di-ca-sion), s. f. || 1* Action d'abdiquer; se dit de celui qui abdique et de la chose qui est abdiquée. L'abdication de Sylla. de
Dioclétien, de Charles -Quint Faire abdication. L'abdication de la couronne, de l'empire. || 2" Dans l'ancienne jurisprudence, l'acte par lequel un père privait son fils des droits que celui-ci avait dans la succession : l'abdication était une exhérédation prononcée pendant la vie.
— ÉTYM. Abdicatio, de abdicare, abdiquer. ABDIQUÉ, ÉE (ab-di-ké, kée), part, yassé. La
couronne de Suède abdiquée par Christine.
ABDIQUER (ab-di-ké), v. a. || 1* Abandonner le pouvoir suprême, de hautes fonctions. Dioclétien abdiqua l'empire. Abdiquer le consulat. C'était une chose assez rare qu'un philosophe turc qui abdiquait la couronne, volt. Ifœur*,89. J'abdique pour jamais le rang de sénateur, id. Catil. iv, 2. || 2" Fig. Renoncer à.... Abdiquer sa liberté. Si j'étais l'offensée, écoutant l'indulgence, J'abdiquerais pour vous le droit de la vengeance, h. j. chên. Tib. iv, 3. || 3° v. n. Charles X abdiqua en «830 en faveur de son petit-fils. Lors de la fin du schisme, un pape fut forcé d'abdiquer. Un inconstant vieillard, lassé du diadème, Abdique imprudemment et s'en repent de même, ducis, Lear, 1,4.
— SYN. abdiquer, se démettre. C'est en général quitter un emploi, une charge. Abdiquer ne se dit guère que des postes considérables. Se démettre s'applique plus aux petites places qu'aux grandes. L'abdication peut être forcée aussi bien que la démission, guiz. Il semble aussi que l'abdication se fait plutôt d'une manière publique, éclatante. Une autre différence tient à celle des préfixes ab et dé. Abdiquer exprime un acte brusque, s'achevant en un seul coup, au lieu que se démettre désigne quelque chose de successif, une délibération. Abdiquer exprime le fait; se démettre le représente s'accomplissant, ou dépeint le travail qui y mène, la faye.
— êtym. Provenç. et espagn. abdicar; ital. abdicare; de abdicare, de ab, indiquant séparation, et dicare, faire connaître , publier. Bien que l't soit bref dans dicare, et long dans dïcere, cependant ces deux mots ce sont probablement que deux formes différentes d'un même mot.
ABDOMEN (ab-do».-nè-n),*. m. Terme d'anatomie. Le ventre, c'est-à-dire l'une des trois cavités splanchniques, la plus grande, située au-dessous de la poitrine, et bornée en haut par le diaphragme, en bas par le bassin, en arrière par les vertèbres lombaires, en avant par des plans musculeux.
— hist. xvi' s. Les membranes de l'abdomen qui sont parties grandement sensibles, paré, 20 bis, i.
— êtym. Le latin abdomen, dont l'étymologie est incertaine. Il semble que le verbe abdere, cacher, y a la part principale; mais la finale omen est-elle un suffixe verbal, comme imen dans regimen de regere ? Pourquoi alors le mot n'est-il pas abdiment La finale omen est-elle, au contraire, une autre forme de omentum, épiploon, de sorte que le mot signifierait qui cache l'épiploon? Maison ne connaît rien qui justifie l'admission de omen pour omentum. Enfin faudrait-il prendre omen dans son sens de présage, et entendre , ce qui cache le présage, à cause que l'on consultait les entrailles des victimes pour savoir l'avenir? Comme on voit, le mot reste douteux.
ABDOMINAL, ALE (ab-do-mi-nal',nale ; au plur. ab-do-mi-nô) , adj. Qui appartient ou se rapporte à l'abdomen. Muscles abdominaux. Parois abdominales.
— ÉTYM. Abdomen.
ABDUCTEUR (ab-duk-teur). || !• Adj. m. Terme d'anatomie. Qui produit l'abduction. Muscles abducteurs. || 2'S.m. L'abducteur de l'œil.
— hist. xvi* s. Le muscle abducteur ou rameneur des doigts, paré, iv, 32.
— ÉTYM. Voy. ABDUCTION.
ABDUCTION (ab-du-ksion), t. f. Terme d'anat. Mouvement qui écarte un membre ou une partie quelconque du plan mitoyen qu'on suppose partager le corps longitudinalement en deux moitiés semblables ou symétriques. Pour la main et le pied, plusieurs anatomistes ont admis une ligne médiane particulière et ont appelé abduction le mouvement par lequel les autres doigts s'écartent de celui du milieu.
— HIST. xvi* s. Des interrossels, l'externe monte pour estendre la paume de la main et aider l'abduction des doigts du poulce, paré, iv, 29.
— ÊTYM. Abductio, de abducere, emmener, de ab, indiquant écartement, et ducere, mener (voy. duire).
t ABEAUSIR (S') (a-bô-sir), v. réfl. Marine. Se mettre au beau. Le temps s'abeausit.
ABËCÉDAIRE (a-bé-sé-dê-r') , adj. || 1* Qui est
rangé suivant les lettres de l'alphabet. En ce sens, abécédaire ne diffère d'alphabétique qu'en ce qu'il est moins usité. || 2* Qui en est à l'Abc. Enfant abécédaire. Ignorance abécédaire. || 8* S. m. Petit livre où s'apprend l'Abc. Donnez un abécédaire à cet enfant. Les abécédaires ne sont pas aisés à faire.
— hist. xvi* s. La folle chose qu'un vieillard abécédaire; on peut continuer en tout temps l'estude, mais non l'escholage, mont.
— ÊTYM. Abecedarius, mot composé des quatre premières lettres de l'alphabet, et de la terminaison adjective arius.
ABECQUfi ou ABÉQUÉ, ÉE, part, passé. Petits oiseaux abecqués par leur mère.
ABECQUF.R ou ABÉQUER (a-bè-ké), v.a. Donner la becquée. Abecquer uu oiseau, et, par extension, abecquer un enfant.
— REM. Entre les deux orthographes indiquées par l'Académie, la meilleure est abecquer, à cause qu'elle indique la prononciation de la seconde syllabe qui est celle de bec, un e moins fermé que l'e fermé proprement dit. De plus, il n'est pas besoi n dechanger l'accent, ce qu'il faut faire avec abéquer, mettant un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : abéque, mais au futur abéquerai.
— ÊTYM. À et bec ; génev. abécher.
ABÉE (a-bée), s. f. Ouverture par laquelle coule l'eau qui fait aller un moulin. On l'a aussi définie ouverture par où l'eau a son cours quand les moulins ne tournent pas.
— êtym. À et bée, ouverture, aujourd'hui baie (voy. ce mot). On a prétendu, ce qui est possible, que abée est une corruption, une méprise, qui de la bée a fait l'abée, d'où abée. Abée se trouve dans lauriêrb, Dict. du droit.
ABEILLE (a-bè-11'; 11 mouillées), s. f. Insecte qui produit le miel et la cire, et qui appartient au genre des insectes hyménoptères. Un essaim d'abeilles se compose d'une femelle, de miles et de neutres ou ouvrières; les femelles et les neutres sont armés d'un aiguillon long d'environ deux lignes. L'aiguillon de l'abeille reste presque toujours dans la piqûre, si l'insecte a été chassé brusquement. L'abeille recueille le miel dans les fleurs. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, boil. Sat. i. Les lieux où croit l'encens, où murmure l'abeille, dixis. A buf. i,s. Jo suis chose légère et semblable aux abeilles, A qui le bon Platon compare nos merveilles, la font. Ep. à Il net. Et semblable à l'abeille en nos jardins éclose, De différentes fleurs j'assemble et je compose Le miel que je produis, J. B. rouss. Ode au C. de Lue. Le ruisseau n'apprend pas à couler dans sa pente, L'aigle à fendre les aire d'une aile indépendante. L'abeille à composer son miel, lamart. Nouv. méd. v Et que mes doux regards soient suspendus au tien Comme l'abeille avide aux feuilles de la rose, m. ib. x. || La reine des abeilles. Autrefois on croyait que c'était un roi. Jusqu'au son de sa voix (de Louis XIV] et à l'adresse età la grâce naturelle et majestueuse de toute sa personne le faisaient distinguer jusqu'à sa mort comme le roi des abeilles, stsim.406, as. || Le manteau impérial et les armoiries de Napoléon étaient semées d'abeilles d'or. Aussi a-ton dit quelquefois les abeilles pour l'Empire. || Constellation australe qu'on nomme aussi Mouche indienne.
— HIST. xiii* s. Et se il trovent aucun emblant ées (abeilles) en la forest, cil qui i seront trové feront au seigneur soixante sols d'amende, du cange, apicularii. Il m'avironnerent aussi comme es, Psautier, f. 143. || xv* s. Le suppliant et Colin trouvèrent une bezanne [ruche] d'abeulles, la levèrent et en prirent tout le couppeau et le miel de dedans, du cange, besana. Une multitude d'avilies, ce sont mouches qui font la cire et le miel, id. avillarium. ||xvi* s. Les ruches sont pleines quand les abeilles chassent opiniastrement de leurs ruches les freslons ou abeillauds, ol. de serres, 447. Les abeilles ouavettes, les guespes, les freslons, paré, 23, 34. Ainsi qu'au mois d'avril, on voit de fleur en fleur, De jardin en jardin, l'ingénieuse abeille Voleter et piller une moisson vermeille, rons. Som. à des Caurres
— ÊTYM. Berry, avette; picard, es, eps; provenç. abelha; espagn. abeja; ital. ape. L'ital. ape, l'anc. franc, ée, le picard es , ips viennent de apis; le berry vient d'un diminutif en ette . apelte ou arette; le français, le provenç. et l'espagn. d'un diminutif apirula. Dès les premiers temps du bas-latin, on trouve une tendance à substituer le b au p du mot primitif; par ex. De furtis abium, LexSal. laspeyres, p. 26.
ABERRATION (a-bè-rra-sion) , «. /*. || 1° Terme d'astronomie. Mouvement apparent observé dans les étoi-
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