CICÉRO
t CICINDËLE (si-sin-dè-l*) . s. f. Terme de zooloie. Nom d'un genre de coléoptères (cicindela).
f CICIPA , t. m. Aliment fourni par le manioc.
CICISBÉE (si-si-sbé), t. m. Voy. sigisbée.
t CICLAMOR (si-kla-mor) , s. m. Terme de blason. Bordure de l'écu ou des pièces.
t CICOGNAT (si-ko-gna) ou CICONNEAC (si-konô) , s. m. Petit de la cigogne.
— ÉTYM. Cigogne.
tCICONICIDE (si-ko-ni-si-d'), t. m. et f. Celui, celle qui tue les cigognes. La rigueur dont les Thessaliens punissaient les ciconicides me semble assez raisonnable, voit. Lett. 4 93.
— ÊTYM. Ciconia, eicidere, pour casdere, tuer. fCICONIEN, IENNE (si-ko-niin, niè-n'), adj.
Terme de zoologie. Qui ressemble à la cigogne.
— ÊTYM. Cigogne.
+ CICONNEAO (si-ko-nô) , *. m. Voy. cicognat. CI-CONTRE (si-kon-tr"), loc. adv. Voy. ci. t CICURATION (si-ku-ra-sion), t. f. Terme didactique. Action d'apprivoiser.
— ÊTYM. Le latin cicur, apprivoisé.
CICUTAIRE (si-ku-tê-r'), t. f. Terme de botanique. Plante ombellifère qui est un poison (cicuta virota, £.).
— ÊTYM. Le latin cicuta, ciguë (voy. ciguë).
+ dCUTINE (si-ku-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Alcali qui existe dans la ciguë.
— ÊTYM. Le latin cicuta, ciguè (voy. ciguë). CID (sid), *. m. Seigneur. La tragédie du Cid.
Ils t'ont nommé tous deux leur cid en ma présence ; Puisque cid en leur langue est autant que seigneur, Je ne t'envierai pas ce beau titre d'honneur; Sois désormais le cid ; qu'à ce grand nom tout cède, corn. Cid, iv, 3.
— ÉTYM. Arabe, seid, seigneur.
T CIDARIFORME (si-da-ri-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un bonnet.
— ÊTYM. KtSapic, bonnet persan, et forme. CI-DESSOUS (si-de-sou), loc. adv. Voy. ci. CI-DESSUS (si-de-su), loc. adv. Voy. ci. CI-DEVANT (si-de-van), loc. adv. Voy. ci. CIDRE (si-dr") , *. m. Boisson faite avec du jus de
pommes. Cidre doux. Cidre piquant. Le cidre enivre. On dit que du cidre est tué, quand, ayant été exposé, en vidange, à l'action de l'air, il a pris une teinte noirâtre et perdu de son goût. || Cidre à deux trains, cidre fait avec des pommes d'espèces mêlées.
— HIST. xur s. Sicera, id est, sidre, du cange, ticera. || xv* s. De nous se rit le François, Mais vrayement, quoi qu'il en die, Le sildre de Normandie Vault bien son vin quelquesfois, basselin, Vau de Vire, 4 6. || xvi" s. Nos reitres receurent aussi argent, qu'ils trouvèrent beaucoup meilleur que les citres de Normandie, lanoue, 604. Ils se servent plus du sidre ou pommé, et du peré que de la bière, par tout où ces boissons sont en usage, l'on appelle pommé le jus de pomme, et poiré celui de poire : particulièrement en la haulte Normandie, es environs de Paris, en 1 . Brie, et en certains endroits de la Picardie, sidre, toute liqueur procédante dos pommes et des poires, meslée ou distincte. Mais en la basse Normandie, comme en Costentin, Bessin,. païs de Caux, et autres, esquels ce bruvage est le mieux cogneu , aussi à Bouen , par le sidre est seulement entendu le jus procédant des pommes, demeurant le nom de poiré particulier à celui des
poires, O. DP. SERRES, 246-246.
— ÊTYM. Berry, ci'tre; picard, cite; espagn. «- {ira; anc. espagn. titra; ital. tidro, cidro ; du latin
sicera, du grec ffîxepa , venant d'un mot hébreu qui signifie une espèce de boisson enivrante.
CIEL (sièl), s. m. Le pluriel est ciels (sièl) ou cieux (sieû), suivant l'emploi. Voy. la remarque. || 1* Espace que nous apercevons étendu au-dessus de nos têtes en forme de voûte et circonscrit par l'horizon. Le ciel est pur. Le ciel est chargé. Ciel changeant. Ciel menaçant. Un ciel gris, sombre. Le ciel bleu. La voûte du ciel ou des cieux. La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voile , lamart. Ilarm. i, 40. Un monde est assoupi sous la voûte des cieux, id. t'b. n, 4. Et la moitié du ciel pâlissait, et la brise Défaillait dans la voile, immobile et sans voix, m. tb. il, 2. Il [l'homme qui afait une faute] rougit de lui-même, et combien qu'il ne sente Rien que le ciel présent et la terre présente , Pense qu'en se voyant tout le monde l'a vu, malh. i, *. || On ne voit ni ciel ni terre, se dit de ténèbres fort épaisses. || On dit de choses fort différentes, qu'elles sont éloignées comme le ciel et la terre. || Entre terre et ciel, dans l'air. || Couleur bleu de ciel. || Sous le ciel, sur la terre. Tircis disait un jour à la jeune Amarante : Ah I si vous connaissiez comme moi certain mal Qui nous plaît et qui nous enchante, Il n'est rien sous le ciel qui vous parût égal, la font. Fabl. viil, 43. || Élever quelqu'un jusqu'au ciel, le louer avec excès. Tel porte jusqu'au ciel leur vertu sans égale, corn. Uor. ni, 2. On vous loua jusqu'au ciel, sév. 49. Et la France a les destinées Pour elle tellement tournées Contre les vents séditieux , Qu'au lieu de craindre la tempête, Il semble que jamais sa tête Ne fut plus voisine des cieux, malh. m, 2. || Le Fils du ciel, l'empereur de Chine. Le ciel inférieur, la Chine. || 2" Terme d'astronomie ancienne. Les diverses sphères cristallines et concentriques à la terre que les anciens avaient supposées pour expliquer les mouvements apparents des astres. Le ciel de la lune. Le ciel de Jupiter. Comme le ciel mobile, éternel en son cours, Fait les siècles, les ans et les mois et les jours, Régnier, Sat. m. Les anciens ne s'accordaient pas sur le nombre de ces ciels. Ils en avaient d'abord sept pour les sept planètes, la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Après ceux-là venait le ciel des étoiles fixes, qu'on appelait aussi empyrée, ou premier mobile, comme donnant le mouvement à tout; ou firmament, comme enveloppant ou affermissant tout l'univers. Plus tard on imagina sous le nom de premier ou second cristallin des ciels intermédiaires entre le firmament et le ciel de Saturne pour expliquer divers mouvements nouvellement observés. Plus tard enfin, au xvi" siècle et au commencement du xvii', avant que le système de Copernic triomphât définitivement, on réduisit toutes ces sphères à trois, une pour les planètes (qui en contenait réellement sept), une pour les étoiles fixes, et une autre fort mal déterminée à laquelle on laissa le nom d'empyrée. Tous ces ciels étaient supposés solides, et de là ces expressions-ci : Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me vengel corn. flod. v, t. || Familièrement. Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit pour se moquer d'une supposition absurde. || Tomber du ciel, se dit d'une chose ou d'une personne qui arrivent tout à fait à l'improviste et qui d'ordinaire apportent quelque chose de très-avantageux. Ce secours tombait bien véritablement du ciel. On l'avait regardé comme tombé du ciel pour cela. Vous qui, dès le berceau, de bon œil me voyez, Qui du troisième ciel mes destins envoyez, Belle et sainte planète, astre de ma naissance, Régnier, Élég.v. || Être ravi au troisième ciel, au septième ciel, éprouver une vive joie. || 3° Dans l'astronomie moderne, l'espace immense dans lequel les astres accomplissent leurs révolutions : à ce point de vue, la terre, étant une planète, est dans le ciel. Par delà tous ces cieux le dieu des cieux réside, volt. Henr. vu. || ^L'ensemble des constellations qui parent le ciel. Les Égyptiens ont trouvé cette grande année qui ramène tout le ciel à son premier point, boss. Ilist. ni, s. Et qui guide les cieui et leur course rapide? la font. Fabl. x, <. || Les influences du ciel, les prétendues influences qu'on attribuait aux astres sur la destinée humaine. S'il ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poète, â t'iOiL. Art p. i. |j 6° Air, atmosphère, climat. Essuyer .'inclémence du ciel et des saisons. Vous y trouverez un ciel toujours pur et serein. Jeunes et tendres Heurs par le sert agitées, Sous un ciel étranger comme moi transplantées, rac. Esth. i, 4. Cherchant avidement sous un ciel étranger.... iv.Mùhr. m, 4. Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous, id. tb. i, S. Tout ciel est agréable où uotre
âme est paisible, Ijucis, Macbeth, v, 2. Je ne puis comprendre pourquoi, toute la Grèce étant placée sous le même ciel et les Grecs nourris de la même manière, il se trouve néanmoins si peu de ressemblance dans leurs mœurs, la brut. Caract. de Thlophr. Avant-propos. D'un vaste champ de fleurs je tire un peu de miel; Tout m'enrichit, et tout m'appelle; °t, chaque ciel M'oiïrant quelque dépouille attfb et précieuse, Je remplis lentement ma ruche industrieuse , a.chén. Élég. 24. || Fig. Il est temps qu'en son ciel cet astre aille reluire, corn. Sicom. n, 2. || Terme de marine. Ciel fin, ciel clair et sans nuage. Ciel gros, ciel couvert de gros nuages. Le ciel se hausse, il s'éclaircit. || Le feu du ciel, la foudre. Pourquoi vous troublez-vous, enfants de l'Evangile? X quoi sert dans les cieux ton tonnerre inutile, Disent-ils au Seigneur?... lamart. Ilarm. i, 6. || Un ciel d'airain, des cieux d'airain, un temps sec et sans pluie, et qui dure depuis assez longtemps pour que les biens de la terre en souffrent. || Fig. Un ciel d'airain, les rigueurs inexorables du destin. || Familièrement. Remuer ciel et terre, faire tou» ses efforts pour arriver à un but. || 6° Terme de théologie. Le séjour des bienheureux. Ne désirer que le ciel. Les joies du ciel. Je prétendais autant qu'aucun autre à gagner le ciel, desc. Met. i , 4 1 . L'honneu. leur appartient d'avoir ouvert la porte X quiconque osera, d'une âme belle et forte, Pour vivre dans le ciel, en la terre mourir, malh. i, 4. | Voir les cieux ouverts, ressentir une indicible joie. Ce n'est pas le Ciel ouvert, mais enfin on n'a pas mieux, et c'est un parti forcé, volt. Lett. Mme du Défiant, 6 janv. 4 764. || Fig. Les choses, les puissances célestes, divines, Dieu, la Providence. Les dons, les bénédictions du ciel. Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses, corn. Pomp. v, 2. Ciel, à qui voulezvous désormais que je fie Le secret de mon âme et le soin de ma vie? id. Cinna, iv, 2. Sire, puisque le ciel entre les mains des rois Dépose la justice et la force des lois.... id. Hor. v, 2. Et dédaigne de voir le ciel qui le trahit, id. Pomp. II, 2. Le ciel vous le fait voir un poignard à la main; Le ciel est juste et sage et ne fait rien en vain, rac. Atk.u, 6. Cieux, écoutez ma voix, terre, prête l'oreille, rac. Athal. m, 7. Nous préservent les cieux d'un si funeste abusl volt. Brut, n, 4. Mais le plaisir à ma philosophie Révèle assez des cieux intelligents, bérang. Dieu des b. gens, ô nuits, déroulez en silence Les pages du livre des cieux, lamart. Harm. i, 2. Mais comment consentir à ce que vous voulez , Sans offenser le ciel, dont toujours vous parlez, moliêre, Tart. iv, 6. J'aurais une douleur extrême qu'une personne que j'ai chérie tendrement devint un exemple funeste de la justice du ciel, id. le Festin, rv, e. On n'a pas besoin de lumière quand on est conduit par le ciel, id. tb. iv, 4 2. Vous me voyez revenu de toutes mes erreurs, je ne suis plus le même d'hier au soir, et le ciel tout d'un coup a fait en moi un changement qui va surprendre tout le monde, id. tb. v, t. On le verra bientôt, pompeux en cette ville, Marcher encore chargé des dépouilles d'autrui, Et jouir du ciel même irrité contre lui, boil. Sat. i. || Grâce ou grâces au ciel, exclamation par laquelle on se félicite de quelque chose d'heureux. Je suis revenu, grâces au ciel, de toutes mes folles pensées, mol. le Festin, iv, 9. || Ciell ô cieli juste ciel! justes cieux I exclamations qui expriment l'admiration, la joie, la douleur, la crainte, etc. Ciell quel nombreux essaim d'innocentes beautés.... rac. Esth. i, 2. || 7° La piété, la vertu pieuse. La tendre hypocrisie, aux yeux pleins de douceur, Le ciel est dans ses yeux, l'enfer est dans son cœur, volt. Uenr. vu. Venez, enfants du ciel, orphelins sur la terre; Il est encor pour vous un asile ici-bas, lamart. Harm. i, tt. || 8° Terme de peinture. Partie d'un tableau qui représente le ciel. Ce peintre fait bien les ciels. || Aspect particulier du ciel de tel ou tel pays. Ce peintre reproduit bien les ciels de l'Italie. || 9* Le couronnement, le haut d'un lit. Des ciels de lit. Elle n'eut.... Autre ciel pour objet que le ciel de son lit, Régnier, Sat. xiu. || Le dais qu'on porte audessus du St-Sacrement. ||Le haut, le plafond d'une carrière. Des infiltrations percent les ciels de carrière. Dieu les amincissant [les contours des blocs de rocher] en immenses spirales Les sculpte comme un lustre au ciel des cathédrales, lawart. Joc. ii, 82. || Carrière à ciel ouvert, carrière qu'on exploite en enlevant à fur et à mesure la terre qui recouvre le gisement. || Dans les machines à vapeur, le dessus d'un fourneau. Le pluriel est aussi ciels. || Proverbes. Le ciel rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin. || Les mariages se font au ciel, locution dont on se sert pour exprimer qu'on les attribua
à la directien infime de la Providence. On dit dans le même sens : cela était écrit au ciel. || Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée, sage conseil donné aux femmes et fondé, quant à l'expression , sur ce qu'en effet un ciel pommelé ne dure pas.
— REM. Le ciel, à proprement parler , est cette partie de la voûte azurée que nous voyons ou que nous concevons comme renfermée dans un horizon déterminé. C'est dans ce sens qu'on dit : le ciel de la Provence et celui de l'Italie sont bien différents des ciels de l'Angleterre et de l'Ecosse ; ce peintre réussit admirablement dans les ciels. Les ciels de lit tirent leur nom de leur forme et de leur position audessus de nos têtes; et ces exemples nous montrent que, quand on compte les ciels, c'est-à-dire quand on passe au pluriel entendu dans la rigueur de la définition , on le forme régulièrement en ajoutant un s au singulier. Le motcieux, au contraire, indique non la pluralité, mais l'universalité indivise de la sphère céleste, ou, au figuré, la Providence, le pouvoir céleste, jullif.n.
— HIST. x* s. Qu'elle Deo raneiet [renie], chi maent [demeure] sus en ciel, Eulalie. || xi* s. N'a tel vassal sous la cape du ciel, Ch- de Roi. xl. Souz cel n'i a plus encrismé félon . ib. xcn. Mors est Rolans ; Deus en a l'ame es cels, ib. clxxiu. Ijxii's. Qui fit le ciel et la terre et la mer, Roncisv. p. 32. Charles regarde amont vers les hauz ciez, ib. p. H a. [Je] N'en donroie le désir Pour tout l'avoir dessouz ciel, Coud, xii. || xm' s. Dame, merci, pour Dieu qui fit ciel et rosée, Berle, xvi. Comment diable! estes vos tiex [tel] ? Quidiez-vos monter as sainz Mex, Avec Dame Dieu là amont? Ren. 24746. Il sembloit que ce fust uns anges, Qui fusttantost venu du ciau, la Rose, 907. Des roses i ot grans monciaus; Si bêles ne vithoms sousciaus, t'6. t646. Et ce face dire deus ou trois feiz,ains que les esteilles aperent ou ciel, Ass. de Jér. 82. Licuersle conte est àCitiaux, Et l'arme [âme] là sus en sains ciaux, Et li cors en gist outre mer, ruteb. 69. Et la contrée du ciel ne aide pas sans plus à la force des corps, ainczois vault moult à la force des couraiges, J. de meung, Végèce, I, 2. || xiv* s. Mais aucuns qui se voient en fortune tramper, Cuident aucune fois jusques au ciel aler, Et ne regardent pas des degrez avaler, Guescl. 46*80. Dix huit ais de blanc bois, dont on fist le chiel de la dite chapelle, Bulletin du comité de la langue, t. n, n* i , p. 64. || xv s. Il est ravy trop plus hault qu'aux tiers cieulx Et prend poursoy tousjours la chose aux mieulx, al. chaht. Le débat des deux fortunes. Veux tu mettre ta bouche au ciel [t'en prendre aux grands], parler des grands seigneurs auxquels on ne peut dire : pourquoy faictes vous ainsi? gerson, Harangue au roi Charles VI, p. 17. Le roy entra en la ville ; sur lequel quatre gentilhommes et chevaliers demeurans en icelle portèrent un ciel ou dais, et estoient toutes les rues par où il passoit tendues à ciel, J. chartier, Ilist. de Charles VII, p. 209, dans lacurne. || xvi' s. Le ciel ou poisle [de l'autel] est un cèdre embasmant Les cœurs humains, marot, i, t7?. Et firent oster de dessus son berceau les ciels, poisles et daix qui y estoient, avec les rideaux et tour du lict, carl. m, (7. Le soleil est de trois epicycles, c'est à dire ciels ou estages, au dessus de la lune [c'est-à-dire ceux de Mercure, de Vénus et le sien propre], paré, Monstr. ap. 4. Je m'asseuroy qu'au changement des cieux Cestan nouveau romproit ma destinée, rons. Amours , i , 4 80. De ces nations qui n'ont aulcune cognoissance de vestements, il s'en treuve d'assises environ soubsmesme ciel que le nostre et soubs bien plus rude ciel que le nostre, mont, i, 269. Ce ciel de lit tout enflé d'or et de perles n'a aulcune vertu à rappaiser les trenchées d'une verte colique, id. I, 326. Ciel immobile on ne cognoist, leroux de lincy, Prou. t. i, p. 97.
— ÉTYM. Picard, du; bourguig. der; bressan, dar; franc-comtois, dé; wallon, sir; provenç. cel; espagn. et ital. cielo; du latin calum, qui se rattache au grec xoïao;, creux (car l'orthographe cselum parait devoir être rejetée). Notre pluriel deux est le cas régime, dans l'ancien français le nominatif pluriel étant li ciel.
f CI-KNTOUR (si-an-tour), loc. adv. Voy. ci.
CIERGE (sièr-j'), s. m. || 1° Grande chandelle de cire à l'usage des églises. Cierge pascal, cierge de grande dimension que l'on bénit dans chaque paroisse pour la fête de Pâques. Cierge bénit. X la Chandeleur, on porte des cierges à la procession. Et votre œil a telle étincelle Que le soleil n'est, auprès d'elle, Qu'un cierge de la Chandeleur, Régnier, Louanges de Hacelte. Après que les ruches sans miel N'eurent plus que la cire, on fit mainte bougie; Maint cierge
CIG
aussi fut façonné, la pont. Fabl. rx, ta. ||Être, se tenir droit comme un cierge , être , se tenir très-droit , avec de la raideur. || Brûler, offrir un cierge à la sainte Vierge; et fig. Il doit un beau cierge, il a lieu d'être reconnaissant. Elle m'a dit : tu me dois un beau cierge , Car sans mon souffle au néant tu restais, bérang. Kétempsyc. ||2°Terme de botanique. Genre de plantes dites cactus, où l'on distingue le cierge du Pérou. || Un des noms de la molène noire et du bouillon blanc. || 3° Cierge d'eau, se dit de jets d'eau placés sur la même ligne.
— HIST. xii* s. Où n'eûst cerge ou lanterne enfichée, Ronc. p. tl&. Esteigniez, fait lur il, ces cirges alumez, Th. le mart. 62. || xm* s. Dedenz [ils] virent cirges ardanz, Dont li clartez estait mult granz, Lai del désiré. Neïs les onze mile viergts, Qui devant Dieu tiennent lor cierges, la Rose, m»o. Qui verra deux cierges estaindre, Lors si verra Comment Jhesu Crist ouverra, Qui maint orguilleux à terre a Plessié et mis, ruteb. 84. || xiV s. Li atake [l'attache] devant fu escarboucle cler, Qui par nuit reluisoit, corn chierge en candeler, Baud. de Seb. v, 772. || xv' s. Il n'y avoit ne cierge ni chandelle, Lancelot du lac, t. n, fM4, dans lacurne.
— ÉTYM. Latin cereus, de cire, de cera, cire (voy.