‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 311 sur 403 · CHU · texte numérisé non relu

CHU

rnu

et en remuant à peine les lèvres. Il ne convient pas de chuchoter en société. || 2" V. a. Prononcer à voix basse. Chuchoter quelques mots à l'oreille.

— REM. Dans Furetière et Richelet, il n'y a que chucheter, comme dans le xvi* siècle.

— HIST. xvi* s. Les deux tiers de Paris commencèrent à chucheter en l'oreille, à admirer, à louer, et puis à s'esjouir des prosperitez du Roi, d'aub. llist. n, 256. Furent veus les princes et princesses chucheter en l'oreillePunde l'autre, Sat. Mén. p. 95. Messieurs.,., qui chuchottent là vers la cheminée aux oreilles les uns des autres, sully, Mém.X. i, p. 406, dans lacurne.

— ÉTYM. Onomatopée. Bourguig. tuchenotai ; wallon, tussiné.

CHUCnOTERIE (chu-cho-te-rie), ». f. Affectation de chuchoter, et aussi, simplement, action de chuchoter. Je tremblai qu'on ne cherchât du mystère à cette chuchoterie, J. i. rouss. Hél. i, 33.

— ÉTYM. Chuchoter.

CHUCHOTEUR, EUSE (chu-cho-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui a l'habitude, qui affecte de chuchoter.

— étvm. Chuchoter.

t CHUGUETTE ( chu-ghè-t' ) , s. f. Un des noms vulgaires de la mâche.

t CHUINTANT, ANTE (chuin-tan, tan-t'), adj. Terme de grammaire. Consonnes chuintantes, consonnes qui se. prononcent avec un sifflement particulier et différent de l's; telles sont le; et le ch des Français, le et" des Italiens, le sh des Anglais, l'sch des Allemands. Un son chuintant.

t CHUINTER (chuin-té) , v. n. Se dit du cri de la chouette. La chouette chuinte. || Termede grammaire. Donner à des lettres un son chuintant, et aussi, en parlant de la lettre même, avoir un son chuintant.

— ÉTYM. Onomatopée.

t CHUBLEAU (chur-lô), s. m. Un des noms vulgaires du panais sauvage.

CHUT (chut'), interj. Mot dont on se sert pour avertir de faire silence. Chutl me dit-on, c'est un vrai sage, Oui dans les cours a fait naufrage, bérang. Deo grattas. Après que la reine eut dit chut , Chacun prit un siège et se tut, scarron, Virg. travesti, n.

— ÉTYM. Onomatopée.

CHUTE (chu-f), t. f. || 1* Action de choir, de tomber. La chute d'une tour. Débile et mal remis encor de la faiblesse Où ma perte de sang et ma chute me laisse, rotr. Vencesl. rv, a. Cette allée nous a fait souvenir de la chute que tous y fîtes un jour, »4t. 70.... la chute du ciel ne pourrait l'ébranler [ma fidélité] , corn. Cinna, v, 3. || Terme de physique. Chute des corps, mouvement des corps vers la terre , qui est déterminé par l'action de la pesanteur, et qui a pour caractères essentiels de s'effectuer selon la ligne verticale et d'être accéléré. || La chute des feuilles, séparation des feuilles d'avec l'arbre; saison où elles s'en détachent. Ce poitrinaire mourra à la chute des feuilles. Je comptais à peine dix-sept chutes de feuilles, lorsque.... chateaub. Atala, 24 4. || Séparation de certaines parties d'avec le corps. Chute des cheveux, des dents, des ongles, des eschares, des croûtes sèches. || 2° Chute d'eau , masse d'eau qui tombe d'une certaine hauteur. C'est une chute d'eau puissante qui fait mouvoir ce moulin. || Cataracte. La chute du Niagara. Si vous voulez nous suivre, nous campons au bord de la chute, chateaubr. Atala, 3(7. || 3° Terme de ponts et chaussées. Différence de hauteur entre les niveaux de deux biefs consécutifs d'un canal ou d'une rivière. || Mur de chute, mur construit en aval des portes d'amont d'une écluse à sas, pour racheter la différence de niveau. || Terme d'horticulture. Raccordement, qui se fait par des perrons ou par des gazons en glacis, de deux terrains qui ne sont pas de niveau. ||4° Au théâtre, la chute du rideau, la toile qui descend; et aussi, la fin du spectacle. Nous partîmes avant la chute du rideau. || 6° Terme de médecine. Déplacement qui porte un organe audessous de sa position normale. La chute de la luette, de l'utérus. || 6" La chute des reins, le bas du dos. T.a duchesse de Bourgogne revint, les épaules, les bras, le sein découverts, la chute des reins bien marquée, st-sim. 2, 235. || En termes d'architecture, chute de festons et d'ornements, bouquets pendants de fleurs ou de fruits. Chute d'un toit, pente ou égout. || Terme de marine. Hauteur verticale d'une voile quand elle est tendue. || Terme de pêche. La hauteur d'un filet quand il est tendu. || T La chute du jour, le moment où le jour diminue. || 8" Baisse considérable du cours des rentes, des actions, des effets publics, etc. La chute de la

rente. Comment vous trouvez-vous des trois vingtièmes et de la chute des actions sur les fermes ? voltaire, Lettres , Mme de Fontaine, 6 novembre 476». || 9° Fig. Disgrâce qui fait tomber une personne ou une institution. Quand il [le ciel] élève un trône, il en venge la chute, corn. Cinna, m, 4. Vous eussiez pu tomber, mais tout couvert de gloire, Votre chute eût valu la plus haute victoire, id. Pompée, m, 2. En vous qui de sa chute êtes l'unique auteur, id. Nicom. iv, 6. Il te peut en tombant écraser sous sa chute, id. Cinna, i, 4. Et tout le peuple même avec dérision De ma chute certaine en tirait le présage, racine, Esther, m, 4. La chute désormais ne peut être qu'horrible, id. ib. Cet esprit d'imprudence et d'erreur, De la chute des rois funeste avant-coureur, id. Ath. i, 2. Par une belle chute il faut me signaler, id. Baj. rv, 7. Je vous prie de considérer avec une attention plus particulière la chute des Juifs dont toutes les circonstances rendent témoignage à l'Évangile, boss. Ilist. n, 8. Insensible à sa chute et grand dans ses misères, volt. Zaïre, n, 4. Biron.... Un trépas si fameux, une chute si belle Rendait [eût rendu] de ta vertu la mémoire immortelle, volt. Henr.vm. Et tombent avec eux d'une chute commune Tous ceux que leur fortune Faisait leurs serviteurs, malh. i, 3. J'avais prévu ma chute en montant sur le faîte, la font. Fabl. x, 4 0. Il marque les différentes erreurs qui s'étaient élevées, et le temps de leur chute aux pieds de la foi, l'abbé houteville, dans desfontaines. La nouvelle Babylone, orgueilleuse de ses trois cents triomphes, tombe d'une chute immense, id. ib. Qui m'anime moi-même à la chute de Troie, lamotte, ib. || 10° Mauvais succès d'une pièce de théâtre. [Laharpe] Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique Tomba de chute en chute au trône académique, gilb. Apologie. J'ai soixante et six ans, et je ne veux plus mourir de la chute d'une pièce de théâtre, volt. Lett. oVArgental, 4 4 janv. 4 760. Il y a force tragédies, force comédies; vous aurez le plaisir de voir des succès et des chutes , id. Lett. cCArgental, 4 0 déc. 4 762. || 11» Terme de théologie. Faute entraînant la perte des mérites devant Dieu. La chute des anges. La chute du premier homme. Le crime d'être un sujet de chute à ses frères, mass. Petit Car. Vices. Le coup encore frais de ma chute passée Me doit avoir appris à me tenir debout, malh. I, 4. Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez si souvent à la grâce de la pénitence, tremblez, puisque chaque chute creuse sous vos pas de nouveaux abîmes, boss. Anne de Gonx. || Par extension, action repréhensible. Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours attire une autre chute, boil. Sat. x. ||12* Terme de rhétorique. Le trait, la pensée qui termine une pièce de vers. La chute en est jolie, amoureuse, admirable, mol. Mis. i, 2. Vous daignez employer dans les chutes des strophes les trois petits vers de trois pieds, volt. Roi de Prusse, 87. Les mêmes nombres et les mêmes chutes mettent de l'ennui dans un long poème, montesq. Goût, variété. Si bien que, comme l'auditeur prévoit d'ordinaire cette chute qui doit arriver, il va au-devant de celui qui parle, et le prévient, marquant, comme en une danse, la chute avant qu'elle arrive, boil. Longin, 33. On aurait beau montrer ses vers tournés sans art, Seuls et jetés par ligne exactement pareille, De leur chute uniforme importunant l'oreille, Gilbert, xvhi* siècle. || La chute d'une période, le dernier membre. || Terme de musique. Terminaison d'une pensée musicale. || 13°Terme d'astrologie. Signe où une planète a moins de vertu et d'influence. || 14° Terme d'horlogerie. Petit arc que parcourt la roue quand une de ses ailes quitte le pignon sur lequel elle engrène, et qu'une autre aile tombe sur la suivante. || Proverbe. De grande montée, grande chute, c'est-àdire plus on est dans une position élevée, plus la chute est profonde.

— HIST. xiii" s. Mes les gelines s'eneffroient, Qui l'ont oî à sa cheoite; Chascune de folr s'esploite, Ben. 4 323. || xv* s. Et se tenoit pour le temps le sire de Coucy en Avignon, car bien quinze semaines y fut au lit d'une chute de cheval, froiss. ii, ii, 226. || xvi* s. Monsieur estoit campé sur un petit ruisseau, dans lequel un estang faisoitsa cheutte, d'aub. Hist. i, 287. C'est un malplaisant discours à celui qui aime et honnore son pays et sa nation, d'en vouloir preannoncer les cheutes , lanode, 2.

— ÉTYM. Saintonge, chéte ; bourguig. cheute; provenç. caxuta; catal. cagguda; espagn. caida; portug. cahida; ital. caduta. Cheute, aujourd'hui chute, est le féminin du participe cheùt, aujourd'hui chu; cheoite n'y déroge pas, car, au lieu de cheùt,

on a dit aussi dans l'ancien français chenit. La plupart des autres langues romanes ont usé semMahlement de ce participe passé.

t 4 . CHUTER (chu-té) , v. n. Terme très-familier. Tomber, en parlant d'une pièce de théâtre. Cette pièce a chuté.

— étym. Chute.

| 2. CHUTER, v. a. Crier chut. Chuter un acteur. || Absolument. Les uns applaudissaient, les autres chutaient.

— ÉTYM. Chut.

t CHYLAIRE (chi-lê-r'), adj. Voy. CHYLEUX.

CHYLE (chi-1') , t. m. Terme de physiologie. Fluide qui, dans les intestins grêles, est séparé des aliments pendant l'acte de la digestion, et que les vaisseaux dits chylifères pompent à la surface de l'intestin, et portent dans le sang pour servir à sa formation. Les aliments se confondent tous en une liqueur douce, qui devient une espèce de lait, nommé chyle, fen. Exist. 36. Il en résulte que les parties du chyle sont plus propres à être appliquées sur les fibres et à les nourrir, montesq. Esp. xiv, 2. Ce sang dépend de la formation du chyle, volt. Oreilles, 7. Le potage et le bouillon de viande leur font un meilleur chyle, J. J. rouss. Ém. i.

— HIST. xvi" s. Les veines mezaraïques, par lesquelles le chyle se porte au foye, pour estre fait sang, paré, xv, 62.

— ÉTYM. Xu).àc, suc, de X"eiv> radical de y.sûeiv, verser.

tCHYLETJX, EUSE (Chi-leu, leû-z*), adj. Terme de physiologie. Qui appartient au chyle, qui a de l'analogie avec le chyle.

— ÉTYM. Chyle.

CHYLIFÈRE(chi-li-fê-r'), adj. Qui porte le chyle.

Vaisseaux chylifères , ou, substantivement , les chylifères, 'ou veines lactées, les vaisseaux lymphatiques des intestins, ceux qui, s'emparant du chyle pendant l'acte de la digestion, le conduisent au canal thoracique.

— étym. Chyle, et ferre, porter.

CHYLIFICATION (chi-li-fi-ca-sion) , *. f. Terme

de physiologie. || 1° Elaboration qu'éprouve le chyme dans l'intestin grêle et qui le rend apfe à fournir le chyle. || 2' Action par laquelle la graisse du chyme arrive dans les vaisseaux chylifères et qui a pour résultat la formation du chyle; action dite aussi chylose.

— ÉTYM. Chyle, et facere, faire.

t CHYLIFIER (chi-li-fi-é), v. a. Transformer en chyle. || Sechylifier, v. réfl. Être transformé en chyle.

t CHYLOLOGIE (chi-lo-lo-jie) , *. f. Terme de physiologie. Histoire du chyle.

— ÉTYM. Chyle, et>6Yo;, traité (voy. logique). T CHYLOPOEÈSE (ki-lo-pé-è-z') , s. f. Synonyme

inusité de chylification.

— ÉTYM. Xu)o;, chyle, et noicïv, faire.

j CHVLOSE (chi-lô-z'), s. f. Terme de physiologie. Voy. chylification.

— ÉTYM. Chyle.

t CHYLURDE (chi-lu-rie) , t. f. Terme de médecine. Altération consistant en la présence de la graisse en émulsion dans l'urine.

— ÉTYM. Chyle, et oupov, urine.

t CHYME (chi-m'), s. m. Terme de physiologie. Masse alimentaire élaborée par la digestion stomacale et descendant dans le duodénum et l'iléon pour fournir le chyle

— ÉTYM. Xu|J.ôç, suc.

t CHYMIE (chi-mie) , s. f. Voy. chimie.

•(■ CHYMIFICATION (chi-mi-fi-ka-sion), s. f. Terme de physiologie. Conversion des substances alimentaires en chyme; digestion stomacale.

f CHYMIFTER (chi-mi-fi-é), v. a. Transformer en chyme. || Se chymifier, v. réfl. Être transformé en chyme.

— ÉTYM. Chyme, et facere, faire.

CI (si), adv. de lieu. || lMci, en parlant du lieu où on est, par opposition à là. Venez-ci. Vous trouverez-ci un de vos bons amis. Ct'est particulièrement usité dans cette formule funéraire : Ci-gît un tel. || 2° Dans les comptes de commerce il se met avant la somme qu'il annonce. Deux mètres de drap à 26 fr. ci.... 50 fr. || S'il se joint aux noms précédés de ce. cette, ces, et aux adjectifs démonstratifs tels que eelui, celle, pour exprimer une idée d'actualité et de proximité. X cette heure-ci. Cet homme-ci. Celui-ci, celle-ci. Cette vie-ci n'est qu'un songe. De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien, Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien, mol. Sgan. se. 24. Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci, la font. Fabl. vit, 6. Quoique je n'aie pas accoutumé de trouver fort

agréables les biens que l'on me fait à ces heures-là [minuit] , j'ai reçu celui-ci avec plus de contentement que je ne le puis dire, voit. lett. 64.||Par opposition à là. Cet enfant-ci , cet enfant-là. Ce n'est pas celui-ci, c'est celui-là. Celle-ci et celle-là. || Interrogativement. Qu'est-ce-ci? corn. Poly. iv, 6. h ne faut pas confondre qu'est-ce-ci? et qu'est ceci? Le premier signifie : qu'y a-t-il ici 1 le second : qu'est cette chose-ci T || 4° Immédiatement devant un adjectif ou un participe. Les témoins ci-présents. La pièce ci-jointe. La copie ci-incluse. || Quand des adjectifs ou participes ainsi construits précèdent le substantif, l'habitude est de les laisser indéclinables. Vous trouverez ci-joint, ci-inclus une copie de la lettre. || 6" Entre ci et demain, entre le moment présent et demain. Entre ci et là, entre le moment présent et un temps plus éloigné. Je voudrais qu'entre ci et là vous fissiez l'impossible pour vos affaires, sév. 78. Vous avez des fruits que je dévore déjà par avance, j'en mangerai l'année qui vient, si je ne meurs entre ci et là, id. 83. Je serai ravi de vous voir si je ne suis pas pendu entre ci et là, sév. 326. 11 faut que les réflexions que vous ferez entre ci et là vous 6tent un peu des craintes inutiles que vous avez pour ma santé, m. 333. Je partirai entre ci et la Pentecôte, m. 50. || 6°Be-ci,de-là,Zoe. adv. De côté et d'autre. Il allait de-ci , de-là. || 7° Parci, par-là, loc. adv. En divers endroits, de coté et d'autre. || Fig. A diverses reprises, sans suite. ||8° Ci-après, loc. adv. Un peu après, un peu plus loin. Ci-après, vous trouverez votre compte détaillé. || 9* Ci-contre, loc. adv. En regard, vis-à-vis. Je vous donne cicontre le détail des frais. La page ci-contre. || 10° Cidessus, loc. adv. Plus haut. Cela se trouve déjà énoncé ci-dessus. || 11° Ci-dessous, loc. adv. Plus bas. Cela sera expliqué ci-dessous. || 12° Ci-devant, loc. adv. Précédemment. Rien n'était plus important [que de se cacher de la cour] , pour les raisons que vous avez vues ci-devant, retz, iv, 234. J'admire qu'il ne se soit ci-devant trouvé personne qui ait remarqué, nesc. Fœtus, 2. Ceux qui ontci-devant recherché la vérité, w.Uéth. 2, 1 1 . Je ne pense ni plus ni moins à votre sœur que ci-devant, boss. Lett. abb. 36. || Précédent, d'autrefois. Le ci-devant gouverneur. Le roi d'Espagne, c'est-à-dire le ci-devant, voulut l'autre jour visiter la bibliothèque vaticane, p. l. cour. Lett. il, 80. Voilà de singulières erreurs; mais nous autres ci-devant gens de qualité, nous avions coutume de dire que nous n'entendions rien aux affaires, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 228. || Dans le langage de la Révolution, un ci-devant, un gentilhomme, c'est-à-dire un ci-devant gentilhomme, la république ayant supprimé les distinctions nobiliaires. Au plur. Les ci-devant. || 13° Ci-entour, loc. adv. Dans les environs.

— REM. On fait souvent la faute de dire : Cet homme ici, ce moment ici; et du temps de Vaugelas, pendant que tout Paris disait : Cet homme-ci, ce temps-ci, la plus grande partie de la cour disait: Cet homme ici , ce temps ici ; Vaugelas lui-même était pour cette dernière façon de parler. Aujourd'hui il n'y a plus de choix; la première est la seule reçue dans le bon usage.

— HIST. xi* s. De ces parolesque vous avez ci dit, Ch. de Roi. x. Bien devons ci estre pour nostre rei , ib. lxxvii. || xii* s. Je irai là, et vous ci remandrez, Ronc. p. <6. De ci qu'as porz passanz [d'ici jusqu'aux ports qui servent de passages] , t'6. p. 3*. Ci fust li rois cui avons fait homage, ib. p. «5. Comme [il y] auroit ci très glorieus secours! Couei, vu. Tout a croisés amoureus à contendre D'aler à Dieu ou de remanoir chi, ib. xxiv. [Vous] Estes ci assemblé, amirant et princier, Soi. vi. Entre ci que as portes n'i ot arrestoison, ib. vm. || xm's. Etlanavie vint par dedens le port, et de ci endroit aus [eux] : et là ci a un flum qui fiert dedens la mer, villeh. lxxiv. Il n' [y] ot plus bêle dame de ci jusqu'en Thessale, Rerte, xxvn. Quant, pour venir droit ci [tu] me meïs en la sente, t'6. xlviii. De ci [je] me vueil lever, si nous apareillons [ainsi préparonsnous], t'6. lxxvh. Ci devant [ici en face] maint [habite] Simons, preudoms est durement, t'6. r.x. Sauriez vous ci près maison ne casement? t'6. De ceste chose ci, oiant vous, [)'] enquerroie, t'6. cxvn. Ne mais [elle] ne sera aise de ci qu'aura seU Se c'est Berte sa fille.... t'6. cxxin. Vez-ci le roi Pépin que j'ai ci amené, ib. cxxv. Cy respond l'Amant à Raison, la Rose, 6932. || xv* s Et Bretons et François après, qui les enchassoient en fossés, en aulnaies et en bruyères, ci dix, ci douze, ci vingt, ci trente,et les [les Flamands] combattoient de rechef, proiss. h, il, 197. Les soudoyers de Mortaigne sont issus, et ont accueilli grand proie ci-entour, id. i, i, 133,

CIG

Je vous conseille, beau fils, que vous départez de ci, id. i, i, )<«, Si m'en suis ci enfuie devers vous, id. i, i, 7. Certes, dame, voyez ci votre chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, id. i, i, h. Sire, les Escots sont à trois lieues près de ci logés sur une montagne, id. i, i, 40. Ne cy ne ailleurs, comm. rv, 4). Dont j'ay parlé ci devant, id. i, i. Et commanda que tout souldain, Cy pris, cy mis, on chappellast Cinq ou six douzaines de pain , villon , i" Repue. Pour parler plein, elle se délivra, ci prins ci mis, après cette première course, d'un trî^s beau fils, louis xi, Nouv. xxix. || xvr» s. Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz, rab. Garg. i, 54. Ta vertu, la quelle m'a esté par cy devant esprouvée, id. Pant. n, 8. C'est ci le premier indice qu'il nous convient ensuivre pour trouver l'ante christ, calv. Tnstit. 9)6. Ceste estoit ci la façon commune et usitée , id. t'6. 976. Ci après Dieu ne parlera point comme par avant par les uns ou les autres, id. t'6. 924. C'est ce qu'avons dit ci devant, id. t'6. 4096. Tantque ceste vie ci dure, id. t't. 4077. Les citoyens de la ville d'Athènes Ont fait dresser ces trois images cy, amyot, Cimon, 42.

— ÊTYM. Voy. ici; picard, chi.

Q- APRÈS, loc. adv. Voy. ci.

f CIBAIRK (si-bê-r') , adj. Terme d'entomologie. Appareil cibaire, appareil de manducation des insectes.

— ÉTYM. Le latin ct'6t«, aliment.

■f CIBATION(si-ba-sion), s. f. Opération chimique par laquelle on donne à une substance plus de consistance et de solidité.

— ÊTYM. Cibare, nourrir, alimenter.

t CIBAUD1ÈRE (si-bô-diê-r"), s. f. Terme de pêche. Sorte de filet.

CIBLE (si-bl'), s. f. Sorte de planche servant de but pour le tir de l'arc ou des armes à feu. Tirer à la cible. Au bord du grand chemin, ta vie est une cible Offerte à tout venant, v. hugo, Voix, 30.

— REM. Cible n'est ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furetière ni dans Richelet.

— ÉTYM. Génev. ct'6e; de l'allemand Scheibe, disque, cible. On trouve dans un poète du xiv° siècle: ....plus de cent, Voire de mil tout à un sible L'apeloient le roy paisible , machault, p. 406. Mais ce sible, dont le sens n'est pas clair, n'a rien de commun avec cible.

CIBOIRE (si-boi-r"), s. t». || 1° Vase où l'on conserve les hosties consacrées pour la communion des fidèles. Le saint ciboire. Un beau ciboire. || 2° Petit dais, espèce de baldaquin dont on couvrait autrefois les autels.

— HIST. XIH* s. Ly donne cil communion.... Et puiz ly donne la sainte oille Qu'illec tenoit en sa chyboille, de laborde, Émaux, p. 24 4. Li fiexau bon roi Charlemaine.... Nous donna sainte Leochade; Là fu grant tens en no chiboire Leis [près] saint Maart, leis saint Grégoire, du cange, ciborium. || xv° s. Le supliant print, dedens le ciboire, ung calixe avec lequel estoit enveloppée une petite boite dedens laquelle estoit le corps de nostre Seigneur, id. t'6. Ung grand cyboire d'argent doré, sans pié, pour mettre deux corpus domini, garni de pierres autour et au dessus ung petit crucifix, de laborde, Émaux, p. 24 4. || xvi' s. Deux cyboires : ung de cristal garny d'argent doré , de perles et roses de vermeilles , et l'autre de fonte bien doré, id. t'6.

— ETYM. Provenç. cibori; ital. ciborio; de ct'borium, vase où l'on conserve les provisions, proprement gousse de fève, du grec xiëûpiov.

CIBOULE (si-bou-1'), s.f. Plante potagère, du genre de l'oignon (allium fistulosum , L.).\\ Proverbe. Marchand d'oignons se connaît en ciboules, c'est-à-dire chacun se connaît aux choses de son métier et n'y est pas facilement trompé.

— HIST. xv* s. Meschant, tu as puante aleine; Avale moy ceste ciboule , Mart. de St Etienne. || xvr s. Porreaux, oignons, ciboulles, muguettes, paré, zviii, 43. Les cibouilles ou civots participent de l'oignon et du pourreau, tenans de l'un la figure, et de l'autre la saveur, o. de serres, 640.

— ÊTYM. Csepulla, ciboule, diminutif de cxpa, oignon. Picard, ct'ee; Berry, cive, cwot;provenç.cebula, sivela; espagn. cebolla; ital. cjpolla, oignon.

CIBOULETTE (si-bou-lè-f) , s. f. Nom vulgaire de la civette (allium schœnoprasum, L.).

— ÉTYM. Diminutif de ct'6ouïe.

t CICADALRE (si-ka-dê-r") , adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à la cigale. || S. m. Les cicadaires, famille d'insectes hémiptères dont la cigale est le type.

t CICADELLE (si-ka-dè-1'), *. f. Terme d'ento-

CIG

mologie. Genre d'insectes hémiptères dans la famille des cicadaires.

— ÊTYM. Le latin cicada, cigale (voy. cigai CICATRICE (si-ka-tri-s') , s. f. || 1* Marque ou

trace qui reste des plaies ou blessures après leur guérison. Une large cicatrice. Une cicatrice difforme. Et de ce front guerrier les nobles cicatrices Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois, volt, Uérope, i, ï. Il avait une cicatrice au travers du nez, hamilt. Gramm. 7. || Terme d'histoire naturelle. Tissf? qui réunit les solutions de continuité des divers systèmes organiques, animaux ou végétaux. || 2° Fig. Ressentiment profond. II est des blessures Dont un coeur généreux ne peut jamais guérir; La cicatrice reste, volt. Tancr. v, 3. || Tort fait à la réputation. Ne craignez rien, calomniez toujours; Quand l'accusé confondrait vos discours, La place est faite; et, quoiqu'il en guérisse, On en verra du moins la cicatrice, j. b. rouss. Ép. I, liv. 4. Aux muses.

— HIST. xvi* s. Te deffies tu de ces mienes cicatrices et de ceste espée? amyot, Anton. 82. Ce dit cuir deperdu se peut régénérer par tout, fors que sur la cicatrice, paré, i, 3. Empeschant que l'ulcère ne soit menée à cicatrice, id. vin, 4 6.

— ÉTYM. Le latin cicatrix.

t CICATRICIEL, ELLE (si-ca-tri-si-èl, è-1'), adj. Terme de chirurgie. Qui appartient à une cicatrice, qui la forme ou en provient. Tissu cicatriciel.

— ÊTYM. Cicatrice.

fCICATRICULE (si-ka-tri-ku-F), s. f. Terme d'anatomie. Tache blanche sur le jaune de l'œuf, qui indique le germe. Harvey remarque que la cicatricule se trouve dans tous les œufs féconds ou inféconds, bupf. Animaux, systèmes sur la générât.

— ÊTYM. Diminutif de cicatrice.

t CICATRISABLE (si-ka-tri-za-bl'), adj. Qui peut se cicatriser.

— étym. Cicatriser.

t CICATRISANT, ANTE (si-ka-tri-zan , zan-t'), adj. Terme de chirurgie. Les topiques oicatrisants, ou, substantivement, les cicatrisants, topiques auxquels on supposait la propriété de hâter ou de favoriser la cicatrisation des plaies.

t CICATRISATION (si-ka-tri-za-sion) , s. f. Terme de chirurgie. État d'une plaie qui se cicatrise.

— HIST. xiv* s. Cicatrisation , a. de mondeville, f* 3», verso. || Jusquesà cicatrisation, paré, y, 48.

— ÊTYM. Cicatriser.

CICATRISÉ, ÉE (si-ka-tri-zé, zée), par», passé. || 1° Fermé par une cicatrice. Une plaie à peine cicatrisée. || 2° Marqué d'une cicatrice. Son front cicatrisé rend son air furieux, boil. Ép. rv. Reine du monde, ô France, 6 ma patrie, Soulève enfin ton front cicatrisé , bérang. Enfants de la Fr. || 3° Fig. Pour moi si mon habit partout cicatrisé, régnier, Sat. n. (Il y a dans le texte cicatrice, qui était la forme du xvi* et même du xvii* siècle).

CICATRISER (si-ka-tri-zé), v. a. \\ i' Opérer la cicatrisation d'une plaie. Il est certaines plaies que la naturenecicatrise pas sansl'aide dePart.|| 2° Faire, laisser des cicatrices. La petite vérole lui a cicatrisé le visage. || 8° Se cicatriser, v. réfl. Se fermer par une cicatrice. La plaie se cicatrise.

— REM. Scarron a employé cicatriser dans le sens de balafrer : Et de leurs grands coups [elles] scandalisent Ces géants qu'elles cicatrisent, Gigant. chant v.

— - HIST. xvi* s. Et cet autre tout cicatrice, trai i et pasle de faim, mont, i, 278. Dès qu'il n'estoit encore qu'un jeune homme, il avoit desjà l'estomac tout cicatrice de coups qu'il avoit receuz en diverses batailles, amyot, Coton, 2. Il en avoit le corps tout détaillé et cicatrice de coups, id. Anton. 82. Qu'après l'ouverture le lieu soit mundifié, incarné, puis consolidé et cicatrizé, paré, v, 4 0.

— ÊTYM. Cicatricare, de cicatrix, cicatrice.

CICÉRO (si-sé-ro) , s. m. Terme d'imprimerie. Caractère entre le saint-augustin et la philosophie. Ce mot n'est plus guère usité dans cette acception, les caractères étant généralement désignés par le nombre de points qui en exprime la force de corps ; mais il est employé pour indiquer en typographie une mesure de longueur, qui est de onze ou douze points, suivant les différentes imprimeries.

— ÊTYM. Ainsi appelé de l'édition de Cicéron, faite à Rome en 4468; Cicero, orateur romain, dont le nom vient de cicer, pois chiche (voy. chiche).

CICEROLE (si-se-ro-1') , *. f. Terme de botanique. Nom du pois chiche.

— ÊTYM. Ct'ccr, pois chiche (voy. chiche). CICERONE (si-sé-ro-né; d'autres prononcent si-

sé-ro-n'; d'autres enfin disent, à l'italienne, tchitché-ro-né), ». m. Guide qui montre aux étrangers

CTD

les curiosité? d'une ville. J'étais accompagné d'un nouveau guide et d'un cicérone grec, chateaiibr. Itin. 79. || Au plur. L'Académie le laisse invariable : les cicérone.

— ÉTYM. Ital. cicérone, de Cicérone, nom en italien de l'orateur romain Cicéron, à cause des abondantes paroles de ces gens (voy. cicébo).

t CICÉRONIANISME (si-sé-re-ni-a-ni-sm'), s. m. Imitation du style de Cicéron.

" C1CÊRONIEN, IENNE (si-sé-ro-niin, niè-n') , ad/.

, Oui est dans le genre de Cicéron. Style, tour cicéronien. Période cicéronienne. || S. m. Celui qui, dans la latinité moderne, s'étudie à imiter la phrase et les tours de Cicéron. Ce sont des superstitions ridicules [de langage] et une affectation impertinente de laquelle les cicéroniens ne seraient pas avoués parleur Cicéron, balz. Soc. chrét. Disc. 4 0.

— ÊTYM. Ciceronianus , de Cicero, Cicéron (voy. cicéro).

f CICËROMSER (si-sé-ro-ni-zé) , v. n. Imiter le style de Cicéron

— ÊTYM. Cicéron, célèbre orateur romain (voy.

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