IS
— ÉTYM. Cire.
CIRIER (si-rié), ». m. || l'Celui qui travaille en cire, ou qui vend des cierges, des bougies. || 2° Anciennement, officier de la chancellerie. || 3' Nom vulgaire d'un arbrisseau qui produit une espèce de cire (myrica sebifera,L.). |j i'Adj. f. Terme d'entomologie. Abeille cirière, l'abeille qui fabrique la cire.
— HIST. xm' s. Tuit cirier, tuit pevrier, et tuit apotecaire ne doivent riens de coutume des choses devant dites pour vendre en leur ostel, Liv. des met. 322. || xiv* s. Au cirier furent prinses torches et flambeaux à trois sols la livre, Uénagier, n, 4 || xvr s. Laissant aux apoticaires et ciriers la manière de teindre la cire en plusieurs couleurs, o. db
— ÉTYM. Cire.
C1R0KNE, ». f. Voy. CÉR0ENE.
CIRON (si-ron), ». m. || 1° Insecte aptère qui se développe dans le fromage et dans la farine et qui est le plus petit des animaux visibles à l'œil nu. Dans le xvii' siècle, avant l'usage des microscopes pour étudier la nature, le ciron fut pris comme le symbole de ce qu'il y avait de plus petit au monde. Ils [ les Bramins] ont en tête Que notre âme, au sortir d'un roi, Entre dans un ciron ou dans telle autre bête Qu'il plaît au sort: c'est là l'un des points de leur loi, la font. Fabl. ix, 7. Dame fourmi trouva le ciron trop petit, Se croyant, pour elle, un colosse, id. ib. i, 7. Mais vos défauts vont être tous sentis: C'est le ciron vu dans un microscope, bbrang. in-8*. La nature se moque des individus : pourvu que la grande machine de l'univers aille son train, les cirons qui l'habitent ne lui importent guère, volt. Letl. Urne du Deffant, 8 fév. 4 768. || Familièrement. Il n'est pas plus gros qu'un ciron, il est extrêmement petit. || Fig. Je dis au chancelier que quelquefois les cirons parvenaient à renverser les colosses, st-sim. 344, 222. || 2° Insecte aptère (sarcoptes) du genre des acares, qu'on trouve dans les vésicules de la gale tant chez 1 homme que chez le cheval. || 3° La petite vésicule que le ciron fait venir à la peau. Vieilli en ce sens. ||4°Nom vulgaire d'une larve qui vit dans le bois des oliviers mourants.
— HIST. xm* s. Ki as surcilz aura ciruns, Si face ke nus li dirons, tls. St Jean. || xiv's. Et cilz François droit là, c'estoient bon Breton, Qui ne prisent Englois la queue d'un siron, Guescl. 48923. ||xvi's. Les cirons sont petits animaux tousjours cachés soui le cuir, sous lequel ils se traînent, rampent et le rongent petit à petit, paré, xxii, 6. Le mourron à fleurs azurées tue les cirons des mains, et en guérit la gratelle, o. de serres, 643. Les princes veulent aussi legierement que nous, mais ils peuvent plus; pareils appétits agitent un ciron et un éléphant, mont. 11, 4 9t.
— ÉTYM. Bourguig. soiron; bas-lat. siriones; de l'allemand : anc. allem. sur; holland. zier.
f C1H0UENE (si-rouern'), ». f. Voy. céroene.
CIRQUE (sir-k'), s. m. || 1* Vaste enceinte où les anciens se réunissaient pour la célébration des jeux publics. Du pain, les jeux du cirque, un sacrifice aux dieux, m. j. chén. Tibère, m, 4. || 2° Par extension. Paris, triste citél détourne tes regards Vers le cirque, où l'on voit aux accords de la lyre S'unir les prestiges des arts, v. hugo, Odes, 1, 7. || 3° Cirque olympique, nom donné par les frères Franconi versla fin delà première Révolution à une enceinte circulaire et couverte où l'on exécutait divers exercices d'équitation. || Absolument. Un cirque, une telle enceinte. Le cirque Napoléon. Le cirque de l'Impératrice. Il 4° Terme de géologie. Vallée de montagnes qui s'élargit et prend une forme arrondie. Le cirque de Gavarnie dans les Pyrénées. || Bassin du montagnes disposé circulairement.
— HIST.xiv's. Cirque estoit un lieux à Rome dédié au commun pour fere chose publique, si comme estoient jeuz, solempnitez, bercheuhe, f°2.
— ÊTYM. Le latin circus, grec xipxo; ou xpixo;, cercle, anneau.
t CIRQUINSON (àr-kin-son), ». m. Terme de zoologie. Nom d'un tatou de l'Amérique du Sud.
CIRRE (si-r'), ». m. || 1* Terme de botanique. Appendice îiiforme, simple ou rameux, diversement tortille ou roulé, au moyen duquel certaines plantes s'attachent aux corps voisins; dit aussi vrille ou main.
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Il 2* Terme de zoologie. Nom donné à certaines plumes placées autour des narines des oiseaux et manquant de barbules; aux tentacules labiaux ou barbillons de certains poissons; chez les annélides, à des appendices mous, lisses ou moniliformes, pairs, au nombre de deux.
— REM. On trouve quelquefois ce mot écrit cirrhe; mais l'h est parasite, cirre ne venant pas du grec.
— ÊTYM. Le latin cirrus, boucle de cheveux. fORRÊ, ÉE (si-rrô, rée), adj. Terme didactique.
Garni de cirres.
— ÊTYM. Latin cirratus, de cirrus, cirre.
f CIItREUX, EUSE (si-rreû, reû-zl, adj. Terme didactique Terminé en cirre : tels sont certains pétioles.
— ÉTYM. Cirre.
t CIRRHÊ, ÉE. Voy. cirré.
■f CIRRHOSE (si-rrô-z'), s. f. Terme de médecine. Nom donné à des granulations d'un jaune roux que l'on rencontre quelquefois dans le foie, et qui en empêchent les fonctions.
— ÊTYM. Ktp^oMnc, de xt^|5ôî, jaune.
+ CIRRIFÈRE (si-m-fê-rO ou CIRRIGËRB (si-rrijê-r"), adj. Terme didactique. Qui porte des eirres ou des poils frisés.
— ÊTYE. Cirre, et le latin ferre ou gerere, porter. T CIRRIFORME (si-rri-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une vrille.
— ÊTYM. Latin fictif cirriformis , de cirrus, cirre, et forma, forme.
t CIURIGÈRE (si-rri-jè-r'), adj. Voy. cirrifêre.
t CIRRIPÈDE (si-rri-pè-d') , s. m. Terme de zoologie. Les cirripèdes, cinquième classe des annelés articulés comprenant les balanes et les anatifes.
— UEM. On trouve aussi cirropodes ou cirrhopodes; mais c'est une mauvaise composition d'un mot latin et d'un mot grec.
— ÊTYM. Latin cirrus, boucle, etpes, pedis, pied.
t CIRRUS (si-rrus'), s. m. Terme de météorologie. Nom d'une des trois formes principales présentées par les nuages, et que les marins appellent queue-de-chat. Les cirrus sont formés par un ensemble du filaments analogues à un pinceau délié, à des cheveux crépus, à un réseau.
— UEM. On trouve aussi ce mot écrit cirrhus, qui est une mauvaise orthographe.
— ÊTYM. Latin cirrus, boucle.
CIRSAKAS, s. m. Voy. sirsaCas.
+ CIRSOCÈLE (sir-so-sè-1') , s. m. et f. Terme de chirurgie. Dilatation variqueuse des veines du scrotum, ou, en particulier, des veines spermaliques.
— HEM. 11 est mieux de faire féminins les noms composés avec xïjaii] , tumeur.
— hist. xvi1 s. S'il y a veines grosses dilatées et entortillées autour du testicule, telle hargne se nommera cirsocele ou variqueuse, paré, vi, (4.
— ÊTYM. Kiptri;, varice, et xtjatj, tumeur.
t CIRSOMPUALE (sir-son-fa-1'), s. m. Terme de chirurgie. Dilatation variqueuse des veines de l'ombilic.
— ÊTYM. Kipuè;, varice, etènçocAO;, nombril.
t C1RSOPUTHALMIE (sir-so-ftal-mie) , s. f. Terme de médecine. Opbthalmie variqueuse.
— ÊTYM. Kipaèç, varice, et ophlhalmie.
t CIRSOTOMIE (sir-so-to-mie) , s. f. Terme de chirurgie. Excision des varices.
— ÊTYM. Ktpoèî, varice, et tou.ti, excision. CIRURE (si-ru-r') , s. f. Enduit fait d'une préparation de cire. Une bonne cirure.
— ÊTYM. Cirer.
t CIS.... Préfixe qui veut dire en deçà et qui est la préposition latine cis : cis-rhénan, qui est de ce côté-ci du Rhin.
CISAILLE, ÉE (si-za-llé, liée, Il mouillées) , part, passé.
CISAILLER (si-zâ-llé, Il mouillées, et non si-zâyé),ti.a. || 1° Terme de monnaie. Couper avec les cisailles les pièces fausses ou de rebut. || 2° En termes de repasseuse, tuyauter des bonnets, des collerettes. Ce sens vient de ce que l'on se sert, pour cette opération, d'un fer formé de deux tiges rondes montées comme des ciseaux.
— HIST. xv* s. Le suppliant scisailla les dittes pièces de monnoye, du cange, scisalhœ.
— ÊTYM. Cisailles.
CISAILLES (si-zâ-ir , » mouillées, et non cizà-ye) , s. f. plur. Sorte de gros ciseaux pour couper des plaques de métal. || Au singulier, terme de monnaie. Rognures d'argent, qu'on refond en lame pour les employer. De la cisaille.
— HlST.xm's. Barbier, sanz rasoir, sanz cisailles, Oui ne sez rooigner ne rere, Tu n'as ne bacins ne toailles, Ne de quoi chauler ewe clere, ruteh. 2i 4.
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Il xiv« s. Oue li ouvrier puissent faire demi marc de cizaille , du cange, cisellus. La sezaille [rognures] que la tailleresse avoit faite, m. scisalhx. Unes petites cisailles d'or, touttes plaines, pesant, à tous les annelez, une once d'or, de lauorde, Émaux, p. 2(6. Deux cizailles d'argent, dorées, de la forge de Clermont, dont les bouts des manches sont de deux CC, id. ib. || xvi* s. Des cizailles, ce sera pour oster les chenilles des jardins, rab. Pant. v, 9.
— ÊTYM. Ciseau.
CISALPIN, INE (si-zal-pin, pi-n'), adj. Qui sst en deçà des Alpes. || Gaule cisalpine, nom que les Romains donnaient à un pays habité par des populations gauloises, mais situé de leur côté des Alpes, c'est-à-dire, par rapport à nous, au delà des montagnes qui séparent la France de l'Italie. || République cisalpine, nom donné à une république formée, par suite des victoires des Français pendant la Révolution, dans l'Italie du nord.
— ÊTYM. Latin cisalpinus, de cis, en deçà (voy. cis et citérieur), et Alpes, les Alpes.
CISEAU (si-zô), s. «1.111° Instrument tranchant par un bout, et dont on se sert pour travailler les corps durs. Ciseau de maçon, de menuisier, d'orfèvre. Faire émoudre un ciseau. Le ciseau d'un sculpteur. Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit l'emplette; Qu'en fera, dit-il, mon ciseau? Sera-t-il dieu, table ou cuvette? la font. Fabl. tx, 6. Et je vais façonner la pierre Sous le dur tranchant du ciseau, volt. Lett. en vers et en prose, 40. || Ouvrage de ciseau, ouvrage ds sculpture. || Par extension. S'égarant à mon gré, mon ciseau vagabond Achève à ce poème ou les pieds ou le front, a. chén. )92. ||Fig. La manière de travailler d'un sculpteur. Ce sculpteur a le ciseau hardi, délicat. || 2° Ciseau à froid, sorte de ciseau qui ne tranche pas; la lame, qui est mousse, sert principalement à faciliter l'ouverture des caisses ou autres parties clouées. || 3° S. m. plur. Instrument formé de deux lames tranchantes en dedans, réunies par une vis sur laquelle elles se meuvent. Une paire de ciseaux. Des ciseaux de tailleur. On me place à côté du prêtre pour lui présenter les ciseaux [pour couper les cheveux à la future religieuse], ch>teaub. René, 207. || Il s'emploie quelquefois au singulier. On n'a point encore mis le ciseau dans cette étoffe. || Fig. Le ciseau ou les ciseaux de la censure, la main du censeur effaçant, dans un ouvrage, les passages qui pourraient choquer ou l'autorité ou la morale. Je ne me console pas qu'un si beau génie [Diderot] , à qui la nature a donné de si grandes ailes, les voie rognées par le ciseau des cafards, volt. Lett. Damilaville, 19 nov. 4760. || Faire à coups de ciseaux, se dit des nouvelles diverses que l'on coupe avec des ciseaux pour les insérer dans un journal, et aussi de travaux analogues, choix de morceaux, compilations, etc. || 4° Le ciseau ou les ciseaux de la Parque, l'instrument avec lequel Atropos, une des trois Parques, coupait le fil de la vie filé par les deux autres. Que le ciseau de la Parque tranche le fil de tes jours, fên. Tél. m. La plus belle vie.... D'un prompt coup de ciseau se voit souvent tranchée, Tristan, Mort de Chrispe , m, I. Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer.... La Parque et ses ciseaux Avec peine y mordaient; la déesse infernale Reprit à plusieurs fois l'heure au monstre fatale, la font. Fabl. vm, 27. Atropos au fatal ciseau Sur la table tombe endormie, bérang. l'arques. || 6° Terme de marine. Orienté en ciseaux, se dit des voiles latines qui sont bordées l'une sur tribord et l'autre sur bâbord.
— HIST. xn* s. Tant ont miné souz terre, chascuns à son cisel, Que des murs de Coloigne ont trait maint grant carrel, Sax. ix. ||xni*s. Et par desus mistrent un marbre, Si ont escrit le nom la dame, Et sa vie, et commandé s'ame, Ne sai à cisel ou à greffe [poinçon], Ren. I0H9. Qui un rous peliçon portoit, Bien fet sanz cisel et sanz force [sorte de ciseaux], t'6. 1447. || xiv's. Trois paeres de ciseaux, de labobde, Émaux, p. 21 5. Uns ciseaux d'or pesans une once, neuf esterlins, id. t'6. X l'aide d'un sisel de fer et d'une vrille à tonnelier, du cange, sciselum. || xv* s. Si yrons ouvrir la porte des champs en despit de tous , garnis de nos turquoises [tricoises], tenailles et ciseaux, le Jouvenccl, f° 25, dans lacubne. Ceste subversion dont fortune nous fait ciseau de si près, al. chabt. Quadrilogue invectif. || xvi" s. Un petit ciseau de fer, d'os, ou de quelque bois dur et solide, sera l'instrument qu'on emploiera ici, o. de serres, «64. Le drap et les ciseaux lui sont délivrez [c'est-à-dire il a la disposition absolue de la chose] , cotgrave.
— ÊTYM. Espagn. cincel; portug. sixel; ital. ce-
CIS
sello, ciseau, cesoie, ciseaux; angl. chisel, ciseau, scissors, ciseaux; bas-lat. cisellus, sciselum. Mot difficile. Diez le tire de sicilix, sorte de petite lance ou de petit poignard, par un diminutif sicilicellus , silcellus. La forme du mot peut aller; mais le sens n'est pas très-favorable à cette étymologie. Ce qui porte Diez à rejeter exsus, c'est que exsus est un participe passé, d'où ne peut guère avoir été tiré un mot tel que cxsillus avec le sens actif. Mais il y a aussi un substantif exsus, action de couper, de même qu'il y a un substantif scissus, qui a le même sens. On peut donc supposer que c'est de là que sont sorties ces diverses formes des langues romanes , confondant esesus et scissus comme l'indiquent les variations de l'orthographe; l'espagnol a intercalé une nasale, ce qui arrive fort souvent. Dans l'ancien français, au singulier, nominatif cisels, cisex, cisaus ; régime, cisel; au pluriel, nominatif cisel; régime, cisels, cisex, cisaux.
CISELÉ, ÉE (si-ze-lé, lée),par«. passé. Gravé en ciselure. La bataille d'Ivry sur le flanc ciselée [dans l'armure de Henri IV], régn. Éptt.i. || Orné de ciselures. Un bouclier ciselé d'or. Vaisselle ciselée.
CISELER (si-ze-lé. L'Académie ne conjugue pas ce verbe; on peut le conjuguer : je ciselle, je ciselai, je cisellerai, ciselant; ou je cisèle, je ciselai, je cisèlerai, ciselant), v. a. || 1* Tailler des ornements avec le ciselet. || 2° Sculpter des figures, des ornements sur métaux. Ciseler de la vaisselle d'argent. || 3° Terme de découpeur. Ciseler du velours, découper avec agréments et en manière de fleurs le dessus du velours avec la pointe des ciseaux. || 4" Se ciseler, v. réfl. Etre ciselé. Ces pièces se cisellent facilement.
— HIST. xiv s. Une autre couppe, esmaillée par dehors à bestes sauvages et ci zélée dedans, pesant neuf marcs, sept onces, quinze esterlins [d'argent], delaborde, Émaux, p. 230.
— ÊTYM. Ciseau, par l'intermédiaire de l'ancien français cisel.
CISELET (si-ze-Iè), s. m. || 1° Petit ciseau pour ciseler. || 2° Terme de monnaie. Espèce de ciseau servant a couper les pièces d'or ou d'argent.
— HIST. xvrs. Ciselet, rob. estienne, Dict.
— ÊTYM. Diminutif de cisel, ciseau.
CISELEUR (si-ze-leur), s. m. Celui dont le métier
est de ciseler. || Néologisme et fig. Ecrivain dont le style a de fortes empreintes comparées à la ciselure.
— ÊTYM. Ciseler.
CISELURE (si-ze-lu-r'); s. f. || 1" L'art du ciseleur. Être habile dans la ciselure. || Ouvrage de ciseleur. Une belle ciselure. Une ciselure d'argent. || 2" Terme d'architecture. Petit bord qu'on fait avec le ciseau au parement d'une pierre, pour la dresser.
— ÊTYM. Ciseler.
t CISERON (si-ze-ron), s. m. Variété du pois chiche.
— ÊTYM. Latin cicer, pois chiche.
■\ CISERRE (si-zê-r'), s. f. Nom de la grive dans quelques provinces.
jCISJCRAN, ANE (sis'-ju-ran, ra-n'), adj. Qui est en deçà du Jura. || Bourgogne cisjurane, cette partie de la Bourgogne qui est de ce côté-ci du Jura, par rapport à Paris.
— ÊTYM. Cis, eu deçà, et Jura.
f CISMONTAIN, AINE (sis'-mon-tin, tè-n'), adj. Qui est en deçà des monts.
— ÊTYM. Cis, en deçà (voy. citérieur), et mons, montagne.
f CISOIR (si-zoir), s. m. Ciseau des orfèvres.
— ÊTYM. Voy. cisead.
fCISOlRES (si-zoi-r"), s. f. plur. Gros ciseaux dont le manche est attaché et monté sur un pied.
— ÉTYM. Voy. CISEAU.
t CISPADAN, ANE (sis'-pa-dan, da-a'), adj. Qui est en deçà du' PÔ.
— ÊTYM. Cis, en deçà, et Padus, le PÔ.
t CISRIIÉNAN, ANE (sis'-ré-nan, na-n'), adj. Qui est en deçà du Rhin.
— ÊTYM. Cis, et Rlienus, le Rhin.
f CISSE (si-s') , s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des vitacées ampelidées.
— ÊTYM. Kiffdè;, lierre.
+ CISSOÏDAL, ALE (si-sso-i-dal, da-1'), adj. Qui dérive de la cissoïde ; qui y appartient.
t CISSOÏDE (si-sso-I-d'), s. f. Terme de géométrie. Courbe du 3° degré offrant le contour d'une feuille de lierre. Bien qu'ils aient imaginé la cissoïde, desc. Géom. 2.
— ÊTYM. Kicdàç, lierre, et eISoç, forme.
I . CISTE (si-sf), *. m. Terme de botanique. Genre de plantes dont une espèce, le ciste de Crète, donne
CÎT
cit
en
une sorte de gomme odorante. Les chèvres broutaient le ciste sur des hauteurs inaccessibles, chateaub. Hart. 66.
— ÉTYM. Ki<rroî.
t 2. CISTE (si-sf), s. f. Terme d'antiquité. Corbeille, panier. Ciste mystiqus, corbeille qui servait dans les mystères de Cybeie, de Cérès et de Bacchus. || Sorte de coffre de bronze ciselé.
— ÉTYM. Kforn, corbeille.
t CISTELE (si-stè-1'), s. f. Nom d'un genre d'insectes coléoptères.
T CISTERCIEN, IENNE (si-stèr-siin, siè-n'), adj. Oui appartient à l'ordre de Cîteaux. || S. m. Religieux de l'ordre de Cîteaux, fondé en 1 098 par l'abbé Robert. Un cistercien.
— ÉTYM. Cîteaux, en latin Cistercium, à cinq lieues de Dijon.
f CISTOPHORE (si-sto-fo-r'), s. f. Terme d'antiquité. || 1° Jeune fille qui portait des corbeilles dans les orgies ou fêles de Bacchus. || 2° S. m. Médaille où l'on voit des corbeilles et que l'on croit avoir été frappée pour les fêtes célébrées en l'honneur de Bacchus.
— ÉTYM. Ki<rr<xpâpoç, de x(st7), corbeille (voy. citerne), et «pépEiv, porter.
t CITABLE (si-ta-bl'), adj. Qui peut être cité, qui mérite d'être cité.
— ÉTYM. Citer.
CITADELLE (si-ta-dê-1"), *. f. Château fort qui commande une ville. La citadelle d'Anvers. Contre les assauts d'un renard Un arbre à des dindons servait de citadelle, la pont. Fabl. xn, 18. || Par extension. Et ses hardis vaisseaux, flottantes citadelles, delille, cité dans bescherelle. || Fig. Genève fut, pendant le xvi* siècle, la citadelle du calvinisme.
— hist. xvi* s. C'est par la pioche et par la pelle qu'on bastit et qu'on renverse les citadelles, Dicton des soldats, dans leroux de lincy, Prov. t. il, p. 163. L'invention des citadelles plus pernicieuses que profitables à l'Estat, pasquier, lett. t. I, p. 280, dans lacurne.
— ÉTYM. Ital. cittadella, citadelle, proprement petite ville, diminutif de ciltà, cité (voy. cité 4).
CITADIN, INE(si-ta-din, di-n'),s.m. et f. Celui, celle qui habite une ville, par opposition à ceux qui vivent à la campagne. Moi renoncer aux dons que je viens d'acquérir! J'ai griffe et dents, et mets en pièces qui m'attaque; Je suis roi : deviendrai-je un citadin d'Ithaque? la font. Fabl. xn, t. Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt; Et le citadin [le rat de ville] de dire : Achevons tout notre rot, la font. Fabl. i, 9. || Adj. Nous.... Aux plaisirs citadins tout l'hiver assidus, a. chén. Élég.tn. || 2° S. f. Citadine, sorte de voiture de place fermée.
— HIST. xv* s. Les nobles hommes, citadins, mechaniques, gens de labeur et de toutes autres conditions, Perceforest, t. iv, f" 3. Le mareschal envoya, avec son propre neveu, foison de gentils hommes et de citadins de Jennes, Bouciq. part, m, ch. 7. En ceste gallée estoient entre autres des citadins vénitiens de Constantinople, j. chartier, Hibt. de Charles VII, p. 273 , dans lacurne. || xvi* s. Plusieurs maisons, tant nobles, citadins, que champestres, ruinées par lediscord, lanoue, 46.
— ÉTYM. Ital. cittadino, de ciltà, ville (voy. cité I).
CITATEUR (si-ta-teur), s. m. Celui qui habituellement fait des citations dans sa conversation ou dans ses écrits. || Titre de livres contenant des recueils de citations.
— ÉTYM. Citer.
CITATION (si-ta-sion; en poésie, de quatre syllabes),», f. || 1" Terme de droit. Ajournement par acte notifié par huissier, pour comparaître devantlejuge. Cédule de citation. Citation en conciliation devant le juge de paix. || L'acte qui constate la citation. Les témoins doivent représenter la citation qui leur a été donnée. || 2° L'ordre que le grand maître envoyait à tous les chevaliers de se rendre à Malte, en certaines occasions. || 3° Passage emprunté à un auteur qui peut faire autorité. Des citations multipliées. Je justifierai dans cette lettre la vérité de mes citations contre les faussetés que vous m'imposez, pasc. Prov. 43. Jamais Lise à souper neprieUnpédantàcitations, volt. lett. en vers et en prose, si.
— hist. xiv* s. Un tribun a cité Ceson devant le peuple; laquelle citation.... BERCHEURE,f° 64, verso. || xv* s. Paisibles soit sans mouvoir guerre, Citacion, contempt,ryote, e. deschahps, Poésies mss. f" 667, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. citation; espagn. citation; ital. citation»; du latin citationem, de eitare, citer.
t CITATOIRF. (si-ta-toi-r'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Qui cite, qui ordonne de comparaître.
— ÉTYM. Citer ; provenç. cilalnri.
I. CITÉ (si-té), s. f. || i° Autrefois territoire dont les habitants se gouvernaient par leurs propres lois. Les cités de l'ancienne Grèce. Les membres d'une cité libre. En ce sens, une cité pouvait ne renfermer que des bourgades ou des lieux fortifiés. || Le droit de cité, la jouissance de tous les droits politiques communs aux citoyens. || Corps des citoyens. En ce sens on oppose la cité à la famille. || 2" Ville. Les grandes cités d'un pays. Les florissantes cités de l'Italie durant le moyen âge. Lyon est une cité industrielle, ô palais de David et sa chère cité, rac. Âthal. H, 9. Le seigneur a détruit la reine des cités, m. ib. ni , 7. Rebâtissez son temple et peuplez vos cités, m. Esth. il, 9. Nous avons vu à ses pieds la pécheresse de la cité, mass. Temples. Deçà, delà luttait mainte troupe rangée ; Mainte grande cité gémissait affligée, Régnier, Êp. i. Il vit son éléphant couché sur l'autre rive; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, Rencontre une esplanade, et puis une cité; Un cri par l'éléphant est aussitôt jeté; Le peuple aussitôt sort en armes, la font. Fabl. x, 14. Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse Rassembla les humains dans les forêts épars, Enferma les cités de murs et de remparts, boileau, Art p. iv. Persécuteur nouveau de cette cité sainte [la Mecque] , D'où vient que ton audace en profane l'enceinte? volt. Mahomet, i, 4. Il fonde les cités, familles immortelles, Et pour les soutenir il élève les lois, Qui, de ces monuments colonnes éternelles, Du temple social se divisent le poids, lahart. Harm. H, 10. || Fig. L'Église catholique , cité sainte, dont toutes les pierres sont vivantes, boss. Marie- Thér. || La cité sainte ou céleste, le séjour de Dieu et des bienheureux. Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur, racine, Athalie, n,9. ||La sainte cité, Jérusalem. Pauvres chevaliers de la sainte cité, les templiers. || La cité future, le paradis. || Cité de Dieu, titre d'un ouvrage de saint Augustin. || 3° La partie la plus ancienne d'une ville ; celle où se trouve la cathédrale. On divisait autrefois Paris en ville, cité et université. || 4° Ensemble de maisons qui, dans une grande ville, se tiennent et ont quelques règles spéciales et une sorte d'association. || Cités ouvrières, nom qu'on a donné à de grands bâtiments conçus récemment et destinés à loger les ouvriers, qui y seraient soumis à quelques arrangements économiques communs.
— SYN. cité, villi. Ville, plus général que cité, exprime seulement une agglomération considérable de maisons et d'habitants. Cité, même en éliminant le sens antique, ajoute k cette idée et représente la ville comme une personne politique qui a des droits, des devoirs, des fonctions.
— HIST. xi* s. Mur ne citet n'i est remès [resté] à fraindre, Ch. de Roi. i. || xii* s. Au temps cestui fit Romulus La cité de Rome et Remus ; Frère furent.... Roman du Brut, f* 16, dans lacurne. Cité n'i a qui contre lui se taigne [tienne], Ronc. p. 4. Clair luit la lune par la cité antie, ib. p. 147. Il fut normant, de la cit de Costance, ib. p. 166. La sainte cité, quant ele fu donée es mains des enemis, Machab. I, î. Vous irez à Cologne la fort cité garnie, Sax. vu. Ne volt rien pur els faire : dune s'en sunt returné, E li sainz arcevesque ala à sa cité, Th. le mart. 4 2«. || xni* s. Et pour noient demandissiés plus bêle cité ne plus fort, villeh. xliv. à Paris la cité [j'] estoie un venredi, Berte, i. Et "je fui amenée en la cit de Paris, ib. xxx. Droit vers Paris s'en vont, la cité noble et gent, t'6. cxxxiv. 11 n'i a mais nul franc, ne prelas, ne baron, N'en chité, ne à ville, ne en religion, ruteb. 234. ||xv* s. Donné le jour Saint Valentin martir, En la cité de gracieux désir, Où avons fait nostre conseil tenir Par Cupido et Venus souverains, ch. d'orl. Im, lectrede retenue. Elles désirent les citez, Les doulz mos à eulx [elles] recitez, Festes, marchiez et le théâtre, e. desch. Poésies mss. f" 528, dans lacurne. En pluseurs villes et citez des pais et royaumes du monde, id. t'6. f"395. Requit au dit ambassadeur qu'ilz lui fissent faire ouverture par le dit des Cordes de la cité d'Arras ; car lors il y avoit murailles entre la ville et la cité, et portes fermans contre la dite cité; et maintenant on a l'opposite, car la cité ferme contre la ville, comm. Uém. p. 394, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. du, civitat, ciulat, ciptat ; catal. ciutat; espagn. ciudad; portug. cidade; ital. ci(fd;du latin cit ilatem, cité. On remarquera l'ancien
français ett, et le provençal ct'u, qui viennent non de civitàtem où l'accent est sur ta, mais de civitat où l'accent est sur ci; de sorte que cit et ct'u est le nominatif, et cité, ciutat ,1e régime ; c'est un des trèsrares exemples où, dans le français et la provençal, les noms en as ont conservé le nominatif et le régime latins.
2. CITÉ, ÉE (si-té, tée), part, passé. || 1' Sommé de comparaître. Cité devant le juge. || 2* Allégué en forme de ciiation. Les passages de l'Écriture cités par Bossuet. L'auteur cité. || 3* Nommé, renommé. Il est cité pour sa bravoure.
t CÎTEAUX (si-tô), t. m. Nom de la princ/pale maison de l'ordre des Bernardins, qui, émané de celui de St-Benott, a eu pour instituteur saint Robert, abbé de Molème. Cet abbé, en 4098, se retira avec 20 de ses religieux dans un lieu appelé Cîteaux, à 6 lieues de Dijon, diocèse de Chalon-sur-Saône, et saint Bernard en 44 13 y conduisit 30 de ses compagnons. En France on appelle Bernardins tous les religieux de l'ordre de Cîteaux. 11 y a des religieuses de cet ordre appelées récollettes de Cîteaux.
— ÉTYM. Voy. cistercien.
CITER (si-té), v. o. || 1° Appeler à comparaître devant le juge. Citer un débiteur en conciliation. On le cita au concile. Cette dernière aurore éveillera les morts ; L'ange rassemblera les débris de nos corps; Il les ira citer au fond de leur asile, la font. Odes, vi, 8. || 2°En parlant du grand maître de Malle, sommer les chevaliers de se rendre à Malte. Tous les chevaliers furent cités à Malte, parce que l'Ile était menacée par les Turcs. || 3° Rapporter un texte à l'appui de ce que l'on avance. Quoique je ne fasse que rapporter simplement et citer fidèlement leurs paroles, pasc. Prov. 7. Ce passage que S. Paul cite ici, boss. Hist. n, 7. Il citait la Ste Écriture et les Pères, sév. 416. Là-dessus il cita Virgile etCicéron, Avec force traits de science, la font. Fabl. ix, 5. On citait d'Apollon l'oracle solennel; On menaçait ce fils du meurtre paternel, volt. Œdipe, m, 4. |J Absolument. Hérille, soit qu'il parle, qu'il harangue ou qu'il écrive, veut citer, la brut. xii. |] Familièrement. Citer son auteur, nommer celui de qui l'on tient une nouvelle. Vous pouvez répéter ce que je viens de vous dire, mais ne me citez pas. || 4* Indiquer, désigner une personne, une chose digne d'attention. On cite partout cette femme pour son élégance. Caligula, Néron, Monstres dont à regret je cite ici le nom, rac. Bérén. n, 2. Je pourrais vous citerdespontifes ingrats, m. i. chén. Charles IX, m, 2. Au rang de ces grands noms nous pouvons être admis; Soyons cités comme eux au rang des vrais amis, A. chén. 484. || 6* Se citer, v. réfl. Rien n'est plus désagréable qu'un homme qui se cite luimême à tout propos, larochef. Réf. div. 473, «. Leurs officiers étaient dignes d'eux ou le devenaient; car, pour conserver l'ascendant de son grade sur de pareils hommes, il fallait avoir à leur montrer des cicatrices et pouvoir se citer soi-même, béour, But. de Napol. in , 3.
— SYN. citer, alléguer. Alléguer est plus général que citer. On allègue toutes sortes de choses, des faits, des raisons, des passages d'auteurs. Mais on ne cite que des passages empruntés à des écrivains, ou des paroles entendues.
— HIST. xiv s. Quant il virent que H père citez ne venoient pas en sénat, bercheure, f" 63, verso. Il xvi* s. Citer les auteurs par centons, card. du perron, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. «far; ital. eitare; du latin eitare, mettre en mouvement, faire venir, citer, fréquentatif de eiere, mouvoir.
CITÉRIEUR, EURE (si-té-ri-eur, eu-r'), adj. Terme de géographie. Qui est en deçà, de notre côté. Les Alpes citérieures. L'Inde citérieure, l'Inde en deçà du Gange.
— ÉTYM. Latin cttertor, de et*, en deçà. CITERNE (si-tèr-n') , t. f. || 1° Réservoir où l'on
recueille et conserve les eaux pluviales. || 2° Terme de marine. Petit navire pour porter l'eau douce aux bâtimentsenride.H 3" Terme d'anatomie. Citerne lombaire ou réservoir de Pecquet, dilatation que présente le canal thoracique à son origine, dans la région lombaire, et où aboutissent les vaisseaux chyUftres.
— HIST. xii* s. Et li alquant se muscierent en fosses, e en rochiers, e en cisternes, Rois, 4a. Rendez-vous bonement, puis esterez vous en bone pais, et tendrez voz bêles vignes, et voz bones cisternes et vos riches manantises, ib. 440. || xni's. Ce est les eve« des cisternes qui sunt de pluie, mua Dieui en sanc, Psautier, f*96. Tandis que il les emmenoit, une vielz citerne sur quoi il passa, li fondi desou9; li trois cheval et il alerent au foni, joint.
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872. || xV s. Ni aura bois si fort ramé, Roce, montagne ne citerne [antre] , Ne lieu qui conforte et gouverne Beste.... froiss. Poésies mss. p. (78, dans lacurne. || xvi' s. La citerne est un réceptacle d'eau de pluie, o. de serbes, 774. Une autre sorte de cisterne [filtrante] a esté inventée par le seigneur Manfredo Bulbani, id. 78(.
— ÊTYM. Beurguig. titane ; provenç. cisterna ; espagn. et ital. citerna; du latin cisterna; de cista, coffre, de xûrrr).
CITEttNEAU (si-ter-nô), s. m. Petite citerne où l'eau laisse déposer les matières le« plus grossières; les ciismeaux reçoivent l'eau avant là grande citerne.
— HIST. xvi* s. Ce petit puits [qui reçoit la pluie et l'envoie dans le filtre de la citerne] est appelle qisternon, o. de serres, 78t.
— ÊTYM. Diminutif de citerne.
t GITHARE (si-ta-r'), ». f. Sorte d'instrument à cordas en usage chez les anciens. Nous suspendîmes nos Cithares Aux saules qui bordaient ces rivages déserts, malfilàtre, Traduct. du psaume (36. || Aujourd'hui, en Allemagne, sorte de tympanon dont les cordes sont pincées avec les doigts, au lieu d'être, comme dans le tympanon, frappées avec un plectre.
— HIST. xiii* s. Et ot [il y eut] vieles et citoles, la Rose, (8584. || xiv* s. Cithare, ce est cythole, oresme, dans meunier.
— ÊTYM. Le même mot que guitare (voy. ce mot). Provenç. cithara, cidra, cithola; espagn. cilara; portug. cithara; ital. cilara; du latin cithara, du grec xiOâpa. Il y a, pour ce mot, deui accentuations: l'accentuation latine, cithara, qui a donné le provençal citra; et l'accentuation grecque kithâra, qui adonné citara, etlevieuxfrançaisct'ioje. On a dit cithariser pour jouer de la guitare : Vous, Orpheus, tant bien citharizant, jean d'auton, Annales de Louis XII, nu. f° (31 , dans lacurnb.
t CITHARÈDE (si-ta-rè-d') , s. m. Terme d'antiquité. Celui qui joue de la cithare.
— ÊTYM. Citharœdus , de xi6apw5ô;, de xifiâpa, cithare, et àoiSè;, chantre.
t CITIIARISTE (si-ta-ri-sf) , s. m. Synonyme de citharède.
f CITHARISTIQUE (si-ta-ri-sti-k'), s. f. Terme d'antiquité. Art déjouer de la cithare.
t CITIGRADE (si-ti-gra-d') , ad]. Terme de zoologie. Qui marche avec rapidité.
— ÊTYM. Latin citus, vite, proprement poussé, de cieo, pousser, radical de citare (voy. citer), et gradi, marcher (voy. grade).
t CITOLE (si-to-1'), ». f. Nom qu'on donnait dans le moyen âge à la cithare.
— ÊTYM. Voy. CITHARE.
CITOYEN, ENNE (ci-to-iin, iè-n'; plusieurs disent ci-toi-iin, iè-n'), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui jouit du droit de cité dans un État. Exercer les droits de citoyen. Le titre glorieux de citoyen romain, corn. Nicom. 1, 2. J'espère de vous faire voirqu'Archias est citoyen romain, patru, Traduction du discours pour Archias.Les comédiens n'avaient qu'à déclarer qu'ils n'exerceraient plus leur profession, jusqu'à ce qu'on eût traité les pensionnaires du roi comme les autres citoyens qui n'ont pas l'honneur d'appartenir au roi, volt. Lett. à Mlle Clairon, 27 août (76*. Athènes était libre, c'était le centre d'une république, ses citoyens étaient égaux, la bruy. Discours sur Théoph. Les citoyens de Paris et tout ce qui tenait à la robe voyait dans le parlement un corps auguste qui.... volt. Louis XIV, 4. || Un bon citoyen, un homme soumis aux lois. Aussi bon citoyen que véritableamant, corn. Hor. i, 4. Vous pensez en excellent citoyen, et vous vous exprimez en grand poète, volt. Lett. Abbé Delille, (9 juin (76(. || Absolument, dans le même sens que bon citoyen. Nous sommes tranquilles, et tous ces gens-là sont des perturbateurs ; nous sommes citoyens, et ils sont séditieux, id. Lett. Helvétius, 27 oct. (760. Enfin le prince de Condé se résolut à une guerre qu'il eût dû commencer du temps de la Fronde, s'il avait voulu être le maître de l'État, ou qu'il n'aurait dû jamais faire s'il avait été citoyen, id. Louis XIV, 6. Les excellentes méthodes que vous avez données pour élever des jeunes gens en citoyens, id. Lett. laChalotais, 27 sept. (764. Je me suis avisé de devenir citoyen, après avoir été longtemps rimailleur et mauvais plaisant, id. Lett. l'Abbé Irait, 4 déc. (76(. On lui sut à Paris beaucoup plus mauvais gré de la suppression de quelques rentes, qu'on ne fut sensible au bien général qu'il faisait : il y avait plus de bourgeois que de citoyens, id. Louis XIV, 29. || Un grand citoyen, un homme dsot tous les actes ont le bien du pays pour objet. || Titre qui, pendant
en
la république française, avait remplacé le mot de monsieur. Bonjour, citoyen. Le citoyen un tel. || Familièrement et par plaisanterie. De voir autour de soi croître dans sa maison, Sous les paisibles lois d'une agréable mère, De petits citoyens dont on croit être père, boil. Sat. x. || Plus familièrement encore. C'est un drôle de citoyen, c'est un homme bizarre, fantasque. || 2° Habitant d'une cité, d'un pays. Les diverses classes de citoyens. Rien n'est privé dans leur vie [des grands]; l'étranger, dans les cours les plus éloignées, a les yeux sur eux comme le citoyen, mass. Petit carême, Purification Que je ne conseillerais ai à une Parisienne
d'aller dans les Alpes ni à une citoyenne de nos rochers d'aller à Paris, volt. Lett. Mme du Deffant, 22 juillet (76). On ordonnait, sous peine delà vie, à tous les citoyens de sortir en armes hors de leurs maisons, et de se ranger sous les drapeaux de leurs quartiers, id. Louis XV, 2). Nous voyons cent fois plus de diamants aux oreilles, au cou, aux mains de nos citoyennes de Paris et d« nos grandes villes qu'il n'y en avait chez toutes les dames de la cour de Henri IV, id. L'homme aux 40 écus, Préambule. Il y avait beaucoup plus de gens de robe et de simples citoyens que d'officiers, id. Louis XV,*. || Citoyen du monde, citoyen de l'univers, homme qui met les intérêts de l'humanité au-dessus de la patrie. Celui-là se pouvait dire citoyen du monde, avec autant de droit que cet autre des Athéniens qui s'en vantait, voit. Lett. (26. || Fig. Il perd le droit et le privilège de citoyen des saints, mass. Prosp. On ne sera pas étonné qu'il [M. de Malezieu, de l'Académie des sciences et de l'Académie française] fût citoyen de deux États si différents, fonten. Maléiieu. || Familièrement. Les citoyennes des étangs [les grenouilles] , la font. Fabl. vi, (2. Comme ils sont dodus et gras Ces bons citoyens du Maine I berang. Chapons. || Dans le sens de concitoyen. Ils le vinrent prier de leur rendre leurs citoyens qu'il avait faits prisonniers, d'ablancourt, Arrien, liv. t, dans richelet. Faire du bien à ses citoyens , boss. Hist. n, «. || 3" Adj. Dévoué aux intérêts de son pays. Ministre, soldat citoyen. Ohl si ces vers, vengeurs de la cause publique.... Obtiennent de mon roi quelques regards amis, S'il prête à ma faiblesse un bras qui la soutienne, On verra de nouveau ma muse citoyenne Flétrir ces novateurs.... gilb. Le XVIII' siècle. Supposez que la passion de faire le bien de l'État, passion qui anime le gouvernement actuel sous un roi citoyen.... Éphémérides, t. H, p. 68, (766.
— HIST. xii* s. E se tu vols parler de mun povre lignage, Des citehains de Lundres fui nés en cet estage, Th. le mart. 87. || xin* s. Li citien des villes ne deivent issir hors de la cité par allors que par les portes, Liv. de just. 66. Note que trois manières de causes sunt: criminel, esperitel et citeenne; et la quarte est meslée, ib. || xiV s. Et ancor quert il plus ou doit quérir félicité pour soy et pour les citoiens de sa cité, oresme, Eth. 3(6. Ceulx qui mettent et ordenent les loys, estudient, labeurent et font par lours loys que les citoiens se acoustument à estre bons par bonnes operacions, t'6. 34. Et Glorians chevauche, li damoisiaus adrois, Les chitoiens assaut à six mil Boulenois , Baud. de Seb. iv, 32. Renonçons à toutes deffenses de fait et de droit canon ou citoyen [civil], du cange, civilis. || xv* s. Quand les citoyens virent la manière d'eux, ils fermèrent leur ville, afin que plus n'y en entrast, froiss. n, m, 88.
— ÊTYM. Provenç. ciutadan , ciptadan ; catal. ciutadd ; espagn. ciudadano, portug. cidadâo; kal. cittadino ; d'un bas-latin civiladanus , de civitas , cité.
f CITRAGON (si-tra-gon) , s. m. Un des noms de la mélisse, à cause de l'odeur de citron que, froissée, elle exhale.
CITRATE (si-tra-t'), s. m. Terme de chimie. Sel formé par la combinaison de l'acide citrique avec une base.
— ÊTYM. Citrique.
CITRIN, INE (si-trin, tri-n'), adj. Qui est de la couleur du citron. Couleur citrine. || S. m. Le citrin.
— HIST. xiv* s. Semblablement métal parfait, Qu'est or, vient à ung mesme effect, Mais qu'il demeure dans sa mine, Et meurisse en couleur citrine, Trait, d'alch. 424. || xvi* s. [Les cholériques] ont la couleur citrine ou jaunastre, paré, Intiod. 6. Rougeur tirant sur le citrin ou jaunastre , id. vin, (0. La couleur de visaige doit estre citrine ou brune, Rosier histor. i, 4.
— ÊTYM. Latin cilrinus, de cilrus (voy. citron). t CITRINE (si-tri-n') , s. f. Terme de pharmacie.
Huile essentielle de citron.
t CITR1N1TÉ (si-tri-ni-tt'),' ». f. Couleur citrine.
— HIST. xvi* s. Et combien que la partie apparaisse rouge, toutes fois elle tend plus à citrinité, c'est à dire couleur jaunastre, qu'à la couleur sanguine, paré, xx, 9.
— ÊTYM. Citrin; provenç. citrinitai; ital. cttrinità.
CITRIQUE (si-tri-k'), adj. Terme de chimie. Acide citrique, acide qui se trouve, libre ou combiné, dans un grand nombre de productions végétales, notamment les citrons, les groseilles.
— ÊTYM. Latin citrus (voy. citron).
CITRON (si-tron), s. m. || 1° Fruit du citronnier, d'un jaune clair et de saveur acide. Jus de citron. Citrons confits. Glace au citron. Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œuf mêlés dans du verjus? boil. Sat. m. Ses cheveux blonds étaient farcis de ce ruban couleur de citron, hamilt. Gramm. 7. || Être jaune comme un citron, avoir le teint, la peau très-jaune, soit naturellement, soit par maladie. || 2" Nom de chien, tiré de la couleur. Son père s'appelait Castille, comme un chien citron, st-sim. (46, (34 Citron, Votre chien, vient làbas de manger un chapon, rac. Plaid, u, (3. || 3" Adj. invariable. Qui est de la couleur du citron. Taffetas citron. Étoffes citron.
— HIST. xiv* s. Noisettes confites, chitron, Ménagier, n, 4. || xvi* s. Jus de limon ou citron, pare, viii, (4. Les citrons, limons,... o. de serres, 707.
— ÊTYM. Dérivé, à l'aide de la finale on, du latin citrus, citron.
t CITRONNAT (si-tro-na), ». m. Conserve de citron. || Dragées qui contiennent de l'écorce de citron.
— ÊTYM. Citron.
f CITRONNÉ, ÉE (si-tro-né, née), port, passé. Où l'on a mis du jus de citron. Tisane citronnée.
CITRONNELLE (si-tro-nè-1'), ». f. Nom de l'aurone et de la mélisse officinale. || Liqueur qui se nomme aussi eau des Barbades, et qui se fait avec des écorces extérieures de citron, bien mûres et séchées au soleil, sur lesquelles on verse une quantité proportionnée de la meilleure eau-de-vie.
— ÊTYM. Citron.
| CITRONNER (si-tro-né), v. a. Terme de cuisine. Imbiber de jus de citron.
— ÊTYM. Citron.
CITRONNIER (si-tro-nié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les citronniers et les orangers, dites : si-tro-nié-z et), s. m. Genre de végétaux qui renferme deux espèces principales, l'oranger (citrus aurantium, L.) et le citronnier proprement dit ou de Médie (citrus medica, L.).
— HIST. xvi* s. Il semble que les antiques n'aient cogneu que le seul citronier, pour ne faire mention aucune des oranges, limons, ne ponciles, o. de serres, 707.
— ÊTYM. Citron.
CITROUILLE (ci-trou-11', Il mouillées, et non citrou-ye),». f. || 1» Nom de certaines variétés delà courge (cucurbita pepo, L. cucurbita citrullus, L.). || 2° Le fruit qui se mange de diverses façons, et dont les semences, regardées comme adoucissantes, constituent une des quatre semences froides majeures des anciens. Potage à la citrouille. Citrouille fricassée. Dieu fait bien ce qu'il fait; sans en chercher la preuve En tout cet univers et l'aller parcourant, Dans les citrouilles je la treuve : Un villageois considérant Combien ce fruit est gros et sa tige menue : X quoi songeait, dit-il, l'auteur de tout cela? Il a bien mal placé cette citrouille-là 1 Eh parbleu? je l'aurais pendue  l'un des chênes que voilà, la font. Fabl. ix, 4. Tout le monde est comme Mathieu Garo qui recherche pourquoi les citrouilles ne viennent pas au haut des chênes, volt. Lett. Mme du Deffant, (9fév. (766.
— HIST. xiii* s. Citroles sont froides plus que concombre, ALEBRANT,f° 57. || xvi" s. Prenez des citrouilles pistées [pilées], et soyent appliquées dessus, paré, xxi, 21. Quant aux courges, de trois principales sortes en avons*nous, distinguées par ces mots, courges, cougourdes, citrouilles.... Quant aux citrouilles, l'engeance nous en est venue des roiaumes de Naples et d'Espaigne , de différentes espèces^, dont les aucunes sont de monstrueuse grosseur et pesanteur, o. de serres, 647. Le citre est une autre espèce de citrouille qu'on esleve, principalement pour la graine servant en médecine, et sa chair pour viande aux pourceaux.... elle est noire, id. 547.
— ÊTYM. Berry, cilrulle; ital. citriuolo; du latin cilrus, citron, à cause de la couleur, qui est jaune.
f CIVADE (si-va-d'), ». f. Nom de l'avoine danï quelques cantons.
GIV
— ÉTYM. Espagn. eebada, orge; du latin cibare, nourrir, alimenter.
CIVADIÈRE (si-va-diê-r'), s. f. Terme de marine. Nom d'une voile à peu près abandonnée aujourd'hui, qui s'attachait à une vergue suspendue sous le mât de beaupré. Un coup de gouvernail donné et une civadière mise mal à propos mirent le vaisseau hors de son rang; mais Ruyter, qui était blessé, ne profita pas de cet avantage, Mém. de Villelte, dans jal.
— HIST. xvi* s. Il abat et amure sa grand voile tout d'un coup, et hinsant la civadière.... d'aub.
//lit. II, 50.
— ÉTYM. Espagn. cebadera, sebadera, cevadera; portug. cevadeira; ital. levadera, eivada, civadera, civadiera; génois, sivadea; grec mod. ?Zi6â&tx.
CIVE (si-v') ou CIVETTE (si-vè-f) , s. f. Nom donné à plusieurs petites espèces ou variétés du genre ail , et principalement à l'ail schœnoprason de Linné, lesquelles sont appelées aussi ciboulette.
— HIST. xiii* s. Oingnons, poiriauz, nuviaus, civos, qui viennent par eaue ne par terre, doivent de chascune charetée deux deniers de tonlieu, Liv. des met. 334. As autres biens qui sunt forain, Ne tu, ne nul homme qui vive, N'i avés vaillant une cive, la Rose, 6366. Lede estoit et sale et foulée Celé ymage, et megre et chetive, Et aussi vert cum une cive, ib. 4 98. || xv* s. En sang qu'on met en poylettes sécher Chez ces barbiers, quant plaine lune arrive, Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive, villon, Ballade. D'aulx et civots qui causent forte aleine, N'en mangeassent bise crouste frottée, id. Contredits de Franc Gonlier.
— ÉTYM. Provenç. ceba; catal. cebeta; du latin cvpa, oignon.
CIVET (si-vè ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des si-vè-z épicés; civets rime avec traits, succès, paix), s. m. Ragoût de lièvre dans lequel il entre beaucoup de cives et d'oignons. || On dit aussi civet de chevreuil, d'oie, d'outarde.
— REM. Régnier écrit civé (Blanchir en un civé, mon en une lessive, Sat. xi) comme anciennement, ccqui est, vu l'étymologie , la bonne orthographe, i. est aussi celle de Furetière, de Richelet et du Dictionnaire de l'Académie jusqu'à l'édition de 4762 où elle écrit eieet.
— HIST. im'i. Lièvres et connins au civé, Fabliaux, barbazan, t. iv, p. 88. || xv's. Fortes sausses, oingnons ne aulx, Civez aguz, poivre ne graigne Ne usez, car trop font mal et paine, E. desch. Poésies mss. f°486, dans lacurne. || xv* s. Or y avoit un gros seigneur notable.... Faifeu Palloit bien fort souvent esbattre, Et pour certain, sans faire long civé, X la maison il estoit fort privé, Légende de maistre Pierre Faifeu, ch.xxn.
— ETYM. Latin cxpalum, de expo, cive (voy. cive) : mot à mot, plat à l'oignon. Cscpatum étant un participe passé a donné civé, comme amatus, aimé.